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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2000-03-09, Collections de BAnQ.

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-+ FONDE EN 1910 DEVOIR V « i.X C I n ° r> i I, K .1 K II I) I !» M A H S 2 0 (» 0 T A X E S = 1 $ LES ACTUALITÉS LA CHRONIQUE DE JEAN DION: AMUSEZ-VOUS! PAGE A 3 POLITIQUE FINANCEMENT: L’UdeM RÉCLAME UN TRAITEMENT SPÉCIAL PAGE A 4 LE MONDE ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS RETOURNENT À WASHINGTON PAGE A 5 Ma non Co me11ier PERSPECTIVES La rumeur et ses fruits Dans une semaine et demie, le Parti libéral du Canada se réunira à Ottawa pour son congrès biennal.Selon l’ordre du jour officiel, les délégués débattront des futures orientations du parti.En coulisses, cependant, les discussions porteront davantage sur la direction de cette formation, un débat nourri par la grogne de certains députés et les rumeurs sur les intentions de Paul Martin.Pour un parti toujours populaire, il y a là symptôme d’un malaise.Chaque fois que le Parlement fédéral fait relâche, les hypothèses et rumeurs reprennent au sujet de la direction du Parti libéral du Canada.Le bruit qui a couru en début de semaine faisait état du départ possible du ministre des Finances, Paul Martin.Le ministre serait, ont répété plusieurs médias, lassé d’attendre que le premier ministre Chrétien cède sa place.M.Martin ne serait pas disposé à jouer les seconds violons jusqu’au lendemain des prochaines élections, élections que M.Chrétien répète vouloir gagner.Peu importe le démenti de M.Martin, il n’en fallait pas plus pour ramener à l’avant-scène cette course au leadership non déclarée qui durerait depuis plus de deux ans.Les hypothèses de complots qu’ourdiraient les camps Martin et Chrétien ont aussitôt circulé.Pourtant, le premier ministre Jean Chrétien et son parti dominent les sondages.Aucun parti d’opposition ne menace sérieusement le gouvernement.Iæ dernier budget a été bien reçu.Pour l’instant, tout ce qui perturbe, et perturbe beaucoup, la quiétude libérale est la mauvaise gestion qui prévaut au ministère du Développement des ressources humaines.^ ^ Cela fait mal mais n’occupe pas les troupes.Entre-temps, le gouvernement ne propose aucun projet mobilisateur.Le premier ministre Chrétien semble n'avoir qu’une chose en tête ces jours-ci, l’adoption rapide du projet de loi «sur la clarté».Son empressement est tel qu’il est venu à un cheveu de bousculer les règles du Parlement pour arriver à ses fins à temps pour le congrès de son parti.Les changements proposés aux procédures de la Chambre auraient non seulement privé l’opposition de ses dernières armes, mais aussi les députés d’arrière-banc libéraux.C’en était trop pour ces élus souvent réduits au rôle de figurants.Une trentaine d’entre eux ont protesté jeudi dernier contre le caractère antidémocratique des mesures proposées.Ils ne pouvaient tolérer qu’on leur interdise de présenter plus d’un amendement par projet de loi, une fois celui-ci rendu à l’étude à l’étape du rapport Après avoir dû justifier la politique du gouvernement en matière de transport aérien, avoir dû essuyer les protestations de leurs commettants contre le programme d’aide aux équipes de hockey professionnel, ils n’allaient pas accepter de se faire museler davantage.La frustration des députés libéraux les plus loquaces face au contrôle exercé par la direction du gouvernement n’est pas nouvelle.Mais elle devient plus difficile à contenir à la fin d’un deuxième mandat, quand se sont évanouis les espoirs de promotion.Certains députés et éminences grises — qui parlent toujours sous le couvert de l’anonymat — chercheraient donc à secouer leur ennui et à assurer leur avenir en tentant de faire pression sur le premier ministre pour qu’il songe à la retraite.Le temps est bien choisi, juste à la veille du congrès où il doit annoncer les responsables de l’élaboration de la plateforme électorale et les coprésidents de l’organisation de la campagne qu'on prévoit pour l’an prochain.Les candidats à la succession de Jean Chrétien ne manquent pas.A Paul Martin, il faut ajouter Allan Rock et Brian Tobin.M.Rock, qui dirige le ministère de la Santé, ne peut toutefois rien entreprendre d’ambitieux sans la bénédiction de son chef.Quant à M.Tobin, il aurait besoin de temps, dit-on, au moins une année.L’impatience de certains partisans de M.Martin, auquel ils croient leur avenir lié, pourrait expliquer les rumeurs entourant son départ.On ne peut parler de coïncidence, trop de médias ont fait écho à ce bruit en même temps.Le premier intéressé y serait-il pour quelque chose?Au bureau du premier ministre, on affirme être persuadé que M.Martin et ses proches conseillers n’ont rien eu à voir avec cela.Directeur de la campagne au leadership de M.Martin en 1990, le stratège libéral Michael Robinson est catégorique.La frustration des députés libéraux les plus loquaces devient plus difficile à contenir VOIR PAGE A 8: RUMEUR METEO Montréal Pluie se changeant en neige en soirée.Max: 10 Min: 7 Québec Pluie et neige.Max: 7 Min: 3 Détails, page B 2 INDEX Annonces.B 2 Bourse.B 4 Avis publics.B 6 Culture.B R Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Ix- monde.A 5 Les sports.B 6 Mots croisés.B 2 Politique.A 4 Télévision.B 7 Le laxisme coûte cher chez ADM ¦ Selon une étude interne, 79 contrats octroyés pour 19 millions se chiffreront à au moins 50 millions ¦ Aéroports de Montréal affirme avoir rectifié le tir FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR La mauvaise gestion qui a eu cours à Aéroports de Montréal (ADM) a coûté très cher.Plusieurs millions de dollars auraient pu être épargnés, n’eût été du laxisme administratif d’ADM, constate le service des finances de l’organisme dans un document interne daté du Tr mai dernier, dont Le Devoir a obtenu copie.In note de service, coiffée du titre «Etats des contrats entrepreneurs et experts-conseils: pourcentage des coûts additionnels pour les années 1996 à 1999 dont le pourcentage est très élevé», fait état de 79 contrats dont l’écart entre le coût d'octroi du contrat et ce qu'ADM a réellement dû déboursé au 1er mai varie entre 21 % et 900 %.Pour un coût global de ces projets atteignant les 50 millions de dollars, on in- dique que les économies auraient pu s’élever à au moins 27 millions.Cette estimation représente le coût des 79 contrats «à ce jour», c’est-à-dire le 1" mai 1999, ce qui indique que le montant de la facture pouvait encore gonfler.Chez ADM, on soutient par contre que cette façon de VOIR PAGE A 8: LAXISME Rires de femmes ¦•«a IIbK v -SP Ta ¦ ; M •Æy.: JACQUES NADEAU LE DEVOIR MONOPARENTALE aux études?Pourquoi pas?Corinna Macdonald, vingt-quatre ans, vue ici en compagnie de sa petite fille Kassandra, quatre ans, profite du projet Chance.Chance est un organisme sans but lucratif dont le mandat est d’aider les femmes monoparentales âgées de 18 à 30 ans qui désirent poursuivre leurs études tout en s’occupant de leurs enfants.Cet organisme dispose d’appartements à loyer modique, de services de garde, d’un service de livraison de nourriture, de programmes de prêts pour achat de livres, de prêts d’ordinateurs recyclés et d’une foule d’autres services utiles.Et les statistiques sont probantes: selon un sondage interne, près de 90% des femmes qui ont pris part à ce projet ont terminé leur études dans le programme de leur choix.Chance fêtait hier son dixième anniversaire en cette Journée internationale des femmes.Nos informations en page A 2.Établissements de soins de longue durée www.ledevoir.com Des vieillards maltraités L’Ordre des infirmières publie un mémoire virulent auquel font écho le Conseil pour la protection des malades et l’Association des CLSC et des CHSLD Les personnes Âgées qui séjournent dans des établissements publics de soins de longue durée font pitié.Manque de soins, contention, atteinte à leur dignité, violence physique et verbale font partie de leur quotidien.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Ce plaidoyer, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse l’entendra à répétition.Au cours des prochains jours, une vaste consultation publique se tiendra à Montréal et Québec sur l’exploitation des aînés.Pas moins de 108 mémoires ont été déposés et une cinquantaine d’organismes, associations et regroupements de personnes âgées seront entendus.Hier après-midi, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a défendu un mémoire virulent sur les Un Club Med au mont Tremblant 65 millions seront investis dans le premier village canadien du club HÉLÈNE BARIL LE DEVOIR Le Club Méditerranée a choisi le mont Tremblant pour y construire son premier village au Canada, qui sera aussi le tout premier à offrir des activités quatre saisons.L’investissement de quelque 65 millions de dollars sera annoncé dans les prochains jours, selon les informations obtenues par U Devoir.Un partenaire québécois, qu’on croit être le Fonds de solidarité de la FIQ, s’associerait au Club Med.La société française veut construire un hôtel de 350 chambres qui pourrait accueillir 900 GM (gentils membres) et qui donnerait de l’emploi à 200 personnes.Si tout se passe comme prévu, le village ouvrirait ses portes en novembre 2001.Aucun commentaire n’a pu être recueilli hier de la part des parties intéressées dans le projet Mais selon ce que Le Devoir a appris, le Club Med s’est VOIR PAGE A 8: CLUB MED Affaire Barnabé Le renvoi des policiers est exigé La famille de Richard Barnabé et le Mouvement action justice ont exigé hier le renvoi des policiers Pierre Bergeron et Louis Samson, qui ont réussi à force d’acharnement judiciaire à demeurer à l’emploi du SPCUM, en dépit de leur casier judiciaire.Les deux agents avaient été reconnus coupables de voies de fait ayant causé des lésions corporelles sur Richard Barnabé, un chauffeur de taxi aujourd’hui décédé.L’écho de l’affaire Barnabé a résonné jusqu’à Québec, où les parlementaires étudiaient hier un projet de loi sur la réforme de la police.Le ministre Ménard a expliqué que, si sa loi avait été en vigueur à l’époque, la destitution des policiers aurait été automatique.Seul le chef du SPCUM peut s’opposer au retour des agents Bergeron et Samson.Mais Michel Sarrasin s’est bien gardé de prendre une décision hâtive à ce sujet ¦ Nos informations en page A 3 ¦ L’éditorial de Michel Venne en page A 6: Policiers coupables centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) et les résidences privées pour les gens du troisième âge.Les renseignements dévoilés par l’OIIQ ont été colligés à la suite de visites d’inspection professionnelle et de signalements par des infirmières en poste dans ces établissements.Au Québec, il existe quelque 43 000 lits de soins de longue durée dans les centres d’hébergement publics et les centres privés conventionnés (régis par le ministère).La vérification de l’OIIQ a touché vingt CHSLD en 1995-96, neuf CHSLD et vingt résidences privées en 1996-97, et onze CHSI J) et huit résidences privées en 1998-99.Les résultats de cette enquête sont accablants.Partout les professionnelles ont constaté un manque effarant d’effectifs et de soins aux malades.«Le déficit en soins infirmiers auquel elles [les personnes bénéficiaires] doivent faire face n ’est pas sans conséquence: il se traduit par une utilisation trop répandue des contraintes physiques et un VOIR PAGE A 8: VIEILLARDS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les conditions de vie sont loin d’être toujours acceptables dans les établissements de soins de longue durée, constate l’Ordre des infirmières.‘.»V. I.K I) H V 0 1 R .L E JEUDI 9 M A R S 2 0 0 0 A 2 ?LES ACTUALITES- Droits d’auteur Le Coke et l’argent du Coke ou le libre choix?Les pigistes réclament 30 millions des médias LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Un interrogatoire au préalable a commencé, hier matin, dans le dossier de la requête pour faire autoriser un recours collectif de 30 millions de dollars contre plusieurs médias du Québec concernant les droits d’auteur des journalistes pigistes.Dans leur requête, des journalistes-pigistes allèguent qu’ils n’ont vendu leur article que pour une première publication sur papier, sans avoir cédé le reste de leurs droits d’auteur et autorisé la reproduction ultérieure de cet article par voie électronique.Or les médias écrits intimés auraient autorisé une entreprise appelée Cédrom-SNI à reproduire en format électronique, pour ses abonnés, leurs articles.Et ces médias écrits ont reçu, en contrepartie, une ristourne de la part de Cédrom-SNI.Les intimés sont La Presse, Le Devoir, Le Soleil, Le Droit, Le Quotidien, Le Progrès Dimanche, Le Nouvelliste, Le Journal Voir, PME, le Journal Les Affaires, Commerce, Affaires plus.L’actualité ainsi que Cédrom-SNI.L’Association des journalistes indépendants du Québec, rattachée à la Fédération nationale des communications de la CSN, revendique donc une compensation pour ces journalistes pigistes, à raison de 2000 $ pour les 15 000 articles qu’elle aurait ainsi recensés, d’où la somme de 30 millions.L’audience reprendra ce matin au Palais de justice de Montréal.Le débat atteint l’université McGill MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Un vent référendaire souffle sur le campus de l’université McGill, dont les étudiants décident aujourd’hui s’ils donnent ou non leur aval au contrat d’exclusivité actuellement en négociation avec Embouteillage Coca-Cola et la direction de l’établissement.Même si l’administration admet qu’il sera «délicat» de ne pas respecter la volonté des étudiants, ce référendum ne lie aucunement la direction et n’a qu’une valeur morale.«Autorisez-vous l’Association étudiante de l’université McGill [à s’engager dans \in]contrat d’exclusivité pour les breuvages froids à la grandeur du campus?» Voilà la question à laquelle ont dû répondre les étudiants de l’université McGill lors de ce référendum qui bat son plein depuis mardi et jusqu’à la fin de la journée d’aujourd’hui.En plus de voter pour les nouveaux représentants de l’Association étudiante de l’université McGill (AEUM), les étudiants doivent donner ou non leur aval à une entente qui est actuellement en négociation avec Embouteillage Coca-Cola et la direction de l’établissement.Curieusement, sur les bulletins de votation, la question en français omet la portion capitale de la phrase — ce que nous avons ajouté plus haut entre crochets.Toutefois, la question anglaise est complète.«C’est un oubli, J’en conviens», a expliqué hier Louis-Philippe Messier, com- missaire francophone à l'Association étudiante de l’université McGill (AEUM), organisme qui a formulé la question.«Mais ce serait un peu absurde d’invalider tout un référendum sur la base d’une erreur comme celle-là, surtout lorsque la question en anglais est correctement formulée.» «Nous avons reproduit ce que l’association nous avait transmis comme question», explique Paul Flicker, directeur des scrutins pour Elections McGill.La constitution de l’association oblige la traduction des questions et une signification équivalente, ajoute-t-il.«J’imagine que lorsqu’une erreur si évidente est formulée, c’est la question exempte d'erreur qui prend le dessus», explique M.Flicker.20 % des étudiants avaient voté hier en fin de journée, ce qui représente le taux habituel de votation des étudiants.«Nous nous attendons à atteindre 30 % demain», précise Paul Flicker.Depuis quelque temps, la communauté universitaire s’agite autour de ce contrat d’exclusivité dont on sait bien peu de choses, sinon qu’il s’échelonnerait peut-être sur une période de 11 à 14 ans et qu’il représente environ 10 millions de dollars.L’aspect confidentiel de l’entente, et essentiellement le fait que l’AEUM, qui y participe de concert avec la direction, n’en divulgue pas le contenu, inquiète les détracteurs du projet de contrat.«On pense que Coke peut inclure des clauses de quotas de vente et pénaliser l’université s’ils ne sont pas respectés au bout d’une certaine période, déplore François Tanguay-Renaud, v-p externe de l’Association des étudiants en droit de McGill, l’un de ceux qui ont démarré la croisade anti-Coke.Si on dit oui au symbole Coke, demain, ce sera quoi?» Alors que les opposants au projet s’inquiètent de l’incursion d’un tel partenariat à l’université, les responsables de l’AEUM font miroiter les avantages financiers reliés à une telle manne d’argent.«Les étudiants de McGill bénéficieront-ils de ce contrat?