Le devoir, 20 juin 2000, Cahier A
1 e d e v o i r w w w c o in JE DEVOIE CULTURE LE MONDE ipon à Montréal, les 100 ans Report du deuxième tour M de Saint-Exupéry * des élections haïtiennes Êm V o l .x x x x ° i :ï 8 LE MARDI 20 J l' I X 2 0 0 0 8 7c + T A X E S Vers une fiscalité verte Québec privilégie Vapproche utilisateur-payeur et pollueur-payeur pour préserver la qualité de Veau LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Québec a décidé d’entrouvrir la porte à une première expérience canadienne en matière de fiscalité verte en autorisant son ministre de l’Environnement, Paul Bégin, qui est aussi ministre du Revenu, à examiner la possibilité d’asseoir une partie de sa future politique de l’eau sur des instruments de fiscalité verte.C’est ce que révèle le «Cadre général d’orientation de la future politique sur la gestion de l’eau au Québec», rendu public hier par le ministre Bégin.Ce dernier en a fait adopter les principes directeurs ainsi que les «enjeux stratégiques» par le Conseil des ministres récemment pour guider l’élaboration par son ministère de la future politique québécoise de l’eau.En entrevue téléphonique au Devoir, M.Bégin a précisé que les «principes d'une fiscalité verte pourraient éventuellement s'appliquer à d’autres secteurs» mais qu’il convenait d’abord de tirer les leçons de leur application éventuelle au domaine de i eau pour en connaître les avantages et les inconvénients.Le «cadre» adopté par le Conseil des ministres donne le feu vert à l’Environnement pour élaborer une politique complète et intégrée de l'eau, ce qui VOIR PAGE A 8: FISCALITÉ PERSPECTIVES Les billes de Québec Le refus du premier ministre Jean Chrétien de négocier avec le Québec l’implantation d’un régime provincial de congés parentaux procède peut-être d’un entêtement revanchard.Mais s’il y avait plus?Et si au fond le gouvernement fédéral cherchait à forcer le Québec à pratiquer la générosité canadienne dont il bénéficie lui-même souvent?Lucien Bouchard et Jean Charest ont uni leur voix pour décrier le refus de Jean Chrétien de négocier le transfert d’une partie des sommes de la caisse d'assurance-emploi au Québec pour qu’il crée son propre programme de congés parentaux.Leur argument est noble et laisse peu de place à la réplique: le programme que veut créer Québec sera plus généreux pour les familles que celui, bonifié, d’Ottawa devant entrer en vigueur le 31 décembre.En effet, le programme québécois de congés parentaux inclurait les travailleurs autonomes (qui sont exclus du programme fédéral), augmenterait le salaire maximum assurable de 39 000 à 52 000 $ et verserait des primes plus élevées (75 % au lieu de 55 %), quoique sur un nombre de semaines réduit (40 au lieu de 50), tout en éliminant la période de carence de deux semaines.Mais par quel tour de passe-passe le Québec pourra-t-il faire plus avec l’argent d’Ottawa qu’Ottawa lui-même?VOIR PAGE A 8: BILLES Hé lè n e B u zzetti ?INDEX ->4 Annonces.B 5 Monde A 5 O0SS .^ Avis publics B 4 Mots croisés B5 —— Bourse B 2 Météo B 5 Culture B 8 Politique A4 Économie .B 1 Sports B6 ui———— Éditorial .A6 Télévision B 7 00 Idées .A7 Québec annonce la tenue d’une enquête publique du coroner Trop peu trop tard, répond l’opposition, qui trace un sombre bilan de la fragilité des structures routières W ¦Æ W JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des inspecteurs s’affairaient hier à étudier les causes de l’effondrement du viaduc du boulevard du Souvenir.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménard a annoncé hier la tenue prochaine d’une enquête publique du coroner Gilles Perron sur l’effondrement du viaduc de l'autoroute 15, à Laval.Trop peu trop tard, croit l’opposition libérale qui trace un sombre bilan de la fragilité des structures routières et l’impute aux trop lourdes compressions budgétaires des dernières années.En avril 1998, une énorme fissure était découverte sur le pont Charles-de-Gaulle qui relie Le Gardeur à la métropole.En 1999, le tablier du pont Gali-peault levait de 60 centimètres.La même année, le pont Le Gardeur, reliant Repentigny à l’île de Montréal, avait dû être fermé à la mi-juin, deux poutres menaçant de s’effondrer.Il y eut encore, en janvier de cette année, ce bloc de béton d'un viaduc du boulevard Décarie qui s’est détaché pour aller écraser la voiture d'un Lavallois.C’en est trop, soutient le critique libéral en matière de transport, Yvan Bordeleau.«Le gouvernement se doit d’inspecter régulièrement les structures routières.Dans le contexte des compressions actuelles, c’est à se demander s’il dispose encore des ressources matérielles et humaines pour s'assurer de la sécurité des routes.» Jacques Dupuis, critique en matière de sécurité publique, et le député de Chomedey, Thomas Mul-cair réclament d’une même voix avec M.Bordeleau la tenue d’une plus vaste enquête publique à laquelle pourraient se prononcer quantité d'experts.«Le coro- VOIR PAGE A 8: VIADUC Autres informations en page A 4 Sur l'ordre du coroner, le ministère des Transports s'est employé hier à détruire ce qui restait du viaduc du boulevard du Souvenir 58 clandestins retrouvés morts dans un camion frigorifique REUTERS Le port de Douvres AGENCE FRANCE-PRESSE ASSOCIATED PRESS Les coqîs de 54 hommes et de quatre femmes, immigrés clandestins asiatiques, ont été découverts dimanche dans le conteneur d’un camion frigorifique immatriculé aux Pays-Bas, lors d’un contrôle douanier à Douvres en Grande-Bretagne.Ce camion, qui transportait également des tomates, avait quitté le port belge de Zeebrugge quelques heures auparavant Les cadavres ont commencé à être transportés d’une chapelle ardente improvisée dans les docks du port vers deux hôpitaux de la région.Deux médecins légistes du ministère de l'Intérieur ont commencé les autopsies.D'après les premiers éléments de l'enquête, les clandestins sont probablement morts d’asphyxie, par manque d’oxygène ou en raison d'émanations de dioxyde de carbone.Le conteneur était en effet fermé hermétiquement et le système de réfrigération n’était pas branché.Deux hommes ont été retrouvés vivants dans le camion.Ils ont été transportés vers un hôpital de la région, où leur état n’a pas été jugé critique.Un interprète qui les a rencontrés a cependant rapporté que les deux hommes étaient gravement déshydratés et à peine capable de parler après le martyre qu’ils ont enduré.Les deux rescapés devaient être entendus VOIR PAGE A 8: CLANDESTINS Un sursis pour le Technodôme Le projet du Technodôme n’est peut-être pas mort, les promoteurs ayant accepté de reporter de quelques mois leur date butoir pour en arriver à une entente.Tous les intervenants ont donc l’été pour débloquer le dossier, soit en convainquant le Port de Montréal de vendre son fameux quai Bickerdike, soit en trouvant un nouveau terrain.Ce nouveau souffle est le fruit d’une rencontre hier entre le ministre des Finances Bernard Landry, le maire de Montréal Pierre Bourque, le président de la Société générale de Financement (SGF) Claude Blanchet et le conseil d’administration du Port de Montréal.Hier, tous demeuraient bien campés sur leurs positions: le port dans son refus de vendre son quai, la SGF dans son désir de voir le Technodôme s’y établir.¦ À lire en page B 1 LES SPORTS Blair semonce ses hooligans Page B 6 On est tout vert.L’industrie forestière cherche toujours à s'améliorer et à se renouveler.Venez constater comment nous travaillons sans cesse pour que nos forêts soient en bonne santé.Pour visiter nos opérations forestières, appelez le 1 888 399-TOUR ou cliquez sur www.portes.ouvertes.cppa.ca.Nous pansons pour demain.Venez le constater.L'AMOCtATIOM CANADUNNt NS AATtt IT AAMtM A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 20 JUIN 2000 LE DEVOIR POLITIQUE Projet de loi C-20 Dion reste inébranlable devant les sénateurs HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion a été on ne peut plus clair il rejette l’idée d’un référendum pancanadien et ^’acceptera aucune modification à son projet de loi C-20 sur la clarté du processus référendaire en cas de sécession.Sur la sellette pendant près de trois heures devant un comité spécial du Sénat chargé d’étudier le projet de loi C-20, le ministre est resté sur ses positions.Il rejette du revers de la main une proposition pour dire que le Canada est indivisible «lorsqu’il ne l’est pas».Le Sénat devra aussi se contenter d’être «consulté» sur la clarté d’une question référendaire portant sur la sécession.Le projet de loi C-20 confie à la seule Chambre des communes le pouvoir d’évaluer la clarté d’une question référendaire et l'ampleur de la majorité de voix recueillies.Cela irrite bon nombre de sénateurs qui se voient obligés de voter leur propre «exclusion» du processus référendaire.Le sénateur conservateur Lynch-Staunton a enjoint au ministre de retirer son projet de loi controversé et de repartir à zéro à l’automne avec un nouveau projet de loi.Selon lui, ce projet de loi divise les forces fédéralistes mais fait le bonheur des séparatistes et des ultranationalistes.«H n’y a pas de référendum à l’horizon, pas d’urgence à faire adopter ce projet de loi», a précisé M.Lynch-Staunton.M.Dion estime toutefois qu'il faut agir étant donné que le premier ministre Lucien Bouchard n’accepte pas l’avis de la Cour suprême sur la légalité d’une dé-claration unilatérale d’indépen-r T~ JB dance «dans son entièreté.» , r,.N’en déplaise au sénateur libé- , p ane ion ral Serge Joyal, M.Dion repousse l’idée d’un référendum pancanadien qui aurait pour but d'autoriser le gouvernement canadien à entamer des négociations sur une éventuelle sécession du Québec.Cela «enlève l'arme des leaders indépendantistes», a-t-il justifié lors de son témoignage.Selon le ministre Dion, si la Cour suprême du Canada dans son avis sur une déclaration unilatérale d’indépendance avait jugé à propos que la Chambre des communes et le Sénat se prononcent à la fois sur la clarté d’une question référendaire, «la Cour en aurait parlé.» La Cour suprême a statué au contraire que les gouvernements pouvaient entrer en négociations «sur tout ce qu’ils voulaient, y compris la partition» mais nulle part ne trouve-t-on l’idée qu’il y a «une obligation légale» pour le gouvernement canadien de tenir un référendum avant «d’entreprendre de telles négociations».Levant le ton, le sénateur Joyal trouve le processus référendaire prévu par le projet de loi C-20 «sans précédent» et antidémocratique.«On dit qu’on met fin à l’ordre constitutionnel canadien, à toutes les libertés et responsabilités de chacun des ordres de gouvernement.Comment pouvez-vous en termes démocratiques dire qu’une fois que 3,5 millions de Québécois ont décidé que c’est la fin, que c'est la fin Pour les 26,5 millions restants?» «Je ne peux pas accepter qu’en démocratie, une minorité dicte ses volontés démocratiques à l’autre», a-t-il protesté vivement le sénateur libéral Jean-Robert Gauthier s’est porté à la défense des droits des minorités francophones, geste imité par la sénatrice libérale Sheila Fi-nestone de Montréal.Soutenant que les minorités francophones seraient la cible «d’un ressac» important au lendemain d’un vote en faveur de l’indépendance du Québec, M.Gauthier veut s’assurer que les minorités seront «consultées» au sujet de la clarté d’une question référendaire, comme c’est le cas pour les autochtones.Mme Finestone s’inquiète du sort de la minorité anglophone du Québec.Elle aurait préféré des balises: le pourcentage de voix acceptable et la majorité nécessaire.Dans un cas comme dans l’autre, M.Dion n’a pas bronché.Fonds de solidarité L’exemple syndical inspire les patrons LAMEQ veut se donner les moyens d'influencer la société Les grandes centrales en mènent large avec leurs fonds de travailleurs.Leur influence est grandissante au sein de la société.Pour contrer cette tendance, l’AMEQ souhaite que les gouvernements lui permettre de créer un fonds de solidarité patronal.ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Dans le but de faire contrepoids à l’influence grandissante des centrales syndicales au Québec, l’Alliance des manufacturiers et des exportateurs québécois (AMEQ) entend demander aux gouvernements de permettre aux associations du milieu des affaires de créer un fonds de solidarité patronal.C’est ce qu’a indiqué, hier, le président de l’AMEQ, Gérald Ponton, tandis qu’il livrait au Devoir son bilan de la dernière session parlementaire à Québec.«On a songé à créer un fonds de solidarité patronal.On va revendiquer l’an prochain cette possibilité pour équilibrer l’importance que les fonds d’investissements — le Fonds de solidarité [de la FTQ], le Fondaction [de la CSN] -donnent à l’ensemble du mouvement syndical.» Le pro- jet est embryonnaire et il est encore trop tôt pour connaître les modalités du fonds de solidarité patronal projeté par l’AMEQ, a-t-il déclaré.Pour M.Ponton, il existe un réel déséquilibre entre les moyens dont disposent les grandes centrales syndicales pour faire valoir leurs vues et ceux que se donnent les associations patronales.