Le devoir, 17 juin 2000, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET I) I M A X < HE IS J l I \ » O II O LE DEVOIR cr T V 'JÇpMtïi'ï ¦ mm • C ” , fi et cœur imm k$l* Mfm j-Vf si-5 j - • ¦¦ ¦’ y- Si ÿç, m&w m : y CHRONIQUE Musée mal aimé Page B 2 DOSSIER Prix A rtsAffa ires Page B 6 FORMES Le bain Schubert Page B 9 JARDINS Tomates Grand Prix Page B lO Cinéma Page B 3 Disques Page B 4 :: 1 Elle signe cette année sa 10' mise en scène au Festival Juste pour rire.Tout a commencé en 1990 avec Les Palmes de monsieur Schütz.Depuis, les succès se sont alignés d’année en année avec, entre autres, Molière, Pagnol, Feydeau.et maintenant Goldoni et ses Deux Jumeaux vénitiens.À 69 ans, Denise Filiatrault est plus active que jamais.Portrait de celle qui a fait et fait toujours rire le Québec.SOLANGE LÉVESQUE De la petite fille du Plateau Mont-Royal qui improvisait des «séances» et des numéros de claquettes pour ses camarades à la réalisatrice et metteur en scène qu’elle est devenue au fil du temps, Denise Filiatrault a touché à de multiples formes de spectacles: cabaret, chanson, danse, séries télévisées, théâtre, cinéma.Sans parler des textes et des traductions.Contre toute attente, c’est Yvette Brin-d’Amour qui lui a permis de faire ses débuts au théâtre en lui offrant un rôle dans Le Complexe de Philemon, un boulevard mis en scène par Jean Faucher, en 1957.Denise Filiatrault travaillait alors au Beu qui rit; pendant l’entracte, elle sautait dans un taxi et se costumait en route pour être prête à jouer sa scène au Rideau Vert.Elle reprenait le taxi tout de suite après pour venir continuer la revue au Beu qui rit! A ce souvenir, Denise Filiatrault éprouve beaucoup de gratitude pour Mme Brind’Amour: «Aller chercher une artiste du music-hall pour la faire jouer au théâtre, il fallait le faire!» Il n’est pas si loin le temps où les revues et la comédie étaient méprisées ou ignorées par plusieurs.Pas si lointaine l’époque où les artistes de variétés devaient lutter pour établir un territoire francophone dans des domaines jusque-là presque exclusivement américains.À l’école des planches Avant de devenir celle qu’on appelle affectueusement «la Filiatrault», interprète d’un naturel extraordinaire et metteur en scène rigoureuse, Denise a fait ses classes à la dure, sur les planches, à partir d'essais et d’erreurs comme plusieurs de sa génération.«Au cabaret, on t’engageait pour une semaine, et si tu n ’avais pas de succès, bonsoir! Au début, j’étais mauvaise et on me huait.C’est normal, j'apprenais mon métier.» Après 50 ans d'expérience et 35 mises en scène, elle affirme sans hésitation: «La chose la plus difficile, c'est d'apprendre à rester, à persister malgré tout.» A l’instar du regretté VOIR PAGE B 2: FILIATRAULT tV «s De gauche à droite: Roger la Rue, Denise Filiatrault et Yves Jacques JACQUES GRENIER LE DEVOIR I , 1 I.K l> K V (MK.I.K S S A M EDI 17 E T I) I M A X ( HE 18 .1 I I X 2 (t 0 0 — A mm n il Le musée mal aimé Le Musée Stewart, vous connaissez?Oui?Non?Il a beau exister depuis des lunes, bien des Montréalais persistent à ignorer son existence.Plusieurs se sont tout de même aventurés sur son île Sainte-Hélène l’an dernier avec 101 000 autres visiteurs pour l’expo Napoléon.Vous savez alors qu'après avoir quitté la ville, en métro, en auto ou à vélo, vous devez vous offrir une petite expédition jusqu'à La Ronde, tourner le dos au «plus beau joujou au monde» et monter bravement la butte; ce n'est déjà plus Montréal sans ressembler pour autant à la banlieue.Pour faire un peu campagne, quelques petits oiseaux chantent même à l’ombre du Cosmodôme qui se profile au loin.La métropole est derrière vous.Un des charmes principaux dudit Musée Stewart tient au fait qu’il prend pied dans l’enceinte du vieux fort.Pas fou, exploitant ses antiques appâts, l’arsenal orchestre dans sa cour force manœuvres militaires en costumes du XVIIIe siècle avec les soldats de la Compagnie Franche de la Marine et les 78th Fraser Highlanders ameutant les curieux à coups de canons et de mousquets.Cela dit, c’est à l’intérieur que ça se passe, du côté des expositions, souvent passionnantes.Précisons d’abord que ce musée, en majeure partie alimenté par les collections de David M.Stewart, homme d'affaires jadis juché sur l’empire Macdonald Tobacco, est un peu l'enfant négligé du gouvernement.La Fondation Stewart le tient à bouts de bras, aligne les sous.Mais l’État traîne la patte, le ministère de la Culture en particulier, pour ne pas le nommer.Le Stewart appartient à la catégorie des musées intermédiaires, tout comme le McCord et le Centre canadien d’architecture.Or si ses pareils recueillent la manne d'un million et plus en subven- Trem b lay Od i le tion annuelle, celui de File Sainte-Hélène hérite d’un maigre octroi de 250 000 $.lœ quart de son dû, ni plus ni moins.Cherchez l’erreur.Le conservateur Guy Vadeboncœur crie, avec raison, à l’injustice, précise que son équipe prépare un dossier sinon bétonné, du moins tricoté serré sur le flanc de l’argumentation, histoire de monter au front devant le ministère de la Culture dès le mois prochain.En espérant que celui-ci, arsenal pour arsenal, ne lui répondra pas par la bouche de ses canons.De fait, au ministère de la Culture, on évoque des considérations historiques et budgétaires — air connu —, précisant qu'on souhaiterait bien faire mieux, mais voilà: il faudrait enlever à l’un pour donner à l’autre.Bref, le statu quo a de bonnes chances de demeurer statut quo.Et débrouillez-vous avec ça.Les dirigeants du Musée Stewart soupirent en se disant que le fait d’être perché sur une autre île que la vraie, la nôtre, peuplée et trépidante, dessert leur juste cause.Hors du centre-ville, point de salut.Ça semble un peu fou.Comme si les forts militaires du XVIir siècle fleurissaient en bouquets au pied de la Place Ville-Marie.Le monsieur Stewart en question, qui trôna sur le tabac à une époque où la boucane avait meilleure cote qu’aujourdTiui, décédé en 1984 après s’être investi corps et âme dans ses collections au nom de la Société historique du lac Saint-Louis, a passé le flambeau à sa veuve, laquelle se fait dûment appeler Madame Dayid M.Stewart et Madame le président.Loin du nom de fille et de la féminisation des titres.On est à mille lieues des revendications féministes.Plongés plutôt jusqu’au cou dans la bonne société anglaise de jadis, toujours vivace, recelant tout de même, faut-il le préciser, de grandes qualités: ses solides traditions de mécénat entre autres, tristement maigrichonnes de notre côté de la mare linguistique.Mais ça, c’est une autre histoire.Je vous raconte tout ça après m’être farci, au Musée Stewart, une expo fascinante.Oui! La Terre est ronde émerge entièrement des trésors amoureusement recueillis par Stewart et tient la route jusqu'en mars 2001.Au menu: des globes anciens, terrestres et célestes, mais également des cartes, des instruments de mesure scientifiques, des livres d’époque montrant la perception changeante que l'humanité s’est faite du monde et du cosmos au fil des siècles.Ai-je dit que c’était bien monté, qu’on débutait le périple entre miroirs et voûte étoilée dans un no man’s land intergalactique où le visiteur perd pied parmi les dimensions éclatées?Intelligente expo que celle-ci.Côté globes, la quarantaine exposée constitue la plus importante collection au Canada pour une période antérieure à 1850, entre 1533 et 1840 plus précisément.la représentation du Nouveau Monde y apparaît en soi comme un work in progress.Sur le globe de Blois de 1533, l’Amérique tient du grand espace vide.Elle prendra une forme un peu bizarroïde