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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-04-03, Collections de BAnQ.

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FONDE EN 1 9 1 O ?- LE DEVOIR LE MONDE LE SORT D’ELIAN DIVISE LA CLASSE POLITIQUE PACE A S LE LU N I) I Ü AVRIL 2 O 0 O CULTURE 8 i C LA SPLENDEUR DES PREMIERS JOURS A L’OPÉRA DE MONTREAL PAGE B 8 TAXES = 1 $ LES SPORTS ALAIN VIGNEAULT ET LA SAINTE FLANELLE N’ABANDONNENT PAS PAGE B 5 Miche l Ve nne Une constitution du Québec ?Le temps est-il venu pour le Québec de se doter d’une constitution propre qui définisse à la fois les pouvoirs dont il a besoin et les termes du contrat social qui unit tous les membres de la société?Certains acteurs politiques et intellectuels le croient.Le Devoir lance aujourd’hui dans la page Idées (A 6) un débat sur le sujet.Il arrive que le sens des mots se perde.Ainsi en est-il du mot «constitution» qui est souvent assimilé, au Québec, aux perpétuelles chicanes fédérales-provin-ciales comme dans l’expression: «Ah non, pas encore la constitution!».Pourtant, la constitution est bien autre chose.C’est la loi fondamentale, le contrat politique et moral qui lie les membres d’une même société.On ne sait pas, par exemple, que le Québec dispose déjà d’une constitution interne, dont l’existence est d’ailleurs prévue aux articles 58 et suivants de la constitution canadienne de 1867.Mais celle-ci est minimale, se bornant à décrire les institutions politiques provinciales.La Colombie-Britannique s'est dotée, en « « « 1979, d’une loi constitutionnelle.D’ailleurs chaque Etat américain, le sait-on, est doté de sa propre constitution écrite.A plusieurs reprises, au cours de l’histoire et encore récemment, des politiciens québécois ont songé à doter le Québec de sa propre constitution écrite, y compris parmi les fédéralistes.En 1966, le premier ministre Daniel Johnson proposa la convocation d’une constituante qui pourrait déterminer les conditions auxquelles les Canadiens français accepteraient un nouveau pacte avec le reste du Canada.Le 23 février 1967, l’Assemblée nationale adopte à l'unanimité, y compris le Parti libéral du Québec, une motion confiant à une commission parlementaire le soin de tenir des consultations à ce sujet Le travail n’aboutira toutefois à rien.Entrç-temps.en novembre 1969, les délégués québécois aux Etats généraux du Canada français se prononcèrent massivement pour une constitution du Québec.En 1982, le professeur de droit Gil Rémillard, qui deviendrait trois ans plus tard ministre des Affaires canadiennes et ministre de la Justice dans le gouvernement Bourassa.avait proposé l’adoption d’une constitution du Québec afin, disait-il, de «minimiser les effets» de l’adoption, l’année même à Ottawa, de la Loi constitutionnelle de 1982 qui, selon lui, «remet en cause l'existence même de notre phénomène national».Une constitution québécoise permettrait donc de faire contrepoids ou de «combler les lacunes», disait-il, de la Constitution canadienne, sans toutefois la contredire.Elle «consacrerait tout d'abord l’existence de la nation québécoise, son droit à l’autodétermination et ses principes démocratiques fondamentaux», disait M.Rémillard.Elle pourrait inclure la Charte québécoise des droits et libertés.L’année suivante, le vice-premier ministre du Québec, Jacques-Yvan Morin, reprenait la même idée à son compte, à laquelle il donna plus de consistance dans un article paru en 1985, repris et augmenté dans un livre.Demain le Québec, paru en 1994.En 1984, le gouvernement du Parti québécois convoqua la Commission des institutions pour lui faire examiner une proposition, formulée par le député David Payne, concernant la constitution du Québec.Mais les libéraux l'avaient alors rejetée.Le député de Jean-Talon, Jean-Claude Rivest (aujourd’hui sénateur), avait alors expliqué que le contexte dans lequel se présentait le sujet était différent.Dans les années 1960, quand Jean Lesage.Jean-Jacques Bertrand ou Daniel Johnson parlaient de ces choses, ils ne remettaient pas en question l'appartenance du Québec au Canada, avait expliqué M.Rivest.La proposition n’eut pas de suite entre autres parce quelle provenait d’un parti souverainiste.Peut-être est-ce le sort qui attendrait cette fois-ci encore une proposition similaire provenant du gouvernement Il n’en reste pas moins qu’en décembre, le premier ministre Lucien Bouchard a présenté le projet de loi n° 99 sur les droits et prérogatives du peuple et de l’Etat du Québec.Ce projet de loi était la réponse québécoise à celui déposé quelques jours auparavant à Ottawa sur la prétendue clarté référendaire.M.Bouchard avait considérée cette loi comme une «charte des droits collectifs du Québec».Au cours des consultations publiques sur ce projet de loi, certains témoins, comme l'ancien premier ministre VOIR PAGE A 8: CONSTITUTION MÉTÉO Montréal Ensoleillé.Ennuagement en après-midi.Max: 14 Min: 3 Québec Ciel variable.Max: 10 Min: 0 Détails, page B 5 INDEX Annonces.'.B 5 Le monde.A 5 Avis publics.B 3 Culture.B 8 Éditorial.A 6 Entrevue.B 1 Idées.A 7 lx“s sports.B 4 Mots croisés.B 3 Planète.B 2 Religions.B 6 Télévision.B 7 «Play bail» ÉRIC ST-PIERRE LE DEVOIR Vladimir Guerrerro (ci-dessus) et ses coéquipiers ont participé hier à tin bref exercice au Stade olympique.Les Expos entreprendront leur nouvelle saison ce soir contre les Dodgers de Los Angeles.Les Expos à huis clos HÉLÈNE BARIL LE DEVOIR Tout nouveaux et améliorés qu’ils soient les Expos joueront à huis clos à Montréal, puis-qu'aucun télédiffuseur n’a accepté les conditions du nouveau propriétaire de l’équipe Jeffrey Loria.Et M.Loria semble avoir mis une croix sur une entente possible cette saison.«Je suis toujours prêt à discuter, mon téléphone fonctionne», s'est-il contenté de dire hier circonférence de presse.Après Radio-Canada et TQS, le Réseau des sports a été le dernier à rompre les discussions avec la direction de l’équipe qui joue son premier match local aujourd'hui.Sans la télévision, les Expos perdront des millions de dollars de revenus.Combien?M.Loria refuse de le préciser.«Je ne discute pas de chiffres», a-t-il répondu.On sait toutefois que l’an dernier, les trois télédiffuseurs (RDS, TQS et Radio-Canada) qui ont retransmis les matchs des Expos ont versé quelque trois millions à l’équipe.Comme M.Loria voulait obtenir plus, le manque à gagner sera donc encore plus important.M.Loria ne discute pas de chiffres mais selon les informations qui circulent, il veut obtenir des télédiffuseurs au moins autant que les autres équipes des petits marchés, comme Kansas City qui récolte neuf millions en droits de télévision.Sans la télévision, les Expos croient pouvoir www.ledevolr.com «Les veaux se vendent au poids, les hommes se vendent au mois» attirer plus de spectateurs au stade, soit 2000 de plus par match, pour compenser une partie de cette perte de revenus.A 10 $ le billet, 2000 spectateurs de plus pour les 80 parties locales ^porteraient 1,6 million en revenus, soit la moitié des droits de télé encaissés l'an dernier.Côté revenus, rien ne va selon les prévisions de la nouvelle administration, qui continue quand même d’augmenter les dépenses.La masse salariale de l’équipe a bondi de 13 millions US cette année, sans que les revenus supplémentaires prévus ne se soient manifestés.En plus des droits de télé évanouis, Labatt a refusé de renégocier à la hausse son entente avec les Expos.La brasserie s’est engagée à verser 100 millions en vingt ans à l'équipe, mais M.Loria voulait 150 millions pour dix ans.Les dirigeants des Expos pensaient en outre pouvoir vendre 9000 abonnements mais ils ont dû revoir cet objectif à la baisse, à 5000.Le nouvel objectif devrait être atteint mais de peine et de misère.Le financement du futur stade au centre-ville n’est toujours pas terminé et la date du début de la construction est reportée.Hier, M.Inria s’est défendu d’avoir surestimé le marché montréalais.«Le marché montréalais VOIR PAGE A 8: EXPOS Autres informations en page B 4 La vie avant le travail Aujourd’hui, nous avons l’heure, mais nous n’avons pas le temps, constate tristement Robert Dehoux.Le Belge, qui se définit comme un «écologiste radical», est de passage à Montréal pour participer au Symfolium, ou symposium de la folie, un lieu d’échange sur le terrorisme burlesque.Ai ±\i L’ADQ à la conquête de la clientèle du PLQ PIERRE O’NEl LE DEVOIR LL Dans la perspective d'une coalition, de l’émergence d’un parti pluraliste susceptible de séduire les non-francophones, l’Action démocratique du Québec se lance à la conquête de la clientèle électorale du Parti libéral du Québec.Dans les visées stratégiques des dirigeants de l’ADQ, cette convoitise des sympathisants libéraux a dominé les délibérations du congrès d'orientation que cette formation a tenu en fin de semaine à Saint-Hyacinthe.Dans les ateliers de travail comme en assemblée plénière, les délibérations ont souvent évoqué la nécessité d'offrir des garanties supplémentaires à la minorité anglophone et aux communautés ethnoculturelles.Dans son discours de clôture comme à l'occasion des points de presse, le chef de l’ADQ, Mario Dumont, a maintes fois réitéré sa détermination de construire un parti pluraliste, capable de hàtir des ponts permanents entre la majorité et les minorités, un parti soucieux d'unir plutôt que de diviser, un parti désireux d’offrir aux jeunes anglophones de partager le rêve de la réussite dans «l’économie du savoir».C’est d’ailleurs cette volonté de plaire aux non-franco-phones qui a généré le plus vigoureux débat de la fin de VOIR PAGE A 8: ADQ CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR mi de Noël Godin, fondateur de l’entartage qui est également à Montréal, Dehoux a mis la main à la tarte à quelques reprises.Il faisait notamment partie du commando qui a entarté Bill Gates, le ma- .gnat de l'informatique.Aujourd’hui, il _ m__g , dénonce le pouvoir accordé artificiellement à J y l’argenL qui justifie tous les abus.Il suggère d'en- lever à l’argent son pouvoir nutritif, puisqu'il y a sur terre suffisamment de nourriture pour tout le monde.Enlevez à l’argent son pouvoir, dit-il, et nous trouverons très vite d’autres façons de nous nourrir.Cela donnera aux gens des occasions de se parler, de trouver d’autres solutions ensemble.VOIR PAGE A 8: VIE Autres informations en page A 3 Les Russes interdisent les prisons tchétchènes à Mary Robinson D'APRÈS AFP ET LIBÉRATION Grozny — Les autorités russes ont interdit hier à l’émissaire de l’ONU pour les droits de l’homme Mary Robinson de visiter plusieurs prisons de Tchétchénie où elle souhaitait se rendre pour vérifier les accusations de tortures lancées par d'ex-détenus.Hier à Grozny, les militaires ne lui ont montré que quelques cellules dans les bâtiments de l’administration militaire, et l'insistance de Mme Robinson a donné lieu à un échange assez vif avec un général russe.Les autorités russes auraient préféré lui faire visiter, comme à d’autres, le camp de Tchemokozovo, vidé de ses torturés et sentant bon la peinture fraîche.La farouche irlandaise a dit non.Elle n’a pas vu les camps de filtration d’Ourous-Martan (installes dans la cave de l'administration militaire russe), de Tosltoï-Iourt et de Chiri-Iourt, ni ceux situés hors de la Tchétchénie, à Piatigorsk, Grigo-rievsk et Mozdok, mais elle pensait bien voir l'un des deux camps de Grozny.La semaine dernière.Amnesty international et Human Rights watch international avaient rendu publics de nouveaux témoignages accablants (tortures, viols, humiliations multiples) recueillis auprès de détenus sortis vivants Oc plus souvent en étant rachetés par leur famille) de ces camps de l’horreur.A son arrivée à l’aéroport de Grozny, avec trois heures de retard sur l’horaire prévu, l'émissaire des Nations unies VOIR PAGE A 8: RUSSES La Révolution tranquille, et après ?i A A ans après la Révolution tranquille, le débat sur ~rV l’avenir du Québec est loin d’être mort.Ainsi qu’en témoigne l’engouement suscité par le colloque sur la Révolution tranquille, 40 ans plus tard, organisé par l’UQAM.lequel s'est déroulé ces jeudi, vendredi et samedi dernier.Si pour les souverainistes, la Révolution tranquille attend encore son accomplissement fipal, soit l’indépendance de l’État québécois, pour les libéraux au contraire, l’État québécois doit maintenant se retirer et faire plus de place aux individus.Souveraineté ou fédéralisme?Plus ou moins d’État?Les opinions divergent.Mais les idées, pour faire du Québec une société plus juste — pour rappeler le projet de société des «révolutionnaires tranquilles» — elles, ne manquent pas.