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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 10 mars 1917
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1917-03-10, Collections de BAnQ.

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VOLUME VIII—Ne 58 MONTRÉAL, SAMEDI 10 MARS 1917 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.00 UNION POSTALE.8 00 Édition hebdomadaire CANADA .82 00 ETATS-UNIS.2 i>0 UNION POSTALE.3 00 LE Rédaction et administration 43, RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TELEPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION: - Main 7460 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LA VRAIE NATIONALE I Un brave homme de clergyman ou d’éducateur anglo-canadien gémissait, l’autre jour, sur d’américanisation des moeurs et du 'langage de •es compatriotes.Afin de parer au danger national qui en résulte, il conseillait à la jeunesse une réforme radicale de la prononciation.Cette naïveté m’a remis en mémoire une étude, fort bien faite, du reste, de l’évêque anglican de Madras sur la croissance rapide du nationalisme indien et le,péril qui menace la domination anglaise aux Indes 1.Après ?s’être torturé les méninges pour découvrir un moyen d’enrayer le mouvement, le lord-bishop n’en trouvait guère de plus pratique et de plus efficace que d'amener les jeunes Indiens à jouer au tennis avec les fonctionnaires britanniques et leurs misses.Les Anglo-Saxons sont très forts dans la manipulation des affaires d’argent et le gouvernement matériel des hommes et des nations; mais lorsqu’il s’agit de scruter psychologiquement les causes et les effets des évolutions humaines, ou encore, lorsqu’ils s’efforcent d’envisager le point de vue des hommes d’autres races que la leur — ce qui ne leur .arrive pas souvent, —- leur obtusion est phénoménale, leur vision extraordinairement courte et bornée, et les solutions qu’ils suggèrent d’une déconcertante puérilité.L’américanisation intellectuelle et morale du Canada anglais, il y a beau temps qu'elle est accomplie.L'unique symptôme signalé par ce ibrave homme (dont j’oublie le nom et la fonction) est l’un des moindres; Ét Je remède qu’il suggère vaut tout juste l’application d’un cautère sur tine jambe de bois.La plupart des Anglo-Canadiens sont de véritables Yankees; et ceux id’cntre eux qui clament le plus bruyamment leur loyalisme britannique ont été dans le passé et sont aujourd’hui les agents les plus actifs de l’américanisation.Après avoir abandonné, non seulement la langue, mais l’âme même de leurs enfants à toutes les influences américaines, ils sont en train de livrer aux Américains les sources de la vie économique du pays.Quand un peuple tout entier s'alimente intellectueltement à l’étranger; qu’il emprunte à une nation voisine ses moeurs, ses usages et les principaux éléments de sa vie matérielle; que J’influence de cette nation, beaucoup plus populeuse et plus puissante que lui, ne subit le contre-poids d’aucune autre influence extérieure, qu’enfin, son contact est rendu plus intime par la communauté de langue; on peut prendre pour acquis que l’assujettissement de la nation la plus faible est complet et permanent.En 1911, à propos du traité de réciprocité, les torys ultra-Zoycru.r ont beaucoup crié à l’annexion.L’année suivante, le Star a restauré le même épouvantail afin de faire avaler la contribution “ d’urgence ” à la flotte britannique.En ces deux occasions, nous avons démontré l'à-côté de ces appels au loyalisme des Canadiens.Me permettra-t-on de reproduire ce que j’écrivais, ici même, en juillet 1912?“ Préservons-nous de ta conquête américaine, conséquence de la ‘’prépondérance allemande! ” [disait en substance l’organe des jingos.] “Que ne commencez-vous par vous garder contre la contagion uni-“ verselle des idées, des moeurs et de la mentalité américaines qui mar-“ quent déjà toutes les manifestations de votre vie familiale, intellectuelle “et sociale?C’est là une annexion morale, prélude de l’absorption poli-“ tique, autrement redoutable que les catastrophes que prédisent les der-“viches hurleurs de l’impérialisme.“Mais tâtez-vous donc! “ Américains, vous Têtes déjà par la tangua, par la prononciation “nasillarde, par l’argot familier”, — c’est justement ce que notre brave homme vient de découvrir; il ferait bien d’aviser aux autres symptômes du mal — “ par le costume, par les habitudes de tous les jours, par “la littérature yankee qui inonde vos foyers et vos clubs, par votre jour-“ nalisme jaune, par les formules vantardes et solennelles, par le patrio-“ Usine tapageur et intolérant, par le culte de l’or, dit clinquant et des “titres.“ Américains, vous Têtes précisément par ce qui nous divise le plus: “par votre système, servilement imité du modèle américain, d’écoles “dites nationales, où, faisant passer vos enfants sous le laminoir de Tuni-“formité, vous les formez — ou, plutôt vous les déforme: — à la parfaite “image des petits Yankees; tandis que nous, nous restons fidèles au “vieux principe britannique du respect à la liberté de conscience des “ pères de famille.“ Dans toutes ces sphères, les Canadicns-franais ont résisté à la con-“ tagion, grâce à leur langue, ce parler franais, le meilleur des préserva-“ tifs nationaux, celui-là même dont plusieurs des vôtres veulent si folle-“ ment priver le Canada.Par malheur, dans la vie nationale, où nous “ vivons côte à côte, niais où vous dominez par le nombre et par la lan-“ gue, vous nous américanisez avec vous.” “ Dans la forme même, nos institutions ne sont déjà qu'à moitié bri-“ tan niques.Notre régime fédératif est imité de la constitution améri-“ caine.• < “ Mais c’esf par l’esprit surtout que notre vie nationale s’est trans-“ formée le plus profondément et devient de plus en plus une simple ré-“ plique de la civilisation américaine —- avec cette différence qu’aux “ Etats-Unis, la réforme de l'administration et des moeurs publiques a “ déjà fait des progrès marqués, tandis qu’au Canada la dégradation “ augmente.“Américains, nous le sommes par la tyrannie des organisations de; “ parti, par l’abus effroyable du patronage, par l’influence des corpora-; “ lions et des boss, par la vénalité de nos politiciens, par le log-rolling et: “ le lobbying qui infestent nos parlements, par le boodlage qui dominei “ nos corps publics — fédéral, provinciaux et municipaux — par la dis-l “ par H ion rapide du code de l’honneur dans les affaires, dans le com-| “ meroe et dans l’exercice des professions libérales.• • »••••• • • • ! “ Et dans Tordre économique et social, où en sommes-nous?“ L’organisation du travail canadien est pratiquement entre les-“mains des “unions” américaines.Le capital américain envahit nosj “industries, s’empare de nos forêts, de nos forces hydrauliques et de “ nos terres.L’épargne de nos banques alimente ta spéculation améri-“ caine; et, aux époques de crise, le commerce canadien en souffre for-“ temeht.Une portion notable de no»voies ferrées ne sont que les an-“ nexes — adjuncts — des chemins de fer américains.“Sans doute, il n'est pas possible d'empêcher complètement celte “pénétration économique; et personne ne nie que le Canada y trouve “ des avantages matériels considérables.Mais iunilé nationale prime, " à nos yeux ,la richesse matérielle; et du moins pourrait-on Aunter quel-“ que effort pour atténuer les conséquences les plus dangereuses de cette “ conquête.“ A plusieurs reprises, les “ démagogues ” nationalistes ont appelé “ l’attention des pouvoirs publics sur ce péril.Les hommes d’Etat ont “ ri et haussé les épaules.Quelques-uns des plus ardents patriotes d’au-“jourd’hui ont même fait avec les envahisseurs de fort jolies affaires.