Le devoir, 27 mai 2000, Cahier D
LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 ET D 1 M A X C HE 2 8 M AI 2 0 0 0 ?LE DEVOIR ?Romans québécois Page D 3 Marché de la poésie Page D 3 Le feuilleton Page D 5 ?Le son iconographe Page D 7 Jardins Page D 8 '¦ 'Wë h Gilles Marcotte CARREFOURS Paul, Sénèque et Jacob GILLES MARCOTTE Saint Paul ou, en costume laïque, Saul de Tarse, n’est pas l’auteur le plus aimé de la tradition chrétienne.Dans son dernier roman, Sergio Kokis lui décoche une phrase assassine.Michel Oniray, le philosophe du plaisir, invité (comme toujours) chez Bernard Pivot, l’écartait du revers de la main, osant à peine prononcer son pom.Et Gide, vous vous souvenez d’André Çide?Aux Epîtres de Paul, il ne cessait d’opposer les Evangiles, infiniment plus aimables.Parmi les reproches qu’on lui fait, et qui sont extrêmement nombreux, de son antiféminisme avéré Oes femmes doivent se couvrir la tête à l’église) à son goût prononcé pour la chicane, le plus fondamental est sans doute celui d’avoir en quelque sorte fondé l’Église, inventé le christianisme.Difficilement pardonnable.Mais on ignore généralement qu’il a entretenu une correspondance fort amicale avec le grand philosophe romain du stoïcisme, Sénèque.Ces lettres viennent d’être rééditées, en bilingue, dans la très jolie collection du «Cabinet des lettrés», chez un éditeur nommé Le Promeneur, avec une très érudite présentation de Paul Aizpurua.Elles sont brèves, un peu énigmatiques.Elles montrent l’estime, voire l’admiration que se vouaient l’un à l’autre le pauvre apôtre itinérant et l’intellectuel prestigieux, conseiller de l’empereur romain.Pour Paul, Sénèque est un «maître très respecté»; Sénèque voit en l’apôtre «le sommet et la cime de toutes les sommités», ce qui n’est pas tout à fait rien.Ce dernier lancera au philosophe une invitation à la conversion, qui ne sera pas entendue.Le plus curieux, dans cet échange de courtes lettres, c’est sans doute la question littéraire.On doutait fortement, dans les cercles intellectuels de l’empire, qu’un grand message spirituel (comme celui du christianisme) pût détenir la vérité sans l’exprimer dans un style de très grande qualité.Dans la lettre VII, Sénèque adresse quelques reproches sur ce sujet à son correspondant: «Aussi souhaiterais-je, écrit-il, que, quand tu exprimes des idées admirables, le travail du style ne fasse pas défaut à la grandeur du sujet.» Il défendra quand même 1,’ami Paul auprès de l’empereur, qui ne trouve pas les Épîtres assez bien écrites: «Je lui répondis que les dieux s’exprimaient généralement parla bouche des simples, et non de ceux que leur éducation a mis en mesure de distordre la vérité.» Réponse admirable, mais fausse.Comme l'ensemble de cette correspondance, qui est un des faux les plus célèbres de l’histoire chrétienne.Il a été fabriqué au quatrième siècle, et n’a été déclaré tel qu’au quinzième; saint Jérôme et saint Augustin s’y sont référés.On ne s’en faisait pas, à cette époque, pour des histoires de faux; c'était l’intention qui comptait, et de toute évidence l’auteur voulait suggérer l’idée d’une possible rencontre au sommet entre la grande pensée romaine et la nouvelle doctrine chrétienne.Ces lettres nous parlent également d’une autre rencontre espérée, exigée, entre l’esthétique et le religieux.Il y en aura: les noms de Jérôme et d’Augustin, cités plus haut, en témoignent, et l’histoire sera longue d’un art et d’une pensée profondément imprégnés par le christianisme.Qu’en est-il aujourd’hui?La perspective de Jacob Taubes est tout autre, comme le dit bien le titre de son livre, La Théologie politique Portrait d’un jeune garçon, peut-être le jeune Néron, vers 40-50 ap.J.-C.Sïs- 3c ^ iwgig ff* ** V!v 1 t>T ü 4i SOURCE: CONGRES JUIF CANADIEN, ARCHIVES NATIONALES * m m m JACQUES GRENIER LE DEVOIR Us posent depuis des siècles leur regard sur les arbres du mont Royal ou marchent le long des murs gris du boulevard Saint-Laurent.Pendant longtemps, ils n’ont pas parlé notre langue et nous n’avons pas compris la leur.L’historien et anthropologue Pierre Anctil parle même, dans leur cas, d’une • «troisième solitude» québécoise.Des années et bien des dévelop* pements après leur arrivée au Québec, les juifs québécois tentent un rapprochement avec la majorité francophone du Québec.À Montréal, un événement culturel d’envergure, la Quinzai- f ne sépharade (une trentainei| d’activités dans les domaines de la musique, des arts visuels, de la littérature) et trois ouvrages récemment parus aux éditions du Septentrion en rendent compte à leur manière.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Ils portent leur douleur et nous portons la nôtre.Nos deux communautés sont, chacune de son côté, occupées à panser leurs plaies.C’est ainsi que Pierre Anctil, spécialiste de la communauté juive québécoise, explique la distance qui s’est installée entre les juifs et la majorité francophone du Québec.«Il y a une parenté d’émotion» entre la communauté juive et la majorité francophone du Québec, dit-il pourtant.N’a-t-il pas lui-même traduit Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay en yiddish, au très grand plaisir de la communauté juive de Montréal?«Les Belles-Sœurs en yiddish, les juijs en parlent encore [.].Cela a eu un gros impact», constate-t-il.Dans La grosse femme d’à côté est enceinte, Michel Tremblay raconte par ailleurs les rapports commerciaux instaurés entre juifs et les mères de famille francophones du Plateau Mont-Royal.«[.] toutes, sans exception, elles devaient de l’argent aux juifs de la rue Saint-Laurent, surtout aux marchands de meubles et de vêtements, et le long chemin qui séparait la rue Mont-Royal de la rue Sainte-Catherine était pour elles très délicat à parcourir.