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Titre :
Bio-bulle : bulletin d'information de l'agriculture biologique québécoise
Éditeur :
  • La Pocatière (Québec) :Centre d'agriculture biologique de La Pocatière,[1989]-
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bio-bulle : bulletin d'information de l'agriculture biologique québécoise, 2011, Collections de BAnQ.

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BAnQ 9999 Client#: 526 exp Bibliothèque Nationale du Québec Section du dépôt légal 2275, rue Holt Montréal, Québec H2G 3H1 IL Y A ENCORE DU BOULEAU DANS LA FORET une réflexion de sylvie laberge bulle Voir TOUTE la vie en bio! N° 100-juin 2011 S Ile série les défis du bio io bouchard A SUIVRE également dans nos pages l'envers de l'assiette prise 3 le paysage comestible de michel renaud la culture ogm au guébec .• T t se~ ’¦NIL 06538523341203 Bic bulle Alimentation Santé Agriculture Jardinage Environnement S Choix de société DRUIDE ET BIO-BULLE.LA COMBINAISON PARFAITE, POUR LE CORPS ET L'ESPRIT.Abonnez-vous ou renouvelez votre abonnement en remplissant le coupon ci-dessous ou au www.lavisbio.org.Nous vous transmettrons un code d'accès qui vous permettra de profiter d'un rabais de 25% sur tous vos achats en ligne des produits Druide, dont la renommée n’est plus à faire.Avec Druide et Bio-bulle, dorlotez-vous, de corps et d’esprit! S.V.P.COCHER L'OPTION DE VOTRE CHOIX O Abonnement 1 an / 6 numéros 29,75$ +4,15$ (TPS &TVQ) : .O Abonnement 2 ans /12 numéros 47,50$ + 6,62$ (TPS &TVQ) : .Nom: Lavis BIO éditeur JL f agroalimentatre pose de grands défis à l'humanité.Faites-vous une opinion éclairée grâce à l'équipe de Bio-bulle.TOTAL 33,90$ 54,12$ Nom de I organisme (si applicable) Je renouvelle mon abonnement - mon numéro d'abonné est Adresse Code postal Province Téléphone Courriel J'OFFRE BIO-BULLE EN CADEAU - MERCI D'ENVOYER LA FACTURE À Nom : N° d'abonné Adresse Code postal Province Téléphone Courriel DRUIDE /DRUIDE VV WW.DRUIDE.CA * v-R druide % KS\RiTè SHAMPOO ~ -.- SHOWER Gt PROFITEZ DE CETTE OFFRE POUR DONNER À VOTRE CORPS DES SOINS BIOLOGIQUES.r-astfïî DRUIDE* A IHIbHROO Urt corporel équife#* citt^uotncAvv LÎÛU 0 BODY SO*i OOTHINC f .¦ .SHAMPOOIN'.AusjjleKhende KOroertow , £ L (x>uc • ! mtËÈÊÊÉàêi&m ' S I;'! - "V.1.Les produits de soins corporels biologiques DRUIDE sont conçus en harmonie avec la nature et ses habitants.(RCv \ Milk / I iis s i ht'vn: UtTtflf'» OACAN ancingSt Savonéc]u|brant DRUIDE CÙrwZ&tt jm l^îkVnc’ingSoap DRUIDE ‘•'o'ec*oabiÿn.DRUIDE vous garantit une securité absolue ; les ingrédients utilisés, leur source ainsi que leur processus de fabrication sont révisés par des conseillers scientifiques reconnus.Ils respectent l'écologie et la santé de votre corps, tout comme celle de la Terre-Mère.waingq K*r~" D RIJI D E Bio pour la vie.| Organic for life.DRUIDE' www.druide.ca | info@druide.ca | 1.800.663.9693 poste 200 bulle Voir TOUTE la vie en bio! 'i1 Partager son territoire pour en assurer la pérennité.un concept tout simple inventé par mère Nature elle-même.CfUALITE par roméo bouchard O 9 10 Y A DU BIO DANS LE FRIGO REGARD SUR LE BIO ACTUEL enquête sur le bio d'ici, d’hier aux défis de demain DOSSIER BIODIVERSITE LA DIFFÉRENCE, C'EST LA VIE 13 CRISE DE LA BIODIVERSITE LE QUÉBEC N’Y ÉCHAPPE PAS par michel lebœuf POLLINISATEURS EN PÉRIL par charles-eugène bergeron LA BIODIVERSITÉ MARINE TRÉSORS À DÉCOUVRIR par philippe archambault et cindy grant AGROÉCOLOGIE, PRODUCTIVITÉ BIODIVERSITÉ ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE par jean-claude rodet QUIZ BIODIVERSITÉ ICE POUR TOUS RUBRIQUES 4 LE MOT DU RÉDAC'CHEF 5 BIO INFO 8 BIO CAPSULES 32 NOUVELLES DES ORGANISATIONS par jean-philippe deschênes-gilbert 33 LIVRESQUES RÉCOLTES par renée demers ÉFLEXION 34/IL Y A ENCORE DU BOULEAU DANS LA FORÊT par sylvie laberge 25 LEGALITE ET BIODIVERSITE par richard seers TENTATION 26 L’ENVERS DE L'ASSIETTE LA FORCE DU 3N-J par chantai gailloux LDINAGE UN PAYSAGE COMESTIBLE par michel renaud 30 BULBEUX, LE FENOUIL par yves gagnon 31 FENOUIL, MON AMI! savoureuses recettes proposées par renée frappier et yves gagnon Page couverture : « Vive la différence! » Photos Nuance Photo, Stock.xchng et Heike Link ISMER / UQAR • Conception Studios Sigma •LE MOT DU REDAC'CHEF* Conte du bas du fleuve.coteaux de la Rivière-Ouelle un vieillard et sa femme, habitants à l'aise et sans enfants.Un beau matin que le vieux était à se promener sur la grève il vit, sur le rivage, une boîte qui n'avait point de couvercle.Il y trouva un tout petit enfant, bien portant en apparence.La boîte était d'un bois étranger au pays et l’enfant était autrement attifé que les enfants du pays.Comme un navire anglais était arrêté à quelque distance au large, le vieux se dit : « Ce sont les Anglais qui sont venus mettre ici cet enfant; mais c'est égal, le pauvre petit n'y perdra pas : le bon Dieu me le donne et je l’accepte; allons le porter à la bonne femme et le faire baptiser.» Tïois heures après, le vieux et la vieille partaient dans leur calèche pour aller à l'église.Rendu sur les fonts baptismaux, monsieur le curé demanda au parrain : - Quel nom voulez-vous lui donner?- J’en sais rien, m'sieur le curé, répondit le vieux.- Comment, vous n'en savez rien?- Eh bien! non, je n'en sais rien; mais je suis quasiment sûr que-c'est un Anglais.Le fait est que le vieux ne savait pas trop quel saint il fallait invoquer pour obtenir la grâce de faire un bon chrétien d'un Anglais.- Dans ce cas, reprit le curé, nous allons le nommer Jean Sérien dit LAnglais.Ce qui fut dit, fut fait.Cette histoire un peu romancée de l’origine de la famille Langlais me fait penser à la différence qui existe entre une certaine version de la réalité et la réalité elle-même.Aujourd'hui, plusieurs étiquettes rendent les produits offerts au consommateur de plus en plus attrayants : bio, naturel, régional, du terroir, organique, etc.On finit par s'y perdre! C'est pour clarifier un peu les choses que la Filière biologique du Québec a lancé, lors de l'Expo Manger Santé et Vivre vert de Québec, le 27 mars dernier, le logo Bio Québec qui garantit la certification et la provenance du produit acheté.Enfin une manière simple et sûre de manger bio et d'encourager les entreprises d'ici! La sortie en kiosque de ce numéro coïncidant presque avec la Fête internationale des travailleurs et travailleuses, Bio-bulle désire souligner le travail incessant de ces gens qui perpétuent une tradition de qualité dont nous pouvons profiter dans notre assiette quotidiennement.Ces agriculteurs, producteurs, transformateurs et autres protagonistes du secteur bio méritent notre admiration et c'est pourquoi nous préparons encore une fois cette année notre bottin annuel qui répertorie les bonnes adresses à travers tout le Québec.La période d'inscription est presque terminée, alors communiquez rapidement avec nous, car plus les ressources dans ce secteur seront connues, plus il profitera à tous! Autre fait à souligner, vous avez en main le centième numéro de Bio-bulle.Eh oui! déjà 100 revues à vous renseigner sur les multiples facettes du bio à travers les gens et les régions.Pour que votre magazine atteigne ce cap, il a fallu des visionnaires, des gens de cœur et tenaces, qui ont veillé au grain et qui ont permis cette récolte de qualité jusqu’à aujourd'hui.Ce numéro leur est dédié et puissions-nous être, avec votre fidélité et votre intérêt sans cesse renouvelés, leurs dignes successeurs encore pour longtemps! Bit* bulle Voir TOUTE la vie en bio! NUMÉRO 100 • JUIN 2011 L'éditeur laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.La reproduction des textes publiés dans ce magazine est vivement encouragée à condition que la source soit indiquée.Éditeur: L’avis bio Rédacteur en chef : Michel Dumais micheldumais@yahoo.ca Ont collaboré à ce numéro: Philippe Archambault, Charles-Eugène Bergeron, Roméo Bouchard, Jean-Philippe Deschênes-Gilbert, Renée Demers, Renée Frappier, Yves Gagnon, GaïaPresse, Chantal Gailloux, Cindy Grant, Sylvie Laberge, Michel Lebœuf, Michel Renaud, Jean-Claude Rodet et Richard Seers Révision : Hélène Cadieux Conception et montage: Studios Sigma, tél.& fax : 418.852.3088 sigma@videotron.ca Illustrations: Diane Bisson dianebisson22@hotmail.com Impression : Les Impressions Soleil Distribution: Messageries Benjamin, 450.621.8167 numéro 100 • mai-juin 2011 Date de tombée #101:6 mai 2011 Parution en kiosque #101: 27 juin 2011 PUBLICITÉ Pour tous vos besoins, contactez : Jacques Lanoue 450.538.6038 • jlanoue@b2b2c.ca Louise Chrétien 418.536.5872 • info@lavisbio.org ABONNEMENT Canada (taxes et frais de port inclus) 1 an (6 numéros): 33,90$ 2 ans (12 numéros) : 54,12 $ POUR NOUS JOINDRE: L’avis bio, service à la clientèle 495, route 132 La Pocatière Qc, GOR1Z0 Téléphone : 418.856.5872 Télécopieur: 418.856.2636 Courriel: info@lavisbio.org aWecq H ASStXIAITON DES MÉDIAS ÉCRITS V-COMMUNAUTAIRES tAi QUEBEC ¦¦¦¦ V Mirhpl Dur * Michel Dumais, rédacteur en chef mdumais@lavisbio.org Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d'édition.Canada Dépôt légal: ISSN 1195-03-58 Bio-bulle est imprimé sur du papier recyclé 100% postconsommation une realisation de • BIO I I N F O • BIO-BULLE SORT A L'EXPO POTENTIELS DE MARCHE L’équipe de Bio-bulle a participé récemment aux salons Expo Manger Santé et Vivre vert de Montréal et de Québec.En plus d'adresser nos félicitations au comité organisateur et son âme dirigeante, Renée Frappier, nous ne pouvons passer sous silence l'appui généreux et dynamique de nos bénévoles, dont l'équipe du Regroupement des jardiniers écologiques à Montréal, qui se