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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-03-16, Collections de BAnQ.

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-?FONDÉ EN 1910 ?- Vol.LE DEVOI X (' 1 N ° 5 7 I.K .) E r I) I I « M A H S 2 0 0 0 ÉCONOMIE BÉLAND LAISSERA AU MOUVEMENT DESJARDINS UNE MARQUE INDÉLÉBILE PAGE B 1 ACTUALITÉS GRANDS LACS: PAS D’EXPORTATIONS D’EAU NI DE DERIVATION IMPORTANTE PAGE A 5 I A X K S = l $ LE MONDE ARMES À FEU: L’ETAT DE NEW YORK ÉTUDIE UN PROJET DE LOI MUSCLÉ PAGE B 5 PERSPECTIVES Ma n o n Cor nellier «Je suis le chef» Le premier ministre Jean Chrétien n’entend pas se laisser intimider, à la veille du congrès biennal de son parti, par la remise en questiqn de son leadership par quelques-uns de ses députés.A ceux qui voudraient le pousser vers la sortie, il rappelle qu’il restera chef aussi longtemps qu’il lui plaira et qu’ils n’y peuvent rien.«]e suis le chef.Je n 'ai pas fait mon temps.Je suis en forme.Je continue et je vous verrai dans les autobus et les avions durant la campagne électorale», a-t-il déclaré aux journalistes qui voulaient connaître sa réaction aux propos de ses députés.Au moins six d’entre eux ont confié à différents médias, en début de semaine, s’être fait dire par leurs militants et leurs électeurs que le premier ministre avait fait un bon travail, mais qu’il était temps qu’il songe à la retraite.Le Québécois Nick Discepola, les Ontariens Joe Fontana, Stan Keyes, Paul Bonwick et Diane Marleau, ainsi que le Manitobain John Harvard ont fait attention pour ne pas dire s’ils endossaient le point de vue de leurs commettants.Seul le président de l’aile ontarienne du parti, Greg Sorbara, a écrit récemment qu’il partageait leurs opinions.M.Chrétien a répliqué hier en rappelant qu’il avait reçu l’appui de 91 % des délégués présents au dernier congrès de son parti et qu’il avait, par conséquent, le mandat nécessaire pour continuer.Ceux qui souhaitaient son départ, a-t-il dit, «ont eu leur chance il y a deux ans».Il a ajouté, quelques heures avant une réunion de son caucus: «Ils ne peuvent rien faire, je suis le chef.» Heureux de l’accueil que venaient de lui réserver les représentants de l’Association des universités et collèges du Canada, il a souligné la difficulté d’éliminer le déficit et le plaisir de pouvoir recommencer à adopter * * * des mesures concrètes pour «préparer l’avenir».«Pensez-vous que j'ai fait tous ces sacrifices-là pour ne pas continuer dans cette voie-là?», a-t-il demandé.Selon lui, cette petite fronde de ses députés n’a rien d’exceptionnelle, citant l’opposition manifestée par John Nunziata, aujourd’hui député indépendant.Mais le contexte et les acteurs ne sont pas les mêmes.La sortie des députés coïncide avec le congrès du parti ce week-end et la publication de deux sondages qui montrent que plus de 60 % des Canadiens souhaitent la retraite du premier ministre.Après le Globe and Mail lundi, c’était au tour du National Post hier de dévoiler les résultats d’une enquête, cette fois réalisée par COMPAS.Le Parti libéral du Canada voulait que son congrès biennal, qui commence aujourd’hui à Ottawa, serve de rampe de lancement à sa préparation électorale avec ses ateliers et plénières sur le programme et l’organisation.Les événements des derniers jours annoncent plutôt des conversations de corridors sur le leadership, un sujet qu’on voulait éviter.Dans l’entourage du premier ministre, on soutient que ce ne sera le fait que d’un petit groupe.«On va réaliser que la setnaine qui a précédé le congrès aura été plus excitante que le congrès lui-même», de dire un haut gradé libéral.Certains signes prouvent quand même que le bureau du premier ministre ne prend pas la chose à la légère et qu’il veut mettre un terme à cette dissidence.Le caucus d’abord prévu pour aujourd’hui a été devancé d’un jour.L’annonce de l’équipe électorale de M.Chrétien a eu lieu mardi au lieu de demain.L’effervescence créée par les événements des derniers jours ne trompe pas non plus.La ronde des discours que doivent prononcer différents ministres devant les jeunes, les femmes, les autochtones ou les aînés, lors du congrès, prendra une toute nouvelle importance.Chacun cherchera à y lire les signes d’ambitions lu turcs ou les marques d’une loyauté à toute épreuve à l’endroit du chef.La popularité de chaque orateur sera jaugée.le même manège risque de recommencer samedi soir lorsque plusieurs ministres importants, dont Paul Martin, Pierre Pettigrew et Sheila Copps, accueilleront les délégués à leurs partys respectifs.VOIR PAGE A 8: CHEF METEO Certains signes prouvent que le bureau du premier ministre veut mettre un terme à la dissidence Montréal Nuageux avec éclaircies.Max: 3 Min: -10 Québec Eclaircies.Max: 2 Min: -13 Détails, page B 5 INDEX O a c a Annonces.B 2 Avis publics.B 6 Bourse.B 4 Culture.B 8 Economie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Le monde.B 5 Les sports.B 6 Mots croisés.B 2 Politique.A 5 Télévision.B 7 www.ledevoir.com La Cour du Québec examinera l’affaire lizotte à huis clos BRIAN MYLES LE DEVOIR Compte tenu de l’ampleur et de la visibilité de l’affaire Lizotte, la Couronne a demandé hier la tenue d’une pré-enquête, à huis clos, afin de déterminer si des accusations seront portées ou non contre les policiers ayant pro- cédé à l’arrestation du sans-abri aujourd'hui décédé.Le hasard a voulu que la Couronne annonce sa décision lors de la Journée internationale contre la brutalité policière, qui a donné lieu à une manifestation agitée et désorganisée se soldant par une centaine d’arrestations au centre-ville de Montréal.Après une analyse d’une dizaine de semaines, le procu- reur en chef du district de Longueuil, Michel Breton, a exigé une préenquête à huis clos «pour des fins de plus grande transparence et pour des fins de plus grande sécurité juridique».«Qu’on le veuille ou non, ce dossier a atteint des proportions hors de l’ordinaire à cause de l’attention médiatique VOIR PAGE A 8: LIZOTTE Un homme en colère -sz JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le temps d’une croisade, Daniel Pinard met bien temporairement de côté ses chaudrons pour parler de harcèlement moral.Il serait en effet malvenu, croit-il, «de se battre pour le respect du lait de vache et de négliger de parler du respect que l’on doit aux gens».Daniel Pinard déclare la guerre à Phomophobie ambiante Brisant quarante ans de silence, Daniel Pinard est actuellement sur toutes les tribunes.Pour parler de son homosexualité?Par nécessité.Parce que si son orientation sexuelle ne devrait pas être d’intérêt public, elle lui permet maintenant de sonner la charge contre tous les pseudo-humoristes de l’école de Piment fort abonnés au harcèlement moral.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Une sortie du placard?Si peu.Dans ses chroniques dans Le Devoir comme dans ses émissions à la télévision, Daniel Pinard n'a pas manqué, ces dernières années, d’assaisonner ses recettes de blagues révélatrices.En faisant de lui sa nouvelle proie, Piment fort n’a donc rien dé voilé qu’il tentait de cacher.«Pour les gens, ce ne saurait être un choc d'apprendre que je suis gayt Le choc, ce sera de savoir que Pinard, qui est toujours en train de rire et de s’amuser, est en colère.» En colère contre Normand Brathwaite, en colère contre Piment fort, contre Avanti, contre son concepteur Jean Bis-sonnette, contre ses scripteurs, contre TVA qui diffuse l’émission.En colère contre ceux qui ne comptent pas parmi les souffre-douleur de choix de ces émissions mais qui se taisent En colère, et blessé.Par une attaque personnelle survenue au cours de l’émission Piment fort au début de mars — il suffira de savoir qu'il s’agissait d’un jeu puéril d’association où on demandait le point commun entre trois personnalités publiques en disant que «la réponse est la tapet-terie» —, attaque à laquelle Daniel Pinard s’attendait.Mieux, il l’attendait, pour enfin sortir de ses gonds".«Je m’attendais, quand on finirait par me viser, à ce que ça ne me fasse rien, d’autant que je comptais sur cette attaque pour me donner le courage de parler.Or ça m'a blessé de façon souveraine.» • Et pourtant à 57 ans, Daniel Pinard a entendu son lot de blagues de mauvais goût et de remarques désobligeantes, telles: «Je croyais que c’étaient seulement les petits vieux, dans les cinémas, qui.» Daniel Pinard, rencontré en plein tourbillon médiatique dans sa désormais célèbre cuisine, reconnaît qu’il a fait sa sortie un peu pour lui, «pour protéger ma santé mentale et morale», mais surtout en tant que citoyen.«Freud avait bien tort de dire qu'il fallait parler allongé sur le divan.C’est debout qu’il faut parler.» 