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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-03-25, Collections de BAnQ.

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-?FONDE EN 1910 ?- DEVOIR Exigez L'Agenda 1 U («Mil nda V ¦ qualité de la langue ¦*.un concept surtout québécois, les avis sont très partagés, et très.émotifs.PORTRAIT: Gabor Szflasi et ses paysages humains du Québec Hongrois d'origine, il est reconnu comme un des grands I photographes québécois.Depuis 40 ans, Gabor Szilasi I capte sur photo le Québec rural et urbain, le Québec de l'intérieur.«Le rôle du photographe dans la société ou I plutôt la possibilité du photographe, c'est d'apporter quelque chose d'inédit, une manière de voir le sujet, le monde, comme on ne l'a jamais vu.» Aide domestique et économie sociale Ces entreprises seront-elles viables?Les premières entreprises d’économie sociale en aide domestique et le programme gouvernemental qui les finance ont maintenant trois ans.Le temps des bilans et des renouvellements.Au Québec: Kurdes rudes Botan, Sipan, Welat.Aux quatre coins de la région métropolitaine, une pléiade de commerçants kurdes exhibent, d’un sentiment fier et libéré, leur nom à la vitrine de modestes pizzerias.Sauf dans leur Turquie natale, les laissés pour compte du Moyen-Orient clament comme ils le peuvent leur identité.Disponible gratuitement dans plus de 1100 points de dépôt à travers le Québec .les kiosques à journaux, les bibliothèques, les librairies et les organismes communautaires Recto Verso Tel.: 514-523-5998 • Télécopieur : 514-523-5812 • Courriel :rectoverso®vldeotron.ca JACQUES NADEAU LE DEVOIR Mario Dumont, le jeune chef de l’Action démocratique du Québec, discute avec un cycliste.BELL des capacités de faire de la médecine générale et spécialisée, et disposant de la capacité de traiter les urgences; ¦ favoriser de nouvelles formes de partenariat technologique entre les établissements du secteur public et les cliniques médicales lorsqu’elles permettent d’améliorer les services et de faire des économies; ¦ financer la mise en place d’un réseau de cliniques médicales représentant leurs propres intérêts.Au chapitre de la fiscalité, Mario Dumont préconise l’instauration d’un faux uniforme d’impôt et un programme de revenu minimum du citoyen.D croit que le gouvernement devrait utiliser une partie de ses surplus annuels pour réduire graduellement la dette accumulée.Il déplore l’agressivité des Cris pour qui la notion de peuple québécois est une fiction, mais ü les comprend parce qu’il y voit la réaction d’une minorité qui s’estime oubliée.Le mal canadien Le PLC se prend pour l’État, dénonce le chef de l’ADQ MICHEL VENNE LE DEVOIR Lf hégémonie du Parti libéral du Canada est l’une des ' clés pour comprendre «la maladie canadienne», dit Mario Dumont.Ce mal n'est pas causé par un seul homme.Le problème ne tient pas à Jean Chrétien.«Ce n’est pas l’individu, c’est plus profond que cela, dit-il.Le problème, c'est qu’à Ottawa il y a une confusion entre le parti et l’État.Et cela est très, très malsain.» En entrevue au Devoir, hier, M.Dumont ne reproche pas pour autant aux Québécois d’avoir élu une majorité de députés du Bloc québécois en 1997, même si cela peut nuire à l’émergence d’une solution de rechange au PLC.Pour qui d’autre auraient-ils pu voter, demande-t-il?Par contre, la pertinence du Bloc québécois, qui était évidente en 1990 dans la foulée de l’échec de l’Accord du lac Meech, «saute moins aux yeux en l'an 2000», dit-il.Il aura 30 ans à peine le 19 mai, mais il compte déjà 12 années de militantisme politique.Mario Dumont est un jeune expérimenté de la chose et il ne s’en lasse pas.Il pose sur la politique un regard frais mais plus réfléchi aujourd’hui qu’au moment où il fondait l'Action démocratique du Québec avec Jean Allaire en 1994.L’ADQ compterait environ 12 000 membres.C’est peu, M.Dumont en convient, mais il se demande si cette situation est vraiment dramatique.Au cours de l’automne, des associations locales ont tenu des réunions dans les comtés.Il y a à l’ADQ des gens actifs.Mais il y a aussi des cen-taines de sympathisants qui participent aux discussions au sujet du programme du parti sur son site Internet qui écri- vent qui contribuent à la caisse.Mais ceux-ci ne veulent pas nécessairement adhérer au parti.«L’identification partisane, ce n’est plus ce que c’était», dit-il.Les gens ne veulent plus nécessairement appartenir à un parti, avoir une carte, être étiquetés.Il pense que les partis politiques vont changer, vont devoir offrir d’autres formes de participation.L’un des défis, c’est de transformer ces sympathisants en travailleurs d’élection.