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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-04-19, Collections de BAnQ.

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FONDE EN 1910 ?T -11-064 DEVOiar L E M E R C R E I) I I !) A V R I L 2 0 0 0 87c + taxes = I $ LES ACTUALITÉS VERS UNE SOUS-TRAITANCE DES TRANSPORTS EN COMMUN?PAGE A 4 ÉDUCATION TURBULENCES AUX CONSEILS ?D’ETABLISSEMENT PAGE B 1 LES ACTUALITÉS SYRIE-ISRAËL: CHRÉTIEN ÉVITE LA CONTROVERSE PAGE A B PERSPECTIVES Paule des Rivières La course à la pauvreté La pauvreté est un gros business dans les écoles du Québec.Certains parlent même de course à la pauvreté tellement sont avantageuses certaines subventions prévues pour aider les enfants des écoles en milieu défavorisé.Dans ce contexte, il est aisé de comprendre que l’identification des écoles démunies revêt une importance particulière.Cette année, pour la première fois, le ministère de l’Éducation utilise sa propre carte de la pauvreté, complétée au printemps dernier.Cet outil pose de gros problèmes, en ville comme en région.La carte s’inspire de celle mise au point il y a plusieurs années par le Conseil scolaire de l’île de Montréal à partir de données de Statistique Canada.On y prend en compte le revenu des parents, mais aussi le niveau de scolarité de la mère et le statut de travailleur ou de chômeur du père.Indépendamment de ces données, une attention particulière est accordée aux mères monoparentales.La carte du CSIM est, de l’avis général, un outil extrêmement bien fait, très préçis.Le hic, c’est que le ministère de l’Éducation a pris une carte conçue pour un milieu urbain et l’a transposée à travers la province.Ainsi, pour réunir ses «unités de population» de 350 familles, il a souvent dû regrouper trois, cinq ou même six municipalités ou villages, ?qui ne partagent pas nécessairement le même niveau de vie.La Fédération des commissions scolaires du Québec avait bien vu le problème lors de la divulgation de la carte, au printemps dernier, mais comme elle ne devait servir qu’à des fins de consultation, elle n’a pas jugé sage d’en faire tout un plat.Elle a rapidement changé d’idée lorsqu’elle a réalisé que cette même carte servait à déterminer quelles maternelles dans quelles écoles pouvaient, dès septembre, réduire le nombre d’élèves par classe, pour ne nommer que cette mesure.Un sondage récent lui a révélé que 41 commissions scolaires sur 57 avaient des problèmes avec le nouveau joujou du ministère.Désireuse de tirer cette affaire au clair, la Fédération des commissions scolaires a sollicité l’avis de l’INRS, qui a confirmé ses appréhensions en relevant le problème des unités de population en milieu rural.La Commission scolaire Beauce-Etchemin, pour sa part, a mené sa propre enquête pour conclure qu’un tiers de ses écoles avaient été mal évaluées.Le territoire de cette commission scolaire recoupe 58 municipalités.Le taux , de chômage y est bas, mais le taux de scolarisation également, puisque 30 % de la population n’a pas complété une neuvième année.la carte du MEQ présente un «risque élevé de distorsion», estime pudiquement la direction de l’administration scolaire.Pendant ce temps, à la Commission scolaire de Montréal, on file le parfait bonheur.De 66 qu’elles étaient lorsque la carte du Conseil scolaire prévalait, les écoles défavorisées sont passées à 129.Il y a bien sûr quelques froncements de sourcils en points d'interrogation devant la constatation qqe l’école Saint-Léon de Westmount, l’École internationale de Montréal ou encore l’école Fernand-Seguin sont sur la liste des milieux défavorisés, mais bon, ce n’est pas la CSDM et encore moins l’Alliance des professeurs qui s’en plaindront.Il reste que même à Montréal la carte de la défavorisation ministérielle soulève des questions.Il est évident que la région montréalaise est la plus pauvre de la province et il est tout aussi évident que, s'ils sont comparés aux écoles de l’ensemble du Québec, les établissements scolaires montréalais se retrouveront en tête de liste.Cela dit cette manière de calculer a un impact majeur qui devient un choix politique.Car plus le nombre d’écoles pauvres est élevé, plus l’argent — qui n’augmente pas — est saupoudré.Cette approche est à l’opposé de celle privilégiée jusqu’à présent par le Conseil scolaire de Montréal, qui aidait davantage les plus pauvres parmi les pauvres.Pour la région montréalaise, l’aide en milieu défavorisé dépasse les 20 millions de dollars.Dans cette histoire, le ministère de l’Éducation semble vouloir écarter le Conseil scolaire de l’île de Montréal, pourtant aux premières loges de l’aide à la défavorisation à Montréal depuis 25 ans.Le gouvernement aurait pu, dans le sillon de sa récente décentralisation, se défaire du Conseil.Il ne l’a pas fait.Aujourd’hui, cependant, il donne l’impression de vouloir s’arroger le contrôle de l’aide aux élèves en difficulté.Plusieurs directions d’école se fichent pas mal du canal d’acheminement de l’aide, pourvu que cette aide parvienne à bon port.Il reste que plusieurs autres s’arrachent les cheveux devant la multiplication des formulaires, des de- Plus le nombre - d’écoles pauvres est élevé, plus l’argent est saupoudré VOIR PAGE A 8: COURSE METEO Montréal Québec Nuageux Nuageux, avec éclaircies.Max: 6 Min: 1 Max: 12 Min: 3 Détails, page B 7 INDEX Annonces.A 4 Bourse.B 4 Avis publics.B 8 Culture.B 10 Économie.B 3 Editorial.Idées.A 7 Monde.A 5 Mots croisés.B 8 Politique.A 4 Sports.B 7 .A 6 Télévision.B 9 www.ledevoir.com «Déchets d’œuvres» la» v ' M* % JACQUES NADEAU LE DEVOIR «LA PLANETE est en jeu: à nous tous de jouer!», tel est le slogan de la huitième édition du concours international de jouets jabriqués à partir de matériaux récupérés, organisé par le