Le devoir, 16 février 2000, Cahier A
FONDE 1 9 1 0 E N ?\ O L .DEVOI n " ;i 2 I.K M E K C K EDI I (i F E V H I E R 2 O O O LES ACTUALITÉS FORÊTS: LE PQ ABANDONNE SA SOUVERAINETÉ, DIT DESJARDINS PAGE A 3 LE MONDE PINOCHET DEVRA PATIENTER PAGE A 6 CULTURE AMERICAN BEAUTY EN NOMINATION POUR HUIT OSCARS PAGE B 8 Le litre d’essence atteint un sommet à 76,9 C SILVIA GALIPEAL LE DEVOIR La hausse des prix du carburant semble sans fin et les rebondissements se succèdent au fil des jours.Hier, le prix de l’essence a bondi de plusieurs cents en moins de 12 heures, la grogne des camionneurs n’est pas prête de s’atténuer non plus.Une vaste opération «escargot» est prévue aujourd'hui sur toutes les routes du Québec, en vue de convaincre les grandes compagnies d’expédition à partager le fardeau de la hausse des prix du carburant.Le prix du litre d’essence, qui se vendait en matinée à près de 72,9 C le litre, a atteint les 76,9 C en fin de journée.E s’agirait d’un nouveau record.Par ailleurs, le prix du diesel a baissé de quelques cents, pour se stabiliser à un prix variant en fonction des pétrolières.«Le prix de l’essence est relié au prix du brut.Tandis que le prix du diesel est une question d’offre et de demande», a expliqué Andrew Pelletier, directeur des affaires publiques chez Pétro-Canada.Le pétrole brut peut être transformé soit en huile à chauffage, soit en diesel.Un hiver plus froid a créé une demande supérieure en huile à chauffage.Moins de diesel a donc été produit, ce qui a entraîné une hausse de son prix.Les choses se stabilisant, le prix du diesel recule peu à peu.Quant à l’essence, la hausse des prix est le reflet de la réduction de la production à l’échelle internationale.«Pour l’essence, ça commence à nous inquiéter», a-t-il poursuivi.Apprenant tout juste la nouvelle hier, Henri Goulet, du service de l’information de la CSN, s'est exclamé: «Tout s’accélère, il n’y a plus de limite à ça.Nous ne ferons pas de commentaire tout de suite.Nous devons nous occuper de notre opération d’ [aujourd’hui].» Les camionneurs, directement touchés par les sauts des prix du carburant, avaient annoncé leur intention d’accroître leurs moyens de pression destinés à faire plier les grandes compagnies expéditrices pour qu’elles partagent le fardeau.Ils doivent lancer aujourd'hui, entre lOh et 14h, une vaste opération escargot sur toutes les routes du Québec.Ils se limiteront à rouler à 60 km/h sur les autoroutes.Sur les plus petites routes, ils pourront rouler aussi lentement qu’à 40 ou 50 km/h, a précisé Roger Valois, le vice-président de la CSN.Cette mesure vise à inciter le gouvernement à convoquer une rencontre entre les principales parties intéressées, les camionneurs et les expéditeurs, dans le but de trouver une solution commune à la hausse fulgurante des prix du carburant observée ces derniers mois.«C’est un appel [au ministre des Transports] Guy Chevrette.Nous voulons qu’il convoque une rencontre, dans les plus brefs délais, avec les expéditeurs, les grands transporteurs et les organisations syndicales pour trouver une solution équitable à la flambée des prix du diesel qui frappe de plein fouet tous les camionneurs», a indiqué Roger Valois.,La semaine dernière, Guy Chevrette et le ministre de l’Éducation, François Legault, annonçaient, à titre de donneurs d’ouvrage, qu’ils s’engageaient à partager avec leurs transporteurs le fardeau de la facture liée à la hausse du carburant.Les deux ministres avaient du même coup fait appel à tous les expéditeurs privés de les suivre dans leur mesure de solidarité.Or selon la CSN, cet appel n’a pas été suivi.«Il n’y a pas eu de solidarité.On a interpellé en Abitibi certains grands expéditeurs, et on a reçu une fin de non-recevoir.Ils ne veulent pas discuter avec nous.On a interpellé Tembec, par exemple, et ils ne veulent pas nous parler», a affirmé Roger Valois.C’est pourquoi le syndicat demande au gouvernement d’agir, afin d’imposer avec plus de fermeté ces mesures de partage des coûts, dites de solidarité.«Il faut quelqu’un qui a plus d'autorité», a-t-il poursuivi.Clinton se dit préoccupé par l’augmentation des prix du pétrole et affirme n’écarter aucune option pour en encourager la baisse.Le carburant domestique a triplé en un an r aux Etats-Unis.VOIR PAGE A 10: ESSENCE Universités: un bon pas.en attendant les fonds ¦ À lire, page A 6 MÉTÉO .V Montréal Neige.Accumulation de 10 à 15 cm.Max: 0 Min: -9 Québec Neige.Max: -3 Min: -12 Détails, page B 6 oï o! oï o.* o“ INDEX Annonces.B 6 U monde.A 7 Bourse.B 3 Nature.B 5 Avis publics.B 5 Les sports.B 6 Culture.B 8 Mots croisés.B 6 Économie.B 2 Politique.A 6 Éditorial.A 8 Télévision.B 7 www.ledevoir.com BCE rachète Sirois et prend le contrôle de Téléglobe GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Confirmant sa spécialisation dans le secteur de la transmission de la voix, des données et des images, BCE a fait taire les rumeurs en déposant une offre d’achat visant la totalité des actions qu’elle ne retient pas dans Téléglobe.Cette transaction de 9,65 milliards en actions de BCE, qui n’exclut pas une contre-offre amicale, écarte Charles Sirois de la tête du géant international des communications longues dis- tances.M.Sirois deviendra conseiller spécial de Jean Monty.M.Monty, président et chef de la direction de BCE et devant accéder à la présidence du conseil de Téléglobe, a écarté tout désaveu à l’endroit de M.Sirois.«Au cours des huit dernières années, Charles a développé Téléglobe.Il a amené cette entreprise à un certain stade.C'est à notre tour de procéder à l’expansion de Téléglobe», a-t-il soutenu, lors d’une conférence de presse téléphonique.Charles Sirois, pour sa parti a rappelé que, lorsqu’il est arrivé à la barre de Téléglobe, en 1992, l’action de l'entreprise valait 6 $, pour une capitalisation de 500 millions.Aujourd’hui, BCE offre l’équivalent de 48,41 $ l'action, soit une capitalisation de 12,5 milliards.«Ma job est faite!» Téléglobe éprouve des difficultés et multiplie les révisions à la baisse de sa rentabilité depuis l’acquisition de l’américaine Excel Communication.L’achat de cette entreprise, quatrième plus important fournisseur d’interurbains aux États-Unis, a été complété en novembre 1998, pour VOIR PAGE A 10: BCE L’univers en trois dimensions NASA/DLR REUTERS ENDEAVOUR, la navette spatiale de la NASA, dresse ces jours-ci une carte de la Terre en trois dimensions.Pour des fins militaires, dit l’agence.Ici, les lecteurs avertis reconnaîtront la baie de Parangu, au Brésil, située à près de 300 kilomètres au sud-est de Sâo Paulo.Sur les traces de Bill Johnson Leader partitionniste, Lavocat Anthony Housefather mène la course à la présidence dAlliance Québec Le 1" février, Bill Johnson annonçait qu’il ne se représentera pas à la présidence d’Allian-ce Québec au prochain congrès de mai.Qui donc lui succédera?Jusqu’ici, tout indique que l’actuel vice-président du lobby anglophone, le jeune Anthony Housefather, ait une bonne longueur d’avance.et qu’on ne se bouscule pas pour freiner ses ambitions.Anthony Housefather et Bill Johnson LOUISE LEDUC LE DEVOIR Anthony qui?Anthony Housefather.Un avocat de 29 ans, conseiller municipal à Hampstead, en banlieue de Montréal.Rares sont les conseillers municipaux de banlieue à défrayer les manchettes des grands journaux.Anthony Housefather, lui, y est parvenu en 1996 en devenant la figure de proue d’une résolution partitionniste à Hampstead.Bilingue, d’aucuns le voient comme un Bill Johnson junior, à l’enrobage plus diplomate.«Les troupes de Bill Johnson ont pris le contrôle d’AUiance Québec et du comité exécutif, et ses gens, proches du Parti Egalité, sont encore plus extrémistes que lui», lance tout de go John Trent, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa, qui a affronté Bill Johnson dans la course à la présidence de 1999 avant de se retirer à la dernière minute, faute d’appuis.La donne n'ayant guère changé cette année, M.Trent ne songe pas à se représenter.«Et de toute manière, per- VOIR PAGE A 10: JOHNSON Pour une adoption « éthique » Toutes proportions gardées, après la France et les États-Unis, le Québec compte parmi les sociétés qui adoptent le plus d’enfants à l’étranger, soit près de 900 par année.D'une ampleur jamais vue auparavant, le phénomène soulève des questions éthiques et pratiques auxquelles il devient de plus en plus impératif de répondre.