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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-07-10, Collections de BAnQ.

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+ w w w .i e û e v o i r .c o in ?- 'tÿ'-ïà.DE V( ) VI Sampras entre dans la légende Page B 1 LE MONDE La conférence sur le sida s’ouvre dans la polémique Page A 5 ?SITI 5 T V o i.X C I N ” 1 5 3 L E L l! i\T DI 10 .1 TILL E T 2 0 0 0 S 7 c + T a X E s = I Serge Bouchard ?La faute du temps Il faut durer, mais rien ne dure.Pour un paradoxe, c’en est un vrai.Dit autrement, vivre n’est pas donné.Voilà qu’en plus, les temps sont durs pour la durée, voilà que même le temps s’épuise.Pour échapper à sa propre fatigue, le temps passe de plus en plus vite, il fuit, il fait semblant de se renouveler.Disons qu’il change, il change le mal de place.Tout meurt, même le temps.Je ne pourrai pas tenir éternellement.Les routes que j’ai parcourues ont déjà beaucoup vieilli.Combien de fois m’a-t-on «réasphalté».Je suis un ours obsolète, un poilu aux gros doigts qui ne peut plus saisir la préciosité du monde d’aujourd’hui, un univers de petites touches de plastique, de patentes fines et raffinées qui ne durent que le temps de les utiliser.D’autres, plus jeunes, plus effilés, tous ces cyborgs qui ont donné leur langue au chat, savent manipuler cet univers qui n'existe que pour l’instantané.Monde jetable qu’un rejeté comme moi ne sait plus comment appréhender.Mes mains ne sont pas faites pour cela.Mes yeux ne savent plus lire les instructions.Je sens venir la pluie, j’aime déplacer les arbres qui encombrent mes sentiers, je conduis un véhicule avec une fierté démodée, je suis cet homme préhistorique bâti pour tout ce qui n’est plus.Je suis fait pour durer mais la durée ne vaut plus rien.Le temps passé est un temps mort et tous les temps d’hier deviennent des morceaux d’univers, des galaxies et des débris, en ce que nous sommes les restes du temps dispersés dans un immense cimetière.Autrement, rien ne pourrait expliquer la poussière.L’espace, c’est du temps passé, du temps séché, de la croûte illuminée.La durée est une illusion, la vie L’espace, c’est du temps passé, du temps séché, de la croûte illuminée.VOIR PAGE A 8: TEMPS =t= Clark défie Day de se mesurer à lui HÉLÈNE B UZZETTI ENVOYÉE DU DEVOIR À TORONTO Stockwell Day, le nouveau leader de l’Alliance canadienne, se donne quelques semaines avant de décider s’il relèvera le défi lancé par Joe Clark, qui l’invite à se mesurer conlre lui dans une élection complémentaire dans Calgary-Centre.Confirmant les prédictions de tout le monde, l’ex-trésorier alber- 1)2^ tain Stockwell Day a remporté la ; course à la direction de l’ex-Parti jflpk ] réformiste contre son rival Près-ton Manning, lors du deuxième PP' I et dernier tour de scrutin, samedi soir.La victoire a été sans équivoque : Stockwell Day a remporté 63,4 % des voix, contre 36,6 % pour Preston Manning, soit environ 72 000 des 114 000 votes.Le taux de participation des membres de l’Alliance n’a pas bougé par rapport au premier tour.Day a devancé son rival autant en Ontario qu’en Alberta, considéré Stockwell Day VOIR PAGE A 8: DAY INDEX Annonces.B 5 Monde.A 5 Avis publics.B 3 Mots croisés.B 5 Culture.B 6 Météo.B 5 Éditorial.A 6 Planète.B 2 Entrevue.B 1 Sports.B 5 Idées.A 7 Télévision.B 6 Jazz ,B7 Célébrer le rapprochement des peuples 02 ': fc: i ERIC ST-PIERRE LE DEVOIR Kevin Daniels, de la nation Kawacatoose, en Saskatchewan, a certainement capté plus d’un regard hier, à Kanesatake, où se déroulait le 10' powwow annuel.Malgré les images tourmentées que ramènent les dix ans de la crise d’Oka, des joueurs de tambour et danseurs venus de partout en Amérique du Nord ont célébré à leur manière la possibilité de rapprochement entre les diverses communautés.Les leçons d’Oka Le coroner Guy Gilbert se demande ce que les politiciens et les policiers ont fait de ses recommandations VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Encore aujourd’hui, celui qui a décortiqué les circonstances entourant la mort du caporal Marcel Lemay lors de la Crise d’Oka ignore si son enquête a porté fruit.Guy Gilbert ne sait pas si les 23 recommandations qu’il a émises en 1995 dans son rapport ont inspiré la chaîne de commandement de la Sûreté du Québec et le gouvernement québécois.