¦ À lire en page A 2 Révolution., tranquille j LE DEVOIR.LE LUNDI 3 AVRIL 2 D ü O A 2 ?LES ACTUALITÉS ?L’Alliance réformiste gardera son nom Joe Clark contestera la décision d’Elections Canada PRESSE CANADIENNE Calgary — Le chef du Parti conservateur.Joe Clark, a l’intention de contester une décision d’Elec-tions Canada qui l’oblige à partager l’étiquette conservatrice avec son rival de droite.Le Directeur général des élections, Jean-Paul Kingsley, s’est prononcé hier en faveur de l’Alliance réformiste conservatrice canadienne, hier, à Cal-gary.M.Kingsley a fait savoir que la formation pourra conserver son nom, ainsi que sa formule abrégée, l’Alliance canadienne.Il en est venu à la conclusion, dit-il dans un communiqué, que le nom proposé «ne ressemble pas de si près au mm d'aucun parti fédéral» qu’il y ait risque de confusion.M.Clark s’est dit «étonné» de la décision.«Ce mm — conservateur — a été lè nôtre historiquement.C’est mtre nom, îrtàl déclaré à des journalistes, à Victoria: C’est le nom sous lequel mus sommes cpnnus depuis plus d’un siècle, le nom sous lequel [Sir John A] Macdonald a Jôrmé le pays et formé le parti.» Le leader du Parti conservateur a indique qu'il contesterait la décision d’É-léctions Canada en Cour fédérale, dans ^Courant du mois.¦ M.Kingsley a reconnu que sa déd- V EN B Une seule voie sur le pont Victoria CLe Devoir) — La belle saison ne ramène pas que le soleil, mais aussi le cauchemar des travaux routiers pour les automobilistes.Les marteaux-piqueurs ouvriront le bal des embouteillages dès ce matin sur le pont Victoria, qui sera la proie d'importants travaux de rénovations jusqu’au 23 novembre 2000.Une seule voie sera donc ouverte à la circulation au cours des prochains mois, le sion pouvait être contestée devant les tribunaux.Les partisans de l'Alliance se sont réjouis de l'annonce de M.Kingsley, et ont tancé l’ex-premier ministre conservateur pour sa menace de recours en justice.Rod Love, membre du conseil national de l'Alliance, a décrié les arguments invoqués par le Parti conservateur, affirmant que cela revenait à présumer que les Canadiens sont stupides, «qu'ils ne sont pas suffisamment intelligents pour déterminer ce qui est un véritable mouvement conservateur, et ce qui ne l'est pas».M.Love a soutenu que la décision met fin à l’argument de la confusion avancé par les opposants à l’appellation de l'Alliance.Les conservateurs fédéraux avaient demandé à M.Kingsley de bloquer l'adoption de la nouvelle appellation, avançant que l’Alliance tente de se faire passer auprès des électeurs pour une union entre réformistes et conservateurs, alors qu'une telle union n’existe pas.M.Clark a à maintes reprises rejeté toute proposition de fusion des partis de droite.S’il porte sa cause en cour, a-t-il aussi fait savoir, il envisagera aussi de demander une injonction contre l'usage de ce nom en contravention de la loi sur le droit d’auteur.R E F tablier Ouest du pont demeurant complètement fermé d’ici la fin des travaux.Le tablier Est sera en conséquence ouvert aux voitures en semaine en direction de Montréal de 20h30 à 13h et, en direction de Saint-Lambert, de 13h30 à 20 h.Les fins de semaine, le trafic s'effectuera de la métropole vers Saint-Lambert de 20 heures le vendredi soir à 6h le dimanche matin.Les voitures pourront circuler de Saint-Lambert vers Montréal après 6h le dimanche matin jusqu’au lundi 13 heures.Clôture du colloque organisé par l’UQAM La Révolution tranquille, et après 40 ans après la Révolution tranquille, où allons-nous?Tout le monde s’entend: la Révolution tranquille a profondément transformé le Québec.Les idées des «révolutionnaires tranquilles» ont mûri dans les années 60, mais bouillonnaient depuis bien longtemps déjà.Mais là où les points de vue divergent, c’est sur l’avenir.Et maintenant?Le débat, 40 après, se poursuit.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Ç* ans faire allusion à la nécessité ''O d’une nouvelle Révolution tranquille, est-ce qu 'on ne pourrait pas aller au bout de la première?Avec la Révolution tranquille, on s’est créé un État, est-ce qu’il ne serait pas prudent de le garder?», a lancé samedi le vice-premier ministre Bernard Landry, à la clôture du colloque sur la Révolution tranquille, 40 ans après, organisé par l’UQAM.Evidemment, le sort du Québec n’allait pas se régler en trois jours.Néanmoins, les questions soulevées par le colloque ont permis, sinon de prouver que le débat sur l’avenir du Québec était loin d’être mort, de dresser un vaste tableau des acquis et des enjeux actuels de la société québécoise.En simplifiant, on pourrait dire que pour certains, la Révolution tranquille est terminée et qu’il est temps de passer à autre chose.Pour d'autres, au contraire, l’aboutissement même de la Révolution tranquille continue de se foire attendre.Faisant écho à l’ex-premier ministre Jacques Parizeau qui, devant le même public quelques jours plus tôt, soulignait l’importance, à l’heure de la mondialisation, pour le Québec de se doter d’une voie à l’échelle interna tionale, Bernard Landry a tenu sensiblement le même discours.Avec la mondialisation, «les décisions qui affectent la vie de tous les jours ne seront prises ni à Québec, ni à Ottawa, elles seront prises autour de tables où iront s’asseoir les nations, et le Québec n’y est pas», at-il affirmé.Selon lui, mondialisation ne rime pas avec mort de la nation.Au contraire, celle-ci garde toute sa pertinence.«Il y a six milliards d’individus.Entre ces six milliards d’indivi- dus, l’histoire et la culture ont créé un relais, et ça s’appelle la nation», a-t-il affirmé.Il en a profité pour rappeler les principaux acquis de la Révolution tranquille, notamment en termes de démocratie, «l’épuration des mœurs politiques», socialement «la Révolution tranquille a donné au mouvement ouvrier québécois [.] ses lettres de noblesse», et en éducation, «la principale œuvre de la Révolution tranquille».La réussite économique du Québec, les Bombardier, Québécor, Alcan et autres, tous des chefs de file mondiaux dans leurs secteurs respectifs, sont aussi les fruits de cette même révolution.«Nous ne sommes plus des colonisés économiques», a-t-il lancé.Tout cela pour conclure qu’il serait temps désormais d'aller au bout de cette Révolution.«Le jour où il y a un consensus convenable [.] sur le fait que notre groupe humain forme une nation et bien il doit décider — et c’est étonnant qu’il ne l’ait pas déjà fait — de se comporter comme tel.» La question nationale Jeudi, le chef de l’opposition officielle Jean Charest.tenait évidemment un discours topt autre.Loin de parler du rôle de l’État québécois à l’heure de la mondialisation, il a plutôt prôné un désengagement dans une perspective libérale classique, afin de laisser davantage de place à l’individu.Pour le chef libéral, déréglementation des marchés doit aller de pair avec recul de l’interventionnisme étatique.Stéphane Dion, ministre des Affaires intergouvemementales, a quant à lui choisi de parler jeudi dernier du rôle moteur d’Ottawa dans la Révolution tranquille, afin de vanter les mérites du fédéralisme.Selon lui, le fédéralisme doit permettre aux JACQUES NADEAU LE DEVOIR Bernard Landry £3 1 ‘¦¦•v ¦l* deux gouvernements — Ottawa et Québec — de collaborer, et d'assurer ainsi un développement économique supérieur.Outre les chefs politiques, les intellectuels présents au colloque se sont également interrogés sur l’avenir de la question nationale.Pour Éric Bé-dard, candidat au doctorat en histoire à l’université McGill, «les aspirations des souverainistes doivent quitter les sentiers de victime [.] et cesser le saccage de la mémoire».Reprochant au discours actuel son caractère de «grand récit», «cet imaginaire des porteurs d’eau » et «le passé exagérément noirci», il a affirmé que le «mythe de la Révolution tranquille» figeait le discours souverainiste actuel et a fait appel à une réappropriation du passé.«Nous avons besoin de retrouver un sens pour que la cause souverainiste redevienne un projet.» Son discours, auquel l’historien Alfred Dubuc a reproché son caractère caricatural, a été l’un des rares témoignages «jeunes» du colloque.Le politologue Kenneth McRo-berts, professeur à l'université York, a quant à lui fait le tableau d’un caractère méconnu ou du moins sous-évalué de la Révolution tranquille, comme un moment privilégié de dialogue entre les canadiens anglais et français, moment «qui ne s'est jamais reproduit depuis».11 a souligné les nombreux efforts du premier ministre Lester B.Pearson pour intégrer les aspirations québécoises au sein de la fédération, des efforts partagés par le conservateur Robert Stanfield et le néo-démocrate Tommy Douglas.Mais avec l’arrivée de Pierre Elliott Trudeau, un Canadien-Français opposé à l’introduction de mesures asymétriques pour le Québec, «tous les efforts pour trouver un compromis ont été réduits à néant».En conséquence, «le Québec et le Canada anglais sont plus éloignés que jamais [à cause ] de ces occasions manquées», a-t-il conclu, applaudi par la foule, de sympathie pourtant ouvertement péquiste, à en juger par les applaudissements suscités par ailleurs par les prestations de Bernard Landry et de Jacques Parizeau.Retour à une éthique de responsabilité Mis à part la question nationale, d’autres enjeux d’actualité ont aussi été soulevés lors du colloque, notamment l’importance de reconnaître l'apport de la société civile — des groupes populaires, syndicaux et autres — dans le développement social et économique.Bref, la nécessité dç réévaluer le rôle omniprésent de l’État dans ces secteurs.Enfin, Claude Ryan, ex-directeur du Devoir et ex-chef du Parti libéral du Québec, a conclu ces trois jours de réflexions sur une note inédite, soulignant le besoin d’un retour à une éthique de responsabilité, éthique balayée par la Révolution tranquille.«Je pense qu'en matière de libertés individuelles, nous sommes allés au bout de ce que nous pouvions faire.Le temps est venu de parler de responsabilités.» La coupure radicale que nous avons exercée sur notre «héritage chrétien» nous a plongés dans un «désarroi», a-t-il noté.«Sans rêver d’un retour vers un passé qui ne fut ni aussi pur ni aussi noir, il nous faut arriver à davantage de considération envers ce qui fait écho à cet héritage.» Les caisses de retraite influencent le cours de l’économie canadienne PRESSE CANADIENNE Marc Fisher Les Six degrés du désir m Micheline Lachance Le roman de Julie Papineau Yves Beauchemin Juliette Pornerleau Le Matou Toronto — Multimilliardaires, les caisses de retraite publiques qui investissent dans l’immobilier ou le pétrole, ou participent à la lutte pour le contrôle de grandes entreprises — Vidéotron, par exemple — sont devenus des partenaires extrêmement influents de l’économie canadienne.Les gestionnaires de caisses de retraite publiques, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec, forte de ses 105 milliards, la Caisse de retraite des enseignants ontariens (65 milliards) ou la nouvelle Société de gestion des investissements de Colombie-Britannique (60 milliards), investissent depuis longtemps sur les marchés boursiers et possèdent des morceaux de grandes sociétés canadiennes.On observe cependant une tendance croissante, chez ces institutions, à acquérir de plus importantes participations, ou une participation majoritaire, voire à acheter carrément une compagnie, si le prix leur convient Si leur première préoccupation est d’édifier les régimes de pension de leurs clients, ces fonds doivent aussi assumer leur responsabilité pour l’influence qu'ils exercent sur l'économie.Cette influence soulève des questions.D'abord, on peut se demander si les gestionnaires de ces institutions se préoccupent réellement des intérêts à long terme des compagnies dans lesquelles elles investissent, affirme Maurice Levi, professeur en finance à l'Université de Colombie-Britannique.Le professeur Levi se demande aussi jusqu'à quel point les gestionnaires défendent les intérêts des prestataires des régimes de pension.Des dilemmes moraux se posent: ces caisses, constituées des cotisations des travailleurs en vue de leur retraite, devraient-elles avoir comme unique objectif le profit, ou y a-t-il place à des préoccupations de nature éthique ou sociale?La Caisse de dépôt et placement, qui gère les actifs de 20 régimes de pension au Québec, est peut-être