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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 25 septembre 1936
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1936-09-25, Collections de BAnQ.

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Montréal» vendredi 25 sept.1936 VOLUME XXVII — No 224 REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST, NOTRE-DAME MONTREAL TELEPHONE.HArbour 1241, SERVICE DE NUIT t Administration I .» „ .HArbour 1243 Rédaction HArbour 3679 Gérant : .HArbour 4897 LE Diractaur-Gérant : Ceorgas PELLETIEI )EV0IR FAIS CE QUE DOIS Rédactavr m chat : Omar HEROUX r" "¦ *• TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ 6.00 (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unis et Empire britannk]ue .8.00 UNION POSTALE .10.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.2.08 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 Un programme bien accueilli Ce que lest peut attendre du plan Tremblay — La part de la ville Il faut appuyer le ministre — Economie Le contraste entre le plan Tremblay et feu le plan Bouchard naît surtout de l’excellent accueil fait au premier, tandis que le dernier avait soulevé un toile général.De fait, l’actuel miniMre du Travail a reçu fort peu de critiques et certaines de ces critiques portent sur des questions de détail faciles à rectifier.11 en est ainsi, notamment, des observations du Royal Automobile Club.On regrette que certains rétrécissements des routes qui accèdent à la ville de Montréal n’aient pas été modifiés.Cela, nous semble-t-il, peut se faire sans difficulté.Une autre critique est plus difficile à satisfaire: l’absence d’une grande voie de communication traversant l’île de part en part Mais le ministère de Québec est excusable de n’avoir pas tenté de résoudre ce problème quand on voit la Commission métropolitaine divisée à ce sujet et tant de municipalités de l’ouest opposées au projet du “boulevard” métropolitain.Pour contenter tout le monde — et les automobilistes qui veulent traverser l’île sans encombre, et les citadins du lac Saint-Louis qui souhaitent des communications interurbaines rapprochée» du lac Saint-Louis — il faudra en venir à l’exécution parallèle des deux projets.Cela demandera des crédits.Mais il est improbable que le concours fédéral s’arrête aux travaux de cette année.S’il nous est continué l’an prochain, les quelques défectuosités constatées actuellement pourront être aplanies.* * * Le programme Tremblay comporte le redressement de criantes injustices.La partie est de la ville a été constamment négligée en ce» derniers temps.Cette discrimination commençait de porter se» fruit» mal-heureux.L’est était en train de dépérir.Le programme Tremblay redresse à un degré appréciable la situation.Nous ne voulons, évidemment, rien exagérer.Ce n'est paa de sitôt que nous cesserons de ressentir les désastreux effets de la fermeture de l’hôtellerie de 1a Place Viger, simple prodrome de la fermeture de la gare du même nom dans l’intention de ses auteurs.Ce n’est pas d’un seul coup que l’on remédiera à la négligence de l’est qui se manifeste par la terrible tragédie du marché Bonsecours, le plus payant, le seul payant de tous les marchés et aussi le seul qui n’ait pas reçu d’améliorations directes depuis des décades.Ce n’est pas d’un seul coup, pour tout dire, que l’on corrigera les terribles suites de la politique houdiste, qui n’a été, surtout depuis deux ans, qu’une longue, révoltante et systématique trahison des intérêts de l’est Mais, outre qu’il est fort possible de reprendre avec le nouveau gouvernement, pour peu qu’il puisse s’appuyer sur une administration municipale sympathique, la question de la réouverture de l’hôtellerie de la Place Viger et la question de la gare union de l’est (M.Duplessis, lui, nul ne songera à le contester, sait parier à Ottawa et se faire écouter d’Ottawa, n’ayant pas et ne devant jamais avoir, nous l’espérons bien, comme certains politiciens, de fil à la patte), le programme Tremblay, tel que constitué, est déjà une magnifique entrée en matière.Les travaux commenceront dès la semaine prochaine et sur une grande échelle au jardin botanique et à l’arboretum de Maisonneuve.Dan» quelques mois ce parc commencera de se dessiner.