Le devoir, 14 février 2000, Cahier A
FONDE 1 9 O ?E N ?LE DEVOIR L K I, lï N I) I II K K V R I K R 2 O O (I 8 / C + T A X K S LES ACTUALITÉS AMOUR.COM, OU L’ART DE DRAGUER SUR LE NET PAGE A 2 CULTURE UN SPECTACLE RAFRAÎCHISSANT: L’OPÉRA DE BEIJING PAGE B 7 LES ACTUALITÉS MONDIALISATION: LE PRÉSIDENT DU FMI ENTARTÉ À BANGKOK PAGE A 8 Les camionneurs s’enflamment Le syndicat des routiers autonomes enclenche une grève générale VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Le Syndicat des routiers autonomes du Québec (CSD) en a assez.Guy Chevrette ne bouge pas, alors ils ont décidé d’appliquer de sévères moyens de pression.Dès ce matin, le regroupement entend enclencher une grève générale.«Ça ne va pas assez vite, bien on va aider à aller plus vite, lance le président du SRAQ, Roland Shink.C'est comme un enfant qui apprend à marcher, quand on lui donne une poussée dans le dos, il avance plus rapidement.» Les routiers veulent une réduction immédiate du prix de l’essence.Au cours des dernières semaines, la frustration des camionneurs a augmenté au rythme des bonds du prix du diesel.Chaque cent d’augmentation du litre représente une hausse de coût annuelle de 1000 $ pour un propriétaire de camion.Tous les regroupements de routiers réclament que le gouvernement baisse les taxes sur l’essence.«Il y a des gars qui payent 200, 300 ou 400 $ de leur poche à chaque semaine pour travailler, ça n’a pas de bon sens!, tonne M.Shink.Si ça ne marche pas, on va remettre nos camions à la compagnie ou à la banque.» Afin d’étudier la question, Guy Chevrette a organisé un forum sur le camionnage, qui s’est terminé jeudi dernier.Le rapport du forum, qui fera des recommandations sur la tarification et la sécurité routière, est déposé ce matin au bureau du ministre des Transports.Les 12 000 camionneurs indépendants du Québec réclament depuis longtemps un amendement au Code du travail afin pouvoir se syndiquer.Ce faisant, les camionneurs auraient un pouvoir de négociation sans précédent Et sur-tout, ils pourraient améliorer leurs conditions de travail.Au mois d’octobre dernier, les camionneurs ont débrayé et bloqué nombre de routes du Québec.Le SRAQ, VOIR PAGE A 8: CAMIONNEURS « Même les compagnies de transports sont prêtes à embarquer avec nous.Tout le monde est étouffé.» Pour le meilleur et pour le pire.M REUTERS Le gourou de l’Église de l’Unification, Sun Myung Moon, a marié hier 10 000 couples, dont l’immense majorité ne se connaissaient pas avant de convoler.Quelque 40 000 couples déjà mariés au sein de la secte assistaient à la cérémonie et ont renouvelé leurs vœux.Selon les responsables de ce 16' mariage de masse organisé par la secte, Moon et d’autres hauts responsables «créent» les couples en examinant leurs photos.La méthode ne peut être expliquée scientifiquement: «Nous voulons que Dieu choisisse», dit le porte-parole Robin Marsh.La secte Moon revendique 4,5 millions d’adeptes dans le monde.Option Usée Québec manigance pour étouffer le débat MICHEL VENNE LE DEVOIR Des ministres du gouvernement du Québec et des membres de l’entourage du premier ministre Lucien Bouchard ont entrepris des démarches pour ralentir sinon pour neutraliser le débat que voulait susciter par son livre au sein du mouvement souverainiste l’ancien conseiller Jean-François Usée.Celui-ci, à l’occasion d'un entretien avec Le Devoir, accuse d’ailleurs un ancien conseiller de Jacques Parizeau, Jean Royer, et des membres actuels de l’entourage du premier ministre d'avoir orchestré la fuite de son ouvrage aux mains d’un journaliste, quelques jours avant la date prévue de la parution, avec l’intention notamment d’inciter des ministres à rejeter rapidement la proposition qui est contenue dans son livre.M.Royer a nié, hier, au téléphone, être «le bras manipulateur» de ce coulage.L’attachée de presse de M.Bouchard, Christiane Miville-Deschênes, a dit hier au Devoir quelle n’avait aucune connaissance d’une telle opération et quelle serait «très étonnée» qu’elle ait eu lieu.M.Usée soutient que des proches de M.Bouchard, lequel avait pourtant souhaité un «grand brassage d’idées» au sein du Parti québécois, ont utilisé des manigances («dirty tricks») pour littéralement tuer le débat avant qu’il ne commence.Pourtant dit-il, ce débat est souhaité par des militants péquistes qui ont fait adopter, dans leur circonscription, des motions destinées au congrès du mois de mai du Parti québécois et qui vont dans le sens de sa proposition.L’association péquiste de Sherbrooke a adopté, en novembre dernier, une résolution qui se lit comme suit «Ad-venant que le gouvernement du Québec ne puisse réunir les conditions gagnantes pour tenir le référendum proposé sur la VOIR PAGE A 8: QUÉBEC PERSPECTIVES Flambée médiatique La France se croyait à l’abri des drames scolaires qui font régulièrement la manchette aux États-Unis.Jusqu’à ce que le petit Pablo, un élève de secondaire I de Mantes-la-Jolie, près de Paris, soit précipité par trois de ses camarades du haut de la rambarde de l’escalier de son collège le mois dernier.Lorsqu’on apprit que les coupables l’obligeaient depuis des mois à faire leurs devoirs d’espagnol sous les menaces et les coups, l’indignation gagna toutes les écoles.BKh in janvier, la France n'a ¦ respiré qu'au rythme de la violence scolaire.La ronde a commencé lorsqu’on découvrit qu’un élève de 17 ans du lycée technique Alfred-Mézières de Longwy avait été torturé par ses compagnons de classe.Des débrayages ont eu lieu dans ce qu’on nomme les «établissements à risque», des parents ont occupé ?des écoles, jusqu’à ce que le ministre de l’Education, Claude Allègre, annonce un plan de lutte contre la violence à l’école, le troisième du genre en quelques années.Et tout rentra dans l’ordre.Sauf qu’une fois les passions retombées, le pays se demande s’il n’a pas plutôt cédé à une poussée de fièvre médiatique comme il s’en produit de plus en plus régu- Christian Riaux .V MÉTÉO Montréal Québec Neige parfois forte Neige et poudrerie, diminuant d’inten- Max: -5 Min: -12 Sité en après-midi.Max: -2 Min: -6 Détails, page B 3 INDEX Annonces.B 5 les sports .B4 Avis publics.B 3 Idées .A 7 Culture .B 7 Mots croisés.B5 Éditorial .A6 Planète .B 3 Entrevue B1 Religion .B 6 le monde.A 5 Télévision .B7 www.ledevoir.com Charlie Brown et Snoopy sont en deuil Auteur de 1400 livres vendus à plus de 300 millions d’exemplaires, Charles Schulz, dont plusieurs disent qu’il était le plus grand dessinateur d’Amérique, s’est éteint samedi à l’âge de 77 ans.Jusqu'à hier encore, ses aventures de Charlie Brown étaient publiées dans 2600 journaux de 75 pays en 21 langues.FABRICE ROUSSELOT LIBÉRATION Hollywood à Berlin La visite de Leonardo Di Caprio a donné au Festival du film de Berlin des allures de carnaval hollywoodien New-York — Depuis plus d’un mois, des centaines de lettres arrivaient quotidiennement au «1 Snoopy Place», à Santa Rosa, Californie, le studio de Charles Schulz.Du monde entier, les amis de Charlie Brown et de Snoopy rendaient hommage au créateur des Peanuts qui avait annoncé sa retraite en décembre, révélant alors qu'il était atteint d’un cancer du colon.«Vous m’avez apporté le bonheur pendant si longtemps, encore merci», écrivait Julian McCarthy, un ingénieur de Kingston-upon-Thames, en Angleterre.«S'il vous plaît, ne vous arrêtez pas», suppliait une femme de l’Arkansas qui disait «pleurer de désespoir tous les jours».Cette fois, pourtant, c’est bien la fin pour Snoopy et les autres.Samedi soir, depuis la maison familiale de Santa Rosa, le fils de Charles Schulz a annoncé la mort du dessinateur durant son sommeil, à 21h45, heure locale.Selon sa famille, Schulz avait passé une dernière journée «agréable» et semblait en forme avant d’aller se coucher.Il avait 77 ans.Avec Charles Schulz, c’est peut être ainsi son plus grand dessinateur que l’Amérique vient de perdre.Depuis le 2 octobre 1950, date de la première parution des Peanuts dans le Saint Paul Pionner Press et plusieurs autres journaux locaux, ce natif du Minnesota avait transformé sa bande dessipée en un succès magistral aux États Unis, mais également sur toute la planète.Surtout au prix d'un travail phénoménal — il a toujours refusé que quelqu'un d'autre que lui ne dessine les Peanuts — il avait fait de son comic strip l’une des chroniques les plus justes de l’Amérique durant un demi-siècle.«C’était un peu comme regarder le monde à travers le regard d’enfants».expliquait récemment Paul Scher-vish, un professeur de sociologie à Boston College, «le message était simple et direct, et il nous obligeait d’autant plus à réfléchir sur les petites choses de notre existence».Rien cependant ne semblait prédestiner Charles Schulz à un tel succès.Né à Saint Paul le 26 novembre 1922, il a presque étudié le dessin par hasard, répondant à une annonce qui invitait à prendre des cours.A 21 ans, il est envoyé en Europe pour participer à la Seconde Guerre mondiale, un épisode qu’il utilisera plus tard dans les Peanuts, en transformant Snoopy en pilote de chasse lors de ses passes d'qrmes mémorables avec le Baron rouge.De retour aux États-Unis, chrétien fervent, il commence à rédiger des bandes dessinées pour une église.C’est en 1947 qu’il vend ses premiers dessins de presse au Saint Paul Pionner Press.Le comic strip s’appelle alors Li’l Folks (les P’tits gars).Trois ans plus tard, il sera rebaptisé Peanuts fies cacahuètes, une expression en anglais qui désigne les enfants de petite taille).Un nom que Schulz n’appréciait pas trop, mais «qui sonnait bien».Les aventures de la bande à Charlie Brown peuvent alors commencer.Si Schulz, très avare de paroles et très discret, n'a jamais dit clairement d'où était venue son inspiration, on sait qu’il avait nommé le «gamin à la tête ronde» d’après un ami rencontré à l’école des arts.Mais les angoisses existentielles de celui qui n'arrivera jamais à taper dans le ballon de football étaient sans aucun doute celles d'un homme présenté par sa biographe comme «vivant dans l’anxiété et essayant de lutter perpétuellement contre la dépression».«Le rejet était sa spécialité, il était un expert de l'échec» écrit ainsi Rhe-ta Grismley Johnson, dans son livre Good Grief The Story of Charles M Schulz, publié en 1989.L’auteur y révèle notamment que Schulz avait vu ses dessins refusés quand ils les avaient présentés pour l’album de son lycée.Elle assure encore que le personnage de la «petite fille aux cheveux rouges», VOIR PAGE A 8: SCHULZ MARTIN BILODEAU Berlin — Le lendemain de la commotion causée par la visite de Leonardo Di Caprio, samedi, les oscarisés Matt Damon et Gwyneth Paltrow sont également venus faire un petit tour de piste.Bien qu’ils représentaient un film nettement plus solide que The Beach, soit le magnifique The Talented Mr Ripley, d’Anthony Minghella de Patient anglais), le duo n’a pas obtenu le quart de l’attention médiatique qui a été accordée ici au «divin enfant», qui a fait les manchettes des journaux tout au long du week-end.Car Léo fait vendre de la copie, comme on dit dans le jargon de la profession.Même qu’un journal jaune de Berlin, pour mousser l'affaire, a lancé un concours proposant une récompense de 1000 D M (environ 750 $ CAN) à quiconque lui ravira un baiser, enflammant du coup le cœur (et les espérances) de milliers de petites Berlinoises, qui se sont rassemblées place Marlene-Dietrich, devant le palais du festival, en espérant voir leur idole de près.et peut-être même de très près, qui sait?Ironiquement, cette messe solennelle et étonnamment disciplinée, qui s’est déroulée toute la journée de samedi, sous un ciel perpétuellement couvert, jurait avec la confusion qui régnait à l'intérieur de la trop petite salle de conférence du palais, que des centaines de potineurs, craignant de ne pouvoir y trouver une place s’ils y arrivaient cinq minutes plus tard, avaient investie avant même que la première projection de The Beach ne prenne fin.Voyant son invité de prestige matraqué de questions débiles et indiscrètes (ainsi que d’une demande de i contribution humanitaire de 1 VOIR PAGE A 8: BERLIN Des centaines de jeunes descendront dans la rue mercredi ¦ À lire, page A 3 A 2 L E DEVOIR.LE LUNDI 14 K E V H I E K 2 I) O O ?LES ACTUALITES- La fête est finie ! MARTIN-C.CHAMBERLAND LE DEVOIR MAMAN.c’est finiiiiiiiiiii! Confortablement installés dans leur luge de bois, ces deux enfants semblaient bien tristes de voir la Fête des neiges de Montréal tirer à sa fin, hier, au parc des îles.Le Championnat du Québec des courses sur glace, auquel 40 des meilleurs pilotes du genre ont pris part, a clôturé l’événement.sous l’æil chagriné des petits (et des grands).E N Amour.com Rencontrer son Valentin sur Internet, pourquoi pas ?La Saint-Valentin, période de l’année s’il en est où les publicités les plus kitsch foisonnent à qui mieux mieux, a de quoi lever le cœur de plus d’un, et tout particulièrement celui des célibataires.Mais où donc rencontrer l’âme sœur quand on semble avoir épuisé tous ses recours, son entourage familial, ses amis ou son milieu de travail ?Une petite enquête démontre que ce ne sont pas les ressources qui manquent.Avis aux intéressés.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Ottawa a subventionné la construction d’un Wal-Mart PRESSE CANADIENNE Ottawa — L’un des plus importants promoteurs immobiliers du pays, Metrus Properties, a reçu une subvention de 500 000 $ du gouvernement fédéral pour la construction d’un immense centre de distribution Wal-Mart, à Cornwall, en Ontario, un projet de 60 millions.Metrus Properties, une compagnie installée à Brampton, en Ontario, a reçu la subvention en août 1998, dans le cadre du programme très controversé d’aide fédérale à la création d’emplois parrainé par le ministère du Développement des ressources humaines.En fait, Metrus Properties a entrepris son projet de construction pour le compte de la compagnie Supply Chain Management (SCM), en vue d’abriter l’entrepôt géant de Wal-Mart, qui doit desservir tout l’est du pays.Wal-Mart est le plus important dé-.taillant au monde, SCM fait partie d’une grande entreprise multimilliar-daire du Royaume-Uni et les actifs de .Metrus Properties se comptent en centaines de millions de dollars.Personne au ministère du Développement des ressources humaines n’a pu expliquer pourquoi l’argent des - contribuables avait servi à financer un .projet économiquement viable et réalisé par un des plus importants pro-¦ moteurs immobiliers du pays.Le président de Metrus Properties, Robert DeGasperis, avait pour sa part • une explication toute simple à fournir.¦.«Nous avons appris l’existence de ce 'programme, nous avons posé notre ^candidature, nous avons été choisis, et .voilà tout», a-t-il dit.>.Ha cependant ajouté que personne ,du ministère dirigé par la ministre Jane Stewart n’avait depuis contacté -la direction de Metrus pour savoir - exactement quel usage avait été fait .de la subvention accordée.Un adjoint du député libéral de la région de Cornwall, Bob Kilger, a expliqué que la subvention devait servir • à réduire le taux de chômage dans cette région, où il est traditionnellement plus élevé qu’ailleurs.