Le devoir, 14 février 2000, Cahier B
Culture Page B 8 Planète Page B 2 Sports Page B 5 ?mmviE Christiane Ayotte Le sprint de la lutte antidopage La chimiste est engagée dans cette vaste et complexe «purification du sport» amorcée au cours des années 60, où la cocaïne et les amphétamines étaient les carburants les plus prisés Il ne faut surtout pas dire à Christiane Ayotte que la chimie est affaire de scientifiques débranchés du monde, cloîtrés dans leurs laboratoires à faire valser éprouvettes et formules.Son expérience à titre de directrice du laboratoire de contrôle de dopage de l’INRS-Institut Ar-mand-Frappier-Santé humaine démontre que la science a un rôle social certain.Engagée depuis près de 20 ans à lutter contre le dopage sportif, la chimiste contribue, à sa façon et selon ses termes, à l’avancement de l’humanité.MYLÈNE MOI SAN LE DEVOIR I homme, futé, a compris très tôt le potentiel de la science lorsque mise au service du sport.Au début de notre ère, un naturaliste romain, Pline l’Ancien, raconte dans son Histoire naturelle que des coureurs se dessèchent la rate à l’aide de concoctions de prêle pour améliorer leurs performances.Si ce mariage sport-science a franchi les siècles dans un bonheur presque parfait, aujourd’hui, il bat de l’aile.Depuis 50 ans, l’union se lézarde toujours davantage et c’est la science qui • règle les termes du divorce.Christiane Ayotte est de ceux qui sont engagés dans cette vaste et complexe entreprise de «purification du sport», amorcée au cours des années 60, époque où la cocaïne et les amphétamines étaient les carburants les plus prisés.L’augmentation des décès et des accidents de parcours, en cyclisme surtout, a sonné le glas à l’indifférence de la communauté sportive.Du coup, le Comité international olympique (CIO) a mis sur pied la première commission médicale vouée au dopage, chargée d'identifier les substances prohibées puis de développer une batterie de tests.Les règles du jeu venaient de changer.Mais les héritiers de Pierre de Couber-tin n’allaient pas assister sans broncher à cette révolution.«On lève le voile tranquillement sur ce qui se passe mais l’immoralité du système est décourageante.Les pays sont prêts à tout pour blanchir leurs vedettes.Il y en a un, que je préférerais ne pas nommer, qui m’a déjà promis une bonne somme d'argent pour le labo si j’acceptais de venir en cour dire que le test n'était pas bon.Il y en a d’autres qui nous menacent, qui JACQUES GRENIER LE DEVOIR Christiane Ayotte: «On lève le voile tranquillement sur ce qui se passe mais l’immoralité du système est décourageante.Les pays sont prêts à tout pour blanchir leurs vedettes.» tentent de nous intimider.Et, d’un autre côté, ils ne manquent pas une occasion pour se prononcer publiquement contre le dopage», déplore la chercheuse.Le récent scandale entourant le sauteur cubain Javier Sotomayor a posé une pierre de plus à la cathédrale de l’hypocrisie du monde du sport Testé positif à la cocaïne lors des Jeux panaméricains de Winnipeg, l'été dernier, l’athlète n’a jamais été sanctionné par sa fédération, celle-ci prétextant qu’il était victime d’une conspiration.Le Li-der Maximo a même déclaré que le laboratoire de Pointe-Claire était infiltré par la CIA «C'est la meilleure que j'ai entendue jusqu’à maintenant», s’exclame Mme Ayotte.Les labos au banc des accusés Loin d’être une exception, ce type de réaction est en voie de devenir la règle.«Depuis 1996-97, il y a un nouveau réflexe de dire: “ce n’est pas moi, c’est le labo qui est pourri”.Les athlètes ont toujours eu le droit de contester les tests, et c’est normal, mais là, ça n’a plus aucun sens.Nous devons nous battre et aller défendre la validité de nos tests devant les experts qui sont engagés pour détruire notre crédibilité.C’est tellement emmerdant qu’ils espèrent qu’on va lâcher.» A ce propos, les anecdotes foisonnent.Autant de raisons invoquées par les «experts» de l’autre partie.L’un d’entre eux a déjà prétendu que le cycle de la lune avait déréglé le taux d’hormones de l’athlète, ce qui lui avait valu un résultat positif au test.Le juge, sûrement un peu dépassé par tout ce jargon, a finalement donné raison à la thèse lunaire.Autres trouvailles: le cycle menstruel, la consommation de viande rouge, les virus informatiques et les cancers post-Tchernobyl.Le lendemain de l’entrevue qu’elle accordait au Dçvoir, Mme Ayotte devait se rendre aux Etats-Unis, une fois encore, pour défendre un autre test d’un athlète déjoué par son urine.Perte de temps, perte d’argent, Mme Ayotte doit courir — comme une dératée — pour se préparer à ces procès, qui pèsent de plus en plus lourd dans son agenda déjà chargé.«Chaque fois, c’est la même chose.Je témoigne pendant des heures alors que l’autre partie essaie de me faire passer pour une incompétente, de me ridiculiser.On martèle que je viens d’un labo pourri qu’on devrait tout simplement fermer, qu'on devrait arrêter d’y faire tester les athlètes américains, que nos tests ne sont pas valables et qu'ils ne sont approuvés par personne.Mais au bout du compte, l’arbitrage international donne toujours raison au laboratoire.» Certains athlètes n’hésitent plus à avoir recours aux tribunaux civils pour renverser le verdict.C’est le cas notamment de Mary Slaney, une championne américaine de demi-fond testée positive en 1996, qui poursuit le laboratoire de Pointe-Claire en vertu du RICO Act (Racqueteer Influence and Corrupt Organization).«La pression exercée par les athlètes est assez forte pour Jam peur à certains laboratoires, qui prennent des assurances pour se protéger.» La chasse aux sorcières Dans le sport comme en chimie, les différences se comptent en millièmes.Et certains athlètes sont prêts à tout pour gagner cette petite fraction qui les portera sur le podium, celle-là même qui trace la ligne entre la gloire et l’anonymat.A cet égard, la lutte antidopage ne s’attaque pas simplement à une pratique malhonnête mais à toute cette culture de la performance à tout prix.«On a tellement besoin de héros qu’on est prêt à faire des compromis.Et plus on augmente les compromis, plus on augmente les risques.Il y a une dérive grave dans notre société, c'est l’appât du résultat.C’est vrai en sport, et c’est aussi vrai chez les scientifiques», affirme Mme Ayotte, qui s’inquiète de voir les chercheurs dépendre de plus en plus du financement privé, avec tous les risques que cela comporte.L’histoire — comme l’actualité — fournit plusieurs exemples de scientifiques qui ont préféré œuvrer à l’avancement du dopage.Ce fut notamment le cas de plusieurs pays de l’Est qui avaient mis sur pied des systèmes étatisés de recherche en la matière et où les sportifs étaient à toutes fins pratiques des éprouvettes vivantes.Mais des éprouvettes bardées de médailles.Il y a une dizaine d’années, quatre haltérophiles canadiens ont montré jusqu’où ils étaient prêts à aller pour sauver l’honneur.Contrôlés négatifs avant leur départ pour les Olympiques de Séoul, trois des quatre haltérophiles ont échoué le test une fois rendus en Corée.Comment?«Lorsqu'ils ont su qu'ils étaient convoqués, ils se sont vidé la vessie et l’ont remplie d’urine vierge à l’aide d’un cathéter qu’ils ont introduit par l’urètre.Le premier test a été négatif, puis les trois autres ont été positijs, de plus en plus à mesure qu’ils produisaient de l’urine.» Talonnés par les scientifiques comme Mme Ayotte, les tricheurs doivent redoubler d’ingéniosité pour consommer leurs potions magiques en toute impunité.«On nous accuse même d’augmenter les risques pour les athlètes, qui doivent avoir recours à des moyens de plus en plus sophistiqués pour masquer la présence de produits dopants dans leur organisme.Ça n ’a aucun sens!» Renverser la vapeur En dépit de la forte résistance rencontrée de la part des athlètes et des pays qui refusent souvent de se plier au verdict — lorsque leurs icônes sportives sont entachées —, la lutte antidopage gagne tranquillement ses lettres de noblesse.«Lorsque le scandale du Tour de France a éclaté en 1998, je crois que les gens se sont rendu compte de l’ampleur du phémmène et du fait que le dopage était parfois érigé en système.Maintenant, les compagnies sont plus vigilantes, elles font attention lorsqu'elles engagent un athlète parce qu’elles n’aiment pas voir leur nom associé à un scandale.» La création toute récente par le Comité international olympique (CIO) de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a été bien accueillie par Mme Ayotte, qui s'abstient toutefois de crier victoire trop vite.«Il y a deux choses qui me fatiguent.Premièrement, j'ai hâte que la structure et la composition soient plus claires et, deuxièmement, je m'inquiète de l’absence de représentants de laboratoires de dépistage.On n’ira nulle part si on s’entête à mettre les mêmes personnes qui ne peuvent pas s'entendre.» Au bout du compte, l’athlète doit être le grand gagnant de cette initiative.«LAMA doit parvenir à établir un règlement et à ce qu ’il soit appliqué de la même façon partout et pour tout le monde.Les athlètes ne font plus confiance au système lorsqu’ils voient les grosses vedettes exonérées.» Qui plus est, à l’heure actuelle, la vertu ne paie pas.Les pays et les disciplines qui adoptent de sévères politiques antidopage ont mauvaise presse alors que ceux qui font l’autruche ne défraient jamais la manchette.La logique est implacable: plus de tests, plus de risques de trouver les tricheurs.En attendant, la docteur en chimie a bien hâte aux Jeux olympiques de Sydney, qui se veulent les plus «propres» de l’histoire.«L’absence de tests positijs ne veut pas dire qu’il n’y a pas dopage», ne cesse-t-elle de répéter.Comme quoi, dans le merveilleux monde du sport, il peut y avoir du feu.sans fiimée.Un cocktail explosif Christiane Ayotte n’a pas la langue dans sa poche.Elle pourrait se contenter d’analyser le pipi des athlètes, bien tranquille dans son laboratoire.Mais la fougueuse chimiste, qui n’a pas l’intention de rester les bras croisés, a plutôt choisi de dénoncer.Envers et contre tous.L’hypocrisie.«On a déjà vu de gros noms monnayer leur participation à des événements sportijs d’envergure, sachant très bien que leur présence attirerait les foules.Ils obtenaient ainsi la garantie de ne pas être testés.» Le sport professionnel.«Quand John Kordik est mort, beaucoup de gens ont eu peur.L’autopsie a montré la présence de stéroïdes et on en a retrouvé chez lui.Puis, ça s’est arrêté là.On a enterré l’affaire.Lorsque Sports Illustrated a publié qu 'm joueur de hockey sur cinq prenait des Sudafed avant de sauter sur la patinoire, la LNH a nié.Encore une fois, il n’y a pas eu de suite.Qu'est-ce qui nous prouve qu ïl n’y a pas de réseaux de dopage dans les équipes professionnelles?Quel exemple donne-t-on aux jeunes lorsqu'on porte aux nues des joueurs comme McGwire, qui a reconnu avoir consommé de l’androstènedione?Je vous avoue qu ïl y a des sports que je ne suis plus capable de regarder.» \z culture des suppléments.