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Il était une fois un petit orphelin abandonné de tous au milieu d'un pays déchiré par la guerre.Un jour qu'il n’espérait plus rien, des parents au grand cœur vinrent l’adopter et l’emmenèrent dans un pays d’abondance où il grandit heureux et épanoui, sans jamais regarder en arriéré.En matière d'adoption internationale, tout n’est pas toujours aussi simple.Il arrive parfois que la petite Chinoise de la photo s’éteigne dans vos bras sitôt votre arrivée dans son pays.Il arrive aussi parfois que les rumeurs de trafic d’enfants soient fondées.Il ne s'agit là que de quelques-uns des drames sur lesquels se penche le Secrétariat à l’adoption internationale, assez sûr de ses vérifications pour garantir aujourd'hui «l’adoption éthique».«Actuellement, à cause de doutes trop persistants, le Guatemala est le seul pays où l’ambassade canadienne exige qu’un test d’ADN soit fait à la fois sur la mère et sur l’enfant», explique Christiane Colin, directrice générale du Secrétariat à l'adoption internationale (SAI), qui relève du gouvernement québécois.«On a vu des femmes confier leur 22 enfant en jurant qu’il s’agit bien de tous les leurs alors qu'il n’en est rien.On sait aussi très bien que bon nombre de mères analphabètes ne comprennent rien des formulaires quelles signent d’une petite croix, au grand plaisir d’odieux intermédiaires qui toucheront une commission pour avoir obtenu un enfant.R faut toujours nous assurer que l'enfant devant nous est bien celui que l’on croit.Il est impensable que le Québec puisse être associé à de pareilles choses et, à l’instar des Nations unies, nous sommes très préoccupés par la question.» IjC Vietnam a par exemple déjà fait l’objet d’une fermeture diplomatique de l’adoption par la France et la Belgique.«Les gens étaient conduits dans les maisons ou à l'hôtel et VOIR PAGE A 10: ADOPTION ¦ Autres informations en page B 1 Chevrette fait fi des inquiétudes de Forder Tout le monde s’entend sur Vurgence d’adopter un plan de transport, dit-il FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le ministre des Transports, Guy Chevrette, s'est senti complètement «déboussolé» en prenant connaissance des propos du président du comité exécutif de Montréal, Jean Fortier, qui s’inquiétait que des décisions soient prises trop rapidement à Québec avec le dépôt prochain du plan de transport.«On travaille sur le plan de transport depuis 1995 et tout le monde s'entend sur l'urgence de le sortir Tout d'un coup, [M Fortier] sort d'une boîte à surprise et s’inscrit en faux contre ce discours», s'est-il étonné.Réagissant aux commentaires de M.Fortier publiés hier dans Le Devoir, le ministre faisait remarquer que, lors de la première rencontre de travail qu’il a eue avec le maire Pierre Bourque il y a prés de deux semaines, les deux hommes s'étaient entendus sur «l’urgence d'agir».Ce rappel incite le ministre à s'interroger sur le manque de communication à l’hôtel de ville de Montréal.Se portant à la défense de son plan de transport, qu’il dit «global», il a balayé du revers de la main les inquiétudes de M.Fortier.Il a ainsi indiqué que ledit document avait été pensé avec une vision pour les 40 prochaines années, «ce qui est beaucoup plus que le mandat de quatre ans du président du comité exécutif', a-t-il ajouté, cinglant.VOIR PAGE A 10: CHEVRETTE * ,,, # /// à Dans la nuit du 17 juillet 1918, le tsar de Russie Nicolas II, sa femme Alexandra et leurs cinq enfants sont massacrés par les bolchéviks à lekaterinbourg, tout près de la Sibérie, où on les retenait prisonniers.Selon certains, les filles auraient longuement agonisé, les balles n'ayant que partiellement traversé leurs corsages, où on trouva, dissimulés dans la doublure, une partie des bijoux impériaux.REGARDEZ HiSToRiA POUR CONNAÎTRE TOUTE l'HISTOIRE Jr *v 1 ACTUAL TES Josée Blanchette ?Ne me quitte pas La journée de la Saint-Valentin s’est mutée en semaine de réflexion sur l’amour.C’est aussi la semaine internationale du flirt et celle de la prévention du suicide.L’amour soupire et chavire, se pend à son propre jeu.Saint Valentin, mort martyr pour avoir uni de jeunes soupirants, préside ce commerce amoureux qui ressemble davantage à un suicide collectif.«L’idéal voudrait qu’on soit déjà comblé avant de s’engager dans une relation amoureuse.» -John Gray, Mars et Vénus, 365jours d’amour Cette année, pour la Saint-Valentin, j’étais au Cinéma du Parc, assise entre une copine en peine d’amour et l’Anglo.Trois écorchés qui traversent la tourmente au fond d’une salle obscure.Prenant une ampleur commerciale en parfaite harmonie avec le gouffre de notre désarroi, la Saint-Valentin s’est métamorphosée en calvaire pour les célibataires (qui se sentent de reste), les ex («t’as de beaux restes, tu sais, mais j’ai déjà soupé») et les couples à la dérive, une grande majorité d’entre eux si j’en juge par mon entourage.Reste le chocolat pour étendre un peu de baume sur le bobo.Le film de David Lynch auquel j’assistais s’intitule The Straight Story et c’est l’une des histoires d’amour les plus touchantes que j’aie vues, un Valentin à toute la classe ouvrière obscure mais héroïque de l’Amérique.Une très belle épopée (vécue) que celle d’Alvin Straight qui décide d’aller retrouver son frère Lyle, récemment victime d’une crise cardiaque.Alvin a 73 ans et n’a pas parlé à son frère depuis dix ans «pour une question de vanité et d’entêtement».Ayant lui-même des problèmes de santé, n’aimant pas prendre l’autobus et sa vue l’empêchant d’obtenir un permis de conduire, Alvin enfourche sa tondeuse à gazon, équipée d’une petite remorque, pour aller faire la paix avec son passé.Son voyage de plusieurs semaines à travers les Etats-Unis, ses rencontres, la sagesse qu’Alvin sème en chemin nous ouvrent le coeur aussi grand que des portes de grange.Les retrouvailles d'Alvin et de son frère, dignes d’Evangéline et Gabriel, nous enseignent combien l’amour est oubli de soi sur des kilomètres de persévérance.L’approche bouddhiste Mais l’énamourement tel que nous l’entendons dans la littérature, dans les chansons et au cinéma, n’est habituellement que soupirs de martyrs, désolation, déception, besoin, jalousie, possession, manque, obstination, prison dorée, religion universelle, secte où les abus foisonnent et où Céline Dion triomphe.Dimanche dernier, dans la salle de méditation du centre bouddhiste Kankala (www.kankala.org), une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées pour entendre une enseignante de psychologie bouddhiste sur le thème de «l’amour et l’attachement désirant».Pourquoi cœur qui soupire n’a plus ce qu’il désire, pourquoi bousille-t-on ce à quoi on tient le plus au monde, pourquoi ce qui état léger comme la plume du duvet sur le lit se métamorphose en colle à bois, pourquoi l’amour rime si souvent avec souffrance et fait vendre les livres de Guy Corneau?«Parfais, on éprouve de l’attachement à notre souffrance, explique la conférencière.Une part de nous veut être heureuse et une autre se sent très vivante lorsqu’elle souffre.C’est parce qu'on n’a pas ressenti ce que c’était que d’être vivant quand on ne souffre pas.Goûter au bonheur de la paix, c’est une libération de la souffrance.Selon la pensée bouddhiste, la souffrance provient entièrement de notre propre esprit, elle ne vient jamais de l’autre.» Le mal d’amour n’est pas infligé à 50 % par l’autre mais à 100 % par nous-mêmes, une hypothèse difficile à gober et qui mettrait en faillite bien des cabinets d’avocats si on cessait d'accuser pour prendre ses responsabilités.Le bouddhisme ne condamne pas le sentiment amoureux mais fait une nette distinction entre l’amour — qui agit pour le bien des autres, qui est altruiste, réaliste, suscite le bonheur et fuit la colère — et l’attachement désirant, «un facteur mental perturbé qui observe son objet contaminé, le reconnaît comme attirant, exagère cet attrait, le considère comme désirable, développe le désir de le posséder et se sent comme s’il s’était absorbé dans l’objet».Sitôt cet «objet» disparu, on se sent incomplet Et pourtant c’était si simple au début Vous vous rappelez comme vous vous sentiez compris, et accepté, et moins seul, et gazouillant Les Tantes Jeanne de Bécaud, et aimant et transporté, et contagieux et.enfin heureux.Cet état s'est rapidement transformé et subtilement empoisonné.D’amoureux, vous êtes devenu accro.