Le devoir, 24 juin 2000, Cahier E
LE DEVOIR.LES S A M E D # \ Lucien Bouchard Le premier ministre du Québec invite tous les Québécois à la fête: «Notre fête nationale: un temps d'arrêt, avant de poursuivre nos objectifs d’avenir.» Page 3 I Guy Bouthillier Pour le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le 24 juin est un rendez-vous annuel donné à tous les Québécois, indépendamment des origines, des appartenances culturelles et des allégeances.Page 5 I Quand le temps est à la fête, place doit être donnée aux réjouissances et aux messages d’amitié et d’amour.Le jour de la Saint-Jean-Baptiste est devenu jour de fête nationale.Laissons donc parler quelques-uns de celles et ceux qui donnent au Québec un nouveau visage, eux qui, librement, ont choisi de vivre en cette terre américaine où la majorité est de langue française mais où les paroles dites et entendues composent une nouvelle société polyphonique.Multiplicité des langues, multiplicité des discours.Un nouveau Québec est en train de naître.Bonne fête, Québec! f*B*’ y m î ^ " Nécessaire dialogue Continuidad y rupture lo mi ricordo Québec / Kébec Rapprochement De Canjo Amisi à Félix Leclerc Essalam Alaykoum «Et si on se lançait par par par par par par par des fleurs» Zippporah Dunsky Sbnay Tito Alvarado Dino Fruchi Steve Tat Egbert Gaye Françoise Nduwimana Tarik Mihoubi Page 4 Page 2 Page 2 Page 3 Page 3 Page 4 Page 6 Page 6 Ï" "NE FÊTE 1 OUI NOUS RESSEMBLE ET NOUS RASSEMBLE j y, Eiceq X ) I r i E 2 I.K I) K V (» I li L E S S M E DI 2 1 E T I) I M A \ ( Il E .1 IJ 2 0 0 0 BONNE FETE QUEBEC TÉMOIGNAGE Nécessaire dialogue .mupuaunp u'?n iis au?iun8ns ddt in'?l”n .1918 IN’ l’N 1)0’?119 lUnipUJ T’ü H)0N9 T’O .lOimi’D’N 119 IDQDNO N l’I V8 1)ODO?U r’T) -171)21)111?l’N n’121)J U’UNIl))!)?1)011110 ’T |’3 TN Ul’inplfl 119 nUOll) l’« 110111)1 p’iauj r« i)0’’iis ni ,?tuno)»n rs hniidj p’iiuj t’n iuodno .l)’Smi))U) U0”11S ’T ™ ONT .N11N0N l’N DBOJl’N T UN N01NTN0 U’SNUlllJJ UO’TT ’T l’iffl 11))’’111)?Î?’)”N 1)1”T) .TDTNINj?N )1N Nli?l)31)llp N ,T1)?NDT0)ND N TN9 l’T 0?Nn T’N ,p’T)0?Nn ODUTUJ IDllDJ 11))”T 1T1)0?1) U)”I) .lU’LnTUn 11)111)1 l’N TNT9HnD01T] i’’n lun .TNigm uo”iis i”n iiniui tn id’?))1) t’in iDNigoi ututin iirnip ^tnt t’n tn 1”T) TNT9I1) 1)0’TT 1”I) - (D’T” 0ni)71)10’lN T’TT’N ONT T’9 11)1101 B?N l’2 T’N 710) ’T 111)101 I’ll 0NÎ1 1U’1”9)NT9 - TNT9IB 00109 ’T l’N ?NOTO)Nn l’N 1107 T1071p lll’OlOOl’N DOT 119 0”S |’N 10PN11Ü19’1N l’I T’N .1TN’ Tüp40 UN TüpîO .ÜOJl’ln-702 N ^ OIT NO ’T .T02”Tai N UN TOTO?N 101101 T’N TU0N9 1”0 TÜ1”T0) TO N D’D 01100)0101 101101 T’N 1TN’ 0)0’ l’N ?NOTO)Nn 119 fl7np UQI’T” ’T ’T 1S OTOnOllN TT p’S”l UNil IB’T” 119 TOINHI’?119 Q?10 TOO’IT) N IBD’DTN 11N miN 1S 10T)lp)”TN 11079 ”1 119 TO N ,TÜ2”TIU ÜQJ’T’’ ’T 119 IDUIOOTOO’ITN U09N "1N7N0 nU’TNTOO’?* N ’ll ’1TN 107Nnül ONT OONO ’T 111 .llOO) l’N 1027011 ,l”7p .0 N ’11 TU2”1Ü) ÜIO’T” 119 1000) OOD’TNl ’T lOlOlOTD’IN 10P T’N ’11 T01”T1U ÜTÜTDN ,0)’T” 9’1N ll’TOJl)) OND 7N1’0 ,a)’?l)0 9’1N ll’TOlül ONFl ÜIO’UNT T?n .’p09N7Nn BT’n ,a)TTT) 7NTÛ3’ 1U)”T 0N11 0TUT1N TN9 11N T’T D1TN TOgDNOON OQ)’lü9O0) N 19N0)Ü1 IINÎT ”T .11011 ÜTÜ”T l’N lODNlUl 1TN’ 00050 11N 00040 119 T10?lp TÜTNINp UN TOpOlOllp Op’TlO’72 ’T 0’1N7 ,1N0”7 D’IIT’N ’ll 10UN9 OO’lTl 01701N TN9 1TN2 TOTNlOllTg N 101101 T’N ,T?n”n iNDion iin pnoop-b o’in?:to?ooi’p oooiiini t’in ni ototin un potit 0N?1)’’T UN ÜJO’llNpTDl l?N10pü?00)’N TOTN)Np -Ü)T’1S)NT9 UN H?np TÜIU’T’’ TOIU’UD’OTN TOT inj’llS jiiT’no oo’iioi t’in TüiN ioiii)”n ii9 mnoo’iN un nipT’n n ioiiüi poo in tn 0) 10701 T’I llNfl TÜTD’p DU)’T” 119 0”mün ’T) DIT?’! 11N 1NT9D] 119 O’IOl 19’1N Tüa)?’10Np TOT 7”11 BONODIT?’! 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ma fille aînée, née à Montréal, forme la deuxième génération.Ma cadette est née à Toronto, et ma benjamine à Ottawa.Je suis Montréalaise, Québécoise et Canadienne.Mes enfants ont maintenant leurs propres enfants — la troisième génération.L’hébreu fut ma première langue; selon mes parents, je pouvais apprendre d’autres langues ailleurs.Puis ce fiit l’anglais et, à quatre ans, le yiddish.Le français est venu beaucoup plus tard, au cours de mes études.Je fis mes études primaires dans une école juive.Je me dois d’ajouter, qu’à son honneur, la province de Québec est la seule à aider financièrement ce genre d’école.Grandir à Montréal dans les années 30 et 40 frit pour moi une fas-cinante expérience.Mon père était un professeur et un écrivain, ma mère une femme d’intérieur.La communauté juive de cette époque était riche d’écrivains et d’artistes; le théâtre yiddish était très fréquenté par une audience buvant littéralement tous les mots.Plusieurs de ces écrivains furent accueillis à la maison où ma mère tenait un salon littéraire.Imaginez recevoir A.M.Klein qui a écrit ses œuvres en anglais, J.l.Segal dont les œuvres sont en yiddish, et d’autres écrivains yiddish tels que Medresh, Wolofsky, Me-lech Ravitch.Ils creusèrent les fondations que d’autres fortifièrent.Les grand poètes canadiens des années 40 et 50 incluaient Irving I^ayton et Dudek.Peintres et artistes — Muhlstock, Heimlich, Bercovitch, Reinblatt, pour n’en citer que quelques-uns — prospérèrent dans cette atmosphère excitante.Rupture Il ne s’agissait pas de cas isolés; non seulement exprimèrent-ils leur propre créativité, mais ils furent aussi influencés par l’art et la littérature qui fleurissait au Québec et au Canada à la même époque.Et bien qu’indubitable-ment, un croisement se fit entre la communauté juive artistique et son homologue canadien-français et que contact et dialogue s’établirent sur de nombreux niveaux, une séparation tacite continua de se manifester à travers la langue, l’éducation, (la grande majorité des juifs allaient dans les écoles de la Commission scolaire protestante puisque la Commission scolaire catholique ne les acceptait pas) et les échanges sociaux.L’Eglise était toute puissante, les écoles séparées, les quartiers ghettoïsées.Les juifs de cette époque J JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louis Muhlstock étaient victimes d’un antisémitisme considérable de la part des corqmunautés française et anglaise.A ma graduation de l’école secondaire en 1945, la note requise dans les examens finaux pour tout étudiant juif pour être admis à 1’ Université McGill était 75 %.Heureusement pour moi, j’avais la note nécessaire.Aujourd'hui bien des choses ont changé.Le yiddish n’est plus la lingua franca comme par le passé.La grande majorité de la communauté juive possède une connaissance plus ou moins élevée de la langue française.J’ai moi-même obtenu une licence en langue et littérature française, suivie d’une maîtrise à l’Université de Montréal dans le but de devenir aussi bilingue que possible.Je loue les efforts entrepris aujourd’hui pour surmonter les difficultés qui à ce jour ont séparé nos deux communautés.Il existe une nouvelle largeur d’esprit, une volonté d’engager un dialogue, de se rencontrer et de discuter de problèmes qui nous affectent tous en tant que Québécois.Nous ne serons probablement jamais d’accord sur le plan politique, mais j’ai néanmoins confiance que ces dialogues mèneront à une meilleure compréhension et enrichiront la trame des expériences et des valeurs culturelles que nous partageons.Zippporah Dunsky Shnay est directrice de la Bibliothèque publique juive de Montréal.Continuidad y ruptura TITO ALVARADO En un principio creia que