Le devoir, 18 août 1936, mardi 18 août 1936
VOLUME XXVII — No 192 Montréal, mardi 18 août 19S6 11——- ftlDACTION IT ADMINISTRATION 410 1ST, NOTRE-DAMI MONTREAL TELEPHONE.1241 SERVICE DE NUIT t I Admlnl«tr«Moo HArbour 1243 ! Réduction HArbour 3679 Gérant HArbour 4897 LE DEVOIR Rédacteur an chaf: Oaiar HEROUX ?TROIS SOUS I E NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POST! EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ « 00 (Sauf Montréal at banl'cua) E -Unit at Empira britannique .8.00 UNION POSTA-E.10.00 IDiriON HEBDOMADAIRE CANADA.200 E.UNIS at UNION POSTALE .3.00 4 régime seule: 76 unioeistes, 14 ministériels élus Une explosion ;s causes lointaines — Ce n’est pas une élection “bleue” — La tâche qui tend M.Duplessis et ses collègues — Les électeurs de langue anglaise C’eat une explosion.Formidable! Les débris coulent la province.Ils atteignent jusqu’aux fédéraux, fW couraient au-devant de la tempête., On peut même trouver que le succès de l’Opposition excessif.Le nouveau gouvernement ne trouvera en !>ce de lui qu’une poignée d’adversaires.C’est, à Irtaina égards, un fait regrettable.Mais cette situa-j>n anormale trouve dans le passé une facile explica-lin.Si la politique provinciale avait été conduite de içon régulière, si les gouvernants avaient été jugés lion leurs mérites, nous aurions probablement vu les ¦ux partis politiques traditionnels se succéder au pou->ir suivant un rythme plus ou moins rapide, avec des {ajorités raisonnables.Mais quelle élection provinciale, depuis quarante is, n’a pas été plus ou moins commandée par des cteurs fédéraux?Il était devenu de mode pour les jéraux provinciaux de faire leurs élections dans le liage des fédéraux, afin de profiter, au maximum, de vague fédérale.On avait élevé à la hauteur d’un :iome, presque d’un credo, le cri Rouge à Ottawa, uge à Québec.Les conservateurs fédéraux faisaient ailleurs à peu près tout ce qu’il fallait pour favori-r chez nous les libéraux de toute nuance, pour gêner embarrasser leurs homonymes provinciaux.Résultat: pendant quarante ans tout près une suite élections qui consolidaient la situation du même oupe.Au point que nous en vînmes au moment où '.ms n’avions plus que les apparences du régime par-mentaire.L’opposition était numériquement si fai-N e qu’elle ne pouvait exercer sur l’administration des I faire» publiques le contrôle nécessaire.Ce Comité b :s Comptes publics qui est l’une des sauvegardes du ^ gime, pour toutes fins pratiques, s’aboliL II s’ensui-t l’inévitable: la longue possession du pouvoir, l’ab-nce de surveillance engendrèrent des abus.Le régime, en même temps, grâce à un habile emploi ! 'ss fonds publics, s’était bâti une presse qui approu-cit tout ce qu’il faisait, combattait tous ses adversai-! s ou, tout au moins, étendait sur ses actes le voile du fence.Le peuple ne savait à peu près rien de ce qui passait à Québec.* * ¥ Mais il y a une fin à tout.Ceux qui, directement, ‘ofitent du pouvoir ne sont après tout qu’une mino-té, avec quelque soin et quelque abondance que l’on ultiplie les subventions et les prébendes.Du côté eux conservateur, on continuait à faire du travail de j itique et d’enquête; du côté libéral, une révolte se j 'oduisit; une presse indépendante avait surgi.La alition, l’an dernier, amena à l’Assemblée législative Lie opposition numériquement assez forte pour tenir •en rôle.Le Comité des Comptes publics s’ouvrit, i, Et l’on sait le reste! 1 M.Godbout l’avait bien deviné: les révélations r ites dès la première heure créèrent dans la foule une .notion profonde.La brusque interruption de l’en-! jête laissa la porte ouverte’à toutes les suppositions, n cri traversa la province: Non! pas ça!.Il faut Vttoyer ça! (Cette révolte devant les faits prouvés, cette appré-nsion de ce qui pouvait rester à découvrir, cette lonté d’aller au fond des choses, un large désir de forme aussi, c’était l’amas de dynamite qui a tout it sauter, les vieux cadres, les liens que tissait autour ¦‘f» consciences le tenace esprit de parti, le prestige ;ême d’hommes que l’on croyait puissants, i L’explosion a tout emporté.