- On poussera très activement aussi l’aménagement de l’île Sainte-Hélène.La rue Sherbrooke sera continuée jusqu’aux ponts de Charlemagne et au nord du boulevard Pie IX se dressera le pont de Saint-Vincent de Paul qui enjambera, il faut l’espérer, le “boulevard” Gouin, pour ne pas gêner la circulation.(L’expérience nous enseigne assez durement qu’il est temps de prévoir les embouteillages aux points de rencontre des grandes voies de circulation.) Incidemment, nous croyons à propos de signaler ici que le boulevard Pie IX, revêtant une nouvelle importance du double fait de la construction de ce pont et de l’aménagement du jardin botanique, il serait temps que le représentant du quartier fasse cesser la peu spirituelle facétie d’il y a quelques na-nées: sous prétexte d’améliorer le terre-plein du boulevard Pie IX entre Sainte-Catherine et Notre-Dame, i! a fait accumuler là des voyages de sable.L’herbe maigre est désormais remplacée par trou» et bosses.Ce qui n’empêche pas du reste un aide-jardinier de passer presque chaque jour sa tondeuse sur ce» tas de sable.Il est plus que temps que cette comédie cesse et que l’on supprime les arbres malades, que l’on aplanisse le terrain-plein et que l’on gazonne.On peut tolérer à la rigueur des progrès lents de la part d’une administration municipale, mais les progrès à rebours!.* * * On comprend très bien que le ministre du Travail, qui est aussi représentant d’une circonscription de l’est, soit revenu épanoui de la conférence d Ottawa: il a bien travaillé pour la province entière sans oublier la localité qu’il connaît particulièrement.Et il a explosé ccmplètement le fameux bobard de la dernière élection: pour que la province soit bien traitée, il est indispensable d’avoir un gouvernement aussi rouge à Québec que rouge à Ottawa.Il reste maintenant à tous les intéressés 'de l’est de le seconder.Il va de soi que ces travaux, si importants qu’ils soient, ne transformeront pas l’est, pas plus qu’ils ne mettront fin au chômage.Il en faudra d’rutres, sur une plus vaste échelle, d’autres qui ne doivent pas effrayer les ennemis du paternalisme d’Etat, car c’est le recours au, moindre mal.Il n’est pas de mal plus grave en effet que le dole sans le travail, que l’oisiveté rentée par l’Etat.Nous aurons, plus d’une fois, l’occasion de revenir sur le sujet, mais dès maintenant ne doit-on pas prêcher partout l’économie aux ouvriers qui connaîtront quelques semaines de travail rétribué, afin que l’hiver prochain ne les trouve pas dans la même situation que l’hiver dernier et que, d’autre part, l’utilité de l’assistance par le travail soit clairement prouvée?La ville n’a rien à contribuer pour les travaux dont nous venons de parler.Raison de plus pour que nos administrateurs songent à ce qui peut être fait dans quelques semaines, quand l’hiver sera venu, pour empêcher les travailleurs arrachés aux listes de secours d’y être réinscrits.Louis DUPIRE Chrqnique Après vingt-cinqans En ces temps-là ¦— c’était l'époque où le Canada était heureux, l’ignorant, où tout le monde avait du travail, où le pays n’avait pas de dette, à vrai dire, — il fit soudain un grand coup de vent.C’était en septembre.Un chêne tomba dans la forêt canadienne, avec fracas et retentissement: un chêne qui s’appelait Laurier.Il tomba, mais ne mourut pas.Des années encore il devait, bien que tombé, dominer la futaie avoisinante.Et l’on vit arriver du coup aux premiers plans trois hommes, tous trois vivant