Le devoir, 9 novembre 1917, vendredi 9 novembre 1917
VOLUMr Vni—No 263 MONTREAL, VENDREDI 9 NOVEMBRE 1917 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par îa poste : Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5 00 * UNION POSTALE.*.» 00 Edition hebdomadaire CANADA.$3 00 ETATS-UNIS.3 50 UNION POSTALE .3 00 Rédaction et administration 43.RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TELEPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION: .Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! LE PHAMitiE DE I.LAURIER Les droits du peuple-Le Nord-Canadien-Loi électorale—Cherté des vivres LES REVENDICATIONS UKRAINIENNES LA L'EVOLUTION ET LE MOUVEMENT SEPARATISTE.— REPONSE A L'ACCUSATION UE PR O-GERMA N ISM E.Plus verbeux encore que le factum du premier ministre le discours-programme du leader de l’opposition offre du moins quelques articles positifs et d'application immédiate.Disposons d’abord des points sur lesquels M.Laurier est entièrement (d’accord avet; nous.“La consultation du peuple à des périodes fréquentes et régulières “est un droit de tout peuple libre, affirme le chef de l’apposition; et, con-“formcment, la constitution ordonne qu’il y ait une élection générale “tous les cinq ans L” L’est exactement ce que nous avons dit lorsque le parlement a décidé, en 1916, de faire prolonger son existence.Nous avons dénoncé et condamné cet abus de pouvoir.Par contre M.Laurier et tous ses partisans l’ont approuvé.Seul M.Lamarche a protesté, par sa parole, par son vote fet par sa démission, contre cette atteinte portée à la Constitution.Ce tardif aveu du leader libéral justifie absolument M.Lamarche et nous-mêmes.Enregistrous-le, sans insister davantage.M.Laurier promet de faire réviser d’abominable législation du Nord-Canadien.C’est précisément ce que nous avions suggéré avant la consommation de cet acte de brigandage.Il est malheureux que M.Laurier Ci’ait pas prononcé cette parole à la Chambre.Elle aurait probablement suffi à empêcher h conclusion du marché ou, du moins, elle aurait gêné certaines opérations qui n’ont pas peu contribué à cimenter l’union nationale pour “gagner la guerre”.Aujourd’hui, il est à craindre que cette menace ait tout juste l’effet du cadenas à la porte de récurie après que le cheval est volé.Néanmoins, une révision peut être fort utile pour limiter quelques-unes des responsabilités assumées par l'Etat.Nous acceptons d’emblée et sans réserve la vigoureuse dénonciation de la nouvelle loi électorale.C'est l'un des passages les plus éloquents du manifeste -.Malheureusement, on y cherche en vain rengagement de faire abroger cette loi inique, ou même une promesse analogue à celle qui vise la loi du Nord-Canadien.Cette lacune prend une importance considérable en fonction de la promesse d’un plébiscite sur la conscription.Nous y reviendrons.» * # Nous sommes également d’accord avec M.Laurier en tout ce qui tou-I che aux profits de guerre et à la cherté des vivres.Le prochain gouvernement, quel qu’il soit, devra mettre fin aux bénéfices monstrueux des profiteurs de guerre et des accapareurs de vivres; sinon, les ministres, libéraux, conservateurs ou unionistes, mériteront d’être saucés dans le canal Rideau, fallût-il casser la glace pour les y plonger.Mais l’efficacité des moyens suggérés par le leader de l’opposition reste problématique, surtout en ce qui concerne la cherté des vivres.Le premier de ces remèdes, c’est la suppression de la surtaxe douanière imposée en 1915.A cela, nulle objection.Pas pour les motifs de dévotion impériale invoqués par M.'