11 parle franchement «d’assassinat moral» et pose la question tout haut: «Ceux sur lesquels on s’acharne tout le temps, que leur reproche-t-on?D’exister?Veut-on qu’ils se tirent une balle dans la tête?» Des tueries dans les écoles à celle d’Ottawa, où un homme a tiré sur quatre collègues de travail le 6 avril 1999, il devient évident que les moqueries tournent parfois au drame.«A l'enquête du coroner sur la tuerie d'Ottawa, on a fiait valoir que cet homme a été harcelé de façon ininterrompue.On se moquait de lui, de son isolement, l'accentuant encore, au point où on l’a carrément rendu fou, au point de l’amener à tuer certains de ses tortionnaires puis à se suicider.Le plus outrageant de l'affaire, c’est que, dans les médias, après le témoignage de sa mère, on s’est étonné qu ’elle ne manifeste pas de tristesse envers les parents des victimes.Ne faudrait-il pas s'étonner, plutôt, que les collègues de cet homme n’aient pas été élevés convenablement, qu’on ne leur ait pas appris que l'on ne se grandit pas en écrasant les autres?» VOIR PAGE A 8: HOMOPHOBIE Une balle dans la tête L’agressivité au volant pousse au meurtre d’un jeune homme #r,.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR C> est une première dans l’histoire de la SQ: un différend entre deux automobilistes mène l'un d’eux à sortir un revolver, à tirer et à tuer.Le jeune homme abattu mardi après-midi sur l’autoroute 440 a perdu la vie hier à l’hôpital SacréCœur de Montréal.Première québécoise, mais un événement quasi quotidien aux Etats-Unis.«C'est la première fois que ça tire au revolver», a réagi hier Pierre Robichaud, agent de la SQ.Ce qui ne veut pas dire que la violence routière soit chose rare.«D’habitude, les gens s'arrêtent et se tapent dessus [.].Mais à la SQ, c’est la première fois qu'on voit quelqu'un se faire abattre.» Mardi après-midi, une altercation entre deux automobilistes a pris des proportions hors du commun, se transformant en fusillade.Bilan: un mort, en plus d’un automobiliste en fuite.L’histoire n’avait pourtant d’abord rien de bien original.Sur la 440 Est, deux automobiles roulaient en parallè le, une Chrysler Concord beige et une Pontiac Grand Prix verte.«Ils niaisaient, c’était de l’agressivité routière», a commenté l’agent.Puis arrive derrière elles une Ford Explorer VOIR PAGE A 8: MEURTRE Marois imposera une loi antidéficit aux hôpitaux Les 400 millions accordés aux hôpitaux pour éponger leur déficit ne viennent pas seuls: une loi antidéficit les accompagne.Le gouvernement tente par un autre moyen ce qu’il avait été impossible de réaliser l’an dernier.ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Grâce au dernier budget Landry, la ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux.Pauline Marois, relève le budget des hôpitaux de 400 millions, soit à peu près le montant de leur déficit de l’an dernier, mais elle leur imposera une loi antidéficit dont l’adoption est prévue à la fin de juin.C’est ce qu’a révélé la ministre Marois hier au cours d’une conférence de presse où elle a livré les détails de l'allocation de 2,7 milliards de dollars que le budget landry a réinjectés dans le réseau de la santé pour cette année.«Nous nous inspirons en cela de l’approche antidéficit à laquelle le gouvernement s’astreint lui-même», a dit Mme Marois.Selon la ministre, il ne s’agit pas de mettre en tutelle les hôpitaux qui seraient déficitaires.Au contraire, a-t-elle dit La tutelle, ou la quasi-tutelle, est le seul moyen dont la ministre VOIR PAGE A 8: HÔPITAUX Lire aussi: ¦ Le milieu de l'éducation décerne une bonne note au budget I^tndry, page A 4 Pauline Marois r ¦ I {§ 1 j j i l'- ouïe au 19 mars 2000 au Palais œs Congrès de Montréal Admission : 12,50 $ I r\ U S?- : .a 778313000672 VÉL jf Un plus pour tous « Donner plus, en toute équité, parce que nous reconnaissons les efforts des Québécoises et des Québécois qui ont soutenu leur gouvernement avec confiance et détermination au cours des dernières années, dans le but de redresser les finances publiques et de fonder l’avenir sur des bases solides.C’est le juste retour des choses.» Santé Réduction des impôts Une injection massive : 2,7 milliards de dollars pour défrayer les coûts accrus des services existants, les améliorer et acheter de nouveaux équipements.r Education et jeunesse Des bénéfices immédiats pour tous les contribuables : 4,5 milliards de dollars dont 1 milliard de dollars dès cette année.Des réductions d’impôt qui favorisent plus particulièrement les familles et la classe moyenne.t Economie et société Des appuis solides pour les jeunes : Plus de 1 milliard de dollars pour favoriser une éducation de qualité, l’excellence et la création d’emplois afin d’offrir aux jeunes des perspectives d’avenir prometteuses.Une économie moderne branchée sur l'emploi : 675 millions de dollars pour l’économie régionale, le développement des entreprises, la création d’emplois, le branchement des familles à Internet et celui des PME au commerce électronique.Budget 2000-2001 Québec Le juste retour des choses Pour obtenir plus de détails sur le Budget 2000-2001 du Québec, procurez-vous le dépliant dans la plupart des institutions financières ou contactez Communication-Québec au I 800 363-1363.Visitez le site Internet : www.finances.gouv.qc.ca t I.K I) K V 0 1 H .I.K ,1 K T 1) I | M A R S 2 0 0 (t A 3 ?LE DEVOIR * MONTREAL Dul6,ul9mars 2000 « Palais tà ûtlfîTiw?(àwwtf li ?»?£ P'oTîAwA: FtSTCRA PAS ?.LETTRES -?- Pas dans ma cour?J’habite sur la rue Wurtele, coin Ontario.Un des coins les plus laids de Montréal.Des plus tristes.Entre les bars et les cafés du Village et les belles rues d’Hochelaga-Maisonneuve, chez nous, c’est un no man’s land lugubre.Venez vous y promener un soir.Sortez du métro Frontenac et marchez sur Ontario.A l’est comme à l’ouest.Un bonheur.Mais je ne suis pas victime d’une sombre machination d’un méchant promoteur qui m’a emmené dans ce quartier sous de fausses représentations.Je vis dans une coop.Question fric et ambiance communautaire.Je savais, grosso modo, ce qui m’y attendait.J’assume.Ceci dit, nous avons quand même eu quelques surprises.Le harcèlement constant des automobilistes envers les femmes qui ont le malheur de marcher sur la rue Ontario.A 7h30 le matin, allant travailler, le «Combien pour me sucer?», ça vous donne un petit buzz avant d’entrer au bureau.Autre petit buzz, la matraque dans le sac, prête à être utilisée lorsque l’on sort du métro passé 9h le soir.Paranoïa?Trois voisins battus et volés en l’espace de six mois l’année dernière.Un autre qui s’est fût «courser» par deux types sortant du chic Sex Mania — probablement un surplus de tendresse à partager.Maintenant, pourquoi je dis non au projet des bureaucrates communautaires, du maire et de ses douze meilleurs amis?Parce que les problèmes déjà présents (piqueries, violences, vols, recel, peur, etc.) vont être multipliés par dix.Parce que nous n’avons pas à assumer seuls la lâcheté «collective» découlant des décisions d’ordre politique (par exemple, légaliser la prostitution tout en interdisant la sollicitation!), social (santé publique) et administratif que prennent nos élus et les fonctionnaires en mal de défis à relever.Parce que nous ne voulons pas voir débarquer l’Internationale Pimp en face de nos portes.Mais surtout, si ce projet est si important pour sortir les filles et les garçons de la prostitution — ce dont je doute fort —, les protéger des abus de toutes sortes, qu’il soit appliqué à la grandeur de la Communauté urbaine de Montréal.Pas de ghetto.En ce sens, nous partagerons la même cour, les mêmes préoccupations.Un p’tit café, avec ça?Martin Richard Montréal, 14 mars 2000 L’espoir de l’homme est dans les sciences humaines La polémique entourant le financement «nouveau genre» des universités a tout lieu d’être.La transformation de celles-ci en véritables instituts techniques, branchés sur le milieu, sur la recherche qui aide le milieu, n’entre pas dans le cadre traditionnel d’une définition de l’université.Michel Freitag affirme, dans Le Naufrage de l’université, que l’université doit tendre à la recherche critique de la vérité et au développement de la synthèse rationnelle.Or, dans une approche donnant-donnant où l’école produit des exécutants, la vérité est considérée comme posée au départ ce qui existe est vrai et bon.J’en veux à tous ces néo-penseurs de l’université qui dénigrent l’apport des sciences humaines.Ces sciences permettent à ceux qui les comprennent de prendre un peu de recul devaqt les machines que sont l’entreprise privée et l’État, de les repenser, au lieu de se sentir écrasés par elles et de ne pouvoir rien faire.Les sciences humaines représentent l’espoir de l’homme.Sa chance de changer les institutions, les pratiques, les mentalités.C’est le règne de l’oubli multiforme.Marx, Freud, Nietzsche, Camus, Jacquard ne sont-ils pas des philosophes qui ont eu un intérêt qu’ils qualifieraient de non productif pour les sciences humaines et la philosophie avant que leurs visions du monde bouleversent tout le monde, penseurs autant que praticiens?Qui ne connaît pas l’ego, la psychanalyse?Qui est le théoricien de cette politique rouge qui a contrôlé plus de la moitié du territoire de la planète jusqu’en 1990?Qui a redéfini nos rapports aux autres sinon des anthropologues comme Margaret Mead et Charles Darwin?Et dans la vie privée, notre définition de l’amour, notre vision de la virilité et notre goût de la sexualité débridée naissent-ils d’ailleurs que des arts, de Shakespeare à Francine Ouellet, de sexologues comme Kite?La vérité, c’est que les sciences humaines sont les véritables garanties de changement à long terme.Peut-on vivre sans les sciences humaines?Non.Nous pouvons marcher en somnambules, ne vouloir changer que des technicalités administratives dans nos vies.C’est alors la fin du rêve de pouvoir aller plus loin dans le progrès de notre humanité, dans nos fantasmes d’enfants.