Le devoir, 8 septembre 1934, samedi 8 septembre 1934
Montréal, samedi 8 sept.1934 Rédaction et administration 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE : .SERVICE DE NUIT Administration : Rédaction : .Gérant : .HArbour 1241* HArbour 1243 HArbour 3679 HArbour 4897 LE DEVOIR Directeur-gérant: GEORGES PELLETIER FAIS CE QUE DOIS ! Rédacteur en chef: OMER HEROUX Vol.XXV — No 207 TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste Edition quotidienne CANADA.$ 6.00 (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E -UNIS et UNION POSTALE .3.00 Le congrès du droit civil français On peut dire de ce congrès qu’il a tenu ses promesses.Il y a eu une telle abondance de matières que le programme en a été débordé.Quarante rapports ont été produits; on n’en a pu lire, faute de temps, que quinze.Les rapporteurs se distribuaient parmi neuf pays de droit civil: France, quatre; Belgi-cue, un; Italie, un; République Argentine, un; Guatemala, un; Ïlaïti, un; Venezuela, un; Province de Québec, vingt-neuf, et un autre qui est, je crois, hongrois.La France a collaboré à ce congrès d’une manière particulièrement distinguée, car elle tous a envoyé quatre de ses plus éminents juristes.Ces quarante rapports seront publiés et leur ensemble formera un gros Volume.Le succès en qualité comme en quantité a largement dépassé nos prévisions.Pour nous au Canada, la collaboration française offrait unjGe EtienneCartlcr.Lexème, très grand interet.Est-ce hasard ou plan concerte, je ne sais.|Abra|am H Il n’en est pas moins vrai que les quatre rapporteurs de la 1 France nous ont exposé un droit en pleine transformation, j’allais presque dire en pleine ébullition.Qu’on en juge par les titres de leurs rapports: l’évolution du droit de la famille en Portraits politiques TROIS ISRAELITES Ils sont trois: Samuel, Abraham et encore Samuel.La ressemblance commence dans les prénoms, se complète dans les attitudes.Le plus âgé, Samuel Jacobs, représente, comme il convient parfaitement en raison de la largeur d'esprit du gouvernement Taschereau et des rouges d'Ottawa, un comté de Montréal qui porte le nom i éclatant d’un grand Canadien français est, comme son coreligionnaire Schubert de Montréal, travailliste socialisant et membre de la C.C.F.Le plus jeune, Samuel Factor, a la distinction d’être le seul France depuis le code civil (M.Capitant) ; la transformation député libéral de Toronto.Les trois du droit des obligations et des contrats en France depuis le code civil (M.Josserand) ; les transformations du droit des successions et donations en France depuis le code civil (M.Demogue) ; l'évolution du régime des biens depuis le code civil (M- Picard).De Taveu de tous, on a langement dépassé le Code civil.Peut-être même le Code devra-Ml subir une revision pour se trouver à date.L’agent de cette transformation fut surtout la jurisprudence des tribunaux français; l’intervention législative, sauf quelques lois peu nombreuses, se bornait à des modifications de détail.C’est ce spectacle de la jurisprudence, progressant de Jour en jour, faisant lentement boule de neige, qui me semble jce) habileté.Ils s'immiscent partout où Intéressant.Il en résulte que cette jurisprudence a été non pas les intérêts des leurs sont en jeu.Sans qu’il y paraisse, ils occupent des postes stratégiques, travaillent, se rendent indispensables, font preuve de discrétion, de discernement, affi-arrive chent des airs détachés lorsqu'ils sont le plus intéressés.Israël les a comblés de ses dons divers.Ils en font un bel usage.Et c'est presque un plaisir, tant.ils sont astucieux, que de les surveiller, de découvrir sont d'ailleurs libéraux: M.Heaps l'est tellement qu'il trouve que M.King retarde, et il préfère la C.C.F.qui, en bonne logique, n’est que l’aile radicale du libéralisme au Canada.Ils sont trois, ayant chacun le type hébraique fortement accusé.Intelligents comme dii^ mais peu encombrants de leur personne, mais actifs, mais sachant se mêler de leurs affaires, seulement de leurs affaires, toujours de leurs affaires, avec souplesse, patien * * * Samuel Jacobs, bien que né au Canada, est l'un des juifs les plus caractéristiques que l'on puisse rencontrer.Par un constant labeur il a su s'élever à des positions importantes.Et ses paroles doivent avoir aujourd’hui un grand poids dans les conseils des douze tribus.Ancien seulement source de droit, mais encore créatrice de droit.Cela est apparent d’une manière plus spéciale dans le fcdltnaine de la responsabilité civile, où, selon l'heureuse expression de M.Josserand, la jurisprudence a fait vraiment de l’inflation juridique, de l’inflation contractuelle.On en arrive presque à abandonner la notion de la faute et à lui substituer l’idée du risque.Tant pis pour le créateur de ce risque s’il n’est pas assuré.Mais il s’assure, et le juge le condamne plus volontiers et plus sévèrement lorsqu’il le sait assuré.C’est même, dit encore M.Josserand, une véritable course cnhp la_ responsabi jjeur jeU) devinei- leurs intentions, lité et 1 assurance; on augmente la responsabilité a cause des voir avec quel tact ils attaquent et assurances, et on augmente les assurances à cause de 1 augmen- quelle prudence ils battent en retraite, tation de la responsabilité.Dans notre droit, le juge ne.peut s’enquérir du fait de l’assurance, mais le jury, cela se voit par les montants qu’il octroie, le présume souvent.En présence de cette constante préoccupation des tribunaux français d’approprier le droit .à des nécessités sociales qui s’avèrent de jour en jour plus pressantes, que doit faire notre propre jurisprudence?Doit-elle se borner à regarder le texte et à rappliquer ensuite aux faits, ou lui sera-t-il permis d’envisager d’abord le mal, sauf à lui trouver un remède à l’abri du texte si ., , „ .possible, mais un remède quand même?Devons-nous faire .president du Baron de Hirsch Institute comme le spectateur dont parlait M.Henry Bordeaux à Québec, I .nous installer sur un rocher au milieu du fleuve, et.immobiles I SZwZTd^ioürd'hJl et impassibles, regarder le flot ejui se précipite toujours en j (j0[veiif aii père Nadeau de ne pas avant?Grave question.Mais observons que nous n’avons pas les mêmes nécessités sociales qu’en France.Nous n’avong pas, et en remercions Dieu dont la bienfaisante Providence nous r visiblement protégés durant notre courte histoire, nous n’avons pas la plaie des unions libres et des très nombreuses naissances illégitimes dont parlaient MM.Capitant et Demogue.Nous devons croire en outre qu’il serait immoral de condamner