Le devoir, 31 mai 2000, Cahier A
w w w ?ledevoir.co •¦r r* LE MONDE Hillary Clinton aura la tâche difficile contre Rick Lazio Page A 5 LES ACTUALITÉS Brassard agrandit le jardin des forestiers Page A 3 Vol.X C I • N “ I 2 I I.E M E H ( R E I) I 3 1 M A I 2 O (I « 8 7 C + T A X K S = I $ C, «Je suis certain que, si Maurice voyait ça, il penserait que ça ne peut pas être aussi gros», a dit Serge Savard, venu rendre hommage à Richard.REUTERS Silence, respect, recueillement Des dizaines de milliers d’admirateurs rendent hommage à Maurice Richard JEAN DION LE DEVOIR La famille de Maurice Richard tenait à ce que la maison soit «vraiment ouverte à tout le monde», et beaucoup, beaucoup de monde a répondu à l’invitation.Des dizaines et des dizaines de milliers d’admirateurs anonymes, hommes et femmes de tous âges, de toutes conditions et de toutes provenances soudainement liés par un deuil aux proportions stupéfiantes, ont défilé hier au Centre Molson afin de rendre un pénultième hommage au Rocket avant les Le frère André, Laurier, Morenz, Lévesque.Pour diverses raisons, certaines morts sèment la consternation, la tristesse, le désespoir et prennent des proportions gigantesques au sein des populations.Les décès d’Eva Perôn en Argentine et de Joseph Staline en URSS en sont deux exemples frappants.Au Québec aussi, certains disparus ont attiré les foules.es milliers de personnes qui défilent devant la dé-¦ —— pouille de Maurice Ri- 1® chard marquent d’encre une page d’histoire, certes.Mais cette page est remplie d’autres noms, des noms comme le curé Labelle, le frère André ou le cardinal Léger, ou encore laurier, Mercier, Valérie Morenz et Lévesque.Dufour "Le parallèle le plus intéressant + + + entre ces hommes, c’est que le peuple semble s’être identifié à eux à cause de leur dimension humaine, de leur humilité et du dynamisme qui les a poussés à se dépasser», explique l’historienne Hélène-Andrée Bi-zier.Elle souligne que les héros sont souvent opiniâtres, volontaires et audacieux, «des vertus que les Québécois admirent beaucoup».VOIR PAGE A 8: OBSÈQUES INDEX Annonces .B 5 Idées .A7 Bourse .B 2 Ire monde .A5 Avis publics.B6 Les sports .B 6 Culture .B 8 Mots croisés .B 6 Économie .B 3 Nature .B 5 Éditorial .A6 Télévision .B 7 Horizons .B 1 Météo .B 5 funérailles d’État qui auront lieu ce matin à la basilique Notre-Dame de Montréal.Pendant plus de quatorze heures, une file ininterrompue et recueillie a avancé lentement vers la dépouille de Richard exposée en chapelle ardente, d’abord sous un soleil radieux à l’extérieur puis dans la pénombre dans laquelle était plongé l’amphithéâtre tout entier.L’éclairage tamisé et le silence monastique observé par tous les visiteurs, palpable en dépit du nombre, contribuaient d’ailleurs à créer une scène presque irréelle, radicalement en rupture avec l’atmosphère tonitruante qui est ordinairement le lot du Centre Molson.En fond sonore, de la musique classique, Mahler, Gounod, Brahms, Satie, Massenet, Mozart, Vivaldi et Bach.Le corps de Maurice Richard reposait dans un cercueil ouvert, à l’extrémité ouest dp la surface qu’occupe habituellement la patinoire.À quelques mètres au-dessus, on avait descendu la bannière indiquant que le chandail n° 9 du Canadien a été retiré à jamais et qu’on retrouve en temps normal suspendue près du toit, aux côtés de celles de Jacques Plante, Doug Harvey, Jean Béliveau, Howie Morenz, Guy Lafleur et Henri Richard.Tout au fond de l’amphithéâtre, deux gigantesques affiches avaient été déployées, l’une en noir et blanc représentant le Rocket à ses grandes années, le regard de feu, l’autre en couleurs montrant Richard âgé portant un chandail du Canadien et tenant à la main un flambeau.VOIR PAGE A 8: RICHARD Autres informations en pages A 2 et B 1 TOURISME QUÉBEC L’Ontario rejette dans l’air 90,2 % de ses contaminants, soit 36 049 425 kg comparativement à 1 149 543 kg dans les eaux de surface.Le Québec, poubelle de l’Ontario De 30 à 60 % des retombées polluantes au Québec proviennent de la province voisine LOUIS-GILLES FRANC (EUR LE DEVOIR Ly Ontario est devenu hier le troisième plus impor-1 tant pollueur d’Amérique du Nord, passant de l’argent au bronze dans ce championnat douteux, malgré une augmentation de 3,2 % de ses rejets de contaminants ep 1997, dernière date pour laquelle le Canada et les Etats-Unis ont un tableau complet des performances de leurs acteurs économiques et gouvernementaux respectifs.C'est ce que révèle le dernier bilan de la pollution nord-américaine rendu public hier par la Commission de coopération environnementale, l’organisme qui gère le traité subsidiaire à l’ALENA réservé aux questions d’environnement Mais si l’Ontario recule au classement général, il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le Québec car la province voisine rejette dans l'air 90,2 % de ses contaminants, soit 36 049 425 kg comparativement à 1149 543 kg dans les eaux de surface.L’importance de ces rejets atmosphériques sont tels qu’elle demeure au VOIR PAGE A 8: POUBELLE Deux enfreprises privées organisent les tournées ministérielles fédérales au Québec MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les tournées que les ministres fédéraux font au Québec depuis 1998 sont financées par le Bureau d’information du Canada (BIC) mais ne sont pas organisées par le gouvernement.Le BIC a confié cette tâche à deux entreprises privées aux allégeances libérales, dont une très proche du ministre responsable du BIC, Alfonso Gagliano.Des documents obtenus par le Bloc québécois en vertu de la Loi d’accès à l’information révèlent que le BIC a accordé 2,6 millions de dollars à deux entreprises non seulement pour préparer et encadrer ces tournées mais aussi pour préparer les documents destinés à informer les ministres sur les programmes gouvernementaux.La firme Communication et Stratégie, dirigée par le candidat libéral défait Serge Paquette, a obtenu en collaboration avec le Groupe Cible plus de 1,6 million de dollars en contrats du BIC entre le 1er avril 1997 et le 31 décembre 1999.L’essentiel de cette somme a servi à financer la préparation logistique des tournées, l’identification des groupes visités, l’accompagnement des ministres et les relations avec les médias locaux.Une autre entreprise, Tremblay Guittet Communications, s’occupait de préparer des dossiers et des discours thématiques ainsi que des réponses à offrir à la presse.Cette entreprise a aussi obtenu différents Les contrats ont fait l’objet d’appels d’offres, dit Gagliano VOIR PAGE A 8: GAGLIANO L'avenir des forêts nous touche tous.Pour l'industrie forestière, l’avenir est lié directement à la bonne santé des forêts, et les efforts de renouvellement donnent vraiment des résultats.Selon les plus récentes statistiques de l’organisme indépendant FAO*, la forêt canadienne, une des plus grandes au monde, est en croissance - 2 000 kilomètres carrés en moyenne par année.Pour visiter nos opérations forestières, appelez le 1 888 399-TOUR ou cliquez sur www.portes.ouvertes.cppa.ca.Nous pensons pour demain.Venez le constater.•Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.L'ASSOCIATION CANADIENNE DES PATES ET PAPIERS .1 * 778313000665 LE DEVOIR.LE MERCK E I) I :j I M A I 2 0 0 0 A 2 Un lien particulier avec les Québécois uébec — •Celui qui nous a xJ quittés samedi dernier, entouré de ses proches, aura maintenu une histoire d’amour et d’admiration et d’affection avec les Québécois», a affirmé hier en Chambre le premier ministre Lucien Bouchard lors d’une allocution sur une motion spéciale en hommage au grand héros disparu.•Cette histoire, a-t-il poursuivi, a duré pendant près de 60 ans et ne se terminera certainement pas.» Pour M.Bouchard, la relation privilégiée et presque intime entretenue par celui qu’on a appelé «le Rocket» et les Québécois «dépasse le simple lien entre une vedette et ses admirateurs».«Maurice Richard a été courageux en toutes circonstances, a-t-il dit, persistant jusqu'à la toute fin, combatif dans l’adversité et, parmi tous ces records qui sont les siens, Hyena un qui n’a jamais été brisé et qui est le plus éloquent pour décrire le personnage: celui de détenteur du record du plus grand nombre de buts en prolongation durant les séries éliminatoires.«lia emporté avec lui sa passion», dit Lucien Bouchard On sait ce que ça veut dire quand il y avait de grands moments où il fallait quelqu’un qui dépasse les autres» «Il y avait quelqu 'un qui était capable de se hausser, a expliqué M.Bouchard, de se hisser, je dirais, au niveau de l'événement et des attentes: c’était Maurice Richard avec le but vainqueur.» Au moment où le a peuple québécois pleure son héros, M.Bouchard a tenu à souligner le caractère durable de Maurice Richard.«Je ne doute pas qu'il a emporté avec lui sa passion pour son sport, a-t-il dit.Peut-être joue-t-il au hockey au paradis.Si c'est le cas, je lui lance, au début de cette nouvelle partie qu’il va certainement encore remporter, ce mot d’encouragement qui, au Forum, résonna souvent à ses oreilles: donne-leur ça, Maurice.» Le chef de l’opposition Jean Charest, trop jeune pour avoir vu jouer l’illustre n° 9, l’a connu par les récits que son père en faisait «Le souvenir de Richard est et demeurera impérissable, non seulement dans la mémoire des ama- LA RÉUSSITE, C'EST UN TRAVAIL D'ÉQUIPE teurs de hockey mais aussi dans la mémoire de tous», a-t-il affirmé.•D’ailleurs, a-t-il ajouté, comment expliquer, aujourd’hui, 40 ans après sa retraite, qu'on puisse collectivement se rappeler cet homme et ses exploits, peu importe qu'on l’ait vu jouer ou non?Ses courses fulgurantes, ses buts comptés d’une façon incroyable, ses prises de bec avec les adversaires, de temps en temps même avec les arbitres, tous ces gestes forment non seulement un chapitre mais un volume de notre histoire.» Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, n’a pas vu le grand Richard à l’œuvre lui non plus.«Si son décès a déclenché au cours des derniers jours un tel tremblement de terre, un tel déferlement de sympathie, d’appui populaire, a-t-il affirmé, c’est parce que Maurice Richard était, pour les Québécois, beaucoup plus.» «Sans en avoir la prétention, parce qu’il était un homme simple et sobre, Maurice Richard a transcendé son sport.Il a porté le flambeau de plusieurs valeurs chères au Québec, comme le travail, la volonté de s’affirmer, la fierté, la famille.» REUTERS Les gens ordinaires ont rendu hommage à leur héros.Musiques tendres pour un homme de feu MARIE TRUDEL La famille Richard a laissé Jean-Pierre Guindon, directeur musical depuis bientôt quatre ans du chœur professionnel de la basilique Notre-Dame, libre de ses choix quant au programme musical de ce matin pour les funérailles de Maurice Richard.Il dirigera donc ses 26 chanteurs issus des grandes écoles de musique de Montréal dans un programme à la fois simple, touchant et intéressant par sa diversité.Du Requiem de Gabriel Fauré, le chœur exécutera le Chant d’entrée, le Kyrie, le Lux Ætema à la communion et le In Pa-radisum.«Des trois requiem les plus connus, dont ceux de Mozart et Verdi, nous dit le directeur musical, un parmi les plus populaires est sûrement celui de Fauré, pour la grande sérénité qui s’en dégage.» Jean-Pierre Guindon a aussi choisi l’hymne connu de Lucien Deiss, Entre tes mains, Seigneur Jésus, je remets mon esprit, le Psaume 41, Mon âme a soif du Dieu vivant, de même que XAgnus Dei d’Antonio Lotti Des œuvres de deux jeunes compositeurs québécois sont également à l’honneur: Alléluia de Jean Le Buis, professeur d’orgue au Conservatoire et auteur de plusieurs œuvres religieuses, et le Sanctus de La Messe des morts de l’organiste Denis Bédard.Pour ce buisson ardent, pour cette tornade sur glace, pour ce timide à fleur de peau, il y aura de la musique, encore, et tout autant d’univers.Le premier marqué aux couleurs d'une autre étoile chérie du Québec, Ginette Reno, qui chantera Ceux qui s'en vont du compositeur belge Didier Barbelivien.Le deuxième, cosmos éthéré du professeur de chant à l’Université de Montréal Gail Desmarais, cette dernière dans deux airs très doux: YAve Maria de Gounod, inspiré du prélude en do mineur de Bach, et Panis Angelicas de Franck.Et c’est au son de ce même prélude de Bach, au son de «demi-teintes en mineur venues du ciel» jouées à l’orgue par l’adjointe au titulaire Chantal Roussel, que celui qui comptait ses buts sous la véhémence de foules en délire fera sa dernière grande sortie.en douceur.m&sfc Ça I Comme PARENTS, il est important d'encourager vos enfants à tenir bon dans leurs études jusqu'à la fin, c'est-à-dire à travailler fort jusqu'aux examens.Les vacances sont encore plus agréables quand on a donné le meilleur de soi-même durant toute l'année.Il ne faudrait pas l'oublier : la persévérance est le secret de la réussite.Sip m ¦ ’ -V.1 J i Québec tf?Ministère de l’Éducation i 4 LE DEVOIR.LE M E R C R E D 3 1 MAI 2 O O O A A LE DEVOIR - ACTUALITES Josée Blan chef te La science du compostage «Pourquoi on vous aime quand vous êtes jeune, beau, célèbre, riche, adulé et que vous n’avez pas le cancer?» -Alain Delon rois mois?Tu prends une sabbatique?Qu’est-ce que tu vas faire?» D’abord, ce n’est pas tant une sabbatique que des vacances, leur ai-je répondu.Des vacances de prof de cégep, je vous le concède, mais des vacances tout de même.Faire.Que voilà un drôle de mot alors qu’il serait plutôt question de défaire.Je vais essayer de rattraper le temps perdu.Oh! rien de bien glorieux, pas de quoi s’insçrire au Guinness ou vous valoir des funérailles d’Etat: jouer au mini-putt avec Alban, mon grand-père, faire du vélo avec mon père, apprendre à lire dans les lignes de la main avec ma femme de ménage, inviter Anne à jouer à la Barbie avec moi.Ha! Et le 8 août, je célébrerai pour la troisième année consécutive la journée internationale de l’orgasme, le OWO, One World Orgasm.Vous êtes tous invités.Je prendrai aussi le train de La Tuque jusqu’à Parent pour aller voir de vrais Indiens avec B.Je lui dirai, comme d’habitude: «Bon plan, Batman!» Et il me répondra, comme d’habitude: «Holy Beaconsfield, Robin!» Je rendrai visite à ma belle-mère d’Ottawa pour m’empiffrer de scones à l’heure du thé.Je prendrai des nouvelles de son compost.Son fils, l’Anglo, que j’avais déjà menacé de ne plus faire de compost un été, avait eu cette réaction indignée: «We’ve been composting for generations in my family!» Les Anglais se lèguent le compost à leur décès avec les plum-pud-dings millésimés.Débit d’alcool Cet été, je ne ferai pas de jardin.Je déconnerai avec ma voisine Virginie en arrosant les plantes sur le balcon (du 20-20-20 et beaucoup d’eau) à l’heure où les cigales font les mortes.«Tu sais pas la dernière?» «Non, quoi?» «Ils ont viré une femme députée de la Chambre des communes en Grande-Bretagne parce qu ’elle allaitait son bébé en pleine session.La cause officielle invoquée?Il est interdit d'introduire des boissons dans l’enceinte de la salle de réunion de la commission!» «Noooooon!» «Je t’assure!», ajoutera Virgo dans son plus pur accent mi-breton, mi-mexicain.«C’est m aspect féminin qu’on n’avait pas encore découvert: la femme en tant que débit de boisson.