Écoutez-les, ces petits de six ans qui rêvent d’un monde sans violence, sans pollution, avec seulement l’amour et la chance pour tous.Faire disparaître les sciences humaines reviendrait à tuer chez les adultes la chance que nous avons de pouvoir faire mieux, notre volonté collective de mieux vivre ensemble.Tout ça parce que, hors des murs de l'université, les compagnies cognent à la porte comme des affamés, demandant leur part de viande à dévorer pour faire grossir leurs ventres par déjà trop remplis de désespérés.Daniel Deschênes étudiant Montréal, février 2000 LIBRE OPINION -?- Le parc du Bic est menacé par une porcherie CHRISTIANE PARENT Présidente du comité pour la sauvegarde du patrimoine naturel et culturel du Bic Lettre à Rémy Trudel, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation Bien connu pour son parc de conservation, le Parc du Bic constitue un arrêt obligé pour tous les amants de la nature.Depuis sa création en 1984, la fréquentation de ce parc ne cesse d’augmenter.L'année dernière, un sommet a été atteint avec 240 000 visiteurs.Son rayonnement déborde maintenant nos frontières, particulièrement chez la clientèle européenne, attirée par nos espaces et nos beautés sauvages.Les retombées de ce succès sont évidentes et positives pour le village du même nom, perché devant ce beau spectacle.Moins connue cependant est la situation déchirante que vit présentement la population de la municipalité du Bic.En effet, le 24 janvier 2000, notre conseil municipal adoptait, sans réel débat, un second projet de règlement abrogeant une série d’articles relatifs à l’élevage porcin de façon à se conformer à la loi 23.Afin de bien éclairer votre lanterne, M.le ministre, voici succinctement k> tableau des événements.En mars 1997, avant l’entrée en vigueur de cette loi 23, la municipalité adoptait le règlement n° 96-167-45-1 qui fixait des balises prétendues raisonnables à l'implantation de porcheries sur son territoire.Un certain consensus avait alors été atteint pour que des restrictions s’appliquent dans ce secteur.Mais voici que, depuis, un gros joueur vient s’installer à Saint-Éugène-de-I.adrière, une municipalité voisine, avec un projet éléphantesque.Il s’agit de Purdel, qui vient tout juste d’inaugurer une méga-maternité dont l’objectif avoué est la production de 30 000 porcelets par année.Cette véri- table usine de porcs nécessitera, aux dires du promoteur, un minimum de sept parcs d’engraissement de 1000 places chacun.Inutile d’insister, M.le ministre, sur la pression qu’exerce l’initiative de ce promoteur sur nos agriculteurs.Ce qui nous inquiète le plus dans ce dossier, M.le ministre, c’est le climat malsain qui s’est installé à la tête de notre municipalité.Depuis le début, celle-ci fait l’objet de menaces constantes et répétées d’éventuelles poursuites judiciaires si son règlement n’est pas corrigé en conformité avec la loi 23.Ces pressions, à la limite du chantage, ont eu pour effet d’évacuer toute discussion éclairée à nos assemblées.La majorité de la population se trouve, par le fait même, bâillonnée par ces manœuvres.Peu soucieux du débat démocratique, notre conseil municipal s’est fait le porte-parole du promoteur.Excédé par cet était de fait, un mouvement spontané de citoyens s’est constitué afin de riposter au choix de nos élus.C’est ainsi que nous avons réussi à enclencher une démarche massive demandant qu’un référendum soit tenu sur cette question.Plus de 400 signatures ont été déposées au bureau municipal le 9 février 2000.Voilà, M.le ministre, où nous en sommes à l’heure actuelle.Nous connaissons tous l’énorme potentiel polluant de ce type d’élevage.L'arrivée soudaine de quantités industrielles de porcs sur notre petit territoire nous laissera avec un problème immense: la gestion d’un volume monstrueux de déjections animales.Notons au passage qu’une fois engraissés, ces animaux seront transformés ailleurs et s’en iront vers d’autres marchés.La géographie même de notre territoire doit nous inciter à la plus grande prudence.Deux rivières, dont une se jette directement dans le Parc du Bic, traversent la zone verte.De plus, cette zone verte est collée et domine en altitude le périmètre urbain, d’où le risque élevé de contamination des nappes phréatiques.Peut-on croire, M.le ministre, que les attraits qui font la fierté du Bic pourront se maintenir quand nous aurons souillé notre air, nos sols et notre sous-sol?A-t-on le droit de mettre en péril une infrastructure de services et d’accueil, de qualité et bien rodée, contre des promesses de gains rapides pour une poignée d’individus?N’est-il pas légitime que toutes les voix se fassent entendre devant des enjeux aussi cruciaux?Toutes ces questions, M.le ministre, les citoyens du Bic se les posent, y compris la classe agricole, nous avons pu le vérifier.Nous somme persuadés qu’en parrainant cette loi, le but visé était le renforcement d'un secteur vital et non la domination de celuki sur les autres activités de notre société.C’est ainsi que notre population le comprend également.L’épée de Damoclès que constitue cette loi, ajoutée à l’abdication de notre conseil municipal devant sa responsabilité de faire une évaluation globale du dossier, provoque chez nous un sentiment d’urgence.La double vocation du Bic nous oblige à faire des gestes réfléchis, sans précipitation, ce qui n’est pas le cas présentement Ainsi, dans le but de mettre un terme aux pressions indues, d’éviter de tourner en rond, de retrouver le calme et la sérénité nécessaires pour dénouer cette impasse, nous vous demandons donc, par un acte d’autorité de votre part dont nous vous laissons le choix de la forme, qu’un temps d’arrêt nous soit accordé.( Cette parenthèse permettrait la mise sur pied d’un forum où tous les acteurs piourraient faire valoir leur point de vue.Un regroupement de représentants de tous les secteurs, qu’ils soient du monde agricole, du domaine touristique, commercial, culturel, jusqu’au simple citoyen, devrait se former afin d’établir les bases viables d’un développement harmonieux chez nous. IDEES Budget Landry Un réinvestissement insuffisant en santé et en éducation RICHARD DAGENAIS Recherchiste pour l’ACEF de Québec e budget est l’occasion pour le gouvernement de faire le point sur la situation des services et finances publics et de confirmer concrètement ses priorités sociales et économiques.Il est ainsi heureux que l’on nous confirme la fin des déficits à répétition et des compressions budgétaires.Ce budget contient à première vue de bonnes nouvelles pour les contribuables, mais le gouvernement ne fait pas de cadeau à la population, il redistribue plutôt les fruits des contraintes budgétaires passées; toutefois, on doit s’interroger sur l’équité globale de la réduction d’impôt et sur la suffisance des dépenses publiques.Nous aurions quant à nous privilégié que le gouvernement réalloue plus de ressources dans les services publics et dans les transferts aux personnes avant de réduire les impôts.De plus, au lieu de baisser les taux marginaux d’impôt supérieurs, ce qui réduit la progressivité de notre système fiscal, nous aurions préféré que soient indexés les paramètres fiscaux, nommément l’exemption de base, qui devrait être de 8000 $ au lieu de 5900 $ si on l’avait pleinement indexée depuis 15 ans.La bajsse des impôts nous interroge sur la capacité future de l’Etat à maintenir des services de santé et d’éducation de qualité et à offrir un filet de sécurité adéquat, nommément en période de récession.Ceux qui paient déjà des impôts bénéficieront de baisses d'impôts intéressantes au premier abord, mais nous craignons