encore aujourd’hui, et qui tous trois furent premiers ministres du même parti, à tour de rôle: M.Borden, le premier, M.Metghen le deuxième, M.Bennett le dernier.Tous trois, aujourd’hui, ils ont plus de soixante ans: M.Borden, même, est pins qu’octogénaire.Et comme ces trois hommes arrivaient, un autre sortait momentanément de la vie publique, pour y rentrer un peu plus tard, en tant que successeur de sir Wilfrid Laurier: M.King, le présent premier ministre.M.King ne fut pas seul, du reste, à tomber ce soir-là: neuf des ministres de sir Wilfrid Laurier tombèrent avec le ministère, dont quelques-uns vivent encore el dont plusieurs ont accompagné leur chef dans la mort.M.Borden, on le connaissait, rcrr il était chef de son parti depuis quelques années.Peut-être fut-il, de tous, le plus étonné de se voir, en ce soir de septembre 19H, devenir premier ministre du Canada.U le devait rester moins de dix ans, pendant une période extrêmement agitée et dangereuse: celle de la grande guerre.M.Melghen était alors à peine connu, sauf des parlementaires et des journalistes, qui voyaient en lui, depuis 1909, Tun des espoirs du parti conservateur: — ils n’avalent pas mal deviné, car il fut premier ministre, mais peu de temps, quelques mots à peine d’abord, de la démission de sir Bobert Borden à la défaite du parti conservateur, en 19Î1: puis de la fin de juin à la mi-septembre, en 1926, avec le cabinet-fantôme, qui s'effaça au contact de l’électeur.Et M.Melghen vit les siens le renier à Winnipeg, en face de M.Bennett, — d’un M.Bennett alors assez peu cênnu dans l'Est, mais éRtnt ta vohr-bUtti, VApretê au travail, l’esprit autocratique, le u’oilf du pouvoir personnel firent vite une manière de personnage de tout premier plan.Uu aussi, il a passé.L’élection de septembre 1911, U semble que cela date d'hier.Il semble que c’est hier, — et pourtant il y a de cela un quart de siècle.La majorité des électeurs du temps présent étaient alors de tout jeunes gens, et bon nombre n’étaient même pas nés.C’éiait avant la guerre, au temps où le monde ne tremblait pas quotidiennement de la fièvre belliciste.U en avait parfois de légères poussées, mais elles ne duraient pas.Tandis que maintenant c’est la fièvre chronique, les attaques multiples, avec la proximité de crises meurtrières.L’homme était civilisé, il retourne à la sauvagerie.Qui n’était plus heureux, vers 1911?se dit l'homme d'aujourd’hui; — mais quand l’humanité fut-elle heureuse et contente de son sort?Paul POIRIER Bloc-notes En Espagne Certains peuvent être tentés de crojre que les feuilles françaises antibolcnevistes dont nous citons les textes exagèrent quelque peu ce Sui se passe en Espagne.A ceux-i nous recommandons 2a lecture d’une dépêche de Madrid — non censurée, a-t-on soin de préciser — datée du 18 septembre, expédiée par courrier à Paris et publiée dans la Gazette de ce matin, page 10, colonne 1.Cette dépêche est du service New-York Times-Gazette, où l’on n’a aucun intérêt ou tendance particulière à forcer la note contre les rouges.Or l’on y lit ceci: La majorité des 850,000 habitants de Madrid désire apparemment que les insurgés militaires entrent bientôt dans la ville afin de la sauver de la maladministration prolétarienne et de la Terreur rouge.Enflammés par la haine de classe qu’alimentent leurs chefs et leur preste, les extrémistes rouges continuent à arracher de.leurs lits, au milieu de la nuit, les aristocrates, les conservateurs, les ecclésiastiques non-combattants et à les conduire pour exécution dans les parcs et les faubourgs.Un estimé non officiel, mats Sur parait complètement digne e confiance, place à 10,000 — '•ertains disent 15,000 — le nom- bre des non-combattants tués dans Madrid seul, pendant les deux premiers mois de la guerre civile.Quoi qu’il en soit, en croit que te nombre de ces victimes dépasse certainement celui des