.Laurier, par exemple.Au moment où l'Angleterre sc glorifie d’une activité économique intense — à tel point qu’elle garde chez elle quatre millions d’hommes d’âge militaire pour entretenir ses usines,ises mines et ses chantiers maritimes a — à l’heure où Les événements modifient la situation politique de la Russie avec une rapidité kaléidoscopique.Kerensky est éclipsé momentanément^ du moins ; son astre disparaît derrière Je nuage rouge de l’anarchie.L’accusation de pro-germanisme, lancée du clan ententiste à l’Ukraine et à tous les ilôts allogènes de la Russie cosmopolite, qui, iibè» rés de la menace du knout, grarql principe de cohésion de l’ancien régime, et de leur fidélité plus ou moins volontaire et plus ou moins sincère envers le souveraint déposé, réclamaient, suivant la formule à la mode, le droit de vivre leur vie, l’accusation de pro-germanisme, donc, s’étendra au gouverne-ment central lui-même, si l’anar-j chie peut s’appeler gouvernement.Lenine, le maître de la situation et qui bientôt sans doute sortira de la coulisse, a toujours été soup-i çonné de fortes sympathies teutonnes ; quant à ses marionnettes du Soviet, elles se composent, en grande partie, paraît-il, de Juifs qui se sont empressés de russifier des noms à consonnance nettement I germaniques.* * * A supposer que Kerensky ne puisse de nouveau escalader le pouvoir et que celui-ci reste aux mains des Maximalistes, l’Ukraine peut-elle espérer qu’il sera fait droit à ses revendications ?Elle a reçu du Soviet des marques de sympathies plus marquées que de la part du cabinet Kerensky.Mais on sait ce que valent les promesses d’un parti d’opposition une fois qu’il est rendu aux affaires.Dans celte 'brusque ascension, il a, d’ordinaire, le temps de les oublier toutes.Quoi qu’il en soit, il n'est peut-être pas sans intérêt d’indiquer, d’après le Correspondant (nous avons publié déjà cette citation U y a quelques semaines) quelle attitude Lénine entendait prendre à l’endroit du mouvement séparatiste et par conséquent de l’ukrainisme.Lénine — nous résumons — se contenterait de garder comme noyau central de la Russie les 19 provinces autour de Moscou, la J consi de- le gouvcrnemenit nntannique met im a îa p.upan «e se.s contrats ue "m-j aiTsèm de ces alitions ru Oânîwïci nfin d activer le Imynil des usines âii^Liiscis, âpies tjuCj pQpons illettrées un teTTRi0bien l’Angleterre a tiré pour sa seule part plus de la moitié des avances faites! plus favorable à ses expériences aux Alliés par les Etats-Unis, au taux de 3%95>, tandis que le Canada enjagraires.Les allogènes, pour la plues! réduit à payer aux banquiers de New-York un escompte de- près deirorïoriété 8% — venir nous parler des souffrances du commerce britannique, c’est; tan(];sS([u'j] n-en va ,pas (j'e ,n£me ,jes’ vraiment forcer la note du loyalisme.Mais dam l'intérêt du consomma-1 leur canadien, nulle objection, je le répète, à ce dégrèvement d’impôts douaniers.Mais alors, à quelle source de revenus M.Laurier propose-t-il de puiser l'équivalent?Il en faut, des revenus, pour soutenir l’effort de guerre.Là-dessus M.Laurier ne veut rien retrancher; au contraire, il veut encore augmenter, 'nous Je verrons dans urf instant.En fout cas, cette diminution de taxes n’affectera en rien le prix des denrées alimentaires dont la production indigène dépasse la consommation.C’est l’ex pérjence invariable de torn les pays de surproduction agricole.H n’y a que trois moyens efficaces d'amener-une baisse des prix au Canada : limiter l’exportation, activer la production, fixer un prix maximum de vente.M.Laurier n’ose suggérer le premier de ces remèdes.Il craint «ans doute de faire tort aux Alliés.Ce n’est pas de mode, au Canada, par le temps qui court, de préférer les nationaux aux étrangers.Mais il promet d’essayer des deux autres.Tant mieux.Il est à craindre, toutefois, que cette promesse reste vaine.Il est fort douteux que le gouvernement dirigé par M.Laurier ou par tout autre chef de parti ose couper les hé néfices des agriculteurs.Tout profit des intermédiaires paysans de la vieille Russie.Cette Moscovie ccn’rale d’une cinquantaine de millions d’habitants, plus la Sibérie, si elle arrivait à se constituer en un Etat viable, selon une formule quelconque, serait encore si