“Si Sam (Katz) peut pas me voir.Chus-t’en retard de deux mois dans mes payements”», écrit Tremblay, relatant un voyage en tramway, boulevard Saint-Laurent.Paradoxalement, cette parenté d’émotion, faite d’un sentiment d’isolement et de vulnérabilité, rend les rapports entre les communautés plus difficiles encore puisque les minorités tendent naturellement à se mettre en relation avec la majorité dominante, celle-ci ayant été, au moins jusqu’à la Révolution tranquille, formée des Anglo-Canadiens.VOIR PAGE D 2: SOLITUDE VOIR PAGE D 2: PAUL La revue fête ses vingt ans cette année.Profitez-en pour vous abonner ! Dossiers à venir : « Les cultures de la psychanalyse » (n° 173, juillet-août 2000) « Poètes de P Amérique francophone » (n° 174, septembre-octobre 2000) « Mort, le féminisme ?» (n° 175, novembre-décembre 2000) sans frais : 1-8000-363-1310 • expsmag@expressmag.com «f f fr ARTS O LETTRES O SPECTACLES O SCIENCES HUMAINES Dossier «Cliniciens ès lettres» n° 172 (mai-juin 2000) Abonnement : (314) 353-3333 CIKHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR L K I) K V O I K .L E S S A M EDI 27 ET DI M A X < Il E 2 K M A I 2 0 0 0 D 2 PAUL Læ témérité est parfois récompensée SUITE DE LA PAGE D 1 de Paul (collection «Traces écrites», Seuil).Je suis tombé sur ce livre par hasard, appâté par le titre, ne sachant pas du tout ce qui m’attendait.Je croyais lire un traité en bonne et due forme; ce n’étaient que des notes de conférences, présentées comme telles dans un grand cahier, avec des espaces réservés aux notes des étudiants.J’ignorais tout, aussi bien, de ce Jacob Taubes, sauf qu’il avait été titulaire de la chaire d’herméneutique, d’histoire et de philosophie du judaïsme à l’université de Berlin, et qu’il était mort une dizaine d’années avant la parution de ce cahier.Déconcerté par l’aspect de la chose, j’ai tout de même commencé à lire, et je me suis à peine arrêté jusqu’à la fin, entraîné par un travail de pensée absolument fascinant D y a la thèse.Jacob Taubes lit YÉ-pître aux Romains comme un juif lisant un juif: «Paul, dit-il, se conçoit comme quelqu’un qui surenchérit sur Moïse», et son épître constitue une déclaration de guerre au pouvoir romain, à la loi romaine, au nom d’un Israël «transfiguré» qui proclame l’égalité de tous les hommes.C’est là, poursuit-il, «un acte absolument révolutionnaire», qui change la face du monde et auquel devront se mesurer les plus grands esprits de la modernité, de Nietzsche à Benjamin, d’Ador-no à Freud.Ils n’ont pas pu faire l’économie, pour ainsi dire, de la pensée de saint Paul; ils ont dû passer par lui, s’expliquer avec lui.Jacob Taubes entre dans ces débats avec une immense érudition, une pugnacité, un plaisir de la discussion que la forme improvisée du discours rend extrêmement vivants.On me permettra de ne pas entrer dans les détails.Je m’y perdrais, comme je me suis assez souvent perdu en cours de lecture.Mais j’ai toujours pensé que les vrais livres, les livres vraiment utiles, sont ceux dont on ne comprend qu’une petite partie.Il y a la thèse, donc, riche, souvent étonnante.Mais il y a aussi, comme je viens de le suggérer, et c’est un des attraits majeurs du livre, le mouvement, la liberté du langage.Jacob Taubes se dit, en se moquant un peu de lui-même, «occasionnaliste», c’est-à-dire porté à la digression, à toutes sortes de digressions.Il mêle les souvenirs personnels aux analyses les plus subtiles, le langage familier au langage savant, les boutades aux affirmations fortes; il ferraille avec Hegel, Freud, Nietzsche, comme s’ils étaient là, devant lui, devant nous.Panni les souvenirs, les plus émouvants sont ceux qui touchent son vieil ami Carl Schmitt, le grand juriste allemand compromis dans l’antisémitisme nazi, et avec qui Taubes ne renouera qu'à la toute fin, dans une conversation qu’il dit n’avoir pas le droit de dévoiler.«Non pas que je sois un prêtre, dit-il, mais il y a des choses qu'il convient de traiter comme si on en était un.» C’est dire qu’il y a des événements dans ce livre, des événements de vie autant que des événements de pensée.Et peut-être même n’est-on pas autorisé à distinguer les premiers des seconds.C’est ce qui fait les livres vrais.«Il faut tout de même, dit Jacob Taubes au sujet de YEpître aux Romains, avoir un certain culot pour s’approcher de ce texte.» Il ne m’en a pas fallu moins pour m’approcher de La Théologie politique de Paul.La témérité est parfois récompensée.Les vrais livres sont ceux dont on ne comprend qu’une petite partie GRC Rc \i ir»f- /Ur'lz.snaud-Bray — — igarnFàu—— PALMARÈS du 17 au 23 mai 2000 > i ESSAI Q.I Le mystère Villeneuve 3 J.Beaunoyer Qo'Amérique *2 POLAR Le testament 2 John Grisham R.Laffont 3 NUTRmON Quatre groupes sanguins, quatre régimes 33 P.J.D'Adamo du Roseau 4 ROMAN Et si c'était vrai.18 Marc Lévy R.Laffont 5 ROMAN 1 A.Baricco Albin Michel 6 SPIRITU.L’art du bonheur * 64 Dalaï-Lama R.Laffont 7 SEXUALITÉ Le pénis illustré v 9 Joseph Cohen Kônemann 8 BIOGRAPH.1 Consuelo de Saint-Exupéry Plon 9 PSYCHO.À chacun sa mission 27 Monbourquette Novalis 10 SANTÉ Le corps heureux 7 T.Cadrln-Petit L’Homme 11 JEUNESSE Le dinosaure 3 Walt Disney Phidal 12 HORREUR La petite fille qui aimait Tom Gordon 4 Stephen King Albin Michel 13 PSYCHO.La guérison du cœur 17 Guy Corneau L'Homme 14 FICTION L'empire des anges 4 Bernard Wether Albin Michel 15 JEUNESSE Harry Potter : coffret 3 vol.23 J.- K.Rowling Gallimard 16 ROMAN Véronika décide de mourir 7 Paulo Coelho Anne Carrière 17 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DO) * 38 Henriette Major Fides 18 ROMAN Balzac et la petite tailleuse chinoise * 15 Dai Sijie Gallimard 19 ROMAN 1 Amin Maalouf Grasset 20 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 * 161 Neale D.Walsch Ariane 21 PSYCHO.Le vrai visage de la réussite 29 Claude Sarrazin du Méridien 22 POLAR Cadavre X 5 P.Cornwell Caenarvtévy 23 BIOGRAPH.C'est comment l'Amérique?7 Frank McCourt Belfond 24 ROMAN Le bonheur en Provence 7 Peter Mayle Nil 25 ROMAN Vers chez les blancs 3 Philippe Djian Gallimard 26 HISTOIRE 100 ans d'actualités - La Presse 24 Collectif La Presse 27 BIOGRAPH.La prisonnière 57 Oufldr & Roussi Grasset 28 SPIRITU.Le grand livre du Feng Shui 31 GUI Haie Manise 29 B.D.Les tuniques bleues n* 43 - Des bleus et du blues 4 Lambil & Cauvin Dupuis 30 ROMAN Q.L'autruche céleste 14 lléana Doclin Flammarion O.31 B.D.Album Spirou n’ 253 4 Tome & Janry Dupuis 32 HORREUR Hannibal * 18 Thomas Harris Albin Michel 33 B.D.Lucky Luke n' 39 • Le prophète 6 Monte^Noidmem Ludry Carries 34 ROMAN Mon cœur, tu penses à quoi?10 Nicole de Buron Plon 35 ESSAI Q.Marcel Tessier raconte.9 Marcel Tessier L'Homme 36 PSYCHO.La synergologie ou le corps dans tous ses états 9 Philippe Turchet T.F.Com éd.37 PSYCHO.Grandir : aimer, perdre et grandir 322 Monbourquette Novalis i® ROMAN Un parfum de cèdre * 36 Æ-M.Macdonald FtammarionQ.39 B.D.Garfield n* 30 - Dur de la feuille 6 Jim Davis Dargaud 40 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires * 289 Daniel Pinard Boréal Livres -format ooche 1 ROMAN Geisha * 3 Arthur Golden (Jure de poche 2 ROMAN L'alchimiste 220 Paulo Coelho J'ai lu 3 PSYCHO.Le harcèlement moral 14 M.