«On voit un objet, inanimé ou non.Disons qu’il est animé et qu’il a des fesses, dit en rigolant l’enseignante bouddhiste.Ow se sent bien en regardant cet objet.On se concentre sur les fesses et elles deviennent désirables.On voudrait mettre la main sur les fesses.Jusque-là, tout va bien.Mais très rapidement, ça devient du poison.Si on ne peut pas mettre la main sur les fesses, on va souffrir.On pense que l’objet est une cause de notre bonheur et que sans cet objet nous ne pouvons être heureux.» Et si les fesses s’en vont voir ailleurs, on préfère mourir.«C'est notre attachement qui fait souffrir.Quand l’attachement se développe, on se sent bien, mais sitôt que notre esprit colle à l’objet, ça devient douloureux», ajoute la conférencière qui préconise la méditation pour capter cette subtile modification des intentions.L’amour téflon L’attachement fait généralement fuir l’autre.Épris, nous devenons aussi obsédés qu’un refrain de chanson d’amour.Ne me quitte pas.J’ai besoin de toi pour vivre, pour exister.Si tu pars, je me flingue.C’est pas zen, mais je m’en fous, je suis à toi et tu es à moi.L’amour se dissout dans cette barbe à papa émotionnelle.Un jour, longtemps après la rupture, si on a la chance de s’être rupturés sans haine, on revoit avec plaisir cet être cher qu’on aimait si maladroitement.On n’éprouve plus 3ue de l’amour généreux, une grande chaleur, un certain étachement, beaucoup d’affection, une envie de le savoir heureux.Pour beaucoup d’entre nous, tout commence enfin l’instant où tout s’est terminé.joblo@cam.org Adoption des plans d’aménagement forestier Le Québec brade sa souveraineté sur les forêts, accuse Desjardins Le chanteur réclame une véritable consultation publique Le débat public sur la réforme forestière, qui devait avoir lieu en décembre, serait désormais remis au début de l’automne.Le calcul de la «possibilité forestière annuelle» serait lui aussi en pleine révision.Et à la baisse dans certaines régions comme en Gaspésie! Mais Québec s’apprêterait néanmoins à renouveler une vingtaine de plans généraux.Pourquoi alors ne pas attendre avant de signer pour 25 ans?, se demande la Coalition sur les forêts vierges nordiques.Et en étudier préalablement les impacts fauniques et en- vironnementaux?, ajoutent les Cris.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Si Québec pense revoir son régime forestier et ses prévisions sur le rendement des forêts à long terme, pourquoi ne pas le faire d’une façon crédible en confiant cet exercice à un groupe indépendant et pourquoi ne pas attendre la fin de cet examen avant de lier le gouvernement pour des années à venir avec des plans qui risquent d’être dommageables à la forêt ou de coûter cher en compensations au Trésor public?Telles sont les deux questions posées hier par la Coalition sur les forêts vierges nordiques et plusieurs de ses membres, dont les Cris de la Baie-James et le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), qu’accompagnait le chanteur-compositeur Richard Desjardins, littéralement «crinqué» par la décision de la Norbordd d’aller couper 187 000 mètres cubes de bois dans la forêt située à côté du camp familial, près de Rouyn.Ce sont les projets de cette compagnie qui ont lancé Desjardins dans l’aventure de son film L’Erreur boréale.La coalition ainsi que le poètechansonnier ont tout particulièrement critiqué la «consultation bidon» en coure sur les plans généraux des compagnies.Ces plans vont déterminer les conditions de coupe et d'aménagement de forêts entières pour 25 ans.La Loi sur les forêts prévoit par contre leur révision aux cinq ans, ce qui leur permet d’être de nouveau reconduits pour 25 autres années.Richard Desjardins a expliqué avoir appris le 20 janvier qu’il avait jusqu'au 25 janvier pour réagir aux projets de Norbordd.Il a appris personnellement le 27 janvier au trappeur de cette forêt le sort qui les attendait, lui et ses gibiers.Les Cris, qui soutiennent que les compa- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Richard Desjardins poursuit sa lutte pour la sauvegarde des forêts.gnies doivent soumettre leurs plans à une étude d’impacts en vertu des dispositions de la Convention de la Baie-James, se retrouvent eux aussi devant des milliers de pages qu’ils n’ont pas le temps d’étudier en 45 jours et qu’ils n’ont même pas le droit de photocopier pour les étudier chez eux! La crédibilité du gouvernement est en voie de devenir un enjeu central de ce débat sur la foresterie québécoise.Québec et les compagnies sont accusés de «coucher dans le même lit» pour mieux piller la ressource publique.«S’il y a un endroit oùlePQ pouvait faire l'indépendance, c’est en forêt», a lancé Richard Desjardins puisqu’il en est le propriétaire depuis l’entrée en vigueur de la Constitution de 1867 et qu'il pouvait y affirmer sa souveraineté par rapport.aux multinationales! Et Desjardins ajoute, en pensant aux propos du ministre Brassard: «On ne sait jamais qui parle, du gouvernement ou des compagnies.Comme on le dit en musique, ils sont “tunés”!» Au cabinet du ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, on se refusait à répliquer aux critiques.Du côté de l’Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec (AMBSQ), par contre, on se disait d’accord avec l’inefficacité du processus de consultation en coure et on affirmait espérer que la réforme en cours permettra de le moderniser.Le vice-président de cette association, Jacques Gauvin, précisait par contre que le gouvernement n’est pas lié pour 25 ans s’il approuve les plans généraux en consultation.Ces plans peuvent être révisés dans cinq ans, dit-il, mais M.Gauvin reconnaît que Québec ne peut les changer entre-temps sauf s’il compense financièrement les compagnies ou leur octroie de nouvelles aires de coupe.Les commissions de la CUM ont peine à consulter Chauffeurs de la STCUM Les négociations échouent FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Entre 1998 et 1999, les instances consultatives de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) ont fait un petit effort de plus pour répondre aux exigences de la loi sans pour autant être en mesure de la respecter.encore cette année.La loi stipule que chacune des cinq commissions — outre celle sur la sécurité publique — doit tenir chaque année au moins quatre consultations publiques sur des sujets d’intérêt.Or seulement trois d’entre elles ont rempli ces conditions en 1999, soit une de plus qu’en 1998.La commission de l’aménagement, présidée par le maire de Saint-Laurent, Bernard Paquet, et celle de l’administration et des finances, présidée par Jean Fortier, président du comité exécutif de Montréal, ont donc failli à leur tâche.Elles n’ont tenu que trois rencontres publiques chacune en 1999, dont une plutôt courte pour se pencher sur leurs budgets respectifs.M.Paquet justifiait ainsi un tel constat: «Si un sujet vaut la peine d’être public, tu y vas, si ça ne vaut pas la peine, tu n’y vas pas juste pour la forme.» Le conseiller munici- pal du district Snowdon, Marvin Rotrand, ne l’entend pas ainsi.Il croit que «les citoyens sont bafoués dans leurs droits».«En tant qu'outils démocratiques, ces commissions n’ont pas été utilisées à leur plein potentiel», affirme-t-il.Pour sa part, la présidente de la CUM, Vera Danyluk, souligne que la loi est silencieuse sur les conséquences de telles infractions.«On ne peut imposer ou obliger quoi que ce soit.Il y a toujours au moins une commission qui n’atteint pas le nombre de séances prescrites parla loi.» Mme Danyluk fait remarquer que les présidents sont les seuls responsables de leur commission et que la direction de la CUM n’a aucun droit de regard sur ce qu'ils font Elle estime toutefois que la qualité des séances publiques est plus importante que la quantité.«Dans une seule séance publique, il y a plusieurs sujets importants», laisse-teUe tomber.Elle indique également que chaque rencontre publique nécessite plusieurs séances de travail à huis clos.«C’est beaucoup de travail à chaque fais pour qu’il y ait de la substance à chaque rencontre.» La prochaine assemblée régulière de la CUM aura lieu ce soir à 17h à l’hôtel de ville de Montréal.