Le devoir, 20 mai 2000, Cahier B
LE DEVOIR.LES S A M EDI 2 O E T D I M A X (HE 21 M A I 2 O O (I LE DEVOIR M CINÉMA Au pays de la post-prod Page B 4 MUSIQUE Des cowboys en forme Page B 6 Cinéma Page B 4 Disques Page B 7 Disques classiques Page B 8 } %: m «Parfois, je reste de longues périodes sans toucher un piano et ça ne me manque pas.\ A d’autres moments, je peux aussi être possédée parle piano.» - Martha Argerich SUSESCH BAYAT Portrait de dame sur fond piano Que peuvent avoir en commun des pianistes comme Walter Gieseking, Claudio Arrau, Arturo Benedetto Michelangeli, Friedrich Guida, Nikita Magaloff et Stefan Askenazy?Autant leurs personnalités et leur jeu sont divers, autant leur grandeur et leur mérite ne sont pas à dédaigner — loin de là: ils ont tous eu, un jour, Martha Argerich comme «élève».FRANÇOIS TOUSIGNANT r Elève» ne s’entend pas toujours au sens «étudiant».L’image arboricole est ici plus appropriée.Sur le tronc du piano, de grands pianistes et pédagogues greffent une branche qui se nourrit d’elle-même à la vivifiante sève de l’arbre.Gardant sa propre personnalité, elle se développe en assimilant sans effort ce qui lui convient, produisant des fruits à la saveur tout aussi originale que nouvelle.Entée à cette tradition pianistique, Martha Argerich paraît ainsi comme l’un des fleurons pianistiques les plus formidables de l’actuel foisonnement d’interprètes dont beaucoup ne font que s’escrimer au clavier, recueillant — un peu malgré elle, elle en fera toujours l’aveu — la plus admirable sève du passé pour la faire fleurir et mûrir.La petite fille de Buenos Aires qui, à trois ans, a spontanément repro- duit le soir chez elle, au piano, une chanson apprise le jour à l’école a non seulement fait du chemin: elle nous en a fait faire.Pourtant, Martha Argerich ne fait pas que jouer du piano.Elle le dit elle-même: «J’aime beaucoup jouer du piano mais je déteste être pianiste.J’ai horreur de la profession.» Elle fait de la musique.De tempérament très intègre, elle admet ceci: «Parfois, je reste de longues périodes sans toucher un piano et ça ne me manque pas.A d’autres moments, je peux aussi être possédée par le piano.» Puis, avec sa candeur incomparable, elle répète: «Vivre toute sa vie dans un cadre rigide, être forcée d’être musicien ne rend pas justice à tous les aspects de votre personnalité.Vous avez envie d’exprimer autre chose.» Elle ajoute: «Ce que j’aime avant tout, c’est faire de la musique.La carrière ne m’intéresse pas.» Le nécessaire et le superflu Une anecdote qu’elle raconte souvent fait toujours sourire.Toute petite, dans les soirées musicales où elle était invitée avec son ami Daniel Barenboim (on frémit de la compagnie), elle se cachait sous la table (il y avait de larges nappes en ce temps-là) pour ne pas avoir à jouer.Alors, Barenboim se mettait au piano, lui qui adorait cela, puis venait la rejoindre dans sa cachette.A huit ans, elle sent déjà ce qu’il y a de nécessaire dans la musique chez elle, et ce qui est superflu.Cela va marquer toute sa carrière.VOIR PAGE D 2: ARGERICH LE DEVOIR.LES SA M E I) I 2 O E T I) I M A V < HE 21 M A I 2 O O O B 2 ARGERICH Aimant faire ce qu'elle fait, l'artiste ne se gêne pas pour parfois changer l'affiche à la dernière minute SUITE DE LA PAGE B 1 Autre anecdote, aussi naïvement belle: quelqu'un lui fit réentendre une version du concerto pour piano de Schumann dans une interprétation qui fut enregistrée quand elle avait l’âge de huit ou neuf ans.Elle sourit, s’étonne candidement.-Malgré les défauts de la bande, c'est très bon.Je m'étonne moi-même de constater à quel point c'est bien joué.Comment ai-je pu faire cela?- La réponse vient encore d’elle.Cette fois, on entend le credo qui va modeler la vie d’une artiste: l’appel de la vocation d’interprète de celle qui sentait en elle vivre parallèlement un destin pour devenir médecin s’exprime sans ambages: «Je crois que l'interprétation consiste à libérer ce dont on est inconscient.Quand on peut se laisser aller à autre chose que ce qui a été prévu, quand on arrive à libérer ce qu'on ne croyait pas qui se cachait là — c'est la beauté, l’inattendu et la surprise du concert —, là.le moment du concert et la vie deviennent valables et prennent un sens.C’est aussi ce que j'apprécie des autres interprètes.Quand ils maîtrisent trop leur moyen d'expression, cela ne m'intéresse pas.C'est bon pour un professeur; pour un interprète, je m'attache à ce qui se passe en dépit de ce qui a été prévu, malgré ce qu’il veut faire consciemment.A ce chapitre, je suis peut-être un peu voyeuse, mais c'est ce que j'adore.- L’artiste ne se veut pas bête de cirque virtuose, une chose qu’on montre pour l’èpate.Elle a trop de génie pour cela.Alors, elle abandonne le récital solo pour se consacrer à l’interprétation de concertos et aux concerts de musique de chambre.Exclusivement avec des amis.Elle aime beaucoup les pianistes car elle peut «jouer» (teinture ludique et artistique) et échanger avec eux par le truchement des sons.C’est ainsi quelle fait beaucoup de musique à deux pianos ou piano quatre-mains avec Stephen Kovacevi-ch ou Nelson Freire, entre autres.De ce dernier, elle dit admirer la sonorité — quel compliment de la part de la pianiste qui a la plus imposante sonorité aujourd’hui — et sa facilité de lecture à vue, palme qu’il partage dans son cœur avec son ancien maître mu-nichois Fredrich Guida.C’est ainsi quelle s’engagera dans l’entreprise du festival de Verbier, en Suisse, aux côtés d’amis très chers dont le violoniste Gidon Kremer et le violoncelliste Mischa Maisky.LAgora de la danse présente Peggy Baker (Toronto) 17 au 20 et 24 au 27 mai 2000 à 20 h CHOREGRAPHE Paul-Anore Fortier Interprète Peggy Baker Musique originale Gaétan Leboeuf Conception d'eciairage Marc Parent Conception des costumes Carmen Aue Denis Lavoie Réalisation des costumes Ateuer Trac Costumes « [.] une interprète fascinante, d'une force saisissante.» The New York Times Une coproduction du Peggy Baker Dance Projects, l'Agora de la danse, le Festival Danse Canada, la Brian Webb Dance Company et le Fonds de création du réseau CanDance soutenu par le Conseil des Arts du Canada.La diffusion de ce spectacle à i’Agora de la danse a été rendue possible grâce au programme Accueil de spectacles etrangers du Conseil des arts et des lettres du Québec.Photo : Michael Slobocman.Ill III I mu niTJUUL mm ¦ ¦ ¦ u I L’AGORA DE LA DANSE ^soo Admission 840.RUE CHERRIER MÉTRO SHERBROOKE 790-1245 MERCK FROSST présente UNE SOffiÉE BE DANSE PRESTIGIEUSE POUR LA LUTTE CONTRE LE SIDA Anik Bissonnette Louis Robitaille Les Ballets Jazz de Montréal Le Cirque du Soleil Frankfurt Ballet Les Grands Ballets Canadiens de Montréal Liza Kovacs La La La Human Steps Montréal Danse Sandy Silva de La Bottine Souriante Ëen collaboi « Bristol- wmercrech 24 MAI 2000 à 20 hei/res «MmJ Commanditâtes supporteurs r X QUEBECOR INC i En coprodi/chon avec la Société du Centre Pierre Péladeav Centre Pierre-Péladeau Su 11 (* P i tv r c - Mer r u r billets 35S étudiants, 60S réguliers et 150 S soirée gala | i hL't’nll’ acme BILLETTERIE (514)987-6919(taxesetredevanceincU l,F-"'ln COLUMBIA ARTISTS MANAGEMENT INC.