Le devoir, 23 mai 1917, mercredi 23 mai 1917
VOLUME VII ï—No 119 MONTREAL, MERCREDI 23 MAI 1917 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5 00 UNION POSTALE.8 00 Édition hebdomadaire canada.$2 00 ETATS-UNIS.2 50 UNION POSTALE .300 Mb Rédaction et administration : 43, RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TELEPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION: .Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LES CtOUSS Le groupe du Mail fit, on ne l'a peut-être pas oublié, de nombreuses tentatives pour ouvrir les coulisses du Star et du Herald.Il prétendait que, de façon directe ou indirecte, M.Graham, directeur du Star, exerçait une maîtrise analogue sur le H erald.Les procédures judiciaires intentées ne permirent point au public de voir jusqu’au fond de la cave.Mais voici qu’au grand amusement de sir Hugh Graham sans doute, la bataille recommence, non plus cette-fois entre lui et MM.McXab et Nichols, mais entre M.McXab et le groupe Nichols.Et ce sont les coulisses du Mail où l’o'n prétend, pour le règlement d’intérêts financiers, promener la grande lumière du jour.La fondation du Mail (et de son frère siamois, le News, depuis décédé) avait été le fait d’un groupe de financiers et de deux journalistes coalisés pour défendre, assurait-on, les intérêts du public et les droits de la presse libre contre la combinaison Graham, maîtresse présumée du Star et du Herald.Les financiers disposaient de ressources considérables, les journalisles avaient l’expérience de leur métier et, comme il convient à des hommes d’une race essentiellement pratique, ceile des affaires générales.Les allégations produites dans le procès actuel semblent clairement l’établir.Pendant quelque temps tout parut aller pour le mieux entre les deux professionnels: M.Nichols, ancien directeur du' Winnipeg Telegram, et M.B.-A.McXab, ancien rédacteur du Montreal Star.Puis, les affaires du journal passèrent par une crise et l’on apprit que M.McXab avait quitté la barque.M.McXab réclame présentement la mise en liquidation de la compagnie, alléguant qu'elle lui doit quelques milliers de piastres et qu’elle est insolvable.La compagnie conteste la créance.Elle dit: M.MdXab (tait notre employé, il devait nous donner tout son temps.Or, pendant ce temps, il a fait de la propagande politique pour sir William 1).Reid, il a réclamé et obtenu pour cela une somme qui aurait dû normalement tomber dans notre caisse et ferait plus que'contrebalancer sa réclamation.M.McXab nie qu'il y ait eu entre la compagnie et lui une entente quelconque au sujet de l’argent qu’il pourrait recevoir de sir William 1).Reid et maintient que celui-ci lui appartenait en propre.Pour démontrer qu’il n était pas obligé de donner à la compagnie tout ie produit de son travail, M.McXab allègue — et c’est ici que la chose devient doublement intéressante — que son collègue Nichols s’est occupé, tout en remplissant scs fonctions, de maintes autres choses, et il enumère celles-ci: M.Nichols sc serait employé à obtenir des comman-cies d obus pour l'un des actionnaires du Mail et pour une compagnie dont faisait partie son beau-père, M.Wood, le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick^ il se serait également employé à obtenir un commandement important, puis une promotion, pour son beau-frère, le col.Frank B.Black — et cela, spécifie M.McXab, par l’influence de ministres et de fonctionnaires; il se sérail employé encore à obtenir pour son beau-père une prolongation de fonctions gubernatoriates ; il aurait également travaillé “à obtenir du gouvernement fédéral, pour l’hotel Carslake, dans l’intérêt de quelques-uns des actionnaires de la compagnie défenderesse [la compagnie du Mail] un prix que les tribunaux ont déclaré exagéré et injuste ’; il aurait travaillé “à obtenir la revision de contrats d’asphalte pour ta ville de Montréal au bénéfice d'autres compagnies": il aurait essayé “de vendre au gouvernement britannique des aéroplanes dans l’intérêt d’un nommé Buddy, de Toronto, associé de Harnj .1.Dorsey, run des administrateurs de la compagnie défenderesse, dans une affaire d'affiches’’: il aurait essayé de régler certaines disputes à Propos de propriété dans le port de Montréal entre son beau-père Wood il les ( ommissaires du port, en courtisant l’influence du ministre de la Marine, thon.J.