au long des découvertes.Le Québec, encore vaguement triangulaire au début du XVIIIe siècle, se forge ensuite une silhouette, mais dès la fin du XML , les missionnaires jésuites et les explorateurs avaient dessiné les profils des lacs Michigan et Supérieur.C'est la rencontre à paliers d’un continent qui se joue en parcours globulaire sous nos yeux.Géographiquement fidèles ou non à la réalité planétaire, Dieu qu’ils sont beaux, ces globes-là! Conçus à des fins décoratives autant qu'éducatives avec du bois, de l’or, de l'argent, du cuivre, de l’ivoire, du verre.Celui de Coronelli en 1688, véritable œuvre d’art, au demeurant immense, laisse baba d’admiration pour son faste, avec de petits négrillons à pagnes et à turbans — quoi d’autre?eh! c’est le règne des colonies — en guise de supports ou de points cardinaux.Longtemps, les globes venaient par paires, le céleste faisant pendant au terrestre, tous deux vite désuets.Qu’à cela ne tienne! On en fabriquait d’autres.Aussi beaux, aussi preste ment démodés.Hop là! Je vous recommande d’ailleurs, pour mieux plonger dans le sujet, l’ouvrage superbe Sphcerœ Mundi, conçu en marge de l’expo par les éditions du Septentrion.Entièrement consacré aux globes anciens du Musée Stewart, il aligne historique, photos, illustrations, panorama des globes hollandais, anglais, allemands, italiens, suédois, français, point de vue d’un historien d’art.Bref, c’est bien foutu.Me suis-je particulièrement intéressée à parcourir le monde sous globe parce que je filais au loin?Peut-être bien.Au moment où vous lisez ces lignes, me voici en balade au Japon, invitée à une tournée culturelle de l’archipel par la Japan Foundation.J’espère d’ailleurs vous expédier ma prochaine chronique de là-bas en vous disant «sayonara» avec ça.o t rein b tayCalede voi r.com FILIATRAULT Denise Filiatrault trouve excitant de faire rire aujourd’hui avec une pièce écrite en 1747 SUITE DE LA PAGE B 1 Jean-Louis Millette, elle est d'avis qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier et que diversifier ses savoir-faire constitue un atout.Parmi ceux qui ont marqué son apprentissage et sa carrière, Denise Filiatrault mentionne pour commencer Jacques Lorain, son ex-mari: «Un homme de beaucoup de goût qui n’avait au- cun snobisme face au divertissement.C'est lui qui m’a appris à aimer et à apprécier la comédie et le music-hall pour ce qu’ils sont, sans les dénigrer sous prétexte que “ce n ’est que du divertissement” et que “c’est facile”», préci-se-t-elle.«Jacques lstrain m’a enseigné à bien faire ce que je fais.» Et puis Paul Berval, compagnon avec qui Denise Filiatrault a fait les belles heures de l’illustre boîte Le Beu qui rit.«Faul possédait une grande culture.Il connaissait et jouait tous les classiques, qu’il adorait.Il avait une voix d’opéra.Paul était un comique, un drôle malgré lui.A son contact, j’ai appris la vérité dans la comédie: pour faire rire, il faut être vrai.Il ne faut pas jouer, il faut être, et assumer ce qu’on fait jusqu’au bout.Il a été le premier à mélanger les genres, à introduire des tirades classiques au beau milieu d’un sketch burlesque.» Autre rencontre décisive pour Denise Filiatrault: André Brassard, qui l’a «amenée ailleurs en tant qu actrice et en tant que metteur en scène», affirme-t-elle.«Son approche très théâtrale des pièces de Tremblay m'a éblouie.Moi, j’étais plus "premier degré”; grâce à lui, j'ai appris à aller plus loin.La façon dont il a monté Les Belles-sœurs m'a vraiment inspirée, explique-t-elle.Quand il est arrivé avec l'idée des choeurs grecs, par exemple, j’ai soudain commencé à taper du pied sur le rythme; s'il ne nous avait pas dirigées de cette façon, l’idée ne me serait pas venue de mêler la gigue aux chœurs grecs.» Joint par téléphone, André Brassard, de son côté, considère Denise Filiatrault comme «Tin-fluence la plus déterminante, une rencontre essentielle au début de [son] parcours».«Denise avait le sens de la réalité, du concret et du rapport avec le public, le sens du show.Elle connaissait les règles de la montée d’un spectacle, explique-t-il.J'étais tourné vers l'Europe et entiché de théories; pour elle, le théâtre n ’existait pas sans un rapport direct avec le réel.Denise Filiatrault, ce n’est pas l’actrice du “pourquoi” mais l’actrice du “comment”.Elle est certainement la personne de qui j’ai le plus appris.» Denise Filiatrault signale Michel Tremblay, bien sûr, l’ami de toujours, «le dramaturge qui nous a permis de découvrir une partie de nous qui n’avait pas droit de cité, avant, au théâtre».Et enfin, Michelle Rossignol, à qui elle doit de faire de la mise en scène.Denise Filiatrault vivait en France et jouait au théâtre de Boulogne Billancourt quand Michelle Rossignol (alors directrice) lui a offert sa première chance en lui proposant de monter Les P'ridojinades de Gra-tien Gélinas à l’Ecole nationale de théâtre en 1985.La commedia dell’arte passée au bleu En mêlant des personnages plus complexes à quelques types de la commedia dell’arte qu’il a conservés (Arlequin, Brighella, Colombine, le docteur), Carlo Goldoni a renouvelé un genre qui commençait à s’exténuer à force de vouloir se ressembler.Les Deux Jumeaux vénitiens compte parmi les chefs-d’œuvre de ses 150 comédies.Ce coup de maître du dramaturge italien raconte les péripéties rocambolesques de deux frères jumeaux qui se retrouvent dans la même ville après avoir été séparés à leur naissance.Ressort singulier: ils sont joués par le même comédien, en l’occurrence le virtuose polyvalent qu’est Yves Jacques.Celui-ci séjournait à Paris depuis quelques années; Denise Filiatrault a attendu son retour pour monter la pièce.«C’est un divertissement de haut vol», remarque Denise Filiatrault, qui a réuni une équipe très ensoleillée autour d’Yves Jacques, lequel incarnera Tonino et Zanet-to.Pierrette Robitaille sera Béatrice, l’irrésistible Italienne; Cari Béchard incarnera Florindo; Marie Char-lebois jouera Colombine, Isabelle Vincent, Rosaura et Stéphane Bru-lotte, Arlequin, tandis que Benoît Girard revêtira le manteau de l'inénarrable docteur.Quant à Brighella, c’est à Vitali Makarov que le metteur en scène l’a confié.Cet acteur russe installé à Montréal depuis quelques années a joué dans plusieurs pièces montées par Alexandre Marine.Il était un prince de Danemark inoubliable dans le Hamlet proclamé meilleure production montréalaise 1998-99 par l’Association québécoise des critiques de théâtre.Denise Filiatrault n’a que des éloges pour cet acteur qu’elle a fait travailler et retravailler afin qu’il peaufine son accent.«Vous imaginez?Jouer la commedia dell’arte en français quand on a eu sa formation en russe! Eh bien, il est merveilleux! C’est un perfectionniste qui a conquis l’amitié et l'admiration de toute l’équipe.» Denise Filiatrault trouve excitant de faire rire aujourd’hui avec une pièce écrite en 1747: «Mais cela ne va pas de soi, remarque-t-elle.Les personnages ne sont pas censés savoir que les deux jumeaux sont joués par le même comédien, mais le public, lui, le remarque évidemment tout de suite; pourtant, il suit les personnages dans cette convention, et les quiproquos complètement invraisemblables provoqués par les jumeaux n’en deviennent que plus désopilants.» Quand elle parle de ses interprètes, la dame de fer du timing et de l'authenticité n’a que des termes affectueux: «Il m’arrive de sortir de mes gonds, mais je les aime profondément, et je voudrais qu’ils le sachent», in-siste-t-elle.Une entreprise pareille ne peut être menée à bon port sans la participation de concepteurs expérimentés; c’est pourquoi Denise Filiatrault a fait appel à François Barbeau aux costumes, à Guillaume Lord au décor, à Michel Beaulieu aux éclairages et à Christian Thomas à la musique.Les Deux Jumeaux vénitiens tiendra l’affiche du 29 juin au 30 juillet prochain dans le cadre de la dixième édition du Théâtre Juste pour rire au Saint-Denis II à Montréal, puis au Palais Montcalm de Québec, du 5 au 8 septembre.JACQUES GRENIER I E DEVOIR Denise Filiatrault a attendu le retour au pays d’Yves Jacques pour monter ce «divertissement de haut vol» qu’est la comédie Les Deux Jumeaux vénitiens de Carlo Goldoni.