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Rien ne va plus à la STCUM.Quand ce n'est pas un syndicat d'employés qui donne du fil à retordre à l’employeur, c’est un autre.C’était hier au tour des chauffeurs d’autobus de claquer la porte, mettant un terme aux négociations et refusant toujours les propositions de leur employeur.Le syndicat des chauffeurs d'autobus, affilié à la FTQ, avait annoncé il y a 10 jours une trêve dans ses moyens de pression afin de permettre un «blitz de négociations» en vue d’en arriver à une entente avec son employeur.La STCUM, qui négociait le renouvellement des conventions collectives de ses employés, avait suspendu ses cotisations au régime de retraite.Cette décision avait provoqué la grogne de tout le personnel.Pendant dix jours, le syndicat et l’employeur ont donc négocié afin d’aboutir à une entente.Pendant ce temps, les passagers ont pu souffler un peu et bénéficier d’un service quasi normal, même s'ils ont dû composer avec les moyens de pression que poursuivait toujours l’autre syndicat soit celui du personnel d’entretien, affilié à la FTQ.Hier, à une journée de la fin de la trêve, le syndicat des chauffeurs a claqué la porte.Il a envoyé un communiqué à l'attention de la STCUM déclarant que «le blitz de négociation a été un échec», a lu Odile Paradis, porte-parole de la STCUM.Est-ce à dire que les moyens de pression vont reprendre de plus belle?Le doute subsiste.«Ils disent qu’ils veulent prendre un temps de réflexion pour réévaluer la situation», a indiqué Odile Paradis.La STCUM s’est dite très étonnée par cette annonce.Il a été impossible hier de joindre le président du syndicat des chauffeurs, Serge Lavoie, pris toute la journée en réunion.Par ailleurs, le syndicat des employés du service d'entretien était hier en séance de conciliation avec son employeur, à la suite de l’ordonnance du Conseil des services essentiels.Celui-ci a exigé dimanche en soirée des deux parties qu’elles prennent tous les moyens requis pour que le travail revienne à la normale.Les syndiqués sont aussi tenus de faire les heures supplémentaires requises par la STCUM pour la remise en marche des autobus.En attendant, et à la suite de l’ordonnance du Conseil, les cotisations suspendues au régime de retraite doivent être versées dans un compte bancaire particulier.Fyfe est inculpé de trois meurtres 'Moukrie Gambard Vente et service technique BRIAN MYLES LE DEVOIR Trois accusations de meurtre au premier degré — trois crimes commis contre des femmes — pèsent déjà contre William Patrick FYfe, et les policiers remuent ciel et terre pour l’inculper dans d'autres affaires similaires.William Patrick Fyfe, 44 ans, a comparu brièvement au Palais de justice de Montréal, où il a été mis en accusation, hier, pour les meurtres d’Anna Yarnold, une résidante de Senneville, et de Monique Gaudreau, une infirmière de Sainte-Agathe.Fyfe avait déjà été accusé pour le meurtre de Mary Elizabeth Glen, une quinquagénaire de Baie d’Urfée.Dans les trois cas, les policiers ont pu obtenir des analyses ADN suffisamment concluantes pour inculper Fyfe, a indiqué hier le commandant Paul Chablo, du poste de quartier numéro 1.Dans les trois cas, William Patrick Fyfe a plaidé non coupable.Il reviendra en cour le 14 mare prochain pour son enquête préliminaire.D’autres accusations de meurtre pourraient être portées pnxhainenient contre Fyfe, a indiqué hier le procu- reur de la Couronne, Jean Leooure.Tous les corps de police du Québec, ainsi que la police provinciale de l’Ontario, où Fyfe a été arrêté le 23 décembre dernier, sont mis à contribution.Des dossiers de meurtres non résolus datant d’une dizaine d’années ont été rouverts.Selon Alan Guttman, l’avocat de M.Fyfe, «chaque province du pays veut fermer des dossiers» sur le dos de son client M.Guttman soutient qu’il n’a toujours pas obtenu les analyses AQN de son client A la suite de l'arrestation de Fyfe pour le meurtre de Mme Glen, les policiers ont constaté sur la scène du crime qu’il existait des similitudes avec d’autres meurtres quant à la façon de procéder du tueur.Dans les trois cas, le vol était le mobile du crime.Les victimes étaient toujours des femmes âgées de 45 à 50 ans.Elles demeuraient dans des maisons isolées, situées dans des quartiers à faible taux de criminalité.Sans faire l'objet d’agressions sexuelles, les femmes étaient battues et poignardées à mort par leur agresseur.Fyfe demeurera en prison jusqu’à son retour devant les tribunaux.Nathalie IelliottI ; contrepartie d’un réinvestissement, nos établissements universitaires doivent démontrer aux contribuables québécois qu'ils font une utilisation optimale de leurs ressources», a expliqué hier le ministre de l'Education, François Legault, aux universitaires venus l’entendre présenter sa politique.Celle-ci s’articule autour de l’accessibilité aux études universitaires, du rendement et de l’efficacité des universités, de même que de leur réponse aux besoins de la société.L’idée d’un contrat de rendement, qui permettrait de s’assurer une utilisation optimale des ressources, constitue une des nouveautés mises en avant par cette politique.Ce concept du «donnant donnant», déjà évoqué par le ministre, serait encadré par des indicateurs de rendement choisis de concert avec les universités.On pense par exemple à la fréquentation des programmes, à leur rendement et à leur per tinence en regard des besoins du marché du travail.Un œil ouvert A la Conférence des recteurs et principaux d’université du Québec (CREPUQ), on applaudit à une telle politique tout en gardant l’oeil ouvert sur la suite des événements.Cette politique précède en effet l’annonce d'une politique de financement des universités et d'un plan de réinvestissement s’échelonnant sur quelques années.«C’est une opération en deux temps, a expliqué hier le président de la CREPL1Q.François Tavenas, à la suite du dépôt de la politique.Nous applaudissons au premier temps et nous espérons applaudir au deuxième.» Le dépôt du budget confirmera d’ailleurs les orientations dessinées dans cette politique.Alors que les universités ont évalué leurs.besoins à environ 650 millions de dollars, le ministre de l’Education a récemment évoqué, lors d'une entrevue au Devoir, des sommes variant entre 160 et 300 millions de dollars.«Ce [montant de] 650 millions est bien documenté, il est très clair, mais il est aussi discutable», a confié à ce sujet M.Tavenas, également recteur de l'Université Laval.«Nous sommes prêts à discuter du calendrier d'investissement et de la vitesse à laquelle cet écart doit être comblé», a-t-il ajouté.Quant aux indicateurs de rendement, ils n’inquiètent pas outre mesure la CREPUQ, qui affirme vivre avec tme forme d’évaluation similaire depuis des années, notamment en ce qui a trait aux diplômes et au niveau de recherche subventionnée.Mais la Fédération émdiante universitaire du Québec (FEUQ) voit plutôt d’un mauvais oeil cette notion de contrat de rendement parce qu’elle sous-entend que les universités ne sont pas performantes actuellement dans un contexte d'étouffement budgétaire considérable.«Nous désapprouvons le fait que le contrat de performance puisse devenir une condition au financement, a ajouté Mariée lande Ladouceur, vice-presidente de la FEUQ.La communauté universitaire a fixé ses besoins à 600 ou 700 millions.Qu’on nous donne un budget de fonctionnement de base, et après cela, on pourra parier de mesures d'imputabilité.» La fédération étudiante se réjouit toutefois de l’assurance du ministre quant au maintien du gel des frais de scolarité, un engagement qu’il compte respecter.Elle attend ardemment le dépôt du prochain budget afin de vérifier la teneur des orientations présentées hier.Pressé de fournir des détails quant au soutien financier qui suivra l'élaboration d’une politique, le ministre Legault a convenu hier de l'importance de définir l'enveloppe budgétaire pour faciliter la mise en oeuvre de la politique, effective dès maintenant.