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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-04-29, Collections de BAnQ.

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1 K 11 v IK.I K S S A M EDI 2 !) K T I) I M A N ( Il E 11 II A V R I L 2 0 0 0 ?LE DEVOIR - NOUVEIÜJS 1HM* file JACQUES GRENIER LE DEVOIR ulture?TELE L’émotion en anglais.Page B 3 “iiiis r .CHRONIQUE Le rocker et le poète Page B 8 Cinéma Page B 4 Disques Page B 6 Musique Page B 8 Alors, le niveau monte ou baisse?Quarante ans après la création du ministère des Affaires culturelles, passé à la Culture avec un grand C, trois ou quatre politiques culturelles plus tard, après des centaines et des centaines de millions de dollars d’efforts, les promesses de démocratisation d’accès aux arts et aux lettres ont-elles été tenues?STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR On n’en est pas à une contradiction près, mais quand même.Mardi, au Métropolis, une discothèque du centre-ville de Montréal, pour la modique somme de 80,52 $ (incluant deux repas), les Journées de la culture organisent une sorte de minicolloque (baptisé «\j& Rencontre») autour des «enjeux de la démocratisation culturelle au Québec» et des «moyens à prendre pour développer l'accès pour tous aux arts et à la culture».Plus de 80 $ pour aller entendre, dans une discothèque branchée, la présidente du chantier de l’économie sociale ou les fondateurs de l’Action terroriste socialement acceptable.Une petite tarte à la crème, avec ça?M'empêche, la question semble on ne peut plus pertinente: l’accès des citoyens aux arts et aux lettres atteint-il l’ampleur des attentes nourries depuis plusieurs décennies?le principe de la démocratisation a servi d’appui idéologique à la création du ministère des Affaires culturelles au début des années 60.Il a ensuite justifié les interventions gouvernementales et la mise en place d’une sorte d’Etat providence des arts et de la culture.Alors, où en sommes-nous maintenant?Quel bilan peut-on tracer des interventions publiques liées à ce noble objectif démocratique?«Disons que le niveau se maintient à la baisse», résume Guy Bellavance, chercheur de l’INRS-Culture et Société, spécialiste des recherches sur la consommation culturelle, les pratiques artistiques et les politiques culturelles.Il vient de diriger la publication de Monde et réseau de l’art (Uber), sur la diffusion de l’art contemporain.«En général, les taux de participation aux différentes activités stagnent ou régressent légèrement, même dans un contexte de forte hausse de l’offre culturelle.Mais on reste un peu dans le vague.Les enquêtes ne fournissent trop souvent que des informations fragmentaires.» Portrait de groupe En attendant la création imminente du très attendu Observatoire sur la culture, le ministère tente de documenter périodiquement l'évolution de la situation, des rendements aux guichets pourrait-on dire.Une nouvelle enquête par sondage a été réalisée l’an dernier, comme tous les cinq ans.Rosaire Garon, de la Direction de l’action stratégique, de la recherche et de la statistique du ministère, compulse les données recueillies.Il livrera une partie de ses conclusions au colloque sur le thème de «l’apport de la culture à l'éducation», présenté à la mi-mai dans le cadre du prochain congrès de l’ACFAS.Sa propre conférence s’intitulera «L& Québécois en 1999: tout ou presque sur leurs pratiques culturelles».En entrevue, il accepte de dévoiler quelques grandes lignes de comparaison avec la situation en 1979 en concentrant l’analyse sur différentes situations sectorielles.D’abord le livre.«On observe que les moyens tradi- tionnels de lecture, les quotidiens, les revues et les livres ont tendance à perdre un peu de terrain, tandis que les institutions vouées aux livres en gagnent», résume-t-il.Comme il y a vingt ans, à peu près quatre Québécois sur dix ne lisent jamais de livres.Malgré de beaux efforts, le réseau des bibliothèques scolaires et publiques du Québec ne souffre toujours pas la comparaison avec ceux des provinces ou des Etats voisins — la Grande Bibliothèque en développement corrigera partiellement la situation.Par contre, le secteur des musées n’a pas à rougir de ses équipements.Les centaines de millions injectés dans la rénovation ou l'agrandissement des monuments à exposer finissent par rapporter aux tourniquets: le taux de «pénétration» des musées d’art a augmenté de 23 à 31 % au cours des vingt dernières années; les autres établissements ont réussi à hausser leurs taux de 18 à 23 %.