Le devoir, 5 août 1916, samedi 5 août 1916
DEUX SOUS LE NUMERO VOLUME VII—No 183 MONTREAL, SAMEDI 5 AOUT 1916 Abonnements par la pofte: Sdition quotidienne CANADA E’f ETATS-UNIS UNION POSTALE «8.00 Édition hebdomadaire CANADA «1.00 «1.50 «2.00 ETATS-UNIS UNION POSTALS « 4 .z a a a « « • • • Rédaction et adminiétratic» : 43, RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TÉLÉPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION s - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA w FAIS CE QUE DOIS l RÉPONSE DE M.BOURASSA A LA LETTRE DU CAPITAINE TALBOJ PAPINEAU ^ son retour d'yne absence prntmujée, M.Hourassa a adressé la lettre suivante à M.Andrew McMaster, qui lui avait transmis une copie de la lettre du capitaine Talbot Papineau publiée dans les journaux, la semaine dernière: Montréal, 2 août 1SI1G.Monsieur Andrew 1t.McMaster, C.R., 189, rue Saint-Jacques, En Ville.Monsieur, A mon retour d’un voyage de quelques semaines, j’ai trouvé votre lettre du 18 juillet et la copie de la lettre que votre associé, le capitaine Talbot Papineau, est censé m’avoir écrite le 21 mars.On m’infonne que la lettre du capitaine Papineau a paru .simultanément, vendredi dernier, dans un grand nombre de journaux de Montréal, de Québec, d’Ottawa et d’ailleurs.Vous en avez donc fait une sorte de manifeste politique et vous vous en êtes constitué le lanceur.Permettez que je vous adresse ma réponse, en vous priant de la faire tenir au capitaine Papineau, si toutefois il est bien l’auteur de cette pièce.J'ai peine à le croire.Un officier brave et actif comme lui n’a guère le temps de préparer et de rédiger de si longs morceaux d’éloquence politique.Pourquoi le capitaine Papineau, qui parle et écrit le français avec élégance, qui revendique si hautement son origine française et professe avec tant d’ardeur son amour pour la France, aurait-il écrit en anglais à son “cher cousin Henri”?Comment se fait-il que cette lettre, écrite le 21 mars, ne me soit parvenue que quatre mois plus tard, par votre entremise?A quel dessein l’avez-vous gardée si longtemps en portefeuille et pourquoi ne m’en faites-vous tenir qu’une copie, au lieu de l’original?C’est, me dites-vous, une “lettre ouverte”; mais elle ne m’en était pas moins destinée, puisqu’elle débute et se clôt par des formules d’une intimité toute familiale — formules, du reste, qui dépassent les relations fort lointaines que j’ai eues jusqu’ici avec votre associé, en dépit des liens de parenté qui nous unissent.Tout ceci a l’allure d’une manoeuvre politique organisée sous le nom d’un brave et jeune officier qui a l’heur Ou le malheur d’être mon parent.Que le capitaine Papineau ait apposé sa signature à cette pièce, c’est possible; mais il ne l’aurait certainement pas écrite de sang-froid et réflexion faite.Elle renferme nen seulement des opinions diamétralement opposées à celles que je lui ai entendu exprimer avant la guerre, mais aussi des inexactitudes de faits dont je le crois honorablement incapable.Il parle de nos discussions passées et de nos divergences d’opinion, lesquelles, dit-il, n’ont pas rompu le charme d’une amitié qu’il fait remonter à la date de sa naissance.Or, depuis son enfance jusqu'à son retour d’Oxford, je ne crois pas avoir rencontré mon jeune cousip, et jamais pour échanger avec lui la moindre bribe d’idée ou d’opinion.De toute ma vie, je n’ai causé avec lui qu’une seule fois de nos problèmes nationaux.Cette unique conversation m’avait laissé l’impression qu’il répugnait plus encore que moi à toute idée de solidarité impériale.Il semblait même très enclin à vouloir hâter le jour de l'indépendance du Canada.Depuis, je ne l’ai rencontré que deux ou trois fois; et nous n’avons causé que de choses indifférentes tout à fait étrangères aux questions multiples qu’il aborde avec une éloquence si prolixe et si peu de raisonnement dans sa longue lettre du 21 mars.Comment peut-il parler des opinions “malheureuses” qu’il