«Je crois que l’interprétation consiste à libérer ce dont on est inconscient», fait remarquer la pianiste Martha Argerich.Le cheval de bataille du concert Martha Argerich n’a de cesse d’adorer les chevaux de bataille que sont les concertos.Elle a ses pages cultes: le concerto en sol de Ravel, les 3" de Prokofiev et de Bartok, les 1"' de Chopin et de Tchaikovski, entre autres — et celui de Schumann, qu’el-le jouera cette semaine avec l’OSM.Le concerto, cette forme où l’individu dialogue, s’oppose et s’intégre à la collectivité, où tout peut se produire non pas en solitaire mais en groupe, semble une manière d’expression privilégiée par la pianiste.A preuve de cette avancée, des ré» actions glanées alors qu’elle entendit pour la première fois Horowitz en concert, ce fameux Horowitz quelle aurait tant voulu connaître comme mentor, une rencontre que le hasard n’a malheureusement jamais permise.11 jouait le troisième concerto de Rachmaninov (un autre des fétiches d’Argerich).-Ce fut un choc incroyable.C’était plus “Horowitz” que ce que je pensais qu Horowitz était.J’étais tendue.La force de son expression, le son, cette incroyable violence qu’il avait en lui, qui est si étrange, bizarre, et qui fait peur.Qu'il puisse le “dire".Il était comme possédé.Bien sûr, j'avais lu des comptes rendus qui en parlaient, mais c'était la première fois que je voyais sur scène quelqu un qui possédait ce don.» Pourtant, ce don, elle le possède miraculeusement bien elle aussi.La critique, unanime, même quand elle se positionne en porte-à-faux de ce quelle considère parfois comme des excès, le lui concède à l’unanimité.On la qualifie de louve enflammée, de lionne exacerbée, de tigresse passionnée.On le voit nul népargne les superlatifs à son sujet.Aimant faire ce quelle fait, Martha Argerich ne se gène pas pour parfois changer l’affiche à la dernière minute.On veut l’accuser d’imposer ses humeurs?Pas vraiment.Plutôt, elle offre ce pour quoi elle se sent prête, çe qui la stimule et lui lance des défis.A ceux que lui a récemment lancés une terrible maladie, elle a répondu victorieusement, au prix d’âpres luttes.Cela l’a rendue un peu plus philosophe.Pour continuer à être elle-même et, elle l’admet un peu humble ment aujourd'hui, plus respectueuse — au sens noble du terme — et encore plus rageusement engagée dans ce quelle fait, sa foi et ses convictions solidifiées.pour poursuivre sa route.11 se trouve plein de bons pianistes aujourd’hui.Il existe aussi beaucoup d'excellents pianistes.Dans ce lot, il se trouve aussi de grands comme d’excellents artistes.Les génies sont rares.Martha Argerich.force est de le reconnaître, est de cette trempe rarissime dont on peut se dire, à l'instar des aveux d’un ami, qu'on est privilégié d’avoir la chance de l’entendre, de la côtoyer en salle de concert.Femme exceptionnelle, je laisse cette affirmation à ses intimes.Artiste de génie, oui, pour tous.IPTVfl LE DEVOIR ALCAN La Maison Théâtre présente MATHIEU TROP COURT, FRANÇOIS TROP LONG de Jean-Rock Gaudreault Un spectacle de « Mathieu, François et les autres Créé en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts (Ottawa) et le festival Les Coups de Théâtre (Montréal) Mise en scène : Jacinthe Potvin Assistance à la mise en scène : Carol Clément Scénographie : Stéphane Roy Éclairages : Éric Champoux Costumes : Ginette Grenier Musique originale : Catherine Gadouas Distribution : Louis-Martin Despa Gabriel Sabourin Du 9 au 21 mai 2000 Billets en vente (514) 288-7211 /T\ OU 514 790-1245 1 800 361 -4595 a 12 ans Saison 2000-2001 VARIATIONS SUR l’AMOUR DENISE-PELLETIER TTSTITÏÏT la Reine morte d'HENRy de Montherlant* mise en scène Denise guilbault avec Rene Gagnon, Noehie Godih-Vigneau, Isabelle Roï, Hugues Frenette et cinq autres comédiens / L’ECOLE DES FEMMES de MOLIÈRE • mise en scène ALAIN KNAPP avec Marcei Sabourin, Evelyne Rompré, Sébastien Delorme, Robert Lalonde et quatre autres comédiens L’avenir est dans les œufs precede de Jacques ou la Soumission d'EUGÈNE IONESCO • mise en scène JACQUES LESSARD avec STEPHANE BRULOTTE, JACQUES GtRARD, GILLES PEIIETIER, LOUISETTE DUSSAULT et cinq autres comédiens À QUELLE HEURE ON MEURT?collage de MARTIN FAUCHER d'après l’oeuvre de RÉJEAN DUCHARME mise en scène GUY ALLOUCHERIE • une production du Théâtre du Trident ABONNEZ-VOUS ET OBTENEZ UNE RÉDUCTION DE 25 % À 50 % SUR LE PRIX RÉGULIER! Hors série • JE SUIS UN SAUMON de et avec PHILIPPE AVRON (tarif prelertmiel offert nclutivement au« abonnis) ffiJaARBY Classiques et inclassables 9 spectacles : de Marivaux i Prévert, de Dostoïevski à Messier.(tarifs préférentiels disponibles jusqu'au 16 septembre) Abonnement et billetterie : (514) 253-8974 Demandet notre brochure de saison! A 4 \ L t DEVOIR.L E S S A M EDI 20 E T D I M A X (’ H E 2 I M A l 2 0 O 0 A II ï S CINEMA * # Dimanche 2 8 (1)01 2000 * la Journée des ID U S 6 6 S montréalais American Express Au pays de la post-prod Confiantes en leurs moyens, les entreprises montréalaises de postproduction aimeraient bien profiter enfin du boum que connaît depuis les dernières années l'industrie québécoise du cinéma.Parties en quête du plus court chemin vers l’eldorado des grandes maisons de production américaines, elles risquent toutefois d’être obligées de faire d’abord un détour du côté des productions moins prestigieuses avant de se voir offrir leurs premières occasions de côtoyer les grands.ERIC DESROSIERS LE DEVOIR L» enjeu est de taille.Les rares ' productions canadiennes alliées aux productions télé et publicitaires locales, dont les budgets vont décroissant, ne suffisent pas à permettre le développement d’entreprises d'importance.Les budgets et les défis techniques apportés par les productions étrangères (essentielle ment américaines) sont nécessaires pour permettre aux entreprises montréalaises d'acquérir les moyens technologiques et l’expertise pour réaliser un produit de classe mondiale, qui leur attirera d'autres clients étrangers, qui leur permettra encore de croître, qui.Plus d'une cinquantaine d'entreprises québécoises se spécialisent dans les différentes étapes de la production cinématographique qui suivent un tournage, comme le montage visuel et sonore, les effets spéciaux ou la postsynchro.De ce nombre, rares sont celles qui réussissent à convaincre les grandes productions américaines en tournage au Québec de leur confier une partie de i p ninnHe leur travail de postproduction.• 514.525.15^0 840, rue Cherrier.à Montréal ï Distribution > D AV JD BOUTIN || > MANON BRUNELLE > PASCAL CONTAMINE > CLAUDE DESPIN S > DENIS SRAVEREAUX Jfe > S T E V E L A P L A N T E > ISABELLE LEBLANC Scénographie et costumes > CHARLOTTE ROULEAU Musique originale * BERNARD POIRIER Éclairages n MICHEL BEAULIEU SOURCE FILMS LIONS GATE Danny DeVito et Peter Facinelli dans The Big Kahuna, de John Swanbeck.Long voyage d’affaires au bout de la nuit THE BIG KAHUNA Realisation: John Swanbeck.Scénario: Roger Rueff, d’après sa pièce Hospitality Suite.Avec Kevin Spacey, Danny DeVito, Peter Facinelli.Image: Anastas Michos.Montage: Peggy Davis.Musique: Christopher Young.