«Je pense qu’il est important que la population sache ce qu’il est advenu de ces recommandations.Après tout, cette enquête a coûté plus d’un million de dollars aux contribuables.Ils ont le droit de savoir quel effet elle a eu sur le gouvernement et la SQ.[.] Mes recommandations ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites si elles n’ont pas été mises en application.Et même si on ne les a pas appliquées à la lettre, il est important de savoir si au moins elles ont nourri la réflexion et si elles ont été adaptées au contexte actuel.» Guy Gilbert se considère comme un avocat privilégié.Au cours de sa longue carrière de juriste, il a participé aux enquêtes sur les deux crises qui ont marqué le Québec au cours du 20' siècle, celle d’Octobre 1970 et celle d’Oka en 1990.Fort de cette expérience, l’homme de droit garde toujours l’œil vif et discute avec rigueur de ses travaux.«Les crises d’Octobre et d’Oka se rapportent toutes deux à un comportement policier.Dans un cas c’était celui de la GRC [Gendarmerie royale du Canada] et dans l’autre celui de la SQ [Sûreté du Québec], analyse Guy GilberL lors d’un entretien accordé au Devoir la semaine dernière.Au cours de ces deux événements, il y avait des grands inconnus.En 1970, on a surévalué la crise.Imaginez, on a envoyé quelque 6000 soldats pour mater une soixantaine de felquistes.A Oka, on a fait le contraire et on a sous-évalué la crise.On avait à peine 125 policiers pour contrôler des Mohawks armés et possédant des connaissances militaires avancées.» Son lourd classeur bleu devant lui, le VOIR PAGE A 8: OKA I Autre texte en page A 4 FESTIVAL DE JAZZ Les marchands du temple La programmation répond de plus en plus à des impératifs commerciaux Entre la programmation du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) et celles des festivals qui se tiennent cet été en Europe, existe un énorme dénominateur commun: la mise au neutre de cette musique.SERGE TRUFFAUT Grosso modo, on peut dire que deux tendances ou écoles dominent désormais les programmations: la relecture et l’improvisation noyée dans ces sonorités que l'on associe au Nouvel-Âge, cette musique féodale.Ainsi, pour ce qui est, par exemple, de la relecture, nous avons eu droit, ces derniers jours, à celle que le trompettiste Enrico Rava a consacrée à Chet Baker ou encore à celle que Dave Douglas, également trompettiste, a vouée à la pianiste Mary LouWilliams.VOIR PAGE A 8: JAZZ iv ERIC ST-PIERRE LE DEVOIR Sommet de Camp David La coalition de Barak s’effrite ASSOCIATED PRESS AGENCE FRANCE-PRESSE T érusalem — Coup dur pour le premier ministre J israélien Éhoud Barak à deux jours du sommet de Camp David: la fragile coalition qu’il avait réunie a volé en éclats, avec la défection de trois partis, dont le puissant Shass, principal allié des travaillistes avec ses 17 députés à la Knesset.Le parti russophone Israël Be’Alya (quatre députés) du ministre de l’Intérieur Nathan Chtcharansky a été le premier à démissionner, suivi par l’ultra-orthodoxe Shass, puis par le Parti national religieux (cinq députés).Au total, M.Barak a donc perdu en quelques heures l’appui de 26 députés et de six ministres, voyant sa coalition fondre de 68 à 42 députés, sur un total de 120 à la Knesset Les trois partis qui ont lâché M.Barak l’ont accusé de vouloir faire trop de concessions aux Palestiniens lors du sommet qui s’ouvre demain.Éhoud Barak, à qui le Likoud a demandé d’annuler purement et simplement son départ à Camp David a déploré que des «élus préfèrent les intérêts politiques, personnels et partisans à l’intérêt national».Le Éhoud Barak VOIR PAGE A 8: BARAK CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR 53301^664^ A 2 LE D E V' 0 I K .LE LUNDI 10 JUILLET 2 0 0 0 LES ACTUALITES Day entend se faire élire d’ici la fin de l’été Le nouveau chef de l’Alliance canadienne met sa machine électorale en marche dans l’éventualité d’élections générales cet automne HÉLÈNE BUZZETTI ENVOYÉE DU DEVOIR À TORONTO Stockwell Day est devenu le premier leader de l’Alliance canadienne, samedi soir à Toronto.11 entend se faire élire en élection partielle d’ici