sans preuve, ou au moins sans présomption non repotissée, de faute.Enfin ne nous faut-il pas respecter la loi, quand nous sommes chargés de l’administrer, et attendre que le législateur la change si le remède qu’elle accorde ne suffit pas?Graves questions, dis-je encore.Nos tribunaux supérieurs ne peuvent changer leur propre jurisprudence, à moins qu’un tribunal plus élevé encore ne la condamne.Ils ne peuvent, comme quelqu’un a dit de la Cour de cassation, faire de glorieux retours sur eux-mêmes.Pourtant ce n’est certes pas là prétendre que leur action soit impuissante en présence d’un mal.Un bon juge doit trouver un remède puisqu'il doit rendre, justice, mais il doit chercher ce remède là où il se trouve, et uon point le créer de tonies pièces.Bon chercheur trouve toujours, cela me console.L'arsenal du droit civil est inépuisable.Voilà quelques réflexions que le récent congrès m’inspire.Je suis très heureux de savoir que ce congrès de droit civil sera suivi d’autres.C’est le voejuqu’il a lui-même exprimé à la fin de scs travaux.Enfin nous avons pris contact avec les juristes de la France et des autres pays de droit civil.Ils connaissent notre droit canadien, ils prennent acte du développement que nous lui avons donné.Nous nous rencontrerons encore.P.-B.MIGNAULT Ancien juge à la Cour suprême du Canada.L’actualité Le bon “père” Nadeau Doucement, sans bruit, comme il avait vêtu, il s'en est allé vers le Ciel, sa vraie pairie.Pour les générations d’écoliers qui Vont connu, M.l’abbé Ernest Nadeau, doyen des prêtres du Séminaire de Québec, qui vient de mourir, èlail et reste le père Nadeau.Est-il, en effet, Hire qui convienne mieux à celui que nous pleurons, que ce titre de père avec tout ce qu'il comporte de noblesse, de désintéressement, d’amour?Depuis plusieurs mois, nous savions que la fin du cher père Nadeau était proche, mais nous voulions encore espérer un miracle.Nous nous étions tellement accoutumés à le voir sourire sur cette terre ou au moins à savoir qu’il Hait encore quelque pari à prier pour nous, ri se souvenir des centaines de coeurs d'enfanls sur lesquels H s'élail penché, que nous avions peine d concevoir qu’un jour il ne sérail plus là pour nous accueillir dans la vieille maison.Mais sa tâche était accomplie.Sans murmurer, en souriant comme toujours, il nous a quittés les mains pleines, après cinquante-huit ans de sacerdoce.Nous n’avons même pas la consolation de le pleurer.Le vénérable papa qui ne souffrait pas d’yeux rougis ou gonflés autour de lui, ne permettrai! pas qu'on pleure au jour choisi par Dieu pour l’appeler à lui.fl faut donc sourire, même si le coeur fait mai, et déposer sur sa tombe au lien des larmes amères 1rs souvenirs émus des heures de jadis.Les écoliers de ma génération n’ont pas connu M.Nadeau lorsqu'il exerçait au Séminaire les fonctions de directeur, mais les anciens leur ont dit avec quelle tendresse paternelle il dirigeait la vieille ins-tiiiüian.Le père Nadeau de "notre année" était déjà un beau vieillard aux cheveux de soie blanche.Il avait alors commencé d’achever dans le calme serein des archives, une vie toute de bonté et de doqceur.Je me souviens que l’une des pages de l'Evangile qu'il préférait était relie où le Sauveur donnait d ses apôtres et ri ses prêtres futurs le plus sublime exemple de paternité spirituelle en disant avec amour: "Laissez venir ri moi Us petits enfants".Cette parole évangélique fut un véritable code pour l'abbé Nadeau, Et celui-ci vivra à jamais dans le souvenir de plusieurs ginéralions uniquement pour s'être penché sur les tout petits, sur res enfants transplantés de leurs foyers au Séminaire, ri l'âge où Us eussent eu encore besoin de ta tendresse d une mere- s’être découragés au début de leurs études classiques, qu’ils lui doivent d’avoir trouvé un air souriant à la vieille maison, bien sombre à cette époque — surtout pour des jeunes garçons habitués aux clairs espaces de la campagne, à l’air sain des montagnes.Tous ses loisirs, le père Nadeau les passait à la cour des petits, où, beau temps comme mauvais temps, un essaim de jeunes écoliers bruyants formait autour du cher vieillard une cour comme peu de souverains peuvent se vanter d’en posséder.Sans doute, au début, les friandises dont l’abbé Nadeau avait tou-, ., - jours les mains pleines, étaient-elles avait travaille dans les factories pour beaucoup dans noire Affection pour lui.Mais, avec l'âge, nous comprimes qu'il nous avait surtout attirés et gardés par la bonté sereine et par la beauté morale qui transfiguraient son visage à peine ridé.Après des mois d'éloignement du collège, le père Nadeau nous reconnaissait tous et mettait, sans se tromper, un nom sur nos figures.Pour lui, les "anciens" étaient toujours “mon cher petit”.Je me souviens que, dans rune de mes premières chroniques de journaliste, j’évoquais la traditionnelle, cérémonie de la distribution des oeufs de Pâques que faisait chaque année au Séminaire, de temps immémorial, le père Nadeau.Je parlais dans cette chronique de la saveur jamais retrouvée des petits cocos d’un sou du père Nadeau.Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir quelques jours plus tard une bonbonnière garnie de douze minuscules oeufs de chocolat avec ce mot bref: "Je doute, cher petit, que vous leur trouviez la mime saveur qu'au-Irefois." Anecdote peut-être un peu naïve mais qui montre bien l'affection et la fidélité du père Nadeau pour les écoliers qu'il avait consolés et encouragés tant de fois.El je n’ose parler des douces réprimandes que nous faisait assez souvent l’abbé Nadeau lorsque nous critiquions sans pudeur, en sa présence, nos maîtres ou nos professeurs.Peul-on lui en vouloir de nous avoir fait du bien en nous réprimandant?D’ailleurs, il nous faisait avaler la pilule avec du chocolat, ce qui tempérait un peu no-tre confusion.J’aurais encore des feuillets à écrire sur celle époque déjà lointaine des promenades interminables avec l’abbé Nadean, au pied de de Montréal, gouverneur du Sanatorium du Mont-Smai, directeur de la Toung Men's Hebrew Association, président honoraire de la Jewish Immigrant Aid Society, directeur canadien de l’Association de colonisation juive de Pans, c'est un personnage parmi les siens.Avocat habile et compétent, connaissant son droit civil comme pas un, il a tiguré dans plusieurs causes retentissantes.Il est maintenant lié à de vastes entreprises canadiennes, ce qui ne l'empêche pas de consacrer la plus grande partie de son temps à l'avancement des Juifs au Canada.Il parle peu et bien.Il effleure les