À ton avis, les femmes qui descendent un petit verre de vin régulièrement devront-elles demander un permis de distribution d’alcool à la Régie?» Voilà ce que je ferai cet été: rpe transformer en débit d'alcool.Par ici le porto.A moins que je ne fasse comme Brosse (le bien nommé), ce lecteur-homme des bois qui m’écrit à l’occasion et me donne envie de relire Robert Lalonde et Giono.Hier encore: «D’un grand éclat, le castor d’une petite baie claque sa queue sur l’eau pour avertir sa progéniture du danger que ces promeneurs représentent, et les lièvres s’éloignent, bien en avant des chiennes qui, elles, se cognent sur les pouponnières d’arbres dans de futiles poursuites.Im majesté des bouleaux blancs, seigneurs des bordures riveraines, nous coiffent du recueillement incontournable de ces pérégrinations.Ici, le silence est de mise et même les chiennes n’osent plus se servir de leurs sens.Ne plus sentir, ne plus rien manifester, suivre la route au plus vite, hors du sanctuaire! La Nature a de ces lieux secrets qui nous humilient et nous terrassent.» Le fan-club de Shawinigan À propos de lecteurs, il faut que je vous présente M.Ferrer, le président de mon fan-club de Shawinigan.C’est un peu à cause de lui si je pars si tôt Algérien retraité des usines d’aluminium, M.Ferrer est abonné au Devoir depuis l’année de ma naissance, 1963.Nous sommes arrivés au Québec en même temps.Ds sont trois à lire le journal: lui, sa femme, son fils.C’est son fils qui m’a écrit pour m'offrir leur maison sur la côte des fleurs d’orangers en Espagne, quelque part entre Barcelone et Valence, à Peniscola.La partie ancienne de Peniscola est blottie à l’intérieur des murs d’une forteresse du XXIIe siècle, résidence du Cid de la légende.«Im brise de fin de journée est particulièrement douce du haut des remparts, à l’heure rose, quand le soleil disparaît derrière les montagnes; si vous avez des nœuds au cœur, ça vaut la peine d’y aller seule au moins une fois, juste pour sentir la terre tourner.» Une seule phrase et j'étais déjà partie.Je suis allée manger la paella avec eux, à Shawinigan, la fin de semaine dernière.Mme Ferrer la fait très bonne, même si elle est native du Béarn.Elle m’a chargée de lui rapporter du safran espagnol, moi qui m’attendais à ce qu’elle me confie une urne avec les cendres de sa mère pour que j’aille les ajouter à son compost de Peniscola.Ces lecteurs me prêtent les clés de leur maison comme on offrait autrefois l’hospitalité aux voyageurs de passage.Us me prêtent un peu de leurs traditions familiales, c’est moins impersonnel que l'hôtel et cela ne vient pas sans un lot de petites habitudes, de recommandations et de tuyaux: le bar jazz-mauresque du copain Miguel, le redoutable rosé local qui «vous transforme une carmélite en bacchante en moins d'un demi-pichet».Le fils de la maison s’est aussi assuré que j’emporte avec moi une médaille de la Vierge pour me protéger des gitans à Barcelone, qui risquent de me faire les poches.«Les gitans ont un immense respect pour la Virgen, qui est, en quelque sorte, leur sainte patronne, et tout porteur de son effigie est abordé différemment des autres», m’écrit-il.Ainsi soit-il, je pars sous la protection de la Madone et des Ferrer.Me reste plus qu’à trouver onze autres lecteurs pour m’héberger un mois chacun et je bazarde tous mes meubles à l’encan.Juillet près de Sienne ou à l’ombre du Danube, en Hongrie, je suis preneuse.Pour août, j’hésite encore, mais je vous fais confiance.Le gagnant méritera un abonnement d’un an au Devoir et un sachet de safran espagnol.Olé! Je vous ai déjà dit que, sans vous, je ne serais rien?Ou si peu.Bon été.joblo@cam.org Loi sur les forêts Brassard agrandit le jardin des forestiers Le ministre impose toutefois certaines contraintes MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministre Jacques Brassard ne s’en cache pas: sa réforme de la Loi sur les forêts vise à terme l’expansion de l’industrie forestière, en raison notamment des retombées économiques «intéressantes» pour des régions qui en ont besoin.Mais le ministre des Ressources naturelles s’empresse d’ajouter que cette expansion sera atténuée par de nouvelles aires protégées, notamment par l’ajout d’une toute nouvelle limite nordique au delà de laquelle tout aménagement forestier sera interdit.Cette frontière deviendra permanente en septembre 2002.En déposant le projet de loi 136 hier, M.Brassard a confirmé sa volonté de développer une politique de rendement accru «pour certaines parties bien définies du territoire» visant une possibilité forestière additionnelle de 700 000 mètres cubes d’ici 25 ans et de 10 millions de mètres cubes d’ici 60 ans.Cette politique sera élaborée au cours des prochains mois en consultation avec les intervenants du milieu, mais jamais au détriment des écosystèmes forestiers, soutient le ministre.«Je sais bien qu ’il y en a certains qui prétendent qu ’il y a là une incompatibilité.Pas du tout, on peut très bien faire en sorte que nos forêts produisent plus et qu’en même temps les écosystèmes forestiers soient pleinement respectés, c’est tout à fait possible.» Sans remettre en cause, dit-il, les fondements du régime forestier instauré en 1986, son projet de loi apporte des amendements importants à la Loi sur les forêts.D’abord, Québec souhaite améliorer la gestion et la planification en rendant les détenteurs de CAAF (contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier) coresponsables sur un même territoire.S’il y a défaillance dans l’exécution des travaux, prévient le ministre, les coresponsables devront tous porter le chapeau.«S'ily a des baisses de possibilité [forestière!, ce sont tous les responsables des CAAF également qui vont se partager cette baisse de possibilités.» Autre amendement, «majeur» selon M.Brassard, le gouvernement instaure une politique de consultation dont le but est d’informer davantage le grand public des activités en forêt Un certain nombre d’intervenants — MRC, communautés autochtones, ZEC.— seront désormais appelés à donner leur avis sur les plans généraux d’aménagement En outre, les détenteurs de CAAF devront également vulgariser leurs documents pour les rendre moins techniques et plus accessibles à la consultation publique.Dans le cadre d’une utilisation maximale des bois, le ministre Brassard institue un «nouveau véhicule»; le contrat d’aménagement forestier.DifférenT du CAAF, ce contrat permet à des organismes, comme des coopératives ou des bandes autochtones par exemple, d’obtenir des volumes de bois de coupe sans qu’il soit nécessaire d’avoir une usine de transformation.Le ministère pourra dorénavant attribuer à ces groupes, de façon ponctuelle, des volumes non exploités par des détenteurs de CAAF, ce qui arrive «très souvent», soutient le ministre.Québec ajoute également des ressources pour augmenter les contrôles et les suivis sur le terrain.Le coût de cette mesure, 15 millions en trois ans, sera financé par une hausse des contributions des détenteurs de CAAF’ au Fonds forestier.Enfin, se voulant rassurant, le ministre Brassard a imposé immédiatement une limite nordique temporaire, qui deviendra, après étude, permanente en 2002.Au delà de cette ligne passant au nord de Chibougamau, les contrats d'approvisionnement seront interdits.Puis, Québec crée également de nouvelles obligations pour protéger les écosystèmes exceptionnels.Ces précautions n’ont pas toutefois convaincu la critique libérale Nathalie Normandeau hier.La députée de Bonaventure estime que la réforme du ministre Brassard n’est qu’une «réponse partielle» aux inquiétudes de la population, qui ont été suscitées par le film de Richard Desjardins, L’Erreur boréale.Elle pense que le gouvernement se montre hésitant maintenant au sujet du régime forestier et dépose donc un projet de loi où il manque encore des pieces.Les politiques de consultations et de rendement accru sont annoncées, souligne-t-elle, mais ne sont pas précisées, ni expliquées.«Le ministre ne veut pas faire trop de vagues, dit-elle.S’il avait du courage, il mettrait tout sur la table tout de suite.» Une chose est claire, selon Mme Normandeau, depuis la sortie du film de Desjardins, le ministre Brassard a toujours maintenu que la forêt québécoise était bien gérée; avec son projet de loi, il admet maintenant que ce n’était pas le cas.Selon elle, le report du projet de loi démontre que le ministre manquait en fait de connaissances sur l’état de la gestion des forêts et l’avoue d’entrée de jeu dans le document explicatif du projet de loi.Legault continuera de prêcher l’efficacité Le ministre ajoute 21 millions pour développer le R1SQ MARIE-ANDREE CHOUINARD LE DEVOIR Au Québec, il est impossible de conjuguer efficacité et éducation sans rçmuer un important «tabou», croit le ministre de l’Education, François Legault, qui tentait hier de sensibiliser la communauté d’affaires à l’importance d’investir en éducation.Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le ministre-entrepreneur a livré un discours qui rimait avec efficacité, rendement, reddition de comptes et performance.Celui qui négocie actuellement des «contrats de performance» avec les universités et des plans de réussite avec les réseaux primaire, secondaire et collégial semble se heurter à un mur lorsqu’il parle de faire un réseau performant «Je souhaitais aborder avec vous aujourd’hui une question fondamentale pour notre société: est-ce qu’on peut utiliser les mots performance et efficacité quand on parle d’éducation?a lancé d’entrée de jeu M.Legault.Au Québec, on dirait qu’il existe un tabou sur la question de l’efficacité en éducation.[.] Ça peut changer et ça doit changer.» Son passage devant la communauté d’affaires hier était lié à l’annonce d’un investissement de 21 millions cette année de la part de son ministère dans le développement du Réseau d’informations scientifiques du Québec (RISQ), qui promeut le déploiement de l’inforoute de l'enseignement supérieur.Le réseau de télécommunications, qui existe depuis 11 ans, est composé d’une centaine de membres — universités québécoises, centres de recherche et cégeps — et permettra de lier par 3000 km de fibres optiques les établissements d’enseignement.Le multimédia en direct, la formation à distance, le transport d’images, la conception assistée par ordinateur ou encore les échanges interbibliothèques font partie des pistes de développement ciblées par le RISQ.Outre les millions octroyés cette année, le ministère compte ajouter 14 millions l’an prochain.On prévoit toutefois que les coûts totaux de l’entreprise s’élèveront à 56 millions, ce qui appelle une contribution du secteur privé.Une partie des sommes versées par le gouvernement permettra de rembourser notamment les universités qui ont investi au départ dans le réseau.«A l’heure actuelle, c’est un réseau de l’ensemble de l’enseignement supérieur québécois, et je l’espère bien assez rapidement un réseau de l’ensemble des établissements d’enseignement du Québec», a précisé hier le président du conseil d’administration du RISQ, François Tavenas, aussi recteur de l’Université Laval et à la tête de la CREPUQ.«Il va nous rester à relever le défi des contenus», a précisé M.Tavenas.Des efforts seront consentis désormais à la recherche d’outils et de matériel pédagogique qui permettront de mieux utiliser le réseau.Interrogé quant à la signature imminente des contrats de,performance avec les universités, le ministre de l’Éducation a précisé hier que «le financement est conditionnel, effectivement, à l’atteinte des objectifs dont on aura convenu ensemble, qui auront été proposés à l’initiative de chaque université.Donc ce n’est pas le ministre qui va les proposer, c'est l’université.Et si elle les propose, c’est parce qu’elle pense être capable de les atteindre et, si elle ne les atteint pas, il faut tous s’asseoir ensemble pour voir ce qui s’est passé.» L’hôpital Sacré-Cœur encore sur la sellette VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Ly hôpital Sacré-Cœur se retrouve de nouveau ' dans l’embarras.Déjà sous enquête pour le décès de deux de ses patients, l’établissement est poursuivi par la famille de Claude Payette quelle tient responsable de la mort de ce dernier.La famille croit qu’il y a eu erreur médicale et affirme que l’hôpital a tenté de camoufler l’événement.Il y a un peu plus d’un an, Claude Payette a été victime d’un accident de moto sur l’autoroute métropolitaine.Il avait alors subi de graves blessures aux jambes.Hospitalisé du 15 mai au 8 juin au Sacré-Cœur, le patient a ensuite été transféré à l’Hôpital de Shawinigan pour y effectuer sa réadaptation.Une infection importante l’a cependant forcé le 22 juin à reprendre le chemin de Montréal, où il est décédé trois jours plus tard.Dans un rapport rédigé en février 2000, le bureau du coroner indique que Claude Payette est mort étouffé par les sangles destinées à l’empêcher de bouger.Le spécialiste affirme que ce sont les contentions thoraciques qui ont provoqué la crise respiratoire fatale.Cette conclusion contredit la version de l’hôpital Sacré-Cœur, qui avait expliqué à la famille que leur frère était décédé d’un arrêt cardiorespiratoire.C’est à la lumière de ces informations que les Payette ont décidé de se tourner vers la justice.«Ce qui les choque le plus, c’est évidemment comment Claude est mort, indique M1 Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé dans les causes d’erreur médicale et qui représente la famille Payette.Mais le fait qu'on ait caché que ce soit arrivé est encore bien pire.Pour eux, ç’a été comme un deuxième deuil quand ils ont lu le rapport du coroner.» Ma Ménard a aussi écrit à la ministre de la Santé et des Services sociaux pour dénoncer le manque de transparence des hôpitaux quand il y a erreur médicale.GENDRON AVOCATS MONTRÉAL 507, RACE D'ARMES.BUREAU 1000, MONTRÉAL, H2Y 2W8 TEL.: 282-7772, FAX: 282-6553 Michel FOREST CELfBRiTËS/GoilBction biographiiiiio Maurice Richard Sans commentaires.64 pages-9,95$ ?DEC inc.En uenie nans toutes tes librairies (514) 843-5991 J’irai te reconduire au travail demain.Je te garde à coucher.insistez ! Insistez ! Dcsj.mlins Assurances générales des caisses Desjardins Société do l'assurance automobile du Québec Desjardins Assurances générales des caisses Desjardins Société de l'assurance automobile du Québec I LE D E V 0 I K .M E K C R E I) I 3 1 M A I A 4 L E •LES ACTUAL]! 2 0 0 0 ES* Les fusions coûteront cher Les villes ont besoin de plus de souplesse dans leurs relations avec les syndiqués, disent le CPQ et la FQM EN BREF Stewart contredit son ministère (Le Devoir) — La ministre du Développement des ressources humaines, Jane Stewart, s’est bien défendue de s'être contredite en annonçant le démantèlement du mégafichier Big Brother à peine deux semaines après en avoir pris la défense parce qu’elle le jugeait inoffensif, «/c continue de croire que l’information était nécessaire pour bâtir de bons programmes», a déclaré Mme Stewart à la période de questions.