Le devoir, 8 juillet 2000, Cahier A
w w w .led p voir p o DEVOI JARDINS Compagnes de route, hôtes du jardin Page D 8 LES ARTS Festivals: la loi des grands nombres Page C 1 V o i.X C 1 N " 1 .-> 2 I.K S S A M K I) I 8 K T I) I M A N < Il K !) .1 V \ L L K T 2 O O O 1 .!),")$ + T A N K S = 2.2 r» $ Génocide rwandais Honte sur la franco et les Etats-Unis HELENE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le génocide rwandais, au cours duquel de 500 000 à 800 000 personnes ont péri en 1994, aurait pu être évité si ce n’avait été de l’inaction de la corpmu-nauté internationale.Au banc des accusés: les .Etats-Unis et la France, mais aussi la Belgique et l’Eglise catholique, à qui revient maintenant la responsabilité de réparer les pots cassés en versant des indemnités au petit pays africain.C’est là la principale conclusion du GIER un comité de sept sages tonné par l’Organisation de l'unité africaine (OUA), qui a étudié pendant deux ans les conditions ayant mené au génocide rwandais et ses conséquences.Rendu public hier, son rapport de 300 pages, intitulé Rwanda - Le génocide qu’on aurait pu stopper, est probablement le plus exhaustif jamais rendu public à ce sujet Le comité a interrogé quelques centaines de témoins privilégiés du drame, provenant notamment du Burundi, de la Belgique, de la France, des Etats-Unis, de l'ONU et de plusieurs ONG.Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Aiman, à l’époque responsable du Département des opérations de maintien de la paix, et le général canadien Roméo Dallaire, alors responsable des opérations sur le terrain, ont aussi été interviewés.«R est clair que la seule raison pour laquelle le génocide a eu lieu, c’est que les intervenants extérieurs ont permis qu’il se produise», a lancé hier en conférence de presse, à New York puis à Ottawa, un des membres du comité, le canadien Stephen Lewis.M.Lewis a été ambassadeur du Canada à l’ONU et leader du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario.Avec lui siégeaient à ce comité l’ancien président du Botswana de 1980 à 1997, Ketumile Masire, et l’ancien vice-président du Mali, Ahmadou Touré.Le comité se montre lapidaire à l’endroit des États-Unis qui, bien que bénéficiant au Conseil de sécurité de l’ONU de l’influence nécessaire pour autoriser l’envoi d’une mission militaire suffisante, ont refrisé de le Élire.In force de maintien de la paix de l’ONU atteignait 2500 soldats, rappelle-t-on, mais deux semaines après le dé-l?ut du génocide, en avril 1994, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Madeleine Albright, avait plaidé en faveur d’une force minimale, et les Etats-Unis avaient refrisé de reconnaître qu’il s’agissait d’un «génocide de grande ampleur».Résultat «Le Conseil de sécurité prit la décision surprenante de réduire la force déjà insuffisante de la MINÜAR [la mission de paix des Nations unies au Rwanda] à un effectif dérisoire de 270hommes.» «Aujourd’hui, continue le rapport, cela semble presque impossible à croire.La communauté internationale a en fait choisi d’abandonner les Tutsis du Rwanda au nwment même où ils se faisaient exterminer.» Au bout du compte, la force maintiendra environ 450 soldats sur l’insistance du général Roméo Dallaire.Selon les intervenants interrogés par le comité, il aurait suffi d’une force de 5000 personnes pour empêcher le génocide de se produire et pour sauver plus d’un demi-million de vies humaines.«je ne sais pas comment Madeleine Albright arrive à vivre avec sa conscience, a déclaré M.Irwis.Mais nous savons comment le général Roméo Dallaire vit avec la sienne.R vit avec un cauchemar.S’il y a un seul être humain exemplaire dans toute cette histoire, c’est le général Dallaire.» Car le comité n’a que de bons mots pour le général Dallaire.Ce dernier, on s’en rappellera, a été çomplète-ment brisé par son expérience au Rwanda.A titre de responsable des opérations sur le terrain, c’est lui qui avait envoyé le fameux télégramme à un autre Canadien, le général Maurice Baril, alors conseiller militaire et principal responsable auprès du secrétaire général de l’ONU.Le télégramme indiquait l’imminence du génocide et demandait davantage de soldats et une plus grande latitude.Tout lui a été refusé, et Dallaire a assisté, impuissant au génocide.Suicidaire, le général a pris VOIR PAGE A 12: HONTE Cœur de porc humanisé, lait de vache maternisé ?La transgenèse animale, qui consiste à introduire dans un animal du matériel génétique étranger, est une technique porteuse d’immenses promesses pour la production d'organes destinés à la transplantation humaine ou à l'amélioration de certaines espèces destinées notamment à la consommation.Dans notre série estivale sur la révolution génétique, le professeur François Pothier trace l'éventail des possibilités en évoquant les limites que l'éthique devrait imposer.La révolution génétique À lire en page Ail IV D E X Annonces .B 8 Idées Ail Avis publics .B 3 Jazz B 12 Bourse .B 7 Monde .A8 Carrières .B 4 Mots croisés .B9 Économie .B 1 Météo .B 9 Éditorial A10 Sports B 10 Fonds .B 5 Déclenchée le 11 juillet 1990, la crise d’Oka ne s’est terminée que le 26 septembre par la reddition des Warriors (ci-dessus), JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les péchés d’Oka Les autorités ont manqué à leurs responsabilités, soutient Vex-ministre Ciaccia JUDITH LACHAPELLE VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Depuis le moment où la municipalité d’Oka a décidé