“ Ils sont nombreux ces loyalistes à tous crins qui ne rêvent que guerre “ et carnage pour l’Angleterre, mais qui sont toujours prêts à vendre le “ patrimoine national, pourvu qu’ils touchent leur commission • ” — Oui, et Ton en trouverait plus d’un parmi les agents recruteurs les plus zélés de la guerre actuelle.* * * On me pardonnera cette longue citation.Ceux qui nous font l’honneur de leur confiance ont le droit de justifier celte confiance.Ils constateront avec une légitime satisfaction que le vrai péril national ne nous a pas échappé; et que nous n’avons pas attendu à la dernière heure poulie signaler à l'attention de tous ceux qui peuvent agir sur les destinées du pays.C’est pour accomplir le même devoir que nous revenons à la charge.Depuis le jour où ces lignes ont été écrites, le péril, loin de diminuer, s’est accru avec une effrayante intensité.Et cette croissance est la conséquence immédiate de notre participation exagérée à la guerre européenne.Ce n’est pas de l’américanisation morale que je veux parler aujourd’hui.Dans ce domaine, la situation reste ce qu’elle était: c'est le lent mais sûr procédé de la conquête des intelligences par les moeurs, l'éducation et TaMmentation intellectuelle.Tout le déploiement de loyalisme, toutes les phrases à effet sur le salut de TEmpire et la “civilisation supérieure ”, n’y font rien de rien.Tant que l’ensemble du Canada anglais s'obstinera dans son faux système d’éducation pratique et combattra l’expansion de la langue et de la civilisation française en dehors du Québec; tant que les Anglo-Canadiens ne reviendront pas à l’esprit fondamental de la Confédération et ne voudront pas comprendre que le seul moyen de combattre l’américanisation morale du pays, c’est de lui conserver son caractère distinctif de nation anglo-française, foi-ethnique et bilingue, rien n’arrêtera le progrès du mal.'• Mais c’est particulièrement dans l’ordre économique que la marche est le plus rapide et conduit le pays à Cablme.Nous en noterons les principaux jalons dans un prochain article.Henri BOURASSA.de notre individualité canadienne ne diminue en rien notre loyauté à l’Empire ou notre valeur comme sujets britanniques.Nous sommes d’opinion que seules des personnes im-jbues de sentiments canadiens peuvent convenablement faire partie de la direction d’un Club canadien.Nous trouvons que l’attitude de certains membres de notre Club a été de nature à justifier l’impression qu’elles ne possèdent pas le sentiment canadien que le club cherche à développer.Tout en différant d’avec ces personnes sur la question de principe, nous leur reconnaissons le droit «le garder leurs opinions personnelles, mais non pas de les imposer au Club Canadien des Femmes d'Ottawa comme elles Tout fait en dépit de la constitution de ce club.Nous prions ^es membres du Club de réfléchir là-dessus en faisant abstraction de tout préjugé, afin qu’à la séance d’avril cette question puisse être franchement et loyalement discutée.” Voici en tout cas la question nettement posée ; Ton ne manquera pas de suivre avec intérêt le débat annoncé.Les parlements féminins deviendraient-ils plus intéressants que les autres ?.Ernest BILODEAU.- “Le spectre de l'annexion" — Devoir du 19 et du 20 juillet 1912.Ces articles ont été traduits en anglais et publiés en brochure sous le titre: The Spectre of Annexation.Prix, 25 sous; franco; 28 sous.A PROPOS DU “0 CANADA” loin.Cette étude a paru, sauf erreur, dans le Nineteenth Century d’août Il s’est produit à Ottawa, il y a quelques semaines, un incident qui jette un jour intéressant sur la mentalité qui règne dans certains groupes féminins de la capitale.A une séance de l’exécutif du Women’s Canadian Club, on a prohibé le chûnt accoutumé du “O Canada".Or, il faut savoir que ce club compte un bon nombre de membres canadiennes-françaises ; celles-ci ne pouvaient manquer de se sentir atteintes dans leur sentiment patriotique le plus légitime par cette étonnante manifestation -d’étroitesse d’esprit.Un “Club canadien” repoussant Thymne canadien par excellence, proclamé hymne national par un ancien gouverneur général, lord Grey, lui-même ! Pareille inconséquence ne pouvait passer sans protestation, et nous sommes heureux d’enregistrer ici celle qui fut publiée dans le Citizen d’Ottawa, le 17 janvier dernier, sous la signature de madame P.E.Marchand.Ayant rappelé que le Canadian Club des femmes fui fondé en août 1914 par la duchesse de Connaught, qui demanda alors à ces dames de chanter le O Canada au commencement de leurs séances, madame Marchand déclare aussi que l’on ne possédait pas alors à Ottawa les paroles anglaises, et qu’on sc les procura d’un club identique à Vancouver.“Il nous semblait, continue Mme Marchand, que nos voix, en chantant l’hymne canadien, se faisaient Técbo de celles des nôtres combattant au front pour nous protéger.Se peut-il donc trouver, à la direction d’un club soi-disant CANADIEN, des femmes qui ne sont pas de vraies Canadiennes, ou à tout le moins d’esprit tellement étroit qu’elles refusent de chanter cet hymne sous prétexte qu’il a été composé par un Canadien-français de la province de Québec?N'est-il pas temps que les immigrants qui viennent gagner chez nous des salaires dont les nôtres sont privés se rendent compte que nous n’en sommes plus au temps de Jacques-Cartier?Que nous habitons un pays libre et grand, possédant nos institutions propres, nos églises, nos coljèges, nos univer-j sités ?.Savent-ils que les deux! hommes qui ont écrit le “O Canada" ] ont reçu leur instruction en ce pays ?Ce fut en 1884, je crois, à la) veille d!une manifestation nationale, que l’un de nos musiciens les plus réputés, C.Lavallée, composa un air annuel il pria M.le juge Itoii-thier d’anapter des mots appropriés ?Nous, Canadiens, savons quels sentiments élevés ce chant ! nous inspire.“Nous sommes fiers de nos Canadiens, à quelque nationalité ou religion qu’ils appartiennent.Des citoyens des autres pays sonr venus nous crier leur patriotisme, mais que nous ont-ils donné en comparaison de ce qu’ils nous ont pris ?Lorsque l'Angleterre et la France ont appelé sous leurs drapeaux tous ceux capables de le défendre, sont-ils tous retournés combattre pour leur mère-patrie, en même temps que nos braves Canadiens ?Ou plutôt , ne se sont-ils pas empressés de rester ici pour nous refuser Tex- pression de nos opinions ou le moindre droit au British fair play ?Je crois qu’un grand nombre de dames du Women’s Canadian Club sont de Topinion du Winnipeg Telegram, qu’il faut prendre* en pitié ceux ou celles dont le coeur reste insensible aux accents de notre gramliose hymne national “O Canada".Nous le chanterons toujours, ce qui ne nous empêchera jamais d’être assez loyaux pour chanter aussi le Hod Save the King." * * Cette vigoureuse protestation ne fut pas sans exercer une certaine influence, et il est curieux de remar-quer que près de deux mois après sa publication, soit le 6 mars courant, le même journal disait, en page éditoriale, à peu près ce gui suit : “H semble que le mouvement «1 hostilité envers le chant du “O Canada", mouvement inauguré en novembre dernier par le Women’s Canadian Club, soit destiné, en fin de compte, à avoir un bon effet.Ce chant devient en effet de plus en plus populaire.On le chante avec ferveur dans toutes les assemblées publiques, et en Europe les soldats canadiens le lancent aux échos avec plus de vigueur encore que lorsqu’ils étaient parmi nous.On Ta Chanté aussi dans la cathédrale Saint-Paul, au coeur même de PEm-pire.11 semble qu’il manque quel-que