sont fait un devoir d'échanger, de renseigner et de tenir le fort avec une bonne humeur contagieuse et inépuisable.Nul doute que la réussite que nous avons connue aux deux endroits leur est redevable en grande partie, l'autre provenant de toute cette foule curieuse et intéressée qui nous reconnaissait ou nous découvrait.Un rendez-vous déjà pour 2012! Le rédac'chef fier de son équipe L'ÉTIQUETTE BIO QUÉBEC BIENTÔT SUR LES TABLETTES En haut, la joyeuse équipe de Montréal, en bas, quelques indispensables de Québec! Si le mode de production biologique a été longtemps considéré comme marginal, il s'inscrit maintenant comme une tendance que personne ne peut ignorer.Il ne s'agit pas d'une mode mais bel et bien d’une tendance mondiale incontournable.En 2010, la valeur du marché bio était estimée à environ 55 milliards de dollars à l'échelle de la planète, ce qui constituait une augmentation de plus de 50% en seulement cinq ans.Ces chiffres démontrent bien que le créneau de marché des produits biologiques est désormais l'un des plus importants à l’échelle mondiale.www.lequebecbio.com 1 ANNY SCHNEIDER PUBLIE DE NOUVEAU Anny Schneider compte parmi les herboristes les plus réputés du Québec.Diplômée de l'Herbothèque et de l’Académie de phytothérapie du Canada à Montréal, elle enrichit constamment ses connaissances en parcourant la riche flore du Québec.Femme passionnée des bois et des champs, elle profite de la venue du printemps pour nous présenter deux livres pratiques.Dans La nouvelle pharmacie verte, l'auteure combine les vertus des aliments sains, des plantes médicinales et des suppléments alimentaires.Son approche est globale, simple et accessible.Vous y trouverez de nombreux conseils qui vous permettront de soigner les maladies les plus communes, naturellement et en toute simplicité! ?4 BIO) Après le logo Aliments du Québec, son cousin Bio Québec fera bientôt son apparition sur les tablettes des supermarchés.Avec cette nouvelle étiquette, l'in- dustrie biologique québécoise souhaite convaincre les «biosceptiques», à l'heure où pullulent les produits dits naturels.Le créneau biologique occupe à l’heure actuelle près de 2% du marché alimentaire d'ici, et parmi cette offre, seulement 30% des produits proviennent de la Belle Province, selon Alain Rioux, directeur général de la Filière biologique du Québec.L'organisme a profité de la tenue à Québec de l'Expo Manger Santé et Vivre vert pour lancer, le 27 mars dernier, sa campagne de valorisation des produits bio qui s'échelonnera sur trois ans.La Filière biologique prévoit ainsi améliorer le repérage des produits régionaux à l'aide d'affichettes portant le logo Bio Québec, semblables à celles déjà bien visibles d'Aliments du Québec.Déjà, 300 entreprises ont adhéré à la nouvelle identification, qui avait été mise sur la glace en 2008 en raison d'un financement insuffisant.Avec le soutien financier du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, la Filière biologique a également créé le portail lequebecbio.com, qui informe les consommateurs et les entreprises à propos du processus de certification québécois.Le Soleil, 28 mars 2011 INTROUVABLE, LA VIANDE BIO?N’IMITEZ PAS CES SINGES! *TfTw \ IL EST FACILE DE SE PROCURER UNE VIANDE IOQ7o| CERTIFIEE! BIOLOGIQUE! SAVOUREUSE 3 POINTS DE VENTE A VOTRE PORTEE La Ferme Saint-Vincent (sur rendez-vous) Boucherie La Ferme Saint-Vincent 1171 Rang nord de la rivière Chicot Saint-Cuthbert • 450.836.2S90 Boucherie La Ferme Saint-Vincent Marché Atwater, étal n ° 12 138, avenue Atwater, Montréal • 514.937.4269 NOUS SOMMES AUSSI ACHETEURS DE VIANDE BIOLOGIQUE CERTIFIEE Marché Jean-Talon, local n° C-20 7070, avenue Henri-Julien Montréal • 514.271.0209 ou achetez en ligne au www.saint-vincen BULLE NUMÉRO 100 • • • WWW.LAVISBIO.ORG bio info •BIO Je me soigne avec les plantes sauvages est abondamment illustré.Cet ouvrage est entièrement mis à jour, afin de refléter les plus récents changements dans la nomenclature ainsi que dans l'industrie des produits naturels.L'auteure nous invite à découvrir les vertus médicinales insoupçonnées des nombreuses plantes qui poussent autour de nous.2,3 M$ POUR VICTO o Cégep Le 31 mars, le cégep de Victo- de VICtONQ N/i II© riaville annonçait l’obtention une aide financière de 2,3 millions de dollars du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) pour le soutien au développement de la production agricole biologique dans les secteurs des grandes cultures et de l'horticulture.L'aide permettra au Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB + ) de réaliser cinq grands projets, en collaboration avec 19 entreprises agricoles.Le CETAB+ a été créé il y a un peu plus d'un an, suite à une vaste consultation dans le milieu.Il permet notamment de structurer et d'amplifier les interventions réalisées depuis près de 20 ans par le Cégep de Victoriaville dans le domaine de l'agriculture biologique.GARE À LA FIÈVRE DE L'OR.NOIR La Coalition Saint-Laurent met en garde les Québécois contre la fièvre de l'or noir qui pourrait s’emparer d’eux à la suite de la signature de l'entente Canada-Québec sur les I N F O hydrocarbures.Pour les membres de la coalition, cette entente pourrait être beaucoup moins profitable au Québec qu’elle n'y paraît et ne pas contenir les garde-fous nécessaires en matière de protection de l’environnement et des ressources du golfe Saint-Laurent.Rien n’empêchera Tferre-Neuve d'explorer et d’éventuellement exploiter le gisement Old Harry, à seulement six kilomètres de la « frontière » établie, sans avoir, au préalable, fait une évaluation environnementale complète avec audiences publiques de cette activité.Pour Danielle Giroux, porte-parole de la coalition, « Les parties, incluant Tferre-Neuve, doivent prendre un temps d’arrêt pour permettre d’entreprendre ou de compléter les évaluations environnementales et les audiences publiques sur l'ensemble du golfe et d'analyser tous les tenants et aboutissants de l'exploration et de l'exploitation éventuelle des hydrocarbures dans le golfe ».Pour Christian Simard, de Nature Québec, « La structure actuelle des offices les rend à la fois juges et parties dans le développement de l’industrie pétrolière en milieu marin, situation qui a directement mis en cause la sécurité des opérations pour la protection des travailleurs et des écosystèmes ».Danielle Giroux, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent et présidente du mouvement pour la valorisation du patrimoine naturel madelinot Attention Fragiles 418.986.6644 | coalitionstlaurent@me.com Christian Simard, directeur général, Nature Québec 418.648.2104 poste 20711 direction@naturequebec.org Améliorez le rendement de vos cultures et augmentez la matière organique de votre sol avec l'engrais naturel Acti-Sol! Le fumier de poule pondeuse Acti-Sol est approuvé pour ^Agriculture Biologique par : Ecocert Canada, Québec Vrai et OA/lRl.I ?Approuvé ‘ jsiOUVtAU Granules plus fins WWW.LAVISBI0.0R6 • • • BIO-BULLE NUMÉRO • BIO PRESERVER LA BIODIVERSITE En agriculture, l’adoption de bonnes pratiques peut avoir un impact positif sur la biodiversité à la ferme, augmenter les services écologiques et permettre d’en retirer des bénéfices bien concrets.Le MAPAQ, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, ainsi que l'Union des producteurs agricoles ont publié en février 2011 le document Biodiversité - Les alliés naturels de l'agriculteur, une richesse à préserver.Ce document fait un survol des moyens pour valoriser la biodiversité en milieu agricole.www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/encart_biodiversite.pdf UN PARLEMENT VIRTUEL Pour la première fois, une équipe de citoyens soucieux de démocratie propose à tous les citoyens du Québec un Parlement virtuel où ils peuvent expérimenter la démocratie directe.Ses activités parlementaires ont débuté le 1er février, à l'adresse www.quebecvote.ca, QuébecVote, la République citoyenne du Québec, est un nouveau site Internet qui invite tous les citoyens du Québec à faire l'expérience de la démocratie directe.Ce n'est pas un blogue ni un forum où on déverse ses états d’âme et ses opinions spontanées.C’est un Parlement virtuel où chaque citoyen qui s'inscrit peut proposer, discuter et voter des lois, en un mot, participer de façon responsable et ordonnée au gouvernement.Information : quebecvote@gmail.com INFO • FORMATION EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE Cégep de Victoriaville Cours de 6 heures sur les notions de production de semences bio.Offert à la fin novembre 2011.Pour vous inscrire: Guylaine Martin, agr., répondante en formation agricole 819.758.6401 poste 2702 martin.guylaine@cgp victo.qc.ca COURS Transition vers la production de lait biologique Région Chaudière-Appalaches (Appalaches-Beauce-Etchemins) D’une durée de 15 heures, il aura lieu selon la provenance des participants.Le cours démarre lorsque le nombre de participants est de 15 personnes.Responsable : Sandy Roy, 418.228.5588 poste 1265 OFFRE DE FORMATION Les trésors de la forêt boréale La richesse des produits forestiers non-ligneux; découvrez, utilisez et rentabilisez votre terroir.Formation sur mesure d’une journée.Minimum 30 personnes, maximum 35 personnes.Coût : 50$ par personne Information : Fabien Girard 418.273.2329 ou 418.258.3451 poste 236 * Canada Services de certification biologie RU Depuis 1990 États-Unis |JPS PRO-CERT Japon Europe i ¦ ¦ , m I |, v jV Hg : • % , %.