Club 2/3, un organisme d'éducation et de coopération internationale.L’objectif?Réaliser, à l’aide de déchets, un jouet.Les participants, âgés de 6 à 19 ans et provenant des quatre coins de la planète, ont ainsi été sensibilisés à la nécessaire solidarité des peuples dans la lutte pour un environnement sain.Ces véritables «déchets d’œuvres» ont valorisé aussi la créativité de tous les participants.Motocyclettes, guitares, avions, les jeux sont tous plus ingénieux les uns que les autres.Ici, Chantal Vaillancourt tient un original jeu d'échecs, réalisé à partir de morceaux de liège et d’images de magazines.Les noms des lauréats étaient dévoilés hier au Biodôme de Montréal.Cannes 2000 Œuvres en costumes et films de genre ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Denys Arcand sera bel et bien sur la Croisette.mais pour la dernière cène.C’est son Stardom qui clôturera (hors compétition) le bal de la SS' édition du Festival de Cannes, qui roulera du 10 ¦ au 21 mai.La présence québécoise sera « moins forte que prévu cette année ” puisque le film Maelstrom de Denis Villeneuve, apparemment présélectionné dans la catégorie «Un certain regard», n’a hélas pas été retenu in extremis.Outre le Arcand, reste Le Fantôme des trois Madeleine, premier long métrage de la Québécoise Guylaine Dionne, road-movie entre Montréal et la Gaspésie, lequel aboutira à La Quinzaine des réalisateurs.Et voilà pour la présence québécoise au prestigieux festival français.Deux joueurs, c’est déjà ça de pris.Vingt-trois films se bousculent en compétition en provenance de 14 pays (quatre français et quatre américains mais nul africain et, rarissime phénomène, aucun italien non plus).A la proue: quelques grands noms du cinéma international, avec axe Europe-Asie.Le cru 2000, révélé hier à VOIR PAGE A 8: CANNES ARCHIVES LE DEVOIR Jessica Paré et Dan Aykroyd dans Stardom, le nouveau film de Denys Arcand.34 cardiologues en colère « On en a marre et on est écœurés.Nous pratiquons une médecine de guerre comme au Vietnam.» ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les 34 cardiologues québécois toujours actifs en ont marre de jouer avec le feu et soutiennent que de trois à six patients meurent chaque mois à cause de la liste d’attente en cardiologie.Les assurances données hier par la ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux ne changent rien à cette situation.«On en a marre et on est écœurés.Nous pratiquons une médecine de guerre comme au Vietnam», a livré avec véhémence hier le président de l’Association des chirurgiens cardiovasculaires et thoraciques du Québec, le Dr Daniel Doyle.L’histoire se répète et les assurances données hier par Mme Marois n’y changent rien.«La même chose se répète depuis 15 ans: on va de crise en crise», a dit le Dr Doyle.«On est 34 gars tannés, tannés de jouer avec le feu, tannés de prendre des risques.» La liste d’attente pour les chirurgies cardiovasculaires s’allonge et atteint maintenant 1000 patients.Or, selon une VOIR PAGE A 8: CARDIOLOGUES Chrétien bâillonne ses contestataires PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Les dirigeants du PLC ne toléreront plus que les membres du parti critiquent publiquement le leadership de Jean Chrétien.Les contestataires sont sommés de se (aire et de rentrer dans le rang.A leur réunion du 12 avril dernier, les membres du conseil de direction de l’aile québécoise du PLC ont convenu d’adresser aux présidents des 75 associations de comté du Québec une mise en garde leur enjoignant de respecÿ ter la constitution du parti, de cesser de réclamer ug congrès au leadership et de s’appliquer plutôt à préparer les prochaines élections.Cette étonnante décision de bâillonner la base militante vise à freiner les manifestations de contestation qui ont perturbé le congrès national d’Ottawa et qui ont eu des retombées chez les libéraux de l’Ontario et du Québec.A 1’instar de quelques-uns de ses collègues, le président de l’association libérale fédérale du comté de Berthier-Mont-calm, Me Louis-Victor Sylvestre, avait alors publiquement émis l’opinion selon laquelle son chef, Jean Chrétien, a fait son temps et qu’il devrait démissionner plutôt que de conduire les libéraux à la défaite.Le franc-tireur a subi les foudres des dirigeants du parti, VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN La police expulse Prescott du conseil municipal FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Coup de théâtre au conseil municipal de Montréal, hier, avant l’adoption de la modification de zonage permettant à Matrec d’installer un centre de transbordement sous l’échangeur Turcot.Le chef de l’opposition, Michel Prescott, est à l’origine de la scène.En affirmant que «le maire [Pierre Bourque] couche avec les promoteurs», il a fait bondir le président du conseil,, Luc Larivée, qui lui a expressément demandé de sortir.A la suite du refus répété de M.Prescott, le président a décidé de faire intervenir la sécurité, en vain, puis le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) pour expulser le conseiller.«Je suis resté à ma place, a raconté le principal intéressé.Le président a donc appelé la police, comme si elle n’avait rien d'autre à faire que de régler les problèmes politiques du président du conseil.» Les membres de l’opposition ont alors formé un bouclier humain pour protéger leur chef.