écrivait l’association dans une publicité diffusée mardi dans le McGill Tribune.Oui.McGill recevra des millions de dollars de Coke, et la moitié d’entre eux seront directement versés aux étudiants.» Après que l’Université du Québec à Montréal et l’Université Laval — elle aussi grâce au poids d’un référendum étudiant — eurent abandonné toute entente avec les géants de la bulle sucrée sous pression estudiantine, voilà que McGill entre dans la ronde.Rejoindra-t-elle le cercle de l’UQAM et de Laval ou celui de l’université Concordia et de Montréal, qui ont accepté de s’associer avec une entreprise de distribution de boisson gazeuse?«Nous avons tout à fait le droit d’entrer dans une entente sans respecter le vote des étudiants, précise Kate Williams, directri- ! ce du service des affaires universitaires de McGill./e dis toutefois que ce serait délicat de ne pas en tenir compte, mais rien ne nous y oblige.» La direction de l’université McGill défilait hier à son tour devant la Commission de l’éducation, à Québec.Les dirigeants y ont réitéré l’urgence pour le gouvernement de réinjecter des sommes massives dans le réseau universitaire afin de lui redonner un niveau permettant la compétitivité.«Le patrimoine québécois que représente l’université McGill, forte d’une tradition de 178 ans, est en train d’être dilapidé, déclare la direction dans le mémoire présenté hier.McGill emprunte à la fois sur le capital humain, sur le capital immobilier et sur le capital financier.» McGill recommande donc fortement au ministère de l’Éducation d’évaluer d'autres formes de financement, dont les crédits d’impôt à la recherche, le financement par le secteur privé et l’exemption d’impôt sur des gains en capitaux réalisés sur des actions données à l’université.«L’université est convaincue que l’appui du secteur privé est essentiel pour protéger l’institution publique qu’elle est», affirme Kate Williams.Chez Embouteillage Coca-Cola, on a refusé de commenter hier le contenu des contrats, spécifiant toutefois que l’entreprise a répondu à un appel d’offres lancé par l’université McGill, ainsi que dans la quasi-majorité des cas.La direction de l’université refuse de dire si elle respectera le vœu des étudiants Manque d’argent Marche contre la pauvreté et la violence Les femmes ne se laisseront pas arrêter en si bon chemin La Maison des sourdes de Montréal risque de fermer VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Faute d’aide financière, la Maison des femmes sourdes de Montréal fermera ses portes le 31 mars.C’est à ce dur constat que les responsables du service d’aide ont dû en arriver en voyant leurs bailleurs de fonds se retirer les uns après les autres au cours des derniers mois.La maison avait ouvert ses portes en janvier 1999.Son budget de fonctionnement est de 230 000 $ par année, dont à peine 15 000 $ sont fournis par la Régie régionale de la santé.Seul du genre au Québec, l’organisme vient en aide aux femmes sourdes en difficulté ou qui sont victimes de violence conjugale ou d’agressions sexuelles.Trois travailleuses assurent un service 24 heures sur 24, sept jours sur sept «On fait du financement d’urgence depuis le début, explique Nancy Martel, agent d’information pour l’organisme.On nous a demandé de faire nos preuves et on les a faites à coups de statistiques et d’études.Maintenant, on nous dit qu’il n’y a pas d'argent pour nous.» Si elle lorgne l’aide gouvernementale, la maison affirme en avoir besoin pour assurer une sécurité.«On veut un laps de temps pour respirer, pour répondre à la demande grandissante et pour trouver de l'autofinancement», poursuit Nancy Martel.L’organisme souligne qu'il y a 11 000 femmes sourdes à Montréal et que 40 % d’entre elles vivent une situation de violence familiale.La moitié des femmes sourdes sont mariées à des hommes qui, eux aussi, sont sourds.Depuis son ouverture, la maison a traité près de 1000 demandes d'aide.REUTERS mm Au Pakistan, cette femme qui transporte des briques sur sa tête ne gagne pas plus de 2 $ par jour.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR \ A Montréal, mais aussi aux quatre coins de la planète, les femmes se sont réunies hier pour manifester leur solidarité et, en cette Journée internationale des femmes, donner le coup d’envoi de la Marche mondiale des femmes.Cette manifestation, qui rise à contrer la pauvreté et la violence dont les femmes sont victimes, culminera le 17 octobre prochain, lors d’un rassemblement mondialde-vant les bureaux de l’Organisation des Nations unies à New York.Hier matin, à la Cinémathèque québécoise, les femmes affluaient Plus de 200 personnes s’étaient présentées pour assister au lancement officiel de la Marche mondiale des femmes, lancée à l’échelle internationale par la Fédération des femmes du Québec (FFQ) En liaison directe avec Genève et New York, elles ont pu assister à des témoignages de femmes venues du Pérou, du Mozambique, de Roumanie, de France, de Jordanie, de Corée et de Zambie.Point culminant de la journée: un témoignage de la Birmane Prix Nobel de la paix, toujours en résidence surveillée dans son pays, Aupg San Suu Quy.A l’échelle internationale, la Marche regroupe plus de 3700 groupes répartis dans 149 pays.Leurs revendications sont au nombre de 17 et couvrent deux grands thèmes: un changement radical des règles du jeu économique et l’élimination de la violence faite aux femmes.Au cours des prochains mois et dans l’ensemble des pays, des ateliers d’éducation et des conférences sont prévus.Une grande campagne d’éducation populaire a aussi été lancée hier, comprenant une campagne de signatures en appui à leurs revendications, l’objectif étant de recueillir au delà de duc millions de noms, à remettre au secrétaire général des Nations unies le 17 octobre prochain.A Montréal hier, une foule de personnalités sont venues manifester leur appui au mouvement en signant les cartes.Étaient présents, entre autres, l’ex-pré-sident de la CSN, Gérald I .arose, la cinéaste Léa Pool et la chanteuse Marie-Claire Séguin.Le reste de la planète n’a pas été en reste côté événements.A Genève, 3000 femmes ont défilé devant les sièges des différentes organisations internationales.Des marches similaires ont eu lieu dans une cinquantaine de métropoles, notamment Buenos Aires, Le Caire, Ouagadougou, New York, et Tokyo.Et de manière plus inédite, à Paris, le parvis du Panthéon a été symboliquement rebaptisé par les manifestantes «Place des hommes et des femmes», au moment même où l'Assemblée nationale venait d’adopter une proposition de loi socialiste sur l’égalité professionnelle.A Londres, les prostituées de Soho ont observé hier une journée de grève en vue de dénoncer les tentatives d’éviction du quartier dont elles font l’objet.Délaissant leurs clients, elles ont défilé dans les rues le visage caché par des masques de théâtre.En Turquie, un employé municipal s’est exhibé en jupe sur la place principale d'une petite ville, pour dénoncer les harcèlements dont sont victimes les femmes.Au Kosovo, plusieurs centaines de femmes ont formé une colonne humaine, réclamant la liberté des prisonniers et brandissant les photos des disparus.En Afghanistan, la milice islamique ultraconservatrice des talibans a célébré pour la première fois la Journée des femmes en promettant aux Afghanes «tous les droits» de la charia, les lois coraniques et non pas les droits des «cultures immondes et dégoûtantes» de l’Occident Et enfin, même le pape y a mis du sien hier, présentant ses «vœux cordiaux» à toutes les femmes du monde, lors de son audience hebdomadaire au Vatican.Avec l’Agence France-Presse Gnmd ôMe cTcvumvm chez PalmiMM Jusqu’au 15 mars 2000.commandez l’armoire Patrimoine de votre choix m n tCns cWok fl n T m il DO D et obtenez 15% de réduction à l’achat.Cette offre s’applique sur les armoires de chambre, de salle à manger ainsi que sur les armoires audio-vidéo Au Centre Décor 440, 3932 Autoroute Laval Ouest, Laval (Qc) H7T 2P7 (450) 687-6867 l ia car te mm Mardi 14___________ IDdta Centre-villel M.Alain Bouchard Présider t et chef de la direction Alimentation Couche-Tard inc.Réjervations : Une Leblond Téléphone : (514) 871-4000, poste 4001 Télécopieur : (614) 871-5971 ZSS& «OMftfTflM Billet : 49 $ membre 71 $ non-membre Série de 10 billets : 445 % (membres seulement) TPS (7 %) et TVQ (7,5 %) en sus BOMBARDIER R0MRAMIHI R IG I RS ( .A S( i R AI \ Pratt & Whitney Canada Samson Belaii Delolttes Touche SM I \\ \I I\ SSQ EN BREF Comparution reportée (Le Devoir) — La comparution de Tarek Adealy Khafàgy, accusé de possession de matériel explosif, a été reportée au 22 mars.M.Khafagy, un réfugié égyptien qui aurait préparé un attentat terroriste contre l’ambassade d’Israël à Ottawa, selon les soupçons des policiers, s’est effondré en larmes lors de sa comparution en cour hier matin.L’homme âgé de 30 ans soutient qu'il ne sait rien à propos de cet attentat avorté.«Il est bouleversé.Il ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi il a été arrêté et pourquoi il doit rester en prison», a commenté son avocaL Torn Pentefountas.M.Khafagy a été arrêté samedi après que les policiers de la GRC ont trouvé du matériel explosif à son appartement de la rue Wiseman.L’avocat de M.Khafagy a demandé un délai à la cour afin d’étudier des documents déposés hier par la Couronne.Clandestins découverts Saint-Jean, N.-B, (PC) — Sept passagers clandestins, originaires de la République dominicaine, faisaient hier l’objet d’une enquête à bord d’un navire ayant accosté à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.Les sept passagers ont échappé à la vigilance de l’équipage en s’enfouissant dans un chargement de sel destiné à New York.On ne les a découverts qu’après trois jours en mer, quand ils sont sortis de leur cachette, souffrant du froid et de la faim.Ils ont immédiatement été arrêtés et confinés dans des pièces spéciales, où on leur a donné la même nourriture qu’aux membres d'équipage, et des médicaments, lorsque c’était requis.t DEVOIR J E T D I 9 M A R S 2 O O O L E L E LE DEVOIR MONTREAL A 3 du 16 «u 19 mars 2000 •u Palais m Congrès « Montréal Mmttüor 12.50* et SpilItLIGUXae Montréal Jean Dion ?Affaire Barnabé Au chef Sarrasin de décider L’éventuelle réintégration des agents fautifs en choque plusieurs Amusez-vous ! Une petite semaine aux États-Unis d’Amérique, messieurs dames, il n’y a rien de tel pour se remettre les yeux en face des trous.Aux États, même au fin fond de la cambrousse, on a toujours l’impression qu’il se passe quelque chose d’important C’est comme ça quand on mène le monde par la persuasion, la démocratie et les idées, et très très accessoirement le fric et les fusils.Never a dull moment, voilà la vraie devise des USA.Tenez, pendant cette petite semaine, un condamné à mort a été mis à mort au Texas.Mais George Walker Bush n’a rien à voir là-dedans parce qu’il était ailleurs à ce moment-là.Occupé à faire tourner la grande roue de la démocratie pendant les primaires, fl n’avait pas le choix, avec tout l’argent américain et toute la confiance qu’on a investis en lui.L’amour, aussi.Il ne iaut jamais sous-estimer l’amour, ni surtout l’image de l’amour.Mardi soir, tout au long de l’entrevue qu’ils ont donnée au réseau ABC, George W.et sa charmante épouse madame Bush se sont tenus par la main.Les doigts entrelacés, comprenez-vous.Indissociablement liés.Le prix d’un bon candidat à la présidence étant relativement élevé, 69 902 034 $ US pour être précis, quoi de plus normal qu’on en ait deux pour la même facture?Par contre, il paraît que personne ne tenait la main d’Odell Barnes, ce Tr mars à 18h25 locales à la prison de Huntsville, lorsque deux intraveineuses lui ont expédié la dose de thiopental de sodium qu’il avait bien méritée.Normal, on ne va pas commencer, à faire des chichis pour le 2081 zigouillé par la raison d’État texane depuis 1976, le 120' en moins de cinq ans sous la gouverne éclairée de George W.Bush.Au suivant Tenez, pendant la même petite semaine, un garçonnet de six ans a abattu une fillette de six ans au Michigan.Mais selon la National Rifle Association, ce ne sont pas les armes qui tuent les humains.Ce sont les humains qui tuent les humains.Même à six ans.Et dire que si la fillette avait elle-même été armée, elle aurait pu se défendre.?Dommage, tout de même, que John McCain soit à toutes fins utiles sorti de la course.On n’aura pas de rencontre américano-russe au sommet Poutine-McCain.Vous ne l’aviez jamais entendue avant, celle-là, pas vrai?Question de patates, il y en a de vraiment pas mal grosses aux States.Vous marchez sur la rue, comme ça, banalement, vous croyez croiser un melon ou un globe terrestre, mais non, illusion d’optique, délire hallucinogène, c’est une patate.Jamais vu de patates de cette dimension.D’ailleurs, je ne vous apprendrai pas grand-chose, tout est gros aux States.Il faut trois mois pour lire en diagonale le journal du dimanche.Les pc nneaux-réclame sont de la taille de l’horizon.Ils ont des milles à 1,6 kilomètre le mille, des dollars à 1,50 $ le dollar et des gallons à 3,7 litres le gallon.En réalité, la seule petite affaire, aux States, c’est la star féminine.Ça doit être une question d’expiation: pour compenser le fait qu’il se meurt d’obésité, ce pays a inventé la maigreur cadavérique comme canon de la beauté.Gros?Compensation?Vous avez dit bouffe?Oui oui, vous avez dit bouffe.Et vous avez bien raison.Il n’y a pas de meilleure façon de s’imprégner de l'|me d’une nation que de jouer avec sa nourriture.Et aux États, il y en a, de la nourriture.Personnellement, à chaque séjour de plus d'une heure outre-frontière, je me fais un devoir de passer au moins deux heures dans un supermarché.Juste pour voir et pour savoir un peu cç qui s’en vient parce que, comme chacun sait, quand les États-Unis mâchent, tôt ou tard le Canada est pris pour avaler.Considérons d’abord les innovations technologiques.Il y en a deux: le phare à solde et le présentoir sans lendemain.Dans le premier cas, il s’agit d’un voyant lumineux stratégiquement placé en saillie de la tablette et qui clignote devant le client ébahi, rappelant à celui-ci qu’un produit en spécial se trouve à portée de chariot (de la taille d’un dix-roues, il va sans dire); avec un peu de poésie, ça vous transforme l’emplette en répétition générale des feux du 4 juillet.Dans le second cas, la boîte de snack-tout-prêt-d’avance-ne-reste-qu’à-le-faire-ramollir-au-micro-ondes est stratégiquement placée dans un étui muni d’un ressort qui, lorsque le cflent ébahi s’empare de ladite boîte, se détend et pousse les autres boîtes vers le devant de l’étalage; bref, une fois le produit saisi, plus de place pour le remettre.C’est formidable, quand même, vous ne trouvez pas?Moi non plus, d’abord.Quant aux denrées elles-mêmes, elles sont toutes sans.Sans gras, sans cholestérol, sans additif, sans soustractif, sans peur et sans reproche, sans ceci, sans cela.C’est toujours marqué sur l’étiquette: sans.On croirait qu’il n’y a rien dans les contenants s’ils ne faisaient quatre litres et ne pesaient à peu près autant Gros.Des denrées, soit dit en passant dont certaines font carrément rêver.Des patates pilées, chers amis, déjà pilées et déjà constituées en boules sous emballage plastique (paquet de six boules).De la moutarde Theodore Roosevelt’s Great American sanctionnée par l’Association Theodore Roosevelt.Du fromage suisse de marque Finlandia (?).Des céréales Mike Alstott's A-Train Express — Mike Al-stott est un demi offensif pour les Buccaneers de Tampa Bay — dans une «boite pour collectionneurs à tirage limité».Des fèves au lard «à saveur de cuisson au four», juré.Du vin Chablis «saveur naturelle ajoutée».Du bacon Sunny-land «tranché dans la tradition des grands hôtels» avec instructions de manipulation; les grands hôtels ne sont pas formellement nommés mais les instructions précisent que si vous ne vous lavez pas les mains au varsol après avoir manipulé le bacon cru, ben vous allez peut-être mourir.Et puis, un bâtonnet de saucisson au pepperoni de huit pieds de long.Mais ça, c'est d’ores et déjà disponible au Canada.Sur l’emballage, c’est écrit: «Amusez-vous!» Si vous me trouvez une façon de s’amuser avec un bâtonnet de pepperoni de huit pieds sans verser dans le propos scabreux incompatible avec cette chronique familiale, je vous en offre un gratis.Selon une étude publiée dans les médias américains pendant la même petite semaine, la consommation de binnes serait excellente pour la santé.En fait, la consommation de binnes et de pois permettrait de réduire de 19 % les risques de maladies cardiaques.Seul hic: pour que ça marche, il faut consommer des binnes au moins quatre fois par semaine.Bref, vous vivrez plus longtemps, mais vous vivrez seul.jdion@iedevoir.com BRIAN MYLES LE DEVOIR Le directeur du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM), Michel Sarrasin, est maintenant la seule personne qui puisse empêcher le retour au travail des agents Pierre Bergeron et Louis Sam-son, impliqués dans l’affaire Barnabé.Ni le ministre de la Sécurité publique, ni le Comité de déontologie policière, ni les actions en justice ne peuvent renverser la décision rendue mardi par la Cour du Québec, qui a cassé les sanctions de destitution prononcées contre les policiers Bergeron et Samson.A moins d’une décision contraire du chef Sarrasin, ils reviendront donc au travail après avoir purgé une suspension sans salaire de 300 jours pour André Bergeron et de 240 jours pour Louis Samson.Michel Sarrasin a refusé de dévoiler ses intentions, précisant qu’il avait besoin d’une longue période de réflexion.