«La subvention a été donnée parce que la compagnie allait créer sur place 300 emplois», a calculé Denis Sabourin.Atterrissage d’urgence (PC) — Le DC-10 de la compagnie Continental Airlines qui avait dû effectuer un atterrissage d’urgence samedi à Terre-Neuve après le déclenchement d'un détecteur de fumée défectueux a pu reprendre l’air, hier.L’appareil de la Continental Airlines a quitté l’aéroport de Saint-Jean après que des mécaniciens à l’emploi d’Air BREF Canada en aient garanti le fonctionnement a déclaré un responsable local, Rex LeDrew.Le DC-10 faisait route vers Newark, au New Jersey, depuis Paris, quand s’est allumé un voyant supposé détecter la présence de filmée dans la cabine de pilotage.Le vol 55 a alors effectué un atterrissage d’urgence à l’aéroport de Saint-Jean, où l’attendaient des véhicules de lutte contre les incendies.Personne parmi les 180 personnes se trouvant à bord n’a été blessé et aucune trace de fumée n’a été détectée.Une connaissance, appelons-la Es-méralda, a rencontré son prince charmant dans un site de discussion sur Internet Ils se sont écrit plusieurs mois, d’abord anonymement puis plus personnellement par le biais de leurs courriels respectifs.Un jour, ils ont décidé de faire le grand pas et de se rencontrer.Voilà de cela quatre ans.Aujourd’hui, ils songent à partager leurs pénates et vivre ensemble.Ce petit conte de fée quelque peu postmoderne n’a pourtant rien de bien original.Les sceptiques n’ont qu’à aller taire un tour sur la Toile du Québec.En tapant «agence» et «rencontre» dans la boîte de recherche, ils verront les pages défiler.Un petit test empirique nous a même permis de constater que le,s interlocuteurs ne manquaient pas.A une petite annonce personnelle diffusée sur un site de rencontres (annonce un tantinet provocatrice, certes - mais ü faut ce qu’il faut), plus de 60 personnes ont répondu, et çela en quelques jours seulement.Evidemment, tous des grands, beaux et forts jeunes hommes, à la recherche de relations stables et durables.Le médium a ses avantages que la réalité ne connaît pas.Un seul sadique dans le lot Cette expérience, bien agréable pour l’ego, est surtout terriblement révélatrice.L’industrie de la rencontre amoureuse est en pleine effervescence.Quant à Esméralda, Internet lui aura permis d’éviter les affres des sorties de célibataire dans les bars.Aborder des étrangers dans des lieux publics était pour cette personne plutôt timide et réservée une épreuve à répétition.Devant un ordinateur, on peut oser davantage.On reste anonyme, et finalement, on sauve toujours sa peau et son orgueil.Question de personnalité Mais attention, ce genre de moyen n’est pas nécessairement taillé pour tout le monde.Selon Robert Gemme, professeur de sexologie à l'UQAM, il existe en fait toute une série de stratégies de rencontre, lesquelles varient en fonction de ce qu’une personne a à offrir et de ce qu’elle recherche.Mais avant même de parler de stratégies, précisons que ça n'est pas tout le monde - tous les célibataires cela s’entend - qui va chercher à passer à l’attaque et rechercher activement un partenaire de vie.Il existerait deux types de personnalités: les passifs et les actifs.Les premiers s’en remettent davantage au destin.S’ils recherchent l’âme sœur, ils vont attendre que celle-ci vienne à eux, et non l'inverse.C’est le type Cendrillon, qui attend que son prince vienne à son chevet la sortir de son malheur.Les femmes ont souvent tendance à être de ce type de personnalité.Le deuxième type est nettement plus actif.Ce genre de personne va chercher à multiplier ses probabilités de rencontrer une personne célibataire de son goût, dans les bars, sur Internet, au téléphone, dans les clubs sociaux ou par le biais des agences de rencontre.C’est évidemment ce genre de profil que l’industrie de la rencontre amoureuse cible avant tout.Selon Robert Gemme, pour augmenter ses chances de réussite, il est nécessaire de bien définir quel type de personne l’on est, ses forces et ses faiblesses, et agir en conséquence.Ceux qui sont plus habiles de la plume, mais peut-être moins avantagés physique-ment, auront intérêt à exploiter les ressources Internet.Effectivement, un message piquant et plein d’humour est nettement plus accrocheur qu’un message terne et sérieux.Même si l’auteur n’est pas le Dieu qu’il se prétend, il aura au moins l’avantage de piquer la curiosité de son interlocuteur, et qui sait, peut-être bien lui soutirer une réponse.Alors que dans un bar, l’interlocuteur en question ne lui aurait peut-être jamais jeté un seul regard.Les choix Le site Réseau Contact, l’un des plus importants sites de rencontres sur le Web, compte près de 92 000 membres.Cela fait beaucoup, beaucoup de monde.La consultation est absolument gratuite.L’on doit ouvrir ses goussets (13,95 $ par mois) seulement lorsque l’on souhaite envoyer un message personnalisé à un autre membre.Ceux qui ont une conversation facile choisiront plutôt un médium téléphonique.Les petites annonces personnelles dans les journaux, où l’on laisse sa description et celle de l’être recherché ainsi que son propre numéro de téléphone^ sont de moins en moins populaires.A leur place, on trouve tout un réseau de services d’intermédiaires téléphoniques, qui s’occupe de faire parvenir des messages téléphoniques dans des boîtes vocales réservées à cet effet.Le coût semble modique, soit 2 8 la minute chez Voxtel, mais en fait, les sommes peuvent atteindre des proportions excessives.Pour les gens particulièrement sociables qui recherchent quelqu’un partageant les mêmes intérêts, les clubs sociaux sont aussi très fréquentés.Ce sont des organisations qui mettent sur pied des activités, soirée de billard ou journée de ski par exemple, «pour célibataires seulement».Finalement il existe des services de rencontres personnalisés.Certaines agences sont plus sérieuses que d’autres, mais de manière générale, ce mode de rencontre est le plus cher de tous.Les agences de rencontre exigent en moyenne entre 200 et 300 $, mais certaines peuvent hausser leurs tarifs jusqu’à 1500 $.Et l’aspect mercantile ne s’arrête pas là.Pour en avoir le cœur net nous sommes allés en visiter une.On s’y trouve comme dans une véritable petite entreprise: contrat, garantie, c’est tout juste si l’on ne nous offre pas la possibilité d’échanger le matériel défectueux ! Toute cette industrie semble aussi enlever du charme à ce qui, en réalité, est censé consacrer l’amour entre deux êtres.«Peut4tre, mais c’est ça la vraie vie.Quatre-vingt pour cent des couples ne marchent pas.Au Québec, les deux tiers des couples divorcent», affirme Robert Gemme.Et le coup de foudre dans tout ça ?«Oui ça existe.Mais pour avoir un coup de foudre, il faut voir du monde.» Ouf! Morale : célibataires, en cette Saint-Valentin, sortez! 1000 MILLIARDS DE DOLLARS, C'EST L'AMPLEUR DE LA * J*» DANS LE MONDE.MAIS LE VRAI C'EST SON IMPACT SUR NOS DÉMOCRATIES.N DOSSIER-CHOC éléjoumal 1 /Le Point CE SOIR 22 h avec Stéphan Bureau Réalisation-coordination : Catherin* Cano ICI RADIO-CANADA L E l> E V 0 1 R .1, K L l! N I) 1 II EE V R I K R 2 0 (I 0 A » LE DEVOIR ACTUALITES Vers le Sommet québécois de la jeunesse Des centaines de jeunes descendront dans la rue mercredi Le Parti libéral du Québec réclame pour sa part «une véritable politique jeunesse globale» Tous ont les jeunes à cœur par les temps qui courent.Alors que le Parti libéral du Québec rendait public hier son document de travail sur la cause jeunesse, hier, où il dit souhaiter que tous contribuent au développement de la société en s’impliquant d’une manière ou d’une autre, la coalition Concertation jeunesse confirmait la tenue, mercredi prochain, d’importantes manifestations à travers quatre villes du Québec.FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Plusieurs centaine de personnes ayant la cause des jeunes à cœur devraient battre le pavé mercredi prochain.De Montréal à Rimouski en passant par Sherbrooke et Québec, 20 groupes coalisés formant la Concertation jeunesse feront entendre leur voix, moins d’une semaine avant la tenue du Sommet de la jeunesse, pour demander à la société civile et au gouvernement de s’engager dans la lutte à la précarité, l’exclusion et la pauvreté sous toutes ces formes.«Cette manifestation est la démonstration publique des enjeux portés par la déclaration commune de Concertation jeunesse.C'est de ces questions que nous voulons parler dans les semaines à venir», a lancé Marlyne Harpin, porte-parole.Concertation jeunesse souhaite notamment que les priorités budgétaires et fiscales s’orientent vers un réinvestissement dans l’éducation, la santé et les programmes sociaux.Même son de cloche du côté du Parti libéral (PLQ).Le chef libéral Jean Charest, accompagné du président de la Commission-Jeunesse, David Rheault, rendait public, hier, un document d’orientation intitulé La jeunesse au sommet, qui se veut une base à l’élaboration d’une politique jeunesse lors de la tenue du conseil général du parti à Hull, la fin de semaine prochaine.L’objectif des deux organismes est sensiblement le même: combattre l’exclusion et la pauvreté.Tous deux prônent un réinvestissement majeur dans les secteurs qui touchent les jeunes de près tels que la santé et l’éducation.«On est assez riche comme société pour ne pas avoir à choisir entre les deux», a laissé tomber Jean Charest, chef de l’opposition officielle.L’approche pour en arriver à un tel objectif est toutefois fort différente.Le groupe Concertation jeunesse veut concentrer ses efforts sur des sujets comme le «faux travail autonome» et l’importance d’un revenu minimum garanti plutôt que sur la dette, la démographie ou les conflits intergénérationnels.«Ce n’est pas écrit noir sur blanc que de tels sujets vont être abordés, indique Mme Harpin, mais c’est clair que le gouvernement souhaite le faire.» Le «faux travail autonome» constitue notamment une des plaies majeurs rencontrées par les jeunes à l’heure actuelle.Concertation jeunesse déplore que l’on pervertisse le marché du travail en offrant des emplois précaires.qui ne devraient pas l’être.«Il faut arrêter de créer des emplois à temps partiel, à faire de la sous-traitance, alors que l'on peut créer des emplois stables», affirme Mme Harpin.Le groupe de pression a accepté de participer au Sommet de la jeunesse qui se tiendra à Québec du 22 au 24 février mais insiste sur le fait que «ce n’est qu’une étape».La coalition souhaite à long terme créer une véritable relève.si le gouvernement en venait à mettre sur pied de véritables mesures, ajoute-t-il.Politique globale Quant au Parti libéral (PLQ), il propose, par l’entremise de sa Commission-jeunesse, «que le gouvernement du Québec établisse, sous la responsabilité du premier ministre, une véritable politique jeunesse globale, qui permettrait librement à chaque jeune de participer activement à la vie en société en lui offrant des services adaptés de qualité dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’emploi et du travail communautaire».L’approche préconisée, précise le PLQ, pourrait faire en sorte que chaque jeune trouve librement sa voie et son parcours.L’Etat, pour sa part, doit intervenir dans l’amélioration de ces voies de cheminement.Aux détracteurs qui répondraient ?Ewmss SOMMTfT MARTIN-C.CHAMBERLAND LE DEVOIR Le chef du PLQ, Jean Charest, accompagné du président de la Commission-Jeunesse, David Rheault, a rendu public, hier, un document d'orientation intitulé La jeunesse au sommet.que le gouvernement n’a pas d’argent pour une telle «politique globale», M.Charest rétorque que ce dernier ne semble pas manquer de fond lorsqu’il est question d’autres choses que des jeunes.Il dénonce le «gaspillage» fait par le gouvernement qui dépense 2,4 milliards, qu’il prend des poches des contribuables par l’entremise d’Hydro-Québec, pour financer la super SGF (Société générale de financement) et qui se paye des pleines pages de publicités dans les journaux sur la question constitutionnelle.«On aurait aimé voir le même argent pour des publicités sur le sommet.» Le PLQ formule ses pistes de solution sous quatre rubriques, sans toutefois pouvoir chiffrer ses revendications: ¦ L’éducation.Il est notamment souhaité que le gouvernement réinvestisse à tous les niveaux scolaires, qu’il augmente à 25 le nombre d’heures de cours au primaire, qu’il valorise davantage la formation professionnelle et technique.¦ La formation.Le PLQ suggère la mise sur pied de programmes de stages de formation adéquats, l’allocation de ressources importantes afin d’arrimer les programmes de réinsertion en emploi aux besoins des jeunes favoriser les entreprises de formation.¦ Le marché du travail.Il est proposé que le gouvernement allège les nombreux règlements qui limitent l’accès des jeunes au marché du travail, un filet de protection sociale soit établi pour les travailleurs autonomes et que leur statut soit défini à l'intérieur des lois du travail et une meilleure représentativité des jeunes dans la fonction publique.¦ Le travail communautaire.Le PLQ souhaite que des ressources adéquates soient octroyées aux groupes communautaires venant en aide aux jeunes et que des programmes d’entraide, de bénévolat et de tutorat libres et crédités soient intégrés dans les corpus de cours au choix dans les formations universitaires et collégial.Incendie à l’aéroport de Dorval ADM nie qu’une bombe ait été trouvée (PC ET LE DEVOIR) Branle-bas de combat samedi à l’aéroport de Dorval, où un incendie dans les bureaux de l’aérogare a provoqué une évacuation et forcé des déplacements de vol vers Mirabel.Le brasier a pris naissance au deuxième étage de l’édifice administratif sur l’heure du midi et son origine est toujours indéterminée.Plus de 1000 personnes ont dû quitter promptement l’aéroport.Tout le monde a pu réintégrer l’aéroport en fin d’après-midi.Quinze avions ont été détournés vers Mirabel et les passagers de quatre appareils ont également dû attendre sagement dans leur avion avant de pouvoir regagner l’aérogare.Une bombe?Par ailleurs, après avoir éteint le brasier, les pompiers ont retrouvé un colis suspect parmi les décombres.Un périmètre de sécurité a alors été établi et l’engin examiné.L’objet ne contenait cependant aucun explosif.A ce sujet, la société Aéroports de Montréal nie catégoriquement qu’une bombe ait été trouvée dans les bu- reaux administratifs de l’aéroport de Dorval.La porte-parole d’ADM, Marie-André Bastien, affirme que l’information est erronée et qu’elle est probablement imputable au fait que les locaux contenaient de l’équipement de dépistage d'explosifs.L’enquête sur les causes de l'incendie a été confiée au service des incendies de la ville de Dorval.ADM entend faire le bilan de l’opération d’évacuation au cours des prochains jours.Plusieurs passagers évacués se sont plaints du manque d’information à leur disposition pendant toute l’intervention.Tendres batailles et durs combats JACQUES FOURNIER « Esprit sensible et curieux, Jacques Fournier pratique l'engagement citoyen avec un naturel qu'on souhaiterait contagieux (.) Il ne me déplairait pas d'avoir un tel homme pour interlocuteur.» Louis Cornellier, Le Devoir LANCTÔT ÉDITEUR lANjJOr m t r un relations SOMMET DU QUEBEC ET DE LA JEUNESSE : PLACE AUX JEUNES ?L’amorce de la démarche ainsi que le déroulement des consultations préparatoires en vue du Sommet du Québec et de la jeunesse de février 2000 ont suscité d'importants mécontentements.La rigidité des délais imposés, les orientations prises et le manque d’accès à l’information concernant la démarche en sont à l'origine.L'insatisfaction s’est exprimée différemment selon les groupes concernés.Quelles sont les possibilités réelles d’un tel événement?Les jeunes sont-ils véritablement au coeur de la démarche?Voilà quelques-unes des questions à explorer ensemble.Au Panel : M.Yanick DEMERS, de CAP Jeunesse Mme Élise LABRECQUE, du Conseil permanent de la jeunesse M.Martin KOSKINEN, président de Force Jeunesse Mme Marie-Claude SARRAZIN, co-présidente du chantier Promouvoir une société équitable LE LUND114 FÉVRIER 2000, DE 19h30 À 22h00 à la Maison Bellarmin (métro Jarry ou de Castelnau) 25 Jarry Ouest, Montréal H2P 1S6 - Téléphone (514) 387-2541 Contribution volontaire: 5,00 $ Système d'écoute pour malentendants : ayez un baladeur avec bande FM LES SOIRÉES RELATIONS SONT ORGANISÉES PAR LE CENTRE JUSTICE ET FOI.