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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-04-15, Collections de BAnQ.

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L K I) K V (MR.L K S S A M KOI I .‘> K I I) 1 M A \ ( Il K I (i A V R I I.'2 tl 0 (I LE DEVOIR .»/.Gilles Marcotte Page D 3 Romans québécois Page D 4 Claude Duneton Page Dll Le livre en Montérégie Page D 7 L » * # " CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Longtemps, ils ont été réservés à Télite qui, seule, avait le privilège de la lecture et de récriture.Depuis, ils ont fait leur apparition dans presque toutes les chaumières du monde occidental, à plus ou moins grande échelle, selon le budget, les goûts, la passion de loccupant.«Le monde est gouverné par les livres», disait une bannière accrochée à la librairie catalane de Barcelone, en Espagne.C'est d'ailleurs la Catalogne, petite nation de quelque six millions d'habitants, qui est à l’origine de la Journée mondiale du livre, adoptée le 23 avril 1926.Depuis, la fête s’est mondialisée et a même été officialisée par l'UNESCO, en 1995.Cette année, elle sera célébrée le 20 avril, sous le titre de Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.ournee mondiale du livre et d auteur VOIR PAGE D 2: JOURNÉE MONDIALE o».4 .ï7*6- O AO 180 L E D E V 0 I R , L E S S A M EDI I .1 E T D I M A X CHE I (i A V R I L 2 0 0 0 I) 2 Livres JOURNEE MONDIALE Il faut voir qui a le plus à perdre et le plus à gagner en jouant le grand jeu du commerce virtuel.SUITE DE LA PAGE D 1 CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Au départ, la fête commémorait la mort de Miguel Cervantes, auteur du célèbre Don Quichotte.Elle tombait aussi le jour de la Sant Jordi, patron des Catalans, dont la légende dit qu'il trancha la tête d’un dragon pour délivrer sa princesse et qu’il en sortit une pluie de roses.Aussi suggère-t-on désormais à chacun, en cette journée mondiale du livre et du droit d’auteur, d'offrir un livre et une rose, unissant les vertus du cœur et de l’esprit, aux gens de son entourage.Une fois adoptée par l’UNESCO, en 1995, cette journée de festivités donna en plus l’occasion de célébrer l’anniversaire de la mort du Britannique William Shakespeare et de celle de l’Inca Garcilaso de la Véga, survenues le même jour de l’aimée.Cette année, l’événement aura cependant lieu le 20 avril pour éviter une collision avec la fête de Pâques, qui tombe le 23.Et c’est l’écrivain Dany la-ferrière qui en sera le porte-parole.La fête charrie son lot de représentations publiques, ses séances de signatures d’écrivains, ses expositions, de la Gaspésie à l’Outaouais jusqu’en Ontario.À Montréal, en plus d’accueillir des auteurs, de Marie Laberge à Carmen Marois, le réseau de bibliothèques offre une amnistie à ses usagers délinquants.Ils auront en effet la possibilité de remettre les ouvrages en retard, le 20 avril, sans payer d’amende.De son côté, la Bibliothèque nationale, rue Saint-Denis, propose une exposition de manuscrits d’écrivains, de Claude Jasmin ou de Victor-Lévy Beaulieu, qui témoigne des ratures, des réécritures, des hésitations qui ont précédé la publication d’un ouvrage dans sa forme définitive.Le livre accessible Parlons-en, des auteurs.En ces temps de mondialisation et de réseautage Internet, l’occasion se présente de réfléchir plus sérieusement à leurs droits.Sont-ils toujours respectés?N'est-il pas désormais possible sur le site Web de la bibliothèque universelle, par exemple, d’avoir accès à des œuvres intégrales d’Alphonse Daudet ou de Victor Hugo, de Jules Verne ou de Jules Renard?La librairie américaine du géant allemand de l’édition Berthelsmann, Random House, n’a-t-elle pas annoncé son intention de numériser ses produits pour que les livres soient imprimés à la demande des internautes, «dans les 24 TROIS fête ses quinze ans ! MOVUtNTOWmi Micheline Morisset États de manque 240 p.- 20 $ /\iain Fortaich Memento Mori 220 p.- 20 $ Hervé de Fontenay Silencieuses empreintes 126 p.-15$ CLÉMENT rr OU VOTE Christine Richard Les algues sanguine 88p -13$ MOURIR EN «UNO Jeanne D’Arc Blais Clément el Olivine 150 p.-23$ Martin Quellet Mourir en rond 60 p.-13$ Nathalie Stephens Underground 80 p.-14$ NICOLAS Mona Latit-Ghattas Ata Pende Nicolas le fils du Nil Les raisons 220 p.- 20 $ de la honte 70 p.-15$ UNE FEMME EFFACÉE Louise Deschênes Une femme effacée 100 p.-20$ 2033, avenue Jessop.Laval (Québec) H7S1X3 - tel.: (450) 663-4028 • Téléc.: (450) 663-1639 - courriel: ed3ama@contact.net Dyane Léger Les Éditions Perce-Neige «Dyane Léger transforme le visage de la réalité qui passe en un rêve qui reste.» BegrouperrMit des éditeurs canadiens-français à 48 heures suivant leurs commandes», disait le patron de Berthelsmann, Thomas Middlehoff?Tout récemment, l’auteur américain à très grand succès Stephen King offrait à ses fans la possibilité de télécharger son dernier ouvrage.Riding the Bullet, uniquement disponible sur le réseau, pour la somme de 2,50 $.En quelques jours, un peu avant que l’ouvrage ne soit récupéré par des pirates.King en avait vendu 500 000 exemplaires.Dans les faits, très peu d’auteurs ont les moyens, comme Stephen King, de publier directement sur le réseau sans passer par un éditeur et sans publicité.Et tous, à ce jour, s’entendent pour admettre que le papier et l’ouvrage relié demeurent le support idéal et inégalé pour s’adonner tranquillement à la lecture.Qu’à cela ne tienne: une machine à relier les livres, pouvant exécuter l’opération en quelques imputes, serait déjà disponible aux Etats-Unis, souligne Yvon Lachance, libraire chez Olivieri.Par ailleurs, on sait que les droits sur un titre appartiennent à l’auteur jusqu’à ce que celui-ci les cède par contrat à un éditeur.Jusqu’à 50 ans après la mort d’un écrivain, les droits appartiennent à ses héritiers, explique Hélène Messier, directrice générale de Copibec, organisme québécois qui se spécialise en la matière.Lorsque l’on cède des droits de traduction, on les cède généralement par territoire, ajoute Benoît Prieur, de l’Association nationale des éditeurs, qui parraine aussi l’événement Aussi Internet, qui érode les frontières entre les territoires, brouille-t-il les règles du jeu.Une librairie américaine fonctionnant par Internet pourrait aussi être tentée de livrer ses marchandises à des clients canadiens, ce qui serait contraire aux lois canadiennes, «/e ne pense pas que cette hi réglemente la vente de porte à porte», tr » 5*5 I»U»Ç2*S «Le monde est gouverné par Barcelone.SOURCE L1BRER1A CATALONIA les livres», dit la phrase accrochée dans la librairie Catalonia de ajoute M.Prieur.De plus, qui dit que les grosses librairies virtuelles américaines, telles amazon.com, mettront en vitrine des livres canadiens ou québécois?Sur l’ensemble du dossier, explique un document sur le droit d’auteur préparé par Jules Larivière, directeur de la Bibliothèque de droit de rUniversité d’Ottawa, «on devrait bientôt publier une proposition gouvernementale» à ce sujet Questions de chiffres Actuellement, de façon générale, du prix public d’un livre, 40 % de la somme va au libraire à titre de remise pour lui permettre de couvrir l’ensemble de ses frais, ce qui lui laisse le plus souvent une marge bénéficiaire variable, selon le profil de la librairie; 7 % va au distributeur pour assurer la présence du livre en librairie à travers un réseau de distribution: 10 % à l’auteur pour avoir GRC R< O \i mer snaud-Brai «HfflgM» _ (garneaii—% PALMARÈS | du 6 au 12 avril 2000 ^ l ) 1 ROMAN Et si c'était vrai.10 Marc Lévy R.Laffont 2 PSYCHO.La guérison du cœur 11 Guy Corneau L'Homme 3 ROMAN Double reflet 4 Danielle Steel Pr.de la Cité 4 MÉDECINE 1 T.Cadrin-Petlt L'Homme 5 JEUNESSE Harry Potter : coffret 3 vol.17 J.- K.Rowling Gallimard 6 ROMAN 1 Paulo Coelho Anne Carrière 7 SPIRITU.L’art du bonheur • 58 Dalaï-Lama R.Laffont B ROMAN Q.Le cri des oiseaux fous 3 Dany Laterrière Lanctôt éd.9 HISTOIRE 100 ans d'actualités - La Presse 18 Collectif La Presse 10 ROMAN Mon cœur, tu penses à quoi ?4 Nicole de Buron Plon 11 ROMAN Balzac et la petite tailleuse chinoise v 9 Del Sljie Gallimard 12 ESSAI Q.Les oiseaux de malheur 4 André Pratle VLB éd.13 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) * 32 Henriette Major Fides 14 ESSAI Q.Marcel Tessier raconte.4 Marcel Tessier L'Homme 15 ROMAN Q.Carnets de naufrage * 7 G.Vigneault Boréal 16 ESSAI Q.Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France 8 André Lachance Libre Exprès.17 ESSAI Le Vatican mis à nu 9 Collectif R.Laffont 18 ROMAN 1 Peter Mayle Nil 19 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 27 P.J.D'Adamo du Roseau 20 PSYCHO.La synergologie ou le corps dans tous ses états 5 Philippe TUrchet T.F.Com éd.21 POLAR La ville de glace v 7 John Farrow Grasset 22 PSYCHO.À chacun sa mission 21 Monbourquette Novalis 23 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous « 128 1.Nazare-Aga L'Homme 24 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 » 160 Neale D.Watech Ariane 25 ESSAI Q.Et si le Québec c'était la fierté ?2 Y.Lamontagne Guy St-Jeen 26 CUISINE Saveurs du Québec « 51 Collectif Stromboli 27 ROMAN 4 Pascal Qulgnard Gallimard 28 JEUNESSE Quand les grands jouaient à la guerre * 8 lléna F.- Gruda Actes Sud 29 SPIRITU.L'amitié avec Dieu 4 Neale D.Watech Ariane 30 ROMAN Un parfum de cèdre « 30 A.-M.Macdonald FtammartonQ.31 ESSAI Q.Quand le jugement fout le camp 30 J.Grand’Maison Fides 32 NUTRITION 2 GaUaÿwVRoMn Trécarré 33 PSYCHO.Grandir : aimer, perdre et grandir 316 Monbourquette Novalis 34 JEUNESSE 5 B.Laverdière Raton Laveur 35 ROMAN 0.Quadra, tome 1 • Le robin des rues 3 Jean-C.Boult du Vermillon 36 ROMAN Geisha * 62 A.Golden Lattès 37 B.D.Adulte La débauche * 10 Tardl S Pennac Gallimard 38 ROMAN O.Borderline 2 M.-S.Labrèche Boréal 39 B.D.Blake & Mortimer n‘14 - La machination Voronov 8 Senta S Julllard Blake A Mortimer 40 MÉDECINE L'éthique et le fric 1 M.-R.Sauve VLB éd.Livres -format poche 1 MATERNITÉ 12 C.Olivier Fayard 2 ROMAN O.La petite fllle qui aimait trop les allumettes 11 Gaétan Soucy follet 3 PSYCHO.Le harcèlement moral 9 M.-F.Hlrlgoyan Pocket 4 ESSAI Q.La simplicité volontaire 54 Serge Mongeau Êcosoclété 5 ROMAN Comment voyager avec un saumon 9 Umberto Eco LOF @ ; Coup.d.coeur RB : I*" Mm.lr» .ur noir.IM.* j™™™?écrit le livre; et 33 % à l’éditeur pour choisir, publier et faire la promotion du livre, dans le cadre d’une maison d’édition, avec les coûts d’exploitation d’une telle entreprise.Il faut voir qui a le plus à perdre et le plus à gagner en jouant le grand jeu du commerce virtuel.Et il n’y a pas que sur le réseau que certains veillent à leurs deniers menacés.En France, près de 300 écrivains, dont Michel del Castillo, Bernard Cla-vel et Henri Troyat, viennent de signer une pétition réclamant des frais de cinq francs pour chacun des livres empruntés aux bibliothèques.Ces droits seraient versés aux auteurs, sans quoi les signataires menacent de retirer leurs ouvrages des bibliothèques.Cette pétition, dont faisait état récemment un article paru dans Le Nouvel Observateur, porte un coup au sacro-saint principe de la gratuité des bibliothèques.Or, dans certains pays Scandinaves, les droits perçus en bibliothèque servent à payer un salaire aux auteurs nationaux, explique Denise Boucher, présidente de TUnion des écrivains du Québec.Au Danemark, ajoute-t-elle, les étudiants payent 38 $ par année pour justifier l’usage des photocopies; en Norvège, ces frais s’élèvent à 50 $.Ici, le ministère de l’Éducation impose des frais de 4,70 $ par étudiant par année.Et la Commission canadienne du droit de prêt public procède régulièrement à des sondages pour savoir quels écrivains sont présents dans le réseau des bibliothèques.Selon la quantité d’ouvrages publiés et le nombre de bibliothèques où leurs livres sont présents, les auteurs qui s’inscrivent à ce programme peuvent ainsi percevoir jusqu’à 3600 $ par année.Les technologies de toutes sortes changent le mode de circulation de l’information, mais il faut bien admettre qu’elles en facilitent l’accès plus qu’elles ne le handicapent II est loin, le temps des premières imprimeries de Gutenberg.Et les livres et les lecteurs, ne sont pas près de disparaître, au contraire, et il faut s’en réjouir.En Catalogne, nation de six millions d’habi-tants, on vend quatre millions de livres: et quatre millions de roses le jour de la • Sant Jordi.Les maisons d’édition catalanes travaillent d’arrache-pied pour produire leurs 20 % de nouveautés litté-.raires ce jour-là.Des heureux.Ici, la journée de jeudi devrait aussi faire quelques heureux.Le réseau de librairies Renaud-Bray, par exemple,.promet d’offrir une rose ou un livre à ses clients.Dans les diverses suceur-, sales de ce réseau, on pourra écouter les poèmes de Leonard Cohen lus par.Michel Carneau ou écouter une conférence de Placide Gaboury, par exemple.Dans le même contexte, les éditions Soulières offrent gratuitement un.exemplaire de La Rose et le diable, où un petit garçon «est littéralement em-porté par sa lecture».