«Les athlètes en sont venus à croire qu’il leur faut absolument consommer des suppléments.Im moitié des jeunes croient qu’ils ne peuvent pas réussir sans ça.C’est in- croyable, le nombre de produits dits légaux qu ’ingurgitent les athlètes pour augmenter leurs performance.Créatine, échinacée, cartilage de requin, arginine, glucosamine.Ça coûte une petite fortune et les effets sont loin d’être prouvés.Plusieurs consomment des hormones vendues sur le marché américain sans vraiment savoir ce qu’elles contiennent en réalité.On a vu des athlètes échouer des tests à cause de ces produits-là.» Malgré cette entreprise de Sisyphe, la directrice de l’unique laboratoire de dépistage au pays garde la foi.Il lui en faut, de bonnes (Joses, pour ébranler cette culture millénaire du dopage sportif.A force de sorties publiques, Mme Ayotte est devenue une tête de proue de la lutte antidopage.Preuve qu’elle ne parle pas dans le vide, elle a été nommée, le mois dernier, «Scientifique de l’année» par le magazine Les An-néesdumière diffusé sur la première chaîne de Radio-Canada.Et le secrétaire d’Etat au sport amateur, Denis Coderre, l'a présentée comme un argument de taille pour attirer le siège social de l'AMA à Montréal.Tant qu’elle montera la garde, les tricheurs n’auront aucun répit «Je sais que je me bats contre plus gros que moi.Mais l’important, c’est de garder la passion.Et de ça, j’en ai en masse.» M.M.DOSSIER SPECIAL PARUTION EDUCATION tel_ 23 FEVRIER 2000 TOMBÉE PUBLICITAIRE: 18 FÉVRIER 2000 El L K l> K V 0 1 R .L E L U N D I I 1 F F V R I F R 2 0 0 (» B 2 11-* LE DEVOIR^ P IMITE TECHNOLOGIE HBESoftware : de la culture hacker aux affaires Le coin du Pingouin Imaginez un peu le portrait: un vieil édifice du centre-ville aux planchers de bois et aux murs de briques, des jeunes vêtus de t-shirts noirs, buvant du Coca-Cola à la caisse et de l’espresso en quantité industrielle, une pièce sombre, éclairée par la lueur des nombreux écrans d’ordinateurs, et un président d’entreprise aux idées bien arrêtées, avec un leitmotiv: «Il faut redonner à la communauté.» Bienvenue à la culture hacker, au service du monde des affaires.Bienvenue chez HBESoftware, une firme qui vit, pense et respire Linux.Et qui brasse des millions.MARTIN C.CHAMBERLAND LE DEVOIR Raymond Luk, le président d’HBESoftware, est un phénomène.v Michel Du m a i s Raymond Luk, le président d’HBESoftware (www.hbe-woftware.com) est un phénomène.Pour avoir rencontré moult dirigeants d'entreprises au cours des der-.pières années.Ink ne correspond à aucun d’entre eux.D’origine asiatique, jeune et dynamique, Luk, malgré un pragmatisme typique des dirigeants d'entreprise, est un pur produit du phénomène hacker.Que l’on ne se méprenne pas, hacker ne veut pas dire ici pirate informatique.Mais plutôt quelqu’un qui est animé par une curiosité sans fin et passionné par la technologie.A peine entré dans la petite salle de conférence de l’entreprise, celui-ci attaque.Alors qu’il m’expliquait le déménagement prochain de la firme dans des locaux plus grands pour accueillir les 50 employés actuels, je lui demandais, tout naturellement, si celui-ci allait s’établir dans la Cité du multimédia.«Il n’en est pas question, nous ne croyons pas au concept de la Cité.En plus d'être trop chère au pied carré, nous ne voulons pas vraiment nous établir proches de nos ¦concurrents qui auraient peut-être un plus beau bar à cappuccino à offrir à nos employés [la culture hacker, je vous le disf/c ne vois pas ce que le gouverne-'tnent fait là-dedans.Que ce soit à New York ou en Californie, il n’y a aucune implication du gouvernement, Dieu ‘merci, et regardez le succès de la Silicon Valley ou de la Silicon Alley.Ce sont nous, les entrepreneurs, qui devons nous démarquer par l’excellence de nos produits pour imposer Montréal sur le marché international.Nous avons plutôt un besoin urgent de firmes de capital de risque audacieuses et agressives, qui comprennent le marché des nouvelles technologies.Et si le gouvernement veut faire quelque chose pour toutes les huius-tries du Québec, qu 'il investisse plutôt massivement dans l’éducation.Nous avons un besoin urgent de diplômés, et ce n’est pas en coupant dans l'éducation que le gouvernement nous rend service, au contraire.Les subventions de la Cité, c’est de la poudre aux yeux.C'est juste bon pour les Bell, Vidéotron, QuébecTel et compagnie, pas pour les petites entreprises dynamiques comme nous.» Avouons-le, plutôt direct HBESoftware a débuté il y a quatre années déjà, alors que Raymond Luk, étudiant en musique à l’Université McGill et pianiste classique, et deux de ses acolytes, décident de se lancer en affaires et de profiter de la vague Internet qui, le pressentaient-ils, serait immense.Le siège social de la nouvelle entreprise: l’appartement de Raymond.«Depuis toujours, j’avais cette passion pour les ordinateurs.J’ai programmé ma première application en troisième année, sur un Commodore PET.Étant issue de la culture universitaire, il était donc tout à fait normal que notre plateforme de développement de prédilection soit Unix, et surtout, Unux.«Au cours des années, nous avons développé des sites Internet avec toujours le même souci: celui de n’utiliser que des produits Open Source.Utiliser du logiciel à code source libre est un choix intelligent et rationnel.Nous croyons que le logiciel à code source propriétaire, comme Oracle par exemple, est une taxe déguisée.Nous croyons en la communauté Linux et nous lui rendons bien ce qu’elle nous donne.» Pour que les lecteurs comprennent bien la philosophie hack, il suffit de comprendre que celle-ci se base sur plusieurs principes: le travail collaboratif, et aussi l’absence de hype, de poudre aux yeux.«Nous ne parions pas de produits que nous allons faire, nous mettons plutôt sur la table nos réalisations.La culture hack juge ses acteurs par le produit fini, pas juste sur de beaux concepts.» OpenDesk: un concept d’intranet gratuit A l’occasion de la conférence Alternative Linux, j’ai eu la chance de pouvoir assister à une présentation d’Open-Desk (www.opendesk.com), le cadeau de HBESoftware à la communauté, un intranet disponible immédiatement et dont le code source est aussi disponible pour tous.«Pour réaliser certains de nos projets, nous avons fait un cadre d’application (framework) qui nous permettait de réutiliser du code sans être obligé de tout recommencer chaque fois.Le projet Workbench (www.workbench.org) est ainsi né, et nous avons placé ce canevas logiciel à la disposition de tous, sur Internet, code source inclus.Par la suite, quelques programmeurs de l’équipe ont travaillé à la réalisation d’OpenDesk, un petit intranet disponible pour tous, permettant à qui voulait s'inscrire d'avoir accès à une zone sur Internet, où la personne pouvait avoir accès en permanence, partout dans le monde, à un ensemble d’utilitaires pratiques.«Par exemple, un agenda, une liste d’adresses, un service de messagerie, une zone pour archiver des fichiers, etc.Un petit organisme, par exemple, pourrait utiliser gratuitement OpenDesk comme centre d’affaires virtuel.Tout est là, tout est gratuit.Une firme ayant les ressources nécessaires en programmation pourrait même télécharger le code source et implanter directement sur son propre serveur.Et la version 2.0 que nous allons lancer bientôt inclura près d’une cinquantaine d’applications différentes, avec comme objectif, à la fin de l’année 2000, plus d’une centaine de petites applications.Un traitement de texte, un tableur, un outil d’édition HTML, une suite graphique, etfen passe.Pourquoi pas?» J'imagine, amis lecteurs, que, tout comme moi, vous vous posez la même question.Mais comment réussissent-ils à faire vivre l’entreprise et les 50 employés?Tout simplement par le service.HBESoftware offre peut-être le code source, mais ce ne sont pas toutes les entreprises qui possèdent les ressources de programmeurs qualifiés pour «masser» le code source et l’adap- ter aux besoins de l’entreprise.«Nous sommes une entreprise de services, et c’est ainsi que nous pouvons travailler et avoir du plaisir à développer nos produits.Et, n’ayez crainte, notre entreprise a un chiffre d’affaires dans les millions et nous sommes totalement rentables.Nous avons conçu d’autres logiciels comme Net.Hub, une application pouvant se mesurer avec les grands du marché comme Vignette [un système de gestion de site Internet de très haut de gamme utilisé par des sites comme Ziff-Davis ou Cent].Un journal, un portail, quelle que soit l’utilisation, un produit comme Net-Hub à été pensé pour répondre aux besoins les plus ambitieux d’un site.Par exemple, nous venons de mettre la dernière touche à Otta-iva.com, et notes en sommes très fiers.Des milliers de pages, m système de gestion dymanique et automatisé, et tout ça avec des outils à code source libre comme Linux, Apache, Perl ou MySQL.Aucun produit commercial là-dedans.Et non seulement les éditeurs n’ont rien eu à payer pour le logiciel, mais en plus, comme dans la philosophie hacker, nous leur avons remis l’intégralité du code source de l’application Net.Hub.Ils peuvent donc, par la suite, s’ils le désirent, complètement modifier l’application et ajouter de nouvelles fonctionnalités.» La grande aventure Justement, l’avenir.HBESoftware, comme bien des sociétés dans le domaine des nouvelles technologies, a l’ambition de devenir publique un jour.Déjà, l’entreprise compte comme partenaire Reg Weiser, le dirigeant de l’entreprise Positron, un homme d’affaires tout ce qu'il y a de plus conventionnel.Selon les projections des partenaires, ceux-ci, avant de lancer l’entreprise dans la grande aventure de la Bourse, se doivent de finaliser deux ou trois ententes auprès de firmes en capital de risques.Par la suite, l’entrée en Bourse.«Nous avons intéressé plusieurs firmes déjà.Une des plus importantes firmes de capital de risque au monde, Goldman Sach, s’est montrée intéressée.Nous avons eu aussi des discussions avec Microsoft, lorsqu’elle ont vu notre produit OpenDesk.» Mais l’acquis le plus précieux pour Raymond Luk et ses partenaires est la force de ses employés.Je discutais récemment avec un chef d’entreprise dans le domaine qui déplorait ne pouvoir trouver des spécialistes en programmation, et surtout des spécialistes Linux.En lui soulignant ce fait, Luk se mit à rire.