Québec era una tierra de incognitas.Ahora, ya 14 anos de vivir aqui, creo que Québec es como una tierra prometida, donde todo esta por hacerse y por lo mismo es un lugar para el desarrollo de lo posible.Aqui cada cual vive su propia reali-dad virtual: una boisa de valores que funciona por internet; unos politicos que hacen lo contrario de lo que prometieron; unas discu-siones eternas por lo que es secun-dario; unas autoridades que son prisioneras de los funcionarios; unos policias que sobrepasan su autoridad; unos jueces que se dis-frazan para dictar sentencia; unos trabajadores que hacen huelga sin que nada cambie, unos diligentes que son agentes intermediaries y no defensores de quienes dicen re-presentar; unos electores que ya no creen en elecciones, una demo-cracia que funciona sin participa-ciôn de las mayorias.Aqui uno no sabe si reir o Uorar.Cada dia asisti-mos al drama de vivir sobrevivien-do, mienfras se nos hace creer que el drama pasa siempre en otro lado.Aqui cada uno participa a su modo en la carrera por conquistar un prestigio, un nombre, un poder, una riqueza, una seguridad, pare-ciera que los seres humanos estâmes condenados a ser principio y fin de si mismo, entonces la convi-vencia en sociedad pierde su senti-do de ser.Diversidad Pero iqué puede interesar la opinion de un desconocido en este 24 de junio?Se me pidiô una nota sobre como me siento yo, emigrado de origen latinoamericano, viviendo en Québec, solo que me resisto a sentirme estrella y hablar desde mi ombligo.Fiel a mi filosofia de que siempre hay dos opciones, me en-cuentro ahora en la disyuntiva de escribir sobre mis nada inter-esantes vivencias personales o escribir sobre lo que yo créa son las apreciaciones del conjunto de los llamados latinos, frente al proceso de adaptacion a la sociedad de aco-gida.Para aproximarse a una re-spuesta antes hay que descubrir y descubrirse: ir mas alla de las apa-riencias y mostrarnos de cuerpo entera.Los "latinos ' somos una diversidad de culturas, unidas por un Fête nationale du Québec Grand spectacle le 24 juin au parc Maisonneuve avec : Éric Lapointe, Luce Dufault, La Chicane, Louise Forestier, La Bottine souriante, Nodéjà, Linda Racine, Daniel Boucher et des surprises.Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal À 82, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H2X 1X3 Téléphone : (514) 843-8851 Télécopieur : (514) 844-6369 ssjb Internet : www.ssjb.com Courriel : info@ssjb.com ^ idioma y un nombre, impuesto aqui, que con el tiempo pudiera ser nuestra identidad: latino.Considéra que todo tiene relation, por lo mismo creo que el future dépende de nuestros actos actuates, pero aùn cuando sepamos esta verdad, no siempre tenemos la cuota de amor y locura como para adelantarnos al momento que vivi-mos, sucede que somos prisione-ros de nuestro tiempo présente, y los pocos que se adelantan son considerados locos.Quiero sentirme loco y adelantarme al présente.Mienfras no se resuelva la paradoja de por un lado decir que se lucha por la separation y por otro se apli-ca una politica neoUberal que tien-de a borrar toda diferencia cultural, pues estas diferentias incomodan a los intereses del gran capital.Asistimos al quiebre de la identidad, afin cuando se habla de conquistarla.Québec lucha por su identidad, los latinos de tanto ser llamados asi, queremos crear y ad-quirir esa identidad.Estamos a un paso de la realizacion del sueno o a un paso del abismo, pero nos empecinamos en caminar a cie-gas.Aqui todo es posible, todo es cuestiôn de querer ser y para ello debemos remontarnos a lo que hemos sido y romper las ataduras del mito: que en nuestras venas siga el ser que somos, pero que el ritmo sea el mundo.Continuité et rupture Au début, je pensais que 1e Québec serait une terre à découvrir.Maintenant — quatorze ans plus tard—, je crois que le Québec est une terre promise, où tout peut se frire et par le fait même, une terre où le développement est possible.Ici, chacun d’entre nous vit une réalité virtuelle: une bourse qui fonctionne par Internet; des politiciens qui font le contraire de ce qu’ils ont promis; d’éternelles discussions sur des sujets secondaires; des autorités prisonnières de leurs propres bureaucrates; des policiers qui outrepassent leur autorité; des juges qui se déguisent pour dicter des sentences; des travailleurs qui font la grève sans que personne ne le sache; des dirigeants devenus agents intermédiaires et non défenseurs de ceux qu’ils disent représenter, des électeurs qui ne croient plus aux élections; une démocratie sans la participation des majorités.Nous ne savons pas si nous devons en rire ou en pleurer.Chaque jour, nous assistons au drame de la survivance alors qu’on nous fait croire qu’un tel drame a lieu ailleurs.Ici, nous participons tous à travers notre carrière à la conquête d’un prestige, d’un nom, d’un pouvoir, d’une richesse, d’une sécurité.On dirait que les êtres humains sont condamnés à être 1e début et la fin de d’eux-mêmes, alors que l’idée de vivre en société perd tout son sens.Diversité En quoi l’opinion d’un inconnu, en ce 24 juin, peut-elle susciter l’intérêt?S’il m’a été demandé d’écrire un article sur comment je ressens 1e fait d’être un immigré d’origine latino-américaine vivant au Québec, en retour, je ne veux surtout pas me poser en «vedette».Fidèle à ma philosophie voulant qu’il y ait face à toute chose deux attitudes possibles, il m’est possible d’écrire sur ces petits riens qui font la vie quotidienne ou de décrire la communauté «latino» en processus d’adaptation à sa société d’accueil.Pour amorcer une solution, je dirais qu’il faut avant tout découvrir et se découvrir: aller au-delà des apparences et se dire entièrement Nous, latinos, sommes d’une grande diversité culturelle et sommes unis par une langue et un nom (ici imposé), qui pourrait devenir notre identité: latinos.Je considère que tout est interrelié.En conséquence, je crois que l’avenir dépend de nos actions présentes.Mais même en sachant cette vérité, nous n’avons pas suffisamment d’amour ni de folie pour dépasser l’instant présent.Le problème est que nous sommes prisonniers du présent et la minorité qui le fait est considérée folle.Je veux me sentir fou et m’avancer au présent.Nous vivons avec le paradoxe de ceux qui disent que d’un côté, ils luttent pour la souveraineté et qui de l’autre exercent une politique néo-libérale qui a tendance à éliminer toutes tes différences culturelles puisque cela ne convient pas aux intérêts du grand capital.Nous assistons à la rupture de l'identité, même si on parle de la conquérir.Le Québec lutte pour son identité.Nous sommes à un pas de la réalisation du rêve ou à un pas du précipice, mais nous nous obstinons à demeurer aveugles.Ici, tout est possible si nous voulons être et pour cela nous devons nous souvenir de ce que nous étions et aussi nous devons rompre avec 1e mythe: que notre cœur continue d’être ce que nous sommes, mais que son rythme soit celui du monde.Tito Alvarado est poète d’origine chilienne. LE DEVOIR.LES SAMEDI 24 ET I) I M A \ (HE 25 J l' I X 2 O O O E 3 •BONNE FÊTE QUÉBEC- Une entrevue avec Lucien Bouchard «On se fête parce qu ’on grandit» Avec le sentiment du devoir accompli Le 24 juin est un jour de fête pour le Québec.Moment d’arrêt, toute la place est laissée libre aux divers rassemblements où les talents artistiques sont mis à contribution.Comme le dit le premier ministre du Québec: «Le peuple québécois est un peuple jeune, mais déjà, il a acquis une belle maturité.Quand on souligne notre fête nationale, on marque une sorte de temps d’arrêt avant de poursuivre nos objectifs d’avenir.» Tout cela dans l’attente de la «grande» fête: «Imaginons la première fête nationale d’un Québec souverain.