Bio-bulle : bulletin d'information de l'agriculture biologique québécoise, 1 janvier 2002, Supplément 1
R É uWrk SShI cahier régional I„^;Vr*"*1’ ,i-tS‘ Sl-v^' '¦W! -rs *wW¥- :4$m A'N\*fe I ^ptr >• •- ¦• -1 •rv ¦ bitibi Le territoire de la Municipalité régionale de comté d’Abitibi était l’hôte il y a peu de temps d’un colloque sur l’agriculture biologique dont la participation a dépassé toutes les attentes.C’est donc dire l’intérêt démontré à l’égard de cette pratique, non seulement de la part des agriculteurs mais également des citoyens.571, lère Rue Est C.P.214 Amos (Québec) J9T 3A6 Tél.: 819.732.5356 Téléc.:819.732.9607 Courriel : mrc@mrcabitibi.qc.ca L’orientation principale de la Municipalité régionale de comté d’Abitibi est de desservir les municipalités de son territoire au mieux des ressources humaines et matérielles à sa disposition et ainsi d’accroître la mise en commun de services pour le mieux-être de tous les citoyens.Ainsi, la MRC d’Abitibi profite de cette occasion pour souligner les efforts qui se font, non seulement sur son territoire mais dans l’ensemble du Québec pour favoriser la culture biologique, dont les résultats profiteront non seulement aux agriculteurs, mais à l’ensemble de la population, puisque l’agriculture et l’économie du territoire de la MRC sont en étroite relation.Vous avez Utilisez les services des professionnels du ABITIBI Centre local de développement Planifier le démarrage de votre entreprise Rechercher l’information pertinente Vérifier l’état du marché Établir les besoins de financement Rechercher le financement Réaliser le plan d’affaire 731 AVENUE DU PARC, AMOS TÉLÉPHONE 819-732-6918 • TÉLÉCOPIEUR 819-732-1762 info@cldabitibi.com .AB1TIBI-TÉMISCÀMINGUE terres d’avenir L ÉTUDE QUI A FAIT DU BRUIT Au cours du printemps 2000, l'organisme Solidarité rurale Abitibi-Témiscamingue rendait publique une étude de pré-faisabilité portant sur la certification biologique de l'Abitibi-Témiscamingue.La démarche avait eu un effet choc sur le monde agricole de cette région.Bien que l'idée de certifier la région ait été écartée, l'étude a permis de faire connaître l'agriculture biologique et le potentiel de cette région.PAR RENÉ BÉLANGER lité des productions, les frais fixes étant d'autant moins élevés.De plus, l'agriculture biologique suscite un intérêt accru chez les organismes régionaux et chez un certain nombre de producteurs agricoles de la région.Quant aux facteurs défavorables, il faut noter que les sols très argileux retiennent l'eau et sont relativement peu drainés.La tradition agricole est plus ténue en Abitibi-Témiscamingue que dans les autres l'étude, possèdent de grandes superficies de terres arables rapidement certifiâmes et des dirigeants locaux qui croient que la revitalisation de leur municipalité passe par le développement de l'agroalimentaire.Deux ans plus tard.L'étude de la firme Sol-Air a refait surface le 26 mars dernier lors du colloque sur l'agriculture biologique tenu à Amos.À partir du portrait dressé en 1999, le consultant Pascal Billard a démontré les potentialités de la région en agriculture biologique tout en mettant à jour certaines informations.D'ailleurs, si la même démarche était effectuée aujourd'hui, M.Billard estime que la note en faveur de la certification biologique de la région passerait de 60,5% à 65%.Une progression qui, selon lui, serait principalement attribuable à l'ouverture et au soutien exprimés par La région a écarté la certification territoriale, mais l'idée fait son chemin à plus petite échelle, comme c'est le cas à La Morandière.% ! H* La Morànoiere f ici \ L'AVENIR EST BIOLOGIQUE Quelle mouche a piqué Solidarité rurale pour l'amener à commander une étude sur la certification biologique de l'Abitibi-Témiscamingue?La réponse du président de l'organisme, Pierre Beaulieu, n'a rien de fantaisiste.