* * * Nous les en avons avertis: les directeurs de la campagne provinciale jouaient une partie extrêmement dangereuse.En qualifiant de bleus tous ceux qui ne pensaient pas comme eux, en amenant dans la campagne les ministres fédéraux, ils s’exposaient, s’ils ne l’emportaient point, à diminuer le prestige de leur parti d’un bout à l’autre du pays, à créer au loin l’imprea-sion que les bleus sont redevenus dans la province de Québec une force prépondérante, à rabaisser singulièrement le prestige de leurs chefs fédéraux.Ils n’échapperont point aux suites inévitables de cette taç-tique.Ils se sont eux-mêmes porté des coups dont la trace marquera longtemps.Mais tous ceux qui ont jeté sur les choees un regard quelque peu attentif savent que la victoire d’hier n’est pas une victoire bleue.Sans doute, le vieux fonds conservateurs de la province compte pour beaucoup dans le succès, mais M.Duplessis a coalisé l'es éléments les plus divers.Il les a groupés sur un terrain qu’il a déclaré exclusivement provincial, et sous une étiquette nouvelle.Lui-même, conservateur de vieille roche, a voulu crier: Je ne suis ni bleu ni rouge, je suis national, comme il svait dit des semaines plus tôt: La jeunesse nest ni libérale ni conservatrice; elle est nationale.~ * * * Quelque effort que certaine puissent tenter demain pour utiliser à des fins fédérales — et M.Duplessis a formellement promis qu’il s’y opposerait de tout« ses forces — quelque effort que l’on puisse tenter demain, telle est la vérité d’aujourd’hui.Avec la révolte de l’opinion contre les abus d’un vieux régime, avec sa volonté de confier le pouvoir à ceux qui paraissaient le plus capables d’opérer un complet nettoyage, l’un des symptômes les plus consolants de la journée d’hier, c’est la nette décision de séparer enfin, dans la pratique quotidienne, deux domaines qui, par définition et par essence, sont distincts: le fédéral «t le provincial.Nous avons gagné là un point qu’il faudra prendre bien garde de ne pas laisser perdre.Une très lourde tâche attend le prochain premier ministre et ses collègue».Très simplement, hier soir, M.Duplessis, après avoir sollicité la protection du Ciel, a demandé l’aide, la collaboration de tous les citoyens.Ni cette aide ni cette collaboration ne devraient lui manquer.Car il en faut toujours revenir là: les gouvernants ne peuvent tout faire tout seuls; ils ont besoin d’être soutenus, aiguillonnés, à l’occasion critiqués, par un peuple en éveil.Ce fut l’un des grands malheurs des gouvernants qui s’en vont de n’avoir, dan* une mesure convenable tout au moins, ni cette aide intelligente ni cette critique constructive.Pour une part, ils ont été victimes de l’effroyable apathie où s’enfonce une trop grande partie de notre population; pour l’autre, ils ont souffert d’un état de choses qu’ils avaient eux-mêmes créé, du servilisme ou du silence de la presse qu’ils gavaient * * * Un dernier mot, sur tin point qui appellera de plus amples réflexions.L’appel aux préjugés de race, aux passions impérialistes, ne paraît point avoir sérieusement affecté les milieux de langue anglaise.Et c’est une chose encore dont il convient de se féliciter.Orner HEROUX .1 ! Actualité Un pauvre type “décrété” \}jn type qui fait pitié, c'est M.rcotte, Edmond.Il ne chante is cocorico, comme après la vie-re de M.Bouchard à la mairie .Saint-Hyacinthe.Il a la crête vlante et exsançme.IJ jlfo/s II faut lui pardonner.Il se 1 ,d d’un article rentré.On disait ,îdredi dans les cercles libéraux il! se vantait d’avoir pris de l’a-ice.Son article de ce matin était l t et il s’intitulait justement: Co-|J j'ico II.