«Le milieu patronal est pas mal en culotte courte à côté des centrales syndicales au Québec», a dit le président de l’AMEQ.Au 31 décembre dernier, l’actif du fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), créé en 1983, s’élevait à 3,3 milliards, soit 500 millions de plus que l’année précédente.Beaucoup plus modeste, le Fondaction de la CSN, formé en 1996, dépassait légèrement les 100 millions en février dernier.Les contribuables peuvent obtenir un crédit d’impôt équivalant à 30 % — 15 % pour chacun des ordres de gouvernements — de la valeur de leurs contributions, sujettes à un maximum annuel de 5000 $ par individu.En outre, M.Ponton a rappelé que les syndicats, grâce à la formule Rand, encaissent 500 millions par année en cotisations de leurs membres.«Il faut reconnoitre que ça donne au milieu syndical l’opportunité d’être présent sur toutes les tribunes, ce que ne peut revendiquer le milieu patronal.» Car non seulement le mouvement syndical peut compter sur des moyens financiers importants, mais il est représenté dans des organismes d’Etat comme Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec et Hydro-Québec.De l’avis de M.Ponton, «il est essentiel pour le milieu patronal défaire contrepoids» aux centrales syndicales représentées au sein de ces organismes.«Si on [le gouvernement] reconnaissait aux associations patronales le mqndat de représenter le patronat dans les organismes d’Etat, on commencerait déjà à mettre en avant des moyens pour équilibrer les forces en présence», a dit le président de l’AMEQ.Certes, des dirigeants d’entreprise sont présents dans certains conseils d’administration d’organismes publics mais ils ne parlent pas au nom de l’ensemble du patronat, juge le président de l’AMEQ.Au sein même du milieu des affaires, l’idée de créer un fonds de solidarité patronal ne fait pas l’una-nimité.Le directeur québécois de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCED, Pierre Cléroux, estime que ce serait là sacrifier l’indépendance des associations patronales à l’endroit du gouvernement.«On est financés par les entreprises, c’est bien comme ça.Quand l’argent vient d'une source comme le gouvernement, on perd toujours notre indépendance», a-t-il dit.Les libéraux préparent le prochain scrutin Chrétien repousse l’idée d’un remaniement HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — A12 mois ou moins d’une élection fédérale, les ministres du gouvernement Chrétien se sont rencontrés, hier, pour faire le point sur divers dossiers importants et préparer le terrain électoral.D’entrée de jeu, le premier ministre Jean Chrétien a fait taire les rumeurs d’un remaniement ministériel précipité, qui aurait permis aux libéraux de repartir du bon pied avec une nouvelle équipe, à la suite des déboires du ministère du Développement des ressources humaines et de la maladresse de la ministre Jane Stewart De plus, M.Chrétien a déjà laissé entendre qu’il favorisait le démantèlement des Ressources humaines en deux ou trois minis- tères, ce qui supposerait le déplacement de quelques ministres.Aucune décision définitive n’a cependant été prise.Le remaniement ministériel aurait donc été repoussé au mois d’août ou en septembre.«Il n’y aura pas d’élections demain [mardi] et de remaniement ministériel non plus», a déclaré succinctement le premier ministre à son arrivée à l’édifice Pearson des Affaires étrangères où se tient une retraite ministérielle de deux jours.Pendant trois heures et demie, hier, les ministres ont fait un bilan de l’année et préparé les prochains mois qui se solderont par unç élection générale.A l’affût des moindres gestes de l’Alliance canadienne dont le leader sera connu samedi (à moins d’un deuxième tour), le conseil des ministres devait décortiquer des sondages.Les libéraux sont en bonne posture dans presque toutes les régions du pays.M.Chrétien a déjà averti ses organisateurs qu’ils doivent être prêts à aller aux urnes à l’automne.Des élections au printemps prochain semblent toutefois plus probables.«J’ai commencé à préparer la campagne électorale le jour où j’ai gagné les élections», a dit M.Chrétien, sourire en coin.Conscient qu’ils vont probablement perdre des sièges en Ontario, les libéraux misent sur l’Atlantique pour reprendre du terrain.Des assouplissements au régime d’assurance-emploi et un programme de développement économique seront annoncés dans les prochaines semaines.Québec réduit l’importance de sa délégation générale à Paris MICHEL DOLBEC PRESSE CANADIENNE Paris — Québec diminue le poids de sa délégation générale à Paris.Les effectifs de la seule «ambassade» du Québec à l'étranger seront réduits de près 7 %, ce qui se traduira, a-t-on appris hier, pas la suppression de plusieurs postes névralgiques.Ces compressions surviennent au moment où le gouvernement canadien s’apprête au contraire à renforcer son ambassade en y dépêchant un des ses meilleurs diplomates, Raymond Chrétien, actuellement en poste à Washington.A Paris, y compris à la délégation du Québec, on admet que l’arrivée du neveu du premier ministre conférera un avantage évident à l’ambassade de l’Avenue Montaigne.«C’est un mastodonte qui a un nom et une réputation et qui possède déjà ses entrées en France», reconnaît le délégué général Michel Lucien M.Lucier, dont le mandat doit prendre fin d’ici quelques mois, n’a pas voulu porter de «jugement de valeur sur l’opportunité» des réductions de personnel décrétées par le ministère de Louise Beaudoin.Personne ne niera cependant qu’elles tombent mal pour la délégation, d’autant qu’elles touchent des postes sensibles.Le conseiller aux communica- tions et aux affaires publiques, Jean-Marc Dessureault, qui s’est bien tiré d’affaires malgré une marge de manœuvre et des ressources limitées, repart à la délégation de New York, son ancien port d’attache: il ne sera pas remplacé.Trois autres postes, de «conseillers» (culture, santé et nouvelles technologies, affaires multilatérales) disparaîtront de la même manière, avec le départ de leurs titulaires.La délégation générale devra donc faire des choix au cours des prochains mois.«Dans certains secteurs, il faudra se poser des questions.Avec du monde en moins, on ne pourra pas tout faire», résume Michel Lucier.Des salaires à rendre jaloux les députés québécois PRESSE CANADIENNE Toronto — Les 102 députés de l'Assemblée législative de l’Ontario devraient bénéficier d’une augmentation salariale de près de 33 %, recommande une commission indépendante dans un rapport qui devrait grandement intéresser le premier ministre du Québec, loden Bouchard.La commission de trois membres recommande que le salaire de base des députés ontariens passe de 78 007$ à 103 458$.Au Québec, les députés gagnent actuellement 60 860 $, plus une allocation non imposable de 12 400 $.Pressé par l’opposition libérale et plusieurs députés péquistes de hausser le salaire des députés, M.Bouchard, craignant la réaction publique, indiquait la semaine dernière qu’il attendait le rapport de la commission ontarienne avant de bouger.En Ontario, l’opposition libérale, elle, s’est indignée d'une telle recommandation.«C’est injustifiable, hors de question, je dirais même pervers», a lancé le chef, Dalton McGuinty.«Si ces gars-là déposaient un projet de loi prévoyant une augmentation de salaire de 33 %, ça voudrait dire que tout le gouvernement a complètement déraillé [.] que les conservateurs s’assurent de ne plus jamais — mais alors plus jamais — être réélus en Ontario.» La recommandation est basée notamment sur la rémunération des députés fédéraux et des conseillers municipaux de Toronto.La commission a aussi comparé les échelles avec la rémunération moyenne des avocats, des directeurs d’école et des ingénieurs, des professions qui, dit-on, partagent certaines caractéristiques avec celle de député.Plusieurs politiciens sont avocats, alors que les directeurs d’école sont «des leaders dans leur communauté» qui «doivent composer avec des problèmes sociaux, notamment», et qui ont des horaires de travail imprévisibles, écrivent les commissaires.Les ingénieurs, eux, ont été retenus parce que leur salaire est étroitement lié «au dynamisme économique» de la province.Les députés fédéraux gagnent l’équivalent de 145 406 $ avant impôts — si l’on tient compte d’une allocation de voyage non imposable de 22 500 $ et d’un généreux régime de retraite., Le premier ministre ontarien, Mike Harris, n’était pas en Chambre, hier, mais il a déjà indiqué qu’avec des budgets maintenant équilibrés, il était temps de mettre fin à hu:t ans de gel des salaires pour les politiciens.Parce nue les conducteurs de véhicules lourds ne vous voient pas toujours les angles morts,.voyez-y ! En disparaissant du champ de vision d'un conducteur de camion ou d'autobus, vous êtes dans une zone de danger où vous ne devez pas rester.m m Québec EU El EU ES En collaboration avec l'industrie du transport routier des personnes et des marchandises. LE DEVOIR.LE MARDI 20 J V I \ 2 0 0 0 A 3 LE DEVOIR ACTUALITES Québec accuse Ottawa d’abandonner le Saint-Laurent Le fédéral cède 10 quais au gouvernement québécois Langue d’affichage FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le drapeau canadien a été baissé pour la dernière fois hier sur les dix principaux quais de traversiers du Québec.La confirmation de la cession au gouvernement provincial de ces terminaux maritimes a été l’occasion pour le ministre délégué aux Transports, Gilles Baril, d’y aller d’une sortie en règle contre la «désastreuse» politique maritime du fédéral qui va «à l’encontre des intérêts de l'économie du Québec».La situation du fleuve Saint-Laurent comme voie de transport va de mal en pis et le gouvernement fédéral est le principal ouvrier de ces déboires, a dénoncé le ministre, hier, à Montmagny, en présence du député libéral fédéral de l’endroit, Gilbert Normand.La politique maritime fédérale de délestage des quais et ports qui sont dans son champ de compétence constitue «une menace pour plusieurs villes côtières du Québec» puis-qu’Ottawa transmet la facture des coûts reliés à la navigation (garde côtière, service de pilotage, de balisage, déglaçage et dragage) aux utilisateurs.«Cela fait en sorte que le fleuve Saint-Laurent est de moins en moins concurrentiel par rapport à d’autres voies navigables comme le Mississippi, ou par rapport à d’autres modes de transport comme le camionnage ou le transport ferroviaire», a indiqué le ministre Baril.Malgré le fait que la cession des quais aura un «impact considérable pour certaines régions», selon M.Baril, «il est vrai que personne ne va s’apercevoir du changement».Toutefois, le ministre promet que ce transfert d’un ordre de gouvernement à l'autre permettra de «mieux entretenir les quais de traverse» dont certains sont «dans un état pitoyable».Fruit d’âpres négociations conclues ce printemps, Québec obtiendra pour l’entretien et l’exploitation de ces infrastructures un chèque de 36,3 millions, somme que l’on dit suffisante pour les 25 prochaines années.Le quai de Rivière-du-Loup, où accoste le traversier qui rejoint Saint-Siméon, pourrait recevoir jusqu'aux deux tiers de l’enveloppe fédérale parce qu’il «est devenu très dangereux», selon le ministre.Le reste de l’argent sera alloué aux quatre autres liaisons, soient ceux reliant Baie-Comeau à Mata-ne, Montmagny à L’île-aux-Grues, Saint-Joseph-de-la-Rive à L’île-aux-Coudres et Sorel à St-Ignace-de-Loyola.Il y aura une rencontre entre le ministère québécois des Transports et la Société des traversiers pour déterminer la répartition des travaux de 36,3 millions de dollars pour les divers quais touchés par le transfert M.Baril a promis que le Québec maintiendra la même qualité de service sur ces quais, où l’utilisateur principal est la Société des traversiers du Québec.Il n’est pas question non plus d’imposer des frais d'utilisation pour les traversiers dont le service est actuellement gratuit.La cession de ces dix infrastructures fait autant partie de la politique de délestage de l’ensemble des quais et des ports entrepris en 1995 par le fédéral, que de la vaste réflexion sur le secteur maritime mise en branle il y a quelques mois par M.Baril.Avec la Presse Canadienne E N Réhabiliter des quartiers (Le Devoir) — Le nouveau programme «Rénove Atout» de la Ville de Montréal, qui vise à encourager la réalisation de travaux de rénovation dans les immeubles comportant des loge ments à prix abordables, recevra une aide de 1,5 million de la part du gouvernement du Québec BREF (Montréal ajoute 700 000 $).L’aide gouvernementale, qui portera le budget global à 8,7 millions sur trois ans, permettra de doubler les subventions dans certains quartiers.La subvention pourra alors atteindre 4000 $ par logement La bonification de ce programme constitue l'une des nombreuses mesures du plan d'intervention global pour la réhabilitation des quartiers montréalais rendu public le 30 avril dernier.CELEBMTU/coiieciion Moaraoniaue Icuy Deiahayel l poete-psycmatre 64 pages - 9,95 $ LIDEC inc En uenie dans toutes les lioraines 514)843-5991 Commission du développement urbain de Montréal Étude publique Vous êtes invités à participer à la prochaine assemblée de la commission.Dates : Les mardi 27 juin et mercredi 28 juin 2000 Lieu : 275, rue Notre-Dame Est Hôtel de ville, salle du conseil (métro Champ-de-Mars) Heures : 19 h À cette assemblée, vous pourrez : • obtenir des renseignements sur les projets de règlement inscrits  l’ordre du jour • poser des questions et exprimer votre opinion sur ces projets La commission recevra vos commentaires et formulera des recommandations au comité exécutif.L’ordre du jour comprend les projets de règlement suivants, soumis par le comité exécutif : SÉANCE DU 27 JUIN (19 h) 3.1 Autorisation d'agrandir et d'occuper en partie, à des fins résidentielles, le bâtiment portant le numéro 7335, Galganov va trop loin.c’est Miance-Québec qui le c Une enquête de l’OLF au Mémorial de l’Holocauste suffit à déclencher l’ire de l’activiste Une vérification somme toute banale de la Commission de protection de la langue française au Mémorial de l’Holocauste à Montréal a provoqué l’ire de l’activiste Howard Galganov, lequel a orchestré hier après-midi une manifestation devant le monument.Ironie de l’histoire: ni la communauté juive de Montréal, ni même Alliance Québec ne cautionnent ladite manifestation.