À ce sujet comme sur le reste, M.Dumont rejette les approches traditionnelles.Par exemple, il reproche aux politiciens de «perdre de vue les trajectoires du long terme».Lorsque Le Devoir lui a demandé hier s’il croyait que la présence de M.Chrétien à la tête du PLC pouvait être un élément favorable au mouvement souverainiste, il a répondu qu’il «ne croit pas beaucoup aux éléments de conjoncture».Selon lui, «dans l’isoloir, au moment de voter, et surtout de voter sur l’avenir du Québec, tu es dans le jbndamental et tu ne t’arrêtes pas au nom du premier ministre du Canada».Il définit l’ADQ comme nationaliste mais pragmatique.Si Lucien Bouchard tient un référendum dans le présent mandat lui-même «ne sera pas dans l’organisation» du camp du OUI.Mais il croit que «le PQ n’a pas la force politique pour tenir m référendum».D’ailleurs, la question n’est pas à l’ordre du jour du congrès des 1" et 2 avril prochains à Saint-Hyacinthe.«On veut être le premier parti depuis une couple de décennies au Québec qui définit un rêve québécois en dehors d’un vase constitutionnel précis», dit-il.Si les «options de l’ADQ sont ouvertes», le parti réclame pour le moment un moratoire de dix ans sur la tenue d’un référendum et propose le transfert au Québec de 22 pouvoirs actuellement exercés par Ottawa Jacoby rappelle le Revenu à l’ordre PRESSE CANADIENNE Québec — Le ministère québécois du Revenu ne devrait pas recouvrer une somme si le contribuable conteste le bien-fondé de la cotisation qu’il a reçue, estime le Protecteur du citoyen, M'Daniel Jacoby.Ce dernier appuie en conséquence le projet de loi que la députée libérale de Beauce-Sud, Diane Leblanc, a présenté en décembre dernier devant l’Assemblée nationale.Dans une lettre qu’il vient d’adresser à la députée Leblanc, avec copie aux trois principales formations politiques siégeant en Chambre, Mr Jacoby rappelle que l’actuelle façon de procéder du ministère du Revenu «crée un déséquilibre» entre les citoyens et l’État en faveur de ce dernier.Actuellement, si le fisc estime qu’un contribuable lui doit de l’ar- (jent, il émet un avis de cotisation et e contribuable doit payer immédia- tement, même s’il conteste le montant qu’on lui réclame.«Le citoyen est condamné à payer avant même d’avoir pu se faire entendre, ce qui contrevient au principe de base des règles de justice naturelle», commente le Protecteur du citoyen dans sa lettre.Il signale que la perception de sommes par le ministère du Revenu peut causer «des atteintes graves, voire irréparables pour la situation financière d'un citoyen».M' Jacoby rappelle qu’au gouverne ment fédéral une procédure a été mise en place pour protéger le contribuable.Le ministère fédéral du Reve nu doit obtenir l’autorisation d’un juge pour percevoir une créance lorsque le contribuable a contesté la somme qu'on lui réclame.Le seul moment où le fisc fédéral peut passer outre à cette mesure est lorsque le contribuable est soupçonné de vouloir quitter le pays en douce, ou qu'il l'a déjà fait.EN BREF Une enquête sur la forêt (Le Devoir) — Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, croit nécessaire de tenir «un débat de société sur la forêt».En entrevue au Devoir, celui-ci a ainsi appuyé la demande formulée par une coalition en faveur d’une enquête publique sur la forêt au Québec.Depuis la diffusion du film L'Erreur boréale de Richard Desjardins et Robert Monderie, plusieurs «poches d’inquiétude et d’insatisfaction» sont apparues.«Tout le monde est choqué», dit-il, reprochant au gouvernement péquiste d’avoir voulu «mettre le couvercle sur la marmite» lorsque le duo Desjardins-Monderie a sonné l’alarme l’an dernier.Dans le document de discussion préparé pour le congrès de l’ADQ les 1" et 2 avril à Saint-Hyacinthe, le parti propose de réviser la Loi sur les forêts pour tenir compte des besoins des autres utilisateurs et afin que le ministère de l’Environnement et le ministère des Ressources naturelles délimitent des territoires voués à la protection et à la conservation de la forêt boréale. Montréal Vancouver i Calgary Regina Toronto Winnipeg Ottawa Québec Halifax I ?> Tl St.John's .Appelez partout au pays sans interurbains.i t K .MOBIL I T E PANCANADiENNE .magi.polym tl.ca/bourdeau/jlarose/ Ëcrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les çommentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalisti-s A l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (aiimnt au directeur dt l'information).Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vie urbaine).Marie-Andrée Chouinard (Mucatinn) Yves d'Avignon (sports)-.Paille des Rivières (Mitorialiste).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Judith Lachapelle, Ixiuise I-educ, Kathleen Lévesque (actuahtis politiques municipales).Benoit Manger (responsable du site Web), Brian Myles (fustice et faits divers).Isabelle Paré (santé)-.Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-Martin Duclos et Christine Duma/et (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l'information eu foi relie : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma).Clément Trudel (musique) : à l’information économique : Gérard Bérubé (adfoint au directeur de linfbrmation).Hélène Baril, Claude Lévesque, François Normand.Claude Turcotte; à l’Information internationale : Jean-Pierre legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l'information politique : Pierre O'Neill, Hélène Ruzzetti, Manon ComelUer (correspondantes parlementaire d Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec); Marii-Hélène Alarie (secrétaire d la rédaction) ; Julie Tremblay, Mark-Claude Petit (commis), la documentation : Gilles Part' (directeur) ; Brigitte Araenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec) Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice).Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Manon Bouchard.Christiane legault.Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland, Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires), léopold Ste Marie (directeur adjoint) Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sébastien Vallée, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne labonté (responsable d la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Use lachapelle.Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services rompfaWra).Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire d la direction); Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Ufleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A 14 L K I) E V 0 I K .LES SAMEDI 2 5 ET DIMANCHE 2 fi M A R S 2 0 0 0 LE DEVOIR ACTUALITES L’horaire détaillé de la radu, Chaîne culturelle 4» Radio-Canada ilUjOlird’IlUi, «1 pOgC 8 (It L’^&enda du Devoir chaîne culturelle GLORIFICATION SUITE DE LA PAGE 1 Révolution tranquille l'ont toujours présentée comme une cassure avec une société totalitaire, pratiquement moyenâgeuse, et iont justifiée ainsi.Quand vous voulez tout changer, il faut trouver des raisons de le faire! Mais le grand discours de l’entrée du Québec dans la modernité apparaît aujourd'hui surfait.» Il dira même qu’il est «sociologiquement faux».En effet, demande M.Gagné, si tout a vraiment changé du jour au lendemain en 1960, d’où sont sortis les mo-dernisateurs?Comment le «moyen âge» obscur aurait-il pu préparer une relève aussi efficace?N’a-t-on pas «noirci l’avant pour mieux glorifier l’après», comme le suggère Gilles Paquet?De là à tirer un trait sur l’ensemble de la période, bref (X«enterrer» la Révolution tranquille, il y a un énorme pas, que plusieurs refusent de franchir.«On assiste à des tentatives de relecture de la Révolution tranquille, et certaines sont plus heureuses que d’autres», dit Alain G.Gagnon, politologue à l’université McGill.«Il y a des condamnations sans retour de la période qui manquent un peu de profondeur dans l’analyse.La volonté de redistribution, la recherche d'une société plus juste, le keynésianisme, on ne peut pas faire semblant que ça n'a pas existé.Im Révolution tranquille a apporté des choses extraordinairement importantes.» Pour M.Gagnon, s’il est permis de se demander si la Révolution tranquille a atteint tous ses objectifs — et c’est d’ailleurs la base d’un autre débat: quels étaient ces objectifs?