«L’attrait pour le patrimoine se vérifie partout en Occident», note alors M.Garon.Presque tous les autres secteurs artistiques défendent des bilans moins glorieux.Selon les chiffres du ministère, depuis vingt ans le théâtre en saison se stabilise autour d’un faux de pénétration d’environ 29-30 % et le théâtre en été est passé de 14 à 16 %, après une pointe bien supérieure dans les années 80.Le concert classique attire toujours autour de 13 % des Québécois, mais la danse (tous genres confondus, moderne, classique ou folklorique) a connu une légère diminution de 16,5 à 14 %.Le statisticien du ministère de la Culture ne peut poursuivre l’exercice comparatif pour d’autres secteurs sur une aussi longue période.Pour le cinéma, il faut se contenter d’une mesure VOIR PAGE D 2: FRÉQUENTATIONS ,4 L K I) K V O I It .L E S S A M EDI 2 !) E T I) I M A N ( Il K 3 0 A V R I I.2 0 0 (I FREQUENTATIONS Le temps passé devant la télé oscille toujours autour de 25 heures par habitant par semaine en moyenne SUITE DE LA PAGE B 1 sur une seule décennie, avec un taux de pénétration de 72 % de la population par rapport à environ 50 % en 1989.Un bond fulgurant.En revanche, le temps passé devant la télé oscille toujours autour de 25 heures par habitant par semaine en moyenne.Vingt-cinq heures?Au secours! À qui la faute?Le sociologue Guy Bellavance, qui n’a pas encore pris connaissance de l’enquête ministérielle à paraitre, souligne les limites du genre, les données recueillies par sondage auprès de la population étant par exemple moins fiables que celles concernant des publics particuliers.Ainsi, le taux de fréquentation des | théâtres, très élevé au Québec, pourrait s’expliquer par la popularité des «séances» amateures, amalgamées par les répondants aux sondages.«Mon impression, c’est que le public augmente depuis les années 60 et 70, mais que cette progression dépend d'un ensemble de facteurs qui n’ont pas nécessairement trait aux actions du gouverne- Evénement spécial Une exploration technologique de Robert Lepage et ses complices.P'oduction EX MACHINA iQuebet En coproduction avec la MAISON DES ARTS DE CRETEIL, le ZURCHER THEATER SPEKTAKEl et le FESTIVAL D’AUTOMNE Robert Lepage vient de signer un des meilleurs spectacles de sa carrière.Michel Dolbec P.C.Paris 16, 17, 18, 19 et 20 mai A 20 h au Centre de foires ExpoCite Robert Lepage éblouit encore une fois.L.-B.Robitaille Collaboration spéciale de Paris La Presse BILLETS (418) 670-9011 DANS LE — cadre du Carrefo 12 AUTRES SPECTACLES SONT AUSSI OFFERTS FAITS DISPONIBIFS FORFAIT HEBERGEMENT 1 800 463-7300 Québec LI SOLI IL Les Productions Mille-Pattes présentent TRIPOTAGES LE NOUVEL ALBUM DU GROUPE [* ! • C est du folklore, mais c'est aussi de la musique du monde.terriblement avant-gardiste" Michèle Laperrière Le Soleil EN SPECTACLE Kola Note 5240, avenue du Parc, Montréal Le 2 mai à 20h00 (ouverture des portes à 19h00) 15 $ et 10 $ pour étudiants (taxes et fsais inclus) (31 LES PRODUCTIONS MILLF PATTES www mlllepallescom ARCHAMBAULI fcwv ARC M U A II Q>ot»c Ijtoûü*! O t*l Sïrr* Informations et billetterie (514) 274-9339 Réseau Admission (514) 790-1245 ment en faveur de la démocratisation de la culture, poursuit le professeur.La hausse du niveau de scolarité, | l’enrichissement collectif expli- quent peut-être plus l’évolution de la situation.» La croissance de «l’offre» aussi, évidemment.La démocratisation suppose que les arts pénètrent des groupes qui lui sont traditionnellement réfractaires.Or, depuis des décennies, l’effort «structurant» de l’État a davantage porté sur l’aide à la création.L’an dernier, le chercheur de l’INRS a d’ailleurs organisé à l’AC-FAS un colloque sur le thème «Démocratisation de la culture et démocratie culturelle, deux logiques de l’action publique?».Les spécialistes d'Europe et d’Amérique rassemblés alors ont tenté de comprendre l’interaction entre ces deux logiques.«Dans le premier cas, on a affaire à une politique de diffusion et d’accessibilité de la grande culture, un projet hérité autant des Lumières que de la culture “bourgeoise”, alors que dans le second se dessine plutôt une politique de réhabilitation des cultures “populaires" ou “ordinaires”, “communautaires” ou “minoritaires”, sinon même “marginales”», écrit le professeur dans l’introduction des actes qui seront publiés en juin au Presses de TLniversité [.aval.«De la diffusion de la culture au sens strict, lettrée et cultivée, à la réhabilitation des cultures au sens large, et quasi anthropologique, on passe également d’un projet de démocratisation de la culture tout à fait classique à une autre conception, peut-être plus radicale mais non moins complexe, que le terme de démocratie culturelle peut servir à résumer.» Démocratisation ou démocratie culturelle, peu importe, que le taux de fréquentation se maintienne à la hausse ou à la baisse, l’action gou- vernementale en faveur de la fréquentation a aussi ses effets pervers ou «non prévus», comme préfère les qualifier le chercheur.Les grands musées organisant au moins un ou deux blockbusters par année, des expositions traversant au passage clouté de l’histoire de l’art mais rameutant les foules.Des théâtres programmant encore et toujours les mêmes classiques de Shakespeare ou de Molière.Et puis, au total, la conclusion demeure: la vraie de vraie initiation déterminante semble moins venir de l’État que de la famille et de l’école.Pas besoin de payer 80 $ pour comprendre ça.Enquête sur le terrain Le goût de Pintelligence Deux lieux de vie culturelle à Montréal Ils ont 20, 40 ou 60 ans.Ils viennent par pur intérêt, pour apprivoiser des sujets qu’ils ne connaissent pas bien ou par désir de découvrir une pensée qu’ils ignorent.Parfois une vingtaine, parfois beaucoup plus nombreux, ils fréquentent le rendez-vous de Passages, une émission de radio enregistrée tous les mardis soir à la librairie Olivieri, réalisée par François Ismert et diffusée le mercredi à 22h sur la Chaîne culturelle de Radio-Canada (100,7 FM).SOLANGE LÉVESQUE Passages, qui se consacre à la