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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-04-15, Collections de BAnQ.

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I.K I) K V Ol R .I.K S S A M KIM I 5 K T I) I M A \ ( Il K I (i A V R I I.li 0 (I 0 « LE DEVOIR * L’Allemagne, patrie des Fassbinder, Wenders et Schlôndorff, reprendra-t-elle un jour sa place au sein des grandes ligues mondiales du cinéma?Bien malin qui saura le dire.La série Découvertes allemandes, qui débute jeudi au Goethe-Institut, nous donne à tout le moins l’occasion de dresser le portrait ’une cinématographie à deux vitesses, qui se dissout de rÈtérieur et s’expose à l’extérieur Fisimatenten de Jochen Kuhn , r 23 de von Hans-Chn Schmidt MARTIN BILODEAU » Electrisante r Electre Page B 4 CINÉMA Bresson à la Cinémathèque Page B 7 CHRONIQUE Dans la forêt des interdits Page B 14 Disques Page B 8 Arts visuels Page B 11 Formes Page B 13 Comme la plupart des petites cinématogra-pliies, celle de l'Allemagne, qui compte pourtant sur un marché de 82 millions d’habitants, éprouve une grande difficulté à se faire reconnaître, tant à l'extérieur de ses frontières, où ses grands auteurs n’ont plus la cote, que sur son propre territoire, où Hollywood accapare le marché.Tombée dans l’abîme du rire bien avant le Québec, l’Allemagne s’est lancée, au début de la dernière décennie, dans la production en série de comédies grand public (Les Nouveaux Mecs, Toute la ville en parie, etc.), qui ont fait un malheur aux guichets.Mais la vague a passé, et son mirage de renaissance s’est dissous dans la production à la chaîne de films de genre bon marché (polar, horreur, comédie, etc.) destinés à combler la demande supposée du public, qu’on veut détourner d'Hollywood, et l’exigence des chaînes de télévision qui en assurent le relais.Avec pour résultat que le cinéma d'auteur allemand éprouve de plus en plus de mal à se faire voir en dehors du circuit des festivals et des événements ponctuels comme Découvertes allemandes, qui présente dès jeudi une série de six longs métrages significatifs, étalés sur autant de semaines.Pourtant, «le moindre problème, en Allemagne, est celui de l'argent.L'argent coule à flots», explique Jakob Wobke, cofondateur de Claussen-Wobke, une jeune maison de production de Munich qui se spécialise dans le cinéma grand public et concentre ses aspirations du côté des cinéastes de la relève.Comme son homologue berlinois X-Filme, qui produit Tom Tykwer (Cours, ImIo, cours), Claussen-Wobke s’est taillé une place de choix dans un marché considérablement restreint par l’offre américaine, en misant comme sa rivale sur le sur-mesure et le prêt-à-penser.«Notre but consiste à produire des films capables de concurrencer les films hollywoodiens.L'Allemagne possède un si grand marché qu'il n'y a pas de raison pour qu 'on n 'y voit que des films américains», estime VOIR PAGE B 2: DÉCOUVERTES SOURCE NEUE DEUTSCHE FILME Oskar und Leni de Petra Katharina Wagner J B 2 L E IJ E V 0 I K , L E S S A M EDI I 5 E T I) I M A N C II E 10 AVRIL 2 O 0 O DECOUVERTES Le cinéma d'auteur en arrache à toutes les étapes de son parcours et trouve peu d'avenues de diffusion SUITE DE LA PAGE B 1 Jakob Wobke, qui veut rendre à l’Allemagne son marché.en battant les Américains sur leur propre terrain.Ainsi, comme d’autres compagnies de production allemandes, Claussen-Wobke fait appel à des consultants américains pour qu’ils «ajustent» leurs scénarios, organise des projections-tests auprès des groupes ciblés par le film, puis établit en dernier lieu une stratégie de mise en marché onéreuse et persuasive.De ce long processus naissent des films souvent anodins ou faciles, tels Beyond Silence, mélo sur la surdité qui s’est néanmoins rendu jusqu’aux Oscars, et Anatomie, sorte de Scream germanique avec Franke Fotente (la star de Cours, Ij)la, cours), qui faisait un malheur sur les écrans en février dernier.Malgré ce climat de contrainte, on voit parfois apparaître, dans la même écurie Claussen-Wobke, des œuvres solides comme 23, du prometteur Hans Christian Schmidt — lequel passera d’ailleurs par Montréal pour le présenter dans le cadre de Découvertes allemandes.Les producteurs allemands ne sont pas les seuls à penser qu’il faut copier le modèle américain.Même qu’ils sont encouragés à le faire, notamment par le Filmforderungsanstalt (FFA), organisme fédéral de financement du cinéma où on mise exclusivement sur la viabilité commerciale des films: «La compétence fédérale est strictement économique, aussi on cherche à obtenir un résultat commercial lorsqu'on finance un film», explique le directeur-gérant du FFA, Rolf Bahr, qui estime qu’il est préférable de renouveler l'appui financier aux producteurs dont le film précédent a répondu aux attentes économiques avant d’aider l’auteur établi ou le poulain qui démarre: «Non pas que les films artistiques sont mauvais en soi, mais c’est difficile de les vendre», reprend-il, ravi par ailleurs de voir que les banques allemandes s’intéressent au cinéma américain, quelles contribuent à financer: «Free Willy est un film allemand, si on prend en compte que son financement est à 70 % allemand.» Aux Etats-Unis, dans les coulisses du cinéma, cet argent obtenu grâce aux programmes de crédits d’impôt porte un nom: «stupid money» (voir l’entrevue ci-contre).Derrière ce tenace parfum d’argent se profile une autre réalité, celle du ci-néma d’auteur, qui en arrache à toutes les étapes de son parcours et trouve peu d’avenues de diffusion.C’est à ce stade qu’interviennent des organismes comme le Goethe-Institut et Inter-Nationes, qui disposent de budgets pour l’acquisition de films qu’ils font ensuite circuler «Les exportateurs de films ne prennent en compte que l’aspect économique; nous, on voit les films comme des bouquets d’images identitaires, par lesquelles l’extérieur peut éventuellement mieux comprendre qui nous sommes», soutient Hans-Jür-gen Wendler, chef de la division film au ministère des Affaires étrangères, qui chapeaute les deux organismes appelés à fusionner cette année.Cela dit, «on n'a aucune compétence pour combattre la prolifération des complexes de salles», déplore Wendler, convaincu que les films allemands se dissoudront dans ce marché d’offre standardisée.Documentaires Le Goethe-Institut organise chaque année une mini-rétrospective de films allemands récents, lesquels sont le fruit d’approches et de regards divers, et prennent leurs distances vis-à-vis des consignes du commerce.Découvertes allemandes démarre jeudi par la présentation de Killer.Berlin.doc, une docu-fiction d’avant-garde, à narration plurielle, signée Tina Ellerkamp et Jôrg Heit-mann (qui seront à Montréal pour le présenter, jeudi et vendredi).Caméra à la main, dix internautes s’adonnent à un jeu de prédation dans le Berlin en mutation d’aujourd’hui, lequel décor finit par supplanter l’action et accaparer les pensées des participants.Une des voix du documentaire les plus originales issues de l’ex-RDA, Vol-ker Koepp, nous offre M.Zwilling et Mme Zuckermann.Partant du prétexte de l’amitié qui unit deux juifs intellectuels, le cinéaste de Witstock, Witstock filme les dernières traces de l’identité Une scène du film Le Volcan, d’Ottokar Runze SOURCE GOETHE INST ITUTE et de la culture juives dans une petite ville d’Ukraine, arpentant ses lieux de mémoire qui ne renverront bientôt que l'écho de ceux qui les ont rebâtis, après la guerre, avec les bribes de leur histoire (27-28 avril).Exemple de ce que l’intelligence et le savoir-faire peuvent contribuer au cinéma de genre, 23, de Hans Christian Schmidt, raconte à la manière d’un polar inventif le parcours emprunté dans les années 80 par Karl Koch, un pirate de l’informatique.Un crack un peu fêlé, cela dit, obsédé par le chiffre 23 et qui vendait le fruit de ses découvertes au KGB (4 et 5 mai).S’il avait réduit la durée de son autrement réussi Fusimatenten, le cinéaste Jochen Kuhn aurait frappé aussi fort que le film de Schmidt Son film repose en effet sur une atmosphère inquiétante, ainsi que sur un climat de cynisme, accentué par la présence de Maximilian Shell en galeriste faussaire et les compositions picturales du héros, peintre insatisfait qui repeint sans cesse par-dessus ses toiles, processus que le cinéaste, issu du milieu du cinéma d’animation, reproduit par des animations saisissantes.Kuhn présentera lui-même son film, les 18 et 19 mai.Enfin, le poétique Oscar et Leni, de Petra Wagner, et Le Volcan, d’Ottokar Runze, d’après Klaus Mann (récompensé au dernier FFM), complètent ce survol d’un cinéma produit sans autre souci que celui de reproduire, de réinventer ou d’interpréter le réel.Dans un climat de rentabilité qui le renvoie dans la marge, et face auquel il prend valeur de dissident DÉCOUVERTES ALLEMANDES au Goethe-Institut à Montréal 418, rue Sherbrooke Est du 21 avril au 2 juin Les séances ont lieu le jeudi à 20h, le vendredi à 18h30.Notre journaliste a séjourné en Allemagne à l'invitation de l’organisme culturel Inter-Nationes et de l’Office de presse de la RFA CINÉMA FRANK SCHRÔEDER' Culture et aux! Michael Naumann, ministre délégué à la Communications de la République fédérale d’Allemagne.Michael Naumann, l’homme d’image MARTIN BILODEAU L> Allemagne est présentement à f la croisée des chemins, avec d’une part une économie qui marche à pleine vapeur et d’autre part une image à redéfinir vis-à-vis du monde et d’elle-même.Immédiatement après son arrivée au pouvoir, il y a un peu moins de deux ans, le chancelier Werner Schroder confiait le ministère de la Culture de la RFA sans tête depuis la dernière guerre, à un seul homme: Michael Naumann, ancien p.