¦' 1 Chez Pro-Cert, nous offrons un service de certification biologique qui répond à vos besoins depuis plus de 20 ans.Nous offrons à notre clientèle un accès à tous les marchés internationaux par l'entremise de nos nombreuses accréditations.Chez Pro-Cert nous n'employons que des inspecteurs et des évaluateurs qualifiés.Nous offrons un service bilingue, personnalisé et abordable.L'agriculture biologique est notre raison d'être! Pour plus de renseignements ou pour une demande de soumission sans frais et sans obligation, contactez Dave Lockman, agronome, au 1.877.574.5604 ou par courriel à dave.lockman@pro-cert.org A- JULIE NUMÉRO 100 WWW.LAVIS8IO.ORG 1 BIO-CAPSULES CERTIFICATION CERTIFICATION PLANÉTAIRE?Une étude préparée par Secor pour le compte de Recyc-Québec écrit que « certaines entreprises profitent de la tendance écologique en ayant recours au greenwashing, c'est-à-dire en faisant la promotion de leur marchandise grâce à des assertions écologiques abusives ».Or ces pratiques commerciales - qu'on qualifie d'écoblanchiment - pourraient s'estomper dès l'an prochain s'il n'en tient qu'au programme Certification de produits à contenu recyclé créé par Recyc-Québec.« Une tierce partie indépendante - le Bureau de normalisation du Québec - vérifiera si une entreprise peut bel et bien affirmer que son produit contient 50, 75 ou 100% de contenu recyclé », explique Jeannot Richard, vice-président opérations et développement chez Recyc-Québec.Ce système de certification devrait couvrir tous les produits mis en marché au Québec.Recyc-Québec a bon espoir que, une fois de plus, une certification écologique mise au point au Québec se répandra comme une traînée de poudre à la grandeur de la planète.Le Devoir MONTRÉAL PARMI LES PLUS ÉCOLO Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a annoncé que Vancouver était la ville canadienne qui faisait le plus d'efforts pour lutter contre les changements climatiques.Montréal arrive au troisième rang.Ce palmarès est constitué à partir d'indicateurs qui incluent les réductions liât des émissions de gaz à effet de serre, l'utilisation d'énergies renouvelables et l'appui aux constructions et aux transports écologiques.Tbronto arrive en seconde place alors que Victoria, Saskatoon, Edmonton, Hamilton, Halifax, Mississauga et Yellowknife terminent la liste des 10 villes canadiennes.Vancouver a obtenu un pointage de 8,1 sur 10, Tbronto a atteint la marque de 7,2 et Montréal, quant à elle, a reçu la note de 6,2.Les autres villes ont obtenu des totaux se situant entre 5,7 et 5 sur le classement environnemental.Terri Theodore.La Presse Canadienne, 21 mars 2011 LE QUINOAr ALIMENT DE L'AVENIR?Cultivé depuis des millénaires dans les Andes, le quinoa, plante sacrée des Incas, est devenu aujourd'hui la star de l'alimentation bio en Occident, vanté comme « l'aliment de l'avenir ».La graine de quinoa, originaire de l'Amérique du Sud, constituait ANTIBIOTIQUES ÇA NE S'ARRANGE PASf DIS DONC! L'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) vient de publier son nouveau rapport sur le suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2009.Pour cette année, le volume total des ventes * N TI BI © TIQV E S la base de l’alimentation des civilisations précolombiennes.Les Incas l’appelaient chisia marna, ce qui signifie en quetchua « mère de tous les grains ».On connaît le quinoa grâce à son introduction sur les marchés des produits bio et équitables et il est reconnu pour ses propriétés nutritives exceptionnelles.Aujourd'hui, ce sont 1200 producteurs, et indirectement plus de 15 000 personnes, qui bénéficient de ce commerce.Cependant certains avancent que la forte demande pour la « culture perdue des Incas » dans les pays riches a fait bondir les prix jusque dans les pays où elle est produite.Du coup, de plus en plus de Boliviens peinent à s'offrir cette céréale nutritive et se rabattent sur des aliments transformés moins chers et de bien moins bonne qualité nutritionnelle.Ievifweekend.rnews.be et cyberpresse s’est élevé à 1067 tonnes d’antibiotiques vétérinaires.Plus de 92% d'entre eux ont été vendus à destination des élevages d'animaux utilisés pour la viande, le lait et les œufs (le reste pour les animaux de compagnie).44% du tonnage d’antibiotiques vendus est à destination des élevages de cochons, plus de 22% va aux élevages de volailles et 16% aux élevages de bovins.Selon le site viande.info, l’élevage des animaux - principalement l’élevage intensif - est responsable de cette utilisation massive d'antibiotiques.La promiscuité et les conditions d'élevage surexposent les animaux aux différentes pathologies et sans antibiotiques et autres médicaments, des taux élevés de mortalité et de morbidité mèneraient l'élevage intensif à sa perte.www.ddmagazine.com, 28 février 2011 Illustrations : Diane Bisson / illustrations.dianebisson.over-blog.com WWW.LAVISBIO.ORG • * * BIO-BULLE NUMÉRO 100 Regard sur l'actualité ^ ucyuiu JUI I UtlUUIllt 4 BIO) Y a du bio dans le frigo! par Roméo Bouchard | romeobouchard@sympatico.ca campagne de valorisation de l’appellation biologique du MAPAQ devrait avoir débuté fin mars-début avril, suite à deux ans de préparation, dont un sondage sur la perception du bio chez les consommateurs, des groupes de discussion (focus-group) et des projets pilotes.Elle est sous la responsabilité de la Filière biologique du Québec du MAPAQqui y consacrera 600 000$ au cours des trois prochaines années.Sa signature visuelle est le nouveau logo Bio Québec et son slogan, « Y a du bio dans le frigo ».Compte tenu des budgets, ce n’est pas d’abord une campagne publicitaire dans les grands médias mais un ensemble d’interventions concertées auprès des consommateurs, des entreprises agricoles et agroalimentaires, des éducateurs et des médias.Elle vise une augmentation de 10% de la confiance dans l’appellation biologique, de 10% des ventes bio et de 25% des producteurs bio.Il est temps qu’on permette à l’appellation biologique certifiée de se démarquer de la panoplie d’appellations qui ne sont le plus souvent que pur marketing : naturel, écologique, santé, artisanal, probiotique, terroir, paysan, campagnard, traditionnel, fermier, local, 100% canadien, Aliments Québec, etc.Les sondages confirment qu’un grand nombre de consommateurs continuent de penser que le bio est une arnaque commerciale parmi d’autres, au mieux une mode pour les riches.Il est temps qu’on sache que les producteurs bio certifiés sont les seuls qui peuvent garantir que leurs produits sont exempts de pesticides et d’OGM et respectent l’environnement et le bien-être des animaux; les seuls aussi en conséquence qui peuvent assurer la sécurité alimentaire de la planète et la pérennité de ses ressources alimentaires.Il y aura encore beaucoup à faire pour promouvoir l’appellation biologique, notamment le remboursement des frais de certification pour la rendre accessible à tous les producteurs concernés et pour stimuler la demande des produits biologiques d’ici et leur disponibilité sur les marchés.Il en sera beaucoup question dans la série d’articles qui débutent avec ce numéro sur les défis du bio au Québec.LES ENGRAIS NATURELS Mc INNES depuis 1989 Stanstead (Québec) 819-876-7555 fax 819-876-1166 www.biobiz.ca • engrais@biobiz.ca OGM COURSE ENTRE LE COCHON ET LE SAUMON D’après Éric Darier de Greenpeace, dans la course aux OGM qui fait rage, les premiers animaux de consommation à se faire la lutte présentement sont le cochon et le saumon.L’Université de Guelph en Ontario tente de qualifier un cochon OGM, Enviropig, « qui chie moins de phosphore », ce qui permettrait de produire plus de cochons sans dépasser la capacité de support des sols en phosphore sur un territoire donné.Donc de grossir encore les élevages hors sol, ce qui a pour effet de déséquilibrer encore plus l’écosystème et la biodiversité agricoles.Quant au saumon OGM, pour pouvoir le faire entrer aux États-Unis, la compagnie AquaBounty Tfechnologies qui l’a développé à l’île-du-Prince-Édouard voudrait pouvoir exporter ses œufs au Panama, d’où les jeunes mutants pourraient revenir faire carrière aux États-Unis.et au Canada.Au niveau des plantes, le canola OGM, le soya OGM et le maïs OGM de Monsanto sont maintenant infiltrés dans beaucoup de nos aliments, notamment les viandes, puisque la plupart des animaux que nous mangeons ont été nourris avec ces grains.Le nouveau maïs OGM SmartStax, autorisé sans études supplémentaires, comporte six gènes résistant aux insectes en plus des deux gènes résistant à l’herbicide Round-up : on n’en est plus à un gène près! Environ 65 plantes OGM sont autorisées au Canada, plus une quinzaine de plantes croisées ou mutagènes.La compagnie Lantic de Montréal aimerait bien que le Canada autorise la betterave à sucre OGM, comme aux États-Unis, pour en faire l’extraction du sucre.Le blé est aussi dans la mire.Mais la plante qui fait la manchette ces temps-ci n’est pas la moindre, puisque c’est une plante vivace et voyageuse qui est au cœur de l’industrie laitière dominante au Québec : il s'agit de la luzerne OGM de Monsanto, qui vient Le premier vendredi de chaque mois, La Rosalie vous offre une Journée gentillesse 10% sur tous les produits en magasin Événements Gratuités Venez nous voir! Suppléments et cosmétiques Fruits, légumes, viandes et poissons bio I En prime, votre compte-client! 