États-Unis, 1999,90 minutes.Cinéplex-Odéon.ANDRÉ LAVOIE Le décor n’a vraiment rien d’inspirant, et pourtant, cette suite sans âme ni élégance sera le théâtre d'une cinglante joute verbale entre trois hommes n’ayant en commun que leur employeur.Dans cet hôtel semblable à des milliers d'autres, au cœur d’une petite ville du Midwest, ils s’enverront par la tète quelques vérités et bien des vacheries parce que rieu ne fonctionne comme ils l’auraient souhaité.The Big Kahuna, c’est avant tout l’adaptation d'une pièce de théâtre de Roger Rueff, Hospitality Suite, et entre les mains de John Swanbeck.metteur en scène signant ici sa première réalisation pour le cinéma, rien n’est fait pour en gommer les origines, illustrer exagérément les dialogues ou dynamiser une scène en déplaçant la camé ra un peu partout.Filmé très simplement avec un budget plus que limité, le film possède suffisamment de bonnes cartes dans son jeu pour en faire un objet capable de piquer la curiosité.Bénéficiant de l’aura oscaiisé de Kevin Spacey, qui en est aussi le producteur, The Big Kahuna met aussi en vedette un Danny DeVito étonnant de sobriété et de justesse dans un univers qui n’est pas sans rappeler celui, en plus cruel, de David Mamet dans Glengarry Glen Ross.On évoque d'ailleurs souvent le souvenir de cette pièce, ainsi que Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, pour décrire l’ambition de Rueff à égratigner le rêve américain et montrer ceux qui ne pourront jamais y accéder parce que faibles, minables, trop idéalistes ou pas assez ambitieux.Ces qualificatifs décrivent bien le cynique Larry (Spacey), le résigné Phil (DeVito) et une nouvelle recrue embourbée d;ms ses principes religieux.Bob (Peter Facinelli).Ils ne sont pas à Wichita, Kansas, pour s'amuser (serait-ce possible?) mais à titre de représentants d’une grande compagnie.Us se doivent de faire bonne impression et tiennent surtout à attraper dans leurs filets un important client, un dénommé Fuller (le fameux -Big Kahuna», que l’on ne verra que de loin, de dos ou de profil).La chasse connaîtra bien des ratés et cet échec, dont Larry anticipe les pires conséquences, cristallisera les positions de chacun, dont celles de Bob, un baptiste trop convaincu pour nuancer son discours dogmatique.L’action se déroule le temps d’une SOURCK FILMS LIONS GATE Kevin Spacey dans The Big Kahuna.soirée mouvementée et d’une nuit trop longue, reposant sur des dialogues abondants, parfois chargés d’ironie et souvent incisifs, où les meilleurs répliques sont réservées à Larry (ur empire champignon sera bien entendu secoué par leur propre incompétence à le gérer, mais aussi par la rapacité de la haute société new-yorkaise, pressée d'intégrer ces hillbillies urbains parmi ses rangs de donateurs.Tandis que monsieur, nostalgique des simples spa- ghettis meatball d'hier, retourne à ses projets de vol à la petite semaine avec la complicité de sa belle-sœur idiote (Elaine May), madame se fait courtiser par un Pygmalion aux dents longues (Hugh Grant).Pour sa seconde contribution à l’œuvre allenienne (après le récent Sweet and Lowdown), le directeur photo chinois Fei Zhao {Épouses et concubines, L'Empereur et l’assassin) compose par l'image un chaos organisé autour des figures d’Allen et Ullmann, qui se partagent l’écran avec une étonnante harmonie.La comédienne et le cinéaste sont tous deux issus du milieu de la télévision, et ça paraît: en témoignent leur sens du punch line et leur capacité à prolonger l'existence, au delà de leur présentation, de personnages dessinés à la ligne claire, qui remplissent les vides d'un scénario-prétexte, somme toute peu abouti.Small Time Crooks marque donc un retour pour Allen à la simplicité et l’effervescence comique de son cinéma d’antan, avec moult clins d’œil attendris, notamment du côté de My Fair iMdy, Beverly Hillbillies e\ Absolutely Fabulous.Or il reste que, sous ses allures de vaudeville cacophonique, le film formule une réflexion sur le sens du bonheur, la richesse intérieure et le besoin de désirer, qui dépasse la simple formulation bédéesque.Le film permet d’autre part au cinéaste de renouer avec les petites équipes d’acteurs initiés ou voisins de son cinéma (Michael Rapaport, Elaine May, Elaine Stritch.etc.) et de rompre, du même coup, avec les défilés mondains desséchés auxquels il avait tenté de nous habituer, en vain, depuis Everyone Saysll/)ve You.Ce changement de cap survient à un moment où Woody Allen renégocie son image et amorce sa future production sous une nouvelle bannière, celle de Dreamworks, une nouvelle major hollywoodienne (voir autre texte dans L’Agenda).Or.maintenant qu’on sait Woody capable de renouer avec son cinéma de la première heure, reste à savoir si Allen saura, sous cette nouvelle egide, retrouver la rigueur qui caractérise son cinéma de la deuxième.DREAMWORKS PICTURES Woody Allen durant le tournage de Small Time Crooks.cinéfrna Pour rhomire complet, consultez Jean-Claude Labrecque LA DOUCE FOLIE D’UN MULTIMILLIONNAIRE UTOPISTE «Anticosti.est un puissant hommage aux paysages à couper le souffle de (île, et à ces pionniers dont il ne resterait aucune trace si des cinéastes tels que Labrecque ne s'y étaient pas intéressés.» Anticosti au temps èes (Denier ^ " 2» N * >N Su , _____________________________ PROGRAMME DOUBLE à 15 h et 19 h 05 au Cinéma Parallèle à Ex-Centris • Anticosti • Le temps et le lieu Du 12 mai au 25 mai Éric Fourlanty.Voir « Le temps et le lieu nous transperce jusqu’aux os.Emond sait pénétrer cette mémoire poussiéreuse, celle qui s'évapore sans qu’on sache trop pourquoi, pour des raisons économiques, sociales.» Denis Côté, Ici À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU DE SAINT-DENIS Le temps et le lieu e x>)Ce n t r i s 3536, bout St-Laurent Billetterie : (514) 847-2206 Une carrière pornographique THE GIRL NEXT DOOR Realisation et scenario: Christine Fugate.Avec Stacey Valentine.Montage: Kate Amend, Christine Fugate.Musique: Dermis M.Hannigan.