«Je continue de croire que le respect de la vie privée des Canadiens est primordial.J’ai dit à cette Chambre que je travaillerais avec le Commissaire à la vie privée pour s'assurer que nous continuons de faire l’équilibre entre ces deux besoins, et c’est ce que nous avons fait.» La ministre a été la cible de l’opposition hier, qui lui reproche d’avoir aboli le Fichier longitudinal sur la main-d’œuvre seulement à cause du tollé provoqué alors que le Commissaire à la vie privée s’en plaignait depuis deux ans.Le ministère répondra à toutes les 18 (MX) demandes d’accès qu’il a reçues de citoyens désirant consulter leur dossier et celles qui seront reçues avant le 30 juin.Par contre, le ministère écrira à chacun des requérants pour leur demander s’ils désirent vraiment obtenir ces renseignements.«On fera d’une pierre deux coups, a expliqué Daniel Lavoie, porte-parole de DRH, parce que plusieurs avaient omis de fournir certains renseignements.» Zoom Média sortira de l’UdeM (Le Devoir) — L'Université de Montréal ne fera plus appel à la firme de placement publicitaire Zoom Média, quelques semaines à peine après que l’université Concordia a fait de même, succombant aux pressions estudiantines.La direction de l’UdeM ne renouvellera pas son contrat avec Zoom Média à l'été 2001 parce qu’elle juge que la gestion de cette entente est trop lourde pour qu'elle rapporte encore suffisamment.«C’est trop lourd à gérer pour les 100 000 $ que ça rapporte par année» — sur un budget de 450 millions, a expliqué Bernard Motulsky, directeur des communications.La firme est présente de deux manières sur le campus: par l’entremise de quelque 600 affiches installées dans les toilettes, de même que par 30 «méga zoom» disposés sur les murs de l'établissement.Un groupe de travail avait été créé il y a un an pour encadrer ce dossier de Zoom Média, ce qui a «alourdi» le processus, juge l'université, qui affirme n’avoir subi aucune pression de la part des étudiants.Le smog tue (PC) — Le smog tue davantage de Canadiens que les accidents d’autos, certains cancers ou le mélanome.mais on n'en fait pas assez pour s’attaquer au problème, affirme le commissaire intérimaire à l’environnement et au développement durable, Richard Smith.Un plan national de réduction du smog annoncé en 1990 est à toutes fins utiles mort bien que le gouvernement fédéral ne l'ait jamais reconnu, a indiqué hier M.Smith dans son rapport annuel à la Chambre des communes.Citant les estimations du gouvernement lui-même, M.Smith note que le smog affecte la santé de 20 millions de Canadiens et provoque 5000 décès prématurés par an dans 11 grandes agglomérations.Par comparaison, 4946 personnes périssent chaque année des suites du cancer du sein, 3622 meurent du cancer de la prostate tandis que les accidents de la circulation font 3064 victimes, et le mélanome malin, 665.«Le smog est un problème grave, avec de lourdes conséquences pour la santé et l’environnement», a dit M.Smith en conférence de presse.Ottawa, a-t-il poursuivi, a commencé du bon pied en 1990 en négociant un plart global de réduction du smog avec les provinces et territoires, mais le plan n’a jamais été mis en vigueur.«Le gouvernement fédéral a failli à sa tâche la plus importante, celle de prendre la tête de l’effort national de lutte contre le smog.» Bien qu’ils ne partagent pas la même opinion sur la réorganisation municipale, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et le Conseil du patronat (CPQ) ont tiré une même conclusion de la lecture du projet proposé par Louise Harel: les fusions entraîneront une véritable «flambée des coûts» pour les municipalités.Une position balayée du revers de la main par la ministre.FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Québec — Le Conseil du patronat a soutenu devant la commission permanente sur l’aménagement du territoire, hier, que le projet de loi sur les regroupements ne modifie pas suffisamment la dynamique des relations de travail pour permettre de véritables économies aux municipalités.La «grande lacune» du projet de loi concerne tout particulièrement la clause des relations de travail.Il y est proposé que la loi limite à trois ans la durée de la sentence arbitrale lors de l’harmonisation de conventions collectives.Or «le moratoire sur le gel des coûts que semble contenir l’article 176,18 n’est qu'une solution temporaire qui laisse entrevoir le pire», peut-on lire dans le mémoire déposé hier par le CPQ.Le président du conseil, Gilles Taillon, craint que les modifications apportées au Code du travail n’engendrent une augmentation substantielle des dépenses des villes «en raison de la dynamique dans laquelle s’affronteront de grosses unions syndicales avec des villes qui n’ont pas les moyens de leur faire face».Le CPQ suggère donc que les municipalités puissent notamment avoir droit au lock-out et la possibilité de diminuer les effectifs par attrition afin d’équilibrer le rapport de force.En entrevue, la ministre des Affaires municipales, Louise Harel, a répondu que «la possibilité de diminuer les effectifs par attrition est quelque chose qui est communément admis» entre le gouvernement et les municipalités.Quant au droit au lock-out elle a qualifié la demande d’«incantation».«Avec le maintien des services essentiels, le droit au lock-out ne tient pas la route.Le maintien des services essentiels est au-dessus de tout.» En outre, au cabinet de la ministre, on précise que la commission municipale sera garante des économies pour les villes (autres que les trois communautés métropolitaines).Elle recommandera la fusion en autant qu’elle soit profitable aux municipalités concernées.Pour une concurrence accrue Pour sa part, la FQM souhaite que le gouvernement, plutôt que de n’en avoir que pour les fusions, mise sur la concurrence entre les villes pour garantir aux citoyens une diminution de leur compte de taxes.«On leurre la population en faisant miroiter des économies avec les fusions», a déclaré le président, Florian Saint-Onge, en marge de la Commission dçvant laquelle il a déposé un mémoire tard hier soir.A l’instar du CPQ, la fédération croit notamment que les mesures prévues dans la modification au Code du travail auront pour effet de faire hausser les coûts de fonctionnement des municipalités — donc le niveau de taxes — à la fin d'une première convention collective.«C’est très révélateur du fait que la FQM n'attribue aux municipalités aucune responsabilité en tant qu’em-ployeurs, a dit Mme Harel.S’il y a une hausse, c’est tout simplement parce que l’employeur aura signé la hausse.» «La convention [d'une durée de trois ans] est reconduite jusqu’à ce qu'il y en ait une nouvelle qui la remplace, a-t-elle poursuivi.Et la convention ne donnera les résultats appréhendés par la FQM et le CPQ qu’à condition que les élus municipaux acceptent de signer la hausse.» La FQM n’en estime pas moins que des économies ne sont possibles, dans le cadre d’une fusion, qu’en assouplissant le cadre des relations de travail et en permettant une rationalisation importante des coûts de main-d’œuvre.La fédération a ainsi souligné que l’écart de rémunération entre les employés municipaux et ceux du secteur public est évalué à près de 30 % en faveur de ces premiers.Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) , qui a également déposé un mémoire hier soir devant la commission, a qualifié les propos de la FQM de «démagogiques».«[Ceux qui avancent de tels chiffres] parlent à travers leur chapeau, a lancé le directeur québécois, Gilles Charland.Le volcan crache REUTERS LE TUNGURAHUA a craché des cendres lundi près d’Ambato, au Pérou.Depuis un mois déjà, le cratère était animé par une série d’explosions, attirant ainsi les regards des habitants de Banos, le village le plus près du volcan.Orphelins de Duplessis Bouchard reste inflexible Deux ministres font preuve d’ouverture ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Malgré l'ouverture manifestée hier par deux de ses ministres, dont le vice-premier ministre Bernard Landry, le premier ministre Lucien Bouchard est demeuré inflexible devant les orphelins de Duplessis, qui réclament la création d’un fonds de compassion pour indemniser partiellement ces victimes de la Grande Noirceur.Comme prévu, le député péquiste de Saint-Jean, Roger Faquin, a déposé à l’Assemblée nationale une pétition de plus de 20 000 noms qu’il appuie courageusement et qui demande au gouvernement d’accorder des compensations personnelles à ces quelque 1500 orphelins traités comme des aliénés mentaux, privés d’éducation et d’affection, à la faveur d'un concours de circonstances iniques auquel se sont prêtés le gouvernement Puplessis, le gouverne-mept fédéral, l’Église et les médecins.A l’Assemblée nationale, M.Bouchard a rappelé que son gouvernement a présenté «des excuses» de façon formelle à ces enfants qui «ont été recueillis par des communautés [religieuses] qui ont fait preuve d’une abnégation et d’une générosité sans pareilles».Le gouvernement a également accordé une subvention annuelle de 300 000 $ pour les activités du Comité des orphelins de Duplessis et offert de créer un fonds d’aide collectif de trois millions, a rappelé le premier ministre.On ne peut refaire le passé, on doit l’assumer, a fait valoir M.Bou- chard, soulignant «qu’il y a des limites et que ces limites, nous les avons atteintes ayant fait, j’en suis convaincu en mon âme et conscience, tout ce qu’un gouvernement doit faire en l'espèce».Lundi, le ministre des Relations avec les citoyens, Robert Perreault, a rencontré le psychiatre et ex-ministre péquiste de la Santé, Denis Lazure, qui préside le Comité d’appui pour la justice aux orphelins de Duplessis.Ce comité, qui réunit maintenant plus de 80 personnalités québécoises bien en vue, a lancé la pétition pour appuyer le Comité des orphelins de Duplessis de Bruno Roy, écrivain et victime.M.Perreault a également rencontré M.Roy.Ces représentants des deux comités et d’autres comme le sénateur Jacques Hébert, l’écrivain Yves Beauchemin et l'homme de théâtre Jean-Claude Germain étaient présents à l’Assemblée nationale où ils ont été applaudis par les parlementaires.«Nous avons eu une ouverture considérable de la part du ministre Perreault», a dit hier M.Lazure, qui estime recevoir l’appui d’une quinzaine de députés péquistes et de l’opposition officielle.Le chef libéral Jean Charest et la députée de Saint-François, Monique Gagnon-Tremblay, sont intervenus en leur faveur hier.Ces représentants ont également été «compris» par le vice-premier ministre Bernard Landry, ont-ils souligné.«Pour nous, la réponse de M.Bouchard, ce n’est pas un refus, c’est une incompréhension.On a encore du travail à faire», a dit M.lazure.«Un comité comme le nôtre, ça ne disparaît pas», a, pour sa part, indiqué le sénateur Hébert.The Globe and Mail Bill Johnson retourne au journalisme Il souhaite écrire autant sur la religion que sur la politique Les suites de C-20 Uaile québécoise duNPD réintègre les rangs LOUISE LEDUC LE DEVOIR Libéré de toutes ses obligations à Alliance Québec, Bill Johnson écrira une chronique hebdomadaire dans le Globe and Mail à compter du 14 juin.Non, il n'y traitera pas que de la sempiternelle guéguerre entre francophones et anglophones, parce que, confesse-t-il étonnamment, le sujet commence à le lasser! «Je souhaite prendre une certaine distance par rapport à tout cela, explique-t-il en entrevue téléphonique.Pendant deux ans et trois mois, à Alliance Québec, je n’ai parlé que de ça, obsédé par ces sujets par la force des choses.» Pour Bill Johnson, il s’agit d’un réel retour aux sources.Pendant vingt ans, de 1967 à 1987, il était en effet journaliste au Globe and Mail, pour lequel il a notamment couvert l’élection du Parti québécois en 1976 et le référendum de 1980.«J’étais tellement soulagé quand on m’a finalement fait correspondant à Washington! Avant de partir, je n’étais carrément plus capable d’écrire au clavier les mots “souveraineté-association” et de traiter, jour après jour, des mêmes thèmes politiques, raconte-t-il.Aux confé- rences de presse à la Maison-Blanche et au Pentagone, il m’était tellement rafraîchissant d’entendre parler d’autres choses.» Le ras-le-bol n'est pas aussi aigu aujourd’hui qu'alors, mais il ne cache pas avoir trouvé son règne à Alliance Québec très pénible par moments.«H faut beaucoup de discipline pour être chef d’un mouvement composé de tant de gens.La chose n’allait pas de soi pour moi.» Au Globe and Mail, dit-il, on lui a donné carte blanche.En le cuisinant un peu, M.Johnson avoue qu’il ne manquera pas de parler politique assez souvent, mais se dit très déterminé à écrire entre autres sur cet autre sujet qui le passionne tout autant, sinon plus: la religion.Il évoque à cet effet ses dix années jésuites.A trois ans près, note-t-il, il aurait été ordonné prêtre.«Aujourd’hui, je ne crois plus en toutes ces religions basées sur un livre, qu'il s’agisse de la Bible, du Coran ou de la Torah, mais je crois en l’existence d’un dieu créateur.Je m’étais bien promis qu’à la retraite, je me consacrerais à la religion comparée, et j’entends réaliser mon souhait.» Au Globe and Mail, on n’a pas rappelé Le Devoir pour confirmer la nouvelle de son embauche.HÉLÈNE BUZZ ETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA aile québécoise du Nouveau ' Parti démocratique rentre au bercail.Après avoir démissionné en bloc pour protester contre l’appui qu’avait donné le caucus au projet de loi C-20 dit sur la «clarté» référendaire, la section québécoise du parti a décidé ce weekend de revenir sur sa décision.«Nous préférons poursuivre le débat à l’interne, a expliqué le président associé et porte-parole de la section.Steve Moran.Tout en accueillant favorablement les démarches entreprises par le caucus afin de régler le différend, nous demeurons dissidents envers la décision du caucus d’appuyer le C-20 et nous continuons de la considérer comme un écart majeur par rapport à la politique du NPD.» Cette décision a été prise à l’issue du congrès bisannuel de la section québécoise, à Montréal, à Laquelle ont assisté une cinquantaine de personnes.Rappelons que les neuf membres québécois du parti siégeant au conseil fédéral, la plus haute instance du parti, qui décide des orientations entre les congres, avaient démissionné en mars dernier en dénonçant le «mépris du caucus» et le «non-respect des instances démocratiques du parti».Tous les députés néo-démocrates, exceptés Libby Davies et Svend Robinson, ont appuyé le projet de loi C-20 en troisième lecture, contredisant ainsi le conseil fédéral, qui avait presque unanimement décidé de s’y opposer.La section Québec avait alors indiqué qu’elle ne participerait pas à la préparation électorale, notamment en refusant de chercher des candidats potentiels.Cette position est maintenue.«C'est seulement la politique de la chaise vide que nous avons abandonnée, a précisé au téléphone M.Moran.On ne coopère pas pour l’instant avec le bureau fédéral du parti [pour les élections].C’est encore en discussion.» Toutes les autres mesures prises restent aussi en vigueur, a assuré M.Moran.Les neuf représentants québécois avaient en outre adopté une motion de blâme formel à l'endroit de la chef, Alexa McDonough, et du porte-parole en matière d’affaires intergouvernementales, Bill Blaikie.Ils avaient aussi indiqué qu'ils ne reconnaissaient plus ce dernier dans sa fonction.