|i uN DAVANTAGE, car ils représentent tout ce qu’il y a de réactionnaire dans la société actuelle 1 (Ce sont eux, de toute éviderêce, qui ont organisé la police Jargailles, la politique des rotten boroughs et aboli les brefs de prérogative, etc.) annonce un petit recerésement qui va le laisser sur le carreau.On ne peut pas perdre sans pleurs et sans regret un adversaire si commode, sur qui on peut s’asseoir avec autant dé confort et d’aisance que daivs un fauteuil capitonné.Est-ce la vengeance des fédéraux qui point?U.Fernand Bin-fret, ce gros méchant, s’est-tl dit: Ces gens du Devoir aiment trop M.Turcotte comme antagoniste, U faut qu’on le leur ôte?Mystère! Mais pesez cette finale et j’ai bien peur que vous n’u voyiez comme moi le chant du départ: La défaveur du parti libéral lut sera salutaire en ce qu’il pourra mieux, après trente-neuf ans d’exercice ininterrompu du pouvoir (exercice est mis là par antiphrase, car il a tellement bâfré, ce pauvre parti, qu’il n’a pris aucun exercice) compter les siens, les vrais (mot souligné dans le texte), ceux qui sont libéraux par principe (mots soulignés dans le texte) et non pas seulement par opportunisme (idem).Exit, M.Turcotte, Edmond, ou je ne vois pas clair et je ne suis même pas allumé.Le fanal du procureur Bloc-notes Après l’élection Les morts politiques d’hier soir peuvent garder quelque espoir de revenir à la vie.Mais les quelque vingt-deux morts de Lxmiseville, les trois pompiers montréalais tombés au poste, hier soir, alors que la ville bouillonnait d’impatience quant à l’issue de l’élection, autant de gens dont les familles, quant aux premiers, ies parents avec la ville de Montréal, quant au derniers, se souviendront longtemps.R est manifeste que, dans le cas de Louise-ville, l’observance des règlements de circulation, d'une part, et l’abolition des traverses à niveau, de l’autre, eussent suffi, — et même l’une ou l'autre seulement, — à éviter cette catastrophe, la pire qu’il y ait eu au Canada depuis longtemps, sur la route.Une enquête déterminera difficilement la part de responsabilité du malheureux chauffeur dans ce sinistre, E.T.ajoute: M.Duplessis.* ‘ ) peuple attend de d’on ne sait quel- tout promis et le lui la délivrance le chaîne invisible On serait tenté de tirer une chaîne, nullement Invisible celle-là, à ce spectacle un peu répugnant: te-procher A un chef, dont on a constamment crié qu ll n'avait pas de programme, devoir tout proraia, c’est un peu fort de café.Mais tremble, peuple: M.Duplessis — lui et les financiers qui pour un avantage IMMEDIAT (souligné dan» le Canada.) n'ont pas craint, de jouer avec la révolution (souligné dans le Canada), récolteront la tempête.C’est de nouveau Taffirmation de la thèse saugrenue: ceux qui demandent la punition des voleurs, l'honnêteté dans fadministration, font le lit de la révolution et de fanarchie; l’ami de Tordre est celui-là qui pactise avec les criminels et leur assure l’Impunité, et qui emplit le bon peuple.Plut celui-ci sera empli longtemps, plus ce sera tant mieux., Mats, M.Turcotte, il y a des fois, que ça déborde.Hier était une de ces fois-là.De fait cela eût débordé depuis quinze ant peut-être, n’étaient les vols d’élections qui se pratiquaient partout, rampllsaage des bottes de scrutin préludant à l’emplissage des votants.Nous voilà, par contre, sincèrement contristé, M .Turcotte, noue puisqu’il est mort au volant.La conclusion d’ordre pratique à donner à l’enquête, ce sera l’abolition graduelle, sur la route de Montréal à Québec, des nombreuses traverses à niveau où H y a morts d’hommes chaque année.Pour ce qui est des pompiers tués i l’incendie des maisons de commerce juives que l’on sait, à Montréal, l’on doit tout de suite chercher les responsables du sinistre et, s’il y s lieu, les punir rigoureusement.Nos pompiers sont dans l’ensemble un corps d’hommes admirables, ils ne reculent jamais devant le danger et se rangent parmi les plus courageux adversaires du feu qu’il y ait en Améri- 8ue et mêste dans l’univers entier.ies femmes et des enfants ont perdu hier soir un mari ou un père, qu'aucune indemnité en argent ne pourra jamais remplacer.Il