-d.g.des éditions Henry Holt à New York.Celui-ci jongle désormais avec un budget équivalant à 1,25 milliard de dollars et parlemente ici avec ses homologues européens pour uniformiser leurs règles et unir leurs forces, là C o n u JOURNÉE MONDIALE DU EIVRE 2 0 0 0 % .à Des livres à choisir d’une valeur de 1000 *1 aie $ chez un libraire agréé membre de l’Association des libraires du Québec OC N .¦ VS ,oV -cV -"V \" ¦ toutes Uv .tcnsA qu1 jc bc tes cbqueu.ems ',,n aUss.des .1 I Ion nice Cornel M,iiIiiiRois|( ily R,iyirlooilN,)(le,ii i Du 11 au 29 avril 2000, 19h30 );ille I red Barry 13!)3 me Sic Catherine Lst, Montréal Réservations : (514) 253-8974 10 soirs seulement / du 3 au 13 mai / en vente maintenant Réservations: Usine C 514.521.4493 / Admission 514.790-1245 1.800.361.4595 jüJÇt interprété Ronnie Burk ^ J «Uncroya&te travail de Burkett, par sa qualité et sa densité.est devenu au fil des ans une nécessité pour tous ceux et celles qui s'intéressent le moindrement au théâtre, un génie ! » The Village voice, New York RONNIE BURKETT THEATRE OF MARIONETTES (Calgary) usine: O présente La nouvelle création de l’auteur deTinka’s New Dress + 4 MERCK p/mm UNE SOIRÉE DE DANSE PRESTIGIEUSE POUR LA LUTTE CONTRE LE SIDA Anik Bissonnctte / Louis Rèbitaille, Les Ballets Jazz de Montréal.Le Cirque du Soleil.Frankfurt Ballet, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal, Liza Kovacs, La La La Human Steps, Montréal Danse, Sandy Silva de La Bottine Souriante Commanditaires sufiporteurs a: ^ QUEBECOR INC.BCmP le n/eicrecli \ 24 MAI 2000J à 20 hetires En coproduction avec la Sociele du Centre Piene-Peladeau ansii eocen.ihoiMion am ' JÉIj Bristol-Myers Squibb I m Centre Pierre-Pél.ide.iu 300, boul.de Maisonneuve Est MÉTRO BERRI-UQAM Salle Pierre M billets 35S étudiants.60S réguliers et! 50 S soirée gala ¦ ,, BILLETTERIE (514)987-6919 (taxes et redevance incl.) LL.efer LE DEVOIR IPTVH 13 unnmti IJAUtH ne mtNTwiAi Dans le cadre de son Volet international La Maison Théâtre présente Les Amis de Loulou Gli amici di Loulou Une création du Teatro Gioco Vita Traduction et adaptation : Nicola Lusuardi Mise en scène : Fabrizio Montecchi Ombres et costumes : Nicoletta Garioni Distribution : Antonella Enrietto Cesare Lavezzoli Cristiano Petretto Du 5 au 16 avril 2000 Billets en vente (514) 288-7211 à 8 an* OU 514 790-1245 1 800 361-4595 245.rue Ontario Est Métro Berri-UQAM Métro Sherbrooke I I) () I.K I) K V 0 1 lî K S S A M E D 1 5 E T I) I M A N G II E I fi A V R I L 2 (I II 0 n ) K V.0 CINÉMA La cour sans miracles QUASIMODO D’EL PARIS Réalisation: Patrick Timsit.Scénario: Jean-François Malin, Rafly Shart, Patrick TimsiL Avec Patrick Timsit, Richard Berry, Didier Flamand, Vincent Elbaz, Mélanie Thierry.Image: Vincenzo Marano.Montage: Catherine Renault.Musique: durent Petitgirard.France, 1999, 100 minutes.Cinéplex Odéon ANDRÉ LAVOIE art d’à présent ne doit plus ' chercher seulement le Beau, mais encore le Bien.» Ce n’est pas la sage parole d’un critique mais celle de Victor Hugo, le romancier qui aurait fait fortune à notre époque en n’écrivant qu’un seul roman, Notre-Dame de Paris, adapté depuis quelques années à toutes les sauces, le plus souvent très claires.Walt Disney et Luc Plamondon y ont trouvé matière à inspiration et machine à faire sonner le tiroir-caisse, tout comme Patrick Timsit, un acteur au physique singulier mais au jeu souvent prévisible.De La Crise de Coline Serreau au Cousin d’Alain Cor-neau, il semble se satisfaire d’interpréter les victimes innocentes mais surtout terriblement naïves: dire que le rôle de Quasimodo a été écrit pour lui est un pas que j’éviterai de franchir.Décidant de passer à la réalisation, il effectue le grand saut avec ce Quasimodo d’El Paris, ne recherchant ni le Beau ni le Bien mais tout simplement quelques effets faciles et autant de pitreries afin d’amuser la galerie.Le voilà qui se drape de l’étoffe d’un classique de la littérature pour rallier la majorité, et particulièrement ceux qui savent, minimalement, que Quasimodo n’a pas trop eu de chance dans la vie et qu'Esméralda (Mélanie Thierry) est la grand-maman de toutes les Claudia Schiffer et Laetita Casta de ce monde.C’est d’ailleurs amplement suffisant pour saisir toutes les «nuances» de cette relecture bâtarde passée à la mouli-nette d’un humour qui n’est pas sans rappeler celui de Jean-Marie Poiré avec ses très lucratifs Visiteurs.Du XV siècle décrit dans le roman de Victor Hugo ne subsiste qu’une Ce Quasimodo d’El Paris multiplie les clins d’œil futiles à tout ce qui devrait faire sourire la France d’aujourd’hui « TRES DRÔLE! » The London Times «?! » The London Daily Mail « HILARANT! » The Wall Street Journal Selection officielle y.« DANS PLUS DE 25 FESTIVALS a DE FILMS INTERNATIONAUX version originale avec sous-titres français de «EAST IS EAST» Une comédie croustillante iHiU (IHlMIIIllStit AUHniiiMSII FUEmM WM 111 il IM J.IÜ j nu aim «a1 pii ¦ a m ua um »!¦ nsi wi 11 * m m m iiink BUlj« plrfS A l_L IA M O ¦ ATLAMTla V ¦ V A F • &_ M A Taffiche dès le 21 avril! — —1 [üiSÜÜSI 1KJKJBJKSKSBJB9B3H 11 « Bacri est incontournable l » Juliette Ruer - VOIR « La réplique française à Beauté Américaine ! » Geneviève Royer - THE GAZETTE « Une savoureuse comédie d'un réjouissant cynisme, Kennedy et moi est une excellente satire ! » Odile Tremblay - LE DEVOIR « Vous en sortirez ému, secoué et troublé ! » RENÉ HOMIER-ROY « Coup de foudre et coup de coeur ! Daniel Rioux - JOURNAL DE MONTRÉAL imiiüjdmuajijiiiûii mii'mrn Jiitiw > imm Siiuuü » ».« PMHICK CHISNAIS • IHANCOIS CHMIOI • SIM KARMINN • HIIINIIM COSSU SIIPHAW HOHN • Rmmil RAIflflII me I.HTtwHiM a JlAN CI#11111 Mllir « a IRANCINI RIRGf A L’AFFICHE! «sa Tous les jours: 13h05 - 15h10 17h05 - 19h05 - 21h05 magnifique cathédrale où tous les personnages du film passeront une bonne partie de leur temps à s’agiter.Pour le reste, Quasimodo se comporte comme un adolescent attardé, Frollo (Richard Berry) se donne des airs de télé-évangéliste à la sauce janséniste et Phoebus (Vincent Elbaz) est prêt à tout pour grimper les échelons au sein du corps policier, mais pas au point de vouloir souffrir d’épuisement professionnel.Il n’y a rien de particulièrement sacrilège à vouloir dépoussiérer ou moderniser un classique: William Shakespeare aurait sans aucun doute bien plus de raisons de se plaindre que Victor Hugo, mais ce n’est tout de même pas une excuse pour faire n’importe quoi.Car ce Quasimodo d'El Paris, tout en mélangeant les époques et créant ainsi les quiproquos les plus invraisemblables, multiplie les clins d’œil futiles à tout ce qui devrait faire sourire la France d’aujourd’hui: de la lâcheté des politiciens véreux au caractère superficiel des adolescents devenus des réclames publicitaires sur deux pattes avec leurs vêtements griffés pour se donner l’impression d’exister.L’astuce a déjà fait ses preuves et surtout connu bien des succès, dont celui, tout récent, d'Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi.On éprouve pourtant le même malaise devant leur enfilade respective de blagues faciles collées à l’air du temps, à ce jeu outrancier (même Richard Berry y succombe, et ce n’est rien à côté de Didier Flamand dans le rôle du gouverneur) qui finit par nous faire croire que Louis de Funès fut déjà sociétaire de la Comédie-Française.Dans son obsession à vouloir faire «jeune», Timsit le réalisateur a succombé à ses propres tics d’acteur, dont le cabotinage n’est certainement pas le moindre.Victor Hugo, toujours lui, a déjà dit que «le génie est un sacerdoce».Ce n’est pas demain la veille que Ton verra Patrick Timsit porter la soutane.f GAGNANT OSCAR J MEILLEUR FILM ETRANGER ¦ GICNINT DI 28 PRIX INriRKiriONIUll'ji |V Québec Consulat général de la République fédérale d'Allemagne Salle Pierre-Mercure du Centre Picrre-PélaUcnu (00 Imul.de Maisonneuve I si