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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 20 avril 1916
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1916-04-20, Collections de BAnQ.

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VOLUME VII—No 93 MONTREAL, JEUDI 20 .WRIL 1916, DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par îa po£e : .Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.*5.v.O UNION POSTALE.«8.00 Édition hebdomadaire CANADA.$1.00 ETATS-UNIS.$1.50 UNION POSTALE .s ., .$2.00 Diredteur : HENRI BOURASSA Rédacftion et administration : 43, RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION : .Main 7460 FAIS CE QUE DOIS ! EST - CE LA GUERRE ?En marge de la crise germano-américaine ?Le point capital de la note adressée par les Etats-Unis à l’Allemagne et de la déclaration faite au Congrès par M.Wilson parait bien être ee-iui-ci : le gouvernement américain estime, après une expérience de plusieurs mois, que la guerre menée par l’Allemagne contre le commerce des Alliés, par le moyen de ses sous-marins, est, de par sa nature même, ‘ absolument incompatible avec les principes d’humanité, les droits indiscutables cl depuis longtemps reconnus des neutres et l'immunité sacrée des non-combattants”.A défaut de l’abandon immédiat le ce genre ds guerre, les Etats-Unis s’estimeront obligés de rompre toutes relations diplomatiques avec !c gouvernement allemand.D’autre part, on affirms que les autorités allemandes jugent que leurs procédés de guerre sous-marine sont un, acte de représailles déterminé par le blocus anglais auquel elles ne peuvent renoncer.Et ce qui paraît sûr, c’est que le sous-marin est la seule arme navale efficace qui leur reste.Toutes leurs autres unités sont bloquées dans le canal de Kiel, et c’est à peine si un ou deux croiseurs ont pu -causer quelque dommage aux Alliés.La marine marchande allemande n’existe plus : elle a été balayée, des mers par les flottes alliées et spécialement par la flotte bri-taninique.On comprend, dans ces conditions, avec quelle ténacité le gouvernement allemand, qui se préoccupe probablement plus du succès de ses troupes que du respect des droits des neutres, s’attache à conserver l’arme dont il dispose.* * * Que sortira-t-il alors de la démarche nouvelle et grave faite par le gouvernement américain "?II est probable que les autorités allemandes chercheront encore à négocier, à trouver une formule qui leur permette d'utiliser les sous-marins, sans provoquer une rupture ouverte avec les Etats-Unis.Mais, s’ils n’y réussissent pas et s’ils persistent à utiliser les sous-marins dans les conditions contre lesquelles protestent les Américain?, sera-ce la guerre Certains diront peut-être tout de suite oui.Mais il est de fortes raisons de dire non.M.Wilson parle bien de rupture des relations diplomatiques, mais cette rupture n’entraîne pas nécessairement l’étab de guerre.Les dépêches font observer qu’il n’existe qu’un cas où la rupture, entre deux puissances de premier ordre, n’ait pas été suivie nie la guerre.Mais ce cas existe, il -existe dans le cataclysme actuel, et il est particulièrement intéressant, puisque c’est celui de T Allemagne et de l’Italie.Entre T Allemagne et ITtalie, il y a eu rupture, non pas de relations amicales pures et simples, mais d’une alliance positive.Puis nous avons assisté à la constitution de relations nouvelles qui lient ces deux pays à des groupes qui se combattent avec acharnement, A l’heure présente, le grand état-major allemand dirige en fait toutes les armées qui combattent les Alliés, et les représentants du grand état-major italien, les généraux Cadorna et Porro, siégeaient ii y a quelques semaines à Paris dans le suprême conseil des Alliés dont l’objet était d’opposer aux efforts des stratégistes allemands le meilleur plan et la plus complète unité d’action possible.Et cependant, l’Allemagne et ITtalie ne se considèrent pas en état de guerre.Cela suffit à montrer quelle distance sépare, de nos jours même et dans des conditions qui semblent comporter le maximum de chances de conflit, la rupture des relations diplomatiques et l’état de guerre.Gela suffit à marquer quelles chances de paix relative subsistent entre deux interlocuteurs séparés par un océan et dont les relations doivent être encore moins grosses de danger que celles de l’Allemagne et de ITtalie.