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Une poignée d’activistes ont manifesté hier après-midi devant le Mémorial de l’Holocauste à Montréal pour dénoncer les méfaits du nationalisme ethnocentrique, mettant dans le même panier l’Allemagne nazie et le Québec contemporain.«Nous devons nous rappeler les conséquences du nationalisme ethnocentrique.Et c’est ce que nous vivons aujourd’hui», a déclaré hier Howard Galganov.Piqué au vif par une vérification de la Commission de protection de la langue française au Mémorial de l’Holocauste de Montréal, il a enchaîné: «la communauté juive a été effrayée et ce n’est pas juste [.1 Le gouvernement en a après la communauté juive, la communauté chinoise [.] Trop c’est trop».Tout portait pourtant à croire que l’affaire était classée.Vendredi dernier, des journalistes de Global révélaient que la Commission avait l’intention de mener une enquête concernant la langue d’affichage au Mémorial.Le jour même, la Commission rétorquait en émettant un communiqué pour préciser que le Mémorial n’était pas assujetti à la loi 101 sur l’affichage, et ce, en raison de son «caractère commé- ¥ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Howard Galganov, au centre, avec quelques-uns des manifestants qui l’accompagnaient hier devant le Mémorial de l’Holocauste.Cette fois, c’est Alliance-Québec qui a rappelé (’activist à l’ordre .moratif et humanitaire».Bref, que malgré une plainte portant sur l’affichage anglais et hébreux prédominant au Mémorial, aucune enquête ne serait menée.«77 va de soi que la Commission ne donnera aucune suite à la plainte reçue», [xmr-suivait le communiqué.«Cela m’importe peu», réagissait Howard Galganov, «cela ne fait pas de différence».Pourtant, la communauté juive elle-même n’a pas été avertie des intentions des activistes de manifester.«Je ne sais pas pourquoi ils le font, cela n’a rien à voir avec nous», a commenté Ann Unger, directrice des communications à la Fédération CJA, l’adresse centrale de la communauté juive de Montréal.Pour elle, la question de l’affichage au Mémorial est une question réglée.et elle précise même avoir ap précié le traitement de la Commission.«Nous sommes satisfait de la manière dont [la Commission] a réagi à la situation», a-t-elle affirmé, soulignant qu’il n’y avait jamais eu d’enquête: «il n’y a pas eu de lettre, pas d’appel, pas de visite, rien».Pour sa part, le président d’Al-liance Québec Anthony Housefather a tenu à marquer sa dissidence hier, désapprouvant ouvertement la manifestation orchestrée par Howard Galganov.«Je trouve que c’est complètement déplacé de tenir une manifestation devant le centre de l’Holocauste.Cela devrait être un édifice non politique», a-t-il déclaré.Se- lon lui, le centre devrait être un lieu de réunion [Xiur tous les Québécois désireux d’en savoir plus sur les atrocités commises pendant la Deuxième Guerre mondiale.Il déplore notamment le parais le fallacieux dressé par Howard Galganov entre (.Allemagne Nazi et le Québec : «Le lien trivialise ce qui est arrivé pendant l’Holocauste.C’est aussi une insulte à la société québécoise.Il y a certaines choses dans la loi linguistique que je n’aime pas, mais de là à dire que c’est l'Allemagne!», s’est-il insurgé.Enfin, il a souligné que si certains en avaient contre les lois québécoises, il existait des lieux nettement plus appropriés pour véhiculer leur mécontentement.E9 B ?B C Am P sWJoTTT Joiz, funky, chanté-dansé, vidéo, mode e! théâtre Spectacle à choque camp Tout ce que vous auriez voulu faire à leur âge ! Enfants (à partir de 4 ans) et adolescents L'É co I e pour tous! S LOUISE LAPIERRE DANSE Au V du cœur du plofeoi Mont-Royal (514) 521-3456 montreaimedia.qc ca/dansell Pour réservation publicitaire, contacter Jacques Nadeau au 985-3322 A o o o vous informe La Commission des Normes du Travail 4 boulevard Saint-Laurent, situé à l'angle nord-est de la rue De Castelnau (S 000489059) (district électoral de Jerry).3.2 Autorisation d’occuper, à des fins éducatives et culturelles, selon une capacité d'accueil n'excédant pas 25 personnes, le bâtiment portant les numéros 4160 et 4162, avenue Van Horne, situé entre les rues Légaré et Lavoie (Association mondiale tamoule) (S 000489056) (district électoral de Victoria).3.3 Autorisation d’occuper, à des fins de lieu de culte, le deuxième étage du bâtiment portant le numéro 7024, chemin de la Côte-des-Neiges, situé entre l'avenue de Courtrai et la rue Jean-Talon Ouest (S 000489022) (district électoral de Victoria).3.4 Modification au Règlement d'urbanisme visant è permettre l'installation d'enseignes suspendues sous l'abri de la plaza Saint-Hubert, entre les rues de Bellechasse et Jean-Talon Est.|S 001013002) (district électoral de Saint-Édouard).3.5 Modifications au Règlement sur la protection et la plantation des arbres sur la propriété privée dans le site du patrimoine du Mont-Royal IP-161 et au Règlement d'urbanisme visant à augmenter les pénalités applicables et à renforcer certaines dispositions réglementaires dans le cas d'abattage d'arbres sans permis (S 000383004).SÉANCE DU 28 JUIN (19 h) 3.6 Autorisation de construire et d'occuper, à des fins de bureaux, un édifice de quatre à cinq étages sur un emplacement situé è l’angle nord-ouest des ruas Saint-Antoine Ouest et Rose-de-Lima, ainsi que d'y aménager deux aires de stationnement comportant 481 unités au total (projet Imperial Tobacco) (S 000545053) (district électoral de Saint-Henri).3.7 Modification au programme de développement concernant le complexe cinématographique du Quartier latin, visant è permettre l’agrandissement du local commercial au 360.rue Émery, situé è l'angle sud-est de la rue Saint-Denis (boutique L'Aventurier) |S 000545078) (district électoral de Saint-Jacques).3.8 Modification au Règlement d'urbanisme visant à modifier la limite entre deux secteurs de zonage de manière è inclure la totalité du bâtiment portant les numéros 90 à 96, rue Sainte-Catherine Est, situé entre les rues Berger et De Bullion, dans le secteur commercial de la catégorie C.5C de la rue Sainte-Catherine (S 000545028) (district électoral de Saint-Jacques).Renseignements sur les dossiers et sur les prochaines assemblées : Service des relations avec les citoyens 333, rue Saint-Antoine Est, bureau 520 872-8265 N.B.La documentation complète est disponible pour consultation dans tous les bureaux Accès Montréal.Le greffier, Léon Laberge La fête nationale, c'est congé ! La Commission des normes du travail vous rappelle que le 24 juin, un samedi cette année, est un jour férié, chômé et payé.Tout salarié qui a reçu un salaire ou une indemnité tenant lieu de salaire pendant au moins 10 jours entre le 1" et le 23 juin a droit au congé de la fête nationale.Même si vous ne travaillez pas ce samedi, votre employeur doit vous accorder un congé le jour ouvrable précédant ou suivant le 24 juin, ou vous verser une indemnité.Pour plus d'information sur le congé de la fête nationale ou sur toute autre norme du travail, communiquez avec les services à la clientèle de la Commission des normes du travail.Bonne fête nationale à tous les Québécois et à toutes les Québécoises.Grande région de Montréal : (514) 873-7061 Ailleurs, au Québec (sans frais) : 1 800 265-1414 Internet : http://www.cnt.gouv.qc.ca Québec“h Commission des normes du travail Les normes du travail, comme les gens, ça se respecte i L E I) K V O 1 R , L E M A R I) 1 2 (» J T 1 N 2 0 It 0 A 4 ?LES ACTUALITES» Assurance-médicaments Québec veut « humaniser » la gestion de la liste des médicaments Les urgences qui débordent Chacun devra prendre son mal en patience, reconnaît Marois VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR La situation dans les urgences du Québec s’améliora ra, mais il faudra attendre.Tel est le message qui a été véhiculé au cours du deuxième Forum sur la situation dans les urgences, qui avait lieu hier à Montréal.«Au cours de la journée, j’ai compris qu’il fallait améliorer certaines mesures, mais les consensus de l’automne dernier tiennent toujours», a lancé la ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Marois, lors de son discours de clôture.Celle-ci a admis que les résultats ne se voient pas tous au jour le jour dans les salles d’urgence, mais «on sait que c’est un travail de longue haleine et qu ’il ne faut pas lâcher prise».Pauline Marois a souligné l’importance qu’elle accorde à ce type de consultation, qui réunissait les principaux acteurs du secteur de la santé.Selon elle, agir sans prendre le pouls des médecins, gestionnaires, infirmières et autres spécialistes deviendrait de l’autocratie.«Des mouvements comme ceux-là impliquent beaucoup de changements de mentalité et cela ne se décrète pas», a-t-elle expliqué.Ainsi, les participants ont fait le bilan des recommandations émises lors du premier forum de l’automne, formulé de nouvelles idées et proposé d’autres changements.Dans le lot, le groupe a convenu d’améliorer l’accès aux cliniques privées sans rendez-vous, afin de purger les urgences de patients qui ne devraient pas s’y trouver.De même, on a établi d’assurer de meilleurs services auprès de la population plus âgée, notamment pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques et pulmonaires.Une échelle pour évaluer les cas et les trier selon la gravité de la condition médicale, un guide de gestion des urgences et la confirmation du rôle du Groupe de soutien aux urgences ont aussi été proposés.La ministre veut une meilleure organisation du travail dans les urgences.Mais elle privilégie également une collaboration accrue entre les divers établissements de santé, les cabinets privés, les CLSC et les CHSLD et de meilleurs programmes de formations en soins d'urgence pour les infirmières et les médecins.Pour ce faire, Pauline Marois a annoncé la création d’un fonds annuel de huit millions de dollars afin de soutenir les milieux qui adoptent une véritable approche réseau pour leurs services de première ligne».Les radiologistes ont également apporté de l’eau à ce moulin en proposant un service de garde provincial de téléradiologie.Présentement, il y a pénurie de ces professionnels dans certaines régions et les radiologistes des régions métropolitaines sont souvent surchargés.Le projet permettrait aux divers radiologistes de se relayer et de faire des diagnostics à distance.En dépit d’un investissement important, la ministre Marois a accueilli l’idée avec enthousiasme.Pénurie d’infirmières La relève se fait attendre durant pas moins de deux heures à Notre-Dame VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Les infirmières de soir de l’urgence de l’Hôpital Notre-Dame du CHUM ont dû travailler deux heures de plus dimanche, parce que leurs collègues du quart de nuit ne se sont présentées au travail qu’à deux heures du matin.«Il manquait une infirmière dans leur équipe et le groupe a décidé d’attendre que le chef de service trouve une remplaçante avant d’entrer en fonction», a expliqué la présidente du syndicat des infirmières de l’établissement, Mireille Bélanger.Finalement, c’est l’infirmière ayant le moins d’ancienneté du quart de travail de soir qui a écopé.Elle a été forcée de travailler huit heures supplémentaires.«Au changement de quart, je suis arrivée dans la cafétéria et une dizaine d’infirmières étaient assises dans la salle à café», relate Line Noël, une infirmière de quatre ans d’expérience et qui a attendu la relève pendant deux heures.«C’est un moyen de pression que je comprends, poursuit-elle.Elles sont tannées de constamment avoir une surcharge de travail.» Mireille Bélanger indique n’avoir reçu aucun écho de la part de la direction au sujet de ce moyen de pression.Elle ajoute que ce n'est pas la première fois que les infirmières refusent d'assurer le changement de quart à l’urgence avec des effectifs en moins.