celle qui démontre le plus de dynamisme quand vient le temps de promouvoir des intérêts apparemment politiques.En témoignent son intervention, l’automne dernier, à l’appui de la lutte victorieuse d'Air Canada contre la To-rontoise Onex, pour le contrôle de l’industrie du transport aérien au pays, et sa récente offre d’achat du càblodistri-buteur Vidéotron, dont le conseil d’administration favorise plutôt la vente à Rogers Communications, de Toronto.Doug Pearce, responsable des investissements pour le B.C.Investment Management Corp., prône une approche différente, et ses gestionnaires, dit-il, préfèrent adopter un comportement plus circonspect Le fonds de retraite des enseignants ontariens, lui, plus «agressif», a acquis d'importantes participations dans divers secteurs — Canadian Occidental Petroleum, Cadillac Fairview, Shoppers Drug Mart etc.Son directeur général, Claude La-moureux, soutient que des fonds d'envergure peuvent assumer des risques plus importants que d’autres investisseurs, ce qui profite à l’économie tout entière.Mais pour Jim Stanford, économiste pour le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile, la gestion des caisses de retraite publique pourrait s'avérer une véritable boîte de Pandore.Il faut se demander, dit-il, si l'argent durement gagné des travailleurs devrait être investi sur la seule base du rendement, ou s’il ne faudrait pas tenir compte de la façon dont les compagnies traitent leurs employés, ou de l'économie dans son ensemble.La question se posera de plus en plus à mesure que le Régime de pensions du Canada investira à la Bourse, prévoit M.Stanford.Cela signifie que le gouvernement devra se demander s’il investit dans des compagnies au rendement fabuleux, même si elles ferment des usines au Canada et déménagent leur production ailleurs.La barricade est levée à Saint-Zénon PRESSE CANADIENNE Saint-Zénon — Les résidants de Saint-Zénon, dans Lanaudière, ont décidé, hier en fin d’après-midi, de lever la barricade qu’ils avaient érigée depuis samedi sur la route 131.Ce moyen de pression visait notamment à appuyer 21 camionneurs de la région en conflit avec leur employeur, Louisiana Pacific, qui a embauché d’autres routiers pour transporter son bois.Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Gilles Baril, qui est aussi député de la circonscription de Berthier qui englobe Saint-Zénon, a indiqué que les manifestants ont consenti à lever leur barricade en échange d’un engagement de la part de Louisiana Pacific de ne pas procéder à du transport de produits finis d'ici à demain soir.D’ici là, M.Baril et le ministre des Transports Guy Chevrette espèrent être parvenus à résoudre la crise grâce à des rencontres prévues ce soir avec les dirigeants de Louisiana Pacific et demain avec les camionneurs indépendants.«M.Chevrette et moi avons parlé aux représentants de Louisiana Pacific et il va y avoir une rencontre à Montréal, et une autre rencontre a été convoquée mardi avec les représentants des camionneurs indépendants», a dit le ministre Baril, hier en début de soirée.Il a précisé que les camionneurs et les représentants de la compagnie pourraient ensuite être invités, si nécessaire, à s’asseoir à la même table d’ici demain soir.Plusieurs centaines de résidants, dont le curé et la mairesse de Saint-Zénon, avaient décidé de bloquer la route 131 en déversant samedi matin un chargement de billes de bois sur la chaussée.Les automobilistes qui voulaient se rendre à Saint-Mi-chel-des-Saints devaient effectuer un long détour pour contourner le blocus.COMMENT STRUCTURER VOTRE HISTOIRE Un atelier (Vécriture fascinant qui vous fera découvrir la méthode de trois écrivains à succès! • problèmes de structure : l'amorce, le problème du « deuxième acte », le dénouement • le désir et les descriptions érotiques • la passion dans le roman contemporain • la sous-intrigue amoureuse • psychologie des personnages • secrets du style qui captive • dialogues efficaces • recherches historiques : roman historique et biographie • secrets pour être édité et lu « Un des événements les plus courus à Montréal » La Presse DATE : Le samedi 8 avril, de 9 h (K) à 17 h 00 LIEU : Holiday Inn, 420 Sherbrooke ouest.Montréal COÛT : Tarif régulier : 125 $ (taxes incluses) Tarif étudiant : 110 $ (taxes incluses) Visa et Master Card acceptées INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS: (514) 278-9942 7 jours par semaine, même le dimanche! îSt1 Radio-Canada C un canada Canada ( (l{(- >r»« j (a LE DEVOIR.LE L V X DI :i \ k i i.LE DEVOIR ACTUALITES Des hommes et des tartes L’entarteur Noël «Le Gloupier» Godin annonce avec enthousiasme «un raz-de-marée» de chantilly sur les puissants de ce monde Le premier Svmfolium montréalais accueille un pâtissier de renom, Noël «Le Gloupier» Godin.Célèbre pour avoir cuisiné Bill Gates, le pere spirituel de tous les entarteurs ne se lasse pas des recettes subversives.BRIAN MYLES LE DEVOIR Le sort des puissants du monde, y compris celui du pape, se joue à Montréal.L’internationale de la crème pâtissière y concocte toute la semaine un vaste plan d’entartement généralisé sous la houlette de Noël «Le Gloupier» Godin.Fidel Castro, Tony Blair et même Bill Clinton sont dans la mire de M.Godin, qui s’arme de tartes à la crème depuis près de trente ans pour dénoncer avec l'un des plus vieux gags du monde le ridicule du pouvoir et de l’autorité.«77 va se prendre de grosses décisions à Montréal pour entarter des grands dirigeants.Le premier sur la liste est le pape», affirme Le Gloupier avec le sérieux le plus douteux du monde.Depuis qu’il a réussi avec sa bande à entarter Bill Gates, l’homme le plus riche du monde et néanmoins patron de Microsoft.Noël Godin estime que tout est possible.Il confie en exclusivité (!) au Devoir qu’il s'approchera de Jean-Paul II au moyen d'une «tartapul-te» bâtie par des étudiants d'une école des beaux-arts de Paris.On dit ça pour rire, mais c’est sérieux.L’écrivain versé dans la subversion se croit même en mesure d'atteindre le président américain.Il appert que M.Clinton s'arrête presque toujours dans les mêmes hôtels en Europe, et d’honnêtes employés de cette industrie ont offert leur aide à l’entarteur public n° 1, juste au cas où.Noël Godin s’amuse plus que jamais.Son combat révolutionnaire passe par «Te rire et le plaisir», une philosophie partagée par un nombre croissant de subversifs pâtissiers.Venue de San Francisco, New York, Bruxelles et autres Amsterdam, l’Internationale pâtissière converge cette semaine à Montréal pour un «Gala des pâtissiers sans frontières».«Le nwuvement anar-cho-pâtissier est de plus en plus grandiose.Ça ne s’arrête pas, ça devient vertigineux», s'exclame l’entarteur belge d’une voix douce et posée révélant un personnage affable.Ce grand Belge à la crinière grise s’est présenté vendredi dernier en Cour municipale comme un «expert en balistique pâtissière» dans le procès pour voies de fait de Patrick «Pop Tarte» Robert et Benoit «Tartagnan» Foi-sy, les deux célébrités locales qui ont entarté le ministre Dion.Noël Godin s'avoue séduit par «l’intrépidité et l'humour ravageur» déployés par les accusés.L'homme par qui la tarte arrive est fier du travail accompli par les entartistes montréalais, qui revendiquent une quinzaine d'attentats sur des persomicdités.«Le mouvement québécois est à la pointe de l’offensive entartiste mondiale», affirme-t-il sans hésiter.Sabotage C’est vers 1968 que Noël Godin a commencé à mettre la main à la pâte.Dans l’effervescence de l’époque, il invite les gens à «saboter leur boulot».•Parce que tout le monde a un travail qui ne suit pas le mouvement réel de ses désirs.» Plus tard, à titre de critique cinéma pour un magazine, il prêche par l’exemple et se met à écrire de faux papiers sur des films inexistants.Bientôt il glisse des canulars rapportant une série d'attentats à la tarte sur des stars du cinéma.Et puis un beau soir, en compagnie d’une bonne belle grosse bière belge et de quelques amis, il lui vient enfin l’idée de passer à l’action concrète.Un entarteur est né.Sa première victime sera Marguerite Duras, symbole d’un «intellectualisme masturbatoire».Suivront le philosophe Bernard-Henri Lévy, le chanteur Patrick Bruel, le ministre français Philippe Douste-Blazy, le cinéaste Jean-Luc Godard et d’autres.En près de 30 ans, il a entarté au moins 45 personnes, et il ne se lasse pas.«La tarte apporte la joie dans un monde d’ennui, dit-il.C'est une riposte joyeuse à l’autorité.» Comme dans les vieux films du cinéma buriesque, la tarte à la crème atterrit inévitablement sur «une figure austère, très sérieuse et très respectable».«On s’en prend avant tout au pouvoir en place.Le vieux monde incarné par l'argent, le travail obligatoire.Etant profondément anarchistes, nous sommes pour l'abolition du travail, de la politique et de toutes les contraintes.» Mais la tarte de la douce révolte tombe aussi sur les petits puissants ERIC ST-PIERRE LE DEVOIR «Il va se prendre de grosses décisions à Montréal pour entarter des grands dirigeants.Le premier sur 'la liste est le pape», affirme Noël «Le Gloupier» Godin.du quotidien.«En Europe, il y a une généralisation extraordinaire de l'offensive pâtissière, se réjouit Le Gloupier.Il y a des petits chefs d'entreprise et des directeurs d'école qui se font entarter.Les travailleurs font l'échange de bons procédés: «tu entartes mon patron e( j’entarte le tiens.»» ~ Entartez le patron.EN BREF Réseaux de prostitution aux E.-U.(AP) — Pas moins de 50 000 femmes et enfants, venant d'Asie.d'Amérique latine ou de l’Europe de l’est sont Conduits de force chaque année aux Etats-Unis pour alimenter les réseaux de prostitution, selon un rapport de la CIA publié hier par The New York Times.La Thaïlande, le Vietnam, la Chine, le Mexique, la Russie et la République tchèque sont les premières sources d’approvisionnement pour les trafiquants, précise ce rapport de 79 pages, intitule Trafic international de femmes vers les États-Unis: une manifestation contemporaine de l'esclavage, réalisé en novembre mais resté confidentiel jusqu’ici.Affrontements entre Blancs et autochtones au Nouveau-Brunswick Un groupe religieux surveillera la réouverture de la pêche au homard STEVE MACLEOD PRESSE CANADIENNE Halifax — Quatre observateurs des Corps chrétiens de maintien de la paix, un organisme mis sur pied par les Mennonites et les Quakers, entendent passer les trois prochains mois à Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, où plusieurs craignent que l’ouverture de la saison de la pèche au homard n’annonce une reprise des affrontements entre pécheurs blancs et autochtones.«Nous voulons être au milieu du conflit afin de limiter les risques de violence», explique Doug Pritchard, coordonnateur du corps au Canada.Une équipe d'éclaireurs dépêchée sur place en janvier a découvert que les deux communautés redoutent autant l'une que l’autre que leurs rapports ne se détériorent encore.Un jugement de la Cour suprême reconnaissant aux Micmacs et aux Malécites un droit de pèche de subsistance a suscité la colère des pécheurs blancs l'automne dernier.Les actes de vandalisme se sont multipliés, des résidences et des véhicules ont été incendiés, et quelque 3000 casiers à homard ont été détruits.Le tribunal a par la suite émis une clarification de son jugement en affirmant que les privilèges des autochtones devaient se conformer à la réglementation fédérale.Les observateurs des Corps chrétiens de maintien de la paix arriveront demain en prévision de la nouvelle saison de pêche qui débute le Dînai.BOUTIQUE tnfanh Deslongchamps* ! jw Mtrw Vêtements pour enfants 0-18 ans Vêtements de maternité 1007, ri e Laurier Ouest, Outremont Tel.: 274-2442 Ordinaire Beau temps pour les TDI Grâce au moteur turbo diesel à injection directe, les Volkswagen TDI 2000 sont les voitures à énergie unique qui consomment le moins de carburant au Canada.* Voilà enfin une bonne nouvelle.* Etes-vous fait pour Volkswagen?quebec.vw.com m 'Manuelle 5 vitesses, 4,4 L/100 km sur route, 5,6 L/100 km en ville Guide de consommation de carburant de Transports Canada.Le prix indiqué sur l'affiche n'est pas nécessairement celui en vigueur présentement.* I £ .Iran Marc souvenirs a*#:#.C jOyi De sa carrière de journaliste Jean-Marc Léger a gardé le goût de l’écriture et du témoignage.11 restitue dans cet ouvrage le long périple qui l’a mené d’un petit village québécois en Europe et en Afrique et du journalisme à la fonction publique internationale.Souvenirs d’une vie active et passionnée le Temps dissipé évoque aussi, sous la plume tendrement ironique de Jean-Marc Léger, une société disparue avec le temps.Format: 14 cm x 22 cm ISBN 2-89428-358-X 474 pages —36,95$ , rs ¦¦ HUHTUilS F HMH EDITIONS HURTUBISE HMH ?