« Les deux tiers des paroisses de la région étaient en processus de dévitalisation.Ces milieux subissaient l'exode des jeunes, le vieillissement de la population, le chômage, la dépendance économique et la perte de services de proximité.Il fallait donc trouver un moyen de revitaliser ces milieux, et l'agriculture biologique est apparue comme un bon moyen d'y arriver ».L'étude, réalisée sous la direction de Pierre Beaulieu en collaboration avec Sol-Air Consultants inc., visait à énumérer les facteurs favorables et ceux défavorables à la certification biologique de l'Abitibi-Témiscamingue et d'émettre une recommandation.Le projet a suscité, à l'époque, une vive opposition de la part de l'Union des producteurs agricoles et du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.«On nous a prêté l'intention d'imposer une orientation à l'agriculture, alors que nous n'avions même pas le pouvoir de le faire», se défend Pierre Beaulieu, qui précise que la démarche a fait du bruit dans le monde agricole, mais pas au sein de la population.Ce que dit l’étude Parmi les facteurs favorables à la certification biologique de l'Abitibi-Témiscamingue, notons l'eau, qui est généralement considérée comme l'une des meilleures au Québec, et même au monde, principalement en Abitibi-Est.Il s'agit d'une région jeune et dont les sols jouissent d'une certaine innocuité, ayant échappé, dans une très large mesure, à l'utilisation massive de fertilisants et pesticides de synthèse.Le prix des terres est le plus bas au Québec, ce qui a un impact direct sur la rentabi- régions du Québec, ce qui limite d'autant les possibilités d'implantation rapide de l'agriculture biologique.L'absence de programme de soutien aux producteurs en transition et la nécessité d'exporter les produits alimentaires biologiques, puisque le marché régional est pratiquement inexistant, constituent d'autres obstacles à la certification régionale.Enfin, le MAPAQ et le Conseil régional de développement s'opposent à ce projet et préfèrent certifier des territoires géographiques davantage circonscrits.Quant à la fédération régionale de l'Union des producteurs agricoles, l'étude mentionne que « la seule suggestion de mieux documenter l'agriculture biologique en région a incité le président de l'organisme à monter aux barricades ».L'étude conclut que les facteurs favorables l'emportent dans une proportion de 60,5 %, ce qui est cependant insuffisant pour justifier un virage aussi radical.Elle recommande donc de limiter la certification à trois secteurs : le triangle Amos-Senneterre-Val d'Or; le secteur Villebois-Normétal-Val-Paradis-Beaucanton et le secteur Est du Témis-camingue.Ces trois sous-régions, de préciser les agents de développement et fournisseurs de services depuis trois ans.Comme quoi l'étude de préfaisabilité portant sur la certification biologique de l'Abitibi-Témiscamingue aura été utile.Quant à Pierre Beaulieu, il ne regrette pas d'avoir joué la carte de l'audace, un peu comme l'a fait son « voisin de chalet », qui avait un jour rêvé de créer un festival international du cinéma en Abitibi.?JU5 d’herbe de blé « BIOLOGIQUE» Aliment régénérateur et vivant.Élixir naturel.Concentré maximal de chlorophylle, de vitamines, de minéraux, d’enzymes et de protéines Produitde Lise Moreau, propriétaire Rouyn-Noranda, Qc 1.819.762.1907 bio-fou I le 37 cahier régional Abitibi-Témiscamingue O Photo: Raynald Laflamme ÀBITIBI-TEMISCÀMINGUE,, .terres d avenir Portrait de l’agriculture biologique en Abitibi-Témiscamingue, PRINTEMPS 2002 Une forme d’agriculture EN ÉMERGENCE EN RÉGION Le bassin des entreprises qui œuvrent en agriculture biologique ou qui se dirigent vers ce mode de production en compte un peu plus d'une vingtaine.Présentement, dix entreprises détiennent une certification biologique en Abitibi-Témiscamingue, dont six sont enregistrées comme entreprises agricoles au MAPAQ.PAR ROBERT ROBITAILLE, AGRONOME RÉPONDANT EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE, CS DE LA SARRE, MAPAQ La région compte donc seulement 1,6 pour cent des quelque 700 entreprises québécoises qui détiennent une certification biologique, ce qui représente un taux faible d'adhésion à ce type d'agriculture puisque la région compte 2,5 pour cent des entreprises agricoles du Québec.Cependant, six entreprises sont présentement en année de pré-certification, et selon les fiches d'enregistrement du MAPAQ, sept autres entreprises sont en voie de certification par un organisme reconnu.Ces entreprises viendront donc augmenter prochainement la taille du secteur.De 1993 à 