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre québécois, Lucien Bouchard RÉGINALD HARVEY En cette année où le Québec renoue avec la stabilité économique, le goût de la fête nationale prend davantage de sens à l’occasion du 24 juin.Les gens savourent plus volontiers les événements festifs dans une situation plus favorable et dans un climat d’espoir.Aujourd’hui, cette fête propose à toutes les Québécoises et à tous les Québécois de se rassembler et de célébrer autour de manifestations variées.Les talents artistiques des uns et des autres sont mis à contribution à travers tout le Québec afin d’animer communautés rurales et urbaines.A la fois, cette fête s’inspire du passé, revêt un caractère contemporain et invite aux lendemains.Voilà ce qui ressort des propos du premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, au sujet de la fête nationale.Il a bien voulu répondre aux questions du Devoir k cette occasion.Cœur léger Le Québec de l’an 2000 semble moins fragile, plus solide.Le vent a tourné pour, semble-t-il, emporter avec lui une sorte de climat à la fois de morosité et d’inquiétude.Sous cet angle, comment envisagez-vous, monsieur Bouchard, la présente fête nationale?— Cette année, il me semble à moi aussi que l’esprit est davantage à la fête.J’ai l’impression que nos accomplissements collectifs nourrissent un sentiment du devoir accompli.Le thème de l’événement est à cet égard bien choisi.Et si on se lançait des fleurs.c’est en quelque sorte une façon de se féliciter de ses efforts, de se dire qu’on a bien fait, qu’on n’a pas travaillé pour rien.On peut donc, avec ce sentiment-là, avoir le cœur léger et s’abandonner plus librement à la fête.Des gens de différentes origines vont s’exprimer à l’intérieur de ces pages sur leur vision de la fête nationale.Pour le premier ministre de tout ce monde-là, quelles sont les raisons d’avoir l’esprit à la fête, de célébrer d’une façon ou d’une autre la fête nationale des Québécois?— Le 24 juin, les Québécoises et les Québécois, peu importe leur ori- gine, ont le goût de se réunir, de chanter et de s'amuser.La beauté de cette fête réside en effet pour une large part dans son caractère convivial.Les raisons de célébrer sont nombreuses, mais je pense que la première est le plaisir de partager un sentiment d’appartenance à une collectivité, à un peuple.Cela nous vient de loin dans le temps et c’est lié à notre passé tout autant qu’à notre avenir.Un peu de la même manière qu’un anniversaire de naissance, on se fête parce qu’on grandit.Le peuple québécois est un peuple jeune, mais déjà, il a acquis une belle maturité.Quand on souligne notre Fête nationale, on marque une sorte de temps d’arrêt avant de poursuivre nos objectifs d’avenir.la fête évolue.Quelles formes, quelle apparence est-elle en train de prendre sous son jour actuel ou plus contemporain?Quel en est, dans ce cadre, le dénominateur commun?— La fête évolue comme le peuple québécois lui-même évolue.Elle est un reflet de sa réalité.Ainsi, la fête du 24 juin, tout en continuant année après année de rappeler la genèse et la construction ici d’une société originale, met de plus en plus en évidence la diversité des apports à cette construction.C’est vraiment le Québec d’aujourd’hui, le Québec contemporain qui se manifeste.Il le fait, et c’est peut-être là le dénominateur commun le plus évident, à travers l’expression artistique.Une grande part de notre identité, de notre originalité, de ce qui nous distingue passe par l’art sous toutes ses formes.Que ce soient les spectacles de grande en- vergure ou les petites manifestations de quartier, il y a toujours une importante partie de nous là-dedans.L’ailleurs et l’avant Vous vous êtes sans doute re- trouvé à l’étranger, dans d’autres pays, au moment où se déroulaient d’autres fêtes nationales.Comment avez-vous traversé ces instants-là ?— A l’étranger, j’ai surtout vécu l’expérience du 14 juillet en France.Qu’on le veuille ou non, quand on se trouve dans ce pays au moment où il célèbre sa fête nationale, on participe à une forte émotion, on est envahi par l’intensité de la fierté de ce grand peuple.On y participe plus intimement, cela va sans dire, quand on est francophone du Québec et d’Amérique, rattaché par ses ancêtres à la même terre, à la même histoire.Question plus personnelle.Comment Lucien Bouchard, de son enfance à aujourd'hui, dans les grandes lignes, bien sûr, a-t-il, à travers le temps, ressenti et vécu cette fête-là?— Pour moi, comme sans doute pour tous ceux et celles qui vivent cette fête depuis leur enfance, le 24 juin a d’abord été, et pendant longtemps, la fête des racines, du patriotisme.C’était aussi, lorsque j’étais enfant, ça l'est encore, je l’espère, la fête qui ouvrait les vacances scolaires, le début «officiel» des baignades dans les lacs et les rivières.Puis, ainsi que l’illustre le passage de « La Saint-Jean-Baptiste» à «fête nationale», j’ai pu voirie 24 juin s’accorder graduellement, dans la foulée de la Révolution tranquille, avec la modernité du Québec et l'affirmation d'un peuple de plus en plus confiant en ses ressources propres.Chacun se rappelle le sursaut de la fête du lendemain de Meech: ce moment fort ne peut pas ne pas être présent dans notre mémoire collective.Imaginons la première fête nationale d’un Québec souverain.TÉMOIGNAGE lo mi ricordo Québec / Kébec teJLi ( Quebec ) ( +*«]** C O DINO FRUCHI Ipopoli vinti e dominati più degli altri conservano nel loro spirito la nostalgia dell’indipendenza per-duta e il rimpiarjto della autenticità misconosciuta.E cosi che nel corso della storia, per avéré sempre présenté l’ideale della libertà e per ri-conoscersi quali portatori di una précisa identità le genti si sono date una divisa, una bandiera, un motto.Fin dalla conquista inglese nel 1760, il popolo Canado francese, pur restando sottomesso alla leg-ge del vincitore, ha continuato a ricordarsi delle sue origini, dei suoi antenati, dei suoi costumi, della sua lingua materna.Nonostante tutti i compromessi tentati, nel Canada, la eoabitazione delle genti appartenenti aile due nazionalità, l’inglese e la francese, à stata ardua e penosa e le difficoltà tra i due popoli non si sono mai ap pianate e continuano, tuttora, ad essere presenti.Qualunque sia stato il significa-to datp al «Je me souviens» dà Eugène-Etienne Taché, queste parole restano senz’altro di una évidente attualità.Oggi, più che ieri, l’identità spe-cifica dei Canado francesi à viva e più che mai con la bandiera del fiordaliso ed il motto «Je me souviens» rievoca il passato e rinvigo-risce Taspirazione tramandata da padre in figlio ad essere riconos-ciuti corne popolo sovrano.Je me souviens! Tra tutte le «divise» che stanno a caratterizzare fatti, riferimenti e simboli inerenti ai popoli delle na-zioni che se ne fregiano, rare sono quelle capaci di trasportare in sè una cosi densa carica di significato corne il «Je me souviens» della pro-vincia del Quebec in Canada.Essai rammenta e racchiude, non soltan-to le origini degli antenati, ma anche gli sforzi, le umiliazioni, le in-giustizie