États-Unis, 1999,82 minutes.Cinéma du Parc.Stacey Valentine s’ap|X‘lle en realite Stacey Baker.Il n’y a dailleuis pas que son nom à avoir fait l’objet d'une légère transformation.Liposucckms, implants mammaires, injections pour grossir- ses lèvres, cette star du cinéma porno a moins les attributs de la pin-up que de la mutante, déclarant avoir de la difficulté à se reconnaître devant un miroir tant les changements sont profonds et parfaitement visibles.C’est une des nombreuses confessions que Stacey Valentine livre avec candeur à la documentaliste Christine Fugate pour les besoins de son film.The Girl Next Door.On y fait la connaissance d’une femme qui nous avoue d'emblée qu'il faut se donner corps et âme (on s'en doutait un peu) pour faire carrière dans le cinéma porno.Ceux qui ne sont qu'attirés par l’argent peuvent, littéralement, aller se rhabiller: Stacey, elle, en plus de gagner près de 2000 $ par jour de tournage et (iui compte plus de 50 films à son palmarès, débarque sur les plateaux avec le cœur à l’ouvrage, ne compte pas ses heures ni ne boude son plaisir.D'après elle, il n'y a absolument rien de dégradant à être payé pour faire ce que l’on aime, surtout s'il s'agit de le taire dans des lieux paradisiaques avec des Adonis que l’on jurerait lobotomi-sés.C'est ce rêve californien qu'a choisi la jeune épouse modèle de {’Oklahoma, qui commençait à en avoir ras le bol de son mari et de sa petite vie bien rangée.Aujourd'hui encore, le mari en question doit regretter d'avoir poussé Stacey à participer à un concours de photos érotiques pour se retrouver ensuite dans Hustler.Il n’en fallait pas plus à la blonde incendiaire pour tout laisser derrière elle et tenter sa chance à Hollywood.Ayant suivi pendant deux ans celle qui obtiendra le prix de la Best Ameri-can Starlet dans le cadre des Hot d'Or à Cannes en 1998.Christine Fugate réussit, sans se faire envahissante ou omniprésente, à fissurer la trop belle assurance de cette pseudo-actrice en éternelle représentation et incapable d'être simplement elle-même.Car derrière ses tenues légères et un sourire de calendrier sur papier glace se camoufle, assez mal d’ailleurs, une femme mal dans sa peau, fière de ne faire confiance à personne et ayant parfois des reflexions assez simplistes, pour ne pas dire idiotes ClfTm homy.I go to work.If I want affection.I’ve got my cat.).Ce qui est fascinant dans Ihc Girl Next üoor, c'est d'abord les multiples contradictions de ce personnage qui prend les fantasmes de ses admirateurs pour en faire une réalité bas de gamme, mais surtout le portrait pitoyable d'une industrie qui a au moins le mérite de ne pas avoir de véritables prétentions artistiques.Malheureusement, ce haut-lieu des apparences fabriquées où sévit la dictature du mauvais goût n’est pas sans af fecter les humeurs et les valeurs de ceux qui en sont à la fois les piliers et les victimes.C’est d'ailleurs ce que tente de démontrer Fugate en filmant Stacey avec Julian, un partenaire de tournage devenu son amant Lui-même n'arrive plus très bien à faire la différence entre la femme et la star du porno; la principale intéressée a bien du mal à s'en défendre.On sera sans doute tout aussi hébœ té de la vie pas tout à ûiit catholique de Stacey que le sont sa mère, son beau-père et une amie d'enfance, eux qui ne cachent pas leur affection pour elle mais qui ont un peu de mal à comprendre ses choix.la vedette apparait sensible à leurs arguments mais ça lui en prendra davantage (le départ de Julian, des trophées et des distinctions qui lui échappent) pour être ébranlée tout en ne gâchant pas trop son maquillage.Celle qui fut une jeune fille agressée sexuellement par son père, une épouse rangée insatisfaite de son mariage et maintenant un corps charcuté de partout par les chirurgiens esthétiques n'a visiblement pas encore donné son dernier baiser ni pousse son plus profond soupir langoureux.C’est peut-être à cet ultime moment que devant Christine Fugate elle osera se mettre totalement à nu.Cinquante films plus tard.«MERVEILLEUX! DEUX FOIS BRAVO!» - Roger Eberl.ROGER EBERT AND THE MOVIES «Un film absolument délicieux! Rien ne peut décrire la surprise que m’a causée ce film !» - Andrew Sarris, NEW YORK OBSERVER «UNE COMÉDIE DÉBRIDÉE!» - Peter Travers, ROLLING STONE h de ma ¦ la chance VI6 m M „ version française de Me Myself I mettant en vedette Rachel Griffiths iMunelS Wedding.Hitary and Jackie) j^blâckwatch A L’AFFICHE! VERSION FRANÇAISE f—JINT Plf » OOEON^—1 r—ClNEPCEXOOEON I I-CWtPC£ » OOf ON-i | IQUARTIER LATIN 11 BROSSARD 1 [ LAVAL (OateriM)l | -VERSION ORIGINALE ANGLAISE .Gl-CINfPLEXOOEON-1 I-CMEPIEX OOCON-1 I FAUBOURG 11 CAVENDISH (Mailll f GAGNANT OSCAR ; MHllIUR FILM ÉTRANGER MGimn Dt 2G PRIX iNitmiioNJUix) «IE MEIUEUR FILM DE I'ANNÉEIh A -IWIUIM ^BUckwatch mnr r-~l À !_• AFFICHE! ?SOM DIGIT version française Tous les jours: nrrr « ° TSkm i3M5-i6hi5- IQUARTIEB LATIN ?| isivts-îihio DESMEillEUrçSflMDE L'ANNEE!» - National Board of Review UNE ŒUVRE SPECTACULAIRE! Tellement grandiose.on peut le comparer à kurosawa, Eisenstein et David Lean.» - Michael Wilmington, CHICAGO TRiBUNE «GONG Lî, UNE AUTRE PERFORMANCE ÉBLOUISSANTE!’ - janet Maslin, jhE NEW YOifk jlMES #COMpÉ[ijiON OpEÜ.E% ^ Festival de Cannes 0 (fiBlacknatch dNbnisi RiRi rroM Un film de CHen kaige ?SON MSITAL SONY PICTURES CLASSICS' Dès le vendredi 26 mai! :7 Sélection officielle / Festival de Sundance / Berlin / \ v Cannes v ¦ I RAY WINSTONE LARA BELMONT FREDDIE CUNLIFFE TILDA tus war zo.j^Blackuarch e x çentris unnimrMine par Tim Tim Version originale anglaise sous-titres français Tous les jours: 14h00 - 16h20 • 19h00 - 21h20 e x Ce n t r i s 3536, boul.St Laurent Billatterie (514) 647-2206 www.warione-themovie.com 990417 J.K I) E V O I R .L E S S A Al E I) I 1 II fi T U I M A NINE 21 AI A I 2 O O 0 B (» ?MUSIQUE La liberté retrouvée des Cowboy Junkies v A travers les années, le groupe a essuyé plusieurs critiques du milieu musical, mais les membres ont toujours défendu leur liberté avec virulence Après 15 ans d’existence, le groupe canadien Cowboy Junkies s’est retrouvé à la croisée des chemins.Mis de côté lors de la fusion de sa compagnie de disques l’an dernier, le clan Timmins a décidé de revenir à ses amours et de produire sa propre musique.Un album et trois tournées plus tard, les Junkies ne regrettent rien.Liberté retrouvée.Entrevue avec la chanteuse Margo Timmins.Rencontre avec la fougue folk.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR / Ecouter la musique lascive des Cowboy Junkies, c’est un peu çomme relire son bouquin préféré.A peine les premières notes entamées, la voix éthérée de Margo Timmins nous transporte dans un univers unique, quelque part entre la mélancolie et l’extase.L’histoire des Cowboy Junkies est saine et honnête, à l’image de ses membres.Le groupe a à son actif huit albums, dont trois sous sa propre étiquette.Succès tranquille, il n’a jamais démoli les palmarès ou rempli à répétition de vastes salles.Malgré tout, le son original du groupe a su se frayer un chemin vers le public.Et ce public est fidèle.«Je ne sais pas ce qui explique notre popularité.Je crois qu’une des raisons, c’est que nous n’avons jamais eu un gros succès», lance avec entrain Margo Timmins à l’autre bout du fil, depuis sa ferme en Ontario.«Un de nos buts en tant que groupe était de survivre, de faire ce que nous avions envie de faire comme musique et surtout de ne pas laisser la pression extérieure nous détruire.Et nous avons réussi à le faire parce qu ’il n’y a pas eu beaucoup de pression et parce que, lorsqu’il y en a eu, comme avec notre compagnie de disques l’an dernier, nous sommes partis.» Mais les Junkies, c’est également et surtout une affaire de famille.Margo, Michael et Peter Timmins forment le noyau musical.Le quatuor est complété par Alan Anton, un ami du clan.