«Le problème de la démocrqtie interne reste entier, a ajouté Éric Hébert, le président sortant de la section-Québec.Nous attendons toujours que le caucus rende des comptes au parti pour avoir fait fi de l'opposition univoque du conseil fédéral au projet de loi C-20.» Ixîs discussions formelles seront entreprises sous peu entre le caucus et l’aile québécoise par l'entremise du comité Québec, qui a été mis sur pied dans la foulée du schisme.le t’appelle un taxi.et Insistez! v Comnanows l alcooi au votent ; E Desjardins WWW.iaM|.B0>V.QC.Ct/MSl8l Assurances générales des caisses Desjardins El El Cl CB Société de l'assurance automobile du Québec le te rapporterai ton auto demain.Empêchez,vos amis de hoirc et conduire.Insistez! v Combattons l alcool an votant y Desjardins Assurances générales des caisses Desjardins Cl Cl Cl Cl Société de l'assurance automobile du Québec S LE DEVOIR.LE MERCREDI 31 M Al 2 0 0 0 LE DEVOIR LE MONDE Hillary Clinton aura la tâche difficile Les républicains dénichent un candidat d’envergure Rick Lazio était le seul candidat pour remplacer Rudolph Giuliani MICHEL MOUTOT AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Les républicains de l’Etat de New York ont trouvé en Rick Lazio un candidat beaucoup plus redoutable qu'il ne semblait au premier abord pour disputer à Hillary Clinton le poste de sénateur.Ce jeune et sémillant représentant de l’État de New York au Congrès, inconnu du grand public il y a encore deux semaines, était le seul prétendant à l’investiture républicaine après le retrait du très médiatique et controversé maire de New York, Rudolph Giuliani.Il était assuré d’être désigné hier soir candidat officiel du parti républicain, réuni en convention à Buffalo.Si certains partisans de la première dame des États-Unis s’étaient ouvertement réjouis du départ de M.Giuliani, ils ont rapidement déchanté: Rick Lazio, 42 ans, avec son éternel sourire et son physique avantageux, a presque instantanément rejoint Hillary Clinton, 52 ans, dans les sondages.Ils le donnent à quelques points de l’épouse du président et l’écart qui les sépare n’est pas supérieur à la marge d’erreur.Immédiatement candidat après l’abandon de M.Giuliani, Rick Lazio a fait l’unité des républicains sur son nom et entamé une campagne très dynamique.Il est apparu dans la plupart des émissions de télévision nationales et a commencé une série de visites dans le nord de l’État de New York où, selon les experts, devrait se jouer l’élection le 7 novembre.11 devait y retourner dès hier soir pour une tournée en bus de plusieurs jours, s’inspirant de la dynamique qu’avait su créer le sénateur John McCain et son autobus Straight Talk Express pendant la bataille des primaires.M.Lazio a d’ailleurs embauché Mike Mur- « Hillary bat des records d’impopularité auprès d’une partie de l’électorat» phy, cheville ouvrière de la campagne de M.McCain.Opposée à Rudolph Giuliani, Hillary Clinton pouvait compter sur la mobilisation des électeurs noirs et hispaniques, qui détestent ce maire autoritaire, estiment les experts.Face au très lisse Rick Lazio, la tâche est bien plus ardue.«Hillary bat des records d’impopularité pour une première dame auprès d'une partie de l’électorat», assure ainsi Joseph Mercurio, analyste politique new-yorkais.«Rudy Giuliani aussi.Mais maintenant, vous l’échangez contre un jeune membre de la Chambre des représentants avec une bonne image et tout est différent.» Pour l’instant nettement distancé dans la course au financement, Rick Lazio ne devrait pas être handicapé par un manque de moyens: la grosse machine du parti républicain tourne en sa faveur et M.Giuliani s’est engagé à mettre à sa disposition son listing national de contributeurs.Soucieux d’éviter le succès d’un autre Clinton au moment où le président se retire, ceux-ci avaient largement financé la précampagne du maire.Catholique d’origine italienne, fils d’un marchand de pièces détachées d'automobiles de Long Island, Rick Lazio joue à fond la carte du New-Yorkais de souche face à une première dame propriétaire depuis six mois seulement d’une maison dans une banlieue résidentielle et régulièrement traitée de «parachutée» par ses adversaires.«Comment pouvez-vous être New-Yorkais quand vous n’avez jamais acquitté d’impôts sur le revenu à New York?», s’interrogeait ainsi hier William Powers, président du parti républicain pour l'État.«Ce sera serré jusqu’à la fin, assure M.Mercurio.Mais je pense que Rick Lazio a davantage de chances d’accroître son score, en particulier dans le nord de l’État.» La Constitution est abrogée REUTERS Suva — Le chef d’état-major de l’armée fidjienne, Frank Baini-marama, a abrogé hier la Constitution multiethnique de l’archipel, datant de 1997.Il satisfait ainsi l’une des exigences majeures du putschiste George Speight.Le contre-amiral Frank Baini-marama a signé un décret rétablissant la Constitution de 1990, favorable aux Fidjiens de souche (populations mélanésiennes de l’archipel).L’abrogation de la Constitution était l’une des exigences de George Speight qui, avec son commando, retient en otages le premier ministre Mahendra Chaudry, premier chef de gouvernement fidjien d’origine indienne, et plusieurs membres de son gouvernement depuis le 19 mai dans l’enceinte du Parlement fidjien.M.Bainimarama a également indiqué qu’il respecterait la promesse du président déchu, Ratu Sir Kamisese Mara, d’accorder l’amnistie à Speight en cas de règlement pacifique de la crise.L’armée a proclamé lundi la loi martiale et assume les pouvoirs constitutionnels pour combler le vide institutionnel.Fujimori promet une «démocratie authentique» Washington envisage d’adopter des sanctions contre le Pérou / Les Etats-Unis coordonneront avec les pays d'Amérique latine leur réponse à la réélection contestée du président AGENCE FRANCE-PRESSE ASSOCIATED PRESS Les États-Unis ont annoncé hier qu’ils allaient coordonner avec les pays d’Amérique latine leur réponse à la réélection contestée du président péruvien Alberto Fujimori.Washington préparerait par ailleurs des mesures unilatérales pour protester contre le scrutin.Pour sa part, Alberto Fujimori a entrepris une difficile tâche: convaincre la communauté internationale et son opinion publique de sa réelle volonté de procéder à une «démocratisation authentique du pays», comme il l'a annoncé lundi.«Nous avons été profondément préoccupés par la façon dont cette élection a été conduite», a déclaré à Lisbonne Iç porte-parole du département d’État, Richard Boucher, en précisant que Washington allait coordonner les prochaines «mesures» à prendre avec les pays de la région.Uny responsable du département d’État avait déclaré lundi à Washington que les États-Unis considéraient la réélection de M.Fujimori comme non «valide».JjC porte-parole du département d’État a précisé que Madeleine Albright aurait des consultations à ce sujet avec le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OFA), César Gaviria, ainsi qu’avec les pays de la région.«Nous croyons que nous maximiserons nos efforts en les coordonnant avec d’autres pays de la région», a ajouté N).Boucher en indiquant que les États-Unis étaient impa- tients d’entendre le rapport que le chef de la mission d’observation de l'OEA pour les élections, Eduardo Stein, doit présenter aujourd’hui devant le conseil permanent de l'organisation à Washington.De plus, Washington s’apprête à prendre des mesures unilatérales contre le Pérou, a révélé hier un responsable du département d’État américain.Ce responsable, qui a requis l’anonymat, a confié que l’administration Clinton réexaminait actuellement sa politique de prêt au Pérou par le truchement des organisations internationales.Les programmes d’aide bilatéraux sont également réévalués, a-t-il ajouté.Néanmoins; il a précisé que Washington n’envisageait pas de couper toute aide au Pérou car cela aurait un impact sur la population la plus pauvre.Notamment, les programmes de soutien aux hôpitaux et à l’agriculture ne devraient pas être affectés, selon ce responsable.De même, il sera difficile de réduire le programme de lutte contre la drogue au Pérou, qui constitue l’une des priorités du gouvernement américain.Alberto Fujimori a été un allié crucial dans ce combat Dans un bref message à la nation lundi, Alberto Fujimori a promis que son mandat ne serait pas marqué par le maintien en l'état du régime, dénoncé comme autoritaire, voire dictatorial par ses détracteurs.Assurant qu’il voulait procéder à une «démocratisation authentique du pays», il a expliqué qu’après avoir vaincu le terrorisme et établi une stabilité économique, ce man- OSCAR PAREDES REUTERS Alberto Fujimori lors de son allocution télévisée de lundi.dat constituerait une nouvelle étape destinée «à corriger les erreurs du passé dans le but de consolider une démocratie institutionnelle, pilier du développement»., En dépit de l’influence qu’ont les États-Unis dans la région, il n’est pas évident qu’ils parviennent à leurs fins.Fujimori dispose, selon les analystes, d’un allié de poids en la personne du président brésilien Fernando Henrique Cardoso.Brasilia s’est toujours montré sourcilleux sur ce qui peut apparaître comme une ingérence extérieure.La communauté des pays andins (Bolivie, Équateur, Pérou, Colombie et Venezuela) lui est aussi favorable.La mission d'observation du Parlement andin est la seule à être restée dimanche au Pérou et elle a conclu que le second tour s’était déroulé dans des conditions «meilleures» que le premier.Son chef, le Bolivien Wilson Lora, a estimé que la décision de l’OÉA de se retirer «avait été une erreur».Enfin, le Chili, après l’accord qui a résolu le contentieux frontalier entre les deux pays, se cantonne dans une prudente expectative, même si le nouveau président, le socialiste Ricardo Lagos, est membre de l'Internationale socialiste, organisation qui s’est montrée très active contre M.Fujimori.La situation militaire est calme en Sierra Leone L’ONU dénonce l’encerclement de 258 Casques bleus FRANÇOIS-XAVIER HAR1SPE AGENCE FRANCE-PRESSE Freetown — L’ONU a dénoncé hier à Freetown l’encerclement de 258 de ses hommes par le Front révolutionnaire uni (RUF) depuis quatre semaines dans l’est de la Sierra Leone tout en affirmant que la situation militaire était «calme» à travers le pays.Le porte-parole de la Mission des Nations unies en Sierra Leone (MINUSIL), David Wim-hurst, a exigé du RUF (en armes depuis mars 1991) qu'il laisse librement circuler ces effectifs, bloqués depuis plus de trois semaines, comme le prévoyaient les accords de paix signés en juillet 1999.Le porte-parole a également exigé des rebelles la restitution de tout le matériel saisi sur les quelque 500 Casques bleus pris en otage au début du mois et dont les derniers ont été libérés le 28 mai.M.Wimhurst a souligné que les 258 hommes ne sont ni «otages» ni «détenus».Ils ont conservé leurs armes mais ne sont pas libres de leurs mouvements, a-t-il ajouté, faisant état de contacts avec les rebelles qui les encerclent et avec lesquels aucun combat n’a eu lieu.«Ils sont immobilisés depuis plus de trois semaines.Cette situation est inacceptable, a déclaré M.Wimhurst.Nous voulons une solution pacifique à ce problè- Les hommes ne sont ni « otages » ni «détenus» me.Les Nations unies appellent le RUF à mettre un terme immédiatement aux restrictions de notre liberté de mouvement.» Les Nations unies ont par ailleurs annoncé que 152 Bengladeshis et 200 Jordaniens étaient arrivés en Sierra Leone, portant à 11 059 les effectifs de la MINUSIL Le colonel A.C.Nelson-Williams, directeur des opérations de l’armée sierra-léonaise, a également déclaré hier que, pour la première fois depuis début mai, «aucun affrontement» n’avait été signalé au cours des dernières 24 heures.De son côté, la radio gouvernementale a longuement laissé la parole aux auditeurs dans une émission intitulée La Voix du peuplç pour commenter le sommet des chefs d’État ouest-africains qui vient de se tenir à Abuja.L’immense majorité des intervenants a déploré la décision de confier le sort du chef historique de la rébellion, Foday Sankoh, à la région plutôt qu’à son pays.«Cette décision venant de l'extérieur est un abandon de souveraineté inacceptable.H doit être jugé immédiatement et condamné.S’ils le laissent partir, je ne le pardonnerai jamais aux autorités.Il a tué beaucoup de monde.Il faut que les forces du mal soient détruites», a déclaré un auditeur, résumant le ton de la plupart des interventions.EN BREF Berezovski critique Poutine (AFP) — Le député russe et milliardaire Boris Berezovski, très influent à l’époque de Boris Eltsine, a demandé au président Vladimir Poutine de revoir le récent décret organisant le territoire de la fédération de Russie en sept super-régions.ce qui est selon lui plus nuisible qu’utile.«Dans tout Etat démocratique, une décision de ce type ne peut être prise qu’après une large discussion dans la société, suivie d’un référendum», a-t-il souligné.Jour un en Irlande du Nord (AFP) — La province britannique d’Irlande du Nord a recommencé hier à être gérée par un exécutif et une assemblée réunissant protestants et catholiques.Une première période d’autonomie avait tourné court en février.Cette fois-ci, «cela ne va pas échouer par manque d’efforts de notre part.Et je ne parie pas seulement pour les unionistes d’Ulster mais aussi pour une grande partie de la population nord-irlandaise qui est déterminée à ce que cela marche, d’une façon persistante», a estimé David Trimble.Flexibilité.5 la première année • Jusqu'à la dixième année Remboursables chaque année sans pénalité.Progressivité.Taux concurrentiels garantis pendant 10 ans.Tranquillité.Garanties sans limites par le gouvernement.Heures d’ouverture: du lundi au vendredi, de 8h à 20h.1 800 463'5229 Pour la région de Québec, composez le 521-5229.OBLIGATIONS’ À TAUX PROGRESSIF QUÉBEC www.placementsqc.gouv.qc.ca Québec Éï II Placements Québec LE DEVOIR.LE MERCREDI 31 MAI 2000 ÉDITORIAL Paule des Rivières ?Uécole alternative ?Le ministre de l’Education, François Legault, a décidé d’aller de l’avant avec la réforme des programmes scolaires même si, à l'évidence, un grand nombre d’enseignants sont mal préparés et même si les nouveaux programmes eux-mêmes sont loin d’être au point Dans un tel contexte, les risques de dérapage sont considérables.eu après son arrivée au ministère de l’Éducation, M.Legault avait annoncé le report de cette réforme mise en chantier sous sa prédécesseure, Pauline Marois.Cette décision avait fait l’unanimité parce qu’elle reflétait le simple bon sens: personne, à l’hiver 1999, n’avait encore même vu la couleur des nouveaux programmes! Il faut dire qu’une réforme de cette ampleur, une des plus importantes des 30 dernières années, ne peut s’improviser.Car non seulement on modifie les contenus des programmes, on s’apprête également à modifier sensiblement les manières de faire «pour rendre l’école plus intéressante».Au niveau primaire, c’est un peu comme si on voulait étendre dans toute la province les principes de l’école alternative.C’est la raison pour laquelle il aurait été sage de mettre toutes les chances de son côté en reportant encore d’un an cette réforme.La semaine