* * * Si la guerre éclatait tout de même ?On ne voit pas d’abord, du point de vue militaire, quel dommage sérieux pourraient se faire les adversaires.Ea flotte américaine, sans doute, pourrait se joindre à celles des Alliés, mais ceux-ci sont déjà maîtres des mers.Le danger quelle pourrait faire courir à tel ou tel croiseur allemand, par hasard échappé à io .surveillance des Alliés, serait probablement compensé par les attaques des sous-marins allemands contre les navires de commerce américains.L’armée allemande est assez occupée en Europe pour ne pas tenter en Amérique une nouvelle aventure.Comment, d’ailleurs, dans les conditions actuelles, pourrait-elle traverser un effectif notable ?Quant à l’armée américaine, du point de vue d’une guerre extra-américaine, elle est présentement inexistante et lies complications mexicaines ont chance de l’occuper pendant quelque temps.Aussi bien, c’est comme facteur économique — et ta guerre en a montré l'importance — que les Etats-Unis peuvent compter.Et le New-York Times de ce matin, qui croit à propos de souligner pour l’opinion allemande la gravité d'une intervention américaine, n’insiste, à vrai dire, que sur ce point.‘‘Si les Etats-Unis, dit-il, entraient dans la guerre, cela signifierait que l’Allemagne verrait les puissantes ressources de scs ennemis renforcées par l’arrivée d’une autre nation aussi formidable que la France, VAngleterre et la Russie, non point en matière de bataillons armés ou de flottes cuirassées, mais dans l'aliment même et la substance vitale de la guerre — le renfort énorme et incalculable qu’apporteraient aux Alliés nos vastes ressources financières.” Mais c'est ic.i, précisément, (pie se pose l'une des plus troublantes inconnues du problème.Personne ne conteste les énormes ressources des Etals-Unis, mais beaucoup, et dans les deux camps, se demandent si.In guerre déclarée, elles seraient d’un appui plus efficace pour les Alliés qu'elles ne le sont présentement.Ear les Etats-Unis sont depuis près de deux ans le grand réservoir financier it les grands fournisseurs de mun.itions extérieurs des Alliés.La maîtrise des mers a permis à ceux-ci de monopoliser le produit des fabriques américaines.En cas de guerre, nos voisins pourraient-ils fournir à leurs alliés plus d’argent et de munitions ?C'est ce dont plusieurs Anglais doutent fort.Ils font observer qu’une grande partie des ressoirces dont bénéficient aujourd'hui les Alliés seraient absorbées par l'organisation de l’armée américaine, par la nécessité de compléter ses propres approvisionnements.Et certains vont jusqu’à soutenir que, dans l’intérêt même des Alliés, la neutralité des Etats-Unis est préférable à leur intervention directe dans la guerre.N’est-on pas en droit de conclure, par ailleurs, que ce doute sur l’efficacité récite de l'intervention sera l’on des facteurs qui tendront le plus à empêcher que la rupture des relations diplomatiques, si elle se produit, ne soit suivie de la guerre ?Et ne faudrait-il pas y ajouter, avec la répugnance naturelle du gouvernement américain, la composition même du peuple où se mêlent tant d'éléments divers — divers par l’origine et par les intérêts les plus immédiats ?:t * * En noire qualité d’excentriques, qui osons encore nous préoccuper des intérêts dm Canada proprement dit, nous vaudrions, au bus de ce trop long article, poser deux simples points d'interrogation.Quelle serait, en cas do guerre, la répercussion sur notre situation propre — à nous qui dépendons actuellement du marché financier américain — du bonileverseim nl économique qui s'ensuivrait ?El daaiS CtMoll* mesure le développement de La puissance militaire îM Elals-UvuM conséquence inévitable, non seulement de la guerre, mais in tension actuelle, entraînna-t-il chez nous de nouvelles dépenses Miliaires ?il peut y avoir lit matière à utile réflexion.NOTES MUNICIPALES Un particulier habitant rue Saint-Denis surprenait, l'autre matin, un voleur qui venait de s’emparer d’une ùouteiiie de lait vide contenant près d’an dollar déposé là en attendant la, distribution.Ces larcins sont fréquents ; il est plus rare que l’on prenne le malfaiteur.On ne s’en donne guère la peine rl ailleurs, car i! s'agit le plu~> souvent d’une perte minime, soit en espèces ou en nature.Cette peccadille rappelle cependant un mal beaucoup plus grand: la mauvaise habitude de laisser stationner longkmps ie lait aux portes, surtout l’été, et l’anomalie de la distribution du malin, quand elle devrait se faire l’après-midi.LE REMEDE Le docteur Boucher a tenté jadis d apporter remède à ce double mal, mai ; l’administration a cm bien garde, de crainte de mécontenter quelques électeurs sans doute, de faire loi le projet de règlement soumis au conseil.M.Boucher voulait qu’on interdît aux particuliers de laisser à la porte des maisons la bouteille de lait que ie livreur y dépose souvent deux ou trois heures avant que la bonne ou la ménagère vienne la quérir.L’hiver, passe encore.Le lait n’a pas grand chance de se corrompre puisqu’il est fréquemment aune tempéralure au-dessous