d’agrandir son terrain de golf jusqu’au démantèlement final des barricades, en passant par la signature controversée de l’entente avec des Warriors masqués, John Ciaccia affirme avoir tout fait pour éviter la crise.Mais il semble qu’à peu près tout le monde — le ministre fédéral Tom Siddon, le cabinet du gouvernement québécois, la Sûreté du Québec, la municipalité d'Oka et aussi les Mohawks radicaux — ait, à un mo- ment ou à un autre, laissé passer des occasions de régler le conflit.Dans son essai La Crise d’Oka: miroir de notre âme, qui sera lancé lundi et dont Le Devoir a obtenu un exemplaire, le ministre des Affaires autochtones de l’époque, John Ciaccia, livre sa version de la crise d’Oka et révèle les véritables intentions des Warriors.Qui doit-on blâmer pour le désastre que fut la crise d’Oka?Plutôt que d’identifier précisément un ou des responsables, John Ciaccia a préféré raconter, étape par étape, le rôle que chacun des joueurs a indien 19 9 0 tenu.D’abord, le maire d’Oka, Jean Ouellette, qui a tenu mordicus au projet d’agrandissement du golf {«L’avidité et la politique font une combinaison explosive»).Puis le ministre fédéral Tom Siddon, qui n'a pas vu l’urgence de la situation (à propos des revendications territoriales des Mohawks: «Il avait soulevé des objections et blâmé les Mohawks.J’étais tellement contrarié par son manque flagrant de compréhension que je lui avais presque raccroché au nez»), VOIR PAGE A 12: OKA Le territoire de Kanesatake Pinède Acquisitions depuis 1990 Kanesatake en 1990 Terrains rachetés en quasi-totalité Centre de désintoxication De grands trous de mémoire collectifs JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Crise d’Oka, version populaire: le 11 juillet 1990, la Sûreté du Québec investissait la pinède d’Oka dans le but de déloger quelques Mohawks du village voisin de Kanesatake ainsi que des sympathisants des autres communautés mohawks du continent, dont des Warriors, les Amérindiens avaient érigé une barricade pour protester contre la construction d’un golf sur un terrain qu’ils revendiquaient.L’opération policière a tourné au cafouillage, un caporal, père de famille, a été tué, l’armée canadienne a été appelée à la rescousse pour enfin venir à bout de la crise 78 jours plus tard.Voilà la crise d’Oka.Mais est-ce bien tout?«L’histoire n ’a pas commencé en 1990!», s’insurge l’avocat Paul Dionne, qui travaille avec le conseil de bande de Kanesatake.[.es Québécois et les Canadiens semblent avoir la mémoire courte et sélective, constatent les spécialistes des questions autochtones.A Oka seulement, les revendications territoriales remontent à plus de 200 ans, et la crise de 1990 en est probablement l’épisode le plus spectaculaire, mais l’histoire s’écrit toujours sur les rives du lac des Deux-Montagnes.Pour comprendre ce qui s’est passé il y a dix ans, il faut se souvenir de l’autre crise d’Oka, celle de 1880, connaître l’histoire des droits ancestraux des autochtones VOIR PAGE A 12: MÉMOIRE ¦ Autre texte en page A 4 Susie Arioli Swing Band De jazz et d’eau fraîche Il a 23 chandelles et en paraît moins, les yeux clairs et les cheveux blonds coupés court sur le crâne.Elle, de 13 ans son aînée, porte ses lunettes sur le nez, la bouche ronde, rouge et espiègle, les cheveux en bataille.Elle chante le blues et le jazz swing des années 30 et 40 de sa belle voix modulée, amusée et amusante, limpide.Il la suit et la précède à la guitare, tantôt électrique, tantôt acoustique, discret, impeccable, redoutablement efficace.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Tous deux amoureux de la musique swing, Jordan Officer et Susie Arioli font équipe sur scène et dans la vie.Ensemble, ils font courir Montréal, qui s'arrachait les billets du spectacle qu’ils présentaient jeudi soir au Gesù et qui reprend, devant l’écrasante demande, demain en supplémentaire.Devant un public enchanté, disponible, ils ont interprété Duke Ellington et Chet Baker, Memphis Slim et Cole Porter, sobres et lé- gers, drôles et graves, superbement accompagnés par l’illustre contrebassiste Stephen Barry et le guitariste Michael Browne.Vêtue d’une veste rayée, entourée de musiciens cravatés, elle fait frissonner sans se presser sa caisse claire sous les balais métallique.reprenant les mots doux que chantait entre autres Billie Holiday avec des accents de joie et de tristesse, emplissant la salle de sa voix.«What is love but a prelude to sorrow?», comme le dit Blue Prelude, écrite en 1933 par Joe Bishop.VOIR PAGE A 12: JAZZ Jordan Officer et Susie Arioli JACQUES NADEAU I.E DEVOIR Il riy a pas de « scabs » à la Place des Arts LA PLACE DES ARTS MAINTIENT SA POLITIQUE DE GESTION RESPONSABLE DANS LE CONFLIT QUI L’OPPOSE AU SYNDICAT.PdA : une politique de gestion responsable Depuis plus de 30 ans, la Place des Arts est reconnue comme une institution culturelle de premier plan au Québec.