chose d’essentiel à une nation dont les citoyens ne soiant pas en iout temps disposés à chanter ensemble un hymne de louanges à leur terre natale, ou à leur terre adoptive.Lorsque lord (îrey en proposa l’adoption Comme chant national canadien, M.J.D.Hazen, premier ministre du Nouveau-Brunswick, et M.McBride, premier ministre de la Colombie britannique, sans parler d’autres citoyens importants, en écrivirent des éloges appropries, et le pasteur de l’église presbytérienne Saint-André, à Ottawa, déclara que c’était un hymne national émouvant et splendide.Quand les soldats canadiens reviendront, ils auront sans doute l’occasion de le chanter à ces dames du Women’s Club, de façon à convertir même les charmantes ‘chefs de l'opposition’.” Ainsi, l’attitude de la majorité du comité exécutif (qui avait décidé, à 7 contre 1 d’abolir le "O Canada" à leur club) ne reçut pas l’approbation générale.De leur côté, une douzaine de daines vraiment “Canadiennes”, c’est-à-dire possédant les deux langues de ce pays, ne demeurèrent pas inactives, et demandèrent en bonne et due forme une assemblée du Club afin que la question pût être discutée à fond.La présidente, madame Hodgins, leur répondit à chacune qu’elle ne voyait pas de raison de se rendre à leur demande.Ce que voyant ,les douze signataires de la requête firent imprimer une circulaire contenant un résumé impartial de la question, y compris leur requête à la présidente et le refus de celle-ci.Après un exposé des démarches conciliantes et courtoises faites inutilement auprès de la présidente et d’autres membres du comité exécutif, la circulaire conclut : "Comme Canadiennes et comme membres du Club canadien des femmes d’Ottawa, nous nous déclarons favorables au maintien de certaines caractéristiques du club ainsi que du sentiment canadien tel qu’exprimé par le chant du “O Canada”.Nous croyons que la conservation BILLET DU SOW.LA COMMÈRE Vous la rencontrez partout, cl comme sa voix est éclalantc, elle a toujours l’air de parler polir que vous Ventendiez.Vous la rencontrez au magasin, sur le perron ou dans le portique de l'église, au coin d’une rue, et surtout dans les tramways.Là.elle se livre toute à votre observation.Sa figure est toujours expressive.Lu commère, avec vélocité, plisse les lèvres, bat des paupières, écar-quillc les yeux, branle la tête ; souvent aussi, d’une certaine façon elle remue sa mâchoire, ou elle a un tic du nez qu’elle ouvre et referme, comme les chevaux élargissent les narines pour hennir.La commère n’est chiche dans ses paroles ni d’exclamations, ni d’insinuations.Après chaque nouvelle qu’elle annonce, elle dit toujours Souverainement étonnée : Vous ne saviez pas ! comment, mais ixHis ne saviez pas ?” et elle ajoute que tout le monde pourtant le sait.Si c’est de l’inconduite d'un tel ou de ta banqueroute d’un autre qu’elle vous fait part, elle déclarera : “ On sait ben, si je vous l’ai dit, c’est parce que c’est pas un mal, quand c’est si connu ”.Les revers, les malheurs et les péchés d’autrui semblent toujours avoir pour la commère le plus grand intérêt et vous seriez tenté de croire qu'ils sont sa plus com-plète jouissance ; quoiqu’elle ait cependant la précaution de ponctuer ses commentaires de : “ Ccst ben ] Wvaleur, des affaires comme ça ! ” La commère parle-t-elle d’une 1 voisine qu’elle n’aime pas ?Il faut l’entendre critiquer.D’une bonr-! rasque de paroles vives, elle fait le J procès de l'accusée.Ses rancunes {énumérées, elle s'arrête brusque-j ment ; puis, le visage obscurci de \ sous-entendus, elle reprend : “ Si | e’était toute ! mais elle en a un ! aut’ défaut, un défaut ! ” Les lèvres pincées, elle regarde autour d’elle, lève les épaules, secoue son chapeau si elle l’a.Un ins-tant, elle savoure l’effet produit, in curiosité éveillée chez son entourage.Ensuite elle continue : " Oui, un gros, un gros défaut ! Elle sent mauvaise de la bouche, c’est effrayant ! ” Et les autres commères qui l'écoutent rétorquent comme devant [la révélation d'un crime., l’oeil scandalisé : “ Pas vrai ! pas vrai ! ” Hélas, la commére a parfois des conversations plus sérieuses et alors il lui arrive d être cynique à force de réalisme, et parce qu’elle traite' avec une tranquillité absolue de sujets auxquels jamais vous ne pensez, ou qui discutés devant vous brûlent votre sensibilité comme au fer rouge.Ainsi un jour, assise prés de vous, la commère n'a-l-elle pas raconté à sa soeur l’autre commère des détails sur l’embaumement des morts qui vous blessèrent mi vif ?Elle parlai i d’un Ion indifférent, coupant ses phrases de silences pendant lesquels elle sc mâchonnait la jonc, reniflait et branlait la tête.Elle vous regarda un moment.Ses paroles brutales avaient fait se réveiller en vous un souvenir déchirant.Vos yeux se mouillaient.Elle vous regarda, et comme elle reprit ses commentaires macabres, elle vous paru! hideuse.Elle ne l’était pas.Car si la commère est cruelle par ignorance et d’une grossièreté qui vous choque, la commère es/ bonne, et toujours au besoin serviable et dévouée.Autant elle est prodigue de paroles crues, rancunières on ironiques envers son prochain, autant elle sail lui donner généreusement son temps, sa force, ses soins et ses veilles.Michelle LcNÛRMAND.BLOC - NOTES Taxes de guerre Le Devoir ne se fait pas faute de noter au jour te jour les nombreux profits de guerre des grandes compagnies industrielles canadiennes.Il faut remarquer à ce sujet que même des feuilles ministérielles de-mandent aujourd’hui à sir Thomas White, — après le Devoir, qui en parle depuis au delà d’un au, preuve que les nationalistes ne sont pas des gens pratiques, — d’imposer des taxes de guerre plus lourdes sur les profits exagérés de nos grandes industries à une période au cours de laquelle “aucun véritable patriote ne doit s’enrichir”, a déjà dit sir Thomas White.Le Mail and Empire, de Toronto, feuille ministérielle, écrivait il n’y a pas cinq jours : “Notre ministre des finances devrait étudier la question d’accroître la part de l’Etat prélevée sur les profits considérables que font les industries de ce pays.Il ne peut pas ne pas y avoir de dette de guerre ; mais encore faut-il qu’elle reste dans de justes limites.Si, par un accroissement judicieux des taxes prélevées à même les profits de guerre, le gouvernement peut amoindrir le nombre de ses emprunts, qu’il remanie au plus tôt l’assiette des impôts.Il s’attribue un quart des bénéfices dépassant 7 ou 10 hour cent, selon le cas.Ce n'est pas la moitié de ce que réclame le gouvernement, en Angleterre.Le prix élevé qu’on nous demande de tout, aujourd’hui, indique bien que la marge des profits ne diminue pas.Le gouvernement pourrait donc en faire confisquer une plus large part sans nuire à qui que ce soit.” Les Chambres se réuniront de nouveau dans quelques semaines.Nous verrons alors si sir Thomas White portera la taxe du quart à la moitié ou aux trois-quarts des profits de guerre excédant 7 pour cent.Que ne le fait-il ?Un rapport La commission anglaise chargée de rédiger un rapport sur le partage des responsabilités, dans la malheureuse expédition des Dardanelles, vient d’en désigner comme les principaux artisans l’amiral Fisher, lord Kitchener et M.Winston Churchill.Elle est sévère à l’endroit de Tan-cien généralissime anglais ; qu’il ait désappointé ceux qui en faisaient le plus grand général des temps modernes, il fallait pourtant s’y attendre.Formé dans des guerres coloniales ou dans des expéditions menées contre des peuples ou des peuplades d’Afrique ou d’Asie n’ayant guère d’armes et de ressources non plus que de chefs militaires, il avait pu en imposer.Les échecs qu’il a subis pendant les mois où il fut le chef militaire de l’Angleterre, au cours de la grande guerre, ont eu tôt fait de désabuser une partie de ses admirateurs.La campagne des Dardanelles n’a pas été sans y contribuer.Et le rapport Cromer le souligne nettement.Les Australiens et les Néo-Zélandais qui ont fait la campagne de Gallipoli sauront désormais à quoi s’en tenir sur la valeur d’un War Office qui les a lancés dans une aventure si coûteuse aux troupes coloniales, et couronnée d’un échec qui, pour avoir été glorieux, n'en a pas moins fait verser le meilleur sang australien.Tramways Un rapport fait à l’hôtel de ville-, 11 y a quelques heures, signale le piteux service donné par la compagnie des Tramways rue Amherst et Parc Lafontaine, aux habitants de ce quartier.Tous ceux qui voyagent sur ce réseau savent à quoi s’en tenir.