du point de congélation.Mais l'été, l’un des cô-és de la rue est ordinairement exposé, dès l’aurore, aux rayons d'un soleil cuisant.Il va sans dire que le docteur Boucher ne voulait pas simplement obliger les clients du marchand de Irit à se lever à des heures impossibles.Son but était d’atteindre ainsi le fournisseur qui, pour se conformer aux exigences de sa clien-èie, devrait modifier l’heure de la tournée.LE LAIT DE LA VEILLE Se doute-t-on, en effet, que celte distribution du matin que l'on nous impose sous prétexte de nous faire boire-du lait plus frais ne nous apporte que le lait de la veille au matin, le plus tôt?Le fermier trait ses vaches le matin, par exemple.Il garde le lait ensuite de 12 à 24 heures chez lui.11 faut ajouter deux ou trois heures pour le transport.Sauf quelques rares exceptions, les marchands qui reçoivent leur envoi l’après-midi ne le livrent ensuite à leurs clients que le malin.Ce client en fait une provision pour toute la journée de sorte qu’il le conserve chez lui fréquemment de six heures du matin à sept heures du soir, ce qui fait douze ou treize heures’ de plus.On boit donc encore à six heures du soir du lait trait la veille au matin.Soit de six heures du matin à six heures du matin le lendemain: 24 heures, plus douze heures (de six heures du matin à six heures du soir) soit 3ü heures.On voit donc l’importance qu’il y aurait à adopter un règlement décrétant la distribution l'après-midi.Le lait compterait certainement une nuit de moins.Il ne resterait pas indéfiniment exposé au soleil.Il n y aurait aucun danger de larcins comme celui que nous signalions au début de cet article et le livreur qui, tous les jours de l'année, trime dès l’aurore, exercerai! son métier à des heures plus commodes.Les adultes ne s'en trouveraient certainement pas plus mal et les enfants, ceux au biberon surtout, dont l’estomac réclame du lait frais, se trouveraient infiniment mieux.L’ASSISTANCE MATERNELLE La presse montréalaise domine une large et généreuse publicité à l'ex-ce:lente oeuvre de Mme Hamilton.1! y a lieu de s'en réjouir, car il suf-lit que celte oeuvre soit connue pour qu’elle soit appréciée et que son succès soil, par là même, assure.Les chiffres cilés par la présidente son! tout à l’éloge du public de Montréal qui a souscrit généreu->t«neni aux fonds de VAssistance.il serait injuste d’oublier la Société Saint-Vincent de Paul qui a soutenu inlassablement celle oeuvre nou-vehe, étant bien placée pour apprécier l’efficacité de son travail.Depuis déjà longtemps, la population de Montréal est au courant du bien accompli par les gardes-malades de Ville-Marie ; rappelons que ces dames sont les dévouées collaboratrices de celles- de l'Assistance maternelle.Comme le dit la pre?: dénié, elles oui fait connaître ux malades pauvres des douceurs ignorées sans cloute jusque là.L’INAUGURATION DU CONSEIL M.le inaire, le "leader" du conseil, les deux eonunis aires nouvellement élus on! témoigné, lundi, de leur bonne volonté et se sont engagés à faire tout en leur pouvoir pour tirer la ville de l'impasse où elle se trouve.M.Martin n'a pu s'empêcher de rejeter sur les épaules du conseil, même à I inauguration de son nouveau terme, ce qui est d’ordinaire ijour de baisers Lamouretle, la responsabilité cK- la malpropreté des 'mes, On lui a répondu, avec beaucoup de sens, que les rotninlssalres luiraient dû pourvoir dès le premier budget à celle dépense de première néec.siie, La chose csl juste cl nous espérons que jamais à l'avenir on ne oermetlru que pareil état de chose se répète.La situation de la ville, d’après la revue qu’en ont faite MM.Lari-vière et Villeneuve, n'esl pas floris-ïunte.Et dire que malgré cela, à peine puis de la moitié îles électeurs ont 'ru d" b«tr devoir de sc rendre nu scrutin! N’cst-ce pas le cas de dire que les villes ont les gouvernements qu’elles méritent ; el que si l'administration actuelle fait preuve d’incurie comme les anciennes, les contribuables pourront se dire : Mca Maxima culpa ! Ils auront négligé leurs propres intérêts; pourront-ils se plaindre que des gens qui ne sont pas leurs élu> les traitent aussi né-gügement qu’eux-mêmes?Louis DUPIRE.A OTTAWA L’AJOURNEMENT DE PAQUES Ottawa, 10 avril 1916.Les travaux de la Chambre se sont ressentis aujourd’hui des vacances toutes prochaines et les députés présents étaient plutôt clairsemés.Le fait est que dès le moment où l’on a fait retour à l’élude des appropriations du ministère des Chemins de fer, vers quatre heures et demie, le gouvernement s’est trouvé, sans s’en apercevoir, en minorité dans l’enceinte parlementaire En effet, tout bien compté, il y avait à ce moment six députés ministériels, y compris deux ministres, tandis que du