À titre de société publique, administrée à même les deniers publics, la PdA a toujours adopté des modèles de gestion souples, démocratiques et transparents.De plus, la réalité d’aujourd’hui oblige la PdA à rationaliser ses dépenses afin de maintenir sa position de leader dans un marché de plus en plus compétitif.IATSE : une politique de sabotage Le népotisme et les modes de fonctionnement imposés par la section locale 56 de l’Alliance internationale des employés de scène et de théâtre (IATSE) vont à l’encontre de la politique de gestion responsable de la PdA.Le 22 juin 1999, soit la veille du montage des scènes prévues pour le Festival International de Jazz de Montréal, les techniciens de scène membres de l’IATSE cessaient d’offrir leurs services à la Place des Arts.Du début du conflit jusqu’au mois de novembre 1999, les quelques cadres de la Place des Arts ont donc dû prendre la relève des «grévistes».Cela aura permis de constater que les planchers d’emploi et les cloisonnements imposés par le syndicat entre les diverses fonctions techniques constituaient la principale cause des coûts d’exploitation plus élevés auxquels doit faire face la PdA par rapport à la concurrence.À la lumière de ces faits, le conseil d’administration de la Place des Arts, fort de plusieurs opinions juridiques confirmant la légalité du geste, a pris la décision, le 8 novembre 1999, de ne plus offrir les services de techniciens de scène aux producteurs clients de la PdA.Ceux-ci ont donc désormais l’entière liberté d’embaucher les techniciens de leur choix, y compris, bien entendu, les membres de l’LATSE.Il est important de souligner que ces derniers peuvent s’accommoder fort longtemps de la situation actuelle puisqu’ils détiennent le monopole de l’embauche chez d’autres employeurs, nommément le Centre Molson, le Théâtre du Nouveau Monde et le parc des îles.Tandis qu’ils usent de ce monopole pour continuer de travailler malgré la «grève», ils prétendent vouloir fermer la Place des Arts - ce qui priverait de leur emploi les 200 travailleurs syndiqués de la PdA qui, eux, ne travaillent pas ailleurs.La Cour supérieure du Québec a déjà dit non à l’IATSE La section locale 56 tente depuis plusieurs mois d’obtenir une injonction visant à paralyser les activités normales de la Place des Arts.À deux reprises, la Cour supérieure a rejeté les requêtes du syndicat en ce sens.Elle doit rendre jugement au cours des prochains mois sur la question de fond, soit celle de savoir si la Place des Arts est tenue à perpétuité d’offrir les services de techniciens de scène à ses locataires.La Place des Arts est d’avis qu’aucune loi n’interdit à un employeur de mettre fin, en tout ou en partie, à ses activités pour des raisons légitimes.La Place des Arts a par ailleurs porté en appel devant la Cour supérieure la décision du Tribunal du travail qui l’avait déclarée coupable d’une infraction aux dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail, étant d’avis que cette décision n’était fondée ni en fait ni en droit.Ce jugement du Tribunal du travail est donc pour l’instant sans aucun effet.La PdA maintiendra sa position face à 1TATSE L’issue de cette bataille juridique est déterminante pour l’avenir de la Place des Arts, et plus encore pour les grandes institutions culturelles qui y logent, notamment l’Orchestre symphonique de Montréal, L’Opéra de Montréal, les Grands Ballets Canadiens de Montréal et la Compagnie Jean Duceppe.L’administration de la Place des Arts maintiendra donc sa position face à l’IATSE et poursuivra sa politique de gestion responsable afin d’éviter que ces institutions ne deviennent des otages de 1TATSE.La direction de la Place des Arts .1 : nous; ils avaient le visage maquillé et leurs mains tremblaient.» A l’aide de gaz lacrymogènes, les policiers font tout d'abord reculer les manifestants.Ils commencent leur avancée vers 8h47.Quelques minutes plus tard, les premiers coups de feu sifflent et le caporal Marcel Lemay s’effondre, atteint mortellement sous l'aisselle gauche par un franc-tireur.Pendant 20 secondes, la fusillade se poursuit.Une centaine de balles sont échangées, la plupart des coups tirés à hauteur d’homme.Les membres de la SQ reçoivent immédiatement l’ordre de battre en retraite.Encore aujourd’hui, policiers et Mohawks se demandent par quel miracle cette pétarade n’a pas fini en hécatombe.Apres la fusillade, la SQ encercle les Mohawks, s’installe alors un siège qui durera 78 jours.Un siège pour les insurgés, mais également pour le reste de la population de la municipalité et de la paroisse d’Oka, car le secteur sera bouclé durant tout ce temps.N’entrera ni ne sortira pas qui veut au cœur de la crise.Des pourparlers débutent dans les jours qui suivent l’attaque de la pinè-de.Hommes masqués et émissaires gouvernementaux circulent de façon chaotique.Les négociations sont rompues le 21 juillet Le dialogue reprend Il faudra attendre l'intervention du premier ministre conservateur Brian Mulroney le 8 août pour que le dialogue reprenne.Celui-ci nomme le juge Alan B.Gold comme médiateur et le charge d’obtenir un accord écrit garantissant la rè ouverture des négociations.Au même moment, le premier ministre offre les services de l’armée au premier ministre du Québec, Robert Bourassa.Le juge Gold met quelques jours pour obtenir un accord et, le 12 août, les ministres fédéral et provincial responsables de la question autochtone, Tom Siddon et John Ciaccia, traversent les barricades pour signer le document.Fortement médiatisée, la signature se fait en présence de Warriors masqués et armés.Ce geste est vu comme une humiliation par les deux gouvernements.Le 14 août, 2500 soldats débarquent à Samt-Benoît et à Blainville (près d’Oka) de même qu’à Saint-Rémi et Farnham (près de la réserve de Kahnawake).Dès lors, les policiers provinciaux ne joueront plus qu’un rôle effacé, puisque des militaires casqués et annés les relèvent aux barricades trois jours plus tard.Entre-temps, les négociations se poursuivent.Le 29 août, l’armée obtient la reddition des