Rillels: SM-'lHMi1)!') Admission: M l /')() I.MS ( entre Pierre-Pelade.ni nom de Coldcut).Pourtant, après diverses tentatives, ce groupe est deve nu un véritable point de rencontres pour de nombreuses expériences sonores où le jazz, l’électronique et la musique contemporaine ne font qu’un.Sur Kaleidoscope, c’est au tour des DJ RC.et Strictly Kev de prendre l’avant-scène avec cet album qui déborde de trouvailles ingénieuses.Même s’il compte beaucoup sur un échantillonnage hétéroclite, cet ensemble de pièces gagne dans sa cohérence des plus homogènes.D’ailleurs, il faut peut-être écouter ce disque comme une longue composition qui s’enchaîne au fil de ses reflets kaléidoscopiques.Sur Full Bleed, on va jusqu'à emprunter les services de Bundy K.Brown de Tortoise pour donner encore davantage de couleurs à ces agencements indescriptibles.Puis en repoussant certaines nuances instrumentales, ce collectif britannique arrive à mieux définir son approche face à une déconstruction du jazz actuel et des différentes tendances de la musique électronique.Décidément, voilà un autre coup de maître pour l’étiquette Ninja Tune.D.C.JAZZ IT’S WONDERFUL Suzie Arioli Etiquette Fleming Dans ce disque, tout est bien.Parfait.Y compris le moment de sa sortie.Diffuser ou distribuer cet album frais comme une rosée du matin en plein printemps, mettons que, on le répète, c’est parfait.Bon.De quoi s'agit-il?D’un jeune guitariste qui s’appelle Jordan Officer et qui aime le jazz qu’on croit être le jazz des vieux mais qui ne l’est pas tout à fait parce que, après tout, le jazz Tango Bohemio présente L'âme de Ruenoi flütei en musique et en danse Danseurs Claudia Cadaqa et Citaban Matana Matia CltXi et Raclait» Ciati Vola nie a dhraltnqa et pabla tnja Direction artistique Woutel Dlava Musiciens L £nsambla Mantlbal Tanq» avec Nastol Vaj Chavas et J alla Caballi Commanditaire En collaboration avec: Transports Internatlonaui ô Consulado General de Is Republics Argentins VIA Hilton Carol inAc enoâ Mnntrésl Honexr-nturr Spécialiste pour l'Amérique du sud http://www.tango.montreal.qc.ca/tanfotanfof.htm Las 23 at 24 avtil 2000 à 20h Centre Pierre-Péladeau S,111-) Nous font rire dans un rpinan Hwwoaüqje- Sélénium-Ouvrage de Jean-Pierre Guillet.Enquête .la falaise.9 ) On le retire des eaux ^ui0et.dc La noyante.10- ) Moi./.le COÇUtrUÔRi;,4s Pier— -Auteure prénommée Bernadette-Auteur de biographies 11- ) De Jacques Savoie.ville imaginaire-Premier mot d'un ouvrage de poésie de Michèle Bazin-Du vieux français ' 120 Elle a écrit Maïna-Kilomètre-Dans le Sénom de l’auteune Aubin.-) Qn connaît bien son matou I 14-) A la Cour du roi —— Le bonhomme Sept heures, de Louis.-Il a écrit Les cailloux.15-) Oeuvre de Jacques Brault-Le dernier été des indiens est un de ses ouvrages.four participer Découpez le jeu le long des pointillés et retcurncz-ie dans l’une des 39 bibliothèques participantes de a Montéré^ie ou postez votre coupon à Concoure, Quinzaine du livre en Montérégie, 305, rue Saint-Jean, Longueuil (Québec) J4H 2X4.VERTICALEMENT I- ) Deux titres de cette auteure : Dieu et Hommes — — Auteur de Le chant du hibou-Initiales de fau- ¦Hx Poutré.ition mondiale de la santé-Nos jeheronsfantan s'en servaient-lac des — Oui ne connaît pas Raoul !- Inture à l'aspect mat et terne, irtout connue pour son oeuvre Sous le à—- Fin d’année.i&x ouvrages au sujet de deux saisons -^Catégorie .de classement animal.lirnBMCiiBIfclwle Les Elles-Lettrées fair a écrit Silence.vit fo&ÊW " la rtéfrut de la t élltMrtption-il fait par- coiigrtffoe refus -4 Initiales de fauteur CTab Je Kmhv Ô-) Partie fau prtrempe Senecal-D’un verbe gai servi de ses yeux -—- Fard noirâtre- y-) Accompagne limage.®»,q#iéma-Roi de Juda - tnltunas da fauteur de U flbi- ¦ ¦ 10-) Initiales de l’auteure Sylva Clapin —— Nos voisins du sud.dans leur langue.II- ) Le dernier jour de I’., de Robert Souüères Un titre de lui : La Scouine —— Déesse marine grecque.12 ) Pièce de charpente-Note - — Fait partie dé» animaux dont parle l'auteure Louise Beaudin.13- ) Frénom de l'auteure de Entendre l'ombre-Un des titres de Pierre Ozias Gagnon : A a mort de mé» vingt.- Offrande-Initiales de fauteur Louis Desmarais.14- ) Incroyable, extraordinaire-Rivière d’Europe centrale-Id est., 13-) Frénom de l’auteure de Neige.qui seront déposés dans les biblio-auront accès au: — Les coupon» thèques auront accès aux prix locaux, (voir règlements sur le sits Internet) wivw.aei.ca/~ccm Téléphone \ du phrasé.On peut être jeune et intelligent, nul doute là-dessus après cette audition.Josefowicz domine la technique sans aucune ostentation.Cela donne un concerto qui coule de source; on ne sait si elle s’y amuse ou si elle tente de faire «sérieux» car tout y est pensé et senti sans la lourde profondeur du génie.En cela, elle rejoint bien l’esprit du compositeur qui souhaitait d’abord plaire sans choquer, malgré les innovations formelles du concerto dans lequel les trois mouvements s’enchaînent Plus rares au concert, la Valse-scherzo de Tchaikovski et le concerto de Glazounov valent plus que le détour.Non seulement Josefowicz sait faire chanter ces pages, elle trouve le moyen de les rendre plus qu’intéressantes.La Valse-scherzo brille d’un discret et attachant panache et le Glazounov quitte, l’espace d’une interprétation, la pénombre du répertoire mineur pour chatoyer un peu.Le lyrisme sied bien à la jeune violoniste qui ne s’enfarge pas dans les rubatos faciles et les effets en clin d’œil.Dutoit y est probablement pour quelque chose, lui qui aime la musique scrupuleusement mise en place à tous points de vue.En plus, on sent l’affection du chef pour sa soliste, de même que la tendresse que lui expriment les musiciens de l’orchestre.On n’écoute donc pas un enregistrement de soliste sur accompagnement orchestral mais bien une symbiose de tous les éléments de la musique.Dans ce répertoire, cela est assez rare pour qu’on le souligne et l’applaudisse.A TRE VIOLINI Sonates pour trois ridons et basse continue de G.Gabrieli, B.Marini, G.B.Fontana, M.Ucellini, J.H.Schmel-zer, H.Purcell, LA Dornel, J.Bodin de Boismortier, G.P Telemann et J.Pachelbel (Canon et Gigue).Ensemble Da Sonar (Chantal Rémillard, Christine Moran et Margaret Little, violon baroque; Suzir Napper, violoncelle baroque et viole de gambe; Sylvain Bergeron, théorbe; Réjean Poirier, orgue et clavecin).Durée: 63 min 57.Amberola (coproduction avec UMMUS) AMBC CD 7131 La sonate en trio fit la gloire ,de la musique de chambre baroque.Écrite pour deux instruments mélodiques appuyés par une basse continue ou continuo de conjonctions diverses (violoncelle, viole de gambe, basson, clavecin, positif.), cet sonate a vu l’imagination des compositeurs s’y déployer largement.Plus rares sont les œuvres où s’ajoute un troisième instrument.D’où l'intérêt de cet enregistrement des complices de Da Sonar.L’éventail de styles est vaste, tout comme celui des esthétiques qu’on croise ici.Alors que le programme pourrait foire un peu convenu, on propose le contraire.Mieux encore, les diverses réalisations de la partie de clavier arrivent à si bien varier l’atmosphère sonore que le disque accroche l’oreille sans difficulté à ce chapitre.En ce qui concerne les trois voix «solistes», il faut admettre que le trio réuni ici est assez prestigieux sur la scène montréalaise.Les trois musiciennes partagent à la fois la compé- | SJ ?SOURCE AMBEROLA Le tableau Dancing The Tarantella at Mergellina, de Filippo Falciatore, vers 1730, illustre la couverture du disque A Tre Violini de l’ensemble Da Sonar.tence technique et l’intuition musicale; elles arrivent à convaincre sans heurt de la pertinence de leur jeu.Comme elles s’amusent aux imitations, aux frottements chromatiques, elles nous procurent bien du plaisir.Ce qui est passionnant, c’est le mot «chromatique».Depuis l’époque classique, on a perdu le sens si «début du baroque» de cette teinte qu’on donnait à une note en la haussant ou en l’abaissant, ce qui étonne, surprend et stimule.Aucune des trois consœurs violonistes ne se gène pour colorer sa phrase au moment venu en faisant sonner cette altération comme un frémissement momentané du diapason.C’est délicieux.L’ornementation est curieusement un peu raide, comme si les archets manquaient d’un je-ne-sais-quoi de souplesse auquel la prise de son précise n’apporte aucun camouflage.Cela n’empêche pas le discours d’évoluer avec grâce; il se fait leste ou languit, danse ou se morfond au gré de la fantaisie des compositeurs.Malgré la communauté d’esprit de ceux-ci, je le répète, le répertoire a été si bien choisi qu’on retient plus l’impréssion d’aller de découverte en découverte que de nager en eaux trop familières.COMPLETE WEBERN Anton Webern: intégrale de l’œuvre publiée avec et sans numéros d’opus