« A4 L K I) E V O I R .L E L l! \ DI AVRIL 2 0 0 0 -LES ACTUALITÉS- •^V.VAr,^ il '« * T" J Rattmevws WMMU KRIC ST-PIERRE LE DEVOIR Porte-parole du Bloc québécois en matière d’industrie, Pierre Brien, député bloquiste de Témiscamingue, a installé hier ses pénates sur le terrain d’une station-service du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, pour expliquer la position du Bloc devant la flambée des prix de l’essence.Le Bloc entreprend une tournée pour dénoncer le laxisme d’Ottawa Les géants de la téléphonie et du câble se livrent une lutte sans merci ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les députés du Bloc québécois ont entamé hier à Montréal une tournée des régions du Québec pour dénoncer l’immobilisme d’Ottawa devant la flambée des prix de l’essence.Alors que l’économie de plusieurs régions est frappée de plein fouet par la hausse du prix de l’essence à la pompe, le Bloc québécois revient à la charge auprès du ministre des Finances, Paul Martin, qui refuse de réduire promptement la taxe d’accise fédérale sur le pétrole pour donner un répit aux consommateurs et aux entreprises.«On veut que le fédéral agisse tout de suite et si les provinces suivent tant mieux.Mais le seul effet ricochet de la suspension de la taxe d'accise fédérale sur le taux des taxes de vente serait suffisant pour aider les consommateurs», affirme Pierre Brien, député bloquiste de Témiscamingue et porte-parole du BQ en matière d’industrie.Le Bloc souhaiterait qu’Ottawa abaisse sa taxe de 10 cents le litre sur l’essence ordinaire et de 4 cents le litre sur le diesel.A l’heure actuelle, le prix de l’essence au détail frôle les 80 cents dans la région montréalaise.Après le refus catégorique opposé par jean Chrétien il y a quelques se- Flambée des prix de l’essence maines, le ministre Paul Martin semble être prêt à considérer une baisse de la taxe fédérale, mais seulement si les provinces emboîtent le pas.Une éventualité qu’a toutefois re jetée vendredi dernier le vicepremier ministre du Québec, Bernard Landry, peu enclin à se priver des 100 millions que rapporte au Trésor chaque cent perçu en taxe sur l’essence.La taxe d’accise rapporte quant à elle quatre milliards de dollars par année aux coffres fédéraux.Sa suspension temporaire signifierait donc une baisse de revenus de plusieurs centaines de millions pour Ottawa.«Le gouvernement fédéral empoche déjà des revenus supplémentaires en taxes de vente en raison de cette flambée des prix.Finalement, les pertes seraient donc minimes», croit le député bloquiste.Pour une saine concurrence Malgré ce tableau peu favorable à une baisse de taxes, le Bloc québécois ne démord pas de son message et entend faire campagne dans tout le Québec d’ici à la fin avril pour dénoncer le laxisme d’Ottawa, notamment en matière de concurrence.D’avis que le marché canadien de l’essence est victime d’une situation de monopole créée par le faible nombre de raffineurs-distributeurs, les bloquistes réclament en sus une révision majeure des règles du Bureau de la concurrence du Canada (BCC).«On ne peut plus parler de saine concurrence quand, au Québec, le marché du raffinage, de la distribution et de la vente au détail sont entre les mains des trois mêmes grandes compagnies pétrolières (Ultramar, Shell, Pétro-Canada)», soutient le député Brien.Aux États-Unis, relance ce dernier, les lois de certains États interdisent aux compagnies pétrolières d’être à la fois présentes dans les secteurs du raffinage et de la vente au détail.Le Bloc souhaiterait aussi que le fédéral allège le niveau de preuve exigé des consommateurs qui se présentent devant le Bureau de la concurrence pour dénoncer une situation non concurrentielle.Pour mieux jouer son rôle de protecteur des consommateurs, le BCC doit voir son mandat modifié afin de pouvoir faire réellement enquête sur les pratiques commerciales des grandes compagnies pétrolières, avance Pierre Brien.En février dernier, après un examen de la flambée des prix survenue au pays en juillet 1999, le Bureau de la concurrence du Canada affirmait n’avoir trouvé aucune preuve de collusion entre les entreprises pétrolières pour manipuler les prix à la pompe.HOLLIE SHAW PRESSE CANADIENNE Toronto — Le ton monte dans la guerre qui oppose les géants canadiens de la câblodistribution et de la téléphonie, comme semblent le montrer la lutte que se mènent Rogers Communications et Québécor pour acquérir Vidéotron, ainsi que la tentative de prise de contrôle du réseau CTV par BCE.Cependant, de l’avis des observateurs, les câblodistributeurs détiennent une nette avance.BCE, la plus importante société de télécommunications au pays, «a mené une épouvantable campagne de mise en marché pour sa ligne d’accès à haute vitesse et s’est illusionnée en pensant que le contenu est roi», soutient David Ellis, de la finne torontoise de consultants Omnia Communications.Alors que les services d’accès à haute vitesse par le câble comptent 350 000 abonnés, celui de BCE n’en recense que 75 000.Pis encore, ajoute M.Ellis, les recherches indiquent que quatre fois plus d’internautes ont entendu parler de l’accès à haute vitesse par câble que du service concurrent offert par la téléphonie.Et bien que BCE et sa filiale Bell Canada aient annoncé la semaine dernière un investissement de 1,5 milliard dans l’expansion et l’amélioration de son réseau d’accès à haute vitesse, qui n’est actuellement disponible que pour une partie de leur clientèle, il leur faudra encore un certain temps avant d’être en mesure d’offrir un service concurrentiel aux consommateurs que peuvent déjà rejoindre Rogers et Shaw Communications.D’aucuns croient que BCE s’est laissée éblouir par la perspective de posséder une chaîne de télévision susceptible d’alimenter son réseau en information et émissions de divertissement.«Plutôt que d'acheter CTV, Bell aurait dû investir deux milliards il y a 18 mois Fin d’intercanadien (AFP) — Le transporteur aérien régional Intercanadien, en faillite financière, a mis un terme officiel ce weekend à ses activités.Les avions de la compagnie basée en Ontario et qui comptait 800 employés étaient cloués au sol depuis le 27 novembre.Les dans l’amélioration de ses infrastructures afin de pouvoir plus rapidement offrir ses services à plus de consommateurs», commente M.Ellis.Selon Hudson Janisch, qui enseigne le droit des communications à l’Université de Toronto, «il n'y a pas lieu de se préoccuper de ce qui passe dans le pipeline tant que le pipeline n’est pas sur le point d'être fonctionnel».Des bouleversements La «nouvelle économie», comme on se plaît à la qualifier, a été témoin de plusieurs bouleversements au cours des derniers mois.¦ Rogers a offert 5,6 milliards pour Vidéotron, mais Québécor a répliqué avec une offre de 5,9 milliards; ¦ Shaw et Rogers ont décidé d’enterrer la hache de guerre et d’échanger certains actifs leur permettant de consolider leurs positions régionales, la première dans l’Ouest, la seconde dans l’Est.De plus, elles mettront sur pied un réseau commun d’accès à Internet à haute vitesse sur fibre optique; ¦ BCE a offert 2,3 milliards pour le réseau CTV, alors que sa filiale Bell Canada entend investir 1,5 milliard pour l’amélioration de son réseau d’accès à l’inforoute à haute vitesse.BCE a aussi mis la main sur la société de télécommunications internationales Téléglobe et conclu une entente avec le portail américain Lycos, qu’il fusionnera avec-son portail Sympatico; ¦ Telus, une entreprise de l’Ouest, paiera 585 millions pour l’acquisition de QuébecTel.la tendance est irréversible, prédit Stephen Bartkiw, chef de la direction d’AOL Canada.«La consolidation va se poursuivre», surtout parmi les fournisseurs d’accès à Internet dit-il.H estime par ailleurs que l’avenir de Vidéotron passe par une fusion avec Rogers, susceptible de faire concurrence à Bell Canada.«Mais je crains que Bell Canada, présente à l’échelle nationale, puisse avoir le dessus sur Vidéo-tron-Quebecor.» créanciers d’InterCanadien avaient rejeté lundi une dernière proposition de la direction visant l’annulation d’une partie de ses dettes.Ancienne filiale de Canadien International, InterCana-dien continuait à assurer des lignes de l’est du Canada pour le transjxirteur national, lui-même acheté cet automne par son rival Air Canada.EN BREF LE RISQUE DE CRÉDIT ET LA STABILITÉ DU SYSTÈME FINANCIER INTERNATIONAL École des HEC Le 4 avril Renée Bouchard: (514) 34(Mi308 Dans le cadre des conférences Gérard-Parizeau.pour souligner la remise du prix Gérard-Parizeau, octroyé à un gestionnaire qui a marqué l’industrie de l’assurance, Michel Crouhy, de la Banque canadienne impériale de commerce, nous propose une communication sur le thème.SEMAINE DES SCIENCES HUMAINES Cégep Lévis-Lauzon Du 4 au 6 avril Jacques Grenier (418) 833-5110 Pour la sixième année consécutive le cégep de Lévis Ixiuzon offre toute une programmation sur fond de sciences humaines.Le thème de cette année est: la violence, pourquoi?Violence sourde, violence retournée contre soi, violence dans les rapports humains, violence dans les médias, au travail, dans la famil- .y)ifouf ?La fatalité meurtrière 1 y a trois jours, on estimait que le nombre des victimes de | la secte ougandaise appelée Restauration des dix commandements de Dieu s’établissait à 800 personnes.Le lende-! main, le bilan s’alourdissait.Depuis hier, on sait que plus de 1000 individus, en majorité des femmes et des enfants, ont -"N été tués.Peut-être qu’aujourd’hui il faudra, encore une fois, modifier ce macabre inventaire.Et ce, sans que des instances internationales ne prêtent main forte aux autorités locales qui manquent cruellement de moyens.Depuis le 17 mars dernier, alors qu’on découvrait les cadavres de 400 personnes, un seul médecin légiste entouré de sept assistants est à pied d'œuvre.Si l’on en croit les dépêches, leur équipement se résume à un couteau avec lequel il effectue des prélèvements qui, espèrent-ils, leur permettront de faire la lumière sur l’épisode le plus sanglant dans l’histoire contemporaine des sectes religieuses.Faute de temps et de moyens, cette équipe minuscule est incapable d’identifier les victimes.En fait, les cadavres aussitôt découverts ce docteur et ses assistants s’empressent de les inhumer avant que l’humidité inhérente à l’actuelle saison des pluies n’accélère le processus de décomposition.11 y a un médecin et guère plus d’enquêteurs pour retrouver Joseph Kibwete-re, le chef de ce secte qui paraît-il aurait pris la fuite.Mille morts.Dans un an, peut-être dans cinq ans, il est probable qu’on découvrira un autre charnier à moins que les instances concernées, tant locales qu’internationales, ne freinent l’incroyable expansion des sectes religieuses qui essaiment dans tout l’est africain.Entre les famines qui ont saigné l’Ethiopie et la Somalie, le génocide rwandais, et l’épidémie du sida en Ouganda, une espèce de culture faite de fatalité et d’un profond pessimisme s'est abattue sur une région par ailleurs économiquement très pauvre.Il n’en fallait pas moins pour que des mouvements d’origine souvent nord-américaine et brésilienne s’installent à demeure et agitent le diapason de l’espoir auprès de milliers de personnes ne sachant plus à quel saint se vouer.Selon Jean-Pierre Dozon, directeur du Centre d’études africaines de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, «les gens perdent leurs repères.Im famille se démembre, lœs sectes expliquent à ce public disponible que tout ce qui leur arrive est le fait du diable, qu’ils proposent d’exorciser.On leur extorque alors le peu d’argent qu'ils ont».Après quoi, on les massacre.struffauVa ledevoir.ca Serge Truffaut O O O LE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE IAMONTAGNE, LOUIS LAP1ERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ V Le Roi Jean «C’est moi qui EST [sic] chef.Le Parti libéral est toujours.en avant sur le Bloc à ce moment-ci [sic]» Eh oui!, on se croirait au temps de Louis XIV, qui disait «Le Roy c’est moi».Je croyais que, plus de trois siècles après, on tiendrait compte de la Révolution française qui a décapité Louis XTV, le représentant de la monarchie «de droit divin»; de l’avènement de la démocratie occidentale; de la création de l’ONU; et de la charte des droits et libertés, etc.Mais, en Cantt-da, subsistent encore des relents de cette ex-monarchie, méprisante pour tous les humains, censés tous être égaux en droit et dignité.Mas, avec cet ineffable et cher Jean Chrétien, on nous réserve le poivre de Cayenne pour les manifestations pacifiques, le mépris le plus total de la démocratie envers à la dissidence au sein de son propre parti.Pour mettre le Québec à sa place, il a concocté la loi C-20.Si, au moins, ü respectait les lois les plus élémentaires de notre langue, sa langue maternelle, qu’il n’a jamais malheureusement appris à respecter ! De là à respecter ceux et celles qui la parlent ! .Il serait temps qu’on donne son congé à ce sexagénaire (65 ans bien sonnés), qu’on le force à prendre sa retraite, et qu’on confie les rênes de l’État à quelqu’un de plus apte et qui respecterait les LETTRES -?