dernière, la Commission des programmes d’études, chargée d'examiner les programmes, admettait que «des risques de dérive» existent toujours.Mais la politique a ses raisons propres.Dans ce contexte, parents, enseignants et directeurs d’école devront porter une attention particulière aux principales failles de cette petite révolution.D’abord, l’évaluation.Plus que jamais, il faudra être en mesure d’évaluer sur une base presque permanente les apprentissages des enfànts dans ce nouvel environnement scolaire.Or, et bien que le ministre de l’Éducation soit un grand partisan de l’évaluation, les choses ne sont pas claires du tout On sait que les bulletins avec notes doivent disparaître et on sait que les apprentissages seront évalués de façon systématique uniquement à la fin de la deuxième année, de la quatrième année et de la sixième année.Cette décision procède d’une généreuse intention, soit de donner à l’élève davantage de temps pour compléter les apprentissages attendus.Mais il reste primordial que les parents sachent tout au coure de l’année si leur enfant suit son groupe.Avec la réforme, plus personne à Québec ne veut entendre parler de redoublement.Le ministre a fait siennes les conclusions de nombreux experts sur cette question, à savoir que l’élève qui redouble, en plus de buter un an plus tard sur les mêmes difficultés, perd une partie de son estime de soi et de sa confiance, ce qui ne fait qu’amplifier ses difficultés.Cette analyse est juste et le pourcentage de redoubleure est tel au Québec qu’il y a lieu de s’interroger.Mais faut-il pour autant transformer le non-redoublement en religion?Ne faut-il pas éviter de faire changer de classe des enfants qui, lorsqu’ils seront en sixième année, seront découragés devant la hauteur du mur que représentera pour eux le secondaire?Les enseignants sont désormais invités à placer les élèves dans des situations d’apprentissage le plus proches possible de la réalité.L’enseignement par projet sera encouragé.C’est ainsi, souhaite-t-on, qu’ils développeront diverses compétences «transversales».Cette approche est attrayante pour plusieurs mais il est périlleux de la généraliser parce qu’elle ne convient ni à tous les enseignants ni, assurément, à tous les enfants.Et cela, sans parler du fait que le nouveau matériel didactique ne sera pas prêt pour septembre.Cette réforme, faut-il le rappeler, doit permettre un rehaussement des exigences, notamment en français et en mathématiques.Un objectif avec lequel on ne peut qu’être d’accord.De plus, conformément aux décisions prises par Mme Marois, les écoles primaires disposent d’une marge de manœuvre importante puisqu’elles rempliront elles-mêmes 25 % du temps passé en classe.Certains conseils d’établissement ont déjà, à la faveur de projets spéciaux, prévu l’emploi du temps de leurs élèves.Mais de nombreux autres devront prendre les bouchées doubles à la rentrée s’ils veulent éviter la désorganisation.On le voit, il reste beaucoup à faire pour assurer le succès de la réforme.Non seulement les changements doivent être implantés graduellement, le ministère de l’Éducation ne doit pas craindre de rectifier le tir en cours de route lorsque ce sera nécessaire.Sinon, on aura sacrifié une nouvelle génération d’enfants à l’autel des réformes pédagogiques mal faites.pdesrivieres@ledevoir.ca Pour une consultation LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE IAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET victf pis m it CA av/aît l'aï/?fuu u Fpn dams ce ÎCMPS-a * 1 " I * LETTRES -?- Le jour férié de nos Patriotes s’en vient Lors du récent congrès national du Parti québécois, les 5,6 et 7 mai derniers, à runanimité, semble-t-il, les 1800 congressistes ont donné le mandat au gouvernement du Québec d’instaurer «un jour férié en mémoire de nos Patriotes de 1837-1838, en remplacement d'un jour férié déjà existant».Des remerciements s’imposent Sans oublier le Comité national des jeunes et d'autres régions comme celle de Lanaudiè-re, il faut en particulier savoir gré à la région de l’Estrie, dont des citoyens pilotent patiemment ce projet depuis 1987.L'appui massif reçu de la part des délégués de toutes les régions du Québec nous permet maintenant de penser que le Jour férié des Patriotes s’en vient mais n’est pas encore arrivé.Pour que ce jour advienne, il nous reste encore du chemin à parcourir.D’autres appuis s’imposent.Il s’agit, en effet, d’un projet populaire d’envergure et lourd de sens pour la suite des choses, au même titre qu’au respect et au développement de notre langue française.Ce projet vise à reconnaître la place essentielle de notre histoire dans la réalisation de notre avenir collectif.Une correspondance concrète à notre devise Je me souviens.Une fenêtre de notre généreuse histoire ouverte, de façon particulière, aux immigrants.A ce titre, ce projet ne peut appartenir à un seul parti politique.Il serait excellent pour les Québécois et le Québec tout entier qu’un tel pro- jet reçoive l’appui de toutes les formations politiques du Québec.Mais plus important encore nous semble l'appui du plus grand nombre de citoyens du Québec en quête d’identité et a la recherche de leur histoire nationale.Et cela ne dépend pas du fédéral mais de nous.Cet appui populaire, avec ses hauts et ses bas, qui a débuté il y a 13 ans, reçoit à chaque semaine des réponses positives de toutes les régions du Québec.C’est là que repose notre principal espoir.Et dès cet automne, en collaboration avec la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, nous reprendrons le bâton du pèlerin pour solliciter encore l’appui du plus grand nombre de citoyens, d’associations et d’établissements de toutes les régions du Québec.Merci d’être au rendez-vous.Alcide Clément Club souverain de l’Estrie Saint-Êlie-d’Orford, 12 mai 2000 Les ratés d’Air Canada Vol 749 d’Air Canada, New York-Montréal, le 14 mai dernier.Les deux hôtesses de la section économique distribuent le National Post de Toronto.Sur demande d’un journal en français, réponse péremptoire: «Sorry, I don’t speak French.» Aucune des deux hôtesses ne parle français; il n’y a que le journal de Toronto qui soit prévu à bord.Cela fait-il aussi partie des ratés d’Air Canada?C.Robert Taché Outremont, 18 mai 2000 Un réflexe québécois Parce que leur contenu fait encore l’objet de discussions, il faudrait si l’on adopte le raisonnement de M.Hardy (Le Devoir, 17 mai, «Du bon usage des dictionnaires»), repousser à la semaine des quatre jeudis la publication de dictionnaires québécois.Ne pas bouger, ne rien faire [.] et laisser les autres dire qui nous sommes! Mais de quoi a-t-on peur?Le public québécois n’acceptera pas — on l’a vu — de troquer les dictionnaires de France pour des ouvrages qu’il estime de qualité moindre, fussent-ils réalisés ici.Ce n’est pas parce qu’on redoute le travail de «certains d'entre eux», selon la formulation de M.Hardy, qu’il faut bloquer tous les lexicographes.Il est vrai qu’ils ne s’entendent pas sur tous les points.Et après?C’est bon signe, non?L'unanimité serait bien plus inquiétante dans ce domaine que nous sommes à investir, comme jadis la littérature et, il n’y a pas si longtemps, la chanson, puis le cinéma.Imagine-t-on ce que nous aurions perdu si nos créateurs avaient écouté ceux qui ont voulu les décourager?Pour calmer l’angoisse de M.Hardy, je précise que non, je ne mettrais pas l’expression «faire sûr» dans un dictionnaire destiné à l’apprentissage de la langue.Pourquoi?C’est une expression qui est loin d’être générale sur le territoire du Québec et qui est restreinte à la langue orale.Claude Poirier Directeur du Dictionnaire historique du français québécois Québec, 23 mai 2000 LIBRE OPINION ->-—— 1 arrive que l’on consulte la population sur l’odeur du co- Ichon à la campagne.Ne devrait-il pas aller de soi que, lorsque le gouvernement présente un projet de loi sur la laïcisation des écoles, il permette à ceux qui désirent s’exprimer de le faire lors d’une consultation parlementaire?==! La question religieuse n’est-elle pas assez importante?Le ministre de l’Éducation, François Legault, affirme qu’il a déjà consulté les différents groupes concernés.Il est vrai qu’il a entendu leur point de vue sur le thème général.Il sait que Daniel Baril veut l’école laïque.Il sait que Louise Laurin veut que l’enseignement culturel des religions remplace l’enseignement confessionnel.11 sait que les évêques auraient préféré le statu quo ou, à défaut, l’approche communautarienne.Or M.Legault n’a retenu aucune de ces trois propositions.Il en a concocté une autre qui se veut un compromis.Il doit maintenant permettre aux acteurs de se prononcer sur le contenu de ce compromis.C’est une chose d’adopter une position de principe.C’en est une autre de juger un projet précis qui comporte d’ailleurs peut-être des anomalies que seuls les groupes concernés pourront déceler et révéler lors d'une telle consultation.En outre, la continuation du débat public permettrait au gouvernement de terminer le pro-Michel Venne cessus de fabrication du consensus que M.Le-?gault croit avoir réuni autour de ses orienta- tions, soit en convainquant ceux qui ne sont pas acquis, soit en acceptant des modifications au projet de loi.Ces audiences publiques ne retarderaient guère le moment de passer à l’action auquel M.Legault semble aspirer avec frénésie.Il s’avère que ce sont surtout les groupes qui militent en faveur de la déconfessionnalisation du système scolaire qui demandent la tenue d’audiences publiques.11 serait néfaste pour la suite des choses que l’on reste sur l’impression que, aujourd’hui comme durant les années 60, la solution retenue quant à la place de la religion à l’école soit le résultat d'un pacte conclu entre l’État et l’Église, à l’écart du débat démocratique.De qui a donc peur le gouvernement Bouchard lorsqu’il est question de religion à l’école?En 1997, Québec avait également refusé de tenir des audiences sur le projet de modification constitutionnelle permettant la laïcisation des commissions scolaires.C’est finalement le Parlement fédéral qui avait tenu une consultation publique, sur proposition du ministre.Stéphane Dion.mvenne(a ledevoir, ca Une guéguerre néfaste dans Notre-Dame-de-Grâce RAYMOND CLOUTIER Comédien et parent Ce texte s'adresse au Comité de parents pour la sauvegarde des écoles de quartier.T e ne sais pas si vous constatez l’effet per-1 vers de la campagne que vous menez I tambour battant dans notre quartier depuis quelques semaines.Depuis que les conseils d’établissement des écoles Sainte-Ca-therine-de-Sienne et Notre-Dame-de-Grâce ont recommandé à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) la création d’une école de cycle vouée à la cinquième et à la sixième année dans le bâtiment de l’école Somerled afin de résoudre le problème aigu de surpeuplement de ces deux écoles, vous tentez à coups de slogans et de demi-vérités de gagner l’appui de tout un chacun pour préserver les privilèges de quelques-uns.Voilà que vous annonciez, hier, que vous tenterez d'obtenir une injonction pour stopper la décision unanime (pour une fois!) de la Commission scolaire de Montréal en faveur de ce projet novateur.Rappelons que si rien n’est fait prestement, nous pourrions retrouver en septembre prochain près de mille élèves à l’école Notre-Dame-de-Grâce, ce qui nécessiterait l’ajout d’au moins trois roulottes dans la cour de l’école (beau projet!).Rappelons aussi que la majorité des parents ont exprimé clairement leur souhait, dès octobre 1999, de désengorger les deux écoles, et pour ce faire, ils ont aussi sollicité auprès de la CSDM la cession d’une école de la commission scolaire English-Montréal, du quartier NDG, au secteur français.L’école Somerled fut donc cédée, fin avril, à la CSDM, non sans batailles épiques, à la suite de l’intervention du ministre Francois Legault.Après des mois de discussions, deux assemblées gé- nérales et plusieurs réunions spéciales des CE des écoles du quartier NDG, où d’ailleurs les parents sont toujours conviés (où est le catimini dont on parle?), les deux conseils d’établissement, dûment élus par les parents en assemblée générale en septembre 1999 et qui avaient consulté les parents à deux reprises, ont constaté que les avis étaient pour le moins partagés de part et d’autre.Pour ne pas déchirer le quartier en deux par un découpage territorial tout à fait arbitraire, pour ne pas séparer les groupes et les amis, les CE ont donc opté pour la seule solution qui permettrait de dégager un nombre suffisant de locaux dans chacune des écoles afin de pouvoir offrir un environnement acceptable à tous nos enfants.Dès lors, l’option de créer un nouveau quartier dans NDG fut rejetée au bénéfice d’une nouvelle école dite de cycle dans un troisième bâtiment.Bien sûr, les tenants de l’école de quartier clameront que 55 % des parents étaient en faveur de leur option.Mais lorsque ce recensement a eu lieu, on l’accompagna d’un plan illustrant le découpage du nouveau territoire, et la minorité qui se voyait exclue du quartier vota majoritairement en faveur de l’école de cycle.Les règles démocratiques étaient faussées comme à chaque fois que l’on demande à une majorité de régler le sort d’une minorité.Malgré cela, le bon sens a prévalu.Alors, maintenant que les parents qui ont depuis toujours la chance d’accompagner leurs enfants à pied jusqu’à l’école constatent qu’ils devront, pour leurs enfants en cinquième et sixième années, faire un détour en auto ou bien les accompagner à un autobus scolaire qui les mènera en moins de dix minutes à leur nouvelle école, ces parents, donc, veulent pénaliser tout un quartier en demandant à la cour de renverser la seule solution qui évite- rait l’entassement de mille élèves de niveau primaire dans des locaux ne pouvant les accueillir.Aussi, ces mêmes parents préconisent le départ volontaire des enfants de l’école NDG vers l’école Somerled, laquelle se remplirait au fùr et à mesure de la bonne volonté de certaines familles.C’est une proposition tout à fait irresponsable et symptomatique du syndrome du «chacun pour soi» et du «pas dans ma cour».Au lieu de nous préparer au démarrage d’une école nouvelle consacrée au dernier cycle du primaire (à ce titre, elle devancerait la réforme) et dont les outils d’apprentissage seraient les nouvelles technologies, le quartier se divise et les couteaux volent bas.Le CPSEQ ne semble pas se préoccuper, au premier chef, du bien-être des enfants et de leur avenir immédiat.Les enseignants de cinquième et sixième années sont emballés par ce projet qui a été conçu par certains d’entre eux; le directeur de l’école NDG jusqu’à tout récemment, Hervé Sultan, a été choisi pour diriger la nouvelle école: les travaux de rénovation sont financés.et voilà que nos démocrates s'en vont en cour pour des motifs qui n’ont strictement rien à voir avec la pédagogie, la vie académique et l'instruction de nos enfants.Je tiens à féliciter le conseil d’établissement de s’être tenu debout et la commission scolaire d’avoir résisté aux menaces, et je souhaite que le gouvernement ne cède pas aux pressions de ceux qui placent leur agenda personnel au-dessus du bien collectif.Il faudra cesser