la fin de l’été et deviendra alors le nouveau chef de l’opposition officielle à la Chambre des communes.Dans son discours samedi soir, M.Day a indiqué qu’il mettait sa machine électorale en marche dès maintenant dans l’éventualité d’élections générales cet automne.M.Day s’est réjoui de la perspective de mener une campagne électorale sur les «valeurs».Espérant capitaliser sur l’image d’extrémiste qui colle à la peau de Stockwell Day à cause de ses positions personnelles sur l’avortement et la peine de mort, le premier ministre Jean Chrétien a en effet indiqué que la prochaine élection porterait sur les «valeurs canadiennes».M.Day a expliqué qu’il ferait campagne sur le vote libre à la Chambre des communes ainsi que l’élection des sénateurs.Il se fera le défenseur des diminutions de taxes massives, d’une réforme du système de justice qui prend en considération les droits des victimes plutôt que ceux des prévenus et d’une augmentation du budget de la Défense nationale.En guise de plateforme constitutionnelle, il promet de faire campagne pour une restauration des paiements de transfert aux provinces et un respect des champs de compétences respectifs des deux niveaux de gouvernement.Comité de transition M.Day a annoncé la mise sur pied d’un comité de transition dont les travaux commencent aujourd’hui à Aylmer.Le but est de réunir autour d’une même table des représentants des campagnes de chaque candidat à la direction pour s’assurer de la cohésion des troupes.«Preston, j’ai besoin de toi.L’Alliance canadienne, j’ai besoin de toi.Canada, j’ai besoin de toi.Merci d’être avec nous, car nous allons former le prochain gouvernement du Canada», a lancé le nouveau chef.Selon l’organisateur de la campagne de M.Day, Ja- son Kenney, l’unité ne sera pas difficile à rétablir au sein du parti compte tenu des résultats sans ambiguité.Day a obtenu 63,4 % du vote contre 36,6 % pour Preston Manning.«Nous devons donner un peu de temps à ceux qui ont appuyé avec passion Preston Manning d’accepter le résultat d’hier, mais ce ne sera pas très long.» Le député Monte Solberg, qui était un ardent partisan de Preston Manning, a reconnu que des frictions existaient mais qu’elles disparaîtraient «au cours des prochains jours».«Trois jours après le premier tour de scrutin, les pro-Manning se sont fait à l’idée que Day pourrait devenir leur leader.I.] Nous savions qu’un des scénarios possibles soient que les membres appuient Day lors du deuxième tour pour lui donner une victoire décisive.Et c’est ce qui est arrivé.» M.Solberg n’en état pas moins très affection par la défaite de son favori.«C’est la fin du leadership d’un grand homme.Preston a fait des choses remarquables.Ça méfait mal de voir cela se terminer.» Jason Kenney a indiqué que Stock Day passerait deux ou trois semaines en immersion au Québec en juillet et août pour parfaire son français.Par ailleurs, son directeur de personnel et organisateur, Rod Love, a reconnu que Day pourrait un peu changer son style avec son nouveau statut «Les derniers trois mois passés sur la route l’ont amené à être plus posé [dans ses prises de positions].Il continuera de dire haut effort de qu’il pense parce qu'il est comme cela, mais peut-être sera-t-il un peu plus posé.» Un adoucissement que le député conservateur André Bachand ne croit pas sincère.«C’est sûr que les faiseurs d’images de l’Alliance canadienne vont donner un portrait de M.Day qui est beaucoup plus conciliant, Mais à l’usure, ses valeurs profondes vont ressortir de nouveau.Et les libéraux se préparent à apporter des projets de loi qui feront en sorte que la vérité va sortir.Nous, on a un conservatisme fiscal avec de la compassion.» M.Bachand, qui était à Toronto pour commenter l’élection du chef de l’Alliance, a indiqué que des discussions avec l’Alliance pour un rapprochement des deux partis n’étaient pas envisagées parce que «les différences sont beaucoup trop grandes».Opération démolition , JACQUES NADEAU LE DEVOIR EN DEPIT de leurs protestations, les citoyens du plateau Mont-Royal ont assisté samedi, impuissants, à la démolition de cinq bâtiments à l’angle des rues Laurier et Brébeuf Cette opération de destruction, qui vise à permettre l’agrandissement du