- gens.«La terre a des limites, affirmait Flaubert, mais la bêtise humaine n'a pas de bornes.» Emmanuel Rioux, Trois-Pistoles, 28 mars 2000 Des fleurs Cette lettre n’est pas un effort de critique; c’est plutôt un message de félicitations profondes et sincères à monsieur Jean Larose, pour l’excellent article-recension que celui-ci publiait dans votre édition du 11 mars dernier.Je ne connais guère ce monsieur que par ses écrits dans Le Devoir.Mais j’apprécie hautement sa prose — qui parle d’une culture d’essence européenne et d’un apport plus que valable à ce que l’on appelle maintenant «culture québécoise».«.en abandonnant le grec et le latin, c’est la ftmtaine de jouvence de notre culture, son avenir que nous tarissons».Quelle belle phrase, et opportune en plus! J’étais justement en train d’«étu-dier» de nouveau les institutions grecques et romaines quand j’ai trouvé un parallèle à mes propres idéps dans le généreux article de monsieur Larose.A nouveau, félicitations M.Larose, humaniste distingué en cette société «vert-de-grisée».Jean de Laplante Lanoraie, 21 mars 2000 De l’humour et de la démocratie Les gens aiment l’humour et ils en demandent et en redemandent encore.Voilà le dilemme auquel sont confrontés tous les humoristes.Jusqu’où doit-on «baliser» ou «limiter» les propos (gags) humoristiques télévisuels?Il m’apparaît très souhaitable que cette limite que j’appelle «respect de l’individu» soit acceptée par tous.La seule loi qui doit être respectée d’une manière absolue, en humour, c’est le respect de l'individu dans son intimité et dans ses différences.A part ça, tout est permis en humour.L’intervention de Daniel Pinard m’apparaît comme un signal d’alarme en réaction à certains propos humoristiques de bas étages.La plupart des Québécois ont été témoins un jour ou l’autre, des abus de langages et des brisures de réputations dont ont été victimes certains artistes.Voici la raison de cette missive.J’appuie d’une façon inconditionnelle le «cri d’indignation» de Daniel Pinard.Claude Lemoine Théologien Trois-Rivières, 23 mars 2000 LIBRE OPINION -?- RREGOP: les syndiqués du secteur public sont indignés CLAUDETTE CARBONNEAU Première vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) HENRI MASSÉ Président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) MONIQUE RICHARD Présidente de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ) SERGE ROY Président du Syndicat des fonctionnaires provinciaux du Québec (SFPQ) JENNIE SKENE Présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) Lettre à Bernard Landry Ministre des Finances Nos organisations respectives représentent la partie syndicale au comité de retraite du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) et, à ce titre, nous défendons les intérêts de quelque 500 000 participants retraités ou travailleuses et travailleurs qui œuvrent ou ont œuvré dans le secteur public québécois.Par la présente, nous vous signifions notre indignation relativement aux derniers états financiers du gouvernement du Québec.En effet, pour la première fois depuis la fondation du RREGOP en 1973, le gouvernement du Québec affirme publiquement et par écrit qu’il renie plus du tiers de ses engagements financiers relativement au paiement de ses cotisations à l'égard du régime de retraite des travailleuses et travailleurs du secteur public.Même si certaines informations nous permettaient d’appréhender une telle prise de position, jamais nous n’aurions pu croire que le gouvernement du Québec et son ministre des Finances iraient de l'avant avec un tel projet Cela est d’autant plus inconcevable que la décision de biffer 13 milliards de dollars fut prise malgré les commentaires du Vérificateur général.Celui-ci a d’abord fait une mise en garde au gouvernement avant qu’il procède puis, comme en fait foi son rapport, il a ensuite dénoncé cette tentative du ministère des Finances de se dérober à ses obligations.Depuis 1973, dans chacun de ses états financiers, le gouvernement du Québec a toujours reconnu sa dette au RREGOP à la hauteur des cotisations et des rendements dus.Contrairement aux employés participants et pour des raisons qui lui sont propres, le gouvernement a choisi de ne pas capitaliser ses obligations et a omis pendant plus de 25 ans de verser ses cotisations dans une caisse gérée par la Caisse de dépôt et de placement du Québec.Ce n’est que récemment, à la faveur de la dernière négociation du secteur public, que le gouvernement a enfin pris un engagement politique de capitaliser ses contributions en échelonnant dans le temps un certain rattrapage.Même si le gouvernement ne versait pas ses cotisations, la CARRA, un organisme gouvernemental entièrement géré par le Conseil du trésor jusqu’en 1995, a toujours inscrit aux états financiers du régime les cotisations que le gouvernement devait au RREGOR auxquelles s’ajoute le taux de rendement des placements de la Caisse de dépôt.La CARRA a toujours calculé les engagements du gouvernement sur la même base que s’il avait effectivement versé les sommes dues à titre de contributions comme employeur.Depuis l'instauration du RREGOP, la CARRA a constamment inscrit de cette façon les obligations du gouvernement à l’égard du régime de retraite.Depuis plus de 25 ans, elle a procédé ainsi dans toutes ses évaluations actuarielles et dans tous les états financiers qu’elle a produits au comité de retraite, et ce, avec l’accord des représentants du gouvernement et du gouvernement lui-même.Même si en 1987, à l'instar de l’ensemble des employeurs du secteur privé, le gouvernement a modifié unilatéralement la façon de comptabiliser ses engagements, il ne peut prétendre, comme il tente de le faire, que ce changement justifie aujourd'hui sa décision de modifier ses engagements juridiques envers le RREGOP Dans le secteur privé, aucun employeur n’oserait prétendre que sa nouvelle façon de comptabiliser ses engagements financiers à 1 égard d’un régime de retraite lui permette de modifier unilatéralement ses engagements contractuels envers le paiement de ses cotisations à ce régime.Une méthode comptable ne peut pas se substituer à la loi et aux ententes collectives conclues entre les parties.Le RREGOP est un régime de retraite encadré par une loi.Toutefois, compte tenu de sa nature, l'in- troduction de cette loi et les modifications qui s’ensuivirent (à l’exception tristement célèbre de celles imposées en 1982 à l'occasion de la ronde des décrets) furent précédées d’ententes officielles entre les parties négociantes à la table commune du secteur public.Celles-ci font état, d’une façon ou d’une autre, des obligations du gouvernement à l’égard de la cotisation patronale au RREGOP.Quant à la loi elle-même, elle nous semble tellement claire à cet effet que toutes les parties en cause, dont le gouvernement lui-même, l’ont, par leurs faits et gestes, interprétée constamment de la même façon.Dans son rapport du 28 mars dernier déposé à l’Assemblée nationale, le Vérificateur général explique d’ailleurs pourquoi le gouvernement n’a pas le droit de modifier ses engagements financiers à l’égard du RREGOR pas plus qu’il n’a le droit de le faire pour le régime de retraite des agents de la paix en services correctionnels (RRAPSC).Notons de plus que, depuis plusieurs séances de négociation, le gouvernement s’appuie sur les travaux et rapports de l’IRIR pour établir, aux fins de comparaison, le niveau de la rémunération globale des employés des secteurs public et parapublic.Cet organisme, maintenant intégré à l’Institut de la statistique du Québec, a toujours déterminé dans ses travaux le poids spécifique du coût du RREGOP pour le gouvernement, comme si celui-ci avait versé dans la caisse de retraite toutes ses contributions plus les intérêts.le gouvernement n'a jamais contesté cette façon de faire.Du côté syndical, nous avons toujours pensé que c’était, et que c’est encore, la seule façon d’établir ce que représente l’engagement du gouvernement à l’égard du RREGOP et de ses employées et employés.Nous exigeons en conséquence que le gouvernement du Québec modifie ses états financiers pour l’année 1999-2000 afin qu’il reconnaisse, comme par le passé, toutes ses obligations envers le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics.Nous exigeons qu’il se soumette entièrement à l’avis du Vérificateur général émis le 28 mars 2000.Le gouvernement se doit de reconnaître ses engagements accumulés pour un total de plus de 30 milliards de dollars dans ce régime, au lieu des quelque 17 milliards de dollars qu'il a inscrits dans ses derniers états financiers.a 86 LF.DEVOIR.LE LUNDI 3 AVRIL 2000 A IDEES ^ftÉL l Le Parlement de Québec.æ.ni >w h! üvs,.& -‘f!>; : M U .y«j ; r 1 ' i H H H'V-f ARCHIVES LE DEVOIR Assurer l’avenir politique du Québec Il faut convoquer une assemblée constituante DENIS MONIERE PIERRE DE BELLEFEUILLE CLAUDE G.CHARRON GORDON LEFEBVRE Membres du Cercle Godin-Miron epuis la Révolution tranquille, les partis politiques québécois ont assuré la promotion des droits politiques du Québec.Les débats inter et intra partisans ont stimulé la prise de conscience identitaire et structuré un nouveau projet national fondé sur le droit essentiel à l’autodétermination.Ce droit a été revendiqué et affirmé de différentes manières par tous les partis politiques québécois.Certains l’ont exercé en revendiquant plus de pouvoirs pour le Québec à l’intérieur du fédéralisme canadien, d’autres en tenant des référendums sur la souveraineté-association.Or, la prise en charge de la question nationale par les partis a atteint ses limites.Aucun parti n’a réussi à institutionnaliser un nouveau statut politique pour le Québec.De plus, la concurrence entre les partis a affaibli le rapport de force du Québec au sein de la fédération canadienne et les clivages partisans bloquent les possibilités de changement de statut politique.Pendant ce temps, capitalisant sur nos divisions internes, le Canada a réussi à renforcer son identité nationale et ses institutions politiques.D'un système de pouvoirs partagés, le fédéralisme canadien est devenu un système de pouvoirs tutélaires, les champs d’autonomie des gouvernements provinciaux étant de plus en plus soumis aux logjques définies par le pouvoir central.A cet égard, la loi C-20 n’est qu’un verrou de plus dans le système de blocage des aspirations politiques du peuple québécois.Non seulement cette loi est-elle arbitraire et antidémocratique, mais elle est une preuve supplémentaire de la volonté de contrôle que le gouvernement canadien veut exercer sur le destin national du Québec.Les effets de l’offensive fédérale Cette loi vise d’abord à encadrer les modalités du prochain référendum québécois, mais elle cherche aussi à montrer qui est le détenteur du pouvoir suprême au Canada.Par cette loi, le gouvernement canadien veut convaincre l’opinion publique qu’il n’y a qu’une seule source de souveraineté au Canada: le Parlement fédéral.Dans cette logique, on affirme comme jamais auparavant qu’il n’y a qu’un seul peuple au Canada, que l’Assemblée nationale du Québec ne peut prétendre être sur un pied d’égalité avec le Parlement canadien à titre de représentant du peuple québécois et qu’en conséquence les pouvoirs de l’Assemblée nationale du Québec sont assujettis à un palier de gouver- nement supérieur.Ce faisant, le gouvernement fédéral nie la souveraineté du peuple québécois et ne lui reconnaît pas le droit à la libre disposition, c’est-à-dire la capacité de décider librement de son destin.Pour bien faire sentir leur prééminence, les dirigeants canadiens soutiennent que le Québec pourra toujours adopter la question qu’il