“Il n’y a pas assez de voitures sur ce circuit”, dit l’inspecteur municipal.Les gens du quartier .sont payes pour le savoir ; car.de tout l’hiver, ils ont attendu le matin de cinq à dix minutes, et parfois davantage, le passage d’une voiture déjà encombrée, et le soir, ils ont dû assez souvent ou perdre une demi-heure à faire le pied de grue pour attendre un tramway, ou s’y empiler comme des sardjnes.Si M.Robert ou M.Perron eussent eu n faire le trajet de cette façon-là pour s’en aller à leur travail ou à leur dîner, on sait de quelle humeur ils seraient revenus de cette promenade.Mais cet abus cessera-t-il enfin ?Il ne faut pas trop y compter.Ils ne la goûtent pas Des gens qui ne goûtent pas la façon dont Londres veut remanier le tarif douanier britannique, ce sont les industriels du Lancashire.L'imposition par les Indes d’un tarif de protection sur les cotonnades importées, '— Je Lancashire en exporte d’énormes quantités aux Indes, — a fait pousser des clameurs aux fabricants de cette région, Tune des plus actives de la Grande-Bretagne, Le correspondant de la Gazette câble hier a son journal : “Le danger que court l’Angleterre en essayant de donner le pas à la politique impériale sur le régime économique se manifeste déjà clairement.L’action du cabinet de guerre, qui vient de sanctionner, sans consulter le parlement impérial, l’imposition, par le gouvernement des Indes, d’un droit de douane sur l'importation des cotonnades du Lancashire a soulevé une tempête de protestations.Le Lancashire est soulevé, il enverra une délégation à Londres demain.” Ce n’est là qu’un des mille problèmes, — et un des plus petits, en apparence, — que suscitera le projet d’une fédération impériale, dont la mise en opération marquerai^, de Ta vis de plusieurs, l’entrée de “’Empire dans une période de désagrégation.Nos jingos, qui T auront voulu, n’auront pas à s’en prendre à d’autres, si tout va mal.Entre I temps, l’affaire du Lancashire ne Imitera certes pas la solution du pro-! blême hindou.! Un surplus ?11 n’y aura pas d’embargo sur les exportations de pommes de terre ca-;nadiennes.Sir George Foster déclare qu’après enquête le 'ministère s’est convaincu qu’il y a eu un sur-jplus exportable, au pays,, et qu’un I embargo ne serait pas opportun.La j crise des transports serait la cause ?de la disette dans le Québec et TOn-tario, parait-il.Nous resterons donc.I à la merci du Potato Exchange, à i moins que le ministère de l'Agriculture ne lui mette les poucettes.ü est vrai que, depuis quelques jours, les pommes de terre sont à la baisse et que la crainte de l’embargo et des poursuites judiciaires a paru ramener pour un temps le cartel à la raison.11 a, en tout cas, besoin d’être surveillé de près, si Ton ne veut qu’il commence à nous faire chanter derechef, à la première occasion.G.P.L’ENVERS DE L’HÉROÏSME A la place même où, depuis deux ans et demi, systématiquement, nous avons relaté les hauts faits de Tarmée française, et l’héroïsme du clergé tout particulièrement, l’actualité nous contraint d’inscrire aujourd’hui la triste suite de l’incident îSixte-Quenin.Le contraste est douloureux, mais cette lamentable politicaille-rie ne doit pas faire oublier la noblesse des héros.Ce qui se passe à la Chambre est le fait des politiciens d’avant-guerre.Ceux-là, on ne les changera guère.Us gardent leurs passions, leurs préjugés, leurs haines sectaires.fis tenteront contre l'Eglise des assauts d’autant plus furieux qu’ils se sentiront plus menacés dans leur influence et, pour certains, dans leurs appétits.IL’espoir.c’est la France virile, celle qui a vécu la vie des tranchées, qui.ayant appris à connaître les prêtres, devra éprouver pour les bauffeurs de curés le dégoût qu"ils méritent.— O.//, TOUT EST CHER.POURQUOI ?i Paraîtra, vers le 15 mars, une bro-; duire sur le coût de la vie au Canada (1910-1917), par M.Georges Pel» Tetier, qui a déjà donné au Devoir et !à la Hevuc Trimestrielle Canadienne des articles et des études sur ce sujet d’une vive actualité.Cette brochure aura pour titre : Tout est cher.Pourquoi?M.Edouard Montpetit, le professeur et économiste bien connu, en a écrit la préface.Cette étude compte plus de /O pages, outre 4 graphiques sur le mouvement 'ascensionnel du coût de la vie, depuis 1910, au Canada, plusieurs tableaux et un 'appendice.Elle devra être de quelque intérêt aux journalistes, aux hommes d'affaires, aux industriels, ainsi qu’au public en général.Elle se vendra 25 sous Tunité, frais de port compris.Conditions spéciales aux libraires.Tirage limité.LA VIE MUSICALE Il ne faudra pas manquer de lire aujourd’hui à l'intérieur, en page 6, Ta chronique musicale du docteur Frêd.Pelletier.11 ne faut pas oublier non plus que le Devoir est le seul quotidien de Montréal à donner à ses lecteurs des articles sur la musique et les concerts qui soient signés par un connaisseur.NOTRE FEUILLETON Le Devoir commencera lundi la publication de son nouveau feuilleton.CONSISTOIRE LE 22 MARS Borne, par voie de Paris, 10.— La date du prochain consistoire a été fixée par le Pape Benoit XV au 22 mars.Il n’est convoqué que pour choisir et nommer des évêques.Aucun chapeau cardinalice ne sera conféré.PERIL 99 Une joute de hockey importante a lieu ce soir, à Ottawa.Le NATIONALISTE, dont la chronique sportive est la plus complète de celles des journaux montréalais du dimanche, a pris la peine d’envoyer un représentant spécial à Ottawa pour assurer des nouvelles de premier ordre aux amateurs de sport qui lisent- Le NATIONALISTE donne à part cela toutes les dernières nouvelles du samedi, locales et étrangères, et le reste.Cinq sous le numéro, demain matin.Certains fanatiques, dont le “News” et la “Sentinel”, viennent de découvrir un nouveau péril, toujours français, puisqu’il paraît que les alliés de là-bas sont des gens dangereux, ici: le “péril” acadien, en train de submerger les Provinces Maritimes, surtout le Nouveau-Brunswick.L’article de Pierre Labrosse portera sur ce “péril”, dans le prochain numéro du NATIONALISTE.J.i 1575 2 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 10 MARS 1917 VOL.VIII.