que les baisses d’impôts actuelles, une fois devant le fait accompli, ne soient récupérées ultérieurement par des tarifications de services publics ou par l’accroissement des impôts locaux, ce qui pénaliserait plus fortement les ménages à faible et modeste revenus.Protéger le pouvoir d’achat Le gouvernement devrait indexer non seulement les paramètres fiscaux mais l’ensemble des transferts aux personnes et aux familles (aide sociale, allocations familiales, allocations de logement, etc.) pour protéger le pouvoir d’achat de biens et services essentiels.On aurait dû ainsi penser aux ménages à faible revenu qui paient peu ou pas d’impôt en accroissant les crédits remboursables et les transferts publics, nommément la sécurité du revenu, dont on a coupé l’équivalent de 500 millions depuis 1993, ainsi que les mesures d’encouragement à l’emploi pour les personnes aptes au travail, dont les fonds sont insuffisants pour répondre aux vrais besoins.Le gouvernement et le monde des affaires disaient qu’il fallait attendre de créer de la richesse avant de la redistribuer; maintenant que la situation économique s’est améliorée significativement, le gouvernement tarde à aider les ménages les moins favorisés.Enfin, le budget est resté muet sur la prime d’assurance-médicaments; de même, on ne nous indique pas si on réduira les allocations familiales du Québec d’un montant équivalent à la hausse de la prestation fiscale du fédéral, comme ce fut le cas au cours des années précédentes.Il faudrait au minimum que l’aide aux enfants soit indexée au coût de la vie: cela est primordial pour les familles à faible revenu.On sait que le système fiscal québécois est l’un des plus progressifs, voire progressistes, en Amérique du Nord et que les ménages québécois à faible et moyen revenus sont avantagés si on compare le coût de la vie et le fardeau fiscal; cela relève d’un choix de société qui requiert que l’on redistribue une partie de la richesse des plus riches.L’avantage aux plus riches Il est d’ailleurs étonnant que l’on ne remette pas en question, si l’on cherche à imiter le modèle ontarien, l’avantage fiscal que le Québec confère aux entreprises Çeur fardeau fiscal serait moins élevé d’environ un milliard relativement à l'Ontario) car cet avantage, pour un niveau donné de services publics, doit en bout de piste être assumé par les contribuables.Nous pensons que le maintien des avantages fiscaux et l’harmonisation avec certaines mesures fiscales fédérales annoncées dans le dernier budget avantagent les plus riches: on pense nommément aux mesures rattachées aux gains de capitaux, qui réduisent selon nous la valeur accordée au travail.Enfin, nous jugeons que le réinvestissement dans la santé et l’éducation est insuffisant bien sûr, il faut anticiper et assumer la hausse des coûts du système existant pour éviter de nouvelles diminutions de services, mais pour compléter par exemple la réforme de la santé et pour répondre à l’accroissement de la demande de services, il faut investir plus que 200 millions si on veut créer de nouveaux services en santé et dans les services sociaux.Iæ gouvernement propose en priorité de réduire les impôts pour améliorer notre compétitivité fiscale et d’encourager les investissements et la création d’emplois, mais les fruits de la croissance économique devront aussi profiter aux personnes qui ne sont pas actives sur le marché du travail et aux plus démunis de la société: à terme, l’alignement sur les politiques conservatrices de nos voisins avantagera les mieux nantis de la société et fera perdre l’âme social-démocrate de notre gouvernement RENÉ MATHIEU LE DEVOIR Le budget Landry contient à première vue de bonnes nouvelles pour les contribuables, mais le gouvernement ne fait pas de cadeau à la population.ifï'l ?rf ' j i-.f SOURCE UNICEF Considérer l’accès à l’eau comme un droit humain et social comporte l’application de règles, de contraintes et d’obligations que de nombreux Etats et la plupart des entreprises privées multinationales ne désirent pas se voir imposer.L’accès à l’eau pour tous Un droit humain et social de base DANIELLE MITTERRAND Présidente de l'Association France-Liberté MARIO SOARES Président du Comité international pour le contrat mondial de l’eau RICCARDO PETRELLA Secrétaire général du Comité international pour le contrat mondial de l’eau lus de 1,4 milliard d’êtres humains (environ un quart de la population mondiale) n’ont pas aujourd’hui accès à l’eau potable, source de vie irremplaçable (avec l’air).C’est un fait intolérable à tous poirts de vue.Or, si la déclaration ministérielle qui sera adoptée le 22 mars à La Haye, en conclusion du deuxième Forum mondial de l’eau (auquel participeront plus de 2000 personnes), devait être approuvée selon, le projet connu à ce jour, les ministres d’une centaine d’Etats du monde auront choisi de considérer l’accès à l’eau uniquement comme un besoin humain de base et non pas comme un droit humain et social, individuel et collectif de base.Ce sera un choix préjudiciable pour l’avenir.La non-reconnaissance de l’accès à l’eau comme un droit humain et social de base ne sera pas due à un accident de parcours.Certes, on ne peut exclure qu’une partie des ministres compétents en matière d’eau ne soient encore que vaguement informés sur ce qui a été préparé à La Haye.Long travail d’analyse En réalité, il s’agit d’un choix fait après un long travail d’analyses et de débats de quatre ans, réalisé dès 1996 par le Conseil mondial de l’eau et le Global Water Partnership sous la coordination, à partir de la fin de 1998, de la Commission mondiale sur l’eau au XXI' siècle, avec le soutien notamment de la Banque mondiale.Les volumineux rapports qui vont être présentés et discutés au forum de La Haye {World Water Vision, par le Conseil mondial de l’eau, et From Vision to Action, par le Global Water Partnership), sur lesquels se base le projet de déclaration ministérielle, représentent le résultat d’un effort considérable de très haut niveau qualitatif de la part de centaines de personnes auxquelles ont aussi été associées les organisations de l’ONU œuvrant dans le domaine de l’eau tels le PNUD, le PNUE, la FAO, l’OMS, l’UNES-CO, l’UNICEF, l’OMM, etc., dont, soit dit en passant, il convient de souligner la portée et la valeur des actions menées jusqu’à présent en faveur de l’accès à l’eau pour les populations les plus défavorisées et dans la lutte contre la pollution et les gaspillages.La tendance générale qui a émergé au long de ces travaux s’inscrit, cependant, dans l’esprit du temps, axé actuellement sur le triptyque économie-marché-technologie.Ainsi, selon le projet de déclaration ministérielle, l’eau doit être traitée essentiellement comme une ressource naturelle en état de raréfaction croissante (à cause des phénomènes croissants de pollution, de contamination, de gaspillage) et, donc, de plus en plus chère.L’eau, affirmq-t-on, doit être gérée surtout comme un bien économique.A cette fin, la déclaration ministérielle propose le concept de IWRM (Integrated Water Resource Management) en tant que modèle à suivre partout dans le monde pour une gestion «efficace» de l’eau.La déclaration propose également de donner à l’eau un prix économique à déterminer sur la base du coût total de reproduction {«full cost recovery») dans le cadre de la libre concprrence et du libre commerce à l’échelle internationale.A noter que si les pays européens avaient appliqué dans le passé le principe du «full cost recovery», ils seraient encore à chercher comment assurer l’accès à l’eau potable pour tous! Pas de liberté sans règles Considérer l’accès à l’eau comme un droit humain et social comporte l’application de règles, de contraintes et d’obligations que de nombreux États et la plupart des entreprises privées multinationales ne désirent pas se voir imposer.Mais y a-t-il de véritable liberté et de justice sans règles, obligations et solidarité vis-à-vis du droit à la vie pour tous?Le forum de La Haye risque de se traduire par une défaite du mouvement des droits humains et une victoire des tenants d’une vision de la société, de la démocratie et de la liberté qui, au delà d’une forte charge rhétorique humaniste, reste, à l’ère du capitalisme triomphant, essentiellement guidée par une approche technoéconomique et marchande.Par ailleurs, les seigneurs de la finance n’ont pas attendu La Haye pour agir! La plus ancienne banque privée suisse, Pictet, a lancé, en janvier 2000, le premier fonds d’investissement au monde axé sur 80 valeurs boursières d’entreprises spécialisées dans l’eau.D’après ses calculs, la rentabilité des investissements dans le domaine de l’eau est et sera, au cours des 15 prochaines années, particulièrement élevée.Il est temps de se mobiliser