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chapitres de l'enquête : 40 ans d'efforts acharnés pour implanter le bio au Québec (en deux parties) Le portrait du bio au Québec en 2011 3 Défi 1 : le bio, produit de niche ou une alternative à l'agrochimie Défi 2 : le soutien indispensable au développement du bio Défi 3 : la défense des producteurs biologiques et la promotion du bio Défi 4 : bio industriel versus bio communautaire d’être approuvée aux États-Unis malgré les contestations légales.Le gouvernement canadien risque fort de suivre puisque les conservateurs ont tout fait pour empêcher que ne soient adoptés le moratoire proposé par les libéraux sur la luzerne OGM et le projet de loi C-474 présenté par le NPD afin d'exiger des études d’impact commercial avant l’autorisation d'un OGM.En Asie, c'est le riz OGM qui subit les plus fortes pressions pour une autorisation.Ailleurs, c’est le coton OGM.La tomate et la pomme de terre OGM sont déjà autorisées, mais leur commercialisation a été un échec, notamment grâce à McCain qui a exclu la pomme de terre OGM de son menu.Nos producteurs bio, laitiers et céréaliers en particulier, vont bientôt devoir cultiver sous dôme pour se protéger des contaminations croisées.Quant aux producteurs conventionnels qui utilisent abondamment les semences OGM, ils risquent de se voir couper la possibilité d'exporter dans plusieurs pays et pire, de voir leurs terres envahies par des mauvaises herbes qui ont développé une résistance aux herbicides (le Round-up particulièrement) ou même à devoir se résigner à abandonner leurs terres en raison des mauvaises herbes devenues incontrôlables, comme c'est présentement le cas de plusieurs fermiers en Géorgie (États-Unis) aux prises avec l'invasion de diverses variétés d'amarantes résistantes.Quant à nous, le seul moyen sûr d'y échapper en l'absence d’étiquetage, faut-il le rappeler, c'est de manger bio.• Ambrosia trifida, devenue résistante à tous les herbicides, servira-t-elle de leçon à ceux qui croient que les OGM sont sans conséquences sur l'environnement?IW.LAVIS8I0.0RG * • * BIO-BULLE NUMERI • ACTUALITE* du bio 40 ans d'efforts acharnés pour implanter le bio au Québec (première partie) par Roméo Bouchard, romeobouchard@sympatico.ca ¦ 2 février 1989, lors d'un souper organisé par le Q Mouvement d'agriculture biologique (MAB) pour son 15e anniversaire, où étaient présents plusieurs dirigeants du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) et de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Pierre Gaudet, 1er vice-président deTUPA, lui-même agriculteur biologique à Acton Vale, affirmait : « L'agriculture biologique ne fait plus partie du folklore granola, c'est une question économique.Nous voulons sauver nos terres qui se meurent d'avoir été surexploitées et la demande pour des produits biologiques (cultivés sans produits chimiques) est sans cesse croissante.D’ici 10 ans, 20% des producteurs utiliseront les méthodes de l’agrobio-logie, et dans 20 ans, 40 à 60% de toute la production agricole sera biologique.» (Humus, n.24, mars-avril 1989, p.19).Au même moment, plus de 200 producteurs conventionnels dans les régions de Victoriaville, de Lanaudière, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay étaient en processus de conversion au biologique et le MAPAQ venait d’annoncer un programme de soutien à l'agriculture biologique de trois milliards de dollars pour trois ans.Tbus les espoirs étaient permis, y compris celui d’un virage majeur de l'agriculture québécoise vers le bio, d'autant plus que la menace des ententes de libre-échange se faisait de plus en plus sentir sur l'avenir de l'agriculture du Québec.Un peu plus de 20 ans ont passé et la place du bio dans la production agricole et la consommation d'aliments n'atteint pas 2%.Les entreprises biologiques certifiées toutes catégories dépassent à peine le millier.On en est encore en 2011 à se demander si le bio a un avenir.Que s'est-il passé?LA DECOUVERTE DU BIO Le bio est entré au Québec par le biais du retour à la nature et à l'autosuffisance dans les premières communes de jeunes des années 70.Mainmise et le Quartier Latin magazine furent les premiers relais au Québec de ce courant de contre-culture venu des États-Unis.« Bien avant 1974, écrit Gilles Savard dans l'édition du bulletin du MAB pour son 10e anniversaire, par l'entremise de la revue Mainmise, plusieurs rencontres entre gens intéressés par l’agriculture biologique avaient eu lieu.Le tout s'articulait autour de projets de villages communautaires autosuffisants.Lors d'une réunion en 1972, on dénombrait une centaine de projets de communautés rurales.Les 70 personnes qui se présentèrent à Saint-Hyacinthe en mars 1974 étaient en majorité des urbains de la contre-culture.Nous avons fait 1'unanimité sur des bases d’orientation, à savoir la promotion des techniques d'agriculture biologique et la recherche de points de référence ailleurs dans le monde.» LALIMENTATION NATURELLE Le premier secteur à s'organiser fut celui de l'alimentation.Les coopératives d'alimentation naturelle se sont multipliées avec une rapidité étonnante à l'époque : en 1975, il y avait déjà cinq grandes coopératives (Montréal, Sherbrooke, Québec, Bas-Saint-Laurent, Saguenay); en 1980, on comptait plus de 200 groupes d’achat reliés à chacune d'elles, plusieurs milliers de membres et trois entrepôts (la Balance à Montréal, l'Engoulevent à Québec et celui des Cantons de l'Est).L'alimentation ésotérique et végétarienne était à la mode : le soya, le sarrasin, le tofu, les fruits tropicaux, les.noix, l'huile d'olive, etc.Mais très tôt, on se rend compte que les aliments naturels qu'on y vend proviennent de l'étranger et qu'il est urgent de produire sur place nos aliments naturels.On réalise qu'il faut pouvoir garantir la qualité des aliments qu'on vend, et le seul moyen de le faire est de recourir à des certifications garanties sur la base de cahiers de charges.En d’autres mots, il faut passer par l'agriculture biologique.LAGRICULTURE BIOLOGIQUE Autosuffisance oblige : les jardiniers et fermiers autosuffisants veulent pouvoir approvisionner les coops.Le MAB a été fondé en 1974.Il a accompli un travail colossal de pionnier pour faire connaître, reconnaître et structurer l'agriculture et l'alimentation biologiques.Clément Boulanger en est le premier coordonnateur, et deux fermiers venus d’Europe en deviennent rapidement les premiers animateurs : Pierre Valton à Saint-Mathias et Jean Richard à Champlain.D'autres noms aujourd'hui respectés se sont ajoutés rapidement : Jacques Petit, qui publie en 1976 le premier ouvrage biologique québécois : Compost, théories et pratiques; Christian Côté, qui démarrait au même moment à New-Richmond les serres de tomates Jardins Nature, aujourd'hui premières au Canada dans leur secteur; James Mclnnis, qui gère à ce moment-là un projet de 15 hectares en céréales biologiques en Gaspésie et agit comme fournisseur d’amendements biologiques; Russell Pocock, associé à un groupe très actif en Estrie (Compton), en lien avec les •BULLE NUMÉRO 100 WWW.LAVISBIO.ORG actualité actualité • ACTUALITÉ* réseaux américains, et dont la ferme Saunders a été la première certifiée (OCIA) en 1981; le docteur Stuart Hill, professeur au Collège McDonald-McGill, qui met alors sur pied le Center for ecological agriculture et le Service d'information Agro-Bio; le frère J.-A.Savignac, un précurseur du bio dans la région de Joliette; Robert Beauchemin, qui a créé la Meunerie Milanaise; Denis LaFrance, de la célèbre commune Les Plateaux Commun-O-terre de l'Anse-Saint-Jean fondée en 1975, qui a fait rayonner la formation qu'il est allé chercher en Europe dans les centres de recherche créés dans le sillon de Steiner, Pfeiffer, Müller, Rush, Soltner et autres; Céline Caron, réputée pour ses jardins et ses vergers; Daniel Reid, qui a été de tous les combats écologiques; Claude Gélineau, un spécialiste de la biodynamie (Demeter), qui a été à l'origine des programmes biologiques développés à l'ITA de La Pocatière; Onil Poirier, rédacteur du bulletin du MAB pendant plusieurs années; Yves Gagnon, qui a pris la direction de la revue Humus de 1985 à 1989 et demeure encore aujourd'hui un fidèle porte-parole du bio avec ses Jardins et Semences du Grand-Portage et ses écrits sur la culture écologique des légumes.Des centaines d’autres ont défriché vaillamment durant ces années le territoire biologique que nous habitons.Le travail réalisé par le MAB est colossal.Un an après sa fondation, le mouvement compte 200 membres et 800 sympathisants; dix ans plus tard, en 1984, il en compte 550 (producteurs ou aspirants-producteurs, jardiniers autosuffisants) et plus de 1000 en 1988.Il agit sur tous les fronts : information, conférences, formations, organisation, expériences pilotes, voyages à l'étranger, discussions avec le MAPAQ_ et l'UPA, négociations avec le Réseau des coopératives d'aliments naturels, librairie (aujourd’hui Biosfaire).En 1977, le Répertoire québécois des outils planétaires publié par Mainmise place les références en agriculture biologique au cœur de son chapitre sur la Tferre.En 1978, la Fédération internationale des mouvements biologiques (IFOAM) tient son colloque international à Montréal, sous la direction de Clément Boulanger et Stuart Hill.En 1980, le MAPAQ.ouvre la porte à une reconnaissance du bio en accordant au MAB une première aide de 21 000$.LA CERTIFICATION Au départ, le bio était une affaire de sens, d’intégrité, de rapport avec la nature et la communauté, de mode de vie.Mais la volonté de commercialiser les aliments biologiques dans les coops, les marchés de proximité et les épiceries pour en vivre va rapidement obliger les jardiniers bio autosuffisants à se professionnaliser.La première exigence est d'assurer la qualité biologique du produit pour qu'il devienne un produit différencié.La certification de l'appellation biologique devient incontournable et elle mobilise le MAB au cours des années 80.Il faut définir et garantir le produit de l’agriculture biologique pour ceux qui l’achètent, et pour ce faire, il faut définir des cahiers de charges précis et s'assurer de leur observance.En 1976, le MAB crée son propre comité d’accréditation qui compile les normes établies ailleurs dans le monde.L’IFOAM publie en 1980 un premier cahier de normes.Entre temps, une agence de certification américaine (OCIA) ouvre des chapitres au Québec et certifie les premières fermes québécoises.Il faudra attendre jusqu’en 1982 avant qu’un comité technique du MAB, composé de James Mclnnis, Denis LaFrance, Clément Boulanger, Jean Boutet, Bart Hall-Beyer et Andrée Deschênes ne propose le premier cahier québécois de Normes de production végétale en agriculture écologique, qui a servi de base pour la certification MAB et qui a eu cours jusqu'à la mise en place par le MAPAQj en 1991, de la certification Québec Vrai.Les normes pour la production animale écologique ont été entérinées par le MAPAQ_en 1991 également.En 1988, 85 producteurs s'étaient prévalus de la certification du MAB.