pensée et scrute divers courants d’idée contemporains à partir de livres phares, adopte la forme d'une table ronde.Le 4 avril dernier, le débat portait sur l’ouvrage de Jacques Grand’Maison intitulé Quand le jugement fout le camp (1999), un «essai sur la déculturation» qui tente d’expliquer les désengagements et les contradictions qui plongent la société québécoise actuelle dans le désarroi et dans un sentiment de vide.La table ronde réunissait le philosophe Georges Leroux, les sociologues Martin Meunier, Jean Gould et Eric Bédard, ainsi que l’auteur Jacques Grand'Maison autour de l’animateur Jean Larose.Claudine Gaudreau ne manque pas un mardi soir chez Olivieri: «Je viens ici par ferveur, avoue-t-elle.Je lis des journaux et des revues, mais ici, j’ai la chance d’assister à des discussions précieuses qui brisent le silence et qui n ’ont pas lieu ailleurs.» Claudine Gaudreau est née en 1961 avec la Révolution tranquille, «un héritage que je revendique», affîr-me-t-elle; «le révisionnisme qu 'on en fait actuellement me paraît aberrant».Cette enseignante au cégep déplore la désinvolture avec laquelle les Québécois discréditent leur bagage historique.«La conséquence, c’est qu’on n’a plus de maison, plus d’abri», remarque-t-elle, évoquant l’image créée par Fernand Dumont, qui décrivait la culture comme «lieu» et «maison de l'homme».«À mon avis, c’est une grave erreur que de liquider ainsi nos acquis et nos héritages; on risque d’en payer le prix en désaffiliation de l’individu, en cynisme, en arrogance.Cela me heurte beaucoup.» La propension des Québécois à abandonner leurs racines, à mépriser ou à jeter leur histoire, le déficit de transmission d’une génération à l’autre ainsi que les conséquences de telles attitudes se trouvaient précisément au cœur de la discussion.Les invités évoquaient, entre autres, le courant anti-intellectuel qui déferle depuis quelques années sur le Québec.(Ce courant a été épinglé par l’écrivaine et journaliste Hélène Ped-neault qui a souvent fait remarquer que «le Québec est le seul pays au monde où traiter quelqu’un d’intellectuel est une insulte».) Claudine Gaudreau pense qu’«à force d’entendre décrier la réflexion et la culture, les gens finissent par devenir rébarbatifs à l’idée de toute culture.Ils se disent: “Ce n’est pas pour moi, c'est pour les intellectuels.” En réalité, il y a là du désengagement, du cynisme et un nihilisme profond.Sur ce plan, j’ai l'impression qu 'on est atteint par une lame de fond actuellement».Un terreau pour la culture Malgré tout, çà et là, des initiatives continuent de promouvoir la culture et la pensée.Récerriment, deux professeurs du cégep Édouard-Montpe-tit, Louise Vigeant et Michel Morin, organisaient le Printemps de la culture.Ce Printemps, composé de spectacles, de lectures et de rencontres, s’amorçait par une table ronde animée par Louise Vigeant, qui réunissait deux philosophes, Michel Morin et Georges Leroux, ainsi que la comédienne Sylvie Moreau.Le sujet «Peut-on vivre sans culture dans le monde actuel?» Contre toute attente, cette question provocatrice a attiré des cen- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Emmanuel Chocron, Claudine Gaudreau et Solange Chalvin ne manquent jamais le rendez-vous de l’émission Passages, à la librairie Olivieri.laines de participants, y compris des gens de l’extérieur.Après de brefs exposés des invités, des micros étaient offerts au public et de nombreux participants ont alimenté la discussion.Tous ceux-là, les artisans de l’émission Passages et ceux qui viennent aux rendez-vous de la librairie Olivieri, font partie d’un noyau actif de personnes qui sentent le be soin d’avoir recours à la pensée pour faire face aux problèmes de plus en plus complexes qui se posent à la société actuelle.Emmanuel Chocron a 23 ans; il enseigne dans une école juive et se rend lui aussi chaque mardi soir chez Olivieri.«C’est enrichissant de trouver un espace civilisé, remarque-t-il.S’asseoir pour écouter discuter des gens qui en savent plus que nous et dont le métier est de réfléchir à plein temps exige seulement qu'on consente à faire un acte d'humilité au départ.Je trouve regrettable qu’on fasse si mauvaise presse au mot “intellectuel’’, qu’on l’emploie avec USINE 0 présente La nouvelle création de l'auteur deTinka's New Dress «Cet Happy r*****/5» The Toronto Sun, Toronto «Des marionnettes à qui font rire, pleurer réfléchir 1» rne Cardlan, Lo, • Liner par s est d< nécessité qui s'intéressent au théâtre.Un génie l» me mage voice, New York , DÈS MERCREDI 10 SOIRS SEULEMENT K»MEMeip|ESt - K : làüÆ JH 3 ou 1Q mai en vente maintenant» ¦' C 521.4493 dll lüllldl Admission 514.790-1245 ou 1.800.361.4595 ^ une connotation péjorative.S’instruire, s'intéresser à des choses nouvelles, c’est aussi une forme de plaisir, de divertissement qui satisfait la curiosité.» Solange Chalvin, journaliste qui a collaboré notamment au Devoir de 62 à 75, considère les rencontres de Passages comme un des seuls lieux réels d’échange à Montréal.