— No 58 LETTRES AU “DEVOIR” A CUBA Le consulat cubain nous communique la note suivante: Montréal, le 7 mars 1917.Au sujet du mouvement séditieux à Cuba, qu’on a beaucoup exagéré et qu’il convient de ramener à sa véritable proportion, ce consulat est en mesure de faire connaître d'une façon certaine, que le gouvernement de la République s’est rendu maitre de la situation et que tout danger est conjuré depuis qu’il agit avec tant d’activité et d’efficacité.Dans la province de Santiago, où est maintenant confiné le mouvement séditieux, grâce à l'intervention énergique des troupes du gouvernement, l'ordre sera bientôt et totalement rétabli.Dans les autres provinces de la République, des mesures efficaces ont été prises pour maintenir le calme, et aucun incident sérieux n’y a été signalé.Le peuple cubain a pleine confiance au gouvernement de la République, dont le président, le général Mario G.Menaçai, vient d’être élu pour un nouveau terme au poste qu’il occupe si brillamment depuis 1912.Cette victoire électorale est un véritable vote de confiance de la part du peuple et une absolue approbation de sa politique clairvoyante et de son honnête administration.Homme d’une scrupuleuse probité et d’une loyauté chevaleresque, le président Menocal est un chef d'Etat qui a toujours fidèlement observé le respect des institutions républicaines, n’ayant en vue que le bonheur et la prospérité du pays.C’est à lui que Cuba doit l'organisation économique et financière qui lui a permis d’atteindre un degré de prospérité comme elle n’en a jamais connue encore.Actuellement, grâce à l’action personnelle et persévérante du président Menocal et à l’heureuse impulsion donnée aux affaires pour l’ensemble des mesures prises par son gouvernement, la République de Cuba, fière de son grand passé libérateur et de ses merveilleux progrès moraux et matériels, occupe le troisième rang dans le commerce des républiques latines de l’Amérique, après l’Argentine et le Brésil.Austère comme un homme de Plutarque, le president Menocal a toujours fait preuve d’une inébranlable droiture et d’un patriotisme incontesté.Son idéal, appuyé sur une foi indomptable, c’est l’organisation définitive de la République sur la base de l’honnêteté administrative.de la justice et du droit.Il a le sens des réalités pratiques et de ses responsabilités envers la nation.Et, surtout, il a de l’énergie et du patriotisme.Les destinées de Cuba sont en bonnes mains.Francisco CANELLAS, Consul de la République de Cuba.SUR LE FONDS PATRIOTIQUE Monsieur le Rédacteur, Voulez-vous me permettre de confier ci votre journal le message suivant : Messieurs les commissaires et éehevins, votre patriotisme en faveur de nos blessés et de leur famille est admirable, mais il me semble que la somme suggérée est hors des moyens disponibles pour notre ville qui ne peut boucler son budget annuel sans un déficit de plus de deux millions.)' avez-vous bien pensé?je dis non.Savez-vous que vous avez un outre fonds patriotique qui s'impose depuis des années dans noire ville et vous n’avez encore rien fait, malgré ta demande, réitérée des médecins gui se sont occupés spécialement de la question des tuberculeux.D'après le rapport de l’institut Bruchési, il y a eu durant seize mois trois mille neuf cent quatre-vingt-quinze cas; si vous ajoutez à ce chiffre vingt-cinq pour cent de cas non rapportes, nous arrivons au chiffre (le près de cinq mille cas.Que de ravages causés par cette terrible maladie, dans le sein de notre population! Sotre ville est privilégiée pour un sile idéal sur la montagne ou en arrière de l’Oratoire St-Joseoh, pour y construire un hôpital, et empêcher ainsi nos tuberculeux de propager la maladie dans leur famille d’abord et dans les rues.Xos commissaires et éehevins ont bien trouvé, moyen de.construire une bibliothèque civique dont le coût dépassera sept cent mille piastres, sur la rue Sherbrooke, èi quelques pas de celle des Messieurs de Saint-Sulpice; de plus, dépenser des millions pour les ouvertures des rues Sherbrooke et Boulevard St-Joseph, sans nécessité, pour le présent.Allons, Messieurs nos édiles, soyez moins généreux pour le Fonds patriotique et ayez le courage, de recommander au plus tôt un hôpital pour nos tuberculeux, car de toutes les questions, il n’y en a pas de plus urgente que celle-là, pour éviter la contagion.Messieurs les membres des clubs ouvriers, réclamez dans vos réunions et prêchez l’urgence de cet hôpital et vous serez peut-être plus écoutés que nos médecins.J.GIRARD, 46, Bld St-Joseph O.N’y pensez pas trop longtemps I,» meilleures occasions pourrsient ?•us échsppcr.La façon dont i’hi, foire nous dit que Montrénl s'eut étendu à l’ouest, un de» quartiers aristocratiques, se répète maintenant aur les borda du Lac, et l’on peut profiter à l’heure actuelle des chances qui se présentent et qui ne se renourelleront plua, de s’assurer la possession d’un chos sol.Penser,-y : une demeure à tous pour $100 nu comptant et ensuite rie $22.50 a $50.00 par mois, valant de $3,500 ù $6,500, Envoyez chercher “Thrift’’ il contient l'illustration de quelques - unes de ces belles maisons.MARC1L TRUST COMPANY 110 S-JACqUES MAIN 8TB1.ISèma année.Actif i plus da $4,000,000 1 j L’HONORABLE P.BOUCHER DE LABRUÈRE Un article de M.C.-J.Magnan (L’article ci-dessous a été prépa- faut comparer, au point de vue de ré pour / Enseignement Primaire ; l'éducation, 1894-9o avec 1'914-10 nous sommes heureux de publier dès aujourd'hui, ce témoignage, ren- uour se rendre compte des progrès réalisés durant les deux dernières du ù la mémoire de feu M.de La décades.Dès son arrivée au dépar-llruère par l’Inspecteur général ;tement de l'Instruction publique, des écoles catholiques.C’est une l’honorable M.de LaBruère se ren- primeur que nos lecteurs sauront apprécier.) dit compte, après avoir consulté et étudié, que notre organisation sco- Mardi le G mars, est décédé à bonne clans son ensemble, aébec, à l’Age de soixante-dix-1 ,(Ies P°lnts faible,s ‘IJ1.1.1 .t .u.:.~,„i grisolle clair dans ta course su blime! “Va, chérie, chante et vogue.Je te vois et t’entends trop rarement Que ne donnerions-nous pas pour entendre ce qite l’a- natuçe nous dirait par la bouche d’ùn saint?Elle a parlé -souvent et saint Beèh-ard et saint François d’ASsise et Saint François dé Sales et -des milliers dont nous connaissons quelques-uns et des milliers que nous ne connaîtrons jamais •ont redit de ses paroles, niais souvent, -chez eux, la poésie reel avec tous les reflets de Dieu, c’est le -chant spontané d’une âme sainte que nous demandons avec les [cris delà soif et de la faim.Eh bien] [cette poésie-là, nous l’avons par Gui-| do Gezelle.Jamais âme plus mélodieuse, anima plena modülatione, comme dit l'imitation, ne nous aura parlé ainsi du Dieu qu’elle adorait, de l’oeuvre des six jours gardant -pour les seuls yeux de ceux qui prient la trace -lumineuse des mains Par nos champs et nos rives.est un beau volume de plus de 200 pages, papier de luxe, avec couverture illustrée d’un dessin inédit de Aille LeMbyne.Il se vend 75 sôus, plus 5 sous pour les frais de port, au Devoir, 43, rue Saint-Vincent ; chez Granger Frères, 47 Notre-Dame-ouest, et dans les librairies suivantes : Librairie Notre-Dame, 37, Notre-Dame-ouest ; Librairie L.-J.-A.Derome, 30, Notre-Dame-ouest ; Librairie Beauchemin, 79, Saint-Jacques ; Langevin et Larche-vêque, 8, Saint-Jacques ; Librairie Saint-Louis, 288, Sainte-Catherine-est : Dcom Frères, 257, Sainte-Catherine-est ; J.-O.Pineault, 280, Ra-chel-est.Le Correspondant (Revue périodique paraissant le 10 et le 25 de chaque mois).et il m’est bon, soir et matin, te voir et t’entendre.“Planant au milieu des oeuvres de Dieu, tu réconfortes celui qui peut, à tout instant, te suivre des yeux, qu’il sème, qu’il,bêche ou qu’il plante.“Hélas! tu montes trop souvent en vain vers-le ciel, pour remercier paternelles.Et tous ceux qui ont pieu: personne, chétive, ne se sou connu l’humble vicaire -de Courtrai et tous ceux (iui ne connaissent que son oeuvre, ont, sans toucher impru- cie de ton chant.“Eh! si,personne ne veut t’écouter, je t’éeputgrai, moi.Tu me cun- SOMMALRE DE LA LIVRAISON DU 10 FEVRIER 1917.I.La frontière de l’est et du nord (1871-1914), — I.La frontière refaite.— Avec -une carte: Fernand En-gerand, député du Calvados.II.Silhouettes de guerre.