(À suivre.On peut consulter une version plus détaillée de ce texte sur Vavisbio.org, sous onglet Autres publications) Dates repères dans l'histoire du bio au Québec 1970 Mainmise 1972 Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM) 1974 Mouvement d'agriculture biologique (MAB) 1975 Centre d'agriculture écologique (McDonald College) 1977 Répertoire des outils planétaires (Mainmise) 1978 Colloque international de l'IFOAM à Montréal 1979 Première entente entre le MAB et l'UPA & Premières normes bio de l'IFOAM 1982 Première ferme québécoise certifiée OCIA (Ferme Saunders) Certification MAB 1986 Premiers cours bio académiques 1987 Centre d'agriculture biologique (CAB) et Bio-bulle à La Pocatière 1989 Centre de développement en agrobiologie (CDAO) à Warwick Premier Plan de développement du bio au MAPAO 1990 Certification Québec Vrai (MAPAQ) Fédération d'agriculture biologique de l'UPA (FABO) 1991 États généraux du monde rural 1992 Ententes de l'ALENA et du GATT 1993 Table filière biologique du MAPAQ 1996 Première Loi sur les appellations Fondation d’Équiterre 2001 Fondation de l'Union paysanne - Bacon le film 2002 Moratoire et rapport du BAPE sur l'industrie porcine 2003 Union biologique paysanne 2006 Commission sur l'avenir de l'agriculture au Ouébec (Pronovost) 2008 Rapport Pronovost Deuxième Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants 2009 Normes bio canadiennes Centre d'expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+) au Collège de Victoriaville 2010 Deuxième Plan de développement du bio au MAPAO 2011 Nouvelle politique agricole 1?WWW.LAVISBIO.ORG • • • BI0 BULLE NUMER LES OISEAUX de la biodiversité QUEBEC ECHAPPE PAS i% LES AMPHIBIENS I ^[8o .1096 il2% 8gSIf À quoi bon protéger toutes les espèces?Il y a tant d'insectes, tant de mousses microscopiques et de champignons apparemment insignifiants, pourquoi vouloir à tout prix les conserver?Si certaines espèces parmi les plus rares ou les moins tenaces disparaissent, est-ce si grave?Oui.La réponse est oui.par Michel Lebœuf ¦ cohésion d'un écosystème Lj repose sur la multitude des LaaaW’J liens qui unissent les organismes vivants qui le composent.En retranchant des espèces, on perd la cohésion du tout.La productivité et la stabilité des écosystèmes sont les meilleurs remparts pour protéger l’humain lui-même.On estime généralement que la valeur des services rendus aux humains d'un pays par la diversité de ses espèces et de ses écosystèmes équivaudrait au produit intérieur brut de ce même pays.La majorité des médicaments qui nous soignent et prolongent nos vies sont produits à partir de plantes et d’animaux sauvages.Et toutes ces substances ne proviennent pas seulement de la forêt tropicale : l'if du Canada, un conifère arbustif de la forêt québécoise, regorge de taxol, un composé de premier plan dans la lutte contre certains cancers; les fruits du sureau blanc (ou sureau du Canada), un arbuste décidu des érablières, contiennent une quantité phénoménale d'antioxydants, ces molécules bénéfiques aidant à réduire les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer.LES GRANDS VERTEBRES DANS LE MONDE 69% Michel Lebœuf est biologiste et écrivain.Rédacteur en chef du magazine Nature sauvage, il est également l'auteur d'ouvrages documentaires sur la flore et la faune.Son dernier ouvrage, paru en 2010, a pour titre Nous n'irons plus au bois, la biodiversité québécoise en péril.MALMENEE DEPUIS 400 ANS La menace qui pèse sur la biodiversité du territoire québécois n'est pas nouvelle.L'appétit des nations d'Europe pour les ressources naturelles du Nouveau Monde et le rythme soutenu de la colonisation ont entraîné le bouleversement des écosystèmes de la vallée du Saint-Laurent.La biodiversité de notre territoire est malmenée depuis 400 ans : déboisement pour l’agriculture, établissement de monocultures (pour le maïs surtout), utilisation massive de pesticides, développement résidentiel LES MAMMIPHÈRES La situation des mammifères, des oiseaux et des amphibiens dans le monde : selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, les amphibiens sont les vertébrés les plus touchés par la crise de la biodiversité : 30% des 6285 espèces sont en péril, contre 20% des 5490 espèces de mammifères et 13% des 9998 espèces d’oiseaux.ou industriel, remblaiement des milieux humides, pollution des cours d’eau, pluies acides, surpêche, exploitation forestière abusive, introduction accidentelle ou non d’espèces exotiques.Certaines espèces, en raison de leur surexploitation, ont d’abord pâti de la présence humaine : le ginseng à cinq folioles, récolté à l'excès et vendu sur les marchés asiatiques jusqu’à qu'il n'en reste pratiquement plus; la pruche et le pin blanc, abattus pour la construction navale; le castor, immodérément chassé pour le commerce des fourrures.D'autres ont eu à subir la disparition radicale de leur habitat (le loup gris, la paruline azurée) et sont devenues plus rares.D'autres encore ont été carrément extirpées du territoire et repoussées ailleurs (le wapiti) ou ont disparu rapidement en raison d’une chasse excessive (la tourte voyageuse, le grand pingouin).Quelques-unes, par contre, ont vu leur effectif augmenter à la faveur de conditions propices (la mouffette rayée, le raton laveur, le cerf de Virginie, le goéland à bec cerclé).La liste officielle des organismes vivant en situation précaire au Québec compte à ce jour 526 espèces : 23 mammifères, 20 oiseaux, 20 reptiles et amphibiens, 22 poissons, 30 insectes, 10 mollusques 0C LJ U) U) O û 8I0-8ULLE NUMERO 100 WWW.LAVISBIO.ORG DOSSIER BIODIVERSITÉ LA DIFFÉRENCE, C'EST LA VIE TROIS GESTES À POSER Mammifères Reptiles / amphibiens Poissons d'eau douce _ Poissons d'eau salée 1% Insectes Mollusques [ifîîïïlR Proportion des végétaux et animaux à statut précaire au Québec : les plantes dominent largement le nombre total avec 401 espèces sur 526, maison manque toujours de données sur plusieurs groupes méconnus, dont les insectes et autres invertébrés.et 401 plantes.Le groupe des vertébrés le plus touché est sans contredit celui des reptiles et amphibiens, avec 53% d'espèces en péril (20 espèces sur 38).Au chapitre des plantes, une des familles parmi les plus fragiles est celle des orchidées : sur 51 espèces présentes sur le territoire, 23 sont en situation précaire.Quels sont les bons gestes à poser, rapidement, dès maintenant, pour garantir à court et à long terme la biodiversité sur notre territoire?Le premier est d’augmenter la proportion d'aires protégées dans le sud du Québec.En sauvegardant des habitats, on préserve automatiquement des espèces.À l'échelle mondiale, le consensus de la norme à respecter quant à la proportion de territoires sauvages dédiés à la conservation dans un pays se situe entre 8 et 12% de sa superficie.Au Québec, en 2009, on a atteint le seuil de 8% d'aires protégées.Effort louable, mais largement concentré dans le nord du Québec.Il faudrait idéalement que chaque région naturelle compte à tout le moins 8% (idéalement 12%) de zones de conservation.Actuellement, on ne protège que 3% des eaux de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, qu’un peu plus de 6% dans les Laurentides méridionales, que 4,8% dans les Appa-laches et que 4,5% dans les basses terres du Saint-Laurent.Le second geste à poser consiste à mieux protéger et mettre en valeur les collections québécoises en sciences naturelles (collections entomologiques, herbiers, etc.).Ce sont de précieux témoins de notre biodiversité.Au Canada, les deux seules provinces dépourvues d’un musée d’État à vocation de recherche et de conservation en sciences naturelles sont l'île-du-Prince-Édouard et.le Québec.Heureusement, du moins en ce qui concerne la connaissance et la classification des espèces, les choses commencent à bouger : Canadensys, un réseau scientifique de partage de l'information Le trille blanc, cueilli sans modération, ou la rainette faux-grillon de l'Ouest, menacée par la fragmentation de son habitat et l'étalement urbain, deux exemples d'espèces vulnérables à l'insatiable appétit de l'humain pour sa propre expansion.La biodiversité selon Hubert Reeves Depuis ie Big bang initial, toute une succession d'événements a conduit à l'émergence de la vie sur notre planète, qui s'y est développée sous de multiples formes.Mais quelle est la véritable importance de cette biodiversité à l’échelle universelle?