sous l’égide de Pierre Boulez.Françoise Follet soprano; Christiane Oel-ze, soprano; Mary Ann McCormick, mezzo; Gerald Finley, basse; Gidon Kremer, violon; Clemens Hagen, violoncelle; Oleg Maisenberg, Gianula Cascioli, Pierre-Laurent Aimard, Eric Schneider et Kristian Zimmerman, piano; Quatuor Emerson; BBC Singers; Ensemble InterContemporain; Orchestre philharmonique de Berlin.h: dkvoir CLUB VOYAGES.VOYABEC Leffet Mozart! Concertos pour uiolon n° I et 3 Symphonie n° 15 Lundi, 17 auril, 20 h Théâtre Maisonneuve Place des Arts ‘Richard Turp présente les œuvres au programme à 19 h.Réception suite au concert.Billets : 35$.28$.20$.10$ (élu.) En uente à la Place des Arts 8420 112 et à l'Orch.de chambre McGill 487 5190 | ocm@totnl.net | BANQUE ! NATIONALE 9e Symphonie de Reethouen 15 mai.Basilique Notre-Dame Dir.: Pierre Boulez.Fourreau de six disques DGG 457 637-2 Décidément, considéré, après des années, comme un compositeur et un chef froid et intellectuel, Pierre Boulez est certainement le chef le plus média tisé de sa génération.et le plus célébré par la DGG.Cette dernière, en effet lui a fait le cadeau, il y a dix ans, de pouvoir tout (ré) enregistrer ce qu’il voulait avec les interprètes — solistes et orchestres — de son choix.Pour ajouter de la garniture sur cet imposant gâteau, la noble maison allemande lance une série Boulez 2000 en l’honneur des 75 ans du musicien français vivant le plus connu aujourd’hui.L’admiration inconditionnelle et éternelle de Boulez pour l’œuvre de Webern — plus précisément pour la Symphonie op.21 et les cantates — nous a déjà valu une première intégrale, parue dans les années 70 chez la défunte CBS Records (aujourd’hui Sony Classical).Une nouvelle version s’imposait à plusieurs titres.Plus important que l’amélioration des moyens de reproduction et des avancées de la technologie d’enregistrement, suivre l’évolution de l’interprétation de Boulez, c’est constater à quel point une nouvelle génération C6ttipl«t« webern • boulez d’interprètes s’approprie un corpus qui, pour elle, n’a vraiment plus rien de contemporain ni de l’innocence de la nouveauté radicale.Et d'y applaudir! La grande majorité des interprètes de cette intégrale ont en effet eu la chance d’apprendre cette musique d’abord en l’entendant plutôt qu’en la déchiffrant.L’avantage est donc d’avoir été séduit par la beauté musicale des œuvres plutôt que fasciné par leur écriture.Pour subtile que puisse paraître la nuance, elle n’en demeure pas moins très audible.D’abord chez les chanteurs: François Follet et Christiane Oelze manipulent l’aspect aérien des mélodies de Webern avec une facilité déconcertante et une sensualité qui, jusqu’alors, faisait défaut.La période où la première (voire souvent l’unique) qualité d’une cantatrice s’attaquant à ce répertoire était de posséder l’oreille absolue est révolue.On exige maintenant autant d’expressivité (ce vocable n'a désormais plus rien d’antinomique avec Webern) que dans le reste du répertoire.Et on l’obtient sans problème.Cela vaut aussi pour les autres interprètes, solistes comme cham-bristes.Malgré la brièveté des pièces, la concentration du jeu et de l’esprit est si grande sur ces six disques que le geste concentré, voire raccourci, y est encore plus incandescent L’écoute attentive des œuvres de jeunesse encore tonales, mises en parallèle avec celles strictement atonales ou sérielles, montre une infinie parenté.La modulation rapide et sans détour dans les premières se transpose en fransi-tions lapidaires entre types de jeu, d’orchestration ou de matériau, précisément articulées dans les dernières.Reste un court mot à dire au sujet des pièces orchestrales.C’est Boulez et le Philharmonique de Berlin.Tout est dit.v5 10 MA F Ç~T l VA L de la LiTTCP-ATUtLC MONOi/^LE ¦ S Texte de Louis Aragon Lecture par Jean-Louis Trintignant Musique composée et interprétée par Daniel Mille Mise en scène de Antoine Bourseiller h/se des adi LRIN I KiNAN I Les 17, 18, 19 et 20 mai au Lion d'Or (Montréal) Réseau Admission : (514) 790-1245 Les 23 et 24 mai au Théâtre Petit Champlain (Québec) Billets : (418) 692-2631 UN HO LE DEVOIR hbfné • t$1,0,4 , ¦ fZItaiKHi* Imvcai«» ( «Mb UaM fc Fn».r è (M* Télé-Québec J'I'.'N J11’K 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI I .ï ET DI M A X CUE 1 (i A V R I L 2 O O O lî I I ARTS VISUELS Haut de gamme On aurait voulu être plus critique, moins enthousiaste, que nous n’aurions pu GENEVIÈVE CADIEUX Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desmarais 1380, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 2 juillet BERNARD LAMARCHE Tout simplement stimulant.Ce sont les mots qui viennent en tête lors de la visite de ce modeste (10 œuvres) mais combien enrichissant accrochage des œuvres de l’artiste montréalaise Geneviève Cadieux qu’offre (gratuitement) le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Réalisée en collaboration avec la Morris and Helen Belkin Art Gallery de l’Université de Colombie-Britannique et installée dans les murs de l’institution montréalaise sous la responsabilité de Stéphane Aquin, ancien critique, désormais conservateur à l’art contemporain du MBAM et qui signe ici un travail remarquable, l’exposition, du moins sa contrepartie locale, est une belle réussite.Il faut vraiment déambuler dans les quatre salles de l’exposition (dans le sous-sol qu’on réserve à l’art contemporain!) pour voir comment on a réussi à faire résonner les thèmes de la production récente de Cadieux à travers le parcours de cette exposition.D’une œuvre à l’autre, pour la plupart des pièces que nous avons été amené à commenter par le passé, mis à part quelques inédits montréalais, l’espace est littéralement rempli de références multiples entre les œuvres qui partagent un même thème et d’autres, plus distancées par rapport à leur contenu.On aurait voulu être plus critique, moins enthousiaste, que nous n’aurions pu.Même les œuvres de la série Elle et lui, pour lesquelles nous avons toujours eu du respect sans qu’elles nous aient jamais totalement remué, sont redéployées ici dans deux salles adjacentes, ce qui leur confère un relief qu’elles n’avaient pas su prendre dans l’accrochage précédent, à la galerie René Blouin.Sur l’incommunicabilité entre deux êtres, ces images où l’on voit un échange muet jusque dans les gestes accomplis par les personnages — Anne-Marie Cadieux, sœur de l’artiste, et le comédien James Hyndman — sont séparées dans deux salles, de façon à ce que la séquence de gestes faits prenne une dimension temporelle jusque-là absente.Le geste amorcé dans une première image ne sera complété que dans la seconde salle, dans une temporalité prolongée à souhait pour que le drame de ce contact raté prenne son souffle.Dans ce second temps, il sera déjà trop tard, la conversation n’aura pas lieu, elle n’aura pu advenir.Inversement, la séquence, écartelée dans deux es- paces, lie ces derniers et jette des ponts d’une salle à l’autre, phénomène qui sera répété tout au long de cette visite, que ce soit par les sujets des œuvres ou par leur manière de faire se plier l’espace.Des voix blanches Œuvre jamais présentée à Montréal, Broken Memory est une installation sonore disposée dans la première salle comme pour s’assurer que la plainte qui en émane nous accompagne jusqu’à la fin, jusque dans l’enceinte d’une autre installation qui utilise également le son.Dévoilée en 1995 à la Tate Gallery (depuis acquise avec bonheur par le Musée d’art contemporain de Montréal), l’installation se présente sous la forme d'un caisson de verre légèrement fumé, lequel abrite une quantité appréciable de fils dont la disposition suggère quelque chose d’organique.De la pièce sourdent les pleurs dramatiques d’une femme.En plus de faire vaciller l’espace, les parois de la caisse n’étant pas perpendiculaires au sol et nous renvoyant également une image déformée de nous-mêmes, la pièce, terrible, active la pulsion scopique: à chaque pleur, une fois franchi le seuil de cette première salle, nous sommes incités à nous retourner, alarmés par les gémissements.Plus loin, à ces gémissements théâtraux répondent des larmes photographiques.Tears (1995), une épreuve photographique où un blanc neigeux affleure, atmosphérique, répond au plein sonore de Broken Memory par les sanglots de cette vibration de la surface de l’image.Tout au long de l’accrochage sont disséminées des prises de vue en très gros plan, à très grande échelle, de denses superficies gazonnées où ploient sous le vent (le souffle?la voix?) les vertes brindilles, représentées en couleur ou en noir et blanc, comme pour mieux faire écran.Un de ces paysages fait exception.Dans Pour un oui, pour un nom (2000) se retrouve condensée l’idée de l’étirement du temps, de la curiosité que