1999, le nombre d'entreprises certifiées biologiques en région était relativement stable, variant entre trois et six.L'augmentation du nombre d'entreprises certifiées en région est relativement récente.On observe le même phénomène pour l'ensemble du Québec, où le nombre d'entreprises certifiées Année d'accès à la certification biologique pour les entreprises actuellement existantes 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2 0 0 2 5 7 Publicisé grâce à l’implication de la SADC Abitibi Ouest PRODUCTION DE pommes de terre orge foin parc d’engraissement à forfait Les entreprises agricoles Charron & Fils enr.4460, ch.des Défricheurs Villebois, Baie-James Québec JOZ 3V0 819.941,8396 biologiques a été relativement stable de 1993 à 1999, à environ 500, alors qu'il se situe en 2001 à environ 700.Les entreprises actuellement certifiées biologiques en région le sont depuis cinq ans ou moins, et la majorité ont obtenu la certification en 2000 ou en 2001.Un contingent encore plus important est prévu pour l'année 2002.Les produits biologiques DISPONIBLES EN RÉGION Les entreprises de la région adhèrent aux organismes de certification Garantie-Bio, OCIA et Québec Vrai.Ce sont surtout des produits végétaux qui étaient disponibles sous certification biologique en 2001.En champ, on retrouve les produits suivants: foin, avoine, orge, blé, pois, épeautre, pomme de terre, poivron, basilic, oignon, poireau, betterave.En serre et en champ : les tomates, les concombres et les carottes.Les champignons et les bleuets de cueillette en milieu sauvage étaient représentés dans les produits certifiés biologiques.En chambre de culture, on retrouve les produits suivants : le champignon et l'herbe de blé transformée en jus congelé.Finalement, pour les productions animales, seul le daim était disponible sous certification biologique en 2001.Les superficies en grandes cultures biologiques étaient en 2001 d'environ 700 ha.En productions maraîchères, on comptait environ 48 ha.C'est en cultures abritées (en serre et en chambre de culture) que l'on retrouve le plus fort pourcentage de la production régionale en agriculture biologique, avec 1300 m2.À cela s'ajoutent les produits qui sont actuellement en pré-certification, qui devraient être disponibles en certification en 2002.Ce sont surtout les productions animales qui s'ajouteront (bœuf, agneau et porc) ainsi que la moulée commerciale.D'autres productions pourraient s'ajouter, si l'on tient compte des O bio-bulle 37 cahier régional Abitibi-Témiscamingue ABIT! BI-TÉMISCAMING U E terres d’avenir "/ , Superficies et proportion régionale Grandes cultures 700 ha (0,65 %) Productions maraîchères 48 ha (0,59 %) Cultures abritées 1300 m2 (2,46%) entreprises qui déclarent être en voie de certification selon la fiche d'enregistrement, soit l'ail et le lait.Des perspectives DE DÉVELOPPEMENT INTÉRESSANTES L'agriculture biologique présente des perspectives de développement intéressantes, avec une croissance du secteur d'au moins 20 pour cent annuellement en Amérique du Nord et en Europe, entre autres.La région démontre depuis peu elle aussi un intérêt grandissant pour cette production, comme le montrent les statistiques de production.Elle est aussi considérée comme une avenue de développement intéressante par divers acteurs du développement de la région.Dans le cadre de la planification stratégique, les représentants de l'agroalimentaire régional ont retenu comme action la nécessité de mieux documenter les occasions d'affaires en agriculture biologique.Les productions biologiques de légumes de champ et de lait avaient précédemment été identifiées comme deux occasions d'affaires en agroalimentaire pour la région.Une étude de marché financée par le CRDAT a identifié un marché potentiel de 600 000 porcs biologiques par an aux États-Unis.Selon une étude récente de Solidarité rurale, les facteurs biophysiques (sol, climat, eau et air), historiques (jeune âge de la région et pratiques agricoles extensives) et économiques sont plutôt favorables au développement de l'agriculture biologique en région, alors que les facteurs politiques et humains y sont plutôt défavorables.Au plan politique, l'étude souligne comme facteurs défavorables: le manque d'appui technique et financier à la transition ainsi que le manque d'intérêt de certains intervenants régionaux majeurs.Le manque de connaissance des coûts de production biologique et les prix de vente des produits biologiques en région constituent un exemple de contrainte au développement de ce secteur.Sur le plan humain, c'est la faiblesse du marché régional qui est ciblée comme principal facteur limitatif.?Sources d’information Fiches d'enregistrement, 1993, 1996, 1999 et 2002 (communication personnelle de Jacques Thériault, Arthur Marcoux et J.