«Je ne peux pas prendre une décision en quelques heures, a-t-il dit Nous avons un système de justke et la cour a pris sa décision.» Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, a pour sa part précisé qu’il ne pouvait rien faire pour empêcher le retour au travail des policiers.Il a cependant réitéré sa volonté de changer la loi pour éviter qu’une telle situation se reproduise à l’avenir.Les Barnabé frustrés La réaction initiale de Michel Sarrasin fait craindre le pire à la famille de Richard Barnabé et au fondateur du Mouvement action justice (MAD, Yves Manseau, qui exigent le congédiement pur et simple de Pierre Bergeron et Louis Samson.La feuille de route des deux agents est déjà entachée d’une condamnation pour voies de fait causant des lésions corporelles sur la personne de Richard Barnabé.C’est suffisant pour les mettre à la porte, estime son frère, Raymond Barnabé, qui ressent aujourd’hui «une grande frustration».«La destitution était la sentence appropriée.On demande au directeur de les congédier, il en a le pouvoir Mais il ne le fera pas.La Fraternité [des policiers] est trop forte et il en a peur.C’est un mouvement très fort et très puissant», a commenté Raymond Barnabé, lui-même un policier à la retraite, qui a travaillé 30 ans au SPCUM.De son côté, Yves Manseau a fait remarquer que des policiers avaient déjà été congédiés «pour des offenses beaucoup moindres» par le passé, par exemple le vol à l’étalage, I’utilisation à des fins personnelles du système informatisé de renseignements ou la consommation de drogues.«La destitution pour des motifs disciplinaires, elle existe.Et elle devrait être appliquée dans ce cas.S’il n 'agit pas, Michel Sarrasin va encore nourrir le sentiment d’impunité des policiers dans les causes de brutalité policière», a tranché M.Manseau, un critique sévère des organisations policières.La Fraternité des policiers de la CUM a pour sa part accueilli avec la plus grande satisfaction la décision de la Cour du Québec, qui a estimé la destitution comme étant une sanction trop sévère, attribuée pour des raisons injustifiées par le Commissaire à la déontologie policière.Le président de la fraternité, Alain Simoneau, presse Michel Sarrasin de réintégrer les policiers Bergeron et Samson.Deux autres agents condamnés au criminel pour leur implication dans l’affaire Barnabé ont déjà repris le travail.Selon M.Simoneau, la mort tragique de Richard Barna- be ne devrait pas pour autant entraîner le renvoi des policiers.Reprenant les grandes lignes du jugement prononcé au criminel, il rapiielle que les agents ont agi sans intention malicieuse et que, s'ils ont fait l’usage d'une force plus grande que nécessaire, c’était de façon bien involontaire.«Cest un événement isolé,» dit-il au sujet de l'affaire Barnabé.L’écho de l'affaire Barnabé a résonné jusqu’à Québec, où les parlementaires étudient depuis mardi le projet de loi sur la réforme de la police.La présidente de la Commission de la sécurité publique de la Communauté urbaine de Montréal, Claire Saint-Arnaud, a rappelé à tous les élus qu’ils sont les premiers responsables et redevables de l’action de leurs policiers.La présidente du comité exécutif de la CUM, Vera Da-nyluk, a aussi rassuré les citoyens en envoyant un message très clair aux policiers.«J’insiste moi aussi sur le fait qu ’on n 'accepterait jamais, de la part de nos policiers, un comportement ou des gestes qui sont inacceptables.» La commission parlementaire s'est notamment penchée hier et mardi sur les articles du projet de loi portant sur la déontologie et les sanctions disciplinaires.Le ministre Ménard a rappelé que si sa loi avait été en vigueur à l’époque où les policiers ont été condamnés pour leur rôle dans l’affaire Barnabé, ils auraient encouru une destitution automatique.Les trois grands syndicats de policiers ont exprimé leur vive opposition à cette éventualité.«À chaque jour, les policiers doivent faire usage de la force dite nécessaire et la ligne de démarcation entre cette force nécessaire et la force abusive n’est pas toujours facile à tracer, estime la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec.Avec la Presse canadienne Négociations La STCUM obtient son congé de cotisation Un chauffeur d’autobus gagnera en moyenne 46 530 $ dans trois ans JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les employés toucheront des hausses salariales totalisant 8 % au cours des prochaines années.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Tant la STCUM que le syndicat des chauffeurs, opérateurs de métro et employés de services connexes trouvent leur compte dans l’entente intervenue à la table de négociations.L’employeur prend congé de cotisation au régime de retraite tandis que les salariés obtiennent des améliorations de ce même régime, des hausses salariales de même qu’une garantie de non-mise à pied.Le syndicat des employés de bureau doit également approuver son entente sous peu.Un travail de longue haleine, qui aboutit 54 jours après l’expiration de l’ancienne convention, après plusieurs mois de négociations et surtout à la suite de nombreuses journées de manifestations de tout genre.Comment l’employeur a-t-il réussi cela?«On a vu qu’on pouvait prolonger certaines mesures temporaires, financées à même les réserves.On a pu bouger sur les salaires et sur les horaires de travail.On a répondu aux attentes des employés par le jeu de la négociation», a déclaré Jacques Fortin, le directeur général de la STCUM.Et les employés sont satisfaits.«Nous avons rempli tous nos objectifs.C’est une victoire sur toute la ligne», a déclaré Serge Lavoie, le président de la section locale 1983, affiliée au Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ).La nouvelle convention durera trois ans.Elle accorde à la STCUM un congé de cotisation au régime de retraite.La participation de l’employeur sera financée à même les surplus qui atteignaient près de 309 millions de dollars en décembre 1998, dont 182 millions non autorisés par la loi.De leur côté, les employés bénéficieront d’un congé de contribution au régime de retraite, lequel correspondra à une augmentation de salaire de 6 %, soit entre 28 et 30 $ de plus par semaine.Les employés auront également une augmentation de salaire: 2 % en 2000, 3 % en 2001 et 3 % en 2002.Un chauffeur d’autobus qui gagne en moyenne 43 000 $ par année touchera donc 46 530 $ à la fin de la convention.Cette augmentation coûtera environ huit millions à l’employeur et sera financée grâce, en partie, à son congé de cotisation.Vers un budget équilibré Les autres modifications sont les suivantes: une plus grande flexibilité opérationnelle, en incitant les employés à changer leurs congés mobiles en congés planifiés; une amélioration du régime de retraite, en augmentant la prime de retraite annuelle de 7000 à 8000 $ et en indexant rétroactivement les rentes.Pour équilibrer son budget 2000, la STCUM avait besoin de libérer 30 millions de dollars.Elle souhaitait conclure une entente de cinq ans et offrir une hausse salariale de 5 % à ses employés.Le jeu de la négociation en a voulu autrement, et c’est une entente de trois ans et 8 % d’augmentations qui ont été conclus.Les mesures rendues publiques hier donnent à la STCUM une marge de manœuvre de 22 millions.Il lui faudra donc encore trouver huit millions, qu’elle espère bien réussir à dénicher en négociant une convention collective similaire avec ses employés d’entretien.Hier, Gaétan Châteauneuf, président du Syndicat des transports, affilié à la CSN, représentant les employés d’entretien, a réagi à l’entente: «On est loin de nos objectifs! [¦¦¦\La STCUM sort grande gagnante.Ce sont les chauffeurs qui financent leur propre augmentation salariale.[.] Nous, on demande les surplus pour bonifier les retraites, et non pas pour financer le déficit!» arneau Venez nssi avec nmiPK secuin Philippe Séguin Michel Détautels «la France et le Québec sont-ib condamnés à I Il mars ('luiMi|tiuin uie Nathalie ELLIOTTl mon premier irançals Illustré Pour tout le cours pnmairoj 1192pages-35$ Les Editions GUÉRIN En ueme dans toutes les librairies IM 1 HlKl .2000 2(M)I Discours sur le budget Quebec Québec S S Les Publications du Québec DISCOURS SUR LE BUDGET Ce produit comprend les trois documents suivants : - Discours sur le budget - Plan budgétaire - Renseignements supplémentaires sur les mesures du budget 36832 19,95 $ Also available ht English 36833 Vente et information Chez votre libraire Llbnlrie Les Pabllcitlons du Québec COMPLEXE DESJARDINS.Montréal Niveau de la Place Coin René-Lévesque el Saint-Urbain (514) 873-6101 internet: http://doc gouv qc.ca Télécopieur: (418) 643-6177 1 800 561-3479 Téléphone: (418) 643-5150 1 800 463-2100 PRÉVENTE • COMMANDEZ DÈS MAINTENANT par téléphoné au 1 800 463-2100 ou par télécopieur au 1 800 561 3479 Livraison assurée dans les 24 heures de la lecture du discours Dale limile de commande : le jour de la lecture, avant 15 h P 437 LE DEVOIR.LE JEUDI 9 MARS 2 0 0 0 A 4 -* LE DEVOIR «- POLITIQUE Le recteur de FUdeM plaide pour un financement différencié des universités Privatisation partielle du système de santé albertain Uopposition s’organise ROBERT DUTRISAC DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Il existe de grandes universités au Québec dont le rayonnement est international — Montréal, McGill et Laval — et le gouvernement Bouchard fait fausse route en les mettant dans le même panier que les universités à vocation régionale quand il s’agit d’assurer leur financement.C’est l’avis qu’a livré au Devoir le recteur de l’Université de Montréal, Robert Lacroix, qui participait hier à la commission de l’éducation sur les résultats financiers des universités.«On sent que tout est sous tension, et s’il n’y a pas un réinvestissement, ça va s’affaisser dans cinq ans.Vous verrez la décote des universités de Montréal, de McGill et de Laval.C’est aussi bête et aussi simple que ça».Bon an mal an, les universités québécoises, l’Université de Montréal en tête, continuent de recevoir plus que leur part des subventions provenant essentiellement des organismes fédéraux en raison de la qualité de leurs chercheurs.«Mais les succès actuels reposent sur les investissements passés», a fait observer M.Lacroix.Et les effets des compressions entreprises dans les années 1994-95 se font sentir.«La réception des subventions des grands organismes va commencer à diminuer parce qu’on n'aura plus la force de frappe.» L’Université de Montréal commence à perdre ses jeunes professeurs titulaires.M.Lacroix a cité l’exemple de Thomas Lemieux, un des meilleurs économistes de sa génération en Amérique du Nord, qui a accepté une offre de l’University of British Columbia, et celui de Benoît Roux, un jeune chimiste physicien parti à la Cornell University.Ce n'est pas fondamentalement pour une question de salaire mais plutôt de milieux de recherche et de moyens.«Ce qui intéresse les meilleurs chercheurs, c’est d’être parmi les “happy few”», de bénéficier d’un encadrement de recherche qui leur permette de donner le meilleur d’eux-mêmes sur une longue période, a fait valoir le recteur.Débat mal engagé Le débat sur le financement des universités au Québec est mal engagé.«Le vrai débat, ce n’est pas de savoir si l’Université de Montréal est surfinancée par rapport à Chicoutimi», a avancé M.Lacroix, mais bien si le financement des universités régionales au Québec se compare à celui des autres universités régionales en Amérique du Nord et si les grandes universités comme Laval, McGill et Montréal peuvent tenir le coup face à des universités comparables en Amérique du Nord.«Pour le Québec, c’est un enjeu national: est-ce qu’on veut jouer dans cette ligue-là?», a poursuivi M.Lacroix, qui souhaite que le gouvernement reconnaisse la structure différenciée du monde universitaire.«Est-ce que le Québec peut se passer d’une grande université francophone d’envergure internationale dans sa métropole?», s’est-il demandé.Dans sa politique à l’égard des universités qu’il ^ dévoilée en février, le ministre de l’Éducation, François Le-gault, refuse de faire cette distinction.«On ne souhaite pas qu’il y ait deux vitesses universitaires au Québec», assure-t-on à son cabinet On favorise tout de même la création de masses critiques en matière de recherche.«Sur le plan politique, le régionalisme est très fort, note M.Lacroix.Ce que je souhaite, c’est que les gens arrêtent de penser que l’Université de Montréal, c’est une université d’une petite gang de Montréalais.Nos étudiants viennent de partout dans le monde, de partout au Catiada et de partout au Québec.» A l’heure actuelle, et ce n’était pas le cas il y a dix ans, lUdeM fait figure de parent pauvre au Canada.Se basant sur une comparaison fine avec l’université de Toronto, un établissement qui lui ressemble, l’Université de Montréal réclame 140 millions de plus par année pour rivaliser à armes égales avec son pendant ontarien.C’est plus de 40 % de son budget actuel.Un budget qui est en situation d’équilibre, phénomène rare parmi les universités québécoises, mais au prix, notamment, d’une réduction de 20 % du nombre de professeurs.Plus que jamais le Québec clique Internet, c'est la liberté de s'informer.La liberté d'aller au coin de la rue ou au bout du monde.La liberté d'aller où vous le voulez, quand vous le voulez.La liberté de planifier votre retraite ou de faire vos emplettes, de vous divertir ou de découvrir Paris, New York, Montréal, Rimouski.Internet, c'est la voie rapide vers une seule planète.Internet, c'est vous, c'est nous.Courriels, télétravail, commerce électronique.Plus que jamais, le Québec clique.Tout.Simplement.Et en français.Internet.Québec//c www.quebeclic.com Quebec« « HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le premier ministre albertain, Ralph Klein, devra-t-il plier une fois de plus l’échine et retirer son projet de loi 11 permettant à des cliniques privées d’effectuer des chirurgies mineures?Il a dû, au cours des trois dernières années, abandonner à deux reprises des projets de loi similaires à cause de la forte opposition de la population, et rien n’indique que cette fois-ci sera différente.«Les gens sont de toute évidence préoccupés par le fait que c’est la troisième fois qu’ils se font présenter ce genre de projet de loi, explique Nancy MacBe-th, le chef du Parti libéral de l’Alberta et leader de l’opposition.Surtout qu’ils ont dit à plusieurs reprises lors de consultations publiques qu’ils s’opposaient à un élargissement de la place du secteur privé en santé.Alors, le fait que M.Klein revienne à la charge provoque une réaction.» L’opposition s’organise en effet contre le projet de loi 11.Des manifestations ont eu lieu dans la province en début de semaine et même devant les bureaux torontois du ministre de la Santé fédéral, Allan Rock, et les libéraux organisent des soirées-conférences dans plusieurs villes.Le projet de loi 11, qu’avait annoncé dans ses grandes lignes M.Klein avant Noël et qui a été déposé officiellement jeudi dernier, interdit la création d’hôpitaux privés.Il donne plutôt le droit aux Capital Health Autorities, l’équivalent des régies régionales québécoises, de donner en sous-traitance à des cliniques médicales privées des opérations chirurgicales mineures.La facture sera acquittée par le gouvernement: les patients dirigés vers ces cliniques n’auront pas à payer pour recevoir des services assurés et aucuns frais afférents non couverts par l’assurance-maladie ne pourront être obligatoires.Les cliniques pourront toutefois offrir à leurs patients des services ou des produits de qualité supérieure à ce que rembourse l’État mais les patients devront consentir par écrit à les payer au préalable.