-D.Hazen — through bespeaking the influence of the Hon.J.-H* Hazen, Minister of Marine”, ajoute M.McXab; etc.On voit que, si l’on prend- pour acquises leurs allégations respectives, il so brassait plus d'une affaire dans les bureaux de MM.Nichols et McXab.tl y avait, à côté de l’entreprise principale, de multiples side Unes.* * 9 E’intéressant maintenant serait de relire, à la clarté de ce procès:, les articles du Mail pour voir dans quelle mesure ils ont pu subir le reflèt de toutes ces entreprises à côté.L intéressant aussi est de se demander dans quelle mesure un managing director comme M.Nichols,qui, au dire de son collègue McXab.avait tant de fers au feu et dépendait du gouvernement pour l’obtention de tant de faveurs, pouvait librement juger les actes des gouvernants.Pour l’information du public, sinon pour son édification, il est à souhaiter que le procès se déroule avec ampleur, que la lumière soit projetée jusqu’au fond des coulisses du Mail.Orner HEROUX.L’UNITE NATIONALE Ec Québec, ayant à bord les délégués de la convention de l’Unité nationale et du congrès Win the War, a fait son entrée dans le port ce matin avant sept heures à la pluie battante.Nos hôtes peuvent se vanter, cependant, d’avoir été gâtés par le ciel de là province de Québec, parce que son caprice n'avait pas consenti depuis plusieurs semaines deux fois de suite 21 heures de beau temps, et l'excursion a eu cette attention inestimable du sort.L'azur du ciel québécois n’avait pas la qualité ni la propreté de l’azur du ciel montréalais au départ, ni de celui de Ber-•thier et des Trois-Rivières; déjà, il «’entachait de nuages, de brouillard, niais la pluie semblait loin quand elle s'est mise subitement à tomber si sept heures, hier soir.Et voilà comment un voyage gaiement commencé se termine tristement, sous la pluie contre laquelle les plus chauds enthousiasmes ne sont pas imperméables.Nous avons laisse les délégués aux Trois-Rivières, dans noire dernier compte rendu.De cette ville, après le banquet et des discours correctement faits, cordiaux, aimables, de part et d'autre, mais dont pas un ne se risquait à débrider les plaies profondes de la race, les délégués ont rejoint le Québec et après un voyage nocturne sans le moindre incident, par un fleuve d’huile, sont arrivés dp bonne heure à Québec.Nous fûmes tirés de notre sommeil par quelques exclamations enthousiastes sorties de la poitrine d'excursionnistes, à la vue de la rade de Québec.Dans cette ville, la réception fut aimable sans dmite, niais Ta delegation n'a guère paru impressionner 'les Québécois; ils ne sont nas mis en frais comme les Trois-Rivières.Pas de revue de cadets, pas de visites à des institutions, point d’intimité.On recevait avec dignité des visiteurs à qui on n'ouvrait que la porte du salon.Loin de irons i’idee de blâmer Québec.11 s’est pas- se depuis les débuts de l’organisation de cette visite des choses qui ont rendu graves et prudents les gens les plus étourdis.Au Kent House a eu lieu un dîner avec quelques discours et beaucoup de chansons.Il en est d'ailleurs ainsi partout où se trouve le ténor de M Ludger Gravel.Il était renforcé, cette fois, par la basse profonde du chef rremblay et pendant tout le dîner des chansons â “répons” ont (lerou'lp leur théorie interminable de couplets.De ci dp là.on y mêlait un cliant anglais, pour faire ressortir comme instinctivement le caractère bilingue de la province, ce qui per-niet à sa majorité de pénétrer assez intimement la vie de scs voisins pour retenir jusqu’aux couplets qui se chantent en leurs assemblées familiales ou populaires, M.pelage, le surintendant de l’Instruction publique, présidait.M.Yien, citoyen de Québec bien connu, a parlé des griefs (te l'une et I autre races.Il a parlé des esprits étroits de