«Leur geste était plutôt symbolique, a poursuivi M.Prescott.Ils ne considéraient pas qu’une telle intervention extérieure était opportune.Je suis alors tout simplement sorti du conseil.L'ironie de la chose, toutefois, c’est qu’immédiate-ment après, on me rappelait pour que j’aille voter sur ma propre expulsion!» Le chef de l’opposition estime que le président — qu’il dit «partisan» — a «bafoué les règlements» VOIR PAGE A 8: PRESCOTT t S r LE Ü E V 0 I a , LE MERCREDI 19 AVRIL 2 0 0 0 i \ 2 ?LES ACTUALITES* Lachenaie et Charlemagne se disputent un milieu protégé Louise Hard donnerait sa bénédiction à la construction d'un Réno-Dépôt dans la plaine inondable Un interdit plein de trous (Le I levoir) — Le gouvernement fédéral se propose d'interdire un groupe de molécules, les nonylphénols ainsi que les étoxylates, en vertu de la h)i canadienne de l'environnement, mais cette décision, applaudie notamment par le Fonds mondial de la nature, ressemble à une passoire, selon certains.En effet, selon le Fonds, plus de 200 pesticides contiennent actuellement des molécules de nonylphénols ou d’étoxylates, mais comme ils relèvent d’une autre loi, soit la Loi sur les |x •stickles, cette partie de la production échappera à l’interdit de vente et de production en vertu des normes environna mentales.«C’est inacceptable de répandre dans l’environnement, sous la protection de la Ixri sur les pesticides, des molécules dont l’élimination est jugée prioritaire, surtout lorsqu'il y a des alternatives», a déclaré Julia langer, directrice du Fonds mondial.Environnement Canada estime que les deux molécules toxiques font partie de la famille des perturbateurs endocriniens.En somme, il suffit d’une ou deux molécules pour déstabiliser le système de régulation chimique des hull mins et des organismes vivants, ce qui fait qu’aucune dose n’est sécuritaire, même la plus infime C’est la première fois que le potentiel de perturbation du système endocrinien entre en ligne de compte au Canada dans l’évaluation envi-ronnementale d’une molécule.Les découvertes de plus en plus nombreuses quant aux effets des 4mposteurs» endocriniens révolutionnent de plus en plus les approches en santé et en environnement du fait que le système endocrinien, le régulateur chimique du corps, confond ces molécules toxiques avec les messages qu’il reçoit en principe des glandes, il peut en résulter des altérations graves de la capacité de reproduction des espèces, des altérations du code génétique susceptibles de se transmettre aux générations futures et des risques accrus de cancer.Imperial a approvisionné des contrebandiers (PC) —la société Imperia! Tobacco a approvisionné les contrebandiers de ses principales marques de cigarettes, au début des aimées 90, pour récupérer sa part de marché face à des concurrents qui en faisaient déjà autant, affirme le Globe and Mail, qui dit s’appuyer sur des documents internes de l'industrie.Dans un premier temps, la société a été atteinte plus sévèrement que ses concurrents par une forte augmentation des taxes sur le tabac, indique un rapport préparé en vue d’une réunion interne, le 11 mai 1994.\je rapport signalait que les fumeurs avaient conunencé à délaisser leurs marques préférées, comme Players et DuMaurier, en 1992 et 1993, les marques des autres fabricants étant plus facilement disponibles sur les «canaux de contrebande».Fin 1993, toutefois, Impérial avait réussi à reprendre sa |jart de marché en profitant elle aussi de ces mêmes canaux de contrebande.«Après les pertes de 1992,777.(Imperia! Tobacco Ltd.) a repris ses parts de nuirché en rendant disponibles ses principales marques sur les canaux de contrebande dès la seconde moitié de 1993», soutient le document intitulé «Mise à jour du marché».Le rapport cité fait partie des quelque 3000 documents que le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique a rendu accessibles sur son site Internet cette semaine, dans le cadre d’une campagne virulente contre l’industrie du tabac.Les responsables de la faune et de l’environnement ont mis dix ans à civiliser un peu les rem-blayeurs installés en rives sur les rivières l’Assomption, Mille-Îles et des Prairies.Au moment où Lachenaie veut aménager sa plaine au profit de la faune ailée et aquatique, voilà que sa voisine, ’ Charlemagne, veut rogner et remblayer ce milieu humide pour.y construire un Réno-Dépôt! LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La ministre des Affaires municipales, Louise Harel, a récemment ouvert la porte à une demande d’annexion par la municipalité de Charlemagne d’une portion importante de la plaine inondable de la rivière des Prairies, qui appartient jusqu'à présent à la municipalité de Lachenaie.Lachenaie, qui s’oppose à cette annexion de son territoire au profit de sa voisine, projette depuis quelques années d’aménager le ruisseau de Feu, ses marais et la plaine inondable du secteur convoité.Cette portion de la plaine inondable est située à l’est de l’autoroute 40, juste avant l’intersection avec la 640.Elle fait partie de la zone inondable susceptible d’être inondée une fois au moins en 20 ans.Une convention fédérale-provindale interdit aux deux niveaux de gouvernement de prendre toute décision susceptible d’altérer ce milieu humide, bien identifié comme zone à protéger dans la cartographie officielle.Charlemagne rêvait de construire au même endroit l’hôpital promis à la région par l’ancien premier ministre, Jacques Parizeau.Depuis que Lachenaie a obtenu cette institution, c’est le projet de Réno-Dépôt qui a pris le relais.Charlemagne pourrait tirer de ce projet commercial majeur près de 10 % de sa future assiette fiscale, précisait un fonctionnaire provincial au fait du dossier.Charlemagne a présenté en août dernier sa demande d’annexion à la ministre des Affaires municipales, Louise Harel, qui est aussi la coresponsable avec son collègue de l’Environnement, Paul Bégin, de la protection des plaines inondables.La ministre aurait pu renvoyer carrément le projet parce qu’il se situait dans la zone protégée officielle, précisait hier le directeur de l’urbanisme de Lachenaie, Guy DaousL Les Affaires municipales avaient demandé à Charlemagne en 1995 de ne plus construire sur le lot P-2 en question.La ministre Harel a fini par nommer, le 4 avril, une «conciliatrice» dans ce dossier en donnant aux deux municipalités huit semaines «pour en arriver à un accord sur le partage de l’actif et du passif du territoire visé par l’annexion».A l’issue de ^ j* *• * : * - -•s»»»-.