^ M Quand elle parle de ses interprètes, la dame de fer du timing et de l’authenticité n’a que des termes affectueux: «Il m’arrive de sortir de mes gonds, mais je les aime profondément.» Uft rhm é imm l WmW* Des forfaits-hébergement ,~!5.à partir de 19.95$ (par pers occ double) (coucher! déjeuner et.accès au site) www.saintieanportjoli.com ou téléphonez au 41^|>98-94j^ •v l>« ojarthtH ïT'-T5 Association touristique Chaudière-Appalaches 1 888 831-4411 Pour des vacances qui bouqent.c'est l'idtal.Québec! www.chaudapp.qc.ca Les chefs-d’oeuvre sont des îles d’éternité sur lesquelles les mortels péuven l.i se reposer et se renouveler.xôTIVQl , proverbe japonais Orford||& 30 JUIN au 12 AOUT Demandez la programmation dès maintenant Sans frais : 1 888 310-3665 Centre d’Arts Orford 31 fis, ch.du Parc, Orford (Québec) .MX 7A2 www.arts-orford.com • urls.orford@sympatico.ca Fax : (819) 843-7274 Direction artistique : Agnès Grossmann TELEGLOBE BANQUE NATIONALE QHydro Québec BOMBARDIER t LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DI M A X C II E IS J L I X 2 O O O B 3 CINÉMA Wheti the Day Breaks, coréalisé par Amanda Forbi et Palme d’or du meilleur court métrage au Festival de Cannes en 1999.[lL,:.C VU Tableau d’honneur de l’animation IMAGE PAR IMAGE: SIX FILMS D’ANIMATION PRIMÉS DE L’ONF Du 16 au 22 juin, à 17hl5et21hl5 Au cinéma Parallèle du Complexe Ex-Centris ANDRÉ LAVOIE Les cinéastes d’animation ressemblent à des coureurs de fond, se consacrant entièrement à leur passion, incapables de s’éparpiller et fuyant les mondanités.On ne parle souvent d'eux que lorsque les plus hautes distinctions viennent souligner le travail de plusieurs années pour un court métrage que l’on aura plus souvent la chance d’attraper à la télévision que de découvrir sur grand écran.Tel un tableau d’honneur pour quelques réalisateurs du studio anglais d’animation de l’ONF s’étant particulièrement distingués au cours des deux dernières décennies, on nous propose six courts métrages, tous plus rigolos les uns que les autres.Des films charmants, certes, mais aussi, et surtout ceux de Wendy Tilby, d’une époustouflante beauté visuelle et portés par une véritable poésie où le banal quotidien camoufle d’étonnantes surprises.Ce trop court programme débute justement par l’œuvre complète de Tilby, œuvre qui se résume à trois films magnifiques où, dans les deux premiers, elle manie la technique de peinture sur verre avec autant de dextérité et d’élégance que Caroline Leaf.Tables of Contents (1986) et Strings (1991) présentent des personnages évoluant dans des milieux clos, un restaurant dans l’un et un immeuble à logements dans l’autre.On y retrouve bien sûr beaucoup d’incidents cocasses mais l’ambiance qui s’en dégage est en demi-teintes, presque mélancolique.Même si la technique adoptée est quelque peu différente (le dessin et la peinture sur photocopies), il règne une atmosphère semblable dans When the Day Breaks, coréalisé par Amanda Forbi et Palme d’or du meilleur court métrage au Festival de Cannes en 1999.On y fait la connaissance de Ruby, une truie qui n’aurait pas dû mettre le nez dehors, passablement secouée à la suite de la mort accidentelle d’un voisin.Encore ici, ce sont les liens, parfois très ténus, entre les habitants d’une grande ville qui forment la toile de fond de ces films, dont les nombreux prix pour chacun d’eux sont tous mérités.Doigté Autre habitué des récompenses, Eugene Fedorenko a en commun avec Frédéric Back et Norman McLaren, en plus de la passion pour l’animation, le doigté et les couleurs qu’il faut pour séduire les membres de l’Académie, lui qui a reçu un Oscar pour Every Child (1979).Bien plus qu’un film au service d’une bonne cause — conçu pour souligner la Déclaration des droits des enfants par ITINICEF et l’Année internationale des enfants —, ce charmant court métrage nous dévoile, dès la première image, l’origine de tous les sons que nous entendrons, produits par les Mimes électriques.Certains se souviennent sans doute de ces deux joyeux lurons capables de toutes les extravagances vocales.On y suit le parcours assez mouvementé d’un joli poupon qui passe d’une demeure à l’autre car personne, du fonctionnaire zélé au couple de retraités très attaché à son chien, ne voudra lui offrir un toit.Larmoyant?Contre toute évidence, tout simplement hilarant, le plus amusant de tout le programme.Dans Village of Idiots (1999), Fedorenko s’est associé à Rose Newlove pour mettre en images ce conte folklorique juif où le pauvre (intellectuellement surtout.) Shmendrik quitte son village natal de Chelm pour se retrouver dans un autre, identique au sien, avec les mêmes enfants turbulents et une épouse incapable de faire autre chose que de crier.Mais s’agit-il vraiment d’un autre village ou nage-t-il, et nous avec lui, en pleine fabulation?La question importe peu, seul le plaisir de le voir s’enfoncer dans sa possible méprise suffit à nous divertir.On fabule aussi beaucoup dans My Grandmother Ironed the King's Shirts de Torill Kove (1999), une coproduction entre l’ONF et le Studio Magica d’Os-lo, qui pourrait aussi bien s’intituler Les mensonges que ma grand-mère me racontait.La jeune réalisatrice, qui en est à son premier film professionnel et a eu droit à une nomination aux Oscars cette année, mélange des récits de famille, la sienne, avec la grande histoire, tout cela assaisonné de deux trois mensonges et de bien des invraisemblances.En fait, c’est pratiquement un siècle d’histoire de la Norvège revue et corrigée par une femme qui prétendait avoir repassé les chemises du roi (jusque-là, on peut y croire.) mais qui surtout a organisé un mouvement de résistance pour bouter les nazis hors du pays.Sa méthode consistait à endommager des chemises ou encore à y glisser de bien désagréables bestioles.Comme quoi tous les moyens sont bons pour faire la révolution.My Grandmother Ironed the King's Shirts de Torill Kove (1999), une coproduction de l’ONF et du Studio Magica d’Oslo.Festival des Arts de St-Sauveur 28 juillet au 6 août 2000 Ballet national de Hongrie Orchestre national des jeunes du Canada Ballet Jôrgen Louis Robitaille 1ère mondiale Rencontres sur Broadway avec Robert Marien Gino Quilico DànceGalaxy Forfait (souper, spectacle, hébergement, petit déjeuner) Condo Mont St-Sauveur 1-800-363-2426 Auberge Mont Gabriel 1-800-668-5253 Manoir St-Sauveur 1 -800-361 -0505 Hôtel l’Estérel 1-888-ESTÉREL Patrimoine Canadian canadien Heritage Canada le mm UN*Y.MON K T.DEMtM DM-AC.I tt ( Revit! R www.ai1ssHintSHLivciir.eom Inlornuilious, rcscrva lions 450-227-9935 Une lourde fresque académique PAN TADEUSZ D’Andrzej Wajda Avec Michael Zebrowski, Boguslaw Linda.Daniel Olbrychski, Grazyna Szapolowska Scénario: Andrzej Wajda.Jan Nowina Zarzycki, Piotr Weresniak.Image: Pawel Edelman.Montage: Wanda Zeman.Musique: Wojciech Kilar.Pologne/France, 1999, 157 minutes.MARTIN BILODEAU La présence du Polonais Andrzej Wajda sur nos écrans s’est faite rare depuis la chute du Rideau de fer.D’autant que son cinéma, toujours alerte bien qu’il soit désormais produit dans la