l’une et l’autre provinces.Ontario et Québec, et il a conclu que nous avions des fautes réciproques et des agitateurs dans 'l’un et .1 autre camps à nous pardonner.Les griefs de l’Ontario contre le Quebec, si cette province s'en croit recllecnt, nous paraissent joli-nienl imaginaires.Peut-être veut-on faire allusion au manque d'empressement â répondre â l’enrôlement ?'Dis pourtant si cet enrôlement etail volontaire.,.Des autres discours nous no parlerons pas.Ils furent brefs, aimables et applaudis.Après une excursion â travers la viWe.en tramway, nous avons regagné le bateau et mis le cap sur Montréal.Avec fréquence et discrétion, le comité des résolutions et le.comité exécutif ont siégé.Nous n'étlons pas admis, mais nous avons su que l'entente s'était faite autour d'une résolution qui sera soumise à la convention et qui reste dans un vague prudent.*99 A quoi la convention aboutira-t-elle ?Elle aura certainement ouvert les yeux â quelques Ontariens.Nous avons reçu la confession dp plu- .vit-urs u emrt- eux.i n certain ( uni-missaire de London, qui n’avait fait que traverser rapidement la province de Québec, il y a quelque vingt ans, brave homme, nous avouait -“Je vaux dix fois ce que je valais hier.Mon voyage de Montréal aux Trois-Rivières a été le chemin de Damas.• Figurez-vous qu’avant de partir de chez moi, des gens me disaient : “Vous allez dans la province de Québec.Vraiment, vous ne manquez pas de courage.Ne dites pas au moins d’où vous venez.” Et je ne bondissais pas.Un à un, au long de la route, mes préjugés s’en sont allés.On pensait chez nous : “Le Canadien, c’est un paresseux, tout au plus capable d’élever des enfants.Il est pauvre à cause de son incurable paresse.” Peut-on raconter des choses aussi étonnantes et y croire ?Monsieur, on nous informait bien sur un point : le Canadien élève certainement des enfants et de beaux enfants même, mais il peut comparer sa ferme aux plus belles que nous avons en Ontario.Nulle part nous ne trouverons chez nous des maisons plus proprettes, des cours mieux tenues, avec, dès cette saison de printemps, le bois soigneusement rangé contre le bâtiment, ce qui certes ne témoigne ni de la paresse du cultivateur, ni de son insouciance, mais de son esprit de prévoyance.Et l’accueil charmant ! Prêtres, Frères et Religieuses s’étaient portés sur ie bord de la route.Jamais, dans notre province, il ne nous eût été possible d’organiser une pareille manifestation.Il faut pour cela qu'au fond des coeurs québécois sommeille le dépôt de la vieille hospitalité française.Nous avons nos qualités, nous aussi, mais nous ne pouvons prétendre posséder celle-là à un pareil degré.J’ai souffert, en outre, depuis mon arrivée, de ne pas savoir le français.Je me suis tenu jusqu’ici dans l’indifférence au sujet de la question des langues, mais je vous assure que je ne me cacherai pas pour dire a tout le monde quelle triste mine on a en applaudissant des paroles qu’on ne comprend pas niais qu’on sent cordiales.Je suis sûr d'ailleurs (pie l’enseignement de la langue française est à la base de 1 unité nationale que nous voulons amener.Nos journaux extrémistes pourraient-ils nous en raconter à leur guise, si nous savions le français et si nous pouvions nous-mêmes aller aux sources et connaître dans vos organes votre sentiment.Le^n’est pas aux Canadiens-français quon doit apprendre le français, mais aux Anglais.” En ternies différents, nous avons recueilli des aveux identiques par le fond de plusieurs autre*; congressistes.Le voyage avait enchanté tout le monde, surtout la première partie, de Montréal aux Trois-Rivières, et on n’a pas ménagé les remerciements au président du comité des automobiles, M.Ludger Gravel.Quel que soit le résultat pratique du congres, il importe de noter que nos visiteurs ne pourront que retourner chez soi charmés de l’ac-cueil qu’ils ont reçu dans le Québec.Le président de l’exécutif, M.Gagné, les présidents des divers comités, les envoyés de la Canada Steamship Lines, le comité de réception des Trois-Rivières, comme celui de Quebec, ont