«Les meilleurs, ne cherchez pas, ils sont ici.Et nous n’avons pas trop de problèmes à embaucher car les meilleurs attirent les meilleurs.Et comme ceux-ci savent que nous sommes issus de la philosophie hacker, il est encore plus facile de les garder par la suite.Ici, c’est le royaume de la jeunesse, de l’énergie, de la curiosité et de l’entraide.Car c’est cela aussi, la culture hack, une entraide de tous les instants, de tes confrères de travail ou encore de la communauté Unux mondiale.D’ailleurs, d'ici deux mois environ, nous allons offrir à tous nos employés des participations fort généreuses dans l’entreprise.Nous tenons à eux et nous voulons que ceux-ci, en plus d’être heureux au sein de l’entreprise, puissent en retirer des profits.» Alors, qui dit encore que la culture hacker et la culture des affaires sont deux mondes tout à fait incompatibles?MICHEL D U M AIS Corel/Borland: rachat Dans un geste qui n’a pas vraiment excité le marché boursier ni la communauté Linux, Corel vient de racheter l’éditeur d’outils de développement Borland.Après la sortie de sa distribution Corel Unux et la mise en marché prochaine de sa suite bureautique Word Perfect Office 2000, Corel pourra donc offrir à la communauté des outils de développement reconnus.Évidemment, il serait étonnant de voir ces outils offerts sous licence Open Source.Dommage.Heureusement, il y a les outils Kdevelop qui sont disponibles en Open Source.En passant, une firme qui vend un système d’exploitation, une suite bureautique et des outils de développement, ça ne vous rappelle personne, ça?Allez, un petit effort.Corel: www.corel.com Borland: www.borland.com Kdevelop: www.kdevelop.org KDE Office C’est bien beau de parler de suites bureautiques, mais la très grande majorité ne sont pas d’allégeance Open Source.Même gratuites, comme Star Office, les suites comme Applixware, WP Office et compagnie ne sont pas basées sous licence Open Source.Mais permettez-moi de vous en proposer une qui, elle, l’est KDE Office.Celle-ci inclut un traitement de texte, un tableur, un logiciel de présentatique, un autre de dessin vectoriel, et plus encore.Tout est disponible sur le site de KDE Office, les fichiers binaires et les sources.Pour voir ce que le développement coopératif peut faire de mieux.KDE Office, http://koffice.kde.org LinuxApps et Da Linux French Page Curieux de voir la diversité «culturelle» de Linux?Pointez vos fureteurs vers le site-répertoire de logiciels LinuxApps.Et pour avoir les dernières nouvelles en français de la scène Linux, rien de mieux qu’un petite visite sur la Unux French Page.Si.Si.Unux Apps: www.linuxapps.com Da Linux French Page: www.linuxfr.otg Linux-Québec On ne le répétera jamais assez, la force de Linux, c’est sa communauté.Permettez-moi donc de guider une fois de plus, avec beaucoup d’insistance, vos pas vers le site de linux-Québec, le regroupement des utilisateurs Unux d’ici.Des gens sympathiques, conseils pratiques, listes de discussions actives et réunions mensuelles où la communauté locale se regroupe.Un must, my dead Unux-Québec: www.linux-quebec.org éL9 affaires RELAIS & CHATEAUX LA FINE FLEUR DES MAÎTRES HÔTELIERS SAINTE-ADELE LAURENT IDES________________________________ HÔTEL L’EAU À LA BOUCHE Chambres magnifiques et salles de réunion confortables dans un cadre exceptionnel à Sainte-Adèle, Restaurant couronné *Table d'Or du Québec en 1998* et ‘America’s Top Table 1998 numéro 1 au Québec par Gourmet Magazine*, fine cuisine régionale et cartes des vins élaborée, toutes les activitées à proximité.450-229-2991 MONTÉRÉGIE SAINT-MARC-SUR-LE-RICHELIEU HOTELLERIE LES TROIS TILLEULS A St-Marc-sur-le-Richelieu.Une hostelleric paisible et confortable, dans une demeure d’un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu, où le personnel n’a qu’un seul désir: satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».5 salles de réunions disponibles.Nous avons différents forfaits à vous proposer.(514) 856-7787 LAURENTIDES HÔTE _ M1 r c Salnt-oauveur QUÉBEC SAINT-SAUVEUR-DES-MONTS MANOIR SAINT-SAUVEUR Hôtel de villégiature «4 étoiles», situe au cccur du village de Saint-Sauveur.220 magnifiques chambres et 13 salons de réunion.Activités sportives intérieures et extérieures.Forfait Affaires: à partir de 60J/pers./nuit, otc.double, incl.petit déjeuner, hébergement, stationnement intérieur.2 pauses café, équipement AV de base, frais de service, www.manoir-saintsouveur corn (450) 227-1811 (Mtl direct) 1-800-361-0505 MANOIR VICTORIA Manoir Victoria jr-"”''*"* Situé au coeur du Vieux-Québec, cet hôtel 4 étoiles au cachet européen unique a récemment été rénové et agrandi au coût de 12 millions î.145 chambres et suites - 7 salles de réunions et banquets -restaurant fine cuisine (2(1 % de rabais le soir) - resto-bistro Le Saint-James - piscine intérieure - club de santé - sauna - stationnement intérieur avec service de valet Programme corporatif i partir de 89 $ par nuit en occ.simple ou double, www.manoir-vlctotla.com Renseignez-vous sur nos forfaits.1-800-463-6283 En direct de la «pile de gauche» C’est reparti: mon ordinateur ne crache plus le son comme un phtysique à l’agonie.Accourant au secours de la carte-mère et de l’éploré, déguisé en réparateur Maytag du disque dur, le collègue pingouin est venu me sauver des eaux de la désillusion cybernétique.Gloire au palmipède! Et passons aux choses sérieuses avec deux ouvrages qui mettent en relief rien de moins que le sort de la planète.Michel Bé la i r Le Devoir L’UNIVERS FANTASTIQUE DE L’OR DUR ?1/2 Production MicroInteL Collection La Science en un clin d’œil.Hybride PC (Pentium, Windows 95) et Mac, 16 Mo.Public visé: les 10 à 14 ans.Dans les magasins spécialisés.Prix: environ 35 $.Au fil des années et des prises de conscience, le recyclage en est venu à se glisser dans le quotidien le plus ordinaire de la majorité des citadins de la planète tout entière.Au bureau, au travail, à la maison, à l’usine même, dans des bacs bleus, verts ou gris — mais surtout pas blancs —, on a pris l’habi- tude de ne plus jeter mais plutôt de classer ce que l’on appelait autrefois ses «déchets».Déchets qui, à la suite du seul processus alchimique jamais authentifié par l’histoire, sont aujourd’hui devenus de l’«or dur».Cet ouvrage publié à la fin de l’année dernière chez Microlntel, mais que les toussotements répétés de mon ordinateur ont peu à peu relégué à «la pile de gauche», remonte heureusement à la surface cette semaine.On est ici littéralement plongé dans une poubelle.Une «ancienne poubelle» puisqu’on y trouve entassés des restes prenant la forme d’autant de personnages: un journal, une bonbonne aérosol et des piles usées, une bouteille de vin, une bouteille en plastique, une cannette d’aluminium et une pelure de banane.Ces personnages de bande dessinée permettront aux jeunes curieux — et à leurs profs, et à leurs parents, alouette — de faire joyeusement le tour de la question «Récupéra-tion&Recyclage» sur un mode à la fois sérieux et décontracté.On trouvera ici des mines de renseignements sur les possibilités presque inépuisables et la nécessité absolue de la réutilisation des matières premières autrefois reléguées aux sites d’enfouissement et aux incinérateurs.C’est évidemment bourré d’animations passionnantes — sur le cycle de l’azote ou du carbone, sur la fabrication du papier ou du verre à travers les siècles, etc.— et de clips vidéo, d’expériences à réaliser, de graphiques, de cartes et 1’,ensemble se regarde avec un plaisir non déguisé.A la toute fin, on trouve aussi un jeu-questionnaire particulière-rçient réussi, conçu sur le modèle du labyrinthe.Évidemment, on sent l’orientation didactique de l’ouvrage.Et l’on se dit que voilà une fort intelligente façon de faire passer le message en expliquant le pourquoi et le comment de la chose.Et l’on se surprend à souhaiter encore une fois que les programmes du ministère de l’Education puissent être assez souples pour accueillir des outils de cette qualité.En prime, on peut également consulter un document bourré de renseignements techniques et pra-tico-pratiques expliquant comment se servir du matériel du cédérom pour présenter un exposé ou pour monter ses propres dossiers sur le sujet.Mais quelle que soit l’utilisation qu’on en fasse, L’Univers fantastique de l’or dur s’imposera rapidement comme une sorte d’ouvrage de référence «familial» qu’on se surprendra à consulter d’abord avec plaisir et curiosité.Ce qui est déjà rare en soi.L’OR BLEU ?Coproduction UNESCO - Strass Productions.Hybride PC (Pentium, Windows 95/98,16 Mo) et Mac (PowerMac, 16 Mo), Dans les magasins spécialisés.Prix: environ 55 $.Plutôt rare que l’on voie un organisme comme l’UNESCO s’associer à un éditeur pour produire un cédérom.Et comme l’eau est un sujet en or, fait sur mesure pour le multimédia, la raison était toute trouvée pour faire passer également cet ouvrage de «la pile de gauche» à mon petit chariot.Pas de surprise: on trouvera ici un regard absolument global sur «l’or bleu», cette richesse presque inespérée qui a donné vie à la vie sur notre planète.Rôle et importance de l’eau dans l’évolution des premières formes de vie.Rareté de l’eau.Sa répartition sur la planète.Son rôle encore dans l’histoire des humains, sous tous les climats, et dans le développement des sociétés.Et l’utilisation inconsidérée que les hommes en font.Et encore tellement plus qu’il y en a pour des heures à hésiter de boire une gorgée d’eau.Tout cela est présenté à l’aide d’une vaste fresque peinte qui s’étire de la création de la planète jusqu'à aujourd’hui et à Tinté rieur de laquelle on se promène dans un vaisseau.Un vaisseau spatial, oui, oui, basé sur la planète rouge et duquel, au tout début, on pourra rapidement se faire une bonne idée de l’absolue né cessité de cet élément vital qu'est le H20.Mais revenons sur terre.Ou sur Teau, dans laquelle on plonge bientôt pour voir évoluer les premiers organismes unicellulaires.Les commandes du vaisseau sont floues et, à vrai dire, plutôt mal conçues — ce qui explique la cote «ordinaire» malgré la redoutable efficacité de la documentation fournie ici.Passé les trilo-bites de service, les poissons à exosquelettes d'usage et les requins, on remonte à la surface.Et Ton se met à naviguer dans la fresque qui livre parfois des paysages étonnants.Tout y passe: les milieux naturels et les milieux de vie; les sociétés, les mythologies et les différents types d’utilisation de Teau à travers l’histoire de cette bonne vieille Terre.Des statistiques aussi, et des tableaux, et un glossaire très complet.Même qu’en jouant un peu avec les boutons de contrôle, on voit peu à peu apparaître quelques clips vidéo, des diaporamas, des données plus techniques ou encore des représentations artistiques (toiles, poèmes, sculptures, etc.) rattachées à, ou illustrant toujours, le thème de Teau ou des milieux naturels qu’elle dessine.Evidemment, on peut imprimer en tout temps, monter un dossier à partir des différents éléments du cédérom ou consulter une bonne douzaine de sites Internet auxquels on a directement accès.Mais toujours, on protestera plus ou moins inté rieurement en s’accrochant les pieds dans les fleure du tapis à cause d’une navigation mal conçue et d’un concept un peu trop tape-à-Toeil.Ce qui est bien dommage car on a ici rassemblé une quantité d,informations absolument incroyable sur un sujet d intérêt vital.Buvons pour oublier, tiens.il 6 ) i L K I) K V OIK, I.E I, U N D I II K K V R 1ER 2 0 O O PLANETE Seattle, capitale de l’image numérique Gates-Getty: le choc des photos En quelques années, Bill Gates et Mark Getty ont bouleversé le marché de la photo en rachetant des agences d’images à tour de bras pour constituer des bases de données.