m’accuse d’avoir exprimées dès le début de la guerre, en août 1914, et soutenues obstinément jusqu’à ce jour?En août 1914, j’étais absent du pays.Mon premier article sur l'intervention du Canada est du 8 septembre.Dans cet article, tout en repoussant les principes et les conséquences de la solidarité impériale et en maintenant la doctrine nationaliste à laquelle le capitaine Papineau prétend adhérer — et vous égale nent, — je me prononçais en faveur de l’intervention du Canada, comme nation, pour la défense des intérêts supérieurs qui unissent notre pays à la France et à l’Angleterre.Mes “malheureuses” opinions étaient donc analogues à celles de votre associé.Ce n’est que plus tard, longtemps "-rss le départ du capitaine Papineau, que j’ai modifié mon attitude et coi.uné l’inter- vention du Canada dans la guerre — ou pluFt la politique directrice de cette intervention et les multiples abus qui en ont résulté.Les motifs de cette évolution sont bien connus de ceux qui m’ont lu ou entendu avec attention et bonne foi.Je me borne à les résumer.J’avais accepté, dans les limites raisonnables et conformes aux conditions du pays, l'intervention libre et indépendante du Canada — libre pour la nation et libre pour les individus; mais le gouvernement, le parlement tout entier, les politiciens et la presse des deux partis se sont appliqués systématiquement à détruire ce caractère de liberté."Le recrutement “volontaire” se pratique au moyen du chantage, de l’intimidation, des menaces de toutes sortes.Et surtout, on a profité de l’émotion causée par la guerre pour affirmer sous sa forme la plus intense et la plus intolérante la doctrine de la solidarité impériale, combattue et repoussée victorieusement par les hommes d’Etat du passé et par le peuple canadien tout entier, jusqu’à l’époque de l’infâme guerre d’Afrique machinée par Chamberlain, Rhodes et les impérialistes anglais dans le but manifeste d’entraîner les colonies autonomes “dans le gouffre du militarisme européen”.Vous vous rappelez sans doute ce mot: il est de votre chef politique, sir Wilfrid Laurier.Après avoir cédé au courant impérialiste, en 1899, M.Laurier et le parti libéral s’étaient ressaisis et étaient revenus à la doctrine nationaliste.La panique navale de 1909 les a fait retomber sous le joug de l’impérialisme; la guerre les a définitivement asservis: ils se sont unis aux torys, aux jingos et aux impérialistes de toutes nuances pour faire de l’intervention du Canada dans la guerre une immense manoeuvre politique et assurer le triomphe de l’impérialisme britannique.Vous et votre associé, comme beaucoup d'autres, avez suivi votre parti dans ses évolutions.' Je suis resté fermement attaché aux principes que j’ai posés dès la guerre d’Afrique et que j’ai soutenus sans relâche jusqu’ici.Dès le mois de mars 1900, je laissais entrevoir la possibilité d'un conflit entre l’Angleterre et l’Allemagne.Je signalais le danger de poser en Afrique un précédent qui devait fatalement entraîner le Canada dans toutes les guerres du Royaume-Uni.Sir Wilfrid Laurier et les chefs du parti libéral se moquèrent de mes appréhensions.Us m’opposèrent les puériles garanties de la "no precedent clause” de l’arrêté ministériel du 14 octobre 1899.Longtemps après, et jusqu’en 1912 et 1913, ils chantaient les louanges du Kaiser et célébraient les vertus pacifiques de l’Allemagne.Us cherchent à se reprendre aujourd’hui en vociférant très fort contre la “barbarie” des “Huns”.Je me borne à penser aujourd’hui, comme en 1900, comme en 1911 et comme toujours, que tous les peuples de l’Europe sont victimes de leurs errements et de la complaisance ou de la servilité avec laquelle ils se sont soumis au joug des impérialistes et des abominables spéculateurs en chair humaine qui, en Angleterre comme en Allemagne, en France comme en Russie, ont poussé les peuples au carnage afin de faire fructifier leur or maudit.J’abhorre également l’impérialisme