Le devoir, 23 février 2000, Cahier A
FONDE EN 1910 ?LE DEVOIR T o K o N T o I $ L E M E R C R E 1) I 2 3 K K V R I E R 2 0 0 0 8 7c + T A X E s ÉCONOMIE ES SPORTS LE MONDE TAÏWAN : MISE EN GARDE DE WASHINGTON À PÉKIN PAGE A 5 TVA PASSE EN MODE ACQUISITION PAGE B 3 LA LNH SUSPEND McSORLEY INDÉFINIMENT PAGE B 8 « Le Sommet est truqué » Venus manifester leur désaccord, des centaines de jeunes sont repoussés à coups de gaz lacrymogènes 4 Le mariage, une vraie bénédiction ! Santiago Bravo, 27 ans, en quête de liberté Avec une valise dans chaque main et 1000 $ dans son portefeuille, Santiago Bravo a pris l’avion seul pour Montréal en 1995.À l’étroit dans sa Colombie natale, il souhaitait s’épanouir dans un pays où les mots liberté et respect possédaient encore leurs lettres de noblesse.Ce qu’il fit.FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR En Colombie, la tradition veut que le parcours d’un jeune universitaire soit déjà tracé d’avance et qu’il n'y ait que très peu de place pour l’initiative personnelle.Quitter la maison familiale avant 25 ans, partir voyager six mois avant de rentrer à l’université, habiter en appartement avec des colocs ou avec sa blonde sont des gestes vite qualifiés de «révolutionnaires», souligne-t-il.Pourtant, Santiago n’a rien d’un révolutionnaire.Et malgré cela, les événements qui se sont succédé avant qu’il ne fasse ses premiers pas à l’Université de Bogota lui ont rapidement indiqué la porte de sortie de la maison familiale.Il ne l’a jamais regretté depuis et ce geste lui a permis de raffermir davantage les liens familiaux à 14 000 kilomètres du cocon parental qu’il ne l’aurait fait en y étant partie intégrante.Aujourd’hui âgé de 27 ans, Santiago laisse retomber la poussière qu’ont dispersée les nombreux bouleversements inhérents à un tel déménagement.Fraîchement marié et en attente d’un petit bout de chou, il se dit tout simplement heureux.«A un certain âge, tu veux tout faire, tout voir et du coup, tu t’éloignes de tes principes, de ton identité propre.On te propose toutes sortes de choses que tu t’empresses d’essayer.Puis, après quelques coups durs, tu reviens tranquillement à ton essence.» Santiago estime qu’un tel cheminement, que tout le monde vit à sa façon, précise-t-il, «va un peu de soi».Sans trop s’en rendre compte, il raconte plus tard au cours de l’entretien que la société vit un tant soit peu le même parcours.«H y a des moments dans la vie où la société s’éloigne de ses valeurs et y revient tranquillement.On cherche tous une identité.Le mariage, par exemple, nous permet en quelque sorte d’en trouver une.» Santiago prétend à cet égard que les jeunes autour de lui accordent de plus en plus d'importance à l’institution maritale: ils seraient de plus en plus nombreux à se marier, ou du moins à vouloir le faire.Ce qui ne se vérifie pas statistiquement Parmi les pays dont les statistiques sur le mariage sont compilées, le Québec affiche le plus bas taux.Depuis 1970, alors que la population augmentait, le nombre absolu de mariages est tombé de moitié.Moins de 23 000 mariages ont été célébrés en 1998 contre plus de 51 000 en 1975, nous apprend l’ouvrage Québec 2000.Posons donc l'hypothèse suivante: l’entourage de Santiago est peut-être composé de jeunes romantiques qui, se- VOIR PAGE A 8: MARIAGE MARIE-ANDRÉE CHOU I NARD LE DEVOIR Québec — Coup de théâtre hier soir à l’ouverture du Sommet du Québec et de la jeunesse, où quelques centaines de jeunes venus manifester leur désaccord à propos de la formule de l’événement ont été chassés du Grand Théâtre de Québec par l’escouade antiémeute à coups de gaz lacrymogènes.Massés à l’entrée de l’édifice où ils souhaitaient confronter le premier ministre Lucien Bouchard quelques instants avant le spectacle d’ouverture du Sommet, ces quelque 500 jeunes scandaient leur désaccord avec la structure du Sommet, dont ils dénoncent le caractère préétabli.«Le Sommet est truqué, la jeunesse est enragée!», criaient-ils, plusieurs d’entre eux à peine débarqués des autobus les ayant menés de Montréal à Québec tout spécialement pour la tenue de cette manifestation prévue depuis plusieurs jours.Après avoir franchi le périmètre de sécurité, certains manifestants ont frappé les fenêtres de l’édifice avec leurs VOIR PAGE A 8: SOMMET ¦, Autres informations en pages A 4 et B 1 Congés parentaux Ottawa ferme la porte à Québec HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le programme de congés parentaux qui s’appliquera au Québec sera celui d'Ottawa et rien d’autre, a laissé entendre hier le premier ministre Jean Chrétien.M.Chrétien a servi une fin de non-recevoir au Québec, qui demande sa part des fonds d’assurance-emploi pour créer son propre programme avec des modalités différentes.Le premier ministre a en effet déclaré qu’il n’était pas nécessaire de présenter une nouvelle offre au Québec sur les montants pouvant lui être transférés.Le programme de congés parentaux géré par Ottawa à la grandeur du pays fonctionne bien et ne nécessite pas de modification pour le Québec, a-t-il fait valoir.Surtout pas à la lumière des conséquences qu’a eues le transfert de la main-d’œuvre au Québec, a-t-il ajouté en faisant référence aux ratés à Emploi-Québec.«Non [on ne va pas faire une nouvelle offre au Québec].On en a discuté il y a quelques années, et puis on n 'en est pas venus à une entente.On a transmis la main-d’œuvre, ça n’a pas été un très gros succès.Ça fonctionne très bien à ce moment-ci, alors on ne voit pas trop bien pourquoi on changerait le système.» Appelée à expliciter cet unique commentaire, la porte-parole du premier ministre, Sophie Galarneau, s’est contentée de dire qu’«i7 y a un budget qui s’en vient; la ministre [du Développement des ressources humaines, Jane Stewart] se concentre sur son plan et, pour le reste, on verra».Même son de cloche au cabinet de VOIR PAGE A 8: OTTAWA La grogne atteint Washington ¦ ‘t > xr - REUTERS LA GROGNE des camionneurs s’intensifie.Le mécontentement atteint maintenant les États-Unis.Aujourd’hui, plus de 100 camionneurs sont encore attendus à Washington pour manifester leur colère face à la hausse du prix du carburant.Au pays, les manifestations se poursuivent dans les Maritimes, en Outaouais et à Montréal.Tous protestent contre la hausse fulgurante du prix du diesel dont ils sont victimes depuis quelques mois.Seuls à porter un tel fardeau, les routiers revendiquent un peu de compassion, donc des compensations financières, de la part des expéditeurs.Nos informations en page A 3.Sûreté du Québec Ménard est prêt à passer au plan B BRIAN MYLES LE DEVOIR Même si le ministre Serge Ménard crie son indignation et son impatience à l’égard des policiers de la Sûreté du Québec (SQ), il n’en demeure pas moins que les moyens de pression déployés par ces derniers sont parfaitement légaux.M.Ménard, ministre de la Sécurité publique, appliquera dès aujourd’hui son plan B, concocté avec l’aide du directeur de la SQ, si les policiers ne mettent pas un terme à leurs lentes mais pourtant légitimes opérations de sécurité routière, qui paralysent la circulation depuis lundi.Les policiers «doivent comprendre que ce sont des moyens de pression totalement inutiles qui ne font que discréditer leur association, leurs revendications et l’unifbrme qu’ils portent», a fulminé M.Ménard.