suscite une image.Deux fois le même paysage est reproduit dans deux images au grain important, mais qui sont étrangement dissemblables, sans qu’on comprenne immédiatement la nature de la manipulation des images.Quelque temps d’observation, si les cris de la première salle ne deviennent pas trop envahissants, permettra à la solution de se dessiner.Aux côtés de cette œuvre on retrouve trois sphères de verre soufflé, une pièce intitulée Souffle, dans lesquelles il faut voir une référence nouvelle à la voix, à la fragilité de celle-ci, au caractère cristallin du cri.Seul faux pas dans cet Dans Pour un oui, pour un nom se retrouve condensée l’idée de l’étirement du temps, de la curiosité que suscite une image Paramour, une première incursion pour Cadieux dans l’art de la vidéo.accrochage jusqu’alors impeccable, cette pièce semble un peu perdue dans l’espace du musée et est privée de sa charge, qui sans doute est déjà plus fragile que dans d’autres œuvres de Cadieux.Paramour Finalement, pour doré le parcours — à moins que ce ne soit pour l’ouvrir davantage —, on retrouve la pièce Paramour, une première incursion pour Cadieux dans l’art de la vidéo.Dans une pièce allongée, sombre, une projection de grand format nous donne à voir le visage d'une femme (Anne-Marie Cadieux) , au regard fixe, qui s’élève au-dessus de nous.Elle dira, en français puis dans un second cycle, en anglais: «Vous n'avez jamais aimé une femme?» Un homme, sa voix comme surgie de nulle part, lui répond: «Non, jamais.» Et la voix féminine de répéter, se faisant insistante.Même réponse, impitoyable.Cer- SOURCE GALERIE RENE BLOUIN tains, à juste titre, y reconnaîtront un passage de La Maladie de la mort de Marguerite Duras.Dans le catalogue de l’exposition, en plus d’analyser les apports de la vidéo, Chantal Pontbriand examine cette pièce en montrant bien comment elle vibre des préoccupations précé- dentes de l'artiste: la voix, la demande, la communication toujours reportée.lœ visiteur pourra en effet voir à travers le parcours offert par l’exposition ces recoupements que Pontbriand éclaircit davantage.Cela dit, une interrogation demeure.à laquelle l’exposition avait fourni des éléments de réponse avant même quelle ne soit formulée.Cette voix masculine, atemporelle.totalement désincarnée et qui l’est encore plus si on la compare aux accents combien sensuels de la voix féminine, d’où vient-elle?Plus le visiteur avance vers l’écran où vient s’échouer l’image vidéo, plus il est impliqué dans l'œuvre.Mais il devra bien finir par se retourner.Et alors, il verra dans son entièreté le dispositif de projection.Et plus que tout, pénétrant dans la salle dans laquelle il entrait plus tôt lui-même, le visiteur sera ébloui par un rai de lumière dirigé vers lui.Or qui, selon la tradition, arrive à nous sous la forme d'une lumière?Cette voix, peut-elle être celle du Tout-Puissant?N’avons-nous pas affaire en toute connaissance de cause à une apparition?Est-ce bien à elle que s'adresse la demande?Tout le laisse croire.Plus tôt, dans ce parcours qui ne se contente pas de peu, nous avions appris que Broken Memory avait été inspirée par un poème de sœur Juana Inès de la Cruz (1651-1695), dans lequel la poétesse «exprime avec force combien il est nécessaire d’exprimer sa peine et sa douleur».Le filon religieux était déjà activé.Dans Broken Memory, Cadieux ne garde du corps que sa voix.Dans Paramour, elle donne voix à un corps sans substance.Elle donne à la lumière une langue.L’apparition est mystique.A la fin de la séquence, la comédienne baisse les yeux.L’œuvre en devient encore plus troublante.Et les cris inspirés par la religieuse de se propager encore.ESTAMPES INTERNATIONALES DU 15 AVRIL AU 6 MAI «s BOLOTOWSKY - CHIA -DINE GROOMS - HOCKNEY PALADINO - RIVERS • STELLA WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouest Montréal H3G IK4 Tel.: 847-1112 Fax : 847-1113 Du mercredi au samedi de 10 h à 17 h E-mail : wadgorce@total.net ; Web : http:llwww.total.net/~wadgorce Le Club des Arfs 1840 rue Sherbrooke Ouest EXPOSITION ANNUELLE PRINTANIÈRE Du mercredi 3 au samedi 13 mai 2000 (excepté le 8 mai) Tous les jours de 12 h à 18 h Le samedi de 12 h à 17 h Venus sage : mardi 2 mai de 19 h à 22 h 514-933-6405 Frédéric Benrath Œuvres récentes L'exposition se poursuit jusqu'au 6 mai GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal H2T 2T3 514.8491165 Ouvert du mardi au samedi de 9 h 30 à 17 h 30 Marc-Antoi ne NADEAU Batailles navales, combats aériens et ébats amoureux jusqu’au 29 avril à l’espace # 200 du 307 Sainte-Catherine Ouest Vernissage aujourd’hui dès 14h.(tél.331-8906) du mardi au samedi de 11h à 18h la galerie d'art Stewart Hall nsmm Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 du 15 avril au 21 mai 2000 Sarah Valerie Gersovitz A.R.C.RÉTROSPECTIVE 1950-2000 L'ottroit de l’horizon Le public est cordialement invité au vernissage le dimanche 16 avril de 14 h à 16 h Entrée libre • Accessible aux fauteuils roulants Du lun.au vtndr.de I4h à I6h, lun.et merer, rolrt de 19b à 21 h 404ti4is Sam.et dim.de I3h à I7h GALERIE DE BELLEFEUILLE vernissage Norman Laliberté catalogue disponible rencontre avec l'artiste les santec'i et c manche 15 & 16 avrl Ce 13h à 17h 1367.avenue Greene.Westmount.Tél : (514) 933-4406 lundi au samedi : lOh - 18h * dimanche : 12h à 17H30 GALERIE BERNARD JEAN GAUDREAU « Metamorphose 11 » (œuvres récentes) DU \ J.A V R 11 AU (, MAI 2000 90 av.Laurier Ouest Tél.: (514) 277-0770 du mardi au vendredi de 11 h 00 à 1 7 h 00.samedi de 12 h 00 à 17 h 00 DRAWN FROM MEMORY Randall Finnerty jusqu’au 21 mai 2000 Mardi, mercredi, jeudi : 13 h à 19 h Vendredi, samedi, dimanche : 13 h à 17 h Entrée libre Maison de la culture Plateau-Mont-Royal 465, av.du Mont-Royal Est (métro Mont-Royal) Renseignements : (514) 872-2266 MONtrédL www.ville.montreal.qc.ca/maisons * © e» o Culbutes jusqu’au 23 avril 2000 === MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :: 185, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal Métro Place-des-Arts • Renseignements : (514) 847-6226 Une présentation de essnoR www.essilor.ca & 4k B 12 L E I) K V O IR.LES SAMEDI 15 E T DIMANCHE 16 AVRIL 2 0 0 0 ?ARTS VISUELS Uexposition comme allégorie des sens SIGNES DE VIE Galerie Leonard et Bina Ellen de l’université Concordia 1400, boulevard de Maisonneuve Ouest Jusqu’au 20 mai BERNARD LAMARCHE La galerie léonard et Bina Ellen de l'université Concordia propose actuellement une exposition qui cherche à prendre contact avec une dimension de plus en plus importante dans le champ des arts visuels.Cela peut sembler étonnant, mais il s’agit de mettre en cause l’hégémonie du visuel dans le contexte de pratiques qui résistent encore beaucoup à poser le phénomène de la perception en dehors du strict rapport à la vue.Cette exposition nous est donnée par le collectif Display Cult, formé au départ de Jim Drobnick et de Jennifer Fisher, duo auquel s’ajoute cette fois Colette Tougas, qui, il y a deux ans, avait organisé l’événement-blitz intitulé Counterposes.Reconcevoir le tableau vivant, le titre l’indique, fait retour sur un genre tombé en désuétude, celui du tableau vivant.L’exposition d’alors et la plus récente abordent ouvertement l’exposition tel un matériau qu'il s’agit d’explorer, de remodeler.Ainsi, à travers les œuvres de neuf artistes et architectes de Signes de vie, les autres sens que la vue sont-ils mis en relief.Substances atypiques, expériences physiques singulières ou encore explorations sonores sont au rendez-vous.L’exposition accumule les références à la brochette complète des sens, modifiant l'expérience que l'on peut faire des œuvres.Cela dit, bien que l’accrochage soit stimulant dans sa manière d’aborder le phénomène de l’exposition, il demeure souvent dans les registres de l'abstraction, se présente trop souvent sous les auspices du genre de l’allégorie, comme autrefois la nature morte, qui déjà amenait celui ou celle qui la regardait à méditer sur les conditions de la vie matérielle, ce à quoi parvient de façon inégale Signes de vie.Les expériences qu’on nous promet ne sont pas toujours des mieux ciblées.L’exposition dresse la carte des sens tels qu’ils peuvent être pris en charge à travers le visuel mais propose, en règle générale, des situations qui renouent avec l’ensemble des modalités déjà connues à travers l’histoire encore jeune de l’installation, soit la négation du lieu, la prise en compte des déplacements du spectateur ou encore l’activation de modèles perceptuels assis sur d’autres sens que ceux de la vue.Dans le «vécu» qu’elles cherchent à nous faire partager, certaines œuvres parmi les moins réussies de cette exposition échouent à s’imposer avec suffisamment de force pour réellement modifier notre rapport au lieu ou à l’expérience même de l’exposition.Le toucher, le goûter Il en va ainsi de l’installation proposée par le trio d’architectes Bosses (Eric Daoust, Donald Potvin et Jean- Photo PAUL LACROIX .