miliciens gouvernementaux tués sur te champ de bataille en dehors de Madrid.On croit que si le général Francisco Franco ne s’empare pas de la ville au cours du mois prochain, il ne restera point à Madrid un partisan connu de la Droite.L’auteur note autre chose.Fin août, un certain nombre d’écrivains anglais ot français favorables aux partis de gauche visitèrent Madrid et posèrent, dit-il, d’embarrassanies questions au sujet du massacre en masse des gens de droite.Pendant une semaine peut-être, dit-il, après cette visite, il y «ut réellement quelque diminutdon dans le chiffre des exécutions.' Mais, continue-t-Il, depuis le 1er septembre, le nombre des cadavres amenés quotidiennement à la morgue de la ville oscille entre 30 et 125.La terreur rouge est devenue, de plus, plus odieuse encore, parce qu’elle s’attaque maintenant aux femmes.On a mis à mort, avec autant de brutalité et de sauvagerie que les hommes, des femmes titrées, dont plusieurs duchesses et comtesses.A preuve, les blessures par balle à la tète et d la figure que celui qui écrit ces lignes a vues dans ses fréquentes visites à la morgue.Avec ce réirirae, on comprend, airmi que Je note encore l’auteur, que ‘tes victimes probables de la sauvagerie révolutionnaire ne savent jamais où elles vont coucher, qu’eWes errent de glt* «n gîte dans I espoir de dépister les bandit».La lettre de M.Guy Apropos de l’attitude du Cangiès des Métiers et du Travail, nous publions aujourd’hui une fort intéressante lettre de M.J.Robert Guy, pu-bliciste de l’Union Typographique Jacques-Cartier.M.Guy raconte ce qui s’est pas-sé au Congrès, et comment la résolution de sympathie envers les loyalistes d’Espagne a été adoptée à la dernière minute, dans le brouhaha des préparatifs du départ et sans que personne se rendit beau nous avons, dés le début, indiqué que telle était déjà, à peu près, notre pensée; mais U n'en reste pas moins que cette resolution pour habilement escamotée qu’elle a pu être, demeure tout de même devant l’univers l’expression officielle des sentiments du Congrès des Métiers et du Travail du Canada.Il n’en reste pas moins qu’il en sera ainsi tant que le Congrès lui-même, ou les unions qui y étaient représentées n’auront pas désavoué ce texte.Et en toute sincérité — nous connaissons beaucoup d’entre eux avec lesquels nous entretenons d’excellentes relations — en tout sincérité, nous ferons remarquer aux membres catholiques des unions neutres dont les délégués figuraient au Congrès qu’ils n’auraient pas été exposés à un pareil coup de.force (soyons poli!), s’ils n’avaient siégé dans un corps aussi mêlé, à côté de socialistes et, paraît-il même, de communistes.Il y a telle chose, même dans ce domaine, que les fréquentations dangereuses.Cda continue La campagne en faveur de l’augmentation, — non seulement du point de vue canadien, mais aussi du point de vue impérial — des forces militaires chez nous, se développe méthodiquement.On cherche maintenant à y faire entrer les vétérans.En attendant de revenir sur le sujet, nous répétons notre vieil et nécessaire avertissement: Surveillez ce mouvement.Il en vaut là peine! O.H.coup compte de ce qui se passait.En somme, la majorité des congressistes auraient été victimes d’un coup habilement monté par une petite bande de conspirateurs habiles.Nous voulons bien !• croira, et Carnet d’un grincheux M.Duplessis n’aurait encore reçu aucune candidature au poste que va laisser vacant M.Frigon.Incroyable, mais vrai.Comme les gens ne se pressent pas de se placer! * ?Les vétérans de Toronto demandent au gouvernement d’Ottawa de se mieux préparer à la défense du Canada et de l’Empire.Ces gens ont-ils le cauchemar du séparatisme?M.Bouchard sera chef provisoire de l’opposition québécoise.A moins qu’il ne préfère s’en aller 2 la présidence de la régie électrique?* ?D’aucuns parlent de reformer un parti vieux-reuf*.Retour aux âges primi tifs?