fait l’impossible pour aplanir les moindres difficultés du voyage pour que les délégués fussent prives du moindre souci.Et tous ont pleinement réussi._______________ L.D.CONCERT HÉRALY M.Iç professeur Héraly a donné son concert annuel hier soir, avec e concours de Mlles Diane Parent, Eugenie St-Germain et Béatrice Re-noit.bonnes petites élèves de piano de Mme Héraly, de Mlle Rlancbe Archambault, soprano frais et tremulant, de_ M.Héliodore Parent, qui dit si bien les choses enfantines, do Mlle Ruth Pryce, excellente violoniste, et de M.Arthur Lapier-ve, qui a fait comme toujoiuV admirer sa belle voix de ténor et son art exquis.Il y avait aussi un quatuor de clarinejtes dont faisait partie M.Héraly.Mme D.Masson et Mme A.Lapierre jouaient les accompagnements.L'auditoire a rappelé vigoureusement tout le inonde sans toujours avoir écouté bien attentivement et, pour une bonne moitié, s’est empressé de s’en aller pendant le der-nieU morceau, qui.étant confié à Mlle Pryce, méritait un autre accueil.Le bénéfice de ce concert était destiné à l'oeuvre des Enfants Belges.Fréd PELLETIER.LES COMMISSAIRES D’ÉCOLES A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons encore quand le conseil municipal fera les nouvelles^ nominations de commissaires d'écoles, et même s'il pourra les faire.Mais il paît toujours être utild de rappeler que peu d'- fonction» exigent autant de compétence et-d'intégrité morale.Nous espérons que le conseil' saura .'en souvenir.POUR LÎfïïsI ANNIVERSAIRE _l^i Grande Revue a consacré ou 275c anniversaire do ta fondation' de Montréal «m, numéro remarquable bien illustré, aver des articles inédits d'un haut intérêt de son directeur.M.Soinl-Pierre, de M„ l’abbé Desrosiers, de M.Ixnits-Raqu' de Lorinrier, de Mlle Marie-Glaire Daveluy, etc., auxquels venaient se joindre les rubriques ordinaires de la revue, A OTTAWA U CHAMBRE DANS L’EXPECTATIVE Elle discute le budget—Nos hommes d'Etat bien mis Conciliabules des chefs— Ottawa.22 mai 1917.j I.a discussion du budget est une 1 bonne chose, mais elle commence vraiment à perdre l’attrait de la nouveauté.Aussi, est-ce d’une oreille distraite et avec une faible proportion de présences que la Chambre est revenue aujourd’hui à ce sujet important mais un peu usé.La journée s’est passée quelque peu en famille, mais on n’en a pas moins fait d’assez bon travail et déblayé le terrain de plusieurs différences d’opinions qui avaient besoin de se faire jour.Le ministre des Finances a subi avec sa maîtrise coutumière, le feu de l’opposition, ce qui ne veut pas dire qu’il ait toujours eu le dessus; en tout cas, la journée s’est passée en dialogues sur le ton de la conversation, entre MM.White et Hazen, d'une part, et Laurier, Graham, Pugsley, Macdonald, Tariff, etc., d'autre part.11 a été question des taxes sur les profits de guerre, de la réduction des dépenses publiques et de la construction maritime, toutes questions sur lesquelles l’opposition trouve à redire et à suggérer au gouvernement, qui répond à tout coup que le possible a été fait ou le sera quand ce sera possible.La conscription et autres affaires d'égale importance ont été passées sous silence aujourd’hui, et rien n’indiquait eivChambre que le “char de l’Etat navigue sur un volcan.” Seulement, dans les couloirs, on constatait à l’occasion quelque signe dés temps, groupes, visiteurs rares, , conciliabules de propriétaires de journaux ultra-loyalistes de la métropole avec M.Rogers, etc., etc.On n’a presque pas vu à leurs sièges le premier-ministre et M.Foster, qui arboraient hier des airs de profonde préoccupation.De fait, à de certains moments au commencement de la séance d’hier et plus tard également, on pouvait voir ces deux augustes voisins le front penché dans la main, le- yeux fermes, visiblement plongés dans les plus graves spéculations.Evidemment, les grandes questions du jour ne sont pas sans fatiguer quelque peu les cerveaux qui en doivent surtout chercher la solution la plus avantageuse au parti, à l’Empire et au Canada.Sir Robert Rorden a vieilli depuis quelques mois, et