-André Langlois).Profils sectoriels de l'industrie bioalimentaire au Québec (1994, 1996 et 1998).Plan stratégique de développement Filière biologique au Québec, 1994.Communication personnelle des responsables de Garantie-Bio, Québec vrai et OCIA.Étude sur les occasions d'affaires en agroalimentaire en Abitibi-Témiscamingue, 1997.La certification biologique de l‘Abitibi-Témiscamingue, Solidarité Rurale Abitibi-Témiscamingue, 1999.Enquête réalisée auprès des entreprises certifiées et pré-certifiées en Abitibi-Témiscamingue.Bio-bulle, vol.18 et 21.mentaire est la troisième industrie en importance en Abitibi-Témiscamingue, après la forêt et les mines.Sa valeur est de 220 millions de dollars, ce qui représente 7 pour cent du PIB régional.Ce secteur fournit 16 pour cent des emplois de la région, soit 10 600 emplois.Si le PIB régional est légèrement inférieur à la moyenne provinciale, ce n'est pas le cas pour la proportion des emplois fournis par l'agroalimentaire, laquelle dépasse la moyenne de 12 pour cent au Québec.En 2000, on estimait le nombre de fermes en Abitibi-Témiscamingue à environ 770.La région compte des entreprises parmi les plus performantes au Canada, notamment pour le bœuf de boucherie et l'ovin.Elle est aussi reconnue pour la grande qualité de ses four- D ŒIL SUR |LINDUSTRIE AGROALI MENTAIRE ^ L'agroali- rages.Les dollars alloués par le gouvernement pour les régions ressources et la légère croissance des entreprises ont de quoi susciter de l'optimisme.En revanche, la région a autant de terres disponibles qu'on en compte en production.De plus, sur les quelque 800 producteurs agricoles, une centaine sont sur le point de prendre leur retraite et auront besoin d'assurer la relève.Parmi ceux-ci, 41 pour cent n'ont pas identifié de relève au sein de leur famille ou de leurs proches.Les occasions de développement sont pourtant nombreuses.Il reste beaucoup de place pour produire ce dans quoi la région excelle déjà, et la porte est ouverte pour des productions découlant du chanvre, de même que des céréales à consommation humaine, tel le blé.?SOURCE : L'OBSERVATOIRE DE L'ABITIBI-TÉMISCAMINGUE, OCTOBRE 2000 DISTRIBUTION premier choix 436, rue des Pins Rouyn-Noranda (Québecl J9X 5P2 Téléphone : SI9.762.I304 Télécopieur : 819.762.5611 premierchoix @hotmail.com Entreprise de distribution et de transformation de produits certifiés biologiques.Nous possédons un entrepôt de 5000 pieds carrés pour répondre aux besoins des clients de l'Abitibi-Témiscamingue.Nous avons l'environnement nécessaire pour développer l'agriculture et la transformation des produits biologiques.C'est pourquoi nous travaillons étroitement avec les producteurs de la région.Nous menons présentement des travaux de recherche et développement sur des projets qui permettront de faire valoir toute la richesse naturelle de notre belle région.bio-bul le 37 cahier régional Abitibi-Témiscamingue e ÂBITIBI-TEMISCÀMINGUE,, .:erres d avenir La Coopérative passe à l’action Avant de devenir un leader en production porcine biologique, l'Abitibi doit développer une filière efficace pour, entre autres, assurer la production de céréales biologiques et la transformation de ces céréales en moulées biologiques.Cette mission est menée avec entrain par des producteurs et par les représentants de la Coopérative de production biologique d'Abitibi, que nous avons rencontrés.PAR RENÉ BÉLANGER JE ME SENS particulièrement éveillé en ce matin du 25 mars 2002.Le ciel est complètement dégagé, la température est froide, et la route à suivre pour se rendre à Saint-Marc-de-Figuery, puis à Barraute, est parfaitement droite.Voilà qui cadre bien avec la pureté de l'agriculture biologique.Comme les terres agricoles se laissent deviner sous la neige, le moment est bien choisi pour rencontrer les producteurs de grains Sylvain Rouillard et Régis Audet.Les deux producteurs se sont associés en 1999 pour mettre en place l'entreprise Cultibois.Pour eux, la production biologique allait de soi.