«Nous avons toujours été conscients qu’il y avait une autre partie de notre vie que les Cowboy Junkies, et c’est la famille, raconte la chanteuse.Nous avons trois autres frères et sœurs et nous savons que si nous commençons à nous détester, nous allons ruiner la relation de tout le monde.[.] Je crois aussi que nous nous entendons bien parce qu'aucun d’entre nous n’a un gros ego.Il n'y a pas de star parmi nous.Personne ne gagne plus d'argent qu’un autre, nous séparons tout également.» Le dernier-né des Cowboy Junkies est bizarrement arrivé sur les m •• il» Il *1 «* i> If II fl «I «MiiMl i» « « tu.MîTlIt] Rétro CinéUdeM Soectrum mai 20h00 6S pré-vente 8® porte RUSSELL MONK L’histoire des Cowboy Junkies est saine et honnête, à l’image de ses membres: Michael Timmins, Alan Anton, Margo Timmins et Peter Timmins.tablettes des magasins à l’automne.Rarities, B-sides and Slow, Sad Waltzes a d'abord été lancé pour les fans par le site Internet du groupe.Devant l’afflux de demandes, le groupe a finalement décidé de le distribuer en magasin.Le disque comprend 11 chansons orphelines, des œuvres que le groupe avait laissées de côté avec les années.«J’étais nerveuse avant la sortie de l’album, avoue Margo Timmins.J’avais peur à cause de la grande disparité des chansons, mais pour une raison inexplicable, elles vont bien ensemble.Et le résultat est presque un pèlerinage! Quand j’écoute l’album, j’écoute mon passé.C’est un peu mon journal intime à travers notre histoire musicale.» Cet album marque surtout le retour du groupe à ses racines.La troupe canadienne avait en effet produit ses deux premiers albums sous sa bannière Intent Recordings: Whites Off Earth Now! (1986) et l’album fétiche The Trinity Session (1987), enregistré avec un seul microphone en une journée pour 250 $ dans l’église torontoise Holy Trinity.«C’est fantas- tique de produire nos disques de nouveau, mais c’est beaucoup de travail, confie Margo Timmins.Je travaille plus fort qu’avant [rires].mais nous avons le contrôle absolu du produit et c’est ce qui est formidable.Il n’y a plus de frustration ou de déception.Si quelque chose fonctionne mal, c’est de notre faute et pas parce qu’une compagnie de disques a mal fait le boulot ou l’a négligé.» Demain, la valse printanière des Junkies fera quelques pas en sol montréalais.«Jouer devant un public, c'est la vraie magie de la musique.Pour moi, cela reste un mystère.Quand tu montes sur scène avec sept autres personnes et que tu réussis à faire un bon spectacle, et cela n 'arrive pas toujours, tu se sens littéralement transporté.» Contrairement au studio, on ne peut pas tricher, ajoute-t-elle.De son propre aveu, Margo Timmins n’a jamais voulu chanter, n’a jamais désiré être musicienne.C'est devant l’insistance de son frère Michael qu’elle a finalement prêté sa voix au groupe en 1985.«Ce que j’aime le mieux quand je chante, c’est la façon dont je me sens quand je réussis à bien interpréter une chanson.Je me sens douée, je sens que j’ai fait quelque chose de très bien.Et je ne crois pas qu’on ait ce sentiment très souvent dans notre vie.J’ai des amies qui ont eu des enfants et qui m’ont dit avoir ressenti la même chose à l’accouchement.Et je crois que c'est ce que je ressens moi aussi.Je n’ai pas de doute, je ne fais pas d’autocritique.Je me sens vraiment belle.Je me fous de mon poids et de tout le reste.Cela ne dure pas très longtemps, mais à ce moment, je suis envahie par la beauté.» Et la chanteuse tient mordicus à entretenir des liens directs avec ses fans.Depuis plusieurs années, elle rencontre le public après ses spectacles.«Les tournées se ressemblent parce que tu te déplaces constamment.Je me sentais déconnectée des gens et je n’aimais pas ce sentiment.Alors j’ai commencé à aller parler aux spectateurs.[.] Ça garde la relation avec nos fans très humaine et ça fait du bien parce que, sur la route, nous n’avons pas notre famille et nos amjs avec nous.» A travers les années, le groupe a essuyé plusieurs critiques du milieu musical, mais les Junkies ont toujours défendu leur liberté avec virulence.«Nous n’avons jamais laissé personne nous influencer.Certains nous disent que nous serions millionnaires aujourd’hui si avions écouté leur avis, et c’est peut-être vrai.Mais je peux honnêtement vous dire que si j’écoute chaque chanson de chacun de nos albums, il n’y a rien dont je suis gênée ou que je souhaiterais effacer.» Nous non plus.Les Cowboy Junkies seront en spectacle demain au Spectrum de Montréal et lundi au Festival des tulipes d’Ottawa.Ce dimanche, la valse printanière des Junkies fera quelques pas en sol montréalais DUTOIT î HINDEMITH Kammermusik : l’intégrale Les Radio-Concerts du Centre Pterre-Péladeau 8 concertos de chambre de Paul Hindemith Avec la participation de musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal Sous la direction de Charles Dutoit L’intégrale présentée en 2 concerts Matinée - 15 h Soirée - 20 h Kammermusik no 1, op.24 no 1 Kammermusik no 4, op.36 no 3 pour violon Kleine Kammermusik, op.24 no 2 Kammermusik ho 5, op.36 no 4 pour alto Kammermiisik no 2, op.36 no 1 pour piano Kammermusik no 6, op.46 no 1 pour viole d’amour Kammermusik no 3, op.36 no 2 pour violoncelle Kammermusik no 7, op.46 no 2 pour orgue Solistes invités | RONALD BRAUTIGAM, PIANO « .une leçon de POÉSIE et de VIRTUOSITÉ.La PUISSANCE et la virtuosité surprennent et ravissent.» Im Presse Riviera / Chablais CHANTAI.JUILLET, VIOLON «< .nous a révélé une oeuvre d une GRANDE PROFONDEUR, LYRIQUE.« une SONORITÉ ENFLAMMÉE.RICHE EN POÉSIE.h The Gazette Sans co # • du pnnte Montreal BRFIT DEAN, VIOLE D’AMOUR Son interprétation du Concerto pour viole d’amour, présenté lors du concert célébrant le centenaire d’Hindcmith, avec l'Orchestre philharmonique de Berlin, lui a valu l'acclamation de la critique.Dimanche 28 mai 2000 - 1 S h et 2 0 h Line coproduction de la Chaîne culturelle de Radio-Canada et du Centre Pierre-Pcladcau en collaboration avec le Mouvement dec Caisses Desjardins cl I M A X < H E 2 I M Al 2 0 0 0 I! AW I l VITRINE D U DISQUE Pearl Jam, sans agents de conservation ni fruits transgéniques BINAURAL Pearl Jam Epic (Sony) Ten.le premier album des p'tits gars de Pearl Jam.