* ?* Le Catholic Register de Toronto qualifie de “most poisonous kind of communism’’ l’article de M.Edmond Turcotte sur les affaires d’Espagne.Edmond communiste?Inconscient, plutôt.“Le sol ensanglanté de l’Espagne est déjà le champ de bataille d’une guerre mondiale” *« Les guerres futures mettront aux prises non pas des Etats, mais les adhérents de deux doctrines: la “démocratie” et (’“oppression”, déclare un délégué de Madrid à l’assemblée de la Société des nations “Les blancs reçoivent une aide à la fois morale et matérielle de pays fascistes”, dit-il Les syndicalistes de Barcelone exigent qu’un conseil national de défense prenne la place du cabinet de Madrid GENEVE, 25.(S.P.A.) — En présence de l’Assemblée de la Société des nations, un délégué de Madrid, qui se nomme Julio Alvarez Del Vayo, a dit que ses mandants ont protesté contre l’entente européenne de non-intervention en Espagne parce qu’ils y voient une source d’inconvénients pour eux êt d’avantages pour leurs adversaires, puis il a dit que les blancs reçoivent une aide à la fois morale et matérielle de pays fascistes.Il a dit que c’est un régime analogue à ceux des Etats en question que les blancs veulent établir en Espagne.(Il ne semble pas avoir parlé de l’aide que les rouges d’Espagne reçoivent' des rouges d’autres pays.) Il a lancé ces mots: La sol ensanglanté de l’Espagne est déjà le champ de bataille d’une guerre mondiale.Il a expliqué que les guerres futures mettront aux prises non pas des Etats mais les adhérents de deux doctrines: la “démocratie” et sien” oppres- Enfin, il a promis que le gouvernement qu’il représente, lequel il a qualifié légal, ne s’immiscera jamais dans la politique intérieure des autres pays.Des délégués estiment qu’en faisant cette promesse, il a cherché à dissiper les craintes de ceux qui pensent qu’une Espagne d’extrême gauche contaminerait les pays voisins.* * * MADRID, 25.(S.P.A.) — De nouveaux problèmes politiques du côté de la Catalogne ajoutent aux soucis que la guerre impose au gouvernement de Madrid.Il paraît que les syndicalistes da Barcelone, qui ont instauré un nouveau régime, exigent qu’un organisme dit conseil national de défense prenne la place du cabinet de Madrid.Ct-lui-ci ne l’entend pas de cette oreilie-là.* ¥ * Les communiqués du ministère de la guerre ont presque tous trait aux opérations du front de Talavera de la Reina: inondation d’un camp de “fascistes”, etc.Un communiqué annonce d’autre part que les gouvernementaux ont gagné un peu de terrain dans les provinces de Biscaye, de Grenade et de Cordoue, et qu’ils ont repoussé une attaque sur la chaîne de Guadarrama.?* A Dans la capitala, la police continue (l’effectuer des arrestations chez les blancs et à confisquer de l’argent.A A * Trente et un candidats de toutes nuances ont perdu leur dépôt électoral, le 17 août.La province fait à l’opération double profit: elle garde les 31 dépôts et elle n’a pas de cette sorte de députés.» * * En ces temps de crise, n’avoir rien, c’est avoir perdu jusqu’à la chance de tout perdre.A A A Mot d’un cynique sur un politicien jadis alcoolique qui s’est guéri de son mal à forcç de volonté: “Un politicien qui tient une promesse, — et une promesse d’ivrogne, — a bien du mérite’’.Le Grincheux Après la bataille, les oeuvres de la paix De l’Université de Montréal, de PAC F AS et de l’Institut scientifique franco-crnadien (par le F.Marie-Vicforin) Le Frère Marte-Vlctorin, président de la Société d’Etude et de libre discussion des problèmes universitaires, nom communique l’important mémoire qui suit, que son étendue nous contraint de fractionner pour ta publication.La fin paraîtra demain.Les citoyens les plus résolument au-dessus des contingences partisanes, mais qui ne se désintéressent pas lâchement des orientations de notre groupe ethnique, n’ont pu rester