—, «s’en départir comme point de repère n’est pas sans conséquences»: si on l’évacue, on évacue nécessairement l’idée d'une grande noirceur qui aurait précédé, et on se retrouve devant un vide analytique.Par ailleurs, comme «c'est l’affaire de chaque génération de se situer», ainsi que le souligne Gilles Gagné, on ne s’intéresse pas seulement au passé de la Révolution tranquille mais aussi à ses effets actuels.et futurs.La transformation de la société québécoise,à travers l’accroissement considérable de la place de l’État n’a-t-elle, en définitive, profité qu’aux baby-boomers en laissant la génération suivante sur le bas-côté (en notant tout de même que ce ne sont pas les baby-boomers qui ont fait la Révolution tranquille mais leurs parents)?A-t-elle, comme l’affirme Gilles Paquet, «jeté le bébé avec l’eau du bain» et, ayant confié à l’État plus qu’il ne pouvait en prendre, force-t-elle aujourd'hui à rebâtir certains réseaux de solidarité qui existaient avant elle?Quelques décennies plus tard, les réformes de l’éducation et de la santé sont-elles des succès ou des échecs?Faut-il, comme on a été très tenté de le faire dans les années 80, se tourner résolument vers le secteur privé pour assurer la croissance économique?Et l’indépendance du Québec demeure-t-elle un prolongement logique de la Révolution tranquille?Cet aperçu est forcément incomplet.Mais ces questions seront au cœur du débat qui s’amorce jeudi à l’UQAM et qui, à compter d’aujourd’hui, se déroule dans les pages du Devoir.Quarante ans plus tard, le livre d’histoire est rouvert.N’a-t-on pas « noirci l’avant pour mieux glorifier l’après» ?Précision Dans un texte paru hier, intitulé «Feeling comfortable», nous avons par erreur indiqué que la population anglophone de langue maternelle a diminué de 222 000 personnes au Québec de 1971 à 1991.Ce nombre ne correspond pas à la baisse du nombre d’anglophones mais au solde migratoire interprovincial des anglophones pour la même période.Pendant ces vingt années, la population anglophone de langue maternelle a baissé de 122 000 personnes.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et 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légal: Bibliothèque nationale du Québec.ENIGME SUITE DE LA PAGE 1 — ou se voulant tel — à ceux qu’il courtise, il promet tout sans que l’on sache comment il tiendra ses promesses.Et on le croit.Pour l’Occident, il est l’un des leaders les plus énigmatiques de la planète.Si l’on regarde son passé, on note quatre constantes: l’ambition, le pragmatisme oq l’opportunisme, la loyauté au chef, enfin le goût de Tombre.A chaque époque, Poutine se trouve du bon côté du manche.Sous le communisme, il est un maillon essentiel: officier du KGB.Durant la pérestrôika, il est l’adjoint du maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, l’une des grandes figures des changements démocratiques.Enfin, sous l’ère Eltsine, il sert la «Famille» (le clan présidentiel) qui l’apprécie tellement qu’elle en M le dauphin officieL Un programme flou Mais, jusqu’ici, Poutine était surtout un exécutant.Élu pour quatre ans à la tête du plus grand pays du monde, qui reste l’une des principales puissances nucléaires, quel président sera-t-il?Le candidat n’a pas de programme clair.Ses déclarations sur l’économie sont restées floues, mêlant l’attachement aux réformes et la promesse d’un État fort Ses professions de foi démocratiques et ses dénégations sur une dictature à venir n’ont pas convaincu les défenseurs des droits de l’homme, alarmés par plusieurs «affaires» visant notamment les médias.En fait, depuis sa nomination au poste de premier ministre en août 1999, Poutine, devenu président intérimaire après la démission-surprise de Boris Eltsine le 31 décembre 1999, n'a guère pris qu’une initiative politique: la guerre en Tchétchénie.Un sinistre début de règne mais aussi la «chance» de sa vie.Poutine doit tout à l’opération tchétchène: inconnu lors de sa nomination, il a vu sa popularité s’envoler de façon vertigineuse au fil de l’offensive lancée le 1er octobre dernier.On a cru d'abord le phénomène éphémère.Or les cercueils sont rentrés et l'opinion n’a pas bronché.Car l’engouement dépasse le facteur tchétchène.Jeune et dynamique, Poutine est l’antithèse d’Eltsine, vieux président malade, détesté à la fin de son règne pour tous les espoirs dê çus.Loin des bafouillages et des longs silences où Eltsine perdait le fil de sa pensée, il emploie des phrases courtes.Le ton est sec, haché, l’air concentré, souvent combatif.Il donne une impression d’homme d’action.En Tchétchénie, il a fait ce qu’il a dit «Poutine est un miroir qui renvoie à chacun l’image qu’il veut voir», explique le sociologue louri Levada.Avec ce visage impassible parfois éclairé de lueurs ironiques, Poutine n’est pas un acteur-né comme son mentor Eltsine.Mais plutôt un caméléon qui, grâce à sa personnalité pâlichonne, peut se glisser sans effort dans n'importe quelle peau.Ou peut-être a-t-il acquis ce talent lors de sa formation d’espion.