il aura la tête aussi blanche que celle du chef de l’opposition avant six mois s’il continue.Et qui sait si d’ici cette époque, on ne verra pas ces deux adversaires changer de siège encore une fois?La politique est changeante comme la mer.Entre parenthèses Il nous sera bien permis de ron-tinuer cette parenthèse en faisant allusion à un détail d’ordre plutôt intime qui n'a pas manqué d'intéresser tes observateurs de la vie parlementaire.depuis quelques semaines.C’est que les deux chefs de parti, consciemment ou non, font cette année assaut de beaux habits, pour ne pas dire d’élégance.A la fin de la première partie de la session, en février dernier, on remarqua un jour que M.Laurier étreignait un habit bleu de roi dont l’étoffe et la coupe particulièrement soignées firent pâlir d’envie jusqu'au président do la Chambre lui-même.Indifférent et digne, M.Laurier allait et venait à ses affaires, tandis que le prestigieux vêtement tombait autour de lui avec les plis corrects du manteau d'un noble hidalgo.Il y eut même des discussions là-dessus en petit comité.—I! parait qu’il a trouvé cela à New-York, disait un député d’en bas de Québec.—Pas du tout, ripostait un autre, c’est à Londres que sir Wilfrid a donné sa mesure, de plus d’une façon, comme vous savez.C’est à Londres qu'il faut aller si l'on veut être bien vêtu.—Je crois one vous avez raison, fit un ministériel, renommé pour sa petite taille et son esprit d’à-prô-pos; ce doit être à Londres, car l’autre bol homme de In Chambre, notre ami du comté de M.se fait habiller à Saint-!’, et son "rout” n’arriVe pas.pas une miette, avec relui de sir Wilfrid.Et le débat fut ajourné.Or, il semble que les parieurs en faveur de la métropole de l’Emnire aient eu raison, car sir Robert Bor-j den est arrivé hier en Chambre, ar-^ boranl un complet solennel de In même coupe que celui de "son très ] honorable ami le chef de l'opposition" mais de couleur gris-clair,' avec une cravate de même nuance.C'était évidemment “un oiseau qui1 vient de Londres”, et l'on a regar- \ dé le premier ministre avec admi-l ration tout le temps qu’il a évolué autour de son siège, avec la lenteur de mouvements d'un navire approchant du quai.On dit que les amis du député de Berthier le surveillent depuis ce temps pour l'empêcher d'aller donner sa mesure au Strand ou dans Piccadilly.La fin du budget M.Geo.I*.Graham, le lieutenant libéral, a prononcé aujourd’hui le premier discours de la journée, sur le budget, il a crUiquc modérément les méthodes de taxation de M.White, demandé toute la protection possible en faveur de l'agri- culture, base de la vie nationale, et suggéré rétablissement de l'impôt sur le revenu.En passant, il a jeté que'que lumière sur les abus dont soutire l’ouest canadien au point de vue des terres oisives et inoccupées, appartenant, par très grandes étendues, à des spéculateurs de toute nature.“ Nous avons moins de itcrres disponibles pour la colonisation ou l’établissement des soldats que nous ne le croyons, di* M.Gralî.ani, qui déclare s’en prendre autant aux grandes compagnies qu’aux simples particuliers pour cct état de choses ruineux.Il demande aussi que l’on aide à l’agriculture en facilitant l’achat à bon marché des machines agricoles, en ics mettant sur la liste de franchise, avec io blé et ses sous-produiis.Il insiste surtout sur l'impôt sur le revenu, afin que la " richesse accumulée ” porte sa part des sacrifice's publics.Le ministre des Finances a défendu sa politique fondée, dit-il, sur l’économie et sur des empiunis à longue échéance , afin de nous permettre de faire face sans trop d'embarras à la période de rajustement du lendemain de la guerre^ Quant à l’impôt sur le revenu, M.White ne veut pas l’éitablii' maintenant.Les conditions de notre, pays ne s’y prêtent pas, trouve-t-il ; y a-t-il moyen d’établir une loi qui ne viserait qu'un très petit nombre de personnes ?—Pourquoi pas ?demande M.Macdonald.