tourmente d’une industrie cinématographique réfractaire à la nouvelle économie de marché, n’est plus que le reflet pâlissant d’une œuvre autrefois riche, qui demeure aujourd’hui le témoin précieux d’un engagement envers l’Homme et contre le Pouvoir.Que l’académie du cinéma américain ait décerné un Oscar honorifique à Wajda, en mars dernier, semble d’ailleurs confirmer que les grands moments de cinéma de celui-ci sont derrière lui.D’autant que Pan Tadeusz, film-fleuve adapté d’un poème épique d’Adam Mic-kiewicz, présenté aujourd’hui et demain à l’impérial grâce à l’assistance de l’ambassade polonaise, abonde malheureusement dans le même sens.Et ce, même si, à ce qu’on raconte, cette fresque historique, coproduite avec la France, a rencontré son public dans son pays d’origine, où le texte de Mic-kiewicz (connu en finançais sous le titre de Monsieur Tluidéé), portant sur les années qui ont précédé l’insurrection de 1830, fait vibrer l’âme slave depuis 1834.C’est du point de vue de son auteur, en exil parisien, que le cinéaste nous place, dès la première séquence.Appuyé à la fenêtre d’une chambre de bonne parisienne, son Mickiewicz mélancolique, désireux de redonner l’espoir d’une nation unie à ses infortunés compagnons d’exil, amorce alors la lecture à voix haute de Pan Tadeusz, histoire d’une rébellion qui gronde et qui finalement éclatera au sein des communautés polonaises et lithuaniennes, partageant le même territoire à l’heure où l’armée russe avance sur eux et où l’armée napoléonienne, qui prévoit de contre-attaquer, se fait attendre.La tension qui règne parmi les nobles de Soplicowo, en Lithuanie, enflamme les esprits, déjà allumés par la querelle de deux familles se disputant la propriété d’un château.Mais l’amour que se portent les jeunes Tadeusz et Zosia, doux symboles d’une Pologne innocente et pleine d’avenir, pourrait rapprocher les parties.Outre quelques séquences du début où le montage et la musique fusionnent dans une valse superbe, le film consiste essentiellement en un collage serré de dialogues enflammés et théâtraux, filmés sans grande invention.La grandiloquence de l’ensemble, accentuée par le texte en vers (comportant douze chants) et une direction d’acteurs délibérément affectée, alourdit par ailleurs cette fresque académique, qui n’est pas sans rappeler les vien-noiseries des années 50, avec ses cadres champêtres idylliques, ses bals somptueux et ses amoureux beaux comme des dieux.En portant à l’écran ce texte fondateur, miroir d’une Pologne sans cesse déchirée, arrachée, occupée, toujours solidaire devant l’épreuve, Andrzej Wajda voulait manifestement obtenir un consensus, inspirer aux siens un grand rassemblement.C’est d’ailleurs ce qui risque de se produire ce week-end à l’impérial.où la communauté polonaise de Montréal, à qui cet événement s’adresse avant tout, est attendue en grand nombre.PAN TADEUSZ A l’impérial Aujourd’hui et demain 12h30,16h et 19h30 Information: (514) 484-2008 VISION Une scène de Pan Tadeusz d’Andrzej Wajda.C w du au 24juin 27 Août 24 juin au 27 août 2000 CONCERT D'OUVERTURE : Lyne Fortin, soprano Michael McMahon.piano Un récital axé sur les thèmes du jour et de la nuit Ensemble Arion Claire Guimond flûte Chantal Rémillard.violon Hank Knox, clavecin Betsy MacMillan.viole de gambe Œuvres de lECLAIR, TELEMANN, BACH, VILLENEUVE et RAMEAU 20 h 30 25$ une soirée Beethoven Emmanuel Strosser et Claire Désert, pianos 20 h 30 25$ Hydro CjV OuébtK ^Bmnches-Musique 18 juin 25 juin Bernard Cimon Chanteur-accordéoniste Thus les dimanches de Tl h à 14 h COOl JAZZ, Daniel MarCOUX, contrebasse, Alain Bûies, saxophone et Michel Bolvin, batterie Télé-Québec Réservations : (418) 452-3535 poste 872 OU (sam frais) 1-888-DFORGET poste 872 Visitez notre site : www.d0majnefbr9et.com L'abonnement au Festival 10 billets de concert au choix de In programmation reguliere du festival pour seulement 210 S taxes incluses et bien plus encore vous n y trouverez que des avantages renseignez vous A LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DI M A X C II E 18 J U I \ > O O O B 4 CINÉMA Plongée dans le futur ordinaire TITAN A.E.Dessin animé de Don Bluth et Gary Goldman.Avec les voix de Matt Damon, Drew Barrymore, Bill Pullman.Scénario: Ben Ed-lund, John August et Joss Whe-don.Direction artistique: Kenneth Valentine Slevin.Musique: Graeme Revel!.États-Unis, 2000,80 minutes.MARTIN BILODEAU \ A l’heure où présent et futur se croisent chaque jour dans le cyberespace, la tendance actuelle du cinéma hollywoodien, qui s’exerce à projeter l’humanité dans un futur post-Armagueddon, paraît tout à fait normale.Or, lorsqu'un dessin animé, participant de cette tendance, emploie des méthodes d'animation qui remontent à l’époque où Disney était vivant, jette dans cette toile des personnages érotisés à la heavy metal, puis brode en travers un discours biblique et talmudique, on a envie de s’écrier, en balançant les bras comme le robot de Perdus dans l’espace: «Danger, danger.» C’est de la Twentieth Century Fox, un studio qui accuse un sérieux retard sur ses concurrents, côté animation, qu’émane Titan A.E., signé Don Bluth et Gary Goldman, deux vieux pros de la vieille école Disney (Sleeping Beauty, An American Tail, Thum-belina, Anastasia), qui travaillent en tandem depuis 28 ans.La Terre explose à la fin de la première séquence de Titan A.E.(pour After Earth), sacrifiée par la main des Drej, venus d’une planète rivale.Nous sommes en 3028.Grâce à son père, le petit Cale a réussi à échapper à la destruction de la planète.Quinze ans après les événements, il butine, de base spatiale en base spatiale, où les humains, en nombre décroissant, vivent parmi toutes sortes de races hostiles les unes vis-à-vis les autres.Sa rencontre avec Korso, un mercenaire de l’espace, et sa jolie pilote Akima lui fera prendre conscience de la mission dont l’a investi son père: retrouver Titan, un vaisseau qui, une fois mis en marche, pourra recréer la Terre et accueillir les humains de plus en plus persécutés par les Drej.Comme de bien entendu, ces derniers tenteront d'empêcher le projet de se réaliser, mais c’était sans compter sur l’autorité des Adam et Éve très sexys que forment Cale et Akima, lesquels, on s’en doute, ont un nouveau Wood-stock à organiser.Le scénario éculé et mal articulé, aux échos racistes, ou du moins sectaristes, paraîtra prévisible à un enfant de sept ans.D’autre part, celui-ci risque peu d’être étonné par les dessins d’inspiration japonaise, dont son petit écran est barbouillé du matin au soir.Peut-être les noms de Matt Damon et Drew Barrymore, qui prêtent leurs voix au duo amoureux, parviendront-ils à appâter quelques adolescents.Mais rien n’est moins sûr tant Titan A.E.ressemble à l’ultime relique d’un monde de l’animation traditionnelle que plus personne ne défend aujourd’hui.Encore eût-il fallu que le film de Bluth et Goldman s’appuie sur un scénario vraiment original, défende des idées nouvelles, pour que le pont soit pour eux franchissable.Hélas, ce Titan A.E.nous laisse sur l’étrange impression d’une réponse à Star Wars.Celui de 1977.SOURCE TWENTIETH CENTURY FOX Titan A.E.ressemble à l’ultime relique d’un monde de l’animation traditionnelle que plus personne ne défend aujourd’hui.-î>.• ?CHANSON Michel Rivard dans ses temps libres ARCHIVES LE DEVOIR Michel Rivard a décidé tout bêtement de prendre une année sabbatique.