côté de l’oppos'ition le nombre des guerriers s’élevait à neuf, ce qui eût permis à ces derniers de provoquer une crise fatale au gouvernement en demandant le vote sur une question, à supposer, bien entendu, qu'il n’eût pas été possible aux “whips” ministériels de trouver dans l’édifice des partisans en nombre suffisant pour rétablir la proportion normale des choses.En tout cas, personne ne semble avoir nourri de si funestes desseins sur la sécurité du cabinet, déjà assez ébranlée au cours des semaines dernières et encore imparfaitement rétablie par le commencement de défense nrésenté hier par le ministre de la Milice.Celui-ci n’est pas apparu à son siège aujourd’hui, et le premier ministre a répondu à sa place à certaines questions relevant de la Milice.* * * Sir Robert Borden était du reste destiné à prendre une part active aux procédures de ia journée; car au moment où le président annonçait que la Chambre allait passer à l’ordre du jour, le premier ministre se leva et demanda la permission de présenter une motion secondée par le chef de l’opposition.Dans un discours d'une dizaine de minutes, sir Bobert expliqua qu’il s’agit de commémorer le premier anniversaire des batailles où les soldats canadiens s’illustrèrent tant et sauvèrent littéralement, affirme-t-il, la cause des Alliés.Et après avoir rappelé que le confort et la sécurité dont nous jouissons ici ne doivent pas nous faire oublier les dangers que courent là-bas nos braves soldats, le premier-ministre fait observer que nous devons un hommage à la mémoire des nôtres qui ont sacrifié leur vie pour la défense du Canada et de l’Empire et qu’il convient de marquer par quelque signe extérieur l’admiration et le respect que leur héroïsme a su nous inspirer.Sir Robert propose donc qu’en l’honneur de la bravoure montrée en lotit temps par les troupes canadiennes, mais particulièrement au cours des sanglantes et glorieuses batailles de Saint Julien, de Festhubert et de Givenchy, i! soit résolu de pavoiser tous les édifices publics du pays, les 22, 23 et 24 avril courant, non pas à mi-mât, en signe de deuil, mais fièrement et glorieusement, en signe d’admiration et d’impérissable souvenir.Après ces paroles bien senties, qui sont à plusieurs reprises soulignées d'applaudissements unanimes, sir Wilfrid Laurier se lève pour répondre, salué, lui aussi, de l'hommage unanime des deux côtés de la Chambre.Visiblement, l'on est loin de l’atmosphère belliqueuse des jours précédents, c! la Chambre ne contient plus que des citoyens auxquels les paroles du premier ministre viennent de rappeler de graves et austères vérités.Sir Wilfrid qui sait ajouter aux paroles de sir Robert Borden, quelques phrases pleines de inet, commence par rappeler que lorsque nos premiers contingents sont partis, pn éprouvait naturellement une certaine inquiétude à leur endroit.C’est un fait reconnu, dit-il, qu'il est l'his rude à de jeunes Iroupes inexpérimentées de se battre contre un ennemi aguerri el ouïssant, et i! était naturel que l’on éprouvât une certaine appréhension sur la façon dont elle se comporteraient en des circonstances difficiles.Aussi est-ce avec la plus grande fierté (pie l’on Peut maintenant évoquer le souvenir de l'héroïsme magnifique avec lequel ees troupes ont soutenu l’honneur du Canada, el véritablement sauvé en ees trois jours la cause mémo de la civilisation.Pavoisons donc pieuse-ment le pays à leur souvenir, s’écrie sir Wilfrid, car ils sont morts en défendant de leur sang et de leur vie lu grande cause de la liberté, de la justice et de la tolérance.C'est sur ees trois mots qu’il af-feciionne parliculièremeat que sir Wilfrid reprend son siège, ayant ainsi fort convenablement secondé li* •'lotion du premietMiiinistre.Le rhef de l'opposition devait se lever de nouveau, un instant plus tard, pour demander si le gouvernement se propoic de déposer bientôt les renseignements demandés par M.Macdonaldrde Piéton, au sujet de la vente des munitions de l’arsenal de Québec à une compagnie.Le pre-inier-niinlstiv s'est exrusé sur le Iravail considérable qu'il a eu à ae-eoniplir ees jour: derniers, et il a promis de produire les documents demandés avec loulc la célérité pos.sible.T s’agit là, comme nn sait, de t’affaire dont sir Wilfrid a repro- ché à sir Sam Hughes de n’avoir pas parlé dans sa défense.Il paraît que la compagnie qui aurait fait 1 acquisition de touies les cartcu-ches, etc., que contenait l’arsenal de Québec, les aurait revendues immédiatement, eu à peu près, aux au-toriiés impériales, à un profit fort substantiel.On peut s’attendre à un assez vif débat là-dessus, après la vacance.» * * iniiiiiiiM ibii ¦¦¦!