À lire dans le numéro de janvier-février de la revue Relations : LE TEMPS DES REFONDATIONS ________________ Semaine de prévention Le taux de suicide demeure inquiétant VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Encore une fois, le Québec montre un taux de suicide inquiétant.’ En 1998,1367 personnes se sont enlevé la vie, dont 1056 hommes et 311 femmes.«La souffrance n'a pas de genre.pourtant, 80 % des suicides sont commis par des hommes» est le slogan qu’a retenu l’Association québécoise de suicidologie (AQS) pour la dixième édition de la Semaine provinciale de prévention du suicide.Depuis les années 1970, le taux de suicide masculin a grimpé de 78 %, note la présidente de l’association, Louise Lévesque.«Le Québec connaît l’un des taux de suicide les plus élevés parmi les pays occidentaux, indique le coroner en chef adjoint du Québec, le Dr Serge Tur-mel.En 1998, on constate une légère remontée.Les données ne sont cependant pas définitives, car certaines enquêtes ne sont pas closes.» Le médecin conclut que le Québec est loin d’avoir endigué le problème du suicide et que c’est «définitivement un problème d’homme».L’AQS espère profiter de cette semaine pour diffuser son message.Elle invite la population québécoise à être plus alerte, plus à l’écoute des autres, mais également à revoir le rôle social des hommes.«Im société valorise l’autonomie et l’indépendance au masculin et elle stigmatise l’expression de la souffrance et la demande d’aide», croit Louise Lévesque.En faiL les hommes expriment mal ou peu leurs sentiments, alors «la souffrance se manifeste par r“agir”».Ainsi, le suicide serait souvent l’ulti-me tentative pour reprendre le contrôle sur sa vie, sa douleur.«Le suicide ce n’est pas une solution, c'est le dernier choix pour arrêter le mal», explique le comédien Mario Saint-Amand, porte-parole de la semaine de prévention.Les causes Et les causes?Quand on est sur le terrain pour examiner un suicide, raconte le Dr Turmel, on se rend compte que ce n’est pas un facteur, mais des facteurs qui expliquent le geste.Et ces facteurs sont variables en fonction de l'âge.Peine d’amour d'adolescence, mariage brisé ou perte d’emploi, la détresse revêt plusieurs visages.«La santé mentale, la toxicomanie, l'alcool.Il y a une foule de facteurs de risque qui amplifient le phénomène», ajoute le coroner.Louise Lévesque lance un cri: «Ces hommes qui s'enlèvent la vie, ce sont nos pères, nos frères, nos conjoints, nos amis, nos voisins, nos fils.» Selon elle, la baisse du taux de suicide masculin passe inévitablement par la remise en question de la sociabilisation et de la rigidité du rôle des hommes dans la société.A ce propos, le ministre délégué à la Santé, aux services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril, convient que malgré les efforts et les interventions, il reste beaucoup de travail à faire.«La société banalise trop souvent les formes de détresse et même les normalise.Il faut changer tout cela et envoyer des messages porteurs d’espoir.[.] Le suicide est un problème de santé publique qui touche tout le monde.» Inquiété par la proportion alarmante du suicide au masculin, Mario Saint-Amand reconnaît qu’il est rare de voir un homme pleurer.«Pourquoi 80 % des suicides sont commis par des hommes?Je me le demande.Si c’est ça l’autre côté de la médaille, ce n ’est pas bien reluisant.» Sur un ton plus optimiste, il glisse que «parfois on entend, mais trop souvent on ne comprend pas.Je vous dis: écoutons!».La présidente de l’AQS remarque plusieurs facteurs qui permettent de comprendre la haute incidence du suicide chez les hommes.Selon la spécialiste, la société tolère l'agressivité, la démonstration des impulsions et la consommation d’alcool ou de drogue quand elles sont exprimées par les hommes.De même, Mme Lévesque souligne que les hommes ont une plus grande accessibilité aux armes à feu.Ainsi, «leurs signes de détresse sont moins bien décodés et moins bien lus parles autres».Tout spécialement cette semaine, l’AQS veut que les Québécois soient davantage sensibilisés.MON Nathalie ELLIOTT mon premier dictionnaire français illustré f \ Les Éditions GUÉRIN (514)842-3481 1210 dessins en couleurs.1192pages-25$ En tienle dans toutes les nnrairies Gàmbard Vente et service technique ROLEX GENÈVE Lady Yacht-Mastar en acier et or 18 carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL: 866-3876 * LE DEVOIR, L E L U N DI 14 FEVRIER 2 0 0 0 LES ACTUALITES Clarté référendaire Des intellectuels québécois dénoncent le projet de loi C-20 FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le projet de loi C-20 sur la clarté présenté par le gouvernement fédéral n’est «rien de moins qu’une atteinte à la légitimité de l’Assemblée nationale du Québec et une tentative d’asservissement de ces institutions à un pouvoir supérieur, en l’occurrence le Parlement du Canada», dénonce Gérald Larose, au nom du groupe t’ro-Démocratie.Des membres de différentes familles politiques du Québec ont lancé hier un appel pour que le débat sur l’avenir de la province demeure entre les mains des Québécois.Iæs signataires, dont plusieurs sont d’importants acteurs de la scène politique tels que l’écrivain Yves Beau-chemin, les professeurs Gregory Baum, Michel Seymour, Guy Rocher, Daniel Latouche, l’ex-syndica-liste Gérald Larose et l’écrivaine Hélène Pelletier-Baillargeon, s’inquiètent «du carcan législatif dans lequel le gouvernement fédéral souhaite circonscrire un débat démocratique dont les règles avaient été, jusqu'à maintenant, acceptées par tous».«Nous sommes réunis par une inquiétude commune et partagée: l’initiative du gouvernement fédéral menace le rôle et l’intégrité des institutions démocratiques, aussi bien celles du Québec que celles du Canada», a affirmé le professeur de droit de l’Université de Montréal, André Tremblay.«Nous partageons la conviction que toute tentative pour changer les règles du jeu en cours de partie ne pourra que nous éloigner d’une solution mutuellement acceptable», ont déclaré MM.Tremblay et Larose.Pro-Démocratie soulève certains faits «qui témoignent du rôle prépondérant et respecté de nos institutions démocratiques».Il cite notamment les trois référendums tenus au Québec en 1980,1992 et 1995.La forte participation et le fait que les partis politiques aient tous accepté les règles du jeu ainsi que les résultats de ces consultations publiques sont autant de preuves de la reconnaissance du droit du peuple québécois de déterminer lui-même, selon le principe démocratique de la majorité, son avenir collectif.Pro-Démocratie souligne également que l’Assemblée nationale, dans un geste unanime, avait tenu à confirmer elle-même la validité du processus référendaire le 21 mai 1997 dans une résolution très claire.De plus, souligne-t-il, le renvoi à la Cour suprême, il y a deux ans, constitue «un geste dénoncé par un grand nombre de démocrates qui y ont vu une possible dérive, Ce sont en effet les institutions démocratiques qui rendent possibles les décisions légitimes des populations».Précisant que cette démarche transcende les frontières des positions politiques, ladite organisation soutient que ce n’est pas le rôle du droit constitutionnel de se substituer cà la prérogative de la population de choisir son régime politique.Avion détourné vers l’Angleterre Près de la moitié des ex-otages afghans sont prêts à rentrer chez eux AGENCE FRANCE-PRESSE Moreton-in-Marsh (Grande-Bretagne) — Quelque 70 ex-otages afghans de l’avion détourné sont arrivés hier soir sur la base aérienne militaire de Brize Norton (ouest de Londres), d’où ils devraient décoller vers minuit pour regagner l’Afghanistan.I^s ex-otages, des hommes, des femmes et des enfants, sont arrivés vers 20h50 sur la base à bord de trois bus, encadrés par plusieurs véhicules de police, ont constaté les journalistes sur place.Ils avaient quitté une demi-heure auparavant le centre où tous les exotages ont été rassemblés, un collège d’instruction pour les pompiers, situé à Moreton-in-Marsh, près de Gloucester.Quelques Afghans ont salué en souriant les journalistes, à travers les fenêtres des bus à demi-voilées par des rideaux.Un porteparole du ministère de l’Intérieur a indiqué que 72 Afghans devraient monter à bord du Lockheed loto-québec Tirage du 2000-02-11 7 22 25 35 40 42 Numéro complémentaire: 11 GAGNANTS Tira9e du 2000-02-11 1 4 8 13 21 27 Numéro complémentaire: 15 6/6 0 1 964 182,40$ 5/6+ 3 196 418,20 $ 5/6 212 2 223,60 $ 4/6 13 006 69,40 $ 3/6 252 969 10,00$ Ventes totales: 14 351 233 $ Prochain gros lot (approx.): 5 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 1 50 000,00$ 5/6 46 500,00 $ 4/6 2 170 50,00 $ 3/6 28 799 5,00$ Ventes totales: 556 948,50 $ lira Tirage du 1 VtNDREU 2000-02-1 1 NUMÉROS LOTS 080401 100 000$ 80401 1 000$ 0401 250$ 401 50$ 01 10$ 1 2$ lira 1 SAMcar Tirage du 2000-02-11 NUMÉROS LOTS 883225 100 000$ 83225 1 000$ 3225 250$ 225 50$ 25 10$ 5 2$ fSSSZM, 2000-02-11 2 3 5 15 25 37 39 Numéro complémentaire: 33 GAGNANTS LOTS 717 0 15 000 000,00$ 6/7+ 4 128 706,70$ 6/7 178 2 530,70$ 5/7 10 902 147,50$ 4/7 232 987 10$ 3/7+ 216 327 10$ 3/7 1 945 110 partie, gratuite Ventes totales: 28 175 718 $ Prochain gros lot (approx.) 18 000 000 $ T V A .le réseau des tirages U modalités tfsncaisaemanl des Mists gagnants paraissent au verso des Miels En cas de disparité entra cette liste et la liste officielle, cette demrére a pdorité Le vélo en ville l’hiver : une véritable panacée contre la grisaille urbaine TriStar de 300 places, de la compagnie cambodgienne Kampuchea Airlines, affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), chargée de rapatrier ceux qui le souhaitent.Plus tôt dans la journée d’hier, le ministère de l’Intérieur avait indiqué que seuls 17 des 164 passagers et membres d’équipage de l’avion détourné quatre jours durant sur l’aéroport londonien de Stanstead avaient exprimé leur intention de retourner en Afghanistan.La police a par ailleurs arrêté 19 personnes à l’issue de la prise d’otages, qui s’est achevée jeudi matin pacifiquement.Les 19 personnes devraient être formellement inculpées dans les prochaines heures, et pourraient être dê férées devant un tribunal lundi, a indiqué hier soir la police d’Essex.Leur audition devant un tribunal devrait être une formalité, notamment pour définir les conditions de détention.Ce nombre important d’arrestations avait accrédité l’hypothèse d’une complicité d’une partie des passagers avec les preneurs d’otages.Que l’automobiliste n’ayant jamais pesté contre la neige, la gadoue, le verglas ou le froid se lève.Un ange vient à passer.C’est à se demander si les conditions hivernales du Québec sont compatibles avec la bonne vieille voiture.Certes, le chaud confort de la bagnole est doux au cœur du frileux.Mais à quel prix?Pelleter, déblayer, réchauffer, dégivrer, patienter, glisser, stationner.Repelleter, redéblayer.Pourquoi ne pas troquer le tout pour la simplicité du deux roues?FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Il y a peu, les marginaux qui prenaient le temps de recycler le verre et le carton étaient perçus comme des hurluberlus.Aujourd’hui, les hurluberlus qui prennent leur vélo pour se rendre au travail à 18 sous zéro sont vus comme des marginaux.Et si les hurluberlus d’hier étaient les avant-gardistes d’aujourd’hui?Casque jaune surplombant un bandeau multicolore, pantalon rouge, vestes et gants vert fluo, lunettes jaunes, John Johnston, 41 ans, enfourche sa bécane blanche tous les matins et ce, depuis des années.Hiver comme été.Il reconnaît que c'est un peu plus compliqué pendant la froide saison mais ne comprend pas pourquoi son espèce ne se reproduit pas plus rapidement.«Il est vrai, par contre, que j’ai l’impression de voir de plus en plus de cyclistes l’hiver et je ne parle pas seulement des gens qui n’ont pas d’argent ou qui gagnent leur vie comme courrier à vélo.» fis seraient 150 000 au Québec à sortir la bécane au moins une fois entre les mois de décembre et de mars.Bien habillé et bien équipé, le transport en vélo l’hiver constitue une formidable panacée contre la grisaille urbaine, estime ce chevalier urbain.C’est pourquoi, depuis quelque temps, M.Johnston répand la bonne parole lors de conférences données à la Maison des cyclistes.Il donne des conseils sur le choix du vélo et des vêtements en plus quelques trucs pratiques.Il considère par exemple que pour un usage strictement urbain, une «mi-noune» d’une à trois vitesses est nettement suffisante.Bien équipé de garde-boues de métal et de réflecteurs, un tel vélo ne coûte pas cher et ne nécessite qu’un entretien minime.Si on a le portefeuille mieux garni, toutefois, ou un horaire qui permet de passer plus de temps à astiquer son «bolide», certaines dépenses peuvent rapporter.Un moyeu à vitesses et freins à tambours scellés par exemple, autrement dit un système imperméable au calcium, à la «garnotte» et autres «bactéries» mangeuses de mé canismes métalliques.«C’est plus cher à l’achat, indique notre spécialiste, mais ça vaut la peine à long terme.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Casque jaune surplombant un bandeau multicolore, pantalon rouge, vestes et gants vert fluo, lunettes jaunes, John Johnston, 41 ans, enfourche sa bécane blanche tous les matins et ce, depuis des années.Hiver comme été.C’est bien beau tout ça, mais que faire avec le vélo une fois la chaumière retrouvée vous demandez-vous.«Il existe deux écoles de pensée.Selon la première, tu arroses ton vélo avec une chaudière d’eau chaude savonneuse puis tu l’essuies et le rentre.Selon la seconde, tu laisses ton vélo dehors au froid pour éviter la corrosion due à la condensation.» L’armure du chevalier «Pour ce qui de l’habillement, le but est de trouver quelque chose de peu compliqué qui protège bien du froid et de l’humidité.» Le site Internet icebike.com — la référence en la matiè re — envisage bois situations peuvent survenir.¦ Vous avez froid dès que vous mettez le nez dehors: rentrez chez vous, vous n’arriverez jamais à vous réchauffer; ¦ vous sortez et trouvez que le fond de l’air est frais: si vous pédalez à un rythme normal, vous maintiendrez votre corps à une température confortable et garderez le sourire; ¦ vous avez déjà chaud, debout à ne rien faire: il ne vous reste qu’à donner quelques coups de pédales pour terminer votre course telle une lavette trempée.Fort de son expérience de plusieurs années, M.Johnston s’est quant lui confectionné une petitç charte digne d’un vélologue.A chaque 5 °C, cç cycliste averti ajoute un accessoire.A15 °C, c’est le coupe-vent, à 10 °C, les gants, à 5 °C, le bandeau, au point de congélation, le pantalon en nylon, à -5 °, les bottes chaudes, à -10 °C, les mitaines, à -15 °C, la cagoule et à -20 °C, il double le tout d’un feutre sur la cagoule, déjà ceinturé d’un bandeau et d’un casque! COLLOQUES ET CONFERENCES L’UNIVERS HINDOU : UNE PERSPECTIVE FÉMININE Montréal 15 février Marc Duhamel: 528-7033 L’expérience hindoue est multiple.Elle se vit sur l’ensemble du sous-continent indien, partagée par près d’un milliard de personnes.Là-bas, il est très important de respecter la différence des pratiques car la diversité est d’autant plus grande que la tradition ne s’exprime pas à travers la mè diation d’une autorité institutionnelle hiérarchisée, comme dans le cas de l’Eglise catholique romaine.Dans le cadre de la série de conférences «Traditions et voies spirituelles», Sa-vitri de Tourreil parle de femmes et de pratiques.LE SUICIDE CHEZ LES HOMMES Université de Montréal 15 février Sylvie Corbeil: 343-7896 Présentée dans le cadre de la Semaine québécoise de la prevention du suicide, la conférence du philosophe Marc Chabot propose une réflexion sur fond de statistiques troublantes.