désire et suivre ses propres règles référendaires, mais, en dernière instance, c’est le Canada qui décidera de la validité du résultat et des suites à lui donner.Comme exemple de ce que signifie la dépendance politique, on ne peut être plus explicite.En donnant au Parlement canadien, le dernier mot sur l’avenir politique du Québec, le gouvernement canadien espère museler l’affirmation politique du Québec sous toutes ses formes, car il se pose en juge suprême de la clarté des projets de réformes constitutionnelles.En matière de choix politique, la clarté ne peut être univoque, elle est polysémique, c’est-à-dire qu’elle est sujette à interprétation en fonction des valeurs et des intérêts des protagonistes.Dès lors, une partie à un conflit ne peut en toute bonne foi imposer sa conception de ce qui est clair et de ce qui ne l’est pas.En se proclamant le maître de la clarté, le gouvernement canadien prend le contrôle du positionnement stratégique de tous les partis politiques québécois, car il enferme le sens de la clarté dans le corridor étroit d’une question qui devra être formulée en termes sécessionnistes.D est illusoire de penser que le gouvernement canadien reconnaîtra comme valable une question référendaire qui impliquerait une négociation portant sur un nouveau partage des pouvoirs, que ce soit dans le cadre du fédéralisme renouvelé ou de la souveraineté partenariat Le premier ministre canadien nous a donné un avant-goût de sa conception de la clarté lorsqu’il a déclaré que «le magasin général était fermé».Le gouvernement canadien tente donc de verrouiller la porte et de la souveraineté et du fédéralisme asymétrique.Il veut mettre un terme au débat constitutionnel.Il restera intransigeant envers tout changement constitutionnel tant et aussi longtemps que la société québécoise restera divisée sur son avenir politique.11 faut tirer les leçons de l’offensive fédérale menée contre le Québec depuis le dernier référendum et corriger certaines erreurs stratégiques.1.Le gouvernement canadien a réussi à imposer sa logique dominatrice en prenant des initiatives, en changeant les règles du jeu.Dans ce contexte, l’attentisme serait la pire des solutions pour le Québec.L'Assemblée nationale peut riposter en adoptant la loi 99 qui défie symboli- Pour une constitution du Québec ?quement la légitimité de la loi fédérale, mais cette réaction sera insuffisante pour changer le rapport de force.Il faut des gestes concrets pour restaurer l’autorité souveraine de l’Assemblée nationale et reprendre l’initiative.2.Depuis trente ans, les partis ont monopolisé le débat sur la question nationale, ils ont défini les besoins constitutionnels du Québec et choisi les stratégies pour les réaliser.Or cette situation de monopole est devenue contre-productive et dangereuse dans le contexte de la politique postmoderne où les citoyens sont politiquement plus sophistiqués et manifestent de plus en plus de cynisme à l'endroit des politiciens.La désaffection envers la classe politique risque de se transformer en désaffection envers le changement de statut politique.Pour contrer cet effet possible, il faut désenclaver le projet national québécois des rivalités partisanes, redonner la souveraineté aux citoyens et leur permettre de s’impliquer directement dans le processus d’autodétermination.L’avenir d'un peuple ne devrait pas être à la remorque du destin d’un parti, quel qu’il soit.Il ne devrait pas non plus subir les contrecoups de la crise de la représentation partisane qui se manifeste principalement par une baisse de la participation électorale et de l’intérêt pour la politique dans les grandes démocraties occidentales.3.Il faut tirer une troisième leçon des expériences passées: le référendum n’est pas la seule façon de faire bouger les choses.Le référendum devrait être utilisé comme mécanisme de ratification d’une nouvelle Constitution et non pas comme mécanisme d’amorçage d’un processus de négociation constitutionnelle.Il y a d’autres modes d’exercice de la souveraineté tout aussi légitimes et démocratiques que les référendums.Que faire pour reprendre l’initiative?Puisque le gouvernement canadien n’hésite pas à se servir du pouvoir législatif pour renforcer l’unité et l’identité canadienne, le gouvernement du Québec doit se servir du pouvoir législatif pour renforcer l’unité et l’identité, québécoise.A cet effet, il devrait confier à la Commissions des institutions le mandat de préparer une loi instaurant une assemblée constituante élue au suffrage universel qui redonnerait au peuple québécois l’occasion d’exercer sa souveraineté et de fixer les balises de son avenir politique.Ainsi, créée par une loi de l'Assemblée nationale, cette assemblée constituante aura un statut légal et décisionnel.Elle pourra agir en quelque sorte comme une deuxième Chambre élue et avoir un pouvoir co- décisionnel avec celui de l’Assemblée nationale sur la définition de l’avenir constitutionnel du Québec.Afin de favoriser la plus large représentation possible des options, tout en préservant l’efficacité des délibérations, la loi devrait prévoir l’élection de quatre constituants par circonscription électorale.L’élection des 500 constituants devrait être administrée par le Directeur général des élections.Cette assemblée constituante siégerait pendant un maximum de deux ans et aurait deux missions: définir les pouvoirs constitutionnels nécessaires à l’affirmation politique du peuple québécois et adopter les principes régissant la future Constitution du Québec.A la fin de ses travaux, le gouvernement du Québec disposerait d’un projet constitutionnel qu’il pourrait proposer au reste du Canada.Si les négociations s’avéraient fructueuses, le nouveau statut politique qui en résulterait serait ensuite soumis à un référendum de ratification.Si le gouvernement canadien refusait de négocier ou si ces négociations n’aboutissaient pas, il y aurait un référendum portant sur l’accession du Québec à la souveraineté.Ce parcours offre plusieurs avantages.Il met la volonté populaire au centre du processus.Il redonne au Québec l’initiative dans le dossier constitutionnel.Il permet aux trois partis représentés à l’Assemblée nationale de faire valoir leur option respective, sans nuire au travail parlementaire.Il élargit le débat à des intervenants qui n’ont pas de préoccupations électorales et qui auront une plus grande liberté d’expression.Il ouvre une perspective inédite en liant le débat sur les pouvoirs constitutionnels aux principes devant régir la Constitution future du Québec.Le processus constituant offre aussi l’avantage de s’étaler dans le temps et d’être moins déchirant qu’un référendum qui limite le débat à deux options.Il permet d’élargir le champ de la réflexion à des questions plus complexes que celles posées dans un référendum, comme, par exemple, la réforme du mode de scrutin ou la nature des institutions représentatives.Il a surtout le grand avantage de stimuler la participation et la délibération à la base, en donnant la parole aux citoyens, ce qui ne se produit ni dans les campagnes électorales ni dans les référendums où la parole publique est monopolisée par les dirigeants des partis.La convocation d’une assemblée constituante serait un exercice d’autodétermination, car nous pourrions dire collectivement ce que nous voulons être et quels sont les pouvoirs et les institutions qu’il nous faut pour assurer notre destin politique.Cette démarche pourrait restaurer la cohésion qu'il nous faut pour relever les défis de l’avenir.Il est temps d'inscrire dans l'histoire un choix collectif qui modifiera substantiellement le statut politique du Québec.Il est temps de rassembler toutes les forces qui souhaitent ancrer le destin du Québec dans de nouvelles institutions politiques.C'est en prenant l'initiative qu’on fait l’histoire.Une idée inouïe du ministre Legault L’étalon de la formation universitaire n’est pas le marché du travail Le critère de performance est-il applicable à Vorientation académique de ^université?Cest loin d’être certain.assujettissement de l’orientation de l’université aux besoins du marché du travail proposé par le ministre Legault est une idée inouïe sur laquelle la socié té québécoise a la tâche urgente de réfléchir collectivement.Le critère de performance est-il applicable à l’orientation académique de l’université?C’est loin d’être certain.Pourtant, cette idée est centrale dans le document Politique québécoise à l’égard des universités rendu public récemment par le ministre de l’éducation François Legault.Il y est proposé la création d’un «indice de performance» des universités afin que les administrations rendent des comptes au gouvernement sur rutilisation optimale des ressources financières qui leur sont allouées par les contribuables.L’idée comme telle est légitime, pour autant qu’elle concerne les opérations administratives et les choix de gestion pratique.Toutefois, le critère proposé par le ministre pour mesurer la «performance» est celui d’une conformité de la formation dispensée aux besoins — conjoncturels — du marché de l’emploi.Le critère de performance devient celui du contenu et de l’orientation des programmes eux-mêmes.C’est là que nous jugeons l’idée dangereuse.Les impératifs du savoir Depuis sa fondation au douzième siècle, l’institution universitaire a défendu une orientation du savoir qui ne soit soumise qu’aux impératifs prescrits par le savoir lui-même.Concrétiser cette idée d’université a été un combat historique continuel et ça l’est encore aujourd’hui.L’enjeu est évident: la connaissance, tout comme la création, ne peuvent vivre et se développer que dans la mesure où elles sont affranchies de toute autre sphère de contrainte, qu’elle qu’en soit la nature idéologique: religieuse, politique, économique ou autre.L’argument est simple: tout agent intéressé, quel qu’il soit, ne pourra jamais financer une recherche qui viserait à critiquer les structures politiques et économiques qui permettent l’existence et le mode par lequel s’établit ce financement.De la même façon, tout agent intéressé ne pourra jamais favoriser une recherche qui sort du cadre défini par ses intérêts, surtout si ces intérêts sont exclusivement immédiats et à court terme, comme le sont ceux du marché de l’emploi.En d’autres mots, il en va de l’autonomie de l’université face à tout pouvoir.Ceci doit nous faire saisir l’ampleur des enjeux soulevés par la proposition du ministre Legault à l’effet que les universités doivent répondre aux be soins du marché du travail.Cette idée est beaucoup plus singulière que ne nous le laisse croire le trop peu d’interventions qu’elle a suscitées jusqu’à maintenant.A l’égard de la relation entre la formation universitaire et le marché de l’emploi, le document parle A'«adaptation», A'«insertion» et de «partenariat».Ces vocables en vogue cachent des idées de fond qui institutionnalisent un projet de société dont nous jugeons certains aspects catastrophiques.Adapter l’activité universitaire à une configuration conjoncturelle du marché de l’emploi présuppose qu’elle s’appuie sur cette configuration comme étant la base acceptée à partir de laquelle doivent nécessairement s'effectuer l’enseignement et la recherche.Comment, dans cette situation, peut-on espérer que l’université contribue à une dynamique sociale progressiste?Comment l’innovation, sous toutes ses facettes, est-elle envisageable?S’affranchir du langage de la gestion Le danger actuel nous semble aussi relever d’un autre ordre.Il est temps en effet que nous mettions un frein à l’envahissement de tous les sujets de réflexion par le langage conceptuel appartenant au domaine de la gestion, y compris ceux de la connaissance et de la création.Déjà, l’expression «économie du savoir» Nous affirmons haut et fort que l’esprit même de l’enseignement, de la recherche et de la création universitaires exclut son adaptation aux besoins du marché du travail suggère le sens limité d’une société de techniciens hautement qualifiés au service de l’impératif de compétitivité.Jusqu’où nous imposera-t-on ce langage?Parlera-t-on d’une mère de famille performante?D’une culture compétitive?On parle bien déjà d’universités performantes! Or, selon Le Petit Robert, le premier sens du mot «performance» réfère à un résultat chiffré, obtenu par un cheval de course lors d’une compétition.L’université comme cheval de ' course dans l’arène de-1 l'économie mondiale, voilà une image qui plaît ' assurément ij notre mi« nistre de l’Education.Nous défendons plutôt l’image d’une universités comme agora pour l’histoire des humains.Nous affinnons haut et fort que l’esprit même de , l’enseignement, de la re-cherche et de la création ' universitaires exclut son adaptation aux besoins du marché du travail et nous demandons à ce que soit ; fourni le cadre nécessaire • à l'accomplissement du !' mandat universitaire le plus précieux, qui est de s’imprégner de la mouvance et de la complexité de notre monde — ce monde incroyablement j plus large que celui du; marché du travail — afin , de le connaître et d’en promouvoir la connaissance et l’expression.Nous ne-nions pas l’existence d’un lien entre la formation dispensée et les besoins de notre société, mais cette relation ne doit assurément pas être à sens.’ unique.Nous croyons donc qu’il est > incontournable, pour la société qué-.bécoise, de tenir un véritable débat public sur les enjeux soulevés par le.