«En effet, il est plus facile de s'entendre avec les universités sur les contrats de performance quand les sommes sont disponibles.» Projet de loi mettant fin à la discrimination envers les couples homosexuels Le premier ministre sera souple face aux dissidents de son parti Un premier député libéral a fait part de sa dissidence; une douzaine d'autres pourraient Vimiter MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le premier ministre Jean Chrétien entend faire preuve de flexibilité à l’égard des députés de son parti qui s’opposeraient au projet de loi mettant fin à la discrimination à l’endroit des conjoints de fait homosexuels.Un premier libéral a d'ailleurs exprimé sa dissidence hier en Chambre, au moment où le débat s’amorçait John McKay, député de Scarborough East, a soutenu qu’on ne peut traiter sur le même pied les unions de fait homosexuelles et hétérosexuelles car ces dernières sont souvent considérées compte similaires au mariage, le «fondement de notre société».A son avis, reconnaître les unions de fait, en particulier homosexuelles, après seulement un an de vie commune équivaut à dire «qu’avoir les bas et les sous-vêtements dans le tiroir est l'équivalent du mariage».Selon M.McKay, le projet de loi devrait définir le mariage, pour éviter la reconnaissance éventuelle des mariages gais, et inclure les relations de dépendance entre parents et amis.Cela lui a valu des félicitations en provenance des banquettes réformistes, en particulier du député Eric Low-ther, pour qui le projet de loi n'est qu’un moyen d’accorder des avantages basés uniquement sur le lien sexuel entre partenaires.M.Chrétien a indiqué hier, à sa sortie du conseil des ministres, qu’aucun député ne lui avait demandé de tenir un vote libre et qu’il ne prévoyait pas de l'autoriser puisqu’il s’agit d’une «législation du gouvernement».Il a toutefois ajouté qu’il pouvait faire preuve de compréhension et de souplesse.«Dans certains cas, j’ai montré beaucoup de flexibilité et j’en montrerai dans celui-là.» Le débat sur le projet C-23 (et non C-28, contrairement à ce que nous indiquions samedi) déchire de façon particulière le caucus libéral, qui compte une aile socialement plus conservatrice.Le point de vue de cette dernière est mal reçu par certains.Steve Mahoney, qui n’est pas reconnu comme un des libéraux les plus progressistes, a carrément soutenu hier «voir dans les arguments de certains députés l'expression d’une incorrigible homophobie».Selon lui, ces députés cachent leurs vrais sentiments derrière des critiques sans fondement II s’en est particulièrement pris Développement des ressources humaines Jane Stewart passe en mode d’attaque HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA La fort éprouvée ministre du Développe ment des ressources humaines (DRH), Jane Stewart est passée en mode offensif hier en attaquant quelques-uns des députés de l’opposition qui ont juré de lui faire la vie dure.Jane Stewart a entrepris de miner la crédibilité de ses détracteurs en faisant valoir qu'eux aussi souhaitaient que les fonctionnaires du DRH procèdent rapidement pour approuver des subventions dans leurs circonscriptions respectives.«Ce qui est intéressant, a déclaré Mme Stewart à la Chambre des communes, c’est que tous les députés du Parti réformiste ne veulent pas voir ces programmes [de création d'emplois] disparaître.Pas plus tard que le 12 novembre, le député de Nanaimo-Cowichan [Reed Elley] m’a écrit pour me dire: fai reçu de nombrei4ses plaintes d'électeurs qui sont insatisfaits des délais pour l’approbation de projets au Fonds canadien pour la création d’emplois.’ Il disait qu 'il pouvait comprendre la frustration des promoteurs et se demandait s’il n ’y avait pas moyen d’écourter les périodes d'attente.» Un rapport de vérification interne, rendu public le 19 janvier et source de la crise politique qui se joue depuis à Ottawa, révélait que les programmes de subventions du DRH, totalisant un milliard de dollars, étaient gérés de façon laxiste.Plusieurs des 459 dossiers ne contenaient pas les formulaires appropriés ou les preuves qu’une évaluation en bonne et due forme des projets soumis avait été faite avant leur approbation.Mme Stewart a ajouté que «les députés de Skeena [Mike Scott], de Nanaimo-Cowi-chan [Reed Elley] et même le député de Kootenay-Columbia [Jim Abbott] n’ont cessé d’appeler à mon cabinet pour dire: “Pouvez-vous s’il vous plaît vous dépêcher et approuver le projet.”» Mme Stewart a dû cependant apporter quelques modifications à cette dernière déclaration puisque les députés n'avaient pas téléphoné en personne à son bureau.Améliorer l’image Le gain d’assurance de la ministre coïncide avec l’arrivée de Gabor Apor, un conseiller en communications de Toronto connu pour avoir amélioré l’image de l’exleader libéral John Turner.Ses services ont été retenus, explique-t-on au cabinet de Jane Stewart, pour présider à la gestion des communications de la ministre et de son ministère.D’aucuns prétendent que la crise au DRH a pris l'ampleur que l'on sait à cause d’une piètre gestion des communications et de l’image de la ministre.Par ailleurs, le passage de Mme Stewart devant le Comité permanent de la Chambre des communes sur le développement des ressources humaines aura été sans heurt le sujet à l’ordre du jour étant les personnes handicapées.Le comité entendra une seconde fois la ministre à ce sujet plus tard.Le comité décidera demain du moment opportun pour ce témoignage.Il décidera aussi s’il exigera que comparaissent devant lui l’ancien sous-ministre Mel Cappe, aujourd’hui greffier du Conseil privé, et l’ancien ministre Pierre Pettigrew, tous deux à la barre du DRH au moment où les subventions controversées ont été approuvées, ainsi que le premier ministre.Le comité votera aussi une motion demandant qu’une liste de toutes les subventions accordées par le DRH.classée par circonscriptions, soit fournie au comité.Projet de loi «sur la clarté» Chrétien se fait expéditif «On est pour ou on est contre.On n'a pas besoin dépasser des nuits là-dessus.- MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Peu importe la colère des partis d’opposition, le gouvernement Chrétien estime que la simplicité du projet de loi «sur la clarté» justifie son étude expéditive en comité et aux Communes.«Le «Il s'agit d’un très petit projet de loi et les gens auront l’occasion de venir et de le commenter [en comité].Mais on ne veut pas que ça traîne des semaines», a soutenu M.Chrétien à la sortie de la réunion du conseil des ministres hier.«C’est un bill [sic] clair sur la clarté qui n ’est pas très compliqué.On est pour ou on est contre.On n ’a pas besoin de passer des nuits là-dessus.» C’est quand même son parti qui, pour ne pas se faire accuser de museler le comité parlementaire chargé de l'étude du projet C-20, a exigé que le comité siège en soirée et puisse ainsi entendre 45 témoins d’ici mercredi prochain.Chose certaine, on est passé en mode accéléré.Après n’avoir accordé que trois jours à la deuxième lecture, le gouvernement a exigé que le comité commence à entendre des témoins dès aujourd'hui avec la comparution du ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion.Mais au moment de mettre sous presse, le greffier n’avait toujours pas trouvé d'autres personnes prêtes à comparaître à quelques heures d'avis.gouvernement agit de façon non pas expéditive mais carrément arrogante» à ceux qui déplorent l’absence d’une définition du mariage réaffirmant clairement qu’il s’agit d’une union entre un homme et une femme.D en veut aussi pour preuve leur insistance à voir les relations homosexuelles et de dépendance traiter sur le même pied, sans égard aux liens affectifs propres à une relation de couple.On estime qu’environ une douzaine de députés libéraux pourraient s’opposer au projet de loi C-23 ou s’abstenir.Sévir contre eux mettrait en péril la majorité du gouvernement, d’où la prudence du premier ministre.11 est toutefois assuré de l’adoption du projet de loi car, si les réformistes sont généralement contre, bloquistes et néo-démocrates l’appuient.La position des députés conservateurs reste à déterminer, mais le leader parlementaire du parti, Peter MacKay, s’est prononcé en faveur du projet de loi hier.Aucun parti, sauf le NPD, n’est à l’abri de dissidences.Lors de l’adoption d’autres projets de loi touchant les droits des gais et lesbiennes, on a vu des conservateurs s’opposer, des réformistes se dire en faveur alors que certains bloquistes s’absentaient le temps du vote.Le gouvernement a aussi refusé au comité de voyager, comme le lui demandaient tous les partis d’opposition.Selon le chef bloquiste Gilles Duceppe, «les libéraux ont peur de venir au Québec parce qu'ils savent que la majorité de la population est contre et ils ne veulent pas aller dans le reste du pays à cause du scandale au ministère du Développement des ressources humaines».Le Bloc entend continuer ses tactiques dilatoires qui perturbent les travaux parlementaires depuis plusieurs jours.Pas question cependant de bouder le comité, M.Duceppe n’étant pas partisan de la «stratégie de la chaise vide».Les députés bloquistes ont aussi tenu une assemblée publique à Québec hier soir et prévoient d’en tenir d’autres dans plusieurs régions de la province.Le leader parlementaire du NPD, Bill Blaikie, était tout aussi indigné.