questions avec un sourire, mais ses remarques dénotent toujours une connaissance approfondie du sujet.11 a de l’esprit, beaucoup d’esprit et de causticité, des lettres, de l’argent: on pourrait être moins bien partagé et se tenir pour satisfait.Il cherche à cacher le Juif en lui et s’accommode des habitudes des Gentils.A table, au restaurant, il ramène consciencieusement ses pieds à des lignes parallèles; en effet comme tout bon Juif, l’hérédité lui fait écarter les pieds à angle droit.Il a de belles mains qu'on devine agiles, expertes aux gestes incessants; mais il les immobilise volontairement.Il porte la barbe et cela le fait ressembler â sir George Perley: ou bien, sir George aurait-il du juif?Ce fut grâce au travail inlassable de Samuel Jacobs que le parti libéral — le parti des libertés — a ouvert toutes grandes les portes à l’immigration juive, de 1921 à 1930.Si le problème juif se pose maintenant avec tant d’acuité au Canada et partout dans la métropole, les Montréalais le doivent à ce député qui a l’air d’un rabbin et cite parfois La Fontaine en français.* * * Abraham Heaps n’étale pas aussi outrageusement ses desseins.Il a choisi, comme Léon Blum, la voie du doctrinaire, du révolutionnaire.Il est né en Angleterre, patrie des Juifs politiques.Il n’est au Canada que depuis 1911.Il ne voulut pas, à son arrivée, demeurer à Montréal avec la masse de ses frères.II s'en alla à Winnipeg.Il n'y fit pas fortune mais se tailla une place dans la politique municipale.Ce champ d’action trop étroit ne convint bientôt plus à son ambition demeurée et à son désir de servir la classe ouvrière.Il démissionna comme échevin et se porta candidat à la députation fédérale, lors d'une élection partielle en 1923.Il fut défait.Le Juif ne se décourage jamais : c'est une des raisons de la survie de cette race proscrite.Abraham Heaps se présenta de nouveau, se fit élire successivement en 1925, 1926 et 1930.Il s'affubla du manteau ouvrier puisque dans sa jeunesse il .; - h devint le lieutenant de M.Woods-worth et l'un des piliers de la C.C.F.Pour lui, il n'existe qu’un problème: le problème ouvrier.Il l'agite 365 jours par année.Il ne parle que d’exploitation honteuse, de travail de galère, d'esclavage économique, de salaires qui appellent vengeance, de grèves.Dans tout Juif il y a un révolutionnaire, a-t-on écrit déjà.Ce n’est pas Abraham Heaps qui le niera.M.Woods worth, pourtant intelligent, l’estime, lui confie des missions de confiance, le gobe: aberration d’un chef dont la sincérité émousse la clairvoyance.La langue de M.Heaps n'est pas très soignée.Elle a conservé l’accent d'Angleterre uni à l’impossible roulement des r.Il a de la chaleur, du souffle, l'indignation facile, une apparente conviction.Il aime les chiffres et se fait une spécialité de flétrir les capitalistes.11 est plutôt mince, félin, agfle.Quand il écoute, il a la manie ue se glisser les mains sous les cuisses.Son masque est excessivement mobile, renfrogné, douleureux, grimaçant.Il a des yeux remarquables qui, à certains moments, prennent d’étranges expressions de mépris et de haine.Le Juif qui proclame sa race dans sa barbe, ses gestes, l'angle de repos de ses pieds, les sociétés qu'il préside, peut être un Juif dangereux.Un Juif qui dissimule et qui pose, est mille fois plus à craindre.C'est le cas de M.Abraham Heaps.Réponse de la “Banque de.et de la Canadienne Nationale” au maire Boude 1 /____ ai Et c'est aussi celui de M.Samuel Factor qui nous vint de la Russie .en 1902.Il s’est efforcé de faire Vornte historique.Jours heureux i disputdiitt toute trace d hérédité.11 et paisibtes que nous ne reverrons 1 parcourt les corridors du Parlement plus.au pas de marche.Mais regarde; Sur la iambe souriante du cher ^ yCUX noirs qui cherchent des abbé, je dépose tous mes souvenirs., et de i'aMurance, ce nez qui et je prie n,eu de faire à notre bon ]l mieuK ,e ^ audaciçux papa, dans son ciel, une place très | j grande, Iris chaude, comme celle de la tete, geste nouveau d une race qu’il nous avait faite à tous dans son coeur.Lucien DESBIENS recherche.On le dit très intelligent.Et il l'est.Il ne participe guère aux débats de la Chambre.Il se reprend aux commissions dont il est membre.Là, il interroge les témoins, les presse, obtient ce qu’il en veut, ou soulage son dépit dans des commentaires brefs, incisifs.On le rencontre parfois dans la chambre d’un député, en train de jouer au bridge.Question de taeti que: il tient à passer pour bon camarade.Il se fait des amis.Il faut bien 3ue l’un des trois se mêle à la vie des éputés.Et puisque M.Jacobs joue le rôle du grand seigneur et du rabbin érudit, méditatif, que M.Heaps doit se tenir avec les Co-Ops, clan d’utopistes qui ne frayent pas avec les autres groupes de la députation, la part de M.Factor est d’avoir de l’entregent.Qn lui prédit un bel avenir politique Il n’y aurait rien de surprenant qu’il arrivât.Puisque M.Mitchell Hepburn a cru nécessaire de donner à la population juive d’Ontario un représentant dans son ministère, en la personne de M.Croll, maire de Windsor, pourquoi M.King ne donnerait-il pas un portefeuille à M.Factor, seul député libéral de Toronto?Sitôt le pied dans l’étrier, le Juif monte.Il ne crie pas ses victoires, il se contente d'en profiter.* * Ÿ Ils sont trois.On les voit où on s’attend de les rencontrer: aux commissions de la banque et du commerce, à la commission Stevens.Ils s'instruisent.D'autres vont là bâiller leur ennui et leur ignorance.Eux, ils suivent les discussions et les inter-rogatoires avec des yeux vifs, des visages passionnés.Ils sont trois.Seulement trois.Mais ils sont intelligents comme dix, ils travaillent comme vingt, ils obtiennent des résultats comme quarante.Les Juifs ont trois députés.Cela leur suffit pour le moment.A Montréal où ils dominent, ils ne comptent que sur M.Jacobs.Les Canadiens français ont un grand nombre de députés.Les Montréalais en envoient plusieurs, à Ottawa, plusieurs qui n’en valent pas deux bons.Cela explique pourquoi les Juifs prennent de I importance au Canada; et pourquoi nous en perdons.?