Mohawks de Kahnawake, qui commencent à démanteler leurs barricades bloquant le pont Mercier.Ce geste est accueilli avec découragement à Kanesatake, mais le siège se poursuit Le 1" septembre, l’année démolit les barricades de Kanesatake.Une cinquantaine de Warriors se réfugient alors dans un centre de désintoxication.Symboliquement, les autochtones tiennent le coup encore plus de trois semaines dans leur retranchement avant de dépo- ser les armes en début de soirée le 26 septembre dans la plus grande confusion.Malgré un accord de reddition, négocié avec les responsables militaires, la cinquantaine de Mohawks confinés sortent et se dispersent dans les champs et sur la route 344 avant d’être repris.Le Québec pousse un soupir de soulagement.Malgré des bagarres et des arrestations violentes, le conflit prend fin sur une note pacifique.«Quand nous étions à Kanesatake, nous étions préparés à mourir.Ce n'est pas si difficile de mourir.Im Partie ta plus difficile est de vivre ici [Canada], témoignait Paul Smith, un des Warriors qui a participé à la crise, lors d’un discours prononcé à Vancouver en décembre 1991.Nous avons continué à nous retrancher très inconfortablement.C’était très difficile.Ils [les policiers de la SQ] essayaient continuellement de nous pousser à bout de nerf pour que d'autres accrochages dégénèrent.Nous attendions de trouver une solution politique avant de nous rendre.Mais ultimement, je crois, plusieurs d'entre nous savaient que seule une solution militaire était possible.» En 1991, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Claude Ryan, révélait que la crise d’Oka avajt coûté 112 millions de dollars à l’Etat, soit 71 millions en heures supplémentaires pour les policiers et 20 millions en compensations financières à la population du secteur.À cela s’ajoute le déploiement des forces militaires, dont le coût est évalué à 83 millions.Dix ans plus tard, le calme est revenu dans la pinède.Les terres rachetées et léguées aux .Mohawks, les petits pas faits vers l'autodétermination et la reconnaissance laissent présager une certaine paix.Mais toutes les revendications autochtones ne sont pas réglées et les frustrations sont encore palpables sur le terrain.GOLF OKA JACQUES NADEAU LE DEVOIR Après la fusillade, la SQ encercle les Mohawks.S’installe alors un siège qui durera 78 jours.Le bilan de la crise d’Oka À compter d’aujourd’hui, et jusqu’à mercredi, U Devoir tracera le bilan de la crise d’Oka: ¦ entrevues réalisées avec le coroner Guy Gilbert, l’ex-ministre John Ciaccia et Ellen Gabriel; ¦ l'enseignement de l’histoire amérindienne au Québec: ¦ la crise vue de Châteauguay; ¦ l’aveiiir de Kanesatake.1 4340 LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 .1 C I L L E T 2 0 0 0 a r> ?LES ACTUALITES- Agrandissement du Métro Chèvrefils Photo utilisée sans autorisation Les opposants manifestent ce matin devant les grues de démolition FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Forts d’une requête en Cour supérieure, les opposants à l’agrandissement du Métro Chèvrefils manifesteront devant les grues de démolition ce matin, dès Th, alors qu’il est prévu que celles-ci commencent leur besogne.Les citoyens en ont notamment contre le fait que la Ville ait octroyé un permis de travaux avant même que le processus de consultation mené auprès des riverains ne soit terminé.Les citoyens qui s’opposent à la démolition de cinq bâtiments — dont certains centenaires —, aux modifications apportées à la ruelle adjacente et à l’agrandissement de l’épicerie de la rue Laurier ont été entendus en Cour supérieure jeudi matin.Ils ont déposé une requête en annulation du règlement de la Ville de Montréal autorisant le projet A la suite de cette première audience, la cour a exigé, avec l’accord des propriétaires du Métro Chèvrefils, que ces derniers ne procèdent à aucune construction avant le 1" août.Le magistrat a cependant refusé d’émettre une injonction leur interdisant d’aller de l’avant avec la démolition.La cause sera entendue le 18 juillet «S’il commence la démolition demain [ce matin], nous considérerons ce geste comme de la pure provocation», a indiqué Martin Des Rochers, un membre de l’Association des citoyens du Plateau Mont-Royal.Potentiellement, ils pourraient être environ 200 à manifester ce matin devant l’épicerie.«On n 'arrive pas à se faire entendre malgré les 910 lettres de protestation envoyées au propriétaire du Métro Chèvrefils et une pétition contenant à ce jour 1500 signatures», a déploré M.Des Rochers.De nombreux résidants du quartier — 100 indivi- dus sur un total de 143 s’étaient opposés à ce que le commerce s’étende à la suite de la période d’affichage — s’opposent au projet, notamment parce qu’il contredit le plan d’urbanisme, possède des vices de forme et aurait dû passer dans la moulinette de la consultation du conseil de quartier.Agissements de la Ville En outre, les agissements de la Ville dans ce dossier sont «étranges» et somme toute «un peu bidon», estime M.Des Rochers.Les opposants prétendent que le Métro Chèvrefils aurait reçu le feu vert de la Ville pour aller de l’avant avec les modifications du tracé de la ruelle avant même que celle-ci n'ait terminé son processus de consultation.Des lettres ont été envoyées aux riverains pour qu’ils acceptent ou refusent de céder une partie de la ruelle afin qu’elle soit contournée vers la rue Brébeuf, plutôt que d’aboutir dans la rue Laurier comme elle le fait actuellement.