«J’espère que l’opinion publique les a convaincus que les moyens de pression utilisés ne leur feront rien gagner.Si les policiers n’ont pas compris, on mettra un plan en application dès demain matin [aujourd’hui]», a ajouté M.Ménard, qui exclut pour l’heure l’adoption d’une loi spéciale pour forcer les policiers à mettre un terme à leur exercice de zèle.Sans contrat de travail depuis 20 mois, les policiers de la SQ ralentissent la circulation sur le réseau routier et aux extrémités des ponts sous prétexte de vérifier si les automobilistes bouclent leur ceinture de sécurité.Hier, les agents ont aussi vérifié l’état des pneus en plus de patrouiller à la manière de l’escargot.Ces moyens de pression ont failli tourner au drame en matinée à Québec.Des ambulanciers qui répon- VOIR PAGE A 8: MÉNARD Santiago Bravo JACQUES ('.RENIER LE DEVOIR METEO Montréal Nuageux.60% de probabilité d’averses.Max: 6 Min: 0 Québec Nuageux.Max: 3 Min: 0 Détails, page B 7 I N D E X Annonces .B 7 Idée .A 7 Bourse .B 6 Le monde A 5 Avis publics.B 5 I/'s sports B 8 Culture B 10 Mots croisés.B 5 Économie .B3 Politique A4 Éditorial .AB Télévision B 9 www.ledevoir.com Landry contredit Marois Pas question de retirer leurs privilèges aux fabricants de médicaments brevetés ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Il n’est pas question que le gouvernement québécois mette en péril la recherche pharmacologique au Québec en retirant des privilèges aux multinationales du médicament breveté dans le but d’économiser une poignée de millions de dollars.C’est la mise en garde qu’a faite, hier, le vice-premier ministre et ministre d’E-taf aux Finances et à l'Économie, Bernard Landry.«Pour aller gagner quelques dizaines de millions de dollars, perdre notre suprématie en matière de recherche et développement pharmaceutique au Canada serait une très mauvaise affaire», a-t-il dit au cours d'un entretien avec Le Devoir alors que s’ouvrait la commission parlementaire sur l’assurance-médicaments.En plus de faire de la recherche et de la fabrication, l’industrie des médicaments brevetés, établie au Québec, a commencé à exporter, comme c’était le souhait du gouvernement «Ça me donne un élément de réflexion supplémentaire.J’aurai de la fabrication en vue d’exporter et des mandats mondiaux.Ça fait monter les enjeux», a indiqué M.Landry.«Dans un pays où on ne protégerait pas la recherche, on serait immédiatement en désuétude médicale et pharmacologique», a fait observer M.Landçy.De son côté, la ministre d'Etat à la Santé et aux Services sociaux, Pauli- VOIR PAGE A 8: LANDRY « Pour aller gagner quelques dizaines de millions de dollars, perdre notre suprématie en matière de recherche et développement [.] serait une très mauvaise affaire» - • «* Québec devrait contester la loi C-20 Le professeur de droit constitutionnel Henri Brun recommande au gouvernement du Québec de contester devant les tribunaux la loi C-20 sur la clarté, actuellement débattue devant le Parlement fédéral et qui a pour objectif de fixer des conditions à la sécession du Québec.Dans un texte qui paraît dans la page Idées du Devoir, le professeur Brun souhaite que Québec demande à la Cour d'appel de se prononcer sur la constitutionnalité de cette loi.Le Clarity Act contredit, selon lui, l'avis de la Cour suprême sur la sécession et contrevient à l’article de la Charte canadienne des droits, qui protège notamment les libertés de pensée, d’opinion et d’expression.¦ À lire, page A 6 NATURE Percer les mystères de Tozone ¦ À lire, page B 7 i ï 4 LE DEVOIR.LE MERCREDI 23 E É V R 1 E R 2 0 0 0 A 2 ?LES ACTUALITÉS* EN BREF Contrôle des armes à feu Transport d’uranium Les taxis veulent hausser leurs tarifs (Le Devoir) — Le Regroupement québécois des taxis demande depuis le mois de décembre le droit de hausser de 10 % ses tarifs auprès de la Commission des transports.La récente augmentation des prix de l’essence vient davantage légitimer ses revendications.Si la Commission donne son aval, le tarif de base des chauffeurs de taxi pourrait passer de 2,25 à 2,50 $.La dernière hausse remonte au mois de juillet 1998.Les taxis attendent toujours une réponse de la Commission.Selon une étude menée par la firme Secor, si les chauffeurs de taxi voulaient retrouver leur pouvoir d’achat de 1987, ce n’est pas de 10 % mais bien de 37 % qu’ils devraient hausser leurs tarifs.Les négos reprennent à la STCUM (Le Devoir) — Les négociations ont repris hier entre les employés d'entretien affiliés à la CSN et l'employeur.La pierre d'achoppement demeure la question de la caisse de retraite, à laquelle l'employeur a décidé de ne plus cotiser, la rencontre d'hier était la première d'une série de négociations prévues pour les trois prochaines semaines, à raison de deux fois par semaine.Hier, les participants, en présence d'un conciliateur, ont simplement présenté le dossier.En attendant un déblocage, les employés prévoient toujours de maintenir leurs moyens de pression, d'organiser des grèves en dehors des heures de travail et de porter des macarons.Le service ne devrait pas en être affecté.Par ailleurs, l'employeur a demandé hier la reprise d'une conciliation avec les chauffeurs d'autobus et opérateurs de métros, affiliés à la FTQ, qui sont à ce jours toujours en période de réflexion, suite de l'échec des négociations la semaine dernière.Le Mois de la nutrition (Le Devoir) — L'Ordre professionnel des diététistes du Québec a donné hier le coup d'envoi du 20 Mois de la nutrition.Sous le thème «Bon mets, vite fait!», les Québécois seront invités à partager les recettes santé qu'ils font en un tourne-main.Le point