était un disque vital.Une affirmation d’existence me née par une chanson-locomotive bien-nommée: Alive.Tous les albums suivants, en regard de ce formidable cri de 1991 qui retentit de Seattle à la grandeur de la planète rock, sont des disques de survie, et celui-ci n'est pas différent.Ce sont autant de disques qui s’accrochent du bout des doigts, qui contemplent la grande plongée dans le vide (le suicide du compatriote Kurt Cobain), qui hurlent de colère ou de dépit devant l'impuissance de l’homme à rendre l’homme meilleur et qui se battent tout de même pour changer un iteu les choses; autant de disques qui prouvent qu’un groupe de rock peut durer sans s'avilir.C’est pourtant tout simple, du Pearl Jam, et peu changeant: deux bêtes à riffs électriques ou acoustiques qui ont tout appris à l'école des Who et Led Zep (Stone Gossard.Mike McCready), une basse plan-cher-des-vaches (Jeff Ament), une batterie de garage reconditionnée (Matt Cameron, transfuge de Soud-garden) et surtout, surtout, la voix d’Eddie Vedder.Une voix qui porte, comme on dit.Qui porte tout le désespoir et l'espoir du monde dms son trémolo.Du Pearl Jam, c’est tout simple parce que c’est tout vrai.Pas surprenant que le patriarche Neil Young se soit pris d’affection pour cette bande-là, jusqu'à enregistrer un album commun (Mirror Bali).Entre authentiques, on se reconnaît.Pas moyen, en cela, de vous dire si Binaural offre du Pearl Jam de plus forte intensité et de plus grande pertinence que la fois d'avant (Yield.en 1998).Pour moi, c'est kif-kif bourricot.Même regard à la fois tendre et implacable sur le sort du monde et des gens.Même volonté de trouver un coin de bonheur et de dignité envers et contre tout.Même humanisme chevillé au corps.Pour Vedder, qui est aussi le principal auteur du groupe, on a beau ne compter que pour des graines de prunes dans le grand plan divin (God's Dice témoigne du sentiment d'impuissance de l’individu), on a beau être le jouet des grosses compagnies (Grievance) et l’esclave de l’argent («Sorry is the fool who trades his love for hi-rise rent.», sermonne Eddie dans Soon Forget), il y a de la vie tant SMAM Studio ok.musique ancienne.de Montréal Is A I S O N 1 9 9 9 - 2 0 0 0 Un 25' anniversaire riche en événements musicau^l D I R E C T E U R A R T I S T 1 Q r 1 Christopher Jackson Ê (j L1S1 SaINI-LÉON Dt WlSTMOlNI 4311.ih Maisons'!iai Ouim .Métro Ai wmir' LE 28 MAI 2000 A 20 H AMERICA ^flusique sacrée en Amérique latine RII LETS ni: 14.75 $ A 53,50 S CHŒUR A CAPPELLA r R I N N M l, N IM I N I S A ii h 111 m s (514) 8 61* 26 2 6 qu’on n’est pas seul: -It’s like she lost her invitation to the party on Earth / And she’s standing outside hating everyone here / She's her own disease, crying to her doll / But only love.can breakerfall» (Breakerfall).C’est peut-être bien pour ça que Pearl Jam existe encore, lapalissade oblige: justement parce qu’ils ne renoncent pas.Même si Vedder concè- de sans ambages qu’un groupe de rock n’a pas vraiment de pouvoir de changement (le texte à'Insignificance est assez cinglant là-dessus: des bombes tombent pendant que le juke-box joue), la solution demeure: il faut au moins agir comme on peut.Vedder intervient dans Breakerfall même si tout semble perdu, proposant un peu de compassion pour bri- ser la chute.Il fait mur de son texte comme il le ferait de son corps, à l’instar des protestataires contre la mondialisation à Seattle (tiens, tiens.).L’humanisme en toute lucidité: on appelle ça du courage.Frustre, brute, donnant toujours l’impression d’avoir été captee au premier essai, la musique assume pareillement ses qualités et defauts.Du riffle plus rentre-dedans (Breakerfall) au plus pataud (Evacuation), de la joliesse mélodique de Thin Air aux echos pinkfloydiens de la guitare dans Nothing As It Seems (on jurerait une inédite de l’album The Wall).Pearl Jam donne son rock fait maison en toute candeur, sans rien céder aux modes, fidèle à ses modèles et à ses convictions.Pearl Jam, permettez l’image, c’est un pot de confitures sans agents de conservation ni fruits transgéniques.A en juger par la vente fulgurante des billets samedi dernier pour le spectacle du 4 octobre au Centre Molson, c’est encore ce qui nourrit le plus.Sylvain Cormier VOIR PAGE B 8: VITRINE 333 musiciens 2000 cariilonneurs 15 clochers 1 grand orgue 1 carillon de 56 cloches et 2 camions de pompiers sous la direction artistique de Walter Boudreau et Denys Bouliane entrée UBRE Hydro Québec présente la SYMPHONIEduMILLENAIRE 3 juin 2000 à 20 h 30, sur le site de l’Oratoire Saint-Joseph SMCQ, producteur délégué.Renseignements : (514) 843-9305 ou www.smcq.qc.ca Devenez l’un des 2000 cariilonneurs - achetez votre cloche 75 $ et 130 $ - Forfaits disponibles (reçus de charité 45 $ et 90 $) (514) 843-9305.Programme-souvenir en vente dans les librairies du Groupe Renaud-Bray : 4 $ Côte-des-Neiges S3 2000 Québec îîîî Snowdon B CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC Q ’CGI BOMBARDIER Gouvernement du Québec Ministère de la Metrooole Xéo Qo^drtcm 6 cfdt 9*t Ville de Montreal 10Q7Î La Fondation SOCAN Renaud-! Brav g bOLCKECH Location U: Devoir Participez a u Concours Devenez l’un des 2000 cariilonneurs Courez la chance d’être l’un des 20 gagnants de l’une des magnifiques cloches de bronze numérotées et gravées SYMPHONIEduMILLÉNAIRE offertes par Hydro-Québec afin de participer à la création de cette oeuvre monumentale.Âge minimum requis 6 ans Aucun achat n'est requis Valeur de chacune des cloches 75 $ Les gagnants seront avisés par téléphone Copie du règlement faites parvenir une enveloppe affranchie à l'adresse ci-contre ou consulter www hydroquebec com Remplissez ce coupon et retoumez-le avant le 25 mai 2000 ou inscrivez vous sur www.hydroquebec.com Bonne chance ! Nom Code postal Tél ( ).Faites parvenir ce coupon dûment rempli à l'adresse suivante : Concours Devenez l’un des 2000 cariilonneurs Symphonie du millénaire - 300, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2X 3X6 V L K D E V O I K .L E S S A M EDI 2 0 ET l) I M A N (' HE 21 M A I 2 0 0 0 B 8 DISQUES CLASSIQUES D’imposantes productions SHOSTAKOVIGN STRING QUARTET FRANÇOIS TOUSIGNANT CHOSTAKOVITCH -EMERSON Dmitri Chostakovitch: intégrale des 15 quatuors à cordes; Adagio pour quatuor à cordes et Elégie pour quatuor à cordes.Quatuor à cordes Emerson (Eugene Drucker et Philip Setter, violon; Laurence Dutton, alto; David Fmckel, violoncelle).Coffret de cinq disques.DGG 463 284-2 La musique de Chostakovitch n'a jamais été pour moi quelque chose de bien agréable ou d’enrichissant.Histoire bien personnelle, j’en conviens et qui n'intéresse personne.Question de goût, d’affinités, certes, mais il n’en demeure pas moins que devant l’immense popularité du compositeur, il faille se plier à l’exercice de l’écouter.Quand une brique comme une intégrale des quatuors à cordes tombe sur le bureau on a deux choix.Soit on repousse, soit on plonge.Vous avez compris que, malgré mes propres réticences, j’ai plongé.11 faut dire que j’ai eu de l’aide.Nuis autres que les quatre compères du Quatuor Emerson m’ont invité à les suivre dans leur entreprise.Après avoir donné des intégrales des quatuors de Bartok et Beethoven, les voici qui forniquent avec le compositeur russe le plus célébré du XX' siècle.On ravale alors ses préjugés en se disant que même si la pilule risque d’être amère, il faut tout de même faire confiance aux musiciens et tenter de se refaire un jugement.Et j’ai bien fait.Chostakovitch, curieusement, est venu assez tard au genre quatuor à cordes.Il a écrit son premier à l’âge de trente deux ans, numéroté opus 49.Les autres suivent comme une sorte de carnet biographique dont la