cette guéguerre au plus vite et nous retrouver sereins et chaleureux comme avant ce malheureux conflit, dans un quartier si populaire auprès de ceux qui veulent élever une famille que les écoles en débordent.Il faut parfois s’offrir le moindre de deux maux pour pouvoir vivre ensemble.t LE DEVOIR.LE MERCREDI :{ I M Al 2 0 0 0 IDEES L économie du savoir doit s’appuyer sur les sciences humaines Le recteur de l’Université de Montréal dénonce la mode de l’investissement ciblé en éducation ROBERT LACROIX Recteur de l’Université de Montréal Allocution prononcée à l’occasion de la collation solennelle des grades, le vendredi 26 mai.u cours de la dernière année, comme vous avez pu le lire dans le programme de cette collation des gradés, 321 doctorats ont été décernés par l’Université de Montréal, dont 66 ont été pctroyés à des étudiants des Ecoles polytechnique et des Hautes Études commerciales.Pour ceux et celles qui ont lu ce programme, vous avez constaté la diversité des disciplines et surtout des sujets de thèse de doctorat.Certains d’entre vous se sont sûrement demandé: que font tous ces docteurs, particulièrement ceux en lettres, en sciences humaines, en sciences sociales?Est-ce que la société a bien fait de subventionner tous les cheminements?N’aurait-il pas été plus profitable qu’on se limite aux domaines en apparence plus porteurs?Ce questionnement n’est pas nouveau chez nous mais les raisons se sont modifiées dans le temps.Lorsque, à la fin des années 50, je terminai mes études classiques et décidai de poursuivre à l’université en sciences économiques, beaucoup de gens me demandèrent pourquoi je n’avais pas choisi plutôt le droit la médecine, la pharmacie ou le sacerdoce.Quelle idée avais-je d’aller dans un domaine assez mal défini à l’époque et sans grandes perspectives d'avenir?De nos jours, aux professions libérales traditionnelles se sont ajoutés les secteurs que l'on dit être ceux de l’économie du savoir: l’informatique, les biosciences, le génie.Si bien qu’un individu qui décide par exemple d’étudier en littérature comparée, en histoire de l’art, en sociologie, en philosophie ou en études françaises risque de devoir s’expliquer longuement pour justifier son choix.Ces réactions de nos différents milieux résultent d’une conception erronée de ce qu’est une société de la connaissance et une économie reposant sur le savoir.L’économie du savoir et ses besoins Dans certains milieux, on a une conception trop restreinte de l’économie du savoir, qui laisse croire que les seuls besoins en main-d’œuvre de cette nouvelle économie se retrouvent en sciences et en génie et se concentrent plus particulièrement dans des champs comme l’informatique et les biotechnologies.Personne ne niera que les secteurs scientifiques jouent un rôle important dans l’économie du savoir.Mais ce rôle est loin d’être exclusif.Pour soutenir cette dernière affirmation, je vais d’abord vous raconter ce que j’ai tiré d'une visite que j’ai faite l'automne dernier chez Ubisoft, dans ses nouveaux bureaux de Montréal.Vous connaissez sûrement cette entreprise française qui produit des jeux vidéo à caractère strictement ludique ou éducatif.Pour le commun des mortels, Ubisoft est une entreprise hi-tech n’embauchant à toutes fins utiles que des informaticiens.Dans la réalité, ce n’est pas tout à fait cela Lors de ma visite, on m’a informé que des quelque 400 employés, 25 % seulement avaient un profil dit technique.Par contre, 150 employés avaient un profil dit créatif.Qui sont-ils?Ils viennent de toutes les disciplines: histoire, philosophie, design, etc.Lorsque j’ai demandé sur quoi reposaient les succès de Ubisoft sur le marché des jeux vidéo, on m’a répondu: surtout sur la qualité et l’originalité des 150 employés à profil créatif Cette large gamme de qualifications se rencontre aujourd’hui dans la conception d’un grand nombre de produits nouveaux.Toute entreprise qui travaille au développement et à la mise en marché d’un nouveau produit voudra d’abord connaître les goûts des consommateurs, leurs besoins, les marchés potentiels.Elle cherchera un bien qui n’est pas seulement utile mais aussi beau à regarder, facile à utiliser, etc.Une fois le bien conçu et produit, il lui faudra en faire la promotion et le vendre.L’entreprise devra aussi vérifier la réaction des consommateurs pour améliorer graduellement son produit.Au bout du compte, le succès d’un produit nouveau dépend d'une multitude d’acteurs qui interviennent aux divers stades de sa conception, de sa production, de sa mise en marché et de sa vente.Dans chacune de ces interventions, des connaissances nouvelles sont appliquées qui ne relèvent pas des sciences naturelles et du génie.Ajoutons l’exemple du commerce électronique.On le voit, a priori, comme un phénomène relié à l’ordinateur, à l’informatique, à Internet au hkech, quoi! Toutefois, maintenant que l’infrastructure technique existe, qui travaille au développement de cette nouvelle façon d’échanger les biens et les services?On a d’abord des économistes, spécialistes des théories des enchères, qui font du «design de marché» sur mesure.Des spécialistes du marketing, ayant souvent des formations de base en psychologie ou en sociologie, s’intéressent au comportement des consommateurs sur de tels marchés.La sécurité et la légalité des transactions électroniques posent encore un grand nombre de problèmes sur lesquels les juristes du cyberespace se penchent Et on recourt chaque jour davantage aux services de concepteurs, de designers, de scénaristes ou de rédacteurs car les biens et les services échangés sur les marchés électroniques doivent être présentés de façon claire, précise et attrayante.En somme, le développement du «contenu» du commerce électronique fait massivement appel à des spécialistes de la gestion, des sciences humaines et sociales, des arts et des lettres.On ne doit donc pas s’étonner si, comme le montrent les études récentes, les sciences sociales et hu- maines constituent et de loin, le groupe le plus important des professions de la connaissance et qu'à l’exception de l’informatique, c’est le groupe qui a connu la croissance de l’emploi la plus importante depuis 1971.Ces résultats empiriques récents contredisent claire ment une opinion trop répandue voulant que, dans l’économie du savoir, il n’y en a que pour le hkech.L’investissement ciblé en éducation Depuis peu, il y a au Québec une belle unanimité dès qu’il s’agit de reconnaître que, dans une économie reposant sur le savoir, l’investissement en capital humain constitue un instrument stratégique pour un pays qui veut favoriser sa croissance économique et le bien-être de ses citoyens.Ce consensus ne tient toutefois plus aussitôt que l’on passe de ce grand constat général aux politiques de l'éducation.La grande tendance actuellement au Canada, et plus particulièrement au Québec, c’est qu’il faut investir dans l’éducation universitaire, mais de façon ciblée.Dans ces cibles, jamais U n'est question des lettres, des arts, des sciences humaines et sociales ou même de la gestion.Mais comment a-t-on déterminé ces cibles?La plupart du temps par de petites études ad hoc, qui relèvent souvent davantage du lobbying industriel que d'une connaissance approfondie du marché du travail pour la main-d’œuvre hautement qualifiée.A cet égard, les études récentes sont assez révélatrices des biais de perception que des situations de court terme peuvent créer.Par ailleurs, dans le rapport du Groupe d'experts sur les compétences qui vient tout juste d’être publié par le Conseil consultatif des sciences et de la technologie du Canada, on peut lire le constat suivant corrigeant certains biais de perception: «Dans les cinq secteurs industriels qu'on nous a demandé d’examiner [aérospatiale, automobile, biotechnologie, technologies environnementales, technologies de l’information et des communications], nous n'avons pas trouvé de preuve qu’il existait actuellement une pénurie généralisée et persistante de compétence technique.De manière générale, nos établissements d’enseignement et de formation et notre système d’immigration au pays semblent répondre aux exigences des employeurs canadiens à la recherche d’employés possédant les compétences techniques requises.» Ma conclusion est sans ambiguité à ce sujet Une politique de «ciblage» en éducation est une mauvaise politique.C’est un relent de ce vieil espoir de planification des formations en fonction de besoins futurs précis.Aucun des modèles de planification appliqués au secteur de l’éducation n’a résisté à l’épreuve de la réalité, malgré tout l’attrait de leur logique.Sans ciblage ni planification centralisée, les universités canadiennes ont qui plus est réussi à satisfaire les besoins de cinq industries dont certaines ont été complètement transformées dans la nature de leurs produits et la composition de leur personnel.Arnaque JEAN-FRANÇOIS B LAI N Montréal es enfants, parfois désespérés de voir le temps que je passe, à titre d’analyste, à décortiquer les dossiers du secteur de l’énergie, trouvent que les activités d’Hydro-Québec, à elles seules, accaparent leur père de façon déraisonnable.Mais ma fille Geneviève, qui a eu 11 ans il y a deux semaines, commence à comprendre plutôt bien comment fonctionne notre société d’État.Je lui ai donné l’exemple suivant.Imagine que tu as un dépanneur et que tu achètes 100 paquets de bonbons qui te coûtent 1 $ chacun [ma fille est une maniaque des bonbons; là, j’avais son attention].Tes 100 paquets de bonbons t’ont coûté 100 $ en tout.Disons que tu veux faire 25 C de profit sur chaque paquet de bonbons: il faudra que tu les revendes à 1,25 $ chaque paquet.Donc, tes 100 paquets qui t'ont coûté 100 $ vont te rapporter 125 $ en tout.[Elle suit très bien.] Mais supposons que tu veuilles faire une faveur à dix de tes amis sans perdre d’argent et même en en faisant davantage.Tu pourrais vendre les 90 premiers paquets de bonbons à 1,40 $ chacun et ça te rapporterait 126 $.Donc tes 90 premiers clients t’ont permis de récupérer ce que tes 100 paquets de bonbons t'ont coûté et de faire autant de profit que si tu avais revendu tous tes paquets à 1,25 S chacun.Alors les duc paquets de bonbons qui te restent, ça importe peu à quel prix tu les vends.Disons que tu veux faire plaisir à tes amis: tu peux leur revendre les dix derniers paquets à 1 $ chacun, le même prix que tu les avais payés, et ça fera quand même 10 $ de plus de profit dans tes poches.Tu vois, c’est tes 90 premiers clients, à qui tu a vendu les bonbons plus cher, qui t’ont permis de récupérer ce que les bonbons t’avaient coûté et de faire les profits que tu voulais.Tu aurais même pu revendre les dix derniers paquets moins cher que tu les avais payés, disons 90 C chacun, et ça aurait quand même fait 9 $ de plus dans tes poches.Alors, c’est ça: pour Hydro-Québec, les 90 premiers clients, ce sont les clients québécois, et les 10 derniers clients, ce sont des clients américains à qui on vend le reste de l’électricité.Les 90 clients québécois payent tout ce que ça coûte pour faire l’électricité plus les profits, et ce qui est vendu aux 10 derniers clients, les Américains, c’est des profits de plus dans les poches du ministre des Finances.- Ben, c'est dégueulasse! - Quoi, les bonbons?- Ben non, leur patente.- Ah, je savais bien que j’arriverais pas à te convaincre.Réponse à Paule des Rivières Essentiel Internet DAVID CLICHE Ministre délégué à l’Autoroute de l’information et aux Services gouvernementaux ^ la lecture de votre édi- torial du 17 mai intitulé A «De la poudre aux / m yeux», je juge important /—« de rectifier certains 2.éléments de votre tex- - te qui ne correspondent pas à la réalité de la situation.Vous affirmez qu’à titre de ministre délégué à l’Autoroute de l’information, je n'aurais même pas été préalablement informé de la mise en place du programme de branchement des familles.Vous faites, il me semble, bien peu de cas de la collégialité interministérielle qui unit les membres d’un même gouvernement.Quoique la préparation d’un budget ne soit pas un exercice public, je vous prie de croire que mon collègue, le ministre des Finances, a sollicité mon avis ainsi que celui des spécialistes de l’Autoroute de l’information, dont j’ai la responsabilité, avant d’annoncer cette mesure.Je ne partage pas non plus votre analyse sur l’utiiité d’un branchement Internet à la maison pour les enfants.Je crois qu’il est réducteur de prétendre qu’internet n'est qu’un centre commercial nouveau genre.Une étude intitulée Les jeunes Québécois et Internet réalisée auprès d’étudiants de secondaire 1 par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke nous révèle, entre autres, cpi«encyclopédie et communication sont les deux profils dominants des usages d’Internet par les jeunes.Mis à part le téléchargement de données dont l’accès est gratuit, les jeunes n’utilisent quasiment pas la dimension commerciale d’Internet».Lorsque vous remettez en question la valeur, pour les élèves dans les classes, des ordinateurs dont les adultes ne peuvent se servir de manière intelligente ou que person- 7?V ne dans une école ne peut réparer, vous soulignez une problématique à laquelle mon collègue de l’Éducation, le ministre François Legault, et moi avons essayé de trouver une solution.Le 14 juin 1999, nous avons annoncé une injection supplémentaire de 26 millions de dollars par année au Plan d'action ministériel relatif aux technologies de l’information et de la communication.De cette somme.12 millions servent à former ou perfectionner le personnel enseignant tandis que 14 millions vont aux commissions scolaires pour embaucher jusqu’à 400 techniciens.Enfin, lorsque vous demandez si JACQUES NADEAU LE DEVOIR l’incitation à l’achat d’un ordinateur est une dépense judicieuse pour une famille québécoise, vous faites abstraction de la révolution dans laquelle nous sommes engagés [.].Peut-on vraiment remettre en question la pertinence, pour une famille, de donner à ses enfants les nouveaux outils d'accès à la connaissance?Nous croyons, de notre côté, qu’il est essentiel d'offrir cet accès aux familles.Je crois sincèrement que ce programme de branchement des familles nous permettra d’accélérer la généralisation de l’utilisation des nouvelles technologies dans notre société.Alain -Robert Na de au ?Motifs politiques ien qu’il se soit dit perméable aux amendements susceptibles d’améliorer le projet de loi C-20 dit «sur la clarté», le ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, semblait à l’instar du premier ministre, peu enclin à retourner le projet de loi à la Chambre des communes.C’est du moins ce qui ressortait de son témoignage rendu lundi dernier devant le Comité sénatorial spécial relativement au projet de loi C-20.Si les opinions des sénateurs divergeaient d’un extrême à l’autre du spectre, allant de l'argument voulant que le projet de loi est inutile et dépourvu d’effectivité à celui postulant qu’il est inconstitutionnel parce qu'il reconnaît la divisibilité du territoire canadien, il demeure que certaines préoccupations sérieuses exprimées par les sénateurs devraient faire l’objet de l’attention de Stéphane Dion.Si on peut s’interroger, comme l’a