culminant des activités se déroulera le 15 mars, lors de la journée des diététistes-nutritionnistes.La Loi médicale à amender (Le Devoir) — La Fondation des maladies du cœur du Québec réclame l'adoption rapide de modifications à l'article 31 de la Loi médicale concernant les soins d'urgence.La semaine dernière, le Collège des médecins a fait des suggestions au gouvernement pour améliorer les soins d'urgence, notamment les soins d'urgence cardiovasculaires.La Fondation appuie sans réserve les médecins qui veulent étendre les classes de personnes pouvant utiliser un défibrilateur cardiaque.Ainsi, un secouriste breveté, un policier ou un pompier pourraient effectuer cette manœuvre de réanimation.A toutes les 27 minutes, une personne meurt d'une crise cardiaque et 50 % de ces victimes décèdent avant d'arriver à l'hôpital.Seulement 6 % de la population connaît la méthode RC R Médicament pour les graves crises d’épilepsie (Le Devoir) — Un nouveau médicament a été mis dans le commerce pour les personnes souffrant de graves crises d'épilepsie.Le Diastat, un gel rectal, est indiqué pour les adultes et les enfants.Il fait partie de la classe des benzodiazépines.Le médicament traite le syndrome des crises répétitives aiguës, qui peut mettre en danger la vie de ces malades.Entraînant d'importantes convulsions, une grave crise d'épilepsie rend difficile l'administration d'un soulagement par la bouche; la voie anale est par conséquent plus efficace.Plus de 300 000 Canadiens souffrent d'épilepsie, mais les crises aiguës ne touchent que 10 % d'entre Ottawa doit protéger le public, disent les défenseurs de la loi La Cour suprême ne rendra pas de décision avant plusieurs mois PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le Parlement fédéral a le pouvoir d’instaurer un système national d’enregistrement des armes à feu parce que le but premier d’une telle mesure est la protection du public, selon les défenseurs de la Loi sur le contrôle des armes à feu.Les avocats de ces derniers ont plaidé devant la Cour suprême du Canada hier en faveur du contrôle, par le gouvernement fédéral et non par les provinces, de la loi.Ils avancent que le gouvernement a adopté cette loi à la suite des conseils des services de police et des représentants des victime^ d’actes criminels.La tuerie de l’École polytechnique de Montréal, en 1989, au cours de laquelle un homme armé avait tué 14 étudiantes, a aussi convaincu Ottawa d’adopter une telle loi.«La limite d’exercice du pouvoir serait dans le cas où le gouvernement dit adopter une loi pour protéger le public alors que la loi en question ne protège pas du tout les citoyens», a expliqué l’avocate de la Coalition pour le contrôle des armes à feu, Mf Jill Copeland.Les avocats se portant à la défense de la loi répondaient hier aux arguments présentés la veille par les huit provinces, l’Alberta en tête, ainsi que les propriétaires d’armes qui contestent la constitutionnalité de la loi.Les opposants au système actuel affirment que l’enregistrement et l’octroi de permis de possession d’arme n’interdisent rien, ce qui fait que la loi n’est pas de nature criminelle et donc qu’Ottawa n’a pas le pouvoir de l’imposer.Paul Monahan, qui représente les victimes, rétorque que cet argument ignore les raisons de l’adoption de cette loi.«Le Parlement avait en tête la tragédie de l’École polytechnique lorsqu’il a présenté le projet de loi en Chambre», précise-t-il.Le juge Frank lacobucci, présent lors des audiences de lundi, a réitéré hier son questionnement à l’égard des arguments avancés par l’avocat qui représente l’Alberta, Roderick McLellan.«N’y a-t-il pas une interdiction dans le fait de dire que vous ne pouvez pas avoir un fusil, une arme à utilisation restreinte ou une arme interdite sans avoir rempli un certain nombre de conditions?», a demandé le juge.Les juges du plus haut tribunal du pays n’ont pratiquement rien dit aux avocats représentant les défenseurs de la loi lors des audiences.L’avocat du gouvernement fédéral, Graham Carton, a dit à l’extérieur de la salle d’audience que les juges réagissaient probablement au type d’arguments présenté par les provinces.«D’après moi, il est clair que les opposants à la loi tentent de faire accepter un argument politique en le présentant comme un argument juridique.Voilà pourquoi ils se sont fait poser tant de questions.Les juges ne pouvaient pas trouver le point de vue juridique de l’argument», a lancé l’avocat Si la Cour suprême déclare inconstitutionnelle la Loi sur le contrôle des armes à feu, Roderick McLellan avance que le gouvernement albertain adoptera ses propres lois sur l’octroi de permis de possession d’arme mais non sur l’enregistrement, ce qui, selon lui, répondrait plus adéquatement aux besoins locaux.La décision de la Cour suprême n’est pas attendue avant plusieurs mois.La nicotine ne présenterait pas que des inconvénients ASSOCIATED PRESS Washington — La nicotine, alca-loide à l’origine de l’accoutumance engendrée par la cigarette, ne présenterait pas que des inconvénients: selon de nouvelles études, présentées à Washington lors de la conférence de l’Association américaine pour l’avancement de la science (AAAS), cette substance pourrait se révéler efficace contre la maladie de Parkinson et d’autres affections cérébrales.Des timbres («patchs») à la nicotine ont été expérimentés dans le traitement de certaines maladies neurologiques de l’enfant et du vieillard.D’après les résultats d’une étude menée contre placebo (la moitié des malades ont reçu un timbre de nicotine, l’autre moitié un placebo), les timbres se sont montrés prometteurs pour les enfants atteints du syndrome de Gilles de la Tourette.Les victimes de cette maladie ont un comportement violent, profèrent des obscénités et présentent des tics.Jugée comme responsable de l’ac- coutumance au tabac, la nicotine pourrait donc être bénéfique dans certaines situations.Mais de nombreux experts pensent que l’avenir de cette molécule se trouve dans un usage détourné.«Le problème avec la nicotine, c’est justement que c’est de la nicotine.Il n’est pas évident de demander aux parents de mettre leurs enfants sous nicotine», a expliqué le Dr Paul R.San-berg, de l’Université de Floride du Sud, qui a testé la molécule sur plus de 100 jeunes patients souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette.Les médecins prescrivent de l’Hal-dol — puissant tranquillisant utilisé aussi chez les schizophrènes — aux personnes souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette.Dans cette dernière étude, le Dr Sanberg et ses collègues ont associé des timbres de nicotine à de l’Haldol chez 70 enfants.La moitié d’entre eux ont reçu du placebo.Selon les résultats, les enfants ayant reçu de la nicotine avaient de meilleurs résultats que ceux qui n’en avaient pas eu.Par ailleurs, leurs symptômes étaient améliorés avec des doses d’Haldol plus faibles.