supermarché Métro Chèvrefils, était autorisée par la Cour, mais l’agrandissement lui-même ne l’est toujours pas.Mécontente, l’Association des citoyens du plateau Mont-Royal a porté sa colère devant les tribunaux: la Cour supérieure a accordé jeudi dernier une injonction pour la construction de toute nouvelle annexe d’ici le T’août.Le magistrat n’a toutefois émis aucune réserve quant aux opérations de démolition.Im cause des citoyens, qui s’opposaient d’abord à la destruction des immeubles en place et puis aussi aux modifications prévues à une ruelle adjacente, sera entendue de nouveau le 18 juillet prochain.Sous une importante surveillance policière, près de 200 personnes ont assisté aux travaux de démolition, qui n’ont laissé que poussière et débris.Un divorce coûteux La moitié des Caisses d’économie préfèrent rester avec Desjardins Bien que suffisant pour assurer sa survie, le vote n'a été que de 39,8 % en faveur du maintien de la Fédération CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR La Fédération des caisses d’économie du Québec (FCEQ) va continuer d’exister comme entité autonome mais à un prix qui à court terme tout au moins paraît énorme.Tout d’abord, elle perdra une cinquantaine de caisses (sur une centaine) qui préfèrent rester avec le Mouvement Desjardins et qui partiront avec 1,5 milliard d’actifs (sur un total de 2,5 milliards).Pour s’adapter à sa nouvelle situation, il lui faudra investir près de 10 millions et lui faudra trois ans avant de retrouver son taux de rentabilité actuel, selon le scénario que l’on dit le plus prudent Comment cette nouvelle fédération des caisses d’économie, qui ne pourra plus à partir de juillet 2001 au plus tard accoler le • nom de Desjardins à sa publicité, à son marketing et qui au départ se retrouvera avec des actifs dépassant légèrement un milliard, saura-t-elle maintenir sa niche dans un monde où les géants grandissent à vue d’œil?Même Desjardins deviendra alors un concurrent pour elles.«Pour nous ce n’est pas une question de concurrence, c’est une question de mission», a répondu Michel Parent, président de la FCEQ.La fédération entend mettre l’accent sur «la qualité du lien, de la relation avec les membres».Après avoir rompu avec Desjardins, elle voudra fournir tous les services qui sont présentement offerts à ses membres.Elle serait même disposée à offrir des produits de Desjardins avec qui elle se dit ouverte au maintien des liens d’affaires, par exemple Et su Pourquoi?| U S E Z f LE D E 1/ 0 / R E T S 0 Y E Z B 1 E N INFORMÉ D E T O U S L E S É V É N E M E N T Q U 1 M A R Q U E N T 'ACT U A 1 L 1 TÉ! ¦-i ?Oui, je désire m'abonner au journal LE DEVOIR.Nom_______________________________________________ Adresse, Ville _ -App _Code postal Téléphone (rés.).Coumel ________ (bur.) Je désire profiter de votre mode de paiement par virements automatiques, chaque mois un montant de 21,89$ (taxes incluses) sera prélevé selon l’option choisie.?OPTION COMPTE PERSONNEL (veuillez joindre un spécimen de votre chèque) ?OPTION CARTE DE CRÉDIT ?VISA ?MASTERCARD ?AMERICAN EXPRESS Numéro de la carte____________________________exp.________ Signature (obligatoire)__________________________________________________________________ Retourner à : Le Devoir, 2050, De Bleuty, 9' étage, Montréal, Québec, H3A 3M9, ou pat télécopieur au (514) 985-3340, Abonnez-vous dès maintenant afin de ne rien manquer.Profitez de notre offre spéciale et recevez le journal du lundi au samedi pour seulement par mois Téléphonez dès maintenant au (514) 985-3355 • 1-800-463-7559 pour l’extérieur de Montréal ou par Internet WWW.ledeV0ir.C0m •Ce ptix est basé sur l'abonnement par virement automatique avant les lanes.Cette offre est valide dans les secteurs où il y a distribution par camelot.pour l’assurance-vie et les valeurs mobilières.Il en va de même pour la Caisse centrale Desjardins qui a par exemple comme client international intéressant le Cirque du Soleil lequel par fidélité continue d’encourager la Caisse des travailleurs de Québec laquelle lui a donné sa première chance.Or, cette caisse, très proche de la CSN, est dans le camp de celles qui ont dit non à la fédération unique que Desjardins est en voie d’installer.Desjardins