ÿÊËÊÈ «FRAGMENTS D’OMBRES» i.¦ .,>• ; Le Musée du Québec est subventionné par le ucomm d« a™ tm» can.o.owi»m DW Cakmm D>a TNi «an ministère de la Culture et des Communications du Québec lr*r* F Whlttooi#.Conlunctto k) NmjtH.19W De la aéria da 18 aatampaa numériquaa impfiméaa aur papier chiffon, 240 x 120 cm.Coilaclion de rartiste "RArt ; % ui v/ f aat - < La Triennale/ .isab "Doris Kavcfc U Ü ‘ / * ItUL ï 31 mars au 24 avril deux mille Soirée table ronde : L'art actuel peut-il rejoindre le grand publie?II avril à IU h 10 Encan bénéfice aux profits de la fondation de l’Hôpital Sainte lusline Avec des cenvrcs de Ferrnn, Mnlmari, Mousseau, Daudclin, Vilnsi.,.F.ncanleurs : Raymond ( Imiliei et l’aide llaillargeou III avril à l‘)li 10 Ouvert tous les jours de Kill à Itlh - Entrée libre • iniu : p.i.ii www.irlquilaitliounrqr ra ?Marché Buniecours____________M l’.u, nu Saini-Haul ht, Vitm-Wiinlii iil map u m™ J* Fr ur rrn J3L U C*M*t *l«n ,P "ii l'a Québec 3C I.K I) E VOIR LES SAMEDI I 5 ET DI M A N CHE I (i A V R I I.2 0 0 0 i; in LE DEVOIR Phyllis Lambert sort d’un long marathon.C’est qu’elle vient de terminer la version manuscrite de la plus importante exposition jamais consacrée à l’œuvre de l’architecte allemand Mies Van der Rohe.Par chance, elle n’aime pas beaucoup parler d’elle.Il sera alors question de Mies, et là-dessus, Phyllis est intarissable.JACQUES MARTIN Mies est un des trois grands architectes du XX' siècle, avec Le Corbusier et Frank Lloyd Wright, qui était plutôt un architecte du XIX' siècle.Mies est l’architecte le plus difficile, et pour cela, le moins connu.Mais il est aussi le plus reconnu, parce que son œuvre est partout.Son approche a tellement fait la promotion de la technologie que son idée a été reprise maintes fois, à droite et à gauche.«On voit une forme, on voit un bâtiment, un café, un gratte-ciel avec des poutres apparentes, et puis on dit, voilà, c’est Mies.Mais ce n ’est pas Mies, ça.Il y a beaucoup de Mies, et cela, ce n’est pas du tout connu.«Comme Wright, Mies s’est beaucoup intéressé à la façon dont les éléments se rapportent à la nature, Mais il cherchait à la représenter dans ce qu'elle a d'organique, c'est-à-dire dans la façon dont les parties se rapportent au tout.Il s’intéressait davantage à voir comment les formes se génèrent entre elles, tel un organisme, qu'à imiter la nature.Mais surtout, ce qui l'intéressait, c’était de comprendre notre époque.Il voulait faire une architecture qui se rapporte à notre époque.» L’exposition Mies en Amérique mettra l’accent sur la période entre 1938 et 1950.Car durant cette période, Mies dessinait beaucoup: jusqu’à 800 dessins par projet.Le public pourra ainsi comprendre sa préoccupation pour les matériaux modernes.«Il dessinait d’une façon cinématographique les différentes vues de l’espace, pour essayer de comprendre le jeu des matériaux.Il travaillait toujours avec des croquis, des dessins, des collages qu’il affichait sur les murs et qu’il nous demandait ensuite d’analyser, de comparer, d’étudier toutes les possibilités esthétiques générées par le mariage de l'acier et divers matériaux industriels: verre-acier, brique-acier, acier-acier, comme les éléments d’une révolution architecturale, celle de la liberté dans l’espace, où il peut y avoir me interaction, une présence constante de l’intérieur et de l’extérieur.Im petite maison Farnsworth, à charpente d’acier et à toit plat, tellement magnifique, tellement épurée, en est le meilleur exemple.La maison apparaît tel un artifice construit et déposé doucement dans la nature, portant à cinq pieds du sol sur huit pilotis.En plan, c’est un geste pur», note Phyllis Lambert FORME «Mies comparait souvent l’architecture au langage: “Vous pouvez parler bien.Mais si vous parlez vraiment très bien, alors vous êtes un poète.”En effet, il cherchait toujours cette dimension poétique dans ses projets.» Mies en Amérique L’exposition Mies en Amérique, organisée par le CCA et le Whitney Museum de New York, ouvrira ses portes en juin 2001 au Whitney, avant de venir à Montréal à l’automne, puis de se rendre à Chicago et enfin à Paris, en 2002.Le public pourra suivre la démarche de l’architecte durant toute l’exposition: comment il choisit de mettre ensemble certains éléments, certains bâtiments.Plus de 300 pièces seront présentées, dont plusieurs dessins de la main de Mies et des œuvres provenant de gens ayant travaillé avec lui.«Je veux qu’on ar- Dans l’œil de l’architecte Mies Van der Rohe vu par Phyllis Lambert, O.C., C.Q., O.A.L., F.I.R.A.C., RCA, LL.D Directeur-fondateur et président du Conseil des fiduciaires du CCA COLLECTION CENTRE CANADIEN D’ARCHITECTURE,MONTREAL Mies Van der Rohe à la fenêtre d’un appartement du 860 Lake Shore Drive, à Chicago, Illinois.rive à comprendre la démarche, l’expérience de l’architecte, comment s’est structurée sa pensée: son intérêt pour la philosophie, la sculpture et les œuvres d’artistes tels Paul Klee, Kurt Schwiters et Picasso.Toute une collection d’œuvres d’art qu’il intégrait toujours dans ses dessins, et des livres qu’il avait soulignés et qui avaient rapport à sa pensée architecturale.Même si, paradoxalement, il y a une grande fantaisie dans l'œuvre de ces artistes qui s’opposent à la rationalité architecturale de Mies.» Puis, l’exposition présentera les deux typologies du bâtiment qu’il a réalisé: à portée sans colonnes intérieures (rpai-son Farnsworth, Musée de Berlin, Ecole d’architecture) et des gratte-ciels, dont le Seagram Building, qui reprennent tous les aspects élaborés jusque-là.Des bâtiments d’une grande simplicité, certes, mais aussi d’une grande complexité d’agencement «Le musée national de Berlin, qui est en somme une grande toiture [250 pi X 250 pi] épaisse et quadrillée, suspendue à une ossature supportée par huit colonnes extérieures, est un vaste espace ouvert enveloppé de verre.Il n’y a rien d’autre dans ce bâtiment, sinon le sol en granit et les podiums pour les œuvres.Grâce à un jeu d’images, vous pourrez voir l’espace de ce bâtiment évoluer du jour à la nuit.Car l’architecture de Mies est une architecture du mouvement.Vous pouvez rester là sans bouger, mais dès que vous marchez, vous commencez à voir les subtilités de l’espace.Vous voyez comment les choses glissent les unes sur les autres, les changements dans l’ouverture du bâtiment [le solide par rapport à la transparence], puis les gens qui arrivent, partent, les couleurs, les textures qui sont superbes, notamment au Seagram.» Phyllis Après avoir obtenu un baccalauréat en arts, Phyllis Bronfman épouse Jean Lambert, un économiste alsacien, qu’elle quittera au bout de trois ans et dont elle conservera le nom.Elle n’a que 27 ans mais décide de revenir à New York afin de prendre en main la planification du Seagram Building que son père veut ériger au cœur de Manhattan, avec la ferme intention de faire de cet édifice un véritable symbole architectural.Incidemment, l’édifice est aujourd’hui reconnu comme un joyau de l’architecture moderne.Après avoir fait le tour de quelques architectes importants, son choix s’arrête sur Ludwig Mies Van der Rohe, alors âgé de 68 ans, et qui a peu construit en Amérique depuis qu’il a quitté l’Allemagne nazie en 1938 pour diriger l’école d’architecture de l’Illinois Institute of Technology, à Chicago.C’est là une expérience marquante qui l’incitera à entreprendre des études à l’IIT, où elle obtiendra un diplôme de mai tri se en architecture en 1963.Dès sa sortie, elle réalise le Centre Saidye Bronfman, à Montréal, puis elle travaillera à divers projets pour lesquels elle recevra de nombreux prix, notamment pour sa participation étroite aux travaux de restauration de la synagpgue historique Ben Ezra au Caire, en Egypte.Entretemps, elle continuera de collaborer avec Mies Van der Rohe jusqu’à la mort de ce dernier en 1969.«Quelque temps après, j’ai déménagé à Toronto, un peu déboussolée, fêtais quelque part entre Chicago et Montréal, ma ville natale.Et en 1974, j’ai acheté ma maison à Mont- réal», raconte-t-elle.Puis, ce sera l’aventure de protection du patrimoine montréalais et de la mise sur pied du CCA, dont elle a quitté la direction l’an dernier.Rendre justice Mais Phyllis Lambert revient rapidement sur le sujet qui la passionne au point de devenir une entreprise libératrice.«Cette exposition ne me libérera pas de Mies, car je n’ai jamais été captive de son œuvre.