contre toute amputation de droit des êtres humains à la vie.L’une des grandes batailles politiques et sociales de la fin du XIX' siècle fat le droit de vote pour tous.Celle du début du XXI' siècle sera le droit à la vie pour tous les habitants de la Terre, sans exception, en 2025, lorsque la population mondiale s’élèvera, selon les prévisions démographiques actuelles de l’ONU, à environ huit milliards d’êtres humains.L’accès à l’eau pour tous est un droit possible.Aucune «raison» — technologique, économique, financière, «politique» — ne saurait être invoquée pour empêcher la concrétisation de ce droit.Graham Fra se r Ces yeux Ce sont les yeux de Maurice Richard qui évoquent bien des souvenirs.Même après toujes ces années, sur les vieilles photos en noinfct blaq£, maintenant un peu fanées et obscurcies, parties dans les journaux des années 50, on peut deviner l’intensité de ce joueur et le fardeau national qu’il portait sur sçs épaules.Demain soir, le réseau TVA diffuse un film qui marque le 45' anniversaire de cette fameuse soirée où des millière de Montréalais enragés sont sortis du Forum pour exprimer leur colère et leur frustration.Le film L’Émeute Maurice Richard, de Brian McKenna, est un voyage dans le temps; il nous fait revivre une époque tout à fait révolue^ Brian McKenna a le don de susciter la controverse avec ses documentaires.- ,< Le réalisateur montréalais a provoqué un véritable tollé chez les anciens combattants qui n’avaient pas aimé sa version de plusieurs incidents de la Deuxième Guerre mondiale, The Valour and the Horror.Mais cette fois-ci, le seul débat qu’il a soulevé a trait au fait que sa dramatisation de la bataille entre Maurice Richard et Hal Laycoe est si réaliste qu’on peut la confondre avec la réalité.Il a réussi le tour de force de faire les manchettes de la presse anglophone avec sa présentation sympathique d’une version foncièrement nationaliste de l’histoire québécoise.L’émeute fat, comme le dit McKenna, un épisode de fa révolution québécoise, un cri de rage contre une discrimination systématique.Ét, par pur hasard, le film passe sur les ondes au moment où la violence au hockey défraie ettr core une fois la chronique.Car l’histoire est aussi actuelle que le téléjournal et aussi vieille que le hockey lui-même.Un joueur est provoqué, il riposte avec son bâton et il est suspendu.C’est la réaction du public qui illustre la nature de l’incident En février, quand Marty McSorley s’en est pris à Donald Brashear, la colère du public a été dirigée contre McSorley.Mais on oublie que la violence a toujours été une caractéristique du jeu.«S’il y a une chose que vous devriez savoir, c’est à quel point le hockey était violent lorsque je le pratiquais», a un jour relaté Maurice Richard.En effet Une cible Mais on oublie aussi la discrimination systématique à l’encontre des francophones.Pendant dix ans, Richard a été une cible particulière des joueurs adverses, qui l’attaquaient constamment de façon sournoise.Comme l’a noté feu Hugh MacLennan, les entraîneurs des équipes adversaires savaient «que nul n’est plus facilement exploitable qu’un génie».Les chroniqueurs anglophones se moquaient de son anglais, le citant de façon phonétique pour souligner son accent Le 13 mars 1955, à Boston, une confrontation entre Richard et le défenseur Laycoe dégénère en bataille de rue; Richard frappe accidentellement un arbitre de ligne, Cliïf Thompson.Deux jours plus tard, après une réunion secrète des propriétaires d’équipe —- suivie d’une audience bidon —, le commissaire de la LNH, Clarence Campbell, suspend Richard pour le reste de la saison, y compris les séries éliminatoires., v Le 17 mars, Campbell fait une entrée spectaculaire au Forum, quelques minutes après le début d’un match entre Montréal et Detroit La foule exprime sa rage; quelques personnes apostrophent Campbell et s’en prennent à lui.Après l’explosion d’une petite bombe artisanale de gaz lacrymogène; fe match est interrompu.L’émeute éclate.Des vitrines sont ita-cassées le long de la rue Sainte-Catherine sur une distance’de cinq kilomètres; une centaine de personnes sont arrêtées.C’est là l’incident à caractère nationaliste le plus dramatique depuis la crise de la conscription en 1942 et comûiè toujours, la réaction des gens est fonction de leur groupe d’appartenance linguistique.Pendant que les Montréalais accusent Campbell de s’être lancé dans une vendetta contre le Québec, à Toronto, les chroniqueurs sportifs le traitent en héros.Deux cultures antagonistes Dans son film, McKenna présente Clarence Campbell et Maurice Richard comme l’incarnation de deux cultures antagonistes.Campbell était un avocat calme et réservé, éduqué à Oxford, un héros militaire, et, selon l’arbitre Red Storey, «arrogant et égoïste» .Richard était un batailleur fier et têtu, déterminé à défendre son honneur.McKenna, qui a écrit le scénario de son film, n’est pas fe premier à évoquer l’émeute de 1955 comme une éruption nationaliste au Québec, un événement précurseur de fa Révolution tranquille.I>e journaliste du New York Times êe l’époque, Joseph Nichols, l’avait expliqué en ces mêm’es termes à ses lecteurs, tout comme le journaliste torontois du magazine Maclean’s, Sidney Katz.Il y a maintenant plus de vingt ans, dans sa pièce Les Canadiens, le dramaturge Rick Salutin présentait l’histoire de l’équipe comme une projection des émotions collectives des Québécois — jusqu’au 15 novembre 1976, date die l’élection du premier gouvernement de René Lévesque.T Avec ce film, Brian McKenna présente un épisode qiiti démontre simultanément la frustration des Québécois-la persistance de la violence au hockéy.(Ce n’est que püre coïncidence, j’en suis sûr, si le réseau Global a présenté fa version anglaise hier soir, le jour anniversaire de la suspension de Richard, alors que le réseau TVA présente la version française demain soir, jour anniversaire de l’émeute.) Graham Fraser est correspondant aux affaires nationales et chroniqueur au Toronto Star.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les çommentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel {redacHon@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Lettre à François Legault Des livres, oui, mais pas de bibliothécaires RÉJEAN SAVARD Professeur titulaire à l’École de bibliothéconomie et science de l’information de l’Université de Montréal [j==—=j| onsieur le ministre Legault, MUne conversation avec votre attaché de presse Alain Leclerc m’a confirmé que le programme d’ajout de postes de professionnel dans le réseau scolaire, annoncé en toute fin .r.d’année 1999, n’incluait pas l’engagement de bibliothécaires scolaires.Je suis franchement déçu que vous n’ayez pas profité de ce nouveau programme pour améliorer la situation du réseau de bibliothèques scolaires au Québec, un des plus pauvres de tous les pays développés, notamment à cause de l’absence quasi généralisée de personnel professionnel qualifié.Je suis bien conscient que vous ayez fait un effort dernièrement en octroyant des ressources pour l’achat de livres dans les bibliothèques scolaires.Mais il ne suffit pas d’une accumulation de livres pour faire une bibliothèque et surtout pour animer la lecture.De plus, je me suis laissé dire que, bien souvent, les budgets consentis à l’achat de livres étaient dépensés de façon anarchique: livres achetés sans plan d’ensemble, sans critère rigoureux de sélection, quelquefois même au mépris de la loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, qui oblige à acheter chez des libraires agréés, achats mal exploités parce que volumes non traités, pas d’animation, locaux mal planifiés, etc.Votre attaché de presse me dit que vous êtes conscient du problème et que vous souhaitez faire quelque chose pour améliorer la situation dramatique du personnel dans les bibliothèques scolaires.J’espère vivement que vous le ferez rapidement car si les enseignants sont excellents pour apprendre à lire, donner le goût de la lecture est une tâche tout aussi importante qui requiert des bibliothèques bien garnies, certes, mais avec du personnel compétent pour leur donner une âme.