«C'est tout simple, souligne Hubert Reeves, réputé astrophysicien actif depuis plusieurs années en matière de protection de la nature.La biodiversité, c'est nous et tout ce qui vit.Nous sommes tributaires de tout le vivant.Nous sommes, au quotidien, dépendants des autres espèces pour notre alimentation, nos vêtements.Nous le sommes pour notre respiration, car l'oxygène est une production des plantes vertes.La biodiversité est notre assurance-vie.Il est donc très important de bien la connaître.Et le premier constat est que le niveau de connaissance de la biodiversité est insuffisant.Mais cette diversité du vivant ne se résume pas à des listes d'espèces: il s'agit aussi du fonctionnement des écosystèmes, car les espèces ne peuvent exister que dans un milieu qui leur est propice: elles ne sont pas indépendantes les unes des autres, et ne le sont pas non plus les écosystèmes dans lesquels chacune agit.Un arbre est un monde souterrain avec toute une cour de serviteurs microscopiques autour de ses racines pour l'aider à capter les éléments minéraux du sol; c'est un monde aérien avec ses mousses, ses lichens, ses oiseaux, ses insectes; et il y a l'arbre lui-même, un géant issu d'une toute petite graine.à condition qu'il y ait un sol où elle puisse s'installer.» Quels sont les gestes prioritaires à poser?Où et par quoi commencer?« Il faut commencer par admettre que nous ne pouvons vivre sans les autres espèces, continue l'astrophysicien.Et adopter une attitude responsable.La biodiversité est fragilisée, il faut donc prendre des précautions dans tous nos gestes et, bien sûr, devant les enfants.Il faut aussi intervenir auprès des élus pour les encourager à aider la biodiversité, car les décisions majeures sont prises par eux.Bien sûr, un élu a un rôle difficile; il a des décisions à prendre qui peuvent engager l'avenir.Le rencontrer directement ou par personne morale interposée en soutenant une association de protection de la nature est possible : à chacun de trouver un moyen qui lui convient», de suggérer Hubert Reeves.Photo : Stock.xchnq WWW.LAVISBIO.ORG • • • BIO-BULLE NUMÉRO 100 DOSSIER BIODIVERSITÉ La biodiversité selon Pierre Brunei Si on compare la biodiversité du Québec à celle, foisonnante, des zones tropicales, y a-t-il vraiment urgence d'agir ici?Pierre Brunei, professeur honoraire au Département de sciences biologigues de l’Université de Montréal et président de l'Institut québécois de la biodiversité (IQBIO), précise: « Si ICI, c'est le territoire du Québec et ses mers adjacentes jusque dans l’Arctique, et si on le compare avec un territoire tropical et une mer adjacente qui soient de surface égale, alors je réponds un oui QUALITATIF à la question.Qualitatif, car il faudrait connaître la proportion du territoire qui subit des pertes de biodiversité chaque année, de manière à calculer la vitesse de cette dégradation; qualitatif aussi parce qu'il faudrait connaître à la fois le nombre d'espèces et d'écosystèmes qui occupent le territoire, de même que le nombre de ces derniers qui disparaissent chaque année.Et les scientifiques, qui doivent toujours documenter leurs intuitions, sont encore loin de pouvoir quantifier une telle comparaison.Dans le doute, on applique le principe de précaution.L'urgence est donc partout! » «Et quelles espèces faut-il sauver?, de renchérir Pierre Brunei.Seulement les grosses qu’on peut voir?Ne préserver que la pointe d'un iceberg qui fond très vite?Pour protéger à la fois les centaines de grosses espèces qu'on connaît et les millions de petites dont les grosses dépendent et qu'on connaît à peine - et qu'on ne connaîtra peut-être jamais, faute de temps - on doit conserver le maximum d'habitats naturels encore présents.Qu'il y ait ou non des espèces rares ou menacées dans ces écosystèmes, maintenir les habitats naturels permettrait de rescaper automatiquement un maximum d'espèces.L'efficacité des lois et règlements centrés sur les espèces menacées, auparavant plus faciles à définir et à identifier que les écosystèmes, est appelée à diminuer dans un proche avenir: la génétique moléculaire moderne, en fractionnant l’identité des populations d'espèces, rendra ces lois trop difficiles à appliquer.En sauvegardant les habitats, on sauve la plupart des espèces connues, méconnues ou inconnues qu’ils contiennent.Il faut donc commencer par là, tout en accélérant l’acquisition des connaissances sur les habitats à protéger qui subsistent, et en découvrant en même temps les espèces qu'ils contiennent», de conclure le président de l’IQBIO.Photo:©Nuance Photo contenue dans les collections biologiques des universités canadiennes, a été récemment mis sur pied.Son centre névralgique de recherche et de vulgarisation (Centre de la biodiversité) vient d'être inauguré en mars 2011 au Jardin botanique de Montréal.En parallèle, Andrew Gonzalez, professeur de biologie à l'Université McGill, a obtenu le feu vert, en juin 2009, pour mettre sur pied un Centre de la science de la biodiversité qui regroupera soixante chercheurs provenant de huit universités québécoises.Enfin, l’Institut québécois de la biodiversité (IQBIO) oeuvre à conserver et tenter de mettre en valeur les collections québécoises en sciences naturelles, collections inestimables; à défaut d'être capable de protéger les espèces vivantes, il est minimalement souhaitable d’en conserver des traces.Le troisième et le plus important geste à poser appartient à tous.Il s'agit de faire découvrir la richesse du vivant à nos enfants.Car ceux-ci, de plus en plus urbanisés, branchés au monde virtuel (Internet, jeux vidéo, télévision haute définition à 200 chaînes), sont de plus en plus débranchés du monde naturel.Combien parmi eux sont capables de reconnaître un autre papillon que le monarque?Il y a pourtant quelque 3000 espèces de papillons au Québec.Il reste une belle histoire du monde naturel à leur raconter.• r#\ c declxz YSUS.Moulées pour les animaux de ferme -A# Hotoçsiçaij Orçanta ?A / Soja, maïs, blé, orge, avoine, sarrazin / Entreposage, criblage, mise en marché BIO-BULLE NUMÉRO 100 • * • WWW.LAVISBIO.ORG DOSSIER BIODIVERSITE LA DIFFÉRENCE, EST Pollinisateurs ¦ dépérissement des colonies f \ d'abeilles a commencé en Europe vers 1960 mais s'est précipité en 1998, entraînant une première alerte internationale du secteur de l'apiculture.Depuis, de nombreux chercheurs de par le monde ont ausculté le malade et ont trouvé des pistes de solutions qui dépassent de beaucoup ce sur quoi la communauté mondiale des apiculteurs ont une emprise.Une vaste vague de solidarité est indispensable dans toutes les sociétés car le déclin des pollinisateurs et des ruchers domestiques est comme le serin dans sa cage au fond de la mine, dont la mort préfigure celle des mineurs.Nous pouvons agir individuellement et collectivement en investissant dans des pratiques régénératrices et pour y parvenir, un plaidoyer concerté pour sauver la biodiversité essentielle aux pollinisateurs et à l’apiculture est à entreprendre.Mais quels arguments peuvent être invoqués afin de persuader la société et nos décideurs politiques et économiques qu'il est vital de mieux connaître, de mieux conserver et de promouvoir la biodiversité agroforestière essentielle à la survie des abeilles domestiques et des autres polinisateurs?!¦! Et quelles mesures de protection des pollinisateurs naturels et domestiqués —m sont accessibles pour les propriétaires privés et publics de terrains et les gestionnaires du territoire pour venir en (A aide au secteur agricole et apicole au Québec?Voici en quelques lignes l'état des lieux ainsi que des réponses O û Agroécologie, productivité, biodiversité et sécurité alimentaire L'agriculture intensive est pourvoyeuse de désordre GLOBAL pour nourrir l'humanité.Seules des solutions LOCALES peuvent nous faire sortir de l'impasse actuelle de l'insécurité alimentaire.par Dr Jean-Claude Rodet, PhD, consultant international en agriculture durable depuis plus de 30 ans Voici quelques chiffres qui sont le résultat de l’agriculture dominante qui, curieusement, se présente comme la seule méthode pour nourrir adéquatement l’humanité : tl L’agriculture intensive consomme 60% de l’eau de l’humanité.fl Les trois quarts des variétés de plantes sélectionnées ont été abandonnées ou dans certains cas interdites (au profit de plants et graines Monsanto et autres variétés industrielles).fl L’agriculture industrielle est totalement dépendante de l’industrie pétrolière (la crise pétrolière accentue la famine!).f[ Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par 20 et les cultures à consommation locale progressivement délaissées.Le fruit de Cexpérience.qui fait germer la vie! De nouvelles professions : informez-vous sur les formations en NATUROPATHIE ANIMALIERE NUTRITHÉRAPIE Complètes, modulaires ou à la carte Institut de santé naturelle FLEURY^-RDDET 532, rue St-Zotique Est, Montréal, Québec, H2S 1M3 Tél.: 514 271 4022 info@institutdesante.org www.institutdesante.org Depuis 1950, des milliers de bateaux-usines vident les océans et empêchent le renouvellement des protéines marines.fl 21 millions de puits ont été creusés en 20 ans et déjà, la moitié sont abandonnés parce que.