subite, il coraggio e la fede in un ideale supremo: la Ubertà.L’aspirazione collettiva alla libertà è intimamente legata ad un’al-tra esigenza insita nell’individuo, la brama di sapere da dove veniamo, dove siamo, cosa facciamo.Cones-cere la propria origine e quella dei propri simili è uno dei primi bisogni intellettuali.Questa ricerca neces-saria e complicata, permea la vita di ogni singolo nonché quella della collettività alla quale appartiene che è la storia di tutti e di ciascuno che la mente custodisce.La memoria è sempre pronta a immagazzinare e ricordare tutto cio che circonda l’essere umano, a registrare ogni sua parola, azione e le vicissitudini personal! condivise con la propria comunità.La sociologia, studio della realtà della vita ci aiuta a com-prendere meglio Taspirazione dei popoli alla loro autonomia e alla loro indipendenza.Corne raccontare le peripezie del popolo Canado francese.abbando-nato in terra nord americana dalla madré patria e piegato con la forza?Corne interpretare lo spirito e com-prendere quel suo senso innato di liberlà che continua a trasmettersi di generazione in generazione?Per far ciô con rigore e serietà.abbiano ritenuto opportuno riper-correre, per sommi capi, i punti sa-lienti della sua epopea.Nelel pagine che seguono, tenteremo di trac-ciare il profilo storico di due popoli che, pur continuando a convivere in territorio canadese da oltre 238 anni, hanno visto, e vedono tuttora, i loro rapporti incrinati da un per-petuo malessere latente e da in-comprensioni dovute ai bisogni in-trinseci e specifici a due nazionalità diverse, nonché all’instaurarsi di una scottante interrelazione che puô riassumersi ed assimilarsi a quella di tipo militare tra, superiore e subalterne.Je me souviens Surtout s’ils ont été vaincus, les peuples conservent en eux la nostalgie de l’indépendance d’antan et le regret d’une authenticité qui se dilue au fil du temps.C’est ainsi que tout au long de leur histoire, ils se sont donné des armoiries, des drapeaux et des devises pour maintenir cet idéal de liberté.Depuis la conquête par les Anglais, le peuple canadien-français, tout en se conformant à la loi du vainqueur, a su préserver le souvenir de ses origines, de ses ancêtres et des coutumes d'antan.En dépit des quelques arrangements consentis par le Canada, la cohabitation entre les nationalités anglaise et française a toujours été difficile et leur différence est demeurée omniprésente.Qqel que soit le sens que l’auteur Etienne-Eugène Taché a prêté au/e me souviens qu’il a gravé dans la pierre et quelle qu’en soit l’interprétation que tout un chacun en a fait par la suite, ces mots demeurent encore de nos jours criants d’actualité.Aujourd’hui, plus qu'hier, l’identité et la spécificité des Canadiens-français sont plus vivantes que jamais.Plus que jamais, le drapeau fleurdelisé et la devise Je me souviens leur rappellent, de père en fils, leur passé et leurs aspirations à être reconnus, au Québec, comme un peuple souverain.lo mi ricordo Parmi toutes les devises des peuples, aucune n’est plus significative que Je me souviens.Cette devise contient et rappelle non seulement les origines des ancêtres mais aussi les humiliations, les injustices subies, les efforts, le courage et la foi en un idéal suprême: la liberté.L’aspiration collective à la liberté est intimement liée à un autre besoin essentiel qu’ont les individus, soit celui de savoir d’où on vient, où on est et vers où on s’en va.En effet, pour l’être humain, connaître ses origines et celles de ses semblables est l’un des premiers besoins.Cette recherche né- cessaire et compliquée s'étale sur toute la vie non seulement de chaque individu mais aussi de celle de la collectivité à laquelle il appartient.C’est l’histoire de tous et de chacun qui s’imprime dans les mémoires.Et cette mémoire est toujours active, prête à capter tout ce qui concerne l’être humain, ses dires, ses gestes, ses actions, son histoire et celle de ses semblables.La sociologie, c’est-à-dire l’étude de la réalité de la vie, aide à mieux comprendre les aspirations à l’autonomie et à l’indépendance des peuples.Au Canada, il y a deux peuples qui vivent ensemble depuis 238 ans.Il a toujours existé et il existe encore aujourd’hui un grand malaise, une incompréhension causée par les besoins spécifiques de chacun de ces peuples et plus encore par leur relation de dominants-dominés.Comment peut-on raconter la vie et Tâme du peuple canadien-français, abandonné par sa mère et vaincu par la force?Comment comprendre son puissant désir de liberté transmis d’une génération à l’autre?Il n’y a rien de mieux que la rigueur de l’histoire pour bien comprendre.Ce texte de Dino Fruchi est placé en introduction de son ouvrage, lo mi ricordo / Je me souviens (Carte blanche, Montréal, 2000, 96 pages).Québec ou Kébec.Au début je trouvais étrange cette différence orthographique.C’était écrit en français, mais pas dans un français conventionnel.Après quelques temps, je me suis rendu compte que c’était une façon déguisée de lier la culture autochtone à la civilisation occidentale et surtout d’éviter d’oublier la période de colonisation.Grâce aux durs labeurs de nos ancêtres, Québec est maintenant un symbole de démocratie, de liberté, de tolérance et d’égalité.Plusieurs de mes amis ont maintenant quitté le Québec; j’ai choisi d’y rester, pas pour des raisons politiques mais par pure affection.Je me souviens que mon coeur s’est brisé quand j’ai quitté mon pays natal.Cela m'a pris des années pour recoudre les morceaux.Je ne veux pas vivre cette douloureuse blessure à nouveau — si vous me demandiez de quitter le Québec — car Québec, pour moi, ça signifie chez moi.Steve Tat est journaliste aux Presses chinoises de PEst Bonne fête Québec! Nofre fête nationale est un moment privilégié pour exprimer notre plaisir de vivre ensemble et pour réfléchir sur ce que nous sommes et désirons devenir.En cette ère nouvelle qui s'ouvre à nous, je vous invite à célébrer le chemin par couru au cours des derniers siècles et à embrasser l'avenir et le monde avec toute la confiance et l'audace qui caractérisent notre peuple.Je vous souhaite, Québécoises et Québécois, mes meilleurs vœux à l'occasion de notre Fête nationale.Lucien Bouchard Premier ministre du Québec Québec”» % Charte des droits et libertés ê de la personne Québec • • P# npi g||p - -'«i \ r LE D E V O I K .LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JUIN 2 0 0 0 E 4 “-BONNE FÊTE QUÉBEC- Rapprochement The Spirit of Togetherness Rassemblements et activités «Et si on se lançait des fleurs.» Petit calendrier des fêtes de la Saint-Jean dans les régions de Montréal et de Québec À Québec, si c’était hier sur les Plaines, aujourd’hui, à Montréal, c’est ce soir au parc Maisonneuve que se tient le grand spectacle de la Fête nationale: tous pourront cependant y assister par le truchement de la télévision radio-canadienne, à compter de 21h30.Durant la journée et la soirée, d’autres événements se tiennent ailleurs.Pour décider en dernière heure de l’organisation de ce 24 juin québécois.EGBERT GAVE The relationship between Quebec and its people of African descent dates back.way back, to the time when the first French explorers made their way to this continent That relationship surviving the indignities of slavery, oppression and systemic exclusion and is now fueling hope in the prevailing principle of rapprochement