—iD’abord, dû M.White, les quelques hommes riches que nous avons au pays font de ce temps-ci leur large part de sacrifices en souscrivant au Fonds pairiotiqua et aux autres oeuvres de guerre.Ensuite, c’gst un principe d’économie politique reconnu qu’il ne faut pas établir de taxe dont l'encaissement serait trop coûteux.Notre pays n’est pas a»,sez peuplé en raison du chiffre de sa popula-«I.solument essentielle a la sécurité de la nation, en temps de guerre.BLESSURES MORTELLES Ernçit ChnUil, 57 an,.Ii52, me des Erables, blesse alors qu’il était à décharger une voiture aux raffineries SI.Lawrence, lundi dernier, est mort, hier Sioir, â l’hôpital Général.Chalat était un charretier à 1 emploi de Meldrum Bros, et au moment de l'occidcnt i! était à livrer une charge de charbon.Il fut pris entre sa voiture et une plateforme, et eut l’épine dorsale rompue.Le cadavre a été transporté à la morgue et le coroner enquêtera.IL FAUT RENDRE LA LIBERTÉ AU MONDE! DISCOURS DE M.BALFOUR DEVANT L’ASSOCIATION DES MANUFACTURIERS DE COTON DES ETATS-UNIS.Washington, 23.— M.Arthur James Balfour, chef de la mission de guerre anglaise, a prononcé un discours, hier, devant les manufacturiers de coton des Etats-Unis.Ces derniers se sont rassemblés à Washington pour former un comité de guerre qui aura pour but de coopérer avec le gouvernement, il ressort du discours du secrétaire des Affaires étrangères que l’adhérence des Etats-Unis à la cause des Alliés rend absolument certain le fait que l'autocratie militaire ne pourra pas former tonies les nations de la terre dans le même moule.“Personne d'entre nous ne pensait, quand cette grande guerre fut déclanchée, dit-il, que les Etats-Unis, qui en étaient éloignés de milliers de milles, y seraient entraînés.Et cependant quand je regarde en arrière, je pense que la logique des événements était irrésistible.Du commencement il n’y avait qu’un choix à faire, et ce choix était inévitable.Les Etats-Unis n’ont pas hésité à le faire, et maintenant qu’ils l’ont fait, ils ne se retireront, j’en suis contiant, que lorsque nous aurons obtenu ce pour quoi nous luttons.“Par ses politiques insensées, l’Allemagne a forcé ce pays, aux ressources inépuisables, à jeter dans la mêlée sa force, sa richesse, que dis-Plus que cela, sa force morale.L Amérique ne cherche aucune victoire cupide, aucun agrandissement de territoire, aucun gain mesquin.1 ous, tant que nous sommes, nous nous sentirions vaincus et déshonorés si nous ne libérions le monde de la menace qui était suspendue au-dessus de sa tète et qui, à chaque décade, à chaque mois, est devenue plus dangereuse.“Il n’y a mie l’historien futur de la guerre qui pourra voir toutes les causes et tous les contre-courants de cette lutte de géants, “L’histoire mondiale est remplie de ces effusions de sang, de cette dépense d’argent, de ce gaspillage de ressources dans la guerre, et, presque dans chaque ras, Thistorien impartial a pu trouver quelque chose à dire pour chaque côlé.Crnpn-dant je crois honnêtement qu’il n’v aura aucune hésitation ou aucun doute possible dans la présente guerre.“La guerre commença par l’oppression cynique el outrageante dune petite nation située dans les Balkans ; elle passa ensuite par la brutale violation d’une autre peiite nation située au nord, et ainsi elle continue.Aucune excuse ne peut être présentée pour cette agression calculée avec sang-froid, qui a marqué le cours de l'autocratie miliiai-re.qui a plongé, non pas seulement i Europe, mais chaque coin civilisé du glirtie, dans des souffrances inénarrables ci excitant des sentiments de vengeance réelle.” -e Lises le NATIONALISTE, et voub aurez fait oeuvre utile et agréable.LES TROUPES EN FRANCE Il a été décidé que la division américaine qui a reçu l’ordre de se rendre en France" sera suivie, peu de temps après, d’une seconde.Au département de la guerre on dit que plus de cinquante mille hommes de la garde nationale, qui ont acquis de l’expérience et une bonne formation militaire, au cours des longs mois passés sur la frontière du Mexique, peuvent être prêts à partir pour le front après avoir passé (i semaines dans des camps d’exercices.Une vingtaine de mille hommes de l’Etat de New-York