condensation est souvent intrigante; ainsi les opus 110, 117,118 ou les ultimes 138, 142 et 144 montrent une sorte de cristallisation.une condensation dans cette sphère si privée qu’on se dit qu’il doit bien y avoir là quelque chose de symptomatique.De biographie — ou d’interpréta- tion d’autobiographie —, je resterai muet; la musique m’intéresse plus que le para-propos en ce cas.Et, en toute justice, c’est volontairement excluant tout ce qu’on peut savoir de la difficile vie du maître que je me suis lancé dans cette longue et périlleuse écoute.C’est qu’on ne prend pas un journal intime à la légère.Dès le début du tout premier quatuor, en do majeur, jusqu’au point final du quinzième, en mi bémol mineur, le créateur Chostakovitch montre et dissimule à la fois son vrai visage.Souvent même, c’est dans la dissimulation qu’il se révèle le plus vrai.On entre alors dans la magie de l’interprétation du quatuor Emerson.le sérieux est de rigueur, et la rigueur est extrême, même dans les moments les plus ironiques ou ludiques.Dans un corpus où la complaisance est souvent mise de l’avant, n’évitant pas l’écueil sentimental, le Emerson se tient droit et s’agrippe aux notes plus qu’à l’anecdote.Alors, on entend tout, pour le meilleur et pour le pire.Le pire est, fatalement, car Chostakovitch reste toujours Chostakovitch, qu’il y a des truismes et des clichés un peu gros, voire grossis par une plume qui se veut délibérément gauche.Cette volonté accusée de mal écrire s’entend et est rendue avec un tel pathétisme que l’aspect sardonique de la musique en crève presque le cœur.Ce sont les moments ou, compulsivemnent, le compositeur égrène les notes et citations «populaires» sans trouver vraiment ce qu’il veut dire, ni comment il voudrait le dire.Le meilleur s'impose tout à coup en un appel à la transcendance fait avec ime telle simplicité qu’on se surprend de se trouver devant l’abîme.Anti-romantique, Chostakovitch n'y plonge pas, les musiciens du quatuor non plus.On reste alors dans une sorte de position en porte-à-faux qui crée malaise, très gênante.L'oreille s’accroche pour comprendre, l’esprit veut poursuivre l'itinéraire coûte que coûte.Les afficionados sont ravis, on n’en doute guère, et les perplexes — dont je suis — sont retenus captifs malgré eux de cette interprétation si solide et imposante.Il faut bien l’admettre: plus que la musique, c’est effectivement son interprétation qui chavire ici.Les membres du quatuor Emerson signent avec cette intégrale une sorte de pierre angulaire du siècle dernier dont on ne sait très bien s’il faut l'aduler ou la réprouver.Oui, ce répertoire reste encore problématique.Pour en prendre conscience, il faut ce genre d’interprétation un peu neutre, pourtant toujours engagée, qui affiche sans froideur ni indifférence le faire comme le contenu.A chacun alors de faire son choix.Pour ma part, j'aimerais être laudatif de l’exploit réalisé par la formation qui est absolument exceptionnelle et de haut niveau.Mes réserves viennent toujours de l’inévitable et désinvolte minceur de la musique de Chostakovitch.En comparaison, les quatre quatuors de son compatriote Alfred Schnittke contiennent cent fois plus de musique.Peutètre alors faut-il revoir la place de Chostakovitch dans l’école russe.Ces cinq disques sont tellement beaux qu’ils obligent en tout cas qu’on relativise bien des choses.BACH - GOLDBERG Jean Sébastien Bach; Aria et 30 «Variations Goldberg», BWV 988, dans un arrangement pour cordes et continuo de Bernard Labadie.Les Violons du Roy.Dir.: Bernard Labadie.Durée: 79 minutes 30.Dorian xCD-90281 Encore du Bach.Et comme l’actualité du disque est ce qu'elle est, il va bien falloir que je vous parle encore de ce compositeur dont bon nombre de compagnies vont tirer parti pendant cette année qui marque les 250 ans de la mort.Sur le lot, on tombe toutefois sur des diamants aussi rares que beaux.Bernard Labadie a osé, avec tout le chien qu’on lui connaît, produire sa propre version des Variations Goldberg.On entre ici en un domaine très spécial, aux frontières floues.Est-ce de l’arrangement, de l’orchestration, de l’interprétation ou de la composition?Tout cela à la fois, avec en prime la possibilité de comprendre comment I-abadie s’engage dans la musique.Originalement écrite pour clavecin à deux claviers, l’œuvre fait donc appel à la fois à des effets virtuoses spécifiques à l’instrument et aux diverses possibilité de timbre — donc de texture — qu’il peut produire.Autant Bach connaissait son instrument (le clavecin), autant Labadie connaît le sien (Les Violons du Roy).Voici donc le compte rendu d’une admirable lutte à finir entre deux grands.Labadie, fin sorcier, a imprimé à chaque variation une personnalité propre, un caractère distinct (sans mauvais jeu de mots) qui la singularise dans l’ensemble du tout.Au feu d’artifice de la composition, il ajoute, dans le plus grand bonheur, le sien propre de son métier d’orchestrateur.Car il faut bien parler de cela.Comme Mahler apprenait son métier du podium et s’en servait dans son travail de composition, Labadie se sert de son expérience de la baguette, avec les Violons du Roy et j’imagine aussi à l’Opéra de Québec, pour réinventer un des sommets de la musique occidentale.C’est incroyable de vie, de diversité et d'intelligence.Les Goldberg ont connu bien des manipulations, dans tous les genres et tous les styles, mais rarement une réinterprétation aussi profondément musicale et origi- Les Violons du Roy sont impeccables de justesse, de précision et de raffinement JGqi.i: VAria /7 .mu tu, DONS Bernard Labadie l i « V i o I.o/n > n u R o v nalement unique.Le mot n’est pas galvaudé en ce contexte, au grand mérite de Labadie.Sachant toujours modeler l’environnement sonore (c’est-à-dire l’orchestration qu’il utilise) selon le sens de la musique et de l’écriture, il agit sur le canevas de Bach un peu comme un compositeur.S’il fallait trouver un équivalent, on penserait à Mozart qui réorchestre le Messie, de Handel, à Mendelssohn qui s’est attaché à refondre la Passion selon saint Matthieu (toujours Bach!) dans l’esprit de son temps, ou à Schoenberg qui écrit la cinquième symphonie de Brahms en orchestrant le quatuor avec piano en sol mineur, op.25.Admiratif.on passe d’une plage à l’autre et vraiment on redécouvre la musique réinventée et encore neuve.On souhaite même avoir des insomnies pour mieux en profiter, comme le dédicataire.Si ce dernier avait la chance d’avoir un claveciniste de premier ordre sous la main, nous avons la chance d’avoir un ensemble de première qualité.Les Violons du Roy sont en effet impeccables de justesse, de précision et de raffinement.La chimie devient invisible, inaudible, comme dans la vraie vie, pour ne laisser paraître qu’un résultat aussi formidable qu’inattendu.Jacques Loussier avait réussi, par le passé, à faire avaler Bach par la mode jazz, comme Ward Swingle.Ici, Labadie nous sert les Goldberg un peu à la sauce Webern, du Webern qui orchestrait le ricercar de L’Offrande musicale.La nécessité musicale a des voix qu’on ne sait imaginer ou prévoir; quand elles s’épanouissent ainsi, on aime à partager le bonheur de les entendre.Ne reste qu’à décrier un très gros défaut du disque: la longueur du temps entre les plages, donc les variations.On perd le fil, on tombe dans des trous, ornières silencieuses qui gâtent une partie du plaisir et brisent le souffle de l’œuvre.Amateurs de technologie, c’est vraiment un cas d’usage impératif de télécommande.