upon which the future is being charted.However, because the history of that relationship is so tainted by ignorance and racism, the journey into the future has special challenges for Blacks and the rest of Quebec.It depends on how weil they get to know each other and, on a mutual commitment towards continuing to build a fair and progressive society.For the people of African descent, the difficulties of the past have never been able to dislodge the roots they planted in this province.History tells us that ever since Mathieu da Costa, a young Black man from Madagascar, accompanied Samuel de Champlain (serving as his navigator and translator) to the colony which eventually came to be known as Quebec, there has been a continuing Black presence here.And theirs’ has been a conscious decision to stay and to persevere in the face of marginalization as second class status and restricted opportunities.Today, the community has grown into largest of the cultural groups in the province and through the efforts of outstanding individuals, contributes to Quebec’s development and dominance in areas such as science and technology, academics and music and beyond.High achievers like jazz-pianist, Oscar Peterson, writer, Dany Laferierre and sprinter, Bruny Surin, among others, have all brought acclaimed and recognition to Quebec on national and international stages.And there has been a collective effort by Blacks to consolidate their place in the province through the establishment of businesses and fledgling institutions to meet some of their social, financial and educational needs.Social cost But for long, Quebec has sidestepped its responsibility to give this community a hand up from its situation of deprivation and alienation, and as a result, there has been a massive social cost manifesting itself, especially among Black youth, in chronic unemployment and underemployment, abnormal high-school drop out rates and a steady exodus of the best and brightest to other provinces.Acknowledging the debilitating impacts these trends have had on the community and on society, there has been movement on the part of the Parti Québécois government of late, to institute policies to redress the situation, at least in part.The focus so far, has been on the issue of employment in domains that fall under its influence.Last summer, efforts to consolidate employment equity policies in the civil service were put into place.The hire of 25 new comers from traditionally excluded groups, which include aboriginals, anglophones, Blacks and other cultural communities.Then there was the recent commitment to legislating wider changes that would force the Quebec entire public sector to adopt employment equity plans over the next several years.While all these initiative are steps in the right direction, none is focussed enough to impact directly on the unique needs of the Black community, especially the English speaking sector.And the wheels of change appear to be turning in the right direction.So it is fair to gauge that, for Quebec and its citizens of African descent, the journey towards the final destination of a harmonious and rewarding co-existence is at the preliminary stage.But the road is already paved by the spirit of togetherness that already exists among the people on the street, in the schoolyards, in the playgrounds and in our hearts.Ensemble Les relations entre le Québec VOIR PAGE E 5: TOGETHERNESS MATHIEU ROY La fête de la Saint-Jean Baptiste sera peut-être encore plus belle cette année.En effet le thème choisi par les organisateurs: Et si on se lançait des fleurs, ajoute un élément visuel esthétique et intéressant aux festivités.Plusieurs fêtes de quartiers mettront donc l’accent sur la thématique en proposant aux enfants des ateliers de fabrication de fleurs.Tous peuvent aussi participer en venant avec des fleurs de lys ou de tous genres! Montréal et région Tout comme l’an dernier, le traditionnel défilé de la Saint-Jean-Baptiste et les nombreux feux d’artifices d’envergure ont eu lieu hier, en la soirée du 23 juin.Aujourd’hui, les Québécoises et les Québécois de tous âges sont conviés, pour une huitième année consécutive, au grand spectacle de la fête nationale qui prendra place, comme d’habitude, sur la scène du parc Maisonneuve, aujourd’hui à 21h.Le grand spectacle Le spectacle de l’année dernière avait attiré une foule record de 200 000 personnes.Les organisateurs misent encore une fois cette année sur la variété musicale.«Nous voulons réaliser un show rassembleur, indique Pierre Séguin, directeur artistique de l’événement.Nous inciterons les artistes du spectacle de ce soir à favoriser les rapprochements entre générations, en s’alimentant à la mémoire collective, y joignant toutefois la nouveauté.» Pour ce faire, Pierre Séguin et Scott Price, le directeur musical, tenteront d’intégrer divers styles musicaux: le folklore ravigotant croisera le rock fougueux et la grande chanson d’ici.Plus d’une trentaine d’artistes, chanteurs et musiciens s’uniront donc ce soir sur la grande scène du parc Majsonneuve.Ces artistes, dont Eric Lapointe, Luce Duffault, La Chicane, Louise Forestier, La Bottine souriante, No-déjà, linda Racine et Daniel Boucher, offriront des classiques québécois, des chansons de l’heure, quelques interprétations inédites et bien sûr, quelques surprises.Fait à noter, ceux qui ne seront par sur place au parc Maisonneuve, pourront néanmoins regarder le spectacle à la maison puisque Radio-Canada le diffusera à partir de 21h30.Pierre Séguin s’occupera aussi de la réalisation télévisée de l’événement.«Le retransmission du spectacle sera un peu plus dynamique, annonce-t-il, une nouvelle caméra à 85 pieds du sol donnant littéralement l’impression d’être sur la scène!» Les organisateurs des festivités de la Saint-Jean au parc Maisonneuve ont un programme qui déborde le temps du seul spectacle de soirée.Dès le début d’après-midi, le grand public est convié à des activités d’animation.Apres avoir dépensé toutes leurs énergies aux jeux, les enfants pourront dors rejoindre leurs parents le temps d’un pique-nique dans le parc.Des kiosques de vente d’aliments et de bière seront en activité de midi à 23h.Outre les jeux et les pique-niques, le public est aussi invité à assister dès 13h aux répétitions du spectacle.Les amateurs de musique auront alors la chance d’observer ces artistes dans une ambiance beaucoup plus décontractée et amicale.A partir de 17h commencera le souper populaire qui sera agrémenté d’une animation sur scène du groupe Yello Mollo.Fêtes de quartiers et fêtes municipales Fêtes de quartier, feu d’artifice, feux de joie, défilés et spectacles variés, il y en a pour tous les goûts dans la grande région de Montréal où les parcs et les rues proposent des activités à la fois traditionnelles et amusantes.En effet, grâce aux multiples fêtes de quartiers organisées d’année en année, les Québécois répètent plusieurs rituels en cette journée de fête nationale.Parmi ceux-ci on retrouve les feux de joie, la volée des cloches et la grande tablée.En plus de ces activités traditionnelles, certaines municipalités se soucient aussi d’un public plus jeune.C’est notamment le cas à Anjou où, au parc Roger-Rousseau, les enfants seront invités ce matin dès 10h30 à une véritable fête médiévale: construction de châteaux en carton, quizz sur Anjou, atelier d’armes, atelier d’escrime, labyrinthe, jeux d’habileté, etc.Cet après-midi à 15h, la rue Saint-Viateur (entre Saint-Urbain et Jeanne-Mance) sera encore une fois l’hôtesse d’un événement organisé par les pompiers d’Outre-mont, une activité toujours popq-laire auprès des jeunes enfants.A la suite de cette présentation, la foule pourra assister à divers minispectacles culturels sur les quatre scènes montées sur le site.A Villeray, la Société pour la Promotion de Danse Traditionnelle au Québec organise dès 13h sur la rue Berri (entre Paillon et de Castelnau) une grande fête qui rassemblera danseurs, gigueurs et conteurs.Les amateurs de musique qui ne veulent pas affronter les foules du parc Maisonneuve, seront réjouis de savoir que plusieurs autres artistes se produisent en spectacle dans différentes municipalités au courant de la journée et de la soirée.L'île-Bizard accueille par exemple la troupe de Boule Dogue Bazar ainsi que le groupe rock Mononc’.La chorale de l’Accueil Bonneau sera au Chez-Nous des Artistes; Marjo à Montréal-Nord, tandis qu’Okoumé jouera devant le public de Verdun.