À preuve, le CCA, formellement, n’a rien de Mies.Mais la pensée de Mies est pour moi une philosophie, quelque chose de très intime qui nourrit la réflexion.Il a vraiment établi les bases architecturales de notre époque en se servant de notre technologie à un niveau inégalé.Et si j’ai repris l’esprit de Mies [Centre Saidye Bronfman], c’est que je voulais apprendre.Mais chacun doit faire son œuvre.J’espère que cette exposition lui rendra justice et permettra de découvrir des facettes méconnues de l’œuvre de Mies.» Fait à souligner, le MOMA de New York inaugurera simultanément sa propre exposition dédiée à Mies Van der Rohe mais portera sur la période berlinoise qui a précédé sa venue aux Etats-Unis.Par la suite, les deux expositions se rencontreront à nouveau, mais à Paris.Même si les deux expositions ont été conçues de façon indépendante, elles renverront un écho puisque, réunies, toutes deux couvriront l’œuvre complète de Mies.«Peut-être qu'à deux, nous parviendrons à mieux comprendre Mies.», déçlare Phyllis I ambert en terminant.A voir toute l’énergie et la fougue qu’elle met à élaborer l’exposition Mies Van der Rohe, on pourrait croire qu’elle considère cet événement comme le plus important de sa rie.C’est peut-être aussi parce qu’elle se sent plus libre aujourd’hui et qu’elle peut enfin se consacrer, à 73 ans, à autre chose qu'à bâtir.3 ""'-"S i ; .Mjî.—l COLLECTION CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE Étude préliminaire pour le campus du Illinois Institute of Technology, Chicago.1939 AI.AIN LAFOREST /CCA Ateliers d’information pour diplômés en design : horaire printemps 2000 Institut de Design Montréal 390.rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3| Montréal IQuébecI Canada HZY1H2 Téléphone : 1514)866-2436 Télécopieur : |514) 866-0881 Courriel idmOidm qc.ca Site Web http://www.idm.qcca Les Ateliers d'information de /'/DMconstituent un outil mis à la disposition des diplômés en design pour faciliter leur intégration au milieu de la pratique professionnelle Les thèmes abordés concernent notamment l'élaboration d'un portfolio, la rédaction d'un curriculum vitae et d’une lettre de présentation, le démarrage d'une entreprise, la gestion de projets, le marketing, l'offre de senrice ainsi que la propriété intellectuelle.INSCRIPTION Ces séminaires s'adressent plus particulièrement aux jeunes diplômés des différentes disciplines du design de 1997,1998, 1999 et 2000 Grâce à la collaboration de Développement des ressources humaines Canada, des frais d'inscription de seulement 15 $ sont exigés.Étant donné le nombre de places limité, celles-ci sont attribuées selon la formule premier arrivé, premier servi.Pour vous inscrire, communiquez avec Mélanie Drainville au (514) 8(6-2436, poste 33.HORAIRE Merit Ming Lundis 1er et 8 mai 2000 (2 soirs, 18 h à 22 h) Cet atelier présente l'ensemble de la démarche marketing autant d'un point de vue stratégique qu'opérationnel.Il met en évidence les aspects spécifiques du marketing de services professionnels auprès de clients industriels et commerciaux Curriculum vitae et lettre de présentation Mercredi 10 mai 200011 soir, 18 h à 22 h) Présentation des techniques de base pour la rédaction d'un curriculum vitae, spécifiquement pour le domaine du design.Le designer et la propriété intellectuelle Lundi 15 mai 2000(1 soir, 18 h à 21 h) Constitué d'exposés sur les aspects commerciaux de la propriété intellectuelle et sur sa valeur économique pour les designers, cet atelier couvre plusieurs sujets : droit d'auteur, marque de commerce, dessin industriel, brevet, etc.Introduction è la gestion de projets Lundi 29 mai 2000 (1 soir, 18 h a 22 h) Tout en demeurant une introduction au sujet, cet atelier fournit une démarche de bonne gestion ainsi que les outils de base à utiliser pour la mettre en pratique.OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Heures d'ouverture de la Galerie de ITDM : du lundi au dimanche, de 10 h à 18 h. I.K |> K V (MR.L K S S A M K I) I I 5 K T l> I M A N < Il K Ml AVRIL 2 0 0 (I A R ï S Dans la forêt des interdits ernard Pivot se pâmait.À son émission, urbi et orbi, il en rajoutait sur le flanc de l’éloge, évoquait la lecture essentielle, revenait à la charge: «Lisez ça! Lisez ça!» L’hôte si bien accueilli, un Chinois, Dai Sijie, son premier roman sous le bras, recueillait d'un sourire zen les précieuses bouffées d’encens soufflées sur sa pomme au chic Bouillon de culture.Et d’expliquer qu il s’agissait de sa propre histoire; toute ressemblance avec des personnes réelles ou ayant existé n’est point le fruit du hasard mais la vérité toute nue, quoique à peine croyable.Bon, il est un peu tèteux, Pivot, voire flagorneur sur les bords.On l’apprécie, on le trouve formidable et tout.N’empêche.C’est rare qu’il n’aime pas quelque chose ou, du moins, qu’il en convienne.Pour la critique pure et dure, cherchez ailleurs.Cette fois-là, son enthousiasme débordait tout de même en mousse de la coupe, fl semblait vraiment mordu.Alors j’ai couru me procurer Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, laissant le volume mariner sur ma table de nuit, le reluquant de temps à autre du coin de l’œil, puis, l’autre soir, n'y tenant plus, saisissant la première page tel le fil d’un tricot, j’ai soudain été aspirée dans un monde où la lecture de Balzac modifiait les destins de ceux qui s’y frottaient, devenait une substance puissante, abrasive, enivrante, à manier avec extase et précaution.Le Père Goriot attention, danger! Dans ma petite tête d’Occidentale, je ne l’avais jamais perçu comme ça.A tort, sans nul doute.Le cadre de l'histoire donnait son prix aux nourritures littéraires consommées par ses héros.Ai-je dit que ça se déroulait dans la Chine de Mao, en pleine Révolution cul- Odile T rem b lay turelle, que le livre mettait en scène de jeunes garçons, fils d’infâmes bourgeois réactionnaires, envoyés dans un village perdu pour être rééduqués en charroyant des sacs de merde à travers les montagnes?De quoi trouver qu’on est tout compte fait fort bien chez soi.Et Balzac, dans tout ça?, me demanderez-vous.On y vient.La clé de voûte du roman est une valise volée, remplie de livres traduits en chinois de grands auteurs français, Balzac, Hugo et compagnie, appelés à faire fleurir ou à contaminer ces jeunes esprits.D’ailleurs, une jeune tailleuse, la beauté de la région, inculte au départ, est bientôt métamorphosée par la lecture de ses chevaliers servants, au point d'envoyer tout promener, de quitter son bled pour chercher l’aventure dans la grande ville.Pervertie par La Cousine Bette, Le Père Goriot et Eugénie Grandet, Balzac avait enseigné à la demoiselle que la beauté d’une femme n’a pas de prix.C’est à lui aussi que l’auteur du livre autobiographique devra sa vocation d’écrivain, son futur exil en terre française et, bien entendu, ledit passage remarqué chez Pivot.Si le grand romancier de La Comédie humaine avait pu se douter de J’endroit où germeraient un jour les graines qu’il semait.Etrange destinée des livres.Sans doute faut-il des conditions extrêmes, les régimes les plus étouffants intellectuellement, pour que l’être humain accorde à la littérature le pouvoir absolu de changer sa vie, en bien comme en mal.Privé de livres, d’univers sur lesquels rêver, il les dévorera sous le manteau avec des émois de conspirateur et une extase de gourmet.Que les mots lui surviennent tout cuits dans le bec, l’effet Balzac se dissoudra sous sa langue, vite fait Blasé, le consommateur repu de bibliothèques, préférant plus souvent qu’à son tour naviguer sur Internet que de s’enfiler ses classiques.La censure a cet effet pervers (à son propre point de vue) de générer le désir ardent de la transgresser.Tellement affamés intellectuellement, les héros de Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, qu’ils apprenaient les romans par cœur, bichonnaient leurs trésors littéraires comme des reliques.Pas nous.A croire qu’il faudrait ressusciter Mao et l’index aux rayons de l’enfer dans nos propres librairies.Un programme, convenons-en, bien embêtant.Rien n’est parfait.Je me suis dit que les fleurs les plus vigoureuses poussaient souvent dans la forêt des interdits, réflexion d’ailleurs alimentée par la lecture du dernier livre d’Alberto Manguel.Son essai en capsules, Dans la forêt du miroir (fort captivant), célèbre le pouvoir des mots, invite à la culture subversive, celle qui libère les esprits des chaînes des préjugés.Glissant dans la confidence, Manguel évoque sa jeunesse argentine au début des années 60, quand l’enseignement culturel s'écrasait sous les bottes des coups d’Etat successifs.Et voilà qu’un professeur de lycée, apparem- ment tombé du ciel, l’initia à Kafka, à Rimbaud, à Cortâzar, à Akutagawa.Il lui apprit véritablement à lire, à décoder les relations entre les mots et les symboles, maître imprimant sur son disciple une marque d’autant plus indélébile que le