Ên outre, les patients n’auront pas le droit de payer leur chirurgie pour éviter les listes d’attente.Les cliniques qui ne respecteront pas cet aspect de la loi pourraient recevoir une amende allant jusqu’à 10 000 $, et de 20 000 $ pour toute offense subséquente.Pour diminuer les listes d’attente Le gouvernement de Ralph Klein soutient que son projet de loi permettra de diminuer les listes d’attente dans le réseau de la santé.En se spécialisant dans certains types de chirurgies, on espère que les cliniques privées deviendront plus efficaces.Le projet de loi stipule à cet effet que les contrats ne seront accordés que si les cliniques privées peuvent faire la preuve qu’elles sont en mesure d’offrir leurs services à un coût moindre.Mais le gouvernement n’a pas encore expliqué comment le calcul s’effectuera, déplore Mme MacBeth.La leader de l’opposition fait remarquer qu’il est très difficile de déterminer les coûts exacts d’une seule opération dans le système public, et que par conséquent les contribuables se retrouveront à payer la marge de profit des entrepreneurs privés évaluée à 15 %.Les critiques font aussi valoir que les cliniques privées pourraient ne sélectionner que les cas les moins lourds et laisser les plus coûteux aux hôpitaux sans que cela se reflète dans leurs factures.On craint aussi que la pression pour que les patients achètent des services de meilleure qualité, mais non assurés, augmente.Dans tout ce dossier, Allan Rock n’a pas encore fait de commentaire quant à savoir si le projet de loi albertain respectait ou non la Loi canadienne sur la santé.Les avocats du ministère doivent encore déterminer toutes les implications du projet de loi avant que le ministre puisse se prononcer, c’est-à-dire d’ici quelques semaines.En entrevue au National Post, M.Rock a toutefois émis le souhait quç le projet de loi 11 ne se réalise pas.A deux reprises, a-t-il expliqué, des projets de loi similaires ont été abandonnés devant la pression populaire, et le ministre dit espérer que le scénario se reproduise.«La question n’est pas tant de savoir si nous allons intervenir pour empêcher l’adoption du projet de loi — cela serait perçu comme me interférence d’un gouvernement central autoritaire dans les affaires d’une province — mais si nous allons prendre part au débat.Et nous allotts certainement le faire.» E N Jeunes péquistes: une défaite amère (Le Devoir) — L’élection d’Alexis Cossette-Trudel à la présidence du Comité national des jeunes du Parti québécois a laissé des séquelles.Sur le site Forum avantgarde Québec du réseau Internet, l’on peut lire un texte signé par l’un des deux candidats défaits.Mathieu Lachaîne se dit dégoûté par l’attitude de Cossette-Tru- B R E F del, auquel il reproche notamment d’avoir mené une campagne empreinte «de démagogie et de salissage personnel».Pour Mathieu Lachaîne, le nouveau président Cossette-Trudel est un «carriériste mou» qui n’a pas l’intention d’acheminer les conclusions des jeunes péquistes au congrès national de mai.«Il est probablement déjà en train de dealer son avenir politique contre le tassage de ces propositions sous le tapis», écrit Lachaîne.Gambard Vente et service technique ROLEX Datejust en acier et or 18 carats 6}0-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL.: 866-3876 - -rriMiminii ¦ «.m . A 5 LE DEVOIR LE MONDE Læ duel pour la Maison-Blanche Retour à la case départ Les deux vainqueurs de mardi ne sont plus tout à fait les mêmes personnages que Van dernier George W.Bush devrait être le candidat républicain après ses victoires sur John McCain à New York et en Californie.Chez les démocrates, le vice-président Al Gore a écrasé son rival lors du super mardi du 7 mars.Le scrutin présidentiel du 7 novembre prochain s’annonce serré.PATRICE DE BEER LE MONDE Washington — Al Gore et George W.Bush ont chacun remporté une victoire triomphale lors des primaires de ce super mardi du 7 mars.Le vice-président n’a laissé aucune chance à l’ex-sénateur Bill Bradley, réalisant un grand chelem dans les Etats où se déroulait une primaire ou un caucus démocrates.Le gouverneur républicain du Texas a empoché huit Etats en lice, ne laissant à son rival, le sénateur de l’Arizona John McCain, que quatre Etats de la Nouvelle-Angleterre comme lot de consolation.La logique politique a été respectée qui veut que les candidats ayant le soutien de l’appareil de leur parti bénéficient d’un avantage déterminant Les candidatures dites «insurgées» n’auront pas résisté et on voit mal comment MM.Bradley et McCain pourraient poursuivre encore longtemps une croisade devenue sans espoir.Bill Bradley espérait l’emporter, dans au moins un ou deux Etats, Al Gore l’a écrasé sur toute la ligne, parfois de manière humiliante comme en Géorgie, où M.Bradley n’a même pas fait 20 %, fl a plus de 20 points de retard dans sgn Etat natal du Missouri.A New York, où il fit carrière comme champion de basket-ball et qui est frontalier du New Jersey dont il fut sénateur pendant 18 ans, il n’a obtenu que 35 % des voix.Reconnaissant sa défaite, il a déclaré: «Al Gore a gagné, j’ai perdu.» Si personne ne donnait une chance à M.Bradley, M.McCain conservait des espoirs.Après plusieurs succès de départ, il n’a pas été capable de les confirmer et ses attaques contre le poids des fondamentalistes chrétiens dans son parti l’ont beaucoup desservi.fl comptait ramasser toute la mise en Nouvelle-Angleterre mais p’y a remporté que quatre des cinq Etats où se tenait une primaire.Il espérait faire un bon score dans l’Ohio, il y a été écrasé.Journée noire Ce premier «super mardi» — le second est prévu dans une semaine — aura donc été une journée noire pour ces deux hommes qui ambitionnaient de renouveler la vie politique américaine et de redonner confiance à un électorat qui, en majorité, boude les urnes.Distant, M.Bradley n’aura eu qu’un impact limité, se faisant voler la vedette par M.McCain, devenu la coqueluche des indépendants, de nombreux démocrates et de jeunes qui n’avaient jamais voté auparavant et que sa personnalité, son discours sur lîionneur et la dignité avaient séduits.Si tous deux doivent mettre bas les armes, leur combat continue.«C’est le début d'une nouvelle politique dans notre pays», a affirmé l’ex-basketteur.«Notre croisade se poursuivra autant qu'il le faudra pour restaurer la confiance des Américains dans notre grande démocratie.[.] Nous n’abandonnerons jamais cette mission», a ajouté, comme en écho, l’ancien prisonnier de guerre au Vietnam.Mais les dés étaient pipés en faveur des représentants de l'appareil des «C’est le début d’une nouvelle politique dans notre pays» deux grands partis, qui, seuls, avaient les moyens de mener de front une campagne si précoce et si resserrée.Jamais — si l’on excepte le vote national de novembre — autant d’électeurs n’ont été appelés aux urnes un même jour que ce mardi.Et si MM.Bush et Gore avaient été accrochés par leurs challengers, ils disposaient d’une session de rattrapage, le vote de mardi prochain, dans le Sud, leur étant a priori encore plus favorable.Qui plus est, les électeurs n’aiment guère les changements de politique quand les choses vont bien, ce qui est le cas en ces temps de prospérité.Plus des mômes Alors que les États-Unis se préparent pour une campagne qui va durer huit mois, le paysage américain se retrouve ramené quelque neuf mois en arrière, quand «W» et le vice-président apparaissaient comme les candidats incontournables.Mas c’est en partie une illusion.Les deux vainqueurs ne sont plus tout à fait les mêmes personnages que l'an dernier.Malmené un moment par M.Bradley — qui lui aura finalement servi de faire-valoir —, Al Gore s’est forgé une nouvelle vitalité et la réputation d’un grand travailleur.Plus encore, les attaques de son challenger, qui le critiquait pour être trop conservateur, ne pourront que lui servir quand il partira à la pêche des voix du centre, indispensable à toute course à la Maison-Blanche.Restera à faire oublier, si c’est possible, sa visite dans un monastère bouddhiste de Californie à la recherche de contributions financières.M.Bush sort, lui, blessé de son duel avec un héros de guerre qui laisse le Parti républicain divisé.Son image n’a rien gagné dans cette confrontation de deux personnalités, ni dans la guerre de spots publicitaires malveillants menée contre son rival.Mais surtout M.McCain aura réussi à le faire apparaître comme un ultraconservateur lié aux puissances d’argent et aux fanatiques de la coalition chrétienne.Parti en campagne avec une image centriste, il va lui falloir à la fois reconquérir la frange modérée de son parti et ces nouveaux électeurs que l’on a appelés les «démocrates McCain».Ce ne sera pas chose facile.Et celui dont on disait il y a quelques mois encore qu’il avait les meilleures chances d’être élu en novembre fait aujourd’hui jeu égal avec le colistier de Bill Clinton.Bien que triomphants, MM.Bush et Gore risquent de faire face à un sentiment de désillusion de la part de ceux qui avaient espéré un changement.Ce sont, en effet, les héritiers de politiciens traditionnels — d’un ancien président et d’un ex-sénateur — qui vont se présenter aux électeurs avec des programmes qui manquent de lyrisme.Populaires auprès de leurs militants respectifs, ils le sont beaucoup moins dans le pays.Selon un récent sondage en Californie, le pourcentage d’opinions négatives sur M.Bush était de 50 % et de 46 % sur M.Gore.Et l’on s’attend à une campagne particulièrement âpre entre deux hommes connus pour leur férocité dans le débat politique.Républicains Estimation Dakota-N Minnesota tfn r Washington1'*-—•?Démocrates Mlsso'05 *0 Hawaï »______ '681 f délégués I G.Bush 225 J.McCain A.Gore B.Bradley ^ Bradley partirait aujourd’hui AGENCE FRANCE-PRESSE Bill Bradley a décidé d’annoncer aujourd’hui son retrait de la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine, ont indiqué hier les chaînes de télévision américaines.Citant des sources proches de l’ex-sénateur du New Jersey, les télévisions ont précisé qu’il allait tenir au- jourd’hui une conférence de presse au cours de laquelle il allait officiellement annoncer qu’à la suite de sa déroute lors des primaires du super mardi, il avait pris la décision de renoncer à poursuivre la campagne.Selon CNN, l’ancien joueur de basket professionnel va également annoncer qu’il soutient sans réserve M.Gore dans la course à la présiden-ce.contre George W.Bush.Mission accomplie pour Dennis Ross Israéliens et Palestiniens retournent à Washington Les parties espèrent aboutir avant mai au projet d’accord définitif AGENCE FRANCE-PRESSE, REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Ramallah — Israéliens et Palestiniens se sont mis d’accord hier pour reprendre dans moins de deux semaines à Washington leurs négociations de paix, gelées depuis le début de février, et ont réitéré leur engagement à les conclure au plus tard le 13 septembre.Les deu^c rencontres entre Yasser Arafat et Éhoud Barak qui se sont succédé à quelques heures d’intervalle auront finalement réussi à débloquer hier des pourparlers de paix dans l’impasse depuis plusieurs semaines.Après un premier sommet la veille au soir à Savyon, dans la banlieue de Tel-Aviv, le président de l’Autorité palestinienne et le premier ministre israélien s’étaient de nouveau retrouvés hier matin autour de l’émissaire américain au Proche-Orient, Dennis Ross, cette fois dans un hôtel de Ramallah, en Çisjordanie.C’est la deuxième fois qu’Éhoud Barak se rendait dans les territoires autonomes en tant que chçf du gouvernement israélien.A l’issue d’une heure et quart d’entretiens, M.Ross a annoncé que les pourparlers reprendraient à Washington après l’Aid el-Kebir, la fête musulmane du Sacrifice, qui commence le 16 mars et dure quatre jours.«L’objectif est de parvenir dès que possible à un accord-cadre pour que toutes les questions de statut permanent puissent être résolues avant le 13 septembre», la date-limite prévue pour la signature d’un accord de paix définitif entre Israël et les Palestiniens, a ajouté M.Ross.Le président de l’Autorité palestinienne et le premier ministre israélien doivent se retrouver aujourd’hui dans la station balnéaire de Charm El-Cheikh, sur la mer Rouge, en compagnie du président égyptien Hosqi Moubarak.La médiation active fie l’Égypte conjuguée à celle des Etats-Unis a en effet permis cette sortie de crise alors que Yasser Arafat avait réitéré cette semaine sa menace de proclamer d’ici la fin de l’année un État palestinien indépendant, avec ou sans l’approbation d’Israël.Nouveau calendrier Dans le cadre du compromis trouvé cette semaine, Israéliens et Palestiniens ont accepté, d’après des responsables palestiniens, un nouveau calendrier pour les pourparlers de paix.11 faut dire que le calendrier initial était largement périmé puisque les grandes lignes de l’accord de paix auraient dû être tracées théoriquement avant le 13 février.Israël procédera prochainement au retrait de 6,1 % de la Cisjordanie, un redéploiement qui avait été à l’origine de la suspension des pourparlers au début du mois de février qprès une rencontre houleuse entre Éhoud Barak et Yasser Arafat.Les deux parties espèrent aboutir avant mai au projet d’accord définitif et un nouveau retrait israélien de Cisjordanie est prévu en juin.Pour l’heure, seul l’objectif initial du 13 septembre reste donc d’actualité.La brouille israélo-palestinienne ne portait même pas sur l’accord de paix définitif, qui devra régler entre autres les questions ultrasensibles du statut de Jérusalem, des réfugiés palestiniens ou des colonies juives, mais sur des points des accords intérimaires: la carte du redéploiement de 6,1 % de la Cisjordanie, qui était normalement prévu au début de l’année, et la date et l’étendue du retrait suivant Yasser Arafat voulait que des faubourgs de Jérusalem soient inclus dans, le premier retrait, ce que refusait Éhoud Barak.On ignorait encore si ce dernier avait fait une concession à ce sujet.Les Palestiniens demandaient également que l’Etat hébreu s’engage à procéder à un nouveau re- déploiement avant le traité de paix.Ils ; veulent en effet obtenir le maximum de gains territoriaux avant les discussions sur le statut définitif des territoires tandis que les Israéliens ten-tent, eux, de céder le moins possible ' de terre aux Palestiniens.Chacun a dû faire des compromîs.les Israéliens se sont finalement en- ¦ gagés à le faire avant la fin du mois de juin tandis que les Palestiniens accep- ' taient de leur côté qu’il ait lieu après l’élaboration de l’accord-cadre qui tra-' cera notamment les frontières définitives de la future entité palestinienne.' La terre à tous AGENCE FRANCE-PRESSE Jérusalem — La Cour suprême israélienne a, dans un jugement appelé à faire jurisprudence, déclaré hier illégale l’interdiction de vendre des terrains appartenant au domaine public à des non-juifs, a annoncé le ministère de la Justice.La plus haute instance judiciaire israélienne a donné raison à un Arabe israélien, Iman Kaadan, qui avait fait appel à elle après s’être fait refuser, il y a cinq ans, le droit d’acheter un terrain à construire à Katzir, dans le nord d’Israël, sous prétexte qu’il n’était pas juif.Ce terrain faisait partie de lots de terres domaniales administrées par un organisme paragouvernemental qui entendait développer la population juive dans un secteur où vit une importante communauté d’Arabes israéliens.Dans son jugement, la cour a estimé que le «principe d'égalité interdit à l’Etat de procéder à des distinctions sur la base de la religion ou de la nationalité» et critiqué cette «inadmissible discrimination».«Le caractère juif de l'État n'autorise pas Israël à se livrer à des discriminations entre ses citoyens.En Israël, juifs et non-juifs sont des citoyens avec des droits et des responsabilités égaux», ont ajouté les juges.La cour a toutefois souligné que son jugement ne concernait pas les kibboutzim et les mochavim, les villages collectivistes et coopératifs israéliens.La décision de la Cour suprême, sa- ; luée par l’Association pour les droits • civiques en Israël, a été critiquée par l’Agence juive, qui supervise l’immigration juive en Israël.Une journée comme les autres Es V , v Wi :?»; t.Jg>' ' A» .