«On s’est rendus compte que le permis a été octroyé avant même que la Ville ait reçu les réponses des riverains», a vivement critiqué M.Des Rochers.Le président du comité exécutif, Jean Fortier, n’a voulu ni confirmer ni infirmer l’accusation, se contentant de dire que le litige porte précisément sur ce sujet «S’il y a une faute de la Ville, on la réparera», a-t-il tout de même avancé.Il a réitéré que l’agrandissement prévu était «un beau projet».«Ce sont des épiciers du coin qui grandissent dans le respect de la trame urbaine.» Et les bâtiments centenaires?«Us seront remplacés par des bâtiments au moins d’aussi bonne qualité.Ecoutez, ce ne sont pas des cottages d’Outremont! L’ensemble des avantages pour les citoyens dépassent les inconvénients», a-t-il conclu.«De la pure provocation», clament les opposants Myriam Bédard s’entend avec Wrigley LOUISE LEDUC LE DEVOIR La championne olympique de biathlon Myriam Bédard s’est entendue hors cour avec la manufacturière de gomme à mâcher Wrigley et la firme de publicité BBDO Canada, qui s’étaient permis de modifier sa photographie par ordinateur et de l'utiliser sans son autorisation pour une campagne publicitaire.Le montant du règlement n’a pas été précisé, la plus grande confidentialité des deux parties faisant partie intégrante de l'entente.Dans un bref communiqué, BBDO et Wrigley «s'excusent de tout inconvénient ou dommage qui a pu être causé à Mme Bédard».Myriam Bédard avait déposé sa poursuite de 725 000 $ en janvier dernier, indignée par la campagne publicitaire pour la gomme Spearmint.Faite d’affiches dans les transports publics de Montréal, Québec, Chicoutimi, Trois-Rivières et Drummondville, la campagne avait fait usage d’une photographie d’archives montrant Myriam Bédard (ou ce qui en restait après manipulation infographique de la photo) en pleine action aux Jeux olympiques de Nagano en 1998.Disparues, ses boucles blondes qui émergeaient de sa tuque; effacées, les marques de commerce sur ses vêtements et son équipement; noircies, ses lunettes.Selon l’athlète, ces altérations lui donnaient une allure masculine.En entretien téléphonique hier.Myriam Bédard a répété à quel point cette allure androgyne l’avait heurtée.«Il y a quinze ans.une femme qui faisait du sport était vue comme un homme et j'ai toujours voulu combattre ce stéréotype en me souciant d’afficher une image toute en féminité.» Myriam Bédard se dit maintenant très satisfaite de l’entente obtenue.«L’important pour moi était de conclure l'affaire le plus rapidement possible.Il n'est jamais bon pour la concentration d'une athlète d’être au cœur de démêlés judiciaires», explique celle qui s'est convertie au patinage de vitesse.Myriam Bédard s’est aussi montrée très reconnaissante hier envers l’avocat Dick Pound, vice-président du Comité international olympique, qui a servi de médiateur dans cette affaire.Toute cette histoire derrière elle, Myriam Bédard, qui versera l'argent à la Fondation pour les maladies infantiles, pourra désormais se concentrer sur son entraînement.Insatisfaite de ses récents chronos, elle n’est cependant plus certaine de mettre le cap sur les Jeux de 2002.Wrigley et BBDO Canada, quant à elles, sont toujours sous le coup d’une poursuite de 3500 $ de la Presse canadienne pour violation du droit d’auteur.Dans une histoire semblable, la comédienne Linda Malo avait obtenu en cour, en janvier dernier, 30 000 $ après que le fabricant de lunettes Antoine laoun eut utilisé sa photo à des fins publicitaires sans son autorisation.BONNES VACANCES ! : / :d! à S AO ¦¦ Æ ¦ '3 Jusqu’au 16 juillet, envolez-vous vers la SAQ.Obtenez 10 % de rabais à l’achat de 100 $ ou plus.Profitez-en, ça passe 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faire-le-cbei al Le bon apôtre Marcel Séguin Le généascope Jean Côté Lumière fatale Paul Lannoy Lucarne Noir Corbeau Retour à Noir Corbeau • Julie Paquet Dors bien Ère • Isabelle Morin-Beaudoin Amy Michel Perdrial À gauche et puis tout droit Les mecs.Les mecs.Tant va la cruche • Monique Noël-Gaudreault Maxime Berlin Perruches • Jean-Yves Dupuis Haines Loin! • Aliza Birnbaum Les saltimbanques Regard noir Copiexpress Roulette russe Accusé de réception Diane Robitaille Passage l.es clés Gros matou Un mot d’encouragement Sophie Jacmin Belle • Anne Peyrouse Plus loin que le regard, trop tard pour arrêter POÉSIES Pierre Rousseau Sept poèmes France Bonneau L’âge de dire et autres poèmes Carole Huynh Guay Traces-mémoires • William Le Blanc-Cyr La maison de la solitude • Éric Roger Le chemin de notre délinquance Tu couches avec la nuit liquide sa^ naissance Benoit Gratton Mon amante et autres poèmes Michel-Wilbrod Bujold La révolte des co-loc-à-terre % Marie Vigneault Docteur de l’amour Lisez-vous les uns les autres.GUÉRIN 4501 me Drolet Montreal (Québec) H2T 2G2 Canada Téléphone:(514)842 3481 télécopieur (514) 842-4923 Internet hltp://www guerin-eilitenr pc ca Courriel Irancel n gnerin edilenr qc ca I.K I) K V 0 I K .L K S S A M EDI S ET I) I M A X < Il E il .1 I MEET 2 0 (I O A ?LES ACTUALITES* Treizième Conférence internationale sur le sida Pauvres et riches ont intérêt à s’entraider C’est demain, à Durban, en Afrique du Sud, que commence la treizième Conférence internationale sur le sida.C’est la première fois que cette conférence a lieu dans un pays touché de plein fouet par le fléau.Les derniers chiffres à ce sujet sont alarmants.Malgré tout, certaines stratégies d’action se dessinent, notamment le partenariat.SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR L> expansion galopante du sida r dans le monde commande de nouvelles stratégies d’action.les pays les plus touchés ne pourront pas gérer la crise seuls.Ils ont besoin de nous, comme nous avons besoin d’eux.Pourquoi alors ne pas mettre nos forces ensemble?C’est ce qu’affirme depuis deux ans déjà le Réseau juridique cana- dien VIH/sida, lequel s’est jumelé à un organisme sud-africain, Aids Law Project C’est un des premiers organismes du genre à mettre sur pied un tel partenariat à l’échelle internationale.Jusqu’ici, l’expérience semble concluante.