«D’une certaine manière, le suicidé se désolidarise de la communauté humaine.Nous sommes tous dans le monde et ntrus hésitons sur son sens.Nous vivons, nous essayons tous de vivre en nous disant que tout cela doit avoir un sens.Et voilà qu’un homme décide d’en finir avec les hésitations», nous dit-il.C’est gratuit PROBLÈMES D’APPRENTISSAGE ET DÉFICIT D’ATTENTION , Chomedey de Laval A compter du 15 février Diane Diotte: (450) 6868230 L’association des troubles d’apprentissage du Québec (AQETA) invite tous les parents qui ont un enfant souffrant de problèmes d’apprentissage ou de déficit d’attention et de concentration à une série de dix rencontres en soirée qui débuteront ce mardi 15 février.AU PARC LAFONTAINE Ecomusée du Fier Monde 16 février EFM: 5288686 L’artiste et concepteur de l’exposition Au parc Lafontaine, Louis Georges Vanier, nous fera découvrir l’histoire des fouilles qu’il a faites en 1996 au parc Lafontaine et nous expliquera le processus de création qui l’a amené à réaliser les sculptures qui constituent le corps de l’exposition.PRÉVENIR ET GUÉRIR LES MALAISES ET LES MALADIES Centre L’Éveil, Québec 15 février ACER (418) 843-1312 La thérapeute Chantal Soucy, après avoir elle-même vaincu la maladie, propose de vous enseigner la technique de l’espace vital et la méthode de l’ACLC.Elle partagera avec les participants les secrets de la démarche qu’elle a employée pour traverser son épreuve.LE SOMMET DU QUÉBEC ET DE LA JEUNESSE: PAROLE D’ÉTAT OU PAROLE DE JEUNES?Université McGill 16 février Renseignements: 398-3960 Cette table ronde aura comme participants Gérald Larose, du département de travail social de l’UQAM, Solange Ijefebvre, de la faculté de théologie de l’Université de Montréal, Éric Montpetit, de l’ENAP, et Pierre No-reau, du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal.Cette activité se déroulera en français.Prière de réserver.JARDINS BAROQUES Auditorium Maxwell-Cummings de Montréal 16 février MBA 790-1245 Descendants directs de Versailles, les jardins baroques ont été conçus afin de combler le goût du luxe, de Attention, prévient-il, vêtu de la sorte, on perd notre vision périphérique.«Dans ce temps-là, il ne faut pas effectuer de changements de voies.Tu t’arrêtes et tu regardes à chaque fois.» Ceci est d’autant plus vrai que les .dangers de la route sont légion en hiver.Selon le site icebike.com, il existe • trois conditions principales qui pourraient poser problème: la glace noire, ¦ la neige fraîche et la neige tapée.Mais pas un mot sur l’obstacle numéro un: l’automobiliste.«En ville, c'est toujours une joute, mais cela ne veut pas dire qu’il faille, jouer le cow-boy, prévient M.Johnston.Le freinage et les virages rapides ¦ sont à déconseiller.» Pour le reste, fiez-vous à la loi de l’inertie de Newton, ajoute-t-il, lorsqu’il n’y a pas de force extérieure, un corps en mouvement avance en ligne droite à une vitesse uniforme.l'abondance et du grandiose de leurs propriétaires.Monique Gauthier nous entretient de ces jardins où jeux d'eau, fontaines, sculptures et végétation sont disposés comme au théâtre.VOYAGE MUSICAL À BUDAPEST Auditorium Saint-Albert-le-Grand 16 février ACTXR: 3324126 Claire Villeneuve, tout en retraçant l’histoire de Budapest, nous parle des compositeurs, et des interprètes qui y ont travaillé.À travers les vies de Tsiganes, Liszt, Bartôk et d’autres, en passant par les institutions musicales.¦ dont la splendide maison de l'opéra et l’Académie Franz-Uszt, elle nous permettra de toucher du doigt un pan très riche de la musique.L’ÉCONOMIE SOCIALE: ORIGINE, APPROCHE, PRATIQUES HEC 18 février Une Garand: 343-6193 Le sociologue Benoît Lévesque, dans le cadre des conférences du GRASP intitulées «Santé, maladies, -services: les dynamiques sociales», propose d’aborder à la fois les questions touchant la recherche et les pratiques assimilées à l’économie sociale.Isabelle Quentin iquentitga sim.qc.ca faites parler votre c ur ! Contribuez au Fonds de Recherche de l'Institut de Cardiologie de Montréal en vous procurant votre petit c ur antistress pour seulement En vente chez : Umpnx, Petro-CanacD Excellence Sports.Les Restaurants Giorgio.Steak-frites et Le Commensal, Bentley.Jovtn.Unie.Voyageur, Agnew 2* Non taxable I L E I) E V 0 I R .L E 1.I! N I) I 11 K K V R 1ER 2 0 0 (I A r> LE DEVOIR LE MONDE EN BREF Prendre Argoun Sleptsovskaia Russie (AP) — Les forces russes tentaient hier de prendre le contrôle de la gorge stratégique d'Argoun dans le sud de la Tchétchénie, ce qui couperait d’importantes routes de ravitaillement pour les rebelles tchétchènes.Les forces russes, selon le commandement militaire de la région du Nord-Caucase cité par l'agence Interfax, ont donc pris le contrôle de la gorge de Vedeno et les combats contre les séparatistes repliés dans leurs bastions montagneux se sont déplacés vers le secteur d’Argoun, où plusieurs villages susceptibles d’abriter les «boivild» ont été encerclés.L’aviation russe, notamment les chasseurs-bombardiers Su-24 et SU-25 ainsi que les hélicoptères de combat Mi-24, a effectué plus de 100 sorties dans la région au cours des dernières 24 heures, ajoute Interfax.Les soldats russes y affrontent quelque 8000 combattants repliés sur ces montagnes enneigées depuis la chute de Grozny.Wodié, candidat Abidjan (Reuters) — Francis Vangah Wodié a été désigné candidat à l’élection présidentielle de l’an 2000 en Côte d’ivoire par sa formation politique, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) - Ancien ministre de l’Enseignement supérieur du régime déchu du président Henri Konan Bédié, Wodié, professeur de droit âgé de 64 ans, a été choisi au terme d’un congrès extraordinaire de ce parti — dont il est le secrétaire général — samedi soir à Abidjan.Trois autres candidats sont déjà sur la ligne de départ pour cette élection dont la date est encore inconnue.Il s’agit de Robert GbâïTagro, du Parti républicain de Côte d’Ivoire (PRCI), de l’ancien premier ministre Alassane Drama-ne Ouattara, président du Rassemblement des républicains (RDR), deuxième formation de l’opposition et de Laurent Gbagbo, président du Front populaire ivoirien (FPI), principal parti de cette mouvance.Wiranto toujours là Djakarta (Reuters) — Le président indonésien Abdurrahman Wahid a déclaré hier qu'il estimait toujours que le général Wiranto devait démissionner, mais qu’il l’autorisait pour l’instant à conserver le portefeuille des Affaires publiques et de la sécurité.«Je n 'ai pas changé d’avis.Je lui donne seulement le droit d'être soumis à une enquête, conformément à la loi», aA-il déclaré à la presse.Peu auparavant, le secrétaire général du gouvernement Marsilam Simanjuntak avait déclaré que le général resterait probablement au gouvernement jusqu’à la fin d’une enquête sur son implication dans les sanglants événements de l’année dernière au Timor oriental.IjC président Wahid, qui a eu hier un entretien de trois heures avec Wiranto, a précisé lui avoir alors directement demandé sa démission.Son interlocuteur a cependant demandé et obtenu que cette décision soit reportée à la fin de l’enquête.Schüssel se confie Vienne (Reuters) —Wolfgang Schiis-sel, le nouveau chancelier d’Autriche dont l’alliance avec l’extrême droite de Jorg Haider a suscité beaucoup d'émoi en Europe, espère ne laisser qu’une trace infime dans l’Histoire.Prié de dire ce qu'il aimerait que les livres d’Histoire retiennent de lui, le chef du gouvernement de coalition «noir-bleu» a répondu hier à la radio ORF: «Pour parler franchement, le moins possible.Ce que je sais des manuels d’Histoire, c'est qu 'on n ’y mentionne que ceux qui ont connu la guerre ou une crise majeure.Si vous n y figurez pas ou presque pas, cela veut dire que vous avez donné à votre pays une période de paix, de prospérité et de sécurité.Voilà toute mon ambition.» Schüssel a d’autre part réfuté des rumeurs persistantes voulant que sa femme Krista l'ait quitté en raison de son opposition à l’alliance avec le parti de Haider.Danube empoisonné Becej, Yougoslavie (AF) - Le ministre yougoslave de l’Environnement, Bra-nislav Brazic, a annoncé hier que son pays entendait demander réparation devant les instances internationales après la grave pollution au cyanure venue de Roumanie et qui a contaminé plusieurs cours d’eau d'Europe centrale, dont le Danube.C'est une mine d’or roumaine située à Baia Mare (nord-ouest), à 70 km de la frontière hongroise, qui est à l’origine de la pollution.On y utilise le cyanure jxmr extraire l'or des métaux.Le 30 jimvier dernier, des inondations ont provoqué la rupture de la digue du bassin de décantation de l’usine.Ix* ixiison s’est alors déversé dans la rivière Samos, qui se jette dans la Tisa en Hongrie.Aucune vie n’a survécu dans la rivière Tisa au passage de cette nappe qui a ensuite touché la Yougoslavie vendredi.Nord du Kosovo Nouvelle flambée de violence à Mitrovica Des tirs de grenades et d’armes automatiques ont fait deux morts La ville de Mitrovica, située dans le secteur militaire français du nord du Kosovo, a été hier le théâtre de nouvelles violences impliquant des soldats français de la KFOR pris entre les tirs croisés des communautés serbe et albanophone.Deux militaires français de la force internationale qui patrouillaient à pied et en véhicules blindés de transport de troupes ont été blessés par balles par des tireurs isolés.ASSOCIATED PRESS Mitrovica — Après une semaine d’extrême tension, la violence a éclaté hier à Mitrovica, dans le nord du Kosovo.Des tirs de grenades et d’armes automatiques ont fait deux morts et au moins 15 blessés dans la partie nord de la ville, à majorité serbe, selon les responsables de la KFOR.Parmi les blessés figurent deux soldats français.Au moins dix chars de l’armée française ont franchi la rivière Ibar pour ramener l’ordre dans les quartiers serbes, alors que les civils étaient appelés à rester à l’abri des tirs des «snipers».Le principal pont de la ville, théâtre de précédentes confrontations, a été fermé avec des barbelés et un couvre-feu a été décrété.La situation semblait s’être calmée hier après-midi, même si on pouvait encore entendre des détonations.Les violences de la matinée ont été déclenchées par des tirs de snipers albanais embusqués dans les quartiers serbes, selon des responsables de l’OTAN.Avec un objectif clair: «Tuer nos soldats», selon le porte-parole des forces françaises au Kosovo, le lieutenant-colonel Chanliau.«Le premier soldat — et c’est le facteur déclenchant— a été atteint au ventre par une balle, tirée par un sniper.C’est arrivé vers 10h50», a raconté sur France Info le lieutenant-colonel Chanliau.«Les Italiens, qui étaient en poste sur un pont proche du tireur, ont aussitôt riposté.» Au cours de l’opération lancée pour neutraliser les tireurs, «un deuxième soldat français a été blessé, celui-ci dans l’avant-bras», a-t-il ajouté.Les affrontements entre tireurs albanais et soldats de la KFOR ont fait un mort — un sniper — et cinq blessés, a précisé le lieutenant-colonel Chanliau.Deux Albanais ont également été arrêtés.Parallèlement, des maisons albanaises étaient prises pour cibles par des attaques à la grenade qui ont fait un mort et sept blessés.Selon des Serbes qui ont requis l’anonymat, les troubles ont commencé quand des Albanais venant de la partie sud de la ville ont franchi le pont enjambant la rivière Ibar et jeté plusieurs grenades.Mais l’appartenance ethnique des victimes laisse penser que les Serbes ont rapidement pris le relais des violences en se retournant contre les Albanais qui vivent encore dans la partie nord de Mitrovica.La police des Nations unies a ainsi dû venir au secours d’un couple d’Al-banais, Hysen Xhersheku et sa femme Sofija, dont la maison a été endommagée par une grenade.«Ils nous ont frappés.Ils ont incendié notre maison», a raconté Hysen Xhersheku, réfugié du côté sud de la ville.Selon lui, une dizaine de Serbes ont pénétré dans leur appartement pour leur ordonner de partir dans les dix minutes, sous peine de mort Les incidents ont éclaté quelques heures après une intervention des soldats français et danois samedi sou-dans un café, la Dolce Vita, fréquenté par des extrémistes serbes.L’établissement est situé au nord du pont qui coupe la ville en deux.Divisée entre communautés serbe, au nord, et albanaise, au sud, Mitrovica est le théâtre de violents affrontements qui ont fait au moins huit morts côté albanais depuis le 2 février.Les Serbes forcent les Albanais qui vivaient encore au nord de la rivière Ibar à quitter leurs maisons.Et l’appel au calme de l’administrateur des Nations unies au Kosovo, Bernard Kouchner, venu sur place vendredi pour annoncer l’envoi de renforts, n’y a rien changé.Désormais, «toute personne en possession d'arme sera prise à partie» et il sera considéré comme «légitime» de tirer sur elle, a averti hier un porte-parole de la KFOR.- » .SI ÉÎ !«•»* HAZIR REKA REUTERS Cet Albanais de Mitrovica courait hier se mettre à l’abri pendant que des soldats français cherchaient à riposter aux tirs de «snipers».pwiMi Processus de paix israélo-palestinien Suspension de l’exécutif biconfessionnel La course des rendez-vous manqués Entre Barak et Arafat «ne coule pas une rivière, mais un océan» Les 130 membres du Conseil révolutionnaire du Fatah, la principale composante de l’OLP, ont appelé hier à la création d’un État palestinien «d’ici septembre 2000», a rapporté l’agence palestinienne Wafa.Le Conseil révolutionnaire, réuni à Gaza sous la direction du président Yasser Arafat, fondateur du Fatah, a appelé dans un communiqué final publié à l’issue de deux jours de discussions «à la proclamation d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale d’ici au mois de septembre 2000».CHRISTOPHE B O LT A N S Kl CORRESPONDANT Dp LIBERATION A JERUSALEM est un nouveau rendez-vous manqué du processus de paix.En septembre, à Charm al-Cheikh, station balnéaire du Sinai' égyptien, Ehoud Barak et Yasser Arafat s’étaient donné cinq mois pour jeter les bases d’un traité de paix.Non seulement le délai qui expirait hier n’a pas été respecté, mais le fossé qui sépare les deux dirigeants semble n'avoir jamais été aussi grand et le dialogue est rompu à tous les niveaux depuis plus d’une semaine.Israéliens et Palestiniens avaient jusqu’au 13 septembre pour mettre un point final à leur conflit plus que centenaire.Ils devaient conclure à mkourse un accord-cadre, une première ébauche.Ce document d’une dizaine de pages devait dans l’esprit d’Ehoud Barak, fixer les grands principes d'un traité définitif et démontrer la volonté des deux parties d’aboutir.Conçue comme une fusée à étage, la négociation n'a jamais décollé.Yasser Arafat qui avait accepté avec réticence cet exercice à deux temps propose de sauter l'étape intermédiaire.«Nous devons aller directement à la phase finale», a déclaré son ntinistre en charge des relations avec le parlement, Nabil Amr.«Ce concept d’accord cadre a été inventé par eux /les Israéliens/, pas par nous.Il devient maintenant inutile».Le premier ministre travailliste refuse de changer son dispositif et promet «des pourparlers sérieux et intensifs».Responsabilité Éhoud Barak tient une lourde responsabilité dans ce retard.Il a mis deux mois à nommer le chef de sa délégation, avant de donner la priorité au volet syrien.Il est aujourd’hui ah» sorbé par la crise au Liban.