(Voir page 3) Une question d'une extrême importance L’électricité et la campagne — Les services que l’électricité pourrait rendre et qu’elle ne rend point, à cause de son coût trop élevé — Comparaisons entre le Québec et l’Ontario — “Presque une honte” — Hydropi-sie urbaine et anémie rurale — “Cela sonne comme un glas” — Faisons-nous donc des convictions (par le R.P.E.CAMBRON, S.J.) Bloc-notes qui se sent chez elle.H est trapu, il a le teint frais, les mains blanches et courtes, la tenue impeccable sans Et nous?Ottawa vient de rendre publique la nomination de M.Towers au poste de gouverneur de ta Ranque du Canada.Banquier de carrière, Canadien de naissance et de formation, M.Towers devra prendre bientôt son poste, après un voyage d’études en Europe.M, Bennett, présentement outre-mer, est à la recherche d’un sous-gouverneur, en Angleterre; ce sera le véritable technicien de la nouvelle banque.Deux postes, donc, que devront occuper des gens de langue anglaise, banquiers l’un et l’autre.Pour compléter le bureau exécutif de la Banque du Canada, il reste è faire le choix du sous-gouverneur adjoint.Il y a des mois, nous avons signalé ici même l’extrême importance pour notre élément de langue française d’avoir ce poste pour un des siens, au courant des affaires de banque, d’une part, et des besoins économiques des nôtres, de l’autre.Nous savons qu’il y a déjà des candidats à cet emploi de premier plan.Peu importe la personne même du candidat, du moment qu’il sera compétent et qu’il aura une formation financière sérieuse, et tels des candidats n’en manquent pas.Ce qui est de la toute première importance, c’est que l’adjoint au sous-gouverneur vienne de chez nous.On se contentera jieul-être de nous dire: “Nous vous donnerons un représentant sur le conseil de la banque”.Cela signifierait que ce représentant serait la huitième ou neuvième roue du véhicule, et partant, à peu près sans utilité; car ce conseil ne sera là que pour la forme.A nos ministres de voir à protéger l’élément qu’ils représentent.S’ils sont trop conciliants et trop bons garçons, ou s'ils dorment et laissent passer cette occasion de faire rendre justice aux nôtres, qu'est-ce qui les sauvera en 1935?Zaharoff Ce Levantin qui touche les 85 ans et qui domine de la coulisse le monde des armements aura eu en ses dernières années plus de publicité qu'il n'en a jamais voulu; car il la déteste et la fuit, ce qui fait qu'elle le recherche et le met en pleine lumière.11 ressort d'une toute récente enquête en cours aux Etats-Unis qu'en onze ans, Zaharoff a reçu d'une seule compagnie américaine qui fabrique des navires submersibles un peu plus que trois quarts de million de dollars en commissions, pour avoir fait ven- 4 la demande de /’Union catholique des Cultivateurs, noire distingué collaborateur, le R.P.P.-E.Cambron, S.J., a récemment donné au poste de la Commission canadienne de la Radiodiffusion une causerie dont il veut bien nous permettre de publier le texte.(Ce texte est antérieur à la dernière annonce et baisse, de prix de lu Montreal Light, Heat and Power Cons.) Un vieil amateur de chevaux, réfractaire comme par instinct à la traction mécanique, se risqua un jour, au tcmjis dos premiers Fords, à monter dans une de ces machines-là.Après une tournée dans la campagne, à une allure qui lui parut formidable, le bon vieux descendit de voiture tout ébahi, et il racontait à tout venant: — “Je vous assure que ca marchait: nous faisions 13.14; 13.14 inities à l’heure!” Cela nous fait sourire aujourd’hui que les autos vont à 80 et.90 milles à l’heure.Par une coïncidence curieuse, probablement aussi jjar influence | réciproque, l’électricité a suivi dans ses développements et dans ses applications pratiques la courbe des progrès de l’automobile.Mais alors que d'autres pays sont électrifiés, à la page, — up lo date — c’est-à-dire à 80 p.c.et 90 p.c., nous en sommes encore dans notre province au 13 p.c.et 14 p.c.Et pour un grand nombre de nos paroisses rurales, l’électrification est à 0 p.c.Dans les villes et dans beaucoup de villages, le courant est mis à la portée de tous, c’est vrai, mais la consommation pour usage domestique est faible partout, à cause des taux élevés.Dans les paroisses rurales desservies par .les compagnies d’électricité, — c’est le petit nombre —peu de cultivateurs emploient le courant, parce que les taux sont très élevés.Ceux qui l’emploient v mettent d’ailleurs un extrême ménagement, toujours pour la même raison.Le courant coûte 7, 9 et 11 sous le kilowatt-heure.Taux prohibitifs Pour montrer que l’électricité, dans les campagnes, est à des prix inabordables, prohibiiifs, donnons quelques chiffres.La dépense moyenne, par mois, en ville, dans une maison complètement électrifiée: cuisine, frigi-j (faire, eau chaude, laveuse, etc., ; etc,, sauf la fournaise, s’élève à 300 et 1000 kilowatt heures.Sur la ferme où les applications du courant sont plus nombreuses, la consommation pourrait s’élever à 1500 k.-w.-h.par mois Or à 9 sous, cela coûte $135.00; à 11 sous, cela coûte $165.00.Cependant, les mêmes 1500 k.-w.-h., aux frontières, au delà des frontières, à Ottawa, Ontario, coûtent exactement $8.43, Sans doute il n’y a pas actuellement d’abonné rural dans noïre province qui dépense 1500 k.-w.par mois, pour usage domestique, et paye $165.00; les comptes des cultivateurs indiquent une dépense de 7, 12, 15, parfois 18 k.-w., pour lesquels ils paient $1.25.$1.-50 et plus.Ainsi, notre calcul est plutôt théorique; de plus, nous avons comparé des taux de la campagne et des taux d’une ville de 127,000 habitants.Un cat concret Alors, voici du pratique, du vécu, si l’on peut dire: telle institution que nous connaissons, à Montréal, a payé pour l’éclairage seulement.en février 1934, aux taux soi-disant lias de la “Montreal Light, Heat and Power, Consolidated”, le montant de $108.20.A Sherbrooke, où le courant est vendu par la ville, le même compte aurait coûté $56.36.A Ottawa, là où le courant est vendu par la “Ottawa Electric Company’’, le même compte mirait coûté $18.56, y compris la charge fixe de 66 sous pour frais de service.A Montréal, il n’y a pas de frais de service de 66 sous.Hélas! combien il est regrettable qu’on n’adopte pas dans notre province, pouh l’usage domestique, la politique des kilowatts plus nombreux vendus à plus bas prix.L’électricité est une forme supérieure d’énergie, transportée à distance par simples fils et transformée à volonté en lumière, en chaleur, en froid, en force motrice.L’électricité est un serviteur habile à toutes les besognes.Sur la ferme ses services seraient inappréciables; en fait, ils seraient plus variés et plus importants qu’à la ville.Signalons l’éclairage des bâtiments, des étables, mettant au rancart le dangereux fanal.Ce qu’elle pourrait- faire Signalons l’éclairage des poulaillers, en hiver, pour allonger le jour et augmenter le rendement.Toutefois, si le courant est à 9 sous, l’aviculteur fera aussi bien de laisser dormir ses poules.Signalons cette récente