supérieure en puissance à tous ses voisins ou vassaux qu’elle pourrait être tentée, de reprendre l’oeuvre de “rassemblement de la terre” des vieux tsars ou bien simplement de supprimer toutes les autonomies, sous prétexte qu’elles auraient été accordées dans un moment de crise.On voit que le rédacteur du Correspondant, qui semblait prévoir l’arrivée à la dictature des Bolchevik!, laissait percer son pessimisme sur la sincérité des révolutionnaires.Qui sait?peut-être verrons- Pout -il] ulus tenterait-il de réduire la morse de 11 °1!?dans Quelques jours, les Maxi- i out au plus tenterait il ae réduire la marge ae ma]isles qui viennent de d(vbuter s.Et encore I Le plus sûr moyen, c’estj paraît-il.«a offrant la paix, s’ap- d’atccroitre la production et de régulariser les ventes à l’étranger.M.|payer sur les puissances de TEnten- Laurier s'engage bien “à faire tout ce qu’il faudra pour augmenter, dou- ,e, qui les taxaient naguère d’agents hier, quadrupler la production de tout ce qui est nécessaire à des armées (je l,'^,?enîa*nf* rééditer à 1 égard en campagne”; mais cela ne s’applique qu’aux besoins des autres pays,- manisme répandue par ce poste de et non à ceux du Canada.D’ailleurs, comment M.Laurier s’y prendra-t-il peur “doubler, quadrupler” la production des vivres — sans parler des navires — si son premier soin, en prenant le pouvoir, est de lancer “un vigoureux appel à l’enrôlement volontaire”, qui diminuera encore les forces de production du pays?Voilà qui nous amène au programme de guerre de M.Laurier.Dans son objet comme dans son intensité, ce programme ne diffère en rien de celui du ministère: c’est l’effort jusqu’au bout.Et cela seul réduit à épandue par ce poste de bureau de presse dont ils viennent de se rendre maîtres à main armée.Reprenons le fil de nos articles où la nouvelle révolution ou la, contre-révolution — on ne .sait plus! quel terme employer —nous a forcé de le couper inopinément.Les Ukrainiens veulent leur au-i tonomic tout de suite parce qu’ils .se refllsent à admettre qu’il soit , , , ., ‘"T1 plus avanatgeux d’attendre après la néant toutes les bonnes intentions de M.Laurier sur a peu près tout le|puerre Le*r premier geste a été reste.Au point de vue économique, nous l’avons indiqué à maintes f|£ demander la nationalisation de reprises, la dépopulation par l’enrôlement volontaire est encore plus désastreuse que la conscription.Tant que le pays restera voué au programme de l’effort maximum pour la guerre, il faudra imposer de nouvelles taxes, la production agricole diminuera, le prix des vivres montera, les profits de guerre s’accumuleront, le pays s’appauvrira.La guerre “jusqu’au bout", c’est l'épuisement, c’est la banqueroute, c’est le suicide national.C’est ce que M.Laurier veut, tout autant que M.Borden; et il s’en glorifie, au nom de la “civilisation”.Le que nous examinerons demain.Henri BOURASSA leur armée, et leur second d’offrir les trois millions d’hommes qu’elle compte à l’entente.Celle-ci ne pouvait sans mécontenter le gou-t vernement central traiter directement avec la Rada : cette offre a donc été ignorée.C’était pour ainsi dire signifier à l’Ukraine que les puissances ne , ., , , i • 4- , x reconnaissaient pas ses droits ài seul point de divergence porte sur la conscription; et encore ne faut-il ]-aut0nomie et très peu de nature pas exagérer les garanties que M.Laurier nous offre là-dessus.C’est ce à l'amadouer.On ne voit pas, en j effet, une fois la chute du tsarisme, I quelle raison valable on puisse ; fournir à un peuple retenu mal-j grc lui sous le sceptre d’un maître j honni, — les traités par lesquels | l'Ukraine passait à la Russie j avaient été violés, personne le con-j teste — devait attendre à la fin de j la guerre pour reconquérir la charte de ses libertés.Ainsi ces 11-I bertés, les alliés préféraient on'elles ! fussent sanctionnées sur un tapis vert autour duquel siégeraient éga-i lenient