«Je parle d’échange au sens fort du terme, tient-elle à préciser.D’autres discussions ont lieu à la télévision; de ce fait, elles deviennent du spectacle, explique-t-elle.Ici, le contexte est moins “spectaculaire”, et les gens disent vraiment ce qu’ils pensent.C’est extrêmement enrichissant de les écouter débattre; on peut ensuite se faire sa propre idée sur les livres qui servent d’amorce à la discussion.» Solange Chalvin apprécie la variété des sujets abordés, persuadée que les débats de Passages sont «accessibles à toute personne engagée dans sa société, qui est au courant des problèmes sociaux et qui veut se renseigner».A son avis, il n’est pas du tout indispensable d’avoir lu les livres dont il est question; «il suffit d'être curieux de ce qui se passe autour de nous», conclut-elle.Un autre fidèle de ces rencontres est Frédéric Bertrand, 25 ans, bachelier en finances.«Je viens ici par goût et par plaisir.» La sociologie et le débat des idées sont assez éloignés de son champ d’études, mais il explique qu’il a pris goût aux échanges d’idées à l’université.«Je n’ai pas beaucoup le temps de lire, j’aime écouter des gens qui ont effectué un travail de pensée avant moi et qui s'expriment de manière claire, témoigne-t-il.On a bien besoin d’une pensée riche pour nous aider à établir des liens.Je trouve ici à satisfaire ma curiosité et mon désir d’élargir mes horizons.» Pour François Poisson, Passages jette un pont entre l’université et le cégep.«On y tient un discours universitaire, sans la forme didactique d'un cours.J’ai créé une page web où je l’annonce chaque semaine.» Jeune professeur de littérature au cégep Marie-Vic-torin, François Poisson constate que le mot «intellectuel» fait peur à plusieurs.«Les gens croient que ce qui est intellectuel leur est inaccessible.» Selon lui, «il ne s'agit pas tant d'anti-intellectualisme que d'un complexe d’infériorité.Je l’ai souvent vérifié auprès de mes étudiants; ils craignent de s’approcher de la connaissance, comme s'il était humiliant de ne pas tout connaître d'emblée.Le professeur doit faire un mouvement pour la porter vers eux».Solange Chalvin est frappée par le fait qu’elle-mème et nos quatre autres interlocuteurs représentent plusieurs générations: «C'est formidable de voir ici l'intergénération en action: j'ai 60 ans.les autres ont 20,30 ou 40 ans, et on est tous venus écouter Jacques Grand'Maison, un penseur connu pour l'importance qu'il accorde à la transmission des valeurs et à l'établissement de ponts entre les générations, signale-t-elle./e travaille là-dessus moi aussi et je trouve ici un exemple de la richesse de notre société; c’est dans des rencontres comme celle-ci qu'on peut transmettre quelque chose.» 4 < 7 I- K l> K V 0 I R .LES S A M EDI 28 ET DI M A X C II E 30 AVRIL 2 0 O (I B 3 Du 22 août au 16 septembre 2000 TÉLÉVISION WlPljBf &tm Marina Orsini dans le rôle du Dr Lucille Teasdale SOURCE CTV Le pari de l’émotion Dr Lucille connaîtra sa première diffusion en anglais puisque le tournage a été effectué dans cette langue PAUL CAUCHON LE DEVOIR Cet automne, vous serez soumis à une grande campagne de promotion de la part de TVA, qui diffusera le très attendu D' Lucille, le film sur la vie de Lucille Teasdale avec Marina Orsini dans le rôle-titre.Mais si vous désirez prendre un peu d'avance et voir vraiment à quoi ressemble cette production.rendez-vous demain soir sur CTV à 21h, alors que Dr Lucille connaîtra sa première diffusion, en anglais, puisque le tournage a été effectué dans cette langue.C’est la première fois semble-t-il que deux réseaux, CTV et TVA, s’associent pour lancer un «film de la semaine» conçu autant pour le marché anglophone que pour le marché francophone.On se souvient peut-être que la vie de Lucille Teasdale devait d’abord foire l’objet d’une mini-série.La productrice, Francine Allaire, en avait vendu l’idée à Roger Frappier, qui devait développer une série de quatre heures en français.Le projet est tombé, et c'est le producteur Motion qui a repris les droits, se lançant dans la production d’un film tourné en anglais par George Mihalka (Marina Orsini se doublera elle-même pour la version francophone).Motion coproduit le film avec la compagnie Ballistic Pictures d’Afrique du Sud (le film est d’ailleurs tourné dans ce pays, et non en Ouganda), en association avec trois réseaux, CTV, TVA et la RAI italienne.Le projet final a été réalisé au coût de 4,6 millions, un montant considérable au Canada pour un seul téléfilm.CTV présente le film demain soir dans une case horaire de projets spéciaux intitulée Signature, où le réseau canadien-anglais avait proposé depuis deux ans deux autres projets, Mil-gaard ainsi que The Sheldon Kennedy Story.CTV investit six millions dans son programme Signature pour développer des «histoires canadiennes fortes» avec différents producteurs.Si Lucille Teasdale est un nom plus populaire au Québec (alors qu’il y a 10 ou 20 ans son existence demeurait totalement inconnue de la population), le Canada anglais la connaît à peine, semble-t-il.La diffusion du film coïncide donc avec une véritable campagne de promotion de type humanitaire destinée à faire connaître Mme Teasdale au reste du pays.Ainsi, une Minute du Patrimoine doit être lancée dans les cinémas à partir des scènes de tournage, Postes Canada émet un timbre commémoratif sur Lucille Teasdale, un documentaire doit être diffusé plus tard cette année sur la vie du couple Teasdale/Corti et le film sert également de levier pour une collecte de fonds au bénéfice de l’hôpital qu’ils ont fondé en Ouganda.Des