«La pire affaire», rigole-t-il.Aussitôt annoncée la sabbatique, aussitôt l’afflux de propositions.Michel Rivard a dit oui seulement aux plus alléchantes: réalisation d’un album pour Bon, création d’un oratorio pour chorale de 2300 voix avec Marie Bernard et double spectacle avec Daniel Bélanger et Jean-Pierre Fer-land.Oisiveté?Connaît pas.SYLVAIN CORMIER Il avait du temps devant lui, comme on dit.Le temps de la page un peu trop blanche, le temps des accords un peu trop familiers.«Des signes qui sont clairs et qui me disaient: fais autre chose», avoue Michel Rivard en direct de son auto, cellulaire en main.Normal, après un album solo aussi dense et drainant que Maudit bonheur, une fois le cycle de la promo et des spectacles achevé: impossible de se remettre illico à la création.Fallait souffler un peu.Loisirs?Temps libres?Michel Rivard a décidé tout bêtement de prendre une année sabbatique.«La pire affaire», rigole-t-il.Erreur de stratégie, coup de génie, c’est selon.Avoir du temps libre, dans ce métier, et surtout le dire, c’est insupportable, surtout pour les autres: une sabbatique est un grand trou à remplir au plus sacrant.Les offres se sont donc bousculées au portillon, toutes plus alléchantes les unes que les autres.«Depuis cette décision-là, je suis très occupé.Et très content de l’être.» Ç’a commencé avec l’album de Bori.Savez, Éd-gar Bori?L’énigmatique entité qui désigne à la fois un type derrière un masque et le groupe moitié chanson moitié théâtre qui l'entoure?«Je suis un fan depuis le début.Je suis lié d’amitié avec leur metteur en scène, Yvan Bilodeau.Ils voulaient des suggestions de réalisateurs pour leur disque.J’ai fourni une liste avec mon nom en bas.Ben gêné.Eux aussi étaient trop gênés pour me dire qu’ils pensaient à moi.Je me suis donc retrouvé réalisateur et j’ai adoré ça.Ça donne du recul et, en même temps, on s’implique.Une expérience très salutaire pour moi.» Vaste est la vie, nombreuses sont les voix C’est ainsi que les choses arri- vent.Par simple proximité.Une amie qui a un projet et qui pense à vous, par exemple.C’est ainsi que la compositrice Marie Bernard, à qui l’organisme Chansons nouvelles — un rassemblement de chorales — avait demandé de créer une grande œuvre originale qui serait chantée par au moins 2000 choristes pour marquer l’an 2000, a contacté Rivard.Le goût de travailler de nouveau avec la collaboratrice attitrée de l’album Un trou dans les nuages était évidemment irrépressible.Rivard a dit oui.Six mois de travail plus tard, l’œuvre existe et sera présentée à deux reprises, le 24 juin au Colisée Pepsi de Québec et le lendemain au Centre Molson.«On va passer de la liqueur douce à la boisson forte», rigole Rivard.«Après une première mouture qui frôlait par bouts la musique contemporaine et qui était, disons, un petit peu prétentieuse, continue-t-il, on en est arrivés à faire quelque chose de plus accessible.Ça s’appelle Vaste est la vie, ça dure 25 minutes et il y a quatre mouvements.[Les chorales interpréteront d’autres œuvres qué- bécoises au cours du programme.] Marie a mis mon long texte en une musique qui demeure très catchy malgré les bouts atmosphériques: il y a des mélodies très ras-sembleuses.C’est très simple et très beau.Pour être chanté à 2300 voix [ils n’ont pas refusé les inscriptions après deux mille], il fallait moi aussi que j’aille vers la simplicité.C’est pas des jeux de mots à la Bashung qui se sont retrouvés là-dedans.Sans aucune prétention dogmatique, j’ai écrit sur la vie.Ça raconte le cheminement de l’innocence à la complexité de la vie moderne pour proposer comme solution un retour à l'innocence et à la simplicité.» Le sainte Trinité de la chanson Pendant qu’on cause, Rivard roule vers le local de répétition.Où il retrouvera Jean-Pierre Fer-land et Daniel Bélanger.Ce vendredi 23 juin au Centre de la nature, devant des tas de milliers de gens, ils donneront à trois l’incontournable show symphonique de la Saint-Jean à Laval.Et puis le même infernal trio d’auteurs-com-positeurs-interprètes de qualité supérieure (et de dangereux comiques) fera les frais du spectacle d’ouverture des 12’ FrancoFolies de Montréal, le 27 juillet à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA (ou au Saint-Denis, en cas de grève persistante).Comment refuser ce double bonheur?Imaginez ces cloches-là dans la réalité des répétitions.«Dans le réel, renchérit Rivard, on est obligés de se mettre des menottes! Je ne veux pas en mettre trop pour ne pas décevoir personne, mais disons que ça fonctionne très bien.On a un humour commun.On harmonise bien ensemble.On a des tounes qui se fondent bien les unes aux autres.C'est extrêmement facile et plaisant.» Notez que les deux spectacles seront presque entièrement différents.«Pour un show symphonique de la Saint-Jean en plein air, c’est sûr qu’il faut y aller à l’évidence.Il faut faire plaisir à la majorité des gens.Leur donner les chansons les plus connues.On va les leur donner.Pour les Franco-Folies, on pourra se permettre de petites surprises.» Et après ça?«Je pense que je vais prendre une année sabbatique.» Quelqu’un a-t-il des propositions?DISQUE CORPS ET ARMES Étienne Daho Virgin Depuis le sensationnel Çaris ailleurs, sorti en 1991, Étienne Daho a poursuivi une carrière exemplaire, quoiqu'à l’écart du grand public, resté de glace devant son,opus suivant, le paradisiaque Éden, jugé — à tort — trop complexe et conceptuel.Deux ans après une compilation bienvenue (Singles), additionnée de deux nouvelles chansons qui ont ressuscité le chanteur dans les radios, voilà qu’un nouvel album, son septième, sorti chez nous la semaine dernière, confirme la tendance.Réalisé avec Les Valentins — dup formé de Jean-Louis Pierot et Édith Fambuena, la guitare et l’âme sœur de Paris ailleurs —, Corps et armes nous ramène en effet un Daho familier et serein, armé d’une pop radieuse, qui écoule de jolis textes (pas toujours transcendants) sur des musiques accrocheuses, soufflées par une âme d’ado éternel.En témoigne le premier extrait radio de l’album.Le Brasier, ballade luxueuse et chaude sur un piano expert mais consensuel, qui s’inscrit dans la lignée des immortelles Saudade et Heures hindoues.Ce tube a toutes les chances de brûler jusqu’à la cendre dans les radios, bien qu’il ne soit qu’un des trésors dont est formé Corps et armes (à l’exclusion de Make Believe, duo insignifiant avec Vanessa Daou).Ainsi, sur une musique empruntée à sa copine Carly Simon (Touched by the Sun, tiré de son album Letters Never Sent), L'Année du dragon marque le sommet harmonique et émotif d’un album formé de l’addition de 11 voyages intérieurs, qui évoquent tantôt le Swinging Ixmdon (Rendez-vous à Vedra), les îles du Sud (La Baie, La Mémoire vive) et l’abandon amoureux (Corps et armes, lui Nage indienne).Avec un égal souci de l’emballage Couverture et la clôture en adagio citant Barber), de l’effet et de l’affect, qui sont la marque de la pop sophistiquée et intime avec laquelle Étienne Daho nous courtise depuis près de vingt ans.Martin Bilodeau RACINES GILLES C.SIOUI & THE MIDNIGHT RIDERS Gilles C.Sioui & The Midnight Riders Bye (Musicor) Louable initiative, on ressort officiellement chez Byc le chaleureux disque-maison de Gilles C.Sioui & The Midnight Riders, d’abord paru en relative confidentialité (et à compte d’auteur) en 1997.Byc, c’est la compagnie de Bernard Caza, patron des Vieux Clocher de Magog et de Sherbrooke.Caza gère, entre autres artistes, la carrière de Kevin Parent.Gilles C.Sioui était jusqu’à récemment le guitariste attitré de celui-ci (il a aussi accompagné les Kashtin, Bob Walsh et consorts).Les solos de slide, les bons riffs sudistes, le riche folk-rock de racines du premier album de notre cher Kevin, c’était un peu beaucoup la signature de Sioui.D’où intérêt chez Byc: Sioui menait en effet carrière en parallèle, sans le crier