«a» :^PÜS S’S’Viÿ LOUIS-GILLES FRANCŒUR.LE DEVOIR Le Réno-Dépôtserait construit entre le ruisseau de Feu et l’autoroute, en haut de la photo.Au premier plan, une partie du marais de cette plaine inondable.ce délai, écrit Mme Harel, «je prendrai une décision sur cette annexion et éventuellement déterminerai un tel partage».Un sous-ministre adjoint des Affaires municipales, Denys Jean, affirme avoir rencontré ses anciens collègues de la Faune et de l’Environnement qui ne se seraient pas objectés à la construction d’un Réno-Dépôt dans cette plaine inondable: «Il n’y avait pas de problèmes tels que c’était impossible de le faire», a dit M.Jean, rappelant que Mme Harel était consciente de la nature et de (’importance de l’empiétement et qu’elle avait d’ailleurs avisé Charlemagne de (a nécessité d’obtenir une dérogation si jamais elle acceptait l’annexion du territoire convoité pour le Réno-Dépôt Mais à la Faune comme à l'Environnement, non seulement on n’accepte pas cet empiétement mais on affirme que les Affaires municipales ont refusé des avis écrits à ce stade-ci, le temps de laisser la porte s’entrouvrir doucement.On craint tout particulièrement l’impact de ce «précédent» sur les autres promoteurs voisins, d’autant plus dangereux, disent-ils, qu’il serait posé par la ministre responsable d’obtenir la démolition des constructions en plaine inondable protégée.Le coût des délégations du Québec à l’étranger étonne l’opposition ; ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Québec dépense davantage pour sa seule délégation à Paris que pour l’ensemble de ses cinq délégations et bureaux aux États-Unis.Mais si on tient compte des services d’immigration, plus importants à Paris, le gouverna ment du Québec dépense légèrement plus pour sa repré» sentation aux États-Unis.Répondant aux questions du député de Laurier-Dorion, Christos Sirros, lors de l’étude des crédits budgétaires de son ministère, la ministre des Relations internationales Louise Beaudoin a précisé hier que le gouvernement dépensera 10,5 millions pour maintenir sa délégation à Paris dont 3,2 millions, toutefois, serviront aux services québécois d’immigration pour l'Europe continentale et le Maghreb.Aux États-Unis, les délégations et bureaux québécois commandent un budget annuel de 9,7 millions, dont 700 000 $ sont consacrés au service d’immigration internationale à ; New York, C’est donc dire que le Québec dépense neuf millions aux États-Unis et 7,3 inillions en France pour sa repré» sentation honnis l’immigration, a expliqué Mme Beaudoin.Au chapitre des postes, la délégation générale parisienne compte 47 personnes auxquelles s’ajoutent 22 agents d’immigration et trois employés d'investissement-Québec qui ont un ipandat européen, tandis qu’on retrouve 53 personnes aux États-Unis.«Je ne sens pas la nécessité de justifier l’action du Québec en France et de dire: Ah! C'est un peu trop», a dit Mme Beaudoin.«L’éloignement avec la France a nécessité une très grande volonté politique», a-t-elle ajouté, rendant hommage à Jean Lesage qui avait créé, à l’invitation du général de Gaulle, la délégation générale à Paris.Le député libéral Christos Sirros s’étonnait que le gouvernement québécois dépende, pour sa représentation, davantage en France qu’aux États-Unis, principal marché d’exportation du Québec.Par ailleurs, Mme Beaudoin a indiqué qu’elle déposerait un projet de loi d’ici le 15 mai pour former l’Office Québec-Amérique pour la jeunesse, un engagement pris (ors du Sommet du Québec et de la jeunesse.Calqué sur le modèle de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, ce nouvel organisme, qui disposera d’un budget annuel de un million, permettra à 3000 jeunes de voyager dans les Amériques au terme de son déptoiement complet, dans dix ans.En outre, Mme Beaudoin a confirmé au Devoir que le gouvernement entend soutenir financièrement l’établissement au Québec d'organisations internationales.Le projet ! n’est toutefois pas encore mûr et dépend de discussions avec son collègue de l’Économie et des Finances, Bernard I-andry.Il existe quelque 70 sièges sociaux d’organisations internationales au Québec.L’avalanche de Kangiqsualujjuaq Information juridique Le coroner parle d’un laxisme généralisé ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Ly avalanche mortelle survenue au r Nouveau-Québec dans la nuit du 1er janvier 1999 et qui a causé neuf morts n’a pas été déclenchée par la Jeudi 20 avril 2000 Journée mondiale du livre et du droit d'auteur Amnistie des delaVÊede Montréal Sans amende et sans tarder, rapportez vos livres! Quel que soit le retard accumulé votre amende sera annulée.Les livres doivent être rapportés le 20 avril, ou comptoir de retour, durant les heures d'ouverture des bibliothèques.Rencontrez des auteurs passionnants: Carmen Marais bibliothèque Ahuntsic 16 h 10300, rue lajeunesse Marie Laberge bibliothèque Benny 16 h 346.5, avenue Benny Marcelyne Claudais bibliothèque Langelier 13 h 30 6473, rue Sherbrooke Est Denis Manette bibliothèque Saint-Michel 14 h 7601, rue François Perreault Et participez au concours de la Bibliothèque centrale, 1210, Sherbrooke Est, Le livre qui m'a le plus marqué Certificats cadeaux à gagner.MONtréaL i O O O soixantaine de coups de feu tirés dans les airs par les autochtones de l’endroit, en direction de la montagne, pour souligner l'arrivée de la nouvelle année, conclut le coroner.