«La période d'été commence et les infirmières ne veulent pas que la situation dégénère et qu 'elles soient constamment débordées.» Selon la présidente du syndicat, Notre-Dame aurait besoin d'entre 150 et 200 infirmières de plus pour combler les besoins normaux de l’hôpital.Im pénurie affecte tous les services, mais l’urgence est la porte d’entrée des problèmes, croit Mireille Bélanger.«Pour le moment, on fonctionne beaucoup avec des heures supplémentaires et avec des heures supplémentaires imposées.» MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les récents débats sur les médicaments auront à tout le moins contribué à la réflexion du gouvernement.La ministre Pauline Marois veut légiférer l’automne prochain, dans le cadre du régime d’assurance-médicaments, pour tenir compte davantage des valeurs sociales dans la décision de couvrir ou non un médicament.Le ministère de la Santé étudie un nouveau projet de loi qui modifiera les critères de décision pour les inscriptions sur la liste des médicaments couverts ainsi que la composition du comité qui en a la responsabilité dans l’actuel régime d’assurance-médicaments.Québec souhaite ainsi «humaniser» la gestion de la liste de médicaments en tenant compte de «valeurs sociétales» et en la confiant à des spécialistes à part égale avec des représentants des milieux socio-économiques «reconnus pour leur sagesse et leur crédibilité».Au cabinet de Pauline Marois, on a confirmé au Devoir l’existence de ce projet de loi qui sera déposé vraisemblablement à l’automne après une première étape, soit la présentation sous peu d’un mémoire à la ministre de la Santé et des Services sociaux.La loi La protection de la Loi sur la faillite ne met pas la société Beaver Asphalte, responsable du chantier de construction du viaduc de I^val, à l’abri de poursuites, dans le cas où sa responsabilité serait démontrée dans l’effondrement dudit viaduc.Mais encore faudra-t-il déterminer les responsabilités respectives de tous les intervenants, une tâche qui s’annonce d’ores et déjà des plus ardues.Des enquêtes ont déjà été lancées en vue de déterminer les causes de l’accident survenu dimanche matin.Certains revendiquent une enquête beaucoup plus vaste, mais déjà, tout le monde cherche un responsable.Beaver Asphalte, responsable du chantier, est sous la Loi de la protection de la faillite depuis trois mois.Incapable de faire face à des créances dépas- 485 000 $ pour la transformation du Bain Mathieu (Le Devoir) — Québec accordera une aide financière de 485 000 $ pour permettre la transformation et la rénovation du Bain Mathieu situé dans le quartier Centra Sud.En plus de la mise aux normes du bâtiment, les façades du bain seront rénovées en respectant l’aspect original de l’édifice.Pour ce faire, les responsables du projet comptent se référer à des documents d’archives et à des photographies d’époque.Pour sa part, la Ville de Montréal cédera l’édifice à la Société pour promouvoir les arts gigantesques (SPAG) qui l’occupe présentement.\ja Ville n'offre plus d’activités aquatiques au bain Mathieu depuis novembre 1992.Au cours des deux permettrait d’améliorer la situation de plusieurs bénéficiaires du régime d’assurance-médicaments, notamment les retraités et les petits salariés, qui font face à une liste de médicaments couverts parfois trop stricte, comme l’a suggéré l’opposition libérale à maintes reprises à l'Assemblée nationale.Le nouveau projet de loi Marois sur l'assurance-mé-dicaments ferait siennes plusieurs des recommandations d’un rapport du Comité sur les questions relatives au processus de décision pour la couverture des médicaments présidé par Hubert Doucet, de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.Le rapport a fait l’objet de longues discussions au printemps dernier lors de la commission parlementaire sur les pistes de révision du régime général d'assurancemédicaments.Le rapport Doucet juge «trop limitée» l’idée de baser l’inscription des médicaments sur les deux critères actuels: la valeur thérapeutique et le justesse du prix.Il recommande une vision plus large en favorisant un objectif de justice sociale et une volonté de transparence dans le processus décisionnel.Les fondements de la réflexion doivent être scientifiques, conclut le rapport Doucet, mais doivent faire intervenir aussi des jugements basés sur des valeurs.Le gouvernement veut donc revoir les critères qui servent à l’inscription des médicaments sur la liste selon cinq priorités: la sécurité (sans risques pour la santé), l’efficacité théorique (réduction des effets indésirables et augmentation des effets bénéfiques), le rapport coût-efficacité Oe coût net des avantages), sant les 35 millions de dollars, la société a fait une proposition à ses créanciers dite «proposition concordataire», laquelle a été acceptée et ratifiée par les tribunaux le 14 mai 2000.Concrètement, grâce à cette entente, la firme «garde la capacité de se gérer et continue l’exploitation normale de ses activités», expliquait hier au Devoir Gilles Robillard, associé chez Richter et associés, le syndic de la société sous protection.Mais cette protection ne met pas la société à l’abri de poursuites, dans le cas où celle-ci serait déclarée responsable dans le dossier.Si réclamations il y avait, celles-ci seraient alors adressées directement au syndic.Et si débat il y avait, le dossier pourrait se retrouver devant les tribunaux, expliquait Alain Riendeau, avocat chez Fasken Martineau Dumoulin.Puis, ce serait aux assurances de la société d’effectuer les indemnisations nécessaires.Beaver Asphalte est d’ailleurs assurée à 100 %.dernières années, elle a loué l'édifice à la SPAG.Cet organisme conçoit des structures gonflables à des fins d’expositions et d’événements culturels.En devenant propriétaire du bâtiment, la SPAG se dote d’un actif de 238 000 $.«Le bain Mathieu possède une valeur patrimoniale indéniable qu’il fallait protéger, a indiqué le maire Bourque.Cette aide financière fait d’une pierre deux coups, elle fournit les ressources nécessaires pour garantir l'intégrité de l’édifice et donne un soutien à une jeune entreprise promise à un bel avenir.» 1,5 million pour faciliter une expropriation (Le Devoir) — Parce que l’expropriation de la compagnie MK Plastics est devenue inévitable dans la l’impact économique net des dépenses ou les économies pour le réseau) et les valeurs sodétales.Ce dernier critère gagnera toutefois à être défini, déclare-t-on au cabinet de la ministre de la Santé, en raison des coûts qu’il peut entraîner.Mais le gouvernement ne s’arrêtera pas là, assure-t-on, afin d’apporter les correctifs nécessaires.On souhaite également qu’un nouveau conseil consultatif apporte «des recommandations quant à l’inscription des médicaments sur la liste des produits couverts qui incorporent formellement des valeurs sociales».Québec compte donc intégrer les mandats de deux organismes existant, le Conseil consultatif de pharmacologie (CCP) et le Comité de revue delutilisation des médicaments (CRUM), en un Conseil consultatif du médicament (CCM).Le nouveau conseil pourrait compter 13 membres, dont un président, six experts et six membres des milieux socio-économiques reconnus pour «leur sagesse et leur crédibilité».Ce groupe devra notamment «favoriser une utilisation optimale des médicaments» auprès des usagers.Aucun membre du CCM ne devrait agir à titre de représentant d’un organisme.Pour gérer l’inscription sur la liste des médicaments couverts, le CCM constituerait un comité scientifique permanent interne en plus d’un comité de suivi sur l’utilisation des médicaments, tous deux dirigés par un directeur scientifique.Dans un objectif de transparence, le rapport Doucet suggère au gouvernement de rendre publics les analyses et recommandations du CCM.«Nous avons une assurance tous risques entrepreneurs.Et dans le cas de contrats plus dangereux comme dans le cas de [l’autoroute] 15, nous avons aussi des assurances plus spécifiques», affirmait Mario d’Errico, fils du fondateur de la compagnie Tommy d’Errico, et actionnaire de la société.Mais avant même de parler de réclamations ou d’indemnisations quelles qu’elles soient, encore fau-dra-t-il déterminer la responsabilité de tous les intervenants dans l’accident.Les intervenants étant nombreux, la tâche ne s’annonce pas des plus simples.Hier déjà, Beaver Asphalte précisait par voie de communiqué qu’elle faisait affaire avec bon nombre de sous-traitants.«Beaver Asphalte a recours a des sous-traitants qualifiés, spécialisés et autorisés qui sont sous sa responsabilité, comme il est habituel dans l’industrie.» Gilles Robillard affirmait aussi que «de 90 à 95 % du travail est fait par des sous-traitants».Cité du multimédia, Québec déboursera 1,5 million de dollars.Cet argent permettra de faciliter l’expropriation de cette entreprise dont les activités ne sont pas compatibles avec celles qui prédominent désormais dans le secteur.Une fois l’expropriation conclue, le bâtiment et le terrain seront vendus au consortium responsable du développement de la Cité du multimédia qui pourra entreprendre la phase VII de son projet Cette phase prévoit l’aménagement de 135 000 pieds carrés d’espaces à bureaux qui sont déjà entièrement loués et où travailleront 1000 personnes.Une partie du bâtiment actuel sera conservée.Des fouilles archéologiques et une décontamination des sols sont prévues.Les travaux devraient débuter à la fin de l’année et le bâtiment devrait être inauguré en février 2002.Des négociations sont actuellement en cours avec les dirigeants de la compagnie afin de relocaliser l’entreprise ailleurs sur le territoire de Montréal.JACOUES NADEAU LE DEVOIR Un policier regarde s’activer pelles mécaniques et camions qui tentent de dégager les voies rapides après l’effondrement du viaduc.Effondrement d’un viaduc sur l’autoroute des Laurentides Boul.du SOUVENIR Beaver Asphalte pourrait être poursuivie Encore faudrait-il démontrer sa responsabilité dans la tragédie SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR EN BREF üê?.bouquinâtes du Saint-lyurenl Une grande fête juste pour lire! Des livres anciens, neufs ou d'occasion, pour tous les goûts, à tous les prix.Accès Gratuit en collaboration avec Le devoir * p 3 mi rvmrMMMMlvMti A CMAMBRi ix commerce ¦ ¦ Gouvernement ou Quwic b a du Québec Boucherville Du 18 au 24 juin (parc Laramée) A Montréal Du 29 juin au 18 juillet (au Vieux-Port) A Québec A Magog Du 27 juillet au 8 août 4,5,6 et 11,12 septembre (Terrasse Duferin) (Pointe Merry) CKAC73Q »journaU montreal ProducUon et réalisation Hélène Tlrole LE I) E V 0 I K .L E M A R I) I 2 «t .1 l' I \ 2 ü 0 0 A 5 ?LE DEVOIR ?-— Intimidation à cinq jours du scrutin La tension monte à Port-au-Prince HOWARD BURD1TT REUTERS Margaret Dongo, dirigeante du parti d’opposition Union des démocrates du Zimbabwe, a été victime d’une attaque dimanche à son domicile.Le Zimbabwe refuse 200 observateurs Harare ne donne aucune raison pour justifier son geste Report des élections haïtiennes JACQUES HASDAY AGENCE FRANCE-PRESSE Hararé — Le Zimbabwe a refusé d’accréditer plus de 200 observateurs étrangers aux prochaines élections législatives tandis qu'à cinq jours du scrutin, des militants du parti au pouvoir ont tenté d’intimider une des candidates les plus en vue de l’opposition.Ces observateurs faisaient partie du contingeant de quelque 500 observateurs étrangers pour les législatives des 24 et 25 juin, ont indiqué des observateurs internationaux qui ont requis l’anonymat Selon l’une de ces sources, ces observateurs «sont pratiquement exclusivement membres d’organisation non gouvernementales régionales et internationales».Aucun raison n’a été donnée pour ce refus d’accréditation qui a touché notamment des membres de l’Institut national démocratique (NDI) et l’Institut international républicain (1RI), qui ont leurs sièges aux Etats-Unis.Auparavant, le quotidien gouvernemental The Herald avait indiqué que 17 observateurs — 10 Kenyans et sept Nigérians — accusés par les autorités de travailler en sous-main pour la Grande-Bretagne, s’étaient vus refuser leur accréditation.Le président zimbabwéen Robert Mugabe avait déjà annoncé qu’il refusait la présence d’observateurs originaire de Grande Bretagne, accusé de soutenir le MDC.Le chef adjoint de la mission d’observateurs de l’UE, Mme Tana de Zulueta (Italie), a démenti que les observateurs concernés par la mesure de refus d’accréditation aient des liens quelconques avec la AGENCE FRANCE-PRESSE Beyrouth — À peine arrivé à Beyrouth, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan s’est heurté hier aux menaces du Liban de s’opposer au redéploiement des Casques bleus si Israël ne mettait pas fin à ses empiètements au Liban-Sud.Pour le Liban, tant qu'il y a des «empiètements», «le retrait israélien n'est pas complet» et leur «élimination» est «nécessaire avant tout changement au déploiement actuel de la FINUL [Force intérimaire des Nations unies au Liban] dans les régions libérées», a déclaré dans un communiqué la présidence libanaise à l’jssue d’un entretien du président Emile Lahoud avec M.Annan, en présence du premier ministre Salim Hoss.En dehors du quartier général de la FINUL à Naqoura et du bataillon indien, le gros des Casques bleus est déployé hors des régions Grande-Bretagne.Les observateurs étrangers envoyés au Zimbabwe sont censés surveiller le bon déroulement de ces élections et de la campagne qui a été marquée par des violences qui ont fait au moins 30 morts depuis février.Le Parlement monocaméral compte 150 députés, dont 30 sont nommés par le président Le parti au pouvoir, la ZANU-PF, n’a besoin de gagner que 46 des 120 sièges restant pour avoir la majorité, tandis que l’opposition devra, elle, gagner 76 sièges pour contrôler la chambre.En dépit de ces obstacles, le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), semble bénéficier d’une popularité suffisante pour contester la majorité à la ZANU-PF, pour la première fois depuis l’indépendance (1980).Une ancienne combattante de la guerre d’indépendance, la candidate d’opposition Margaret Dongo, victime d’une attaque dimanche à son domicile, a dénoncé hier les violences perpétrées par des militants du parti au pouvoir (ZANU-PF) et la passivité de la police après l’attaque.Dimanche, 70 militants de la ZANU-PF ont attaqué le domicile de Mme Dongo, blessant cinq personnes et détruisant le mobilier.L’un d’entre eux portait «quelque chose qui ressemblait à un cocktail Molotov», a déclaré la candidate de l’Union des démocrates du Zimbabwe (ZUD), petite formation politique qu’elle a fondée après avoir quitté le parti au pouvoir en 1995.Selon elle, la police s’est refusée à arrêter les agresseurs qui étaient restés à 300 mètres de la maison.occupées pendant 22 ans par Israël jusqu’à son départ le 24 mai.