«Ces résultats soulignent l’utilité d’un timbre de nicotine faiblement dosé dans le traitement du syndrome de Gilles de la Tourette», a constaté le Dr Sanberg.Les chercheurs reconnaissent que des études plus approfondies seront nécessaires avant que les timbres de nicotine ne deviennent des médicaments.Toutefois, le contrôle des symptômes du syndrome de Gilles de la Tourette étant impossible avec des traitements standards, l’utilisation du timbre peut se révéler utile.Testée depuis de nombreuses années dans le traitement de la maladie d’Alzheimer, la nicotine l’est depuis peu dans celui de la maladie de Parkinson, maladie neurologique qui provoque notamment un tremblement et une rigidité des mouvements.Le Dr Paul Newhouse, de l’Université du Vermont, a testé le timbre sur 15 personnes atteintes de la maladie de Parkinson.Cette étude-pilote suggère que la nicotine améliore les mouvements et soulage les difficultés mentales des patients.Des juristes rappellent le Canada à l’ordre LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Une étude de l'Association canadienne du droit de l’en-', vironnement (ACDE) estime que la décision-surpris* d’Ottawa d’autoriser en janvier le transport par hélicoptère ! de plutonium militaire en provenance des Etats-Unis était; illégale et susceptible d’enquête par les tribunaux fédéraux supérieurs.C’est ce que conclut, en effet, l’opinion juridique réalisée pour le compte de plusieurs groupes antinucléaires ca ' nadiens, dont le Regroupement pour la surveillance du nu-'; cléaire (RSN), le Sierra Club du Canada, Greenpeace Canada et le groupe Norwatch.Certains de ces groupes ont, annoncé, après la divulgation du rapport légal, la possibilité qu’ils demandent une enquête judiciaire de la Cour fédérale du Canada et qu’ils se joignent aux groupes américains qui contestent pour des raisons semblables le déplacement de ce matériel radioactif à travers les Etats-Unis.Le Canada caresse depuis un an l’idée d’utiliser dans ses „ réacteurs nucléaires civils du plutonium provenant de charges atomiques démantelées par les militaires à la suite ’, des accords de désarmement.La Russie, qui se retrouve ; elle aussi avec des tonnes de ce matériel hautement radioactif, est intéressée à ce qu’on teste ses déchets militaires comme combustible dans les réacteurs canadiens, une idée appuyée par les Américains, qui s’inquiètent de l’absence de moyens à la disposition des Russes pour entreposer et éliminer cette matière fissible qui pourrait fort intéresser des groupes terroristes internationaux.Le Canada avait entrepris d’analyser les impacts du transport terrestre et maritime de ce matériel militaire sur son territoire l’automne dernier.Mais le gou-; vernement canadien a floué ses citoyens, soutient l’AC-DE, parce qu’il a écrit que le transport aérien de matières aussi radioactives était plus dangereux que les autres modes et, partant, contraire aux règles de sécurité.Mais voilà que le 14 janvier, Ottawa avise le public par1 communiqué qu’il avait changé ses règles, quatre jours ; plus tôt, sans le moindre débat public.Et un hélicoptère de l’armée devait quelques jours plus tard transporter le chargement controversé par hélicoptère, de Sault-Sain-te-Marie, en Ontario, jusqu’au réacteur de Chalk River,V où une autre association de citoyens s’oppose à l’utilisa-.tion de matériel aussi radioactif dans la plus vieille centrale canadienne.Aux États-Unis, où le transport aérien de plutonium est formellement interdit pour des raisons de sécurité, plu-', sieurs groupes, y compris des groupes canadiens, s’apprêtent à poursuivre Washington pour bris des lois.Selon Gordon Edwards, du RSN, «le transport du pluto-' nium est fondamentalement incompatible avec la démocratie» puisque les impératifs de protection d’un tel charge ' ment contre de possibles visées terroristes vont à l’en-^ contre de toute logique de transparence.Il n’en est pas de ' même avec l’uranium, généralement utilisé, beaucoup.moins radioactif.De son côté, l’ACDE ajoute que, si Ottawa peut techniquement changer les règles du jeu en matière de transports, le faire sans débat public et surtout sans tenir compte des règles de prudence qui font office de normes internationales était «déraisonnable» et illégal au sens du droit administratif.Changer les règles du jeu sans débat public n’est pas raisonnable Le silence des policiers et patrons de la CUM (Le Devoir) — Les policiers de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) refusent d'enclencher des moyens de pression pour faire avancer leur cause.Les négociations avec la direction de la CUM sont au point mort, et les délégués syndicaux ont tenu à faire le point hier lors d'une assemblée spéciale.Ils ont décidé de maintenir la ligne douce pour le moment.De concert avec la direction de la CUM, la Fraternité des policiers a convenu de ne faire aucun commentaire sur l'état des pourparlers.Les deux parties refusent même de dévoiler la nature de leurs demandes respectives.Le fcungee meurtrier (PC) — La compagnie qui exploitait un parc d’amusement à Ottawa il y a deux ans, alors qu’un homme est mort à la suite d’une chute en bungee, a été trouvée coupable en vertu de la Loi sur les installations d’amusement de l’Ontario.Jérôme Charron, 21 ans, d’Ottawa, est mort en août 1998 lorsque le harnais qu’il portait durant son tour de bungee à l'exposition Central Canada s’est détaché, l’entraînant dans une chute libre qui ne lui a laissé aucune chance.la cour a trouvé que les sangles extensibles en nylon bleu, dont la serrure de sûreté s’est détachée, n'étaient pas approuvées.La compagnie d’amusement américaine, Anderson Ventures, pourrait faire face à une amende pouvant aller jusqu’à 300 000 $.Scène d’hiver âff* yOB mm ; JACQUES GRENIER LE DEVOIR «IMAGINEZ UN MONDE SANS ART!» Comme ce Montréalais surpris, vous vous étonnerez peut-être de découvrir en plein cœur du centre-ville, au parc Jeanne-Mance, une exposition d’art organisée par des étudiants de l'Université du Québec à Montréal.Dans la foulée des revendications du Mouvement des arts et des lettres (MAL) qui dénonce la précarité de leur situation, les étudiants ont exprimé eux aussi leur position.par le truchement de leur art.Les services essentiels assurés Les techniciens de "•I laboratoire sont en grève pi et entamer une grève légale.Les techniciens de ces deux syndicats ' croient que le gouvernement Bouchard a,; choisi de privilégier les infirmières au détriment des autres professionnels de la ' santé.Selon les regroupements, leur salaire de base devrait être équivalent à ce- -lui des infirmières en raison des responsabilités qu'ils assument Présentement, une infirmière technicienne gagne 29 200 $ au plus bas échelon, alors qu'un technicien de laboratoire reçoit 28 300 $.