(Pour de plus amples informations sur les différentes fêtes de quartiers et divers spectacles musicaux, le Comité de la fête nationale invite les gens à visiter son site Internet: www.cam.org/~maq/index.html.On y trouve une liste complète et détaillée de toutes les activités reliées à la Saint-Jean pour la grande région de Montréal, y compris Laval; les adresses et heures de chaque événement y sont bien annotées.Des téléphonistes seront aussi à la disposition du public au (514) 849-2560.À Québec C’était hier soir que les Kevin Parent, Sylvain Cossette, France d’Amour, Marc Déry et autres artistes populaires animaient les Plaines d’Abraham avec le grand spectacle musical de la fête nationale.Mais attention, la vieille capitale déborde tout de même d’activités en cette journée du 24 juin.Un des faits saillants des festivités se déroule encore aujourd’hui et demain à la place Royale alors que le public québécois peut assister à une trentaine d’animations, où conteurs publics et personnages historiques racontent leurs histoires avec humour.De plus, comme à chaque année, le public est invité à partager un immense gâteau de 500 portions sur la place Royale, le samedi 24 juin à 14h.La rue Cartier sera envahie à compter de 17h par les musiciens et les amuseurs publics, et ce pour toute la soirée.Le Café des arts présente aussi une soirée intéressante en deux volets: la première partie, animée par l’écrivain Robert Jasmin et intitulée «Spécial coup de coeur», sera entièrement consacrée à la poésie québécoise tandis que Gaëtan Leclerc suivra en interprétant les classiques de son oncle.Une multitude d’autres festivités se tiendront aussi dans la vieille capitale au courant de la journée.La place d’Youville, les Plaines d’Abraham, les Jardins de l’Hôtel de ville ainsi que les quais du Vieux-Port accueilleront tous un événement d’envergure.Pour de plus amples informations sur les fêtes de la Saint-Jean dans la région de Québec, la Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale (SNQC) dispose d’un excellent site Internet (www.snqc.qc.ca).On y trouve facilement la programmation des activités ainsi que des informations historiques sur la fête nationale.Le SNQC répondra aussi à vos questions au (418) 640-0799.Feux de joie Saint-François, Laval Parc du Moulin Angle de Tilly et Montée du Moulin et Laperrière 21h (450) 666-2509 Senneville Parc Senneville Angle Morning Side et Pacific 21h (514) 457-6020 Pierrefonds Parc de la Polyvalente de Pierrefonds 22h30 (514) 624-1100 Verdun Parc du Bord-de-l’Eau 22h30 (514) 765-7166 Feux d'artifice Dorval Terrain Lautan Bord-du-Lac et 56' avenue 22h (514) 6334000 Montréal-Nord Parc Aimé-Léonard 4275, boul.Gouin Est 22h (514) 3284150 île Bizard Parc Eugène-Postie 490, rue de l’Église 22h30 (450) 620-6331, poste 137 ou 138 BONNE FÊTE QUÉBEC CE CAHIER SPÉCIAL EST P l! R L I É P A R LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT nlherianllolrdrvoir.ca 2050, rnr (te Rlciirv.B' Plage, Monlrpal (Québec) HSA 3M9.Tél.! (514) 985-3333 redaetlonœledevolr.oom FAIS CE g II E DOIS < 24^ msmsÊÊSSËgmm flfBLOC QUÉBÉCOIS On clique pour le Québec! TBo/me nœà'ô/iœfe à foufej /ej TflttéfecüùeJ et à fûuj /ej 'Que'fecotd M.Gilles Duceppe Chef du Bloc Québécois www.blocquebecois.org «?MMUKAUT* H< M$HTfc*AI.iAAHMKH Wf'GTHï M0HTNAA À l’occasion de la Fête Nationale, la Communauté hellénique de Montréal souhaite «Bonne fête à nous tous, Québécoises et Québécois!» 5777,AVENUEWlLDERTON, MONTRÉAL, QUÉBEC H3S 2V7 TÉL.: (514) 738-2421 FAX: (514) 738-5466 SITE INTERNET: www.hellenesmontreal.org LE DEVOIR.L E S S A M EDI 21 E T D I M A \ < Il E 2 .ï .1 I I X 2 O 0 O E 5 BONNE FETE QUEBEC Une entrevue avec Guy Bouthillier Place à tous ! La Fête nationale doit refléter toute la nation québécoise Pour le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, la Fete nationale doit témoigner de cette mosaïque culturelle qui compose le Québec: «Nous ne sommes plus un groupe de paroissiens.Nous avons la prétention d’être une nation avec tout ce que cela comporte et notre Fête nationale doit le refleter.» Le 24 juin, un rendez-vous annuel donné à tous les Québécois, indépendamment de leurs origines, leurs appartenances culturelles et leurs allégeances politiques.PIERRE VALLEE Il y a belle lurette que le traditionnel défilé du 24 juin ne se termine plus sur un char allégorique portant un jeune Saint-Jean-Baptiste, patron des Canadiens-français.Le Québec a depuis évolué et changé; la Saint-Jean-Baptiste est devenue la Fête nationale du Québec à laquelle sont conviés les Québécois et les Québécoises, toutes origines confondues.Depuis quelques années, la Fête nationale se colore et s’enrichit de la présence des autres cultures qui composent maintenant la mosaïque québécoise.Cela est manifeste lors du défilé et cette année, c’est la culture amérindienne qui s’impose avec la présence des chanteurs et danseurs Mohawks du groupe Les Gardiens de la porte de l’Est.Cette ouverture à l’autre, cette évolution des mentalités qui a transformé la Saint-Jean-Baptiste en Fête nationale est non seulement souhaitable mais tout à fait naturelle selon Guy Bouthillier, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SS-JBM): «Cela va de soi.Nous ne sommes plus un groupe de paroissiens.Nous avons la prétention d’être une nation avec tout ce que cela comporte et notre Fête nationale doit le refléter.» Quant à la dimension politique accolée à la Fête nationale, selon Guy Bouthillier, ce serait une erreur que d’en faire une manifestation partisane.«Tous les citoyens du Québec, fédéralistes comme indépendantistes, doivent .9 y reconnaître.Nous cherchons à renforcer le degré d’appartenance à la nation de tous les Québécois et pour cela, il faut donner à la Fête tionale une signification politique plus profonde.» Le grand défilé de nuit Si le spectacle du 24 juin au parc Maisonneuve est en quelque sorte une immense fête coUective, le défilé, lui, s’articule chaque année autour d’un thème bien précis qui reflète les préoccupations de son organisateur, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Cette année, le défilé qui se déroulait hier en soirée avait pour thème: «Pour toi Québec, des images en fête.» Technologie moderne oblige, cinq grands tableaux présentaient des projections sur écrans géants.Rappelant certains des plus brillants accomplissements, tels la construction du pont de Québec ou des centrales hydroélectriques de la Baie James, place était aussi faite au Québec d’aujourd’hui et de demain: sous le thème des explorateurs, hommage aux Jacques Cartier, mais aussi à Julie Payette.