ÉDOUARD LAUNET LIBÉRATION Seattle — «fl se prend chaque année 82 milliards de photos^ dans le monde.Qui pourrait avoir la prétention de contrôler un marché pareil?» Pas Mark Getty en tout cas.Le petit-fils du magnat du pétrole J.Paul Getty affiche une ambition plus modeste, en apparence: «Aider les gens à s’y retrouver dans ce flot d'images, leur permettre d’identifier rapidement celle dont ils ont besoin puis leur livrer sous forme numérique via Internet», résume le jeune héritier de 39 ans a bord de l’avipn qui, en ce mois de novembre 1999, lui fait sillonner les Etats-Unis à la recherche de nouveaux capitaux.Car devenir grand aiguilleur de l’image sur Internet coûte cher.A coups de centaines de millions de dollars, Mark Getty a déjà réuni en cinq ans une des plus grandes collections de photos de la planète, riche aujourd’hui de 60 millions de clichés.Mais le chantier est loin d’être clos: ces derniers mois, Getty Images, l’entreprise de Mark, a investi dans le Net, multiplié les partenariats avec les grands noms de la Toile et transféré son siège de Londres à Seattle, au cœur du maelstrom numérique américain.Tant et si bien qu’elle est devenue le n° 1 du commerce électronique des images, un business tout neuf mais qui fleure encore bon le pétrole.Duel de géants Un autre homme est convaincu qu’internet va devenir la plaque tournante du marché du «visuel»: Bill Gates lui-même.Via sa société personnelle Corbis, basée également à Seattle, le patron de Microsoft s’est constitué un album photos tout aussi fourni que celui de son concurrent.Quand Getty Images se payait les riches archives Hulton Deutsch, Corbis mettait la main sur la collection Bettman (16 millions de clichés historiques), devenant ainsi une source incontournable pour les reproductions de grandes œuvres et les photos historiques.Au printemps dernier, quand Getty renonçait à prendre le contrôle de Sygma, la première agence mondiale de photojournalisme, les hommes de Bill Gates déboulaient pour conclure l'affaire.Trois mois plus tard, Getty se consolait en ajoutant à sa collection les 30 millions de clichés de The Image Bank, son principal concurrent, et devenait le premier fournisseur mondial de photos d’illustration.Début décembre, Corbis débauchait un des vice-présidents de Getty Images poqr en faire son directeur de la stratégie.Etrangement, ce choc frontal entre l’homme le plus riche du monde et l’héritier de l’ex-homme le plus riche du monde a peu fait couler d’encre.Certes, le commerce électronique de l’image est tout juste émergent monsieur Microsoft a d'autres préoccupations, et Getty, rejeton d’une famille qui a durablement occupé la rubrique faits divers, est un garçon discret Mais surtout, les deux concurrents veulent éviter d’en faire une affaire personnelle.«Il n’y a aucune rivalité entre nous, affirme Getty.Gates n’est qu’un concurrent parmi d’autres.» Ni l’un ni l’autre n’ont la religion de la belle image, conviennent leurs proches.Rien à voir avec les John Rockefeller, Andrew Carnegie et autre J.Paul Getty (le grand-père de Mark a laissé un fabuleux musée à Malibu) qui ont englouti des fortunes dans l’art pour s’acheter un petit coin d’immortalité.Pour Mark et Bill, c’est for business only.Et si, en 1994, le patron de Microsoft s’est offert un manuscrit de Leonard de Vinci (Codex Leicester) pour 180 millions de francs, c'était avec l’idée d’en tirer un cédérom.Concentration Bill Gates a laissé les rênes de Corbis à un ami de la famille, Steve Davis.«Bill ne vient que pour les conseils d’administration, indique Davis, et il se contente de donner son avis sur les grandes orientations stratégiques.» Quant à Getty, on le croise rarement à Seattle dans le QG tout neuf de son entreprise (pas une photo sur les murs!): il réside à Londres et délègue la gestion quotidienne à son complice Jonathan Klein, rencontré au début des années 90 à la Hambros Bank de Londres.Mark est le seul des seize petits-enfants de J.Paul Getty qui ne se contente pas de vivre de ses rentes.Son court passage dans la banque d’affaires lui a permis de rencontrer Hein, son patron chez Hambros, avec lequel il s’est mis à réfléchir au meilleur moyen de faire fructifier l’argent de la famille.«Nous avons rapidement identifié l’industrie des contenus visuels comme un secteur d’avenir: cette industrie était fragmentée et mal armée pour affronter le pas- sage au numérique, pourtant facteur d’économies», explique Mark Getty.Passer de l’analogique au numérique permet de diviser par dix les coûts de gestion et de commercialisation d’une base iconographique.Mais cela demande une maîtrise technologique et surtout un investissement initial conséquent (12 $ par cliché) que peu d’agences ou fonds d'archives peuvent se permettre.D'où ce mouvement de concentration qui ne cesse de rétrécir la planète photo depuis bientôt cinq ans.En mars 1995, Mark Getty rachète Tony Stone Images, le plus grand fournisseur britannique de photos d’illustration.Il s’offre ensuite le fonds Hulton Deutsch, l'agence Liaison (photo news), PhotoDisc (images d’illustration libres de droits), Allsport (photos de sport), art.corn (reproductions d’œuvres d’art), ainsi qu’une dizaine d'autres entreprises.«Ce n’est pas l'argent qui motive Mark, estime l’un de ses proches.Sa grande satisfaction est d’avoir réussi à réunifier sa famille autour d'un grand projet industriel.» Trusts familiaux Le clan Getty se déchire en effet depuis des années autour d’une fortune de plusieurs milliards de dollars.De ces histoires familiales, Mark — né et élevé en Italie — refuse de parler.Trop douloureux.En 1973, son propre frère, John Paul Getty III, était kidnappé.L’affaire fit grand bruit.Le richissime grand-père ne consentit à payer les trois millions de dollars de la rançon qu’après avoir reçu, par la poste, une oreille de l’adolescent.Les auteurs de l'enlèvement ne furent jamais retrouvés et, huit ans plus tard, John Paul Getty III était victime d’une overdose qui le laissa paralysé.En 1983, alors que Mark sortait d’Oxford, un de ses oncles décidait de vendre la compagnie Getty Oil contre l’avis d’une partie du clan.Nouveau séisme familial.Dès l’origine, plusieurs trusts familiaux nés de l’héritage de J.Paul Getty ont investi dans l’affaire et, maintenant, ils en redemandent Getty Images, cotée en Bourse, a doublé de valeur durant l’automne.Le marché a soudain réalisé que l’héritier avait fait mieux que de créer un géant de la photo d’illustration (80 % du chiffre d’affaires): U a monté un véritable business Internet.Getty Images a déjà pu, l’été dernier, tirer du commerce électronique quelque 43 millions de dollars de revenus.Et le commerce on line de l’image croît au rythme de 164 % par an! Début janvier, Getty Images a ouvert le premier site portail de la photo, gettyone.com.Publicitaires, éditeurs, producteurs audiovi- suels, etc., peuvent puiser parmi les 1,2 million d'images déjà numérisées de la collection Getty.Internet Company La société de Bill Gates investit elle aussi le Web depuis quelques mois.Née en 1989 dans la domotique, au moment où le roi du logiciel phosphorait sur les plans de sa nouvelle maison, Corbis s'est réorientée vers l’image électronique.Gates rêvait de voir défiler les plus belles linages de la planète sur les écrans muraux haute définition de son sweet home.Et puis il s’est dit qu’il y avait peut-être un vrai marché pour l’image numérique.Tout ce qui stimule le marché informatique n'est-il pas bon pour Microsoft, situé dans la même banlieue impersonnelle de Seattle (Bellevue) ?D’où la plongée dans la photo.Au printemps dernier, Steve Davis faisait miroiter lés perspectives du marché grand public: cartes de vœux électroniques, illustration,des pages personnelles sur le Web («Savez-vous qu'aux États-Unis, il se crée chaque jour entre 10 000 et 15 000 home pages?*), économiseurs d'écrans personnalisés.Mais en novembre, lors de l’une de ses rares interventions publiques en tant que fondateur de Corbis, Gates indiquait qu’il ne considérait pas le marché grand public comme «suffisamment mûr».Cap, plutôt, vers les professionnels de l’image.Désormais, Davis préfère présenter Corbis comme une «Internet company», fournisseur d’un «environnement numérique entièrement intégré pour les professionnels de l'image et le grand public».Happe1 dans le big bang initié par Getty et Gates, le photojournalisme doit s’adapter à la «révolution numérique».Déjà, ces vingt dernières années, l’audiovisuel et l’essor d’une certaine presse magazine ont dopé la photo people au détriment du news.Avec Internet et la constitution d’énormes bases iconographiques, n'allons-nous pas vers un déferlement de la photo d'illustration?