—¦niuiuiMum —ua—j—muu—jumu—jMj Vous allez tout savoir ¦> LA CAMPAGNE PROVINCIALE — Les rapports des conventions el des assemblées électorales, le résultat du scrutin du 22 mai : En cemité général, sir Thomas White — il n’y a plus que des sirs el des colonel>, au Parlement, pour ; insi dire — a fait adopter en deuxième lecture an bai destiné à activer la production du zinc au moyen d une prime de deux sous par livre, dans le cas seulement où le marché descendrait plus bas que huit sous ia livre.Le ministre des Finance; a expliqué que cette prime aura Pour but d’assurer aux producteurs la stabilité du marché pour ie cas où la guerre se tcnminerait avant une année.Les industriels hésitent assez naturellement à se lancer dan; celte industrie, dont le produit baissera considérablement aussitôt ia guerre terminée.Le gouvernement intervient donc pour les rassurer.Transformée ensuite en commis-ion des subsides à la voix magique de M.Sévigny, la Chambre, composée de quinze députés, s’esl mise prosaïquement à parler chemins de 1er.Et à six heures, elle s’est ajournée à mardi prochain.Ernest BILODEAU.LES CERCLES D’ETUDES FEMININS L’Ecole Sociale Populaire, dont les tracts si précieux nous arrivent chaque mois, vient de donner au public une autre hrochurette de valeur: Les Cercles d’Etudes Féminins, par Mlle Marie-J.Gérin-Lajoie.Oui, les cercles féminins existent, et c’est une révélation pour nous d’apprendre qu’à une journée d’études dont les séances furent tenues à l’Ecole d’Eiiseignemeijt Supérieur, en mai 1915, dix cercles de jeunes filles étaient représentés.Cette belle éclosion s’est faite sans bruit, dans l’humble silence particulier aux oeuvres que Dieu bénit et fait prospérer.C’est qu’il ne s'agit pas ici d’un féminisme tapageur, à l’anglaise, aspirant à se lancer dans le tourbillon des affaires politiques et le fracas des batailles électorales, nos jeunes filles connaissent mieux leur devoir et savent que, suivant une belle réflexion d’Ozanam, le rôle des femmes chrétiennes ressemble à celui (tes anges gardiens, elles peuvent conduire ie monde, mais en restant invisibles comme eux.Mais si l’action de la femme doit surtout rester cachée, 14 ne lui est pas défendu de rechercher les moyens de la rendre plus féconde, de l’adapter aux circonstances dues à révolution de la société, de prendre une plus large part aux oeuvres do charité et de dévouement.Voilà la raison des cercles d’études féminins.Mlle Gé-rin-Lajoie le définit: “Un groupe homogène de personnes travaillant en commun à acquérir une formation intellectuelle ou sociale.” Ce n’est là qu’une formule abstraite pour le public, mais chargée d’un sens profond pour les initiés.Le cercle n’est pas un groupe à l’allure austère où l’on discute tristement sur des sujets peu intéressants; loin de la, c’est une réunion vivante et enjouée où les matières débattues répondent aux aspirations, aux goûis et aux intérêts des membres.Pour ees motifs le cercle, autant que possible, sera “homogène”, c’est-à-dire composé de personnes appartenant au même milieu social.Il y aura ainsi les cercles élémentaires pour les jeunes filles de pensionnat, les groupements il’adolesccnles qui recevront les demoiselles à leur sortie du couvenl, enfin une troisième catégorie comprenant les cercles spécialisés “ayant pour objet la formation particulière d’une classe professionnelle ou d’une catégorie de personnes s’occupant d'une oeuvre déterminée, tels les cercles de fermières, d'associations professionnelles ou de comités d’oeuvres.” Qui ne voit de suite que les Cercles d’Eludes Féminins sonl un pendant de l'A.C.J.C.et qu'ils sont heureusement appelés à donner nux jeunes filles l'excellente formation sociale que l'élite de nos jeunes gens reçoit déjà depuis une douzaine d’années.Contester leur opportunité ce sérail dire (pie la femme canadienne est arrivée au sommet de la perfection.hllc-mèine serait lu première dans sa modestie à rejeter celle appréciation trop flatteuse.Le cercle par exemple pourra continuer en quelque sorte l'enseignement scolaire, remédier à ses lacunes Inévi-tables, faire faire à ses membres l'apprentissage de l’action.Comme forcément il ne eoniptera toujours qu'une élite, i! devra former des femmes-apôtres qui par leurs lumières.leur zèle et leur (lévoiirmont entraîneront leurs compagnes au bien, secondcronl efficacement le prêtre dans ses fonctions, “nltlrnnt les âmes à sa portée en les ouvrant à son action." Ensuite que de questions à étudier et à résoudre où le rôle de la femtné csl primordial et auxquelles le cercle féminin pourra consacrer ses énergies: oeuvres de charité et de secours où 1rs classes se mêleront _ et apprendront à s’estimer, alcoolisme, paupérisme, protection de la jeune fille, etc.Mais c'est dans le domaine familial où la femme est reine que le cercle prétend surtout exeqçer son influence salutaire.Il étudiera sur toutes ses faces l'éducation de l'enfant, sa préservation physique et morale, la manière do tenir une maison, l'économie, l'hygiène du logis, les bienfaits de l’école ménagère, etc.Toutes res — L’ENQUETE SAM HUGHES-ALLISON — Tous les témoigna- ges sur le scandale des munitions ; — LA QUESTION D’ONTARIO — Détails complets de la lutte scolaire qui sera bien.