application de l’électricité qui consiste à stimuler la croissance des plants en couche chaude au moyen de petites chaufferettes.Signalons enfin les services continuels que le moteur électrique peut rendre sur la ferme, en remplaçant le manège à chevaux, le mo-eur à gazoline et bien souvent le moteur humain.Le moteur électri- (Suite à la page 2) dre à l’Espagne plusieurs navires Trois de ce type.Trois quarts de million, petit profit pour lui, mais qui n’était tout de même pas négligeable.D’autre part il appert qu’il a des intérêts dans des compagnies américaines qui fabriquent des armements, des canons, ües obus, des plaques de blindage et le reste, tirand actionnaire de la maison Vickers, il a des intelligences partout, des influences dans tous les pays.On sait que le trust des armements a sa presse à soi, dans quatre ou cinq nations, et que cette presse n’est ni la moins lue ni la moins influente des pays où elle tire chaque jour des centaines de mille exemplaires.Feu importe au trust d’où vient l’argent, du moment que les gouvernements, quels qu’ils soient, ont de gros budgets de guerre ou de défense nationale; c’esi tout comme, en pratique, puisque ces budgets vont en grande partie aux fabricants d’armements.Sir Basil Zaharoff, qui débuta dans la vie 1 sans le sou, petit Levantin mâtiné S de grec ei de juif, a rudement fait ! son chemin.C.P.Carnet d'un grincheux Grande croix da la Légion d'honneur.La croix de l'Action libérale.— Que de croix! que de croix! s'écrie M.Taschereau.* * * Quand on a enfin offert le ruban rouge à M, Houde il a répondu par un mot historique qui littérairement se traduit: "Le garde meurt, mais ne se rend pet.” On offre le pnncipalat de McGill à M.McKenne King.Manière de lui faire une niche d'une façon ou de l’autre.>f, Sf.Sf.Le projet de loi cuisiné par M.du Tremblay a causé au conseil municipal une révolution de bill.Ÿ * ¥ De fait ce suppositoire législatif était tellement visqueux que son parrain même le répudie.''Il était, dit-il, susceptible d’amendement.’' * * * Pamphile successeur de Maisonneuve! Ce gouverneur au petit pied se perdrait dans une seule des bottes du fondateur.* * * Si la ville s’est livrée à une orgie de dépenses ce n'est pas une raison pour la faire gérer par Ladébauche.* ¥ * Lu dans la Patrie: “Sachez distinguer un journal sérieux d’un journal fantaisiste ” La preuve qu'elle sent sa mort, c'est qu’elle se confesse.C’est la première fois qu’elle admet être un journal fantaisiste.¥ ¥ ¥ Un certain chevalier parle de renvoyer sa décoration.L’attribution récente de certaines décorations est bien de nature, en effet, à faire renvoyer comme disent nos gens * * * On a beau expliquer, l’Etoile du Bénin reste noire.* * * L'Etoile noire irait très bien h M.Webster — comme tout ce qui est noir.De cette façon il serait sûr de l’incognito.PAMPHIU Avis à ceux qui voyagent Tout bilfeta.Europe et partout, émit au tari» dea compagnies — Hételt, assurances bagages et accidents, chèque* de voyages, passeports, ote.— Servie# com-.|.f — Le DE VO»*-VOYAGES.4IO D-D ^ LE PEVOI*, MONTR1AL, SAM EDI 8 5EPTEM1KE 1^34 VOLUME XXV — No Vn Nos entrevues Deux heures avec M.DantèsBellegarde Le ministre d’Haïti assiste incognito à nos fêtes Ce sera peut-être une consolation pour ceux qui ont été ignorés lors des célébrations du IVeme centenaire de la découverte du Canada d’apprendre qu’un ministre plénipotentiaire distin>rué, chargé d’un message d’amitié pour le Canada, a dû, faute d’occasion, laisser ce message dans sa poche, et s’en retourner un peu attristé après avoir fait le voyage de l’ile d’Haiti au Canada afin de nous dire, en un français impeccable, le bonjour de son pays.Mais il ne faut pas s’étonner outre mesure que la personnalité intéressante de M.Dantès Bcilegarde ait été pour ainsi dire submergée par toutes ces personnalités françaises, anglaises, américaines, réunies pour célébrer avec nous le découvreur Jacques Cartier.M.Bellegarde a d’ailleurs pris fort bien son parti de l’aventure, puisque, loin de se plaindre amèrement, il a suivi en souriant, celles des célébrations qui l’intéressaient le plus.Il nous a même j avoué qu’il avait tiré de nos fêtes des leçons qu’il n’aurait peut-être pas connues s'il avait participe officiellement à ces fêtes."Vous dire ma joie, mon émotion, de me promener, seul, sans guide, dans les rues de Québec, et d’entendre le verbe français, serait impossible”, nous confia-t-il.M.Bellegarde, ancien ministre de t’Instruction publique dans la République d’Haïti, représentant de son pays tour-à-tour en France, aux Etats-Unis, à la Société des Nations, Commandeur de la I.égion d’Honneur de France, est un homme cultivé, simple, courtois.Pendant deux heures, il a causé de son pays et du nôtre.Nous en surprendrons plusieurs en disant que la langue officielle de la République d’Haïti est la langue française et que la religion pratiquée par la plupart des Haïtiens est la religion catholique.Echanges commerciaux Le ministre plénipotentiaire d'Haïti, avait, en venant nous visiter, non seulement la mission de nous apporter un message d’amitié, mais aussi celle de préparer les échanges commerciaux entre la république d’Haïti et le Canada.Nous n’avions pas, évidemment, l’autorité de discuter des avantages ou des inconvénients des échanges commerciaux que M.Bellegarde juge possibles entre son pays et le SERVICE ANNIVERSAIRE HINTON — 10 septembre à 7 h.30 (heure avancée) en l'église de ITmmaculée-ConcepUon de Montréal, angle des rues Papineau et Hache!, sera chir.là le service anniversaire de Mme veuve Arthur Hlnton.née Célanlre Gagnon.Parents et .mu sont priés ü y assister sans e ntre invitation.NECROLOGIE BARIL — A Montréal, le 6.à 74 ans, Agnès Thlbaudeau.épouse de M Ovide Larll.décédé.BOURG UIO NON — A Montreal, le 8.à 67 ans.Jules Bourguignon, époux de Corinne Pilon.CARON — A Vllle-Emard, le S, à 53 ans, Mme André Caron, née Sophie Michaud.CHAMPAGNE — A Montréal, le 7.