— Lord Milner : Miles.III.A travers les provinces de France.— II.Bordeaux, Cognac, La Côte d’Argent, Le Béarn : Marc Holy s.IV.Le front de Macedoine.—Avec une carte: *** V.Pierre .et Jacques.— Miracle en cinq tableaux, par personnages: René des Granges.VI.Les Français en Grèce -au treizième siècle : Jean Longnon.VII.Dans les tranchées.—-Poèmes Capitaine H.Pon-cet.VIH.Un historien de la grande guerre.— M.Gabriel Hanotaux: De Lan z a c (de -Laiborie.IX.— Dix ans de prcapprentlssa-ge : L.-C.Lac au.X.Edouard Drumonl : Alexandre Lefas, député d’Ille-et-Vilaine.XI.Revue des Sciences : Francis Marre.XII.Chronique politique: Intérim Prix de l’abonnement.— Paris,- Départements et Etranger : un an, 35 fr.; -six mois, 18 fr.Les -abonnements partent -du 1er de chaque mois.On s’abonne à Paris aux bureaux du “Correspondant”, nue Sairnt-Guillaunie, 31, dans tous les bureaux de poste et chez .o-us les libraires des Départements.Toute femme doit se défier de l’anémie et, pour s’en préserver ou s en guérir, prendre des PILULES ROUGES.Mmes Laporte et Poirier doivent aux PILULES ROUGES d’avoir maintenant bonne santé, de posséder toutes les forces qu’il leur faut.L'anémie est un mal redoutable j petit était encore moindre.A’ors quoique ne faisant pas de bruit au [quelques boîtes de 1 ilules Rouges début.C’est d’abord une sensation (augmentaient ma vigueur et cède dépression morale ou physique, talent ensuite plusieurs mois de bonde lassitude, de dégoût pour tout ce ne santé.Avant la naissance de mon qui était autrefois joie, distraction, deuxième enfant la faiblesse me ga-plaisir ou même devoir.gna; j'avais des tiraillements et des La femme anémique, hier active, brûlements d’estomac ces douleurs devient triste découragée sa mè-!dans les re,ns’ dos Palpitations de moire -baisse;’ elle recherche la soli-«)eur et j’étais ne^f“se ““ tude et ,1a vie lui apparût sans but,Wer b.en des nuits sans dormir comme un fardeau.Chez elle, les Decouragee, J écrivis au medecm de maux de tète sont fréquents, les -di- gestions ipénübles.Il y a ces renvois, des aigreurs, du (ballonnement.Il y la -Compagnie Chimique Franco-Américaine.Sur ses conseils, j’ai pris avec persévérance' des Pilules a aussi des douleurs dans les‘rems, (£011 ^eres novices; a 2 heures par qui vos enfants les chassent- ?0 pan., reunion des frères profès ; ils ?C’est pour cela qu’ils seront immédiatement apres cette —* eux-mêmes vos juges.Mais si c’est l»lee, reunion du discréhoîre.par le doigt de Dieu que je chasse les démons, il est certain que le royaume de Dieu est venu parmi loutes ses armes dans lesquelles il mettait sa confiance, et il partagera ses dépouilles.Celui qui n’est point avec moi est contre moi, et celui qui n’amasse point avec moi dissipe.Lorsque l’esprit immonde est sorti courses en Europe pour le bien de$|^un homme, il paicouit des lieu-fidèles, le rôle qu’il a joué au mi- Le SECRETAIRE.*¦ W •» Fraternité Saint-Antoine, rue Lavons.Lorsqu’un homme fort et bien gauchetière est, No 777: réunion des armé garde sa maison, tout ce qu’ii soeurs professes, dimanche 11, et possède est en sûreié ; mais s’il en mardi 13 mars, à 2 heures p«m.survient un autre plus fort que lui.Les membres sont priées de s’y qui le renverse, il lui enlèvera rendre sans autre convocation." ¦' La SECRETAIRE.*- Vous ne lisez pas le NATIONALISTE?Vous ignorez donc toutes les nouvelles du samedi après-midi et du samedi soir.'Rijmsnoer, Koornemaand (1886) (1) JaarUrans, (1893).“par^oschampT ET NOS RIVES.” CE QU’EN DIT LA “PRESSE'’ Nous lisons dans la Presse: ___ “Tel est le titre du nouveau re- Le don de Dieu, la vie, est exalté aime et Voit partout, le fait pénétrer,1 cueil de poésies que vient de pu-av-ec une ferveur s-ans égaie et les lui le nomenrlaleur et l’interprète, blier Mlle Blanche Lamontagne, odeurs et les saveurs elles-mêmes lui le nouvel Adam que devient lout qui nous avait déjà donné un aper-avec les bruits de ce monde où tout vrai poète “par un décret nomma-'V11 de son talent dans les “Visions révèle un art infini et une bonté lif de là Providence” pour l’cdifica-l ûaspésiennes", dont le succès a ns-sans mesure quand la foi, divin ban- lion et pour la joie de ses frères, sure à leur auteur une place envia-d-eau qui nous guérit de Taveugle- vers des mousses que Ton foule aux bip dans le monde littéraire cana-m-ent originel, nous a donné le se- pieds et les insectes que l’on ne voit dien.cret de la lumière, tout est ici cban- qu’en se baissant à leur niveau: “Il “Dans ce dernier ouvrage nous e*.” té sur un ton qui trahit une voix in- pousse partout mielque chose.Suri voyons la jeune poète canadienne i nous lassabie parce qu’excitée par Ta- les gardy-fous des vieux ponts,1 arrivée à la plénitude de son lass, cesjmour: l’humble mousse étend ses petites lent; sa poésie a conservé un char- Une branche de cerises, enfant, verrues, et couvre les pierres bleues me gracieux et touchant, mais scs fut: une âme qui -écoute.Et c’est cejime branche d-e cerises, mûries dans du iliàqnc de ses sons jaunes, gris ou idées ont mûri, et son vers, si doux que nous nous sentons devenir i l’éclatante lumière d’or de Tété! ; verts.Rcgardcz-la si vous avez et si facile, nous révèle de grandes quand nous lisons ce que cette âme “Gonflées de suc, si -douces, si su-'dés’ yeux pour voir; arrêtez-vous', vérités philosophiques et morales, mélodieuse nous a-laissé de science res, pleines de jus, pleines de don- regardez •du, trempée de pluie et de C.e qu’elle nous présente, c’est du divine venue en elle à la faveur de ceur, elites brillaient sur l’arbre, soleil, dites-moi si le plus beau ta- réalisme, «lu phis pur et du plus son alienee.Nous ne sommes plus elles pariaient sur d’arbre: “Cueille- —i sain, une vision qui nous fait entre- qu'une âme en silence et qui écoute “‘nous, cueille-nous, cueille-nous, dl- ’ Gedichten, Gcsangcn en Grebe- voir te charme du chez-nous et qui parce qu’eUe se trouve subitement- den.résume toute la vie canadienne.- * Gedichten, Gezangcn en Gcbc- * Dom Bruno Des liée, l'Ame du Sans le vouloir, Mlle Lamontagpe voir et dans tes principales librai * Klcengcdichtjes (1860).'den (1862).^ord, nous prêche le “retour à la terre” ries.lieu des Indiens, pendant les soulèvements, etc.Ils contiennent, comme bien on l’imagine, les détails les plus précieux et les plus pittoresques sur la vie et les moeurs des In-.(tiens, sur les principaux personna-Oostermaand ges blancs et sauvages de l’Ouest, sur la mise en valeur de ce territoire, etc.Un apôtre du Nord-Ouest canadien est donc Tun des livres les plus intéressants et les plus neufs qui aient été publiés depuis longtemps.Il sera lu partout ou on a gardé le souvenir du Père Lacombe, partout où on désire connaître ta période héroïque de l’histoire de l’Ouest.Ajoutons que le texte des Mémoires proprement dits est précédé d’une note du Père Lacombe lui-mênie ; d’une lettre de Mgr Bruchési, archevêque de Montréal ; d’une autre lettre du Père Ortolan, o.m.i., et d’une introduction qu’a bien voulu écrire Mgr Legal, archevêque d’Edmonton, aussi ohlat de Marie et grand ami du Père Laeom-bc.Le livre est illustré des photographies du Père Lacombe* de sa mère, de Mgr Bourget, de Mgr Bruchési, de Mgr Legal et de plusieurs autres personnages, do scènes de l’Ouest, de groupes de sauvages et | c’est du ( d’une carte du pays.Ce livre “LE PERE LACOMBE — Un Apôtre du Nord-Ouest" se vend 81.50 le volume, plus 15 sous pour frais de port, aux bureaux du De- jRATISesHERHIlI PORTEZ DE BANDAGE, NK m Ve «îklf AÛI.C n0N k&ûE ttteojrb j|«©»«Tier«T QOlLCiflêTE 1 «K w m haCao CASuorrw>M