«On peut me considérer comme un pur produit de l’éducation soviétique», reconnaît-il dans son livre.Et il dit vrai.Vladimir Vladimirovitch Poutine naît le 7 octobre 1952 à Saint-Pétersbourg — alors Leningrad — dans une famille ouvrière où l’on ne s’épanche guère.Le père, sévère et autoritaire, est secrétaire du PC de l’atelier de son usine; invalide, il ressasse sa Grande Guerre patriotique fia Seconde Guerre mondiale).Sa mère, qui fût balayeuse et manutentionnaire, est simple ouvrière.Comme pour Lénine, il existe déjà une légende sur l'enfance de Poutine, fondée sur le film récemment diffusé par la chaîne publique RTR: Poutine l’inconnu.Ses copains de classe le décrivent comme un galopin qui monte sur les toits pour voir les feux d’artifice et escalade des balcons pour gagner un pari où le vainqueur décroche des pirojkis (beignets) à la confiture.Sa prof principale se souvient d’un «élève rfi surdoué ni mauvais» mais doté d’une «grosse mémoire».A l’en croire, c’est par romantisme que Poutine rejoint le KGB.Il a dans la tête tous les récits et les films d’espions volant défendre la patrie, très populaires à l’époque.11 rêve de devenir un «007» version soviétique.En quatrième année de la prestigieuse faculté de droit de Leningrad, Poutine est contacté par les «organes».le rêve.Il passe par une première école — de «préparation opérative» — puis atterrit au département du contre-espionnage.Là, les renseignements extérieurs le remarquent.«Je n’ai pas hésité une seconde; on pouvait voyager», confie-t-il.Sur ses 16 ans au KGB — 1975-91 —, il ne dit que ce qu’il veut bien dire.Il termine sous-colonel, «ce qui n’a rien d’extraordinaire», commente Konstantin Preobra-jenski, un ex du KGB lui aussi sous-colonel.Il passe quatre années obscures au Premier Département du KGB (renseignements extérieurs).Puis, en 1985, il est envoyé à Dresde, en Allemagne de l’Est, faire du «renseignement politique».«Il fallait collecter des renseignements sur notre ennemi principal, l’OTAN, sur les leaders politiques actuels et futurs», raconte-t-il, «trouver des sources [comprenez des informateurs], analyser les données, les envoyer à Moscou.» Une montée fulgurante Après la chute du Mur en 1989, il faut se résigner à rentrer.Poutine en garde un goût amer.L’année suivante, il s’établit à Saint-Pétersbourg.Désormais officier de réserve du KGB, il passe quelques mois comme vice-recteur de la faculté juridique.Il rencontre alors Sobtchak qui y fut professeur.Le petit k.g.biste discret et peu disert en devient vite l’éminence grise.Nommé à la tête du puissant Comité des relations extérieures puis vice-maire, il est l’un des hommes clés de la deuxième ville de Russie.En 1996, Sobtchak échoue à se faire réélire.Poutine refuse de travailler avec son successeur.«J’aurais eu un sentiment de trahison», dit-il.là encore, Poutine rebondit vite.Sur les recommandations d’Anatoli Tchoubais, le chef de file des réformateurs qu’il a côtoyé à Saint-Pétersbourg, il est appelé à Moscou.Il va d’abord travailler au Département des biens présidentiels sous la direction de Pavel Borodine, aujourd’hui soupçonné de corruption et blanchiment d’argent Puis il entre à l'administration présidentielle, est nommé patron du ESB, enfin promu à la tête du Conseil de sécurité.Silencieux et apparemment docile.Poutine sait se mouvoir dans les arcanes de la «Famille» (présidentielle).Eltsine, qui redoute de devoir rendre des comptes face aux multiples scandales qui éclaboussent le Kremlin, apprécie plus que tout la loyauté.Poutine lui aussi n’a confiance qü’en les siens.Très vite, il fait venir de Saint-Pétersbourg d’ex-collaborateurs de la mairie ou du KGB.La plupart sont des gens de sa génération, peu connus et sans grand relief.Mais derrière lui, il y a aussi tout l’ancien entourage.Les «oligarques» comme le très discuté homme d’affaires Boris Berezovski ou Tchoubais, patron de l'électricité, les «bureaucrates du Kremlin» qui servaient la «Famille», etc.Tous comptent sur lui pour dé fendre leurs intérêts, parfois contradictoires.Difficile de prévoir quelle sera la politique de Poutine.