les ennemis de l’entente.N’était-ce pas ridicule, à la vérité ?Car il est sûr que si cette libertei devait affaiblir comme on le pre-tend la Grande Russie, Allemands et Autrichiens s’en seraient faits les apôtres les plus chaleureux.De cette façon.l’ilkraine et les autres nations réclamant leur liberté ne l’auraient pas obtenue de l’entente mais des représentants de l'autos cratie, de la réaction et de l'obscurantisme.Le ridicule de cette situation, le» contradictions criantes au mis lieu desquelles évolue la diplomatie alliée est exposée dans plusieurs articles de TUkraine.Nous en citerons quelques passages : “L’Ukraine avait accepté librement le protectorat héréditaire des tsars (et non la domination du peuple russe) par le traité de Péréïaslav (lf>54).Sa situation rappelait celles des provinces balkaniques envers la Turquie.Elle paraissait même préférable et la Roumanie avait eu un instant l’idée de suivre son exemple.“Cette autonomie était bien supérieure à celle que la Russie accorda ensuite à la Finlande et à la Pologne : ainsi les hetmans souverains, élus par le peuple (sans être nécessairement .confirmés par les tsars dans les premiers temps) étaient chefs de l’armée, de l’administration et même de l’Eglise nationale, recevaient et envoyaient des ambassadeurs, etc.Au fond, c’était plus une alliance qu’une souveraineté, mais cet état de choses fut aboli par Catherine Il (1782).L'indépendance de rUkraine cessa à la même époque que celle de ta Pologne.Le dernier hetman, le comte de Razoumovsky, élu dans les mèmes^conditlons que le dernier roi de Pologne, le comte Poniatowski, ne furent que des courtisans incapables tous deux de s’élever à la hauteur de la situation tragique que traversaient leurs nations.“Mais “les peuples ne meurent pas” — comme dit aujourd’hui Benoit XV.“Humiliés et frémissants, ils portent te joug qui leur est imposé et préparent leur délivrance -en transmettant de génération en génération un triste héritage fie haine et de vengeance.JPoiirquoi dès maintenant ne pas peser avec une conscience tranquille les droits et les justes aspirations des peuples?” Pourquoi ces belles paroles du chef de l’Eglise devraient-elles être reniées par les représentants du monde libéral, de ceux qui se disent et qui sont peut-être en réalité les champions de la Liberté des peuple -?“Trop souvent Taliitude d’une certaine presse ententiste a été lit téralement scandaleuse envers les peuples de la .Russie.Pour elle la Russie, c’était M.Sturnu r et dans le meilleur cas, MM.Miiiuokoff et Kerensky.“Si >M.Lloyd George vient de dire que “chaque soldat allemand doit comprendre au fond de son coeur qu’il combat contre la fédération des peuples libres”, qu’il veuille nous assurer franchement et hautement et le plus tôt possible que ce n’est pas au contraire l’entente qui combat contre notre liberté.“Selon le recense, ent de l’année 1897, c’est-à-dire d’il y a 20 ans, l’Ukraine comptait 23 millions d’habitants en Russie.Cette population (l’accroissement de la natalité est supérieur en Ukraine qu’en Russie) dépasse de beaucoup les 30,000,000 aujourd’hui et compte 4 millions en Autriche et à peu près un million en Amérique.Ces chiffres sont les résultats d'une statistique hostile à l’élément ukranien et sont bien au-dessous de la vérité.Avec quelques millions de ses allogenc.es disséminés dans une masse extrêmement compacte et unie de Przenvysi jusqu’au Caucase, sur une surface dépassant l'Autriche entière et de beaucoup l’Allemagne, l’Ukraine avec ses 40 à 4o millions d’habitants et son territoire le plus riche de l’Europe, est une puissance formidable aujourd’hui.“Qu'elle y ait intérêt ou non, l’Europe sc trouve devant un fait accompli.“Après avoir versé leur sang pendant trois ans pour les buts de l’Entente dont le premier était, leur disait-on, la liberté des peuples, les Ukra,nions justement inquiets par l’hostilité de l’opinion ententiste ont le droit de demander aux gouvernements alliés de préciser leur attitude envers eux.