«Qui n'a jamais-voyagé en lisant?», demande-t-on en quatrième de couverture de ce petit ouvrage.Car les livres ont eux aussi le privilè- -ge de voyager dans le temps.Dany la-ferrière, porte-parole de la fête, en don- ¦ naît pour exemple un peu plus fôt cette ¦ semaine L’Éloge de la folie, d’Érasme, ‘ ouvrage bourrés d’allusions et d’humour propres au XVI' siècle, ce qui ne l’a pas empêché de traverser la frontière des ans.Ce qui prouve, dit Laferriè-.re, que «le goût du jour n’a aucune prise sur le temps».Allez, osez vous affran- ' ehir des contraintes du temps et de -l’espace.«Une lecture bien menée sauve', de tout, dit l’écrivain Daniel Pennac, y.compris de soi-même.» ; Ne vous en privez pas.1 K Pour le détail des activités de la Journée mondiale du livre, voir le program- > me de la journée disponible en librairie.et encarté dans Le Devoir.VIENT DE PARAÎTRE SAVOUREUSES EXPRESSIONS QUÉBÉCOISES Marcel Béliveau et Sylvie Granger Marcel Béliveau Sylvie Granger ttWRfRB exppissioiis m^Àseoisis fJUlIMSl» ROCHER Éditons du Rocher, 19,95 $ «Tirez-vous une bûche », ça vaudra mieux, car ce nouvel ouvrage de Marcel Béliveau et de Sylvie Granger réserve de belles surprises à ses lecteurs et à ses lectrices et sait retenir leur attention.Une fois le livre ouvert, on a du mal à le refermer.L’ouvrage de Marcel Béliveau et de Sylvie Granger a le grand mérite de faire découvrir aux uns et redécouvrir aux autres cette « langue belle aux accents d’Amérique », comme le chante si bien Yves Duteil.Les Communications Jo Ann Champagne inc.” téléphone 1(514)354-2043 télécopieur (514) 354-7981 courriel : comjo@sympatico,ca 1 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 5 ET DI M A N C II E I li A V R I L 2 (I O O I) —«* Livres »- CARREFOURS Le Bach des écrivains Dans le petit conclave littéraire que j’ai convoqué aux fins de cette chronique, je n’entends qu’une seule remarque désobligeante à propos de Jean-Sébastien Bach.Elle est, à vrai dire, d’un homme de peu de respect, victime d’une sensibilité exacerbée par je ne sais quelle blessure originelle.Albert Cohen écrit, dans son très célèbre Belle du Seigneur, que les Concertos brandebourgeois sont de la musique pour «scieurs de long».Il est vrai que le rythme infaillible, absolument régulier, cette façon d’aller sans aucune faiblesse.Oserai-je dire qu’une telle marque d’irrespect constitue une fausse note essentielle dans l’immense concert d’éloges qui entoure le bien-aimé Cantor, en ce 250e anniversaire de sa mort?Et qu’à considérer Bach comme un très saint père et lui conférer l’infaillibilité, on ne lui rend pas un très grand service?Hommage type d’un écrivain médusé par la grandeur de Bach, celui de Charles du Bos, qui ne s’arrête pas à la substance purement musicale: «La musique de Bach, écrit-il, est peut-être la seule forme sous laquelle je puisse concevoir une morale ou une religion.Quelques mesures de lui, et le trouble, la paresse, la veulerie ne peuvent plus tenir là-contre.» Chez son presque contemporain Jacques Rivière, l’admiration est aussi vive, mais accompagnée d’une sorte de terreur.On a un peu oublié Jacques Rivière, aujourd’hui, malgré la belle biographie qu’en faisait il y a quelques années Jean Lacouture.C’était un être fin, subtil, inquiet jusqu’à l’angoisse.Il écrivait, au sortir d’un récital tout-Bach donné par la redoutable pianiste Blanche Selva: «Il faut bien comprendre en quoi consiste ce que Bach a d’accablant et d'inhumain.Il représente la régularité de notre nature; il respire à notre place et comme il faut; il est la santé parfaite que nous ne savons pas entretenir; il insulte à notre faiblesse en étant ce que nous serions sans elle.» L’hommage, on le voit, n’est pas sans ambiguïté.Jacques Rivière aimait se sentir en faute, et il aimait Bach de le tenir dans ce sentiment Rien de tel chez le philosophe Alain.Il admire Bach totalement, mais il a pour ainsi dire l’excuse d’y aller voir de plus près.Il a sous les yeux la partition du Clavecin — c’est ainsi qu’il appelle le Clavier bien tempéré —, et je crois entendre qu’il quitte parfois son texte, entre deux paragraphes, pour aller jouer une fugue ou l’autre au piano.«Il n’y a rien de plus agréable, écrit-il, que de parler sur la musique, entre amis, quand les cahiers sont encore ouverts, quand le Pleyel résonne encore.» C’était à une époque où le disque n’avait pas encore tout envahi, où l’on faisait de la musique.Voici l’hommage majuscule: «Je veux me mettre par souvenir en cette heureuse situation afin de louer Bach comme je pourrai le mieux, Bach qui n’a pas besoin d’être loué; et Dieu non plus, disent les fidèles, n’a pas besoin d’être loué; mais les fidèles ont grand besoin de le louer.» Vous avez reconnu et apprécié, je l’espère, la syntaxe subtile, un peu heurtée, de la phrase d’Alain, son rythme, sa rùusique propres.Avec un tel instrument, il serait impossible de parler dies grandes œuvres pour orgue, des Passions et des Cantates.Alain écrit clavecin : «mon clavecin de paroles», dit-il joliment.C'est là, dans l’intimité du Clavecin, qu’Alain se reconnaît, se retrouve chez Bach, demeure parfai-tè et parfaitement accordée à ses propres désirs.' C’est qu’il y a, pour parodier l’E-vangile, et ce n’est sans doute pas un hasard si la rencontre se produit ici, plusieurs demeures dans la maison du Père.Je pense à deux amis, deux écrivains québécois dont la correspondance est un des hauts lieux de notre littérature, et qui ont eu avec Bach des rapports très différents.De Jean Le Moyne, on se rappelle peut-être — on devrait se rappeler — les deux premières phrases de son percutant essai sur Bach: «Aucun instrument ne m’a donné autant de plaisir que l’orgue.Sauf la locomotive à vapeur.» In puissance, donc, au départ, ces avalanches de sons qui déferlent dans l’église.Jean In Moyne parlera ailleurs de la grande Passacaille, objet d’une ferveur toute particulière.Puis viendra la fugue, «forme suprê- efb •'LES ÉDITIONS FRANCINE BRETON Vous rêvez d’être publié ?Demandez notre programme d edition à compte d’auteur 3375, ave Ridgewood Bureau 422 Montréal H3V 1B5 Tél.: 514 737-0558 info@efb.net http://www.efb.net/ me de la musique», qui fait accéder à la totalité par «le contrepoint de toutes présences».Il ira, enfin, jusqu’aux Variations Goldberg, expérience d’une «pure gratuité».Ai-je tort cependant de penser que le Bach essentiel, pour Jean Le Moyne, restera toujours, malgré les réflexions subséquentes, celui de l’orgue répandant sur la foule des fidèles les bienfaits un peu tonitruants de son action?Le Bach de Saint-Denys Carneau, au contraire, sera moins une expérience de la totalité cosmique que celle d’une vie intérieure en quelque sorte reconfigurée, purifiée.Il écoutait L’Art de la fugue dans une transcription pour quatuor à cordes, celle du Quatuor Harris, et elle rejoignait dans son esprit un des grands livres de méditation religieuse de la tradition chrétienne, L’Imitation de Jésus-Christ.«Force et beauté merveilleuses des images dans leur simplicité.Calme majestueux du ton dans la profondeur de la tendresse; suavité; et jusqu’au tempo haletant de certaines pages comme fondantes d’extase.Analogie avec L’Art de la fugue de Bach.» C’est le même Bach intime, source de paix, de joie intérieure, qu’il retrouvera dans les Brandebourgeois, là où «toute parole meurt d’elle-même, se tait d’elle-même, superflue».Les deux amis communiaient sans doute dans l'admiration, dans la ferveur; mais elles n’avaient pas la même tonalité.Un de mes amis, mort il y a quelque temps et qui aimait la musique sans exagération, écoutait chaque année La Passion selon saint Matthieu durant la Semaine sainte.C’était là, pour lui, comme l’écoute de Bach l’était pour un Charles du Bos, un Jean Le Moyne, un Saint-Denys Carneau, une expérience spirituelle autant qu’esthétique.Pour moi, tout en admirant l’immense portail de ce chef-d’œuvre, égal à ceux de Chartres ou de Vézelay, j’irai plutôt me ressourcer dans une œuvre de musique pure, sans paroles, mais dont la richesse spirituelle ne me paraît pas moins grande que celle des Passions ou des Cantates.Je parle des Suites pour violoncelle seul.Les mélodies les plus sublimes y côtoient les danses populaires les plus aimables, et cette rencontre évoque pour moi un dialogue de l’âme et du corps — si l’on me permet d’utiliser ces mots d’autrefois —, de la méditation et de l’action, qui aide à traverser ces jours difficiles.Le violoncelle n’a pas besoin de mots pour exprimer cela; il a, il est la voix.SOURCE SEUIL Jacques Rivière aimait se sentir en faute, et il aimait Bach de le tenir dans ce sentiment.BEST-SELLER N°1 DES ROMANS QUÉBÉCOIS H Un dernier tour de piste avant l'exil, dans un Poirt-au-Prince hallucinant veritable capitale de la doulcut, cite exsangue et si attachante qui teunit sous un même ciel damnes de la tone, piostituées.monsties sanguinaires, prophètes et dieux des ténèbres.ixCRIdes Gilles Ma rcotte WF®?SOURCE ONF M'J De Jean Le Moyne, on se rappelle peut-être — on devrait se rappeler — les deux premières phrases de son percutant essai sur Bach: «Aucun instrument ne m’a donné autant de plaisir que l’orgue.Sauf la locomotive à vapeur.» MARIE LABERGE « Grande Québécoise pour l’année 2000 » Félicitations a Marie Laberge qui, pour son importante contribution au domaine culturel, vient d'être accueillie a F Académie des Grands Québécois.Marie Laberge sera présente Salon du livre de Québec pour des séances de signature : B i samedi 15 avril de 14 h à 16 h et dimanche 16 avril de 13 h à 15 h Boréal stand n" 10 (J ni m ni me me Hoc www.editionsborpal.qc.ca LE DICTIONNAIRE QUEBECOIS FRANÇAIS de Lionel Aieney Montréal, Guérin, 1999 1920 pages - 60 $ L’auteur sera au Salon du livre de Québec, le 15 avril à 19 h 15.Un dictionnaire qui fait le tour du monde francophone.Tant de délicates attentions, et une grande rigueur scientifique, font de son Dictionnaire québécois français un outil qui mérite une très vaste diffusion.Réginald Martel, La Presse, Montréal, 20 février 2000.l'ouvrage est l'occasion de faire des découvertes sur l'histoire lexicale de la Belle Province.Nicolas Houle, Journal Voir de Québec, 23 mars 2000.Avec des milliers d'exemples québécois authentiques, tout ce qu'il faut savoir sur le français d'ici.et le français standard dans son usage réel.Lucie Parent, La Lettre d’information du Bureau Amérique du Nord, volume 3, numéro 1, année 2000.Agence universitaire de la Francophonie.le