«Des considérations tactiques l’ont conduit à privilégier les négociations avec la Syrie au lieu de tout faire pour trouver un accord avec les Palestiniens.En agissant ainsi, il n’a pas seulement diminué sa crédibilité, écrit Uzi Benziman dans le quotidien libéral Ha’aretz.Il a aussi oublié que la solution du conflit israélo-palestinien est la clef de la paix entre Israël et le monde arabe, Syrie et Liban compris».Sa dernière rencontre avec Yasser Arafat le 3 février, a été un échec.«Entre eux, ne coule pas une rivière, mais un océan», selon Nabil Chaath, ministre palestinien de la Coopération internationale.Le différend porte sur presque tous les sujets: le tracé des frontières, le droit des réfugiés palestiniens au retour, Jérusalem.Nabil Chaath a accusé Israël de vouloir garder 45 % de la Cisjordanie.Même la mention dans l’accord-cadre de la résolution 242 de l’ONU (qui prévoit le retrait d’Israël des territoires occupés) pose problème.A l’impasse dans la négociation, s’ajoute le refus d’Ehud Barak de transférer à l'Autorité palestinienne des territoires qui bordent la ville sainte.Yasser Arafat voulait se rapprocher de ce qu’il considère comme la capitale de son futur Etat.Il revendiquait l’une des banlieues arabes de Jérusalem: Abou Dis, Ram ou Aza-rieh.Faute d’une entente entre les deux parties, le troisième retrait militaire, qui était prévu à la mi janvier, n’a pas eu lieu.L’émissaire américain Dennis Ross, attendu demain à Jérusalem, aura fort à faire.Les dirigeants palestiniens souhaitent le déplacement des négociations aux Etats-Unis et l’arbitrage de l'administration Clinton, mais sur ce dossier, Israël refuse pour l’instant toute intervention extérieure.Si à la date butoir du 13 septembre, aucune perspective de pane ne se dessinait, Yasser Arafat menace une fois de plus de déclarer unilatéralement l'indépendance.Dans ce contexte de crise, l’Etat hébreu craint une reprise des attentats.Les forces de sécurité sont en alerte depuis qu’un militant du Hamas a été tué jeudi à Naplouse dans l’explosion accidentelle de sa bombe.Les islamistes peuvent être d’autant plus tentés de renouer avec la terreur, qu’ils rencontrent un soutien grandissant dans la population.D’après un sondage du centre de recherche de Naplouse.43 % des Palestiniens se disent favorables à des attaques années contre Israël.Sharon prône le retrait du Liban Jérusalem (Reuters) — Ariel Sharon, le gé-J néral qui avait conduit les troupes israéliennes aux portes de Beyrouth en 198?, a grossi hier les rangs de ceux qui, dans l'Etat hébreu, prônent un retrait rapide du Liban au lendemain de la mort en trois semaines de sept militaires de Tsahal.D'après un sondage effectué par le quotidien Maariv, la moitié au moins des membres du gouvernement du premier ntinistre travailliste Ehoud Barak sont favorables à une évacuation rapide.Four le bouillant général Ariel Sharon, qui passe pour un «faucon», «le départ du Uban doit commencer sur-le-champ [.] Nos positions y sont devenues anachroniques et il faut que nous nous en allions».«La situation évolue», a expliqué au micro de la radio militaire israélienne l'ancien ministre de la Défense, e\-«faucon d’entre les faucons», qui dirige aujourd’hui le Likoud (opposition de droite).Les derniers sondages d’opinions montre un soutien croissant de la population à un départ précipité du Libap avant la date-butoir du 7 juillet fixée par Ehoud Barak pour l'évacuation de Tsa- hal du Pays du cèdre, où les militaires israéliens étaient censés empêcher les attaques du Hezbollah libanais sur la Galilée.Ces attaques se sont, en fait, multipliées ces dernières semaines et ont pris un caractère de plus en plus meurtrier, provoquant un cycle de représailles.Hier, le père d’un soldat âgé de 18 ans tué la veille au Liban-Sud, Aryeh Itah, a supplié Barak d’arrêter un calendrier précis d'évacuation.«Sortez-les de là, sortez-les de là s'il vous plaît !», a lancé à l’adresse de Barak ce colonel du cadre de réserve au micro de Radio-Israël.Londres aurait trop vite jeté l’éponge Belfast (Reuters) — Alors que les accusations contradictoires pleuvent à propos de l’arrêt du processus de paix en Irlande du Nord, des voix se sont élevées à Belfast pour demander à Londres et Dublin de réexantiner le dossier épineux du désarmement de 1TRA Vendredi soir, la Grande-Bretagne a suspendu l’exécutif biconfessionnel de Belfast en place depuis seulement 72 jours en raison du refus persistant de l’Armée républicaine irlandaise de prendre des mesures concrètes pour désarmer ses combattants.La décision de Londres, qui porte un coup sévère à la dy-namique de paix enclenchée par l’accord de Stormont du 10 avril 1))98, a été annoncée juste après une offre de dernière minute de TIRA Seamus Malion, dirigeant catholique modéré et membre de l’exécutif désormais suspendu, a laissé entendre hier que le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Peter Mandelson, avait très mal géré l’affaire.D'après Mallon, le ministre n’avait pas en main toutes les données lorsqu’il a annoncé le gel des institutions nord-irlandaises et il y aurait eu un problème de communication entre1 ses services et ceux du premier ministre, Tony Blair.«Je pense que le 10, Downing Street en savait vraisemblablement plus [que Mandelson]», a-t-il avancé.«J'ai des raisons de croire que le général canadien John de Chaslelain [président de la commission sur le désarmement] disposait de nouvelles informations de grande importance [.] qui auraient pu changer la nature de ce dossier extrêmement complexe», a .ajouté Mallon qui jouit d’un grand respect.Londres et Dublin, qui avaient donné jusqu’à vendredi minuit à TIRA pour donner des assurances fermes, a finalement jugé ces dernières insuffisantes.De source britan-ttique, on indique que le rapixirt de la commission de Chas-telain était intervenu trop tard et que de tout façon, ses propositions n'allaient pas assez loin.Mallon a propose1 que Tony Blair et son homologue irlandais, Bertie Aller n, reprennent le dossier du désarmement en main et «décident de l’opportunité et de la manière dont la suspension [du gouvernement de Belfast | peut être gérée».David Trimble, chef du principal ixirti protestant (UUF) et premier ministre du gouvernement suspendu, a, quant à lui, mis au défi dimanche le camp républicain de faire la preuve de son attachement à la paix.«Je leur dis que le temps est venu pour eux de se décider une fois pour toutes», a-t-il dit à la BBC.«Ils [le Sinn Féin, aile politique de LIRAI ont essayé ces dernières années de garder leurs choix ouverts — à la fins la négociation politique et le terrorisme.Aujourd'hui, cela n ’est plus possible».Enfin, le Sinn Féin a reproché à Mandelson d’avoir pris le parti des unionistes de Trimble.«Si Ixmdres reste disposé à se rallier aux mes des unionistes et si M.Trimble continue de saboter l’accord de Stormont, les perspectives de progrès seront faibles», a prévenu Gerry Kelly, un responsable du Sinn Féin, dans un communiqué.l EDITORIAL f Un nécessaire temps d’arrêt Provocation plutôt que proposition, Sortie de secours de Jean-François Usée est reçu froidement par les ténors du mouvement souverainiste.Ce serait pourtant une erreur que d’ignorer le débat soulevé par ce livre sur l’avenir de l’option souverainiste.à moins de vouloir se mettre la tête dans le sable.J ucien Bouchard avait, il y a un an, invité ses troupes à un «grand brassage d’idées» en vue du congrès d’orientation du Parti québécois qui aura lieu au mois de mai.Certains militants ont répondu à l’appel, mais aucun n’avait encore osé proposer une analyse froide et lucide de la situation et la soumettre à une discussion publique.Plutôt curieuse cette réaction, unanime et visiblement orchestrée, des membres du gouvernement Bouchard de vouloir à la première occasion mettre le couvercle sur ce «brassage» non seulement nécessaire, mais incontournable.Le livre de J.-F.Lisée n’a pas tous les mérites.Ainsi, la «sortie de secours» qu’il propose heurtera l’esprit de tous ceux qui, en politique, sont partisans de la ligne droite.On y devine trop le calcul stratégique.Cependant, sa réflexion provoque et appelle au débat.Le constat d’échec qu’il fait de la stratégie des «conditions gagnantes» devait être posé.Avec Lisée, comme avec Philippe Séguin et aussi de nombreux militants, il ne faut pas craindre de tirer les conclusions qui s’imposent.Puisqu’il apparaît impossible de réunir les conditions gagnantes avant un certain temps, disons-le donc! Admettons aussi qu’il ne sera pas possible de tenir un nouveau référendum durant le présent mandat du gouvernement Bouchard et définissons une nouvelle stratégie adaptée à la conjoncture actuelle.La réalité est qu’à deux reprises, au référendum de 1995 puis à l’élection de 1998, les Québécois ont dit non à la souveraineté et qu’ils ne cessent depuis de signifier qu’ils rediraient non une autre fois à un nouveau référendum.Usée souligne avec raison qu’il faut briser cette illusion que le dernier référendum fut une quasi-victoire et que la victoire complète est à portée de main.La réalité est que la conjoncture présente favorise le gouvernement fédéral.Qu’il s’agisse de l’entente sur l’union sociale ou du projet de loi C-20 sur la clarté référendaire, Jean Chrétien se rit de Lucien Bouchard qui a la plus grande difficulté à reconstituer la ligne de résistance commune qu’instinctivement les Québécois ont toujours opposé par le passé aux tentatives d’Ottawa d’affaiblir le Québec.C’est que la stratégie des «conditions gagnantes» est devenue un prisme déformant qui sert à attaquer la légitimité du gouvernement Bouchard.Elle favorise le maintien de la polarisation alors que l’heure serait aux convergences.Bernard Descôteaux ?L’hésitation des dirigeants du PQ à remettre en cause leur stratégie vient dans une large mesure de leur crainte de provoquer des déchirements entre les diverses factions de leur mouvement.Cette hésitation s’appuie sur le fait que pour de nombreux militants, l’objectif de la souveraineté se confond avec la stratégie employée pour l’atteindre.D’où le sentiment qu’ont certains que de renoncer à tenir un référendum équivaut à abandonner l’objectif.D’ où aussi ces propositions zigzagantes pour arriver à la souveraineté par toutes sortes de détours.Le débat des prochains mois se déroulerait plus sereinement si l’on distinguait entre stratégie et objectif.Personne ne demande vraiment au Parti québécois d’abandonner la souveraineté.Ce projet est sa raison d’être depuis sa création et il anime ses militants dont l’inquiétude actuelle est compréhensible.Ils ont perdu le nord et ils ont besoin, comme l’ensemble des partisans de la souveraineté, de retrouver le sens de l’orientation.Pour cela, il faut que la direction proposée soit claire.Le pire qui pourrait survenir, c’est que, par impatience, on s’engage dans la tenue d’un référendum précipité.Un référendum qui pourrait porter sur la souveraineté comme le souhaite entre autres, Jacques Parizeau dans une sorte de quitte ou double pour l’honneur, mais qui conduirait à un échec assuré.Ou un référendum dont l’enjeu pourrait être un appui aux demandes traditionnelles du Québec comme l’ont déjà proposé les partisans de ce qu’on a appelé le «gradualisme» et que reprend J.-F.Lisée à sa manière dans son livre.Stratégie tout aussi risquée que celle-là car le Parti québécois n’a pas la crédibilité pour défendre le fédéralisme renouvelé.à moins qu’il n’abandonne la souveraineté et modifie son programme.Dans un cas comme dans l’autre, ce serait vouloir tenir un référendum à tout prix, sans mesurer quel pourrait justement en être le prix.Le pire des scénarios, à notre avis.Si les souverainistes sont toujours souverainistes, ils devraient le dire haut et fort.Après trois décennies d’action politique, ce serait vain d’abandonner pour des raisons somme toute conjoncturelles une cause à laquelle ils ont su rallier nombre de Québécois.Ce n’est pas en dissimulant cet objectif et en ayant recours à des astuces qu’ils sauront raviver l’intérêt pour cette cause et regagner la confiance perdue.La transparence est ici plus qu’une vertu, c’est un devoir.Le mouvement souverainiste a besoin de se ressaisir.Le désarroi dont ses militants sont empreints est tel qu’ils auront besoin de plus que les seuls trois mois qui restent avant le congrès du PQ pour redonner un sens à leur démarche.Ils ont besoin d’un espace temporel que seul Lucien Bouchard peut dégager en disant clairement qu’il ne saurait y avoir de référendum d’ici la fin du présent mandat.Ce qu’il devrait se résoudre à faire sans attendre.Le report du référendum à un troisième mandat orienterait immédiatement l’action du mouvement souverainiste qui devrait se préoccuper, avant toute chose, de remobiliser la société québécoise.Dans la foulée de l’échec référendaire de 1995 et de la bataille contre le déficit, les Québécois ont perdu de l’intérêt pour les grands enjeux de leur développement collectif.Leur réaction plus ou moins indifférente devant le projet de loi C-20 souligne l’urgence de cette remobilisation.Le Québec a aussi besoin de refaire ses forces, de repenser son avenir, de définir ses besoins.Des enjeux tel le déclin démographique, que souligne Lisée dans son livre, sont fondamentaux et appellent une réflexion en profondeur.Le mouvement souverainiste, en se dégageant d’un calendrier référendaire irréaliste, changera la nature du débat politique au Québec.Il pourra à nouveau travailler à créer des convergences sur les besoins du Québec plujôt que de se voir toujours ramené aux «conditions gagnantes».Le gouvernement Bouchard cessera d’être sur la défensive lorsqu’il s’agira de protéger les intérêts du Québec face à Ottawa.Il pourra plus facilement rallier autour de lui toutes les forces vives de la société.L’action du Bloc québécois apparaîtra pour sa part moins suspecte.1^ prochaine élection fédérale ne se transformera pas au Québec en élection référendaire et pourra porter sur les enjeux de développement de la société québécoise.Certains souverainistes auront l’impression, fausse selon nous, de reculer plutôt que d’avancer.En réalité, ce dont leur mouvement a besoin, c’est d’un temps d’arrêt pour en arriver à proposer une analyse plus contemporaine des enjeux et définir une stratégie adaptée à la conjoncture de la prochaine décennie.bdescoteauxCa todevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CIJVUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ Il ï* n ivna^M ./ Çïsr ' feTjT-tTfct uni £RRtu& ADwiNiÇTpAîivf.Tu AVAi5 v Cornet?-.j j& ~ .4a Y a-t-il deux sortes de justesse?Anne Hébert fut «une vestale», «une orfèvre de l’écriture», une créatrice de mythes, du réel, elle touche «les fondements de notre conscience, de notre être».Son œuvre d’une rare cohérence est un «phare» qui «joue du côté de l’épure et de l’ascèse» de la langue française avec «la justesse du ton, du mot, du sentiment».«Chaque phrase de ses romans, chaque vers de ses poèmes est un manifeste contre le mensonge», œuvre d’esprit de précision du langage, «œuvre de liberté, œuvre de salut».Dans une interview répétée à la télévision, Anne Hébert a répondu à Suzanne Lévesque «qu’après la mort, ceux qui ont des enfants se survivront dans leurs enfants, les peintres et les musiciens se survivront dans leurs œuvres.Les autres deviendront des fleurs, des pissenlits ou des violettes».Je ne veux pas enlever aux critiques du journal Le Devoir le mérite de leurs lumières sur l’authenticité de la justesse de leurs expressions dans ces discours.Cependant, n’y a-t-il pas un spécialiste et amoureux d’Anne Hébert pour mettre les métaphores de cette petite conversation à la télévision, dans un LETTRES -?