« Nos grands-pères produisaient efficacement sans produits chimiques», d'expliquer Régis Audet.Ce dernier possède des terres à Sainte-Gertrude-Man-neville, alors que Sylvain Rouillard en exploite non loin de là, à Saint-Marc-de-Figuery.Ils ont également loué une trentaine de terres, totalisant plus de 2000 acres, où l'agriculture avait été pratiquement abandonnée.Le sol est argileux et doit être labouré.Le cycle de rotation dure habituellement quatre ou cinq ans.Une première année pour les céréales et une deuxième année pour les céréales et le trèfle rouge.Le trèfle rouge est coupé la troisième année et laissé à plat dans les champs, où il passera l'hiver sous la neige.Puis, une autre coupe est effectuée l'année suivante, vers la mi-juin, et on procède au labourage.Les céréales produites sont l'orge, le blé, le pois et le sarrasin, mais c'est surtout l'avoine qui retient l'attention.«On fait plus d'avoine que d'autres céréales.Pour l'avoine, on parvient à faire une tonne à l'acre.Il faut semer tôt, généralement au début de mai », de souligner Régis Audet.La par- CULTIBOIS blé, avoine, orge, pois, sarrasin, épeauîre Régis Audet 96, Rang 6 Ouest Sainte-Gertrude-Manneville Québec J0Y2L0 819.732.6684 Sylvain Rouillard 197, chemin de la Rivière Saint-Marc-de-Figuery Québec J0Y1J0 819.732.6110 tie n'a pas été facile.Sylvain Rouillard souligne qu'« on a eu plus de problèmes qu'on avait imaginé.La première année avait été bonne; nous avions semé en avril, ce qui nous a permis d'obtenir une bonne récolte.Les années suivantes ont été plus difficiles».Au début, les producteurs ont surtout alimenté en conventionnel, mais la situation semble vouloir changer.« En ce moment, nous produisons 100 tonnes d'avoine pour la Coopérative de production biologique d'Abitibi, mais nous pourrions facilement en fournir le double», d'expliquer Régis Audet, qui croit que la demande ira en augmentant.La meunerie LANCE SES ACTIVITÉS Pour transformer les céréales biologiques produites en région, la Coopérative de production biologique d'Abitibi a érigé une meunerie à Barraute.La petite meunerie est située dans un rang, à environ un kilomètre du village.Le projet est évalué à un peu plus de 500000 $, et le gouvernement du Québec en a financé le tiers.Le vice-président de la Coopérative, André Gourde, nous fait visiter les installations.La meunerie dispose d'un broyeur-mélangeur de balles rondes de foin pouvant élaborer 38 recettes de céréales et ayant une capacité de production de cinq tonnes à l'heure.«Nous incorporons près de 30 pour cent de foin par tonne de céréales.Cette façon de faire, tirée du savoir-faire français, permet de mieux nourrir le porc en lui fournissant plus de fibres.» La meunerie est également dotée de deux silos de 200 tonnes pour entreposer les céréales, trois silos intermédiaires de 50 tonnes chacun, trois silos de 15 tonnes pour la moulée en vrac et un silo de deux tonnes pour l'ensachage.Même si la meunerie possède un La Meunerie de Barraute qui a débuté sa production en avril dernier était toujours en attente de certification au début mai.Les moulées sont élaborées à partir de ce broyeur-mélangeur de balles rondes d'une capacité de production de cinq tonnes à l'heure.séchoir, elle préfère obtenir un produit sec.