* «% m m è-'-r' ï - v- Vl2 mfit m RAFIQUR RAHMAN REUTERS DES BAN G LAD AISES travaillaient à la construction d’une route près de la capitale Dhaja, hier, Journée internationale des femmes, occasion de se pencher sur la situation de ces dernières, particulièrement dans les pays en développement où les femmes subissent souvent une grande discrimination dans les secteurs du travail et de la sécurité sociale.Clinton a invité les parties à Washington pour la Saint-Patrick Les partis nord-irlandais renouent le dialogue AGENCE FRANCE-PRESSE Belfast — Les principaux responsables politiques d’Irlande du Nord ont renoué un début de dialogue hier soir en participant à une table ronde sous les auspices de Londres et Dublin, pour la première fois depuis la suspension des institutions nord-irlandaises il y a un mois.Aucune percée n’était toutefois attendue à l’issue de cette rencontre, l’essentiel pour les deux gouvernements consistant à maintenir un contact entre les formations protestantes et catholiques afin d’éviter que ne perdure un vide politique lourd de risques.Le ministre britannique à l’Irlande du Nord, Peter Man-delson, et le ministre irlandais aux Affaires étrangères, Brian Cowen, ont notamment réuni autour de la même table l’aile politique de TIRA (Sinn Féin), le principal parti protestant de la province (UUP) de David Trimble, le parti nationaliste modéré (SDLP) et deux petites formations proches des paramilitaires protestants.Les deux ministres avaient auparavant reçu séparément les partis tout au long de la journée.La simple tenue de cette réunion commune constitue une avancée après quatre semaines au cours desquelles le Sinn Féin et les protestants de l’UUP n’ont cessé de se renvoyer mutuellement la responsabilité de l’impasse.L’aile politique de TIRA en particulier, avait jusqu’ici fait du rétablissement du gouvernement et de l’assemblée locale semi-autonomes d’Irlande du Nord un préalable à toute reprise des discussions.À sa sortie des entretiens.Gerry Adams, le leader du Sinn Féin, a estimé que l'impasse ne pourrait être résolue sans un changement de mentalité des protestants, qui font d’un début de désarmement de TIRA — ou à tout le moins un engagement clair à neutraliser son arsenal — une condition à l’application de l’accord de paix signé en 1998.«Le problème pour les unionistes est leur incapacité à accepter les changements nécessaires», a-t-il estimé, prévenant qu’il n’avait pas l’intention de «tourner en rond» éternellement pour tenter de trouver une solution à la question du désarmement des paramilitaires.«Nous nous félicitons des rencontres aujourd'hui avec les deux gouvernements et de la table ronde de ce soir», a affirmé dans un communiqué le parti de David Trimble, le SDLP «Elles mettent un terme à la dérive [du processus de paix] et vont aider à restaurer la confiance dans le processus politique.» Le ministre britannique à l’Irlande du Nord, Peter Man-delson, a reconnu lors d’une conférence de presse qu'il restait des «difficultés et divergences significatives» à surmonter pour relancer la paix.Mais il a ajouté qu'il existait «une base commune importante» entre les partis.Londres et Dublin «vont travailler étroitement ensemble et avec les partis politiques pour trouver un moyen d’aller de l'avant et d’appliquer l’accord [de paix] dans son intégralité», a-t-il ajouté.Les principaux acteurs du conflit doivent se retrouver la semaine prochaine à Washington où le président Bill Clinton les a conviés pour la Saint-Patrick, le 17 mars.Les négociations devraient reprendre ensuite à Belfast.EN BREF Crise de confiance pour Jospin (AFP) — Le premier ministre socialiste français IJonel Jospin connaît une crise de confiance dans l’opinion publique, qui se traduit par un net recul dans les derniers sondages.Selon un sondage IFOP à paraître aujourd’hui, 58 % des Français ne souhaitent pas «que Lionel Jospin soit élu président de la République en 2002» tandis que 38 % le souhaitent, soit six points de moins qu’en janvier 2000.40 % souhaitent que le président de droite Jacques Chirac soit réélu, soit autant .qu’en janvier dernier, contre 56 % qui ne le souhaitent pas, selon ce sonda- ¦ ge réalisé les 2 et 3 mars ?"nrès d’un échantillon représentatif de 946 personnes.Selon un autre '¦¦'•’dcge BFM-CSA, publié mardi par Libéra- ; tion, Jacques Chirac l’emporterait avec 52 % des voix contre Lionel Jospin, si une élection présidentielle avait lieu maintenant.Attentats en Algérie ; (AP) — Le maire de la ville de Ain • Bessam (150 kilomètres à l'est d’Al- [ ger), deux militaires, un policier, deux gardes communaux et un I membre de groupes de légitime dé- ; fense (GLD, civils armés par les auto- • rités) ont été assassinés mardi dans ! quatre attentats différents, rapportait ; hier le quotidien Liberté.Vêtus d’uni- • formes militaires, des islamistes ar- | més dont le nombre n'est pas précisé ; se sont scindés en quatre groupes ! pour mener cette attaque.Tout d’abord à la recherche d'éléments de • forces de sécurité et de représen- î tants de l’Etat parmi les clients d’un ; hôtel, le groupe armé, après avoir I froidement abattu ceux qui se sont ] découverts, a tiré sans distinction sur • le reste des personnes présentes.I Avant de quitter les lieux, le groupe a ; déposé deux bombes incendiaires ! qui, en explosant, ont détruit 90 % de [ l’établissement.» Aceh: 1300 morts ; en 10 mois (AFP) — Au moins 1344 personnes ont été tuées ces dix derniers mois dans le conflit qui ravage la riche j province indonésienne d’Aceh, à l’extrême nord de l’île de Sumatra, où opère une guérilla indépendantis- ! te musulmane, selon un responsable de la police cité mardi.Près de la moitié des victimes sont des civils, selon les chiffres du chef de la police d'Aceh, le général Bachrumsyah Kasman, cité par The Indonesian Observer.Six cent cinquante-trois civils ont été tués, ainsi que 538 policiers et soldats, et 153 rebelles, entre mai 1999 et le mois dernier.D’autre part, 107 membres des forces de sécurité sont portés disparus et 378 ont été blessés. L fi I) K V 0 I K , L fi JEUDI 9 M A R S 2 0 0 0 A 6 EDITORIAL Policiers coupables ; Un policier qui a commis un acte criminel ne peut pas continuer à exercer ses fonctions, cela devrait aller de soi.e juge Jean Longtin, de la Cour du Québec, a annulé les sanctions en destitution prononcées en 1997 par le Comité de déontologie policière contre les agents Pierre Bergeron et Louis Samson, impliqués dans la mort de Richard Barnabé.Le juge Longtin a estimé que le Comité de déontologie n’avait pas justifié sa décision d’imposer la sanction la plus sévère prévue dans la loi.Selon lui, la destitution devrait être réservée aux actes les plus graves lorsque ceux-ci sont commis par des policiers dont le dossier déontologique est chargé.Mais pour le citoyen moyen, un policier qui utilise une force excessive .contre un détenu au point où ce dernier perd la vie commet un geste grave qui mérite sans doute la plus grande sévérité.Tout manquement déontologique dans toute pratique professionnelle est grave et requiert des mécanismes de correction du tort.Dans le domaine policier, une dérogation à la déontologie prend des dimensions différentes car elle met en jeu les valeurs fondamentales d’une société démocratique, soit le bon usage de l’autorité et de la force en regard du respect des libertés des citoyens.De ce fait, une dérogation à la déontologie policière ne peut pas être examinée comme une simple faute Michel^Venne professionnelle commise dans un autre domaine.Car c’est la confiance du public dans les représentants de la loi qui est en cause.Les policiers doivent être soumis à une déontologie plus stricte car ils représentent l’Etat.Leurs condi-;tions de travail, de retraite et de salaire sont d’ailleurs adaptées à cette responsabilité particulière.il est vrai que le travail policier n’est pas de tout repos.Maîtriser un détenu en crise n’est pas facile.Vrai aussi que, dans l’exercice de ses fonctions, un policier a droit à l’erreur et que s’il commet une faute, il a le même droit que tout citoyen d’être jugé en toute impartialité.Mais dans le cas qui nous occupe, un jury a déclaré en 1995 les agents ' Bergeron et Samson coupables de voies de fait ayant causé des lésions corporelles contre Richard Barnabé.Ces derniers ont commis un acte criminel, ce qui dépasse la simple faute professionnelle.1 Cette condamnation avait déjà été prononcée lorsque le cas des deux ! policiers avait été soumis au Comité de déontologie.Celui-ci n'était pas obligé d’en tenir compte.Mais pouvait-il vraiment l’ignorer?Selon le juge Longtin, le comité n’a pas justifié sa décision.Si cela est vrai, on doit reprocher aux membres du Comité d'avoir fait preuve d’une incompétence impardonnable.Ils auraient dû savoir que la jurisprudence allait contre leur verdict et ainsi prendre la peine d’appuyer leur décision sur des arguments solides.La différence de vue entre le Comité de déontologie et le juge Longtin soulève une question importante: qu’est-ce qui est assez grave pour justifier le renvoi d’un policier?Une personne ne peut pas être embauchée dans la police si elle a un dossier criminel.Ne serait-il pas logique qu’un policier qui commet un acte criminel soit automatiquement destitué, comme le propose le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, dans son projet de loi sur la police?Les derniers rebondissements donnent raison au ministre de vouloir fixer dans la loi la ligne que les policiers ne peuvent jamais franchir.Le chef de la police de la CUM doit décider du sort des deux agents.Il serait de bon ton qu’il s’inspire de la future Loi sur la police pour faire son choix.Il a le pouvoir de les congédier.Qu’il le fasse.mvenne@ledevoir.ca La progression de Gore I lv e la valse des primaires, le républicain George W.Bush sort affaibli alors que celui qui est désormais son principal adversaire, le démocrate Al Gore, sort plus solide que jamais.Du côté républicain, les coups de boutoir que le sénateur John McCain n’a pas cessé de donner au camp de Bush ont semé L___J la zizanie.En face, la victoire de Gore est d’une telle ampleur que le parti affiche maintenant une unité quasi parfaite.Il y a quelques mois à peine, Bush était donné grand gagnant de la campagne présidentielle en cours par la majorité des sondages.Personne ne s’attendait à ce qu’un sénateur aussi fantasque et individualiste que John McCain agisse de manière à obliger le favori à revoir sa stratégie de fond en comble.Alors qu’il amorçait cette longue lutte en tenant un discours propre à séduire cet électorat centriste devenu le passage obligé vers la Maison-Blanche, Bush, afin de se singulariser de McCain, a adopté le discours musclé et hystérique des ultras.Il s’est montré plus papiste que le pape.Si cette tactique lui a permis de gagner la première manche, elle risque désormais de lui faire perdre la deuxième.Les récents sondages font état d’un inquiétant grignotage des voix au profit de Gore.Il y a six mois, ce dernier accusait un retard de 13 % par rapport à Bush.Cette avance a fondu de moitié.Comme a aussi diminué de moitié sa cagnotte.En effet, le succès inattendu de McCain a obligé Bush à puiser des millions et des millions.Ce faisant, il a passablement entamé les réserves prévues pour affronter Gore dans le dernier droit.Mais le pire, pour Bush et pour tous les républicains, réside dans le fait que la prédiction formulée par McCain risque fort de devenir réalité.En Jeux mots, ce dernier a dit et répété que si le Parti républicain ne boutait pps les fanatiques religieux hors de la formation, les vont du centre et celles des indépendants iraient pour une troisième fois de suite aux démocrates.Bien au fait de cette réalité politique, Bush est désormais dans l’obligation de modifier encore une fois son discours et ses promesses.Conséquemment, il sera aussi dans l’obligation de prendre le risque de désorienter certains de ses supporters en plus d’ouvrir sa garde au profit des démocrates.Pour l’heure, des sondages effectués à la faveur des seize primaires tenues mardi indiquent que 20 % des républicains qui ont accordé leur vote à McCain sont prêts à le refiler à Gore lors de la finale de novembre.On notera qu’il s’agit bel et bien de personnes s’affichant républicaines et non indépendantes.Pour ce qui est de Gore, le parcours accompli jusqu’à présent a été .tout à fait différent.En début de campagne, il a cafouillé.Tellement qu’on se moquait de lui.On commençait à douter de ses capacités à rafler la mise, du moins jusqu’à ce qu'il commande un changement radical de stratégie au cours de l’automne.Ix symbole de ce changement aura été le déménagement de son quartier général de Washington vers Nashville.Du coup, Gore a montré qu'il avait beau être vice-président en titre, cela ne l'empêchait pas de marquer sa distance à l’endroit du président Clinton.Dans la foulée de ce geste, le handicap que constituait la «fatigue Clinton» a pratiquement disparu.Ainsi, la grande centrale AFL-CIO a cautionné Gore plutôt que Bradley, pourtant réputé plus à gauche.Mieux, le plan d’assurance-maladie développé par Gore a paru plus sérieux que celui de Bradley qui, pourtant, avait fait de ce dossier son cheval de bataille.Au terme de cette première manche, Gore a récolté la maîtrise du calendrier que Bush aura bien de la difficulté à lui enlever au cours des prochaines semaines.si ru ffa u lia ledevoir.com 'Serge Truffant ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ ET ûu'AvfZ.-V.\ ‘ V; rt., Le retour des gladiateurs Avec la désormais célèbre affaire Brashear-McSorley, le phénomène de la violence refait surface et marque de nouveau de son sceau, malheureusement, la LNH.C’est un fait, ne cachons pas la vérité, la violence est encore très présente aujourd’hui dans le hockey professionnel.On se croirait, avec l’affaire McSor-ley, revenus à l’époque dégradante et perfide des gladiateurs de la Rome antique.A mes yeux, la sanction imposée au joueur de hockey McSorley n’était pas assez sévère.Mais aurait-on dû faire un exemple et un bouc émissaire du hockeyeur McSorley?C’est une bonne question.Un fait demeure: la LNH vend son produit et son jeu aux Américains avec la violence.C’est inacceptable et malheureux.Oui, la qualité du spectacle aujourd’hui est dégradante, pour ne pas dire déficiente.La LNH tolère la violence et ne fait véritablement rien pour la faire disparaître du paysage sportif.On préfère fermer les yeux et s’en servir pour vendre notre sport national aux spectateurs dans les enceintes sportives.Mais n’empêche: les amateurs, particulièrement les Canadiens, ne sont pas dupes et sont contre la véhémence de certains gladiateurs sur patins.Et combien de gens ont été indignés par l’affaire McSorley?Malheureusement, combien de joueurs comme McSorley se servent de leur hockey comme d’une arme?Oui, McSorley a commis un geste criminel.Oui, le circuit Bettman doit déclarer la guerre à la violence et à son règne dans la LNH.Mais est-ce rêver en couleurs?La justice devra-t-elle intervenir à la place du circuit Bettman?Ce serait souhaitable pour des cas graves et sérieux comme l’affaire McSorley.L’avenir saura nous dire si la violence cédera le pas à la paix dans un LETTRES -?