choix Et alors, c’est comment, Z> Lucille'! Trois mots rapides pour résumer: c’est court.Et c’est très axé sur l’émotion.Réduire le projet à un téléfilm de 90 minutes a imposé des choix douloq-reux et il a bien fallu couper court A l’exception d’une petite séquence d’ouverture se situant en 1985, le film s’ouvre en 1959 à Montréal alors que Lucille Teasdale rêve de travailler comme chirurgienne mais se bute à l’hostilité des pouvoirs en place.Elle confie également dans la même séquence que sa propre mère a senti que «sa vie s’était arrêtée lorsqu’elle est née».Deux éléments très forts donc, un conflit social et un conflit familial, mais qui sont à peine esquissés.Le récit se déplace rapidement en Italie, où le Dr Piero Corti, catholique fervent, rêve de transformer en un vrai hôpital une petite clinique tenue par des missionnaires italiens en pleine brousse au nord de l’Ouganda.La rencontre entre Lucille et Piero sera déterminante: il la convainc de venir l’aider comme chirurgienne pour trojs mois.A partir de ce moment, l’action se déroulera presque exclusivement en Ouganda, où l’on suit sur 30 ans, par des sauts de puce au-dessus des années, l’évolution d’un petit centre de 10 lits en un hôpital de 500 lits parmi les plus performants du pays.Les artisans du film ont vraiment MïMlïï fait le pari de l’émotion, ce qui devrait satisfaire un large public, et pour compenser la difficulté de résumer en si peu de temps une vie aussi riche le réalisateur déclare avoir voulu privilégier la «vérité émotionnelle».En ce sens, le pari est tenu.On a donc choisi d’illustrer des moments forts: par exemple, la naissance de l’histoire d’amour entre Lucille et Piero (et une lune de miel sous la tente, dans la savane, après un voyage dans une Coccinelle orange!), ou encore la tension sourde lorsque ldi Amin Dada prend le pouvoir et vient visiter l’hôpital (déclarant d’ailleurs qu’il aimerait que son armée soit aussi bien gérée), l’émotion lorsque la propre fille du couple doit être exilée en Italie pour sa sécurité, ou encore les nombreuses scènes d’intervention médicale où Lucille Teasdale effectue des prouesses.Le film utilise force images naturelles exotiques en couleurs très chaudes.L’acteur Louis Gosset Jr y interprète le rôle d’un avocat ougandais ami du couple, qui lutte d’abord pour l’indépendance de son pays pour ensuite s’opposer au régime brutal d’Amin Dada (il s’agit d’un personnage inventé à partir de plusieurs personnalités réelles), mais son rôle demeure limité.Le film est vraiment totalement centré sur le couple principal interprété par Marina Orsini et l’acteur italien Massimo Ghini, ce dernier jouant plutôt sobrement et sans trop de relief.Marina Orsini, par contre, y est très solide, livrant l'image d’une femme fière, pas toujours facile, une grande mince énergique qui fume des cigarettes à la chaîne et qui, d’abord le visage très ouvert, se transforme graduellement en une femme tendue et découragée, qui s’interroge sur les motivations d’un Dieu qui laisse les habitants de ce pays s’entretuer sans cesse, épuisée mais déterminée à continuer bien qu’elle se sache atteinte du sida après avoir été infectée lors d’une intervention chirurgicale.Dr Lucille/The Lucille Teasdale Story, dimanche 30 avril, 21h, CTV.nu 9 an 27 mai 2Qh30 du mardi au samedi espace libre MAUDITE MACHINE — ABLA FARH0UD Mise en scène : Louise Laprade Avec Nicole Leblanc.Du 26 septembre au 21 octobre 2000 QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF ?— EDWARD ALBEE Traduction Michel Tremblay Mise en scène : Martin Faucher Avec Louise Marteau, Raymond Cloutier.Pascale Desrochers et François-Étienne Paré.Du 7 novembre au 2 décembre 2000 L’HEUREUX STRATAGEME — MARIVAUX Mise en scène : François Barbeau Avec Markita Boies, Monique Spaziani, Catherine Sénart, Jean Petilclerc, Gabriel Sabourin, Jean Asselin, Nicolas Canuel, François Longpré et Dominique Côté.Du 12 décembre 2000 au 6 janvier 2001 (HORS ABONNEMENT) AVEC LE TEMPS, CENT ANS DE CHANSONS Conception et mise en scène : Louise Forestier Directeur musical et arrangements : Jean-François Groulx Musiciens : Jean-François Groulx et Jean-Bertrand Carbou Avec Louise Forestier, Albert Miliaire, Kathleen Fortin, Lynda Johnson, Hélène Major, Louis Gagné et Serge Postigo.Du 23 janvier au 17 février 2001 INTERIEUR — MAURICE MAETERLINCK Mise en scène : Denis Marleau Avec Gabriel Gascon, Gregory Hlady, Pascale Montreuil, Annie-J.Bcrthiaume, Annik Hamel,.En collaboration avec le TMiée Ubu, théâtre i/aj KimYaroslievskaya théâtre du rideau vert Hydro Québec partenaire de saison Du 6 au 31 mars 2001 VENECIA — JORGE ACCAME Traduction André Melançon Mise en scène : Guillermo de Andrea Avec Kim Yaroshevskaya, Linda Sorgini, Marie-Chantal Perron, François L’Écuyer,.Du 17 avril au 12 mai 2001 LES FOURBERIES DE SCAPIN — MOLIERE Mise en scène : Jean-Louis Benoit Avec Marcel Leboeuf, Anne Dorval, Isabelle Blais, Claude Prégent, Pierre Collin, Guy Jodoin, Roger La Rue, Charles Lafortune, Gina Couture,.Du 22 mai au 16 juin 2001 LA CHAMBRE BLEUE — DAVID HARE (Librement inspirée de La Sonde d’Arthur Schnitzlcr) Traduction : Serge Denoncourt et Maryse Warda Mise en scène : Serge Denoncourt Avec Pascale Desrochers et Normand D'Amour.Pascale Desrochets Nomiand D’Amoui fil Téléphone : (514) 845-0267 Télécopieur : (514) 845-0712 Courriel : info6rideauvert.qc.ca Site Web : www.rideauvert.qc.ca OMMIBUS riviviufw^ P r p s p n t P carps du théâtre I I tJ j C 11 IC Iplus de vue, c’est 1 : Une présentation de BANQUE NATIONALE REPRISE EXCEPTIONNELLE POUR LA 3E SAISON ! GRACE ¦ GLORIA « / ouïe In benutc Je lu vie ! » loin lie^lcr IraJuction : Michel llVmhhlV Mise en scène : I )enise I iluilnuilt y Du 25 avril au 20 mai 2000 ' Linda Sordini cl Viola Léger % n ¦ * 1945 Fullum, Admission : 17 $ Étudiants : 14$ Métro Frontenac Réservations : 521-4191 Assistance à la mise en scène : Carole Caouette Concepteurs : Guy Neveu, Anne Duceppe, Michel Beaulieu, tarsen Lupien, Jean-Marie Guay V théâtre du rideau vert Réservations 514 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Omni I LE DE V 0 I R , L ES SA .NJ EDI 29 ET DI M A N C H E 3 0 A V R 1 L 2 () 0 0 B 4 A R1S CINÉMA Images du mal ordinaire THE WAR ZONE Réalisation: Tim Roth.Scénario: Alexander Stuart, d’après son roman du même nom.Avec Ray Winstone, Lara Belmont, Freddie Cunliffe, Tilda Swinton.Image: Seamus MçGar-vey.Musique: Simon Boswell.A Ex-Centris (version originale anglaise avec sous-titres français).ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Un concentré de violence familiale, marmite qui bouillonne puis dont le couvercle explose.Est-ce si étonnant que Tim Roth, l’acteur de Reservoir Dogs et de Pulp Fiction, sautant pour la première fois de l’autre côté de la caméra, signe un long métrage choc, profondément dérangeant, ayant l’inceste pour thème?La romance rosée n’a jamais été sa tasse de thé, lui qui carbure par nature aux extrêmes.Roth n'est pas de la distribution, mais il s’est choisi une sorte d’al-ter ego, très différent de lui physique- ment, possédant toutefois la même violence rentrée; Ray Winstone, l’alcoolique du Nil By Mouth de Gary Oldman, ici descendu un cran plus bas dans l’abjection.The War Zone, adapté du roman d’Alexander Stuart, trouvera sa concentration dramatique à travers le huis clos du cadre, maison britannique perdue dans le fond du Devon où une famille en apparence toute simple, dont la mère se prépare à accoucher, s’est installée après avoir quitté Londres, au grand dam du fils cadet Tom (Freddy Cunliffe) qui s’y ennuie ferme., Tim Roth, qui a beaucoup joué aux Etats-Unis, apparaît, pour son premier long métrage, fortement marqué par l’influence du cinéma britannique.C’est cet hyper-réalisme, cette caméra de dénonciation, d’autant plus convaincante que le film se déroule en Angleterre.La zone de guerre occupe l’espace qui devrait être dévolu à la zone de paix, le ventre même de la famille.C’est là que la montée émotionnelle se LE FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES PRÉSENTE Théâtrks DU M rA N O U «.l’une de ses plus belles réalisations.Peut-être la plus forte, ^ la plus déchirante.7, La plus Brook [.] C’est le paradis du théâtre aux premières heures de la genèse.» Le Monde e Costume FRANCE %» I.C.T/Théâtre o'aprIsroBERTO ARLT mise EN SCÈNERICARDO BARîIS El Sportive Teatrat 14,5|6 mai à 20h30 - 7 mai à 16h et 20h30 THÉÂTRE PROSPER01371, rue Ontario E.THE BUILDERS ASSOCIATION ETDIUER+SCOFIDIO mise en scènemarIANNE WEEMS 23,24,25,26 mai à 20h30 USINE C1345, av.Lalonde billetterie Vp Articulée 300, de Maisonneuve Est 844-2172 _ 514-790-1245 " 1-800-361-4595 ADMISSION.COM 1 Pour en savoir plus: www.fta.qc.ca FT/ Une scène du film The War Zone, de Tim Roth.SOURCE BLACKWATCH jouera, à deux temps, avec le papa apparemment sans reproches, aimant, attentif, mais qui, son fils le découvrira bientôt, abuse de sa fille de seize ans, Jessie (lara Belmont) ; la main droite semblant ignorer ce que fait la main gauche, car confronté, à la fin, le père niera tout.Ce film est d’autant plus éprouvant que le manichéisme n’a vraiment pas sa place ici.Ray Winstone sera à la fois ce bon père et cet infâme salaud qui sodomise sa fille.Jessie est une victime, certes, mais également une petite allumeuse qui use de ses charmes.Le fils godiche, boutonneux, inquisiteur, antipathique est aussi ce justicier qui arrêtera la main de son père.D’où le malaise du spectateur, confronté à la réalité du mal ordinaire davantage qu’à son icône diabolisée.Le spectateur découvre les turpitudes paternelles à travers le regard de Torn.Regard ahuri, parfois abruti (l’acteur, un non-professionnel, ne dégage aucune aisance).Erreur de distribution?Pas sûr.Les antihéros complexés au physique ingrat sont après tout plus répandus dans la vraie vie que les jolis cœurs.Mais cette porte rebutante est aussi celle de l’innocence où le public pénètre avec lui.Tragédie totale que ce War Zone, frappant le public au ventre, à travers ce huis clos dont l’arrière-plan est douloureux et noir, mais les apparences sauves et riantes.Entre cette maman (Tilda Swinton) dévouée, cette jeune fille à la fois enfantine et délurée qui subit l’assaut de son père tout en provoquant aussi son frère, et le nouveau bébé, la dynamique étouffante, malsaine, se referme comme un serpent qui se mord la queue.Le cadre suffocant est cette maison perdue, mais aussi un bunker au bord de la mer où le père entraîne Jessie, sous le regard de Torn, lieux confinés hors du monde où rien ne vient distraire du drame en cours.C’est Ray Winstone qui