importe de trouver quels sont ceux dont la faute ou la négligence a pu occasionner cet incendie et, s’il le faut, de sévir durement.Le public en bloc s’associe aux deuils de Louisevllle et de Montréal.L’esprit français ches nous Dans un bel article au Journal de Rouen, ce* semaines-ci, (24 juillet), Georges Duhamel, qui vient de s'embarquer pour l'Amérique du Sud.en tournée de conférences, commence par constater que si "le français n’est pas.ou n’est nlus une grande langue commerciale, —- il est è ce point de vue sunnlanté par l’anglais, par l’allemand”, il reste que "la situation du français comme grande langue intellectuelle est .le véritable réduit de nôtre défense.et le point d’où pourraient partir, à l’occasion, des conquêtes ou des reconquêtes”.Ses voyage* , nombreux en Europe et ailleurs lui ’Ont démontré l’existence, partout, "de sociétés cultivées ou l’on entend, où l’on aime, où l’on sait lire le français.Ces sociétés sont souvent.— pas toujours.—• composées de gens accomplis, plutôt que de très Jeunes gens.C’est un svmp-tôme de très grande signification.” Après avoir noté des expériences récentes au'H eut à Budapest et ailleurs, où il rencontra des gens d’une connaissance intime de la langue et du génie français, qui la parlent avec élégance et pureté, l’académicien Duhamel écrit: "Ces causes efficientes de notre séduction fia lecture de livres français et le séjour prolongé en France] pourraient fort bien, au train où vont les choses, perdre bientôt toute existence.Le livre français, pro- (Suite à la page 2) Défaite, désastre, déroute De M.Godbout à M.Dugas, les cinq sixièmes des candidats rouges restent sur le carreau — Six ministres battus, quatre élut de justesse — L’intervention des fédéraux n’a rien évité — Celle de M.Gouin n’a pas eu de suites M.DUPLESSIS EST LE SEUL CHEF DE LA MAJORITE C* fut plut qu’une tempête, ce fut un cyclone politique.Six minietree, dont le premier ministre lui-même, sont à bas.Trois autres sont élut par de toutes petites majorités, dont deux qui ne tiendront peut-être pas à un examen un tant soit peu sévère par les tribunaux.Un ecul, M.Connors, ministre eans portefeuille, a une majorité d’apparence convenable sur son plus prochain adversaire, — il en avait deux; mais si l’on totalise le nombre de voix données à ses deux opposants, M.Connors n’a plus que 76 voix de majorité.S’il en eût eu un seul, il aérait sans doute avec tes Godbout, les Rochette, les McDougall, lot Gervais, les Gagnon, les Côté, tous défaits.CEUX QUI SURNAGENT AVEC PEINE Des députés ministériels d’avant juillet dernier, une disainc eur 47 surnagent, à part quelques nouveaux venus dans la politique provinciale.M.Dumaine, dans Bagot, compagnon d’armes de M.Bouchard, a une toute petite majorité.M.Danscrciu, dane Argenteuil, doit surtout son élection à un différend dans le parti qui lui faisait opposition.M.Bercovitch a eu pour lui le bloc juif en entier, parce qu’il était le seul candidat juif marquant de la province, et aussi parce qu’il est le député juif depuis des années.Dans Saint-Hyacinthe.M.Bouchard échappe de justesse au désastre; il n’est pas du tout certain qu’il eurnage, bien qu’il soit le plus ancien des rares ministres élus hier.Les Lapointe (Wolfe), les Caron (Hull), les Dugas (joliette), qui tous trois se firent remarquer à la dernière session par leur extrême partialité ou leur attitude provocante devant l’opposition, sont fauchés net.Le seul ancien minietre de longue date du cabinat Taschereau, M.J.