À Saint-Pétersbourg, toujours dans l’ombre de Sobtchak, il n’a pas laissé de souvenir marquant «C’était facile de travailler avec lui», se souvient Kiril Boldovski, qui a collaboré à la mairie avec lui de 1991 à 1994; «un bosseur qui comprenait l’économie de marché, assez flexible et pas du tout idéologique.Avant de décider, il réfléchissait longtemps, écoutait beaucoup les autres.Après, il s’y tenait».On est loin de l’image d’homme de fer que veut renvoyer Poutine.Jusqu'ici, ses oukazes (décrets) et autres décisions fleurent plutôt l’ancien, le k.g.biste discipliné qui a conservé de bons amis dans la Stasi et garde un penchant pour un État policier rétablissement de l’instruction militaire à l’école et des cellules du FSB chargées de surveiller l’armée comme aux temps soviétiques, renforcement du contrôle du courrier électronique par le FSB, etc.Mais, en même temps, Poutine peut aussi clamer que la Russie songe à intégrer l'OTAN.Les libéraux qui le soutiennent soulignent qu’il est d’une nouvelle génération et le premier leader russe à avoir vécu à l’étranger.Il parle un allemand parfait et un anglais passable.Ses opposants, eux, relèvent toutes ses déclarations inquiétantes.«Dans une guerre, on fait toujours des erreurs, dit-il; mais si tu fais la guerre et que tu penses que ton camp a tort, tu ne gagneras jamais.Il faut être pragmatique et ne penser qu’à la victoire.» Une offre inacceptable, dit le président de Vidéotron HÉLÈNE BARIL LE DEVOIR Ce que la Caisse de dépôt et Québécor proposent est inacceptable, estime le président de Vidéotron, Claude Chagnon, qui ne pense pas que Rogers Communications doit renchérir.«A mon avis, l’offre de la Caisse, qui n’est même pas une offre mais un projet, est inférieure à celle de Rogers», a dit M.Chagnon hier au Devoir.Le président de Vidéotron n'a pas été surpris de la contre-attaque de la Caisse de dépôt, qui avait annoncé ses couleurs au cours des derniers jours.«Ce qui est surprenant, c’est que six semaines après [l’offre de Rogers Communications), il n’y a pas encore d’offre», a-t-il commenté.M.Chagnon a noté que Québécor avait l’intention de financer la transaction en revendant des éléments d’actifs de Vidéotron.Il trouve aussi que la Caisse de dépôt «joue un petit jeu dangereux» si elle utilise son droit de veto pour empêcher Vidéotron de conclure sa transaction avec Rogers.«Ce que la Caisse dit, c’est: je refuse toutes les transactions dont je ne fais pas partie», s’est-il indigné.Le président de Vidéotron a réaffirmé son appui à l’offre de Rogers, qui a été bonifiée par la transaction annoncée cette semaine avec Shaw Communications, et que le marché a accueillie très favorablement.CAISSE SUITE DE LA PAGE 1 peut créer dépasse l'imagination de la plupart des gens et même la nôtre», a dit M.Bélanger, un ancien dirigeant de TVA et de Québécor.Pour mettre la main sur Vidéotron, Québécor est prête à investir un milliard comptant et à transférer dans la nouvelle compagnie appelée Québécor Media tous ses journaux de Corporation Sun Media, ses hebdomadaires, ses magazines, sa participation dans Archambault et ses activités Internet, dont le portail Canoë.La Caisse de dépôt de son côté, est prête à investir 435 millions dans Québécor Media, ce qui lui donnerait une participation de 14 %.Québécor aurait 54,6 % des actions de la nouvelle compagnie tandis que les actionnaires actuels de Vidéotron en retiendraient 32 %.Si elle se réalise, la transaction fera de Québécor Media une entreprise comparable à Time Warner, a déclaré le président et chef de la direction de Québécor, Pierre-Karl Péladeau.La partie est toutefois loin d’être terminée.L’offre conjointe de la Caisse et de Québécor survient à quelques heures de l’assemblée des actionnaires de Vidéotron, qui devait avaliser la vente de l’entreprise à Rogers Communications.Une injonction obtenue en fin d’après-midi par la Caisse empêche la famille Chagnon de déposer ses actions dans le cadre de l’offre de Rogers.Les actionnaires majoritaires de Vidéotron, pour leur part sont furieux du coup de force de la Caisse.Le président de Vidéotron, Claude Chagnon, a réitéré son «appui inconditionnel» à l’offre de Rogers.La proposition de la Caisse et de Québécor est une entreprise «lourdement endettée, d’une portée géographique limitée et dépourvue des avantages offerts par le bouquet de services de communication, comme la télédistribution, l’accès Internet, le sans-fil, le cellulaire et la téléphonie résidentielle», a-t-il commenté dans un communiqué.La réaction négative des dirigeants de Vidéotron n’inquiète pas trop le président de Québécor, qui pense qu'il sera possible de s’entendre avec la famille Chagnon, qui détient le contrôle absolu de Vidéotron avee ses actions à droits de vote multiples.