«Le Liban attend les résultats de l’équipe de travail mixte [Liban/FI-NUL] sur le terrain pour pouvoir adopter une position définitive à ce sujet», ajoute le communiqué.Malgré les objections du Liban, le Conseil de sécurité de l’ONU a conclu dimanche soir, après deux jours de difficiles discussions, sur la recommandation de M.Annan que le retrait israélien était effectif.Lors de leur rencontre avec M.Annan, les dirigeants libanais ont rappelé leur opposition à «l’appellation ligne de retrait”» et leur demande d’adopter «la jnmtière internationale reconnue comme base du retrait», selon le communiqué.En visite au QG des Casques bleus à Naqoura, pour rencontrer leur commandant en chef, le général ghanéen Seth Kofi Obeng, M.Annan a cependant annoncé que le renforcement prévu de la FINUL suivait son cours.DOMINIQUE LEVANTI AGENCE FRANCE-PRESSE Port-au-Prince — Le deuxième tour des élections législatives en Haiti prévu dimanche a été reporté et la tension montait hier dans la capitale Port-au-Prince, où des manifestants ont érigé des dizaines de barricades bloquant les principaux axes de circulation.«La tenue du deuxième tour dimanche sera pratiquement impossible en raison» du retard pris dans la publication des résultats du premier tour des élections organisé le 21 mai, a-t-on indiqué de source proche du Conseil électoral provisoire (CEP).Le CEP est un organisme chargé du processus électoral et composé de membres de la majorité et de l’opposition.La tenue du deuxième tour pourrait intervenir le 2 juillet, selon la même source.Hier matin, la capitale Port-au-Prince était paralysée par des dizaines de barricades faites de pneus, pierres, et pièces métalliques, érigées par des manifestants d’organisations populaires se réclamant de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.Ces manifestants réclament la publication immédiate des résultats du premier tour des élections législatives du 21 mai qu’ils affirment avoir triomphalement remportées.Des élections municipales et locales avaient également eu lieu, qui ne donnent pas lieu à un second tour.Leurs résultats n’ont pas non plus été publiés.Les barricades bloquaient notamment hier la route menant à l’aéroport international.Les commerces et l’administration publique étaient fermés, et certains manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles dans plusieurs quartiers sur les rares voitures qui circulaient.Des coups de feu ont également été entendus dans le centre-ville.Des manifestants ont brûlé un drapeau américain à proximité de MARTINE VERON AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — L’Europe est confrontée à l’afflux d’immigrants, fuyant des zones de conflits ou attirés par la relance de l’activité économique, encouragés par des filières d’immigration clandestine qui les conduisent parfois à la mort, comme ces 58 immigrants retrouvés dans un camion à Douvres.Par mer, par route, par avion, ils sont des dizaines de milliers à tenter chaque année de pénétrer en Europe, individuellement ou, plus souvent, par l’intermédiaire de réseaux de passeurs qui trouvent là un secteur des plus lucratifs.Le trafic des candidats à l’exil au plan international est ainsi évalué à 3 milliards de livres ( environ 4,7 milliards de dollars) par an par la Direction de l’Immigration britannique.Dans des wagons plombés, des camions bâchés, des conteneurs, des vans, cachés sous le capot d’une voiture ou dans l’habitacle du train d'atterrissage d’un avion, finissant à la nage leur voyage en mer, les immigrants payent le prix fort pour arriver au but, traversant parfois plusieurs frontières.L’éclatement du bloc soviétique, les guerres des Balkans, les conflits au Sri-Lanka, au Kosovo, en Irak, dans plusieurs pays d’Afrique, ont contribué à accélérer ces dernières années les migrations, encouragées aussi par les rumeurs de pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs économiques.Les immigrants pénètrent en Europe majoritairement par les deux «portes» de l’espace Schengen, que sont l’Espagne et l’Italie, deux pays confrontés à un flux croissant d’immigrants ces derniers mois.En Espagne, le processus de régularisation en cours a contribué aussi à attirer un flot de l'ambassade des états-Unis, et mis le feu à une barricade de pneus devant ce bâtiment, selon des témoins.Pour essayer visiblement d’apaiser les tensions, le porte-parole du CEP, Sainristil Roland, a assuré hier que «la publication des résultats des législatives [était] imminente».Aucun blessé n'avait été signalé en milieu de journée dans la capitale.La police est restée extrême ment discrète depuis le début vendredi des manifestations.Les manifestants ont aussi dénoncé l’ingérence de la communauté internationale dans le processus électoral haitien, et le rôle des Etats-Unis dans la fuite le week-end dernier du président du CER Léon Manus, qui estimait que sa sécurité clandestins à qui les réseaux de passeurs font croire que leur situation sera réglée s’ils s’y rendent avant la fin juillet.Plus de 200 immigrants ont péri en mer de janvier à mai, selon une association de défense des droits de l’homme, en tentant de franchir le détroit de Gibraltar ou en essayant de rejoindre les Canaries et quelque 5500 immigrants clandestins ont été arrêtés.C’est par la mer aussi que les clandestins tentent le plus souvent de passer en Italie, où une opération de régularisation a également eu lieu en 1999.Mais nombre d’immigrants ne font que traverser l’Espagne et l'Italie pour se diriger vers le Nord, cherchant à rejoindre notamment l’Allemagne, numéro un de l’immigration en Europe, avec un million de réfugiés, ou le Royaume-Uni, deuxième terre d'asile derrière l’Allemagne au sein de l’Union européenne.De moins en moins accueillante, la Grande-Bretagne fait pourtant encore figure d’Eldorado aux yeux de milliers d’immigrants, était menacée.M- Manus est arrivé dimanche aux Etats-Unis.Samedi, au Cap-Haitien.deuxième ville d'Haiti à 260 kilomètres au nord de Port-au-Prince, s’étaient également déroulées des manifestations réclamant le départ de quelque 300 militaires américains qui y séjournent dans le cadre d'un projet à caractère humanitaire commun à plusieurs pays de l’Amérique latine et des Caraïbes.la Famille Lavalas, le parti de M.Aristide, a mis en garde la communauté internationale contre toute tentative de la priver de sa victoire ou d’en diminuer l’ampleur.Cette formation revendique notamment le contrôle du Sénat haitien, doté de pouvoirs constitutionnels forts.Elle affirme avoir obtenu, selon des généralement venus des Balkans ou du Commonwealth, comme les 58 malheureux retrouvés morts à Douvres.La France, qui enregistre depuis deux ans une hausse spectaculaire de demandeurs d’asile (+ 38 % en 1999), hausse encore plus forte pour le début de l’année 2000 (+ 50 %), est avant tout une terre de passage, mais elle récupère les milliers de clandestins interpellés aux frontières.Par Modane, à la frontière italienne, les immigrants arrivent en train, puis continuent leur voyage en camion ou voiture, notamment vers Calais, où près de 11 000 clandestins ont été interpellés en un an et 400 passeurs, dont 240 transporteurs routiers complices.Pour lutter contre les filières clandestines qui exploitent les candidats à l’exil par des prix de passage exorbitants (les Chinois déboursent jusqu’à 20 000 livres pour leur passage vers la Grande-Bretagne), n’hésitant pas à les tromper sur leur chance de réussite, l’Europe peine à trouver des solutions.Le 21 juillet, les représentants de tous les pays concernés se réuniront à Paris pour améliorer la coordination des politiques de lutte contre les filières, tandis qu’à l’initiative des Pays-Bas, un groupe européen asile-immigration vient d’être constitué, qui cherche les moyens de concilier flux migratoires et co-développement résultats partiels, 16 sièges de sénateur sur 17.Le total à pourvoir est de 19 sieges.L’Organisation des Etats américains (OEA) avait critiqué la procédure de comptage des votes des élections sénatoriales.Le président du CEP estimait devoir tenir compte de ces critiques, réduisant sensiblement le nombre d’élus au premier tour de La Famille Lavalas.Il avait refusé de cautionner les résultats, et s’estimant menacé, a choisi l’exil aux Etats-Unis.Le CEP fonctionne désormais avec six membres au lieu de neuf.Outre M.Manus, deux représentants de l’opposition avaient démissionné jeudi.L’institution électorale a cependant affirmé qu’elle pouvait continuer à fonctionner.Washington devient gentil (AFP) — Les États-Unis ont effectué hier un geste vers la Corée du Nord en assouplissant leurs sanctions contre ce pays pour permettre la reprise d’échanges commerciaux, moins d’une semaine après le sommet historique entre les deux Corées.Cet assouplissement publié au Journal officiel américain (Federal Register), rend possible des vols directs entre la Corée du Nord et les États-Unis ainsi que l’échange de biens de consommation, de produits agricoles et de matériaux bruts, précise la gazette officielle.La levée partielle de l’embargo permet aux États-Unis de faire un nouveau geste, avant tout politique, en direction de la Corée du Nord et de poursuivre l’ouverture prudente amorcée avec ce pays.Bachar doit choisir (AFP) —- le congrès du parti Baas, au pouvoir en Syrie, a demandé hier à Bachar al-Assad, solennellement désigné dirigeant, de choisir les autres membres de sa direction.Le secrétaire général adjoint du parti, Abdallah al-Ahmar, a annoncé en séance plénière la décision du congrès réuni à Damas de nommer Bachar, fils et successeur désigné de son père Hafez al-Assad à la présidence, «dirigeant de la marche du parti et du peuple».Cette désignation ‘symbolise le renouvellement dans la continuité, et le développement dans la stabilité», a affirmé M.Ahmar.Esclavage : le Congrès est poli.