“C’est de l’entente que pourra dépendre en grande partie l’orientation de ia grande démocratie nouvelle que la révolution a fait renaître sur les ruines du despotisme, que l’Ukraine n’a aucun intérêt -à voir se continuer sur une forme ou sous une autre.” * « Et l’entente, quand elle n'a pas montré par sa presse des sentiments hostiles, a fait la sourde oreille.Depuis, le gouvernement russe est tombé et l’Ukraine libérée une seconde [fois de son allégeance, si allégeance il y avait.N’aurait-il pas mieux valu pour l’entente de suivre le conseil, étudier et trancher tout de suite le problème irlandais, le problème ukranien, le problème finlandais, jet de se faire de puissants alliés de ces nations plutôt que de réserver ses mamours pour le gouvernement central de Russie qui, soudain, s’évapore et la laisse en présence de l’anarchie hérissée?Louis DUPIRE.i Cette citation, comme toutes celles qui suivront, est empruntée à la version du Canada, organe officiel du parti libéral.En cas d’erreur ou d’ambiguïté, j’ai recours au texte anglais, le seul que M.Laurier ail rédigé et signé., Il convient aussi de féliciter M.Laurier de ne pas setre engage" à fond sur la question du suffrage féminin.a Selon une dépêche spéciale à la Gazette du 8.PLUS DE 16,000 i Devoir et dans les principales 11-jhniiries.Au cent, 810 ; au mille, - ;875, plus les frais de port.S’ajlres- Le nombre d’exemplaires déjà ser au secrétariat de la Ligue des vendus de VAlmanach de la Langue Pr,dts.(hl n'an^!!is;,32'.JP1!TU'l,bk' (lc française dépasse les 16,000.On est la Sauvegarde., » Montréal.VOIX DES ÉTATS-UNIS UNE LEÇON POUR NOUS déjà presque en droit d'avertir les I amateurs de sc hâter s’ils veulent | arriver avant l’épuisement du tirage.L’Almanach se vend quinze sous Montréal, l'exemplaire, plus trois sous pour II a été ce midi l’hôte de Mgr les frais de port, aux bureaux du l'Archevêque de Montréal.M.FRANÇOIS VEU1LL0T M.François Veuillot est arrivé à On sait qu’une commission américaine composée de spécialistes de l’armée, de la marine, de la finance, de la construction maritime, etc., est actuellement en Europe pour sc concerter avec les Alliés.On nous disait hier qu’elle veut d’abord que ceux-ci fassent un exposé d’ensem-! ble de leurs besoins et de ce qu'ils attendent des Etats Unis.Jusqu’ici chacun a présenté ses demandes personnelles, commandées naturel lement par ses besoins immédiats, et comme les Etats-Unis ne sont point capables de répondre à toutes ces demandes, il est arrivé qu’ils ont été obligés d’en écarter certai- nes, posant ainsi des actes qui ne pouvaient que retentir de façon grave sur la conduite de la guerre, il parait très raisonnable qu'ils disent à leurs Alliés: Mettez-vous d’accord pour nous présenter des demandes unitormes.Mais les dépècties laissent clairement entendre que cette première observation est accompagnée de celle-ci,: Nos ressources ne sont point infinies.Entre vous et nous, il y a l’océan et pour vous atteindre il faut que vivres, hommes et matériel le traversent.Gela limite à la capacité des moyens de transport dont l’Entente dispose la somme des secours que nous pouvons vous adresser.Et cette limite nous oblige à choisir: Si nous vous envoyons un nombre d’hommes très considérable, nous sommes contraints de réduire dans une proportion équivalente l’envoi des munitions et des aliments.Si vous insistez sur l’envoi abondant de ceux-ci, il faudra limiter l’effort proprement militaire.