-F.Hlrigoyen Pocket 4 ESSAI Q.La simplicité volontaire 59 Serge Mongeau ÉcotocMté 5 ROMAN Q .La petite fille qui aimait trop les allumettes v 17 Gaétan Soucy Boréal compact 9 : Coups de coeur RB WÊIÊÊËÈ^M : ^*r^ semaine sur notre liste ^ nombre DK semaines DEPUIS LEUR PARUTION Livres SOLITUDE Dans une institution comme Vuniversité McGill, les juifs tombaient également sous le coup de quotas, McGill ayant refusé jusqu'en 1960 d'accepter plus de 10 % d'étudiants juifs dans ses classes SUITE DE LA PAGE D 1 Depuis quelque temps cependant, des efforts ont été consentis pour démêler l’écheveau des relations économiques et politiques qui ont lié le peuple juif à l’histoire de Montréal.Du côté francophone, c’est une première dans l’histoire du Québec, commente Anctil.Assister aux différents événements prévus dans le cadre de la Quinzaine sépharade, qui aura lieu du 11 au 27 juin au Campus communautaire juif de Montréal, est ainsi une façon parmi d’autres de s’initier au monde juif québécois.Un antisémitisme francophone et anglophone Les actes d’un colloque publiés récemment aux éditions du Septentrion sous le titre Juifs et Canadiens français dans la société québécoise jettent également un éclairage sur ce pan de l’histoire.On y examine entre autres l’antisémitisme, francophone et anglophone, vécu différemment dans chacun des camps, qui a eu cours à Montréal jusqu’à la Révolution tranquille.Appartenant à un peuple que l’histoire a fait nomade, persécuté depuis des siècles, les immigrants juifs qui fuyaient les pogroms d’Europe centrale et d’Europe de l’Est vers Montréal, au début du siècle, n’étaient pas au bout de leurs peines.Chez les francophones québécois, cet antisémitisme a pris notamment la forme d’une loi excluant les juifs des écoles catholiques francophones.Cette loi, qui n’a jamais été contestée par le clergé catholique omnipotent, renvoyait en quelque sorte les juifs aux écoles anglophones.Mais chez les anglophones, dans une institution comme l’université McGill, les juifs tombaient également sous le coup de quotas, McGill ayant refusé jusqu’en 1960 d’accepter plus de 10 % d’étudiants juifs dans ses classes.«Des Goldbloom à The Gazette et des Shapiro à McGill, [.] c’est très récent», soutient Anctil en entrevue.Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres.Et ce sont ces conditions, s’ajoutant à la dualité politique québécoise, qui ont forcé les juifs à se replier, notamment dans des écoles confessionnelles juives privées (elles abritent encore aujourd’hui la moitié des élèves juifs de Montréal), ou encore à créer un hôpital juif, lequel pouvait assurer à ses patients un traitement casher tout en étant le seul à embaucher naturellement des médecins juifs.«Les immigrants récents, de plus, trouvaient difficilement des soins médicaux, surtout s’ils ne connaissaient pas encore la langue anglaise, et à plus forte raison les juifs qui refusaient de consommer des plats non cashers.De plus, les médecins juifs n’avaient pas facilement l’occasion de décrocher un poste dans les établissements dirigés par des non-juifs», écrit, dans son autobiographie, Hirsch Wolofsky, fondateur en 1907, à Montréal, du premier journal yiddish d’envergure au Canada, le quotidien Keneder Odler.Cette autobiographie, Mayn Lebns Rayze - Un demi-siècle de vie yiddish à Montréal, vient d’être traduite du yiddish par Pierre Anctil aux éditions du Septentrion.Poésie à la gloire de Montreal Un chapitre de Juifs et Canadiens français dans la société québécoise marque aussi la présence de Montréal dans la littérature yiddish, une littérature qui n’a été que rarement traduite en français.Le poème Montréal, de Noach-Isaac Gotlib, poète sioniste de gauche né en Lituanie en 1903, évoque les impressions montréalaises du poète, de son arrivée en 1930 à sa mort en 1968.On y lit les vers suivants: «Et de la ville elle-même je suis tombé encore plus amoureux / de chaque parc, de chaque carré et de chaque SYLPHIDE Denyse R.Legault Conte poétique ë/A m o CN O) g a o 00 €'W) DENYSE R.LEGAULT SYLPHIDE Entre le conte fantasmatique et la prose poétique, l'auteure nous entraîne dans une merveilleuse aventure du langage.CARTE BLANCHE DISTRIBUTION FIDES Humamtaô Les Éditions Humanitas félicitent Axel Maugey qui vient d'être nommé Chevalier dans l'Ordre de la légion d'Honneur par le gouvernement de la République française.Le dernier livre du professeur Axel Maugey publié chez Humanitas s'intitule Gaston Miron : une passion québécoise.(Essai, 128 pages, 21,00 $) 990 Picard, Ville de Brassard, Québec, Canada |4W 1S5 Téléphone/Télécopieur: (450) 466-9737 humanitas@cyberglobe.net 1PF’ , 1° MA, ^ /V Çr-nvAL De la UTTEfsATUfcE MÜMDiALE Texte de Louis Arag Lecture par Jean-Louis Trintignant Musique composée et interprétée par Daniel Mille Mise en scène de Antoine Bourseiller SUPPLEMENTAIRE A MONTREAL Dimanche 28 mai à 20 h 30 au Club Soda, 1225, boulevard Saint-Laurent Billets : (514) 286-1010 (514) 790-1111 LJNEO S?l'm «•maa* ««•*••••• m U ¦ r-tum.-/ OftOUPB-1 asasHWrfse LE DEVOIR UON D'OK -¦ CiftARP *OuCn*»D Jl'ILS ET CANADil NS ERANÇAIS DANS I A st)( IlMï QUÉBÉCOISE rue», écrit-il.Et plus loin: «Des immigrants de toute provenance, de plus en plus / J'habite maintenant entouré d’eux, dans une rue turbulente et sonore / J’entends des langues étranges, je rencontre des coups d’œil — plein de haine.» Et enfin, autour de 1968, «Montréal pleine de circulation, intense, belle et superbement prospère /A ton ascension de plus en plus marquée, le juif a pris part».Recueil des communications qui ont marqué un colloque tenu en mars 1999 sous le thème «Les relations judéo-québécoises, identités et perceptions mutuelles», l’ouvrage retrace aussi l’établissement d’une communauté au départ ouvrière qui s’est implantée dans le domaine du textile et qui avait rapporté d’une Europe de l’Est en pleine révolution des idées de gauche, des idées, à vrai dire, socialistes.Un chapitre établit la participation notoire des juifs aux mouvements ouvriers et syndicaux.Ce n’est que bien plus tard, et somme toute assez récemment, que certaines familles juives ont fait fortune à Montréal, ce qui justifie d’autant leur attachement à cette ville.