laissera-t-il aller ailleurs ce beau client qu’est le Cirque du Soleil?Clément Gui-mond, coordonnateur général de la Caisse des travailleurs de Québec, mentionne simplement que le Cirque est payant pour Desjardins et que d'autres banques ont déjà offert leurs services pour remplacer la Caisse centrale.De toute évidence Desjardins et la FCEQ devront continuer de se parler pour des raisons d’affaires et d’harmonie.11 faudra aussi en venir à une entente sur la questions des poursuites judiciaires engagées par la FCEQ.Faudra-t-il aussi négocier le partage des réserves concernant la quote-part des 50 caisses qui préfèrent rester avec Desjardins?Maraudage?Pour l’instant cette décision de quitter Desjardins présente les allures d’un divorce à l’amiable, mais ce climat de cordialité durera-t-il longtemps?Dans les minutes qui ont suivi le résultat du vote samedi dans un hôtel de Laval, les porte-parole de 50 caisses voulant demeurer dans le camp de Desjardins donnaient une conférence de presse.Yvon Séguin, directeur à la Caisse d'économie de la CUM, faisait cette déclaration: «Ce n’est pas une défaite pour nous aujourd’hui.Nous allons travailler à amener d’autres caisses avec nous chez Desjardins.» Se pourrait-il qu’il y ait bientôt maraudage, ce qui généralement a pour effet une détérioration des rapports entre les parties concernées?Selon l’interprétation donnée samedi, les caisses optant pour la FCEQ n’auront pas à tenir d’assemblée générale des membres pour faire approuver leur choix.En revanche, celles qui veulent s’affilier à Desjar- dins, devront tenir de telles assemblées.Jean-Guy Bureau, président du conseil d’administration de la Caisse des Cantons, se dit convaincu que les membres appuieront massivement ce choix.Pourquoi ces caisses veulent-elles délaisser la FCEQ?«Parce que c’est trop risqué et parce que c’est un projet de dernière minute qui n’a pas été validé», répond M.Bureau.Selon les évaluations citées, le seul fait de quitter Desjardins pourrait entraîner une diminution de 30 % du nombre de membres dans les caisses d’économie, qui par ailleurs verraient leur coût d’emprunt augmenter de 0,75 %.Avec la baisse de rentabilité annoncée pour les trois prochaines années, dans certaines caisses où par exemple 8 % des membres détiennent 74 % de l’épargne, une telle situation pourrait entraîner un déplacement de l’épargne vers d’autres institutions financières.Et encore, on n’a pas évalué l’impact que pourrait avoir le départ de 1,5 milliard d’actifs sur les caisses demeurant à la FCEQ, souligne Anne Langevin, directrice à la Caisse des employés municipaux de Québec.Une minorité Quoi qu’il en soit, le sort en est jeté.Samedi les représentants de 89 caisses d’économie (sur un total de 101 ou 102 qui sont membres actuellement de la FCEQ) ont voté à 59,2 % en faveur de l'adhésion à Desjardins, mais il aurait fallu un vote de 66,6 % pour que la proposition soit adoptée.C’est donc à une minorité de 39,8 % des votes que la FCEQ doit sa survie.Alban D’Amours, président du Mouvement Desjardins a émis un communiqué par la suite pour exprimer son regret d’une telle décision.Il a tenu ensuite à rassurer les membres des caisses populaires en déclarant que cette décision n’avait aucun impact financier significatif pour le Mouvement Desjardins.Il a répété enfin que Desjardins allait aider les caisses d’économie qui le souhaitent à se joindre au réseau de Desjardins et que celles-ci auront, tel que promis, un bureau régional et leur conseil des représentants dont le président siégera au conseil d’administration de la fédération unique.Les urgences sont toujours engorgées LE DEVOIR Les urgences de la-région de Montréal demeurent toujours fortement occupées, mais la tension s’est un peu amoindrie au cours des derniers jours.Hier, le taux d’occupation atteignait 165 %, plus de 526 patients occupant les 335 civières disponibles dans les 17 urgences de Tile de Montréal.On y recensait 52 patients en attente depuis plus de 48 heures.Par rapport à la semaine dernière, la situation s’est quelque peu améliorée dans l’ensemble des hôpitaux de la métropole, puisque plus d’une centaine de patients attendaient depuis plus de 48 heures aux urgences au