• plan de redressement des universités du ministre legault et sur la définition même du mandat de l’université.Véritable consensus La grève qui a lieu à l’UQAM du 17 février au l" mars, a entre autres permis la mise en place d’un cadre de travail dynamique auquel ont participé des centaines d’étudiants.Cette grève a eu le mérite de dégager un véritable consensus (avis aux envieux!) autour de cette question cruciale.Il en est ressorti un refus clair des étudiants face à la nouvelle mission universitaire qu’on tente de nous imposer.Ce refus est aussi fermement exprimé et argumenté dans un recueil d’articles monté par un collectif d’étudiants de cycles supérieurs de l’UQAM qui paraîtra ce mois d’avril sous le titre L’Essor de nos vies.En définitive, nous considérons, comme l’écrivaient si bien Thierry Hentsch, Ivan Maffezzi-ni et Donna Mergler dans Le Devoir le 16 février 2000, qu’une société qui ne sait plus valoriser le savoir et la création pour eux-mêmes prépare déjà et irrémédiablement son déclin.Professeurs Martine Beaulne, art dramatique, UQAM Michel Freitag, sociologie, UQAM Jean Larose, études françaises, Université de Montréal Georges Leroux, philosophie, UQAM Jacques-Alexandre Mascotto, sociologie, UQAM Guy Rocher, sociologie, Université de Montréal Représentants des étudiants de l'UQAM Patricia Beausoleil, présidente, art dramatique «| Nancy Colin, présidente, > | études littéraires Philippe De Grosbois, ; | assistant coordonnateur, | sociologie Julien Gauthier, président, philosophie Guillaume LaBrie, président, arts visuels Mathieu Leclair, président, sciences politiques Ève Paquette, présidente, sciences religieuses, cycles supérieurs 'j' Jamy Ryan, président, sexologie1» Stéphane Simard, président, histoire • Tommy Yaun, président, ' travail social L'ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information gf-némlc et métropolitaine : Gérald Pallaire {adjoint on directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine).Maric AndrCc Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports); Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, InuisGilles Kranartir' {environnement).Judiüi Lachapelle, Inuise ledue, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales).Benoit Manger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et/àits divers).Isabelle l’aré (santé); Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thematiques);.Martin Duclos et Christine Dumazet (rWecfeiirs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargcon (théâtre), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) ; A l’information économique : Gérard Dérobé (adjoint au directeur de l'injormation), Hélène Baril, Claude lévesque, François Normand, Claude Turcotte; à l’information internationale : Jean-Pierre legault.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : lierre O’Neill, Hélène Buzzetti, Manon Comellier ’ ’ 'correspondantes parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires d Québec); Marie-Hélétie Alarie (secrétaire d la rédaction) ; Julie Tremblay.MarieClaude Petit (mmmts).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Pcmme, Serge laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBIJCITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Cote Marlène CAté.Anouk Hurbutt, Manon Bouchard.Christiane legault.Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland.Sébastien Saint-Hilaite’’ {publicitaires), iéopold Ste Marie (iliret leur adjoint) Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Micheline I urgeon ; Martine Bérubé {secretaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Bernalchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sébastien Vallée, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable d la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux.lise Lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanned’Arc Houde (secrétaire à la direction); Céline Furoy.Patrick Inkel (contrôleur).Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (lice-président exécutif et directeur général) L E I) E V 0 I R .I.E L l! N D 1 ;i A V R I I.2 (I » 0 A 8 LE DEVOIR ACTUALITES CONSTITUTION SUITE DE LA PAGE 1 Jacques Parizeau, ont souligné la portée constitutionnelle du document qui énonce notamment le droit du Québec à l’autodétermination.D’autres, comme le politologue Denis Monière, ont par contre soutenu qu’un simple projet de loi comme celui-ci ne peut pas être considéré comme une réponse suffisante.Pourquoi ne pas aller plus loin et mettre sur pied une assemblée constituante chargée de définir, sur une période de deux ans, les pouvoirs dont le Québec a besoin ainsi que les grandes orientations de sa constitution?M.Monière n’est pas le seul à jongler avec cette idée qu’il présente, aujourd’hui, dans nos pages, dans un texte cosigné avec d’autres membres du cercle Godin-Miron.Nos lecteurs verront des similitudes entre cette proposition et celle, gradualiste, formulée l’an dernier par M.Monière et par Guy Bouthillier.M.Monière soutient que le contexte a changé depuis un an.Par ce texte, nous amorçons aujourd’hui un débat qui s’étalera sur plusieurs semaines, tous les lundis, dans la page Idées du Devoir.La semaine prochaine le juriste Marc Chevrier va expliquer les raisons pour lesquelles le Québec n’a jamais réussi à se doter d’une constitution écrite.La semaine suivante, le député Daniel Turp viendra exposer la démarche annoncée par le Bloc québécois, à son congrès de janvier.Un groupe de travail de ce parti cherchera à déterminer quelles devraient être les orientations fondamentales d’une constitution québécoise.Le 25 avril, nous publierons les réflexions de M.Jacques-Ÿvan Morin sur les mérites et le contenu souhaitable d’une constitution québécoise autant pour un Québec autonome âu sein du Canada que pour un Québec souverain.Au fil des semaines, d’autres contributions pourront s’ajouter.En outre, nous publierons les réactions des lecteurs du Devoir.Les textes, bien entendu, seront disponibles sur le site Internet www.ledevoir.com.Feu vert prochain au clonage humain Londres (AFP) — Le gouvernement britannique devrait donner son feu vert au clonage d’embryons humains à des fins de recherche médicale à la suite d’un rapport d’experts concluant que ses avantages potentiels pesaient davantage que certaines questions éthiques, révèle aujourd’hui le quotidien conservateur The Daily Telegraph.Selon un membre du groupe d’experts cité de façon anonyme par le journal, '•les possibilités [du clonage] sont immenses».“Il pourrait nous permettre de recréer un muscle cardiaque ou de la moelle épinière, et cela ne représente pas une menace pour la société», ajoute l'expert toujours cité par le Daily Telegraph.Une question de culture Moscou (TC) — Les critiques exprimées par l’astronaute Judith Lapierre, de Gatineau, à l’issue d’une expérience en isolement spatial de près de quatre mois, sont réduites à une mésentente d’ordre culturel par les autorités russes.Mme Lapierre, qui a participé à l'expérience en compagnie de plusieurs hommes membres d'une équipe internationale, a déclaré qu’un de ses collègues, de nationalité russe, a tenté à deux reprises de l'embrasser de force, la veille du jour de l’An.L'homme en question en est aussi venu aux poings avec un camarade russe.Mme Lapierre, qui est âgée de 32 ans, a fait savoir depuis quelle était déçue et surprise par l'absence de réactions à ses critiques de la part de l’Institut de recherches biomédicales de Moscou, qui a organisé l’expérience.Mais l’Institut soutient qu’en se confiant aux médias, Mme Lapierre a manqué de responsabilité et de professionnalisme et qu’il est trop tôt pour- tirer des conclusions.Quant à l’accusation de harcèlement sexuel, elle peut être interprétée de plusieurs façons, estiment les responsables russes.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site 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sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.LVience Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans /y Devoir.I* Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Ijival Envol de publication — Enregistrement n‘0656.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Clinton en panne REUTERS LAUMOUSINE qui transportait Bill Clinton est tombée en panne hier, sur une autoroute de la région de Las Vegas, où le président américain participait à un cocktail-bénéfice au profit du Parti démocrate.Le président en fut quitte pour changer de véhicule.ADQ «Il faut que des garanties soient données pour redonner confiance à la communauté anglophone» « SUITE DE LA PAGE 1 semaine.Alléguant qu'il fallait franchir un pas de plus dans l’évolution de la démocratie pour attirer les anglophones et les allophones, la direction du parti a présenté des résolutions voulant que dorénavant un vote des deux tiers des députés de l’Assemblée nationale soit nécessaire pour déroger à la Charte des droits et libertés de la personne, ou pour la modifier ainsi que pour modifier la Loi électorale du Québec ou pour modifier la loi sur la consultation populaire.Trois propositions que les délégués adéquistes ont appuyées, non sans avoir exprimé de fortes réserves.Mais une autre proportion, exigeant le vote des deux tiers de l’Assemblée nationale pour adopter la question devant être posée à un éventuel référendum, a soulevé plus d’objections qu’elle n’a recueilli d’appuis.Mario Dumont y voyait pourtant l’approche d’un parti responsable, un pont tendu vers les non-francophones.«Pour créer une coalition d'anglophones et d'allophones, il faut que des garanties soient données pour redonner confiance à la communauté anglophone.» Ce fut le seul débat turbulent de la fin de semaine.Plusieurs des dissidents ont exprimé leur opinion sur le ton de l’irritation.Candidat de l’ADQ aux élections de 1998, Daniel Croze aurait trouvé inacceptable que le congrès approuve les prétentions de Stéphane Dion.