terre ouveewse Surfnce interne faite automatiquement adhésive dans le but de prévenir tout déplacement et'pour maintenir dans l’état d’application constante le remède a tisorbunt—astringent appelé PI.APAO.Fermez l’ou- he ‘ ' ‘ ‘ “ ‘ ' Grand prit.Médaille Home Paris d'or, vrrturo herniaire, ainsi que l'entend la nature de façon que In hernie .NE PUISSE descendre.ELIMINTEZ LES BANDAGES EN ACIER ET CAOUTCHOUC QUI IRRITENT ET PINCENT Vous silver, par expérience que le bandage n’est qu’un simple expédient-un faux support contre un mur croulant—et qu’il mine votre santé.Alors pourquoi en continuer le port?Les PUAPAO-PADS de Stuart sont entièrement différent»—en ce qu’ils constituent des applique-remède rendus automatiquement adhésifs dans le but de prévenir leur déplacement et pour maintenir fermement en place les muscles distendus.Ils ne comportent ni courroie», ni boucles, ni ressorts.Ils n’exercent aucune pression déprimante ou rentrante, SOUPLES COMME LE VF-LOURS—FLEXIBLES—FACILES A APPLIQUER—PEU COUTEUX.Traitement continu diurne et nocturne chez soi.N’empêchent pas de travailler.Des centaines de gens, Jeunes et vieux, se sont présentés devant des fonctionnaires qualifiés pour recevoir lour serment, et ont Juré que les PLAPAO-PADS avaient guéri leur hernie—certains cas étaient des plus graves et de longue durée.DEMANDEZ AUJOURD’HUI LE PI.APAO GRATIS — SANS FRAIS AUCUN— MAINTENANT OU JAMAIS Ecrive» simplement votre nom et adresse ci-dessous.Accompagner-lcs de le annonce pour un ESSAI absolument GRATIS DE PI.APAO et une bro ire sur in Hernie.Aucun frai» pour cela—maintenant ou Jumals.Rien h re-rner."’Soyez sagace AUJOURD'HUI, car c’est folie que d'attendre" Ecri-PLAPAO Co., Block 3452, Saint-Louis, Mo.* ' ficrl Nom Adresse VOL.VIII.— No 58 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 10 MARS 1917 5 LES “TROUBLES” DE 37-38 ET LE PARTAGE DES RESPONSABILITES M.I abbé Groulx poursuit, à V Université Laval, ses conférences d'histoire du Canada — Quelques pages sur le rôle de UOligarchie ~ ________ t OPINIONS DE DURHAM, GOSFORD, POULETT .THOMSEN ET DU “CANADIEN” M.l’abbé Groulx, continuant hier] spir à Laval scs leçons d’histoire du Canada, a traité du partage des responsabilités dans les “Troubles” de 37-38.Avec sa netteté ordinaire, il a successivement précisé les responsabilités qui, à son avis, afférent au gouvernement britannique, à l’oligarchie anglaise du pays et, finalement, aux “Patriotes”.Nous détachons de cette conférence la partie qui touche spécialement au rôle de l’oligarchie.C'est donc en cette attitude d’hostilité irréductible que l’Angleterre apparaissait_à nos péres aux environs de 1837.Après quelques velléités de justice et de magnanimité au lendemain de la conquête, en 1791, lors du partage du pays en deux provinces, en 1830, avec 4e passage au bureau colonial de lord Goderich, le vieux levain impérialiste remontait à la surface et la métropole prenait parti ouvertement contre nous.LE PASSE DE L’OLIGARCHIE.Et quelle est cette persécution politique qu’elle endosse de sa haute approbation?Je ne vous referai pas le tableau de l’oppression oligarchique au Canada.Il y a dans le rapport Durham un passage topique qui trouve sa place naturelle ici : ‘'Ce n’est nulle part une vertu du peuple anglais, dit le ' haut-commissaire, de supporter avec tolérance des manières, des usages ou des lois qui lui sont étrangères- accoutumé à se former une haute opinion de sa propre supériorité, il ne s’occupe point de cacher aux autres son mépris et son aversion pour leurs usages” (Traduction du Canadien, p.8).Ce n’est pas au Canada que les Anglais ont démenti ces habitudes de caractère.“Ces fonotionnaires en avaient fait assez, dirent un jour les gens de Durham, pour chasser le peuple affolé dans les bois.” Vous connaissez les premiers démêlés des colons britanniques avec Murray, dès le début du nouveau régime ; vous avez lu le sombre portrait que nous a brossé Je gouverneur, de cette poignée d’hommes de proie; vous savez qu’ils obtinrent le rappel de ce haut fonctionnaire coupable d’avoir voulu brider leurs appétits et rogner leurs griffes et que ce fut là, contre nous, la première victoire de l’oligarchie; vous vous rappelez les lemèlés de ces mêmes gens avec Guy Garletou et leur violente opposition en Angleterre et en ce pays à VActc de Québec; vous vous souvenez de leurs manoeuvres d’ostracisme contre la langue française au premier parlement de 1792, leur projet d’anglicisation scolaire avec l'Institution royale, leurs premières insolences contre la Chambre et contre notre presse politique, avec la complicité de sir James Craig ; vous vous souvenez encore de cette épithète de “rebelles” que leur presse nous prodigue à toute occasion et qu’ils colportent jusqu’en Angleterre, eux qui comptent dans leurs rangs les abstentionnistes et les fuyards de 1776 à Tile d’Orléans; enfin, vous n’avez pas oublié leur accaparement des fonctions publiques et des terres de la province, la mise àu gaspillage de nos finances, le scandale Col dwell, l’infâme conspiration de 182.2, l'obstruction érigée en système au Conseil législatif, T Assemblée législative condamnée au rôle d’opposition permanente, et le pays maintenu, par d’incessantes prorogations, en perpétuelle ébullition électorale.SES RESPONSABILITES EN 1837.Mesdames, messieurs, qu'ai-je besoin d’ajouter pour établir la lourde responsabilité du parti officiel dans, les événements tragiques de 1837?Il me suffira d’exposer leurs dernières1 insolences et de rattacher ces vexations au conflit sanglant qui a mis aux prises les deux races.Ce dossier de l’oligarchie, je ne veux le faire qu’à l’aide de pièces empruntées aux hommes de sa nationalité.Le 14 .avril 1838, Joseph Hume, dans une lettre à Lafontaine, portait sur les agissements du “parti breton” ce jugement catégorique: “Les réclamations déraisonnables du .parti britannique dans le Bas-Canada et du "Bureau party” dans le Haut-Ca-n.ada ont toujours été extravagantes.” Lord Durham a qualifié dans les termes les plus sévères l’esprit d’accaparement de la minorité officielle et le régime d’humiliation imposé par elle à la majorité: “Pendant longtemps, dit le Rapport, les Canadiens ont été exclus de toute participation au pouvoir, tous les emplois de confiance et de profit ont été l’apanage exclusif d’etrangers d’origine anglaise.Jusqu’à une époque récente, cette exclusion était accompagnée d'une insolence qui blessait encore plus un peuple fier (pic ne le faisait le monopole de la puissance et de la fortune publique.Les deux races fuirent rendues irréconciliables avant que Ton consentît à offrir aux Français une tardive réparation; et même alors, le gouvernement n’appela quelques-uns d’eux aux emplois qu'à des conditions plus insultantes pour le peuple que ne l’avait été le système d’exclusion.” UN MOT DE POULETT THOMvSON.Voulez-vous savoir en quels termes M.Poulett Thomson, le futur baron de Sydenham, s'exprime sur le compte des Torys du Haut-Canada, émules de nos oligarchiques?