À VIE DE RECHERCHE Diane Dufresne Sismik/GSI Technologies (BMG-Québec) Très peu pour moi.les refrains pour bonnes causes.We Are The World, moi non plus.Question d’intention.Une chanson déjà écrite que l’on réquisitionne, d’accord.Mais créée pour la cause, non.Ça flatte trop le drame par le sens de la larme.C’est toujours un peu télégraphié, lourdaud, grossièrement fait.Exception ici: étonnamment, A vie de recherche est une chanson à la fois lourde et belle.Trop littérale et pourtant acceptable.Probablement à cause de Diane Dufresne, qui a écrit le texte et contribué à la composition (avec J.Michel de Montigny et Martin Cour-cy): telle Piaf, elle peut dire l’indicible et s’en tirer.Et puis, la mélodie est remarquablement tournée.Notez qu’on a adjoint à la chanson une présentation multimédia.Vous aurez compris au titre qu’il s’agit ici de soutenir le Réseau Enfants Retour Canada.Soutenez, donc.S.C.SINGS MONTY PYTHON LIVE IN CONCERT Eric Idle Restless (BMG) Dénonçons une fois de plus notre âge avancé: les Monty IVthon furent à l’humour absurde des années 70 ce que les Beatles furent a la musique pop des années 60.Un groupe de génie.Les idoles de Claude Meunier et de moi itou.Sans Jolm Cleese, Eric Idle, Terry Gilliam, Michael Palin, Terry Jones et Graham Chapman, merveilleux fous volants dans leurs merveilleux cerveaux, l’humour britannique n’aurait jamais connu le LSD et personne n’aurait jamais exigé de remboursement pour un perroquet empaillé parce qu’il ne parlait pas.C’est dire.Fan fini, il suffit donc qu’un alumni de Python — et meilleur ami de George Harrison, dois-je préciser — s’avise de chanter en spectacle les ridicules chansonnettes de la série télévisée (Monty Python 's Flying Circus) et des divers films et spectacles du groupe pour que je trépigne d’excitation non contenue et me mette moi-même à fredonner hystériquement l’hymne au catholicisme Every Sperm Is Sacred, l’édifiante Sit On My Face ou l’immortelle Penis Song («Isn't it awfully nice to have a penis?/Isn't it frightfully good to have a dong?/ It's swell to have a stiffy / It's divine to own a dick / From the tiniest little tadger/To the world’s biggest prick»).Nostalgie, quand tu nous tiens.Avertissement: ce n’est pas nécessairement un disque drôle pour tout le monde, mais les initiés y trouveront à nouveau le sens de la vie.S.C.VITRINE LoVaNQ N°het StRESt 5 jhemJE^ o r J A Z Z 52N" STREET THEMES JoeLovano Blue Note Il y a un an, peutètre davantage, Joe Invano, saxophoniste puissant, publia un hommage consacré aux chansons qui firent la gloire de Frank Sinatra.Aujourd'hui, il reste dans l'hommage.Cette fois, le sujet de son épanchement est la 52' rue de New York, soit cette artère où étaient situés les meilleurs clubs des aimées 40.Ce que l’on retient de cette époque et de ces lieux qui s’appelaient Birdland.Minton’s, Three Deuces et autres, c’est la naissance du bebop.Bird, Gillespie, Monk et Kenny Clarke en étaient les grands prêtres.lœ pianiste Tadd Dameron en était l'un des principaux compositeurs.C'est à eux que Lovano paie aujourd’hui son tribut Pour mener à bien son aventure, il a fait appel aux saxophonistes Steve Slagle, George Carzone, Ralph Lala-ma et Gary Smulyan, au trompettiste Tim Hagans, au tromboniste Conrad Herwig, au pianiste John Hicks, au contrebassiste Dennis irwin et au batteur Lewis Nash.Ils ont puisé dans le répertoire de l'époque, surtout dans celui de Tadd Dameron.On l’a écouté.Et cela a aiguisé un appétit certain.Pourquoi?Pour ce passé si glorieux que l'on s’est mis à écouter, justement, les acteurs de cette époque.Bref, on a vite délaissé Divano pour mieux écouter Bird, Monk, Dameron et les autres.Au fond, le problème est le suivant: avant son hommage à Sinatra, Lovano a signé d’excellents albums, notamment un Live At The Village Vanguard.Toujours est-il qu’avec ces productions, Imvano s’afficha et s’affirma comme un de ces musiciens dont on dit qu’ils comptent.Il était alors véhément et original.Depuis lors, on a l'impression, et juste l’impression, qu'il s'appuie sur son fond de commerce.Il ne prend plus de risques.Remarquez, cet album.au demeurant bien goupillé, est très représentatif d’une tendance.Celle, évidemment, de l’hommage.Cons bien d’albums ont été consacrés à Thelonious Monk au cours des cinq dernières années?Dix, vingt, trente.En fait, en écoutant cet album conçu comme un écho actuel à une révolution effectuée avant-hier, on s’est mis à espérer une nouvelle révolution.Et rite! Serge Truffaut FRETTN THE BLUES Collectif Vanguard Le blues urbain, le blues électrique, le blues plein d’aspérités, avait une étiquette: Chess.Sur ce label, Muddy Waters, Willie Dixon.Howlin Wolf et consorts enregistrèrent leurs plus grands succès pour lesquels, incidemment, ils ne récoltèrent, d’un point de vue financier, que de petites bÛles.Dans les années 60, une étiquette se mit en devoir de concurrencer la firme fondée par les frères Chess.Elle s’appelait Vanguard.Faute d'avoir les grands noms sous contrat, elle s’appliqua à signer les jeunesses de l’époque, soit Buddy Guy, Otis Rush, J.B.Hutto, John Hammond et Siegel-Schwall.Avec eux, Vanguard rencontra beaucoup de succès auprès des jeunes.Grâce à cela, elle put signer Muddy Waters et Light-nin’ Hopkins.Aujourd’hui, Vanguard propose un Best of The Great Blues Guitarists, le meilleur de ses enregistrements effectués dans ces années-là.C'est bon, c’est très bon.Ça décape! S.T.SUPERMODIFIED Amon Tobin (Ninja Tune/Outside) Comment Amon Tobin fait-il pour se surpasser d’une manière aussi étonnante?Sur son troisième album intitulé Supermodified, l’un des chefs de file de la maison Ninja Tune va encore plus loin dans ses curieux songes électroniques.S’éloignant de l’influence jazz, ces ambiances rythmiques sont davantage minimales.Loin d’être austère, on parlera surtout d’une palette sonore qui ne cesse de s’enrichir d’un morceau à l’autre.Tobin transforme les sons pour mieux organiser son imaginaire futuriste.Il y a dans cette musique un désir d’innovation qui ne va pas sans sa part de risques.Ces tableaux ne cessent de changer pour mieux rendre une atmosphère toujours inquiétante.Avec Supermodified, c’est comme si Tobin se réinventait de nouveau.Dans le monde de la musique électronique, voici un créateur qu’on ne peut qu’admirer.Un parcours impressionniste que l'on découvre un peu mieux à chaque écoute.David Cantin Gagnant du Prix Opus 1999 “Diffuseur de l’Annee” rA*YY\br< YY\o/\fr
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