Le devoir, 13 mars 2000, Cahier A
FONDÉ EN 1910 DEVOIR 1.E LUNDI I ;i M A R S 2 0 0 0 T A X K S = 1 $ L'ENTREVUE À 53 ANS, LA FÉMINISTE CAMILLE PAGLIA PERSISTE ET SIGNE PAGE B 1 LES SPORTS LA NOUVELLE FORCE DES EXPOS: LE MONTICULE! PAGE B 4 LE MONDE AZNAR TRIOMPHE AUX LEGISLATIVES ESPAGNOLES PAGE A 5 V¥ Anrpç ^déficit zero C’est demain que le ministre des Finances, Bernard Landry, présentera son budget de l’année 2000-01.En prévision de cet exercice, nous vous proposons le deuxième d’une série de trois textes, consacré aujourd’hui aux dépenses gouvernementales.Plus de lest pour Léonard ?ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC On sait maintenant que le gouvernement du Québec dispose de surplus appréciables de l’ordre de deux à trois milliards pour le prochain exercice.On s’attend donc à des baisses d’impôt beaucoup plus importantes que celles promises.Mais l’équation ne serait pas complète sans, tenir compte d’une inévitable hausse des dépenses de l’Etat.La question se pose: le gouvernement Bouchard a-t-il conservé son plan de match fixé en novembre en dépit de surplus inespérés de fin d’année ou en a-t-il dérogé ?A la fin de l’an dernier, le gouvernement s’était donné un plan de match exigeant en matière de hausse de dépenses.Accordant la priorité à la santé et à l’éducation, Québec décidait de faire front en prévoyant injecter dans ces deux secteurs quelque 4 % de plus par rapport aux crédits qu’il avait reçqs l’an dernier.En revanche, les dépenses totales de l’État, hormis le service de la dette, ne devaient augmenter que de 2 %, avait çonfirmé au Devoir le vice-premier ministre et ministre d’État à l’économie et aux finances, Bernard Landry.C’est là une contrainte majeure.A eux seuls, les secteurs de la santé et l’éducation représentent 22 milliards de dépenses —13 milliards pour la santé et neuf milliards pour l’éducation —, soit grosso modo les deux tiers des dépenses de l’État en dehors du service de la dette qui oscille entre sept et huit milliards par année.C’est donc dire qu’une hausse de 4 % des crédits dans ces deux seuls secteurs correspond à une facture de 900 millions.Plus généreux que prévu, le règlement salarial dans la fonction publique ajoute à cette somme une dépense supplémentaire de 400 miflions pour l'ensemble de l'exercice financier.Nous sommes donc devant une facture supplémentaire de 1,3 milliard.On doit tenir compte également de certains débordements au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation qui doit éponger une note de 200 millions liée aux concessions faites aux producteurs de porc lors de leur blocus durant la campagne électorale et la faiblesse du secteur des céréales.De même, de nouvelles dépenses seront sans doute au rendez-vous en matière d’infrastructures routières.Le gouvernement devra préciser comment il entend désengorger Montréal, le moteur économique du Québec qui a le malheur de se situer sur une île.Quelles que soient les solutions retenues — plus ou moins favorables au -, la facture sera salée.Nous voilà devant des engagements qui dépassent largement l’objectif de 2 % que vise le gouvernement Bouchard quant à l'augmentation globale des dépenses de fonctionnement de l’État pour l’exercice 2000-2001.Ces 2 % correspondent à quelque 600 millions seulement sur des crédits totaux avoisinant les 30 milliards.C’est pourquoi, en novembre dernier, le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, recevait le mandat d’imposer des compressions dans tous les ministères à l’exception des ministères de la Santé et de l'Éducation.Ces réductions budgétaires varient d’un ministère à l’autre, mais elles s’avèrent substantielles, de l'ordre de 10 % des huit milliards en crédits consentis aux ministères autres que la Santé et de l’Éducation.Maintenant que l’on sait que le gouvernement dispose de rentrées fiscales supérieures de plus d’un milliard à ses prévisions d'il y a un an, de telles compressions sont-elles encore à l’ordre du jour ?Le premier ministre Lucien Bouchard et le vice-premier ministre Bernard Landry ont-ils donné du lest à leur collègue Jacques Léonard pour qu'il Bouchard et Landry ont-ils changé leur plan de match?Dieu automobile - VOIR PAGE A 8: BUDGET MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé.Ensoleillé.Max:0 Min:-10 Max:-1 Min:-14 Détails, page B 5 INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 3 Culture.B 8 Éditorial.A 6 Entrevue.B 1 Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 4 Mots croisés.B 5 Planète.B 2 Religions.B 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com Le Lepage nouveau arrive enfin E V 0 I R .l K L U N D I I :t M A R S 2 0 0 0 A 5 Le devoir LE MONDE Manifestations monstres au Maroc Élections législatives espagnoles JEAN B1.0ND1N REUTERS Près d’un million de Marocains ont manifesté hier à Casablanca et à Rabat, la capitale, pour défendre «la condition féminine dans le respect de l’islam».Hommes barbus et femmes voilées manifestaient séparément.Oui à la femme dans le respect de l’islam ASSOCIATED PRESS Rabat — Près d’un million de Marocains ont manifesté hier à Rabat et Casablanca au sujet de l’évolution de la condition féminine, un débat qui suscite une véritable ligne de fracture dans le débat politique du royaume.A l’appel des partis et associations islamistes, entre 500 000 et 700 000 personnes (200 000 selon les autorités) ont défilé dans la matinée à Casablanca pour défendre «la condition féminine dans le respect de l’Islam», a-t-on constaté sur place.Hommes barbus et femmes voilées, qui manifestaient séparément dans deux cortèges différents, dénonçaient par ailleurs «le caractère anti-musulman et étranger» d’un plan gouvernemental d’intégration de la femme, élaboré avec l'appui de la Banque mondiale.Ce plan, pour l’instant toujours au stade de projet, s’articule en quatre volets: éducation (60 % des femmes marocaines sont analphabètes), santé, emploi, et statut juridique.Sur ce dernier chapitre, le plan prévoit notamment le remplacement de la répudiation parle divorce judiciaire, le partage équitable des biens entre époux divorcés, la limitation de la polygamie, l’élévation de l'àge légal du mariage de 15 à 18 ans, autant de points qui suscitent une levée de boucliers du courant islamiste.A Rabat, entre 200 000 et 300 000 personnes ont défilé dimanche à l’appel du réseau associatif féminin et de plusieurs partis politiques pour soutenir l’initiative gouvernementale avec comme mot d’ordre: «Nous partageons la terre, partageons ses biens».Ces manifestations, encadrées par un important mais discret dispositif policier et militaire, se sont déroulées sans incidents.EN BREF Un autre «super mardi» Washington (AFP) — Le second «super mardi» de la campagne électorale américaine devrait se jouer sans remous dans les Etats du Sud, puisque le républicain George W.Bush et le démocrate Al Gore sont désormais seuls candidats en lice dans la course à la Maison-Blanche.Républicains et démocrates vont être appelés à voter dans des primaires qui se tiendront dans deux Etats «géants», la Floride et le Texas, ainsi qu’en Louisiane, dans le Mississippi, l'Okla-homa, et le Tennessee.Si le premier «super mardi» a eu des conséquences primordiales — l’abandon du républicain McCain et du démocrate Bradley — le second ne devrait pas susciter de surprise.Même si les votants dans ces primaires, destinées à permettre aux électeurs de choisir quel sera le candidat du parti pour lequel ils sont enregistrés, peuvent tout de même en théorie voter pour ces candidats malheureux.Les missiles Hetz sont prêts Jérusalem (AFP) — Israël doit déployer demain lors d’une cérémonie sa première batterie de missiles anti-missiles Hetz, au terme d’un programme développé depuis 1990, a indiqué lûer le quotidien Haaretz.Selon le journal, le chef sortant de l’armée de l’air le général Eitan Ben Eliahu doit présider au déploiement de cette batterie dans la région centre d’Israël.L’installation d’une seconde batterie prévue dans le nord-ouest de la Cisjordanie a été reportée à la suite d’un recours en justice par des habitants du secteur qui s’estiment menacés par les radiations du système-radar du Hetz (flèche en hébreu), a encore indiqué le journal.Une troisième batterie de missiles Hetz sera ultérieurement mise en place dans la région sud d’Israël.Le Congrès