«Le gouvernement agit de façon non pas expéditive mais carrément arrogante.Il affiche un mépris pour les règles et traditions de la Chambre sur des questions de cette importance.Ce projet de loi mériterait davantage d’attention et un traitement diffèrent » Le réformiste Grant Hill a accusé les libéraux d’afficher un «non-respect des Canadiens et de la démocratie».Comme M.Blai-kie, il comprend mal que le gouvernement s’oppose à visiter chaque législature provinciale puisqu’on vertu du projet C-20, leur avis sur la clarté de la question et du résultat serait sollicité.LA TETE DANS LES NUAGES.Parce qu'il est bon de tout mettre en perspective avant une réunion d'affaires, à plus de 10 000 mètres d'altitude, nous vous permettons de prendre vos distances du bureau afin de peser les grands enjeux et aicNova .* a • • de voir plus loin.Air Nova.Au service des grands visionnaires en affaires.airNova airAlliance CONTACTEZ VOTRE AGENT DE VOYAGES OU AIR NOVA/AIR CANADA AU («88) 247-2262 OU RÉSERVEZ PAR INTERNET À L'ADRESSE WWW.AIRNOVA.CA f f L F.I) K V 0 I K .L K M F R (' R E D I I ti F F V R I F R 2 (I 0 0 LE DEVOIR LE MONDE Une nouvelle crise en Ulster Le processus de paix a du plomb dans l’aile LIRA coupe les ponts avec la commission de désarmement pour protester contre la suspension AGENCE FRANCE-PRESSE Belfast — L'Armée républicaine irlandaise (IRA) a gelé hier son lent cheminement vers le désarmement pour protester contre la suspension de l'exécutif biconfessionnel à i Belfast, portant un nouveau coup très : sévère au processus de paix en Ulster, que Londres et Dublin tentent de remettre à flot.L'IRA a annoncé sa décision dans hui communiqué acrimonieux rejetant sur le gouvernement de Tony Blair et les protestants unionistes d’Ulster l'entière responsabilité de la nouvelle crise qui vient contrarier les efforts pour tourner la page sur 30 ans de violence dans la province britannique.«À la lumière des circonstances nouvelles, la direction de l'IRA a décidé de mettre fin à ses contacts avec la CIID», la commission internationale indépendante sur le désarmement, a indiqué la direction du groupe paramilitaire issu de la communauté républicaine catholique.Plus grave encore, TIRA a précisé qu'elle retirait «toutes les propositions» faites depuis novembre par son représentant auprès de cette commission.Présidée par le général John de Chas-telain, elle a pour mission d’obtenir did mai la neutralisation des arsenaux des extrémistes catholiques et protestants.LIRA a dénoncé «l'intransigeance» •des protestants et leur prétention à «une victoire militaire».Pour autant, ’ elle n’est pas allée jusqu’à remettre en question le cessez-le-feu quelle respecte depuis juillet 1997.' Dans la journée, Gerry Adams, le chef du Sinn Féin fl’aile politique de l’IRA).avait exprimé la colère du camp républicain, qui est allée en -crescendo depuis vendredi, date à la- #1 REUTERS Gerrv Adams quelle Londres a pris la décision selon lui «unilatérale et illégale» de suspendre les jeunes institutions autonomes nord-irlandaises face au refus de TIRA de s'engager concrètement sur un calendrier de désarmement.L’IRA et le Sinn Féin critiquent particulièrement l’attitude du représentant de Londres dans la province, le ministre à l’Irlande du Nord, Peter Mandelson.Ce proche de M.Blair est accusé d’avoir cédé vendredi au «veto des unionistes», résolus à démissionner en bloc du gouvernement nord-irlandais faute «d'un passage à l'acte» de TIRA, sommée de remettre un premier lot d’armes et d'explosifs.Rencontre cruciale Le porte-parole du premier ministre Tony Blair a indiqué que la décision de LIRA ne remettait pas en cause la tenue aujourd’hui à Londres d’entretiens, convoqués pour tenter de relancer la recherche d’un compromis politique.M.Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern sont censés recevoir à tour de rôle les responsables des principales formations politiques d’Ulsten le parti protestant unioniste UUP, le Sinn Féjn et le parti catholique modéré SDLP A travers cette initiative conjointe, Londres et Dublin veulent aussi signaler leur harmonie retrouvée et tenter de mettre au point une nouvelle initiative pour le rétablissement le plus rapide possible de l’administration autonome en Irlande du Nord.Cette annonce a été faite à Belfast à l’occasion d’une rencontre entre les principaux hommes politiques nord-irlandais et les ministres concernés des gouvernements de Londres et Dublin, consacrée à la crise actuelle.Dublin a souligné la nécessité de rétablir sous quelques jours les institutions nord-irlandaises.Les autorités britanniques ont exprimé en écho leur désir d'agir vite.A Washington, le département d’Etat «a appelé toutes les parties, y compris Gerry Adams, à [.] rester impliquées et à assumer jusqu 'au bout leurs responsabilités».Le gel du désarmement de LIRA éloigne cependant toute perspective de règlement rapide.Un porteparole de la CIID l’a reconnu implicitement en indiquant que «la recherche d’une solution sur la question des armes était un processus de longue haleine».Qui plus est le n° 2 de l’UUR John Taylor, a alimenté l’escalade verbale en estimant que le communiqué de TIRA «semble confirmer ce que beaucoup de gens pressentaient depuis longtemps: à savoir que l’IRA n’est pas convertie aux méthodes pacifiques et dénwcratiques».L’OTAN renoue avec Moscou REUTERS Moscou — Le secrétaire général de l’OTAN, George Robertson, est arrivé hier soir à Moscou pour relancer les relations entre l’Alliance atlantique et la Russie, gelées depuis mars 1999.La visite, dont la préparation a pris deux mois et qui, à un certain stade, a ixuii ne pas devoir se concrétiser, a été annoncée hier matin à Moscou et confirmée quelques heures plus tard au siège de l’OTAN.«Je considère ceci comme une page qui se tourne», a déclaré le secrétaire général de l’OTAN en soulignant qu’il était temps de fermer le chapitre des divergences concernant le bombarde ment de la Yougoslavie par l’Alliance.Au lendemain des premiers raids, la Russie a suspendu ses consultations ré- gulières avec l’OTAN et a ensuite limité les réunions mensuelles de la commission pennanente conjointe Russie OTAN à la question des opérations de maintien de la paix communes en Bosnie et au Kosovo.Outre le Kosovo, l’autre pomme de discorde entre Moscou et les alliés est l’élargissement à l’est de l’OTAN.Le conseiller gouvernemental Roman Popkovitch, parlementaire influent, a déclaré que la lutte contre le terrorisme international constituait à ses yeux l’un des rares domaines de coopération pour lesquels il espérait que Robertson serait porteur de «propositions concrètes».En dépit de leur dénonciation de la méthode utilisée en Tchétchénie, plusieurs dirigeants occidentaux ont laissé entendre récemment que l’on pouvait s’entendre avec Poutine.Les demandeurs ont une semaine pour rendre leur décision Pinochet devra attendre La Cour d’appel de la Haute Cour de Londres ordonne la remise du dossier médical du général à quatre pays AGENCE FRANCE-PRESSE, REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Londres — Injustice britannique a retardé hier le rapatriement sanitaire au Chili d’Augusto Pinochet en ordonnant la divulgation immédiate à quatre gouvernements du rapport médical sur lequel se fonde Londres pour envisager de libérer l’ancien dictateur.Les défenseurs des droits de l’homme, à l’instar d’Amnesty International, ont immédiatement salué cette décision comme un succès «de la justice, de l’équité et delà transparence».Mais elle pourrait s’avérer n’ètre qu’une victoire à la Pyrrhus en accélérant, paradoxalement le retour au pays du général de 84 ans, arrêté à Londres il y a 17 mois.