(AFP) — Le Congrès américain pourrait présenter, pour la première fois, des excuses officielles aux descendants des esclaves noirs, suivant un projet de résolution déposé hier à la Chambre des Représentants.La résolution, présentée par le démocrate Tony Hall, demande la mise en place d’une commission nationale chargée d’évaluer les conséquences de l’esclavage, et d'éventuelles réparations, mais sans appeler expressément à des indemnités financières.Le passé esclavagiste des États-Unis «nous hante et continuera de nous hanter» tant que le gouvernement n’aura pas présenté des excuses officielles, a affirmé M.Hall.JONATHAN EVANS REUTERS Des camions en provenance du continent arrivaient hier au port de Douvres.Annan en visite au Liban Beyrouth accuse Israël d’empiètements ,[-> r * Kài REUTERS Un manifestant faisait hier le signe de la victoire alors que des membres d’organisations populaires déambulaient sur le boulevard Dessalines, à Port-au-Prince.Des centaines de manifestants ont réclamé la divulgation de la totalité des résultats du premier tour des élections et dénoncé le rôle de la communauté internationale dans le scrutin.Le trafic des candidats à l’exil est évalué à plusieurs milliards Le problème de rimmigration en Europe Le Canada doit régulièrement faire face à l’afflux de réfugiés en provenance de Chine.Lorsqu’ils passent la frontière, ces immigrés clandestins en quête de statut officiel attendent une décision administrative dans un centre de détention.11 n’est cependant pas le seul pays à vivre cette situation.Tous les pays développés attisent la convoitise des populations des régions en développement.Hier, c’était au tour de l’Angleterre.Demain, le problème ressurgira dans une autre région. A 6 LE DEVOIR.LE MARDI 20 JUIN 2 0 0 0 EDITORIAL Très troublant! L’effondrement d’une partie de la structure d’un viaduc en construction sur l'autoroute 15, à la hauteur de Laval, laisse tout le monde perplexe.Comment un tel ouvrage conçu par des experts, construit par des experts et supervisé par d’autres experts.peut-il s’écrouler comme un château de cartes?Inquiétant! ne personne est morte, deux autres ont été gravement blessées dimanche avant-midi, quand leur voiture a été écrasée par d’immenses blocs de béton dans l’écroulement d’une section du viaduc du Souvenir, à Laval.Comme le veut la loi, un coroner a été nommé et dans les heures qui ont suivi, il a ordonné qu’on enlève toutes les poutres de béton encore en place sur cette section neuve du viaduc.Une décision qui s’imposait dans les circonstances.Ce n’est pas la première fois qu’un ouvrage d’envergure connaît des problèmes au Québec.Sans en dresser une liste exhaustive, rappelons l’effondrement d’un pont en réfection enjambant la rivière Nicolet sur l’autoroute 20, en 1992, qui avait entraîné la mort d’un ouvrier.Plus récemment, des problèmes majeurs ont été décelés aux structures des ponts Charles-de-Gaulle et Galipault, aux deux extrémités de l’üe.Rappelons encore l’effondrement de la poutrelle de béton de 55 tonnes au Stade olympique.Si, dans le cas du pont de la 20, une enquête de la CSST avait conclu au non-respect des normes par le constructeur, dans le cas du Stade, on n’a jamais pu établir avec précision qui était responsable des erreurs commises quinze ans auparavant.Tout ce qu’on a trouvé, c’est qu’un technicien avait rédigé une note de service soulignant que l’acier utilisé pour ancrer les poutres du Stade n’était pas conforme aux normes de sécurité.Mais on n’a jamais su qui était responsable.L’accident de dimanche dernier sur l’autoroute 15 ne doit pas, à son tour, passer à l’histoire comme s’il s’agissait d’un scénario sans auteur.Si les poutres de ce viaduc du Souvenir se sont effondrées, c’est que quelque chose n’a pas été fait selon les règles de l'art La cause de cette catastrophe se trouve-t-elle dans les matériaux utilisés, défectueux?Dans les plans de construction, imparfaits?Dans la faiblesse du sol, mal évalué?Qu’en est-il de l’inspection des travaux et de la qualité des matériaux?Ces questions et bien d’autres doivent être posées par le coroner qui dispose à cette fin des pouvoirs suffisants pour trouver les réponses, comme nous avons pu le constater à la suite de l’accident d’autobus survenu aux Eboulements il y a quelques années.L’opposition libérale demande la tenue d’une enquête publique plus large afin d’étudier tout le dossier des ponts au Québec, une démarche qui pourrait avoir du sens selon les conclusions du coroner, mais qu’il est trop tôt pour appuyer.Une autre question vient à l’esprit, qui ne pourra non plus trouver de réponse dans cette enquête: c’est celle des liens qui existent depuis toujours entre les formations politiques, nationales et municipales, les grandes sociétés de construction d’infrastructures et les firmes d’ingénierie du Québec.Non pas que les politiciens puissent être soupçonnés de complicité avec ceux qui sont négligents, qui commettent des erreurs ou des fautes, mais on ne pourra nier que la promiscuité due au financement des partis, surtout au niveau local, laisse planer un doute dans l’opinion publique quant à la pertinence du choix des entreprises qui sont chargées d’exécuter les projets, même quand il y a appel d’offres.De cela, il ne sera pas question au cours de cette enquête du coroner, pas plus que de la situation curieuse de ce constructeur qui s’est placé sous la protection de la Loi de la faillite mais qui reste toujours maître d’œuvre d’un ouvrage qui vient de s’écrouler.Belle imputabilité! Tout cela ne devrait pas empêcher le coroner d’établir au moins techniquement la cause de cet accident mortel, qui aurait pu avoir des conséquences encore plus dramatiques s’il était survenu en pleine heure de pointe, un lundi matin.jrsansfacon@ledevoir.ca Paix de cristal u’on ne s’y trompe pas.L’entente signée à Alger entre les ministres éthiopiens et érythréens afin que cesse l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire contemporaine, est extrêmement fragile.Les causes à l’origine de ce qu’on qualifie de guerre inutile sont si nombreuses et enchevêtrées qu’il ne faudrait pas s’étonner que les canons recommencent à tonner une fois l’encre de cet accord sèche.A preuve, la délégation éthiopienne n’a donné que son accord de principe, rien de plus, au plan de paix élaboré sous l’égide du président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le président algérien Abdelaziz Bouteflika.À moins que les membres de l’ONU ne forcent quelque peu le jeu en proposant que le contingent appelé à maintenir le cessez-le-feu soit plus imposant que celui envisagé, il est possible que cet énième accord capote.Si le pessimisme est de mise, c’est que ce conflit n’est en rien un conflit classique.Avant que l’Érythrée n’accède à l’indépendance en 1991, les conflits entre les diverses composantes de la mosaïque éthiopienne découlaient des différences ethniques ou religieuses.Depuis lors, des raisons politiques et économiques se sont ajoutées.Sur le front politique, l’Erythrée, dans la foulée de son indépendance, a opté pour l’élaboration d’un État unitaire qui a heurté de plein fouet les milliers d’Éthiopiens vivant dans ce pays.De son côté, l’Éthiopie, sous la gouverne de Meles Zenawi, a emprunté une voie totalement opposée.Fortement teintée de fédéralisme, la constitution votée en 1995 a donné naissance à de petits États et provoqué ainsi la fureur des habitants de Tigré, une région du sud éthiopien, et des élites éthiopiennes encore traumatisées par la perte de l’Èrythrée.Il n’en fallait pas plus pour que ce fédéralisme fortement décentralisateur ravive le nationalisme des Tigréens et des élites animées par un sentiment de revanche.Sur le front économique également, le contentieux entre les deux pays est imposant.La décision érythréenne, en 1997, d’introduire sa propre monnaie, a fait voler en éclats l’union monétaire et l’état de libreéchange établi après la guerre de 1991.En agissant de la sorte, l’Érythrée a consacré, par le biais de l’économie, l’existence d’une frontière entre les deux pays en rendant très difficile l’accès à la mer des marchandises éthiopiennes.Comble du cynisme des parties en présence, des milliards de dollars ont été dépensés pour se doter de part et d’autre d’un arsenal militaire inutile, dans une région du monde où la famine a fini d’achever des centaines de milliers d’Éthiopiens et d’Érythréens.Serge Truffaut ?Jean-Robert Sansfaçon ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CI.AUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET ÛUÊ Ct nC LIS flui V*nT Lf MÎno A LAVAL ¦! j i Pas de culture canadienne?Il y a quelque temps, M.Parizeau a dit que la culture canadienne n’existe pas.Comme M.Parizeau est très intelligent et parfaitement bilingue, ce qu’ü a dit soulève beaucoup de questions.A-t-il lu les romans de Margaret Laurence, Margaret Atwood, Carol Shield, Arundtativ Roy et Robertson Davies?A-t-il regardé les peintures d’Emily Carr aussi bien que Le Groupe des Sept?A-t-il entendu Maureen Forrester, Jon Vickers, Ben Heppner, Zara Nelso-va, Glenn Gould, Penderecki Quartet et l’Orchestre symphonique de Toronto?Ross Pratt Montréal, 4 juin 2000 Les boucs émissaires Dans combien de soupers de famille et de cocktails de bureau entend-on quelqu’un blâmer les politiciens pour tous les maux: l’impôt trop élevé, les systèmes d’éducation et de santé défaillants ou encore la mauvaise gestion des deniers publics?Il existe un consensus social au Québec, et partout ailleurs, qui consiste à dénigrer le travail de nos élus, et les médias entretiennent constamment cette vision sombre de notre monde politique.Pourtant, combien de professionnels, pour la plupart hautement scolarisés et dotés d’une solide expérience, accepteraient de travailler sans sécurité d’emploi, sans congé parental, sans vacances garanties, et souvent plus de 50 heures par semaine, et ce, pour un peu plus de 60 000 $ par année?C’est le cas des 125 députés de l’Assemblée nationale du Québec, dont les moindres faits et gestes sont épiés et dont les plus petites erreurs retiennent l’attention des médias, alors que les bons coups s’oublient souvent.Qu’est-ce qui motive ces hommes et ces femmes?Le pouvoir?Le prestige?Pourtant, la profession n’a jamais eu si mauvaise réputation et, entre les groupes de pression, l’opinion publique et les sondages, les élus ont LETTRES -4- souvent bien peu de marge de manœuvre.Dans un camp comme dans l’autre, la plupart des députés agissent comme représentants de leurs élus parce qu’ils ont des convictions personnelles et qu’ils espèrent, du moins au début, arriver à améliorer la société dans laquelle ils évoluent.Si nos élus n’ont pas tous mérité notre respect au fil des ans, il n’en demeure pas moins que le rôle des députés en société est essentiel et nous aurions grandement intérêt à redorer l’image de cette profession, afin qu’il y ait encore des candidats intéressants à se présenter lors des prochaines élections.Nos députés gagnent moins que les avocats et le salaire de notre premier ministre est nettement inférieur à celui de certains lecteurs de nouvelles à la télévision publique.Pourtant, les politiciens ont des responsabilités et une charge de travail souvent incroyables.Après avoir étudié en journalisme et obtenu une maîtrise en communication publique, j’ai eu l’occasion d’effectuer un stage à l’Assemblée nationale afin d’assister des députés dans l’exercice de leurs fonctions.Cette incursion dans notre vie politique a complètement changé ma vision des députés québécois.Si plus de gens voyaient réellement leurs élus à l’œuvre, leur conception défaitiste de notre système politique changerait peut-être.Rien n’est parfait à l’Assemblée nationale, bien au contraire, mais la situation n’est pas aussi sombre que le tableau dressé par nos médias.Plutôt que de contribuer à véhiculer une image défaitiste de notre vie politique et de ses acteurs, les journalistes devraient tenter de jouer un rôle plus positif au sein de notre système politique, notamment en évitant d’insister uniquement sur les mauvaises nouvelles.Demandez aux journalistes de la tribune de la presse s’ils échangeraient leur place avec celle des politiciens qu’ils épient chaque jour.La majorité vous répondront par la négative.Pourtant, il faut bien que quelqu’un fasse ce travail que vous et moi refuserions sûrement de faire.Comme nos institutions démocratiques sont le résultat de ce que nous en faisons, pourquoi ne pas tenter de valoriser la place des députés afin que de bons diri- geants continuent de faire le saut en politique?Brigitte Massé Ancienne stagiaire à l’Assemblée nationale 8 juin 2000 Merci Air Canada En mai dernier, un foie prenait place à bord d’un vol d’Air Canada pour une destination canadienne.Afin de sauver la vie du receveur à qui cet organe était destiné et dont la santé devenait de plus en plus précaire, Air Canada, faisant preuve d’humanisme, décidait de retarder le départ du vol d’environ 30 minutes.Situation inusitée, direz-vous! Pas si l’on connaît un peu le domaine du don d’organes.Chaque fois qu’un organe doit être acheminé vers une autre province canadienne, Air Canada nous offre généreusement sa précieuse collaboration et effectue gratuitement ces transports.Ce qui est survenu de particulier ce jour-là, c’est que le transporteur a décidé, au risque d’indisposer certains de ses passagers, d’attendre que l’organe soit à bord avant de quitter Montréal.Le résultat: un receveur a pu avoir une transplantation et vit beaucoup mieux aujourd’hui.Nous tenons à remercier sincèrement la compagnie Air Canada en notre nom, en celui de Québec-Transplant et surtout en celui de tous les receveurs qui ont pu bénéficier d’un tel service.Pour ce cas en particulier mais également pour tous les autres, nous tenons à souligner la disponibilité, le professionnalisme et la cordialité du personnel de cette compagnie.H contribue à sauver des vies.Nous tenons également à remercier tout spécialement l’agent Alain Roy, de la Sûreté du Québec, qui a déployé beaucoup d’efforts afin d’assurer le transport du foie entre le centre hospitalier et le comptoir d’Air Canada.Finalement, un merci tout spécial à Gino Maricco et Serge Gagnon, tous deux d’Air Canada, pour leur précieuse collaboration.Francine Ouimet et Marie-Josée Tardif Coordonnatrices pour Québec-Transplant Juin 2000 LIBRE OPINION -?