à sec.fi Le manque d’eau va concerner 2 milliards de personnes avant 2015.fl LAustralie voit 50% de ses terres touchées par les sécheresses.fi 5000 personnes meurent chaque jour à cause de l’eau insalubre.fi Aux États-Unis, la population d’abeilles a baissé de 55% entre 1950 et 2007 selon le programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).Et pourtant, de la centaine de plantes qui fournissent 90% de la nourriture du monde, plus de 70% sont pollinisées par les abeilles.Faut-il avancer d’autres chiffres tout aussi dramatiques?Ce bilan est déjà suffisamment révoltant.Le plus récent rapport de l’ONU est éloquent : ^ « Si nous voulons nourrir neuf milliards de personnes en 2050, il est urgent d’adopter les techniques agricoles les plus efficaces, explique Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation et auteur du rapport.Et les preuves scientifiques actuelles démontrent que les méthodes agroécologiques sont plus efficaces que le recours aux engrais chimiques pour stimuler la production alimentaire dans les régions difficiles où se concentre la faim.» « L'agroécologie applique la science écologique à la conception de systèmes agricoles qui répondent aux défis climatiques, alimentaires et de pauvreté rurale.Cette approche améliore la productivité des sols et protège les cultures en s'appuyant sur l’environnement naturel comme certains arbres, plantes, animaux et insectes.» ^ « À ce jour, les projets agroécologiques menés dans 57 pays en développement ont entraîné une augmentation moyenne de rendement de 80% pour les récoltes, avec un gain moyen de 116% pour tous les projets menés en Afrique », explique le rapporteur de l'ONU.« De récents projets menés dans 20 pays africains ont même démontré un doublement des rendements des cultures sur une période de trois à dix ans.» "'Jt « L'agriculture conventionnelle accélère les changements climatiques, repose sur des intrants coûteux et n'est pas résiliente aux chocs climatiques.Elle n'est tout simplement plus le meilleur choix pour l'avenir », affirme l'expert de l'ONU dans son rapport du 8 mars 2011.LA SEULE VOIE RAISONNABLE Au-delà des espèces emblématiques (les tigres, les éléphants.) qui vivent dans les lointaines jungles et savanes, la biodiversité existe partout où nous la laissons s'exprimer, y compris dans la nature ordinaire autour de chez nous.Certaines espèces sont remarquables, d'autres sont discrètes, mais toutes WWW.LAVISBI0.0R6 ’BIO-BULLE NUMERO DOSSIER B I O D participent à des degrés divers au fonctionnement d'un écosystème.Chacune a sa place, son rôle, ne serait-ce que de servir de nourriture ou d'abri à d’autres organismes.Les êtres vivants ont créé des liens et des interactions entre eux que nous ne connaissons pas toujours et une perturbation sur un élément a priori insignifiant peut avoir des conséquences inattendues.C’est le poète Francis Thomson qui dit que « celui qui cueille une fleur dérange une étoile».Oui, tout est relié.Une nature riche en biodiversité a plus de facilité à résister et à se régénérer : '*•' La biodiversité régule les climats : les arbres procurent de l'ombre, tempèrent les ardeurs du soleil ou l'agressivité du froid, la végétation entretient une certaine humidité et atténue les effets d'une sécheresse, les haies protègent des vents.® La biodiversité permet la protection des sols : sans un sol vivant (bactéries, insectes, acariens, vers.) pas de culture durable possible.Sans végétation, pas d’humus pour nourrir le sol et protéger de l'érosion.'*¦' La biodiversité favorise la régulation et l'épuration des eaux.La végétation permet le stockage des eaux de pluie et leur restitution progressive.® La biodiversité permet la pollinisation d’une grande partie de nos cultures (fruits et légumes notamment).® La biodiversité sert de refuge à un grand nombre d'espèces dont certaines appelées auxiliaires qui aident à lutter contre les parasites et ravageurs de cultures : des guêpes parasitoïdes, des araignées, des mouches même, sont de précieux alliés.VERS! Questions sans réponse.L'épisode de La semaine verte du 6 mars dernier à Radio-Canada, intitulé Nourrir la planète, n'a pas daigné répondre aux remarques ci-dessous, pas plus que nos élus, à qui nous les avons communiquées.Et vous?Faites-nous part de vos réactions et observations en écrivant à info@lavisbio.org ou par la poste à BlO-BULLE, 495 route 132 Est, La Pocatière, Québec GOR1Z0.1.La crise alimentaire n'est pas du tout une crise de production agricole mais une crise de la société de consommation et de gaspillage qui a copié le modèle américain (manger n'importe quoi, selon ses caprices!) 2.La culture du tabac, financée par les États-Unis au lieu de consacrer ce financement à la culture vivrière (des aliments qui nourrissent les populations), est une aberration inacceptable.3.Il est scandaleux que des terrains de golf dans les zones désertiques utilisent des quantités colossales d'eau (par exemple, au Nevada, des pipelines amènent l'eau d'arrosage aux méga-terrains de golf verdoyants).4.Que penser du gaspillage de la distribution humanitaire de l'aide alimentaire : les céréales qui pourrissent dans des entrepôts douaniers où elles font le régal des parasites et des rongeurs au lieu d'être rapidement distribuées pour le soulagement de ceux à qui ces réserves sont destinées.5.Le fast-food, scandale du XXIe siècle, détourne les ressources de la planète pour produire des aliments malsains et non nutritifs, pourvoyeurs de pathologies de carences qu'il faut ensuite soigner à des coûts très élevés.6.L'hyperconsommation de viande nécessite le déboisement à grande échelle pour produire du soya qui sert à nourrir les élevages (par exemple, la production brésilienne pour fournir le marché occidental et surtout européen).7.Le gaspillage des aliments dans les collectivités, les boulangeries, les restaurants et chez les simples citoyens, alors qu'on voit une grande quantité d'aliments se retrouver dans les poubelles des villes et des villages.8.Le biocarburant produit à partir de surfaces agricoles qui devraient normalement être utilisées pour produire des aliments de première nécessité.Où sont les priorités pour la collectivité?L'homme ou l'automobile?9.Les produits hors-saison ou qui viennent du bout du monde consomment énormément d'énergie (pétrole) pour le transport ou pour être produits contre-nature pour la jouissance des riches.10.Il y a 61 millions de chiens aux USA, 30 millions au Brésil, 10 millions au Japon.La consommation effrénée des aliments pour les animaux de compagnie nous indique-t-elle que l'animal a pris la place de l'humain?£ LU (/) * La biodiversité de la nature a une grande valeur récréative et culturelle et offre une qualité de vie inestimable.® La transmission des maladies infectieuses est favorisée par une faible biodiversité d’espèces (Sciences et Vie, février 2011).La biodiversité, c’est finalement le reflet de nos relations avec les écosystèmes, les autres êtres vivants et caractérise la santé de notre environnement.• La faim des hommes, c'est tout cela, bien plus que la production insuffisante des terres! Industrialiser encore plus l'agriculture, c'est aggraver encore davantage la pollution des nappes phréatiques par les pesticides, les nitrates, les sels potassiques, c'est assécher les lacs africains, c'est provoquer la guerre de l'eau.Les solutions existent à chacune de ces remarques.Aurons-nous un jour des hommes politiques assez intelligents pour prendre les décisions qui s'imposent, dont la plus importante : l'éducation du public sur chacun de ces items.Davantage d'engrais, davantage de pesticides, encore plus d’intensification de l'agriculture, c'est une fuite en avant de décideurs politiques irresponsables et criminels envers l'humanité.Verrons-nous un jour la lucidité apparaître dans les informations, plutôt que des journalistes à genoux devant les lobbys et le « politiquement correct »? a> o ts> BIO-BULLE NUMÉRO 100 •• • WWW.LAVISBIO.ORG Association p0~U't' tA'Wfc' yoT^e^, d/t' pÀsitsÿ i/v\y v-t^g éA'a-/r û'fc't'vt'vC' b'do-Lcrg U^/tucJ L'envers de l'assiette La force du 3N-J BIO-BUL NI.IM WWW.tAVIS8IO.ORG Ml msm ¦ Nu, le Non-loin, le Naturel et le Juste, bref le 3N-J M proposé par Laure Waridel dans la troisième édition de L'envers de l’assiette, explose de bon sens.L’écosociologue y fait à nouveau le point sur l’état de notre alimentation ainsi que sur ses impacts environnementaux et sociaux dans la chaîne alimentaire.Avec sa graine d’optimisme indéfectible, Laure Waridel propose des solutions (ou des ingrédients) qui sont à la portée de tous.À chacun de concocter sa propre recette! De fait, cette nouvelle édition remet les pendules à l'heure en proposant des données rigoureuses et plus récentes, comme en témoignent les 40 pages de référence du livre.« L'envers de l'assiette ne veut pas seulement dénoncer,' mais surtout proposer.Il faut nécessairement être conscient du problème pour nous motiver à l’action.Il faut d’abord voir l’impact de chacun de nos gestes et, ensuite, amener ces gestes individuels au niveau collectif», explique Laure Waridel, attablée dans un café montréalais alors qu’elle est rentrée de Suisse pour lancer son livre mardi le 15 mars dernier et participer à l’Expo manger santé et vivre vert, dont elle est la porte-parole scientifique.« L'acte de manger nous lie à la terre d'une manière extrêmement intime.C'est à la limite notre façon de transférer l'énergie du soleil qui nourrit les plantes qui sont ensuite mangées par les animaux que, finalement, nous mangeons.» Par Chantal Gailloux en plastique, de crainte de se faire prendre pour un voleur! Voilà qui démontre que les mentalités et les habitudes peuvent changer.» Ainsi, en 2011, impossible de se mettre la tête dans le sable quand il est question de changements climatiques, de contamination chimique et génétique ou de perte de biodiversité, explique-t-elle.« Trop d'études le démontrent! Une certaine forme de pouvoir politique est au bout de notre fourchette plus souvent qu'on ne le pense.