sur les toits.C’est le genre silencieux, ce type-là.Une sorte de vieux sage: je choisis l’image à cause de son lignage autochtone.En 1997, ce premier enregistrement se propagea pour ainsi dire à l’aide de signaux de fumée, entre tribus d’initiés.Pas d’envois de presse, rien.En vérité, les amis de Sioui en parlèrent aux leurs, et l’on épuisa mine de rien le tirage de 1300 exemplaires.En attendant le deuxième album, actuellement en chantier, Caza a jugé opportun de donner à l’éponyme Gilles C.Sioui & The Midnight Riders une véritable chance.Trois lettres après Kevin Parent dans les bacs des disquaires.Profitons-en.Ce disque est au moins auçsi bon qu’un très bon JJ.Cale.A savoir: de la musique de guitare pas énervée, qui donne l’impression d’avoir été enregistrée sur les pattes de derrière entre deux rasades de sain liquide au bout de la véranda.Picking acoustique sur fond de corbeaux et criquets (Big Red Devil & The Little Monkeys), riffs confortables (/ Wanna Know), blues de nuit noire (I Might Be Going Wrong), reggae relaxe (Analyze It), ce disque est une réserve inépuisable de brins de blé à se planter entre les dents.Un disque de canicule, pour tout dire.Conseil sans frais: pour que l'été dure sa vraie durée d’été, c’est-à-dire l’éternité VITRINE D du zénith le 15 juillet accolez cet album au plus récent Neil Young.Et alternez pour bronzer égal.Sylvain Cormier CHANSON ADAMO D’AMOUR Ses plus grands succès Adamo EMI On ne pouffe pas, s’il vous plaît.J’encenserai cette compilation double, fût-ce sous les quolibets.De toute façon, il y a un article dans la Charte des droits et libertés prévu à cet effet: «On ne peut empêcher quiconque d’aimer Adamo.» Vérifiez, c’est écrit rose sur blanc.Ou alors demandez au très crédible poète-rockeur belge Arno ce qu’il pense de son compatriote Adamo, lui qui a repris sans peur du romantisme gnangnan Les Filles du bord de mer (hélas absente de œ florilège).Adamo, c’est ça: un certain romantisme de bon aloi.Et une bien jolie voix.Et surtout des mélodies qui ne s’en vont plus une fois qu’elles se sont accrochées au cœur: niez seulement que vous pouvez fredonner à volonté Notre roman, C’est ma vie, Inch ’Allah, L’amour te ressemble ou Mes mains sur tes hanches.Du Adamo, ce plein double disque de versions originales en témoigne haut et fort, c’est ce que la chanson populaire française avait de mieux à offrir dans les années sobeante (avec Richard Anthony), pour qui n’était pas totalement fou de yéyé ou acquis aux chansonniers.Entre les deux factions (qui l'abhorraient également), pour la grande majorité des gens, il y avait le gentil — et talentueux — Salvatore Adamo.Donnons-lui au moins ce qu’il mérite: une place dans la discothèque.Au milieu.S.C.W O R I.I) ROOTS OF BUENA VISTA Artistes divers Sept volumes Egrem (MaGaDa/Oasis) Il fallait s’y attendre.Ry Cooder, en rassemblant les légendes vivantes de la musique cubaine sous l'enseigne du Buena Vista Social Club, avec le retentissement mondial que l’on sait, a pratiquement levé l'embargo américain à lui tout seul.Même s’il ne s’agit que d'une brèche artistique, on a depuis l’impression d’un gigantesque déferlement.Non seulement chacun des compadres du Club a-t-il enregistré un ou plusieurs nouveaux albums destinés à l’Amérique et au monde, mais les compagnies de disques cubaines ont été gratifiées de contrats de distribution hors lie, histoire de sonder les fonds de tiroirs.C’est ainsi que le catalogue de la firme majeure Egrem a été ponctionné vite fait au profit d’une collection ad hoc lancée au Canada par le distributeur MaGaDa/Oasis: emballage générique cartonné (du jaune le plus criant) claironnant le titre Roots Of Buena Vista, livrets mis ou non à jour, on a tout simple ment recyclé les titres les plus signifiants gravés par nos héros dans les années 70, 80 et 90: le Grandes Exitos de l’as guitariste Compay Se-gundo, Y Indestructible du pianiste Ruben Gonzalez, le Tierra Calliente d’ibrahim Ferrer, et ainsi de suite.On aurait certes préféré des compilations conséquentes, où le parcours de chacun aurait été retracé, comprenant les enregistrements d’avant Castro, mais on ne fera pas la mauvaise tête: toute la collection, malgré sa facture expéditive, est pertinente pour la bonne raison que les musiciens y sont tous exceptionnels.Ces gens-là, même avant que Ry Cooder ne les révèle à la planetç ébahie, ne savaient pas mal jouer.A classer sous «indispensable», faute de mieux.S.C.1 A / Z TABOO AND EXILE JohnZorn Étiquette Tzadic John Zom c’est Ubu dans le jazz.Enfin.le jazz.parler jazz dans son cas c’est appropriée et inapproprié à la fois.Parce que, un coup il est jazz, un coup il est iconoclaste.Toujours, il surprend.D’autant plus souvent qu’il est prolifique.Zorn.Parfois, il nous dévoile son jeu instrumental à travers le quartet Masada.Parfois, il nous présente son talent de compositeur épris de musiques classiques.Plus exactement de Bartok, Penderecki ou Schoenberg.Parfois, c’est le fou de musiques traditionnelles japonaises ou des musiques sacrées du Moyen Orient.D'autres fois, c’est son goût pour les percussions africaines ou sud-américaines.John Zorn, on ne le dira jamais assez, est probablement le jazzman le plus intéressant Une chose est certaine, il ne laisse pas indifférent Sa dernière production s’intitule Taboo and Exile.Sur celle-ci il ne joue pas.En fait, il sagit de compositions originales qu’il a tait jouer par des musiciens qu’il a dirigés.De musiciens qui animent la frange avant-gardiste de la scène newyor-kaise.D s’agit du batteur Joey Baron, du contrebassiste Greg Cohen, du violoncelliste Erik Friedlander, du guitariste Marc Ribot, du percussionniste Cyro Baptista, du bassiste Bill I aswell et du pianiste Jamie Sait Un coup, la musique est douce, envoûtante.Elle séduit en jouant les cartes de l’apaisement Un coup, la musique est électrique, dérangeante, décapante.Comme si Zom avait voulu détruire l’exercice de séduction par l’ébranlement.Ce Taboo And Exile, c’est le chaud et le froid traduit rrcigistralement en musique.Serge Truffant R B A A PERFECT CIRCLE Mer De Noms (EMD/Virgin) Ça fait longtemps qu'on attend le prochain disque de la légendaire formation Tool ; en attendant, le chanteur Maynard Keenan nous donne de quoi se mettre sous la dent : A Perfect Circle, projet imaginé par Billy Howerdel, technicien de Nine Inch Nails et de Tool au cours des dernières années.Ce qui a débuté comme étant un genre de rock théâtral instrumental devint rapidement, après certains réaménagement et avec l'arrivée du frontman de Tool, une dérive mélancolique vers un progressif longtemps négligé sur une lourde base d’alter-no-métal.Le quintet réussi avec brio, Mer de Noms, est un véritable tour de force, mais la comparaison avec Tool est inévitable.Outre la présence de Keenan ,et de ses chants lyriques plus grands que na-ture, l’atmosphère sombre des pièces ressemble étrangement à celles de Tool.La seule différence majeure : avec A Perfect Circle les pièces ont une construction beaucoup moins complexe, surtout dans la rythmique, ce qui les rend plutôt faciles à apprivoiser.Un véritable mur de son où l’emphase est mise sur des ambiances obscures, mélodramatiques, et spirituelles.Très satisfaisant ; pour tromper l’impatience en attendant le prochain opus de Tool.Nicolas G.Chouteau NYC GHOSTS & FLOWERS Sonic Youth (Geffen/Universal) On sait depuis longtemps que Sonic Youth ne cherche pas à faire l’unanimité.Depuis quelques années, sur sa propre étiquette, ce groupe culte de New York se rapproche davantage de la musique dite «contemporaine» que d’une quelconque esthétique rock.De