dictionnaire de Lionel Meney s'avère un témoin précieux de notre histoire.Nicolas Houle, Journal Voir de Québec, 23 mars 2000.Monsieur Guérin qui a toujours manifesté un vif intérêt au dictionnaire de mon mari.Louise Bemier, épouse de l'auteur, lettre du 25 mars 2000.l'auteur ayant pris soin de recenser les mots provenant directement de notre culture tels «Jos Violon», «felquiste» ou «Samedi de la matraque».Nicolas Houle, Journal Voir de Québec, 23 mars 2000.Usage québécois et usage français standard mis en parallèle.Robert Prud'homme, Radio Ville-Marie, 91,3 FM, le 16 février 2000,17 h.C'est ce que j'ai vu/lu de plus complet, de plus sérieux, de plus documenté et de plus intelligent comme ouvrage sur la langue québécoise de toute ma vie!!! Claude Carrier, professeur retraité de l'Université Laval (École des langues vivantes de la faculté des Lettres).4 avril 2000,14 h 56.pour ceux qui veulent approfondir leur compréhension du Québec.Caroline Montpetit, Le Devoir, 12 mars 2000.L'ouvrage de Lionel Meney.va sans conteste contribuer à une meilleure communication entre Québécois et Français.Agence France Presse, 3 avril 2000.Un premier dictionnaire bilingue québécois français.Le Journal de Montréal, 3 avril 2000, page 34.Agence France Presse.Dans l'Outaouais, c'est l'enchantement.C'est un dictionnaire intelligent.Il renouvelle le domaine.Pierre Cardinal, professeur de linguistique.Département des sciences de l'éducation.Université du Québec à Hull.GUÉRIN 4501 iik* Ôrolul Montreal (Quebec) H2T ?G2 Canari.1 Telephone (514) 842 .1481 Télécopient (514) 842 4928 Adresse Internet http;//www gueriii éditeurtjc ca Courrier électronique francel1 Desjardins /i Canada Q^quVc ait précisément voulu nous ennuyer pour mieux nous faire comprendre l’horizon esthétique un peu inutile, précieux de notre peintre.Un style qui se cherche Comme toujours chez Saramago, il y a des passages où la lucidité le dispute à la beauté de la phrase pour nous donner d’admirables (et poétiques) fragments.«Probablement qu’aucune vie ne peut être contée, car la vie ressemble à des pages de livre superposées ou à des couches d’encre qui, si on les ouvre ou les feuillette pour les lire ou pour les regarder, se défont en poussière et pourrissent aussitôt: viennent à manquer la force invisible qui les tenait ensemble, leur propre poids, leur agglutination, leur continuité.La vie, c’est aussi des minutes qui ne peuvent se dissocier les unes des autres et le temps est sans doute une masse gélatineuse, épaisse et obscure, dans laquelle il est difficile de nager quand on a au-dessus de soi une clarté indéchiffrée qui s’éteint lentement, tel un jour qui, étant né, retournerait à la nuit d’où il est issu.» Un roman étant un roman, et tout roman finissant toujours par parler de sexe, on y rencontre bien entendu des femmes qui viennent peupler la solitude du peintre, mais des femmes qu’il avoue n’avoir jamais aimées («Les femmes que j’ai connues jusqu'à aujourd’hui sont mortes [.].Pourtant, je n’en ai aimé aucune assez pour que quelque chose de moi soit mort avec elles»).Jusqu’au jour où.Et là, le roman qui ne faisait que tourner en rond et en spirale trouve sa ligne droite et son sens.Un ami vient d’être emprisonné par le régime en place, sa sœur rient le trouver parce que son frère le lui avait demandé.C’est le coup de foudre, surtout l’évidence d’une rencontre qui polarise tout une rie.«Il est des moments ainsi dans la vie: on découvre soudain que la perfection existe, qu’elle aussi est une petite sphère qui voyage dans le temps, vide, transparente, lumineuse et qui parfois (trop rarement) vient dans notre direction [.].» Lui qui n’est déjà plus peintre depuis qu’il s’est aliéné un client découvre les joies de l'amour et de l’engagement.Le régime est tombé, le peuple exulte, l’avenir ouvre sur de nouveaux horizons.Bref, le monde peut recommencer! C’est loin d’être le meilleur roman de Saramago, et on sent qu’il n’y a pas encore trouvé son style, qu’il se cherche.Aussi ne puis-je le recommander qu’à ceux qui, aimant l’auteur et ayant lu de lui un certain nombre d’ouvrages, voudraient savoir d’où il est parti.Quant aux autres, préférez plutôt Le Dieu manchot (1987), L’Année de la mort de Ricardo Reis (1988), Le Radeau de pierre (1990), ou encore Histoire du siège de Lisbonne (1992) ou Tous les noms (1998).Là, vous mesurerez son véritable talent.denisjp@mlink.net HISTOIRES SANS GRAVITÉ Un roman de la province EST-ALLEMANDE Ingo Schulze Traduit de l’allemand par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein Fayard Paris, 1999,374 pages JOHANNE JARRY Q' ue voilà un étrange roman, déconcertant à plusieurs points de vue, sans doute parce qu’il en propose plusieurs à partir d'un espace peu fréquenté en littérature: Altenburg, devenue province est-allemande après la réunification en 1990.Les (trop?) nombreux personnages d'Histoires sans gravité semblent propulsés dans la réunification comme le lecteur dans divers moments précis de leur vie.Bien que chaque chapitre soit résumé par l’auteur, le lecteur demeure sans points de repère, lancé comme un chien dans un jeu de quilles au beau milieu de î’histoire qu’on lui raconte.Pour s’y retrouver, mieux vaut accepter de s’y perdre.Sinon, l’usage du crayon est obligatoire pour relier au fil des chapitres un personnage à l’autre, marquer les ruptures et les nouvelles combinaisons humaines.Ils vivent tous à Altenburg, entre Weimar et Dresde (ville natale de l’auteur), au sud de Leipzig.Histoires sans gravité s'ouvre sur un voyage en autobus.Cinq jours pour voir Venise, Florence, Assise.C’est la première sortie à l’Ouest du couple Meurer.Ce qui fait dire à Renate: «Pour moi, tous ces noms, c’était comme Honolulu.» Et plus loin: «Essayez un peu d’imaginer ça.Tout d’un coup, on se retrouve en Italie et on a un passeport ouest-allemand.[.] On se trouve de l'autre côté du monde, et on n’en revient pas de voir qu’on boit et qu’on mange comme chez soi et qu’on pose un pied devant l'autre, comme si tout cela était la chose la plus naturelle du monde.Quand je me regardais dans la glace en train de me brosser les dents, j’arrivais encore moins à croire que j’étais en Italie.» Les bouleversements sociaux liés à cet événement politique sont pourtant évoqués à mots couverts.Aucune description sociologique ni politique explicite.De rares constats, comme celui de Danny, la journaliste: «On est en février 1991.Je travaille dans un hebdomadaire.Partout on attend le grand démarrage.On construit des supermarchés et des stations-service, on ouvre des restaurants et on çommence à rénover les maisons.À part ça, rien que des licenciements et des bagarres entre les fachos et les punks, les skins et les redskins, les punks et les skins.» D’ailleurs, la violence et la peur sont omniprésentes: peu de personnages osent montrer leur opposition, ont le réflexe de se défendre.Peut-être est-ce l’héritage d’un enseignement communiste.C’est là une piste de lecture possible car rien de tel n’est affirmé, même si, depuis la réunification, des personnages comme Ernst, ancien directeur d’école respecté, sont rejetés par un système qu’ils ont pourtant bien servi.Bien que le recueil baigne dans un malaise politique latent, là n’est pas l’essentiel du propos.Toute l’attention d’Ingo Schulze se concentre sur des hommes et des femmes et leur façon de vivre.Même les moments les plus insignifiants, ranger un verre dans le buffet, ouvrir une fenêtre, écraser un blaireau, trouvent place dans le roman.Dans Libération, Matthieu Lindon a comparé cette approche à celle de Raymond Carver dans le film Short Cuts de Robert Altman.Mais dans le roman d’Ingo Schulze, la part d’ombre réservée au lecteur est plus grande.Il y a des temps morts, de l’ennui, des moments d’égarement qui rendent le texte parfois difficilement compréhensible.On attend une révélation, un sens.Ça ne viendra pas.Ou peut-être que si, à la fin, quand Martin Meurer, après avoir été brutalisé par un passant, souhaite partir le plus loin possible, peut-être parce que cette violence dont il a été victime, «ça n’a dérangé personne [.] Personne n’a bougé».Ce récit éclaté ne s’aligne sur rien de précis, repose entièrement sur des fragments de rie, des ruptures.Mais il est suffisamment intéressant pour qu’on ait envie de se mettre à la recherche du précédent, premier roman de l’auteur, 33 instants de bonheur, introuvable pour l’instant.INGO SCHULZE Histoires sans gravité Un«>mm4«lâI»winct^ aJl«!n»æxh¦ "L H;,.Uildu II 4r t'allsMitnd putt IjHUt H Rotate ronron FAYARD Ce récit éclaté repose entièrement sur des fragments de vie, des ruptures Salon international du livre DE QUÉBEC Les Grandes conférences de la capitale nationale SAMEDI, 15 AVRIL 15h à 16h, Salle 301 LES RELATIONS FRANCE-QUÉBEC DANS UN MONDE ÉCRASÉ PAR LE POIDS DE LA MONDIALISATION Débat en présence de madame Louise Beaudoin et de monsieur Philippe Séguin 19h30 à 21 h, salie soi LA MORT DU FRANÇAIS Une conférence de Claude Duneton www.sllq.org PROGRAMMATION DES TABLES RONDES SAMEDI, 15 AVRIL 11h, Scène des Rendez-vous littéraires Table ronde: Les OGM: pour ou contre?avec Ingebord Boyens, Mathieu-Robert Sauvé, Jean-Pierre Rogel et Normand Michaud.Animateur: Jacques Véronneau.14h30, Scène des Rendez-vous littéraires Table ronde: J’aime Québec avec Chrystine Brouillet, Pierre Morency, Gilles Pellerin et Denis Vaugeois.Animateur: Jean Fugère.18h, Scène des Rendez-vous littéraires Table ronde: Ces critiques qui nous disent quoi lire avec Jean Fugère, Lise Lachance, Stanley Péan et Robert Chartrand.Animatrice: Chrystine Brouillet.19h, Scène des Rendez-vous littéraires Table ronde: Quelle histoire faut-il enseigner?Avec Denis Delâge, Jacques Lacoursière et Marius Langlois.Animateur: Laurent Laplante.12h, Scène Médias Table ronde: La relève littéraire: une histoire à suivre PRIX D’ENTRÉE Adultes: 6 S Étudiants et 60 ans et plus: 3 S Enfants de 12 ans et mois, gratuit avec Serge Lamothe, Anne Peyrouse, Denis Riendeau, Marc Rochette ainsi que Stanley Péan.Animatrice: Danielle Bombardier.DIMANCHE, 16 AVRIL 11h30, Scène des Rendez-vous littéraires Table ronde: Littérature et dépaysement avec Aude, Neil Bissoondath, Andrée Dandurand et Xavière Sénéchal.Animatrice: Renée Hudon.13h, Scène des Rendez-vous littéraires Table ronde: D'un genre à l’autre avec Jean-Paul Daoust, Herménégilde Chiasson, Daniel Pennac, Christiane Frenette et Dominique Demers.Animatrice: Danielle Laurin.15h30, Café-rencontre Table ronde: Que lirez-vous cet été?avec des invités surprise et la participation du public.Animatrice: Chrystine Brouillet.Du 12 au 16 avril 2000 Centre des congrès de Québec ncunco u ouvert Mercredi 12 avril: de 11h Jeudi 13 avril: de 9h Vendredi 14 avril: de 9h Samedi 15 avril: de 10li Dimanche 16 avril: de lOh f 1 ! i L K I) K V OIK.LES S A M E l> I K I I) I M A N < Il K A V R I 2 (I II (I I) !