-N.Francoeur, à avoir été candidat ministériel a subi, dans le comté de Lotbinière qu’il représentait depuis son entrée dans la politique québécoise, il y a des années, — Lotbinière est un comté traditionnellement libéral, depuis avant 1867, — a sauté devant un tout nouveau candidat, M.Maurice Pelletier, qui porte à sa ceinture le scalp d’un vieux ministre taschcreau-tistc.A Québec même, M.Charles Delagrave doit son élection plus à ses relations d’ordre personnel et à son entregent remarquable qu’à l’intervention de MM.Lapointe et autres ministres, à l’avant-dernière heure.Détail à noter, presque tous les membres libéraux du Com'- ï des Comptes Publics restent sur le carreau, j le président, M.Casgrain (Témis-couata) et une couple d’autree.Enfin, nul membre de l’“Action Libérale Nationale” n’a été élu, pas même M.Monk, président de ce groupe, à Montréal, et qui avait remporté en novembre dernier une éclatante victoire.On croit que nombre de libéraux authentiques, mécontent* de ce qu’ils considéraient être son abandon du parti, en 1935, ont voté contre lui dane jacquet-Cartier, pour le punir de son attitude d'alors, et cela, .,w.or.*rM r#Su‘ d* l’organisation libérale officielle de I appuyer contre M.Carlgnan.A TRAVERS LA PROVINCE Si l'on examine la carte électorale québécoise, on constate que toute la région du bas de Québec cause, par son attitude libérale, l’automne dernier, de ce que le ministère Taschereau échappât alore à la défaite, a voté, sur les deux rives du Saint-Laurent, du golfe à la capitale, moins un seul comté, — celui de la Rivièr«-du-Loup, — contre le gouvernement Godbout, bien que le premier ministre vint de cette région même.Un tout jeune avocat québécois l’a défait du premier coup lui-même.Pareillement le Lac-Saint-Jean et le Saguenay ont battu tout les ministériels.Dans le voisinage de Québec, où il n'y avait plus u i seul Taschereau sur la liste des candidats ministériels.— ni le père ni le fils ne furent candidats cette fois-ci, car ils eussent vraîsembiablment été battus l’un et l’autre, — il n’y a plus un seul député libéral, malgré les pressants appels de MM.La-pointe et rower à leurs concitoyens de tout le district.Do même dans la région voisina de la Bcauce, où le pétard Lacroix n’a rien ébranlé de la décision populaire.Les vallées de l’Yamaska et celle du Richelieu ont donné six des quelque que-torse députés libéraux: MM.Bouchard, Beuthil-Sier, Messier, Turcotte, Lamoureux et Dumaine, — dont quelques-uns élue par d’infimes majorités, alors que presque toutes les majorités des unionistes sont grandes, et quelques-unes considérables, même énormes: ainsi celles de MM.Tremblay, Leduc, Ctrignen et autres, dans la région de Montréal; dans les Cantons de l'Est, les comtés ont écrasé tour les candidats du régime libérai.Le long de l’Outaouais, dans le nord de Montréal, même déroule ministérielle, I deux comtés près: Argenteuil et Pontiac ont élu deux libéraux, tout le reste des comtés, des unionistes.M.DUPLESSIS TOUT SEUL A GAGNE Dans l’ensemblo, 76 des 90 comtés sont ailés à M.Duplessis seul, alors qu’il n’en prit que 42, l’automne dernier, avec l’aide de M.Gouin, qui en réclama pour sa part 26, avec l'Action Libérale Nationale.C'est dire que la rupture de M.Gouin avec M.Duplessis n’a eu aucune des conséquences désastreuses pour M.Duplessis que prévoyaient et souhaitaient les libéraux et les gens de PA.L.N.et quo les exposés de M.Gouin à la radio ces derniers temps n’ont pas du tout affecté le résultat final.M.Duplessis se trouve à avoir derrière lui un groupe compact dont il est le seul chef, alors qu’an fin de novembre dernier il devait compter avec un concurrent possible, éliminé depuis par suite des circonstances et de l'activité que M.Duplessis déploya, notammont à l’enquête des Comptes Publics.LA MACHINE A BLOQUE La machine électorale ministérielle, les nombreux organisateurs du parti rouge, les clubs de tout ordre qui les appuyaient, tout cela est à vau-l’eau, aujourd’hui.Un pou partout, dans les cercles ministériels, on s’en prend fort de la défaite à l’insuffisance, à la faillite, marquée de la presse ministérielle, qui a été au-dessous de fout, d’un bout à l’autre de la province.Les hebdomadaires alimentés par les fonds publics détournée de leur juste fin, la combinaison quotidienne du “Soleil” à Québec, de la “Tribune”, de Sherbrooke, du “Canada”, de Montréal, tout trois largement