«Le réseau va faire croître la demande dans tous les secteurs de la photo, y compris dans le news», se défend Mark Getty.Puis il concède: «Certaines des craintes des photographes sont légitimes: le numérique va effectivement changer radicalement la façon de produire et de consommer les images.Il leur faudra se familiariser avec de nouveaux outils.Mais cela leur permettra aussi d’enrichir leur processus créatif.» les artisans du scoop et de la belle image devront s’y faire: leur avenir se joue désormais à Seattle, capitale de la photo numérique.Téléphone: 985-3344 Télécopieur: 985-3340 AVIS PUBLICS Sur Internet: www.offres.ledevoir.com AVIS PUBLICS HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Té!.: 985-3344 Fax 985-3340 PROVINCE DE QUÉBEC, DISTRICT D IBERVILLE, NO DE COUR: 755-22-001894-990, COUR DU QUÉBEC, PAVAGE DAUDILTÉE, Partie demanderesse, -vs- EXCAVATION E S.B., Partie défenderesse.Le 29 lévrier 2000, à 13h00 de l’après-midi, à la place d’affaires au numéro 375 Chanoine Pépin.Beloeil, district de St-Hyacinttie, seront vendus apr autprité de Justice.les biens et effets de la partie défnederesse.saisis en celte cause, consistant en: 1 véhicule Pick Up Ford.F150 1999 de couleur noire, no plaque FM 82770 Québec, no série: 2FTRX18W3XCA18335.CONDITIONS: ARGENT COMPTANT.St-Hyacinthe, le 11 février 2000.ALPHÉDOR COURNOYER.HUISSIER DE JUSTICE.A COURNOYER 8 ASS., HUISSIERS, TEL.: (450)773.2144.CANADA.PROVINCE DE QUÉBEC, DISTRICT DE MONTRÉAL.N0: 99CI-30045 -BREF D'EXÉCUTION.LA VILLE AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES CRÉANCIERS Artlcte 102(4) de la Loi Dans l'affaire de la faillite de : 2973421 CANADA MC.AVIS est par les présentes donné que la faillite de 2973421 CANADA INC., corporation duly constituted according to law and having done business under the name Restaurant O'Toole Pub at 75A, boul.d'Anjou, Châteauguay, Québec J6J 2R1 est survenue le 3* jour de février 2000, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 23" |our de lévrier 2000, à 10 h do f’avant-midl, au bureau du Séquestre, S, Place Ville-Marie, 8* étage, Montréal.Fait à fie Perrot, Québec, ce 7» /our de février 2000.RICHARD LAPOINTE, Syndic PIERRE ROY E ASSOCIÉS INC.Syndic 10, Grand Boulevard, bureau 202 fie Perrot (Québec) J7V 7 PB Téléphone : (514) 45^9657 Ligne MIL : (514) 497-0200 Télécopieur : (514) 453-2134 CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO: 500-22-041958-003 COUR DU QUÉBEC PRÉSENT GREFFIER ADJOINT LE GROUPE STEWART INC./ STEWART GROUP INC.DomsndsfRsss 0.NORMA BOCK ET LES HÉRITIERS DE PEU ANDRÉ BOCK Détendeur* ORDRE Ml donné à NORMA BOCK BT LES HÉRITHRS DE PEU ANDRÉ BOCK En bout de course, on débouche sur le problème fondamental de la définition de la religion, du religieux, du croire, aujourd’hui.Les cadres usés de la «perte» et du «retour» du religieux ne permettent plus de saisir la mutation contemporaine.La vieille méthode rationaliste, typiquement française, associant automatiquement les «renouveaux» religieux à des poussées antimodernes, antidémocratiques et antirépublicaines, n’autorise pas une compréhension juste et franche de la dérégulation du champ religieux institutionnel.Le classement du MILS choque tout simplement parce qu’il refuse de considérer le déplacement en cours des limites du religieux parce qu’il tente de forcer de nouvelles manières de croire dans les vieilles balises théoriques, résolument restrictives, faisant uniquement appel au capital de références et de symboles des religions historiques.Et qu’on se comprenne bien.Je sais parfaitement que la France démocratique n’est pas la Chine communiste.Je n’ai jamais dit que la Scientologie ou l’OTS étaient des mouvements religieux — mais ça se discute.Je sais comme tout le monde que l’OTS a assassiné ou fait mourir des dizaines d’adeptes.Je sais que la Scientologie s’est rendue coupable de plusieurs délits.Je sais que bien d’autres groupes sectaires adoptent des comportements criminels ici, en France, probablement en Chine comme ailleurs dans le monde.Je souhaite comnye n’importe quel citoyen sensé que l’État protège tous et chacun contre les individus et les mouvements qui portent atteinte aux droits de l’homme.Seulement voilà: la vigilance critique est une chose: la dénonciation sans nuance en est une autre.Et la chasse aux sectes peut condamner au bûcher bien des innocents.Le Vatican et l’OLP vont signer un accord de coopération Tiberi veut s’attaquer aux sectes à Paris Création de «périmètres protégés» pour défendre les éléments les plus vulnérables de la population REUTERS REUTERS Jérusalem — Le Saint-Siège et l’OLP signeront demain au Vatican un accord prévoyant la création d’une commission mixte destinée à renforcer leur coopération entamée en 1994, ont annoncé hier des représentants de l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP).Selon eux, ce projet de commission destinée à normaliser juridiquement les relations entre l’Église catholique et les Palestinieps remonte à 1994, date à laquelle l’Église a noué des relations officielles avec l’OLP.Cet accord, premier du genre entre le Saint-Siège et une entité arabe ou islamique, intervient à quelques semaines du pèlerinage historique de Jean-Paul II dans les territoires palestiniens et Israël, prévu entre le 20 et le 26 mars.Si d’autres États arabes ou musulmans ont noué des relations officielles avec le Vatican, aucun accord bilatéral n’a jamais prévu la préservation des biens et des intérêts de l’Église.En vertu des accords de paix de 1993 avec Israël, l’administration intérimaire palestinienne en place en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ne peut pas conclure d’accords avec des États étrangers ni sceller des pactes de défense.Selon le Directeur du bureau de représentation de l’OLP au Saint-Siège, Afif Safleh, interrogé à Londres, l’accord sera signé demain au Vatican à l’issue d’une rencontre entre le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et le pape Jean-Paul II.«L’accord sera signé par l’OLP au nom et au bénéfice de l’Autorité palestinienne entre, d’une part, un membre de son Comité exécutif, Emil Dardjoui et, d’autre part, le ministre des Affaires étrangères du Vatican, l'archevêque Jean-Louis Tauran», a déclaré Safieh.Tauran est l’ambassadeur du Vatican en Israël et le représentant du pape à Jérusalem et dans les territoires palestiniens.«L’accord indique très clairement que le Vatican rejette toutes les mesures unilatérales prises par Israël à Jérusalem s'il les considère moralement et légalement inacceptables», a indiqué Safieh.«(Le texte) stipule qu’il ne peut y avoir de paix juste, équitable et complète au MoyenLjrient sans l’application des résolutions des Nations unies appelant Israël à se retirer des territoires occupés», a-t-il ajouté.Le Vatican a officiellement reconnu Israël en décembre 1993 mais reste en désaccord avec l’État hébreu sur la question du statut de Jérusalem.Les relations diplomatiques avec l’OLP avaient été établies quatre mois plus tard.Le Vatican ne reconnaît pas Jérusalem comme la capitale d’Israël, estimant que Palestiniens et Israéliens doivent se partager la souveraineté de la ville sainte, et que toutes les confessions devraient jouir de la liberté religieuse et politique.Interrogé sur le nouvel accord, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien a déclaré : «Il s'agit d'une question bilatérale entre le Vatican et l’OLP Cela ne nous concerne pas.» Paris —Le maire RPR de Paris, Jean Tiberi, a annoncé hier qu’il allait demander la création de «périmètres protégés» pour défendre les éléments les plus vulnérables de la population contre l’influence des sectes.Il indique dans un communiqué qu’il déposera à l’Assemblée nationale une proposition de loi en ce sens.11 s’agit de «permettre la création de périmètres protégés autour des établissements accueillant des personnes vulnérables - établissements scolaires, résidences de personnes âgées[.\, centres sociaux.» et de limiter la publicité des organismes considérés comme sectaires, à l’instar de ce qui se fait pour les commerces pornographiques, précise-t-il.Jean Tiberi annonce également qu’il proposera au premier ministre, lionel Jospin, la création à Paris d’une «cellule de veille» qui aura pour vocation le recueil et l’actualisation de l’information sur les sectes.L’annonce de ces initiatives intervient alors que des élus parisiens tirent la sonnette d’alarme concernant l’implantation croissante d’organisa-tipns sectaires dans la capitale, dont l’Église de Scientologie.CelltM'i est dénoncée comme dangereuse dans un rapport remis il y a 10 jours à Lionel Jospin par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes.Selon le Journal du Dimanche, qifi cite des informations recueillies par les pouvoirs publips et des organismes anti-sectes, l’Église de Scientologie disposerait d’au moins une vingtaine d’implantations à Paris, où ellf compterait 1000 à 1500 membres actifs et plus de 2000 sympathisant*, malgré la mise en liquidation judiciaire de sa branche parisienne en 1995.'- Des «lieux de culte», une maisoh d’édition, des centres d’information, une association pour les droits de l’homme, des structures d’aide aux toxicomanes, des associations de soutien scolaire et même une garderie figurent parmi ces implantations, précise l’hebdomadaire.; La secte fondée en 1954 aux États-Unis par l’écrivain de science-fiction L Ron Hubbard aurait ouvert il y a trqjs semaines un nouveau lieu d’accueil dans le quartier Montorgueil, dans le IP arrondissement.«Selon les informations recueilliis par les pouvoirs publics, plusieurs lycées et collèges parisiens ont également été la cible du prosélytisme de la secte, notaiit-ment dans les beaux quartiers», ajoute le journal, qui cite les lycées Victor Duruy, Paul Claudel, Condorcet, Charlemagne et Saint-Germain. K I) K V OIK.I.K I.I N I) I II K K V K IKK 2 O O O CULTURE Haut en couleurs L’opéra de Beijing offre un spectacle rafraîchissant en cette heure d’uniformisation culturelle Q 1) K H E C BEUING KUNJU OPERA THEATRE îtia Croisée des chemins.Promenade au jardin (tiré ¦ du Pavillon des pivoines), Le prêt de l’éventail (épi-sodé de l’épopée U Voyage en occident) I et Zhong Kui marie sa sœur, pièces traditionnelles ¦: de l’Opéra de Pékin.Directeur.Zhang Chunmao.Chef d’orchestre: U Zhihe.Costumes: Wang Qi et Yang Guangyi.Maquilleur: Chen Yuzhen.Musi-; dens: Li Zhihe, He Yuheng, Wang Sumin, Hoy Shuangyao, Xu Dajun, Hao Shuyi et Lin Taiheng.Avec: Dong Honggang, Cao Baotang, Wang Jin, .Gu Feng, Cao Ying, Zhang Dunyi, Wang Zhenyi, I, • Chen Xiaomei, Zhao Jun, Wei Chunrong et Tan I ¦ i Zhitao.Présenté dans le cadre du Festival I ¦ ; Montréal en Inmière à la Salle Pierre-Mercure , le 12 février 2000.£ SOLANGE LÉVESQUE y .