> -m Livres LITTÉRATURE FRANÇAISE Terre paternelle Poursuite d'une saga corrézienne, un projet aussi cohérent que la comédie balzacienne "'m- LAUVE LE PUR Richard Millet POL Paris, 2000,298 pages GUY LAI N E MASSOUTRE Où va le monde actuel?Le monde rural a fait naufrage avec ses valeurs et son immobilité pérenne.Les mégalopoles gonflent, tentaculaires, innervées par leurs infrastructures lourdes, le métro et les autoroutes.Voyez la grouillante mégalopole parisienne, multiraciale, métissée à ne plus s’y retrouver.Le monde a-t-il pu se transformer si vite?Qui sont ces gens qui errent, qui se croisent en tous sens, bouchons agités par la marée humaine?Que voit-on dans ces regards anonymes, sur ces visages fermés?Partout des masques et des conventions, des renoncements et des rêves déçus.Où sont passées les révoltes, où circule la vie?Voilà ce qu’explore Imuvb le pur de Richard Millet.Ce roman est la suite d’un projet aussi cohérent que la comédie balzacienne: indépendants dans leur destin, les personnages se croisent d’un roman à l’autre.Celui-ci gagne encore en profondeur; Millet n’a jamais été si près que de Lauve, le Parisien.Si bien que son livre, pourtant le récit d’un enfer vécu au quotidien, est un rendez-vous avec soi-même et avec l’histoire.Cette plume talentueuse, voix authentique et peu banale, réunit l’observation, la distance critique et la compassion.Avec la force paisible des maîtres du temps, il joint le geste à la parole: voilà pourquoi sa langue ample et riche paraît si singulière et touchante.Une archéologie de l’homme Quel est cet échantillon humain, misérable excrément en voie de se vider complètement sur la voie publique?Rappelez-vous le monde malodorant des Pythre, en pleine décomposition; les silences coupables des sœurs Piale.Lauve, échappé de la montagne limousine, a rejoint un autre monde nocturne.Un incident survient qui lui révèle ce qu'il a réellement emporté avec lui, les modulations du vent et les plaintes de pauvres hères entre le granit et la lune.Homme de peu, Lauve se souvient d’un grand mal qui l'a pris aux tripes, un soir, en sortant d’un restaurant.11 raconte cette aventure de lame et du corps à des femmes de Siom, sa ville natale, où il est venu peu après assister aux derniers jours de son père, un homme qui ne l'a ja-majs aimé ni compris.A leur tour, ces femmes prennent la parole.Fidèles à son récit, elles brossent le portrait d’un perdant consentant qui se transforme à son propre insu en déserteur de la modernité.Lauve le pur, comme on disait à l’époque médiévale Jeanne la Pucelle, Jean le Bon ou Louis le Mutin, est donc né en Corrèze, dans cet- Millet excelle à faire vivre ces «vies en suspens, défaites, oubliées» te France verte retournée au silence des siècles, du côté de la Préhistoire, depuis que ses habitants l'ont désertée, faute d’emplois et de projets modernes.Il a d’abord suivi le mouvement général, rejoint la cohorte des enseignants de la République.Le provincial est devenu banlieusard, des forêts plein la tête, avec des silences et des sons, des rythmes et des odeurs.Il y a enfoui tout ce qui faisait son monde.Cette Corrèze archaïque, emblématique de bien des campagqes, a jeté un amnésique sur le béton.Egaré dans un monde dur où il ne confond jamais la densité du troupeau agglutiné avec la cohésion sociale, Lauve s’est efforcé d’être conforme.En fait, un mal le ronge, sa mémoire tombeau, pleine de petites morts accumulées.Mais voilà, il décroche, en toute simplicité, sans honte; il déborde comme un trop-plein saturé.Est-ce parce que sa mère a été la première à fuir, chassée comme un vent étranger?Même pas.Plutôt parce que, une fois orphelin, le respect obstiné du sang, de la terre et du nom, comme il le répète, lui monte à la tête.Des ombres et des revenants Millet excelle à faire vivre ces «vies en suspens, défaites, oubliées», qu’il extirpe de leur «mauvais sommeil» en raccrochant leur mémoire consciente à un rien qui leur rappelle soudain ce passé provincial lointain avec une force émotionnelle entière.Elles ont un corps, ô combien envahissant.Et, par-dessus, une bouche énorme, pleine de mots qui déboulent en cataractes, pas toujours dégrossis mais qui effacent toute trace de mélancolie.Tout autour de ce champ halluciné, de cette exhortation du passé, la ville ouvre ses entrailles.Des pages béantes, aussi angoissantes que le Purgatoire, s’ouvrent à ces êtres en fuite d’eux-mêmes mais que leur discours rachète.Les lieux géographiques, réels, se surimposent, comme d’étranges photographies aux négatifs superposés.On se croirait devant un tympan d’église romane, modernisé, où des vieillards aux yeux baisses passeraient devant des bouilles d’enfants effrayés.Millet invente une liturgie capable de décrocher Lauve de Helles — pas de hasard —, où se trouve le lycée où il enseigne, avant qu’il ne soit définitivement perdu.Les pages que Millet consacre à la mort du père Lauve sont admirables.La mort apparaît sereine, atroce mais naturelle.Elle transmet un savoir.Ce que le jeune Lauve y puise est une force tranquille, capable de faire refluer le cours du temps.Le vent des frondaisons y fait entendre son langage dans la parole humaine qui bat au rythme de son cœur.La dignité d’une vie s’est recomposée.Lauve peut alors rejoindre tous ceux qui seront de son espèce, qu’ils soient Maghrébins au crâne rasé, déshérités ou autres de Pierre raphaël Pclietier Les Editions l’Interligne ,,, d’Amérioue M o u v e m e hcrrc Ruphitfl Pellet ta J'ai à la bouche une libellule nue «Aimante, décapante, lyrique, lucide, drôle et provocante, la voix de Pierre Raphael Pelletier conserve toujours les échos de la vérité.» V -/U Regroupenwrt de» éditeurs canadiens français Rithtiiii MiNei Lauve le pur tout acabit: sa compassion, cet élan d’un cœur purifié, est désormais puissante.C’est le miracle de «la tai-sure», ce point d’incommunicabilité où tout est en équilibre, et le moindre mot, de trop.L’ESSENTIEL Une fille et son père LE CAVALIER SIOMOIS Richard Millet Editions François Janaud Brive, 1999,106 pages DAVID CANTIN Alors que Lauve le pur amorce la troisième étape du «cycle corré-zien» de Richard Millet, Le Cavaliersio-mois se’lit plutôt comme une fable parallèle.L’histoire des Moreau, de la plus jeune, qui s’imagine sur un cheval pour mieux fuir la terre profonde de ses origines.Entre une mère et un père qui ne font que s'éloigner au fil de cette distance réciproque, la fillette trop maigre mais digne s’efforce d'entendre «le cri silencieux de l’amour».Encore une fois, on est toujours dans ce périmètre de terre sans prestige où les plus simples trouvent une parole généreuse.Récit d’un apprentissage qui se heurte à la plus difficile des réalités, Millet peaufine cette écriture fiévreuse qu’on reconnaît immédiatement depuis La Gloire des Pythre.Il y a certes beaucoup à retirer d’un tçl drame parmi ces êtres sans défense.A travers le regard de tels personnages, on arrive alors à comprendre que «la vie n’est rien d’autre que la dépouille des songes».Un roman dont l’action se déroule dans le quartier portugais de Montréal, à la fois champ de bataille des adultes et des adolescents et plateau de tournage de ce cinéma étrange que se fabrique un des personnages, Elizabeth Rodrigues, une émule de Steven Spielberg.Le cinéma, dlliziei Jn* * li»' .' -m IAN RDI Le meilleur des deux mondes ! Lancement de livres et de site Web Lire sans m » Une boîte de communication taillée sur mesure pour répondre aux besoins des maisons d’édition AÏl| 1 S Les Coniniunications Jo Ann Champagne inc.Téléphone : (514) 354-2043 Télécopieur: (514) 354-7981 Courriel: conijo@syinpatico.csi Depuis 1990 Ikres etde Un siècle jelitléialwe québécoise DEMANDEZ-LE À VOTRE LIBRAIRE Àl‘occasion delà JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE, les Éditions Fides vous offrent gracieusement un texte de Gilles Marcotte : Un siècle de littérature québécoise.Sous la direction de Pierre Hébert et Christiane Lahaie LES CAHIERS ANNE HÉBERT Premier numéro : Lectures d’Anne Hébert — Aliénation et contestation Publiés en collaboration avec le Centre Anne-Hébert de l’Université de Sherbrooke Les six articles de ce cahier illustrent de façon inédite l’investissement d’une double problématique marquant les figures qui peuplent l’oeuvre d’Anne Hébert, l’aliénation et la contestation.Lectures ü’Anne Herer 124 pages-16,95$ Hisionu ni t fomciN imfRAiiu .MHUJriU Aii xx sitat mu.s 488 pages • 34,95 $ Sous la direction de Jacques Michon HISTOIRE DE L’ÉDITION LITTÉRAIRE AU QUÉBEC AU XXe SIÈCLE La naissance de l’éditeur, 1900-1939 Avant les années 1920, l’édition littéraire est rattachée aux secteurs de l’imprimerie et de la librairie.Avec l’arrivée de l’éditeur professionnel, elle acquiert progressivement un espace propre.Ce livre relate l’aventure exceptionnelle des indivi-t dus qui, en créant ou en dirigeant des maisons d’édition, ont participé au processus d’édification d’une littérature originale et de son public.Jacques Godbout SALUT GALARNEAU ! suivi de LE TEMPS DES GALARNEAU « Lire d’affilée, sans reprendre son souffle, Salut Galarneau ! et Le temps des Galarneau, c’est prendre plaisir à une des proses les plus allantes, les plus inventives, les plus habiles qui se soient produites au Québec.» Extrait de la préface de Gilles Marcotte mçwMmtmm m JAOOULMJOntKHJT w g w v# w w « g « « « IK w w % SALUT GAl.ARNt.AU! i.F 7 KM PS t)IS GALARNEAU #1 i s I i w s % Collection du Nénuphar 352 pages • 34,95 $ Jean-Louis Major MAILLES À L’ENVERS Us petits riens d’un village typique deviennent grandioses par la magie de l’écriture.« La manière de )ean-Louis Major, pleine de finesse joyeuse, narquoise souvent, est tout à fait réussie.» Robert Chartrand, Le Devoir 148 pages • 17,95 $ Des livres pour tous IDES I ) I) 10 L K I) E V O I H , LES S A M EDI I 5 E T I) I M A \ C II E 16 A V K I I.> » 0 0 L I V R.E S O L I T I Q U Seize intellectuels dans la Cité PENSER LA NATION QUÉBÉCOISE Ouvrage collectif dirigé par Michel Venue Editions Québec Amérique Montréal, 2000,310 pages CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Le Québec, cette «véritable anomalie» sur le continent, selon ce qu’affirme le théologien Gregory Baum, peut se targuer de cogiter à froid sur la nation et sur les ramifications «nationalitaires», ce qui est dans certains cas une astuce langagière pour éviter de se heurter au «nationalisme» tel que l’entendaient des prosélytes sulfureux comme Maurras ou Barrés, dans un contexte hexagonal.Mais nous sommes en Nord-Amé- Penserlo la * • nation québécoise.rique.Baum, Allemand d’origine, est l’un des quinze intellectuels invités par Le Devoir à réfléchir sur le thème «Penser la nation québécoise».Pour lui, la précarité d’une petite société francophone comme la nôtre constitue «un atout pour le Québec» car CREllQ centre de / RECHERCHE EN / EITTÉRATURE QUÉBÉCOISE BOURSE POSTDOCTORALE DU CRELIQ Le conseil de direction du Centre de recherche en littérature québécoise (CRELIQ) de l’Université Laval annonce l’ouverture du concours pour l'obtention d’une bourse destinée à celles et à ceux qui ont terminé leurs études de 3e cycle en littérature.Cette bourse sera offerte à une personne répondant aux exigences suivantes : Exigences • Avoir terminé des études de 3e cycle dans une université autre que l’Université Laval ; • avoir procédé au dépôt pour soutenance de sa thèse de doctorat ; • s’engager à participer activement aux activités scientifiques d'un des trois axes de recherche du CRELIQ : histoire littéraire, culture médiatique et dynamique des genres.Présentation du dossier • La candidate ou le candidat remplira un formulaire de demande de bourse en utilisant le modèle imposé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada (parties A et F) - soit en se servant de celui qui se trouve sur le site web du CRSH (www.sshrc.ca), soit en s’en procurant une copie au secrétariat du CRELIQ-; • elle ou il joindra à sa demande une lettre de recommandation ainsi qu'un article publié dans une revue avec comité de lecture ou un chapitre de sa thèse.Le montant accordé est de 20 000 $.La personne sélectionnée obtiendra également une charge de cours rémunérée selon les tarifs en vigueur au Département des littératures de l’Université Laval.La bourse est offerte pour une durée de 12 mois à compter du 1er septembre 2000.Date limite pour le dépôt des demandes : 31 mai 2000 Les dossiers devront être envoyés ou déposés à l’adresse suivante : CRELIQ, bureau 7191, Pav.Charles-De Koninck, Faculté des lettres, Université Laval, Sainte-Foy (Québec) G1K 7P4.Pour information, tél.: (418) 656-5373, télécopieur : (418) 656-7701, courrier électronique : creliq@creliq.ulaval.ca.Le jury sera composé des membres du comité exécutif du CRELIQ.Il rendra sa décision avant le 15 juin 2000.18 personnalités face à la question de Dieu Ce #e crois Croient-ils en Dieu?Qui est-il pour eux?Sous la direction de Jeannine Lavoie-Bouchard Denise Béllsle Benoît Bouchard )ean-luc Brassard Louise Deschâtelets Liza Frulla JacquesGenest Victor Goldbloom Chan Huy Laurent Isabelle Roger D.Landry Amel Mansouri Michel Perron lean-Louls Roux Louise Roy Alain Stanké Lise Thlbeault Réjean Tremblay Michel Vastel www.novalis.ca NOVA LIS Ac* ///’ (/e riinie «l’exigence de travailler à la défense de son identité culturelle imprime d’emblée à la société québécoise un sens de la communauté porteur de solidarités permettant de faire fi des défis auxquels sont aujourd’hui confrontées les sociétés occidentales».Dans son exposé-témoignage, lors du colloque tenu le 8 octobre dernier à l’initiative du Devoir et du Programme d’études sur le Québec de McGill, Gregory Baum harponne l’hégémonie du marché et les contraintes qu’elle entraîne; tout compte fait, il se dit pessimiste et doute que la «solidarité mondiale au niveau de la base» (au Québec) puisse transformer le système néolibéral actuel, lequel rend le Québec plus vulnérable «à la pression culturelle exercée par le continent nord-américain».Après avoir traité de mondialisation et du traumatisme du référendum de 1995, Gilles Gagné conclura pour sa part: «Je suis favorable à l’indépendance du Québec parce que je suis favorable à ce qui reste de la sou- iÉ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gregory Baum éa référence statistique en nouvelles technologies et organisations! Le commerce électronique 198 pages 22.50 $ La sécurité et la protection de l’information 102 pages 19,95$ L’informatisation des entreprises 186 pages 22,50 $ INFO ETRE.COLLECTION U COMMEHCf ;\ru Tntf ftHli" F.Lit votre lien avec l'avenir IQ ISABELLE QUENTIN EDITEUR Diffusion Somabec (450)467-8565 1 800 361-8118 http://iqe.qc.ca Jean-Claude Boult Roman 22,W I Les Editions du Vermillon wêêmè^êê 'v ¦'* 'mu • ''-V i « Avez-vous lu le roman qui a inspiré la télésérie dont tout le monde parle?À lire, pour entendre les mots qu'on ne voit pas.» 1£ ROMAN QUI A INSPIRÉ LA MINI-SÉRIE DI JEAN-CLAUDE LORD I^s Éditions du Vermillon Regroupement dea edlteue canacwna-français Charles Taylor veraineté politique dans un système mondial qui se déploie contre elle.» L’ouvrage collectif, lancé cette semaine à la Bibliothèque nationale du Québec, a pris sa source dans une série d’articles parus l’été dernier dans Le Devoir.Michel Venne assure la coordination du livre qui s’ajoute à la jeune collection «Débats» (Québec/Amérique) visant à fournir aux chercheurs des matériaux pour l’étude de sujets contemporains.En introduction, Michel Venne constate qu’une «conception pluraliste de la société et de la nation s’est d’ores et déjà imposée dans les milieux intellectuels».En postface, Guy Rocher note qu’il s'agit, pour les intellectuels pressentis, d’une bataille de concepts entre auteurs qui peuvent osciller entre confiance et méfiance (trust et mistrust) lorsqu'ils se voient confrontés à la fédération canadienne ou à la perspective d’un Québec souverain.Partie nulle?Non pas.Un Jocelyn Létourneau croit dans une possibilité d’avenir pour le Canada «si tant est JACQUES NADEAU LE DEVOIR que l’on reconnaît, assume et raccorde l'ambivalence d’être des Québécois et la dissonance canadienne»', il se réfère à «un double ancrage identitaire».Marc Chevrier, dans «Notre République en Amérique», se fait cinglant vis-à-vis de la «monarchie élective» qui coiffe le système politique canadien.Ces universitaires, écrit Rocher, «se méfient essentiellement de tout consensus» parce qu’à leurs yeux un tel consensus risquerait de «dissimuler la domination d’un point de vue sur les autres et les compromis nécessaires pour l’accepter».Qu’on ne se méprenne pas, nous n’assistons pas à ce genre de bataille engagée autour du nationalisme dont Richard Arès — auteur de Notre question nationale — disait, dans les années 40, qu’elle «n'est pas près de finir»] La polémique est feutrée entre le philosophe Charles Taylor et son collègue Michel Seymour sur la façon de «créer une identité politique qui serait le lieu de rassemblement de tous les Québécois» (Taylor) tout en se mesurant aux divers défis pluralistes qu'analyse Seymour, lequel fut président du Regroupement des intellectuels pour la souveraineté.Nation en mutation, nation écartelée, nation inclusive, toutes les facettes d’un phénomène en gestation (ou déjà acquis, selon d’autres) passent sous la loupe d’auteurs dont certains, comme Denys Delâge, insistent sur la reconnaissance d’une tri-nité fondatrice: autochtones, «Français» et «Anglais», tandis que d’autres cherchent comment «sortir de la survivance» (Serge Cantin), ou se demandent s’il ne faudra pas restaurer la vocabulaire d’une nation ca-nadienne-française.Daniel Jacques est en effet de ceux qui pensent que les nations «sont d'abord des possibles» et que «si le peuple québécois refusait de se donner un Etat indépendant, il faudrait alors que chacun apprenne à redevenir pleinement Canadien français».Ce livre atteste de quinze prises de position mûries par autant d’intellectuels ayant à cœur de relever «le défi de vivre ensemble».On peut y trouver des filons utiles sur l’apport d’un Fernand Dumont ou d’un Hubert Aquin au débat récurrent, voire sur les points où Durham avait vu juste! Pour l’essentiel, il nous renvoie à la nécessité de gérer ces «frictions incessantes entre forces centripètes et forces centrifuges», sans dérapage et sans pour autant «renier nos origines».L’épargne des Canadiens français DESJARDINS, 100 ANS D’HISTOIRE Pierre Poulin LA CAISSE POPULAIRE DE LÉVIS Guy Bélanger et Claude Genest Les Éditions Dorimène et Les Éditions MultiMondes Lévis et Sainte-Foy, 2000, 144 et 322 pages CLAUDE TURCOTTE Les célébrations du centenaire du Mouvement Desjardins cette année vont donner lieu à plusieurs événements.Pour souligner l’apport longtemps oublié de Dorimène Desjardins, épouse du fondateur du mouvement, sont nées Les Editions Dorimène.Après la bande dessinée II y a 100 ans Alphonse et Dorimène, vomDesjar-dins, 100 ans d’histoire, un album très bien documenté qui retrace en mots et en photos les 100 ans d’existence du mouvement coopératif.Son auteur est un expert en la matière, l'historien Pierre Poulin qui, à partir de 1990, a publié en trois tomes L’Histoire du Mouvement Desjardins, couvrant la période de 1900 à 1971.Un quatrième volume est annoncé pour bientôt.Desjardins, 100 ans d’histoire se lit comme un album de famille.On y voit les photos de deux Alphonse Desjardins: l’un déjà bien connu, l’autre étant son homonyme contemporain, président de la Banque Jacques-Cartier de Montréal.Inutile de dire qu’il y a eu souvent confusion entre les deux hommes.On y voit aussi la photo de Benjamin Béland, père de Claude Bé-land qui fut président du Mouvement jusqu’en mars dernier.M.Béland père fut pour sa part président de l’Union régionale de Montréal de 1950 à 1954 et fondateur de la revue Ma Caisse en 1952.Par ailleurs vient de paraître un ouvrage racontant l’histoire de la Caisse populaire de Lévis, première caisse fondée en 1900.Il contient une mine des renseignements sur la vie d’Alphonse Desjardins depuis sa naissance jusqu’à sa décision de fonder la caisse populaire à 46 ans.On y découvre par la même occasion l'histoiré de la ville de Lévis, dont le chemin de fer fit une ville industrielle importante, voire une rivale de Québec.Toutefois, le déclin industriel de cette localité au début du XX' siècle lut considérable et c’est dans ce contexte de reprise en main que fut mise sur pied la première caisse populaire en Amérique du Nord.La casse de Lévis lut pendant très longtemps la caisse-mère autour de laquelle gravitaient plusieurs personnes clés du Mouvement Desjardins.Celled a conservé son statut de caisse mère, mais plutôt à titre de dépositaire de la tradition du Mouvement.Certains de ses dirigeants actuels sont du reste des descendants directs des fondateurs.lire l’histoire de cette caisse, c’est aussi refaire en bonne partie le chemin parcouru par tout le Mouvement depuis ses débuts.L’auteur, Guy Bélanger, est historien-conseil à la Société historique Alphonse-Desjardins depuis 1985.Son collaborateur est Claude Genest, lui aussi à l’emploi de la Société historique Desjardins,à titre d’histo-rien-recherchiste, après avoir été guide-interprète à partir de 1993.Monique Genuist M o u v e m e d'Amérioue f vc/z/fA'/ «Une maison se raconte: charme, nostalgie et complicité sur le mode fantaisiste.Un petit régal.» Bugroupwrwm dm édlt«ura canadlent-frwrçals ( I L K I) E V 0 I K .LES S A M EDI I !» E T I) I M A \ ( Il E I li A V R I L 2 0 « (I I) I I Livres Entretien avec Claude Duneton ¦Aï Des méfaits du snobisme français En France, l’homme dit crier dans le désert.Ici, on lui prête une oreille attentive.Et pour cause.Le dernier livre de Claude Dune-ton, La Mort du français, paru chez Plon, annonce ni plus ni moins que la mort dans le monde de la langue française au profit de l’anglais.Au Québec, c’est un refrain connu.Pourtant, selon Duneton, c’est au cœur même de l’Hexagone que la langue française serait le plus menacée.Écrivain, historien de la langue, le Français Claude Duneton est présent au cours de ce week-end au Salon du livre de Québec.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Duneton n’en est pas à ses premières armes en matière de langue.Au cours des dernières années, il publiait le Guide du français familier, au Seuil, où l’on apprend que, dans la langue de tous les jours, un enfant est aussi un gosse, un gamin, un môme, un mouflet, un morpion, un loupiot, un moutard, un lardon, un gniard ou un flo, comme on dit ici.Amoureux de la langue, Duneton n’a pas fini de taire le procès du français tel qu’il est enseigné à l’école, le français des puristes, l’impossible français, le français bientôt victime de son propre snobisme.Au cours des siècles, dit-il en effet, le français n’a pas su tirer parti de la langue familière, la langue parlée, la langue de tous les jours.C’est une plante en pot, qui nécessite des soins démesurément artificiels.Et c’est ce qui, croit-il, causera sa perte.Par opposition, dans les langues espagnole et anglaise, précise Duneton, ce qui se dit s’écrit.Ces langues sont des plantes de plein air, robustes et., qui se répandent de plus en plus.«Par exemple, dire c’est “moche”.C’est un mot employé à tous les stades, tous les grades, hommes et femmes de la société français.Il n’empêche que ce n’est pas un mot qui serait admis dans une composition française», explique-t-il, pour illustrer son propos.Idem pour les mots bouffe, ou boulot.Or ces mots, que tout le monde emploie, ne doivent pas être écrits.«Cela, c’est un handicap du français, face à l’adaptation au monde moderne», dit-il.Les Français utilisent le mot anglais fast-food parce que autre- ment il faudrait dire bouffe rapide, et que ce n’est pas un mot accepté.Bref, le français serait victime de sa propre préciosité.Le français, constate-t-il, est une langue parlée par de moins en moins d'habitants de par le monde.Elle a, écrit-il «été fabriquée dès le départ par une chatoyante élite, puis travaillée au long des siècles comme un bijou par me coterie des gens du monde.Depuis le début du XVII siècle on la choie, on la bichonne, et elle ne s’est jamais complètement intégrée aux communs de la France.Je l’ai dit, mais il faut insister sur ce point, le français ne possède aucun terreau “culturel”, nulle part, sur lequel il aurait poussé, aucune assise locale: il ne tient que par de superbes ficelles dorées».Langue de l’aristocratie, langue bourgeoise, imposée au peuple, le français est donc demeuré, à travers les âges, une langue d'élite, différente à l’oral et à récrit, et, de ce fait, une langue difficile.Impériale, elle a été au cours du dernier siècle mise de force dans la bouche de paysans qui jusqu’alors parlaient, et encore il n’y a pas si longtemps, différents dialectes ou patois.Snob, la langue n’a conservé aucun de ces mots de patois.Pire, les enfants surpris à causer dans la langue de leurs grands-parents risquaient d’être punis par les gendarmes! Résultat les jeunes cherchent désormais dans la langue anglaise les mots qui traduisent leur réalité de tous les jours.