américain a dégagé le mois dernier un budget de 81 millions $ pour sa coproduction, chaque batterie coûtant 170 millions.Les Berlinois manifestent Berlin (AFP) — Quelques légers incidents ont éclaté hier en fin d’après-midi à Berlin entre néo-nazis et partisans de la lutte contre le racisme, qui avaient organisé deux manifestations simultanées, a indiqué la police.Des partisans de la lutte contre le racisme ont jeté des pierres vers des membres du Parti national allemand (NPD), formation néonazie, obligeant les forces de l'ordre à mettre en action des lances anti-incendie.L'utilisation de ces lances visait egalement à empêcher toute «fonction» entre les deux groupes, selon la police.Les incidents se sont produits à proximité immédiate de la porte de Brandebourg, monument symbole de Berlin, et quatre fonctionnaires de police ont été blessés, selon les responsables.Aznar triomphe, Almunia démissionne Le parti du premier ministre sortant remporte une majorité absolue Raz-de-marée électoral en Espagne.Le Parti populaire (PP) du premier ministre José Maria Aznar, surfant sur une économie en pleine santé, a remporté haut la main hier les élections législatives, obtenant la majorité absolue au Congrès des députés.D’APRÈS AFP ET AP Madrid — Le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar et son Parti populaire (PP) ont remporté hier un succès historique en enlevant une large majorité absolue lors des élections générales en Espagne.Selon des résultats portant sur 95,10 % des suffrages, le PP obtient 183 sièges sur les 350 du Congrès des députés, contre 156 lors de la précédente législature.Le grand perdant de la soirée électorale est le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) qui perd 16 élus et n’obtient que 125 députés contre 141 en 1996.Le candidat socialiste à la présidence du gouvernement Joaquin Almunia a rapidement reconnu le «triomphe» de son adversaire et annoncé sa «démission irrévocable».L’autre composante de la gauche espagnole, la coalition communiste Izquierda Unida (IU) perd presque les deux tiers de ses élus et n’obtiendrait que huit députés contre 21 lors de la précédente législature.Le PSOE et IU.qui ont conclu en février un accord électoral, perdent à eux deux 29 sièges, alors que le PP en gagne 27.L’alliance du PSOE et de IU, qui prévoyait un programme commun de gouvernement et l'entrée de ministres communistes dans le nouvel exécutif, était la première de ce type depuis le Front populaire de 1936.Le raz-de-marée du PP a (ait une autre victime: la fonna-tion nationaliste catalane Convergencia i Unio (CiU) qui, si elle ne perd qu’un élu, avec 15 députés, perd surtout le rôle d'appoint parlementaire qu’elle a joué ces deux dernières législatures, tant auprès du dernier gouvernement socialiste (1993-96) que du premier gouvernement Aznar.En voix, le PP a progressé de six points en obtenant 44,67 % des suffrages contre 38,79 % en 1996.Le PP est passé d'un point d’avance en 1996 à dix points en 2000 sur le PSOE, qui, de 37,63 % des voix en 1996, en a obtenu 34,12 % dimanche, selon les résultats partiels portant sur 95,10 % des suffrages.Les autres petites formations nationalistes progressent ou restent stables.Le Parti nationaliste basque (PNV, au pouvoir au Pays basque) obtiendrait sept sièges contre 5 auparavant.Le Bloc nationaliste galicien (BNG) emporterait trois sièges contre deux en 1996 et Coalition Canarienne (CC) conserverait ses quatre élus.Trente-quatre millions d’Espagnols étaient appelés aux urnes afin de renouveler, pour quatre ans, le Congrès des députés qui élira ensuite un nouveau président de l’exécutif.Ce scrutin était couplé avec des élections au Sénat (renouvellement de quatre cinquièmes des sièges) et au Parlement régional d’Andalousie (sud).Ira journée électorale, qui s’est déroulée sous haute surveillance policière en raison des risques d’un attentat de l’or- — J It MARCELO DEL POZO REUTERS Trois religieuses des «Sœurs de pauvres» sont allées voter hier aux huitièmes élections législatives espagnoles depuis le retour de la démocratie dans ce pays en 1975, date de la mort du dictateur Francise» Franco.Au total 34 millions d’Espagnols étaient appelés à se rendre aux urnes.ganisation indépendantiste basque ETA n’a été marquée par aucun incident sérieux.Elle a été calme également au Pays basque (nord) où la plate-forme électorale indépendantiste Euskal Herritarrok (EH), proche de l'ETA avait lancé un appel à une «abstention active» lors du scrutin.Problème d’image José Maria Aznar a réconcilié l’Espagne avec la droite, lui faisant oublier ses relents de franquisme et lui offrant une impressionnante croissance économique.Malgré tout cela, José Maria .Aznar continue à avoir un problème d'image.Diplôme en droit, cet ancien inspecteur des Finances aujourd'hui âgé de 47 ans, dont l'épaisse moustache vient difficilement épicer un physique passe-partout et une silhouette à la Chariot, a passé quatre ans à lutter contre ceux qui lui reprochent de manquer de carrure politique et intellectuelle pour gérer le pays.On est loin du charismatique Felipe Gonzalez, orateur sachant mobiliser les foules ou séduire les grands de ce monde.Aznar, lui, est froid et distant son discours coincé et raide.Il admet lui-mème être tout sauf flamboyant et à l’aise.Le président du gouvernement espagnol fait donc réguliè-S renient les délices des caricaturistes; comme en octobre^ 1998 dans le quotidien El Mundo, plutôt pro-Aznar.Àj l’époque, les séparatistes basques d'ETA venaient de dé-î créter la trêve unilatérale et l’ancien dictateur chilien Au-' gusto Pinochet était arrêté à Londres sur mandat d’un * juge espagnol réclamant son extradition.Dans ce dessin, Aznar apparaît lilliputien, surplombé parj un immense Fidel Castro, qui tonne: «Imagine-toi un peu.¦ Que quelqu’un d'aussi insignifiant que toi s’inscrive dans ritis-', toire comme l’homme qui aura mis fin au terrorisme de l'ETA\ et envoyé Pinochet en prison.» « Certes, les Espagnols ont l’impression que leur premier! ministre n’a pas de stature internationale, comme lorsque" ses entretiens avec Boris Eltsine frirent annulés à la demie-» re minute à Moscou en mai dernier.«Pouvez-vous imaginer*, un pire boulot sur Terre que d’être conseiller en relations pu-" bliques d’Aznar?», ironisait le politologue Ramon Cotarelo.! Mais Aznar n’a cure de ce genre de critiques.«Je suis un ; homme tranquille qui se forge dans l’adversité» a-t-il lancé» pendant sa campagne électorale.! Dossier des «esclaves» sous le régime nazi UAutriche veut payer pour ses crimes d’hier PIERRE DAUM LIBÉRATION Vienne — L’Autriche d’aujourd’hui, montrée du doigt par le reste de l’Europe, semble plus décidée que jamais à prouver sa bonne foi démocratique.Et à admettre, entre autres, sa responsabilité dans les crimes du IIIe Reich.C’est en tout cas l’impression que le chancelier conservateur Wolfgang Schüssel cherche à donner.L’une des toutes premières mesures annoncées par son gouvernement concerne ainsi le dédommagement des quelque 240 000 personnes encore vivantes (sur presque un million), forcées de travailler, entre 1938 et 1945, sur le territoire autrichien, dans des conditions proches de l’esclavage.