\ A l’heure d’une uniformisation galopante, c’est une expérience très rafraîchissante que d’assister à Un spectacle aussi dépaysant, face auquel la plupart de nos repères en matière de théâtre ou d'opéra deviennent inutiles.L’Opéra de Pékin «Kunju», une forme très célèbre parmi les 400 formes d’opéra en Chine, intègre plusieurs genres artistiques; ses origines remontent à la dynastie des Ming (1368-1644) mais il a sensiblement évolué à travers le temps, tout en demeurant fidèle à son principe.Jusqu’en 1911, les rôles féminins étaient interprétés par des hommes: ce sont maintenant des actrices qui les jouent.Le spectacle donné samedi soir dernier par le Beijing Kunju Opera Theatre illustrait parfaitement la nature du genre ; qui est d’offrir un spectacle total où le jeu, le chant, la •musique, la chorégraphie, les arts du cirque et le mime se mêlent au sein d’une rigoureuse partition.Des éléments de décor aux maquillages, des -gestes aux traits musicaux qui les ponctuent, jusqu’aux couleurs flamboyantes des costumes et à la ¦richesse des coiffures (ce casque guerrier aux deux longues plumes de faisan; et ces «couronnes du Phé-•nix», scintillantes de pierreries portées par des ¦jeunes filles), tout est codé dans ce festival du signe.Presque sans décors, l’opéra de Pékin multiplie les conventions scéniques: deux roues dessinées sur deux morceaux de toile jaune fixés à un bâton repré-.sentent une chaise à porteurs dans laquelle prend place celui qui les porte; une table avec deux .chaises disposées de part et d’autre indiquent que l’action se déroule dans un salon; si l’on accroche une enseigne peinte au dossier de la chaise, nous sommes dans une auberge.Les codes de la gestuelle jouent également un rôle crucial dans la narra-üon.La promenade., en particulier, faisait ressortir l’importance accordée à la subtilité des gestes: dans À SOURCR BEIJING KUNJU OPERA THEATRE Tout est codé dans l’opéra chinois, jusqu’à la richesse des costumes et des coiffures.un jardin, une jeune fille s’endort au milieu des fleurs et elle rêve d’un beau jeune homme qui vient à sa rencontre et la séduit.On la voit hésiter, timide, puis répondre à ses avances et danser avec lui.Ils portent tous deux les costumes aux fameuses «manches ondulantes» (dont les manches de soie blanche se prolongent bien au-delà du bout des doigts) réservées aux dignitaires ou aux personnages nantis.Au terme d’une petite chorégraphie qui fait virevolter ces manches de soie, leurs mains émergent et s’effleurent à nu pour la première fois: c’est un moment d’une grande émotion, d’autant plus efficace qu’il est précédé d’une percussion de cliquettes en bois et suivi d’un silence.Bien sûr, le public applaudit surtout les exploits acrobatiques et les passes spectaculaires exécutées avec des épées, des bâtons ou des massues lancés en l’air et miraculeusement rattrapés, comme dans La Croisée des chemins et Zhong Kui.Mais les cirques et la télévision nous gavent désormais si abondamment de ces tours d’adresse, que la sollicitude de la servante Chun Xiang pour sa jeune maîtresse Du Liniang dans Im Promenade.qui relève d’un autre raffine ment, paraît bien plus étonnante encore.De même, le jeu du chat et de la souris auquel se livrent un jeu- ne homme et le garde chargé de veiller sur lui dans La Croisée., sur une scène complètement illuminée.On sait cependant, si on a lu les notes de programme, que ce morceau de bravoure se déroule en réalité dans l’obscurité de la nuit; les deux hommes se pourchassent, flairent la présence l’un de l'autre, se frôlent du corps ou de l’épée, sans se toucher.L’extraordinaire virtuosité requise pour satisfaire aux exigences de cette scène, en particulier, explique pourquoi la formation de base des acteurs qui apprennent autant de disciplines, tout en se spécialisant dans un type de rôle qu’ils joueront toute leur vie, dure environ huit ans.Les spectateurs qui n’avaient pas eu le temps de consulter le programme offrant (en anglais, français et chinois) un sommaire des quatre morceaux présentés ont naturellement éprouvé du mal à saisir le déroulement de l’action; aussi était-ce une très bonne idée de commencer la soirée en faisant donner un résumé des diverses scènes par une présentatrice.Malencontreusement, cette jeune femme ne parlait que chinois et anglais, laissant pour compte les nombreux spectateurs francophones de la salle, dont certains ont manifesté, à juste titre, leur indignation.Les quatre saisons d’un refuge Pierre Thibault conclut un cycle amorcé à Vautomne 1999 PIERRE THIBAULT.REFUGE 1999-2000.Une installation présentée au Musée du Québec, 1, avenue Wolfe-Montcalm, Parc des Champs-de-Bataiïle, Québec du 3 février au 14 mai 2000.DAVID CANTIN Après avoir présenté à l’automne 1999 ses deux «refuges» à l’arrière et l’avant du Musée du Québec, Pierre Thibault conclut la dernière partie de son exposition Refuge.1999-2000 en transformant l’intérieur de la salle 1 de l’institution.Pour ce créateur québécois, la phase finale de ce travail permet de reprendre le filon d’un ques-tionnement sur les rapports entre la nature et une pratique arcliitecturale.Suivant le principe des contrastes et des variations, le deuxième volet des installations de Thibault suit un parcours uniforme qui questionne le lieu habitable de chacune des saisons.La notion d’équilibre joue un rôle déterminant dans ce trajet où le bois, la terre ainsi que l’herbe viennent investir l’espace transformé de toute part.Un chemin, fait à partir de souches d’arbres, mène à d’énormes structures envahissantes qui cherchent à dépayser le visiteur.S’agit-il alors d’une salle de musée ou d’un milieu naturel hybride?L’espace rassure, tout en questionnant sur le sens de ce microcosme spatio-temporel.Il se dégage de ce lieu métaphorique, une impression de quiétude bouddhiste en contact avec la nature la plus sauvage et profonde.L’isolement de l’individu fait appel à la conduite du corps, aux sons, aux odeurs, de même qu’à ces détails visibles qui surgissent d’un peu partout.Ce refuge s’entame avec le froid hivernal que suggère un bac de gravier blanc placé sur un Ce travail dans la carrière d’architecte de Pierre Thibault donne un reflet matériel de sa pensée abri temporaire.Pour le printemps, on découvre une plate-forme gazon-née monté sur pilotis.L’été devient un trottoir de bois bordé d’une mare de sable.Knfin, l’automne s’entoure d’une voie dallée que protège la voûte des feuilles.Autant de signes, pour dire la détresse et l’apaisement des conditions de la nature sur l’être humain.En unifiant les liens perdus entre l’espace habité et habitable, Thibault occasionne un temps d’arrêt qui suscite la réflexion individuelle de chacun.On peut traverser cette salle, en ne prenant qu’une pause pour se retrouver ailleurs.Ou encore, se demander ce qui se passe au cours de ces saisons aussi réelles qu’imaginaires; quels effets s’entrecroisent lors de ce passage d’un lieu à l’autre.L’installation intérieure de Thibault surprend, alors qu’elle interroge les enjeux extérieurs des forces de la nature.A l’avant et à l’arrière du Musée, il s’agissait avant tout de travailler avec les limites d’un contexte en ra|> port avec plusieurs changements climatiques.La salle 1 se transforme pour faire sentir la distance qui sépare les trois «refuges».Ixs longs rideaux noirs de l’avant invitent donc à se rendre jusqu’à la vue latérale de la construction derrière.Il faut ainsi refaire le trajet, afin de mieux comprendre ces recherches d’intégration harmonieuse de l’habitat dans son milieu.Ce travail dans la carrière d’architecte de Pierre Thibault donne un reflet matériel de sa pensée.Ces «refuges» invitent à la fréquentation, ainsi qu’à la relecture de notre environnement le plus quotidien.Ces lieux ne demandent qu’une présence temporaire et attentive.Une déambulation qui s’organise, à partir de la mémoire individuelle.C’est à ce moment, que commence un pe riple instinctif vers les images d’une époque précaire et d’un temps qui ONN Réalisation : Simon Gir 21H 44 Télé-Québec www.telequebec.qc.ca A LA TELEVISION RDS TFD CBC CTV (Mont.) gbl TV0 ABC CBS NBC FOX PBS (Burl ) PBS (Pint.) CTV (Corn.) A&E ~BRAVf) DISCOVERY History îiÈWSWORLD SHOWCASF LEARNING life TSN Ce soir Virginie La Petite 4 et demi.L'Ombre de Le Téléjournal/Le Nouvelles De bouche à oreille Vie l'épervier - La Suite Point du sport (23:28) / Politique (0:29) Le TVA Piment Lampe Métrostar Minisérie / Cléopâtre avec Leonor Varela, Le TVA Le Poing J / François Sports Pub fort magique Timothy Dalton (1/2) Massicotte (23:58) Macaroni Impro- Les Choix 1045, Cinéma/L’AFRICAIN (4) Chasseurs d'idées (2144) Les Choix Tour des monde / Trente tout garni vissimo de Sophie rue des.avec Philippe Noiret, Catherine Deneuve / Repérages (22:44) de Sophie années les séparent Le Journal Flash / M.Faut le voir Hockey / Panthers - Canadiens Le Grand La fin du 110% Aphrodisia Flash (17:00) Anthony pour le.Journal monde.Euronews Capital.Le Monde ce soir Al Capone Le Journal Maisonneuve à l'écoute Canada auj.Canada auj.Canada auj.Téléjournal .chiffres Taxi.FR2 J Paris Haute Couture Janvier 2000 .(21:03) Faits divers Jrnl belge Jrnl suisse Soir 3 Jrnl TV5 Contact Animal Mer et Monde La Royal Air Force Biographies / Cartier | Kojak Cinéma / LA ROSE (4) avec B.Middler | .libre?Copines.Nature Lignes.Jeux de société .d'enquête La Marmaille Copines.] [Allô docteur Miniséries d.Clip Novo Clip Top Sexy Dédicaces Spécial: Mic hel Louvain Ed Sullivan Pop up Musicographie Spécial: Michel Louvain^ [Génération 60 Musicographie Pop up Orbite .galaxie J Ned, Triton Sam et.Bébés [Robin.| Mythologies [Cléo &.| Simpson Sp.Blondie [Seconde.Betty Boop Simpson [ Mytholo.Spicy City j Jeux (17:00) Sports 30 Mag |Motoneige Les Légendes du hockey ] C.Mailhot [Sports 30 Mag Sports 30 [Combats extrêmes Grouille-toi Volt Panorama Ecce Homo / L'Amour | Cinéma / L'ENFANT DE L'HIVER (3) | Ô Zone Panorama Volt Newswatcl n .Air Farce .Living [This Hour Drop.The Nature of Things The National / CBC News National.News Omerta II Puise Access H.Raymond Freaks & Geeks Ally McBeal Third Watch CTV News Puise Judging News Nat.News Addams.E.T.That '70s Show Dawson's Creek Outer Limits .Family .Bus Mechanics Vista Studio 2 TVO Mystery 1 Fell for a Star Studio 2 Airport News ABC News Judge Judy Frasier |Cinéma / LIAR, LIAR (4) avec J.Carrey, M.Tierney Once and Again News [.(23:35) .(0:06) News CBS News E.T.[Ring.Ladies Man Raymond Becker 48 Hours: Matchmaker Late Show (23:35) News NBC News Jeopardy Wheel.Freaks & Geeks Dateline NBC Third Watch The Tonight Show (23:35) Cheers Home.Drew Carey 3rd Rock That '70s Show Ally McBeal Felicity Drew Carey Star Trek: Voyager Newshour Night.Bus.Rural.Antiques Roadshow American Experience .Good Neighbors | Cinéma / LETTER OF INTRODUCTION | BBC News .Report I Newshour The Chinese Americans Cinema Europe BBC News Charlie Ro se News | Wheel.|Jeopardy | Roswell Ally McBeal Third Watch CTV News News .(0:05) L.A.Law [Law & Order I Biography: Forever Ella City Confidential Law & Order Biography Philippe Noireaut Trio [Videos lArts.| Foot Notes Perform.1 Cinéma / MOTHER WORE TIGHTS (5) avec B.Grable | NYPD Blue Homicide How d thev do that?|@discovery.ca Wild Discovery 1 .Wild | Great Parks Frontier of Construction Odiscovery.ca Wild.It Seems.The Way.Mansion .Seeds It Seems.Royal.Turning Points The Sexual Century Tour of Duty Turning.BBC News Bus.News iNewsworld Reports Pamela.Counter.The National The Passionate Eye Newsworld Reports National Madison Red Dwarf [Degrassi.| Degrassi Street Justice Due South [Cinéma/THE SCOLD’S BRIDLE (4) (2/2) Cinéma A Wedding Story (1200) [Mow'd they do that?