«Cela rend le français plus difficile d’accès.C’est comme m cheval qui a des poids sur le dos et qui va moins vite [.] Et dans les langues européennes, c’est la seule qui soit comme ça.Où il y a ce fossé entre l’écrit et l’oral», dit-il, cet écart ERIC ST-PIERRE LE DEVOIR L’écrivain Claude Dunetonn en a contre l’élite française, qui réclame désormais que les cadres adoptent l’anglais.entre la langue écrite et historique.Les Allemands, entre autres, en ces temps de pragmatisme, se tournent donc de plus en plus vers l’anglais comme langue seconde.Et en France, on ne daigne même plus traduire les mots de vocabulaire reflétant la nouveauté.On y emploie allègrement les mots cool, piercing, seventies, ou encore Fuck Chirac!, sans parler des anglicismes.L’exemple québécois Au Québec, la situation est différente.Dans la langue parlée, on trouve, constate Duneton, une série d’ar-chaïsmes qui témoignent de l’histoire et de la vie de tous les jours.Prenons par exemple les expressions barrer la porte ou barrer la voiture, courantes ici, qui sont aussi utilisées en province en France.«J’ai l’impression que toute la France des racines utilise le verbe “barrer”— mais à cause de sa connotation “populaire”, le mot fait tache, il rend un son inadmissible, toute la gentry le dédaigne — nous bavons sur notre propre chemise», écrit Duneton, avant d’ajouter: «J’entends de plus en plus souvent, à Paris, cette formulation fraîche comme de l'eau de mer: “Tu as locké ma bagnole?”».Louis XIII lui-même ne disait-il pas astheure?Or le mépris du patois par le Français a tait considérer la langue québécoise comme une langue inférieure, dit Duneton.«Une partie des réflexions que je fais là est née de mes observations au Québec», confie-t-il en entrevue, louant les entreprises de protection du français, loi 101 et autres, menées par le Québec.En fait, Duneton pousse l’ironie, dans La Mort du français, jusqu’à prédire que, quand «nous aurons donné notre langue aux chiens, les Québécois ont de grandes chances de rester les seuls Français de la planète»] L’écrivain en a contre l'élite française, qui réclame désormais que les cadres adoptent l’anglais, ou encore contre les autorités européennes qui choisissent de parler anglais entre elles.Ce serait aussi le cas des entreprises Renault, par exemple, qui exigeraient désormais que leurs cadres de direction discutent entre eux en anglais.Cette marginalisation du français en France pourrait avoir les mêmes conséquences qu’elle a eues au Québec dans les années 60.Ainsi, un ouvrier français ne parlant pas anglais pourrait être condamné à la pauvreté toute sa vie, comme les bûcherons ca-nadiens-français d’autrefois.Duneton ne cache pas que son ouvrage est alarmiste.Il espère cependant qu’il ne soit pas prophétique.Pour se défendre, le français aurait besoin que s’instaure une collaboration étroite entre tous les citoyens des pays qui l’utilisent.L’auteur défend aussi becs et ongles la loi Toubon, qui en France visait la protection de l’affichage en français.Mais cette loi, qui a été largement tournée en dérision par les gens, n’est pas appliquée, déplore-t-il.Or, à l’heure qu’il est, ajoute Duneton, ou le français meurt, ou il accepte de vivre.Pour ce faire, il faudra qu’il abandonne le mythe d'une langue aristocratique, voire divine.En attendant, les jeunes font l’apprentissage de la vie à travers la culture américaine, nourrie d’images de cow-boys et d’indiens.Il n’est pas possible, croit-il, d’avoir une langue dont on enseigne à l’école une forme qui n’est pas parlée, et dont la langue parlée ne peut pas être écrite.«Chez un individu, cela s’appelle la schizophrénie», conclut-il.LFp,aiSlR »?nÇCFJRf: commence bien avant l’école.La découverte de la lecture et de récriture 5e fait par des geeteç çimpleç et de touç les Jours • 1 Je parle à mon enfant à l’heure de çon boire ou de son bain.' Je lui lis un livre chaque jour.1 Je lui demande de tourner les pages et de décrire la suite de l’histoire à partir des images.• Je lis et J’écris en sa présence et Je lui dis ce pue je fais.' Je lui demande de m’aider à faire la liste d’épicerie.1 Je l’invite à écrire une carte d’anniversaire.1 J’aménage, à la maison, un coin où il y a crayons, papier et livres.’ Je lui lis ce qui est écrit sur les boîtes de céréales et sur le berlingot de lait.1 Je l’emmène à la bibliothèque du quartier.• Je lui oîîre un livre en cadeau.Encourageons notre enfant à découvrir ses mots les plus chers.www.petl'hnonUe.aç.ctV’evell Québec ° ” Éducation Culture et Communications Famille et Enfance Santé et Services sociaux “ JTUtTloir-e de.c-e novs çerotK CapauxDiamants Na* «Ktmt des Cua» Cap-aux-Diamants Nos cousins des Etats.Une invitation à prendre la route de la Nouvelle-Angleterre à la découverte des Franco-Américains.Que sont devenus les Petits Canadas?Le numéro : 8,63 $ / 1 an, 4 numéros : 30 $ E s s CONTINUITE N, Continuité Les élus municipaux et le patrimoine.Une question de vision et d’imagination qui va au-delà des rendements immédiats pour faire la place belle au patrimoine.Dossier mode technologique.Plusieurs auteurs, un même sens critique : la supposée «nouveautés» des outils technologiques dans le contexte actuel de mondialisation.Le numéro : 8 $ /1 an, 3 numéros : 20 $ possible Le numéro : 8 $ / 1 an, 4 numéros : 28 $ Possibles Sortir de la pensée unique.Un engagement en faveur d’une pensée critique aussi radicale que vigoureuse mais toujours d’une impérieuse nécessité.Le numéro : 8 $ /1 an, 4 numéros : 29 $ Variations sur l’origine.Une étude des différentes formes modernes et anciennes que prend le discours sur l’origine en philosophie, en psychanalyse et en littérature.Le numéro : 12,94 $ /1 an, 3 numéros : 33 $ S é q u e n e e s Les critiques des films : Magnolia, Moloch, L’Énigmatique M.Ripley.Une entrevue avec Jean-Sébastien Lord.Un dossier : Il était une fois.Sergio Leone.Le numéro : 5,18 $ / 1 an, 6 numéros : 29 $ 9.Je m'abonne aux revues suivantes Vie des Arts Noir sur blanc : la collection Luc Larochelle.Ces artistes-écrivains : Jocelyne Alloueherie, François Morelli et Saint-Denys Garneau.Les esquives de Leopold Plotek.Le numéro : 8,63 $ /1 an, 4 numéros : 24 $ Titre : Prix Titre Prix : Titre : Prix : Total Mode de paiement ?Chèque à l’ordre de la SODEP ?Visa ?MasterCard 24 IM AC il bS ni a g e s Le tournage de 15 février 1839, un des films les plus controversés de l’histoire du cinéma québécois.Table ronde sur la critique et les cinéastes.Le numéro : 5,70 $ / 1 an, 5 parutions : 24 $ SOI&EF» Expiration : Signature Nom : Adresse : Ville Code postal Téléphone : Date : RETOURNER A : SODEP, C.P.786, Succursale Place D'Armes, Montréal (Québec) H2Y 3J2 Téléphone : (514) 397-8669 Télécopieur : (514) 397-6887 1 » 8 • i s I) 12 I.K I) K VOIR L E S S A M E I) I E T I) I M A X ( Il E AVRIL 2 0 0 0 m Livres PHILOSOPHIE Interpréter et comprendre Lire Gadamer aujourd’hui \ & I GEORGES LEROUX La pensée de Hans-Georg Gadamer s’offre à nous dans un élément de proximité qui nous la donne dans une apparente accessibilité.Mais tout lecteur qui s’est approché de Vérité et méthode, croyant n’y trouver qu’une philosophie commode de l’interprétation, se rend vite compte que cette proximité, même si elle se fonde sur un projet qui ne ménage aucun moyen pour se communiquer, ne sera conquise qu’au prix d’un effort de lecture ardu.Il ne suffit pas d’évoquer le dialogue et le sens pour s’approcher du cœur de cette pensée, qui partage plusieurs prémisses avec celle de Heidegger mais qui la prolonge de manière souvent surprenante.Même dans une conversation visant une certaine vulgarisation, comme ce riche échange avec Carsten Dutt, traduit par Donald Ipperciel, un jeune germaniste canadien, le lecteur novice perdra souvent son chemin.Et pourtant, aucune philosophie au vingtième siècle — un siècle qu’il aura vécu en totalité, puisque Gadamer est né en février 1900 et qu’il est maintenant centenaire —, sauf sans doute celle de Jürgen Habermas, son critique le plus pertinent, n’est à la fois si concrète et si complète, s’adressant à tous les registres de l’expérience humaine de manière directe et inspirée.La raison en est que cette proximité qui exprime un souci existentiel authentique va de pair avec un enracinement de l’herméneutique dans la tradition de la philosophie allemande qui, de Kant à Heidegger, en passant par Schleiermacher et Dilthey, l’accomplit en quelque sorte comme son aboutissement même.Dans une introduction aussi claire que finement érudite, Jean Grondin, professeur à l’Université de Montréal, offre l'accompagnement de lecture d’un véritable guide.Son approche est simple, elle résulte d’un profond arrimage au texte de Vérité et méthode dont il maîtrise les articulations les plus complexes.Lui-même traducteur de l’œuvre (Seuil, 1996) et auteur de plusieurs ouvrages importants, il choisit d’en présenter le parcours, en proposant en cours de route toutes les passerelles qu’il faut pour aller vers les K r Hans-Georg Gadamer textes de Gadamer qui balisent son chemin de pensée.Même si les œuvres complètes ne sont pas entièrement disponibles en langue française, le parcours proposé circule pour ainsi dire entre les langues et le lecteur voit se développer les propositions de Vérité et méthode en même temps qu’il en comprend la portée.Grondin évoque en premier lieu la formation de Gadamer et l’origine de son projet philosophique dans une critique de l’épistémologie cartésienne: le chemin vers la vérité n’est pas unique, le travail de la tradition est indispensable et Gadamer est lui-même un philosophe dont l’œuvre résulte de voies d’accès multiples, procédant aussi bien d’une longue fréquentation du dialogue platonicien que d’une lecture approfondie des poètes.Cette formation doit son impulsion fondamentale à l’enseignement de Heidegger, et notamment au cours de 1923 à Fribourg, publié tardivement sous le titre Herméneutique de la fadicité et au séminaire sur l’éthique d’Aristote.En choisissant d’investir le concept de l’herméneutique, Gadamer s’engage donc à la fois dans la poursuite d’une philosophie des conditions du dialogue et dans une recherche ontologique portée par le présupposé heideggerien de la finitude.Vérité et méthode constitue le point d’arrivée de toutes ces années durant lesquelles Gadamer va retraverser la tradition qui mène à lui pour en montrer les apories et les promesses.Un surcroît d’être L’introduction de Jean Grondin est divisée en deux parties.la première s’ouvre comme le livre de Gadamer avec le vers de Rilke: «Tant que tu ne poursuis et ne saisis que ce que tu as toi-même jeté, tout n’est qu’habiletéet gain véniel.» La compréhension est affaire d’événement et même si elle ne peut maîtriser le procès qui la fait advenir, elle n’en est pas moins source de vérité.Pour en saisir la nature particulière, Gadamer engage d’abord une critique de l’esthétique: s’il faut détruire la conscience esthétique, c’est parce qu'elle a rompu avec le contenu de vérité de l’art au profit d’une