«Ils ont profité du mouvement de la société québécoise, ils ont contribué au mouvement de la société québécoise et ils en ont tiré parti, ils ont enrichi notre société en s’enrichissant», dit Pierre Anctil, rapportant que la communauté juive a déménagé dans l’ouest de l’île et s’est anglicisée après la guerre.«Leur communauté est le produit de la société québécoise et non le contraire.» Le yiddish n’était-il pas la troisième langue parlée au Québec jusqu’en 1948?Une communauté tissée serré Durant toutes ces années, la dualité entre francophones et anglophones, et entre catholiques et protestants, inscrite jusque dans la Constitution canadienne, a incité la communauté juive de Montréal à se refermer sur elle-même.Dans toute l’Amérique du Nord, Montréal est l’une des villes, semble-t-il, où les juifs se marient le plus entre eux et où les organisations communautaires juives sont les plus dynamiques.Et rappelons qu’au cours du siècle, la communauté juive mondiale a traversé des événements fondamentaux qui l’ont marquée; mentionnons simplerpent l’Holocauste et la création de l’Etat d’Israël.«Cela faisait 3000 ans qu’il n y avait pas eu d’État juif et il n’y avait jamais eu de persécution de l’ampleur de l'Holocauste», note Pierre Anctil.Récemment, le Québec a connu une immigration importante de juifs sépharades, parlant majoritairement français et originaires de l’Afrique du Nord.Et le Québec lui-même, depuis les années 60, s'est affirmé sur le$ plans politique et économique.Cha: cune de leur côté, les communautés ont repris des forces.Elles doivent aujourd’hui se rencontrer.Au sujet des rapports entre la communautç juive et la majorité francophone québécoise, Pierre Anctil les définit désormais en ces termes: «Voici deux communautés qui ont à vivre ensemble.On peut dire ce qu’on veut sur l’indépendance et le départ des juifs, il y aura toujours une communauté juive à Montréal.Quoi qu’il arrive [.].L’histoire montréalaise est marquante de leur identité.Et partir de Montréal, c’est abandonner une identité.» JUIFS ET CANADIENS • FRANÇAIS DANS LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE Sous la direction de Pierre Anctil, Ira Robinson et Gérard Bouchard Actes d’un colloque tenu en mars 1999 Le Septentrion Québec, 2000,200 pages MAYN LEBNS RAYZE Un demi-siècle de vie yiddish à Montréal - 1946 Hirsch Wolofsky Traduit du yiddish par Pierre Anctil Le Septentrion Québec, 2000,394 pages La Quinzaine sépharade, du 11 au 27 juin au Campus communautaire juif de Montréal.Renseignements: (514) 735-5565 Aussi: vient de paraître au Septentrion une monographie de Guy W.-Richard, Le Cimetière juif de Québec - Betk Israël Ohev Sholom.TROIS FÊTE SES 15 ANS LH US '-AM.ViaALES V,»-i A\eOLi(X;£S DEUILS CANNIBALES ET MÉLANCOLIQUES Catherine Mavrikakis roman Il faut lire Deuils cannibales et mélancoliques, de Catherine Mavrikakis qui vient de paraître aux éditions TROIS.Aucun livre publié à Montréal ne m'a autant [séduit que celui-là depuis l'époque d'Aquin l'Ancien, celui qui se tira une balle dans la tête dans les jardins de Villa-Maria en 1977.Robert Lévesque, Ici T?20°PÔgSî7àÿ^ En vente chez votre libraire De ITme à Eautre, le fil de l’histoire Récits de vie de femmes syndiquées l'autre l'histoire Propos recueillis par Sylvie Roche Le parloir Une page d’histoire sur l’évolution de la société québécoise racontée par dix femmes provenant de milieux économiques différents et œuvrant dans des domaines variés (travailleuse d’usine, secrétaire, technologiste de laboratoire, enseignante, infirmière, etc.).à i/n n Des récits de Carolle Breton, Gisèle Henri Désiré, Nathalie Fillion, Brigitte Lachance, Nicole Mallette, Annie Paulhus, Ginette Provençal, Patricia Romano.Thérèse Éva T.et Colette Trudcl.Chez voire libraire L’Intersyndicale des femmes et les éditions du remue-ménage « V 'i 4 y LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 E T l> I M A X ( HE 28 M A I 2 0 0 0 IVRES ROMAN QUÉBÉCOIS Uair raréfié des cimes Poètes sous le chapiteau Un premier marché de la poésie à Montréal LE CAVALIER POLONAIS Gilbert Choquette L’Hexagone Montréal, 2000,358 pages Il y a dans l’œuvre de Gilbert Choquette, depuis les tout débuts, une esthétique et une éthique résolument affirmées, altières, portées par des personnages qui refusent le monde tel qu’il est Ils sont incapables de s’accommoder de la réalité qui, même parée de ses plus beaux atours, ne leur sera jamais qu’un amas de phénomènes méprisables.Même s’ils ont réussi, ils se heurtent à cette vérité qui a chez Choquette force d’axiome: la vraie vie, le gens profond de l’existence èt donc le sentiment d’un accomplissement sont ailleurs que dans la reconnaissance sociale, le confort matériel ou moral.Chacun d’eux — ce sont pour la plupart des hommes — se demande à quoi peut leur servir de conquérir le monde s’ils viennent à perdre leur âme, ce principe vital, ce lieu spirituel — pas forcément religieux —, la part la plus noble qui fait tendre vers un idéal, où se trouve la vérité profonde de chacun.Rémy Desnoyer§ a-t-il négligé son âme?A cinquante-sept ans, il a l’impression que sa vie a été «un ratage sur toute la ligne, romancier minable, père médiocre, mari glacé, professeur anémique et payé en conséquence».Il enseigne la littérature à l’université depuis un quart de siècle, mais toujours comme simple chargé de cours.Son mariage tient surtout par la force de l’habitude; sa femme, Florence, gagne mieux sa vie que lui et, mortification supplémentaire, travaille dans une agence de publicité.Ses enfants, un garçon et deux filles, même s’ils grandissent bien, lui paraissent «insignifiants».Lorsque, écrit-il, il les considère «tous ensemble, la mère et les trois enfants, ils m’indiffèrent tellement!» Et surtout, Desnoyers, qui s’est voulu romancier depuis l’âge de vingt ans, n’a jamais écrit que des livres qui ne se vendent pas et dont on ne fait même pas mention dans les médias.Dans son journal intime — c’est ainsi que se présente le roman —, il revient à plusieurs reprises sur chacun de ses ratages comme pour bien s’en assurer et distribue assez équitablement les blâmes entre son entourage et lui-même.On ne sent pas tant de délectation morbide dans ce procès sans cesse repris puis ajourné qu'un besoin de se dépouiller du vieil homme, une volonté de se rendre disponible à un idéal qu’il a trop longtemps trahi.C’est en entamant un cahier tout neuf de son journal, au début de 1997, qu’il a l’intuition subite d’un changement radical à opérer dans sa vie, qui se manifestera par une nouvelle manière