- f Ecole supérieure de danse : les parents sont d’accord pour quitter l’école Laurier RENÉ BOURASSA Président de l’Association des parents des élèves de l’École supérieure de danse du Québec Au nom des parents des élèves dçs niveaux primaire et secondaire de l’École supérieure de danse du Québec, je sens le besoin et l’obligation d’apporter certains éclaircissements, voire des correctifs, à ce que Jocelyn Dupuis a avancé publiquement dans sa lettre du 23 mai 2000 à Didier Chirpaz, qu'il a fait parvenir aux parents par l’entremise de l’école laurier et qui a été reproduite dans Le Devoir.Sa lettre peut malencontreusement laisser entendre que la récente décision de l’École supérieure de mettre fin au partenariat académique avec l’école laurier relève de son directeur général artistique et pédagogique, M.Chirpaz, qu’elle vise des profits financiers pour l’Çcole supérieure, qu’elle restreint l’accès à l’École supérieure aux jeunes de certaines classes sociales et qu’elle détruit sans fondement le projet de l’école Laurier.J’aimerais préciser que cette décision ji été prise par le conseil d’administration de l'École supérieure, une instance décisionnelle, responsable et autonome au sein de laquelle M.Chirpaz n’exerce aucun droit de vote.De plus, M.Dupuis n’a été témoin ni de l’ampleur, ni de la teneur de la participation de M.Chirpaz aux discussions du conseil d’administration qui ont mené à cette décision.Cette décision n’augmente en rien les frais facturés pqr l’École supérieure; en fait, elle force plutôt l’École supérieure à enrichir son programme de bourses.D’ailleurs, l’avenir se chargera sûrement de démontrer l’engagement de l’École supérieure à ne délaisser aucun espoir en raison de considérations purement financières, peu importe la provenance sociale de l’élève.La décision du conseil d’administration vise plutôt un objectif fondamental, celui d’améliorer le sort de nos jeunes.Le conseil d'administration a rendu sa décision après avoir dûment considéré tous les angles, dont les problèmes systémiques débattus en vain depuis bien avant l’arrivée de M.Chirpaz et qui empêchent depuis trop longtemps l’École supérieure de rendre pleinement sa mission d'amener nos jeunes à atteindre leur objectif de faire carrière en ballet classique; les considérations et les insatisfactions bien réelles des parents envers l’école laurier, exprimées majoritairement de vive voix le 13 février dernier lors de l’assemblée générale d’information, et confirmées ensuite par leurs réponses au questionnaire de consultation; les quelques améliorations mineures consenties officiellement par l’école Laurier et qui s’avéraient nettement insuffisantes: et les affirmations répétées de l’école Lauriçr selon lesquelles même une décision par l’École supérieure de changer de partenaire académique ne modifiera en rien la direction dans laquelle elle est engagée depuis septembre dernier pour le secondaire, soit celle de son nouveau modèle organisationnel d’en- seignement modulaire et multiniveaux.Les parents s’attendent à ce que les gens qu’ils ont élus pour les représenter non seulement respectent leurs opinions parfois divergeantes mais également les défendent de manière juste et équitable.J’estime que c’est exactement ce que moi et les autres membres du comité exécutif de notre association continuons de faire avec diligence depuis janvier dernier.Malheureusement peut-être, pour certains, le secteur public n’a pu réunir les conditions propices au partenariat qui aidera le mieux nos jeunes dans la voie de leur choix.,La décision du conseil d’administration de l’Ecole supérieure a été rendue.Le temps de l’argumentation publique est terminé.Si l’on examine bien objectivement les résultats de la consultation de février dernier, on doit admettre que cette décision répond à un désir véritable de changements, exprimé clairement par une majorité de parents.Et si l’on croit aux valeurs de notre société démocratique, on se doit ou bien de respecter les décisions qui ont dûment considéré les opinions des membres de sa collectivité, ou bien de changer de collectivité.lœ choix revient maintenant à tout un chacun.Les jeunes dont le rêve passe par l’École supérieure seraient très reconnaissants à M.Dupuis de cesser ses teptatives de détruire ce que, de concert avec l’Ecole supérieure, ils et elles tentent avec cœur de bâtir pour leur propre futur et pour le futur de tous ceux et celles qui les suivront. LE DEVOIR.LE MARDI 20 JUIN 2 0 0 0 A IDEES Religion et morale dans l’école pluraliste Le détournement du Rapport Proulx GEORGES LEROUX Département de philosophie LOUIS ROUSSEAU Département de Sciences religieuses Université du Québec à Montréal a discussion suscitée par le Rapport Proulx sur la confes-sionnalité scolaire ne manquait pas de richesse, les enjeux étaient complexes.Soucieux de donner au principe d’égalité une application concrète, ce rapport recommandait principalement trois choses: la déconfessionnalisation des écoles, la suppression de tout enseignement confessionnel soutenu par l’Etat et l’introduction progressive d’un enseignement culturel des religions.Ces recommandations impliquaient le renoncement aux clauses dérogatoires favorisant les catholiques et les protestants et elles excluaient par ailleurs une solution qui, bien qu’elle ait été reconnue respectueuse du principe de l’égalité, fut écartée en raison de ses difficultés d’application: l’approche dite communautarienne, qui ouvrait la possibilité d’un enseignement de plusieurs confessions selon les milieux.Dans ce débat, où les signataires de la présente tenaient des positions différentes, il ne fut jamais question de réduire, en le découpant à la hache, l’espace réservé dans l’école à la transmission des symboles et des normes.Il était question de décider du statut confessionnel des écoles, des privilèges de certaines confessions, du caractère confessionnel, moral ou culturel de la transmission dans une société pluraliste et démocratique.Quelle solution le ministre Legault propose-t-il à notre société?Rien de moins que de réduire de moitié les heures consacrées à ces finalités et de maintenir les prérogatives des catholiques et des protestants.D dé-confessionnalise les écoles, mais qui aurait pu prévoir que c’était pour les vider de la religion et des normes?Cette solution constitue peut-être à ses yeux un compromis viable, elle n’est qu’une démission de fait devant les exigences des uns et des autres.Incohérente au regard du principe d’égalité, elle favorise les confessions chrétiennes protégées par les clauses dérogatoires.Ce qu’elle leur donne d’une main cependant, elle le leur relire de l’autre, en confinant tout le monde, partisans de la confessionnalité et tenants de la laïcité, à la portion congrue.Une heure par semaine, pour ainsi dire rien du tout Cette solution aura réussi à faire démissionner l’épiscopat catholique et toute la coalition gravitant autour de ce foyer.Quant à la coalition pour la déconfessionnalisation, ses représentants ont beau dénoncer l’ambiguïté du modèle proposé, qui n’annonce pas franchement ses objectifs et garde le flou sur les échéances et les responsabilités, ce qu’ils réclamaient pour l’enseignement culturel des religions et pour l’enseignement moral se trouve passé à la trappe.Est-ce bien cela que nous voulions, ce gigantesque délestage de tout l’héritage moral et religieux?Pourquoi un pareil détournement?La loi 118 est maintenant adoptée.Elle effectue un détournement de plusieurs consensus issus des débats.Au premier rang de ces consensus, la nécessité de conserver au primaire comme au secondaire un espace pour la transmission des normes et des symboles.Alors que l’on affirme avec force la place, dans une société pluraliste, du domaine moral et du domaine religieux dans l’ensemble des connaissances à transmettre dans l’école, les aménagements proposés aboutissent à deux conséquences inacceptables: d’abord, la confusion du domaine religieux et du domaine moral, une position équivoque et dépourvue de rigueur, où on se trouve bien forcé de ne reconnaître qu’une motivation pragmatique: tasser dans un fourre-tout marginal l’inessentiel, le non-utile.Ensuite, une réduction du temps consacré à ces matières qui compromet entièrement la possibilité de les enseigner, et encore plus d’y préparer des enseignants.D’où vient que la discussion riche du Rapport Proulx ait produit des solutions si décevantes, si peu adaptées à la complexité des enjeux?Tout était déjà, on pçut le suggérer, dans le Rapport Inchauspé, issu des Etats généraux de l’éducation.Un rapport unanimement loué pour la clarté de ses objectifs: gagner du temps pour les «matières utiles».L’enseignement religieux et moral, comme les autres matières inscrites sous le titre de Développement de la personne, devait céder la place.Par une habile stratégie qui, sur la base de ces prémisses, charcute les heures dévolues à l’enseignement religieux et moral, au primaire et au secondaire, et par une ouverture non moins stratégique vers l’enseignement culturel des religions en 4' et 5' secondaire, — introduit selon le programme d’une laïcité ouverte, mais placé néanmoins, et non sans confusion, sous l’égide de l’éthique, maître-mot de la ratio- CBc DIEU uveiie]] AMOUR Il Ira»' ARCHIVES LE DEVOIR François Legault déconfessionnalise les écoles, mais qui aurait pu prévoir que c’était pour les vider de la religion et des normes?nalité contemporaine —, le tour est joué et presque en silence.Cela s’appelle un superbe coup fourré qui a peut-être trompé le ministre lui-même! Un débat et des corrections nécessaires Mesurant les conséquences de la politique annoncée pour l’avenir de la jeunesse québécoise, une jeunesse qui partage les requêtes de culture et de sens de toutes les sociétés pluralistes, nous demandons l’ouverture d’un dialogue public sur ces enjeux.Nous croyons qu’il fallait mettre un terme à la confessionnalité des écoles et c’est l’élément positif de la solution que nous avons devant nous.Nous ne remettons pas non plus en cause l’exclusion de la solution communautarienne: le débat a montré qu’elle était non seulement peu praticable, mais qu’elle pouvait être contreproductive sur le plan de l’intégration démocratique.Nous croyons cependant nécessaire de nous demander la réduction de la transmission du symbolique dans l’école est-elle la bonne solution pour l’école pluraliste?Où s’effectuera la rencontre des énoncés de croyance, des pratiques symboliques et des orientations normatives qui appartiennent aux traditions religieuses, philosophiques et éthiques de l’humanité?Où se développera leur critique et leur appropriation?Voulons-nous ne transmettre que l’utile et refouler ce qui met en question la nature de l’utile?S’il ne s’agit concernant le religieux et le moral que d’un catalogue vétuste d’objets patrimoniaux, qu’il faudrait maintenant élargir et communiquer aux autres cultures venues habiter la maison commune, on peut comprendre une telle marginalisation.Pour nous, il s’agit de bien plus.Ce legs de constructions signifiantes, de symboles et de normes engageant tous les passages de la vie individuelle et collective, de propositions permettant de construire graduellement les choix d’une vie bonne, tout cela n’a-t-il rien à apporter à la formation de la jeunesse de nos sociétés «tout commerce», une jeunesse qui montre chaque jour davantage le visage inquiet de sa quête de sens, de sa recherche de fondements?Si ces principes ont une légitimité, le débat devrait se réamorcer sur les propositions suivantes.Premiè-rement, compte tenu de l’importance du principe de l’égalité, nous ne pouvons en aucune manière cautionner le maintien prévu des clauses dérogatoires sans échéances précises qui marqueraient nettement le statut transitoire des mesures protégeant le privilège des catholiques et des protestants.Deuxièmement, dans le but de respecter le consensus démocratique atteint au cours des débats récents sur l’importance à accorder à la dimension religieuse et morale dans la construction de la cité commune, trois questions doivent trouver une solution satisfaisante.Il faut d’abord clarifier et distinguer les objectifs des cours de formation morale de ceux qui donnent accès à la culture religieuse de l’humanité.S’il est possible de concevoir une certaine intégration de ces deux domaines, il s’impose de ne pas les confondre ni d’asservir l’un à l’autre.L’introduction de l’étitique au secondaire, une mesure prometteuse, devra s’effectuer de manière rigoureuse et elle ne doit pas devenir un slogan pour enterrer la religion.D faut ensuite donner au domaine religieux et moral l’espace nécessaire permettant l’atteinte des objectifs éducatifs visés.Les propositions actuelles débouchent sur une pure figuration.Les compressions envisagées, tout particulièrement au secondaire, sapent à sa base le renouvellement souhaité de la formation personnelle au