esthétique isolée.Proposer une vérité herméneutique pour les sciences humaines, c’est donc revendiquer contre le monopole de la modernité épistémologique sur toute question de connaissance une autre source de vérité.L’art en constitue le paradigme le plus manifeste et l’herméneutique montrera comment l’art est au delà de l’esthétique, comment la vérité de l’art est un surcroît d’être.Le prolongement de cette critique est immédiat: si l’art est événement de vérité, il est expérience ontologique dans la présentation de l’œuvre et n’a d’être que dans cette présentation.Se fondant sur cette réappropriation de l’art comme vérité et compréhension, Gadamer entreprend ensuite, contre le psychologisme et contre l’histo-ricisme de Dilthey, de retrouver le sens de la vérité herméneutique.Tout ce que le romantisme a investi dans la valeur de l’expression doit être dépassé pour retrouver la compréhension comme accord.Ce chemin est rendu possible par une relecture de Heidegger et de son herméneutique de la facticité: il s’agit ici de ce concept d’être-projeté que Heidegger substitue à celui de subjectivité.Dans un chapitre remarquable {«Vigilance et hori- zon en herméneutique»), Grondin dresse un parallèle éclairant entre ces deux entreprises que tout unit et sépare à la fois sur la question du cercle de la compréhension et il montre leur profonde parenté dans la problématique de l’être-pour-la-mort: «Le texte que j'interprète s’adresse toujours à la finitude du texte que je suis aussi pour moi-même.» Il expose ensuite les concepts de préjugé, de distance temporelle, de travail de l'histoire, pour cerner cette vigilance de la conscience qui est à la fois historiographique, philosophique et historique au sens d’appartenance à l’histoire.Ces analyses sont suivies des développements sur la tradition et les concepts du canon et de l’œuvre classique.On sait comment, à cette conquête de la vérité de l'interprétation, Gadamer a voulu associer aussitôt la tâche de l’application, qu’il conçoit comme constitutive de la compréhension du sens.Se fondant sur la philosophie pratique d’Aristote, Gadamer montre la portée d’une éthique qui consent à un savoir moral non objectif et il en tire le modèle plus général de l’application herméneutique, en particulier en droit et en théologie.Le dernier chapitre, consacré à l’herméneutique du langage, conclut ce beau livre par une réflexion sur le dialogue et sur l’interprétation comme traduction.Critiquant l’oubli platonicien du langage, saisi comme obstacle à la pensée, Gadamer en fait avec saint Augustin l’élément même de la compréhension.Dans le grand jeu immémorial de l’interprétation, le langage est toujours déjà dépassement de la solitude.La fin du livre permet d’évoquer la suite du poème de Rilke: «C’est seulement si tu deviens soudain celui qui saisit la balle qu’une étemelle compagne de jeu t’a lancée, à toi seul, au cœur de ton être, en un juste élan, en l’une de ces arches des grands ponts de Dieu, c’est alors seulement que pouvoir-saisir est puissance, non pas la tienne, mais celle d’un monde.» L’enseignement ultime de l’herméneutique de Gadamer se tient condensé dans ces vers: la capacité d’habiter un monde, la compréhension nous vient d’un ailleurs que nous ne pouvons prétendre maîtriser.Quels que soient ces ponts de Dieu dont Rilke a l’audace, «c’est bien nous, écrit Jean Grondin, qui recevons et saisissons la balle, c’est nous qui sommes pris au jeu et sommes capables de monde».HERMÉNEUTIQUE, ESTHÉTIQUE, PHILOSOPHIE PRATIQUE Dialogue avec Hans-Georg Gadamer Carsten Dutt Traduit de l’allemand par Donald Ipperciel Éditions Fides Montréal, 1999,133 pages INTRODUCTION À HANS-GEORG GADAMER Jean Grondin Éditions du Cerf, coll.«La nuit surveillée» Paris, 1999,238 pages (contient une excellente bibliographie) LITTÉRATURE FRANÇAISE Dans l’attente d’un départ immobile PARTANCE ET AUTRES LIEUX Guy Goffette Gallimard Paris, 2000,192 pages DAVID CANTIN Après l’éclosion des vies imaginaires de Verlaine et de Bonnard, Guy Goffette retourne à une quête qu’il n’a pourtant jamais abandonnée.Ce long voyage vers soi qui commence au moment le plus inattendu.Partance et autres lieux tourne autour d’une inquiétude discrète envers le temps qui passe.Souvenirs, notes et observations, ces courts récits ne cherchent pas à dévoiler une histoire mais plutôt à suivre l’inspiration la plus naturelle.Dans ces tableaux où l’image s’unit à la sensation, Guy Goffette commente l’épreuve que les jours laissent sur son chemin.Il s'imprègne d’une phrase de Rimbaud qui le guette à chaque détour: «On ne part pas.» Comme s’il fallait rester sur place afin de mieux entendre le bruit furtif du trajet le plus immédiat.C’est à partir d’un tel risque que se déploie une écriture condensée et elliptique.Une langue qui s’adonne avec grâce à «la beauté fugitive des choses».Une empreinte solitaire dans ces lieux de fondation, là où l’être découvre sa profonde vulnérabilité.Qu’il se recueille dans la noirceur d’une chambre ou la transparence d’un jardin, Goffette remarque le moindre détail, le plus simple battement d’existence.Ses voyages débutent à l’ombre d’une caravane, «avant que tout s’en aille comme c’est venu».C’est alors que l’écrivain prend la place du «premier visiteur» qui fait acte de mémoire.Chaque geste devient un commencement insondable, un point d’appui avec cette horde d’émotions qui palpitent en soi.Puisqu’il faut durer, renaître sans cesse dans le vacarme animal de sa raison.Les histoires de Goffette transigent avec l’acte poétique.Le quotidien est aux prises avec la nature, l’indéchiffrable source du verbe.Il y a quelque chose d’un frémissement charnel dans ces textes en prose.D’une durée qui se partage entre l’homme et ce qui l’entoure.Des arbres, une saison, une étrangère, la chaleur du soleil comme le vent qui pousse les feuilles déjà lointaines.On dirait même des rêveries concrètes, s’appuyant sur ce que la réatité a de plus tangible.La force matérielle des choses rougissantes et confuses.Partance et autres lieux ne souhaite que déchiffrer les énigmes sauvages d’un tel mystère.«Il y a des terres lointaines où Ton n’aborde jamais, sauf en rêve, lorsque le soir tombe infiniment et que le ciel est d’un rouge d’opéra.On s’est assis sur le seuil ou accoudé à sa fenêtre et Ton regarde au fond de soi paisiblement s’écrouler ces grands châteaux qu’une journée qui s’en va avait patiemment, laborieusement échafaudés.» Il me semble que ce court paragraphe résume assez bien l’art de Goffette.Une série de variations où Bach, Bacovia ou Schiele deviennent des références lumineuses.Des modèles à suivre, pour être au service de cette vérité première.Pouvoir dépendre d'une épreuve semblable, lorsque les mots deviennent la phrase du monde.Z/ Ou rrvz ivre CINQUIEME EDITION .ire en toi Lire en toi, comme dans un livre ouvert.T’épeler, te réciter, te connaître.Perdre un peu de mon grand poids de solitude et d’incompréhension.Plus je tourne les pages, plus je te vois, moins tu m’échappes.Lire désencombre la tête et dilate le cœur.Le livre t’enlève au monde pour t’y plonger entièrement, je lis, donc je me lis, donc je te lis.L’imagination, la vraie, la féconde, c’est se mettre à la place de l’autre.C’est revisiter ma vie, ta vie.C’est m’arracher à moi, pour m’approcher de toi.Te lire, c’est achever d’écrire mon livre à moi.C’est me livrer à tes images, c’est souffrir ton grand tourment, c’est être admis au plus secret de toi, c’est rejoindre la liberté de ton rêve, enfin.Lire c’est apprivoiser le proche, l’ignoré.Le propre de l’autre, le sentir tien, un instant.Il y a les livres apaisants, il y a les donneurs de fièvre, les arracheurs, les bousculants, les essoufflants.Il y a les livres réconciliateurs, les attendris, les ensorceleurs, les grands calmants.Ceux qui posent sur vous une lumière et vous forcent à ouvrir l’œil, et le bon.Il y a ceux qui nous incitent à pousser un cri avec le perdu en montagne, ou à courir à toutes jambes, pour fuir feu de forêt.Il y a les livres qu’on pose, pages contre Therbe, le cœur battant, avant de les reprendre, comme on reprend le collier.Il y a ceux qui nous rappellent qu’il faut lutter pour le bonheur, qu’il faut même désirer lutter, et cesser d’exiger, de vouloir, en restant immobiles.Il y a les livres qui nous murmurent que nous ne disposons pas de beaucoup de temps sur la terre, et qu’il y a beaucoup, beaucoup à faire, à commencer par être heureux.Toute chose racontée, toute chose lue, est une chose sauvée.Arrachée au temps qui dégrade, elle accède en temps qui sauve.Si lire est une fuite, c’est une fuite vers le vrai.On s'évade du monde pour le rejoindre.Avec les livres, d’autres femmes, d’autres hommes nous offrent le moyen d’être hommes et femmes, c’est-à-dire soi-même, véritablement, dans la communauté partagée.Tu m’écris, je te lis, je t'écris à mon tour.Ensemble, nous nous écrivons, nous nous lisons.Ainsi, le monde s’éclaire un peu, durant une bonne Quinzaine, et puis longtemps après.Voici une sélection d’activités présentées dans le cadre de la Quinzaine du livre en Montérégie.Pour plus de détails, visitez notre site internet : www.aei.ca/~ccm Récital poétique par le Cercle des poètes de la Montérégie Café-théâtre de Chambly Spectacles et événements Lancement régional de la Quinzaine du livre en Montérégie, mise en scène par Robert Lalonde et le Théâtre de la Dame de Coeur Invitée d’honneur Madame Agnès Maltais, Ministre de la Culture et des Communications Collège Antoine-Girouard (Saint-Hyacinthe) 14 avril à igh La Fête du livre de Longueuil La Fête du livre et de la lecture de Longueuil est un événement familial qui convie principalement les enfants âgés de 0 à 8 ans et leurs parents à venir découvrir et partager le plaisir de la lecture et du livre.Cette année, Monsieur Yves Soutière, artiste bien connu de la Rive-Sud, a accepté d’être le porte-parole de l’événement.Au cours de ces cinq jours, différentes activités autour du livre et de la lecture seront offertes aux enfants et à leurs parents.Ils pourront, entre autres choses, rencontrer des auteurs et des illustrateurs, avoir le plaisir de se laisser bercer par une histoire, ou découvrir les trésors de la littérature jeunesse.Auteurs présents : Doris Brasset, Yanick Comeau, Ginette Dessureault, Pierrette Dubé, Gilles Gauthier, Agathe Génois, Dominique )olin, Claude Lafortune, Fabienne Michaud, josée Ouimet, Roxanne Paradis, Bernadette Renaud, Mireille Rollin, jocelyne Sanschagrin.Animation : CROCUS ET SON CHIEN (Personnages de Macaroni tout garni) Vérifiez l’horaire des auteurs et de l’animation.