ôt portée au Parlement ; — LA FIN DE LA SESSION — Tous les débats â Ottawa où de très importantes questions restent encore à vider ; — LA CRISE FIN ANGLETERRE, où l’on s’attend à la dissolu- tion du gouvernement sur la question de la conscription ; — LA RUPTURE ENTRE WASHINGTON ET BERLIN, qui de\ient de plus en plus menaçante ; Tous ces événements se produiront d’ici six semaines et pour vous tenir renseignés d une façon impartiale et juste, nous offrons, par la poste, pour l’extérieur de Montréal, un abonnement à l’édition quotidienne du DEVOIR ”, D’ICI AU 1er JUIN, POUR 50 SOUS Inscrivez-vous, faites abonner vos amis, abonnez-les vous-même, sans retard.La situation exceptionnelle du DEVOIR en marge des partis est «ne garantie de l’information sérieuse et indépendante qu’il donne à ses lecteurs.fiCTKaTrinii «rr-mi ¦ilimrinm études tendront à rétablir 4e foyer chrétien dans sa réelle splendeur en y faisant régner Je pur esprit de l’Evangile.Certes, 14 ne faut pas craindre l’enrôlement féminin dans la nouvelle association; les problèmes sociaux que Ton se propose d’y scruter sont à la portée de toutes’les intelligences, et la femme, ajouterons-nous, les connaît souvent mieux (pie l’homme parce que d’ordinaire elle a plus à en souffrir.Elle ponrnf donc apporter à leur solution sa valeur indiscutable, "elle peut et doit y apposer le sceau de sa douceur, de sa délicatesse, faut-il dire, de son instinct vital, capable de lui faire trouver plus vite le secret de la vie heureuse, objet ultime de toutes les préoccupations sociales.” Il y a bien pour certaines gens la terreur de l’innovation, mais Mlle Gérin-Lajoie leur répliquera “qu’à toutes les époques, les oeuvres (pie nous admirons aujourd’hui sont apparues en nouveauté.Jeanne Divoi-re, dans une fine apologie des cercles d’études, a un mot très juste à cet égard: “Les vsaints, les grands chrétiens dont on nous cite les noms, saint Vincent de Paul, saint Jean-Baptiste de la Salle ont fait ce que leur temps ne faisait pas.” •Si Ton réfléchit ensuite que les Cercles d’études féminins envisageront les choses an point de vue canadien, qu’ils se pencheront sur noire société canadienne française, l’ausculteront (jour découvrir ses maladies et lui préparer les remèdes sauveurs, l’on ne peur que se réjouir de leur fondation et en espérer les meilleurs résultats.Dyns la seconde partie de son travail, Mlle Gérin-Lajoie nous mon-lre le cercle féminin, à l’oeuvre, comment se fera la propagande de recrutement, de quelle manière serai composé le.cercle, quel sera le rôle! des officières.le règlement qui ré-! gira les membres, les méthodes à suivre pour conserver aux séances la vie et l’intérêt, etc.La piété, Yétu-de et l’action seront les trois grands ressorts mettant les énergies en branle et centuplant leur valeur.| Il y a dans tout cela des suggestions excellentes, des conseils avisés lesquels dénotent chez l’auteur une expérience déjà consommée.Nous n hésitons donc pas à recommander cet opuscule aux directeurs de cercles de TA, C.J.C.et aux jeunes gens en générai (pii en font partie, Ils en profiteront sûrement, et dès ce jour ils verront que grandit à leurs côtés un auxiliaire aimable, actif et zélé dont le plus vif désir est de lutter avec eux à l’envi pour rendre le plus de services possibles! à l’Eglise el à la patrie canadienne.i PIERRE MOA’VEL.La brochure Les Cercles d’Etu-] des Féminins est en vente au Secrétariat de YEcole Sociale Populaire, 1075, rue Rachel, prix: 10 sous| l’exemplaire.BLOC - NOTES Pas de français ?N’y a-t-il pas au ministère de la milice quelque fonctionnaire capable, de rédiger en français les télégram-i me.s adressés aux parents canadien,‘.français de soldais lombes au front?On le dirait, à suivre ce qui se passe.Ainsi, ce (matin, la Ga-\ ’cite raconte (pie la mère du trou-' pier Jean Laflamme, île Montreal,) lui' récemmeml sir* le champ de ba-l 1 aille, a trouvé en rentrant chez c!le‘ un télégramme lu ministère, rédigé en anglais.