font partie de ces troupes.On estime au département de la guerre qu’avant le 1er octobre, 100,000 soldats américains, bien entraînés, se trouveront sur le front français.PROTESTATION A L'ALLEMAGNE Par l'intermédiaire du gouvernement espagnol qui représente les intérêts américains en Allemagne, te secrétaire d’Etat, M.Lansing, a transmis une note de protestation contre le gouvernement allemand qui détient des sujets américains, en Belgique et en Allemagne.Les Etats-Unis rappellent qu’ils ont toujours accédé promptement au désir que les Allemands ont exprimé de quitter le pays, et demandent un exposé clair et explicite de l'attitude de l’Allemagne.Les Etats-Unis veulent savoir si cette politique de détenir des Américains est générale, et si les cas signalés sont isolés, ils veulent apprendre quelles en sont les causes.LE JOUR D’ENREGISTREMENT renvoyés sains discussion s’ils ne peuvent donner des raisons valables de leurs mouvements.Les mêmes rè-jglements s’appliqueront aux Améri I cains,qui chercheront à entrer au Canada.LE CONSEIL DES METIERS ET DU TRAVAIL MAINTIENT SON ATTITUDE Ottawa, 22.— J.C.Walters, président du Congrès des métiers et du travail du Dominion, a fait ce soir la déclaration suivante sur le résultat de l’assemblée spéciale de l’exécutif du congrès relativement à la conscription: “Après avoir accordé une complète considération à la déclaration du premier ministre, l’exécutif du Congrès des métiers et du travail du Dominion ne voit aucune raison le changer son attitude relativement à la conscription.L’exécutif a soigneusement considéré la question et rien n’est venu l’influencer dans sa décision de maintenir son attitude d’il y a un an.L’exécutif se réunira de nouveau lundi, après le débat sur le bill, et mardi il publiera une déclaration expliquant dans tous ses détails l’attitude qu’il entend maintenir”.On se rappelle que l’attitude du Congrès était catégoriquement anti-çonscriptionniste.C’est cette altitude que les ouvriers entendent garder, et à laquelle fait allusion la déclaration ci-dessus.UN SEUL PAR FAMILLE Oîtawa, 23.Le sénateur Powell a donné avis au Sénat d’une résolution déclarant “que danstoute mesure destinée à introduire la conscription au Canada, il y eût un dispositif à l’effet que nul homme ne soit choisi pour faire du service obligatoire, dont le père, le frère ou le fils s'était rendu sur le théâtre de la guerre comme membre du front.LE VOLONTARIAT MARCHE Un Poitrinaire qui se renforcit se guérit sûrement Le- maladies des voies respiratoires, en raison des grandes perte» gré.C'est r.iors q ae la tuberculose s'implante et tait ses ravages.Ceux qui sont prédisposés aux maladies de poitrine se protègent et se guérissent en employant le Wv FF Q O - A'TP Q LE TONIQUE DES POUMONS Ce Vin précieux composé d'éléments reconstituant» combiné» avec le» phosphates et la créosote de hêtre guérit en diminuant la durée de!’affection, en atténuant la force des symptômes, en évitant les complications habituelle» et en réparant les pertes de l’organisme.C’est 1 e caiut des poitrin aires._______ Les Pilules Cardinales du Dr.Ed.Morin, purifient et enrichissent le sang.ÎS?Î VENTE F ÆTOUT Dr.SA.Mcrha & Cie, Limitée, Québec.P.Q.M.Gifford, président du conseil national de la défense, a publié hier une 'déclaration dans laquelle i'1 formule un vaste plan de célébration ÜloidZ' ?ÆSr*n'Mv?'v°î«:! “'•'>?«PMWwmrtr.Si suggère M.Gifford, à 7 heures, alors J^rnt préalable s'vani (l a,k'' a» que vont commencer les formailitési I de l’enrôlement, que les cloches son-] ! nent à toute volée pour annoncer la nouvelle.Les parents des hommes L'annonce de la conscription affectés par la loi de la-conscription I prochaine a donné un nouvel élan par sélection seront autorisés à ae-jau recrutement volontaire à Mont-coinpagner leurs proches jusqu'aux réal, rapportent les agents recru-hureaux où se fera l’enrôlemenl.Les tcurs.Hier, 40 hommes ont été ac-homnies qui offrent leur vie pour lai ôrivur(\ No f»2.— Dtomc Flo-ruaicr* Cotton,
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