«Même si on ne peut être dupe des raisons politiques qui motivent la décision du gouvernement, elle représente une avancée importante, estime l’historien Bertrand Perz, membre de la commission d’historiens chargée de dresser le bilan des spoliations en Autriche, à l’époque nazie.Nous restons cependant très vigilants sur le contenu des accords à venir et sur le temps que cela va prendre avant le versement des premiers paiements.» La semaine dernière, le gouvernement a chargé Maria Schaumayer de trouver une solution «juste et rapide» à ce brûlant dossier.Un choix de personne judicieux: à 68 ans, cette ancienne présidente de la Banque nationale est une figure respectée des milieux d’affaires, avec lesquels elle va devoir traiter avec fermeté.Son père, catholique convaincu, avait perdu son emploi de directeur d'école à l’arrivée de Hitler en Autriche.Elle-même fut envoyée de force dans une ferme, à 14 ans, pour nourrir des vers à sqie utilisés pour la production de parachutes.Episode de jeunesse qu’elle ne manque pas d’évoquer à chaque rencontre avec les avocats des victimes.Le délicat dossier des travailleurs forcés en Autriche sous le régime nazi traîne depuis plusieurs années.Long temps, l'Etat autrichien s’était permis de faire la sourde oreille aux associations polonaises, ukrainiennes et autres venues réclamer réparation, leur renvoyant l’argument fatidique qu'entre 1938 et 1945 toutes les entreprises autrichiennes avaient été mises sous tutelle allemande.Elles ne pouvaient donc assumer aucune responsabilité juridique.L’argument avait tenu jusqu’en 1998, lorsqu’une «commission historique» fut chargée de faire «toute la lumière» sur les privations de biens perpétrées en Autriche pendant l’époque nazie: aryanisation, travail forcé, trafic d’œuvres d’art, confiscation d’appartements, blocage de comptes bancaires, etc.Ira semaine dernière, la commission a présenté ses premiers résultats, qui concernent justement le travail forcé, l'un des domaines de recherche les plus simples pour les historiens.Sur les 993 000 personnes recensées dans cette catégorie, 239 000 seraient encore en vie (approximation haute), se répartissant entre 200 000 «travailleurs «Même si on ne peut être dupe des raisons politiques qui motivent la décision du gouvernement, elle représente une avancée importante» étrangers» (principalement des Polonais, des Ukrainiens et des Tchèques, mais aussi des Italiens et des Français), 19 000 prisonniers de guerre et 20 000 internés des camps de concentration.Réticences idéologiques A l’annonce de cette «décision historique», de nombreuses réticences ont été exprimées.La première est d’ordre idéologique.Dès le départ, Jôrg Haider a semé le trouble en déclarant que le dédommagement des travailleurs forcés ne pouvait se faire sans une mesure similaire envers les prisonniers de guerre autrichiens en Russie et les Allemands des Sudètes réfugiés en Autriche en 1946.L'inquiétude d’une confusion possible entre ces trois catégories de «victimes» est d’autant plus justifiée que le texte du programme de coalition, signé par les deux partis au gouvernement, maintient une telle ambiguité.Pour l’instant, cette confusion semble écartée.«Maria Schaumayer est clairement chargée du seul dossier des travailleurs forcés, confirme Bertrand Perz.Cependant, on ne sait pas si elle ne va prendre en compte que ceux utilisés dans l’industrie ou aussi les travailleurs agricoles, qui représentent une majorité.» Par ailleurs, on ne sait toujours pas quelles sommes vont être distribuées ni d'où elles vont provenir.Même si Wolfgang Schüssel semble insister pour trouver une «solution autrichienne» au dossier, «on peut craindre, ajoute Bertrand Perz, que le système de dédommagement mis en place en Allemagne serve de modèle [en décembre, le gouvernement allemand et les représentants de l’industrie ont signé un accord, prévoyant la création d’un fonds de réparation doté de 10 milliards de marks]».«Un système qui permet d’éliminer du droit à indemnisation un maximum de victimes.» Sur les 239 000 personnes recensées, on pourrait se retrouver avec seulement un quart d’entre elles touchant quelque chose, une somme qui pourrait s’étaler entre 35 000 et 100 000 schillings.Un grand point d'interrogation plane aussi sur la bonne volonté des industriels autrichiens à mettre la main à la poche pour réparer les crimes perpétrés par leurs prédécesseurs.Pour Franz Stronach, milliardaire austro-canadien qui a racheté récemment l'entreprise Steyr-Daimler-Puch, il est «hors de question» de verser une quelconque compensation pour des fautes commises à une époque où lui-même n’était pas propriétaire.«Sinon, on pourrait alors remonter jusqu à Attüa, le roi des Huns!» s'est-Û permis d’ironiser.Quant à la population autrichienne, elle a, pour l’instant, positivement réagi.Lors d'un récent sondage, 69 % des personnes interrogées se sont exprimés en faveur de ce dédommagement, contre «seulement» 20 % qui s'y seraient fermement opposés.Cependant, aucune somme n’ayant encore été avancée, on attendra avec curiosité les résultats d'un même sondage, dans plusieurs mois, lorsque les premiers versements seront en passe d’être effectués.i Srebrenica, je me souviens Le premier procès d’un responsable du massacre s’ouvre aujourd’hui ASSOCIATED PRESS # • La Haye — Le tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-* Yougoslavie entame aujourd’hui à La Haye le procès du’ général bosno-serbe Radislav Krstic, 52 ans, poursuivi |x>ur! sa responsabilité dans le massacre de l’enclave bosniaque de* Srebrenica en juillet 1995.! Arrêté en décembre 1998, il est accusé de génocide,' crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour son rôle; clé dans le pire massacre commis en Europe depuis fa fin de! fa Seconde Guerre mondiale.11 devrait plaider non-coupable.Le général Krstic est accusé d’avoir ordonné en 1995 l’expulsion ainsi que l’exécution des habitants de Srebrenica.Les victimes ont été essentiellement des hommes et des adolescents.Cette région avait été décrétée «zone de sécurité» par_ les Nations unies.Les restes de près de 2500 personnes ont-été retrouvés depuis lors alors que 4500 personnes sont tou-! jours portées disparues.En l’absence des deux autres responsables présumés des.’ atrocités commises pour fa purification ethnique de 1a Bosnie] — Radovan Karadzic et Ratko Mladic — le procès de Radi-* sfav Krstic est particulièrement significatif car les juges n’ont, pas affaire à un «second couteau».Titulaire du grade de gene-] ral, il codirigeait le corps de fa Drina responsable de l'anéantissement des enclaves de Srebrenica et Zepa dans l’est de 1a] Bosnie en juillet 1995.Pendant huit jours, «les forces [bosno-f, serbes], sous le commandement et le contrôle de Ratko Mladict et de Radislav Krstic, ont exécuté plusieurs milliers de Mosul-' mans bosniaques», peut-on lire dans l’acte d’inculpation.Le procès doit permettre d'établir les responsabilités-mais aussi de retracer ce qui s'est passé à Srebrenica et à' Zepa alors que demeurent de nombreuses zones d’ombre, r concernant notamment l’attitude des casques bleus néerlan-ï dais présents sur place.Il n’est d’ailleurs pas exclu que lac-* cusé tente d’atténuer sa responsabilité en mettant en cause-les Nations unies.Radislav Krstic risque la prison à vie1, puisque contrairement au tribunal de Nuremberg qui avait’ jugé les criminels de guerre nazis, le TPI ne prévoit pas la peine de mort.Ce mois-ci, le général croate Tihomir Baskic a été condamné à 45 ans de prison, 1a plus lourde sentence infligée à ce jour par le TPI.Il a été reconnu coupable des meurtres et exactions commises contre les Musulmans de la vallée de Lasva en 1993 dans le centre de la Bosnie.Il s’était défendu en affirmant qu’il n’était pas au courant des crimes commis par ses soldats en raison du morcellement de la chaîne de commandement.Me Nenad Petrusic, l’avocat de Radislav Krstic, devrait i reprendre des arguments similaires: «L'aeeusé n'avait pas à sa disposition une information authentique indiquant que ses subordonnés avaient commis des crimes», peut-on lire dans son argumentation.«En dépit du nombre impressionnant de volumes écrits sur Srebrenica, de nombreuses questions demeurent sans réponse», a souligné le porte-pa-; role de l'accusation, Paul Risley.Ce procès «sera très utilq» au public, aux journalistes et aux historiens qui tentent del déterminer ce qui s’est passé». A 6 L K DEVOIR, LE LUNDI 13 M A R S 2 O O O EDITORIAL Uécole primaire en péril La popularité des écoles internationales se confirme, cette année encore.Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir la quantité d’enfants qui sont refoulés de ces établissements dont le nombre restreint ne suffit pas à la demande.Mais quelle est la raison de cet attrait pour ces écoles exigeantes offrant un programme enrichi?La réponse, fort simple, se trouve dans la médiocrité de l’école publique.-J Paule des Rivières ?