«Je me permets de souligner que ces coups de feu ne constituent en rien l’élément déclencheur de l’avalanche qui surviendra environ 90 minutes plus tard», prend soin de préciser le coroner Jacques Bérubé dans son rapport d’enquête sur la mort de neuf personnes à Kangiqsualujjuaq, rendu public hier.Le coroner se dit d’avis que «plusieurs personnes mêlées au dossier [de la construction de l’école et du danger potentiel d’avalanches à cet endroit] ont fait preuve de laxisme en intervenant ou en décidant de ne pas intervenir».«Un ancien adage nous enseigne qu une chaîne ne peut être plus forte que son plus faible maillon.Celle forgée par tAK DIVINE CLÉMENTINE maman fi BOUTIQUE Enfants Deslongchamps Vêtements pour enfants O-18 ans Vêtements de maternité 1007, rue Laurier Ouest Outremont TÉI.: 274-2442 les différents intervenants entre le moment de la construction de l’école en 1974 et l’avalanche du 1er janvier 1999 se voulait faible à plusieurs niveaux.C’est ma conclusion», écrit le coroner.Son rapport nous apprend que la mairesse de Kangiqsualujjuaq, Mme Emudluk, a signaté au conseiller Sylvain Tremblay, du ministère de la Sécurité civile, l’existence de risques pour les usagers de l’école du village.En janvier 1995, le directeur général du comité exécutif de la commission scolaire Kativik, Gilbert Legault, est informé de la problématique.Des experts sont chargés de donner leur avis en raison du projet d’agrandissement de l’école prévu pour 1998.Dans un rapport préliminaire, les experts Dubé et Hétu indiquent que «de toute évidence l’école est située trop près du versant [.] et qu’il y aura tou- jours une menace pour les gens qui se tiendront dans la cour arrière de l’école pendant l’hiver.Des avalanches, il y en a probablement toujours eu sur ce versant et il y en aura encore dans le futur lorsque les conditions propices seront réunies», écrivent les experts.Le rapport fut transmis aux autorités dp l’école mais non aux ministères de l’Éducation et de la Sécurité civile, ni non plus aux autorités municipales.L’qrchitecte Cloutier du ministère de l’Éducation a reçu le rapport préliminaire «mais n’a jamais jugé utile de demander une copie du rapport d’expertise», signale le coroner.Il s’est rendu sur place en 1997.«Il est intrigué, préoccupé par la présence d’une corniche de neige sur le versant de la montagne à l’arrière de l’école.Il s’informe, on ne sait à qui.Les réponses qu’il obtient sont à l’effet qu’il est le seul à se poser des questions sur le sujet [.)», indique le coroner.Éorte des informations contenues dans le rapport, la commission scolaire Kativik décide d’interdire aux élèves d'utiliser l’accès arrière durant la saison hivernale, comme cela avait été fait après les avalanches de 1993.Arrière du bâtiment Se basant sur les témoignages, le coroner constate que la plupart des victimes et des blessés graves se trouvaient à l’arrière du bâtiment lors de l’avalanche.«C’était le seul endroit pour pénétrer ou sortir du gymnase, toutes les autres issues ayant été verrouillées par les autorités de l’école pour des raisons de sécurité et de salubrité des lieux», a fait valoir le principal lors de l’enquête.Le coroner invite finalement le ministère de la Sécurité publique à identifier les zones propices aux avalanches et à interdire la construction aux endroits les plus dangereux.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Lors de la JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE le jeudi 20 avril de 17 11 à 19 h LES ÉDITIONS TROIS ont le plaisir de vous inviter à leur lancement collectif du printemps en présence des auteur/e/s Men é de Fontenav , i ilen cicu.>c,> cm/ y rein te.< poèmes Ilamelle Fournier ,\V me th’.i p/u.i /nmtii.i i/ui je .tui.t poèmes Alain Fortaich Alomcnto Mûri roman poétique Catherine Mavrikakis Deuil,t canuibalc.i et me/nnca/i(/ue,i récit Joignez-vous à nous à 19 h.Nos représentâmes et représentants seront de la lêtc.3(,2 jours par année J I 120, av.laurier ouest ontromonl, montrénl (cl.: • U’ItH.: INVITATION Cathédrale Marie-Reine-du-Monde MERCREDI SAINT 19 avril à 20h la Messe Chrismale sera présidée par Monsieur le cardinal )ean-Claude Turcotte.)EUDI SAINT 20 avril à 20h la messe solennelle de la Cène du Seigneur sera présidée par Mgr Pierre Saint-Cyr, curé de la Cathédrale.VENDREDI SAINT 21 avril à 15h la méditation du Chemin de la Croix sera présidée par Monsieur le cardinal Turcotte, assisté de Mgr Pierre Saint-Cyr; à 17h Mgr Jude Saint-Antoine, évêque auxiliaire, présidera l’Office de la Passion.SAMEDI SAINT 22 avril à 20h Monsieur le cardinal Turcotte présidera la Veillée pascale.DIMANCHE DE PÂQUES 23 avril à Uh Mgr Jude Saint Antoine présidera la Messe de la Résurrection.Pour information, 866-1661 Ia cathédrale Marie-Reinc-du-Monde est située sur le boulevard René-I^vesque, angle Mansfield Station de métro Bonaventure Un éditeur réussit à faire tomber un monopole d’État BRIAN MYLES LE DEVOIR Wilson & Lafleur a finalement réussi à passer le monopole d’une société d’État sur la diffusion de l’information juridique au Québec.I.a Cour d’appel a donné à l’éditeur un plein accès à tous les jugements rendus par les tribunaux de la province dans une décision défavorable à la Société québécoise d’information juridique (SOQUU).Depuis 25 ans, la SOQUIJ reçoit gratuitement les décisions écrites de tous les tribunaux du Québec.Elle effectue le tri, le traitement, la reproduction et la vente de ces jugements.La SOQUIJ garde en moyenne une décision sur cinq.Les autres sont jetées.A titre d’exemple, la SOQUIJ a reçu 18 135 jugements en 1997, mais elle n’en a publié que 3840.Wilson & Lafleur, un important édi- • teur de publications judiciaires, réclamait l’accès à l’ensemble des jugements pour être en mesure d’effec-,' tuer ses propres choix.La Cour d’appel lui donne maintenant ce plein accès à une indispensable «matière première».En ne mettant pas à la disposition des éditeurs la totalité des juge-ments reçus, la SOQUIJ a agi en, contradiction avec sa mission fondamentale de diffusion de la jurispru-.dence, estime la Cour d’appel.Les services du greffe des différents tribunaux de la province gar-, dent toujours des copies de l’ensemble des jugements.Tous les ci-, toyens peuvent d’ailleurs s’en procu-, rer des exemplaires, mais à raison de • 2 $ la page., Mais Wilson & Lafleur, une filiale , de Québécor, estimait ce coût prohibit tif.Une opinion partagée par la Cour, d’appel.