“Hier soir, dit octtcl femme, quand ie suis entrée chez1 mol, revenan! de l'ouvrage, je l’nii vu mort.Ma fille me dit d’aller vi-' te chercher quelqu’un pour traduire le télégramme en français, (mais ie lui ai dil que je savais que mon fils était moul, •) je ]?savais.” (La Gazette).Les mots soulignés indiquent bien la teneur originale du télégramme.11 n’y a pas si longtemps.une aut 'e femme tnonU'éalnî-•¦e ayant un fils au front reçut, elle aussi, un télégranvm > en angbd.s, sur lequel elle vif le nom de son fils.Ve emtiprenant nas l’anglais, elle le c:'ut mort.Elle eu éprouva un rhoe terrible, mil fnilliii la tuer el dont elle souffre rnrnre.Son fils n’étalt heureusement que Htessé, il est retourné au front."1 le minis-lère de la Milice avail le tact de cor- respondre en français avec les pareras runadiens-t' ançais des soldais au front, ii leur éviterait de telles affres.D’autant que le français est langue officielle el que les parents de langue française qui donnent leurs fils à l’armée ont bien le droit qu’on leur en communique des nouvelles dans leur langue.Que dirait une femme de Toronto ne comprenant pas le français, si ie ministère lui télégraphiai! dams celte langue que son fils ea' mort et qu'elle dût chercher quelqu’un pour lui traduire la dépêche fatidique?Avec la France L’expert en publicité française d'une grande maison de Montréal, M.Michaud, a donné hier soir à la Chambre 'de commerce une conférence fouillée sur les méthodes commerciales de l’Allemagne avant la guerre et sur l’avenir commercial du Canada.Il a fait voir que T; benefices le Canada trouverait à entrer en relations commerciales plus suivies avec la France, dont le marché devra s’ouvrir aux produits canadiens, la guerre finie, si nous savons y pénétrer à la faveur d’un Iridié commercial favorable aux deux parties.Ce traké devrait pouvoir se signer.Il ne faudrait pas que nos gouvernant s'imaginassent que nous devons rester mùré.s commerciidcment dans l'Empire b’ilannique el qu’ils tentassent même d" nous v emmurer davantage, à la faveur de traités de commerce ave d’autres colonies anglaises qui n’ont on’un faible pouvoir d’achat.Le conférencier a eu raison d’insis-'er sur l'importance du champ nue la France offre à nos indiwlriels, certains de nos gouvernants l’ont souvent trop dédaigné.Lettres ouvertes Un député se plaignait hier aux Communes que certains fonctionnaires des postes ouvrent, pour les censurer.des lettres adressées d’un point du Canada à un autre.C'est un abus dont des gens se sont déjà maintes fo’is indignés.11 ne saurait se prolonger.Le ministère des postes n'a ja-ma's donné de tels ordres a ses fonctionnaires e' ceux-ci, règle générale, ont bien compris ce qu’il exige d’eux.Mais il s’en trouve, sur la masse, qui sont incapables de distinguer exactement ce dont il s’agit.Et le plus tôt le ministère des postes les aura écartés, le mieux ce sera.Nouveau convoi Le ministère des chemins de fer vient de déclarer que, sous peu, il y aura un convoi uirer! du “Transeon-iinenlal-Xafional ’ d'Halifax à Winnipeg, et (pie ce con voi sera convenable.Depuis l'inauguration de cette voie ferrée, sous la direction de l’Etat, les habitants de la région qu’elle traverse, dans le Québec, ont eu toutes les raisons du monde de protester contre la manière dont on les a traités.Les voyageurs y étaient voilures comme des bestiaux, tandis que certains fonctionnaires supérieurs chargés de Tadminislration de ce réseau affichaient à l’endroit du publie un mépris et un dédain insultants.Tout récemment, un Canadien-français eompélent a pris la place d’un fonr-lionnaire supérieur de langue anglaise qui s'était fait remarquer par son indifférence à l’endroit des réclamations les plus justes.S’il se fait d’autres réformes, elles seront les bienvenues,— car elles sont tout à fait nécessaires.Il y a des mois que le publie voyageur, de Québec à Cochrane, les réclame en vain.Témoignage Le sénateur Pope, dont les lecteurs du Devoir ne sont pas sans connaître le langage d’habitude hos-lilo aux moindres théories nationalistes, disail hier à Sherbrooke, en parlant de la minorité anglaise: “La minorité anglo-québécoise a toujours été traitée dans cette province avec justice et fair-play.Personne ne le sait mieux que mol, qui ai 27 ans de vie publique active.” Ce témoignage est bon à enregistrer.Si la minorité française de l'Ontario recevait le même traite-ment que l'anglaise dans le Québec, il n'y aurait pas de question bilingue.B.P.Orner ilEROUX. Z Lfc lit VOIR, MONTREAL, JEUDI 20 AVRIL 1910 VOL.Vil.