-O- adis, l’éducateur élaborait sa stratégie autour d’un mythique «élève moyen», autour duquel étaient censés s’agglutiner les moins forts et les meilleurs de la classe.S’il fut une époque où l’enseignant pouvait rejoindre ainsi un grand nombre d'élèves dans la classe — encore que cela soit loin d’être certain — il n’en est certainement plus de même aujourd’hui.Les enfants ont leur rythme d’apprentissage et en tentant de satisfaire le plus grand nombre possible, l’école laisse échapper trop d’enfants.Aux deux extrémités, ceux qui n’ont pas le soutien familial pour suivr e le programme et ceux qui s’ennuient à l’école.Pour les premiers, il va de soi que des mesures s’imposent et les récents investissements du ministre François Legault visant un meilleur encadrement à l’école primaire vont dans la bonne direction.Mais pour les autres, c’est le principe du plus bas dénominateur commun qui est encore trop souvent la règle et qui est malheureusement en voie d’éloigner de l’école publique non pas les élèves surdoués, mais simplement ceux qui ont soif d’apprendre.Les familles qui en ont les moyens optent pour l’école privée, d’autres tentent leur chance à la loterie qu’est devenue l’entrée dans une école «enrichie».L’engouement que cette dernière provoque en dit long sur les réserves que plusieurs entretiennent envers l’école publique dite ordinaire.Réserves malheureusement souvent fondées.Les écoles dites à vocation particulière n’ont pas la cote sur la Grande-Allée.En 1997, avant la tenue d’audiences sur la modernisation de la Loi sur l’Instruction publique, l’ex-mimstre Pauline Marois n’avait fait aucun mystère de son aversion pour ce type d’école qui risquait, à plus ou moins brève échéance, de créer un système à deux vitesses, avec les «bolés» d’un bord et les «poqués» de l’autre.Se rangeant aux arguments de la CEQ, très rigide sur la question, Mme Marois décrétait peu après qu’aucune nouvelle école à vocation particulière ne verrait le jour sans son autorisation.Inutile de dire jusqu’à quel point cette exigence détonnait avec l’esprit de décentralisation du processus décisionnel ayant inspiré la réforme de la loi de l’Instruction publique.Pas étonnant, dans un tel contexte, que le ministère n’ait reçu aucune nouveUe demande! A Montréal, la Commission scolaire de Montréal, est allée encore plus loin la semaine dernière en adoptant un moratoire non seulement sur l’ouverture de nouvelles écoles à vocation particulière mais aussi sur l’ouverture, à l’intérieur des écoles déjà existantes, de volets ou classes «sélectives».Ce moratoire est incompréhensible.La CSDM ne peut tout de même pas prétendre qu’elle n’a jamais discuté, par le passé, le cas de ces écoles enrichies.Et que dire du Regroupement scolaire confessionnel, en dessous de tout, qui a voté en faveur du moratoire, après avoir promis, avant la dernière élection scolaire, d’ouvrir sue écoles à vocation particulière! Encore une fois, les intérêts bassement politiques des commissaires semblent plus importants que la défense du programme du parti scolaire confessionnel.Quant au bien des enfants, il traîne loin derrière.La réalité n’a aucune prise sur la CSDM.Pour sa part le ministère de l’Éducation est favorable aux projets pédagogiques qui permettent de répondre aux besoins de tous les élèves d’une école de quartier donnée.Dans la mesure où la sélection s’effectue davantage selon les désirs et goûts des enfants que sur leur dossier scolaire ou leur résultat à un test de sélection.Personne ne souhaite l’expansion d’un système sélectif.Tout le monde s’entend sur ce principe.Mais il reste que l’on joue quelque peu sur les mots car seuls les enfants capables d’intensifier la cadence des études suivront -, Québec marche sur des œufs, évidemment Car s’il craint la prolifération d’écoles à vocation particulière, il ne peut décemment s’opposer à des projets stimulants qui retiendront les élèves à l’école publique.D ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable: l’école d’aujourd’hui est trop souvent figée dans le temps.Au rythme où vont les choses, il n’est pas loin le temps où les enfants apprendront davantage de choses à l’extérieur de l’école qu’entre ses murs.Les écoles primaires qui ont effectué des virages, et il y en a, ont mis plusieurs années avant de transformer leurs pratiques.Celles qui ont réussi ont allié aux méthodes traditionnelles d’enseignement d’autres façons de faire qui permettent aux enfants de cheminer à leur rythme.Cela suppose une souplesse de la part des syndicats d’enseignants: un trop grand nombre ne voient le système d’éducation qu’à travers la lorgnette de leurs conventions collectives.Cela n’a aucun sens.Cela suppose aussi un engagement accru de la part des parents dans l'éducation de leur enfant la réussite scolaire passe par un accompagnement quotidien de l’enfant dans son apprentissage.Le ministre de l’Éducation, François Legault a annoncé qu’il réduirait le nombre d’enfants dans les classes de maternelle, de première et de deuxième année.Voilà un pas dans la bonne direction.Le soutien aux enfants en difficulté est une mesure absolument nécessaire.M.Legault a aussi annoncé que les écoles devraient adopter des plans d’échec zéro de manière à contrer le décrochage.Fort bien.Cependant il ne faudrait pas que la réussite à 100 % soit associée à une diminution des exigences de l’école primaire.Au contraire, il est grand temps que l'on offre aux élèves un menu plus substantiel.Sinon, les parents continueront de réclamer des écoles mieux adaptées à leurs enfants et ils auront raison.Après le désastre des polyvalentes, il faut éviter la détérioration de l’école publique primaire dont la relance doit être une priorité.Le temps presse, il est minuit moins cinq.pdesrivieres@ledevoir.com LE Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDREE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ US VACHC5 GRA55C5 Pu mN\\£R UNDRV.^ fits* Pus* s» 11/ * SS • .j-fi Policier 007 Après le jugement qui réintègre les policiers responsables de la mort de Barnabé dans le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal, il est logique d’attribuer un nouveau numéro matricule aux membres du SPCUM.Le nouveau numéro matricule devrait commencer par 00 (comme dans 007, permis de tuer!).André Synnott Montréal, mars 2000 Un référendum gagnant Voici, il me semble, quelles sont les deux questions qu’il faudra poser aux Québécois lors du prochain référendum: premièrement, acceptez-vous que le Québec devienne un état souverain?OUI ou NON.Deuxièmement, si vous avez répondu OUI à la première question, acceptez-vous qu’un Québec souverain entreprenne de négocier avec le reste du Canada un partage de sa souveraineté en vue de son adhésion à une nouvelle union canadienne ?OUI ou NON.Seuls les tenants d’un état national unitaire canadien devraient répondre NON à la première question.Les tenants d’un Québec souverain et indépendant devraient répondre NON à la deuxième question.Tous les véritables fédéralistes devraient répondre OUI aux deux questions.Un relus de négocier entraînerait l’indépendance du Québec.La rupture, si elle devait être inévitable, ne viendrait pas nécessairement des Québécois.Il devient alors clair que la souveraineté est préalable et nécessaire à tout fédéralisme.Voilà, à mon avis, une façon de dédramatiser le sens du mot souveraineté qu’on a tendance à dénaturer.En effet, souveraineté ne veut pas dire indépendance ni sécession comme certains le voudraient mais bien l’ultime capacité que possède un état de décider.Dans l’exercice de cette souveraineté, un état peut décider de ses choix et, parmi ceux-ci, de décider de faire partie d’une fédération et de quelle façon il en fera partie ou bien de s’en retirer.Il serait essentiel, dans cette nouvelle union, que les représentants de l’état fédéral proviennent d’une délégation politique des états membres.Ceci éviterait d’avoir à élire à tous les deux ans des députés qui reçoivent le mandat tacite ou qui se donnent ce mandat de défaire les LETTRES -+- mandats de l’autre palier de gouvernement reçus à l’élection précédente.Dans les structures politiques canadiennes, il s’agit du premier chevauchement de juridiction, souvent interprété comme un chevauchement de légitimité, qu’il faudrait dénoncer et de la première réforme électorale qu’il faudrait entreprendre.Dans un tel contexte, les représentants de l’état fédéral seraient certainement portés à traiter leurs états membres avec plus de courtoisie.Jean-Guy Beaulieu Jonquière, 5 mars 2000 Le Canada n’est pas de la fête Le 4 février on célébrait discrètement le 3* anniversaire d’un événement historique: le Sommet du microcrédit à Washington D.C.où plus de 2900 personnes représentant 1500 institutions de 137 pays se rencontraient et s’engageaient, au terme de ces assises, à rejoindre 100 millions des familles