d’écrire.Après son dernier roman, Im Chair vive, qui était une sorte de règlement de comptes avec son passé, il décide de se mettre tout entier dans son œuvre, sans restrictions ni scrupules.Son journal intime sera désormais le roman de sa vie, un «testament-journal», sa «dernière illusion Robert Chartrand Deux des personnages féminins sont des êtres exceptionnels, déchus ou lumineux, épris d’absolu et de transcendance romanesque» où il pratiquera l’auto-fiction, non pas pour sacrifier à la mode littéraire actuelle, mais pour atteindre sa propre «prose de vérité», où il va entremêler, au point de ne pas s’y retrouver lui-même, son quotidien actuel, des souvenirs et des fictions intimes.Ce sera son dernier livre et à la fois son premier geste d’homme libre, de créateur détaché de tout lien affectif qui se consacre totalement à son œuvre.De janvier à juin de cette année 1997, et pendant que sa vie continue de se défaire inexorablement — sa femme est atteinte d’une maladie incurable; la titularisation qu'il réclame auprès du doyen de la faculté des lettres va lui être refusée —, il note ses impressions.Et par un hasard providentiel — ou romanesque?—, il va faire la connaissance de deux femmes qui l’empêcheront de s’enfermer dans le res-sassement de sa vie ratée: une jeune artiste peintre, Yvée Marcueil, amie de sa propre fille Brigitte, et une Française quadragénaire, Claudie Jeanlin, avec qui il va échanger de longues lettres après avoir répondu à la petite annonce quelle avait fait paraître dans Le Nouvel Observateur.Ces deux personnages sont des anges, comme il y en a dans plusieurs des romans de Choquette, c’est-à-dire des êtres exceptionnels, déchus ou lumineux, épris d’absolu et de transcendance, qui vont permettre à Rémy Desnoyers d’atteindre sa vérité d’homme et d’écrivain.L*f je* du V**OK»VIn«r CWE1**-: Albert Cholette Le fer du Nouveau-Québec et la saga de la sidérurgie vm.434 page* La faillite d’un rêve 28 $ Téléphone : (418) 656-7381 Télécopieur : (418) 656-3305 Dominique.Gingras@pul.ulaval.ca http://www.ulaval.ca/pul Gilbert Choquette ¦ •-•i :, Jt 4' < -y-.* % Le Cavalier polonais Hors du commun Passé le premier éblouissement de la rencontre avec ces femmes qui vivent dans le monde mais non selon lui, Desnoyers se sent irrésistiblement attiré vers elles.Il y a entre elles et lui une telle connivence spirituelle, une intimité qui paraît si complète qu’il ne peut s’agir que d’amour.Se pose alors la délicate question de «l’appel de la chair», puisque nous ne sommes pas chez de purs esprits.La différence d’âge entre la jeune Yvée et Desnoyers lui sera d’un certain secours: l’homme se contentera d’être un père pour elle.N’est-elle pas la fille idéale qu’il aurait aimé avoir?Avec Clau-die/Laure, en revanche, les choses seront beaucoup plus complexes.Comment ces deux adultes, libres de toutes attaches, pourraient-ils «incarner» leur amour sans cependant le banaliser dans la sexualité?Il y aura entre Desnoyers et cette femme un long débat ponctué d’épanchements et de retenue, de gestes délicatement sensuels, et surtout de longues tirades dont l’ensemble ressemblerait à un traité, sous forme dia-loguée, de quelque amour parfait, courtois peut-être.Pour accompagner les personnages dans leur renoncement, le lecteur, lui, devra mettre en veilleuse la plupart de ses repères familiers.Sinon, cet homme et cette femme ne lui apparaîtront que comme des puritains, ou au mieux des ascètes égarés à notre époque.Et il y a ce même souci du détachement, cette même hauteur de vue dans les références culturelles des personnages.On ne cite ou on ne commente que les grandes œuvres: celles de Pascal et de Corneille — et Suréna encore, plutôt que Phèdre ou Athaliel —, d’Alfred de Vigny, de Rimbaud et, pour les contemporains, Gide, Malraux, Mauriac.En musique, ce sera surtout Haydn.Chez les peintres, à part les toiles «romanesques» d’un ancien étudiant de Desnoyers, mort du sida, et celles dYvée, il sera surtout question du Titien et de Rembrandt Le Cavalier polonais, reproduit sur la couverture du roman, lui a été attribué à tort, mais Desnoyers s’identifie à ce faux, qu’il trouve empreint d’une certaine vérité.La pose même du cavalier, en mouvement et immobile, qui regarde le spectateur comme s’il le voyait lui fait penser à sa propre situation ambivalente, alors qu’il pratique dans son journal le «mentir-vrai» de l’écrivain qui soliloque et interpelle parfois le lecteur, car il sait qu’il sera lu.Ce Rémy Desnoyers n’est pas plus polonais ou cavalier que vous et moi.Et il se peut bien qu’il ait tout inventé de cette vie qu’il nous racon- roman • l’HEXAGOME te.Ce personnage de sa propre histoire est un homme ordinaire, meurtri dans ses espoirs, égaré dans le monde actuel.Là-dessus, son journal, avec toutes ses ambiguïtés, est bien une œuvre moderne dans son intention même.Mais détaché de son époque — il déteste les inventions modernes — et de son continent — il se dit folkloriquement «ké-békois» et s’en veut d’avoir été dans les années 70 un militant nationaliste —, revenu de ses engagements passés, il creuse l’abîme qui le sépare de toutes ses attaches passées et l’emplit de sa prose qui s’étale en longues phrases tortueuses, truffées de tournures précieuses.Roman psycho-métaphysique comme les livres précédents de Gilbert Choquette, Le Cavalier polonais révèle un personnage qui écrit comme on ne le fait plus — mais a-t-on déjà écrit ainsi?—, un idéaliste radical qui a vécu comme il a pu et qui écrit désormais comme il l’entend.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Pour la première fois, Montréal sera le théâtre d’un marché francophone de la poésie.L’événement se déroulera sous un chapiteau érigé sur la place Gérald-Godin, au métro Mont-Royal.Du 1er au 4 juin, on pourra y assister à des conférences prenant pour thème «Langue et poésie en français aujourd’hui», des lectures et des spectacles d’animation, et visiter les stands montés par la vingtaine d’éditeurs de poésie participants.Plusieurs éditeurs qui participeront à cet événement sont déjà pour leur part des habitués du marché Saint-Sulpice de la poésie, qui se déroule tous les ans à Paris, sur le parvis de l’église du même nom, dans Je VL arrondissement.À Paris, l’événement prend la forme d’une sorte de salon du livre de la poésie en plein air.Le rendez-vous est très prisé des amateurs.