«En leur accordant [aux infirmières] un redressement salarial de l’ordre de 2,5 %, et ce sans aucune étude préalable, le Conseil du trésor a décrété que le diplôme des infirmières avait une valeur supérieure à celui de toutes les autres techniciennes de la santé, du réseau», soutient le président du CPS, J Jacques Paradis.Ce dernier estime que la * grève est le seul moyen de raisonner le 'j gouvernement et de le forcer à rétablir l’équilibre.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Comme prévu, les 4200 techniciens de laboratoire de la province ont déclenché une grève légale hier.Il s’agit d’une grève générale illimitée.Au jour le jour, cependant, les syndiqués continueront d’assurer les services essentiels.Seulement 10 % des grévistes pourront être aux piquets de grève.L’Association professionnelle des tech-nologistes médicaux du Québec (APTMQ) indique que seules les analyses de routine, comme celles de l’urine ou du taux de cholestérol, seront mises de côté.Ces tests ne seront effectués qu’à la fin de la grève.Les hôpitaux risquent de connaître des jours plutôt occupés, puisqu’à compter du 7 mars, les 9000 membres de la Centrale des professionnelles et professionnels de la santé (CPS) vont suivre le mouvement Le loup, le pognon QuébecSS Placements Québec www.placementsqc.gouv.qc.ca Pourquoi remettre à demain ce qu’on peut commencer dès aujourd’hui ?et le prêt REER.Nous offrons maintenant un prêt REER ! 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complexe résidentiel et commercial sur l’emplacement délimité par les rues Notre-Dame, de la Montagne, Saint-Jacques et Peel.Seuls cinq conseillers, tous dans l’opposition, ont refusé d’approuver le projet soulevant principalement des questions d’ordre financier.Es se sont indignés de la participation du secteur public dans un tel dossier.Claude Delorme, vice-président au développement et à l’exploitation du stade à construire, s’est réjoui de cette décision qui constitue la dernière étape du projet en ce qui a trait au zonage.«C’est une excellente nouvelle pour l’organisation des Expos.» Les dirigeants souhaitent toujours que le premier coup de pelle se fasse en avril et que la première bade soit frappée en avril 2002.Aux sceptiques qui craignent que l’actionnaire de contrôle des Expos, Jeffrey Loria, ne lève les pattes avec l’équipe dans ses valises dès que le stade sera érigé, M.Delorme répond sans équivoque c\\x'«une fois que la construction sera commencée, le déménagement sera un non-sens».É prétend que les investissements de 200 millions de doUars encourus constituent «unegaranti en soi» à cet égard.Pour ce qui est du volet urbanistique du stade, M.Delorme a expliqué que les résidants touchés par le projet seront rencontrés prochainement par les Expos pour que leurs commentaires soient recueillis.«Nous voulons répondre aux appréhensions des résidants.La mitigation, par exemple, va susciter une étude de notre part», a-t-il annoncé.M.Delorme s’est aussi montré ouvert à examiner plus avant les recommandations formulées il y a quelques jours par la Commission de développement urbain (CDU).Le comité exécutif, lors de sa réunion de vendredi, a assoupli l’application des réserves exprimées par les membres de la CDU, envoyant du coup la balle dans le champ des Expos.Alléguant que plusieurs des recommandations exprimées par la commission n’étaient pas de compétence municipale, le comité exécutif a en quelque sorte laissé le soin aux Expos d’en disposer comme bon leur semble.La CDU espérait entre autres que le promoteur réduise au minimum le nombre de parties en après-midi; qu’il s’entende avec le Centre Molson pour éviter le plus possible que des événements se tiennent simultanément à ces deux enceintes sportives; qu’il évalue la possibilité que le nom de Jackie Robinson, le premier joueur de basebaE de race noire à jouer dans les ligues majeures lorsqu’il était avec les Royals de Montréal, fasse partie intégrante du nom du futur stade; qu’il s’engage à établir une entente avec le service de police afin de contrôler, à ses frais, les foules lors des parties.De son côté, la Ville s’est dite prête à aider à relocaliser les 11 entreprises implantées sur le terrain à l’heure actueUe.Elle ne rechigne pas non plus à l’idée d’appliquer rigoureusement la réglementation de stationnement afin de nuire le moins possible aux riverains.Cette ouverture n’a pas été jugée satisfaisante par le conseiller de l’opposition Marvin Rotrand, qui a vivement critiqué le fait que \’«on va attirer des milliers de voitures sans savoir où on va les mettre».Son collègue, Richard Théoret, a fait écho à ses propos.E a souligné que le premier projet du promoteur Canderel pour retaper le forum, approuvé par le conseil municipal, ne prévoyait pas de places de stationnement alors qu’hier, un règlement a été approuvé pour que le promoteur puisse diminuer le nombre de salles de cinéma afin d’aménager un parking souterrain.Marcel Sévigny s’est pour sa part insurgé contre le financement public du stade.