«Le souci d’équité exige que Je dossier soit communiqué aux quatre Etats intéressé afin qu’ils aient la possibilité, aussi brève soit-elle, de faire les commentaires appropriés», a déclaré dans son jugement le président de la Cour d’appel de la Haute Cour de Londres, Simon Brown.Il a précisé que ces éléments devraient leur être transmis «sous des conditions de stricte confidetitialité».Le ministère de l’Intérieur britannique s’est aussitôt plié à cette décision et a transmis en fin d’après-midi le rapport aux ambassades à Ixmdres des pays concernés: l’Espagne, la Françe, la Belgique et la Suisse, les quatre Etats qui ont demandé l’extradition de l’ancien dictateur chilien.Ils ont désormais sept jours, jusqu'au mardi 22 février, pour examiner son contenu, dans la plus stricte confidentialité, et transmettre leurs observations au ministre britannique de l'Intérieur, Jack Straw', qui devrait rendre son verdict final peu après.Une décision qui pourra à son tour être contestée devant les tribunaux.Les avocats impliqués dans le dos- I?V, tri ANDRES PINA REUTERS Un supporter d’Augusto Pinochet pose sa tête sur une vieille photographie du général après avoir pris connaissance du verdict de la Cour d’appel.sien y compris le représentant du ministère de l’Intérieur, sont convenus que les magistrats instructeurs dans les quatre pays, chargés des procédures contre Augusto Pinochet, faisaient partie des personnes habilitées à consulter le rapport, a indique l’un des avocats de la Belgique, Richard Stein.Parmi eux figure l’Espagnol Baltasar Garzon, à l'origine de l'arrestation-sur-prise du général en octobre 1998.Il se réjouit du jugement rendu par la Haute Cour de Londres, dit-on de source judiciaire à Madrid.Le juge Garzon veut étudier le rapport sur l’état physique et mental de Pinochet avant de décider si va réitérer une demande de nouvel examen médical, dit-on de même source.Madrid peut choisir au bout du compte d’ignorer les remarques du magistrat, mais son implication à ce stade de La procédure est potentiellement embarrassante pour le gouvernement espagnol avec lequel il est en conflit ouvert au sujet du sort à réserver à Augusto Pinochet Le rapport médical dont la divulgation a été autorisée joue désormais un rôle central dans la bataille judiciaire.Londres s’est basé sur ce document établi début janvier par des médecins britanniques pour affirmer que l’ancien dictateur n’était pas en état de comparaître et pour envisager d’éteindre les poursuites à son encontre.Mais Jack Straw avait refusé d'en divulguer les détails, arguant d’une demande expresse en ce sens d'Augusto Pinochet Dans l’immédiat, l’arrêt de la Haute Cour empêche M.Straw de prendre une décision avant au moins une semaine sur le sort de l’ancien homme fort du Chili.Mais il pourrait en réalité faciliter la tâche du ministre.S son recours avait été rejeté hier, la Belgique aurait en effet pu faire encore appel devant les lords, la plus haute juridiction du pays, retardant potentiellement de plusieurs semaines l'épilogue de l’interminable saga judiciaire.Amnesty International et les autres mouvements des droits de l’homme espèrent que la Belgique et les trois autres Etats contesteront l’interprétation qu’en a faite Londres.Toutefois, les juristes impliqués dans le dossier doutaient hier de la volonté des quatre pays de se lancer dans un affrontement judiciaire diplomatiquement très délicat avec Londres.La pollution au cyanure Désespoir à Belgrade Après la contamination causée par les bombes, la ville fait face au désastre qui frappe le Danube PETRA MARKOV1C LIBÉRATION Il ne manquait plus que le cyanure! C'est en ces termes que les Belgradois expriment leur désespoir devant le désastre écologique qui ôappe la Tisza et par voie de conséquence, le Danube dont elle est un affluent Le Danube qui traverse leur ville et alimente certains de ses quartiers.Faut-il paniquer?Ou faut-il croire les autorités qui se veulent rassurantes?La pollution au cyanure, partie de la mine d’or roumaine d’Aurul, a frappé à mort la Tisza.«L’écosystème de cette rivière est entièrement détruit pour au moins cinq ans», assure Brani-slav Blaàc.ministre serbe de l’Environnement.La Tisza traverse la région la plus fertile de la plaine de Voïvodine, au nord de la Serbie.Même si la concentration du cyanure était hier inférieure au taux toléré d'un dixième de milligramme par litre d'eau (0,1 mg), des professeurs de l'université de Novi Sad.chef-lieu de la province, estiment que ses eaux ne pourront plus servir à l'irrigation avant longtemps.Ils craignent aussi que les eaux polluées n'aient déjà pénétré dans des puits artésiens de la région.D’autres doutes harcèlent le professeur Bozo Dalmacija, chimiste et expert indépendant qui craint les effets de l’éventuelle présence de métaux lourds dans les 100 000 mètres cubes de cyanure qui se sont déversés de la mine d’Aurul.Certains phénomènes observés par des pêcheurs ont attisé ses appréhensions.A l'endroit où la Tisza se jette dans le Danube, des pêcheurs ont non seulement reconnu l’odeur d'amande amère, caractéristique du cyanure, mais aussi senti des picotements dans le nez pendant qu’ils ramassaient le poisson mort.«Si des métaux lourds sont vraiment arrivés avec le cyanure, la catastrophe égalera celle de la centrale nucléaire de Tchernobyl car ils se déposent dans la vase pour longtemps», craint le professeur Dalmacija II attend avec angoisse les résultats des analyses auxquelles procèdent les institutions compétentes.Mais rien qu’avec le passage du cyanure, il faudra longtemps avant que la Tisza «cicatrise».Les experts optimistes parlent de quelques mois, les pessimistes de dix à vingt ans.Avant que la vague polluée ne passe lundi par Belgrade et poursuive sa course vers la mer Noire, les autorités avaient affirmé qu’elles prenaient toutes les mesures nécessaires pour protéger la population.Elles ont expliqué et répété que le taux de concentration du cyanure diminuait avec sa progression vers la mer Noire.Hier à Smederevo, le taux de ce poison virulent était lè gèrement au-dessus du taux toléré au litre d'eau, sur la rive gauche du Danube.Dans la Tisza, il était hier de 0,02 milligrammes.selon le ministre serbe de l’Agriculture, des Eaux et des Forêts, Jovan Babovic.Lorsque la pollution était à son maximum vendredi, le taux était de deux milligrammes par litre.Par mesure de précaution, la Regie des eaux de Belgrade a fermé «jusqu à nouvel ordre» sa station de Vinca, petite localité sur le Danube qui abrite aussi Tunique institut nucléaire du pays.la station de pompage de Vinca alimente au moins cinq quartiers périphériques de la capitale où l’eau sera amenée par citernes.La plus grande partie de Belgrade, une ville de prés de deux millions d'habitants, est approvisionnée en eau provenant de la rivière Sava.qui se jette dans le Danube.La pêche est interdite aussi pour une période indéterminée sur la Tisza et le Danube.Des Belgradois ont retrouvé le réflexe de l’époque des bombardements de l’OTAN du printemps 1999 et fait des stocks d’eau minérale.Car avant le cyanure, le Danube a absorbé des centaines de tonnes de pétrole et de mercure, qui se sont échappés des raffineries bombardées à Novi Sad et à Pancevo, piès de Belgrade.L’arrivée dimanche d'une équipe de onze experts des Nations unies a suscité une certaine inquiétude.Mais de sources proches de la délégation, on a précisé qu'il s'agissait de la poursuite de la mission du Groupe opérationnel pour les Balkans (Balkan Task Force), composé d'experts du Programme de l’ONU pour l’environnement (UNEP) qui avait déjà examiné les dommages causés à l’environnement par les bombes de l’OTAN.Dans un rapport soumis à l’ONU en octobre dernier, le groupe avait signalé un degré de pollution «inquiétant» notamment à Novi Sad, Pancevo, Kragujevac et Bon EN BREF Washington reçoit (AFP) — Le vice-président du Parlement tchétchène, Seilam Bechaev, a été reçu lundi par des responsables américains au département d’Etat, a annoncé hier le porte-parole James Rubin.C’est la première fois qu’un responsable tchétchène est reçu au département d’Etat depuis le début de la campagne militaire russe en Tchétchénie.De précédentes rencontres entre des responsables tchétchènes et américains avaient eu lieu à l'extérieur de l’immeuble, ce qui n’avait pas empêché Moscou de protester vivement M.Bechaev a rencontré des fonctionnaires de la direction des Affaires russes et du Bureau de la population, ¦ des réfugiés et des migrations.Nouvelle démission en Irak (AP) — Les départs se succèdent parmi les représentants de TONU en poste en Irak.L’Allemande Jutta Bur-ghart, responsable du Programme Alimentaire mondial (PAM) dans le pays, a démissionné de ses fonctions pour protester contre les sanctions commerciales imposées à Bagdad par les Nations unies.Francis Mwan-za, porte-parole du PAM à Rome, a déclaré que l'agence onusienne avait reçu une lettre de démission de la responsable allemande.Mme Bur-ghart est la seconde responsable onusienne en Irak à quitter son poste