allemand et l’impérialisme anglais, le militarisme français et le césarisme moscovite; et je trouve, aujourd’hui comme en 1899, que le Canada, nation d'Amérique, a une autre mission à accomplir que de se lier au sort des nations d’Europe et des empires spoliateurs — spolia- teurs de la Belgique, de l’Alsace ou de la Pologne, spoliateurs de l’Irlande ou du Transvaal, spoliateurs des Balkans ou de la (Irèc.ts Quant aux politiciens de l’un ou l’autre partis, vos amis Libéraux ou leurs adversaires conservateurs, qui affectent de se scandaliser si fort de mon "déloyalisme" et de ma “trahison", j’ai bonne raison de m’en moquer comme d’une bande de farceurs et d'hypoc rites.En 189(i, vos chefs et vos amis libéraux ont fait campagne dans toute la province de Québec en criant: “POURQUOI SE BATTRE POUR L’ANGLETRllRE?” De 1992 à 1911, ils ont acclamé sir Wilfrid Laurier comme le champion irréductible de l'autonomie du Canada contre l’impérialisme britannique.Us ont glorifié ses résistances aux Conférences Impériales de 1902 et de 1907.De sa fameuse phrase contre “le gouffre du inilitàTÛqjie européen” et de sa détermination d’empêcher le Canada de s’y plonger, ils ont fait le mot d'ordre de leur parti, toujours dans la province de Québec, bien entendu.De son projet de marine canadienne, ils tiraient un argument en faveur de l’indépendance du Canada.Ce fut ensuite le tour des conservateurs d'emboîter le pas aux nationalistes, et même de les devancer.Un futur ministre conservateur, M.Blondin, reprenant une ancienne phrase de 'Chapleau, proposa de trouer le drapeau britannique afin d'y laisser passer raie rie la liberté.Les chefs tories, sir Robert Borden, sir Georges Foster, l’austère Bob Rogers, et même notre surKitehener nàtional, sir Sam Hughes, tout en affectant de proclamer l’intégrité de leur impérialisme, accueillirent avec une joie non déguisédla victoire anti-impérialiste de Drumniojid Artbabaska et en tirèrent tout le parti possible pour remporter les élections générales de 1911.De quel droit ces gens-là m’imputent-ils à crime de rester conséquent avec les principes que j’ai toujours préconisés et que les deux partis ont exploités à tour de rôle, qaund cela faisait leur affaire et les aidait à garder ou à prendre le pouvoir?Qu’on ne vienne pas prétendre que ce n’est pas Je moment, pendant la guerre, d’affirmer ces principes.Ils n’avaient d'autre raison d’être que la prévision de la guerre; ils n’avaient d’autre objet que d’empêcher le Canada de participer à la guerre prévue et annoncée.Les mettre au rancart et surtout les renier lorsque est venu le moment de les mettre à répreuve, c’eût été un manque de courage et de sincérité dont je me sens totalement incapable.Si c’est cela la loyauté britannique et la civilisation supérieure, alors qu’on me pende tout de suite: fc-n’en serai jamais et je continuerai de professer le mépris le plus profond pour les farceurs qui se livrent à tous les vents de?T aveugle passion populaire afin de servir leurs intérêts personnels ou politiques.Ceci, bien entendu, ne vise pas votre associé.Il a prouvé par ses actes la sincérité de sa volte-face.Sans partager sa nouvelle manière de voir, j’ai admiré le courage sans phrase avec lequel il a couru au feu dès la première’heure.Son verbeux manifeste politique — si toutefois il en est bien l’auteur — n'ajoute rien à son mérite.Encore moins apporte-t-il un regain de dignité et de valeur morale aux politiciens et aux journalistes de toute catégorie qui, après avoir dénoncé la guerre et l’impérialisme, s’en font aujourd’hui les apôtres et les soutiens, tout en se gardant bien d’y risquer leur peau.Je n’entreprendrai pas de répondre point par point au plaidoyer dithyrambique de mon brave cousin.S’il a raison de dire que je suis trop loin des tranchées pour juger de la nature réelle de la guerre, sa longue et, diffuse pièce d’éloquence prouve assurément que l’exaltation des combats et l’éloignement lui ont fait perdre la notion réalités primordiales dé^on pays natal.Je me borne à toucher à un p.