«Les Expos vont profiter du laxisme de nos gouvernements, a-t-il déploré.S'il y avait eu un réel débat public sur le financement du stade, les Expos auraient eu des sueurs froides.» Le chef de l’opposition Michel Prescott a quant à lui affirmé que «Montréal devra essuyer des pertes de quelques millions par année pour les Endeavour rentre ASSOCIATED PRESS La navette spatiale Endeavour et ses six membres d’équipage sont revenus sur Terre hier après avoir recueilli plus d’une semaine d’images radar qui permettront de réaliser la plus précise des cartes de la planète.La navette a atterri en Floride peu après le coucher du soleil.Des vents violents l’avait contrainte à effectuer un nouveau tour en orbite autour de la Terre, repoussant l’atterrissage d’une heure et demie.Grâce à une éclaircie, le commandant Kevin Kre-gel a finalement pu faire se poser la navette.Endeavour a achevé sa mission lundi.Les astronautes de la navette spatiale américaine, qui ont pu scruter les trois quarts de la planète bleue, ont fini leur travail après être passés au-dessus de l’île de Flinders, au sud-est de l’Australie, en mer de Tasmanie.En neuf jours et six heures, l’équipe a survolé 111 millions de kilomètres carrés de Terre, au moins deux fois, pour obtenir un relevé aussi précis que possible des reliefs.Il faudra 20 600 disques compacts pour contenir toutes les données rassemblées qui devraient constituer la carte en 3D la plus précise jamais réalisée mais dont certains détails seront gardés secrets pour des raisons de sécurité nationale.Les camionneurs en colère multiplient les manifestations / Après l’est du Canada, c’est au tour de l’est des Etats-Unis d’entendre les plaintes des chauffeurs de poids lourds RIÎUTERS ' Des camionneurs ont roulé sur la colline du parlement, à Ottawa hier, mais n’ont pu convaincre le premier • ministre Jean Chrétien de les aider.Petite grogne deviendra grande.Le mécontentement des camionneurs prend de plus en plus d’ampleur.Après l’est du Canada, c’est l’ensemble de l’Est américain qui est maintenant touché.Ce matin, plus de 100 camionneurs américains sont attendus à Washington pour protester contre la hausse du prix du diesel.Et au pays, les manifestations se poursuivent de plus belle.et dérangent de plus en plus.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Une centaine de camionneurs américains sont attendus dès lOh ce matin à Washington pour protester contre la hausse du prix du diesel et l’augmentation de leurs polices d’assurance.Le prix,du diesel a augmenté partout aux Etats-Unis, mais c’est en Nouvelle-Angleterre qu'il atteint des sommets.Les camionneurs sont attendus en plein cœur de la viEe.Les policiers espèrent bien qu’ils feront leur entrée une fois l’heure de pointe terminée.Quoi qu’il arrive, leur manifestation promet de donner bien des maux de tête aux automobüistes de la ville.Au pays, les manifestations se poursuivent.Sur l’autoroute Transcanadienne, à la frontière du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, près de 400 camionneurs étaient immobilisés hier, refusant de se plier à l’injonction provisoire lancée par le gouvernement néo-écossais lundi.Selon RDI, la Gendarmerie royale du Canada aurait convaincu hier les ca-ipionneurs du côté de la Nouvelle-Ecosse de bouger.Mais du côté du Nouveau-Brunswick, le mot d’ordre demeurait au blocus.Certains commerçants de la région ont même menacé de hausser leurs prix, l’approvisionnement se faisant de plus en plus difficile.Près de 70 % des marchandises sont transportées par la route et le blocus affecte donc un grand nombre de marchands.Par ailleurs, répondant à l’appel des camionneurs, une rencontre entre les ministres des Transports du Nou-yeau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse et les camionneurs était prévue hier soir afin de discuter de la crise actueUe causée par la hausse fulgurante du prix du diesel.En Outaouais.près de 200 camions étaient immobilisés hier.Une centaine se trouvaient près de Buckingham, 40 à Wakefield et le reste à Gatineau, Montebello et Thurso.La circulation des automobilistes se faisait au ralenti mais n’a jamais été bloquée, a affirmé Jacinthe Voyer, conseillère syndicale de la CSN en Outaouais.Mais la grogne des camionneurs commence à déranger.Hier, la compagnie américaine de pâtes et papiers Bowater à Gatineau a annoncé qu'eEe fermait ses portes, faute d'approvisionnement Elle a également envoyé une mise en demeure aux camionneurs pour n’avoir pas respecté l’injonction leur interdisant d’empêcher la circulation autour de l’entreprise.Une rencontre est prévue demain entre certains grands expéditeurs et des représentants de la CSN afin de trouver ensemble une solution au problème qui sévit dans l’industrie.Et à Montréal, enfin, seulement 10 expéditeurs sur les 32 invités se sont présentés à la rencontre organisée par la CSN hier.Malgré cela, le syndicat est tout de même satisfait.«On leur a demandé une hausse de nos tarifs de 15 % pour compenser nos pertes des quatre derniers mois [causées par la hausse des prix du carburant].Les employeurs sont d'accord là-dessus.Et ils sont aussi d’accord pour dire que ce n’est pas aux camionneurs à payer cela», a indiqué John David Duncan, représentant du Syndicat national de transport routier (SNTR) de la CSN.Toutefois, un représentant d’un transporteur présent qui a requis l’anonymat a affirmé le contraire.«Il n’y a pas eu d'engagement ferme de pris, seulement de la bonne foi», a-t-il révélé.Les camionneurs de la CSN se rencontraient hier en soirée pour décider de leurs actions à venir face aux compagnies montréalaises qui ont refusé de se présenter à la rencontre.Entre autres choses, ils prévoient «bloquer la cour du transporteur, interdire l’accès à certains terminaux, jusqu'à ce qu’on les mette au pas», a affirmé John David Duncan.En attendant, tous les regards se tournent maintenant vers la rencontre de vendredi organisée par le ministre des Transports, Guy Chevrette.E doit y proposer des pistes de PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement fédéral n’a pas l’intention d’intervenir dans la crise du prix du carburant, a affirmé hier le premier ministre Jean Chrétien.E n’est pas question d’imposer un contrôle des prix ou de réduire les taxes sur les produits pétroliers.«Le prix [du carburant] est en augmentation partout à travers le monde parce que le prix du pétrole a presque triplé pendant l’année.[.].Ça fait partie de la situation du marché», a dit M.Chrétien à sa sortie du conseil des ministres.«Certaines provinces ont un contrôle des prix mais nous n’avons pas l’autorité pour le contrôle des prix», a-t-il ajouté.Selon lui, les taxes d’accise fédérales n’ont rien à voir avec la hausse des prix.Elles sont établies à un taux solution en vue d’améliorer l’état de l’industrie du camionnage et de ses ' relations de travail.Avec Reuters fixe par litre.Aussi, le fédéral n’a pas -bénéficié d’une hausse de revenus, «sauf pour la TPS», a précisé M.-* Chrétien.,, A son avis, le fédéral fait déjà largement sa part.