«En démocratie, c’est 50 % plus un.Je n’ai pas envie que mon parti se transforme en PLC, le parti de Stéphane Dion et Jean Chrétien.» Quand il est apparu évident que les délégués allaient faire un mauvais parti au litigieux texte, le professeur Guy Laforest s’est présenté au micro pour suggérer qu’il soit exclu des délibérations.Le parrain de la résolution a expliqué que le débat du parlement fédéral sur la clarté référendaire a fait que les militants des autres partis réagissent vivement quand on suggère de modifier la règle de 50 % plus un.Son chef, Mario Dumont, a maintenu que c’eût été un bon geste à effectuer pour ouvrir le parti aux Québécois de toutes origines mais qu’on ne pourra jamais reprocher aux militants de la base d’être trop prudents.En vertu des dispositions actuellement en vigueur de la Loi sur la consultation populaire, la règle de la majorité suffit pour adopter une question référendaire.Et si un vote des deux tiers avait été nécessaire, les référendums de 1980,1992 et 1995 n’auraient jamais pu être tenus.Pourquoi Mario Dumont se tourne-t-il aussi résolument vers les anglophones et les allophones?En conférence de presse, hier, il a expliqué que des milliers de non-franco-phones sont fatigués de voir que le Parti libéral du Québec tient leur vote pour acquis à chaque élection.Il croit que les nombreuses garanties que le congrès de la fin de semaine a inscrites au programme de son parti vont suffire à redonner confiance à la communauté anglophone, à la convaincre que l’ADQ constitue une solution de rechange, un parti pluraliste et voué au changement Mario Dumont faisait remarquer hier aux journalistes qu’il y a bien longtemps que son parti a commencé à courtiser les non-francophones.Aux élections de 1998, l’ADQ ne comptait pas moins de 14 candidats issus des communautés ethnoculturelles.Un récent sondage réalisé par la maison SOM démontrait que 10 % des non-francophones se proposaient de voter pour l’ADQ, ce qui est déjà mieux que le Parti québécois.Ce que Mario Dumont n’ose dire trop fort, c’est que si sa stratégie réussit pleinement et qu’il gruge sensiblement dans le vote non-francophone, la division des votes traditionnellement acquis au PLQ pourrait permettre au Parti québécois de conserver le pouvoir.Pour l’instant, la proportion des non-francophones demeure marginale au sein de l’ADQ et leur présence ne s’est pas non plus fait sentir sur le parquet du congrès.Tout au plus trois délégués anglophones sont intervenus et avec civilité.Cette assemblée de quelque 500 délégués était surtout composée de jeunes, nettement plus jeunes que dans les instances du Parti québécois.Ils étaient aussi moins cravatés que les libéraux et davantage que les pé-quistes.Une délégation formée moitié-moitié de femmes, dont sept siègent au nouvel exécutif, le conseil de direction de 15 membres.C'est d’ailleurs une femme de 31 ans, une chimiste, Isabelle Marquis, qui a remporté la victoire sur un homme, Michel Martin, à la présidence du parti.EXPOS SUITE DE LA PAGE 1 est très bon, c’est la raison pour laquelle je suis ici», a-t-il dit C'est difficile, a-t-il admis, mais «rien de bon ne vient facilement».Le marchand d’art a refusé de confirmer les informations voulant qu’il ne verserait pas les 75 millions prévus pour les Expos, mais seulement le tiers ou la moitié de cette somme.Le reste serait versé par d'autres hommes d'affaires américains encore inconnus.«Je ne discute jamais de mes finances personnelles», a-t-il coupé.M.Loria a toutefois indiqué que deux de ses amis «pourraient vouloir participer» à la propriété des Expos.Jusqu’à maintenant seule la radio francophone, en l’oc- currence CKAC, a accepté de retransmettre les matchs des Expos.Jeffrey Loria n’a pas renoncé à conclure une entente avec CJAD, pour la radio anglophone.«Restez branché, il y aura des nouvelles à ce sujet», a-t-il indiqué.Aujourd'hui, pour le match inaugural des Expos à Montréal, la météo prévoit une journée nuageuse et des averses dispersées, avec un maximum de neuf petits degrés seulement ce qui est quand même au-dessus des moyennes saisonnières.Est-ce que les joueurs des Expos seraient à l’aise avec cette température dans leur nouveau stade sans toit du centre-ville?Tout à fait, a soutenu Jeffrey Loria, qui ne craint aucunement le printemps québécois.Il est déjà arrivé qu’on joue au baseball sous la neige à New York en avril, a-t-il ajouté.RUSSES Votre information n'est pas à jour» SUITE DE LA PAGE 1 a notamment demandé à voir le centre de détention provisoire de PAP-1, où des tortures auraient été infligées aux prisonniers, selon un récent rapport d’Amnesty International.Mary Robinson voulait «vérifier» par elle-même la teneur de cës témoignages, en parlant avec les détenus du camp PAP 1 situé dans une ancienne usine automobile.Faute sans doute d’avoir pu le «nettoyer» à temps, les autorités russes, en la personne du général Vahka Ibragimov, lui ont tout bonnement expliqué que ce camp n’existait plus depuis quatre ans.«Ce centre n’existe plus.Votre information n'est pas à jour.Il existait en 1996», a répondu sèchement le général Vakha Ibragimov.Un vice-procureur de Grozny, interrogé par l'AFP, avait cependant affirmé dans un premier temps que la visite de PAP-1 figurait au programme de la délégation de l’ONU.Après avoir évoqué «des exactions et des violences inacceptables du côté tchétchène» et celles commises «par des hommes en uniformes militaires russes et en uniformes des forces spéciales».Mary Robinson a sèchement insisté sur l’importance de «mener des enquêtes détaillées».En vain.Les Russes ont préféré lui montrer un anodin centre de détention provisoire à peu près vide.Après quoi, l’émissaire de l’ONU est allée sur un marché parler avec des habitants vivant encore dans les ruines de Grozny.Moscou «élimine les terroristes», a ensuite lancé le général Ibragimov à Mme Robinson, qui lui a répondu en exprimant sa compassion pour les soldats russes tués et capturés en Tchétchénie: «Je sais qu ’il y a des exactions et des violences inacceptables du côté tchétchène.» «Mais j’ai aussi entendu parler de très sérieux problèmes de violations des droits de l'homme commises par des hommes en uniformes militaires russes, en un-formes des forces spéciales», a-t-elle poursuivi.«H est très important de mener des enquêtes détaillées, afin que les responsables ne restent pas impunis.» La Russie nie les accusations de violations massives des droits de l’homme en Tchétchénie, tout en reconnaissant ponctuellement quelques abus.Mme Robinson, accueillie très fraîchement par les Russes en raison de ses déclarations passées sur les exactions commises en Tchétchénie, doit rentrer demain à Genève et rendre compte de son voyage à la commission des droits de l’homme de l’ONU.Troisième visite La tournée éclair de Mme Robinson dans les camps de réfugiés en Ingouchie et en Tchétchénie était la troisième visite faite en trois mois par des observateurs occidentaux pour enquêter sur les violations des droits de l’homme.Dans le camp de réfugiés Spoutnik en Ingouchie, un Tchétchène qui a tout perdu a été décontenancé en voyant à la télévision le premier ministre britannique Tony Blair accueilli avec faste par Vladimir Poutine lors d’un spectacle de ballet à Saint-Pétersbourg.Pour lui, l'Occident n’a pas l’intention d’affronter Moscou.«Chacun sait que des gens sont en train d’être tués», a dit Raijab Biazagourov, ancien maçon de 40 ans.«L’Occident pourrait foire quelque chose s’il se décidait à faire pression sur la Russie.Mais ils veulent de bonnes relations, c’est la Realpolitik.» Cependant, les réfugiés ont appris à saisir l’occasion, lorsque les équipes de télévision font leur apparition minutée pour couvrir une visite importante, pour faire connaître au monde leurs revendications.Des enfants disposés en rang lèvent haut des banderoles, la foule chante un mot d’ordre qui veut dire «stop au génocide», tandis que des femmes hystériques cherchent à se faufiler à travers la haie de policiers massifs pour faire entendre leur vobe.L'ancienne présidente irlandaise, qui avait connu de près les souffrances des simples gens dans son nays déchiré par les tensions entre deux communautés, a été profondément émue par ce qu’elle a vu.«J’ai été très affectée par l’évidente peine, les souffrances et les pressions exercées sur les familles rencontrées dans le camp et parce qu’elles m’ont dit des événements déplorables qui les avaient conduits ici», a-t-elle dit Lors de rencontres privées, Mme Robinson a entendu des réfugiés expliquer pourquoi ils préféraient les conditions sordides du camp au retour chez eux, là où leurs amis et proches avaient été tués, d’où leur parviennent des récits de viols et de tortures dans les centres de détention.Malika, une femme de 35 ans au visage émacié, serre contre elle un enfant de 18 mois.«Si sa visite change quelque chose, nous serons heureux, dit-elle.Nous voulons que le monde sache ce qui se passe ici.» Son optimisme relatif n'est pas partagé par Ali Banou-kaiev, un jeune en colère de 20 ans.«Tout cela ne pourra s’arrêter que lorsque les soldats russes quitteront la Tchétchénie et ils ne le feront qu'aprà une longue guérilla», dit-il.«À la violence, on ne peut répondre que par la violence», ajoute-t-il, les dents serrées.«S’ils tuaient toute votre famille, pourriez-vous vivre avec eux?» VIE SUITE DE LA PAGE 1 Plutôt que révolutionnaire, il se dit contre-révolutionnaire, puisque c’est le travail qui révolutionne et bouscule l’ordre naturel des choses et non l’inverse.«L'esclavage imposé à soi et aux autres pour la civilisation du profit», est aussi le thème de son dernier livre paru aux éditions L'Age d'Homme, sous le titre Zizi sous clôture inaugure la culture.Ce titre coiffe aussi un film, qui sera présenté à la Cinémathèque québécoise le 6 avril.Dehoux y écrit que «les veaux se vendent au poids, les hommes se vendent au mois», et suggère ironiquement «allez dire au lion que si on le tient en cage, c’est pour qu'il n’aille pas se perdre dans la brousse».«Nous sommes dans un système que personne ne contrôle, pas même les grandes entreprises», dit-il.Avant l’agriculture L'Éden de Dehoux, c'est l’univers d'avant l’agriculture, d’avant l'époque des colons en Amérique, d’avant le stress et la pression du temps.Son étude se dit de Y «anthropologie,de l'aliénation».À ce sujet, il rappelle les mots d’un membre de la tribu des Nez-Percés, nommé Smohalla, qui disait, en 1850, «sachez, sachez que mes jeunes gens ne travailleront jamais, car l’homme qui travaille ne peut rêver, alors que la sagesse nous vient de nos rives».Marshall Sahlins écrivait aussi, dans Age de pierre, âge d’abondance: «la répartition moyenne de leur temps de "travair, toutes activités comprises, dépasse à peine trois heures par jour.Premières sociétés de loisir, premières sociétés d'abondance, telles sont les sociétés de l’âge de pierre».L’homme serait-il nostalgique ou idéaliste, devant les sociétés autochtones qui ont précédé l’homme blanc?Il s’en défend.Les autochtones, dit-il, qu’ils soient africains ou amérindiens, ne savaient pas que les colons blancs viendraient.Aucun d’entre eux ne nous remercie aujourd'hui de leur avoir imposé la civilisation blanche et occidentale.Bien sûr, reconnaît-il, les autochtones ont été conquis par la religion.Quelqu’un n’a-t-il pas dit «Us [les Blancs] avaient la Bible, et eux [les autochtones] avaient les terres.» Aujourd’hui, les Blancs ont les terres, et eux ont la Bible, sou-ligne-t-il.Bel échange.Des autochtones, donc, Dehoux admire cette société dénuée du désir de posséder la terre.Il cite un homme nommé Tatanga Mani, Amérindien Stoney, qui dit que les seuls vrais illettrés sont les peuples civilisés, «trop dépendants de la page imprimée», selon lui.«Vous feriez mieux, poursuit cet homme, de vous tourner vers le grand livre de la nature.Car enfin, soyons sérieux: vous pensez bien que si vous prenez vos livres et les étendez tous sous le soleil en laissant pendant quelque temps, la pluie, la neige, et les insectes accomplir leur œuvre, il n'en restera plus rien».Passée l’euphorie du début du 20e siècle, celle de la découverte de l’aviation et de l’automobile, l’humanité du 21e siècle est dépassée par la société de consommation.C’est donc un retour à la terre radical que Dehoux revendique.Une jdée qui refait surface un peu partout, et notamment aux Etats-Unis dans les textes de John Zerzan, qui signait récemment Le Futur primitif.Résistance pacifique Ils sont d’ailleurs nombreux, les invités du Symfolium, à dénoncer le système actuel en encourageant le terrorisme burlesque et pacifique.Au-delà des mots, il faut passer aux actes, lancent les en-tarteurs et leurs sympathisants.Ainsi font ceux qui bloquent l’autoroute de l'information, pour attirer l’attention, ainsi font les camionneurs, qui bloquent les autoroutes pour qu’on écoute leurs revendications.Dehoux et ses comparses suggèrent d'ailleurs d’introduire des allumettes coupées sur leur longueur dans les serrures des institutions «antipathiques», de manière à bloquer la circulation des biens et des personnes.Pour Dehoux, rien n’est impossible, et les choses peuvent changer progressivement.«Quel bonheur qu ’un naufrage vécu en commun», dit d'ailleurs l'une des affiches qui forment l’Arche de folie, une exposition, présentée à la Maison de la culture Mont-Royal, qui pose la folie comme patrimoine humain au cours des âges, dans le cadre du Symfolium.On y découvre Diogène, qui se promenait avec une lanterne dans les rues d’Athènes en disant «je cherche un homme», Sébastien Brandt, spécialiste du droit civique et canonique, qui écrivit La Nef desfous, au 15e siècle, et qui montait «lui-même à bord», ou Érasme, auteur de Y Éloge de la folie, qui affirmait que la folie portait le secret de la jouissance de la jeunesse.Robert Dehoux donnera une conférence à midi, le 5 avril au Quai des brumes, dans le cadre des brunchs littéraires.Il témoipirra au Procès du millénaire, qui opposera la folie et la raison, devant Jacques Langui ranci, devenu juge en chef pour l'occasion, au TNM, ce soir.I
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