«Considérant les dizaines de milliers de pages rédigées chaque an-, née par la magistrature québécoise, l’obtention de tous les jugements [.] s'avère extrêmement onéreuse», écri- i vent les juges de la Cour d’appel.En plus, l’éditeur montréalais engorge- ¦ rail les greffes s’il devait recueillir les, décisions une à une.La Cour d’appel évite de fixer le.montant précis que devrait débourser Wilson & Lafleur pour l’acquisition de ¦ l’ensemble des jugements.Par contre, l’éditeur ne devrait pas payer davantage que les coûts réels de reproduc-.üon, plus les frais de livraison ou d’en-treposage, conclut la Cour d’appel.\ \ î f E I) E V OIK.I.E M E R ( K EDI I !) A V R I I.2 0 0 0 A 3 LE DEVOIR ACTUALITES Josée Blanchette ?Suivre son étoile «Dites peu et faites beaucoup.» - Rabbi Shammai, Talmud: PirkeAvot «Les gens changent et oublient de le dire aux autres.Dommage — c’est la cause de tant d’erreurs.» - Lillian Heilman u veux que je fasse mon “outing”?Écoute, c’est pas simple.Te parler de cuisine anglaise ou de mon chien que j’emmène au bureau, c’est facile, mais là, c’est de mon âme qu’il s’agit, c’est ce que j’ai de plus précieux.» Au risque de se faire traiter de brebis égarée, lise Rava-ry, rédactrice en chef du magazine Elle-Québec et spécialiste internaute à l’émission C’est bien meilleur le matin de Radio-Canada, a finalement accepté de parler de sa conversion au judaïsme avec autant de précautions que de courage en se disant: «Tant pis s’ils ne comprennent pas.Dieu, lui, comprendra.» Les juifs ont l'habitude d’être persécutés pour moins que ça et ont inventé Ihumour pour ne pas flirter avec l’idée du suicide plus souvent Lise Ravary, donc, née dans Hochelaga-Maisonneuve — y a pas plus poutine italienne —, mange désormais casher, fait ses prières avant et après le repas, respecte le sabbat du vendredi soir au samedi soir, célèbre Pessah (la pâque juive) comme des millions d’autres juifs cette semaine.Mais lorsque vient le temps d’expliquer pourquoi elle porte l’étoile de David au cou, la réponse est aussi complexe que délicate.Les pratiques religieuses font partie des nouveaux tabous de la société québécoise, pires que l’homosexualité, le pain blanc ou le biberon.Noël correspond désormais au dépouillement du sapin et Pâques célèbre le sacre du chocolat «Si ça peut te rassurer, Le Devoir est le seul quotidien qui confie sa page éditoriale pascale à m père dominicain, lui dis-je.Tu seras respectée dans ta foi.» Il m’arrive de parler comme une animatrice de pastorale.«Si je suis gênée de faire mon “coming out”, répond-elle pour s’excuser, c’est que tu passes pour un débile profond parce que tu as adopté une religion.On rejette les gens qui ont une pratique religieuse au Québec.J’ai tout entendu depuis six ans: “Ça te prend une béquille?” ‘Tes bien trop intelligente pour croire à des niaiseries pareilles”.J’appelle ça le phénomène Wajdi Mouawad.J’ai entendu une critique de théâtre dire de ses pièces que “son christianisme transparaît et c’est fatigant”.On ne dirait jamais: “son hédonisme transparaît et c’est fatigant”!» Lise Ravary est l’une des filles les plus éloquentes et les plus rationnelles que je connaisse.Tout le contraire de la crédulité.Une grande gueule qu’on soupçonne de cacher un grand cœur, ça va souvent ensemble.Une tête forte, comme disaient les religieuses autrefois.Une énergie hors du commun aussi, incapable de se donner à moitié mais parfaitement capable d’assumer ses contradictions et de diriger un magazine de mode tout en ne portant pas l’ombre «J’ai VU d’une ombre à paupières.Les arti-.fices, elle s’en bat l’œil.Sa conver-toute ma Vie sion a éveillé la curiosité (et les pré-,, jugés) autour d’elle, d’autant qu’elle detller s’est opérée de plein gré, suscitée Hpvntit mni par une Quête de sens et non par un devant moi.mariage avec le juif errant.«J’ai pas La fille qui vu k2 %rosse lumière blanche au bout a quitté Israël n’était pas la même que celle qui était du tunnel», dit-elle en riant.arrivée une semaine plus tôt.» Frapper un mur Sa conversion remonte à il y a six ans, lors d’un voyage de presse pour le compte du magazine L’actualité en Israël.Devant le mur des Lamentations, à Jérusalem, elle reste quatre heures à prier, à pleurer, terrassée par l’émotion, elle qui se disait agnostique et anticléricale.«J’ai vu toute ma vie défiler devant le mur.Y a un bord qui disait: “Enfin! Tes arrivée à la maison!" et l'autre qui criait: Tes rien qu’une crisse de folle!” J’ai pleuré toute ma vie, toutes mes peines, tout le mal que j’ai /ait, aux autres et à moi-même.Pendant 37 ans, j'avais eu l’impression de ne pas être dans le bon pays, dans le bon corps, dans la bonne famille.La fille qui a quitté Israël n'était pas la même que celle qui était arrivée une semaine plus tôt.J’ai pris trois mois pour faire le point et réfléchir en rentrant.» Le processus de conversion a duré cinq ans.Ses deux adolescentes ont accepté de bannir les cheeseburgers à la maison et leur future mère juive a choisi la communauté hassidique pour s’aider dans l’apprentissage des règles de vie, a étudié la Torah avec plusieurs rabbins, appris l’hébreux qu’elle parle couramment.