«I^e niveau des taxes fédé-.raies sur ces produits [pétroliers] est le plus bas de probablement tous les pays au monde.» Au moment où M.Chrétien Rusait ces commentaires, les manifestations de camionneurs s’étendaient à la colline du Parlement.Une trentaine de poids lourds ont défilé dans la rue i Wellington, en face des édifices parlementaires, sans toutefois perturber la circulation.Il s’agissait de camionneurs ontariens.; La GRC a donné la permission à huit d’entre eux d’aüer jusqu’au Parlement à bord de leurs véhicules.Chrétien se dit impuissant Les compagnies de tabac l’emportent contre la Colombie-Britannique Québec étudie le jugement LE DEVOIR La décision du plus haut tribunal de Colombie-Britannique de rejeter la poursuite de ce gouvernement provincial contre les compagnies de tabac ne décourage pas la ministre de la Justice du Québec.Du moins, pour le moment.Linda Goupil et ses fonctionnaires sont toujours à étudier toutes les pièces de cet épineux dossier en vue d’un éventuel recours en justice.«Le ministère est en train de re- garder le jugement, explique l’attachée de presse de la ministre, Marie Vaillant Ce sera sûrement un des éléments qui sera pris en ligne de compte quand viendra le temps de décider de poursuivre ou non, mais ce ne sera pas le seul.» Depuis le mois de novembre, le ministère de la Justice analyse la situation et évalue les recours possibles.«C’est tellement méga comme dossier que nous ne sommes pas à la veille de décider», poursuit Mme Vaillant.La Colombie-Britannique a adopté une dure loi antitabac-en 1997 et déposé une poursuite de plusieurs milliards de dollars en 1998 contre trois manufacturiers américains de tabac et un lobby international.Le gouvernement réclamait une compensation pour payer les frais de santé causés par le tabagisme.Le jugement rendu lundi affirme que l’objet de la poursuite dépassait les compétences constitutionnelles de la province.Plusieurs provinces canadiennes, dont le Manitoba, Terre-Neuve, l’Ontario et le Québec, attendaient avec impatience les résultats de la démarche judiciaire de la Colombie-Britannique avant de poursuivre à leur tour.Selon le juge, la province n’a pas le droit de tenir responsables des compagnies qui sont incorporées par le gouvernement fédéral.Le ministre de la Santé, Penny Priddy, a maintenant deux choix: porter le jugement en appel ou préparer une nouvelle loi.Notre chroniqueuse Josée Blanchette profite de quelques jours de repos.Sa chronique sera à nouveau publiée mercredi prochain.Lionel MENEY Dictionnaire québécois français 1920 pages-60$ Pour mieux se comprendre entre francophones.Le» Editions GUÉRIN En uenie dans toutes tes librairies (514)842-3481 Le budget Martin Qui en seront les bénéficiaires?Quels sont les lobbys qui influencent les budgets?7 |)|TV()||{ vous informe dès le jeudi 24 février «I t.) L E DEVOIR.LE ME R C R E D I 2 3 F Ê V R I E R 2 0 0 0 A 4 :=:-* LE DEVOIR ?- POLITIQUE SOMMET DE LA JEUNESSE Fonds partenariat-jeunesse Baisse des impôts et des taxes avant tout PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Pour le chef libéral Jean Charest, son homologue de l'Action démocratique, Mario Dumont, et les représentants des milieux de l’entreprise et patronaux, un Fonds partenariat-jeunesse ne serait rien d’autre qu’une autre taxe sur la masse salariale.«A un moment donné, il va bien falloir allumer les lumières», a soutenu Jean Charest en commentant la rumeur voulant qu’un groupe privilégié de gens d’affaires se seraient entendus pour profiter du Sommet du Québec et de la Jeunesse pour endosser la mise sur pied d’un Fonds jeunesse à partir du Fonds de lutte contre la pauvreté, retenu pour une période de trois ans, en 1996, lors du Sommet de l’économie.«Si on veut faire travailler les gens, a expliqué le chef libéral, il faut surtout baisser les taxes.Les Québécois sont les contribuables les plus taxés en Amérique.» Le ministre délégué à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril, n’a pas voulu accorder trop d’importance aux informations voulant qu’une telle décision ait été prise avant même que ne débute le Sommet.«Le premier ministre a sûrement le droit de rencontrer des gens d'affaires, a-t-il dit, pour les impliquer, les solidariser, pour savoir comment la communauté d’affaires peut contribuer à quelque chose qui permettra de soutenir les mesures retenues au cours du Sommet.» Le chef de l'ADQ, de son côté, a refusé d’accréditer les rumeurs persistantes voulant que les dés soient pipés.«Le Fonds de lutte contre la pauvreté, a-t-il dit, « ’avait pas d’objectif précis.Il permettait tout au plus au gou- vernement d’affirmer que quelque chose avait été fait.Depuis, le Vérificateur général a affirmé dans un de ses rapports que cette mesure n’avait rien changé.Il ne faudrait pas qu’il en vienne à la même conclusion avec le Fonds de la jeunesse».Nouvelle taxe?Pierre Cléroux, de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, n’était pas non plus très heureux d’apprendre que des gens d’affaires privilégiés s’étaient penchés sur un projet de fonds qu’il assimile à une taxe sur la masse salariale.«La difficulté qu’on a avec un tel projet, a-t-il dit, c'est qu’on paie suffisamment de taxes au Québec.La solution ne doit pas toujours passer par l’imposition de nouvelles taxes.Quand on sait que le Fonds de lutte contre la pauvreté n’a pas été nécessairement un succès, il est indispensable à ce moment-ci de faire preuve d’une extrême prudence.» Le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, ne veut pas non plus qu’on impose une autre taxe aux patrons.Pour lui, le premier ministre Lucien Bouchard, en allant sonder les cœurs du milieu des affaires, aura voulu savoir s’ils allaient endosser la création ou un changement de vocation du Fonds de lutte contre la pauvreté.