- sport qui, hélas, n’est plus que l’ombre de lui-même.Un sport très certainement qui n’a plus la qualité et l’éclectisme de ses belles années! Yves Préfontaine Sherbrooke, mars 2000 Sartre, la pie qui copie Félicitations et reconnaissance à Georges Leroux pour son singulier témoignage sur Jean-Paul Sartre, paru dans Le Devoir le samedi 19 février en peu de mots, il décrit le grand homme.Il y aurait donc 10, 30 Sartre! Notamment: le bouffon, le loustic, le tordu, l’obsessionnel, le boulimique, le vantard, le plagiaire ou la pie voleuse qui lit de manière sauvage Husserl ou Heidçgger et les pillarde (Husserl plus que Heidegger).A l’instar du mythique Camus qui, pour L’Étranger, emprunte à un roman de Jean Lorain.Ce sont de drôles d’anarchistes, non?Jean-Claude Casaubon Montréal, 6 mars 2000 L’erreur de codécision de Jean Charest Jean Charest, depuis quelque temps, emploie les très beaux mots de «cogestion» et de «codécision» pour décrire sa vision du futur constitutionnel.Cependant on ne sait absolument pas quels sont, dans le projet de Jean Charest, les obligations et les, droits des partenaires lorsque des services de l’État seront donnés aux citoyens dans le cadre d’une cogestion et d’une codécision, ni quels services il a en vue.Il y a cogestion entre patronat et syndicats, au Québec, dans le cas de la CSST, et en France (où on emploie souvent le mot «paritarisme») pour l’administration du système de sécurité sociale.Les intérêts du patronat et des syndicats sont généralement divergents et souvent opposés.Pour arriver à des décisions communes, chacune des parties doit faire de douloureuses concessions mais savent qu’en c,as d’échec de la cogestion et de la codécision, l’État sera dans l’obligation de prendre la relève.Dans le cas des services qui, dans un cadre de cpdécision, seraient donnés conjointement par l’État fédéral et le Québec, Jean Charest ne nous dit pas quelle serait la tierce partie qui aurait le dernier mot en cas d’impasse.Dans le fonctionnement actuel du fédéralisme candide, il n’y a p^s d’égalité entre l’État fédéral et une province, L’État fédéral a le dernier mot.C’est le contraire de la codécision.C’est un fédéralisme de soumission.René Lévesque était convaincu qu’il y a intérêt, tant pour le Canada que pour le Québec, que de nombreux services soient offerts conjointement, dans un cadre de codécision où les discussions se font d’égal à égal.C’est la souveraineté-association.Jean Charest ferait-il du souverainisme sans le savoir?Cela serait stupéfiant, mais mille fois tant mieux s’il décidait de nous étonner.Il doit savoir que pour passer du fédéralisme de soumission actuel à une situation où chacun des partenaires doit nécessairement être d’accord pour qu’une décision soit prise, il faudra modifier la Constitution.Ou bien, s’il reste dans le domaine des bonnes volontés, il nous fera la preuve que, dans sa bouche, les mots «cogestion» et «codécision» ne sont pas plus solides que le vent.Ou bien il devra nous expliquer comment, dan?les domaines où la codécision s’appliquerait, l’État fédéral sera dans l’impossibilité d'agir unilatéralement sans l’accord du Québec.On veut savoir.Thomas Somsynsky Sherbrooke, mars 2000 LIBRE OPINION -?- Pour un référendum à deux volets SYLVAIN GAUDREAULT Président de la Commission régionale du programme du Parti québécois Saguenay-Lac-Saint-Jean-Nord-du-Québec L'auteur s'exprime à titre personnel.Le grand avantage du dernier livre de Jean-François Usée, Sortie de secours, c’est de faire une démonstration sans équivoque que le Québec est présentement dans une impasse et que la seule façon d’en sortir est de faire progresser le Québec sur le plan de la question constitutionnelle.Autrement dit, que ce soit dans le cadre de la souveraineté ou dans celui d'un fédéralisme vraiment renouvelé, le prochain exercice référendaire des Québécois doit se solder par une décision collective qui n’aura d’autre choix que de faire progresser le Québec.Mais le grand défaut de la proposition de M.Li-sée est de faire fi du blocage obstiné des élus fédéralistes et du reste du Canada quant à toute tentative de renouvellement constitutionnel.De la même façon que les fédéralistes demandent aux souverainistes de prendre acte des référendums de 1980 et de 1995, les fédéralistes doivent accepter que le Québec prenne acte, aussi, du coup de force de 1982, des échecs de Meech et de Charlottetown et du refus systématique — notamment depuis 1995 — de renouveler de façon sérieuse le fédéralisme canadien, et ce, à la satisfaction des Québécois.C’est là que réside la légitimité du gouvernement québécois quant à la tenue d’un troisième référendum.Cependant, le gouvernement québécois ne peut pas, au risque de saper toute sa oédibilité sur le plan international, multiplier à l’infini les référendums jusqu’à l’obtention de la souveraineté.Arrive alors la question cruciale: comment faire en sorte que le litige soit réglé à long terme et, du coup, que le Québec passe à autre chose?M.Usée propose un référendum sur un certain nombre de pouvoirs supplémentaires à être dévolus au Québec.De l’avis des tenants de cette proposition, cela permettrait de faire un pas dans la bonne direction et de remettre le référendum sur la souveraineté à plus tard, lorsque les hypothétiques conditions gagnantes seront enfin réunies.Ce pari est dangereux.Si la réponse à ce référendum est OUI et qu’Otta-wa accède aux demandes du Québec, les fédéralistes auront beau jeu de prétendre que c’est la fin du mouvement souverainiste.En effet, les souverainistes perdront leur rapport de force dans un contexte où leur propre proposition a été acceptée, comprenant les pouvoirs qui leur semblent suffisants.Si la réponse à ce référendum est OUI mais qu'Ottawa — comme on peut s’y attendre — n'accède pas aux demandes du Québec, on revient à la case départ, avec un référendum de plus derrière nous sans aucune garantie que la souveraineté passera dans un quatrième référendum.Si la réponse à ce référendum est NON, l’arrêt de mort de la souveraineté sera signé car les Québécois se seront refusé un minimum de pouvoirs.Le Québec sera devenu une province comme les autres.La meilleure option pour faire avancer le Québec est de revenir à une idée qu’avait brièvement effleurée le Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) dans ses belles anpées, soit lorsqu’il était sous la férule de l’équipe d’Érie Bédard (1994-96).Cette idée était celle du référendum à deux volets.Le fédéral inscrit sa proposition La stratégie référendaire à deux volets s’articule de la façon suivante: le gouvernement québécois invite le gouvernement fédéral à participer au référendum à un point tel qu’il lui offre la possibilité d’y inscrire sa proposition.Personne ne peut alors accuser Québec de manquer de clarté.C'est la stratégie des cartes sur la table et de la lucidité.Le gouvernement québécois donne un délai (18 mois, par exemple) au gouvernement fédéral pour concocter une entente à offrir au peuple du Québec.Ottawa peut adopter la démarche qu’il veut et offrir n’importe quelle proposition aux Québécois, allant du statu quo à un fédéralisme renouvelé en passant par l’essentiel de Meech.Les autres provinces peuvent y être impliquées.Au bout du délai, si le fédéral n’a pas relevé le défi, cela veut dire qu’il offre le statu quo aux Québécois.D’aucuns prétendront qu’il s’agit là d'un ultimatum déloyal dans une démocratie ou d’un couteau souverainiste sur la gorge des fédéralistes.Nous soumettons qu'il est plutôt question d’une stratégie responsable qui tient compte des trente dernières années et donne aux Québécois l'occasion de faire un choix éclairé entre deux options bien campées et, somme toute, bien connues des électeurs.Pendant ce temps, le gouvernement québécois prépare aussi sa proposition.Dans le cas d'un gouvernement péquiste, cette proposition serait la sou-verainetèpartenariat.Cela respecte en tous points le programme du parti et évite les déchirements internes devenus presque rituels.Aucun souverainiste — l’auteur de ces lignes le premier —- ne reniera son option.En outre, le gouvernement québécois peut utiliser cette période pour parler de souveraineté, ce qui, depuis quelques années, fait cruellement défaut A la fin du délai de 18 mois, un référendum est déclenché avec les deux propositions inscrites sur le bulletin de vote.Les Québécois sont appelés à faire un choix entre les deux.Le résultat qui s’ensuit est forcément clair et le Québec n’a pas le choix de progresser, dans la mesure où il aura au moins réglé le contentieux.Du coup, l'odieuse loi C-20 devient obsolète.De plus, si Ottawa est déterminé à gagner ce référendum à deux volets, il aura été forcé de pondre la proposition la plus acceptable qui soit jxmr le Québec. LE DEVOIR.LE JEUDI 9 M A R S 2 O O O A 7 IDEES Réplique à l’article de François Cardinal ADM défend sa gestion DENIS BEAUREGARD Vice-président, affaires internes, Aéroports de Montréal La majorité des recommandations qui étaient comprises dans le rapport ont été mises en application par le personnel d’ADM es propos contenus dans l’article dénonçant la capacité de gestion des dirigeants d’Aéro-ports de Montréal (ADM), publié hier en première page de votre journal {«Gestion douteuse à Aéroports de Montréal»), sont tout simplement inacceptables.Les allégations de François Cardinal font référence aux conclusions d’un rapport d’évaluation interne déposé il y a plus d’un an et dont la majorité des recommandations ont déjà été mises en place.Couvrant une période allant du début de 1992 à la fin de 1997, le rapport avait été réalisé justement pour remédier à des lacunes possibles et pour améliorer les pratiques administratives de la société.C’est d’ailleurs la présidente du conseil d’ADM elle-même qui, constatant la nécessité de resserrer le contrôle interne de la société, avait sofficité la participation d’une firme indépendante et de réputation internationale, Sam-son Bélair-De-loitte & Touche, pour que celle-ci identifie clairement toutes les sources potentielles de problèmes et propose des moyens de corriger la situation.Comme je le disais préalablement, à ce jour, la majorité des recommandations qui étaient comprises dans le rapport ont été mises en application par le personnel d’ADM, en étroite collaboration avec la firme d’experts.Un second rapport déposé en décembre 1999 en fait d’ailleurs état M.Cardinal connaissait l’existence de ce deuxième rapport.Nous l’avons d’ailleurs invité à le consulter, ce qui s’avéra impossible, l’heure de tombée (15h30) primant sur la recherche de la vérité.Il a alors été invité à communiquer par téléphone avec les experts de la firme Samson Bélair-De-loitte & Touche, qui étaient disposés à l’informer sur l’orientation du rapport de décembre 1999, conversation qui n’a jamais eu lieu.L’information contenue dans l’article de M.Cardinal présente non seulement de l’information dépassée, mais pire encore, celui-ci condamne une administration qui a tout mis en œuvre pour favoriser une saine gestion de ses activités au cours des dernières années.Une rencontre ou même une simple conversation téléphonique avec les auteurs des deux rapports de 1998 et 1999 aurait permis d’éviter que des accusations aussi graves se retrouvent dans votre quotidien.Par ailleurs, le titre qui faisait la manchette d’hier laisse supposer que les problèmes dont on fait état sont des problèmes actuels.Ce n’est pas le cas.Les mesures recommandées ont été mises en place.Bien plus, un processus serré d’encadrement du projet de construction annoncé récemment permet une gestion stricte et rigoureuse.Il est navrant de lire dans un journal de la qualité du Devoir un article faisant référence à une situation antérieure présentée comme étant une situation actuelle.Gestion douteuse d’ADM, laxisme administratif ou journalistique?Où est l’information?Monsieur Beauregard, Vous prétendez que je connaisses l’existence de ce deuxième rapport.Or, au moment où vous m’en avez parlé, il m’était impossible de me rendre à vos bureaux, ce que vous exigiez.D vous aurait tout de même été facile de me faire parvenir ce document par télécopieur ou par courrier rapide.Vous m’avez en effet invité à communiquer par téléphone avec Marcel Daoust de la firme Samson Bélair, ce que je fis à plus d’une reprise en fin d’après-midi.En vain.Ni réponse, ni boîte vocale.J’ai de plus tenté, mardi, de joindre le service des relations publiques de la firme Samson Bélair.On ne m’a rappelé qu’hier, à l'heure du souper.Enfin, vous m’avez invité à vos locaux hier encore pour prendre connaissance du rapport.Je m’y suis rendu et vous m’avez une fois de plus refusé l’accès à ce document, ajoutant que toute l’information nécessaire serait contenue dans la lettre publiée ci-haut.Ce qui n’est pas le cas.François Cardinal La décision d’Ottawa de susciter une action concertée en matière de santé Le Québec devrait applaudir PAUL LÉVESQUE Médecin ompte tenu des attentes des gouvernements provinciaux et des citoyens, qui espéraient une intervention musclée d’Ottawa pour soutenir le système de santé, les sommes annoncées à ce chapitre dans le budget fédéral du 28 février apparaissent comme dérisoires.En effet, les 2,5 milliards prévus pour les quatre prochaines années sont une goutte d’eau.Pour le Québec, c’est 75 millions par année, ce qui, selon la ministre Pauline Marois, couvre à peine les besoins du réseau pour trois jours, alors que la croissance annuelle des dépenses de santé est de l’ordre de 500 millions de dollars.Devant l’immensité des surplus fédéraux — probablement sous-estimés, d’ailleurs — et l’ampleur des besoins que tous peuvent constater, l’insignifiance de la contribution fédérale a quelque chose d’une provocation.Tout porte à croire, en effet, qu’avant de s’engager à réinvestir significativement en matière de santé, le gouvernement fédéral veut forcer l’adhésion des gouvernements provinciaux à un certain nombre de priorités et normes nationales destinées selon lui à sauvegarder le caractère public et universel du système et à assurer un minimum de cohésion entre les provinces.C’est certainement dans cette optique qu’il faut voir la réunion des ministres provinciaux de la Santé, convoquée par le ministre fédéral Allan Rock, au mois de mai.Il y a quelques semaines, M.Rock a lancé l’idée d’un programme national de soins à domicile, financé par le fédéral et par les provinces à raison de 50 96 pour chacun des deux paliers de gouvernement.Les provinces désireuses d’agir seules dans ce domaine seraient autorisées, en vertu de l’Entente sur l’union sociale, à se retirer du programme tout en continuant à bénéficier de l’aide fédérale, à condition bien sûr de respecter un certain nombre de normes convenues entre le fédéral et les provinces.Cette proposition, comme chacun le sait, a fetit l’objet d’une fin de non-recevoir par plusieurs provinces, avec une véhémence particulière au Québec, qui, encore une fois — faut-il s’en étonner?—, vibrait à l’unisson avec les ténors de la droite autonomiste de l’Alberta et de l’Ontario.Pourtant, le domaine des soins à domicile est une lacune béante dans l’organisation générale du système de santé.Aux termes de la Loi canadienne sur la santé (1984), les services «médicalement nécessaires» — que doit couvrir le système public — sont ceux qui sont dispensés par les médecins ou dans les hôpitaux.Or, avec le développement des technologies nouvelles et des nouveaux médicaments qui permettent de traiter de plus en plus de problèmes sans recourir à l’hospitalisation (le virage ambulatoire), avec le vieillissement de la population et, par conséquent, l’augmentation du nombre de personnes atteintes de maladies chroniques ou en perte d’autonomie, de plus en plus de problèmes et d’affections sont traités à domicile, le S: V ARCHIVES LE DEVOIR Le domaine des soins à domicile est une lacune béante dans l’organisation générale du système de santé.plus souvent par des professionnels autres que les médecins.Il s’ensuit que de plus en plus de gens se trouvent, par le fait même, exclus du champ d’application de l’assuran-ce-maladie, même si les soins qu’ils nécessitent sont de toute évidence «médicalement nécessaires».De cette façon, le virage ambulatoire et la fermeture de plusieurs hôpitaux se sont soldés par la désassuran-ce d’une grande quantité de services auparavant offerts par le système public — hébergement, nursing, laboratoires, médicaments, ergothérapie , etc.