«Le but de cette organisation est de promouvoir la poésie francophone, québécoise et européenne.Aussi, on y a invité de grands noms de France comme Millet et Maulpoix», dit Julien Durand, responsable des relations publiques de l’événement.En plus de MM.Millet et Maulpoix, la journée de jeudi, consacrée aux conférences-débats, accueillera David Cheramie, poète, essayiste et directeur exécutif du Conseil pour le développement du français en Louisiane, et François Dumont, poète, essayiste et professeur de littérature à TUniversité Laval.L’animateur de cette journée sera Stéphane Despatie, poète, qui dirige une pouvelle collection de poésie aux Editions Trait d’union.Ce soir-là, des spécialistes de la «lyrique médiévale occitane des XW et XIII' siècles» Gérard Zuchetto et Brice Duisit, chanteront et interpréteront la poésie des troubadours, ces poètes-musiciens.Le trobar désigne l’invention et l’école des troubadours, comme le rappelle le programme de l’événement.Des hommages seront également rendus aux défunts poètes Gérald Godin, Gaston Miron et Gilbert Langevin dans la soirée de vendredi, en compagnie notamment de Jean-François Nadeau, Normand Baillargeon, Paul Chamberland et Roland Giguère.Un moment pour faire connaître les poètes, tout simplement Le tout est organisé conjointement par la revue littéraire Exit et le groupe Cobalt art public, qui se donne pour mission de favoriser l’accès à l’art, y compris à la poésie.«C’est un moment pour faire connaître les poètes, tout simplemepf et pour faire connaître les livres», (lit Paul Bélanger, éditeur du Noroît, qui fait partie, avec entre autres Paul-Marie Lapointe, Jacques Brault et François Hébert, du comité de parrainage de l’événement.C’est un moment de diffusion privilégié et le moment de rencontrer des auteurs, ajoute-t-il.Aux Etats-Unis et au Maroc, il commence à y avoir des maisons de la poésie qui sont autant de lieux d’échanges pour ce genre littéraire.La formule du marché francophone de la poésie à Montréal, qui reçoit l’appui des secteurs public et privé, prévoit de rééditers l’événement tous les ans.Selon M.Bélanger, dont la maison d’édition se concentre essentiellement sur la poésie, cette dernière occupe de plus en plus de place dans la vie des gens.«Notre rapport au lectorat semble indiquer une augmentation des lecteurs», dit-il.Le Noroît, qui organise fréquemment des lectures de poésie lors de lancements dans les librairies, y voit régulièrement une affluence de lecteurs.Mais il est vrai qu’en général «les gens sont un peu frileux envers la poésie pour de mauvaises raisons.Ils se demandent comment en parler alors qu’il suffit d’en parler le plus simplement du monde.Im poésie a quelque chose de particulier: c’est que, contrairement au roman, ce n’est pas elle qui va vers les gens mais les gens curieux qui la découvrent.Elle recherche les valeurs intérieures et déplace un peu la question du paraître pour s’articuler autour de l’être dans la diversité des langues de la poésie», dit Paul Bélanger.Quoi qu’il en soit la poésie n’est pas un genre marginal mais un genre premier.«R y aura toujours des lecteurs de poésie», dit Paul Bélanger.En effet, sans être explicite, la poésie «donne la vie en expérience».Au lecteur de savoir la croquer.Et le marché de la poésie, inscrit au cœur de la vOie du Plateau Mont-Royal, cherche tout simplement à rendre le genre plus visible.On se renseigne au (514) 526-6251.LA GARDE PARTAGEE : L’EQUITÉ EN QUESTION DENYSE CÔTÉ Les Presses de l'Université Laval Les Éditions de l'IQRC .;.—.b««m« tm ; si • - • •¦i La garde partagée est-elle vraiment un modèle idéal ?En examinant comment les pères et les mères se répartissent dans les faits la res ponsabilité des soins donnés aux enfants, Denyse Côté démontre que ce modèle ne peut être imposé à toutes les familles 202 p.' 19.95$ Chez votre libraire les editions du remue-ménage 110, rue Sainte-Thérèse, bur.501, Montréal (Québec) H2Y 1E6 tél.(514) 876-0097 • téléc.(514) 876-7951 / LIBER Dans la nouvelle «bibliothèque» Liber: L’infigurable première en érique du Nord î cet ouvrage dédié à tous les peintres qui ne sont plus là pour se défendre, l'auteur analyse et dénonce le faux en peinture.Ce délit méconnu est comparable au faux monnayage, sauf qu'il détruit la mémoire de l'humanité.Sous la direction de Alexis Nouss Simon Harel Michaël La Chance LES FAUX en PEINTURE Sous la direction de Alexis Nouss Simon Harel Michaël La Chance n»H»ppe BroMiwon Collaborateurs David Albahari Ellen Corin Simon Harel Michaël La Chance Catherine Mavrikakis Alain Médam Gabriel Louis Moyal Peter Nadàs Alexis Nouss Pierre Ouellet Denis Pellerin Régine Robin L.Somlôsi Ariane Thézé venez rencontrer PHILIPPE BENSIMON Samedi 3 juin de 13hà 15h LIBRAIRIE GUÉRIN 4560, rue Saint-Denis (au nord de Mont-Royal) bibliothèque liber illustré, 206 pages, 28 dollars CURSUS U niversit aire LE DEVOIR.LES SA M E I) I E T I) I M A N < HE 2 S M A I 2 0 0 O I) 4 Livres ECONOMIE ESSAIS QUÉBÉCOIS Contre Keynes, le libéralisme LA GRANDE BATAILLE Les marchés à l’assaut du pouvoir Daniel Yergin, Joseph Stanislaw Editions Odile Jacob Paris, 2000,592 pages LE MONDE ENCHAÎNÉ Perspectives sur l’AMI ET LE CAPITALISME GLOBALISÉ Collectif sous la direction de Michel Freitag et Eric Pineault Editions Nota bene Québec, 1999,332 pages FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR En 1945, dans la foulée de la Dépression et des affres de la Deuxième Guerre mondiale, l’économie de marché est discréditée.Le libéralisme classique, communément appelé néolibéralisme, est considéré comme un paria, surtout en Europe.Le mot socialisme est sur toutes les lèvres.La construction de l’État-provi-dence s’amorce dans tous les pays occidentaux.Et les idées de l’économiste britannique John Maynard Keynes soqt à leur zénith.A l’époque, les économistes néolibéraux, comme l’Autrichien Friedrich von Hayek, auteur de La Route de la servitude, apparaissent au mieux comme des hurluberlus que personne n’écoute ou presque.Mais la situation a bien changé depuis.Les idées néolibérales tiennent aujourd'hui le haut du pavé tandis que les idées keynésiennes sont ridiculisées, considérées par beaucoup d’éco- nomistes comme étant dépassées, poussiéreuses et archaïques.Comment expliquer ce renversement de la dominance idéologique en quelques décennies seulement'’ La réponse n’est pas simple.Pourtant, Daniel Yergin et Joseph Stanislaw y répondent avec brio dans La Grande Bataille, un ouvrage