À nous de l'exercer.» D’autant plus que ce livre ne s'adresse plus exclusivement à un public averti; c'est autant monsieur ou madame Tbut-le-monde qui y trouvera les outils pour changer son mode de vie.Comme l'explique Josée di Stasio, dans la préface qu’elle signe dans L’envers de l'assiette : «Je ne suis pas écolo « mur à mur », mais quand je parcours ce livre encore aujourd'hui, je me rends compte que son propos éclairant et tellement nécessaire tient du gros bon sens.» POURQUOI UNE TROISIÈME ÉDITION?Les thématiques n'ont pas cessé de se transformer et les études se sont quant à elles multipliées, mais surtout, explique l'écosociologue, la conscientisation aux problèmes environnementaux est désormais beaucoup plus grande qu'en 1997.De fait, ce serait le changement sociétal le plus important qu’elle ait noté : « Avez-vous remarqué que de plus en plus de gens apportent leurs sacs lorsqu'ils font leurs courses?Lors de la publication de la première édition de ce livre [en 1997], il fallait souvent argumenter pour pouvoir partir d'un magasin ou d'une épicerie sans un sac De fait, plusieurs cégeps, écoles secondaires et nutritionnistes ont eu le même raisonnement et l’utilisent désormais comme outil pédagogique.Laure Waridel souhaiterait d'ailleurs que son livre soit aussi diffusé dans les bibliothèques.« Je veux que les gens se l’approprient; je propose des ingrédients et c'est à chacun de faire sa recette.» QUOI DE NEUF?L’enjeu reste sensiblement le même qu’aux premières éditions, mais les thématiques, elles, ont évolué.On parle désormais de biopiraterie, d'écoconditionnalité et d'accaparement DEVENEZ MEMBRE CORPORATIF ET BÉNÉFICIEZ D UNE VISIBILITÉ AVANTAGEUSE! www.mangersantebio.org info@mangersantebio.org des terres exacerbées par la production des biocarburants qui exercent une pression supplémentaire sur la souveraineté alimentaire.On revient sur le greenwashing [NDLR : Bio-bulle a adopté écoblanchiment comme équivalent français.faites de même!] et on voit poindre l'aube de la crise énergétique et de la sixième crise d'extinction des espèces.Se ficellent aussi plus concrètement des liens entre la présence de plusieurs produits dans notre corps - comme les pesticides, les agents mutagènes organochlorés ou organo-phosphorés- avec certains problèmes de santé, comme les cancers, les allergies, les déficiences du système immunitaire, l'infertilité et le déficit d’attention.Mais c'est sur le plan de la justice, correspondant au chapitre du Juste, que Laure Waridel constate la plus grande dégradation depuis la dernière publication : « Même s'il y a une plus grande offre de produits équitables, dans les faits, la mondialisation et la libéralisation des échanges a permis la libéralisation de l'exploitation environnementale et sociale.» « Ce qui m'a le plus surprise, dit Laure Waridel, c'est le gaspillage de la nourriture.Je croyais que le gaspillage alimentaire était de l'ordre de 30%, mais en approfondissant mes recherches, je suis tombée sur les travaux de Timothy Jones qui disent que le gaspillage aux États-Unis est plutôt de l'ordre de 40 à 50% et que les données seraient comparables au Canada.Je vois là le premier argument pour contrer le discours productivité; le problème est dans l'économie de marché.Si on produit localement de manière écologique, l'objectif se transforme : on nourrit les gens plutôt que d'alimenter un marché international.C'est automatiquement un autre type d'agriculture avec un autre type de rapport avec les autres, mais je pense qu'avec la crise énergétique qui s'en vient, on n'aura pas le choix de revenir à des choix comme ceux-là.» Il n'y a pas de doute: un ménage dans l'information (ou la désinformation, c'est selon!) est nécessaire et c'est là que réside l'essentiel du propos de Laure Waridel.OÙ EN SERONS-NOUS DANS SEPT ANS?Dans sept ans, les 3N-J auront peut-être bien évolué; quoi qu’il en soit, Laure Waridel ne prévoit pas retravailler une quatrième édition avant d’avoir terminé, à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève en Suisse, son doctorat sur la définition et les conditions d’émergence d'un système écologique et socialement responsable.D'ici là, la publication d'un sixième livre, dans lequel elle dévoilera une enquête sur le pouvoir des multinationales, est tout de même à surveiller.Ainsi, un peu comme dans les guides de resto ou les guides de vin qui reviennent chaque année, ce suivi de l’industrie agroalimentaire vient répertorier les changements et témoigner de l'évolution des mentalités.L’écosociologue poursuit toujours la même envie très forte de conscientiser les citoyens à l'impact de leurs choix de consommation afin d'en venir à des impacts plus écologiques et plus équitables de manière à transformer le système agroalimentaire.« Ce livre est un appel à faire des liens entre ce qu'on mange et les gens qui habitent l'autre bout de la planète et qui cultivent ce qu’on met dans notre assiette, mais aussi avec des gens d’ici qui ne sont pas suffisamment payés, tant dans les épiceries que dans les fermes.Les agriculteurs subissent un stress énorme », raconte-t-elle en faisant référence au taux de suicide accablant chez les agriculteurs.«Les pratiques doivent être améliorées dans le secteur agricole, mais il faut qu’on les épaule là-dedans, en essayant de transformer les choses positivement.Comme j’aime souvent dire : il faut plusieurs David contre Goliath! ».• • 31 Agriculture biologique MICROPROGRAMME Quatre cours sur Internet www.fsaa.ulaval.ca/agribio.html Dates limites d'inscription Automne 2011: 5 août 2011 Hiver 2012 : 2 décembre 2011 Contactez-nous Secrétariat 418 656-3145 1 877 785-2825, poste 2145 fsaa@fsaa.ulaval.ca C4BC g; Développé avec la collaboration du gouvernement du Canada Sr® UNIVERSITÉ ali LAVAL jardinage .0 r«.b- - j.''il- , ¦ • ' '''v., i amiwM iViiiïiiiittÉwi «SM&* ’'•< *wf¦ / y-.r^ Un paysage wRâS iÿâSv; Travaillons d’abord le concept.Considérons la forme.Nous pouvons concevoir des jardins potagers de toutes les formes possibles : rond, ovale, en demilune.À l’intérieur de ces jardins potagers ornementaux nous intégrons | des éléments structuraux, des sculptures, et même des massifs de fleurs.À l’inverse, nous pouvons aussi développer un concept où nous intégrons les ï plantes comestibles à l’intérieur d’un jardin ornemental de fleurs et d’arbustes.Nous pourrions alors parler d’un aménagement paysager comestible.Dans ces jardins, les traditionnelles rangées de légumes sont remplacées par des plates-bandes surélevées de quelques centimètres du sol.La forme et la dimension de ces plates-bandes seront déterminées par le style ou l’atmosphère que l’on recherche.Un potager rond avec des plates-bandes en rayons symétriques produira un effet saisissant, presque méditatif.Des massifs aux contours sinueux, de formes variées s’intégrent dans un jardin ornemental de style plus naturel.Un jardin paysager est comme une peinture.Identifiez vos éléments vedettes puis entourez-les d’un fond harmonieux, presque monotone, pour créer le contraste.Les arbres et les arbustes, les spirées, les viburnums, les noisetiers et le maïs remplissent admirablement cette LA SUCCESSION DES PLANTATIONS Un aménagement paysager est une peinture en mouvement.À plus forte raison un aménagement paysager comestible.Au cours de la saison, nous consommons nos légumes « ornementaux».Il faut donc prévoir leur succession au fur et à mesure de léur disparition.Que se passera-t-il lorsque nous aurons mangé nos laitues printanières?Elles seront remplacées par des carottes et des oignons qui germent plus lentement et qui auront été semés tout près d’elles quelques semaines auparavant.Des choux chinois succéderont aux laitues d’été et des glaïeuls aux choux d’été.Laissez aller votre imagination.WWW.LAVISBIO.ORG BIO-BULLE NUMERO Il est possible de se nourrir à même son aménagement paysager tout en profitant des qualités esthétiques de nos plantes comestibles.est habitué de voir nos jardins potagers en J fi rangs d’oignons bien définis.Pourtant il est V/ 1 1 facile et amusant de cultiver nos légumes en mettant en valeur leur forme, leur volume, leur floraison et leur couleur.Il suffit d’un peu d’imagination pour réaliser des plates-bandes de légumes qui auront autant d’attrait que nos massifs de fleurs.Une bonne planification nous permettra de faire nos erreurs sur papier, de nous épargner bien des sueurs et des indécisions sur le terrain.La dimension du jardin, son emplacement, l’interrelation entre les légumes et les plantes ornementales sont à considérer lorsque l’on conçoit un paysage comestible.La forme, la texture, la couleur des différents légumes sont aussi des éléments qu’il importe de garder constamment en mémoire POTAGER ORNEMENTAL OU PAYSAGE COMESTIBLE?par Michel Renaud, membre du R.J.É.consultant en aménagement paysager écologique et conférencier tâche d’arrière-plan.En plan moyen, implantez des massifs de tomates, de gadelliers ou d’arbustes à fleurs plus petits (comme les spirées bumalda Antony Waterer).Le long des clôtures, cultivez des pommiers en espaliers, des vignes à raisins, des haricots grimpants, etc.Après avoir choisi ou créé un fond, intégrons maintenant nos vedettes.Les plantes à fleurs ornementales occupent bien sûr une place de choix dans nos aménagements, mais la beauté d’un chou vigoureux, le feuillage délicat des carottes et l’odeur prononcée des fines herbes méritent qu’on leur réserve une place de choix.Créez des massifs de brocolis, de rudbeckias et d’échinacées.Savourez les différentes textures et les odeurs de votre jardin de fines herbes où se côtoient le romarin, la sauge, la marjolaine et le thym.Placez-y des pierres précieuses ou des objets fétiches.En un mot, amusez-vous, laissez aller votre imagination.Le jardin est comme une toile.C’est une exploration, un événement, un jeu entre vous et la nature.PMo:RJÉ/M'‘'OT'
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