porte The War Zone sur ses épaules avec sa prestation double, presque schizophrénique, rendant son personnage d’autant plus terrifiant qu’il lui lègue ses côtés sympathiques, que le monstre est humain.Le film évoque un peu Once Were Warriors du Néo-Zélandais Lee Tamahori, en moins achevé tout de même.Le scénario de The War Zone comporte quelques passages à vide, des personnages volontairement inachevés, comme la maman réduite à son unique fonction familiale.Ici, les protagonistes ne possèdent pas de passé, juste des liens étroits dans leur nid tissé d’épines.Tdda Swinton, enveloppante et forte dans son rôle de mère, donne (avec Winstone) des assises à une distribution où des non-professionnels (les ados) la diluent un peu, sans faire perdre au film sa crédibilité pour autant.Tim Roth ne s’est pas égaré en des chemins de traverse à travers The War Zone.Il a bien campé, bien construit, bien dénoué sa tragédie, avec l’aide de l’écrivain scénariste, mais aussi un flair de réalisateur qui ménage ses effets, colore sa pellicule de noir et de rouge en fin de parcours, n’offrant qu’un dénouement possible, la vengeance, qu’un foyer brisé, que des jeunesses écorchées et un sentiment d’horreur livré en pâture à des spectateurs sous le choc.et Tim Roth le côté sombre ODILE LE TREMBLAY DEVOIR Cet acteur possède un pan secret, quelque chose de sombre, qu’il dégage film après film, de Pulp Fiction au dernier Tornatore.Le Britannique Tim Roth a beaucoup tourné des deux côtés de l’Atlantique, tant pour Greenaway {Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant) que pour Altman {Vincent et Théo), Stephen Frears {The Hit), Alan Clarke ou Quentin Tarentino.Il a cette blessure, donc, qui le suit, perceptible à l’écran.On se demande pourquoi jusqu’à ce qu’il se révèle.Son premier film, The War Zone, une adaptation du roman d’Alexander Stuart, aborde l’inceste.Joint au téléphone, il déclare d’entrée de jeu que l’inceste, il l’a connu dans sa chair d’enfant, se décrit comme une victime encore marquée par le coup.«Alexander Stuart n’a pas connu directement l’inceste.Si le film est autobiographique, il l’est davantage pour moi que pour l’auteur.C'est relié à ce qui arriva durant mon enfance.» Le «coming out» de Tim Roth est frais.Depuis qu’il accorde des entrevues pour ce film, il en parle ouvertement, sans qu’on comprenne très biep s’il s’agissait ou non de son père.A l’heure de tourner un premier long métrage (il en rêvait depuis des années mais n’osait faire le pas), Tim Roth a tout naturellement accroché sur l’adaptation du roman d’Alexander Stuart que lui proposait la produc- trice Sarah Radclyffe.Parce que les choses étaient dites, durement, et que ça représentait un défi pour lui de rendre ces scènes en images, surtout en faisant jouer des adolescents.Et puis l’action se déroulait en Angleterre, dans son pays d’origine, ce qui lui permit de se baigner d’une atmosphère qui n’avait rien d’hollywoodienne.Roth voulait travailler avec Ray Winstone, qui incarne le personnage du père dans The War Zone.«C’est à lui que je dois ma vocation d’acteur.En 1979, je l’avais vu jouer dans Scum, d’Alan Clarke, une performance admirable qui m’a donné le coup de foudre pour le métier.En le dirigeant, je lui ai demandé de se diviser, d’incarner un rôle double de bon et de mauvais père, tel qu’il se voit et tel qu’il est.» «Jouer dans mes propres films, pas question.Mon ego n ’en a pas besoin, je suis très bien servi par les autres de ce côté-là, merci.Ce qui me plaît surtout, en fait, et je répéterai l’expérience, c’est de travailler avec des non-professionnels.Les deux adolescents du film n’avaient jamais joué de leur vie, Cela apporte une fraîcheur, une spontanéité à leurs prestations.» On joint l’acteur devenu cinéaste au téléphone.Il est à Berlin sur la distribution du dernier film de Werner Herzog, The Invincible.Mais déjà il rêve au prochain film qu’il réalisera lui-même, ayant reçu la piqûre de la direction à travers The War Zone.Défi de taille, puisqu’il adaptera rien de moins que le shakespearien King Lear dès l’année prochaine.SOURCE BLACKWATCH L’acteur devenu cinéaste, Tim Roth, lors du tournage de son premier film, The War Zone.« CULTUREL ITALIEN LE IJf MONTRÉAL Dans le cadre de son Volet international La Maison Théâtre présente U Attrape - souri s L'accalappiatopi Une création du Teatro delle Briciole Texte : Marina Allegri librement inspiré du conte Le fifre de Hamelin de l’auteure russe Marina Cvetæva à 8 ans Mise en scène Distribution : Maurizio Bercini Alberto Branca Monica Bianchi Giulio De Léo Piergiorgio Gallican! Marcello Lumaca F Du 21 au 30 avril 2000 Billets en vente (514) 288-7211 crcr ISS OU ’mm 514 790-1245 1 800 361-4595 245, rue Ontario Est Métro Berri-UQAM Métro Sherbrooke Théâtre D’Aujourd’hui 3900, rue Sain i Denis, Mon t r é a i B I L I.E T E U I E : S14.28 2.3900 a t.»*.,."