«Les juifs ne font pas de prosélytisme, au contraire.Ils ont tout fait pour me décourager, m’ont dit que tous les chemins mènent à Dieu et que le leur n'était pas forcément le meilleur.» Mais devant son entêtement, ils ont baissé les bras et lui ont ouvert leur synagogue.Depuis, Lise est retournée quatre fois en Israël et elle entend bien rencontrer le juif de sa vie en attendant le messie (pour toute manifestation divine, écrivez à lravary@ellequebec.com).«Ma conversion, c’est un mode de vie davantage qu’une religion.Ça me donne un point d’ancrage, des références, une appartenance, des rituels qui font mon affaire.Et puis la dimension éthique est très forte.La quête de justice est centrale.La religion juive a une approche intellectuelle, questionnante, j’aime ça.C'est aussi un rythme de vie ponctué par les fêtes qui sont reliées aux saisons.Cela a débanalisé mon existence, encadré ma quête, m’a donné accès au sacré dans les gestes de la vie quotidienne.Mais ça ne règle pas tout.Je me pose encore la question tous les jours: pourquoi ça?pourquoi moi?pourquoi maintenant?» Lise extirpe des limbes de son sac à main un petit calepin de prières et de remerciements tout chiffonné dans lequel on trouve des paroles de gratitude lorsqu’on retrouve l’océan après un mois d’absence, lorsqu’on aperçoit les premières feuilles dans les arbres, un arc-en-ciel, et même lorsqu’on croise une créature monstrueuse.«On remercie Dieu pour la diversité.» Nous nous sommes quittées sur le trottoir de la rue Peel, devant un boui-boui casher où elle peut faire ses prières sans se cacher le midi.Je ne me souviens pas d’avoir souhaité «Joyeuses Pâques» à quelqu’un avec autant d’intensité et avec un rien d'envie.Je me suis consolée en me rappelant combien jhais la carpe farcie.Avis du Conseil supérieur de l’éducation La réussite, c’est plus qu’un diplôme Alors que le ministère de l’Éducation doit travailler aujourd’hui de concert avec les recteurs d’université sur la rédaction d’un contrat de performance visant notamment une plus grande réussite des étudiants, le Conseil supérieur de l’éducation lance un débat dans l’arène: la réussite doit-elle nécessairement se limiter à un pourcentage de diplômés?MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR La réussite à l’université n’est pas qu’une affaire de taux de diploma-tion et devrait s’étendre à bien plus que des chiffres, tenant compte des projets de l’étudiant et de son développement sur les plans personnel et professionnel.Telle est l’évaluation effectuée par le Conseil supérieur de l’éducation, lequel,publiait hier un avis au ministre de l’Éducation sur la réussite à l’université, intitulé Réussir un projet d'études universitaires: des conditions à réunir.Dans une étude d’une centaine de pages effectuée à partir d’entrevues avec des étudiants et membres du personnel de plusieurs universités, le Conseil recommande notamment de considérer la réussite de l’étudiant à partir du projet de formation de ce dernier, soit «l’acquisition de connaissances et cle compétences en lien avec une formation de haut niveau s’inscrivant dans son projet personnel» et lui permettant de se développer sur plusieurs plans.Du même souffle, et jonglant lui aussi avec les chiffres, le Conseil supérieur de l’éducation précise ses objectifs en matière de réussite: pour 2010, viser à ce que 40 % de la population accède à la formation universitaire de premier cycle et que 30 % obtiennent un diplôme.On espère aussi que 10 % de la population accède à la maîtrise et que 7 % obtienne le diplôme.Au doctorat, les objectifs sont de 2,3 % pour l’accès aux études de 3e cycle et 1,5 % pour l’obtention du diplôme.Cette enquête survient au moment où le ministère de l’Éducation s’affaire à concocter des contrats de performance avec les universités, s'apprêtant même aujourd’hui à discuter avec les recteurs de la nature des indicateurs à choisir.L'opération s’inscrit dans un souci évident de soumettre les universités au fonctionnement le plus efficace possible mais aussi d’améliorer les taux de réussite de ses étudiants.Ayant effectué l’essentiel de l’étude sans avoir pris connaissance de la politique, récemment dévoilée, le Conseil supérieur de l’éducation s’interroge sur le concept de réussite.«Réussir, c’est ob- tenir de bons résultats dans ses études», lit-on dans l'étude.«Mais de quels résultats s’agit-il?» L’État lui, analyse ces résultats par «l’obtention d’un diplôme dans le temps le plus court possible, au meilleur coût possible et pour la plus grande proportion possible d’étudiants qui entreprennent une formation universitaire».L’administration de l’université, elle, peut juger de la réussite en fonction de son rayonnement en enseignement et en recherche, par exemple, tandis qu’un point de vue économique traduirait la réussite par la formation de professionnels hautement qualifiés.L’étudiant verra la réussite à travers l’atteinte d’objectifs très personnels, liés aux compétences professionnelles, à l’amélioration des conditions de travail, au dépassement de soi, etc.Bref, «la définition de la réussite n’est pas neutre» et il pourrait être souhaitable de «donner plus d’extension au concept de réussite», juge le Conseil.Tout en maintenant l’importance de délivrer les diplômes, l’organisme soutient que la réussite doit «s’élargir à la formation tout au long delà vie permettant un renouvellement continu des connaissances et l’affinement des compétences».Ses recommandations visent en outre le développement de la formation universitaire en région, l’importance de l’intégration des étudiants au premier cycle, l'amélioration des mesures d’aide aux étudiants à