ïuit où il se fait malheureusement l'écho de la plus pernicieuse des'opinions antinationales mises en circulation par la presse jingoe.Il prend à parti les Canadiens-français et les accuse de manquer de patriotisme parce qu’ils s’enrôlent en nombre moins considérable que les autres éléments de la population canadienne.11 y aurait beaucoup à dire à ce sujet.11 suffit de signaler ce fait patent: le nombre de soldats pour la guerre européenne s’est recruté jusqu’ici dans les diverses provinces du Canada et dans chacun des éléments de 1» population en raison contraire de l’enracinement au sol et du patriotisme traditionnel qui en résulte.Les nouveau-venus des Iles britanniques ont fourni une proportion de recrues beaucoup plus considerable que les Anglo-Canadiens de naissance; ceux-ci ont donné plus que les Canadiens-français.Les provinces de ¦l’Ouest ont donné plus que l’Ontario et l’Ontario plus que le Québec.Dans chacune des provinces, la population flottante des villes, la jeunesse universitaire, les ouvriers et les fonctionnaires désoeuvrés ou menacés de congé forcé ont donné plus que les ca> nagnes.Est-ce à dire que les urbains sont plus patriotes que ies run x.que les nouveau-venus d’Angleterre sont meilleurs Canadiens que leurs concitoyens d’origine britannique nés au Cana-^ da?Non; cela veut dire tout simplement qu’ici, comme en tout autre pays et à toute époque, les citoyens de l’origine la plus ancienne sont les moins aptes à se laisser entraîner dans des aventures lointaines qui ne concernent qu’indirectement leur pays; et que le service militaire répugne aux ruraux plus qu’aux habitants des villes.Les Canadiens-français renferment une plus forte proportion d’agriculteurs, pères de nombreuses familles, que tout autre élément ethnique du Canada.Et surtout, ils constituent le seul groupe exclusivement canadien, dans son ensemble comme par chacun des individus qui le composent.Les perturbations de l’Europe, même celles de l’Angleterre ou de la France, sont pour eux des événements étrangers.Leurs sympathies vont naturellement à la France contre l’Allemagne; mais ils ne sc croient pas plus tenus de se battre pour la France que les Français d’Europe ne se croiraient tenus de se battre pour le Canada contre les Etats-Unis ou le Japon, et même contre l’Allemagne au cas où l’Allemagne attaquerait le Canada sans menacer la France.Les Anglo-Canadiens, à l’exclusion des blokes, renferment une proportion considérable de gens qui en sont encora à la première période d’.acclii ’vdation.Un assez grand nombre, sous la poussée de la propagande impérialiste, en sont encore à décider s’ils appartiennent au Canada plus qu’à l’Empire et si le Royaume-Uni n’est pas autant leur patrie que la Confédération canadienne.Quant aux nouveau-venus du Royaume-Uni, ils ne sont nullement canadiens.Leur seule patrie, clest l’Angleterre ou l’Ecosse.Us se sont enrôlés pour la guerre européenne comme les Canadiens-français ou anglais s’enrôleraient pour défendre le Canada contre une agression américaine.Il est donc rigoureusement exact de dire que le recrutement s’est pratiqué en raison inverse du développement du patriotisme canadien.Les nouveau-venus du Royaume-Uni, qui ont fourni proportionnellement beaucoup plus de recrues que tout autre élément de la population, auraient tout autant le droit d’accuser les Anglo Canadiens d’incivisme et de trahison, que ceux-ci de reprocher aux Canadiens-français le petit nombre de leurs soldats.On a proclamé à l’envi que l’enrôlement pour la guerre européenne est absolument libre et volontaire.Si l’on est honnête et sincère, que l’on cesse donc d’ameuter une partie de la population contre l’autre, et de s'attaquer exclusivement aux Canadiens-français.Au lieu de vilipender injustement un tiers du peuple canadien, dont la fidélité aux institutions