- rapport de justesse avec le massif et intense héritage de son écriture entière?Rachel Legroulx Québec, 25 janvier 2000 Titre incongru Nous aimerions émettre une certaine réserve à l’égard du titre de l’article de votre journal daté du 1er février 2000, intitulé «Barak suspend les négociations avec la Syrie».Comme vous le savez, le premier tour des négociations entre Israël et la Syrie à She-pherdstown s’est terminé d’un commun accord entre les parties, qui se sont entendues pour se revoir dans quelque temps.Deux jours après la fin du premier tour, les Syriens ont fait savoir qu’ils n’avaient pas l’intention de retourner à Shepherdstown tant qu’Israël ne s’engageait pas par écrit à évacuer le plateau du Golan jusqu’aux lignes du 4 juin 1967.Cette déclaration a surpris les autorités israéliennes qui se préparaient au troisième tour des négociations, tel que convenu.Le premier ministre d’Israël, Ehoud Barak, a fait connaître sa position en disant que si les Syriens avaient besoin de quelques jours de réflexion, qu’ils les prennent et qu’il était tout-à-fait d’accord pour reporter la rencontre prévue.Tenant compte de ce fait, le titre publié dans votre journal est incongru avec la réalité et c’est la raison pour laquelle nous serions heureux que vous preniez note de cette correction.Le gouvernement d’Israël n’a jamais suspendu et n’a jamais exprimé un refus quelconque de poursuivre les négociations avec la Syrie.Le gouvernement d’Israël, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, a fait savoir qu’il était inacceptable d'anticiper sur les résultats des négociations, tant qu'Israël n’a pas reçu de ses interlocuteurs syriens les réponses explicites en ce qui concerne les normes de sécurité, telles que la démilitarisation réciproque des forces armées des deux côtés de la frontière commune, la normalisation, l’eau, l’échange des ambassadeurs, le mouvement libre des personnes et des biens etc.Nous pouvons penser que, puisque les deux pays ont pris la décision stratégique de mettre fin à l’état de belligérance entre eux, les négociations seraient reprises dès que les différends conceptuels relatifs à la typologie de cette paix seraient éclaircis.Barnea Hassid Consul Consulat général d’Israël Montréal, 4 février 2000 LIBRE OPINION -?- La convention collective des professeurs n’est pas responsable du marasme financier de l’UQAM Réplique à l’éditorial de Paule des Rivières paru le 7février LE COMITÉ EXÉCUTIF DU SYNDICAT DES PROFESSEURS DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL (SPUQ): MARC LAGANA, LOUIS GILL, PIERRE LEBUIS, FRÉDÉRIQUE COURTOIS, BRIGITTE LEFEBVRE Ce texte a été appuyé à l’unanimité par l’Assemblée générale du SPUQ, le 10 février 2000.En démissionnant parce qu’elle avait perdu la confiance et l’appui de la communauté universitaire et non seulement du corps professoral, la rectrice Paule Leduc a relié en partie la crise budgétaire de l’UQAM au définancement gouvernemental du réseau universitaire, mais elle a aussi désigné un autre coupable, la convention collective des professeurs, quil faudrait selon ses dires, repenser de fond en comble.Ses propos sur notre soi-disant trop généreuse convention collective ont été immédiatement repris par le ministre de l’Education François Legault pour justifier son retard à amorcer le refinancement promis du réseau universitaire et à répondre enfin positivement à la demande légitime et maintes fois répétée de l’UQAM de redressement de sa base de financement selon les normes reconnues aux universités comparables.La convention collective du SPUQ serait donc en grande partie responsable de la crise financière actuelle de l’UQAM.Cette vision des choses a été d’emblée répercutée par certains journalistes qui y ont adhéré comme à un dogme au nom duquel ils ont prononcé à notre endroit une condamnation sans procès.L’éditorialiste Paule des Rivières en fait partie, laissant entendre que l'intransigeance syndicale empêche à l’UQAM l’arrivée d’indispensables changements.Mises au point budgétaires Clarifions d’abord la question du déficit budgétaire.Si on s’en remet aux chiffres qui viennent d’être déposés, la crise des finances de l'UQAM viendrait d’éclater, le déficit de 10 millions prévu en juin dernier pour l’année en cours ayant plus que doublé en seulement six mois pour atteindre le chiffre dramatique de 22 millions! Or, une analyse du budget révisé permet de .constater qu'au moins 6 des 12 millions du déficit supplémentaire qui vient d’être dévoilé étaient déjà connus en juin dernier lors de la confection du budget, mais que l’administration a préféré enjoliver une situation qui ne fait qu’éclater aujourd’hui au grand jour avec les allures d’une crise qu’on n’aurait pas su prévoir.Sur les six autres millions de dépassement, seulement 665 000 $ sont attribuables à la convention collective des professeurs, à la suite d’une sentence arbitrale rendue à l’automne qui enjoignait l’administration de respecter une norme fixant le nombre moyen d’étudiants par cours.Un syndicat intransigeant?Prétendre que le syndicat des professeurs fait preuve d’intransigeance est un travestissement des faits.Pendant quatre années consécutives, de 1995-1996 à 1998-1999, de concert avec tous les corps d’emploi de l'UQAM, employés de soutien, chargés de cours et cadres, les professeurs ont généreusement contribué à des mesures d’économies, animés qu’ils étaient de la conviction de pouvoir ainsi, jrar des mesures annoncées comme temporaires, remettre l’Université sur la voie de la santé financière.La contribution professorale au cours de ces années a été chiffrée par lettre d’entente à 8,9 millions pour 1995-1996,18,9 millions pour 1996-1997,20,6 millions pour 1997-1998 et 19,6 millions pour 1998-1999.Même si elle n’est pas consignée dans une entente, la contribution professorale pour l’année en cours n’en est pas moins de 15 millions en économies réalisées par le dépassement de la moyenne cible et par le non-comblement de quelque 150 postes de professeurs réguliers, mesures, faut-il le rappeler, qui ont une incidence directe sur l’accroissement de la tâche professorale.Au total donc, 83 millions sur cinq ans.L’effort collectif de l’UQAM et en particulier de son corps professoral a été plus d’une fois loué publiquement par l'administration de l’Université.Mieux, il a été à quelques reprises cité en exemple par le premier ministre Bouchard lui-même.Mais qu’a-t-il donné comme résultat?Il n’aura réussi, il faut bien le constater, qu’à démontrer au gouvernement que l'UQAM pouvait s’accommoder d’un manque de fonds.Au cours de cette période, la subvention de base du gouvernement accordée à l’UQAM n'a cessé de s’éroder, passant de 176 à 136 millions $ de 1993-1994 à 1998:1999, soit une baisse de 23 %.En sept ans, l’UQAM a fait face à une réduction de ses revenus de l’ordre de 30 %.De 1994-1995 à 1999-2000, les dépenses de l’UQAM ont été radicalement diminuées, de 235,3 à 212,7 millions.Mais, au cours de la même période, ses revenus globaux ont diminué encore plus rapidement, de 237,4 à 202,7 millions.D’un surplus de 600 000 dollars efi 1994- 1995, nous avons en conséquence connu dès 1995- 1996 un déficit budgétaire qui s’est creusé par la suite chaque année et ce, malgré les généreuses contributions de tous les corps d’emploi.Qui en est responsable?Aux lecteurs d’en juger.Cette convention collective, dont aucune des clauses à incidence monétaire n’a été améliorée au cours des dix dernières années, n’a jamais provoqué de déficit budgétaire.Ce dernier est apparu à partir de 1995-1996, à partir du moment où la redaction du financement gouvernemental a plongé cette université dans la crise.La cause du marasme est externe Non seulement sommes-nous en droit, mais nous avons l’obligation morale de le crier haut et fort : la cause du marasme est externe, pas interne.La cause du marasme est la politique gouvernementale qui saigne les universités et la nôtre en particulier.Ainsi donc, de l'avis de certains, nous serions privilégiés à l'UQAM.Des chiffres, têtus, sont là pour nous rappeler le contraire.L’UQAM en effet ne dispose globalement que de 78 % des ressources humaines par EEETP (étudiant en équivalence de temps plein), tant en ce qui concerne le personnel de soutien que le personnel enseignant, et reçoit une subvention qui est de 18 % inférieure à celle que reçoivent en moyenne les autres universités québécoises à vocation générale.L’UQAM souffre d’un double handicap, dans la mesure où on lui refuse, depuis la révision des normes de financement du ministère de l’Education intervenue en 1988, le réajustement auquel ont eu droit les autres universités, Bishop’s, Concordia, McGill et les HEC, alors considérées comme sous-financées.Etabli à 4 millions de dollars par année, le montant cumulatif du manque à gagner atteignait 25 millions au début de 1998.Deux ans plus tard, en date d’aujourd’hui, on peut l’établir à 30 millions.Réplique de Paule des Rivières Unanimité?La pensée unique aurait-elle infiltré les rangs du corps professoral?Paule des Rivières * « I.K I) K V 0 I R .K I, I! N I) I II K K V R I E R 0 II II A IDEES Nouvelles formes de formation des couples Les rituels réinventés Observatoire Jeûnas et Socifttè DENISE LEMIEUX Sociologue, INRS-Culture et société arrière la chute des taux de nuptialité où le Québec détient une sorte de championnat, se profilent de nouveaux modes de formation des couples qui se déroulent largement dans le cadre de la vie privée.Cohabiter, être un couple domicilié en deux villes différentes, vivre en couple chez les parents ou vivre seul et se retrouver ensemble les fins de semaine sont des modes de vie qui n’étonnent plus personne.Les signes de l’appartenance à un couple échappent en partie aux recensements, tout comme ils laissent souvent dans l'incertitude les personnes trop éloignées des individus pour connaître la dernière étape de leur vie affective.Pourtant, ces styles de vie divers s’enchaînent plus ou moins à la suite les uns des autres, façonnant peu à peu des histoires de couple qui mènent certains vers le mariage ou vers la formation d’une famille.À la recherche de rituels plus personnels Dans une recherche par entrevues portant sur la formation du couple chez des jeunes Montréalais mariés ou en union libre nous avons observé, par delà la quasi disparition du sentiment d’obligation d’officialiser leur union, la recherche par beaucoup de jeunes couples de rituels privés ou publics pour signifier l’existence de leur lien, lui donner une dimension sociale ou religieuse (Lemieux, Bernier et Methot).Les rituels matrimoniaux qui survenaient naguère à des moments précis de l’entrée dans un couple et rendaient public un engagement n’ont pas entièrement disparu mais ils prennent désormais des formes variées et surtout, empruntent plusieurs relais.Mariages intimes ou élaborés, mariages civils ou religieux, ils surviennent la plupart du temps après quelques années de vie commune, quand ce n’est pas après l’arrivée d’un enfant.Se marier relève d’un choix que certains envisagent depuis longtemps mais le moment du rituel n'est plus fixé par la tradition.Par ailleurs, la conjugalité de notre époque est accompagnée de rites divers qui se popularisent à mesure que se multiplient les étapes et que s’étirent les calendriers scolaires et professionnels.La Saint-Valentin et ses dons de fleurs, de cartes, de repas fins et de sorties s’impose à plusieurs à grand renfort de publicité.D’autres en prennent distance et cherchent à exprimer l’amour dans le quotidien.Peu importe leur forme et leur provenance, les jeunes se réapproprient les rituels, les transforment et les adaptent à leur situation, leur donnent un sens personnel qu’ils veulent authentiques.Au fil des jours, la vie est rythmée de moments privilégiés, d’anniversaires de la première rencontre ou de dates significatives de la vie à deux.Les repas aux chandelles sont évoqués par plusieurs avec romantisme, parfois avec humour.Le déjeuner au restaurant du dimanche matin peut être le moment choisi pour se retrouver et faire des projets.Qu'est-ce qui peut pousser certains à aller au delà de la ritualisation du quotidien?Au delà du quotidien, quels rituels?Un déplacement pour le travail dans deux villes différentes incite un couple à officialiser sa relation par des fiançailles.Des étudiants dont le lien amoureux n’est pas reconnu par une des familles se fiancent seuls sur la montagne où ils ont l'habitude de faire des randonnées à bicyclette.Des fiançailles sont célébrées par d’autres au moment d’amorcer une cohabita- i - i F ^1 lion; ils réunissent les familles et leur annoncent le côté sérieux d’une relation vécue encore dans le provisoire.Des mariages civils ou religieux, précédés ou non de fiançailles, viennent aussi confirmer l'existence d'un lien engagé dans la durée.Civils ou religieux, les mariages empruntent des formes qui renvoient aux histoires personnelles, aux cultures familiales, aux croyances ou à des traditions qui sont entièrement redessinées selon la mode ou le goût de chacun.Le mariage est souvent associé à des projets d’enfants mais avoir un enfant est considéré par un certain nombre des couples en union libre comme l’expression privilégiée et suffisante de l’amour.Peut-être se mariera-t-on un jour mais selon un rituel boudhiste dit l’un; dans une église en Italie pour la beauté du lieu, dit l’autre.Un couple dit croire en la valeur spirituelle de la relation mais dit n’avoir pas trouvé encore le cadre désiré.La célébration d'un baptême par des jeunes parents vivant en union libre semble aussi répondre à une recherche de symbolisation du lien conjugal et intergénérationnel qui n’est pas sans rappeler les fonctions de parenté des alliances d’autrefois.La nécessité de symboles partagés Au milieu de changements qui parfois semblent découper la vie des couples contemporains en une série d’étapes et de décisions multipliées, ce qui rend les transitions difficiles et incertaines, les célébrations du quotidien mais aussi le recours à de multiples rituels puisés dans les religions, les traditions, la publicité ou réinventés de toute pièce, révèlent la nécessité des langages et des codes partagés pour exprimer les sentiments, tisser un lien conjugal, effectuer les passages et relier les vies.obs.jeunes@inrs-adture.uquebec.ca L’Observatoire Jeunes et Société, de l’INRS Culture et Société, a pour mission de recueillir et diffuser des informations sur les jeunes.Un mariage, à l’ancienne (ci-dessus), ou à la moderne (en haut à gauche).ARCHIVES LE UEVOIR Le débat sur le système de santé et les personnes âgées La tentation de l’ostracisme social JACQUES ROY Professeur au cégep de Sainte-Foy i les urgences débordent, c’est à cause des «vieux»! Est-il justifiable d’opérer la hanche d’une personne âgée de.85, 90 ans?Les «snowbirds» de- vraient davantage payer pour les services de santé.Ce genre de commentaires risquent d’être entendus de plus en plus au sein de l'opinion publique.Certains technocrates, experts ou représentants d’associations -dans le secteur de la santé, ne se privent pas d’accréditer de telles opinions.Celles-ci ont le défaut de la demi-vérité et surtout, elles portent la conséquence de stigmatiser un groupe social en le rendant coupable d'exister par le fait même qu'on lui prête la responsabilité de la spirale ties coûts dans le secteur de la santé.Sur de