temps partiel et le lien entre conditions financières des étudiants et persévérance à l’étude.La CSDM accuse un déficit de 2,3 millions LOUISE LEDUC LE DEVOIR Malgré un déficit de 2,3 millions de dollars cette année, la Commission scolaire de Montréal développe de nouveaux programmes de lutte contre le décrochage.Elle développera en ce sens, dès cet automne, une «école du samedi» et «une école jusqu’à 17h» pour aider les élèves dans leurs devoirs.Invoquant une coupe de 15 millions essuyée au nom du déficit zéro et le refus de Québec de lui verser 10 millions pour ses incontournables dépenses, la CSDM a donc révélé hier un budget déficitaire pour la deuxième année consécutive.De 2,4 millions qu’il était l’an dernier, ce déficit sera cette année de 2,3 millions, sur un budget de 527 millions.La CSDM ne joue-t-elle pas un peu avec le feu en se laissant aller aux déficits?Benoît Bessette, membre du comité exécutif, estime que ce déficit n’a rien de dramatique et qu’il est du devoir de la CSDM d'ajouter des ressources en matière de décrochage ou de lutte contre la violence à l’école.C’est ainsi que 500 000 $ seront dévolus l’an prochain à divers projets pour la prévention de la violence.Sept experts en la matière seront aussi embauchés.«L’idée est d’éviter de nous retrouver dans cinq ou dix ans dans une situation semblable à celle des écoles américaines où l’on a dû installer un peu partout des détecteurs de métal», a noté en conférence de presse Ro- bert Cadotte, membre du comité exécutif de la CSDM.Un psychologue additionnel sera aussi embauché pour soutenir les professeurs, tandis que les parents recevront des documents d’information contenant des conseils pratiques sur les meilleures façons de prévenir la violence chez leurs enfants.Quant à l’école du samedi et l’aide aux devoirs, il est encore trop tôt pour savoir quels élèves en profiteront Un déficit, mais.Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron, ne s’étonne pas de ce nouveau déficit annoncé par la CSDM.«Les compressions des cinq dernières années et la fusion obligée des commissions scolaires ont inévitablement laissé des séquelles», explique-t-il.La CSDM n’est pas non plus seule à être déficitaire.Au 30 juin 1999, soutient M.Caron, sur les 71 commissions scolaires du Québec, J4 étaient déficitaires.Au ministère de l'Éducation, Alain Leclerc, attaché de presse de François Legault, soutient de son côté que la CSDM fait dans la demi-vérité trompeuse.«La CSDM fait de la politique avec ses opérations comptables», avance-t-il.Il rappelle qu’au 30 juin 1999, la CSDM disposait d’un surplus accumulé de 25 millions dans lequel elle peut très bien piger.M.Leclerc souligne que le ministre Legault a promis aux commissions scolaires une aide ponctuelle de 40 millions.UUQAM confirme la fin du programme particulier offert aux juifs orthodoxes MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR L> Université du Québec à Montréal (UQAM) a décidé > hier de mettre un terme à son entente conclue il y a un an avec le Torah and Vocational Institute (TAV) parce que les modalités d’application du protocole, notamment en ce qui concerne la langue d’enseignement et la séparation des classes selon le sexe, contreviennent aux principes et politiques de l’université.C’est la conclusion à laquelle est arrivée la Commission des études de l’UQAM, dont le mandat était de se pencher sur la validité de l'entente au terme d’une année complète de fonctionnement.Par son vote, la Commission des études a clairement signifié à la direction hier matin qu’elle souhaitait la résiliation de l’entente conclue voilà un an.Neuf personnes se sont prononcées pour la fin de l’entente, une autre contre, tandis que trois participants se sont abstenus de voter.Par voie de communiqué, l’UQAM a ainsi confirmé son intention de ne plus accepter de nouveaux étudiants au TAV en respectant toutefois ses engagements à l’égard des étudiante déjà admis.L’université explique que la différence entre le projet d’origine et son application réelle a conduit à la résiliation de l’entente.«Conçu pour offrir une scolarisation universitaire à des communautés juives qui, 11 par le passé, avaient un accès limité aux études supérieures, le programme TAV, dans les faits, est fréquenté par une majorité d’immigrants reçus (300 étudiants), aux deux tiers d’origine chinoise, n'ayant pas une maîtrise élémentaire du français», lit-on dans le communiqué, seule réaction officielle disponible hier.Des réticences compréhensibles Le Congrès juif canadien, qui a écrit cette semaine à la direction de l’université pour demander que soit maintenue l’entente, conçoit qu’il s’agit là d’un problème difficile qui peut entraîner des réticences dans le milieu mais se désole de constater que la communauté hassidique voit son espoir d’éducation universitaire fondre avec cette annonce.«Nous avions vu cette entente avec l’UQAM comme un véritable pas en avant», a expliqué hier Frank Schlesinger, vice-président du Congrès juif canadien, section Québec.«Nous aurions espéré qu'on ne les laisse pas tomber à l’eau parce qu’ils n’ont nulle part où aller.» Au TAV, une quarantaine d’étudiants sont d’origine maghrébine et francophone; 170 autres sont de confession juive hassidique et exigent des classes distinctes pour hommes et femmes.Cette séparation des classes en fonction des sexes ne faisait pas partie de l’entente, stipule l’UQAM, et constituait un «accommodement consenti par l’UQAM qu’il serait difficile de maintenir étant donné les principes, les orientations et les politiques qui régissent l’université».De plus, et alors que le protocole d'origine prévoyait qu’entre 20 et 30 % des cours seraient donnés en français,
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