«Nous souhaitons que ça se fasse de la façon la plus civilisée et la plus agréable possible», a souhaité Pierre-Karl Péladeau.M.Péladeau a fait savoir qu'il avait rencontré Claude Chagnon hier matin et que des postes de direction et des sièges au conseil d’administration étaient disponibles pour les dirigeants de Vidéotron dans la future Québécor Media.Le président de Québécor n’est pas davantage inquiet que Rogers fasse une surenchère, comme l’entente conclue avec les dirigeants de Vidéotron lui en donne la possibilité, parce qu’il a la Caisse de dépôt et son droit de veto de son côté.La Caisse ne peut pas obliger Vidéotron à accepter son offre mais peut bloquer la vente de la compagnie à Rogers, a expliqué le président de Capital Communications.«Personne ne peut forcer l'autre, mais on a le droit de dire non», a affirmé Pierre Bélanger.Le porte-parole il" la Caisse s’est défendu d’agir pour des motifs politiques ou dans le seul but de garder le contrôle de Vidéotron au Québec.«On n’utiliserait pas un droit de veto de façon outrancière ou si on n'y voyait pas une bonne décision d’affaires», a-t-il dit.Si la famille Chagnon ne vend pas ses actions à Rogers comme elle s’est engagée à le faire, elle devra payer une pénalité de 2 $ l’action, soit 241 millions, ce qui ne préoccupe ni Québécor ni la Caisse.Québécor a obtenu un financement bancaire de 4,3 milliards pour mener à bien la transaction.De cette somme, un milliard viendra de ses coffre •' un milliard sera généré par la vente de certains éL aits d’actifs de Vidéotron que Québécor juge non stratégiques.Les activités de Vidéotron dans la téléphonie pourraient faire partie des désinvestissements, a indiqué M.Péladeau.EN BREF Les chargés de cours s’unissent (PC) — Pour la première fois depuis 25 ans, les syndicats représentant les chargés de cours des universités québécoises ont décidé d’unir leurs forces afin de mettre fin à l'injustice historique dont ils se disent victimes.C’est à Trois-Rivières qu’ils ont annoncé la création d’une «coordination intersyndicale» réunissant les chargés de cours de l’Université de Montréal, l’Université laval, l'Université Concordia, l’Université de Sherbrooke, l’Ecole de technologie supérieure ainsi que des constituantes du réseau de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), à Hull (UQAH), en Abiti-bi-Témiscamingue (UQAT), à Chicoutimi (UQAC), à Ri-mouski (UQAR) et, enfin, à Trois-Rivières (UQTR).Représentés par une quinzaine de personnes, ces 12 syndicats dont 11 sont affiliés aux centrales FNEEQ-CSN, CÉQ et SCFQ-FTQ, ont tenu à exprimer leur solidarité envers les chargés de cours de l'UQ l'R dont le renouvellement de la convention collective fait l’objet d’intenses discussions.OSCARS SUITE DE LA PAGE l Mais revenons à ces nominations.Versant meilleur réa- (Beauté américaine), satire impitoyable de la vie de banlieue en un pays où on aime les «feel good stories», paraîtra-t-il trop noir au goût des académiciens?The Sixth Sense (Sixième sens), trop ésotérique avec ses fantômes en grappes (mais quel excellent revirement final!)?The Green Mile (La Ligne verte), trop confus — et trop insignifiant, ça c’est mon avis personnel — en mélangeant peine de mort et miracles?The Cider House Rules (L’Œuvre de Dieu, la part du diable), trop triste sur fond d’orphelinat (mais si gentil, tout de même)?The Insider (Révélations), qui aborde les procès des bonzes du tabac, repose avant tout sur la prestation de Russell Crowe.Cela dit, habile réalisation, le film pourrait se révéler un choix de consensus.Alors quoi?Alors, la partie n’est pas jouée et, dans plusieurs catégories, on nage, pour tout dire, en plein cirage.De fait, le suspense flotte.On s’attend à du grapillage plutôt qu’au balayage glorieux.D’autant plus que l’avance A'American Beauty, malgré toutes ses vertus, apparaît mince.The Insider et Cider House Rules comptent sept nominations chacun.The Sixth Sense, sue.Précisons que la soirée des Oscars a perdu des plumes lors des dernières éditions.Les interminables numéros de danse à claquette, les remerciements sans fin ont eu raison de bon nombre de téléspectateurs assoupis dans leur fauteuil avant le couronnement du meilleur film.Même la profession commençait à s’en désintéresser.En dehors de l’année Titanic, les derniers crus de l’Academy (5607 membres votants) eurent tendance à mettre en nomination des poulains moins commerciaux qu’hier.Or si les cinéphiles y trouvent davantage leur compte, le grand public, qui n’a pas nécessairement vu le gros des œuvres de la course, boude son petit écran.I.a cote d’écoute des Oscars a chuté de 17 % l’an dernier.On promet pour cette fois, côté spectacle, de la concision et du