nourris et subventionnés à même les fonds de la province, qui a coulé depuis une vingtaine d’années plus de dix millions dans des entreprises de presse subventionnée de façon déguisée, les journaux amis ou alliés, tels (’“Evénement”, la ’’Presse”, la “Patrie”, dans le domai-e français, le “Telegraph”.U “Gaxette’’, le Herald” et jusqu’au “Star”, dans la presse anglaise, rien de ceia n’a donné de résultats sensibles, cette foie-ci, au groupe ministériel.Le “Canada” et le “Soleil” en particulier ont été au plus bas, par suite du soin qu'ils ont dû prendre d’éviter que se déclanche ou s’acecntuc une baisse de leur tirage, commencée pour le “Soleil”, en novembre dernier, et qui s’accentue depuis lore.M.Nicol est en peine.VICTOIRE ENORME Que sera-ce?Défaite, désastre, déroute?so demandaient les ministériels les mieux informés, dès avant juillet dernier.Les trois ensemble, cumulés et qui ont abouti à un formidable écrasement, dont le parti devra se remettre, mais lentement, è la condition préalable de se débarrasser de tous les parasites qui, depuis vingt ou trente ans, l'encombrent et ont failli y étouffer à mort la doctrine authentiquement libérale des Mercier et des Marchand.ne 44 SAC Carnet d’un grincheux La bomba da M.Tascharaau a fini par péter.* * * M.Godbout i’a»t bien battu.M*i» ou l’a sacrifié.?* * Un régi ma llbérltr* finit par mourir d'autocratie.* ?* SI cela continue.Il ne leur restara qua ta douzaine du boulanger.O * * Un prophète avait dit: "Je périrai, ou il* périront”.Qui est mort?*r * ?Toute la iargaille va t'an aller.* * * Vautrin ne sera plut saul à avoir prit une culotte.?* Le* fédéraux qui ont sacrifié à Howe la port de Montréal se débattent dans la mare.* * * M.King eut le nez creux de céder è ses ministres québécois sa place dans la Valléa de l'Humiliation.* 4r •» Peints per eux-mémes "Des journalistes perfides connaissant toutes les ressources de l'hypocrisie”, (le Canada de ce matin).A ?Bouchard, Bertrand, Berccivitch, trio da B bientôt, peut-être, réduit I un eanter Israélite.* A * Jargailles a blén pu, avec sa garde prétorienne, arrêter hier quelque 300 ou 400 honnétea gens; Il n'e pu arrêter la vague qui l’emporte avec sa iargaüla-rle.A A A Y aura-t-ll longtemps encore des magistrats complaisants pour signar des mandats d'arrestation an blanc, an temps d'élections?A A * On avait étalnt l'électricité au Raform Club, hier soir, lorsque survint l’auguste porteur d’un fanal fumeux dont la plie lumière éclaira mal le champ des morts.A A A Jargaille disposait d’environ 400 "spéciaux" pour opérar, à sa façon, dans Lau-riar, Mercier, Saint-Louis et Saint-Laurent.Il suffi d’un groupe de 200 pensionnaires de l'Association des anciens policiers et des anciens pompiers municipaux, avec l'aide de quelques amis, pour figer les 400 "spéciaux'' et empêcher le désordre dans ces mêmes circonscriptions.Les "spécialistes" de Jargailles manquaient d’expérience en face des vétérans da la vraia police.A A A La mule du conte de Daudet attendit longtemps, mais elle décoche une si fort* ruade è Tistet Vedène qu'il disparut en fumée.Sans allusion è la ruade d’hier soir.A A * Les autres s* sont contentés de compromettre eux-mémes.Fernand, habile, a au le soin de compromettre King.A A A Entre deux résultats d’élections, h soir, Radie-Cansda donnait du jazz.Charlesworth charlastonnait.Et ta p« pie tonnait.Ané Hewe! A A w L’ami Vautrin avait la culotte et l’a Rinfret portait la veste.A A A M.du Tremblay, qui avait jugé fre l'assemblée du marché Saint-Jacquet, i vraiment connu le vrai fret qu'hier s quand les députés vainqueurs sont ver au Devoir — qui n* les avait pat invi et qui ne le* a pas monté* en épingle et ne sont pas allés è la Preste, qui s'i en vain pendue è leur queue de vest pour les y entraîner.