nationales et le respect pour l’ordre public se sont toujours si remarquablement affirmés, les hommes qui prétendent éclairer et conduire l’opinion publique devraient avoir la bonne foi et l'intelligence de voir les réalités telles qu’elles sont et de.respecter les motifs de ceux qui persistent à vouloir rester plus Canadiens qu'Anglais ou Français.En résumé, les Anglo-Canadiens s’enrôlent beauroup moins que les nouveau-venus d'Angleterre parce qu’ils sont plus Canadiens qu’eux; les Franco-Canadiens s’enrôlent moins que les Anglo-Canadiens parce qu’ils sont totalement et exclusivement Canadiens.Prétendre que cette abstention est due à l’action “pernicieuse” îles nationalistes est une pure niaiserie.Même si je cédais aux objurgations de mon brave cousin, je serais aussi impuissant (pie sir Wilfrid Laurier à faire enrôler les Canadiens-français.Du reste, le capitaine Papineau le reconnaît implicitement puisque, d’une part, il affirme (pie mon opinion sur la participation du Canada à la guerre est reniée par mes propres amis et que, de l’autre, il accuse la niasse des Canadiens-français de ne pas répondre à l'appel du devoir, La vérité, c'est que l’abstention des Canadiens-français ne tient pas plus à l’attitude actuelle des nationalistes qu’à celle des libéraux en,1890 ou des conservateurs ep 1911.Elle lient à des causes plus profondes: l'instinct atavique, les conditions sociales et économiques, une tradition nationale de trois siècles.Ce qui est également vrai, d’ailleurs, ç’est que ces causes profondes et lointaines se sont fortifiées de l’enseignement constant de tous nos chefs politiques et sociaux, depuis Lafontaine, Cartier, Macdonald, Mackenzie jusqu’à Laurier inclusivement.Le seul mérite, ou le crime, des nationalistes, c’est de persister à croire et à pratiquer ce que les hommes du passé, et ceux du présent, nous ont enseigné.C’est précisément ee qui horripile les politiciens, bleus ou rouges.Pour plaire aux Impérialistes, ils ont renié toutes leurs traditions et entrepris d’enrégimenter les Canadiens-français dans l’armée impériale.N’ÿ pouvant réussir, ils cherchent à couvrir leurs stériles reniements en dénonçant à la haine jingoe les témoins gênants de leurs professions de foi d'autan.Les politiciens et la presse jingoe ont aussi entrepris de faire croire aux gogos que les nationalistes entravent le recrutement ù capse de la persécution que subissent les minorités françaises de l’Ontario et du Manitoba, C’est une autre ineptie.Je regrette que mon excellent cousiif -r~ ou ses soufflçurs au commencement de la reunion 2 câblogrammes, 1 un de I amira , 1.coe et l’autre du général Haig.(Suite à la page G) INEFFICACE EN PRATIQUE TEL SEMBLE ETRE LE PRINCIPE DU TRAVAIL EN REGIE ; OPINION CONTRAIRE DU “MONDE OUVRIER”.— LA MAIN-D’OEU-VRE FAIT DEFAUT.— NOMINATION D'UN EXPERT.La question de savoir si ce sont les travaux faits en régie csa ceux fats par contrat qui coûtent le moins cher à la ville, soulevée der-nièrement par M.Villeneuve, a le don d’intéresser tout le monde; chacun y va depuis quelque temps de son opinion.Au cours de la semaine, l’ingé-nieur on chef de la ville a rappelé qu'il avait déclaré à l’enquèle de Bordeaux être sincèrement convaincu de pouvoir faire les travaux municipaux à meilleur marché que n'importe quel entrepreneur.Aujourd’hui cost le Monde Ouvrier qui donne les raisons pourquoi il est en faveur du même principe.Il fait remarquer que l'entrepreneur travaille pour gagner de l’argent.Il prend par conséquent un contrat pour en retirer des bénéfices et fait ses prix en conséquence.La ville au contraire, ajoute-t-u, u’a besoin de baser ses estimés que sur le coût réel du travail.Le principe du travail en régie peut être bon en théorie, dirons-nous à notre tour, mais les événements qui se sont passés depuis quelque temps ont prouvé qu'il était d’une application si difficile qu’il est presque impossible de la rendre pratique.Le "Monde