à 24 an*.Yvette.Illle d’Alexandrlne Dubois et de leu Hormlsdas Champagne.CHAUMONT — A Sainte-Anne-des-Plal-nés, A 76 ans.Napoléon Chaumont, époux Ce Marie-Louise Limoges.DESORMEAUX — A Montréal, te 5, à 55 ans, Joseph-Hormtsdas Desormeaux, époux de Rosanna Lecours.DIONNE — Charles-François Dlonne, à 44 ans GAGNON — A Montréal, le 5.A -H ans.Onéslme Gagnon, époux u Anna Bouchard.HOULE — A Montréal, le 6.A 32 ans, Lucien Houle, époux de Marie Mercier.LALIBERTE — A Montréal, le 5, à 86 ans.Edouard Lallberté.epoux de leu Céline Véztna.LEROUX — A Montréal, le 6 A 76 ans, Alexandre Leroux, époux en léiej noces de Marie Saint-Amour, en 2ea d’Edwldge Ménard MANSEAU — A Montréal, le 6, A 22 ans, Marie-Marthe Manseau, fille de feu Edouard Manseau et d'Angéllne L’Ecuyer MALO — A Lachlne.le 0.A 68 ans.Mme veuve Jean-Baptiste Malo, née Eugénie Landry.MARSOLAIS — A L Assomption, Mme Olivier Marsolats, née Rose-Dellma Chall- foux MERCURE — A Montréal, le 7, A 54 ans.Joseph-Ernest Mercure, époux de Rose-Alma Vaiiquette.PAQUETTE A Beauharnols, le 6, A 44 ans.Mme Albert Paquette, née Marie-Anna Vlau.PILOTE — A.Ste-Marguerlte du Lac Masson, le 6.A 52 ans, Marie-Ange Fctvln, épouse d’Armand Pilote PRIMEAU — A Montréal, le 6, A 9 ans.Gérard, enfant de Roméo Prtmeau et d Ida Vallée.RJVEST — A Repenttgny, le 7, A 57 ans, Mlle Maria Rlvest.^WAYLAND^ & VALLEE Directeurs de Funérailles 5238, AVENUE DU PARC ' Dôllard 52 K i nôtre.Mais, il nous est permis de trouver très intéressantes les sug-gestons du ministre plénipotentiaire.Le café et le rhum d’Haïti Haïti, on le sait, est renommé pour son café, son, coton, son cacao, son bois de campêche.Actuellement, la république vend la plus grande partie de son café à la France, son coton en Angleterre et dans les pays Scandinaves.Quant à ses importations, Haïti en fait profiter surtout les Etats-Unis, qui, grâce à leur situation géographique par rapport à l’Ile d’Haïti, grâce aussi à la facilité et à la variété de leurs voies de transport, sont mieux placés qu’aucun pays pour vendre à Haïti.M.Bellegarde se demande pourquoi le Canada, voisin des Etats-Unis, ne profiterait pas, lui aussi, des avantages d’échanger ses produits avec les produits haïtiens.Vraiment, nous nous le demandons nous-même.M.Bellegarde parle du café haïtien avec un enthousiasme qui met l'eau à la bouche.Il avoue que les Français, qui importent pourtant 75 pour cent des cafés haïtiens, n’en peuvent guère apprécier la saveur car ils mêlent ces cafés avec d’autres cafés de qualité inférieure.“Pour goûter vraiment le café haïtien, il faut le boire pur”, dit M.Bellegarde.Le ministre parie ensuite plus longuement du rhum haïtien, “rhum unique au monde et que l’on ne connaît à peu près pas à l’étranger”.Ce rhum n’est pas fabriqué avec de la mélasse mais uniquement avec du sucre de canne.Le Canada, consommateur assez “actif” d’alcools, trouverait peut-être son profit à goûter le rhum haïtien.Farine, papier et machines agricoles du Canada Notre pays, par contre, pourrait vendre plusieurs de ses produits les plus importants à Haïti, qui serait toute disposée à s’approvisionner chez nous, M.Bellegarde nous dit que son pays consomme, chaque année, environ pour $2,000,000 de farine canadienne; mais i! achète cette farine par l’intermédiaire des agents américains.Ainsi en est-il du poisson du Canada, qu’Haïti achète aux Etats-Unis.Nous croyons, avec M.Bçllegarde, que le Canada gagnerait à traiter directement avec Haïti pour la vente de ces deux produits.Le ministre dit ensuite que son pays consentirait à acheter son pa pier, ses machines agricoles, ses automobiles au Canada.Ne se raient-ce pas là des débouchés admirables pour nous, qui ne savons que faire de notre papier, qui con naissons parfaitement l’outillage moderne nécessaire à l’agriculteur, et qui avons, pour notre industrie enrnre jeune d’automobiles, la concurrence redoutable des Etats-Unis?M.Bellegarde, qui voit en notre pays, daus un avenir rapproché, le premier pays industriel au monde, désire de tout son coeur ces échanges commerciaux entre la république d’Haïti et le Canada, échanges que pourrait faciliter, croit-il, la Banque Royale du Canada, établie à Port-au-Prince.Echanges intellectuels Mais, ce qui doit nous intéresser le plus, c’est l’échange intellectuel, que M.Bellegarde voudrait établir entre le Canada et la république haïtienne.Comme nous l'avons dit, Haïti est un pays de langue française et de foi catholique.Port-au-Prince, capitale de la république, a une université constituée par l’ensemble des écoles haïtiennes, toutes organisées et entretenues par l’Etat, avec Ecole de Droit, Ecole de Médecine, Ecole des Arts appliqués, ! Ecole centrale d’agriculture, lycées j nationaux.Ecoles normales pour i filles et garçons.L’ancien ministre de l'Instruc-j tion publique à Haïti nous apprend j que dès leur jeune âge, les Haï-I tiens connaissent les classiques | français et qu’au cours de leurs études on les met au courant de la littérature française contemporaine.M.Bellegarde ajoute que !e gouvernement tient à ce que le peuple haïtien garde cette culture française dont il est fier au même titre que s’il était de sang français.M.Bellegarde flous apprend que cet échange intellectuel entre son pays et le nôtre est déjà commen-| cé, du moins du côté des Haïtiens, j puisque plusieurs étudiants d’Hai-; ti ont complété leurs études ici j même, à ü’Univerxité de Montréal.I! nous signale le cas d’un jeune médecin haïtien, le Dr Thébault, C’est un hebdomadaire littéraire qui manque au Canada français, dit Franc-Nohain Ce serait* un peu l'organe de la jeune génération, qui lui permettrait de s'affirmer et de s'exprimer - Quelques hebdomadaires français en faveur ici - “Maria Chapdelaine” L’organisation professionnelle des journalistes canadiens-français - M.Nobé’court dommage que M.Franc-Nohain soit déjà sur le point de s embarquer pour la France.Eût-il passé quinze jours à Montréal, il fondait un hebdomadaire destiné à satisfaire les goûts de tous ceux qui ont un brin de curiosité intellectuelle au Canada français.C’est un secret que nous confiait ce journaliste de France extrêmement sympathique, délégué au congrès de presse de langue française, et dont nos lecteurs ont pu trouver dans le Revoir de mardi dernier une conférence sur la littérature et le journalisme, qui constitue une des maîtresses pièces sur ce sujet fréquemment débattu.Lorsque l’auteur des Fables nous fit part de son secret, ce n’était pas au cours d’une interviou régulière, mais au cours d’une conversation occasionnée par l’attente d’un dîner, à bord du Champlain, à Québec.Nous ne l’avons pas averti que tout ce qu’il dirait pourrait servir contre lui, selon la loi criminelle britannique.Nous espérons qu’il ne nous en voudra pas trop de rapporter ici quelques bribes de cet entretien.