indifférents devant les renouvellements de la scène politique ces derniers mois.Malgré la facile rengaine que “plus ça change et plus c’est la meme cnose’’ tout le monde se rend compte plus ou moins ilettement, ou plus ou moins obscurément, qu’il y a quelque chose de décroché chez nous, que le vaudeville électoral traditionnel est devenu intolérable à la génération qui a aujourd’hui trente ou trente-cinq ans, et que notre vie économique, et partant notre vie politique, sont à un moment de vire.Ou bien nous allons être beaucoup plus que nous n’avons été sur ce sol lau-rentien (dont nous commencions à nous demander s’il était encore à nous de quelque manière), ou bien nous allons être beaucoup moins, c’est-à-dire que nous allons accélérer le pas vers la dissolution totale au point de vue national, et peut-être même au point de vue catholique.C’est pour n’avoir pas voulu, ou n’avotr pas pu, se rendre à cette évidence, qu’une très vieille équipe d’hommes politiques dont quelques-uns ne furent pas sans valeur et sans prestige, s’est vue en deux courtes années combattue, assiégés et finalement chassée de la Cité.Des hommes nouveaux ont assumé le pouvoir.Le peuple, en son éternelle simplicité, attend d’eux des miracles, et leur demandera raison s’ils sont impuissants à les opérer.Les esprits moins élémentaires, qui ont une vue sur l’histoire et sur l’humanité, n attendent pas d« miracles, mais ils ont Toell sur ces hommes apparemment de bonne volonté et qui on} Pour la plupart la très grande supériorité d’être sans passé.Ne peut-on pas demander à leur* libres bras de faire l’effort nécessaire pour remettre le Csnada français un peu plus dans la continuité de son nls-toira, c’est-à-dire la libre possession de I» vallée da Saint-Laurent?# # # Et devant nous, et devant eux, s’étale la longue liste des oeuvres de paix.La tâche est lourde.Ceux qui, comme l’auteur de ces réflexions, ont parcouru le Québec en tous sens, ceux qui connaissent de connaissance personnelle et l’inouïe richesse du sol laurentien et Tin-croyable exil des Laurentiens dans leur propre patrie, ceux-là se demandent comment Ton pourra jamais reconquérir ce qui fut perdu, soit à cause d’un déterminisme historique sur lequel nous n’avions pas plus de prise que sur les nuages du ciel, soif à cause d’une naïveté et d’une ignorance qui nous livrèrent sans défense à la domination économique de nos conquérants et de nos puissants voisins.Espérons que les maîtres que nous nous sommes donnés se mettront résolument à l’oeuvre, qu'ils voudront se placer sur un palier élevé et qu’ils apporteront aux oeuvres de la paix le dynamisme incontestable dont ils ont fait preuve durant la bataille.Nous avons sans doute beaucoup de choses à conquérir ou à reconquérir sur le terrain économique.Cette- "reconquête’’, si Ton peut dire, ayant fourni le thème à la lutte électorale qui s'est terminée le 17 août, l’attention est suffisamment éveillée là-dessus.Mais il est un autre terrain où il va nous falloir aussi donner plusieurs vigoureux tours de roue.Dans Tordre des choses de l’esprit, l’ordre des choses de la pensée, et aussi dans les zones concentriques d'activité matérielle plus directement pénétrées par l’esprit, nous avons des chaînes à briser, des ‘‘rackets’’ à écraser, et surtout des édifices à élever.Regardant en arrière.j’en appelle à tous les vrais intellectuels de ce pays qui voulurent garder la décence de Tesprit, l’Indépendance minimale de leur pensée et la liberté de son expression.Certains jiourront dire ce qu’il d une certaine bourgeoisie, encore trop proche de la terre désertée pour avoir repris son équilibre, celle coterie, — ce n’est rien autre chose, — mit & la mode un mépris souriant pour Thabitat canadicn-frrinçais.On flatta habilement la lendance anticléricale toujours latente, — effet de réaction, — chez un peuple élevé et