en trois jours.Le chef du programme humanitaire de TONU dans le pays, l’Allemand Hans Von Sponeck, a annoncé dimanche sa démission, en signe de protestation contre les sanctions onusiennes, et son départ a été accepté lundi.Le corbeau, le bidou Pourquoi remettre à demain ce qu’on peut commencer dès aujourd'hui ?et le prêt REER.Nous offrons maintenant un prêt REER ! Facile d’accès, le prêt REER Placements Québec est admissible pour tous nos produits REER.Profitez-en pour vous procurer l'avantageux REER à taux progressif Placements Québec offrant 6,25 % la première année incluant le Québec h es Placements Québec www placementsqc.gouv.qc.ca L» ministre des Finances peut modifier les taux qui seront offerts sur les prochaines émissions Heures d'ouverture : du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et tous les samedis de janvier et lévrier, de 10 h à 16 h.Pour la région de Québec composez le 521-5229.REER à taux PROGRESSIF PLACEMENTS QUÉBEC 1 800 463-5229 L K DEVOIR.L E M E R C R E D I I « F É V R I E R i 0 0 0 A 8 EDITORIAL Un couple est un couple Un couple est un couple, quelle que soit l’orientation sexuelle de ses membres, qui ont droit aux mêmes avantages et sont soumis aux mêmes obligations dès lors qu’ils s’engagent dans une relation conjugale.Le gouvernement fédéral vient enfin de l’affirmer dans un projet de loi, quelques mois après le Québec.Il était temps.D ; jsL- Michel Venne ?epuis longtemps, les lois fédérales auraient dû être modifiées pour reconnaître aux couples homosexuels les mêmes droits et obligations qu’aux conjoints de fait hétérosexuels, qu’il s’agisse des bénéfices consentis aux conjoints par le fisc, les régimes de retraite, la citoyenneté ou l’assurance-emploi.L’orientation sexuelle est reconnue depuis des années comme un motif inacceptable de discrimination.Mais l’égalité théorique des homosexuels tardait à se matérialiser.11 aura malheureusement fallu l’action des tribunaux pour forcer les parlements à faire du principe une réalité, y compris d’ailleurs à Québec, qui a battu Ottawa de vitesse de seulement quelques mois.C’est pourquoi, bien qu’on l’approuve, lorsque Mme McLellan affirme que son projet de loi est le fruit d'un «profond engagement de tolérance et d’égalité», on est porté à lui rappeler que cet engagement, si profond soit-il, a eu besoin du coup de pouce des tribunaux pour se ILa distinction sur la base de l’orientation sexuelle qui persistait dans les lois était insidieuse et intolé-^ ’HSU rable.D’une part, la différence de traitement a pour effet de perpétuer ou de promouvoir l’opinion selon laquelle l’individu concerné est moins capable ou moins digne d’être reconnu.Cette distinction fait du couple gai un couple de second ordre.Elle perpétue le préjugé voulant que l’amour ou l’engagement qui lie deux personnes de même sexe soit moins vrai que celui qui unit un homme et une femme.Mais de plus, la différence de traitement a un effet tangible, celui de priver un des membres d’un couple homosexuel d’un avantage financier auquel il aurait droit, qu'il s’agisse d’une pension alimentaire ou d’une rente, ce qui accroît le fardeau financier de cette personne et constitue une pénalité bien réelle pour cause d’orientation sexuelle.Il était donc devenu impérieux de modifier ces lois.Aujourd’hui, des députés fédéraux cherchent des prétextes pour voter contre.Certains affirment que la loi ne va pas assez loin.Ceux-ci voudraient que l’on reconnaisse les mêmes avantages et les mêmes obligations non seulement aux couples homosexuels mais à toutes les relations non conjugales caractérisées par une interdépendance économique entre les partenaires, que ces partenaires soient frère et sœur ou des amis de longue date.Parmi ces députés, il y en a sans doute quelques-uns qui, de bonne foi, veulent le mieux au lieu du bien.Par contre, on sait que certains de ces députés, qui ont voté par le passé contre d’autres mesures visant à reconnaître les droits des homosexuels, cherchent en réalité un paravent pour cacher leur homophobie.En incluant dans le même projet de loi toutes les relations non conjugales, Ottawa aurait noyé le poisson, aurait affaibli le message.Ce qui était en cause, c’est la discrimination faite aux couples gais.En adoptant ce projet de loi, le Parlement fédéral lancera au contraire un message très clair: dès que deux personnes s’engagent dans une relation conjugale, leur union est reconnue de la même manière par la loi, que cette relation unisse deux hommes, deux femmes ou un homme et une femme.La reconnaissance des avantages et des obligations entre personnes qui vivent ensemble une relation non conjugale est une question différente.Elle est plus complexe.Mme McLellan a raison de prendre le temps de l’étudier en profondeur.Sans doute, un jour, allons-nous y venir, comme en France ou ailleurs, où il existe la possibilité entre deux personnes, frère et sœur ou amis de longue date, de s’engager, par contrat, l’un envers l’autre, à se soutenir économiquement.Avec le temps, on peut penser aussi que la définition du mariage finira elle aussi par s’élargir, surtout que plus le temps passe, moins il existe pour les époux des avantages ou des obligations différents de ceux imposés aux couples vivant en union de fait.Mais nous n’en sommes pas là, l’institution du mariage ayant, pour bien des gens, une signification religieuse et historique encore profonde.ni vennefa ledevoir.ca Le Canada complice m wm.Bernard Descôteaux ?es actionnaires de Talisman Energy, une société d’exploration pétrolière de Calgary, sont heureux.En témoigne le gain de 2,25 $ l’action, survenu lundi, aussitôt annoncée la décision du ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, de ne pas sévir contre cette compagnie en raison de son rôle dans la guerre civile au Soudan.Étonnante décision que celle-là alors que tout militait en faveur de sanctions.Le ministre, qui se veut la bonne conscience de son gouvernement, les avait promises s'il était démontré que la présence de Talisman au Soudan contribuait à la poursuite de la guerre civile dans ce pays.Et Washington souhaitait vivement qu'Ottawa interdise à des entreprises canadiennes d’investir dans ce pays d’Afrique qui sert de refuge à des organisations terroristes.Malgré que la preuve ait été faite que le pétrole est un facteur clé dans la guerre civile, le gouvernement canadien a préféré la méthode douce à la méthode forte.On invite simplement Talisman Energy à respecter ses obligations en matière de droits.Pas même un coup de règle sur les doigts.Encore une fois prévaut l’influence de ceux qui au gouvernement canadien croient qu’il est plus facile d’influencer des régimes répressifs en tissant des liens commerciaux qu’en exerçant des pressions économiques.C’est bien sûr le point de vue adopté par Talisman, selon laquelle «les investissements et l’implication internationale agiront comme catalyseur au développement économique et social» dans ce pays.Talisman continuera d’investir et de récolter pendant qu’Ottawa tentera une action diplomatique aux Nations unies.Le gouvernement canadien n’aime pas subordonner ses politiques commerciales au respect des droits de la personne.On se serait cependant attendu dans ce cas-ci à une attitude différente.Ce dont il s’agit ici, ce ne sont pas de légères violations des droits politiques mais d’atteintes graves à des droits élémentaires comme le droit à la vie et à la liberté.Au Soudan, où la guerre civile sévit depuis 1983, on pratique ouvertement l’esclavage.On enlève femmes et enfants pour en faire une main-d’œuvre servile.On tue par milliers des civils (plus d’un million en 17 ans) et on déplace des populations entières (4,5 millions de personnes).Les observateurs ne voient pas d’espoir à un cessez-le-feu tant que se poursuivra l’exploitation de puits de pétrole.lœs redevances versées au gouvernement soudanais servent à l’effort de guerre auquel participe Talisman.lœ retrait de cette compagnie du Soudan ne changerait peut-être rien à la situation actuelle puisqu'elle serait remplacée par d’autres intérêts, pourrait-on penser, mais n’y a-t-il pas une limite à se faire complice d’une situation moralement condamnable?Clairement, le gouvernement canadien accepte aujourd’hui cette complicité.bdescoleaux'a ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ / // > y O 0 V\\° iTu i/ a , / > I «O
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