qui se lit comme un roman, s’appuyant sur une riche bibliographie ainsi que sur des entretiens effectués avpc des économistes et des chefs d’Etat ou de gouvernement.Pour l’essentiel, la réaction ou la contre-attaque néolibérale s’est articulée autour de deux Prix Nobel d’économie, Friedrich von Hayek et l’Américain Milton Friedman, auteur de Capitalisme et liberté.Les deux hommes ont eu, et ont encore, une influence considérable auprès des gens d’affaires, économistes, politiques et intellectuels.Le Royaume-Uni a été le premier pays à mettre en application les idées néolibérales, surtout dans les années 80.Et l’architecte de la «révolution conservatrice», dont les principes furent mis en application mais non sans difficulté par la première ministre Margaret'Lhatcher, est Keith Joseph.Après avoir été le mentor de Mme Thatcher, Joseph allait devenir son «ministre de la Pensée».Son ambition: rien de moins que de mettre fin au système d’économie mixte britannique, et ce, dans le pays qui avait créé î’État-providence.Son pari était pour le moins audacieux.Mais il a réussi, incitant entre autres les républicains dirigés par Ropald Reagan à lui emboîter le pas aux Etats-Unis.L’ouvrage relate en outre comment l’économie de marché est devenue TROIS FETE SES 15 ANS Hervé de Fontenay SILENCIEUSES EMPREINTES 126 p.-15$ Ces empreintes viennent du silence, d’un silence, celui d’où surgissent finalement les mots oubliés sous les stèles, dans la vase, entre les pierres, là où bat le sang.Danielle Fournier NE ME DIS PLUS JAMAIS QUI JE SUIS 96 p .-15$ Comment l’âme brisée trouve-t-elle réparation ?Quels mots permettent à une lemme dont l’identité a été balouée de se sodir d’un amour morbide ?Comment s'écrit le «je» au féminin ?Si le recueil ne répond pas directement à ces questions, il les effleure et permet de retrouver la joie, le bonheur el l’amour.Christine Richard LES ALGUES SANGUINE 88 p.-13$ Noire histoire épouse celle d’une enfant trouvée.D’autres enfants, soumis à l’impuissance des langages et du monde, se sont dissous à la horde des quidams.2033, avenue Jessop, Laval (Québecl H7S1X3 - Tel.: (450) 663-4023 • Téléc.: (450) 663-1639 - courriel: ea3ama@contact.net tranquillement mais sûrement la norme dans presque toutes les régions du monde.Les chapitres concernant la Chine, les pays d’Amérique latine ainsi que ceux d’Europe de l’Est, dont la Russie, sont particulièrement intéressants.Un livre incontournable pour les amoureux d’histoire économique.Cet AMI qui vous veut du bien Un autre ouvrage a retenu notre attention, qui complète fort bien le sujet traité dans La Grande Bataille.Il s’agit d’un collectif intitulé Le Monde enchaîné, auquel ont collaboré cinq universitaires de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et un de l’Université Laval.Cet essai décortique le défunt et controversé Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), tout en expliquant dans quel contexte est apparu cet accord.Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, l’AMI a été concocté derrière des portes closes à l’OCDE à Paris.Il devait mettre en place une sorte de Charte des droits des multinationales.Le projet d’AMI, qui a été envoyé au tapis lorsque la France s’est retirée des négociations en octobre 1998, est toutefois loin d’être mort.Ses grands principes, dont le traitement national et la clause de la nation la plus favorisée, devraient réapparaître dans de futurs accords de libre-échange ou au sein de négociations multilatérales à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).Le grand mérite de l’ouvrage est de permettre aux lecteurs d’avoir une vue d’ensemble sur toute la problématique de l’AMI.Ce que les médias n’ont pas toujours réussi à faire correctement Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le collectif est très accessible pour ceux qui n’ont pas nécessairement suivi de près les négociations sur l'AMI.* A propos d’Elvis Lamontagne et d’un lac ET SI LE QUEBEC, C’ÉTAIT LA FIERTE?Yves Lamontagne Editions Guy Saint-Jean Laval, 2000,112 pages LES CARNETS DU LAC -LAC SAINT-SÉBASTIEN Traduction d’Hélène Pedneault Editions Lanctôt Montréal, 2000,96 pages P récaution oratoire oblige, le docteur Yves Lamontagne, actuel président du Collège des médecins du Québec, nous prévient «Je ne suis ni politicologue, ni sociologue, ni historien.» Ce qu’il ne dit pas, cependant c’est qu’il est un bien piètre idéologue qui s’ignore.En effet, dans l’habit de l’essayiste qui signe Et si le Québec, c’était la fierté?, le médecin nous sert un ramassis de clichés puissamment réactionnaires digne des pires envolées de notre Gratton provincial.Qu’on en juge.Au sujet de notre récent passé collectif (1950), le penseur improvisé constate notre exploitation économique et culturelle mais ajoute qu’il faut en finir avec la victimisation et «agir».Trop longtemps dépendants de la religion, nous serions ensuite passés à une dépendance envers «l’État père Noël» qui dure encore.Pour briser ce cercle vicieux, nos leaders devraient s’inspirer de.Mike Harris et renouer avec «le leadership» et «l’entrepreneurship».Beau projet de société.Louis Cor nellier La référence statistique en nouvelles technologiesèt organisations! Le commerce électronique 198 pages 22,50 $ La sécurité et la protection de l’information 102 pages 19.95 $ L’informatisation des entreprises 186 pages 22,50$ INFO ETRE COLLECTION LE COMM IQ votre lien avec l'avenir ISABELLE QUENTIN EDITEUR Diffusion Somabec (450)467-8565 1 800 361-8118 http://iqe.qc.ca Fort de ses compétences en psychiatrie clinique, Lamontagne se permet ensuite de jouer au psychologue sauvage afin de, tracer notre portrait collectif actuel.A ce stade, aucun poncif ne nous sera épargné: atteints d’un syndrome nous incitant «à nous déchirer entre nous» (vas-y, mon Bob!), nous cultiverions aussi «un besoin maladif de nivellement par le bas» et une «dépendance quasi maladive envers les figures d’autorité» (René Lévesque est donné en exemple!).Les coupables?Les syndicats, bien sûr, et leurs conventions collectives bétonnées.Lamontagne a lu ses classiques en la matière: Alain Dubuc, Claude Beau-champ, Charles Sirois, Jean-Luc Mi-gué et Réjean Breton, tous antisyndicalistes notoires et partisans du néolibéralisme, sont ici cités à titre d’arguments d’autorité.Faut-il se surprendre, ensuite, d’entendre Lamontagne dénoncer la bureaucratie, la surtaxation, surtout celle des