« Le producteur qui nous alimente avec un produit dont l'humidité est inférieure à 14 pour cent obtient un meilleur prix.Nous visons également un approvisionnement respectant la norme de qualité numéro un.Comme il y a eu trop de pluie l'an dernier, nous avons surtout reçu du numéro trois», d'expliquer M.Gourde, qui ajoute qu'il lui faudrait davantage d'orge, de blé et de pois pour satisfaire la demande de moulée.Le prix de la moulée fluctuera selon sa composition et selon le prix des céréales.En général, le prix des céréales biologiques est d'environ 20 pour cent plus élevé que celui des conventionnelles.La meunerie a produit sa première tonne de moulée au début d'avril et, au moment où nous écrivons ces lignes, elle poursuit ses démarches auprès de Garantie Bio pour obtenir sa certification.fc>io-fc»t_iIle 3~7 • cahier régional Abitibi-Témiscamingue Photo: Raynald Laflamme Photo: Raynald Laflamme ÂBITIBI-TEMISCÀMINGUE terres d’avenir Le merveilleux monde d’un producteur porcin Les gens de l'Abitibi s'adonnent à un nouveau type de pèlerinage depuis quelques semaines.On peut penser qu'ils sont nombreux à se rendre à Bar-raute pour prendre un verre de la meilleure eau au monde, mais ce n'est pas le but de leurs déplacements dans ce secteur.Non! C'est pour voir des cochons qu'ils se rendent dans le village voisin de La Morandière.Oui, Madame! Pour voir des cochons.De tous petits cochonnets, tout roses, et qui sentent bon! Avant d'entrer de plain-pied dans ce texte, les manifestants anti-porcheries sont priés de laisser leur pancarte au pied de ce mot.Avancez Mesdames, Messieurs, et bienvenue dans le merveilleux monde de Paul Bernier.PAR RAYNALD LAFLAMME, RÉDACTION BIO-BULLE Un PEU FORCÉE, cette entrée en la matière, mais elle est à la mesure du personnage : coulé dans un seul bloc, un visionnaire qui bouscule, un acharné convaincu et convaincant, un être passionné au cœur grand ouvert.qui ne sait pas dire non.Et c'est pour ça qu'on vient voir de ses propres yeux son projet un peu fou de produire du porc biologique dans une municipalité qui n'en finit plus de voir le village se dégarnir.Imaginez! Une nouvelle production, avec tout ce que ça demande comme ajustement, placée dans un tout nouvel environnement, et des gens qui entrent à pleine porte pour voir ses petits cochons.Le dimanche 28 avril, 26 personnes sont venues «sentir» de l'intérieur, puisque à l'extérieur rien ne transpire.À certains moments, il doit faire appel à ses petits beaux-frères tant l'affluence est grande.N'importe quel producteur sérieux stopperait ce va-et-vient avant que la maladie n'entre dans la bâtisse et ne terrasse le doux rêve.Paul ne s'y résout pas.C'est sa façon à lui de faire la promotion de ses porcs, puisqu'en bout de ligne ils devront finir dans l'assiette des consommateurs.Mieux vaut donc commencer tout de suite à courtiser l'estomac des gens de l'Abitibi.L'opération charme fonctionne très bien.Les visiteurs n'en reviennent pas de voir ces cochons-rois se la couler douce.Une vraie vie de pacha, dit-on.Il lui reste donc à réaliser l'essentiel de son projet : produire 1750 porcs annuellement.Comme autrefois ! Ça mijotait depuis bien des lunes, ce projet de produire « des porcs comme autrefois », comme il disait à tout un chacun avant même que le concept de production biologique ne s'impose à son esprit.Il y a de ça 18 années bien comptées.Puis le rêve est devenu plus précis, au point qu'il y a sept ans, Paul Bernier commençait son expérimentation.C'est que notre homme est un fin observateur.Au cours de ces années, il a concocté diverses recettes, mélangeant foin, orge, avoine, variant les portions selon les résultats obtenus chez l'animal.« L'idée, dit-il, est de nourrir les porcs avec ce qui pousse ici en Abitibi.» Paul Bernier n'allait pas se contenter d'une production maison.À ce moment-là, sa vision d'une production commerciale de porcs biologiques était faite du même matériau que celle avancée par Solidarité rurale Abitibi-Témiscamingue, qui, en 1999, jonglait avec l'idée de certifier l'ensemble du territoire.Si cette dernière a repris des dimensions plus réalistes, celle de Paul s'est amplifiée sous la force de sa persuasion.À force de convaincre, Paul Bernier a entraîné dans son sillage bon nombre de producteurs, créant ainsi l'Association des producteurs La Coopérative passe à l'action, suite et fin D’autres défis à relever La visite de la meunerie étant terminée, rendons-nous au village pour casser la croûte et pour boire « la meilleure eau au monde », en compagnie du chargé de projet de la Coopérative biologique de l'Abitibi, Gaston Gadoury, qui a été agent de développement en milieu rural pendant plusieurs années.