«Le thème au fond est la continuité, précise Guy Bouthillier.Il y a un rappel du passé mais il y a une projection vers l’avenir.C’est le Québec qui navigue à travers les époques, c’est le Québec qui se construit.» C’est aussi le reflet de ce visage multiculturel que projette de plus en plus le Québec, avec la participation au défilé, non seulement des Amérindiens, mais de plusieurs communautés culturelles.Cette nouvelle réalité québécoise sera apparente dans l’hommage que l’on rendra à nos grands sportifs en commençant par Louis Cyr pour terminer avec Bruny Surin, auquel la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a déjà remis cette année son prix du mérite sportif Maurice-Richard: «Bruny Surin est un athlète québécois auquel tout le monde aujourd’hui s’identifie», rappelle Guy Bouthillier.Une main tendue vers l’autre Cette ouverture aux autres communautés culturelles ne se produit pas seulement au moment de la Fête nationale.Depuis quelques années, la SSJBM a pris ce virage en cherchant à se rapprocher d’elles.Par exemple, le 5 juin dernier se tenait à la maison Ludger-Duvernay, au siège social de la SSJBM, le lancement de trois livres publiés par les éditions Septentrion portant sur divers aspects méconnus des com-munautés juives du Québec.Quelques semaines auparavant, c’était au tour de la communauté italo-québécoise de lancer un livre relatant la vie d’un immigrant italien au Québec.«Nous avons tous quelque chose de commun, explique Guy Bouthillier, chacun possède dans sa culture quelque chose qui rappelle la nôtre.» Il donne en exemple le cas des Irlandais: «S'il y a des Irlandais ici, c’est qu’il y a une Irlande quelque part.» Aussi, cette année, à la Saint-Patrick, la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal a tenu à rendre hommage aux patriotes irlandais.En outre, la SSJBM publie de plus en plus de messages dans les journaux des communautés culturelles et ce dans leur langue.La SSJBM possède un site Internet (www.ssjb.com) disponible en français, en anglais et en espagnol.En cela, elle perpétue l’idéal de son fondateur, Lud-ger Duvernay qui, en plus de la Minerve, possédait un deuxième organe de presse, The Vindicator, afin d’être entendu de tous les Montréalais.«Nous avons toujours eu la main tendue vers l’autre, précise Guy Bouthillier.Elle l’est davantage aujourd'hui parce que nous avons encore plus confiance en notre projet national.» I-a question nationale M.Bouthillier n’accorde pas beaucoup d’importance au fait que près de deux tiers des Québécois ne veulent pas sitôt d’un troisième référendum.Il rappelle que les sondages donnaient des résultats semblables avant la tenue du dernier.Face à la dimension économique, à savoir si les Québécois seraient plus ou moins «riches» en étant un pays, pour Guy Bouthillier, «les pays ne font pas l’indépendance pour des raisons économiques mais pour des raisons identitaires».Aussi, si des arguments économiques ont pu par le passé «intimider les Québécois», cela n’est plus vrai aujourd’hui: «Ce sont des peurs que l’on se donne à soi-fnême et ce temps-là est révolu.» A ceux qui prétendent que la souveraineté est dépassée, qu’il vaudrait mieux tourner la page constitutionnelle et passer à autre chose, M.Bouthillier répond: «On n’abandonne pas une idée aussi enracinée.La question de la souveraineté du Québec est en progression depuis 40 ans et il ne faut pas la laisser tomber surtout au moment où des milieux traditionnellement hostiles à notre option commencent à s’y intéresser.» Au contraire, M.Bouthillier croit que l’on doit en faire davantage la promotion.«Il ne faut pas en parler en jet continu, admet-il, mais il faut en parler à d’autres moments que la seule campagne électorale, à tous les quatre ans.» Par ailleurs, il est d’accord à ce que le gouvernement québécois utilise tous les moyens à sa disposition pour faire la promotion de la souveraineté.«Le Canada ne se gêne pas lorsque vient le temps de promouvoir l’option fédéraliste.» Quant au gouvernement qui siège présentement à Ottawa, M.Bouthillier le qualifie de gouvernement au fond anti-fédéraliste: «C’est un gouvernement unitariste, bien loin du fédéralisme qu 'il prétend défendre.» TOGETHERNESS SUITE DE LA PAGE E 4 et ses communautés d’origine africaine remontent à il y a longtemps.très longtemps, au temps où les premiers explorateurs français mettaient le pied sur le continent.Cette relation, survivant à l’indigne esclavagisme, à l’oppression et à la ségrégation systématique, refait le plein en vertu des principes actuels de rapprochement sur lesquels l’avenir est maintenant orienté.Pourtant, parce que l’histoire de cette relation est tellement empreinte d’ignorance et de racisme, de nombreux défis nous attendent dans l’avenir, autant pour la communauté Noire que pour le reste du Québec.Tout dépend de la manière dont nous réussirons à nous connaître, pour construire une société juste et progressiste, en continuant de nous impliquer mutuellement.Pour les personnes d’origine et de descendance africaine, les difficultés du passé n’ont jamais réussi à les déraciner de leur attachement profond à la terre québécoise.L’histoire nous rappelle que depuis Mathieu da Costa, un jeune homme noir de Madagascar, qui accompagnait Samuel de Champlain (il était son navigateur et interpret te) à une colonie qui devait éventuellement devenir le Québec, il y a toujours eu une présence noire au Québec.C’était pour ces Noirs une décision ferme et consciente que de demeurer et persévérer dans la marginalisation, au prix de nombreuses restrictions sociales.Aujourd’hui, la communauté noire se développe en de nombreux groupes culturels, et à travers les efforts de quelques remarquables artistes, contribue au rayonnement du Québec dans des domaines comme les sciences, les technologies, la musique, les arts, etc.De grands talents comme Oscar Peterson, pianiste de jazz, l’écrivain Dany Laferrière et le sprinter Bruny Surin, pour ne nommer que ceux-là, ont tous apporté au Québec, la reconnaissance et l'appréciation unanime des publics des scènes internationales.De plus, il y a vraiment eu un effort et une volonté collectifs de la part des Noirs pour prendre leur place au Québec à travers l’instauration de différentes institutions d’affaires ou en expérimentant des comités visant à combler des besoins sociaux spécifiques en éducation ou en finances.Coût social longtemps, le Québec a contourné ses responsabilités, niant en quelque sorte l'aide qu’il devait apporter pour contrer les privations et la dépossession de cette communauté, causant ainsi un important gâchis social, surtout chez les jçunes Noirs: chômage chronique, sous-emploi, taux de décrochage social anormalement élevé et un exode continu des plus doués vers les autres provinces.Reconnaissant les impacts désastreux que ces phénomènes avaient sur la communauté noire et sur la société québécoise, le Parti québécois a pris acte en instituant des politiques visant à redresser la situation, du moins en partie.Jusqu’à maintenant l’accent a surtout été mis sur l’emploi dans des domaines de compétence provinciale.L’été dernier, la politique d’équité