instruit surtout par des prêtres.On tenta d’accréditer une conception pratique de la culture: un dosage de radicalisme souriant et de dilettantisme.La coterie dont je parle, constituée petit à petit par des nommes d une valeur intellectuelle souvent contestable, s’est emparée peu à peu des avenues de notre petit Temple de Téducalion et de la culture.Elle a installé ensuite ses vendeurs dans ce Temple.Elle a introduit dans notre climat intellectuel un germe de division.J’affirme tout de suite, parce que je le sais, qu’une forte et nombreuse jeunesse que je vois mûrir rapidement, trop rapidement, sous le soleil soutenu de l’épreuve et dans Tangoisse de Tinaction, est irrévocablement résolue à répudier cette humiliante hégémonie.Elle est décidée à choisir ses maîtres et, au besoin, à leur demander des comptes.Les nouveaux gouvernants ont dans ce domaine une tâche aussi lourde que délicate.Ils ont d’abord à se garder de tomber à leur tour en proie aux mêmes écumeurs, gens souples sans autres opinions que leurs intérêts, et qui flatteront le pouvoir d’aujourd’hui comme Us adulaient le pouvoir d’hier.Et puis, U faudra aborder le difficile problème de la distribution des fonds publics aux institutions et aux organismes d’utilité publique.L’angoissant problème universitaire naturellement est au tout premier plan.Depuis nombre d’années, quoi qu’on en dise, ce problème n’a pas avancé d’un pas.Parce que surtout d’ordre intellectuel, U n’intéressait guère nos gouvernants occupés à ce que l’on sait.Malgré sa très grande complexité, ce problème sera, je l’espère, abordé courageusement et complètement, car il est plus que temps tièreté, est gonflé, asymétrique et difforme.Après quinze ans de croissance, d’expériences, de tâtonnements, de frottement contre les dures réalités, tout cela a besoin d’être quelque peu révisé, tassé» agencé, refondu.Au moment ou Ton créera enfin, A définitivement, la structure financière de TUmversité de Montréal, il faudra assurer parallèlement, ou plutôt préalablement, sa structure pédagogique.C’est le bon sens même, puisque lés nécessités financières* sont commandées par les nécessités de fonctionnement.Tous les hommes désintéressés et au fait des choses de Ten-seignement supérieur qui voient rouler notre invraisemblable char universitaire admettent la nécessité de cette refonte, qui peut d’ailleurs se faire dans le cadre de la charte civile.Mais quand 11 faudrait apporter des modifications à cette charte civile, quel mal y aurait-il?L’Université fait vase communicant avec la vie nationale et avec la culture universelle.Elle doit suivre les fluctuations, les progrès et les changements de front de cette vie nationale et de cette vie universelle.J’ai maintes fois exprimé, au temps où il y avait un certain courage à le faire, — comme c’est loin, tout ça! — les grandes lignes de ce rajustement, telles que je les conçois, et sans quoi il me semble que TÜniversité de Montréal ne trouvera jamais la position d’équilibre indispensable.L’Université n’existe pas spécifiquement pour multiplier les “Jobs” pour messieurs en redingote, elle existe d’abord pour le bénéfice de l’Idée, de la Culture, et ensuite (oui, je dis bien: ensuite) pour le bénéfice de notre ?;roupe ethnique.Cette fin, ou ces ins, doivent conditionner la structure de TÜniversité, dans la mesure où 1« permettent les nécessités pratiques.L’Université, rajeunie par 1 épreuve et remodelée avec l’aide d’hommes publics éclairés d’abord, et patriotes ensuite, devra rajuster et simplifier ses cadres, modérer les exigences individualistes, mettre à la raison les cumulards sans vergogne, éloigner |ïs mercantis et les charlatans.Parce que nous n’avançons plus, j r.-y nous reculons et rapidement, quoi i .^ culture et plus de qu'en disent les tenants d’un optt-1 nîfaî*cî,ni
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