École Lionel-Groulx (Longueuil) 26 au 30 avril Salon du livre de La Prairie Plus de mille élèves participeront à des activités d’animation du livre, en compagnie d’auteurs et d’illustrateurs jeunesse, représentées par un éventail varié d’éditeurs reconnus tels les Éditions Michel Quintin, la Courte échelle, Québec Amérique, Dominique et compagnie, Hurtubise HMH, etc.Le salon est sous la présidence d’honneur de Gilles Tibo, auteur et illustrateur de renom.Bibliothèque Léo-Lecavalier (La Prairie) 26 au 28 avril Mon clown et moi, poèmes et chansons avec Jean-Pierre Bérubé Bibliothèque Adélard-Berger (Saint-jean sur Richelieu) 26 avril à içhso Lancement local de la Quinzaine du livre en Montérégie à Contrecoeur Bibliothèque de Contrecoeur 14 avril à 17b Lecture de poésie avec Raoul Duguay : «Lire à fond de Train» Théâtre de la Ville (Longueuil) 14 avril à içh Soirée de poésie avec Thérèse Jodoin et autres invités Bibliothèque St-Bernard-de-Michaudvitle 27 avril à 191130 Vin et poésie avec jean-Yves Théberge Bibliothèque de St-Luc 19 avril à i9hoo Soirée de poésie animée par Jean-Noël Bilodeau Bibliothèque de Vaudreuil-Dorion 17 avril à 191130 Soirée de poésie animée par Jean-Noël Bilodeau Maison des arts et de la culture de Vaudreuil-Dorion 15 avril à zoh Poésie sur la rue avec les auteurs du collectif Centre-ville de St-Hyacinthe 27 avril à 2ih 20 avril à 19630 Récital poétique par le cercle des poètes de la Montérégie Le Parvis (St-Hyacinthe) 28 avril à 19630 Spectacles Maison Bruck 225, rue Principale Pointe-Ville 27 avril à 19630 Lecture de textes par le collectif d’auteurs de la Forme des choses Maison Trestler 25 avril à 196 Lecture de textes par le collectif de Mots et matière : l’objet poème Musée d’art de Mont-Saint-Hilaire 18 avril à 196 Reflet d’auteurs avec Pauline Gill, Bruno Jobin, Viateur Lefrançois, Louise de gonzague Pelletier Maison des arts et de la culture du Haut-Richelieu (Saint-jean-sur-Richelieu) 21 avril à 196 Livres et Bourgeons, Journée au Verger Monnoir : lancement du livre d’art« Arbres Gourmands » de Daniel Jean Primeau; exposition; repas champêtre et spectacle mettant en vedette Daniei Jean Primeau, Michelle Dozois et Alexandre Stanké, récipiendaire de la première édition du Prix de poésie Rina Lasnier; Accompagnement musical de Yolande Drogue.Verger Monnoir (Mont-Saint-Grégoire) 156 à 22630 Planification stratégique des Lettres en Montérégie Les principaux intervenants du milieu du livre de la Montérégie sont invités à participer à la planification stratégique du milieu du livre et des lettres de la Montérégie Conseil montérégien de la culture et des communications (Longueuil) 27 avril à loh, sur invitation La vie d’écrivain Rencontre des auteurs - écrivains de Longueuil animée par Jean-Marc Desgent Vieux-presbytère (Longueuil) Sur invitation THÉÂTRE Théâtre endimanché : La fête des Mots Centre communautaire Le Trait d’union (Longueuil) t6 avril à 14b L’Enlèvement de la bibliothécaire présenté par Le Matou Noir Bibliothèque de Saint-Timothée zo avril à lyhjo ASSOC IATION DI S AUTEURS DF.I .A MONinpi /jHHi LES GRANDS PRIX DU LIVRE DE LA MONTÉRÉGIE, ÉDITION 2000 Dans le cadre de la Quinzaine du livre en Montérégie, trois Grands Prix sont remis cette année par l'Association des auteurs de la Montérégie dans les catégories suivantes : romans, littérature jeunesse, autres genres littéraires.Les citoyens de la Montérégie ont voté en empruntant et en achetant les livres dans les bibliothèques et les librairies participantes.La remise des prix aura lieu le 14 avril 2000 W-) à l'occasion de la soirée de lancement.INFO-QUINZAINE (450)651-0694 wvnw.aei.ca/~ccm CONSEIL MONTÉRÉGIEN DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS Québec ss Ministère de la Culture et des Communications Emploi-Québec Ministère de l'Éducation I) 14 I- K H K V Oil!.I.K S S A M K I) I I 5 K I' I) I M A X C II E Mi A V H I I.2 0 0 II -*¦ Livres »- ENTRETIEN A Etre ou ne pas être un «grantécrivain» Dominique Noguez et le métier d’écrire Qui s’adonne aujourd’hui à la littérature n’a pas à se préoccuper uniquement d’écrire.Il doit aussi se battre pour ne pas couler, dès que publié, «dans [le] magma aussi vaste que boueux» qu’est devenu le marché du livre.Comme si être écrivain n’était pas un statut suffisant, faut-il aussi se démener pour le demeurer?„ JACQUES GRENIER LE DKVOIR Etre lucide, voilà l’objectif du romancier Dominique Noguez.r GUYLAINE MASSOUTRE Dominique Noguez, de passage à Montréal récemment pour assister aux rencontres du Festival Metropolis Bleu, publie coup sur coup deux essais, Le Grantécrivain et autres textes et Les Plaisirs de la vie, où il fait le point.Il a choisi d’inquiéter et de secouer le lecteur à la manière des pamphlétaires.Suivons sa campagne parmi «les grandeurs et misères de l’individualité».A grand renfort de citations, avec un fort sens de la parodie, cet esprit classique revendique un statut A'«honnête homme» pour l’écrivain moderne.Pour lui, il s’agit de monter au front avec une défense de «la littérature comme immolation et malheur consenti».L’écrivain tient dans sa main un scalpel avec lequel il opère.Si l’expression est neuve, l’idée ne l’est pas: il cite Mishima, qui la tenait lui-même de Baudelaire.A chacun d’aiguiser sa langue sur tout ce qui est vivant, soi comme les autres, quitte à devenir du même coup «le condamné et le bourreau».L’intellectuel écrivain Etre lucide, voilà l’objectif.Figure omniprésente, Gide est l’exemple du courage de vivre, qui colore sa prose, et d’un refus d’être dupe, auquel le narcissisme de son écriture aurait pu le mener.«Il s’agit de vivre sa vie [.] |« avec le détachement d’une J 4 arrière-pensée, avec ce sur- .^ croît de conscience qui est tf -qtfl dans toute expérience para- ¦pop dique», écrit le polygraphe, l’œil sur tout mais attaché miÉ à rien.«Gide a joué un rôle important dans mon éveil à la vie et dans ma façon d’écrire.Il fait partie de ces quelques écrivains, au XX' siècle, à ne s’être guère trompés», ex- plique celui qui pratique quatre devoirs d’écrivain, «par ordre décroissant d’exaltation»-, la durée, la vérité, le sérieux et le jeu.Au Québec, auquel il est très attaché, certains se souviennent de Noguez, professeur: d’autres, de ses critiques du cinéma d’ici, dans les années 70.D’autres ont découvert le romancier avec Amour noir, prix Fe-mina en 1997.Aujourd'hui, le professeur a quitté l’enseignement — n’a-t-il pas tout lu, tout retenu?— pour se jeter à temps plein dans le métier d’écrivain: «J’ai fait le sot», résume, mi-souriant, mi-amer, l’amateur de formules et de jeux de mots, comme s’il avait renoncé à un rêve tout en succombant à la tentation, devenir lui-même un jour un «grantécrivain».Au départ, il y a d’innombrables «prousteries», ces intentions de dire la ferveur de lire.Ecrire serait «un état de veille», «l’écoute de ce chuchotis intérieur intermittent qu’on appelle pensée».Mais ce qui guide, cette nécessité qui éclipse tout, «même les plus belles stalactites de l’imagination», c’est une passion de la vérité.Revisiter la sincérité de l’écrivain se confond alors avec l’urgence de la parole publique: «L’écrivain est celui qui est à la fois capable de véhiculer des _____ valeurs et une conscience lu-"fü eide du monde», explique le Wli disciple de Sartre dont l’im-‘«wi posante stature fait juste-ment de l’ombre à ceux qui s’avancent après lui.«L’écriture veut des Ro-IÉlJH binson», écrit l’amateur de * ür ¦ toutes les fuites.Mais at-^ JJ tention aux volte-face! Le JH «j chantre du contretemps ÉBÉI trouve «une volupté singulière à ne pas être là où l’on nous attend et à y être quand on ne nous y attend pas», soutient-il dans Les Plaisirs de la vie.Si bien que de l’île où il se relie au monde, l’auteur remplit son espace de silence et de retrait.Mais il se heurte à d’autres bruits.Ainsi, si la notoriété des écrivains français est en chute libre, c’est parce que toutes sortes de beuglements couvrent leurs voix singulières.«La différence entre Sartre et nous, maintenant, c’est une différence de situation, au sens sartrien, c’est-à-dire que nous ne sommes plus dans une langue et dans une littérature dominantes, comme entre les deux guerres.Au Québec, on est sensible à cela depuis longtemps; mais en France, je ne sens pas beaucoup, autour de moi, la conscience de la fragilité extrême dans laquelle nous sommes.Si bien que notre langue est menacée par la bêtise de ses propres locuteurs et d’une partie de ses propres élites.» la défense du français est de venue son jouai de Troie.Composer un paysage culturel Comment décoller du réel?Entre son insatiable curiosité, son goût de l’actualité et son désir d’adhérer au temps présent, il s’exerce à la synthèse, penche vers l’humour, ferraille çà et là.«Je me suis intéressé à la sémiologie de Barthes et d’Eco, mais quand je voyais ce qu’en faisaient certains disciples, je me suis moqué de leurs travaux.J’ai pratiqué l’ironie et inventé la critique-fiction, dans un livre qui s’intitule La Sémiologie du parapluie, pour désigner l’application de concepts authentiques et une méthode sérieuse à des sujets dérisoires.» A force de dire ce qu’écrire n’est pas, Noguez a plongé dans la jubilation.Son volumineux roman, Les Derniers Jours du monde (Laffont, 1991), est une sorte de bilan.Actuellement, il poursuit ce grand chantier de romancier, hanté par l’exhaustivité.Rien ne semble l’arrêter ni le retenir.Voyez sa veine prospective dans Les Trois Rimbaud (Minuit, 1986), qui imagine la vie et l’œuvre du poète jusqu’en 1937.Comment ses canulars rejoignent-ils un certain ordre de vraisemblable?Noguez va paradoxalement à l’essentiel en prenant son temps.Les Derniers Jours du monde, habité par un je omniprésent, méticuleux, «micropsychologique», inclut Amour noir.«Si j’avais écrit un roman plus clas- sique, plus simple, j’aurais peut-être pu toucher davantage la critique.J’en ai extrait m épisode et j’ai fait le pari de gagner un prix, et ç’a marché.» Quelle audace, ce prix Medicis! Et d’ajouter: «Les Derniers Jours du monde était une tentative de synthèse mais aussi une fiction puisque tout se passe en 2010.Je suis pour le vraisemblable, mais pas pour l’autobiographie réelle.Je me sens l’arrière-petit-fils de Flaubert.Il faut avoir de l’imagination, mais je donne plus d’importance aux repérages.» Noguez, humaniste, défend le roman, lieu de toutes les libertés: «Kundera, dans L’Art du roman, a bien dit que le roman est l’art de regrouper des savoirs.Il fait valoir que le romancier sent les choses avant qu’elles n’arrivent.Le romancier du XIX' siècle a été une sorte de phénoménologue avant Husserl.» Mais s’il pratique le vagabondage littéraire, c’est «à condition qu’il soit revu par une composition qui l’encadre».Séduire Là réside son plus grand talent.Amour noir est une longue coulée d'écriture, un rythme entraînant dans l’univers désolé d’un amoureux mal aimé, malmené par la femme volage dont il s’est entiché.La durée de son roman, sentie et centrée, agit sur notre désir de tourner les pages sans répit.Captivante, son écriture appelle le dévoilement d’un improbable secret.«Même si j’ai un désir de confession, l’amnésie est plus importante que la vérité.Stendhal dit que la première qualité d’un romancier, c’est de ne pas ennuyer.Il doit séduire.» D’où Les Plaisirs de la vie, un traité des choses agréables, sans hédonisme échevelé.Le désenchantement joue un rôle important dans son écriture.Le sombre y côtoie l’éclat.Ce double mouvement caractérise bien Amour noir.Le personnage de Laetitia engendre tout un univers de déception.Ainsi, au bonheur d’aimer succède l’amertume, dans une succession sans fin.«Construire un monde réaliste, un peu noir, est une manière de ne pas se faire d’illusions.Voir la réalité avec les seins flasques est précisément l’alchimie de l’humour, qui consiste à \mour noi transformer nos perceptions.» Il y a de l’invisible dans chaque écrivain.Son prochain roman ira selon sa volonté de facétie.Ses farceurs sauront-ils mieux dire ce qui est en train de changer?«Mon projet actuel est de pratiquer Tautographie”, une écriture qui refuse absolument la fiction et a une volonté de vérité, selon une tradition littéraire qui passe par Montaigne, Rousseau, Gide, Renaud Camus, Annie Emaux.C’est très risqué.Mais ce n’est pas incompatible avec le roman.» Voilà comment utiliser les surprises de la fiction.Approchez l’œil de la serrure, disait Gide, et vous verrez un monde immense.LES PLAISIRS DE LA VIE Dominique Noguez Payot, collection «Manuels» Paris, 2000,178 pages LE GRANTÉCRIVAIN ET AUTRES TEXTES Dominique Noguez NRF Gallimard - L’Infini Paris, 2000,120 pages AMOUR NOIR Dominique Noguez Gallimard, collection «Folio» Paris, 2000,242 pages Célébrons la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur Découvrir, chercher, lire, "O c
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