., TJIflébec Z ABrurawirk n ou raïuSiFi' Canarfê j*j - COMMISSION INTERNATIONALE DU THfATRF FRANCOPHONE UNE CRÉATION DU THEATRE DE LA VIEILLE IJ, DU THÉÂTRE l’eSCAOUETTE ET DU THÉÂTRE SORTIE DE SECOURS texte : ROBERT BeLLEFEUILLE et PHILIPPE SOLDEVILA mise en scène : Philippe Soldevila dramaturge et assistance à la mise en scène : MaRCI A BaBINEAU «Le public charmé par Exils» Sylvh moussfau, l’Acadib nouvelle - Moncton «La pièce dépeint la mosaïqi4e canadienne en 100 minutes d’humour» jean-st-hilairb le Souil - Québec «Exils Un SUCCèS sans frontières» Caroline Rakrière Le Droit - Ottawa «Vitesse, gags, logique dramatique d'un théâtre hautement scénarisé, en forme de boulevard socio-culturel.» Jean-Louis Perrier Le Monoe • Paris du 19 AVRIL 6(5 MAI 2 O O O « I 06 L E DEVOIR.L E S S A M EDI 2 il E T D I M A X ( Il E 3 O A V R I I.2 0 0 0 ?b r> VIDÉO o Roland Smith, dans son club vidéo bien particulier.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le grand art sur la tablette du bas La sortie en vidéocassette du Décalogue, du regretté Krzysztof Kieslowski, met en lumière la situation difficile dans laquelle se trouve le cinéma d’auteur dans les clubs vidéo de la Belle Province.État des lieux d’un cinéma de la marge qu’on corde, au mieux, sur la tablette du bas.Goût de la cerise ou de L’Arrière-pays, qu’il leur propose pourtant à un prix inférieur au marché.«Les clubs vidéo gaspillent leurs budgets d’acquisition en commandant une énorme quantité d’un produit Disney, par exemple, à cause des pressions qu’exerce celle-ci sur les distributeurs [ici au Québec: Vidéoglobe et Astral], qui la reportent ensuite sur eux.» A La Boîte noire, qui est au cinéma d’auteur l’équivalent d’un village gaulois bien connu sous le régime romain, on ne mange pas de ce pain-là.L’établissement, établi rue Saint-Denis depuis 1987, s’est fait un nom en offrant des films d’auteur et des productions de l’étranger.Or, comme les petites librairies, qui doivent vendre des best-sellers, La Boîte noire offre à ses clients la plupart des blockbusters américains.«On n’en achète pas un mur plein, par contre», précise Stéphane Larouche, acheteur pour le club, où il vient justement d’installer un présentoir spécial destiné à accueillir Le Décalogue et présenter du coup les autres chefs-d’œuvre de Kieslowski.Car le succès entraîne le succès, fait-il remarquer, et la sortie d’un film renouvelle immanquablement l’engouement des cinéphiles pour les œuvres précédentes de son cinéaste.Stéphane Larouche prête l’oreille et tente de prédire ces phénomènes de télescopage.Par exemple, l’événement Fant-Asia a donné naissance à un auditoire féru de cinéma japonais ou hong-kongais, à quoi Larouche réagit en garnissant ses tablettes de copies de Godzilla et de films de John Woo ou de Takashi Kitano.Pour Louis Dussault, l’avenir des clubs vidéo sera compromis tant qu’on n’y développera pas une culture du choix.Il prévoit par ailleurs que «les MARTIN BILODEAU La trilogie Bleu, Blanc et Rouge a fait connaître le Polonais Krzysztof Kieslowski auprès d’un large public.Or, c’est Le Décalogue, série de dix films inspirée des commandements de Dieu et produite pour la télévision polonaise à la fin des années 80, qui a révélé un grand cinéaste aux yeux des cinéphiles, qui pleurent encore sa mort, survenue en 1996.Entre l’exploitation commerciale du Décalogue, sur l’écran confidentiel du Ouimetoscope, en 1991, et la ré surrection en vidéocassette de ces dix films magnifiques, d’une rigueur formelle incomparable, il aura fallu attendre neuf années.Chez Bandes à parfi petite compagnie de distribution fondée par Roland Smith et Yvan Pa-try, Le Décalogue représente plutôt quatre années de labeur.A obtenir, d’une part, les droits d'exploitation détenus par Claire Costom, ancienne propriétaire du Ouimetoscope, qui s’y accrochait fermement puis à orchestrer l’édition des cinq cassettes, qui apparaîtront dès mardi dans certains clubs vidéo, à raison de deux films par volume.«Il était moins une: les droits de la série viennent à échéance en mars 2001», explique Roland Smith, qui veille maintenant seul aux destinées du Décalogue.Son partenaire Yvan Patry, on s'en souvient, a été emporté par un infarctus l’automne dernier, entre deux rendez-vous new-yorkais où il négociait avec son partenaire la venfe des droits du Décalogue pour les États-Unis.Le début d’une compagnie a ainsi sonné sa fin: «Bandes à part, c’est Le Décalogue», affirme l’ancien proprié taire de l’Outremont, qui gère aujourd'hui le Superclub Vidéotron de la rue Mont-Royal.Un club nouveau genre, où il a instauré un système de classement, inédit dans ce type de chaîne, où les films d’auteur et les films étrangers sont avantageusement présentés.Ne cherchez cependant pas d’équivalent dans les autres Superclubs Vidéotron ou chez Blockbuster: «La plupart des propriétaires de clubs vidéo agissent comme les propriétaires de salles de cinéma avant l’avènement de la télévision.Ils achètent de gros volumes d’un même titre américain et visent le profit instantané; la semaine d'après, au suivant», déplore Roland Smith, qui a pour sa part garni ses tablettes de copies des classiques qu'il exploitait dans le temps du club vidéo du cinéma Outremont et grossi son inventaire de raretés (des Bresson, des Fassbinder, etc.) qu’il obtient de distributeurs américains spécialisés.Terrorisme économique Des clubs vidéo de qualité, pense-t-il, il pourrait y en avoir dans tous les coins de la province, s’il n’en tenait qu’à la volonté de leurs propriétaires.«Il faut cependant les convaincre 1 2 9 ET DIM A X C H E » 0 A V R I L 2 0 0 (I B () ?VITRINE DU DISQUE K
de

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