Ouvrier” sembl • l’admettre lui-même puisqu’il dit quelque part dans son article : ‘ Vous savez que IF travail à la journée est bon en théorie ; voyez maintenant à ce qu'il soit possible .L- le mettre en pratique avec avantage.” PENURIE D’OUVRIERS Il y a loin de nos jours à ceux où le maire de Montréal massait In foule des sans-travail sur le Champ de Mars pour les haranguer ; la main-doeuvre se fait tous les jours de plus en plus rare.I) y a plusieurs causes à cet etut de choses : nombre d’ouvriers se sont enrôlés ; plusieurs milliers d’immigrés sont retournés dans leur pays ; les usines de munitions emploient.aussi beaucoup de monde ; il y a, enfin, les moissons de l’ouest qui attirent les journaliers.Ce manque d’ouvriers est tout à r l’avantage de cette classe : il indi-' oue qu’elle traverse une ère de prospérité presque inconnue jusqu’ici.UN EXPERT M.Côté nie la rumeur qui voulait que la ville nommât un ingénieur consultant à la direction des travaux publies.Mais il a avoué qu’il avait l’intention de proposer à ses collègues, à leur retour des vacances, la nomination d’un expert de la ville qui sera chargé de la construction de l’usine d’énergie électrique, “complément nécessaire de l’immense entreprise de Psqueduc.” Cette nomination, si l’on considè re les sommes énormes qui ont déjà été englouties dans l'exécution de ces travaux depuis quelques années, viendrait 'à point, pourvu que cet expert soit réellement competent; il y en a tant qui vivent plutôt de réclame que de talent.MORT DU R.RFREDERIC LE RESTAURATEUR DE L’ORDRE DE SAINT-FRANC OIS AU CANADA S’ETELNT HIER SOIR.I .’ordre des P.P.Franciscains déplore aujourd’hui la perte de l'un de ses plus grands missionnaires dans la personne du R.P.Frédéric, commissaire général de Terre-Sainte nu Canada et restaurateur de l’ordre de Saint-François, ici.^ La grande éloquence du défunt, son zèle apostolique et ses nombreuses retraites prêcnées un peu partout au Canada pendant ses 28 années de labeur, parmi nous, en ont fait une figure bien connue, aimée et respee-tée dans tout le pays, .«.vant de partir pour le grand voyage, le P.Frédéric eut la consolation de recevoir la visite de Mgr Bruchési.II était âgé de 78 ans.Il naquit à Ghyelde, dans le nord de la France, le 19 novembre 1838.Entré en religion le 2fi juin 1864, il fit sa profession religieuse le 18 juillet 1865 à Amiens et sa profession solennelle à Bourges, le 26 décembre 1868, pour être ordonné prêtre le 17 août 1870, Fin 1874 il était appelé au commissariat à Paris, puis était nommé vicaire custodial on Terre Sainte en 1876, En 1881 il vint au Canada comme quêteur et y demeura 8 mois pour retourner ensuite en Terre-Sainte.Il revint cependant en 1888 s'établir définitivement parmi' nous et fonda un commissariat de Terre-Sainte aux Trois-Rivières, avec l’appui de Mgr I.iiflèche.Le P.Frédéric prit aussi une grande part à la fondation de la rommunauté des fils de Sai ni-François à Montréal, dont le P.Othon, provincial d’Aquitaine,était l'instigateur à cette époque.Les pèlerinages du cap de la Madeleine prirent aussi leur essort sous la direction, du .regretté défunt dont l'activité était sans borne.Il publia une quinzaine d’ouvrages dont les principaux sont: “La vie rie saint François”, “Vie de sainte Anne”, de Londres, 5.— Le roi George V a envoyé le télégramme suivant aux chefs des puissances de l’Entente à l’occasion du deuxième anniversaire de l’entrée de la Grande-Bretagne dans le conflit actuel; “A ce deuxième anniversaire du commencement du grand conflit dans lequel mon pays et mes soldats sont engagés, je désire vous renouveler ma ferme résolution de poursuivre la guerre jusqu’au triomphe de nos efforts réunis.“Je crois que voirs êtes d’accord avec mol dans la détermination que les sacrifices que nos troupes ont faits si noblement n’ont pas dû être vains, et que les libertés pour lesquelles elle combattent doivent être acquises et pleinement garanties.’’ Le roi a aussi envoyé le ni .age suivant au roi Albert de Belg.U'.ie : “ Je désire vous assurer que j'ai la confiance que les efforts combinés des Alliés libéreront la Belgique du joug de ses agresseurs et lui rendront la pleine jouissance de son indépendance nationale et économique.Je désire aussi vous transmettre mes profondes sympathies au sujet des épreuves auxquelles la Belgique a été si injustement soumise et qu’elle a supportées avec un courage si admirable.” VERS LA PAIX Londres, 5.—“ Nous tournons, avec confiance, nos regards vers le succès et la paix triomphante Telle est la conclusion d’un télégramme envoyé par le général Haig.commandant des armées anglaises, en France, et lu à une grande réunion tenue, hier soir, au Queen's Hall, pour célébrer le deuxième anniversaire de la guerre.Lord Derby, sous-secrétaire d’E-tpt pour la guerre, présidait la réunion, qui fut très enthousiaste et où les différentes classes de la société étaient représentéés.M.Asquiih a reçu un chaleureux accueil lorsqu’il présenta une résolution exprimant l’inflexible détermination du peuple de Londres de continuer la guerre jusqu à une heu.reuse fin.Jamais la diplomatie allemande n’a commis une erreur aussi grossière et aussi fatale que de croire que la Grande-Bretagne allait rester neutre, a dit le premier ministre.Faisant une revue des deux années, le premier ministre Asquith dit que la guerre a insufflé un nouvel esprit dans la nation anglaise, tandis qu’il n’y a rien eu de plus remarquable au cours de la dernière année que l’entente des alliés qui a eu pour résultat la présente heureuse et vigoureuse offensive qui se poursuit, sur les trois fronts de la guerre.“Notre marine”, continue M.Asquith, enlève la vie à F Allemagne et, jamais dans l’histoire il n’y a eu une preuve aussi concluante de la suprême importance de la maîtrise des mers.L’ennemi est partout sur la défensive.Sur aucun des théâtres, il n’a pu essayer de reprendre l’initiative et i! y a des signes de sa faiblesse militaire et ri épuisement.“La recrudescence de la barbarie délibérée et calculée de la part de l’Allemagne indique son désespoir.Ses dernières atrocités vont noircir et salir à jamais les annales de l’armée allemande.Le premier ministre a été accueilli par un tonnerre d’applaudissements, lorsqu’il a répété la déclaration qu’il a faite à la Chambre des Communes, que les Alliés considèrent ia façon dont ils vont agir au sujet des atrocités allemandes.Il termina en déclarant que les états-majors des armées alliées s’accordent à dire que la perspective de la victoire des Alliés n'a jamais étéi aussi brillante.M.BON A R LAW ministre pour les Colonies, a déclaré que le filet se resserre autour des Al-| lemands.“Il est inutile de parler des dernières atrocités allemandes, a-t-il dit.Nous devons faire comme lorsqu’une bête sauvage était en liberté.Il n’y a rien à attendre en appelant au monde civilisé à ce sujet.Il n’y a qu’une chose à faire et nous pouvons ie faire.c’est de la tuer.” Sir George Foster, ministre cana dien, a aussi porté la parole.OU ACHETER LUNDI L’ENNEMI A SUBI DE LOURDES PERTES LES AUSTRO-ALLEMANDS ONT PERDU DEPUIS LE 4 JUIN DERNIER 380.000 HOMMES FAITS PRISONNIERS, ET 370,000 HOMMES TUES.Londres, 5.— Les pertes austro-allemandes sur les lignes de feu fie l'est et de l'ouest, s’élèvent depuis le 4 juin 1916, à 380,000 officiers et soldats fails prisonniers, et 370,000 tués et blesses ; ce qui représente une perte permanente de 600,000 hommes, De plus, l’Allemagne et l’Auiriche ont perdu 600 canons et 1,500 mitrailleuses.L’estimé allemand des pertes des Anglais et des Français dans leur offensive de la Somme, est grandes ment exagéré.N "saint Joseph”, etc.Doué d’une grande éloquence, ses retraites furent très suivies partout où il passa; en 1'ranee, en Terre Sainte et au Canada.En l’église des Franciscains.964 rue Dorchester ouest, un service a été chanté, à 9 heures ce matin.Sa dépouille mortelle sera transportée aux Trois-Rivières pour être inhumée lundi â la demande de Mgr Cloutier a la suite-d'un autre service.clittfcki'ènPIXAe pAeUllcv 7il- U Angle S.