fait le sénateur Nolin, au sujet de l’effectivité juridique réelle du projet de loi C-20, on doit néanmoins reconnaître qu’il serait difficile, dans la mesure où son objet véritable consiste à encadrer la conduite du Parlement et du gouvernement du Canada, d’en contester avec succès la constitutionnalité.Il apparaît que le véritable enjeu de ce projet de loi ne concerne pas tant sa légalité ou sa constitutionnalité que sa légitimité.C’est d’ailleurs ce qu’admettait Stéphane Dion lorsqu'il reconnaissait qu’il ne répond qu’à des impératifs politiques: «On a adopté le projet de loi C-20 pour des motifs politiques», a-t-il affirmé lundi dernier lors des audiences du comité sénatorial.Ainsi, s’il le souhaitait, le Sénat pourrait adopter le projet de loi C-20 sans modification.Cependant, entre les deux extrêmes (celui de l’inutilité du projet de loi et celui de l’indivisibilité du territoire) se sont dessinés trois points de vue qui méritent réflexion.D’abord, il m’apparaît incontestable, comme l’ont souligné plusieurs sénateurs, que le gouvernement doit, compte tenu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, tenir compte de l'opinion des Premières Nations.Ensuite, comme le faisait remarquer le sénateur Gauthier, il serait important de tenir compte de l'avis des minorités linguistiques.Le rôle de ces minorités m’apparaît aussi essentiel que celui des autochtones.Cependant, à la différence de ceux-ci, aucune obligation constitutionnelle ne commande de considérer l’opinion leurs représentants.Cependant, bien qu’il existe une obligation de consulter les peuples autochtones, la procédure de modification constitutionnelle ne leur accorde aucun droit de veto.Sur ce plan, il n’existe donc aucune différence entre les peuples autochtones et les minorités linguistiques.Comment réconcilier cette absence d'obligation constitutionnelle avec la réalité politique canadienne?En insistant sur le rôle constitutionnel du Sénat, le sénateur et constitutionnaliste Gérald-A.Beaudoin a peut-être répondu à cette question.Celui-ci faisait remarquer, citant une partie du paragraphe 88 du Renvoi sur la sécession du Québec (1998) voulant qu’«CM Canada, l’initiative en matière de modification constitutionnelle relève de la responsabilité des représentants élus des participants à la Confédération», que s’il est vrai que le Sénat n’a qu’un veto suspensif en matière de modification constitutionnelle Oui permettant seulement d’en retarder l’adoption pour une période de six mois), le Parlement est néanmoins constitué de deux chambres possédant des pouvoirs équivalents.C’est d'ailleurs ce que prévoit expressément l’article 17 de la Loi constitutionnelle de 1867.De plus, l’article 46 de la Loi constitutionnelle de 1982 énonce ceci: «L’initiative des procédures de modifications visées aux articles 38, 41, 42 et 43 appartient au Sénat, à la Chambre des communes ou à une assemblée législative.» Le Sénat est actuellement un rouage incontournable du Parlement.Faut-il rappeler aussi, comme l’avait fait George Brown, que les délégués du Bas-Canada à la Conférence de Québec de 1866, dont Georges-Étienne Cartier, n’ont accepté de souscrire au rep by pop (représentation proportionnelle à la Chambre des communes) qu’à la condition expresse que son caractère distinct (sa langue, sa religion et son droit) soit garanti par une représentation égale des régions au Sénat?Il m’apparaît incontestable que l’une des justifications contemporaines fondamentales du bicaméralisme, comme le reconnaissait aussi récemment la commission Wakeham au Royaume-Uni, soit la représentation des caractéristiques régionales, des intérêts nationaux et des minorités au sein d'une Chambre haute complémentaire.Bref, l’existence même du Sénat est intrinsèquement liée aux principes du fédéralisme.Dans ce contexte, il est difficile de concevoir que l’on puisse exclure le Sénat — indubitablement plus représentatif des communautés autochtones et linguistiques que la Chambre des communes — du processus formel d’enclenchement d’une modification constitutionnelle qui vise à remettre en question le fédéralisme canadien.alain-robert.nadeau@justice.com Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Étant donné l'abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d'indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes A l’Information RAnAralc et métropolitaine Ciérald Dallaire {adjoint an àirrctrur it l'injormation), Sylvain Dlam liard.Jean Chartier (vit nrbaintl, Marie-Andrée Chouinard {éducation) Yves d’Avignon (sports)-.Paule des Rivières (éditoriahstt).Jean Dion, LouisAiilles Krancceur (rnvinmntmtnO, Judith lachapelle, Louise Leduc, Kathleen lévesque (actualités politiques municipales).Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits dirm), Isabelle Paré (santé): Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt {pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclus et Christine Dumaiet {relrcteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes) : A l'information culturelle Michel Belair {responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Cléntent Trudel (musique) : A l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'infiirmatiim), Hélène Baril.Claude I évesque, Erançois Normand.Claude Tunutte; A l'information internationale : JeanPierrr legault.Guy Taillefer Serge Iruffaut (éditorialiste); A l'information politique: Pierre O'Neill.Ilelene Buzzetti, Manon Comellier {correspondantes parlementaires à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec): Marit-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : Julie Tremblay.Marie Claude Petit (commis).la documentation : Gilles l’aré (directeur) : Brigitte Arsenault, Manon Demme.Serge 1 aplanie (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).I-A PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, (iyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt.Manon Bouchard.Christiane I-oRault, Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Chantal Rainville, Micheline Ruelland.Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires), Léopold Ste Marie UUmtcur adjoint) Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yanick Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne l-abonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux.lise Lachapelle.Rachclle leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jcannc-d’Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy.Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). ACTUALITES OBSÈQUES RICHARD SUITE DE LA PAGE 1 Au cours du XX' siècle, c’est le décès du frère André qui a suscité la plus importante réaction du public.Il s’éteint le 7 janvier 1937.Le corps sera exposé en chapelle ardente pendant sept jours, semaine au cours de laquelle un million de visiteurs se bousculeront pour voir l’ecclésiastique dans son cercueil.Par un temps de pluie et de grésil, la foule attend entre quatre et six heures avant de pouvoir défiler devant la dépouille et toucher les pieds du défunt «Il a fallu le mettre sous une coquille de verre parce que beaucoup de gens voulaient prendre des morceaux de sa soutane», insiste Luce Dion, responsable des communications à l’oratoire Saint-Joseph.Afin de prévenir les vols et les pillages, 500 policiers et pompiers avaient même été déployés sur les lieux.«Il y avait des trains nolisés des Etats-Unis remplis de gens qui sont venus spécialement pour se recueillir, ajoute Luce Dion.On estime que la moitié de la population de Montréal s’est déplacée-pour le voir et pour prier.Et nous avons reçu des télégrammes du monde entier» Trois funérailles seront chantées en son honneur.Avant celle donnée à la crypte de l’oratoire, un défilé se met en marche dans les rues de la métropole pendant une heure et demie.En tout, 100 000 personnes y assistent et s’entassent jusqu'aux abords du mont Royal.Quelque 860 articles sur la mort du frère André ont été recensés dans les journaux canadiens et américains.«Si nous avons une tradition, je ne crois pas que ce soit une tradition de funérailles nationales car il n’y en a pas eu des dizaines au Québec», lance Jean-Jacques Simard, professeurs de sociologie à l’Université Laval.Le sociologue pense plutôt que la population répond à la nostalgie quand une personne célèbre meurt.«Cela m'apparaît une démarche très sentimentale.[.] Il n’y a pas beaucoup de gens qui sont connus de tout le monde.La mort de l'un d’eux suffit peut-être à nourrir le sentiment national.» L'historien Jean-François Nadeau renchérit «Ce sont aussi de grands moments qui sont amplifiés à l’excès par les médias.[.] Le Québec n’a pas le culte des morts comme il peut y en avoir dans d’autres civilisations.Nous n’avons pas de Panthéon comme en France.[.] Et les enterrements sont toujours un peu particuliers au Québec.Quand le cercueil de René Lévesque a circulé dans les rues, la joule a applaudi.On ne verrait pas ça ailleurs.» Howie Morenz était une vedette du Canadien dans les années 20 et 30.Son décès, survenu à la suite d’une blessure sur la patinoire, a profondément affecté les amateurs de hockey.Exposé au centre de la glace du défunt Forum de Montréal, la dépouille du joueur a vu défiler 40 000 personnes.A sa mort en 1991, le cardinal Paul-Emile Léger a également eu droit à une démonstration collective imposante.Des milliers de Montréalais ont défilé devant sa dépouille, exposée en chapelle ardente à la basilique Notre-Dame, et assisté à ses funérailles.L’église était d’ailleurs restée ouverte jour et nuit pendant deux jours pour permettre aux fidèles de passer voir le cardinal une dernière fois.On parlait alors de 60 visiteurs à la minute.Et les politiciens de la province ont également inspiré les Québécois.En 1919, les funérailles de l’ancien premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, ont attiré plus de 50 000 personnes.De même, plus de 70 000 personnes se sont pressées devant le cercueil de l'ancien premier ministre du Québec, Honoré Mercier, en 1894.«Ce chiffre est énorme parce qu’il n’y avait pas d’automobiles.Ça veut dire que les gens se sont déplacés en train pour venir rendre hommage à Mercier», rappelle Hélène-Andrée Bizier.Enfin, le décès de René Lévesque en 1987 a également vu déferier les passions.A Montréal, près de 50 000 personnes ont défilé devant son cercueil de bronze et plus de 10 000 personnes ont assisté au départ de la dépouille pour Québec en entonnant «Mon cher René, c’est à ton tour de te laisser parier d’amour».Le leader souverainiste avait ensuite été chaudement acclamé par la foule.L’histoire du Québec est qualifiée par plusieurs spécialistes de jeune histoire.11 faut donc des symboles pour ancrer les souvenirs, et le rite de la mort en est un.«Je crois qu’on célèbre plus une représentation de nous-mêmes que l’événement en soi», résume Jean-François Nadeau.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction @ledevoir .com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publie du Hindi au samedi par !/• Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9" étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., fil2, rue Saint Jacques Ouest.Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et i diffuser les informations publiée* dans 1* Devoir 1s Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n’ 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 Les membres de la famille de Richard se tenaient légèrement en retrait et ont accepté les condoléances de plusieurs des gens ordinaires et des personnalités qui s’étaient déplacés pour l’occasion.Les visiteurs, dont certains avaient fait le pied de grue dès les petites heures du matin pour être les premiers à saluer le disparu, entraient par les portes situées du côté est de l’amphithéâtre, à mi-gradins, pour descendre vers la patinoire.Plusieurs minutes de lente marche pour avoir le privilège de contempler le défunt pendant quelques secondes à peine.De nombreuses personnes se sont signées, d’autres n’ont pu retenir leurs larmes.La famille Richard avait demandé à la direction d’organiser un événement marqué par la simplicité et la sobriété, vœu qui a été respecté.Mais du fond de l’air, par le silence, par l’affluence, se dégageait une émouvante solennité et un considérable respect En début d’après-midi, hier, on estimait que plus de 50 000 personnes avaient déjà visité le Centre Molson, et on en prévoyait au delà de 100 000.(Le seul autre joueur de hockey à avoir eu droit à un traitement semblable était Howie Morenz, décédé en 1937.Les estimations de l'époque font état de 40 000 visiteurs à son exposition en chapelle ardente.) L’amphithéâtre devait fermer ses portes à 22h mais il était prévu qu'il puisse rester ouvert tant que des admirateurs du Rocket s’y présenteraient.Quantité de gens ont par ailleurs choisi de rester aux alentours du Centre Molson après leur passage à l’intérieur, question de simplement prolonger le moment ou de faire un tour sous le chapiteau (situé près des Cours Windsor) où ils pouvaient laisser un message dans les registres qui seront remis à la famille de Maurice Richard.Et évidemment, partout, il n’y avait qu’un seul sujet de conversation.«Mon père trouvait souvent que ses amis parlaient trop de hockey et qu’ils prenaient ça trop à coeur», racontait un monsieur à son ami.«Il disait qu'il y avait des choses bien plus importantes dans la vie, des problèmes bien plus graves à régler.Mais une fois, lors d’une rencontre publique, il m’avait dit: “Lui, mon gars, c’est Maurice Richard.Oublie jamais ça.Maurice Richard, c’est beaucoup plus que du hockey.”» «Richard nous a donné l’exemple.Il n’a jamais léché les bottines de personne et n’a jamais longé les murs.» «Si Maurice voyait ça» Plusieurs figures connues sont aussi venues rendre hommage au Rocket, dont Lucien Bouchard, Adrienne Clarkson, René Angélil, Jacques Ménard, Pierre Bourque, Ronald Corey, Marcel Aubut, ainsi que plusieurs membres actuels et passés de l'organisation du Canadien de Montréal.Parmi ces derniers, Stéphane Richer a relaté sa première rencontre avec le Rocket.C’était en 1988, Richer avait 21 ans et venait de marquer son 50e but POUBELLE SUITE DE LA PAGE 1 deuxième rang des pollueurs nord-américains de l’atmosphère.Or, si on se fie aux études sur les pluies acides et à celles sur le smog, de 50 à 60 % de ces retombées au Québec proviennent de la province voisine et des États américains situés plus au sud, qui prennent depuis des décennies le Québec et les Maritimes pour une poubelle atmosphérique.Selon le rapport de la CCE, environ 15 % de ces rejets globaux sont composés de substances cancérogènes.Deux entreprises majeures de l'Ontario figurent d’ailleurs dans la liste des 50 plus importantes sources de substances cancérogènes d’Amérique, soit Inco de Sudbury et Dofasco de Hamilton.Les deux sont situées dans le corridor des vents dominants qui soufflent sur le Québec.Cette situation pour le moins inquiétante pourrait susciter une intervention du gouvernement fédéral, a déclaré hier soir au Devoir h titulaire d’Environnement Canada, David Anderson, dans le cadre d’une entrevue téléphonique.M.Anderson entend saisir ses autres collègues de l’Environnement, qui se réunissent à Québec lundi et mardi prochains.L’Ontario veut faire reporter de 15 ans l’atteinte des normes sur les émissions de particules de moins de 10 microns, une des clés de la pollution atmosphérique, dont Ottawa annonçait cette semaine l’inclusion dans la liste fédérale des substances dites «prioritaires» pour leur élimination.Le ministre fédéral espère obtenir un consensus sur un échéancier d’élimination en 10 ans avec Tappui d’une majorité de provinces.Mais il craint que la majorité se rallie à l’Ontario dans l’espoir de préserver la compétitivité de leurs pollueurs respectifs.Fait rarissime, le ministre fédéral reconnaît que les émissions ontariennes touchent durement le Québec et les Maritimes.Le ministre Anderson ajoute que «la solidarité des autres provinces [susceptibles d’appuyer l’Ontario] demeure moins importante que la protection de la santé publique».Ottawa entend-il demeurer inactif au point de ne pas même pouvoir chiffrer la contribution toxique ontarienne sur le territoire de ses voisines?