Le devoir, 10 juin 2000, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II J C I N 2 0 0 0 ?LE DEVOIR ?S Tourner en anglais au Québe CHRONIQUE Think big! Page B 3 ARTS VISUELS Échos d’images Page B 7 FORMES Prix Commerce Design Page B 9 JARDINS Le temps des pivoines Page B 10 Cinéma Page B 4 Disques Page B 5 Ils s’appellent Denys Arcand, Robert Lepage, Léa Pool, Claude Fournier, Bernar Hébert, Richard Roy.Point commun: ils tournent, viennent de tourner ou se préparent à le faire, un film en anglais.Exode de nos cinéastes vers la langue d'Hollywood?Pas si simple.Tous vous diront conserver des projets en français dans leur besace.N’empêche.le gros marché international parle la langue d’Eastwood et il est bien tentant pour un réalisateur de sortir son nez de la petite mare franco-québécoise.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Ça se joue sur fond de confidences, de cris, de chuchotements.Depuis la fin mai à Len-noxville, dans une université Bishop ma-qumee en école privée anglophone, trois adolescentes vivent devant la caméra leurs pubères émois.Léa Pool s’active sur le plateau de Lost and Delirious, co-production Québec-Ontario scénari-sée par Judith Thompson d’après le roman The Wives of Bath de Susan Swan.C’est la toute première fois que la cinéaste de La Femme de l’hôtel verse dans le long métrage en langue anglaise.Jamais non plus auparavant n’avait-elle travaillé sur un scénario signé entièrement par quelqu’un d’autre.Et Léa Pool de s’avouer stimulée par l’aventure, sa routine secouée, plongeant dans l’univers d’autrui.Sa quête d'acteurs s’est jouée dans la cour de Los Angeles, de New York, de Toronto autant que de Montréal; tous horizons grand ouverts.Le film donne la vedette à Jessica Paré (l’actrice du dernier film d’Arcand), à Piper Perabo, à Mischa Barton (qui jouait dans The Sixth Sensé), à Graham Greene, l’acteur amérindien de Dances with Wolves.Gros projet donc, né un peu dans la foulée du précédent film de Léa Pool, Emporte-moi, fort bien reçu aux festivals de Toronto et de New York.Les offres se sont alors faites pressantes pour porter à l’écran le livre de Swan.«Si je continue à miser sur le Québec et sur Paris, je plafonne, a-t-elle songé.De fait, Miramax, Sony Classic nous ont déjà approchés sur scénario pour la distribution de Lost and Delirious.En français, c’eût été impossible.» Tentant, ce bond à l’anglais, les avantages sociaux en prime.Robert Lepage dont le Possible Worlds sortira sous peu, s’étonnait l’automne dernier de la vitesse à laquelle les fonds (4,3 M) avaient été dégotés pour cette production quand tout traînait de la patte à l’heure de financer ses films en français.Soudain les partenaires internationaux se ruaient au por-tillon de Possible Worlds.Tiens! Tiens! Via la visite.VOIR PAGE B 2: TOURNER Si je continue à miser sur ie Québec et sur Paris, je plafonne JAN THIJS Pool Léa Une présentation de Hydro Québec M QUI M L'équipe de LaSYMPHONIEduMILLÉNAIRE souhaite remercier les 19 compositeurs, les 15 ensembles et les 2000 carillonneurs qui ont participé à cet événement sans précédent le 3 juin 2Q00 devant plus de 40 GOO personnes.Ainsi que ses commanditaires et partenaires, et plus particulièrement Hydro-Québec, commanditaire présentateur, la Chaîne culturelle de Radio-Canada, diffuseur officiel et Solotech, fournisseur d’équipement pour la sonorisation.Québec5S ^ & La Fondation SOCAN VIII* de Montrée! COI iSauni£|te«yj ¦CCI BOMBARDIER LE DEVOIR £* QmUmm fr 793 GRACE "GLORIA Iv'lllc h IwillIC Je h loin _ioo|or ImJuçlion : Michel Ircnihl.i\ Mise en •m.viic : / \'ni I IIIhIi .III M lit II ¦ ill 'II I I 11 S.uni th .i tlim.m.It.Illi i l-.l.mais fait retour avec amusement et stupéfaction (la nôtre), notamment sur les principes d’interactivité qui baignent une tranche des arts visuels en ce moment.Le visiteur est amené à produire, en appuyant sur le petit bouton de la pédale, une situation qui pour lui est carrément désagréable.D’abord, il provoque ce tintamarre sur une base volontaire et le son est réellement envahissant, à peine supportable.Or, pour réellement tester la machine, pour en explorer la rythmique, il faut la souffrir quelque peu.Mais encore, peut-être encore plus intéressant que les sonorités qui sont avant tout répulsives, la chorégraphie de cette entité tentaculaire s’avère presque touchante dans sa mollesse désabusée.Les larges errements de la machine, ces gestes flasques qui s’élancent dans l’espace en font une marionnette nourrie par les contrastes entre le bruit et le roulis de ses membres câblés et souples.Dans cette pièce aux multiples dimensions, la métaphore du corps humain n’est pas loin.Celui-ci s’agite, retentit en vain, et la machine, pourtant si familière, cause l’effroi par effet de syncope.La rythmique est affolante dans cette salle saturée par le bruit, portée par les décibels.Post-Audio-Esthetic Dans la seconde salle de la galerie Clark, un bizarre de salon attend les visiteurs, un petit fatras technologique, «à mi-chemin entre le pseudomagasin de disques et le salon d’art contemporain».Ce petit bordel contient une cynique murale, une vue en forêt, laquelle diffuse la musique des numéros de série des billets de banque, gracieuseté de Mathieu Beauséjour, des t-shirts hip, des machines, des disques, etc.On en fait vite le tour, par contre, ce bazar tout en sons est le lieu de performances musicales et bruitistes où la technologie s’allie aux performeurs.La programmation fait relâche cette fin de semaine, mais vendredi 16 juin, Jimmy Brain, Alexis O’Hara et Rob Stephens, Pocket et Mutante avec Martin Tétrault, de même que Jean-Frédérick Messier seront de la partie, puis le lendemain, les Nocturnes de Clark (de 21h à Ih du matin) se terminent avec la clôture et Open Dex, une soirée «tables ouvertes».Tous les samedis dans L’^énda M MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Québec Kl Cl Kl Kl VlmisIfM- ries ; munit if>.il
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