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l'information générale et métropolitaine : Gérait! Dallaire (adjoint au directeur de l‘information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports)', Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement) Judith Lachapelle, louisc leduc, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et/dits divers), Isabelle Paré (santé) ', Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (rWertears); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l'information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) ; A l’information économique ' Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Hélène Baril, Claude Ivévesque, François Normand, Claude Turcotte; A l’information internationale : Jean-Pierre legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l'information politique : Pierre O'Neill, Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaire à Ottawa), Mario Clouüer et Robert Dutrisae (correspondants parlementaires à Québec): Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, MarieClaude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Iaplanie (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) LA PIJBIJCITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt.Manon Bouchard, Christiane legault, Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires) [éopold Sle Marie (ihnrtcur adjoint) Manon Blanchette, Sylvie laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian (mulet (responsable de la production), Claudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormlèrs, Marie-Josée Hudon Sébastien Vallée, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle).Hélène Gcrvais.Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, Use lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).(, é é L E I) E V 0 I R , i.E .1 E U 1) I 1 (i M A K S 2 0 0 0 A 8 =-* LE DEVOIR ?— ACTUALITES HÔPITAUX SUITE DE UA PAGE 1 dispose pour l’heure en cas de problèmes graves de gestion.Une fois adoptée, la Loi sur l’équilibre budgétaire du réseau public de la santé et des services sociaux va «nous permettre d’intervenir de façon pertinente, au bon moment, avant qu’une situation ne se détériore», a soutenu Mme Marais, qui refuse de porter un jugement sur la gestion des établissements qui ont affiché un déficit l'ai] dernier.A l’Association des hôpitaux du Québec, on réserve ses commentaires pour plus tard.Son porte-parole, François Mardi, a toutefois rappelé que l’an dernier Mme Marois souhaitait que les hôpitaux s'engagent par contrat à ne pas faire de déficit Mais le sous-financement observé dans plusieurs hôpitaux avait fait obstacle à la volonté de la ministre.Au printemps, Mme Marois entend entreprendre le débat public sur le système de santé qu'elle évoquait à la fin de l’année dernière.Ce débat ne prendra pas la forme d’une commission parlementaire mais plutôt d’une commission itinérante.A l’automne, une fois achevée cette consultation publique, elle entend présenter un autre projet de loi, «structurant» celui-là, selon le mot de Mme Marois, qui précisera la ligne d’autorité et le partage des responsabilités entre la ministre, les régies régionales et les établissements.A cet égard, «une sérieuse réflexion s’impose», a-t-elle dit, signalant que l’Assemblée nationale aura aussi à reconnaître les particularités des centres hospitaliers universitaires.Quant à la répartition des 2,7 milliards supplémentaires que le budget Landry consacre à la santé, Mme Marois a précisé que seuls 739 millions de cette somme contribueront à accroître les services dispensés par le réseau.On doit retrancher de ces 2,7 milliards, outre les 400 millions consentis aux hôpitaux pour maintenir leurs services au niveau actuel, une somme de 765 millions qui représente l'accroissement normal des coûts du système et 179 millions versés à la Régie d’assurance-maladie du Québec (RAMQ) à même les surplus de l’an dernier, dont 152 millions ont servi à combler le déficit du régime d’assurance-médicaments pour les pèrsonnes les plus démunies.Des 739 millions consacrés à l’accroissement des services, 200 millions iront à l’achat d’équipement de pointe, 58 millions seront injectés dans les services destinés aux personnes âgés pour permettre le maintien à domicile de 25 000 personnes de plus et pour ajouter 1000 personnes afin d’améliorer les services dans les centres de soins de longue durée.Vingt millions serviront à désengorger les urgences.Une somme de 38 millions sera affectée à la réduction des listes d’attente en chirurgie orthopédique, en radiothérapie et en cardiologie, notamment Dans ce dernier cas, 800 interventions de plus par an pourront être faites.Les services destinés aux jeunes en difficulté verront leur budget augmenter de 21 millions.Les domaines de la déficience physique et intellectuelle, notamment les centres de réadaptation, pourront compter sur 25 millions de plus, la santé mentale, huit millions, et les maisons de transition, dix millions.L’augmentation des ressources dans certaines régions absorbera 20 autres millions.Héma-Québec, l’aide aux personnes atteintes de l’hépatite C et la lutte contre le tabagisme encaisseront 72 millions de plus.Enfin, pour répondre à une demande accrue en médicaments et en services médicaux, la RAMQ disposera de 267 millions additionnels.Hier, l’Association des CLSC et des CHSLD du Québec s’est étonnée de voir le gouvernement éponger les déficits des hôpitaux plutôt que de consacrer cette somme aux soins à domicile, où le Québec accuse du retard par rapport au reste du Canada, et à l’amélioration des soins déjà inadéquats dans les centres d’hébergement pour personnes âgées.Un tel investissement aurait pour effet de désengorger les hôpitaux tandis que les 58 millions que la ministre accorde aux soins à domicile et aux centres d’hébergement sont nettement insuffisants.Plus de 40 000 personnes qui ont besoin de services à domicile sont laissées pour compte, relève l’association.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 I^e site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction ©ledevoir .com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) I* Devoir est publié du lundi au samedi par \jp Devoir Inc.don! le siège social est situé au 2050.rue De Bleury, 91 étage.Montréal, (Québec), H3A HMD.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor lnc„ 012, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Demie.Is Devoir est distribué par Messageries I Eynamiques, division du (iroupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858, DépAt legal: Bibliothèque nationale du Québee.MEURTRE SUITE DE LA PAGE 1 Brathwaite et son équipe n’ont pas répliqué aux attaques de Pinard LOUISE LEDUC LE DEVOIR Aux attaques de Daniel Pinard, Normand Brathwaite et son équipe préfèrent ne pas répliquer.Le mot d’ordre: pas de commentaire.Au téléphone, l’agente de l’animateur soutient que Normand Brathwaite est absolument impossible à joindre parce que en studio toute, mais vraiment toute la journée.Dans une tentative de préserver son image, elle soutient que Normand Brathwaite n’est pas le concepteur de l’émission, qu’il ne fait que l’animer.Jean Bissonnette, producteur de Piment fort et des Mecs comiques, nous a rappelés, mais simplement pour dire qu’il n’émettrait pas de commentaire.En le cuisinant beaucoup, il laissera simplement tomber qu’à son avis, la sortie de Pinard «vient d’une volonté de faire le plus possible parler de lui pour améliorer les cotes d’écoute de son émission, alors que nous sommes tous en plein BBM».TVA, qui diffuse Piment fort, n’a pas non plus voulu dire quoi que ce soit.Pour toute réplique, TQS, qui diffuse Les Mecs comiques, s’est contentée d’envoyer aux médias la réplique du «fif» Alex Perron parue dans Voir la semaine dernière en réponse à un lecteur furieux de l’étiquette que l’humoriste se donne lui-même.«Depuis ma sortie de l’École nationale de l’humour, en 1996, je travaille au sein du groupe Les Mecs comiques et je le fais en m'affichant ouvertement comme gai.Je suis un des seuls, sinon le seul au Québec à le faire.Je l’ai toujours fait parce que je suis fier de ce que je suis, f.] Je crois que notre émission peut contribuer à élargir nos horizons.Bien sûr, on fait des blagues sur les travers des gais, mais au même titre que l’on peut en faire sur les jeunes, les femmes, les machos, les personnes âgées, et j’en passe.Serions-nous devenus des intouchables?» L’humoriste François Morency, animateur du Poing J, s’étonne, lui, de ce que Daniel Pinard soit le premier à y aller d’une telle sortie et qu’il ait fallu tant de temps pour que se tienne un débat sur ce genre d’émissions.SUITDE LA PAGE 1 La colère de Daniel Pinard a encore été amplifiée quand il a appris que l’émission Piment fort allait revenir en ondes l’an prochain.Pire, «le cancer se métastase.Ces mêmes scripteurs qui chient sur la population depuis sept ou huit ans ont maintenant pondu Les Mecs comiques, mettant en vedette “le fif, le jeune et le macho”.On y a entre autres affirmé: “Un singe, c’est pas un gars pis c’est pas une fille.Un singe, c’est un fif.La preuve, c’est que ce sont les singes qui ont répandu le sida.”» Ha ha ha.Qu’on ne s’y méprenne pas: Daniel Pinard n’entend en rien lever l’étendard pour voler à la défense des gays.Il n’aime pas se battre dans les ruelles ni jouer les fantassins, pas plus qu’il ne participe aux parades de fierté gay.