«Absolument pas», répond fermement le ministre, qui ajoute qu’Ot-tawa insistera «pour que l’Ontario nettoie son ciel et celui des autres provinces.Et si les autres provinces continuent d’appuyer l’Ontario, le gouvernement fédéral utilisera les nouveaux pouvoirs que lui confère la Loi canadienne de l’environnement pour intervenir».Quant au Québec, il a grimpé d’un rang dans la liste des pollueurs nord-américains, passant du 20' au 19e rang dans le bilan de l’année 1997.Mais contrairement à l’Ontario, le Québec a diminué, quoique très légèrement, ses émissions de 0,5 %.Il faut dire que les rejets globaux du Québec, soit 14 649 326 kg de contaminants, ne représentent même pas la moitié de ceux de l’Ontario.La proportion des émissions atmosphériques québécoises, soit 68,5 % du total, est par ailleurs sensiblement inférieure à celle de l’Ontario.Le bilan continental de la CCE s’avère fort incomplet en ce qui a trait à la contribution des entreprises mexicaines en raison du système laxiste de déclarations volontaires, qui prévaut dans ce pays et qui constitue par le fait même un abri commode pour les pollueurs.Par ailleurs, le bilan continental ne tient pas compte de la pollution agricole et diffuse, qui figure maintenant dans plusieurs Etats et provinces, comme le Québec, en tête de la liste des pollueurs à mettre au pas.Ce bilan essentiellement industriel indique que cette pollution s’est accrue globalement de 1,2 % en 1997 avec un total de 1,29 milliard de kilos de contaminants, qui ont été soit rejetés, soit transférés à d’autres entreprises pour être traités ou éliminés.Les rejets sur place, qui touchent les populations locales, correspondent en gros au tiers de cette production de toxiques.Quant aux polluants directement rejetés dans l’eau, dans l’air ou sur (ou dans) le sol, leur total s’élève à 850 millions de kg, soit les deux tiers du total généré par les entreprises.Les contaminants cancérigènes constituent 15 % de ce bilan, la plupart ayant pris la voie des airs.Si la production de contaminants a augmenté, les rejets globaux ont diminué de 13 % au Canada et de 8 % aux États-Unis.Cette baisse a été compensée par une augmentation, qualifiée de «radicale» par la CCE, des polluants transférés hors des sites de production, en hausse de 27 % en 1997.Cette donnée est d’autant plus inquiétante que les gouvernements tentent partout d’obtenir une réduction à la source des contaminants, un mot d’ordre de toute évidence oublié.Les «transferts», soit l’envoi chez d’autres pour élimination ou traitemeqt, ont augmenté de 31 % au Canada et de 27 % aux États-Unis.Ces augmentations des deux côtés de la frontière sont attribuables au secteur des métaux de première fusion, qui a augmenté globalement ses rejets de 25 %.A l’opposé de cette tendance, l’industrie chimique et les papetières ont réduit considérablement leur contribution, la diminution du côté des papetières atteignant globalement 32 %! C’est le Texas qui vient en tête des pollueurs du continent même s’il est le seul du peloton des cinq champions de la pollution à avoir réduit ses rejets de 15 % entre 1995 et 1997.En comparaison, la Pennsylvanie, qui a ravi la deuxième place à l’Ontario, a augmenté ses rejets et transferts de 27,3 % et l’Ontario, de 5,9 %.L’étude de la CCE essaie d’avoir son petit côté optimiste en précisant que «les cinq Etats et provinces de tête [au classement général] prévoyaient tous une diminution entre 1997 et 1999».Le rapport indique par ailleurs que la pollution engendrée par les petites entreprises demeure fort importante: celles de moins de 50 employés contribuent pour 27 % au grand total.Plus inquiétant encore, leur contribution a augmenté au Canada de 38 % en raison des politiques laxistes des gouvernements provinciaux alors que les grandes corporations ont réduit globalement leur part de 11 %.A l’échelle nord-américaine, les 50 plus grandes entreprises polluantes sont responsables de 27 % des volumes totaux, soit autant que les milliers de petites entreprises.Santé : les provinces feront campagne aux élections fédérales ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les provinces feront en sorte que l’insuffisance du financement fédéral dans les systèmes de santé au Canada devienne un enjeu des prochaines élections fédérales si elles ne parviennent pas à s'entendre avec Ottawa d’ici là.C’est ce qu’a laissé savoir la ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, Pauline Marois, et son homologue de l’Ontario, Elizabeth Witmer, à l’issue de la rencontre des ministres de la Santé des provinces et des territoires.«Dans une campagne électorale, je vous dirai qu’évi-demment on se chargera [de le rappeler] si jamais il (le gouvernement fédéral) ne devait pas répondre positivement à nos attentes», a dit Mme Marois au cours d’une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Santé du Manitoba, Dave Chomiak.«C’est évident que [le fédéral) aura des comptes à rendre à ce moment-là à la population québécoise et canadienne», a ajouté Mme Marois.De son côté, la ministre ontarienne de la Santé et des Soins de longue durée, Elizabeth Witmer, estime que le temps propice pour faire pression sur Ottawa, ce sera durant les prochaines élections fédérales.L’occasion sera bonne, d’autant plus qu’on prévoit que les liberaux de Jean Chrétien seront tentés d’exploiter le thème de la santé lors des prochaines élections fédérales de façon à contrecarrer le discours de droite de l’Alliance canadienne.la rencontre des ministres provinciaux de la Santé a ixTmis de confirmer que le front commun des pro vinces, qui réclament d’Ottawa le rétablissement du niveau de 1994-95 du transfert social canadien relatif à la santé, soit 4,2 milliards par année dont un milliard pour le Québec, tient toujours.«Ottawa peut insister, mais vous avez vu que le front commun n’a pas flanché», a dit Mme Marois.Le gouvernement fédéral «n’a pas le droit de se défiler», selon elle.La force des provinces dans ce dossier leur vient de «la force des besoins que nous avons, des obligations qui nous sont faites» dans les lois fédérales sur la santé, a soutenu Mme Marois.L’essentiel de la stratégie des provinces pour infléchir le gouvernement fédéral, c’est «de maintenir le cap sans soulever d’autres aspects» que le rétablissement «inconditionnel et immédiat» du transfert social canadien et l'indexation de ce transfert en fonction des coûts croissants de la santé, a indiqué Mme Marois.Afin d’étayer la position des provinces, les ministres de la Santé ont mis la dernière main à un rapport sur les facteurs de croissance des coûts dans les systèmes de santé au Canada.Ce rapport, dont la première version a été préparée par l’Ontario et le Manitoba, sera remis sous peu dans sa version définitive aux premiers ministres provinciaux.M.Chomiak a indiqué que la croissance des coûts avec laquelle les provinces sont aux prises provenait des changements démographiques, des soins prodigués aux autochtones, de la technologie médicale de plus en plus chère et de l’accroissement des coûts des médicaments.«Pour la première fais cette année, un rapport de Statistique Canada indique que le coût des médicaments a dépassé le coût des honoraires des médecins dans le système de santé canadien», a-t-il dit.de la saison dans l’uniforme tricolore.«M.Richard était entré dans le vestiaire et était venu vers moi.U m’avait serré la main et m’avait simplement dit: “Bienvenue dans le groupe [des marqueurs de 50 buts).’’/’étais tout jeune.Il avait ce regard, j’étais tellement timide, tellement impressionné.Je n’oublierai jamais tout ce qu’il a fait pour nous tous.» Serge Savard, ancien directeur général du Canadien et président de la Fondation Maurice-Richard, a pour sa part noté que l’ampleur qu’ont prise les événements à la suite du décès du Rocket aurait certainement sidéré le principal intéressé.«Je suis certain que si Maurice voyait ça, il penserait que ça ne peut pas être aussi gros», a-t-il commenté.De son côté, le comédien Denis Bouchard a raconté avoir connu Richard lorsqu’il avait fait la mise en scène de la fermeture du Forum et de l’ouverture du Centre Molson.«Le Centre Molson ne sera jamais plus le même parce que Maurice Richard y sera toujours.Il y a maintenant une âme dans cet édifice», a-t-il dit Aujourd’hui, à 10h30, ont donc lieu les funérailles nationales de Maurice Richard, précédées d’un cortège funèbre qui s’ébranlera à 9h30 à l’angle des rues de la Montagne et Sainte-Catherine et empruntera cette dernière jusqu’à la rue Saint-Denis pour ensuite se diriger vers la basilique Notre-Dame.Les personnes qui ne peuvent entrer dans l’église faute de places pourront suivre la cérémonie, officiée par le cardinal Jean-Claude Turcotte, sur un écran géant aménagé sur la place d’Armes.GAGLIANO SUITE DE LA PAGE 1 contrats, dont un totalisant 24 900 $ et destiné à évaluer la faisabilité d’une télévision communautaire.Tremblay Guittet est dirigée, entre autres, par Michèle Tremblay, ex-secrétaire de presse de l'ancien chef libéral John Turner et proche collaboratrice de M.Gagliano, ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux.Elle assistait le ministre l’an dernier à la sortie d’une retraite du cabinet, l’attaché de presse de M.Gagliano étant absent.Elle a par ailleurs vu à la production de documents pour le congrès de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada, en novembre dernier, congrès dont M.Gagliano avait la responsabilité en tant que ministre politique et organisateur en chef du parti au Québec.Joint hier, Manuel Guittet a précisé que son entreprise n’avait pas de contrats avec le PLC, qu’il s’agissait d’une initiative personnelle de Mme Tremblay.Il a par contre confirmé que son entreprise continue de s’occuper des tournées ministérielles et d'effectuer d’autres contrats gouvernementaux.Interpellé par le Bloc québécois aux Communes hier, le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Alfonso Gagliano, a défendu la décision du BIC d’appuyer les tournées des ministres au Québec.«Ce sont des tournées ministérielles pour justement informer les Québécois des programmes que le gouvernement canadien a mis en place pour eux, chose dont les députés du Bloc québécois ne font pas la promotion.La seule chose dont ils font la promotion, c’est de détruire ce pays», a-t-il déclaré.Habituellement impassible, M.Gagliano s’est enflammé, soutenant que les tournées des ministres avaient «fait mal au Bloc», l’avaient rendu nerveux et allaient continuer à le faire.Quant aux contrats accordés pour les organiser, ils ont fait l’objet d’appels d’offres, a-t-il souligné, ce que confirment en partie les documents du pioc.Le secrétaire d’État à la Science, à la Recherche et au Développement, Gilbert Normand, un des plus actifs dans ces tournées, partage l’opinion de son collègue.«On veut rencontrer le plus de citoyens possible au Québec parce que c’est la seule province où il y a un parti séparatiste.On veut contrer justement les séparatistes en allant voir les citoyens pour leur montrer que le gouvernement fait beaucoup de choses pour eux», a-t-il expliqué.D trouve normal de confier la tâche à des entreprises privées pour assurer la cohérence des tournées et harmoniser le message.Selon lui, cela est dans l'intérêt du gouvernement et n’a rien de partisan.Pour le chef bloquiste Gilles Duceppe, c’est tout le BIC qui doit être remis en question.«On soupçonne qu’il y a un nid de patronage qui se retrouve là.Et deuxièmement, on s’est dit, après le référendum, qu’il fallait se donner un ministère de la propagande qui in-terviendrait au Québec pour défendre la thèse libérale.C'est à ça que ça sert», a-t-il dit.Il en veut pour preuve l’attribution de contrats, qui pourraient selon lui être réalisés par d’autres ministères, à des compagnies dirigées par des libéraux bien connus et à d’autres qui ont été financièrement généreuses envers le PLC.Le Bloc a relevé dans la liste des firmes retenues la présence d’Infras inc., la maison de sondage des libéraux québécois lors de la dernière campagne, et de GPC, une compagnie dirigée par Rémi Bujold, ex-secrétaire parlementaire libéral et président du Centre de recherche et d’information du Canada du Conseil pour l’unité canadienne.Le BIC porte une attention toute particulière au Québec.Une proportion importante de contrats visent les régions québécoises et au moins deux sont ouvertement destinés à accroître la visibilité du gouvernement en régions.Le premier à cet effet, d'une valeur de 36 500 $, a été accordé à Conseil et vérification Canada en 1998.Le second, de 16 500 $, a été accordé l'année suivante à la firme québécoise Groupe Secor.In création du BIC et la inise sur pied de ces tournées ministérielles au Québec ont suivi de peu le référendum de 1995, que les fédéralistes ont remporté mais par un cheveu.Lors de l’ouverture officielle du BIC, en septembre 1996, la ministre responsable à l’époque, Sheila Copps, avait dit que son «but principal est de transmettre de l’information aux Canadiens et de corriger les faussetés des séparatistes».Le rôle du BIC ne s’est jamais tellement précisé depuis, ce qui a nourri les doutes et la controverse.La liste des contrats accordés laisse d’ailleurs songeur.Les activités financées vont de l’analyse économique à la commandite d’événements comme le centenaire de la ville d’Asbestos en passant par la mise à l'épreuve de messages contre l’usage du tabac.Un dénommé George Bourgoignie a par ailleurs obtenu un contrat de 23 250 $ pour dresser la .liste des entreprises ayant participé aux missions d'Équi-pe Canada, information pourtant disponible auprès du ministère du Commerce international.Autrement, le BIC sollicite surtout des conseils en matière de communication, des analyses des médias, des revues de presse et des données de sondages.Fit le BIC accordait en février 1999, trois ans après sa naissance, un contrat pour obtenir des conseils sur sa structure organisationnelle et son orientation stratégique, la compagnie retenue, Sussex Circle, est la même qui avait obtenu un contrat similaire moins d’un an plus tôt
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