* » A Ils ont si fort crié au loup bleu qu’ matin le loup la mangea, la chèvre M.Godbout.A A A Il ne manquerait aux libéraux que subir cette suprême humiliation: T.Bouchard chef du perti.U Grincheux LE PIVOIR, MONTHtAU, MARDI 18 AOUT mo “le réclame l’apposition immédiate!l’Union nationale abat le des scellés sur tous les documents et r*8ime Tascberean-Godbout VOLUME XXVII N« Ifî Le vote à Montréal les coffres du trésor de la province'’ (Af.Duplessis) ¦ -— “Si les emolcyés publics ne se retident pas à celte exigence, tant' pis pour eux", déclare le nouveau premier ministre à la grande manifestation d’hier soir aux Trois-Rivières victoire de la ville et de la campagne, qui doivent marcher ensemble pour assurer le progrès de la province.” Le même Maurice M.Duplessis poursuit ensuite son discours en disant qu’il est encore et qu’il sera toujours le même Maurice.Sur les entrefaites, M.Pau! Caron, le nbuveau député de Maskinongé, arriva sur l’estrade et M.Duplessis le présenta à la foule.M.Caron fut longuement applaudi et la foule entonna le traditionnel refrain: “Il a gagné ses épaulettes”.Il reprit son discours tandis qu'une partie de la Joule reprenait de nouveau le même refrain et il ajouta ironiquement les paroles suivantes : ‘il est bien naturel, quand on a elé opprimé durant plusieurs années, de faire entendre une chanson de délivrance.” fl développa davantage l’idée qu’il avait exprimée au début, à savoir que la mentalité de la province n'n pas changé si l’administration a subi un changement considérable.“Pour ce qui est de nous.Les Trois-Rivières, 18 (D.N.C )— Hier soir, notre population a fêté avec une exubérance extraordinaire la victoire de son député, M.Maurice Duplessis, chef de l’Union nationale, le nouveau premier ministre de la province de Québec.Jamais Trois-Rivières ne fut témoin d'une manifestation aussi vibrante.C’est devant une foule de plus de 30,000 personnes que le nouveau premier ministre a adressé la parole lors d’un triomphe sans précédent qui dura pratiquement toute la nuit.M.Duplessis a rencontré ses électeurs pour les remercier lors d’une grande réunion sur le terj rain du séminaire après un défilé de plus d’une heure auquel prirent part plusieurs milliers de personnes, automobilistes et piétons.Ce triomphe a revêtu un cachet tout particulier à cause de la victoire éclatante remportée par M.Duplessis sur son adversaire, Mc Philippe Bigué.dont il triompha par une majorité de plus de d.uuu voix, la plus forte majorité jamais obtenue dans le comté des Trois-Rivières depuis la Confédération dans une élection provinciale.La victoire de M.Duplessis ne fit pas de doute pour personne des l'arrivée des résultats des premiers poils.Elle alla toujours en s’augmentant à rylhnie accéléré.A peine la moitié des poils étaient-ils sortis que la victoire de M.Duplessis était concédée.La foule commença aussitôt à sc masser devant la demeure de M.Duplessis, au coin des ruts Saint-Joseph et Lavioleite.Elle alla toujours en s’augmentant jusque vers neuf heures où le défilé se mit en marche pour se rendre sur les terrains du séminaire après une parade de plus d’une heure.La foule commença à se masser J dans les jardins du séminaire dès huit heures.La grande estrade, vestige des célébrations de 1934, ne tarda pas à s’emplir de partisans de l’Union nationale, qui attendirent avec une patience peu commu.-ne l’arrivée de M.Duplessis et de son cortège.L’enthousiasme prit des proportions encore plus grandes lorsque M.Duplessis fit son apparition sur l'estrade.Ce fut durant plusieurs minutes une bruyante et vibrarrte acclamation montant de la foule et se répercutant aux quatre vents du ciel.Lorsque M.Duplessis s’approcha du micro pour remercier ses électeurs et pour se dire fier d'étre l’ami des ouvriers des Trois-Rivières.Feuthousiasme ne connut plus de bornes.Pendant une dizaine de minutes, ce fut une immense explosion de joie, un grand cri sortant de milliers de poitrines et déchirant l’atmosphère.De toute la force de leurs poumons, les trente mille personnes présentes entonnèrent un vibrant O Canada.A titre de maire de la cité des Trois-Rivières, M.Robichon offrit au nouveau premier ministre les félicitations de la cité des Trois-Rivières.M.MAURICE DUPLESSIS * 4 M.Duplessis, après avoir été l’objet d’une longue ovation, commença son discours en badinant.