retour sur Geffen, NYC Ghosts & Flowers n’a rien d’un disque facile.Au contraire, Thurston Moore et ses complices renouent avec une forme d’expérimentation aussi sévère qu’intransigeante.Beaucoup moins bruyant que ses prédécesseurs, ce dernier disque étonne surtout par son recueillement ainsi que sa concentration minimaliste.Avec l’aide de Jim O’Rourke (ancien membre de Gastr Del Sol), l’univers de Sonic Youth n’hésite pas à rendre un vibrant hommage au bouillonnement artistique relié à sa ville natale.On pense, bien sûr, à Television et Patti Smith au milieu des VOIR PAGE B 5: VITRINE LE DEVOIR.LES S A M E D I 17 E T D I M A X C H E 18 J l! | \ ¦> 0 O O VITRINE SUITE DE LA PAGE B 4 années 70, mais surtout à l'éclectisme musical d’un John Zorn.Des pièces comme Renegade Princess ou Small Flowers Crack Concrete relient le silence à l'improvisation.Sans toutefois atteindre la grâce de Daydream Nation, NYC Ghosts & Flowers annonce des jours plus calmes pour Sonic Youth.David Cantin HARRY SMITH’S ANTHOLOGY OF AMERICAN FOLK MUSIC Volume Four (Revenant) En 1997, la réédition de l’historique Anthology of American Folk Music sur Smith sonian/Folkways semble avoir suscité un regain d’intérêt pour les racines de la musique folklorique américaine.Ce magnifique coffret, comprenant les trois premiers volumes, est toujours perçu comme une sorte de trésor sacré pour plusieurs générations d’auteurs-compositeurs (de Bob Dylan à Gillian Welch).On y retrouve des enregistrements de terrain (field recordings) mythiques de pionniers tels The Carter Family, Mississippi John Hurt, Blind Willie Johnson et beaucoup d’autres, témoignant d’une époque lointaine que Greil Marcus décrira comme The Old Weird America.L’homme derrière cette compilation érudite est nul autre qu’Harry Smith, une légende du Lower East Side new-yorkais, également alchimiste, cinéaste, peintre et ethnologue archiviste énigmatique.C’est ce curieux personnage qui a fait le choix (parfois enregistré et édité) de cette somme aux proportions bibliques, témoignant de l’Amérique rurale et urbaine.Inédit depuis près de 50 ans, le quatrième volume complète ce panorama d’un monde à la dérive au cours des années 30.On retrouve dans cette musique, les origines du blues, du country, du folk, voire du gospel.Il faut entendre les Memphis Jug Band, Lead Belly et Heavenly Singers, pour ressentir l’impatience, la frustration ainsi que la spontanéité derrière ces chansons d’un temps invisible.Moins prestigieux que le premier coffret, ce quatrième volume ne manque pourtant pas d’informations grâce à un livret qui compte près d’une centaine de pages.Des textes fouillés de Greil Marcus, Ed Sanders, John Cohen, Dick Spottswood et John Fahey complètent l’écoute de ces deux disques.On en apprend d’ailleurs beaucoup sur la vie de l’incontournable Harry Smith.Alors que Wil-co et Billy Bragg s’inspirent des textes inédits de Woody Guthrie, Moby fouille les archives d’Alan Lomax: il est grand temps de s’ouvrir à cet étrange monument qu’est Y Anthology of American Folk Music.D.C.Trois impressionnants paysages américains FRANÇOIS TOUSIGNANT ZARA NELSOVA Johannes Brahms: Sonate pour violoncelle et piano n° 1 en mi mineur, op.38; Ludwig van Beethoven: Sept variations sur le duo «Bei Mànnern, welche Liebe fühlet» de La Flûte enchantée de Mozart, WoO 46; Claude Debussy: Sonate pour violoncelle et piano; Frédéric Chopin: Sonate pour piano et violoncelle en sol mineur, op.65.Zara Nelsova, violoncelle; Grant Johannesen, piano.Durée: 62 minutes 28.CBC Records - Les Disques Radio-Canada, collection Perspectives PSCD 2018 Je me souviens de Zara Nelsova montant sur scène, de son ample jupe émeraude avec bustier noir.À cette époque, elle était, avec Reine Flachot, une des rares femmes à jouer du violoncelle, un instrument très mal vu pour une dame.L’assurance et le plaisir envahissaient la salle.Les néophytes, comme moi à l’époque, découvraient une dame immense de personnalité.Se présentant devant le public, cette Winnipegoise d’origine (née en 1918 et naturalisée américaine en 1953) en imposait par sa présence et sa stature: on croyait qu’elle allait jouer du violon ou, du moins, du violoncelle dans la position dans laquelle on joue du violon.Elle s’asseyait et le miracle se produisait.Le son, la sonorité, l’ampleur, le volume, tout ce que vous voulez et qui contredit le fait que le violoncelle soit sourd dans le grave, maigre dans l’aigu, et que, malgré la beauté de sa sonorité, il passe mal en salle comme soliste, tout cela est faux quand il s’agit de Nelsova Elle avait du son! Un son remarquable et aussi rond que puissant qu’elle sortait de son Le Marquis de Corberon, fait par Stradivarius en 1726.Physiquement subjugué, l’auditoire se laissait donc emporter par l’extrême musicalité de cette musicienne géante qui déchirait le silence pour nous faire pénétrer dans un monde artistique jusqu’alors inouï, dominant l’orchestre sans effort et chantant de sa voix unique.Ah! que je m’ennuyais de ces temps-là! J’emploie l’imparfait à juste escient: cette nouvelle parution des Disques Radio-Canada nous fait reprendre contact avec cette réalité du passé toujours aussi présente.Le répertoire proposé est celui de la musique de chambre, notamment trois grosses sonates qui sont des chevaux de bataille du violoncelle.Avec son mari, Grant Johannesen, elle a enregistré ce disque en une seule journée (!), le 21 février 1968.Je souligne la date car la prise de son est assez sèche et n’est qu’un pâle reflet de la réalité du souvenir.Mais quelle vibrante pâleur! Bien des violoncellistes applaudis aujourd’hui n’ont pas cette géné- « Film bouleversant a (leur de peau.Anna Thomson, une actrice exceptionnelle, de la trempe de Gena Rowlands.» (ne Fierluti - Valr « La dignitd de son personnage [SUl\ Évoque à la fois Giulietta Masina dans La Strada et les hÉroïnes de Cassavetes.» lac Perreault - ta Preiea « Thomson est forte vulnérable, adorabli stoïque à la fois SUl est remarquabi Malara Kaaeke Hear ?1/2 « Anna Thomson est Un psychodrame dans lequel SUl vi un gigantesque impact émotionnel.» Matt Me-lia Canna « SUt est un film choqi et captivant.» Mark tlatekv - Nlrrar Prix d’interprétation Anna Thomson FCMM -1999 Sélection Officielle Deauville-1 998 & PERDUE dans MANHAm UN film DE AMOS KOLLEK AVEC ANNA THOMSON MATTHEW POWERS TAHNEEWALCH -Jj^- À L’AFFICHE ! version originale anglaise, s.t.f.15h00 - 17h00 - 19h00 ¦ 21h00 £ n t P i C 353®’ •’M' St-Laurent i ¦ 15 Blllottorlo: (514) 847-2206 rosité d’archet, cette intensité et — je me répète et ne me répéterai jamais assez — cette qualité sonore.Ecoutez le mouvement lent de la sonate de Chopin (quel vibrato!), le phrasé plein de souffle de la sonate de Brahms, la virtuosité si engagée de celle de Debussy.Même si l’esthétique d’interprétation a changé au cours des ans et que la technique d’enregistrement a fait des progrès, on trouve ici un disque monumental, du violoncelle plus grand que nature, de la musique foudroyante de vie et de passion.Puristes, attention: ce n’est pas parfait.C’est encore mieux: c’est vrai et vivant.Que peut-on demander de mieux?JOHN CAGE -THE SEASONS John Cage: Seventy-Four, The Seasons; Concerto pour piano préparé et orchestre de chambre; Suite pour piano-jouet, version originale et version orchestrée par Lou Harrison.Margaret Leng Tang: piano préparé et piano-jouet; American Composers Orchestra.Dir.: Dennis Russel Davies.Durée: 76 minutes 01.ECM New Series, ECM 1696 Amateurs et «détestateurs», oyez, oyez.Si John Cage est mort, sa musique, elle, demeure bien vivante.Et passionnante comme actuelle.En écoutant les deux