«On parle souvent des différences, mais beaucoup de luttes sont communes», affirmait, lors d’un entretien téléphonique de Durban, Ralph Jurgens, le directeur général du Réseau juridique canadien VIH/sida.Soulignons d’abord les différences, à savoir les chiffres.Selon les dernières données, dans les pays les plus touchés, notamment en Afrique, près de 20 % de la population vit avec le VIH/sida.Et si la tendance se maintient, plus des deux tiers des jeunes qui ont 15 ans aujourd’hui mourront du sida.Au Canada, les chiffres sont bien moins élevés.Entre 45 000 et 60 000 personnes sont touchées, ce qui correspond à moins de deux personnes sur 1000, contre deux sur 100 en Afrique.Mais au delà des chiffres, les similitudes sont nombreuses.Entre autres, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, ce sont avant tout les personnes les plus vulnérables qui sont touchées, donc les plus vulnérables qu’il faut atteindre.«Ce ne sont pas les mêmes, mais c’est toujours une question de vulnérabilité.» Ainsi, au Canada, la population autochtone est cinq fois plus touchée par le VIH/sida que le reste des Canadiens.Les prisonniers sont dix fois plus touchés, et les consommateurs de drogues par intraveineuse, 200 fois, expliquait M.Jurgens.De la même manière, en Afrique du Sud, les personnes les plus vulnérables sont les femmes.«Les jeunes femmes de 16 à 20 ans sont 20 fois plus infectées que les autres», poursuivait-il.Dans les deux pays, il faut donc travailler à rendre les traitements accessibles pour ces populations vulnérables.Et, de nouveau, les obstacles sont les mêmes.«Ici [en Afrique du Sud], il n'y a pas d’accès, sauf pour les personnes qui ont des as- surances privées.Et au Canada, s’il est plus facile [d’avoir accès au traite menti, des études montrent que les personnes qui s'injectent des drogues, ainsi que les autochtones, ont moins facilement accès au traitement.» Par une série de rencontres informelles, les deux organismes ont pu mettre en commun leurs strate gies d’action, notamment en matière d’activités de sensibilisation.Si l’Afrique du Sud peut apprendre de l’expérience canadienne, l’inverse est aussi vrai.«Nous aussi on peut apprendre beaucoup d’eux», affirmait M.Jurgens.Car si le Canada est moins touché par le fléau, le pays est loin d’être un modèle en matière de lutte contre le virus.Il y a dix ans, quelque 30 000 personnes étaient touchés, et le pays accordait envi- ron 42 millions de dollars à la lutte contre le sida.Aujourd’hui, alors que les chiffres ont presque doublé, la somme demeure inchangée.«Même chez nous, il faut accroître les efforts.Le financement pour la lutte contre le sida est insuffisant», poursuivait M.Jurgens.Outre l’accès au traitement et le financement de nombreuses questions seront également soulevées lors de la conférence.Est-ce qu’un vaccin sera bientôt disponible?Comment s’assurer de sa disponibilité?Comment protéger les droits des personnes vivant avec le virus?L’horaire est chargé.Mais selon Ralph Jurgens, il est temps que les choses bougent, et vite.«C’est obscène qu ’il y ait tant de [personnes vivant avec le] sida et qu ’on en fasse si peu.» Financement à l'acliat Outée limitée.LAcitta IM Édition Spéciale Caractéristiques principales : climatiseur, groupe électrique, radio AM/FM avec lecteur de CD, régulateur de vitesse, puissant moteur VTEC, système d'entrée sans clé et tellement plus.Option 0 $ comptant disponible.Transport et préparation mclos.0$ dépôt de sécurité pour un temps limité.l'Acura Integra Édition Spéciale Caractéristiques principales : climatiseur, groupe électrique, radio AM/FM avec lecteur de CD, antenne électrique, becquet arrière, roues en alliage et 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maladie.A partir de dimanche, 12 000 personnes participeront ainsi à Durban, en Afrique du Sud, à cette 13'' réunion.En mars dernier, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, révélait que «le sida avait causé davantage de victimes en Afrique lors de l’année écoulée que toutes les guerres du continent réunies».Le secrétaire général citait le cas du Botswana, «où un enfant né aujourd’hui a une espérance de vie de 41 ans, alors que sans le sida, il pourrait espérer vivre jusqu’à 70 ans».D’après des chiffres de l’ONU, «plus de 25 millions de personnes» seraient actuellement infectées par le virus du sida en Afrique.Il y aurait ainsi 16 pays africains dans lesquels plus de un adulte sur dix serait touché par la maladie.On observe cependant des différences selon les régions.Un récent rapport des Nations unies révèle ainsi que la plupart des personnes infectées vivent en Afrique subsaharienne.Dans sept pays d’Afrique australe, 20 % des adultes sont touchés par le virus.Dans cette partie de l’Afrique, le pays avec le taux le plus élevé est îe Botswana, où 36 % des adultes sont infectés.Les taux