contact des traditions religieuses, philosophiques et éthiques sur lesquelles se construit l’histoire humaine.D faut maintenir tout au long du secondaire l’importance horaire donnée aujourd'hui à la morale ou à la religion.A la charge du ministère de démontrer que cela empêcherait la mise en œuvre de toute la réforme actuelle de l’éducation! Il faut enfin veiller à permettre un aménagement des tâches tel que l’enseignant spécialisé en enseignement religieux et en enseignement moral puisse disposer d’un régime de travail équivalent à celui de ses homologues des autres domaines.L’entrée de l’étude non confessionnelle des religions pose un défi nouveau qui implique une plus grande professionnalisation, pas un affaiblissement.Le régime actuellement prévu videra l’école secondaire de ses spécialistes.Que veut-on au ministère?Les remplacer par des improvisateurs, des charlatans?Toutes ces questions exigent un examen urgent.Le Rapport Proulx méritait mieux que les propositions frileuses auxquelles le ministre le fait aboutir.Les bons accords de l’Orchestre Métropolitain la suite du reportage de madame Louise Leduc du 14 juin dernier, donnant une image qui diffère beaucoup de la réalité de l’Orchestre Métropolitain, le Comité des musiciens voudrait donner son point de vue.D’abord une précision: notre Comité n’a pas été formé «pour savoir si l’Orchestre Métropolitain a réellement l'intention de mener à bien son grand ménage».Dans tous les orchestres d’Amérique du Nord, les Comités de muaciens sont là pour veiller à ce que les meilleures relations s’établissent entre l'administration, le directeur musical et les membres de l’orchestre, et le nôtre ne fait pas exception à la règle.L’OM a vingt ans cette année.A sa naissance, on lui prêtait une courte vie, prétextant qu’il n’y avait pas de place pour un deuxième orchestre, à Montréal.Et pourtant il y a longtemps que nos salles sont pleines.Les succès sont là, très concrets, confirmés par des critiques positives et un public fidèle et enthousiaste.Rappelons quelques apparitions de l’O.M.qui ont contribué à marquer sa carrière: ¦ Boris Godounov, version concert, un de nos premiers succès; ¦ les neuf Symphonies de Beethoven, au Festival de Lanaudière accueillies avec enthousiasme, et qui ont donné l’occasion d’une série télévisée à Radio-Canada, sous le titre «Beethovenissimo» (réalisation James Dormeyer), achetée à l’étranger par plusieurs télévisions; ¦ l’intégrale des Concertos de Beethoven, avec Anton Kuerti, au Festival de Lanaudière, ¦ le concert d’Eva Podless accompagnée par l’orchestre, concert consacré «L’événement musical du Festival de Lanaudière» ¦ L’Or du Rhin de Wagner, version concert, qui s’est attiré cette saison les louanges unanimes de fa critique; ¦ Salomé de Richard Strauss, qui suscita le même enthousiasme l’automne dernier, ¦ Jenufa de Janacek, ¦ Les Galas de l’Opéra.La liste est longue et nous n’énumérerons pas tous les succès qui parsèment le cheminement de l’Or- chestre Métropolitain.Pour tous ces événements, sous la direction de chefs différents, l’orchestre a toujours maintenu son excellence.Une telle réussite, compte tenu de 1a concurrence à laquelle il fait face, est un tour de force magnifique, et prouve le haut niveau de professionnalisme de l’Orchestre Métropolitain.Pour maintenir ce haut niveau les musiciens de l’O.M.ont surtout besoin d’un directeur musical qui les fasse travailler et en même temps respecte leur professionnalisme.C’est ce que nous attendons de notre nouveau chef, monsieur Yannick Nézet-Séguin, en qui nous mettons toute notre confiance.Nous invitons le public à venir nous entendre, pour nous confirmer son soutien.LE COMITÉ DES MUSICIENS DE L’OM Alain Cazes Christopher Best Marie Lamontagne Monique Laurendeau Cathy Martin Chantal Hébert ?k Vivre dans des ruines Il y aura dix ans vendredi, les Accords du lac Meech prenaient le chemin de 1a déchiqueteu-se, et, avec eux, les meilleurs espoirs d’une réconciliation officielle entre le Québec et le Canada.Même sur son lit de mort, le projet de Meech ne réussissait pas à faire l’unanimité.Alors que les uns voulaient recoller ses morceaux, les autres se réjouissaient d’hériter d’une page blanche sur laquelle ils croyaient que l'histoire allait leur permettre d'écrire de nouvelles choses.Dix ans plus tard, les ruines de Meech ont eu raison des projets de construction de tous les vaillants bâtisseurs de juin 1990.Ce fut d’abord le cas des auteurs du défunt projet Après Meech, fa majorité d'entre eux n’ont pas obtenu de deuxième chance, à commencer par David Peter-son de l’Ontario dont le gouvernement n’a pas survécu trois mois à l’épisode.Deux d’entre eux, Robert Bourassa et \ cause Joe Ghiz, sont décédés daps la force de l’âge.En Nouvelle-Ecos- de Meech, se, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, les Buchanan, aucun Vander Zalm et Devine ont fini leur vie politique en disgrâce.A premier l’instar des conservateurs de .Brian Mulroney, les partis des ministre deux derniers ont connu la dé-route 1a plus complète.provincial Le sort a été un peu plus n> j tendre avec ceux des protago- K nistes qui n’étaient pas au pre- camper mier rendez-vous du lac Meech.F Frank McKenna du Nouveau- sur des Brunswick et Clyde Wells de Terre-Neuve ont tous les deux positions choisi l’heure de leur départ , quelques années plus tard.Gary québécoises Fïlmon du Manitoba a fini par être forcé de s’éclipser cette année mais seulement parce qu’il avait sollicité un mandat de trop.Tous trois ont quand même subi l’échec de Charlottetown.L’opinion canadienne tient toujours Brian Mulroney en quarantaine tandis qu’au Québec, Pierre Trudeau n’a pas de descendance politique.Jean Chrétien, à qui l’échec a d’abord porté bonheur puisqu’il est devenu successivement chef et premier ministre, est par 1a suite passé à deux doigts de devenir celui sous lequel le Canada aurait éclaté une bavure qui continue à dominer son bilan.Le Québec a manqué un rendez-vous d’un autre ordre en 1995.Aujourd’hui, ni Lucien Bouchard ni Jean Charest, propulsés à l’Assemblée nationale par les contrecoups de Meech, ne disposent d’assez d’éléments de solution pour recomposer le puzzle d’up consensus québécois face au Canada.A cause de Meech, aucun premier ministre provincial n’ose plus camper sur des positions québécoises.Même cette année, alors que le Québec est techniquement le porte-parole des provinces, les collègues de Lucien Bouchard montent plus souvent au front fédéral en leur nom collectif que le premier ministre québécois.Ce réflexe a permis 1a négociation d’une union sociale réductrice pour les pouvoirs des provinces mais dont Ottawa, ironie du sort, ne réussit pas à récolter tous les fruits, parce que le gouvernement majeur le plus susceptible de partager ses vues en matière de progrès social est celui-là même pour lequel le projet sous sa forme actuelle est contre nature.La santé des institutions politiques canadiennes périclitent A 1a faveur d’un parlement fragmenté, le gouvernement Chrétien vide d’un projet de loi à l’autre lé mot «débat» de son sens.La Cour suprême est moins perçue comme le plus haut tribunal au pays et davantage comme fa cour du premier ministre.La semaine dernière, deux provinces, l’Alberta et 1a Saskatchewan, ont même annoncé qu’elles permettraient à leurs citoyens de défier fa loi libérale sur le contrôle des armes à feu, toute validée qu’elle soit par 1a Cour.Eh oui, vous avez bien lu 1a Saskatchewan, province dont le gouverqement était pourtant venu plaider les vertus de de l’État de droit lors du renvoi fédéral sur le droit à 1a sécession du Québec ! Confirmé un peu plus chaque semaine dans son statut de havre de repos pour vétérans politiques méritants, le Sénat continue de perdre son autorité morale.Dans l’état actuel des choses, le PC, deuxième parti en nombre à la Chambre haute, pourrait finir par ne plus avoir d’existence parlementaire qu’au Sénat.Lorsque vient le temps de se composer un gouver-nement, le Canada est devenu un pays à parti unique.Dans la foulée du rapatriement de 1982, le PLC avait perdu le Québec francophone pour ne plus jamais en refrouver autre chose que des miettes.Depuis l’échec de Meech, ce sont les fédéralistes, toutes formations confondues, qui ont été éliminés du terrain.Et sans le Québec, les électeurs canadiens se réveillent sans solution de rechange au Parti libéral, un état de fait qui permet même au premier ministre actuel de bloquer le chemin aux meilleurs espoirs de sa succession.Mais le pire, c’est sans doute que le Canada, le Québec y compris, s’est accoutumé à vivre dans les ruines politiques de Meech.Depuis dix ans, le Canada livre au monde le modèle d’une guerre civile constitutionnelle.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Elle signe aujourd'hui sa dernière chronique avant de faire relâche, pour une partie de l’été.Elle nous reviendra à la mi-août.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {.adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vie urbaine), Marie-Andrée Chouinard {éducation) Yves d'Avignon (sports): Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, LouisCilles Francœur (environnement), Judith lachapelle, Ionise Leduc, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Benoît Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé): Michel Carneau (caricaturiste) : Diane Précourt {pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (rr/ertmrs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes) : à l'information culturelle : Michel Bélair {responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) :h l'information économique : Gérard Bérubé {adjoint au directeur de l’information), Hélène Baril, Claude Lévesque, François Normand.Claude Turcotte; à l'information intemationale : Jean-Pierre legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique ; Pierre O’Neill, Hélène Buzzetti, Manon CorneDier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac {correspondants parlementaires à Québec): Marie-Hélène Alarie {secrétaire à la rédaction) ; Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis), lia documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault Manon Derome, Serge Iépiante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine Côté, Marlène Côté.Anouk Hurbutt.Philippe Gagné, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland, (publicitaires), Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet irrsponsabte de la production/.Claudine Bédard, Michel BCTnatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Yanick Martel Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGÉ Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Évelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction): Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert ( viceprésident exécutif et directeur général). LE DEVOIR, LE MARDI 20 JUIN 2000 A 8 -?LE DEVOIR «- ACTUALITES BILLES VIADUC SUITE DE LA PAGE 1 Le Québec ne se contenterait pas de dépenser l’argent qu’il compte récupérer du fédéral.Aux 532 millions réclamés, la province injecterait un montant de 60 millions d’argent neuf A cela s’ajouteraient 30 millions détournés de postes budgétaires qui ne seraient plus nécessaires: le Programme d’allocation de maternité (PRALMA), qui a jusqu’à présent remboursé aux Québécoises les deux semaines de carence imposées par le fédéral, et le supplément que verse Québec-l’em-ployeur à ses fonctionnaires en bonifiant de 55 à 75 % du salaire assurable le congé parental d’Ottawa.Quant aux travailleurs autonomes, leur couverture aura un prix: ils seront appelés à cotiser au programme.Enfin, les travailleurs gagnant entre 39 000 et 52 000 $ verront leurs cotisations augmenter proportionnellement.Mais surtout, le Québec a un «atout» important son plus faible taux de natalité.En 199&-99, il était de 10,1 naissances pour 1000 habitants alors que la moyenne canadienne était de 11,2.Pour un revenu donné, tous les Canadiens versent le même montant à la caisse d’assurance-emploi, sauf que les cotisations des Québécois soutiennent moins de nouvelles familles québécoises.Alors forcément une portion sert à financer les congés parentaux.des Ontariens (11,5 naissances par tranche de 1000 habitants) et des Albertains (12,9).Au bureau de la ministre responsable Nicole Léger, on ne s’en cache pas: le Québec se montrera plus généreux tout simplement parce que le budget doit être séparé en moins de parts.«C’est évident qu’on peut donner plus parce qu’on n’aura plus à payer pour les familles de la Saskatchewan par exemple», explique le porte-parole Stéphane Perrault.Le Québec retire ses billes parce que le fédéralisme n’est pas rentable.Du moins pas en matière de congés parentaux.Car le Québec n’est pas toujours le peidant dans cette redistribution nationale de la richesse.Entre 1972 et 1999, le Québec a versé en moyenne 24,4 % des fonds de la caisse d’assuranceempbi, mais il a reçu en 32,7 % des versements effectués.
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