les plus pauvres de la planète d’ici l’an 2005 et cela par le moyen de petits prêts.L’expérience a déjà démontré ce qui suit ¦ les prêts sont majoritairement faits aux femmes; ¦ le taux d’abandon est très bas; ¦ les taux de remboursement ponctuels sont près de 100%; ¦ on note une forte croissance d’épargne chez les emprunteurs.Les résultats valent-ils l’effort déployé?Le sondage a révélé que 925 institutions qui ont répondu à l’appel atteignent 12,6 millions des clients les plus pauvres, leur permettant de se créer un travail indépendant.Le nombre des clients parmi les plus pauvres est passé de 8,1 millions en 1998 à 12,6 millions en 1999, soit une augmentation de 50 %.Si ces taux de croissance se maintiennent et si l’on continue de viser les plus pauvres, l’objectif sera dépassé en l’an 2005.C’est un succès exceptionnel! Un des défis les plus importants dans cette campagne mondiale des microcrédits est d’en évaluer l’incidence sur les clients les plus pauvres.Malheureusement le Canada ne peut participer à la célébration des progrès accomplis sur le terrain parce que: ¦ trois ans après le Sommet, de tous les programmes financés par l’ACDl, presque aucun ne vise les familles les plus pauvres et la plupart de ces familles ne profitent jamais des dollars des contribuables canadiens.¦ l’ACDI n’a encore aucun programme d’évaluation d’impact afin de vérifier que le crédit ne signifie pas simplement un endettement accru, mais aussi une stratégie pour sortir de la pauvreté extrême.C’est bien dommage! Le Canada a déjà été un exemple mondial pour l’aide aux plus pauvres et.maintenant que de beaux surplus enrichissent nos coffres, nous ne trouvons plus le moyen d’augmenter l’aide aux plus démunis, mais au contraire, cette; aide continue à diminuer.J’ai honte! Monique Roy Lennoxville, mars 2000 De l’air, s’il-vous-plaît En réponse à la lettre «L’utilisation de la voiture est de plus en plus problématique» de M.Pierre-Yves Melançon, conseiller municipal associé au maire de Montréal - affaires métropolitaines (7 mars 2000).Vous semblez dire que l’ajout de routes favorisera l’économie de Montréal en permettant au transport commercial de se faire aisément.Sur l’autre côté, vous assurez qu’un défi «collectif» attend les Montréalais quant au recours à toutes les formes de transport en commun.C’est là où le bât blesse: il faut bien s’en rendre un compte un jour, la qualité de l’air est déplorable à Montréal comme un peu partout dans le monde.Le défi n’est pas collectif, il est individuel à outrance, présentement.Ce n’est pas en rallongeant les métros et en installant des rails qu’on change les mentalités.Toute une génération de gens comme vous et: moi se font dire tous les jours que l’automobile, c’est la liberté, on ne peut travailler sans, etc.Et ça porte fruit.Tout le monde est pour la vertu, mais personne ne l’applique.Il est regrettable que les élus municipaux doivent en venir à des mesures coercitives pour que les citoyens comprennent qu’il y a une responsabilité à être un citoyen (l’histoire des sacs à ordure, bien que je le trouve regrettable, en est un exemple récent).Mais je crois bien qu’on en est là, M.Melançon.Il faudra sévir, par une taxe sur la pollution ou par une contravention quelconque, tout conducteur d’auto qui ne fera pas la preuve tangible qu’il n’a pas le chobc de se rendre au travail en voiture.Sinon, qui obéira ?Vous le dites vous-mêmes, le recours aux transports en commun est en baisse.J’ajouterais que pour les cyclistes, il n’y a souvent d’autre choix que d’emprunter le trottoir pour se garder en vie./dors?Le temps des vœux pieux est tenniné! Anne-Louise Genest Montréal, 8 mars 2000 LIBRE OPINION -4- L’occupation du Sud-Iiban: le Viêt-Nam israélien HOUCHANG HASSAN-YAR I Directeur de Recherche Professeur au Collège Militaire Royal de Kingston ESTELLE YOUSSOUFFA Chercheur Chaire Téléglobe Raoul-Dandurand Le Liban est une synthèse explosive de la situation tortueuse du Moyen-Orient.Condensé religieux et ethnique, c’est une mosaïque instable qui frôle perpétuellement l’implosion.La guerre civile de 15 ans a failli marquer la fin de ce que l’on appelait «La Suisse du Moyen-Orient».Les défis de cette société du compromis sont nombreux.Outre l’énorme chantier de la reconsfruc-tion, il y a l’occupation du sud du pays par l’armée israélienne, la tutelle syrienne et la présence de plus de 400 000 réfugiés palestiniens sur le territoire.Pris entre les puissances régionales et internationales, le liban ne participe jamais aux grandes décisions mais il est le premier à en subir les conséquences.Sachant que les arrêts des négociations israélo-palestiniennes peuvent marquer la reprise du dialogue syro-israélien ou freiner le dossier du Sud-Liban, Beyrouth surveille avec anxiété les agendas de la paix en espérant sortir du cycle des guerres une bonne fois pour toutes.lœ processus de paix est arrivé avec les promesses de Barak à un niveau de pression sans précédent Des échéances très rapprochées et des négociations bilaté- rales tous azimuts laissent aux Arabes des espoirs de règlement rapide alors que le gouvernement Barak marche sur une corde raide.Il faut non seulement convaincre l’opinion israélienne, jongler avec les médias mais aussi négocier point par point avec différents interlocuteurs las des valses-hésitations israéliennes, en prenant en compte la montre.Pour le moment, le Liban observe les calendriers de la pane se télescoper.Les négociations bilatérales entreprises par Israël sont mal en point, assommées par la pression et par le manque de temps accordé à chacune d’entre elles.Les négociations entre la Syrie et Israël sont suspendues.Elles avaient plongé le liban dans l’espoir de voir la situation se normaliser entre Damas et Tel-Aviv, lui permettant ainsi de ne plus être l’otage des deux puissances voisines.Après plusieurs années d’occupation, le liban est toujours très encadré politiquement par la Syrie.Au niveau de l’Autorité Palestinienne, les ajournements des retraits israéliens de Cisjordanie et la propagation des colonies juives en Palestine ne sont que les symptômes du lourd climat qui pèse suj les discussions entre Barak et Arafat.La naissance de l’État palestinien ne cesse d’être repoussée alors qu’elle marquerait pour le liban le départ des réfugiés (environ 10 % de la population).Selon Bouiez, c’est une situation intolérable pour le liban tant l’intégration de ces Palestiniens bouleverserait l’équilibre socio-politique déjà précaire au Liban.Après la guerre civile (1975-1992), les libanais sont parvenus à un compromis politique complexe qui permet à chaque confession religieuse d’avoir un représentant au sein des institutions.Maronnites, orthodoxes, catholiques, sunnites et chiites ont signé cet accord sur des bases démographiques que l’intégration des Palestiniens (majoritairement musulmans) remettrait en question aux dépens des Chrétiens.La création de l'État palestinien et le rapatriement des réfùgiés est donc une attente pressante pour les Libanais.Le dossier du Sud-Iiban qui préoccupe directement les Libanais est en fait suspendu aux deux premiers à cause de la logique des calendriers qui concentre tous les retraits dans une même période.Motiyée publiquement par la protection de la frontière nord de l’Etat juif, l’occupation du Sud-Iiban par les troupes de Tsahal s’est révélée une opération militaire hasardeuse compte tenu du relief escarpé favorisant la guérilla du Hezbollah.Bon nombre d’observateurs parlent de «bourbier libanais», quand ce n’est pas de «Vietnam israélien» tant la situation est inextricable au point de vue militaire.Après 22 ans d’occupation et malgré la supériorité militaire, les pertes israéliennes sont importantes alors que la résistance libanaise se renforce.Largement médiatisée, cette guerre sale aux nombreuses victimes civiles et le mouvement des mères de soldats israéliens reiusant d’envoyer leurs enfants sur ce front ont amené la société israélienne à reconnaitre la nécessité de se retirer de cette zone.Lors de son élection, Barak a promis un retrait en juillet 2000.Mais sur le terrain c’est l’escalade avec la multiplication des embuscades du Hezbollah et les ripostes aériennes israéliennes sur des cibles civiles.L’occupation du sud du pays est d’autant plus catastro-, phique pour le liban qu’elle est