(Voir particulièrement sur ce point, dans la Gazette de ce matin, page 13, colonne J, ce paragraphe d’une dépêche de Washington: “Au fur et à mesure qu’augmentera le nombre des troupes américaines en France, il faudra un nombre toujours croissant de vaisseaux pour le transport des munitions et d'autre matériel.La conférence [des Affres] aura donc à examiner soigneusement la question de savoir combien de troupes américaines peuvent être mises en campagne sans compromettre la fourniture à la France et à l’Italie de matériel et d’aliments”— “.how manu troops America can pul in the field without endangering the food and material supplies of France and Italy”.Ainsi donc il faudra choisir entre l’envoi des troupes et celui des vivres et des munitions; il faudra nécessairement restreindre l’un au profit de l’autre, et les Américains envisagent déjà la probabilité de la restriction de leur effort militaire propre.Que ferait alors un gouvernement canadien qui voudrait donner aux Alliés le maximum de secours possible, mais qui tiendrait à associer cet effort à quelque souci de conservation nationale?Ne se dirait-il pas: Puisque l’effort militaire venant de l’Amérique doit être nécessairement limité ; puisque les Alliés ont un besoin pressant de vivres et de munitions, le Canada, qui a déjà fait une levée d’hommes correspondant à un effort américain de six millions, qui s’est chargé pour cela de responsabilités énormes, ne devrait-il pas laisser aux Etats-Unis et au Brésil •le soin de fournir la quantité limitée de soldats qui peuvent être transportés là-bas et tourner son effort vers la production agricole, étant donné surtout le fait qu’il est, de tous les réservoirs de vivres extra-européens, le plus facilement accessible?La proposition ne pourrait en rien nuire à l’effort des Alliés.Elle aurait simplement pour effet de le ‘’ ire coïncider avec l’intérêt canadien.Nous admettons tout de suite que, par le temps qui court, ceci n’est pas de nature à la recommander.Orner HER0UX.BLOC ¦ NOTES Vingt-quatre heures H ne reste plus guère que vingt-quatre heures aux conscrits de la première classe pour répondre à rappel.Des milliers se sont inscrits depuis le commencement de la semaine, dans notre province, et il semble que le résultat déjouera ce qu’en attendaient les amis d’un ministère hostile à notre province.La désorganisation partielle des tribunaux d’exemption, hier, a pu cair ser quehpies embarras aux conscrits, mais cela ne leur sera pas une excuse, s’ils manquent de signer leurs formules.Ceux qui ne le font pas s’exposent à toutes sortes de pénalités et ne sont pas du tout certains d’échapper à la loi.Nous payons ! Notre dette nationale touchera le milliard d’ici quelques semaines.Elle était, au 31 octobre dernier, de 8948,236,872, et elle avait augmenté de plus de 47 millions dans ce mois, — ce qui signifie qu’au premier décembre notre dette atteindra le mil Hard.11 y a à peine trois ans, nous devions en tout et partout 327 mi’ lions.M.White ne se tromjiait guère quand il disait qu’en avril 1918, nous devrons au-delà de 1,200 millions.A l’heure présente, nous dépensons quotidiennement 81,500,000 pour frais de guerre.La mise en vigueur de la loi do conscription accroîtra ces dépenses et le seul rouage néces saire à l'exécution de cette loi absor bera plusieurs millions.On a dit que le service obligatoire coûtera meilleur marché que le volontariat.Cela n’est pas bien sûr.Mais, d’une façon ou de l’autre, nous courons à la mi ne; si la guerre se prolonge encore un an et si notre effort militaire ne se ralentit pas, nous y serons pour tout de bon.Et ce ne sont pas les Alliés qui paieront nos dettes.Ils auront assez des leurs.CHRONIQUE D’OTTAWA LES TRIBUNAUX D’EXEMPTION LOCAUX Ottawa, 8 novembre.| Les noms et les explications sont ré-, „„ ______ ,i., .i-mt., J vélès dans le Journal avec un sans- 1 ni u m n r 11 - h m i 8vne et un manque d’éducation qui \\a tt de Hull ont tenu aujourd 1 11 n'annoncent rjen jc j)ou pour les leur premiere seance et I on rappor ; cniv-inu te que le nombre de demandes n>a l0™* suivants^ * ^ pas été aussi grand que Ton s’y at- tendait.Il est vrai que le nombre de Ane ‘ort Jobe fete a eu beu hier ceux qui se déclarent prêts à partirjS
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