«J’en ai marre de la réduction à la sexualité.Il faut arrêter de penser que la sexualité des gens détermine le contenu total de leur vie.La sexualité que je vis fait partie de moi, sans plus.» Daniel Pinard ne parle pas davantage au nom des victimes de cet acharnement moral qui, «si elles répliquent, se font taxer de manquer d’humour et qui, si elles se taisent, sont condamnées par leur silence».Non, c’est à titre de citoyen outré, tout simplement, que le chef monte aux barricades, «je m’attends plutôt, de tous ceux qui n’ont pas été visés et qui se sont tus, à ce qu’ils se lèvent enfin en sachant que parmi leurs proches se trouvent sans doute des gens que ce genre de propos peut blesser, je voudrais aussi que les politiciens assument leur leadership moral.De l’Église, je n 'espère rien.Les excuses “urbi et orbi” du pape, je me les mets là où l’on sait en me rappelant l’origine de ce lourd héritage envers les gays pour avoir trop entendu les propos haineux des curés du haut de leur chaire.» Allant plus loin encore, Daniel Pinard soutient que Piment fort est la métaphore du Québec tout entier.«Que Brathwaite puisse traîner les gens dans la boue et s’excuser parfois du bout des lèvres avec un sourire vainqueur, c’est la preuve qu’on vit vraiment dans une société de “pea-soups” et que cette humiliation identitaire finit parfaire des petits.Au pays des nègres blancs, c’est Brathwaite qui triomphe.» Les limites de l’humour Daniel Pinard soutient n’avoir rien contre l’humour ou l’exagération de certains traits et ne voudrait pour rien au monde que l’on censure caricaturistes et humoristes.«Des blagues sur l’homosexualité, j’en fais moi-même, et je m’accuse même d’en avoir fait, de fort mauvais goût, dans le cadre de mon émission, pour ne pas confondre mes téléspectatrices [sur son orientation],veux simplement que le harcèlement systématique contre certaines personnes cesse, que l’on arrête de stigmatiser des classes entières, de parler des b.s., des tapettes et des grosses.» Lui-même a déjà participé à Piment fort, il y a quatre ans.Il n’y est plus retourné, mal à l’aise avec le genre d’humour qui s’y pratique.«Ma politique là-dessus est claire, explique François Morency.Je me demande tout le temps si je serais prêt à faire telle ou telle blague sur quelqu’un si elle se trouvait dans la salle.Si la réponse est non, je ne la fais pas.» Les Cyniques, Piment fort.Rock et Belles Oreilles: cet humour «souffre-douleur» ne date pas d’hier, note François Morency, «et il n’est pas sur le point de s’éteindre non plus».N’atteint-on pas, cependant, des sommets de méchanceté et d’acharnement?«Oui, probablement, mais la permissivité est bien plus grande dans tous les domaines, et pas seulement en humour.Partout, sur les ondes, on s’en permet pas mal plus.Voyez toutes ces scènes de baise, toutes ces émissions de catastrophe et de crash d’avion.On est loin de Cré Basile! La société est nettement plus permissive.» D’un point de vue légal, pourquoi, au Québec, les victimes de Piment fort et des humoristes de même acabit ne poursuivent-elles pas davantage?L’avocat Claude Masse, qui se spécialise dans les questions de diffamation, soutient que, de fait, «en matière de divertissement, et surtout face am humoristes, on semble être plus tolérants».Avant de crier à la diffamation, Claude Masse rappelle qu'il faut toujours se poser deux questions: l’information véhiculée est-elle véridique?est-elle pertinente?«Dans le cas de l’homosexualité de quelqu’un, l'information n’est certainement pas pertinente.Ce n’est pas du même ordre que lorsqu’un politicien, en plein scandale, est accusé d’être un voleur.» Autre nuance d’importance: quand un artiste bâtit en grande partie sa carrière sur sa vie personnelle, il pourrait lui être plus difficile de faire valoir ses droits.«Si l’on apprenait un jour, par exemple, que René Angelil trompait Céline Dion, il faudrait prendre en considération qu’ils ont toujours fait grand cas de leur union et qu’ils ont fait grand étalage de leur vie de couple.Dans leur cas, leur vie privée s’en trouve d’autant réduite.» Autre type d’acharnement sur des groupes entiers qui le dégoûte, Pinard, indépendantiste, évoquera en passant le mépris ambiant envers le Canada, «que l’on affiche sans arrêt» par l'entremise, notamment, «de la grosse vache à Sheila Copps ou par les taquineries contre les Torontois qui baiseraient mal.Je dirais à ceux qui prônent l’indépendance qu’une des conditions gagnantes serait peut-être l’élimination du mépris».En ce qui a trait aux émissions qui se veulent humoristiques, Daniel Pinard raconte aussi que les attaques contre les lesbiennes l’ont blessé «triplement».«Qu’m hétéro s’en prenne à une “tapette”pour rire de sa “tapetterie”, pour se rassurer dans son état de mâle, à la rigueur, je comprends.Mais le coup des lesbiennes, cette misogynie déguisée, je ne la prends pas.Les féministes ont crié si fort que même ces émissions se gardent bien de rire des femmes directement.On les attaque donc de façon détournée en s’en prenant aux blondes am gros seins et am lesbiennes.» L’ennui, cependant, c’est que ces émissions sont écoutées.«Qu’on ne vienne pas blâmer ceux qui écoutent la merde qu’on leur offre mais ceux qui la chient: les animateurs, leurs invités, leurs producteurs, leur télédiffuseur.Les jeunes écoutent cette émission parce qu’on la leur offre.S’il y avait une émission où on s’arrachait les yem et où on se lançait de la merde à pleins seam, eh bien, ils la regarderaient!» Les voies de la guérison Depuis cette entrevue accordée il y a quelques semaines aux Francs-Tireurs, Daniel Pinard n’a jamais aussi bien dormi et ne craint absolument pas de conséquences négatives sur sa carrière.C’est en homme libre, libéré, qu’il parle, et «qu’importe si l’on me traite de sucem, de tapette, d’enculé.je m’en fous.Une des conditions qui empêchent d’en être mortellement blessé, c’est de se tenir debout».Et d’entamer des poursuites contre Piment fort?«Pas nécessairement.Le recours am tribunam, je le vois comme le signe d’une fragilité sociale insupportable.» La où l’on s’étonne, cependant, c’est quand Daniel Pinard affirme sans détour qu’il prendrait vite une pilule pour devenir hétéro si une telle pilule existait.Comment les jeunes homosexuels dans la vingtaine, dont on dit qu’ils sont de 13 à 14 fois plus susceptibles de se suicider que leurs pairs hétérosexuels, recevront-ils cette affirmation?Si la société, un jour, ne faisait plus aucun cas de l’homosexualité et que les moqueries cessaient, serait-elle encore difficile à assumer?«je citerai ici mon ami Jean-Louis Millette qui m’a sauvé du suicide quand j'avais dix-sept ans.Toute sa vie, et encore quelque temps avant sa mort, il m’a répété: “je ne m’habituepas.”Moi non plus, je ne m’habitue pas.Je ne m'habitue pas de ne pas être maître de mes désirs.» rouge qui se range à la hauteur de la Concord.Les deux chauffeurs se font des signes «non amicaux».Juste avant la sortie, le conducteur de la Concord aurait baissé sa vitre du côté du passager et tiré en direction de la Ford.«Le conducteur n’a pas été touché mais le passager à l’avant à droite a reçu le projectile en pleine tête.» D’abord conduit à la Cité de la santé de Laval, la victime, un jeune homme dans la vingtaine, a été transféré à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, où il est mort hier.Depuis, l'enquête suit son court.Une autopsie devrait être faite aujourd’hui mais tout porte à croire que le coup de feu aura été fatal.Les auteurs de la fusillade sont toujours recherchés.Par ailleurs, la SQ recherche la troisième voiture impliquée dans l’affaire, la Pontiac Grand Prix, dont le conducteur pourrait fournir des renseignements sur l’identité des passagers de la Concord et la provenance exacte du coup de feu.Si la violence routière est chose commune, elle n’est tout de même pas assez fréquente pour que les agents la comptabilisent «Cela arrive, mais ce n’est pas un problème au Québec.Nous ne gardons pas de statistiques là-dessus», a précisé l’agent Pourtant, au début du mois, deux automobilistes se sont battus sur le bord de l’autoroute 20.L’un deux, cardiaque, l’a payé de sa vie.Selon une étude effectuée par la compagnie d’assurances Assur-Ligne l’année dernière, 32 % des automobilistes québécois avouent commettre fréquemment des actes d’agressivité au volant Le chiffre monte à 34 % en Ontario.De plus, 80 % des automobilistes déclarent avoir déjà été témoins, chez d’autres conducteurs, de manœuvres risquées qui auraient pu mettre en péril la sécurité routiçre.Aux États-Unis, ce qu’on appelle le road rage, la violence routière, est devenu une réalité quotidienne.Selon un sondage