telles prémisses, un débat de cette nature contient les germes de l’ostracisme social.L’analyse des causes se métamorphose alors en banc d’accusés: les aînés, les bénéficiaires d’aide sociale, les patients psychiatriques, les sidéens,.Ils coûteraient cher ces groupes! Les apôtres d’un faux discours Les différents acteurs qui n’hésitent pas à pointer du doigt tel groupe social comme responsable de l’escalade des coûts dans le réseau de la san- té — tout particulièrement le groupe des personnes âgées — se trompent de cible! Indépendamment du problème d’éthique sociale soulevé par une telle vision, cette dernière fait bon marché de l’histoire qui met en cause la responsabilité gouvernementale dans certains choix collectifs du passé.Expliquons-nous en prenant le cas des aînés.Bien sûr, les courbes démographiques donnent le vertige.Qu’à cela ne tienne, nous savons que, pour la période entre 1991 et 2041, la population québécoise devrait augmenter de 22 %; celle du quatrième âge, soit les 75 an et plus, se multipliera par trois fois et demie (348 %) pendant la même période.Or, les études ont bien documenté le fait que ce groupe est celui qui, en proportion, pèse le plus lourd sur le système de santé.Nous savons donc que le réseau de la santé évolue sur fond de révolution démographique.Mais nous le savions déjà depuis très longtemps et les gouvernements successifs n’ont pas eu la prévoyance de préparer l’avenir — dès les années 70, les principales tendances démographiques étaient bien connues.Ce qu’ont fait à l’époque certains pays européens qui ont tenu compte de la fulgurance du vieillissement à venir dans l’orientation des services de santé.Ainsi, des pays comme la Suède, la France, le Royaume-Uni, l’Autriche ou les Pays-Bas avaient, au début des années 80, une proportion de per- sonnes âgées largement supérieure à celle du Québec (par exemple, la Suède avait 16 % d’aînés de 65 ans et plus comparativement à 8 % au Québec).Cependant, ces pays avaient préparé les effets du vieillissement; ils ont tous misé, entre autres, sur le développement d’un réseau de services à domicile alors qu’au Québec, on a maintenu la tradition onéreuse de l’hébergement institutionnel.Avec comme résultat qu’en 1980, le Québec enregistrait le taux le plus élevé d’hébergement institutionnel des personnes âgées en Occident.Le corollaire de cette orientation: le Québec n’a jamais pu réussir historiquement à implanter par la suite un véritable réseau de services de maintien à domicile qui aurait endigué certains facteurs qui, aujourd’hui, expliquent en partie l’explosion des coûts et l’absence de contrôle du système de santé.De fait, bon nombre d’intervenants du réseau de la santé considèrent entre autres que l’insuffisance des services à domicile aux aînés et aux autres clientèles est un facteur certain de l’engorgement des urgences.Déjà, à la fin des années 80, un rapport d’experts pour le compte de la Commission Rochon — oui, oui, le même — estimait qu’il aurait fallu multiplier par trois ou quatre les ressources en services à domicile pour rencontrer alors les besoins des personnes âgées.Ce qui ne fut jamais réalisé par la suite.D’où le retard du Québec à ce titre en comparaison avec l’Ontario notamment et plusieurs pays industrialisés.Le syndrome de la cible Les personnes âgées, comme groupe social, n’ont rien à voir avec ces mauvais choix collectifs.Mais elles deviennent une cible de choix pour quiconque les regarde froidement à la loupe, statistiques en main, sans égard aux causes historiques qui expliquent, en bonne partie, la situation actuelle.Voilà bien l’effet pervers du regard posé par certains, expression combien singulière d'une forme de myopie sociale.Les gouvernements gèrent habituellement sur des termes de quatre ou cinq ans, soit l'échéance électorale.Aucun dans le temps n’a eu la motivation de prévoir des marges de manoeuvre pour rencontrer les termes du vieillissement.Et l'actuel virage ambulatoire arrive sur le tard sans pouvoir infléchir les tendances de fond.Le danger est qu'on s’y méprenne sur le sens du débat actuel sur le système de santé.Que l’on attribue à un groupe social les avatars du réseau de la santé.Que dans les discussions, la place faite aux mythes et aux préjugés gagne du terrain, occultant ainsi des dimensions structurelles tenant de la responsabilité-collective.L’argument prévaut aussi pour tout autre groupe social pouvant si* transformer éventuellement en cible dans les émissions de lignes ouvertes ou ailleurs.Réplique à la FEUQ au sujet du Sommet du Québec et de la jeunesse Parler pour les pauvres sans les avoir consultés RICHARD MIRON Président du conseil d’administration de l’Association pour la défense des droits sociaux du Montré a l-Métropoli ta i n ==ï] aniel Baril, président de la D Fédération étudiante universitaire du Québec, s'est découvert une nouvelle mission; il veut maintenant —défendre les jeunes exclus.C’est bien beau.Enfin, nous avons des universitaires qui, avec leur grandeur d’âme, pensent à leurs confrères jeunes moins nantis.M.Baril, et ses comparses de la Fédération étudiante collégiale affirment que : «l’insertion et la réinsertion en emploi sont des éléments fondamentaux lorsqu'on veut s’attaquer à la précarité et à l’exclusion qui touchent trop de jeunes Québécois».Malheureusement la réalité n’est pas aussi rose.Ainsi, tel un apprenti-sorcier ou un charlatan qui ne connaît rien à la problématique de la pauvreté et des programmes d’employabilité, les remèdes que M.Baril propose sont plus néfastes aux jeunes sans emploi que les «maladies» à soigner.Ui participation de M.Baril au Sommet du Québec et de la jeunesse ne peut qu’empirer les problèmes pour les jeunes pauvres à en juger X«expertise» de sa fédération dans ces questions.Ignorance crasse Le communiqué de presse que la Fédération Etudiante Universitaire du Québec a fait parvenir aux médias le 6 février démontre une ignorance crasse de la problématique.Première ment, en affirmant que les allocations d’aide à l’emploi ne sont disponibles que pour les jeunes chômeurs et chômeuses, le communiqué ment.Certains programmes d’employabilité qui versent une allocation hebdomadaire (peu généreuse, dois-je souligner) sont accessibles aux prestataires de la sécurité du revenu.Il est vrai, cependant, que les allocations hebdomadaires versées aux prestataires de l’assurance-emploi sont plus généreuses que celles offertes aux personnes assistées sociales participant à des programmes d’employabilité.Ensuite, de quelle expérience-pilote parle Mme Martine Roy du Réseau des Carrefours jeunesse- emploi (CJE) dans le communiqué?Est-ce cette expérience exécrable nommée «Solidarité jeunesse»?Cette expérience a débuté cet automne sous le patronage du ministère de la Solidarité sociale et de certains CJE dans quelques régions du Québec.Cette opération, qui en est une de propagande gouvernementale, s’inscrivait dans une démarche menant au Sommet du Québec et de la jeunesse.Le programme Solidarité jeunesse permet aux jeunes assistés sociaux de s’enrichir d’un formidable montant variant de 125 $ à 150 $ par semaine soit, au mieux, l’équivalent de 650 $ par mois! Ce montant consiste en une allocation hebdomadaire.Nos représentants de fédérations étudiantes, M.Baril en tête, souligne le caractère volontaire de l’activité.Sachant très bien qu’en septembre 2000, les jeunes personnes assistées sociales se verront obligées de participer à un parcours obligatoire vers l’insertion, l’emploi et la formation (loi 186 de l’aide sociale), n’est-il pas hypocrite de réclamer un programme volontaire qui, dans les faits, ne le sera pas vraiment?La seule option laissée aux prestataires sera de «choisir» son type d’asservissement.Ils auront peu de possibilités à l’erreur; l’erreur pourrait être vu comme une manière de ne pas participer au parcours.Concrètement un jeune assisté social qui refuserait de participer à un parcours obligatoire pourrait se faire couper jusqu’à 300 $ sur son chèque de 502 $ par mois.L’espace de volontariat devient très restreint quand il ne reste que 200 $ pour payer un loyer, se vêtir et se nourrir.Volontaire ou pas L’autre possibilité d’asservissement à un parcours, annoncé par les activités du chantier «Parfaire la formation et le savoir» en vue du Sommet du Québec et de la jeunesse, sera la participation à des programmes d'alphabétisme.En apparence, si le Sommet permet de dégager de sub- L’ADDS refuse qu’un consensus soit pris sur le dos des sans-emploi et des gens ordinaires stantiels montants à la formation en alpha, cela peut sembler intéressant.Là où cela peut poser problème, c’est en liant cette formation au parcours obligatoire pour les moins de 25 ans.Ix^s organismes populaires donnant les formations en alpha exigent le volontariat des participants.Cela n’est pas demandé seulement à cause du seul principe mais aussi pour des raisons platement pédagogiques; une personne forcée n’est pas aussi motivée qu’une personne volontaire.Ensuite, les places en Alpha sont limitées.Si elles sont réservées à des jeunes de moins de 25 ans forcés à suivre la formation, ces places ne seront pas disponibles pour des pauvres plus vieux intéressés à apprendre à lire et à écrire correctement.Il est drôle que M.Baril ne parle pas de ces problèmes quant à l’insertion des jeunes sans emploi.Ce qui inquiète aussi de la position de la FEUQ, c’est cette affirmation contenue dans sa plate-forme en vue du Sommet et qui dit: «Quant à l’aide financière aux études et aux diverses mesures d’Emploi-Québec, leur rôle respectif doit être bien délimité : l'aide financière devant soutenir financièrement le retour aux études et Emploi-Québec les voies d’accès à Remploi.(p.54)».M.Baril n’a sûrement pas eu l’occasion de côtoyer les victimes d’Emploi-Québec cet été.Certaines personnes qui avaient été coupées s’étaient fait promettre, après avoir compléter leur secondaire, une formation collégiale par Emploi-Québec ou les organismes fédéral et provincial qui géraient les allocations de subsistances pour le retour à l’école.Cette formation devait être payée à même le budget d’Emploi-Québec.Ces victimes d’Emploi-Québec ne voulaient rien savoir des prêts et bourses.Sur le dos des sans-emploi Maintenant, M.Baril veut aller défendre les exclus au Sommet du Quebec et de la jeunesse.Four faire ces affirmations malheureuses, il n'a certainement pas consulté les organismes qui font la défense des droits des personnes assistées sociales.Et même s’il l’avait fait, il aurait fallu faire le tour des différentes organisations de défense des droits sociaux.11 y a, bien sûr, le Front commun des personnes assistées sociales mais, à Montréal, il y a aussi l’Organisation populaire des droits sociaux (OPDS-rm) et l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS-mm) qui ne sont pas membre du Front commun et ont un point de vue distinct.Cet été, l’ADDS a été une accompagnatrice fidèle de la lutte des victimes d’Emploi-Québec, organisant des assemblées publiques, des occupations de bureau de député et une manifestation de 300 personnes devant le bureau de Diane Lemieux.Notre connaissance des programmes d’employabilité nous est venu du contact avec la lutte des victimes d’Emploi-Québec.L’ADDS refuse qu’un consensus soit pris sur le dos des sans emploi et des gens ordinaires au Sommet du Québec et de la jeunesse.La légitimation, par la bande, du parcours obligatoire |X)ur les moins de 25 ans est certainement un but du gouvernement péquiste.Certaines organisations en employabilité qui ont connu une croissance fulgurante aux cours des dernières années sont dépendantes organiquement pour leur reproduction de ces parcours obligatoires pour les moins de 25 ans.Comment pourraient-elles s’opposer à ce consensus?Maintenant M.Baril de la FEUQ s’associe à ces organisations et tente de nous faire croire qu'il a à cœur les jeunes pauvres.U‘s positions de M.Baril sont tout sauf des positions vraiment dans l’intérêt des pauvres et des jeunes pauvres.N’ayant pas consulté les pauvres et les jeunes, la FEUQ de M.Baril ne peut prétendre défendre leurs intérêts.La vraie opposition ne se fera pas dans les pans du Centre des congrès à Québec mais à l’extérieur.C’est là où la base des pauvres, des jeunes, des sans-emploi, des travailleurs, des femmes et des étudiants exprimeront réellement leur opposition à des |x>li-tiques antipopulaires.M.Baril, si vous ne nous consultez pas, de grâce, ne parlez pas en notre nom.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes A l’information gAnAralc et métropolitaine : Ixiuis Lapierre (adjoint au directeur de l'in/nrmation), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urtiaine), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports): Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, huiis-Gilles Francoeur (environnement), Judith Ijtchapelle, Ixruise leduc, Katldeen lévesque (actualités politiques municipales).Benoît Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé): Michel (jarneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duelos et Christine Dumaxet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : A l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) .A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'inftirmation), Claude l/vcsque, François Normand, Claude Turcotte ; A l'information internationale : Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique : Pierre O'Neill, Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec): Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, MarieClaude Petit (commis), la documentation ; Gilles Paré (directeur) : Brigitte Arsenault, Manon De rouie, Serge ! aplanir (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET I» MARKETING Martine Oubé (directrice).Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslalne CAté.Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Manon Bouchard, Christiane legault, Jacques A, Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires), I/opold Sic Marie (directeur adjoint) Manon Blanchette, Sylvie laporte, Micheline Turgcon ; Martine Bérubé (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hu-don, Sébastien Vallée, Christian Vien, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice).Johanne Brien (responsable d la clientèle), Hélène Gervais, Évelync labonté (responsable d la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, lise lachapelle, Rachelle I/clerc L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy, Patrick Inkcl (contrôleur), Ghislaine lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert I vice-président exécutif et directeui général). I.K l> K V (111!.i.K I.I X Di II K K V H I K II 2 0 (I 0 A 8 : -* LE DEVOIR ?— ACTUALITES CAMIONNEURS SUITE DE LA PAGE 1 qui compte 900 membres, avait été le pilier du blocus routier de l’automne.Aujourd’hui, les syndiqués se disent prêts à recommencer.«Ce que j’entends partout, c’est qu’on veut un arrêt de travail total.Même les compagnies de transports sont prêtes à embarquer avec nous, met en garde Roland Shink.Tout le monde est étouffé.les transporteurs ont le même problème que nous.Quand ils veulent négocier leur prix, le fournisseur les revire de bord.» Roland Shink rencontre les têtes dirigeantes du CSD ce matin au siège social de la centrale, où sera prise la décision finale.Et le syndicat affilié à la CSD n'est pas le seul à en avoir marre.La CSN, qui compte 1200 camionneurs indépendants dans ses rangs, a lui aussi lancé un ultimatum au ministre des Transports.Celui-ci doit baisser le prix de l’essence aujourd’hui ou faire face à une grève et de lourds moyens de pression.Hier, 99 % des 200 syndiqués CSN de la région de Québec ont voté pour la grève générale illimitée.Cette assemblée n’est que la pointe de l’iceberg.De son côté, la FTQ a choisi une stratégie plus patiente.Le syndicat, qui représente 6000 routiers, tiendra des assemblées pendant tout le mois de février pour informer ses membres et expliquer leur position.La FTQ donne un mois au ministre pour ajuster le prix de l’essence et prône la mise en place d’une seule association professionnelle de camionneurs.