| Paramedics / No Limits .Hostage Rescues Operation Thunderbolt Paramedics / No Limits .Hostage Pet Project Pet Friends Images Tourist .Miracles Real.Extra | .World [Shift TV .Dinner?.Miracles Real.Extra Record Sportsdesk .Hockey Boxing / Blackshear - Sideroff Wrestling: WCW Nitro Sportsdes X WWF.Sports Last Word NHL Cool .Hockey.Soccer / Middlesbrough - Aston Villa Sportscentral Hockey.NHL Cool.Last Word Addams.Mona.Freaky.Studio Holmes Roswell Lassie Boy Meets Student.Freaky.Addams Beasties .Served?NOS C II 0 I X CE SOIR Paul Cauchon LES CHOIX DE SOPHIE l il comédienne Sylvie Moreau est invitée.On décrit également les «comptines adultes» de Roses Névroses.Télé-Québec, 19h PARIS HAUTE COUTURE Une émission spéciale de 90 minutes sur les nouvelles collections des grands couturiers pour l’an 2000.Vachement branché, avec plein de mannequins de tous les sexes.TV5, 19h30 CLÉOPÂTRE Aucune idée du résultat final.Une nouvelle adaptation, en quatre heures (suite la semaine prochaine) de la vie de Cléopâtre par la télé américaine.Elisabeth Taylor ne sera pas facile à oublier.TVA, 20h LES 30 JOURNÉES QUI ONT FAIT LE QUÉBEC Juillet 1945, c’est la consécration d’un nouveau roman, Bonheur d'occasion.Historia, 21 h Oassifimtioi! îles films: (1) Chcf-d’wuvrt — (2) Excellent — Ci) Très bon (5) Passahle — (6) Médiocre — (7) Minable L K I) K V O I R .I.E L I X I) I I » FÉVRIER 2 0 0 0 B 8 —-* LE DEVOIR « CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Festival du film de Berlin Productions universitaires La faculté de musique de ^Université de Montréal est à l’honneur chez UMMUS/Amberola Il s’intéresse au développement de logiciels musicaux, contribue à un Guide pratique de composition musicale ainsi qu’à la mise au point d’un format standardisé de représentation d’une partition musicale en forme numérique (NIFF).Alan Belkin enseigne à la faculté de musique de Montréal; il est également compositeur prolifique — on lui doit sept symphonies.Vient de sortir, chez UMMUS/Amberola, un cd d’œuvres de Belkin (Sonate pour piano, Voices - pour guitare classique, avec Peter McCutcheon -Concerto pour violon et orchestre ainsi que les Quatuors pour cordes n" 2 et n" 3).Clément Tr u de l Le Devoir Les plus récentes productions mettant en valeur des artistes jouant un rôle important à la faculté de musique de l’Université de Montréal, lancées la semaine dernière sur étiquette UMMUS/Amberola, comprennent un coffret de 4 cd où le violoniste Jean-François Rivest et David Breitman (pianoforte) interprètent 16 Sonates pour pianoforte et violon de Mozart.La recherche et la collaboration menant à ces duos ont mis dix ans à prendre forme.De ce répertoire, on a fort peu d’enregistrements.Est aussi du lot: A Tre Violini, par l’ensemble de chambre — à géométrie variable — Da Sonar qu’animent la violoniste Chantal Rémillard, le doyen de la faculté de musique de l’UdeM, Réjean Poirier (clavecin) et Susie Napper (violoncelle et viole de gambe).Pièces de Purcell, Boismor-tier, Pachelbel, Telemann, Gabrieli.Dornel, Uccellini, Schmelzer, Marini et Fontana.C’est une réédition.Le cd de pièces récentes de Belkin a la particularité de réunir des interprètes de prestige comme le Quatuor Alcan, le violoniste Olivier Thouin, le pianiste Jean Saulnier et l’Orchestre Symphonique de I^val dirigé par le chef d'orchestre et compositeur Jean-François Rivest.Incidemment, le concert du 15' anniversaire de l’OSL se déroule le 16, à 20h, à la salle André-Mathieu: (450) 667 2040.Parmi les auteurs préférés de Belkin, l’on retrouve Bach; pour pouvoir jouer ses œuvres pour orgue, Belkin s’inscrivit même aux cours de Bernard Lagacé.Pour Valentins Ce soir, à 20h, le théâtre Maisonneuve s’anime aux couleurs de l’Espagne et de l’Argentine.Quartango y exécute quelques airs susceptibles de vous faire croire qu’on fait de vous des Portenos.L’Orchestre Métropolitain accueille la mezzo-soprano Julie Nesrallah pour El Amor Brujo (l’amour sorcier) de Manuel de Falla, avant de jouerSywpkonie-minute de José Evangelista et Espana d’Emmanuel Chabrier.Veut-on faire plus sage?Les lundis classiques du Rideau-Vert se poursui-vent, à 20h ce soir, avec une Schuber-tiade et le concours de jeunes virtuoses du Conservatoire de musique du Québec à Montréal.La soprano Christina Tannous, accompagnée au piano par Ixiuis-Andrée Baril, donnera quatre lieder de Schubert et le Quatuor Foresome, deux mouvements de La jeune fille et la mort.Musique défilé La compositrice Linda Bouchard et le Nouvel Ensemble Moderne sous la direction de Lorraine Vaillancourt sont, jeudi (20h) au Medley, 1170 rue Saint-Denis, pour Musique Défilé .On y allie «musiques originales et provocantes.et un défilé de mode inusité» avec le concours de 40 mannequins! I.a musique électroacoustique est de Marcelle Deschênes, les costumes des designers Marie Saint Pierre et Philippe Dubuc et d’étudiant (e) s de l’école de design du Collège La Salle.On nous promet 70 minutes où «l’imaginaire, la folie de la mode et l'originalité de la musique de notre temps» s’arriment.Trois prix seront décernés à trois jeunes designers par l’animateur Gaston L’Heureux, en fin de spectacle.En bref ¦ Le compositeur Gilles Tremblay vient d’être nommé au conseil d’administration de la Fondation Émile-Nelli-gan.A l’automne, on saura le nom du gagnant du prix de composition musicale Serge-Garant accordé par cette fondation.¦ Un hommage à Lionel Daunais (1901-1982), baryton, parolier et compositeur, se prépare à la Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie pour le 7 mai.Une vingtaine de ses chansons seront interprétées par le baryton Clermont Tremblay (au piano, Nancy Pelletier).Pour pouvoir jouer Bach, Belkin s’inscrivit même aux cours de Bernard I .agacé ¦ I.a chaîne culturelle de Radio-Canada lance un concours pour jeunes artistes.Il y a 3 catégories: A pour les 16 ans et moins, B pour les 17 à 20 ans et C pour les instrumentistes de 21 à 26 ans ou les chanteurs de 21 à 28 ans.Inscriptions avant le 7 avril.Auditions prévues en mai.Renseignements: Société Radio-Canada a/s Rosemarie Bastarache C.P.6000, Montréal H3C 3A8.¦ Les Petits Chanteurs du Mont-Royal (60 garçons et 10 adultes) seront en juin invités à donner 12 concerts en Colombie-Britannique.Il manquerait environ 15 000 $ pour prolonger vers le Yukon cette tournée, à l’invitation lancée par des groupes francophones de Whithehor-se.Tout don peut être libellé à l’ordre de PCMR -Fonds de tournée et adressé au 4300 chemin de la Reine-Marie, Montréal H3V1A6.Activités ¦ Chantal Juillet nous revient, mardi et jeudi, à la salle Wilfrid-Pelletier, pour jouer le Concerto pour violon d’Hindemith, œuvre qui date de 1940.C’est une première à l’OSM.Charles Dutoit sera au pupitre.Du même compositeur, Dutoit dirigera, le 28 mai à la salle Pierre-Mercure, l’intégrale de Kammermusik ; Chantal Juillet y sera l’une des solistes.¦ Débuts à l’Orchestre du CNA (Ottawa), salle Southam, à 20h, les 16 et 17, du violoncelliste américain Ralph Kirchbaum dans le Concerto pour violoncelle de Dvorak.Pinchas Zuker-man interprète au violon la Romance en fa mineur du même compositeur dont on entendra également la Symphonie N" 8.¦ La violoniste Elissa Lee est l’invitée de l’OSQ et de Stéphane Laforest, mardi (20h) à la salle Albert-Rousseau; elle jouera le Concerto pour violon N" 1 de Max Bruch.Œuvres de Sibelius, Mozart et Schubert ¦ Mercredi (20h) à la Maison de la culture Mont-Royal, le Conservatoire de musique offre la musique la plus branchée de l’heure: Electro-Choc 2 (musique électroacoustique).8722266.¦ A l’église Saint-Germain d’Outre-mont, vendredi (20h), Andreï Ma-lyoutine et la chorale Akafist interprètent des airs folkloriques et de musique sacrée orthodoxe russe.Réservations et renseignements: 677 0251 ou 7279381.¦ Les 15,16 et 19 à 20h, à l’Usine C, présentation de l’opéra techno Lulu, le chant souterrain, de A.Thibault et Y.Muckle, avec Pauline Vaillancourt et Paul Savoie.Mise en scène de Wajdi Mouawad.¦ Samedi, 20h, à la salle Redpath de McGill, Mu-sica Camerata propose des chefs-d'œuvre oubliés — compositions de jeunesse de Jean Sibelius, de Cari Maria von Weber et de Richard Strauss.¦ Musiques d'hiver, avec la dernière œuvre de Joa-ne Hétu, jeudi et vendredi (2()h) au cœur du Par cl ü-fontaine.Centre culturel Calixa-I.avallée; on allume un feu dès 19h30 pour faire patienter la foule.Musique actuelle.Renseignements et laissez-passer au 872 3947; ou encore 499 1323 ou 522 0211.¦ A l'église Saint-Léon de West-mount (20h, le 20) le Studio de musique ancienne de Montréal propose Cris et Bruits: madrigaux comiques et imitatifs, de Janequin à Ravens-croft.861 2626.¦ A Sainte-Rose de Laval, en la salle Claude-Potvin, vendredi et samedi, à 20h, le Théâtre d’art lyrique de Laval présente, en français, l’opéra-bouffe Don Rasquale de Donizetti.(450) 975 8685.¦ L’Ensemble Belmont offre deux récitals à l'ancienne église de West Brome samedi (20h) et dimanche (15h) dans un programme de Brahms, Mozart et Bach.Entrée libre.(450) 263 2346.Une compétition qui tire de la patte MIRAMAX FILMS Une scène tirée du film The Talented Mr Ripley, d’Anthony Minghella."/iSNS?MARTIN BILODEAU Berlin — Second festival en importance (après Cannes), le Festival du film de Berlin se targue d’offrir à ses quelque 350 000 visiteurs une compétition officielle de calibre.Or, à l’approche du mitan du festival, force est d’admettre que la cuvée n’est pas à la hauteur de l’ambition.Ainsi, sur neuf des 21 films de la compétition déjà présentés, seuls The Talented Mr.Ripley, d’Anthony Minghella, et Signs and Wonders, de Jonathan Nossiter, se détachent — et fai-blement, dans le second cas — du peloton.Du reste, les films académiques et inachevés s’enfilent comme des jours de pluie, même si, ici et là, la ferveur de tout un chacun se voit rehaussée par un film pas trop mal, lequel ne mériterait pas tant d’attention, eût-il été entouré d’œuvres solides.C’est justement le cas de l'étrange Gouttes d’eau sur pierres brûlantes, que le prolifique François Ozon (Sitcom, Les Amants criminels) a tiré d’une pièce de jeunesse (et restée inédite) de Rainer Werner Fassbinder.Nous sommes en 1970.Un homme de cinquante ans (Bernard Giraudeau) ramène chez lui un garçon de 20 ans (Malik Zidi) et l’installe dans son appartement Leur amour est impossible, mais la séparation, pour des questions de couchette qui demeureront obscures, l’est également.Puis, les anciennes conjointes (Ludivine Sagner et Anna Thompson) viennent prendre part à leur jeu de domination et de séduction, et s’y perdent à leur tour.Ozon ne parvient pas à illustrer par l’image et le dialogue la force de la liaison des deux hommes et le sentiment de claustrophobie qu’elle leur procure.Aussi n’a-t-il que le décor kitsch de l’appartement, duquel on ne sort jamais, pour nous faire à peu près comprendre l’enfermement dont ils sont les victimes.Outre une trop forte propension à imiter le cinéma «cool» de Hal Hartley et une tentative (vaine) de reproduire la théâtralité du cinéma de Resnais la mise en scène d'Ozon s’inspire du cinéma de Fassbinder, déjouant toutefois habilement les notions temporelles: «Le texte rappelle évidemment le Fassbinder de la première époque, tandis que la mise en scène s’inspire plutôt de ses films plus luxueux de la dernière», confiait