« Grâce à l'appui du milieu et au potentiel de notre région, nous avons réussi à démarrer les activités ».Le chargé de projet est conscient que les yeux sont rivés sur la meunerie et la porcherie, qui sont devenus ni plus ni moins qu'un symbole pour la production biologique dans la région.Huit producteurs attendent d'ailleurs les résultats avant de se doter d'une porcherie biologique.« Pour être viable, nous estimons que la meunerie devra produire 2000 tonnes de moulée par année et qu'une porcherie devra compter 100 truies.Nous prévoyons atteindre la vitesse de croisière l'an prochain », explique M.Gadoury.En plus de veiller à l'atteinte de ces résultats, le chargé de projet travaille à compléter la filière en ce qui a trait au transport, à la transformation et à la mise en marché.L'arrimage entre ces différents secteurs représente tout un défi, mais la détermination des promoteurs a de quoi nourrir tous les espoirs.?CJonsij/tnnfc inc7.Conception et gestion de projets Agroalimentaire et environnement Étude de faisabilité Étude d'opportunités Étude de marché nationale et internationale Plan de marketing Étude d'affaires Accompagnement en R&D Évaluation environnementale Eveline Lemieux, présidente 819.762.2277 Pascal Billard, vice-président 819.797.2200 119 Rémi-Jodoin, Rouyn-Tforanda (Québec) J9X 5R9 Télécopieur : 819.797.2200 Courriel : solair.consultants@sympatico.ca Site Web :http://ww3.sympatico.ca/solair.consultants/Page 1 .html bio-bulle 37 • cahier régional Abitibi-Témiscamingue O Photo : Raynald Laflamme ÀBITIBI-TEMISCÀMINGUE., .terres d avenir biologiques d'Abitibi-Est, qui coordonne aujourd'hui l'ensemble des activités d'un vaste projet visant la production céréalière biologique, la transformation de ces céréales en moulées biologiques et, en bout de ligne, l'élevage de porcs biologiques.Sous la poussée de ce regroupement, Paul Bernier mettait sur pied l'entreprise Ferme Bio Abitibi inc.et embauchait une firme de consultants qui allait lui permettre de mettre sur papier son projet de porcherie biologique.Résultats : une porcherie d'une capacité de 100 truies pour un investissement de 777 000 $, soit les coûts de réalisation de l'infrastructure et une première année d'opération couvrant les coûts estimés de mise au point des produits, de leur certification biologique et de leur commercialisation.Convaincre d'autres producteurs du bien-fondé d'un tel projet a été une chose.Convaincre les instances décisionnelles pour son financement en a été une autre.En bout de ligne, le politique a dû jouer en faveur des promoteurs (porcherie et meunerie).Une aide du MAPAQ de 260 000 $ était annoncée le 9 novembre 2001 aux volets meunerie et porcherie biologique, en plus d'une aide financière de 268 650 $ en provenance de la Société de diversification économique des régions.L'automne dernier, tout était donc en place pour la construction de la porcherie de La Morandière et de la meunerie qui s'installera à Barraute.Une première québécoise La porcherie commerciale en voie de certification biologique est une première au Québec.Ce qui est moins nouveau, c'est la corvée qui a permis, le temps de deux fins de semaine, de construire le bâtiment.Soixante-cinq personnes totalisant 3200 heures de travail plus tard, le défi était relevé.Le bâtiment d'une superficie de 341 pi sur 44 pi accueille une section gestation de Une vraie vie de pacha! 80 enclos, une maternité de 30 espaces, une salle de contrôle et un espace bureau avec toutes les commodités nécessaires, une pouponnière de 32 places, une section triage de 16 places (10 porcelets/place) et un parc d'engraissement pouvant recevoir 360 porcs.Les enclos et le revêtement extérieur de la porcherie sont faits de planches d'épinette.Un toit cathédrale, une fenestration adéquate et une litière de copeaux changée quotidiennement permettent aux porcs de profiter d'un réel bien-être.Le confort est aussi perceptible pour Paul et sa « madame » Léa, qui passent plusieurs heures par jour dans la porcherie.Ça respire et c'est très loin de sentir le concentré de purin.Le fumier solide est évacué par une chaîne et Dans ce coin de l'Abitibi, le projet de porcherie de Paul Bernier a été réalisé grâce à l'entraide de la collectivité PORCHERIE -BI
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