— du seul fait qu’ils étaient dispensés en établissement Champ privilégié de la privatisation Dans l’ensemble du Canada, le financement privé des soins de santé est passé au cours des dernières années à près de 33 % du total et certains estiment qu’il approchera 40 % d’ici un an ou deux.Il ne fait aucun doute que cette progression s'explique en grande partie par ce phénomène.Tous les observateurs ont noté, au fil des ans, la floraison d’entreprises de toutes sortes dans le domaine des soins à domicile, des simples agences d’infirmières aux entreprises de construction-rénovation, capables de livrer, «clés en main», un appartement sur mesure pour les personnes souffrant de divers handicaps, avec rampes d’accès, cuisines et salles de bains adaptées, etc.D n’est pas exagéré de dire que les soins à domicile constituent actuellement le champ privilégié de la marchandisation et de la privatisation de la santé, avec le creusement accéléré des inégalités qui en résulte.S’il est un domaine où la «santé à deux vitesses» connaît une expansion galopante, c’est bien celui des soins à domicile, où les plus démunis sont le plus souvent laissés pour compte.Au Québec, sachant que les CLSC et les groupes communautaires sont incapables de suffire à la demande, les technocrates ont souvent fait état au cours des dernières années de la nécessité pour les malades en convalescence ou aux prises avec des affections chroniques de mettre à contribution leurs «aidants naturels».Or, en octobre 1998, on pouvait lire dans un quotidien montréalais que Montréal compte 41 % de «ménages à une personne».En d’autres termes, il est clair qu’avec le virage ambulatoire, un nombre considérable de gens ont tout simplement été abandonnés à eux-mêmes.Faut-il s’étonner, dès lors, qu’ils occupent indûment les lits des hôpitaux de soins de courte durée ou qu’ils hantent les salles d’attente et les corridors de nos salles d’urgence, dans des conditions souvent dégradantes?Tous ceux qui sont véritablement préoccupés par cette situation, tous ceux qui se désolent de l’accroissement des inégalités dans l’accès aux soins de santé devraient applaudir la volonté du gouvernement fédéral de susciter une action concertée dans le domaine des soins à domicile.Les propos de Mme Marois selon lesquels le Québec «n’a pas de leçons à recevoir d’Ottawa» en matière de santé sont fort malvenus et dénotent un provincialisme déconcertant Même si la santé est bien entendu de compétence provinciale, il n’est pas inutile de rappeler que le système de santé est lui-même le résultat d’un programme fédéral.Qu’une initiative fédérale soit à l’origine d’une démarche visant à corriger une lacune évidente apparue au fil des années, il n’y a vraiment pas de quoi pousser les hauts cris, sauf si l’on pense que l’initiative est trop timide, ce qui ne semble pas être la préoccupation principale de Mme Marois.D’autre part, la plupart des observateurs de la scène politique québécoise, y compris Mme Marois et son prédécesseur, nous répètent ad nauseam que le simple ajout d’argent dans le système actuel, sans une réorganisation majeure, ne peut à lui seul corriger les ratés qui sévissent un peu partout C’est d’ailleurs en invoquant un argument semblable que le gouvernement du Québec est resté assis pendant un an sur une somme de 842 millions avancée par le gouvernement fédéral.Pourquoi donc est-il interdit à M.Rock de faire le même constat et de vouloir s’assurer, avant d’augmenter les transferts fédéraux, que les fonds seront utilisés là où les besoins sont les plus pressants?Fonction pubtique québécoise Où est la relève ?Les moins de 30 ans n'occupent qu'un maigre 1,69 % des emplois réguliers au sein de la fonction publique Association des jeunes de la fonction publique québécoise (AJFP) .-.aviez-vous qu’aujourd’hui les S jeunes de moins de 30 ans ne représentent que 1,69 % de l’effectif régulier de la fonction publique du Québec?Concrètement, il ne s’agit que de 83$ jeunes sur un total de 49 464 employés.À titre de comparaison, en 1980, les jeunes de moins de 30 ans étaient pourtant au nombre de 15 503 au sein de la fonction publique québécoise, soit une proportion de 29 % de l’effectif régulier.La précarité d’emploi est.la dure réalité des jeunes à l’emploi de l’Etat, au même titre que les jeunes travailleurs en général.Nous constatons que là où ils n’occupent qu’un maigre 1,69 % des emplois réguliers au sein de la fonction publique québécoise, les jeunes de moins de 30 ans représentent pourtant près de 16,8 % (2784 jeunes) des employés occasionnels de la catégorie des employés à statut précaire.En outre, un programme d’embauche de stagiaires nouveaux diplômés offrant des stages d’une durée de deux ans pose la question de la substitution d’emplois stables par des emplois précaires trop souvent occupés par des jeunes.la durée de ces stagnes, l’absence de débouchés et les bas salaires consentis soulèvent des interrogations quant à l’avenir et au rôle des jeunes au sein de la fonction publique du Québec.Contrecoups à prévoir L’Etat et la population ont-ils estimé quelles seront les conséquences des départs massifs qui surviendront d’ici 2015?En 2010, le tiers des effectifs aura plus de 55 ans.Le déséquilibre quant à la représentation des différents groupes d'âge parmi les employés de l’État est tel que les employés âgés entre 40 et 50 ans constituent actuellement 50,6 % des effectifs totaux.Rares sont les organisations qui pourront se targuer de ne pas subir de contrecoups à la suite de la perte aussi rapide de ses employés les plus expérimentés (50 % des effectifs en dix ans).On peut se demander quelles seront les conséquences de ces départs massifs sur les services aux citoyens parce que la qualité des services ne tient pas seulement à des questions budgétaires: la qualité et l'expertise des ressources humaines sont également fondamentales, le transfert d’expertise ne devrait-il pas être une priorité gouvernementale?Préoccupés par ces questions, plus de 70 jeunes de la fonction publique du Québec ont fondé, le 3 février dernier, l’Association des jeunes de la fonction publique québécoise (AJFP).Ces jeunes se sont regroupés pour participer activement au processus de rajeunissement des effectifs de l’Etat.La création d’une association ayant à cœur les intérêts de ces jeunes était d’autant plus nécessaire si on tient compte du fait qu’un des syndicats de la fonction publique a jugé inopportun de les représenter au Sommet du Québec et de la jeunesse.L’AJFP a ainsi mis en place trois groupes de réflexion qui se pencheront sur la précarité d’emploi, les stages pour nouveaux diplômés et le rajeunissement des effectifs de la fonction publique.Les jeunes employés de l’État s’intéressent à ces questions et entendent proposer des solutions.Ils ont à cœur la qualité des services publics et leur amélioration.Pour ces raisons, l’embauche de jeunes au sein de l’appareil gouvernemental est un des objectifs de l’AJFP Cela doit également devenir rapidement une priorité pour l’État Place à la relève! Sophie Auger-Giroux, Vincent Bédard, Sébastien Blondin, Claude Bouchard, Christian Boutin, Stéphane Couture, Marc Dean, Nikolas Ducharme, Frederica Fonseca, Frédéric Fortin, François Laforest, Richard Leclerc, Daniel Michaud et Sandy Tremblay Conseil d’administration provisoire de l’Association des jeunes de la fonction publique québécoise Graham Fraser ?Cow-boys et Indiens Le comportement des policiers envers les démunis et les marginaux est parfois difficile à saisir.Par définition ou presque, le démuni et le marginal sont sans voix; peu d’oreilles se tendent pour les écouter.Les cruautés policières, qu’elles soient petites et mesquines ou énormes et dramatiques, surviennent généralement dans l’ombre.Jusqu'au stade ultime où ces cruautés provoquent la mort.La mort est un fait public; elle a des conséquences et, souvent, un marginal qui meurt acquièrt une influence qu’il n’a jamais eue de son vivant.Cet hiver, le 29 janvier précisément, la mort d’un autochtone à Saskatoon a mis au jour le racisme profond qui règne au sein du service policier de cette ville tranquille de la Saskatchewan; la preuve en a été faite de façon irréfutable.Aucune plainte de citoyen n’aurait pu avoir le même résultat Le corps de Rodney Naistus, un Cri de 25 ans, a été retrouvé, gelé, dans la banlieue de Saskatoon.Cinq jours plus tard, le corps d'un autre Cri, Lawrence Wegner, a été retrouvé tout près du même endroit, en jeans et en t-shirt.Dans la nuit du 29 janvier, un autre Cri, Darrell Night a vécu une expérience révélatrice de la cause du décès des deux autres autochtones.Night, passablement éméché à 5h du matin, a été arrêté par la police et poussé dans une auto-patrouille.Il a cru qu’on le conduisait au poste.Ce n’était pas le cas.«M.Night s’est rendu compte qu’il n’allait pas au centre-ville», a affirmé son avocat, Donald Worme, à mon collègue Bill Schiller.«Il allait à l'extérieur de la ville.Il s'est fait discret, tranquille, craignant pour sa vie.» En effet Alors que le thermomètre indiquait -22 °C, on l’a expulsé de la voiture.Il a été abandonné, sans protection adéquate contre le froid, dans un quartier industriel éloigné du centre-ville.M.Night a réussi à alerter un agent de sécurité qui était de faction cette nuit-là.Sinon, il serait mort tout comme MM.Naistus et Wegner.Un rappel amer Pour les autochtones de la Saskatchewan, l’incident est un rappel amer des anciennes habitudes des policiers.En effet ce rituel macabre a plusieurs noms: «the scenic tour» (la tournée pittoresque), le programme «drop and drive» ou encore «the starlight tour-Saskatchewan by night».Depuis des années, les policiers arrêtent des autochtones en état d’ébriété.Au lieu de porter des accusations formelles contre eux, ils les mènent loin de la ville.Le retour se fait à pied.mais en plein hiver, cela peut équivaloir à une condamnation à mort D’après Sakej Henderson, directeur du Native Law Center de l’université de la Saskatchewan et premier autochtone à avoir terminé ses études en droit à l’université Harvard, la police de la Saskatchewan conserve l’attitude qu’elle a toujours eue, celle d’héritiers des cow-boys en lutte contre les Indiens.Les policiers qui ont conduit Darrell Night vers sa longue marche dans le froid ont été suspendus sans perdre une seule journée de salaire.L’incident est révélateur à bien des égards.D’abord, il faut reconnaître que l’alcool est toujours un grave problème au sein des communautés autochtones.E y a 25 ans, l’auteur canadien Heather Robertson lançait la théorie selon laquelle la consommation excessive d’alcool par des autochtones constitue une protestation non violente et autodestructrice face à la société dominante.Protestation ou lent suicide, l’alcool continue de faire des ravages.Le Canada ne peut plus avoir une attitude condescendante envers les États-Unis pour ce qui est de l’exclusion, de la marginalisation et de l’oppression Comme les Noirs américains Il faut bien dire que le Canada ne .peut plus avoir une attitude condescendante envers les États-Unis pour ce qui est de l’exclusion, de la marginalisation et de l’oppression au cœur des villes.Dans l’Ouest canadien, les autochtones urbains vivent la même marginalisation que les Noirs des centres-villes américains.En ce qui a trait à la pauvreté (un revenu moyen allant de 9000 à 13 500 $), à la destruction de la structure familià-le et au chômage (65 %), la situation des autochtones e$t très grave.Le suicide est quasi endémique et le taux d’incarcération des autochtones canadiens est tel que, avefc une petite proportion de la population, ils forment ùn contingent important de la population carcérale.Ainsi, à Saskatoon, les autochtones représentent 15 % de la population et 70 % des détenus de la prison locale.C’est en Saskatchewan qu’on a vu venir le problème.Depuis plusieurs années déjà, pn prévoyait que la clientèle scolaire au primaire, à Regina, deviendrait majoritairement autochtone.Ce n’est pas encore le cas, mais cette tranche de la population est très jeune.Le taux de natalité chez les autochtones est semblable à ceux des populations du Tiers Monde: c'est une véritable revanche des berceaux.-h • Il y a huit ans, la tentative d’amender la Constitution pour accorder plus d’autodétermination aux Premières Nations n’a pas eu de succès.Depuis ce temps, on a assisté à la réussite des négociations avec les Nisga’as et à la naissance du Nunavut.Mais la mort de deux Cris et l’expérience presque fatale de Darrell Night nous rappellent de façon brutale qu’il n’y a pas de belles cérémonies de signature ni de beaux gestes de réconciliation pour les autochtones qui vivent dans la misère dans les centres-villes de l’Ouest canadien.On n’a pas besoin de démographes pour constater que la situation va se détériorer davantage si on ne réagit pas vite face à cette honte nationale.Graham Fraser est correspondant aux affaires nationales et chroniqueur hebdomadaire au Toronto Star.graham, fraserfasympatico.ca L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION JournaliaU-9 à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (.adjoint au dincteur de l'information), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vit urbaine).Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports), ['aille des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, LouùvGilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Louise Irduc, Kathleen lévesque (actualités politiques municipales), Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle l’aré (santé)-.Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Dumazet (fWrcfemj); Jacques ('.renier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l’Information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma).Clément Trudel (musique) ; A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Hélène Baril, Claude lévesque, François Normand, Claude Turcotte; A l'information interaationnlr : Jean-Pierre Legault.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique : Pierre O'Neill, Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaire d Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec); Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (comwts).La documentation ; Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBIJCITÉ HT LE MARKETING Martine Oubé (direrfrfee), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Cité, Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Manon Bouchard.Christiane legault, Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires), léopold Ste Marie (directeur atljoint) Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulot (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatchez, l’hiüppe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cortniera.Marie-Josée Hudon, Sébastien Vallée, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable d la clientèle).Hélène Gervais, Evelyne labonté (responsable d la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, Use lachapelle, Rachelle I-eclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanned'Arc Houde (secrétaire à la direction); Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). L K I) K V 0 1 R , L E .1 K l! I) I » M A R S 2 0 0 0 A 8 =——-* Le devoir ?— ACTUALITES EN BREF Un débat public sur Hertel-Des Cantons?(Le Devoir) — La Coalition des citoyens du Val-Saint-François a demandé hier la tenue d'un débat public sur l'importance de la ligne Hertel-Des Cantons pour le développement énergétique du Québec.C’est le défi qu’elle a lancé à la coalition patronale-syndicale en faveur de la reprise des travaux.«(Ce débat] permettrait de voir quel type de développement ymhaite la population du Québec», a affirmé Monique Fournier, présidente de la Coalition des citoyens du Val-Saint-François.Or le débat public devant la Régie de l'énergie est interdit par la loi 42.La présidente invite donc la partie patronale-syndicale à se joindre à sa coalition afin de presser le premier ministre Lucien Bouchard d’abroger cette loi.Un satellite canadien pour étudier la couche d’ozone (PC) — Le Canada, qui avait été parmi les premiers pays à lancer un satellite scientifique dans l’espace aux tout débuts de l’ère de l’exploration spatiale, mettra fin à une interruption de 30 ans avec un satellite voué à l’étude du dépérissement de la couche d'ozone.Le ministre de l’Industrie, John Manley, a annoncé hier l'octroi de contrats de 13 millions de dollars à la société Bristol Aerospace, de Winnipeg, pour la construction de SCISAT-1.Le lancement est prévu pour juin 2002.«Nous voulons en savoir davantage sur la dégradation de la couche d'ozone, a déclaré M.Man-ley.Cela nous aidera à contribuer au développement de stratégies globales pour freiner le phénomène», a-t-il ajouté.Le projet dans son ensemble, annoncé l’an dernier, coûtera environ 35 millions à l’Agence spatiale canadienne.RUMEUR SUITE DE LA PAGE 1 M.Martin, comme M.Chrétien, prendra lui-même sa décision et il n’y a que lui qui sait où cela le mènera.«Les personnes qui disent connaître la nature de cette décision devraient aller se chercher un emploi de clairvoyant.» Partisan de Paul Martin, Maurizio Bevilacqua rappelle que son favori a démontré sa loyauté envers le parti et le premier ministre.Il a, pendant sept ans, dirigé le ministère des Finances, avec l’appui indéfectible de Jean Chrétien.Selon le député, sa perte serait très lourde pour le parti car il peut encore faire beaucoup pour le gouvernement.Comme M.Robinson, il croit toujours que Paul Martin sera de la prochaine élection, métis il ajoute «qu’au bout du compte, ils’agit, pourM.Martin comme pour M.Chrétien, d’une décision personnelle».Anthony Wilson-Smith, coauteur du livre Double vision sur les coulisses du gouvernement libéral, pense que rien n’incite M.Martin à rester.