“Cet après-midi, dit-il, en parcourant les rues de la ville, quelqu’un nie demandait comment il se faisait qu’il avait plu durant toute la journée d'hier tandis qu'il faisait si beau aujourd’hui.J’ai cru avoir trouvé une solution et je vais vous la dire.Hier était la veille d’aujourd'hui et je crois (pic la Providence envoya une grande quantité d’eau suivie de beaucoup de soleil pour nous permettre dé laver dans tous les coins.r - ‘‘Aujourd’hui la province a subi L^pon Fernand Choquette (L) 'J.E.Grégoire (UN) Elu 1936, Grégoire (557) Montmorency (L-489) Gérard Lacroix (L) Dr Félix Roy (UN) (M.Alex.Taschereau avait été élu en 1935).Elu 1936, Roy.Montréal-Dorion ^ ALN-1094) J.A.Francoeur (L) 'J.G.Bélanger (UN) Elu 1936, Bélanger (2373) Montréal-Laurier (ALN-872) Hon.C.A.Bertrand (I.) 'Dr Zenon Lesage (UN) Elu 1936, Bertrand (12) Montréal-Mercier Eugène Lefrançois (L) Gérard Thibeault (UN) Lucien Duchaîne (U.N., Ind.) (L’élection n’a pas été terminée).Elu 1936.Thibault (2971 ) Montréal-Ste-Anne (lnd.-L-550) 'Hon, F.L.Connors (L) R.T.Butler (U.N.) P.T.Lynch (Ind.) Elu 1936, Connors (587) Montréal-St-Ceorges (C-282) i 'C.E.Gault (C-Ind.) Gilbert Layton (U.N.) Lionel Bell (L-Ind.) Elu 1936, Layton (474) ' Ion tréal-St-Henri (ALN-128) Dr Z.-A.Côté (L) René Labelle (U.N.) ' W.-E.I.auriault (L.-Ind.) Arthur Tremblay (Candidat du j peuple).Elu 1936, Labelle (1308) Montréal-St-jacques (C-46) j Hon.Wilfrid .Gagnon (L) 'Henry L.Auger (U.N.) Evarisle Dubé (Comm.) Elu 1936, Auger (1206) Montréal-St-Laurent (L-2334) Hon.E.Stuart McDougall (L) T.J.Coonan (U.N.) (M.J.Cohen avait été déclaré élu en 1935) ¦Elu 1936.Coonan (161) Montréal-St-Louis (L-Acd.) 'Peter Bercovitch (L) L.-G.Gravel (U.N.) Fred Rosenberg (Comm.) E.-T.Guerrier (U.N.-Ind.) Elu 1936.Bercovitch (1202) Montréal-Ste-Marie (ALN-361) G.-R.Brunet (L) 'J.-U.-C.Roclffort (U.N.)) J.-E.Godin (r.omm.) Elu 1936, Rochefort (3237) Montréal-Verdun (C-3017) 'P.-A.Lafleur (U.N.) Jack Cupello (CCF) Hervé Ferland (L-Ind.) J.-H.Duhamel (L.-Ind.t Elu 1936, Lafleur (3597) Napierville-Laprairie (L-1158) *J.*E.Charbonneau, fils (L) Philippe Monette (U.N.) Elu 1936.Monette Nicolet (L-556) 'Alexsndre Gaudet (L) Emery Fleury (U.N.) L.Béliveau (L.-Ind.) Elu 1936, Fleury Papineau (ALN-966) Urbain Chené (L) 'Roméo Lorrain (U.N.) Elu 1936, Lorrain Pontiac (L-62) *E.C.Lawn (L) Dr S.J.McNally (U.NV J.J, McCann (L.-Ind.' Elu 1936, Lawn Portneuf 1951 116% 117% C.N0.R.4%% 1955 .1}8% C.N.R.4% 1956 .}}«% J} % CNK 4%% 1957 115% 118% ONIr: 4%% 1955 .118% U9% CN.R.5% 1954 118% H9% C.N.R.S% 1949-69 120% 121% Port de Montréal 5% 1949-59 120% 121% Provint es.Alberta, 4% 1954 «1 C.Britannique 4%% 1953 95 Manitoba 4,2t/c 1956 .95 1962' 1961 110% 108 li2 116 75 65 98 98 111% 110 114 78 N.-BruiiEWick Onutarlo 4’ Cluebeo 1963 .I.P.E.6% 1947 .ttesk.4% 1954 Munlcli alites: Montréal 4% 1945 Montreal 4%% 1871 .Ouébec, 4%ri 1950 Toronto 4%% 1945 Trois-mvleres, 4'j , 19>3 C.des He.Montré \1 6% Com.Métrop.4%% 1962 Do.4% 1947 Clés de transport: C.P.R.3%% 1951 .91% 93% C P.R.4' , 1949 .103 105 C P.R 6' r 1942 .109% *11% 98% 100% .2- 101 ____ 10» % 103% .105% 107% 101 >.103% 11137 100% 102 .98% 101 .98 100 10O '.02 OS 07 103% 105% 103 % 51% 103% 101 42% 115% 1031 a 99% .97% 86% 104% 1956 102% 105 .102% 102% 104% .79 Mj 82 .97 105% 104 105 84 >% 88 C.P.R.4%Vt 1946 CP R.Debs i% perp.C.P R.4 % % 1946 C.P.R.41,'a‘v 1960 Can Steamship 8% 1941 Can.Steamship 5% 1943 tm’ilté*: Beauharnols 5%'i 1973 BeauharnoU 5%, 1993 Belt re .1955 Can Nor.Pow.6% 1953 Gatineau Power 5',«'4 1956 Gatineau Power 8% 1941 Manitoba Pow.5%% 1951 Mont.U.P 51' 1957 Mont.L H and P.3%% Mont Lckf Mlri 4% 1947 .Mont Tram.5"- 1941 Mont.Tram.5% 1955 .Powei ,Corp.4%
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