* * * Directeur littéraire de l'Echo de Paris, M.Franc-Nohain s’intéresse évidemment plus à la littérature qu’à la politique canadienne.Si les journalistes, qui ont eu le privilège d’aller à la rencontre des délégués français à Charlottetown ou à Gas-pé, — car ce fut un privilège inappréciable — peuvent se vanter d’avoir “pris” des intervious avec l'auteur du Guide du bon sens, ils peuvent se dire aussi en eux-mêmes que leur éminent interlocuteur en a “pris” encore plus qu’eux, sans qu’ils s’en doutent trop.Cet aîné, en interrogateur habile et fin — c’est le mot qui revient nécessairement lorsqu’on veut qualifier M.Franc-Nohain — s’est presque amusé à épuiser rapidement les connaissances de ses humbles confrères du Canada sur le degré de curiosité intellectuelle et l’orientation du goût littéraire de ia jeune génération.Selon lui, c’est un hebdomadaire littéraire qui manque au Canada français; hebdomadaire qui serait un peu l’organe de la jeune génération, qui lui permettrait de s’affirmer, d’exprimer ses goûts, ses tendances.Vous avez bien des quotidiens, dit-il, qui accueillent les essais, mais le quotidien doit parler de tout et de tous, tandis que l’hebdomadaire choisit.Il me semble qu’il y a place dans votre province française pour un hebdomadaire de ce genre.Je me souviens, poursuivit-il, que lorsque j’étais jeune, j’ai fondé moi-même de petites feuilles littéraires et J’ai collaboré à nombre d’autres.Elles ne vivaient que quelques semaines, que quelques mois, mais nous faisions quelque chose, nous idée Tèl.WTlbsnk 7113-7110 SlfRe Social: 26.10 NOTRE-DAME OUEST exprimions nos idées; nos ambitions littéraires trouvaient là un aliment, un stimulant.M.Franc-Nohain n'ajouta pas : modelez votre hebdomadaire sur les Nouvelles Littéraires, parce qu’il en est lui-même l’un des collaborateurs assidus, mais ii dit plus géné-lement: — On me rapporte que plusieurs hebdomadaires français ont la faveur de lecteurs canadiens, tels que: 193i, Candide, Je suis partout, Gringoire, Les Nouvelles^ TJttérai-res, etc.En vous inspirant, au Canada français, de ces divers types de feuilles, vous pourriez monter un hebdomadaire canadien de bon goût et qui grouperait de nombreux lecteurs, à mon avis.Le journaliste parisien nous a ensuite laissé entendre qu’il fera une dizaine d’articles sur le Canada dans l’Echo de Paris et deux ou trois dans les Nouvelles Littéraires.Interrogé sur sa méthode de travail (M.Franc-Nohain écrit, comme on Je voit, dans plusieurs journaux, publie des livres, etc), il nous répond: — Si la vie trépidante de notre époque prend une bonne partie des heures de la journée, il reste encore un peu de temps pour travailler, néanmoins.Même si vous n’avez que quatre heures par jour à consacrer au travail intellectuel, songez que c’est encore considérable, car, enfin, le travail de l’écrivain ou du journaliste ne se compare pas au travail du nettoyeur des rues, sauf tout le respect que j’ai pour cet homme qui rend, à sa façon, des services à la société.M.Franc-Nohain nous raconte ensuite que c’est la première fois qu’il vient au Canada et que c’est un très grand plaisir qu’il se donne à lui-même comme à sa femme et à sa fille.Presque tous les délégués ont amené avec eux leurs enfants, comme vous pouvez le constater, dit-il.Nos enfants, qui ont vingt ans aujourd’hui, voudront revenir au Canada, parce qu’ils l’auront connu.Quant à moi, je suis venu, dit-il, me mettre à table avec vous — l’heure du dîner était de plus en plus proche, en effet, et pour qui connaît Franc-Nohain, le mot prenait une double signification — et vous dire que nous vous aimons bien.Pendant les minutes qui restent, le directeur littéraire de l’Echo de Paris, voyant passer les cinégraphes de Pathé, ce qui lui fit penser au film canadien que l’on achève de tourner présentement, aiguille la conversation sur le livre de Louis Hémon: Maria Chapdelaine.— Le roman Maria Chapdelaine me donne l’impression d’un livre sur les Bretons.Il est purement régionaliste.On ne peut dire que tous les Français sont des pêcheurs.On ne peut pas dire davantage que tous les Canadiens français sont des colons migrateurs ou des bûcherons.Maria Chapdelaine, vous savez, est le livre qui a sauvé Grasset.Il ne lui a coûté que 5,000 francs.La publicité l’a porté.Mais lorsque la publicité porte un livre, il faut néanmoins que le livre ait une certaine valeur, autrement il tombe quand même tôt ou tard.De là, l’entretien — comme dans toute interviou, on parle à bâtons-rompus — bifurque et M.Franc-Nohain se trouve à dire: — Quand je sors de France, je vois dans les librairies des livres qui représentent mal la France.Ainsi les éditions de telle maison abondent.Le visage de la France, vu uniquement par cette maison, est faux.Il faut bien l’avouer, nous avons des parents qui ont mal tourné.Je voudrais que ce malentendu cessât.Ÿ * # Au cours de nos conversations avec M.René-Gustave Nobécourt, la question de l’organisation professionnelle des journalistes canadiens-français est revenue à maintes reprises sur le tapis: — J’ai peine à comprendre, nous dit le secrétaire du Journal de Rouen, le plus ancien journal français (il date de 1792), que vous n’ayez aucune forme d’association professionnelle.Les obstacles du nombre, de la langue, de la rémunération ont leur valeur, mais il rae semble que l’heure doit être venue pour vous de former, sinon une association professionnelle régulière, du moins de former une association amicale.Ce serait un premier pas.En France, les journalistes sont aujourd’hui bien organisés au point de vue professionnel, mais u a fallu du temps, il est vrai.Les patrons les premiers, sont convaincus que les associations professionnelles de journalistes ont pour effet assure d’améliorer la qualité de leurs journaux.Il en serait de meme pour les journaux canadiens.Je ci ois d’ailleurs que l’opposition des propriétaires ou patrons de vos journaux, réfractaires à une association de journalistes, se réfugie chez des individus de plus en plus clairsemés.Il me fera plaisir d’apprendre que les journalistes du Canada ‘raO' çais forment une association: du coup vous aurez l’ambition de vous améliorer vous-mêmes et, conséquemment, vous améliorerez la qualité de vos journaux.L’auteur de la biographie de Carrel est sans doute le plus jeune délégué du groupe des journalistes français.Même s’il est ancien combattant, il semble encore loin de la quarantaine.Par ses conversations et par sa conférence, au con grès de Québec, sur la presse pro vinciale française, on voit qu il odo-re son métier de journaliste, qu’il est heureux et que ses patrons ont bien droit de l’honorer d’une profonde confiance.Avec lui, le journalisme ne peut avoir qu’une “très bonne presse”, pour retourner un mot de M.Franc-Nohain.Alfred AYOTTE NOUVEAUTE 1934 BOLEX modèle G-916 bl-nim.18mm «t P.5 mm, approuvé par Hydro-Kectrlc.Ce projectaur de vuea animées d une trée grande puissance est epéclalement recommandé aux maison* d'éducation.Circulaire sur demande.Distributeur exclusif: TRANS CANADA FILM 509 Boulevard St-Laurenf, Montréal, HA.