d’infection en Afrique du Nord et de l’Ouest (3 % en moyenne) contrastent avec ce chiffre.I.es experts attribuent ces différences aux structures sociales existantes, aux coutumes traditionnelles et aux infrastructures de santé relativement développées de ces pays.L’Afrique de l’Est, qui avait autrefois le taux d’infection le plus élevé du continent, a connu un ralentissement du taux d’infection.D’après le rapport de l’ONU sur le sida, des programmes pédagogiques ont permis de faire baisser rapidement le taux d’infection, comme en Ouganda, qui a bénéficié du soutien d’organisations religieuses et communautaires.Avec 4,2 millions de personnes infectées et 60 000 enfants qui naissent séropositifs chaque année, l’Afrique du Sud demeure de son côté dans une situation critique.D’après le dernier rapport de l’ONU sur le sida, «au moins un adulte sur cinq» vit avec le VIH en Afrique du Sud.Eric Goemaere, médecin et chef de mission pour Médecins sans frontières (MSF) en Afrique du Sud, insiste sur le caractère tabou de la maladie: «Parmi ces personnes, pas une sur 100 ne connaît sa séropositivité», explique-t-il avant de préciser: «Les gens n'ont pas de perspective de recevoir une aide thérapeutique le jour où ils sont diagnostiqués, alors ils ne voient aucun avantage à se faire tester.» En Afrique du Sud, le phénomène ne touche pas également les Blancs et les Noirs, comme l’explique le chef de mission de MSF: «Dans certains townships, plus de 20 % des femmes en consultations prénatales sont infectées, alors que dans les quartiers blancs, ce taux est de moins de 1 %.Ces écarts sont liés à une différence d’éducation et donc de compréhension de la maladie, et aussi à une différence de statut économique: si vous en avez les moyens, vous avez une assurance santé et un traitement plus approprié.» Pour les experts, la mutabilité du virus rend improbable la mise qu point d’un vaccin avant 2008.Eric Goemaere se veut lui aussi prudent sur la question: «On n’aura sans doute rien d’utilisable avant huit ou neuf ans.D’ici là, il faut aider les gens à entrer dans la réalité de la maladie.» ) L E I) E V (I I R .L E S S A M E l> I E T D I M A \ (' l I I.I.E T 2 0 0 0 LES ACTUALITES Marois lance une stratégie pour combattre les MTS Guerre des motards PRESSE CANADIENNE Québec — La ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, Pauline Marois, a lancé hier une vaste campagne visant à combattre les maladies transmises sexueUement (MI’S).La stratégie retenue vise à mobiliser les acteurs du réseau de la santé et des services sociaux autour d’un projet commun de prévention des MTS.«Je souhaite notamment que soient consolidées les mesures ayant prouvé leur efficacité et que l’on puisse adapter les services aux caractéristiques des populations les plus vulnérables», a expliqué la ministre en annonçant un budget de 1,7 million pour mener à bien son combat au cours des deux prochaines années.De 1994 à 1998, pas moins de 46 655 cas de MTS (chlamydia, infection gonococcique et syphilis) ont été déclarés au système de surveillance des maladies à déclaration obligatoire du Québec, soit 40 % de toutes les maladies déclarées.Pour ce qui est des MTS virales, qui n’ont pas été dénombrées, elles seraient encore plus fréquentes et même en forte progression.Quelles soient bactériennes ou virales, ces maladies peuvent causer des complications pouvant aller jusqu’à l’infertilité.Elles favori- sent aussi la transmission du VIH.Les MTS frappent plus particulièrement les jeunes de 15 à 19 ans, et les femmes sont plus sujettes que les hommes à présenter des complications pouvant aller jusqu’à l'infertilité.L’intervention de prévention annoncée par la ministre s’adressera à l'ensemble de la population et présentera des messages adaptés aux différentes clientèles.Pour améliorer l’accessibilité aux services, le ministère de la Santé a par ailleurs décidé de favoriser une utilisation plus ciblée des tests de détection, de généraliser l’utilisation des technologies les plus performantes, d’intensifier la transmission de renseigna ments aux partenaires de personnes infectées, d’accentuer l’information destinée aux professionnels de la santé et de renforcer la recherche et l’évaluation.«Quant aux groupes les plus vulnérables, a noté Mme Marois, il faut viser à développer une attitude d’ouverture et de tolérance, rendre les services plus souples et mieux intégrés et chercher à rejoindre les gens dans leur milieu de vie.» Les principaux objectifs de la nouvelle stratégie seront d’offrir des services de dépistage du VIH, des hépatites A, B et C et des différentes MTS aux personnes vulnérables, même les plus difficiles à rejoindre, et de rendre les traitements plus accessibles.EN BREF Hommage à Anne Hébert (Devoir) — Les Bouquinistes du Saint-Laurent, qui tiennent kiosques sur les quais du Vieux-Port jusqu'au 16 juillet, ont choisi cette année de rendre hommage à Anne Hébert en présentant un spectacle mis en scène par Hélène Pedneault à travers les voix d’Huguette Oligny, de Françoise Faucher et de Sylvie Tremblay.L’entrée est libre et le spectacle sera présenté les samedi 8 et dimanche 9 juillet, à 19h30, sur la grande scène des bouquinistes du Saint-Laurent.Les Contes géants de Lorraine David seront également présentés, à 15h et à 17h samedi et dimanche, toujours au Vieux-Port, et le chansonnier, auteur, compositeur et interprète J.F.Massé sera pour sa part sur place samedi à 13h.La santé négligée, selon le