un important facteur de déstabilisation interne.En l’absence d’armée Ubanaise, la Syrie a utilisé l’occupation israélienne pour maintenir ses propres forces armées sur le sol libanais.Le Hezbollah qui combat au sud est une milice islamiste que l’état libanais doit tolérer malgré spn financement par l’Iran, faute de mieux.Alors que l’Etat supporte un lourd endettement pour remettre le pays sur pied, la destruction d’infrastructures lors des bombardements anéantit non seulement les efforts de la reconstruction mais transforme les zones touchées en terreau fertile pour les campagnes sociales des partis extrémistes qui viennent en aide aux populations.En traitant dernièrement le Hezbollah de mouvement! «terroriste», Lionel Jospin s’est pris les pieds dans le tapis libanais.Le premier ministre français a provoqué un véritable tollé dans les pays arabes et musulmans tout en prenant à contre-pied la communauté internationale et l’ONU qui ont condamné l’occupatiop isarélienne.La France a même signé en 1996 avec les Etats-Unis, Israël et le Hezbollah les Accords d’Avril reconnaissant la résistance libanaise face à l’occupation israélienne.Cette déclaration inopportune marque donc un couac pour la diplomatie française dans la région alors qu’elle est identifiée depuis plusieurs décennies comme «équilibrée», voire pro-arabe.Lors de cet incident, le relatif silence du Liban au milieu de la tempête des pays arabes illustre l’importance du pays au Moyen-Orient, sa vulnérabilité stratégique et son impuissance.ft. IDEES Entente entre l’UQAM et le Torah Vocational Institute Pour sortir de la marginalité Les groupes minoritaires doivent trouver leur place à F Université JULIEN BAUER Professeur Département de science politique Université du Québec à Montréal a été créée pour répondre aux besoins de la société québécoise.À 1 époque les politiques élitistes de universités qui limitaient l’accès aux études supérieures pour des raisons non-académiques avaient eu comme résultat un très bas taux de scolarité pour la majorité de langue française.Depuis, heureusement, un nombre toujours plus élevé de Québécois fréquente l’UQAM et les autres universités.C’est dans ce cadre générale d’une université au service de la population que se situe l’entente entre l’UQAM et TAV (le Torah and Vocational Institute).Cette entente est critiquée à trois titres : sexe, langue et laïcité.Pour certains cours, TAV souhaite que les charges d’enseignement soient déterminées sur une base discriminatoire, des hommes enseignant aux hommes et des femmes aux femmes.L’entente dit, dans son article 4.3 que l’UQAM a la responsabilité de «recruter, embaucher et affecter le personnel d’enseignement».TAV peut donc demander, rien n’oblige l’UQAM à accepter.En d’autres termes, un cours est donné par l’enseignant désigné par l’UQAM.Les étudiants suivent le cours mais, s’ils le désirent, peuvent l’abandonner.Avec de telles balises, les risques d’intervention extra-académique dans l’enseignement paraissent limités.L'aspect linguistique est plus complexe, d’une part l’UQAM est francophone, de l’autre la majorité des étudiants ne l’est pas.Le français n’est pas aussi sacro-saint qu’il ne le paraît : les étudiants de maîtrise et de doctorat peuvent présenter leurs mémoires et thèses en anglais, des ententes avec d’autres institutions (par exemple Paris-Dauphine) prévoient un enseignement en anglais, etc.L’idéal serait de maximiser les chances que les étudiants de TAV prennent l’habitude de fonctionner en français.Les modalités sont ardues.Il est hors de question d’abandonner le français mais l’imposition d’un programme totalement en français aurait pour conséquence l’abandon du programme par la majorité des étudiants.La question linguistique est, je crois, le problème le plus sérieux et le plus difficile à résoudre.Le mieux étant l’ennemi du bien, la seule solution est sans doute l’acceptation par les deux parties d’une certaine expérimentation.Si l’appartenance sexuelle est largement un faux problème, l’aspect linguistique un problème réel sans solution facile, c’est l’invocation à la laïcité qui est le plus surprenant Quelle laïcité ?La laïcité selon le Robert est le «principe de séparation de la société civile et de la société ^religieuse, l'Etat n’exerçant aucun pouvoir religieux et les Églises aucun pouvoir politique» ou, pour reprendre Renan, «l’Etat est neutre entre les religions».Neutralité ne veut dire ni statut privilégié à une religion ni hostilité à toutes les religions.La laïcité suppose que la sphère publique n’a plus de connotation religieuse.I.a réalité est que la sphère publique est imbibée de religion, au Québec, de catholicisme.Le calendrier, avec ses jours fériés, Noël, Pâques, etc., est chrétien, l’hymne national «sait porter la croix», etc.L’UQAM, dont on ne cesse de nous rappeler qu’elle est laïque, organise une réception de Noël pour le personnel.Noël laïque ?Le syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Montréal, qui utilise l’argument de la laïcité pour dénoncer l’entente avec TAV, invite, lui aussi, ses membres à un party de Noël.La laïcité, revue et corrigée par nombre de groupes au Québec, y compris le SPUQ, n’a rien à voir avec la neutralité.C’est une fermeture délibérée sur les cultures différentes tout en maintenant un discours soi-disant ouvert Lorsqu’Alfred Dubuc se demande «comment définir ces groupes qui n’auraient pas accès à l’université», il se donne bonne conscience en refusant de voir la réalité.Comment se fait-il que les étudiants des groupes minoritaires — je ne parle pas d’étudiants étrangers mais des jeunes éduqués au Québec — sont si peu nombreux à l’UQAM par rapport à l’autre université francophone, l’Université de Montréal ?Serait-ce que l’institution et ses multiples composantes, dont le SPUQ, émettent un message «laïc» qui signifie «vous êtes les bienvenus à la condition d’abandonner toute spécificité ?» Un étucjiant qui veut s’inscrire’, par exemple, à l’École des sciences de la gestion, reçoit un «Guide d’inscription, Hiver2000».Ce guide, dans un encadré p.26, cite la politique 28 adoptée par le Conseil d’administration de l’Université le 17 octobre 1995.On y rappelle le «caractère public, francophone et laïc» de l’établissement et prévient les étudiants qu’ils «doivent accepter de ne par invoquer leurs origines ethniques ou convictions religieuses pour déroger ou se dérober à leurs obligations d'étudiant» (art.7.2).En vertu de cette politique, aucun étudiant ne peut prétendre être dispensé d’un examen pour des motifs ayant trait à certains rites religieux.(Les passages soulignés sont en caractère gras dans le guide.) Ce guide qui interdit tout recours à un étudiant est d’autant plus bizarre qu’il oublie de signal *• nue le même article 7.2 fait référence à la notion d’accommodement raisonnable, notion qui fait partie intégrante des droits de la personne.Le SPUQ, qui a porté plainte à la Commission des droits de la personne pour l’entente UQAM-TAV, n’a pas jugé bon, pour des raisons inexpliquées, de demander que les documents publiés par l’UQAM respectent la Charte des droits et libertés.Triste argumentation t Le même SPUQ, dans son bulletin de janvier 2000, n’a pas hésité à publier un article de trois pages de Michel van Schendel, article qui relève plus de ratiocinations haineuses et délirantes que d’une analyse critique.TAV y est décrit comme des «malicieux petits intégristes» (p.7), «qui ne savent pas penser» (p.8), coupables du «viol fascisant des consciences» (.6) et, au cas où les professeurs auraient le moindre doute, l’auteur nous apprend que «ces gens-là songent à l'argent» (p.8).11 est légitime d’être en total désaccord avec des groupes religieux, il est triste de limiter l’argumentation à une série d’insultes.Sous la plume de son premier vice-président Louis Gill, le SPUQ nous offre en exemple la laïcité française (SPUQ - Info, septembre 1999, p.13).la France certes est laïque mais cela ne l’empêche pas de respecter les religions.Avant d’écrire, il serait peut-être préférablç de se renseigner.la situation française est la suivante.A la Sorbonne, comme à l’UQAM, des examens se déroulent samedi et dimanche.Tout étudiant qui en fait la demande pour motif religieux obtient que son examen soit déplacé à un autre jour.Cet accommodement est en place depuis