Ozon aux journalistes, hier après-midi.Il m’aurait fallu un revolver sur la tempe pour que j’aille au devant des explications au sujet de La Fille du capitaine, fresque endormitoire du Russe Aleksandr Proschkin, tirée du roman éponyme de Puschkin paru en 1836.Le film raconte une insurrection de paysans, menée par un brigand qui s'était autoproclamé tsar, telle que vécue par un jeune militaire aristocrate miraculeusement épargné, qui devra expliquer sa survie suspecte à la grande Catherine lorsque les rebelles seront matés.Des envolées à la Mikal-khov ne sauvent pas ce vaste mélo historique sur la lâcheté et la vertu, mis en scène avec un certaine rigueur photographique, rigueur que rendent puérils le montage et l’amateurisme avec lequel sont filmées les scènes de bataille.Parlant de bataille, on garde un meilleur souvenir de l’excellent The Thin Red Une, de Terence Malick, lequel avait remporté l’Ours d’or, ici même, l’année dernière.Or, si la compétition maintient son cap actuel, Hollywood risque une fois encore de remporter la mise.Et, par la même occasion, de laisser sur le carreau ces films issus de cinémas nationaux, dont les festivals de cet acabit sont sensés être les derniers remparts.Notre journaliste séjourne à Berlin à l’invitation de l’agence gouvernementale Inter-Nationes et de l'Office de presse d’Allemagne.Dan Bigras et Laurence Jalbert au Gesù L’un dans l’autre ART CONTEMPORAIN Madrid s’ouvre au monde La Foire de Vart contemporain de Madrid veut renforcer son image internationale SYLVAIN CORMIER De loin, on tartinait cynique.On disait: bien sûr qu’ils tournent à deux, nos tourtereaux qui n’en sont pas, ça rentabilise l’opération, d’autant que leur auditoire fait peau de chagrin.On disait aussi: bien sûr qu’ils tournent seuls, sans musiciens, c’est la solution économique.On disait enfin: ils vont se contenter de juxtaposer leurs récitals respectifs, avec duos en début et fin de chaque partie, la solution de facilité.Et puis on se retrouve au Gesù, le deuxième soir du séjour en ville de Dan Bigras et Laurence Jalbert, en plein milieu de leur tournée québécoise conjointe et puis on a le cynisme dans le baba.On s’en veut même d’avoir pensé budget.Aux premières mesures, on comprend.Mieux, on se rappelle: ces deux-là ne savent pas calculer, n’ont jamais su s’économiser.Et ce n’est pas parce qu'ils sont ensemble qu’ils vont commencer.On constate que c’est pour vrai.Que ce spectacle-là n’est pas celui de Bigras plus celui de Jalbert, mais celui de Dan avec Laurence et de Laurence avec Dan.L’un dans l’autre.Imbriqués.Chacun chantant ses chansons et celles de l'autre.Chacun accompagnant, soutenant, nourrissant, brassant, provoquant l’autre.Chaque voix, chaque vie, chaque joie, chaque tristesse, chaque âme se frottant à l'autre.Car il ne s’agit pas de mariage, mais bien de rencontre: les personnalités sont trop fortes pour tout partager, les timbres trop rugueux pour se mêler à n'en créer qu'un.Dan et Laurence sont côte-à-côte, tous deux debout, lui avec son piano électrique penché par en avant, une guitare, un saxo et un micro, elle avec l'autre micro.Et rien d’autre.Bigras s’applique au piano pour Laurence, Jalbert donne ses plus belles vocalises à Dan.Quand ils chantent à deux, les harmonies ne coulent pas de source, mais pénètrent, jusqu’à émouvoir: dans Encore et encore, c’était si beau, si vrai, si rentre-dedans que Laurence en avait les yeux qui débordaient (Dan, lui, souriait avec son grand sourire pudiquement crasse de Bigras, histoire de ne pas éclater en sanglots lui aussi).Les chansons résonnent, existent, vibrent dans l’espace de la salle, libérés des arrangements parfois si contraignants des disques, rendus à l’émotion première de la création: jamais on n'avait vraiment vraiment reçu en plein la charge de la Chanson pour Nathan de Laurence avant ce spectacle-là .Et pas seulement parce qu’elle était en plein deuil de sa mère, mais parce que le spectacle ne masquait rien.Bigras, lui, on l’avait déjà vu ainsi, dans ses Shows du Refuge, surtout les premiers, quand il y avait seulement un piano et des guitares acoustiques pour tout le monde: cette tournée avec Jalbert, on le comprenait à leur lecture d'Amazing Grace, est l’heureuse excroissance de ces moments de grâce.Comme si Dan et Laurence avaient voulu faire durer un duo particulièrement réussi dans un Show du Refuge.Une soirée de grâce, quoi.Un conseil.Assistez-y dans les jours qui viennent, alors que le spectacle retourne en région: dans les festivals, cet été, Dan Bigras et Laurence Jalbert s’entoureront sans doute de musiciens.Ce sera peut-être formidable, mais le beau risque de tout vivre à deux aura vécu.LE MONDE La foire de l’art contemporain de Madrid, ARCO, n’a jamais lésiné pour conquérir puis entretenir son image de rencontre internationale.Et ce n’est pas cette dix-neuvième édition qui démontrerait le contraire avec son parti pris de vouloir attirer l’attention par des événements culturels, faute de pouvoir convaincre de l’existence d’un marché prospère en Espagne.La création, au fil des années, de différentes sections susceptibles de revigorer la manifestation, comme Cutting Edge et Project Rooms et de les confier à des commissaires émargeant entre Istanbul et Sao Paulo, peut s’inscrire dans cette perspective.Il en va de même du principe d’inviter un pays étranger en chargeant un critique du pays de faire la sélection des galeries.Cette année, c’est l’Italie.Et c’est Achille Bonito Oliva, le critique romain père de la Transavanguardia qui en est le commissaire.Il a sélectionné douze galeries historiques et douze autres qui proposent des artistes nouveaux.Les premières ne rendent compte ni d’Arte Povera, ni de la Transavanguardia.Les secondes laissent perplexes.On ne sait pas si c’est le commissaire qui est à côté de la plaque, s'il a été débordé par des perspectives de marchés, s'il est pris dans un quelconque jeu politique ou si c’est l’Italie qui manque d’actualité artistique.Autres mondes La section Cutting Edge, où les galeries sont supposés représenter des artistes de tendances nouvelles provenant du monde entier, ne donne pas vraiment le sentiment de démarches très nouvelles.Mais on y remarque des individualités — peut-être un peu plus du côté de l’Amérique d,u Sud, que du côté de l’Europe ou des Etats-Unis.L’autre entrée du programme dirigé par des commissaires tente de refléter «d’autres mondes» en invitant une trentaine d’artistes via leur gale-riste souvent présent dans la section Cutting Edge, à réaliser un projet spécifique pour ARCO.Il y a là des installations, des photographies, des vidéos, fort divers.Parmi eux, deux ou trois cherchent un peu le coup de poing: les photographies de moines très picturalement travestis du Cubain Ernesto Pujol (galerie Ramis BarqueL New York), ou, dans un tout autre ordre d’idée, l’installation-vidéo sur la guerre de Cho et Yun, deux artistes d’origine coréenne qui vivent à Paris (galerie Les Filles du Calvaire).Reste la foire en tant que telle, c’est-à-dire un énorme contingent de stands de galeristes venus de leur plein gré pour tenter de faire des affaires et par sympathie pour les voisins.Ils occupent deux grands pavillons du parc des expositions.Dans les deux espaces, les grands classiques du pays comme Saura.Tapiès et Chillida sont très présents, ainsi que des artistes de la génération des années 80, comme Jaume Plensa, Miguel Angel Campano ou Ferron Garcia Sevilla.Comment aurait-il pu en être autrement?Cette foire impressionnante par sa superficie mais néanmoins conviviale réunit plus de deux cent cinquante galeries dont une centaine sont établies en Espagne.ARCO.Parque Ferial Juan Carlos I, Madrid.Jusqu’au 15 février.Mois Multi Comment faire du vrai avec du faux?CATHKR1NE BRÉCHARD LES PORTRAITS DE LA RENARDE: L’ART DE FABRIQUER UN VRAI MENSONGE.Idée originale: Marcelle Hudon, en collaboration avec le groupe Thriller à 5 cents.Interprétation: Marcelle Hudon, Manon labrecque, Louis I ludon, Tom Walsh, Sabin Hudon.Au Théâtre la Chapelle entre les 10 et 13 février.JULIE BOUCHARD Le Mois Multi s’est ouvert à Montréal jeudi passé: il revenait à Marcelle Hudon de l’inaugurer au Théâtre la Chapelle avec Les Portraits de la renarde: l'art de fabriquer un mensonge.Thriller d’un humour irrésistible et rafraichissant.Les Portraits de la renarde mène, en plus d’une enquête sur une présumée coupable, une recherche sur la représentation en art.Comment arrive-t-on à faire «vrai» avec du faux ?Conçu d'après une idée originale de Marcelle Hudon, /as Portraits de la renarde est d’une efficacité féroce.Et sans remettre en question la qualité du spectacle, il faut questionner sa pertinence au sein d’un programmation consacrée aux arts multidisciplinaires.Les termes inter ou multidisciplinaire sont de plus en plus fréquents en art.Rappelons qu’ils ont été empruntés au milieu académique.Au début des années 50, l'interdisciplinarité a donné naissance, selon Ed-gard Morin, à la biologie moléculaire et à la biophysique.L’informatique cognitive est un autre exemple des développements scientifiques possibles lorsqu'il y a décloisonnement des disciplines: informatique, linguistique, philosophie, mathématique et sciences de l’information participent au développement de l’objet de recherche de l’informatique cognitive, qui n’appartient en propre à aucune de ces disciplines.Peut-on trouver un parallèle en art ?Difficile de croire que l’art multidisciplinaire pourrait être bien représenté par Les Portraits de la renarde.Même si le spectacle intègre la vidéo.Sur scène, Manon labrecque, vidéaste reconnue, manipule sa caméra, la rapproche d’un visage, ouvre un tiroir et scrute son contenu avec sa lentille.Les images captées sont projetées sur un écran suspendu au-dessus de la scène.La caméra joue merveilleusement bien son rôle: œil indiscret, elle grossit les images volées et, extraites de leur environnement, les présente comme les indices d’une culpabilité présumée.La vidéo soutient ainsi très bien la trame narrative des Portraits de la renarde, qui est un thriller.Mais elle est subordonnée à la trame- narrative du spectacle.Si la vidéo n’a pas besoin du support d’un autre art pour exister, elle joue dans Us Portraits de la renarde le même rôle que la musique: elle soutient l’action.Elle le fait ave*c les moyens qui lui sont propres et qui étaient inédits sur une scène théâtrale jusque là: prises d’images directes, zoom, ouverture vers l’extérieur de la scène.Portraits de la renarde offre une excellente représentation théâtrale.Mais c’est certainement le desservir, ou desservir l'art multidisciplinaire, si tant est qu’il existe, que de présenter ce spectacle pour ce qu’il ne prétend |>as être.I I I )
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