pauvres riches, la «raideur idéologique» de ses ennemis, et se livrer à une apologie de l’entreprise privée?Franchement pathétique, la vision du monde mise en avant par le médecin ne brille pas par son progressisme.Inspiré par quelques ouvrages creux de management, appuyé sur la parole de «quelques hommes d’affaires», Lamontagne entonne le credo du capitaliste gnangnan: il faut cesser «de w voir petit» (think big, stie!), de valoriser la médiocrité; soyons positifs, comme ces jeunes Beaucerons qui «admirent les chefs d’entreprise qui réussissent et cherchent à les imiter au lieu de les critiquer», et tournons-nous vers les nouveaux leaders qui sont «orientés vers l’action [et qui] détestent les activités qui demandent me longue réflexion».Au ras des pâquerettes, comme on dit Digne d’une conférence de Chambre de commerce, le discours, au surplus, multiplie les contradictions.Par exemple, il se désole d’un exode des cerveaux (un épouvantail idéologique, selon une étude récente) formés dans nos écoles, «des gens extrêmement qualifiés», mais il reprend plus loin le refrain au sujet de la médiocrité de nptre système scolaire.Il souhaite un Etat «metteur en scène» et non interventionniste et il appelle cela de la social-démocratie.Pas fort.Dangereux, même, pour quelqu’un qui appelle de tous ses vœux le licenciement des incompétents.Cités ici en contre-emploi et hors contexte, l’économiste Richard Langlois et Fernand Dumont, qui aurait assurément vomi un tel discours de parvenu, méritaient mieux qu’une place dans ce navet idéologique.«Il faudra encore malheureusement se serrer la ceinture» pour, on l’aura deviné, le «bonheur de nos enfants», conclut notre maître ès pep talk.Que lui et ses semblables le fassent si ça leur chante.Nous avons mieux à faire.Quand un lac réfléchit Ecrivaine nerveuse et passionnée, Hélène Pedneault, dans son dérangeant mais nécessaire Four en finir avec l’excellence, paru en 1992, résumait en ces mots son tempérament: «Moi, je suis toujours dans la résistance.J’ai tendance à penser que la vie est un maquis.Je suis née comme ça.» Rien à voir, donc, avec les marchands de fierté factice jugée à l’aune de la performance économique.Elle a décidé de se faire, ici, par une convention littéraire à mon avis plus ou moins heureuse, la traductrice des pensées du lac Saint-Sébastien, près duquel elle habite à Saint-Zénon.C’est donc le lac qui réfléchit (on appréciera le jeu de mots), et la femme se fait la porte-parole de ses méditations.Et qu’a-t-il à transmettre, ce lac devant lequel la militante se transforme en sage tourmentée?Beaucoup et peu de choses à la fois.Plutôt poète, par moments tenté par le moralisme, partie prenante d’une nature réfléchissante soumise à des lois qu’il se fait fort d’accepter, il confie à sa traductrice ses états d’âme (faudrait-il dire «de nature») au sujet des vivants.Noires comme ses eaux, ses réflexions ont souvent un goût d’amertume et de mélancolie.Par lui réfléchis, les humains assistent à l’ébranlement de leur superbe: «Les êtres humains ne réfléchissent pas, ils parlent.[.] Leur tête est vide, ils parlent.C’est stupéfiant.» Et plus loin: «Il m’apparaît que les êtres humains sont tous un peu semblables.Us passent la plus claire partie de leur peu de temps à se méprendre.[.] Ils bâtissent, mais destructeurs.Us pensent voir clair, mais épaississent le brouillard.Des géants, mais petits.» Le bonheur humain, victoire sur la précarité, demeure pour lui un mystère.La traductrice atypique, qui chante à tout venant son amour d’un lac qui a changé sa vie, ne résiste pas non plus, et c’est tant mieux, à la tentation de traduire plus,explicitement son propre reflet.Emouvante à l’heure d’assumer son vieillissement («En vieillissant, je me rapproche des êtres qui respirent la solitude, comme si la solitude était un sexe en elle-même»), elle adopte à plusieurs reprises le ton de la combattante tragique aux prises avec le chaos du monde.Si le spectacle de la mort donnée pour rien la trouble tant, c’est, peut-on lire, «qu’elle a découvert que, derrière le masque du pouvoir, les gens qui tuent sont très souvent des adorateurs de l’ignorance.C’est pour ça qu’ils tuent fréquemment dans des écoles ou des lieux de savoir, comme les tueurs dans les écoles aux Etats-Unis ou le tueur de Polytechnique».Et encore, c’est au lac qu’elle accorde des réflexions dépitées au sujet du délire marchand qui s’abat même sur l’eau potable et sur le vivant fie clonage et les OGM), mais le détour ne ment pas: le reflet de la militante ne ressemblera jamais à celui de Narcisse.Ce livre n’a pas la prétention d’être un essai et, devant lui, mes outils habituels de critique paraissent peu appropriés.Comment exprimer, dès lors, ma déception de voir l’écrivaine engagée baisser un peu la garde, accorder foi à une voyante (eh oui!) et se complaire inutilement dans une convention littéraire décevante?Suis-je resté aveugle à la beauté du res-sourcement?Quoi qu’il en soit, je ferme ce livre avec la conviction que l’écrivaine impétueuse vaut mieux que la traductrice chagrine.louiscornellier@parroinfo.net C o n o u journée MONDIALE DU LIVRE ET DU DROIT D'AUTEUR 2 0 0 0 » L .» iüj L'ASSOCIATION DES LIBRAIRES DU QUÉBEC REMET LE PREMIER PRIX (OUK* ',c , J.iquewni' os.des •li c// ''V.A&Ù N Uvl**» Dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l'Association des libraires du Québec a remis le premier prix, une bibliothèque d’une valeur de 1000 $, à monsieur Gilles Tremblay de Saint-Hubert, professeur d’histoire du Québec et du Canada au Collège Sainte-Anne de Lachine.Le tirage a été fait le samedi 13 mai sur les ondes de la radio (FM 95,1) de Radio-Canada k l’occasion de l’émission Samedi et rien d'autre.L’heureux gagnant pourra choisir des livres, pour une valeur de 1000 $, chez un libraire agréé et membre de l’Association des libraires du Québec.De gauche à droite, madame Danielle Perreault, présidente de l’Association des libraires du Québec, monsieur Gilles Tremblay et madame Diane Oucllct directrice générale.; En collaboration avec : LE DEVOIR ¦LIE Radio-Canada U- ASSOCIATION I I NATIONALE I I OQ Félicitations a Andrée Christensen et Jacques Flamand Vermillon lauréats du Prix Trillium 2000 pour leur livre Lithochronos ou Le premier vol de la pierre Poésie A lèi A LE I) E V (I I K , LES SA M EDI 27 ET DI M A X ( ME 2 S M A I 2 0 (I
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