mené par l’Automobile Association en 1995,90 % des automobilistes affirment avoir été victimes d’une expérience de violence routière, et ce, en 12 mois seulement.Et 60 % avouent perdre leur sang-froid au volant.Les manifestations les plus fréquentes de road rage sont le pare-chocs à pare-chocs agressif (62 %), l’éblouissement volontaire (59 %), les gestes obscènes (48 %), l’obstruction délibérée de la route (21 %) et l’agression verbale (16 %).Par ailleurs, selon une étude effectuée pour le compte de la AAA Foundation for Trafic Safety, un organisme public américain sans but lucratif, une moyenne de 1500 personnes sont blessées ou tuées chaque année lors d’événements de violence routière.Sur 10 037 accidents comptabilisés, une arme à feu, un poignard ou un violent coup de poing opt été rapportés dans 4400 des cas.C’est dire qu’aux États-Unis, dans plus de 40 % des cas de violence routière, il en résulte un coup de feu ou un coup de poing, parfois fatal, parfois non.CHEF SUITE DE LA PAGE 1 Le bureau du premier ministre croyait avoir calmé l’essentiel des supputations avec le remaniement du mois d’août dernier, mais elles ont repris de plus belle lorsque la rumeur a couru, immédiatement après le budget, que Paul Martin pourrait partir.Au bureau du premier ministre, on ne manquait pas d’invoquer le caractère anonyme de ces confidences pour en minimiser l’effet.La sortie publique de quelques députés, peu importe leur poids, a changé la donne.La contestation a maintenant un visage.Et ce n’est pas sans raison qu’elle survient à ce moment précis.Comme l’a indiqué le député Joe Comuzzi, qui ne s’est toutefois pas prononcé sur le fond de la question, certains députés croient nécessaire de profiter du congrès pour provoquer un débat plus ouvert parmi les militants.M.Chrétien, lui, a offert une autre explication hier matin.«Certains sont frustrés et je comprends pourquoi.Ils ont des ambitions et un chef ne peut pas toutes les satisfaire.» Mais les voix dissidentes auront forcé le premier ministre et son entourage à accentuer leurs interventions au cours de la dernière semaine.Les discours que M.Chrétien prononcera demain soir et dimanche midi, à la conclusion du congrès, devraient donner la touche finale à une opération de relations publiques marquée par trois entrevues accordées lundi.Ces entretiens ont immédiatement suivi l'appel de son frère aîné l’enjoignant de revenir à la maison et la publication dans le Globe and Mail d’un sondage montrant que 61 % des Canadiens, malgré leur satisfaction à son endroit, souhaitaient qu’il cède sa place.I.a réponse de M.Chrétien, lundi, était claire: pourquoi quitter quand on a la santé, l’appui de 91 % de ses membres, une opposition morcelée et des sondages favorables?Ce qu’il n’a pas dit, c’est ce à quoi il veut consacrer son troisième mandat.Ses discours devraient, dit-on, répondre en partie à cette question sans se départir pour autant de son approche étapiste, prudente et «équilibrée».Mais comme il s’agit d’un congrès d’orientation, avertit un proche collaborateur, il doit rester ouvert aux propositions et ne peut tout imposer.HOMOPHOBIE LIZOTTE Chronologie des événements SUITE DE LA PAGE 1 qu’on lui a cojt/erée», a justifié hier M.Breton.Les rapprochements injustifiés que la population fait entre l’affaire Barnabe et l'affaire lizotte, la visibilité médiatique de la cause et la nature de la preuve qui sera présentée ont convaincu M" Breton et son adjointe Josée Grandchamp d’opter pour la préenquète à huis clos.Un juge de la Cour du Québec entendra donc le procureur et ses 14 témoins «dans les plus brefs délais».Les policiers impliqués, leurs avocats, les médias et le public seront tenus à l’écart de ces audiences qui devraient durer une semaine.M' Breton se dit prêt à procéder dès le 10 avril.Le juge seul décidera s’il faut porter des accusations au criminel et la nature de ces dernières le cas échéant Les accusations pourraient aller de voies de fait avec lésion à homicide involontaire.Mais M' Breton ne s’est pas avancé du tout sur ce délicat terrain.Jean-Pierre Lizotte est décédé le 16 octobre dernier à l’hôpital Notre-Dame, où il est demeuré paralysé des pieds à la tête, sauf aux bras, après son arrestation par des policiers dans la nuit du 4 au 5 septembre dernier.Selon des témoins, le sans-abri avait été frappé à plusieurs reprises par deux policiers tandis qu’un portier tentait de le maîtriser (voir l’encadré pour les détails de l’affaire).Le fondateur du Mouvement action justice était estomaqué de la décision de M.Breton.«Ce n’est pas une procédure habituelle.C'est une mesure d'exception parce que des policiers sont impliqués», a fancé M.Manseau, qui a pris part à une vigile à la mémoire de Jean-Pierre Lizotte, hier en début de soirée.Fait à souligner, la pré-enquête est inscrite dans le Code criminel.Cette procédure est surtout utilisée quand des juges, politiciens et personnages publics font face à des accusations.En compagnie d'une quinzaine de personnes qui s’agrippaient à des chandelles sous la pluie, M.Manseau a dévoilé une plaque à la mémoire de Jean-Pierre Lizotte devant le Shed Café, «le dernier endroit où on Ta vu marcher sur ses jambes», a-t-il dit «Quand il est sorti d’ici, il a été traîné dans une voiture de police et n ’a plus jamais marché après.Il faudra toujours s'en rappeler.» L’administration du Shed Café avait prévu le coup.lœs fenêtres de l’établissement avaient été graissées pour éviter qu’elles soient tachées par d’éventuels projectiles.Le portier laissait entrer les clients au compte-gouttes, gardant toujours la porte verrouillée.Mais il n’y a pas eu de grabuge au Shed Café.De 300 à 400 manifestants partis du square Berri ont plutôt décidé, sous l’égide du comité opposé à la brutalité policière, de saccager les vitres du poste de police 19 et de trois restaurants McDonald’s.Déferlant rue Sainte-Catherine en direction est, les protestataires ont été pris à revers par l’escouade anti-émeute du SPCUM à la hauteur de Papineau.Én moins d’une heure, les policiers ont arrêté une centaine de personnes.D’autres plus chanceux sont restés sur le trottoir pour crier leur indignation à l’endroit de ces «fascistes».Deux ou trois drapeaux noirs de l’anarchie flottaient dims la pénombre.¦ Le 5 septembre: Jean-Pierre Lizotte fait irruption au Shed Café où il commence à se masturber devant les clients.Un portier l’expulse, deux policiers arrivent en renfort.Selon les témoins, les agents du SPCUM infligent plusieurs coups au sans-abri pendant qu’il est maîtrisé par le portier.Ensanglanté, M.Lizotte, qui a des vertèbres brisées, est conduit à l’hôpital Notre-Dame où il demeurera, paralysé, jusqu’à sa mort.¦ Du 9 au 28 septembre: la Division de l’éthique professionnelle du SPCUM mène une enquête spéciale sur l'affaire Lizotte.Ce n’est que le 18 octobre que le directeur du SPCUM, Michel Sarra-zin, en est averti, et le 10 décembre que le grand public est mis au courant ¦ Le 17 septembre: Le Devoir publie dans son courrier des lecteurs une lettre de Jean-Maxime Leroux, témoin de l’arrestation de Jean-Pierre Lizotte, qui décrit «une violence digne des pires exploits de la police».¦ Le 16 octobre: paralysé mais conscient depuis son arrestation, Jean-Pierre Lizotte meurt à l’hôpitai Notre-Dame après avoir contracté une double pneumonie.¦ Le 18 octobre: le directeur du SPCUM, Michel Sarrazin, est finalement mis au courant de l'affaire Lizotte, le jour même où l’enquête est confiée à la SQ.¦ Le 10 décembre: Jean-Maxime Leroux raconte au Devoir ce qu’il a vu dans la nuit du 4 au 5 septembre: les policiers ont «vargé solide à grands coups de poing.U portier a alors saisi les mains de l’itinérant dans son dos, le temps que les policiers frappent cinq ou six coups.L’homme s’est effondré sur le sol et les policiers ont continué à frapper.[./ L’homme gisait sans bouger dans une mare de sang».¦ Le 17 décembre: un deuxième témoin se manifeste.Sylvain Trépanier déclare aux médias que la version des faits racontée par M.Ijeroux est exacte.¦ le 18 décembre: la Ligue des Noirs et le Mouvement action justice réclament la démission du directeur du SPCUM, Michel Sarrazin.«Comment peut-il être chef s'il ne sait même pas ce qui se passe dans ses rangs?», s’indignent-ils.¦ Le 30 décembre: les deux policiers impliqués dans l’affaire Lizotte, dont l'identité demeure toujours inconnue, sont affectés à des tâches administratives.L’enquête commandée par M.Sarrazin révèle «des lacunes majeures, voire possiblement de la négligence dans le processus normal de la transmission de l'information».¦ Début janvier: le dossier Lizotte est transféré au procureur en chef du district de Longueuil, Michel Breton.
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