salariale dans la fonction publique a été mise en place.Résultat: l’embauche de 25 nouveaux arrivants de groupes traditionnellement exclus, des aborigènes, des anglophones, des Noirs et des ressortissants d’autres communautés culturelles.Puis, il y a eu, récemment, l’assurance de changements législatifs plus larges qui forceront tout le secteur de la fonction publique provinciale à adhérer au programme d'équité salariale, dans les prochaines années.Pendant que toutes ces initiatives prennent leur élan, rien n’est fait en ce qui concerne les besoins spécifiques de la communauté noire, surtout chez les anglophones.Mais les roues du changement semblent tourner dans la bonne direction.Il faut quand même reconnaître que pour le Québec et ses citoyens de descendance africaine, la coexistence est plutôt harmonieuse bien qu'à un stade préliminaire.Pourtant la route est pavée par le sentiment de fusion, d'appartenance qui existe déjà parmi les gens dans la rue, dans les cours d’école, les terrains de jeux et dans nos cœurs.Egbert Gaye est directeur du Montreal Community Contact et chroniqueur à CJAD AM 8(X).« Comme lieu de naissance ou comme terre d’accueil, nous avons choisi de grandir dans ce grand jardin qu’est le Québec.Sept millions de personnes, une seule famille.et si on se lançait des fleurs à l’occasion de la Fête nationale de l’an 2000.Bonne Fête nationale ! » Louise Paquet Présidente de la Fête nationale et du MNQ Et si on vv tfes fleurs Québec 2000 « Le thème de la Fête de cette année me donne envie de dire aux gens qui m’entourent à quel point je les apprécie, chose que l’on ne fait pas assez souvent.Il me donne aussi envie de transmettre toute mon affection au Québec et à ses gens, et de les féliciter pour le chemin parcouru, pour toutes les réalisations accomplies.Bonne Fête nationale ! » Marc-André Coallier Porte-parole de la Fête nationale www.mnq.qc.ca Mouvement national des Québécoises et Québécois Coordonnateur de la Fête nationale depuis 1984.Le 24 juin est un moment important pour les Québécoises et les Québécois.Cette journée nous permet de fêter et d'entrevoir ensemble un pays moderne et ouvert sur le monde.Bonne fête , nationale y m 4 Æ.a:.t I ( L E l> K V O I R , L E S S A M EDI 24 ET D I M A X CHE 2 5 J I I X 2 0 0 0 E est sous la canicule que cet.après-midi du 10 août 1995, je fus autorisée à dépasser la frontière canado-américaine et à frôler le sol québécois.Que savais-je du Québec pour y chercher refuge?Pas grand-chose mais le plus important pour une francophone: on y parlait français.Mes premières réactions consistèrent à m’extasier de voir de mes propres yeux le fameux fleuve Saint Laurent tellement enseigné en géographie physique; le pays de Félix Leclerc, de Gilles Vigneault, et de Fabienne Thibeault, seuls artistes québécois que j’écoutais dans mon Burundi natal sans que le showbiz et les médias ne m’y contraignent.Après Canjo Amisi, mon artiste burundais pré eré, celui dont les chansons m’ont toujours secouée, j’étais loin d’imaginer qu’un jour j’irais visiter l’île d’Orléans pour mieux m’approprier l’œuvre de Félix Leclerc.Cinq ans après, je ne suis plus, dans ma peau, l’étrangère qui est venue de loin.Certes mon esprit sera toujours en éternelle migration entre ces contrées qui accueillirent aussi bien mes premiers cris au monde que mon processus de maturation, et ce Québec qui m’ouvrit ses portes.Cependant, mon regard sur la société québécoise a beaucoup changé.De la victime coincée entre le marteau et l'enclume, angoissée par le dilemme de recommencer à zéro sans pour autant tourner la page, terrifiée par la descente aux enfers du pays de ses aïeux; je suis devenue celle qui croit avoir son rôle à jouer dans la consolidation d'un Québec juste et pluriel.Cinq après, je me suis ouverte au Québec profond parce que j’eus la chance de rencontrer non seulement de bons guides, mais des amoureux du Québec, des gens engagés socialement, déterminés à donner au Québec un véritable projet de société qui exclut l’exclusion.Grâce à eux, je peux aisément parler d’eux, de Marie Gérin-Lajoie, d’Idola Saint-Jean, de Fernand Du-mond, de Jacques Grand’Maison et de bien d’autres car prétendre connaître le Québec, c’est s’intéresser à son histoire ancienne et récente, à ceux et celles qui l’ont marquée.Mais c’est aussi reconnaître l’héritage et la place des premières nations, des anglophones et des immigrants.Cette reconnaissance doit sortir du carcan po-liticien-électoraliste pour être à la portée de tous les québécois.Elle ne doit pas être subordonnée aux intérêts partisans, elle doit clairement s’inscrire dans une vision de société, laquelle est véhiculée par toutes les forces sociales qui font vivre le Québec et qui le portent J’ai librement choisi de me battre aux côtés de ceux et celles qui veulent donner une voix aux sans voix car face à la montée du courant néolibéral, si l’on devait constituer une société différente au Québec, il faudra nommer cette différence et lui préparer des bases solides.Or les politiques sociales que l’on met de l’avant semblent menacer cet idéal qui, jadis, fit du Québec une terre de justice sociale.La logique du rationnel, du plus offrant, du plus performant que l’on veut imposer à tous les secteurs publics devrait être questionnée.Ne sommes-nous pas en train de chosifier les rapports humains et les humains eux-mêmes?I^a culture qui a de tout temps été le meilleur thermomètre d’une nation et son canal de pensée, n’est-elle pas en train de succomber au charme de la privatisation et de la rentabilité?Que signifie l’expression «une économie en bonne santé» si chère aux chantres de la mondialisation, quand la liberté de créer, de s’adonner aux activités de loisirs, est torpillée par la loi du marché?En écoutant Canjo Amisi et Félix Leclerc, je me souviens qu’ils aimaient profondément leurs pays.Si leurs rêves de justice et de paix devaient se concrétiser un jour, il faudra rompre avec les embûches dressées devant nops par le modo le dominant.Paul-Emile Borduas nous a légué Le Rejus global', nous avons certainement le pouvoir de dire non au vide, pour mieux dire oui à la plénitude.Françoise Nduwimana est responsable des programmes au Centre justice et foi.i Cinq ans après, je ne suis - plus, dans ma peau, l’étrangère qui est venue de loin.•BONNE FÊTE QDÉBEC* TÉMOIGNAGE Essalam Alaykoum TARIR MIHOUBI Terre d’accueil et de tolérance, éperdument diverse dans son impérissable racine française, le Québec est un exemple fascinant de résistance culturelle et d’ouverture sur le monde.Petit par sa démographie, il est un géant mondial grâce au génie et à la créativité de ses enfants.Vivre au Québec, c’est vivre ensemble parce que nous sommes tous Québécois.Soyons nombreux à fêter le Québec.Ce dernier nous a ouvert les bras: allons donc à sa ren- contre.Nous sommes des citoyens québécois à part entière et non pas des citoyens entièrement à part La Saint-Jean-Baptiste n’est pas un rituel tribal qui revient chaque année, c’est, surtout, l’expression d’un peuple et d’une culture bien vivants.Dans cette fête, nous pouvons lire clairement les lignes d’une détermination tranquille qui nous donne envie de vivre au Québec.Vive le Québec! Tarik Mihoubi est du Centre maghrébin de recherche et d'information.Jlx» >2llij£ _ï JliJ jifi U Jjiaj Aa.jii ^ j l-Aa.ajl tjtyj} i_i*l j ‘CjjÏjC.jXtf.
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