«Il a déjà gagné tout le crédit possible pour la lutte contre le déficit.Peut-être veut-il ajouter à son image celle du ministre des Finances qui a démarré le cycle des réductions de taxes.Mais autrement, pourquoi rester?» se demande-t-il.Et que M.Martin ne se sente pas attaché à sa chaise de ministre des Finances ni lié par ses vieilles ambitions de chef ne devrait surprendre personne.Il y a déjà deux ans, un membre très influent de son personnel confiait au Devoir que M.Martin estimait être un homme libre de ses choix.Libre de rester ou de quitter la politique à un moment qui lui conviendrait sans pour autant nuire au gouvernement.Indépendant de fortune, reconnu sur la scène internationale, il a beaucoup d'options.En fait, il n’y a qu’un choix que Paul Martin ne peut faire seul: celui de devenir premier ministre.Pour cela, il faut que Jean Chrétien quitte et Paul Martin ne peut l’y pousser sans se nuire, car il donnerait prise aux accusations de trahison.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514)985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) fs Devoir est publié du lundi au samedi par I«e Devoir Inc.dont le siège social est filuc au 2050.rue IV Bleury.9* étage.Montréal.(Québec).ILIA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division tie Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint Jacques Ouest.Montréal.t’Bfltfnce Bresse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.I* Devoir est distribué par Messagerie* Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint Martin Ouest, Uval Envoi de publication — Enregistrement n"0B58.Dépût légal: Bibliothèque nationale du Québec.LAXISME SUITE DE LA PAGE 1 faire est révolue.Le vice-président aux affaires internes, Denis Beauregard, indique que «toute la méthodologie a changé» depuis le dépôt du rapport de Samson Bélair commandé par la présidente et chef des opérations, Nycol Pa-geau-Goyette.Le tout aurait été ficelé «avant les Fêtes», ajoute-t-il.Nombreuses irrégularités Dans notre édition d’hier, nous faisions état du rapport de la firme Samson Bélair-Deloitte & Touche daté de décembre 1998, qui relevait de nombreuses irrégularités quant à la gestion des projets de construction: nombre de dérogations excessif, laxisme par rapport aux dépassements de coûts, absence d'évaluation rétrospective des projets, ordres de changements sans justifications, absence d’imputabilité quant aux résultats des projets, estimations rarement assujetties à une validation indépendante, etc.Cinq mois plus tard, la note émanant du service des finances confirme que plusieurs millions se sont déjà envolés.Un exemple parmi d’autres, tiré du document du service des finances, indique qu’un contrat d’abord octroyé à l’entreprise d’ingénierie Pellemon pour 14 000 $ a réellement coûté 71 000 $.Un écart de plus de 400 %.La facture d’un autre projet, cette fois-ci attribué à la firme SNC pour un montant de 26 740 $, a finalement grimpé à plus de deux millions (2 182 320 $).Une différence de 582 %.Idem pour des travaux réalisés par Summum Signalisations à l’aéroport de Dorval, qui sont passés de 1850 $ qu’ils devaient coûter à 13 349 $.Un écart de 622 %.PMA, une entreprise de génie électrique et mécanique, rapporte toutefois la palme du plus grand écart: 900 %.Les dépenses du projet sont ainsi passées de 4000 $ à 40 000 $.Si on comptabilise les écarts des 79 projets, on se retrouve avec une moyenne de dépassement de 158 %.En d’autres termes, l’ensemble des projets dont l’estimation avait été arrêtée à un peu moins de 19,3 millions a réellement coûté au 1er mai 1999 plus de 49,6 millions.Le rapport interne calcule d’ailleurs les économies qu'ADM aurait pu faire si une bonne gestion avait eu cours autour de ces projets.Histoire de ne pas exagérer les montants, le service des finances a ajouté le 15 % de dépassement qui constitue selon lui «la moyenne du marché».De 19 millions, on passe ainsi à 22 millions et des pous- AÉROPORTS WDE MONTRÉAL Quelques exemples de dépassement Une note du service des finances d'Aéroports de Montréal datée du 1" mai 1999 fait la liste de 79 contrats dont le pourcentage de coûts additionnels est particulièrement élevé.En voici quelques exemples: Compagnie Coût d’octroi Coût au l" mai 1999 Différence e pourcentag Électricité Kingston Les Câblages 263 092 $ 1 014 246,37$ 286 % inform.Blanchette Summum 189 652$ 514 787,77$ 171 % Signalisations 1 850$ 13 349$ 622 % Gr.Gesfor Poirier 11 450$ 29 250 $ 155% Groupe Séguin Laboratoire 21 100$ 123 804$ 487 % de béton 99 167,80$ 319 452,80$ 222 % Pellemon 49 600 $ 158 150$ 219% Pellemon 14 000$ 71 000 $ 407 % Provencher Roy 9110$ 20 000 $ 120% Provencher Roy 1 000$ 61 000 $ 510% SNC 26 740 $ 2182 320$ 582 % Solerka 5 295$ 237 233,47 $ 603 % Solerka 2 000$ 10 499,26$ 425 % Source: note du service des finances d'ADM - Étals des contrats entrepreneurs et experts-conseils: pourcentage des coûts additionnels pour les années 1996 à 1999 dont le pourcentage est très élevé.sières.Économie possible sur 49,6 millions: un peu moins de 27,6 millions de dollars, note le document D’ailleurs, le document interne de Samson Bélair sur les projets de construction de décembre 1998, dont Le Devoir révélait hier la teneur, indiquait que le «nombre de dérogations est excessif», que, «dans plusieurs cas, aucune justification n’est indiquée sur le document tandis que, dans certains cas, on indique comme justification “conditions de chantier” sans plus de détails» et que, de plus, «les contrôles Entre l’hiver et le printemps, mon cœur.ANDY CLARK REUTERS r \ y UNE JEUNE FILLE profitait hier du beau temps prématuré, dans un petit parc de Toronto.Si vous pensiez que dame Nature était clémente avec les Québécois, que direz-vous quand vous saurez que la métropole ontarienne a connu des records hier, le mercure atteignant les 21 °C! Le dernier record remontait à 1921, avec 17 degrés.À Montréal, il faudra se satisfaire aujourd’hui d'un maigre 10 degrés.VIEILLARDS SUITE DE LA PAGE 1 manque de mesures de prévention des lésions de pression [plaies de lit|», mentionne le rapport.Parmi l’échantillon de CHSLD visités en 1995-96, le taux d’accident causant des blessures était de 39 %, ce qui a nécessité 52 hospitalisations.«Ce que révèle l’OUQ, c’est ni plus ni moins les observations que nous faisons sur le terrain depuis une dizaine d’années», explique le directeur général du Conseil pour la protection des malades (CPM), Paul Brunet.Le principal problème?Un manque criant d’infirmières, d’infirmières auxiliaires et de préposés aux malades pour surveiller, soigner, nourrir, laver, stimuler et vêtir les personnes âgées.Au bas mot, à peine 68 % des besoins de base des personnes hébergées sont comblés.«Dans certains établissements, on ne prévoit plus la présence d’une infirmière pendant les quarts de soir et de nuit.Dans certains cas, les ratios ne sont que d’une infirmière pour 60 patients le jour et d’une infirmière pour 200 patients la nuit», révèle l’OIIQ.Ce constat, l’Association des CLSC et des CHSLD du Québec (ACCQ) le corrobore entièrement.«Nous avons un encadrement clinique insuffisant», reconnaît la directrice générale de l'association, Andrée Gendron.Pour résorber la situation, elle réclame 357 millions de dollars du ministère de la Santé et des Services sociaux.De ce montant, 335 millions seraient octroyés aux soins de base et aux services de réadaptation et 21 millions à la formation et au développement de nouvelles méthodes de soutien aux bénéficiaires.«Im situation actuelle n'a aucun sens», poursuit-elle.Situations illégales I>e mémoire fait également état de nombreuses situations «illégales et inquiétantes sur le plan de la protection du public».Ainsi, à certains endroits, des éducateurs et des préposés aux bénéficiaires sont appelés à donner des soins infirmiers, «notamment les soins reliés aux plaies de pression, aux ulcères de jambes, aux changements de pansements et à l’entretien de stomies».Ailleurs, on permet même l’injection d’insuline et l’administration d’autres médicaments par du personnel qui n’est pas qualifié aux yeux de la loi.De même, selon des chiffres de l’ACCQ, près de trois personnes sur dix vivant dans un centre d’hébergement subissent une contention physique.«Il n'est pas rare, en effet, d’y voir des personnes immobilisées, attachées dans leur lit ou coincées sur des chaises spécialement conçues à cette fin», note le document.Les «contentions chimiques» à coups de médicaments sont aussi monnaie courante.«Dans un cas comme dans l'autre, on enlève toute dignité à la personne, qui devient une loque humaine», commente Paul Brunet.Dans son chapitre sur le manque de respect de la vie privée et de la dignité de la personne, l’OHQ constate que i'utilisation de la culotte d’incontinence est courante mais qu’elle pourrait être évitée.Selon l’ACCQ, sur les 66 % de résidents qui portent une couche, 13 % pourraient assurer leurs soins d'hygiène seuls si une supervision était offerte; 15 % de ces résidents pourraient être continents s’ils bénéficiaient d’une aide plus fréquente pour aller à la toilette.«Quand un préposé aux bénéficiaires s'occupe de 20 ou 30 patients, comment voulez-vous qu’il trouve le temps de s’occuper de cela?», s’interroge Paul Brunet.Et ce n’est pas tout.L’OIIQ a remarqué plusieurs cas de violence verbale et physique envers les personnes âgées.Au cours des quatre dernières années, les infirmières ont constaté une institutionnalisation de la violence dans trois CHSLD.Gifles, menaces, intimidation, touchers et mobilisations brusques s'alignent tristement sur cette liste.«C'est très grave car ça veut dire que tout le monde est complice et partie prenante du phénomène», convient Andrée Gendron, ébranlée et surprise par cette révélation.la directrice générale de l’ACCQ indique qu’elle interviendra.«Au nom des citoyens, il faut utiliser le système de plainte en place pour le dénoncer car Jamais la violence ne peut être justifiable.» las consultations publiques se poursuivent à Montréal jusqu’à samedi.A Québec, elles se tiendront les 16 et 17 mars.las témoignages d’horreur risquent de se bousculer.à l’égard du suivi budgétaire ne fournissent pas une assurance raisonnable que les dépassements de coût sont détectés en temps opportun, compte tenu du fait que les dépassements ne sont pas analysés de façon rigoureuse».Précisons qu’une note de bas de page rapporte que «tous les contrats des experts-conseils sont en source unique (sans soumission)».Chez ADM, on explique qu’en ce qui a trait aux projets réguliers, un appel d’offres général est lancé tous les trois ans.Les firmes envoient la documentation requise puis 12 comités font leur choix, las compagnies sélectionnées sont alors accréditées pour trois ans.Pour ce qui est des projets d’envergure, les firmes ou consortiums sont sélectionnés par appel d’offres, comme ce fut le cas pour l’aménagement des nouvelles jetées et l’agrandissement de l’aérogare.D’ailleurs, les suc principales firmes d’experts-conseils retenues pour le projet de 500 millions font toutes partie de la liste dressée par le service des finances: Cardinal Hardy, Arcop, Jodoin Lamarre, Provencher Roy, PMA et SNC.Tout aurait été réglé depuis Piqué par la publication, hier, des conclusions du Rapport de vérification interne: projets de construction daté de décembre 1998, ADM a fait parvenir une lettre au Devoir (publiée en page A 7 aujourd’hui) précisant que cette façon de faire n’était plus celle de l’organisme.L’organisme soutient qu’aujourd’hui, «la majorité des recommandations ont déjà été mises en place.Couvrant une période du début de 1992 à la fin de 1997, le rapport avait été réalisé justement pour remédier à des lacunes possibles et pour améliorer les pratiques administratives de la société».L’auteur de la lettre, Denis Beauregard, indique que c’est «la présidente du conseil d’ADM elle-même qui, constatant la nécessité de resserrer le contrôle interne de la société, avait sollicité la participation d'une firme indépendante et de réputation internationale, Samson Bélair-Deloitte & Touche, pour que celle-ci identifie clairement toutes les sources potentielles de problèmes et propose des moyens de corriger la situation».«A ce jour, la majorité des recommandations qui étaient comprises dans le rapport ont été mises en application par le personnel d’ADM, en étroite collaboration avec la firme d’experts.Un second rapport déposé en décembre 1999 en fait d'ailleurs état.» Malheureusement, malgré des demandes répétées, il a été impossible de prendre connaissance dudit document.Essais des médicaments Des chercheurs s’inquiètent ALEXANDRE SIROIS PRESSE CANADIENNE Ottawa — Des changements suggérés par Santé Canada en ce qui concerne les tests de nouveaux médicaments sur les humains ne font pas l'unanimité au sein des communautés scientifique et médicale au pays.Santé Canada souhaite accélérer le processus visant à mettre au point des médicaments au Canada.En janvier dernier, le ministère a donc proposé une série de modifications au Règlement sur les aliments et drogues.Il a ensuite entamé un processus de consultation d’un mois pour recueillir les commentaires sur les changements, qui s’est terminé en février.Or la Presse canadienne a appris que plusieurs intervenants avaient fait part de leurs inquiétudes à Santé Canada.«La réglementation proposée pour l’instant ne contient pas, à notre avis, toutes les garanties qui permettent d’assurer le maximum de sécurité», explique le directeur du Conseil national d’éthique en recherche chez l’humain (CNERH), Richard Carpentier, qui l’a fait savoir au ministère.Il soutient, entre autres, que les changements octroient un rôle important aux comités d’éthique de la recherche, sans veiller à ce que la nature et le fonctionnement de ces comités soient contrôlés.Il y a plus de 300 comités d’éthique au pays, publics ou privés, qui assurent la sécurité des participants aux recherches.Pour M.Carpentier, le ministère doit absolument mettre sur pied un processus d’accréditation mené par un organisme indépendant qui aurait, entre autres, la tâche de visiter ces comités d’éthique et d’observer leurs travaux, «On pense qu’avant d’implanter la réglementation on devrait avoir des assurances quant à la qualité des comités d'éthique de la recherche, parce qu'ils jouent un rôle clé dans le système qui sera mis en place», dit le directeur du CNERH.L’avis de M.Carpentier est partagé par le directeur du Bureau d’éthique de la recherche du centre universitaire de santé McGill, Denis Cournoyer, qui juge la nouvelle réglementation «très décevante».CLUB MED SUITE DE LA PAGE 1 entendu avec Intrawest pour que son village soit relié aux pistes de ski et à toutes les autres activités d’hiver et d’été de Mont-Tremblant, soit le golf, la pêche et même le sport automobile puisque Intrawest a acheté l’ancienne école de course Jim Russell pour relancer ses activités.L’entreprise française fera l’acquisition de 96 acres de terrain situés à l’ouest du domaine d’Intrawest, dans le secteur connu sous le nom de la montagne Noire.Ces terrains appartiennent à des investisseurs privés, qui avaient confié la recherche d’un acheteur à la firme Rodrigue Biron et associés.Les mêmes investisseurs ont déjà vendu une partie de leur domaine à Intrawest.Ça fait des années que le Club Méditerranée cherche à s’installer au Québec pour y construire un de ses villages-vacances.la rumeur l’a déjà envoyé au mont Sainte-Anne et à la base de plein air de Duchesnay, dans la région de Québec.L’entreprise française' a déjà annoncé son intention d’ouvrir à Montréal un centre de divertissement nouveau genre, un Club Med World, le deuxième de la famille après celui de Paris.Après avoir connu une période difficile qui a culminé en 1997 avec une perte de 310 millions, le Club Med est reve nu sur la voie de la rentabilité l’année suivante, sous la gouverne d’un nouveau président, Philippe Bourguignon.Le Club Med exploite deux établissements en Amérique du Nord, tous deux aux Etats-Unis, en Floride et au Colorado.Intrawest, pour sa part, veut investir encore un milliard au cours des dix prochaines années dans l’agrandissement de son domaine de Mont-Tremblant.La construction de deux nouveaux villages est prévue, pour un total de 3(XX) unités d’hébergement.Intrawest a entrepris le développement de Mont-Tremblant en 1991 et y a déjà investi un milliard.
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