climat politique de l’Argentine n'apparaissait guère propice aux bains de culture.La dictature militaire devait plus tard chasser Manguel d’Argentine.Or, un jour, au hasard d’une escale, il apprit que son professeur adoré avait joué au cours de ces années charnières les indics auprès du gouvernement, livrant des détails sur ses élèves, entraînant la torture et la mort de plusieurs de ses amis.Et l’écrivain de se demander si l’homme qui eut le plus d’influence sur sa vie ne fut en réalité qu’un monstre à l'enseignement corrompu, s’il pouvait justifier ses actes injustifiables ou admettre que ce maître se révélait à la fois un professeur extraordinaire et le complice des bourreaux.Manguel ne put jamais, et pour cause, répondre à ces questions.Les jeunes garçons de Balzac et la Petite Tailleuse chinoise finissaient de leur côté par brûler les livres, responsables à leurs yeux du départ de la belle.Trop tard.Ils portaient la littérature en eux, comme Manguel, pour le meilleur et pour le pire, nourris, blessés, transformés.Voilà! Refermant ces histoires insolites survenues dans des pays malheureux, je trouvais tellement fort le choc des initiations littéraires dont ces auteurs témoignaient que, dans mon petit monde douillet, en un éclair de folie sans doute, je me suis surprise un moment à les envier un peu.otrem blayCaledevoir.corn MUSIQUE Isolde Lagacé, conservatrice et heureuse de l’être Toute jeune, Isolde Lagacé (née en 1957) observait avec admiration des musiciens qui, comme Raymond Daveluy et Clermont Pépin, s’attardaient chez ses parents, Mireille et Bernard.Jamais elle n’aurait pensé leur succéder un jour à la direction du Conservatoire de musique du Québec à Montréal.Elle franchira pourtant le seuil de cette institution prestigieuse le 1" juin sur les traces de celui qui en fut le tout premier directeur, de 1942 à 1961: Wilfrid Pelletier, lequel avait coopté Claude Champagne comme adjoint.CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Il se produira bientôt une légère bifurcation dans la carrière d’Isolde Lagacé, la seule d’une famille de musiciens à avoir choisi de ne pas paraître sur scène et à œuvrer plutôt dans les coulisses.Elle joue admirablement bien du clavecin, mais sa sœur jumelle, Geneviève Soly, occupe déjà le créneau, à la tête notamment des Idées heureuses qui nous reviennent les 25 et 26 avril à la salle Pierre-Mercure.Depuis dix ans, Isolde Lagacé était rattachée à la faculté de musique de McGill pour y coordonner les concerts, mettant en pratique son sens de l'organisation et son talent de gestionnaire.Adolescente, elle organisa la première intégrale de l’œuvre pour orgue de Bach que donna son père, Bernard, à l'église de l’Immacu-lée-Conception! En 1997-98, on la retrouve à la présidence du Conseil québécois de la musique.Elle passera en juin à une autre institution d’enseignement supérieur de la musique: «Je reste dans le milieu qui a toujours été le mien, la musique.Il y a continuité», succédant à Albert Grenier dont le départ à la retraite fut comblé de façon intérimaire par lor- raine Prieur.Des chasseurs de têtes ont transmis au ministère de la Culture et des Communications une liste de 29 noms.Quatre finalistes furent retenus et, après concours, c’est Isolde Lagacé qui l'emporta.Elle aura sous sa responsabilité un cotps professoral de 60 personnes environ et le progrès de quelque 300 élèves lui incombera dans ce «premier établissement d’enseignement supérieur musical en Amé-’rique du Nord à être entièrement subventionné par l’État», sur le modèle du Conservatoire supérieur de Paris.L’excellence L’important, glisse-t-elle, c'est de se rappeler que «les bons étudiants sont attirés par les bons professeurs et que les bons professeurs restent [au Conservatoire] s’ils ont de bons étudiants.L’un ne va pas sans l'autre».Son intention est de faire tout en son pouvoir pour que cette logique de tandem se petpétue.Le niveau d’excellence lui tient à cœur.Elle souligne que les débouchés ne sont pas toujours aussi nombreux qu'on le souhaiterait pour les diplômés des conservatoires et des facultés.Nous sommes, au Québec, les seuls à jouir de ce double régime de formation qui surprend parfois des visiteurs européens qui n’ont pas coutu- me de penser en fonction de «facultés» de musique.Pour aider les étudiants de niveau supérieur à «comprendre la réalité de leur marché», Isolde Lagacé donnait depuis quelques années des cours de gestion des arts à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Trois-Rivières (sa nomination l’oblige à y mettre un terme).Elle est à même de témoigner du caractère très compétitif du milieu de la musique, «mais un étudiant qui répète, souvent seul, six ou sept heures par jour, peut se surprendre par la suite que la maîtrise parfaite d'un instrument a besoin de se compléter d’un esprit entrepreneurial».«Il faut comprendre qu’on ne peut pas offrir un nombre indéfini de postes à d’excellents flûtistes.La faune musicale est très mobile, heureusement.» 1^ grande différence pour Mme Lagacé sera, dans moins de deux mois, ce rattachement à la fonction publique qui entraîne une période probatoire de 24 mois.et un mandat d’une durée indéfinie par la suite.Son prédécesseur fut en poste une vingtaine d’années, mais elle n’est pas portée à envisager un si long règne: «Un certain roulement est nécessaire pour le bien de l’institution et pour le titulaire même.» «Nous sommes un petit peuple, très créatif et très performant dans le domaine des arts», constate la nouvelle directrice du Conservatoire qui a tout de même hâte d’assumer son poste, dans une optique de coopération avec d’autres institutions similaires.«Notez que je ne vous annonce pas ici de projets précis de coopération, attendons; de McGill, je suis à même de vous dire que des projets en commun avec Concordia et avec l’Université de Montréal» ont été menés à terme.Elle compte d’ailleurs les deux doyens de ces facultés, Christopher Jackson et Réjean Poirier, parmi ses amis.«Ça me fait plaisir, ça ne méfait pas peur» de succéder aux Roland Leduc, Clermont Pépin et Raymond Daveluy «dans une fonction prestigieuse; j'en prends davantage conscience d’après les réactions qui me parviennent depuis l’annonce de ma nomination».Héritage Le Conservatoire de musique du Québec à Montréal est l’une des constituantes du Conservatoire du Québec qui compte six autres établissements, dont l’un à Québec — établi en 1944 — et d’autres à Chicoutimi et Hull notamment.Deux sections d’art dramatique complètent l’organigramme du Conservatoire du Québec.L'institution de la rue Notre-Dame loge dans l’ancien palais de justice; elle abrite deux petites salles de concert (Gabriel-Cusson, 200 places, et Germaine-Malépart, 125 places).C’est là que se trouve, en résidence, l’Ensemble contemporain de Montréal, dirigé par Véronique Incroix.lœ CMQM a aussi son orchestre symphonique qui s’est produit sous la direction de chefs comme Roland Leduc, Raffi Armenian, Ixmis Invigueur et Raymond Dessaints.Dans ses deux premières décennies d'existence, le Conservatoire de musique du Québec à Montréal dut énormément au dynamisme de Claude Champagne (1891-1965), auquel l’ONF a consacré un film: Bonsoir, Claude Champagne.Nombreux sont les compositeurs d’ici qui cherchèrent auprès de Champagne des conseils et un complément de formation — pour ne nommer que trois musiciens disparus, rappelons les noms de Violet Ar- cher, Serge Garant et Jean Vallerand.Isolde Lagacé arrive dans une institution qui a certes connu quelques soubresauts mais qui, bon an mal an, a permis à des jeunes musiciens de faire fi de leur condition modeste pour développer leurs talents et — des cas nombreux le démontrent — revenir, en tant que professeurs, influencer l’autre génération qui profite elle aqssi d'un coup de pouce que consent l’État québécois aux étoiles en herbe dans cette institution «vouée à l’excellence de la formation musicale».Le communiqué annonçant la nomination de la nouvelle directrice souligne que Mme Lagacé a une «solide expérience du milieu musical comme musicienne, gestionnaire et pédagogue» et qu'elle est titulaire d’un baccalauréat en éducation et d’un autre baccalauréat en musique de l’UdeM ainsi qu’un diplôme des HEC en gestion des organismes culturels.L I KIC ST I’IKHRK I.K DEVOIR «Nous sommes un petit peuple, très créatif et très performant dans le domaine des arts», constate Isolde Lagacé, la nouvelle directrice du Conservatoire de musique du Québec à Montréal.ff MACHiN/tr ASfûltDff «165 MACtfMfô OSSITOS» Kite œuvre magistrate cjui réconcilie Sack, Barbara et tes Beatles UN I V E R SAL M Fow an foClrml confire, consultez le site internet du Devoir touiw.ledevoir.Côm
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