«On ne donne pas d’ultimatum à M.Chevrette, explique Louis Fournier, agent d’information à la FTQ.La CSN est très bruyante, ce n’est pas notre stratégie.» Cette façon de penser est loin de plaire à Roland Shink.«Où sont les braves?, demande-t-il.Donner un mois aux expéditeurs pour ajuster leur taux, ce n’est pas fort fort.» Le président du SRAQ est plus.«U faut une bonne poussée.On ne peut pas se fier sur la CSN ou la FTQ, ils sont meilleurs avec les médias que sur le terrain.» SCHULZ SUITE DE LA PAGE 1 l’amour impossible de Charlie Brown, a été inspiré par une jeune femme qui a repoussé l’offre de mariage du dessinateur en 1950.Face aux interrogations des uns et des autres, Schulz, lui, avait dit un jour: «Pourquoi les musiciens composent-ils des symphonies et les poètes écrivent-ils des poèmes?Il le font parce c'est leur vie.C’est la même chose pour moi.Je dessine parce que c’est ma vie».Quand on le pressait sur le «sens» caché derrière ses comic strips, il se contentait d’ajouter «qu’il s'appliquait quotidiennement à raconter une histoire et que chacun pouvait en tirer ses propres conclusions».Plus que toute autre bande dessinée, il est vrai, les Peanuts ont fait office de miroir révélateur des bonheurs et tourments de l’Amérique durant une période de cinquante ans que le créateur avait un jour qualifiée «d’idéale pour un dessinateur car riche en traumatismes et en événements extraordinaires».En plus des nombreuses études sociologiques qui leur ont été consacrées, les Peanuts sont en outre analysés depuis plus de trente cinq ans par un révérend de l’Arkansas, Robert Short, qui organise des séminaires à travers tout le pays pour étudier leurs «implications théologiques».«Pour moi, c’est clair, la meilleur façon d’aborder ce comic strip, c’est de considérer que c’est une parabole du Nouveau Testament», a-t-il confié hier.Par le plus grand des hasards, la mort de Schulz intervient alors que la télévision américaine avait décidé de lui rendre hommage ce week-end à travers plusieurs émissions.Samedi, c’est CBS qui a consacré deux heures au dessinateur et hier soir, Nickelodion, une chaîne câblée pour les enfants, diffusait plusieurs heures de Peanuts en dessins animés.C’est aussi hier que les journaux ont passé pour la dernière fois l’ultime comic strip qui avait servi d’adieu officiel à Charles Schulz, le 3 janvier.On y voit Snoopy perché sur sa niche avec sa machine à écrire, en manque d'inspiration.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction ©ledevoir .corn (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)9853322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone du lundi au vendredi de Par télécopieur Par courriel Extérieur de Montréal (514) 985-3355 7h30à 16h30 (514) 9853390 abonnements@ledevoir.com 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir publié du lundi au samrdi par Le Devoir Inc.dont le niège social est situé au 2050, rue De Bleury.O’ étage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean, WX).boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Croupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.I^val Envoi de publication — Enregistrement n 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Le président du FMI entarté Des adversaires de la mondialisation manifestent à Bangkok D’APRÈS REUTERS, AP ET LIBÉRATION Bangkok — Plusieurs centaines d’adversaires de la mondialisation sont parvenus à faire entendre leurs voix à un sommet économique de 190 pays à Bangkok et l'un d’entre eux à même réussi à écraser une tarte à la crème sur le visage de Michel Camdessus, directeur général du Fonds monétaire international (FMI) qui doit démissionner aujourd’hui.L’entarteur américain voit dans Camdessus «un laquais des pays riches qui appliquent des politiques économiques qui blessent les pauvres».Le directeur général a feint d’en rire: «J’adore les pâtisseries», «ça fait partie des risques professionnels».Quelque 300 policiers armés de matraques et de boucliers faisaient face aux manifestants, mais n’ont rien fait pour arrêter ceux qui franchissaient leurs barricades, ont indiqué des témoins.Les militants ayant franchi les cordons ne sont toutefois pas entrés dans le centre des congrès hébergeant depuis samedi la Xe session de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et de la développement).Ils ont accepté de se retirer dans le calme après qu’un organisateur de la conférence eut accepté une pétition dans laquelle ils réclamaient que la réunion se concentre sur le problème du chômage.En 13 ans de règne, Camdessus sera passé du rang de bureaucrate connu surtout dans les couloirs parisiens du Trésor à celui de grand argentier qu'une bonne partie de la planète a adoré détester.Michel Camdessus, 66 ans, père de six enfants et amateur de peinture abstraite, avait annoncé fin 1999 qu’il partirait en février, plus d’un an avant l’expiration de son troisième mandat, pour «raisons personnelles».Dans une de ses plus récentes interventions, il a jugé que «la lutte contre la pauvreté doit devenir, partout, la priorité» au XXL siècle.Faute de quoi, «c’est le cynisme qui l’emportera», ajoute ce catholique pratiquant Mais sa poigne d’acier imposant l’implacable rectitude financière et l’austérité draconienne des plans d’ajustement en échange de lignes de crédit, son éloignement d’avec les préoccupations des gens normaux, en ont fait aussi l’ennemi juré de bon nombre de gouvernements.Et la bête noire des militants anti-mondialisation qui, l’accusant d’être en partie responsable de l’appauvrissement des pays du Tiers-Monde, le brûlent en effigie.Dans son allocution d’hier devant la CNUCED, le directeur sortant du FMI a proposé une réorganisation des sommets annuels des pays les plus industrialisés pour répondre aux critiques de plus en plus fréquentes selon lesquelles la mondialisation favoriserait les pays riches, au détriment des pauvres.Le monde a une occasion en or de se préserver des remous financiers et de maîtriser les occasions offertes par l’évolution rapide de l’économie pour rétrécir le fossé «potentiellement explosif» entre riches et pauvres, a-t-il déclaré.Il a proposé que le sommet annuel du G-8 (les sept pays les plus industrialisés et la Russie) soit remplacé tous les deux ans par une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement des pays — soit une trentaine — ayant des administrateurs exécutifs au conseil du FMI ou de la Banque mondiale.Ces derniers ne s’exprimant pas seulement au nom de leur pays, mais aussi de pays étrangers, une telle réunion serait représentative des 182 membres actuels du FMI, a-t-il ajouté.Y participerait également le secrétaire général des Nations unies.«Cette proposition est modeste», a-t-il dit «H ne fait pas de doute que nous devrons faire preuve de davantage d’imagination si nous voulons que l’humanité prenne conscience de l’aspect mondial de son destin et en assume la responsabilité».BERUN Un Ours d'or à Jeanne Moreau pour l'ensemble de sa carrière SUITE DE LA PAGE 1 10 000 $ pour la reconstruction de la Bosnie), le directeur du festival, Moritz de Hadeln, a dû intervenir pour réclamer que la presse adresse des questions pertinentes aux comédiens Virginie Ledoyen, Tilda Swinton, Guillaume Canet, ainsi qu’au réalisateur Danny Boyle (Trainspotting): «Nous sommes très heureux que monsieur Di Caprio soit parmi nous, mais ceci n’est pas une conférence de presse privée», a-t-il déclaré, irrité.Boyle, à son tour, s’est montré bon joueur: «Quand on choisit Leonardo Di Caprio pour jouer dans un film, on est conscient de ce qui vient avec», a-t-il résumé, avec l’air de ne pas vouloir faire d’ombre, ni à sa vedette, ni à son héros en quête de paradis perdu sous le soleil de la Thaïlande.Plutôt, il a vanté ses deux jeunes vedettes françaises: «C’est extraordinaire pour un Anglais de travailler avec des acteurs français, dont le dévouement à l’art cinématographique est sans borne».Un meilleur sens du devoir journalistique régnait lors de la conférence de presse du très applaudi The Talented Mr.Ripley, lequel fdm attend — avec Magnolia, The Hurricane et Man on the Moon, présentés respectivement aujourd’hui, jeudi et samedi — le verdict des votants de l’académie américaine du cinéma, annoncé dans quelques jours.Aussi la participation de ces films en compétition n’est pas l’effet du hasard.Hollywood compte sur le poids que pourraient avoir les nominations sur le jury, lequel délibérera dimanche.Cette stratégie comporte cependant sa part de risque, puisqu’elle peut aussi conduire à un désaveu du jury, dans l’éventualité ou celui-ci ne verrait pas la nécessité de primer un film déjà couvert d’honneurs.Ce double-jeu a cependant fonctionné l’année dernière avec The Thin Red Line, qui a remporté l’Ours d’or quelques jours après que l’annonce fut faite à l’effet qu’il participait à la course.Lui-même couronné pour Le Patient anglais.Anthony Minghella, un gars avec les deux pieds sur terre et un goût du cinéma bien fait qu’il fait bon de voir, disait hier que les récompenses servent surtout à donner un coup de pouce au prochain projet de film: «On ne peut pas empêcher un scénariste d’écrire, tandis qu’on peut, vu l’ampleur économique et matérielle du cinéma, empêcher un cinéaste de tourner.L’oscar que j’ai reçu m’a facilité la vie lors de la préparation de Ripley, mais ça s’arrête là».«No bullshit from the Brit», pensions-nous tout bas.Amené à comparer sa vision du roman et du personnage, très différente de celle que René Clément avait mise de l’avant dans Plein soleil, Minghella résume: «Le roman de Patricia Highsmith racontait avant tout le rapport d’un Américain avec l’Europe, de la fascination d’un homme pour un autre, et d’un crime pour lequel il ne sera jamais pris.Le film de René Clément racontait pour sa part l’histoire d’un Français en Europe, d’un homme fasciné par l’argent d’un autre, et d’un crime pour lequel il se fait prendre».Loin, en effet, de l’histoire d’amour noire et tourmentée du vrai Ripley, grâce auquel Minghella vient de se retrouver, le temps d’une escale à Berlin, le cinéaste du moment.Enfin, la star féminine du premier weekend de la Berlinale a dans la soixantaine, parle parfaitement le français et l’anglais, possède une mémoire qui flanche et un panache que bien des starlettes de Hollywood auraient raison de lui envier.Très tard, vendredi soir, juste avant la projection de Mademoiselle, un film remarquable que Tony Richardson tourna en 1966 d’après un scénario de Jean Genet, la Berlinale remettait un Ours d’or pour l’ensemble de sa carrière à Jeanne Moreau.Elle était là, elle était belle, et elle était drôle.«Les honneurs comme celui-ci, ça nous force au souvenir, ça nous oblige à redescendre le chemin de la mémoire.J’ai l’impression d’être un best-seller de 800 pages, aussi j’ai du mal à résumer».Résumons pour notre part: parmi les stars de cinéma, il y en a peu d’aussi vraies, d’aussi attachantes et intelligentes que Jeanne Moreau.Aussi n’est-il pas attristant que la Berlinale se laisse prendre en otage par la presse et la télévision, qui lui réclame des Leonardo Di Caprio à heure de grande écoute, et rende hommage à Jeanne Moreau à l’heure où tout le monde s’en va dormir.FLAMBÉE La violence à l'école serait-elle une invention des médias ?SUITE DE LA PAGE 1 lièrement sur ces questions parmi les plus sensibles dans l’opinion publique.Un mois plus tard, le bras cassé de Pablo s’est transformé en simple entorse au poignet.La hauteur de l’escalier a diminué de moitié et certains témoins soutiennent que c’est le petit Espagnol qui extorquait de l’argent à ses camarades en échange de ses devoirs.Sa mère l’aurait mis en garde à plusieurs reprises.11 répète d’ailleurs que les jeunes soupçonnés de l’avoir bousculé n’ont rien à voir dans cette affaire.la direction du collège se refijse à toute déclaration.Bref, on ne saura rien tant que la justice n’aura pas fait un peu de lumière.Ce qui n’a pas empêché le ministre de l’Intérieur de réclamer qu’on impose des «sanctions extrêmement sévères» aux coupables.Ce n’est pas le premier cas de violence scolaire qui s’évanouit aussi rapidement.Rus tôt, l’enlèvement d’un «élève» embarqué de force dans une voiture et séquestré pendant deux heures par trois voyous avait soulevé la même indignation et les mêmes discours outragés.L’histoire s’était révélée n’ètre qu’un simple règlement de comptes sans rapport avec l’école.la violence à l’école serait-elle une invention des médias et de la télévision en mal de cotes d’écoute?la question vient d'être posée par l’adjoint du principal d'un collège qui est aussi chercheur en sciences de l'éducation à l’université Paris X Mohammed Darmane ne cherche pas à nier la perméabilité de plus en plus grande de l’école à certains phénomènes comme la violence, mais il constate que celle-ci a fait irruption à la télévision française en 1996.Le nombre de reportages consacrés à cette question a alors été soudainement multiplié par sept Darmane remet en question l’angle plutôt sensationnel sous lequel ces sujets sont traités.En 1996, deux meurtres se produisent sur un terrain de sport qui avait le malheur de se trouver à proximité d’un collège.L’affaire a immè diatement été classée dans la rubrique «violence scolaire».L’un des deux meurtres avait pourtant eu lieu pendant les vacances scolaires.Le chercheur s’en prend aussi à l’inflation verbale qui accompagne généralement ces incidents.Le 27 janvier dernier, le quotidien Le Monde livrait les conclusions d’un rapport sur la violence à l’école: 40 000 «incidents» ont été rapportés l'an dernier, dont 1000 agressions graves sur des personnes et 1700 sur des biens.Le soir même, la première chaîne française, TF1, parlait de 6000 agressions graves par trimestre.Une étude attentive des chiffres montre que, parmi ces «faits graves», les violences verbales l’emportent haut la main (70,8 %).Rien ne démontre en effet que la violence à l’école soit réellement en hausse.La raison est simple, il faudrait pour cela des études rigoureuses étalées sur de nombreuses années.Des études qui distinguent les cas rapportés et ceux qui ne le sont pas et tiennent compte des niveaux de violence souvent incomparables.Et que sait-on de la violence sourde et souterraine qui s’exerçait dans les bons vieux collèges classiques de nos parents?Les chiffres doivent donc être pris avec des pincettes, disent tous les expert^.Les données du ministère de l’Education montreraient plutôt que, pour 1998-99, les signalements de faits graves se stabilisent.Ils seraient en baisse dans les écoles secondaires (-10 %) et en hausse légère dans les lycées (cè geps).Cela n’a pas empêché Claude Goasguen, porte-parole du parti de droite Démocratie libérale, de réclamer la création d’«internats» à l’usage des «sauvageons» et des sanctions à l'égard des parents qui «ne se sentent pas responsables» des délits commis par leurs enfants.Des déclarations dont on n’entendra probablement plus parler jusqu’à la prochaine flambée médiatique.crioux
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.