— No ‘JJ LETTRES AU “DEVOIR” Nous ne publions que des lettres signées, ou deg com .nu nies (ions accompagnées d’une, lettre'signée, avec adresse authentique.Les correspondants anonymes s’é-p ignoraient du papier, de l’encre, un timbre-poste, et à nous une perte de temps, s’ils voulaient bien en piendre note déf.n'tivemeit.L’INDEPENDANCE DU CANADA OU DU QUEBEC Montréal, 31 mars Monsieur Henri liourassa, Au Devoir, Montreal.Monsieur, Vous prêchiez, hier soir, l’indépendance du Canada comme la sj-lution la plus normale et la plus conforme à nos intérêts à donner an problème de l’existence nationale qui se posera demain.Ce serait, il n’en faul pas douter, un remède certain pour nous quérir de l’asservissement rno (d où nous a trop profondément plongés, hélas! l’absence presque totale des responsabilités d'une nation véritable; ce serait la meilleure base à donner à un patriotisme qui ne serait plus ‘ des souvenirs d’archivistes” ou des violences déclamatoires, mais ‘‘une foi.une espérance, un orgueil, une souffrance, une joie”: nous serions réintégrés dans notre dignité d’hommes libres, don' nous croyons avoir été à jamais dépossédés par l’avidité conquérante de l'Angleterre.Je ne doute pas non plus que, de ce'te naissance à la vie naturelle des nu lions, H s'ensuivrait une meilleure entente entre les grandes races qui se partagent le.Canada, comme avec vous le croit fermement Monsieur Ewart.Mais pourrions-nous avec tou! cela bâtir une nation forte et grande?Est-ce que ces éléments nouveaux qu’apporterait l’indépendance suffiraient à celte fin?A> croyez-vous pas qu'entre le Canadien d’origine française et le Canadien d’origine anglaise, il existe une antipathie, qu’une histoire plusieurs fois .séculaire a créée, et que le caractère, la religion et les aspirations individuelles ne peuvent qu’accentuer?que nous ne retrouvons pas ici tes conditions liai ont permis à la Suisse et à la Belgique, d.former leur unité nationale?Ne croyez-vous pas surtout que toute notre bonne volonté ne se buterait pas à cet obstacle beaucoup plus grand : l'absurdité géog-aphiaue qu’est notre i>nys?Ce serait une lut te trop forte, je le crains, à entreprendre contre ce que la na'urc a voulu et ce que la diplomatie anglaise a permis.Nous nous verrions, je pense, là' on tard, et pins tôt que les Etats-Unis, devant le péril qui menace la république voisine dont on entend craquer la puissante armai lire.Pour énilrr ces obstacles si grands, que penseriez-vous de !'indépendance du Québec avec une unite territoriale et une quasi unité ethnique?Nous ponrsuiveions plus rapidement et plus fortement \ nos destinées; nous pourions aider, tout aussi bien nos nationaux disse-1 minés de par le Dominion: et avec\ notre situation géographique particulière et avantageuse, sauf la fermeture de nos ports de mer pendant quelques mois de l'année, nous exercerions avec pins d’efficacité l'influence de l’esprit français en Amérique.Ces réflexions d'un humble étudiant vous sont soumises avec ton- de la seule province de Québec, c’est une perspective assez séduisante (i première vue; mais est-elle réalisable?E’ puis, avons-nous le droit ' ‘Tabandonner les Acadiens e! les Canadiens-français des provinces anglaises?Vous prévoyez cette objection, mais vous n’y répondez iras: la province de Québec, indépendante.ne pourrait rien faire pour p-otéger ses nationaux de Vextérieur.Boar nous-mêmes, nous serait-il muintaneux de nous isoler complètement?La lutte avec les mires races, si nous savons la conduire, nous fait du bien.Tous eu mérite d’être pesé.En 'oui cas, je vous félicite de l’intérêt mie vous portez à ces graves questions.Ma suprême ambition c’est d’amener la iennrsse ca-nndiennr-franrai.se à étudier, à réfléchir et li se convaincre .solnle-in ni de ses devoirs nationaux.V: nous savons devenir sérieux et virils, notre avenir s’arrangera bien.Cordialement à vous.CHOSES MUNICIPALES ON NE PEUT S’ENTENDRE LE DESACCORD SUR LA QUESTION DE LA TAXE SPECIALE, ENTRE COMMISSAIRES ET ECHEVINS, SUBSISTE ET FAIT QUE NOS RUES NE SERONT PAS NETTOYEES.Le HEROS est un tabac canadien qu’une fermentation artificielle a débarrassé (i'j cette mauvaise odeur (pii s’imprégne dans les meubles, dans les lu.bits et dans la personne même du fumeur.Son arôme est doux et agréable.Contre mandat-poste de 75 sous nous en expédierons une livre, t* St.Jacques Tobacco Packing Co., Ltée.S.-Jacques, Comté Mcntcaim.Qué.c CARTES PROFESSIONNELLES ET CARTES D'AFFAIRES J Henri BOURASSA.OUTREMONT UNE TAXE NOUVELLE LE CONSEIL MUNICIPAL DECIDE D'IMPOSER UNE TAXE SUR TOUS LES COMMERCES ET NEGOCES AMBULANTS QUI FONT ALEA 1RES DANS LA MUNICIPALITE.— UN GARAGE PUBLIC, RUE RUROCHER.n avoir pas rc-lettre du 31 travail m’en te l’admiration et tout le respect aa’il a pour vous en qui il aime saluer un rê.veilleur cl un professeur d’énergie.J’ai l’honneur d'êt'e.Monsieur, Votre très humble, ETUDIANT.# * * A celle leltre M.Bourassa a répondu : Montréal, 15 avril 11)16.Monsieur, Mille pardons de pondu plus tôl à votre mars.Un surcroît de a empêché.Les objections que vous exprimez contre l’indépendance de la Corif
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