punch.N’empêche, des oiseaux de mauvais augure ont tournoyé aïKlessus de cette 72" édition.A croire que le bogue de l’an 2000 lui a insufflé son virus.Après les 4000 bulletins égarés dans un sac à la Poste de Beverly Hills, ce fut au tour des statuettes de disparaître dans la nature.Cinquante-cinq d’entre elles furent récupérées, par un quidam ahuri, dans une poubelle au début de la semaine.Comble de malheur, le Wall Street Journal avait menacé de publier à l’avance, après sondage, les résultats des Oscars dix jours avant la date sacrée.Quelles pressions, quels ronds de jambe l’ont fait reculer devant son projet de court-circuiter le bal?L’Academy a le bras long.Bil.ui de l’opération: elle garde le suspense dans son camp jusqu’à dimanche soir.Le Montréalais David Novek est membre de l’Academy.Il trouve que le cru des films s’est bien amélioré depuis quelques années, faisant place à l’originalité, aux petits films capables désormais de se glisser aux côtés des gros canons.«Iss membres de l’Academy voyagent.Ils vont à Cannes, à Berlin, à Venise, connaissent les différents courants cinématographiques.Is monde se globalise.Beaucoup de grosses productions hollywoodiennes ne sont pas de taille pour les Oscars.Is milieu en est conscient aujourd'hui.» lisateur, Sam Mendes, pour American Beauty, part favori et mérite le morceau.Spike Jonze, avec le délirant et original Being John Malkovich, s’avère un concurrent fort honorable mais, n’étant pas en lice pour le meilleur film, ses chances sont minces.M.Night Shyamalan a frappé un bon coup avec The Sixth Sense.C’est le seul film du lot à avoir récolté la large audience publique (287 millions en recette aux guichets) et sa chute est une perle.Quant au The Cider House Rules de Michael Mann, touchant mais assez prévisible, il possède aussi ses supporters.Au titre de meilleur acteur, l’échelle des possibles est plus étendue encore.Personnellement j’aurais voté pour le vieux Richard Farnsworth (79 ans), qui tenait le rôle de sa vie dans The Straight Story de David Lynch.Vœux pieux.Le film n’est en nomination que dans une seule catégorie.Ça nuit toujours.Kevin Spacey mérite aussi le pompon pour sa prestation de bourgeois en rupture de vie dims American Beauty, tout comme Russell Crowe dans The Insider.Oublions Sean Penn, le musicien du plutôt raté Sweet and Lowdown de Woody Allen.Reste Denzel Washington, seul élément positif de The Hurricane.crédible dans un film guimauve.Bref, on ne sait jamais Côté actrices, Annette Bening devrait à mon avis rafler la mise pour sa prestation de madame B.C.B.G.dans American Beauty.Éncore qu’Hilary Swank, l’androgyne de Boys Don’t Cry, la talonne de près.Dans la catégorie seconds rôles masculins, le suspense s'accroît encore.Tant Michael Mann, l'émouvant médecin de lhe Cider House Rules, que Tom Cruise, étonnant en gourou misogyne de Magnolia, ou que le petit Haley J[oel Os-ment de 11 ans, fréquentant les fantômes dans The Sixth Sense, pourraient l’emporter.Même topo pour les seconds rôles féminins.Je mise sur Catherine Kleener, acide et opportuniste dans Being John Malkovich, tout en reconnaissant les mérites de Toni Collette, la maman angoissée de The Sixth Sense.Samantha Morton, seule figure sympathique fia muette) du dernier Woody Allen, possède également ses mérites.Meilleur scénario original: mon choix se porte sur American Beauty.Pour le meilleur scénario adapté, je mise sur Anthony Minghella avec The Talented Mr.Ripley, si injustement écarté de la course au meilleur film.Mais il se fera sans doute damer le pion par John Irving avec The Cider House Rules.Au chapitre du meilleur film étranger, cette fois, ouf! pas de suspense.On marche sur du solide.Tout sur ma mère, de l’Espagnol Pedro Almodovar, sacré meilleur film européen un peu partout (sauf à Cannes l’année dernière), s’achemine d’un pas ferme vers la victoire.Si vous possédez une petite fibre nationaliste, surveillez, dans la catégorie courts métrages d'animation, nos productions maison.Trois films sur cinq ont été réalisés ici: When the Day Breaks de Wendy Telby et Amanda Forbis, une production de l'ONF (Palme d’or du court métrage au dernier Festival de Cannes), My Grandmother Ironed the King's Shirts de Torryl Cove et The Old Man and the Sea d’Alexandr Petrov, coproduction Canada-Russie-Japon.Quant au Violon rouge de Francois Girard, il pourrait valoir à John Corigliano la statuette de la meilleure musique originale.Sur ce, bons Oscars!
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