le début des années 1960.L’équiyalent existe dans d’autres institutions comme l’Institut d'Études Politiques, Polytechnique, etc.I.e modèle françms, loin d’aller dans le sens des hérauts de la laïcité à la québécoise, signale très exactement le contraire : on peut être laïc et respecter les différences religieuses.Nous assistons, et je pèse mes mots, à une véritable campagne de désinformation qui, à partir de concepts utilisés à contre sens, de données partielles et de références à des expériences étrangères inexistantes n’est qu’une caricature de la rigueur intellectuelle que nous enseignons et que nous demandons à nos étudiants.Quel avenir ?En quoi l’entente remet-elle en cause la laïcité de l’UQAM ?le seul élément religieux est l’affiliation de TAV à un mouvement religieux hassidique.Tout le reste est et demeure laïc.Le programme n’a aucun contenu religieux, aucun cours qui traite de théologie ou de religion.La population étudiante n’est que très partiellement religieuse.Environ un tiers des étudiants sont des Juifs hassidiques de groupes autres que les Loubavitch et deux tiers ne sont ni hassidiques, ni Juifs mais pour la plupart des Asiatiques.Comment expliquer qu’ils s’inscrivent à TAV et non pas directement à l’UQAM ?Plusieurs raisons expliquent ce comportement : crainte, justifiée ou non, que les spécificités des groupes minoritaires ne soient pas respectées, réflexe de peur, justifié ou non, devant les institutions publiques qui, pour beaucoup d’immigrants, étaient liées, dans leurs pays d’origine, à des régimes totalitaires, difficultés linguistiques pour des personnes dont la connaissance du français est très faible et celle de l’anglais médiocre.Certaines de ces craintes sont fondées : le mépris dont fait preuve le Guide cité plus haut envers les religions minoritaires en fournit un exemple.D’autres ne le sont pas mais font néanmoins partie de la perception des étudiants, donc de la réalité.La laïcité, revue et corrigée par nombre de groupes au Québec, y compris le SPUQ, n'a rien à voir avec la neutralité.C'est une fermeture délibérée sur les cultures différentes tout en maintenant un discours prétendûment ouvert Moisson Montréal est doublement orpheline JACQUES NADEAU LE DEVOIR Moisson Montréal aide pourtant plus de 157 OOO adultes et enfants en difficulté.i ! ’ lüS MARCÈLE LAMARCHE Directrice générale de Moisson Montréal IT’ téphane Dion est-il si accaparé Spar les dossiers de son ministère qu’il en oublie d’accorder la moindre attention aux autres problèmes graves accablant les b Canadiens, et singulièrement celui de la faim au milieu de l’abondance?Nous, de Moisson Montréal, domiciliés dans sa circonscription de Saint-Laurent-Cartierville, serions-nous privés d’un interlocuteur et d’un porte-parole auprès du gouvernement fédéral?Depuis le déménagement de Moisson Montréal dans de vastes entrepôts du chemin de la Côte-de-Liesse en novembre 1997, M.Dion et son personnel n’ont fait aucun cas des nombreuses représentations de la banque alimentaire et des demandes d’appui financier adressées par leurs bons soins au gouvernement fédéral.Ces demandes invitaient Ottawa à participer aux frais d’acquisition de notre édifice ainsi qu’aux deux phrases d’installation des équipements essentiels.Accusé de réception laconique, après neuf mois, à une première lettre (octobre 1997); visite-éclair et sans suite un an plus tard; réponses toujours évasives de son personnel à nos appels téléphoniques répétés après la soumission, en octobre 1999, d’un dossier étoffé; même pas d’accusé de réception à une lettre de rappel en janvier 2000; indifférence complète devant l'urgence des demandes: tel est, hélas, le triste bilan de multiples démarches auprès du bureau de comté de M.Dion.Moisson Montréal semble bien orpheline de député! force nous est donc de conclure que la faim et la pauvreté de millions d’enfants et d’adultes n’occupent guère de place parmi les priorités du gouvernement canadien, si tant est qu’elles figurent dans la liste.20 % de la population Par le truchement de 275 organismes communautaires de la grande région métropolitaine, Moisson Montréal aide pourtant plus de 157 000 adultes et enfants en difficulté, soit 20 % de l’ensemble de la po- pulation à laquelle les banques alimentaires canadiennes prêtent secours: pour nous semble s’annoncer encore une autre année de démarches stériles auprès de M.Dion, une autre année sans résultats concrets pour soulager, ne serait-ce qu’un peu, la souffrance des plus démunis de notre milieu.Inquiets et exaspérés, nous avons le sentiment d’être laissés à nous-mêmes, négligés, abandonnés même par notre député.Le traitement impersonnel et expéditif réservé à notre lettre de décembre 1999 au premier ministre Chrétien, l’invitant à visi- ter Moisson Montréal — comparable à celui accordé aux demandes d’appui financier acheminées à d’autres instances aussi peu empressées —, ne fait qu'intensifier notre frustration.Nous souhaitons, d’abord et avant tout, que MM.Dion et Chrétien nous prêtent une oreille attentive et nous ouvrent des portes auprès d’interlocuteurs responsables et efficaces, comme celui qu’ont trouvé depuis plusieurs années les banques alimentaires américaines en la personne du ministre de l'Agriculture, Dan Glickman.Échanger utilement, souligner notre important rôle humanitaire, social, nutritionnel (donc, en santé publique) et environnemental — travail qui incombe en grande partie au gouvernement lui-même, ne l’oublions pas —, faire part aux décideurs publics de nos préoccupations face à l’immensité des besoins et de nos défis, voilà le coeur de notre démarche auprès de ces deux hommes politiques.Pourtant, jusqu’à présent, et dans un cas comme dans l’autre, nous nous sommes heurtés à un mur d’indifférence.La gauche a-t-elle un avenir?JACQUES PELLETIER Extrait d'un ouvrage publié ces jours-ci par Nota Bene éditeur.L’auteur est professeur au département d'études littéraires de l’UQAM et membre du comitéde rédaction de la revue Possibles.I=“~=! i la gauche est toujours nécessaire et plus que (y jamais en cette période dominée par une nou-velle forme de capitalisme dont la domination .paraît quasi totale, il semble que cette évidence ne s’impose plus même aux citoyens habituelle- ¦.-.ment considérés comme progressistes.C’est à tout le moins ce que font ressortir les résultats des dernières élections au Québec.Les élections de novembre 1998 ont en effet confirmé l’hégémonie politique des deux grandes formations libérales et conservatrices que constituent le Parti libéral et le Parti québécois: libérales sur le plan des mentalités et des mœurs, conservatrices sur le plan économique et social.L'opposition, pour l’essentiel, s’est exprimée à travers l’Action démocratique du Québec de Mario Dumont, qui a accru de manière importante son audience électorale sans toutefois en tirer de bénéfices parlementaires.Et cette opposition, même si elle a sans doute obtenu l’appui d'une partie de la jeunesse qui pouvait se reconnaître dans la «fraîcheur juvénile» de Mario Dumont, est, on le sait, encore plus conservatrice que les deux «vieux» partis.La gauche, pour sa part, a réalisé le score vraisemblà-blement le plus insignifiant de toute son histoire, ne récoltant même pas 1 % du suffrage populaire.Un score d’une faiblesse telle que seuls des militants très convaincus — et encore! — pourront accepter tant bien que mal et qui en découragera sûrement de nombreux autres à la foi plus vacillante.Un score, en tout état de cause, qui appelle une réflexion sérieuse chez tous ceux qui défendent encore la nécessité d’une autre option politique au système en place et qui ne s’est guère manifestée jusqu’ici.Comment expliquer en effet la contradiction flagrante existant entre une situation socioéconomique dégradée, caractérisée par le chômage, la précarisation, la pauvreté et l'exclusion, donc potentiellement explosive, et les résultats objectivement conservateurs des dernières élections?, Comment expliquer cette absence de traduction politique conséquente du malaise social ou, si l’on préfère, sa traduction aliénée, déformée, inversée, à travers l'appui doh-né aux forces du statu quo?Quelque chose ne va pas Si les dominés et les exclus de ce monde ne se reconnaissent pas dans l’alternative que leur proposent les militants progressistes, c’est