-Catherine et Montcalm RABAIS SPECIAUX Crêpe de Chine pour robes, soie et fll, 36 pouces, tou- /g Q tes les couleurs à la modes.Valant 75c, pour.Soie Tokio, avec pois rose, maïs, nil, bleu pâle, 36 pou-ces.Valant 75e, pour.a «7 G N oubliez pas d’assister à notre grande vente lundi au prix uniforme de 49c, dans tous les rayons.SOYEZ ASSURES d’avoir d’exrellentm confitures aux fruits purs, préparées par des experts avec la plus méticuleuse propreté.Vous ne paierez pas plu» cher que si vous les prépariez vous-mêmes et vous aurez la toute premiere qualité.Demandez nos produits à votre fournisseur où à PELLERIN & MASSON Maison canadienne-française 111 SAINT-TIMOTHEE, Montréal.Tel.Est 1075-1649 -5 ?$18 à $25 pour ces prix nous vous confectionnerons votre prochain habit, SUR VOTRE PROPRE MESURE avec l’entente que si nous ne vous donnons pas la même satisfaction sous tous rapports, que vous avez des habits payés ailleurs de $30 à $40.vous pourrez le refuser.DEMANDEZ NOTRE CATALOGUE DE MODES ET NOS ECHANTILLONS CUMMINGS & CUMMINGS 109 rue Saint-Paul Ouest Etablie en 1895 LA LAMPE ELECTRIQUE PORTATIVE Peu d articles dans ie commerce des fournitures de maison ont pris un essort aussi rapide que la lampe électrique portative.Elles se divisent particulièrement en trois classes : lo.—La petite lampe pour table de toilette ou table de nuit: elles sont linies acajou, émail blanc, ou en verre avec joli abat-jour de fantaisie.Leur prix est -o.—La lampe portative de grandeur moyenne pour table de librairie, boudoir ou living room.Elles sont faites en osier, et en bois d’acajou ou chêne Jacobite.Les prix varient de $8.00 à $16.00.3o.—La grande lampe plus connue sous le nom de “Piano Lamp.” Elles sont faites de chêne ou acajou dans les styles “Colonial”, “Adam” et “Jacobite”.Les abat-jour sont de nuances riches et délicates.Les prix varient de $23.00 à $,Trt.OO.Tél.Est 7330-7331.637-39 EST SAINTE-CATHERINE, anïle Beaudry.Montréal.QUALITE DESSIN — FINI “Ecole “La Presse” y “Ecole “La Presse” METHODE NOEL Enseignement par les choses.Facile, rapide, solide et pratique.Alcide Nolil, Auguste Charbonnier, Fondateur Directeur de l’Ecole.— Directeur des cours préparatoires.— Cours privés.COURS COMMERCIAL PRATIQUE pour garçons et fillettes.-—-Entrée le 5 septembre.* Langue française.— Langue anglaise.— Arithmétique.— Tenue des livres.— Algèbre.— Géométrie.— Géographie.— Histoire._ Dessin.— Dactylographie.— Sténographie et Catéchisme COURS PREPARATOIRES AUX DIVERS EXAMENS Droit.Médecine, Art dentaire, Pharmacie, etc.Cours classique Cours spéciaux pour instituteurs et institutrices A dater du 20 août, les inscriptions seront reçues aux adresses suivantes : No 325 Sherbrooke Est, No 614 Parc Lafontaine Tél.Est 2281.Tél.Saint-Louis 5398.384 Parc Lafontaine Ecole “La Presse”.Ecole “La Presse”.CINEMA 287 rue SAINTE-CATHERINE E.CINEMA PRES SAINT-DENIS SAMEDI DIMANCHE 46 LOLA r» PARTIES 99 Interprété par Clara Kimball Young, la plus belle femme dans le monde de la cinématographie.C’est cette artiste qui a remporté un si grand succès dans ce cinéma l’hiver dernier dans “La Dame aux Camélias”, “Lola” est un drame très puissant qui ressemble beaucoup à “Sapho” d’Alexandre Dumas, sous le côté romanesque, et à “L’Ami de Pierre”, le fameux chef-d’oeuvre de George Ohnet.Tous devraient venir voir ce magnifique drame.Lundi, Mardi, Mercredi : “LA FEMME EGOÏSTE”, production Fox Vous lisez le NATIONALISTE?Vous savez alors ce qui se passe dans la politique canadienne.SERVICE ANNIVERSAIRE PHARAN1) — A l’église de l’Orignal, Ont., mercredi, le I) août, à 9.00 a.m., sera chanté le service anniversaire pour le repos de l’âme d’Hector Pnarnnd.Parents et amis AUUxJL AzajJLiJUu*4 .MNMMi
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