“Le pays, dit-il dans une lettre personnelle, est divisé en factions qui se détestent à mort jurée.On y a tant parlé de séparation que Ton commence enfin à y croire.Le parti constitutionnel est aussi mauvais ou pire que l’autre, en dépit de toutes! ses protestations de fidélité.Lors-| que je considère Tétai du gouverne-l l’administration départe-'*que ses insolences à mettre à son d’être dossier.L’histoire doit la tenir rés- inent et mentale de la province, loin longtemps l’insubordination et nul n’a fait pl„ dans cet état.Tout ce que je sais, qu’elle pour familiariser les esprits c est que malgré ma répulsion pour! avec l’idée de la révolte, le régime et les institutions yantees, je n’aurais pas pris les armes pour! L’OLIGARCHIE MEPRISE L’AU-les combattre et maintenir un pareil | TORITE.gouvernement, comme Tont fait des| milliers de ces pauvres diables que* Je vous ai déjà raconté la campa le Family compact appelle rebel-; gne d’intimidation menée par elle et ‘es- • • ” ! sans relâche contre les projets con- Rien d’étonnant à ce sentiment de ! ci'Uateurs de Gosford.Pendant qu’i-'Thomson.Nous savons la triste ré- èlle tâchait de forcer la main du putation que se sont faite dans This- gouverneur, en Angleterre elle ponr-toire tous les gouvernements de cas-! suivait activement sa campagne de tes.Et je n’ignore pas qu’en Angle- mensonges, “lîne section intéressée terre un tel régime pût se maintenir l,t violente du parti mercantile, dé à certaines époques sans provoquer clarc Gosford, ne cessait alors de toujours des représailles sanglantes, représenter délibérément les choses Mais il faudrait voir si avant l’Acte s°us de fausses couleurs, dans le de réforme, cette harmonie tant van- dessein d’induire ses amis en Angle-tée des deux chambres n’était pas terre à seconder ses vues de domi-ie fruit de la corruption.Lorsque la nation; et ce sont ces faussetés ainsi Chambre haute tenait les Communes! débitées et répandues qui ont amené dans l’asservissement, quelle oippo-;!e,s malheurs de ces dernières an sition pouvait-elle craindre de la ] nées.” Mais attendez.L’oligarchie part de députés élus pour le plusjn’ed pas au bout de ses audaces.Iingrand nombre par les pairs et leurs ! patiente d’arriver à ses fins, elle familles?La noblesse accapareuse,! n’hésite pas à brusquer les événe-à défaut du nombre, représentait du nients.A l’arrivée de Gosford, Adam moins la richesse, la propriété et les; Thorn, l'homme du Herald, décide meilleures traditions du royaume.: avec sa clique d'équiper et d’armer Mais, au Canada, par quelle supé- un corps de carabiniers en vue de riorité se recommandait la minorité ¦ forcer le gouverneur à se déclarer des “Bretons”?En 1834 O’Connell P°ur la faction ultra-tory.Ces gens en faisait ce portrait très exact de- poussent l’insubordination jusqu’à vaut le parlement: “D’aprèts la des- ! vouloir faire élire leurs officiers par cription du Conseil législatif que je Les soldats.“A la première occasion, tiens à la main, je vois qu’il consiste! disait encore Gosford, à ce sujet, je d’aventuriers, de délinquants ou de dm' fis des remontrances d’une ma-fonctionnaires publics à l’emploi de nière amicale; mais ce fut en vain; la Couronne, tous, à l’exception d’un et ie dus ordonner la dissolution du seul, sans aucune propriété en terre corps par une proclamation, m’étant dans la colonie.” Et l’orateur d’ajou- assuré, en consultant les hommes de ter : “Ce serait sans doute une ano- loi de la Couronne, que sa conduite ,, 4 rt l 4 « I 1 .1 m L 1__ —_ X * i ( ¦ il « « malle monstrueuse que de nos jours la Couronne fût trouvée justifiable de nommer une telle aristocratie pour servir de modératrice à l'assemblée du peuple” (On Hocbuck’s motion).Ne suffirait-il pas du reste, pour mesurer l’odieux de cette domination, de rappeler qu’elle souleva contre elle la majorité de la popula- était illégale et inconstitutionnelle.Cependant, ils ne rengaineront pas pour si peu.Il est bien établi que si l’Assemblée eût gagné son point à Londres, Tolllgarchie u’eùt pas hésité un seul instant à prendre les armes.Sir George Gipps nous en a laissé l’aveu assez net dans ses oto- LE BONHEUR D’AVOIR UN CORPS SAIN N’a pas eu une heure de maladie depuis qu’il prend “Fruit-a-tives’- FEDERATION NATIONALE ST-JEAN-BAPTISTE Le Congrès On nous prie de rappeler aux membres de la Fédération que la messe du congrès aura lieu à Notre-Dame de Lourdes à 9 heures 1-4 dimanche.Elles seront admises sur présentation de leur billet.Le soir, au Monument national, la réunion sera publique.M.MARRIOTT 73, avenue Lees, Ottawa Ont., le 9 août Iflo.“ Je regarde comme mon devoir de vous dire ce que “Fruit-a-tives” a fait pour moi.Il y a trois ans, je commençais à me sentir accablé et fatigué, et j’éprouvais des dérangements au foie et aux reins.Ayant lu ce qu’on dit de “Fruit-a-tives”, je me résolus à l’essayer.Le résultat fut surprenant.Depuis 3 ans %, j'en ai régulièrement fait usage, et je ue consentirais nas à lui substituer quoi que ce soit.Je nai pas eu une heure de maladie depuis que .Ta: commencé à me servir de “(Fruit-a-tives”, et je connais maintenant ce nue je n’avais pas connu depuis bien des années : je veux d‘re le bonheur d’avoir un corps sain et u>n cerveau clair.” Walter J.MARRIOTT.Prix de la boite, 50 sous ; 6 pour 02.50 : boite d’essai, 25 sous.Chez tous les fournisseurs ou expédié franco sur reçu du prix, par la Cie Fruit-a-tives, Limitée, Ottawa.servalions au second rapport 1836: “Si l’Angleterre retirait de sa tion anglaise du Bas-Canada?C’est i prote1‘c,‘on-.11 s ensuivrait, je pense, ¦ ¦ une lutte immediate entre tes deux races, et même je doute à peine si, sans la présence d’une force impo- un fait acquis: tant que le parti canadien maintint Ha lutte sur le terrain des réformes constitutionnelles, il compta dans ses rangs la majorité des députés anglais-.“Des vingt-deux individus portant des noms anglais ou d’origine anglaise qui ont des sièges dans T Assemblée, écrivait sir George Gipps en 1836, treize votent généralement avec le santé, les mêmes conséquences ne se produiraient pas quand même en souscrivant aux présentes demandes de l’Assemblée; et comme, dans ce cas, le parti anglais serait probablement l’agresseur, la force du gouvernement aurait d’abord à être dirigée parti français eut neuf contre ce par-icon\re h^muies qui non seule-?î” (i „ i l ioo-!\ ment sont nos co-sujets, mais qui pour la plupart sont natifs de nos Isles.” Ln peu plus loin, il ajoute : “Si.nous eussions parlé de nos ti” (Le Canadien, 14 avril 1837).L’EXPLICATION DU “CANADIEN’ Mais si des Anglais trouvaient ce instructions comme étant plus favo-regime intolerable, et le dénonçaient rabies au parti démocratique, qu’el-ayec ies mots les plus énergiques, les n’étaient représentées l’être dans ainsi que nous l’apprend Gosford,Ile discours d’ouverture du gouver-quelles sourdes colères ne devait-il 1 neur, nous n’aurions pas seulement n.™ amnespr dans^ Taine d’une race péché contre la vérité, mais nous as abdiqué?N’en dou- aurions peut-être poussé le parti anglais à des actes de violence.” Durham se • montre encore plus catêgo- pa,s amasser dans qui n’avait pa tons point: il y avait là toutes les causes possibles d’une catastrophe.Nos pères étaient restés fiers.Lord Durham qui nous a trouvés si miséreux, si “inéduqués”, isi “inertes”, n'a pu cependant s'empêcher de rendre hommage à notre fierté.“Les Anglais, dit-ii, ont trouvé dans les çaise.Même après les premiers trou-Canadi en s-français une_sdmmè éga-jbles, ’elle 'n’hésitait pas à proférer ri que.En deux ou trois endroits de son rapport ou de ses dépêches, il a affirmé Tihtehtion de l’oligarchie de recourir aux armes plutôt que de se soumettre à une majorité fran le d’orgueil national.” Et c’est bien le froissement quotidien et .continu de cette fierté qui provoqua Texas- cette menace ouvertement à la face de la métropole: “Ils n’hésitent pas a dire, nous apprend Durham,qu’ils peration finale.Tel est Ta vis expli-jiie souffriront pas beaucoup plus cite du Canadien: .“Nous le di- longtemps d’être le jouet des partis sons avec assurance, affirme ce dans la mère-patrie, et que si celle-journal,
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