que, manifestement, quelque chose në va pas, soit en ce qui a trait au contenu même de l’option de rechange, du programme qu’elle présente, soit en ce qui a trait à sa diffusion, le message n’atteignant pas ceux à qui il est adressé.C’est sur ces deux plans — programmatique et communicationnel — qu’il convient donc de s’interroger si on entend dénouer une impasse qui, autrement, risque fort de se perpétuer jusqu'à la fin des temps.Dans un article publié dans Le Devoir quelque temps après les élections (16 décembre 1998), Alexandre Boule-rice, ancien président de la région de Montréal du Parti de la démocratie socialiste (PDS), reconnaissant d’emblée la responsabilité propre de la gauche dans sa catastrophique déconfiture électorale, pointait trois difficultés majeures liées pour une part au programme et à sa diffusion, ainsi qu’on vient de le signaler, et pour une autre part à la capacité des militants progressistes de travailler de concert avec d’autres, à l’intérieur de la mouvance de gauche d’abord, à sa périphérie par la suite.En ce qui concerne le programme, il faisait remarquer avec raison que celui-ci doit être non seulement généreux mais crédible, capable de persuader les électeurs qu’U est réalisable, faisable, qu'il ne se situe pas dans le registre de la pure utopie.Ce qu’on n’a pas fait jusqu’à maintenant Changer le discours Ce programme «réalisable», «chiffrable» dans la mesure du possible, il faut ensuite le rendre accessible, compréhensible à la masse des électeurs que le langage trop souvent codé et hermétique, caractéristique du discours militent rebute et décourage.Il faut rendre en termes clairs et opérationnels le langage de l’analyse, expliquer concrètement comment se manifeste la domination à travers des politiques, et des programmes.B faut également montrer comment elle peut être renversée au profit d’une organisation sociale plus équitable à travers tout un ensemble de réformes visant à transformer effectivement — et non de manière purement rhétorique — le monde au profit du plus grand nombre.En supposant que les difficultés liées au programme et à sa diffusion soient surmontées, il faudra encore, selon Bou-lerice, que les militants de gauche apprennent à travailler ensemble.Cela n’a pas été le cas lors des élections de novembre 1998, la «coalition arc-en-ciel» dont certains avaient rêvé au cours des mois précédents ne s’étant pas réalisée.Selon ses promoteurs, appartenant pour la plupart au RAR il s’agissait de présenter, dans chacun des comtés, le candidat apparaissant le mieux placé, indépendamment de son appartenance à telle ou telle organisation spécifique.Cet objectif, pourtant très modeste, n’a pu être atteint, si bien que c’est en ordre dispersé que la gauche s’est manifestée, les groupes communistes ne présentant que quelques candidats, de même que le RAI?le PDS seul étant représenté sur tout le territoire avec ses 96 candidats.La «coalition arc-en-ciel» n’a même pas pu être mise sur pied minimalement, de manière conséquente, entre les militants du RAP et ceux du PDS, qui se méfiaient les uns des autres et étaient réticents à s’engager dans une bataille commune.Bref, l’espérance suscitée par les premières affirmations publiques du RAP au cours de l’aimée précédente n’a pas donné les fruits électoraux escomptés, si l’on excepte la performance remarquable — mais malheureusement unique — de Michel Chartrand dans le comté de Jonquière.Le RAP, bien malgré lui, reprend trop souvent, sur le mode d’un réflexe incorporé, les traditions sectaires de la gauche québécoise des dernières décennies.Ces travers, il le sait pourtant, ont compromis l’émergence de cette gauche en tant que grande force politique organisée, pouvant représenter effectivement une option de rechange crédible au régime actuel.De plus, en se situant à l'extrême gauche sur le plan idéologique, alors qu’il n’existe même pas ici une gauche «classique» qui pourrait légitimer en partie une telle op-‘ tion comme c’est le cas par exemple en France, il se condamne à la marginalité, sinon à la mort douce, laissant, comme ses prédécesseurs toute la place aux forces du statu quo.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’Information générale et métropolitaine : (.éralti Dailaire {adjoint au directeur de l'in/rirmation), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d’Avignon (sports), l’aule des Rivières (éditorialiste).Jean Dion, louis-Gilles Francoeur-'environnement), Judith Lachapelle, louise Leduc, Kathleen lévesque (actualités politiques municipales), Benoit Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et/dits divers), Isabelle Paré (santé)-, Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-, Martin Puclos et Christine Dumazet (relecteurs)-, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l'Information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane BaiDargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) ; A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Hélène Baril, Claude Lévesque, François Normand, Claude Turcotte; à l’information internationale : lean-l’ierre legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste): A l’information politique : Pierre O’Neill, Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Putrisac (correspondants parlementaires à Québec); Marie-Hélène Alarir (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, MarieUlaudc l’élit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Heroine, Serge laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbult, Manon Bouchard, Christiane legault.Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruetland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires), léopold Ste Marie (directeuradjoint) Mman Blanchette, Sylvie Laporte.Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Bernatchez.Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, ' Marie-Josée Hudon, Sébastien Vallée.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice).Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Rachelle leclerc.L’ADMINISTRATION.Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d’Are Huude (secrétaire à la direction); Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur).Ghislaine lafletir, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert ' ( vice-président exécutif et directeur généml) •r' I.K I) K V (» I II .I.K LUNDI I :$ M a K S > () 0 0 A 8 -* LE DEVOIR «-—- ACTUALITES La faculté de médecine de Sherbrooke au 1er rang Sherbrooke(PC) — Pour une deuxième année consécutive, la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke s’est classée au premier rang parmi 15 autres facultés de médecine du pays lors des examens d’aptitude du Conseil médical du Canada de 1999.Les étudiants de l’Université de Sherbrooke se sont d’abord classés au premier rang pour la première partie, qui est écrite, de même qu’en gynéco-obstétrique, en psychiatrie, en pédiatrie, en médecine et en chirurgie.Pour la deuxième partie, une pptie orale qui s’adresse aux diplômés après un an de résidence, Sherbrooke obtient le plus haut taux de pourcentage de réussite pour chacune des mises en situation et termine au deuxième rang du classement général canadien.‘Ce classement confirme le fait qu’une université, même si elle est située en région, peut très bien avoir un rayonnement national, à l’échelle de tout le pays.Les résultats obtenus par notre Faculté de médecine devraient apporter matière à réflexion à ceux qui semblent penser qu’il n’y a que trois grandes universités au Québec’, a signalé le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Reid.Pour le vice-doyen aux études de premier cycle à la Faculté de médecine, le bon classement des étudiants de Sherbrooke vient par ailleurs donner plus de poids à l’enseignement choisi.‘La philosophie d’apprentissage qui nous anime commence à rapporter à long terme.Elle a maintenant fait ses preuves au Canada et elle nous vaut une réputation internationale qui s’affirme d’année en année, surtout dans les pays francophones’, a déclaré le Dr André Pratte.L’Université de Sherbrooke préconise depuis 1987 le programme d’Apprentissage par problèmes (APP) comme philosophie d’apprentissage, ce qui donne aux futurs médecins une approche plus humaine selon le vice
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