PLQ (PC) — L’opposition libérale reproche au gouvernement du Québec de ne pas injecter davantage d’argent en santé, alors qu’il en trouve pour les courses de chevaux.En conférence de presse hier à Montréal, le porte-parole de l’opposition pour les questions de santé, le député libéral de Vau-dreuil Yvon Marcoux, a utilisé cette image-choc pour dénoncer les problèmes qui s’accumulent dans le secteur de la santé et qui sont dus, selon lui, à un manque d’argent et à une mauvaise planification de la main-d’œuvre.Le député Marcoux reproche au gouvernement de trouver de l’argent pour la Cité du commerce électronique et les courses de chevaux, alors qu’il n’en a pas pour ouvrir davantage de lits dans les hôpitaux et les centres d’héberge- D D Je souscris à la an CAMPAGNE INTERNATIONALE de Gilles Rhéaume du MSQ contre le C-20 d’Ottawa Le Québec a besoin de votre soutien 59006 - 6595 St-Hubert Montréal État du Québec H2S 3P5 Réal Brisson La crise d’Oka par la caricature Oka par la caricature Dix ans plus tard Ce livre propose une approche originale de la crise d'Oka, consistant à la présenter et la faire comprendre à partir de l'étude de 800 caricatures tirées d'une quarantaine de journaux francophones et anglophones au Canada.SEPTENTRION www.septentrion.qc.ca tabouret Piu BONALDO L\ MAISON DES IDÉES NOUVELLES 105, St-Paul Ouest, Montréal (Québec) H2Y 1Z5 (51«) 287-9222 1 888 BONALDO Un autre proche de «Mom» Boucher tombe sous les balles SILVIA G ALI PEAU LE DEVOIR La guerre des motards continue de faire des victimes.Dans la dernière fusillade en lice, Robert «Bob» Savard, le bras droit du chef des Hell’s Angels, a été abattu hier matin dans un restaurant de Montréal-Nord.Peu avant 10b, deux hommes encagoulés ont pénétré le restaurant Egg-stra du boulevard Henri-Bourassa Est.Ils se sont tout de suite dirigés vers une table où étaient assis deux hommes, Robert «Bob» Savard, le bras droit de Maurice «Mom» Boucher, et Normand Descôteaux, un autre membre des Hell’s.«Ils sont spécifiquement allés les chercher», a prc^ cisé hier Caroline Courteau, agent au Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM).De quelques coups de feu.les deux hommes masqués ont tué Robert «Bob» Savard, très grièvement blessé Normand Descôteaux et également blessé une serveuse, une jeune femme de 32 ans, qui se trouvait «au mauvais endroit au mauvais moment».Normand Descôteaux a été immédiatement conduit à l’hôpital et son état est jugé très sérieux.La jeune femme, quant à elle, est hors de tout danger.Les deux suspects ont pris la fuite.Une dizaine de clients et cinq ou six employés se trouvaient dans le restaurant au moment de la fusillade, laquelle a créé une véritable panique.Les témoins seront aussi traités pour choc nerveux.Tout jX)rte à croire qu’il s'agisse d’un règlement de comptes, probablement dans le cadre de la guerre des motards.«Oui, il y a des mobiles qui nous laissent le croire», a poursuivi l'agent, notamment une signature qui ne trompe pas: «Ils ont laissé une arme à feu sur les lieux [.].C’est une signature des motards.» Selon le commandant André Bouchard, de la section des homicides du SPCUM, les deux hommes allaient régulièrement déjeuner à ce restaurant.Robert «Bob» Savard, 53 ans, de Pointe aux-Trembles, était connu comme un prêteur usuraire dans l’est de Montréal.11 s’était retrouvé devant les tribunaux en novembre dernier, accusé d’avoir comploté pour extorquer de l'argent à un Montréalais de 43 ans.L’homme qui, semble-t-il, devait plusieurs dizaines de milliers de dollars à Savard avait été battu, menacé de mort et volé.Au cours des derniers mois, les incidents du genre se sont multipliés.Au mois d’avril dernier, Maurice «Mom» Boucher, le chef des Nomads, le club élite des Hell’s Angels, perdait un autre de ses proches collaborateurs.Normand «Biff» Hamel.Toujours en avril, une autre relation du chef des Nomads, l'ex-syndicaliste André «Dédé» Desjardins, tombait sous les balles d’un tueur dans le stationnement d’un restaurant dans le nord de Montréal.Avec la Presse canadienne ment ni pour dispenser davantage de soins à domicile.Pendant ce temps, déplore-t-il, les listes d’attente s’allongent ou restent trop élevées pour les traitements de radio-oncologie.Kitchener: toujours pas de détail (PC) — Des amis, des membres de la famille et des inconnus ont défilé en silence, hier, devant le domicile de la famille Inft, dont tous les membres ont été retrouvés assassinés cette semaine à Kitchener, en Ontario.Plusieurs ont laissé des messages, des fleurs et des oursons devant la maison des victimes, qui ont été identifiées comme étant Bill Lull, âgé de 42 ans, sa femme Bohumi-la, âgée de 27 ans, et leurs enfants Daniel, sept ans, Nicole, cinq ans, Peter, deux ans, et David, deux mois et demi.Deux jours après la macabre découverte, la police se refusait toujours à révéler les circonstances de la tragédie.Le sergent Brent Thomlison, du service de police de Kitchener, a déclaré qu’aucun détail concernant la tragédie ne serait révélé avant que les autopsies des enfants — prévues aujourd'hui — ne soient complétées.Les autopsies des deux adultes ont été faites hier à Hamilton.Grapdç „ CELEBRATION d ouverture de notre o('magasin à Québec RABAIS EXCEPTIONNELS PARTOUT EN ! table Porcelaine de tous les [ours* ( Choisisse/.|>arnii la |ilus grande gamme (l'arlicles \ partir de 2895 Serviettes et accessoires" Choisissez parmi la 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