«On pourrait dire oui à un tel projet, a-t-il expliqué, seulement si on obtient la garantie d’une baisse sérieuse de la fiscalité [des impôts].Une chose est certaine, a précisé le président du CPQ, on va insister pour que le fardeau fiscal des entreprises ne soit d’aucune façon augmenté, d’autant plus qu’on se retrouve dans un contexte pour favoriser la croissance de l’emploi et aider la relève.» Pour un contrat social, environnemental et économique La fédération environnementale du milieu étudiant ne veut pas d'une vue frileuse sur la mondialisation LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La fédération environnementale du milieu étudiant du Québec, Environnement Jeunesse (Enjeu), estime que le Sommet sur la jeunesse n’aura de suite véritable que s’il débouche sur un «contrat social, environnemental et économique», pas sur une vue frileuse et impuissante de la mondialisation des marchés.Plaidant pour une révision en profondeur des orientations du Sommet dans un document distribué hier aux délégués, Environnement Jeunesse estime que ce dernier doit plutôt déboucher sur un projet porteur d’avenir en incluant non seulement les préoccupations d’ordre économique mais également celles d’ordre social (solidarité et équité) et environnemental.Enjeu s’est aussi attaqué au «manque de transparence» qui a entouré la préparation du Sommet à son «orientation très économique», à l’absence de tout un pan de la jeunesse, à l’omniprésence des parrains et des moins jeunes et, finalement, à «l’absence complète et irresponsable de la protection de l’environnement» même s’il y va des enjeux d’une génération.Non seulement «il est faux de prétendre que l’environnement se porte bien au Québec», ajoute le document d’Enjeu, mais «il est faux de prétendre que l’environnement n’est pas une préoccupation des jeunes et de la population en général», une phrase qui cible un récent sondage évaluant autour de 1 % les jeunes préoccupés par cette question.Environnement Jeunesse ajoute qu’il est tout aussi faux de prétendre qu’environnement et emplois ne vont pas ensemble, que les entreprises peuvent s’autocontrôler et «que le Québec possède un ministère de l’Environnement fort et en mesure de remplir son mandat».Une charte Dressant son portrait des besoins environnementaux, Environnement Jeunesse demande l’adoption d’une charte des droits et responsabilités en environnement, d’un bilan aux quatre ans de l’état de l’environnement, la nomina- tion d’un Vérificateur environnemental permanent et indépendant du gouvernement et une révision des lois environnementales, qui exclurait la déréglementation et l’autocontrôlé pour restaurer plutôt les moyens financiers et budgétaires du ministère pour qu’il puisse assumer des missions élargies, comme en forêt, où il aurait moins de pouvoir que les compagnies.Environnement Jeunesse plaide enfin pour la mise en place d’une politique de prévention environnementale musclée, qui servirait de socle à une politique de santé publique afin d’enrayer les taux croissants de maladies environnementales.Il estime urgent que Québec vire à 180 degrés en matière de transports en mettant de côté ses projets d’autoroutes et de ponts en milieu urbain, qui éloignent le Québec de ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre.Il faut par ailleurs, ajoute Enjeu, réduire l’endettement des agriculteurs, en partie causé par de mauvaises pratiques culturales, pour passer à une approche plus respectueuse des sols et des écosystèmes, quitte à financer cette transition vers une agriculture plus durable au lieu de financer la destruction des assises mêmes de cette importante industrie.En énergie, la fédération étudiante verte préconise un virage d’Hydro-Québec vers l’éolien et les économies d’énergie, comme partie d’une politique intégrée et écologique des ressources naturelles, appuyée sur un cadre réglementaire qui forcerait l’évaluation publique de tous les programmes gouvernementaux affectant de près ou de loin les écosystèmes et milieux naturels.A cette surprenante vision d’ensemble, le groupe ajoute la nécessité d’obliger par loi les entreprises à divulguer les risques sociaux et environnementaux de leurs activités et de permettre aux citoyens de faire appliquer les lois par les tribunaux par l’intermédiaire d’un Centre québécois du droit de l’environnement doté d’un véritable fonds de roulement de 500 000 $ par année, question de donner la parité de moyens aux Québécois dans ce domaine par rapport aux Ontariens.EN BREF Ottawa remboursera le Viagra (PC) — Le gouvernement fédéral a confirmé hier que le Viagra figurera parmi les médicaments remboursés aux anciens combattants, une mesure qui n’a soulevé l’opposition que d’un seul député, qui estime que le gouvernement n’a rien à faire dans les chambres à coucher des Canadiens.C’est la première fois au Canada que des fonds publics sont affectés au renforcement des performances sexuelles.La décision a été prise par le ministère des Anciens combattants, qui recevait jusqu’à 1000 demandes par mois depuis que l’usage du Viagra avait été approuvé en mars dernier.Surplus en Alberta (PC) — L’Alberta est en voie de réaliser un excédent budgétaire de trois milliards de dollars, et elle a commencé à réduire les coûts de certains services, selon les résultats de son troisième trimestre financier rendus publics hier.Environ 1,6 milliard de cet excédent sera consacré au remboursement de la dqtte.Cayer ne subira pas d’examen psychiatrique (PC) — Roger Cayer, l’homme qui s’est présenté lundi matin à l’hôtel de ville de Chicoutimi avec un fusil de calibre .20, ne subira pas d’examen psychiatrique.Le juge Rosaire La-rouche de la Chambre criminelle, de la Cour du Québec, a refusé hier la demande de la Couronne de faire examiner l’homme de 51 ans avant qu’il n’enregistre un plaidoyer quelconque aux quatre accusations portées contre lui.Roger Cayer a causé tout un émoi, lundi, à l’hôtel de ville de Chicoutimi.Il a sorti un fusil à canon tronqué afin d’être payé pour des travaux déjà accomplis.rand concours de JOURNALISME LE DEVOIR 2 0 0 0 VOUS QUE LE JOURNALISME INTÉRESSE ET QUI ÊTES INSCRIT À TEMPS COMPLET DANS UN CÉGEP OU UN COLLÈGE DU QUÉBEC, VOILÀ UNE OCCASION D'AGIR.Pour saisir cette chance de mesurer vos aptitudes et - qui sait?• de faire vos débuts dans un grand journal, il s'agit de rédiger un article critique d'au moins 700 mots, sur une manifestation sociale ou culturelle d'ici: rassemblement populaire, événement sportif, film, livre, pièce de théâtre, ou autres.« A retenir: • Votre participation à ce concours peut s'insérer dans le cadre de vos cours.• La date limite des envois de textes au journal Le Devoir est le 24 mars 2000.• La remise des prix aura lieu en mai 2000.« A gagner: 1” prix: Une bourse d'études de 2 000$ ainsi qu'un voyage et séjour de découverte conviviale de la France (condition d'admissibilité, avoir 1 8 ans et plus).2* prix: Une bourse d'études de 2 000$ 3* prix: Une bourse d'études de 1 000$ Des prix de participation, tels des logiciels et des abonnements au Devoir et à la revue Forces, seront aussi attribués par tirage.La Fondation du DEVOIR AQ1>F A'
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