«915 M.Albert Rioux réclame la ruralisation de l'électricité Au cours d'une causerie au congrès annuel de l'Union des municipalité's, M.Rioux, président de TU.C.C., dit que la ruralisation électrique sera possible par l'intervention de l'Etat directeur de l’Ecole d’art dentaire à Port-au-Prince, de réputation déjà enviable, qui a obtenu ses derniers degrés à l’Université de Montréal et qui fait honneur là-bas à l’Université canadienne et au Canada français.Le ministre parle ensuite de la culture artistique des Haïtiens, de ce qui s’est déjà fait là-has dans le domaine de la musique particu- Les délégués au congrès annuel de l’Union des municipalités ont étudié le problème de la municipalisation de l’électricité, dimanche soir, le 26 août dernier.La séance était présidée par M.G.-E.Dubé, maire de Rivière-du-Loup.M, Dubé a présenté les deux conférenciers, MM.T.-D.Bouchard, maire de Saint-Hyacinthe, et Albert Rioux, président de l’Union catholique des cultivateurs.M, Dubé déclare que la question de la municipalisation de l’électri- nué ses taux de 33%, après avoir proclamé, quelques mois auparavant qu’elle ne pouvait abaisser ses taux sans exploiter son réseau à perte.Les cités de Shawinigan, Saint-Georges de Beauce, Chicoutimi, ont averti les compagnies d’électricité qu’elles ne renouvelleraient pas leurs contrats respectifs si les taux n’étaient pas abaissés.Des municipalités ont même préféré abandonner l’éclairage des rues plu-ï'it que de payer les taux demandés par les compagnies.C’est dire que cité est des plus importantes, car , °P"iinn publique est éveiliee et que plusieurs villes, notamment Riviè- I1 situation actuelle ne saurait long' re-du-Loup, doivent à leur système d’électricité municipal, leur saine position financière.Ce n’est pas seulement un actif municipal, c’est aussi dans une province aussi riche en pouvoirs hydrauliques que la province de Québec, le levier puissant d'un renouveau industriel et économique, si l’on s'arrête un instant à considérer le rôle prépondérant que l’électricité à bon marché a joué en faveur de l’industrie ontarienne.C’est aussi dans une large mesure le moyen le plus efficace pour rendre la vie rurale attrayante, pour décentraliser l’industrie et la répartir sur des bases plus rationnelles.M.Dubé, après avoir rappelé qu’il partageait les mêmes vues que M.lièrement.Il nous nomme trois r .compositeurs: MM.Justin Elie, Lu- Bouchard sur le problème de lelec-dovic Lamothe et M.Gentil, qui se ; tricité, présente M.Rioux qui, à ti-sont.signalés dans ie folklore haï- tre de président de l’Union cathoh-tien, et dans la rénovation des dan-(que des cultivateurs, se trouve plus l’agriculture.temps durer M.Bouchard vous a parlé de la municipalisation de l’électricité.Il ne s’est pas arrêté à la municipalisation de l'électricité, seule, comme solution au problème.Et il a eu raison, car la municipalisation de l’électricité ne suffirait pas pour ruraliser l’électrieilé.Actuellement la ruralisation de l’électricité ne s’est faite dans notre province que de façon incidente, comme par exemple dans les régions où passaient les lignes de transmission, d’une ville à l’autre, etc.Mais on n’a pas tenté l'électrification rurale comme entreprise distincte.Or, si l’on veut poser les prémisses logiques du problème, il faut d’abord reconnaître que l’électricité est un besoin immédiat et urgent pour la campagne et surtout pour Sa souplesse en fait ses nationales d'Haïti La Compagnie d’Assuranre Funéraire UCGEL BCGEGIE.LIMITEE ïncorpotée par Lettres Patentes de la Provlnee de Qnehec au capital de Jl50.0tKl,00 ASSURANCE FUNERAIRE ET DIRECTEURS DE FUNERAILLES Taux en conformité avec la loi de» assurance*, sanctionnée par le Parlement de Québec le 22 décembre 1916.Dépôt de $25.000.00 au Gouvernement — Salons mortuaires à la disposition du public.SERVICE JOUR ET NUIT P FAIT © Nos bureaux ne ferment jamais.Nous maintenons en devoir jour et nuit — un personnel d'urgence.Tél.: PLatcou 7-9-11 jii Sociéié I.-KUG.COURTOIS.Président et Gérant Général RUE STE-CATHERINE, ?02 EST, JOSEPH COURTOIS, tltr.-TrU.et Asa't-Gérant Général MONTRÉAL J fcaïHena ôf* autsu/s canadiens L un des plus beaux rêves de M.Relleaarde serait de nouer des liens d’amitié entre littérateurs haïtiens et littérateurs canadiens.M.Bellegarde, auteur lui-même, voudrait faire l'échange entre la production littéraire haïtienne _ et la production littéraire canadienne.Il a l’Intention de fonder lui-même un Journal afin de hâter ces échanges entre les deux pays.Une viiitc i Haïti En terminant, M.Dantès Rclle-gartlc dit le plaisir que lui et son pays ressentiraient de la visite des Ganadiens du Canada français.Il a été lui-même enchanté de son séjour chez nous et i! serait désireux tie nous montrer aussi son pays.Il nous laisse entrevoir quelques lieux de pèlerinage là-has où nous nous sentirions riiez nous: les habitations encore maintenues, qui rappellent tie grands noms français: Rohan, C.hoiscul, de Vaudreuil, «le Noailles, qui, toutes, furent jadis domaines haïtiens des Cadets de France.Ce voyage, plein d'attraits en un pays nu climat et à la flore tropicales, ces pèlerinage dans l’Ile si fidèlement française d’Haïti, ne tentera-t-il pus quelqu'un tie nos compatriotes?Lucien DESBIENS lartieulièrement placé pour expo- une aide incomparable pour le cul- ser les besoins de la classe agricole en fonction de l’électricité.Ni.Àüwrt’ Riau= Nous revenons, dit M.Rioux.de l'endroit historique du Can .nia par excellence; nous revenons du village de Gaspé où Jacques Cartier mit le pied pour la première fois sur le sol d’Amérique.Mais nous avons vu aussi dans le village de Gaspé.l’endroit où l’on paie 1 électricité.au plus haut prix qui soit dans le Canada, et probablement l’Amérique du Nord, rar on m a assuré que le coût de l'énergie électrique v était à U5 cents.Et c’était la preuve tpi après quatre siècles d’histoire, de travail, nous n’étions pas enrore maîtres de nos ressources naturelles puisque dans une province aussi riche en ressources hydrauliques que la notre, l’énergie électrique pouvait atteindre à un prix Ci aussi richesses province tcinore n un p>“' fabuleux.Cela indique aussi la nécessité d une réaction pour faire cesser un état «ie choses aussi préjuxx^c>cxxx^x:>0
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