versions de Seventy-Four, on croit entendre du Ligeti avant la lettre, du Part avant l’heure, du Risset avant la méthode.The Seasons, une musique de ballet, s’avère quant à elle une œuvre qui, aujourd’hui, s’interprète comme une grande réponse à Stravinski et Webern.Curieux alliage pour une composition de 1947 et tellement prophétique du «virage» qu’allait opérer Stravinski en 1955 en adoptant le langage sériel jusqu’à la fin de sa vie.L’instrumentation est moins virtuose que chez les modèles, soit; mais dans ce côté brut du vide et du minimal (annonce du Steve Reich à venir), on trouve tellement de fraîcheur et d’inventivité qu’on reste pantois d’admiration, ravi de plaisir.Jamais l’intérêt ne fléchit.Ceux d’entre vous qui avez aimé Sonatas and Interludes paru chez Naxos l’an dernier, qui fut un succès de palmarès, ceux-là donc vont courir acheter ce disque pour la formidable version du Concerto John Cage ie Seasons mm pour piano préparé et la curiosité de la Suite for Toy Piano (Suite pour piano-jouet).Le concerto est un véritable chef-d’œuvre, aussi beau et intense que Les Bagatelles de Webern, et sa sonorité se révèle incontestablement moderne, malgré certains tics d’orchestration dans les graves.Interprété ainsi, je ne m’ennuie plus de ma version vinyle teL lement on entend tout des résonances de l’instrument préparé, tellement les mélodies de timbre sont subtilement rendues par la technique d’enregistrement (et là, il faut bien admettre que l’Ameri-can Composers Orchestra est bon, sans plus; que serait cette musique faite par l’orchestre de Berlin, celui de Vienne ou l’OSM!).L’imagination frappe autant que la beauté; l’attention est subjuguée par l’émotion, ce critère si indéfinissable et irrationnel auquel, parfois, il faut bien se soumettre.Ici, on s’y plie sans réserve possible, pour peu qu’on aime écouter avec un minimum de concentration car cette avant-garde-là la réclame et vient la chercher dans notre oreille.La Suite pour piano-jouet est moins stimulante, sinon pour sa singularité sonore.Il est même amusant de comparer la version «originale» avec l’orchestration qu’en a faite Lou Harrison.Cela révèle une facette plus «postmoderne» de ces pages.Sans leur ajouter en profondeur, elle amène au moins une densité harmonique que l’instrument solo ne saurait fournir et que les effets d’instrumentation vont chercher avec une naïveté un peu facile.TVES - WHEN THE MOON Charles Ives: When The Moon, séries d’arrangements et d’orchestration de mélodies américaines et de théâtre.Susan Narucki, soprano; Sanford Sylvan, baryton; Alan Feinberg, piano; Music Projects/London; London Voices.Dir.: Richard Bernas.Durée: 61 minutes 54.Decca 466 841-2 Charles Ives, en bon Américain, aimait les tunes.C’est d’ailleurs la base de toute sa musique et le fondement de son esthétique: offrir à la mélodie — souvent d’origine ou d’inspiration populaire — un cadre où elle ne se noie pas dans la vieille harmonie pour retrouver sa vraie force et sa pureté virginale.Il appelait cela de la musique «virile».On a ici affaire à une collection de diverses miniatures.Réalisé en deux parties, le disque est une sorte d’anthologie comparée.Du frivole à l’expressionnisme, l’éventail de climats est large.On a souvent tendance à classifier Ives, et ceux qui le font se confrontent toujours à d’énormes difficultés.Homme aux multiples facettes, Ives montre ici qu’il est à proprement parler inclassable, un peu à l'image de la culture américaine qui puise à de multiples sources et arrive à les transformer pour le meilleur et pour le pire.Le disque propose évidemment le meilleur.On oscille entre le Schoenberg de Topus 16, la musique de Kurt Weil et les tubes de Broadway.Le ton — pardon: les tons que le compositeur exploite sont ici souvent présentés en deux versions.D’abord une mise en musique seulement instrumentale, avec orchestre, puis une présentation de la version vocale de la chose, sous la forme plus «traditionnelle» du genre mélodie avec piano.C’est en ce sens assez intéressant; il est en effet toujours un peu frustrant d’explorer un univers plu-ricéphale en n’en abordant qu’un seul côté.Un exemple serait la transformation de The Ruined River, une pièce strictement insfru- C’EST Ul\l FILM FABULEUX ! ROGER EBERT.CHICAGO SUIM-TIMES « TITAN N’EST PAS DE CE MONDE.UNE AVENTURE STUPÉFIANTE POUR, ÏL TOUTE LA FAMILLE.» : • STEPHEIU IERX/OLIIMO.LAUIMCH J ' If ^ ¦ / jfwçl < UN FILM D’ANIMATION COMME tVOUS N’EN AVEZ JAMAIS VU.» , ¦ Euam WIENER, SPIN magazine 4$ r .< TITAN APRÈS LA TERRE > ESJTêJXUX ¦ EWAIM WIENER, SPIN MAGAZINE « .< TITAN APRÈS LA TERRE > Et FILMS D’ANIMATION CE QU’A É - LA GUERRE DES ÉTOILES > Al/ FILMS D’ACTION.~ _ M ’ f : - CHRIS GORE, THE NEW MOVIE SHOW WIT^t CHRIS GORE m .v / ra •H ^ "S ’ïiâbük Yjjfc-'Tw I 4 A L’AFFICHE I ' VERSION FRANÇAISE -LES CINÉMAS- [^ARTIER LATInT] rUsALLEIpTaceN)71 flXNQELIERSr71 f PARADIS ?H rTACWESCmiÉR h°71 [Fo^u uiT71 FascherÊÀuuib71 [sTE-THÉRÉSE0a~| ReRREBONNeTI fiSuCHERVMLLE'TI EmREFOUR OOffloiTTI FRaZA PELSOn'71 [ÔÛmüGUAVENCORÊTI rST-HYACiNTHE^l rSi-JEAN^n | ST-BASULE5»^ I rST-JÉRÔME —_a r»e r»>->¦» _________^____ ¦ * .,,l |—CINÉMA DE PARIS—i r CINÉ-PARC_ IVALLEYFIELpTn I CHATEAUOUAY -———VERSION ORIOINALE ANGLAISE PArÂmoUNtVhx'T] fwÛslEKIRKLANDTTI [EaCORDAI^eI 1°^1 fsPHERETECHYaTI [^«NDISh"^^ f—TÇ!.N^5-Ï* OptpN , | CINÊPLEX O DÉON- r— Mfo» pi pY ” ni iyyr, —.__ > ce I CINÉ-PARC —- .I ST-EUSTACHE I Faschereau fa°71 ^wuSces fo°71 .r^VALP.OmZl ^HaTeAUQUAY 71 riTE-TplLEVl LAISSEZ-PASSER REFUSÉS mentale, qui devient, en version chantée, The New River.On se demande s’il s'agit bien de la même inusique.Je pourrais établir plein d'autres comparaisons, mais je vous laisse vous amuser avec votre programmateur de lecteur numérique pour vous acoquiner avec ce genre de jeu.L'interprétation, malheureusement, déçoit.Music Projects/London a encore bien des croûtes à manger avant de s’imposer comme un ensemble de qualité.Les cordes faussent et il n’y a guère d'homogénéité chez les vents.Parfois, cela sert le propos (à savoir, faire «détonner» la mélodie) ; parfois, cela le dilue.Comme Ives ne voulait pas que sa famille ait à subir les désagréments pécuniaires propres à Tin-stabilité des sources de revenu des créateurs, il s’est fait brillant agent d’assurance.Il ne composait que le soir et les week-ends.D'où le fait qu’on Tait souvent considéré comme amateur et, pire, traité comme tel.Les interprètes réunis ici, sans tomber dans ce travers, affichent une indifférence et une insouciance face à la portée du texte de ces miniatures qui ne sont pas vraiment à leur avantage.Ceci dit — et ce n’est pas une réserve, plutôt une véritable déception de projet discographique manqué —, ce disque permet d’approcher d’une toute nouvelle manière l’univers de cet Américain si étrange sans avoir à faire d’immenses recherches; c’est la vertu des collections.En ce sens, le produit s’avère valable, même si, d’un point de vue musical, on aurait aimé que l’aspect sonore soit aussi léché que l’excellente présentation qu’offre le livret, finement documenté.Le film français le plus drôle depuis Le dîner de cens.- Denis Côté, Id Le derrière Un mill Us y-jlj/la Lamarriar : r I A L'AFFICHE ! i^a^IrTa™! rm£^ar-| IsH^RBROCIKeI r^TE-rÛÊLm PRODUCTION ÉpiQUF admirablement | ilMcr l’Empereur etTÂssassin __ un film de Chen kaige L SPtftnCTVttt CLASSICS- ____»OTion ortginale sous-titrée (rançss verewn aoginale sous-Wrte angles m «% r—uinéplex ooéon—i — cwéplex ooéon , 13| IquartieblatinTI I égyptien ?) ¦,•¦ tnj i > -* « » i< ~.y i I'.siix ai m m nisi i«*
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