cours des premiers jours de juillet Les urgences les plus bondées sont encore celles de l’hôpital Sacré-Cœur, avec 21 cas de plus de 48 heures, de l’hôpital Notre-Dame et de l’hôpital Saint-Luc du CHUM avec respectivement neuf et six patients en attente depuis plus de 48 heures.Sur la Rive-Sud, l’hôpital Charles LeMoyne, qui émettait le 7 juillet un avis à la population pour limiter les entrées à son urgence, a levé cette mesure exceptionnelle hier.EN BREF Tuerie de Kitchener (PC) — L'autopsie des corps de deux des quatre enfants tués par leur père, jeudi à Kitchener, lors du intuple meurtre suivi d’un suid-le, n’a révélé aucune trace apparen- t te de violence antérieure aux meurtres.Le O' Jim Caims, coroner en chef adjoint de l’Ontario, a affirmé qu’«aucune trace de violence physique préalable ni rien du genre» n’a été décelée sur les corps de deux des enfants tués par leur père.1 LE DEVOIR.LE LUNDI 10 J I I L L E T 2 0 0 0 A ;( ?LE DEVOIR ?ACTUALITES / Etude réalisée au Québec Succès de la World Gay Pride à Rome Les chances de survivre à une crise cardiaque sont meilleures qu’avant ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Au Québec, les chances de survivre à une crise cardiaque sont bien meilleures qu’il y a quelques années.Selon une analyse des infarctus survenus au Québec entre 1988 et 1995, le recours accru à certaines interventions comme l’angioplastie ou le pontage coronarien et l’usage de nouveaux médicaments ont sans conteste amélioré le taux de survie à la suite d’une crise cardiaque.Cette étude, réalisée par le Dr Inuise Pilote de l’hôpital Général de Montréal, vient d’être publiée par le Journal de l’Association médicale du Canada.Alors qu’en 1988, prés du quart des victimes québécoises d’infarctus décédaient dans l’année suivant leur crise cardiaque, en 1995, le taux de mortalité à la suite d'un infarctus n’était plus de que 19 %.Ces données ont pu être reconstituées grâce au croisement des informations compilées par la Régie de l’Assurance-maladie du Québec (RAMQ) et de la banque de données Med-Echo, recensant le nombre et les raisons des admissions dans les hôpitaux du Québec.De 8995 en 1988, le nombre de crises cardiaques traitées dans les hôpitaux québécois est passé à 10 079 en 1995.Malgré la hausse du nombre d’infarctus, les chances de survie n’ont toutefois cessé de croître.A l’hôpital, le nombre de patients victimes d’une crise cardiaque, décédés au cours de leur séjour, a fléchi de 14 % à 11 %, et le taux de mortalité 30 jours après leur infarctus est passé de 15 % à 12 %.Au cours de la même période, le nombre d’interventions cardiaques, effectuées autant chez les jeunes patients que chez les plus vieux, a augmenté de façon sensible.Ce sont en fait les interventions d’angioplastie, une procédure qui consiste à dilater une artère bloquée à l’aide d’un ballonnet, qui ont connu la plus forte augmentation.En 1995, 15 % des victimes d’infarctus ont subi ce traitement en comparaison de 8 % en 1988.Le nombre d’interventions chez les patients âgées de plus de 65 ans a doublé au cours de ces sept années et tout laisse croire que cette tendance s’est poursuivie depuis.Le nombre de patients qui ont fait l’objet d’un pontage coronarien dans les douze mois qui ont suivi leur crise cardiaque est quant à lui passé de 6 % à 8 %.Au même moment, le nombre d’ordonnances d’aspirine, de bêtabloquants et de molécules destinées à abaisser le taux de mauvais cholestérol, prescrites à plus de 40 % des patients victimes de crise cardiaque, a bondi.Même si on ne peut tirer de conclusions de cette étude, l’au-teure affirme que les nouvelles interventions de thrombolyse, destinée à dissoudre les caillots, et de revascularisation, ont joué un rôle important dans la chute du taux de mortalité.t Elections à l’Assemblée des premières nations Phil Fontaine fera face à Matthew Coon-Come PRESSE CANADIENNE Ottawa — L’Assemblée des premières nations, le plus important groupe de pression des autochtones au Canada, choisira un nouveau chef cette semaine.Le chef sortant, Phil Fontaine, se présente à nouveau au poste de chef de l’assemblée, contre trois autres candidats.Son adversaire le plus sérieux est Matthew Coon-Come, du Québec.Néanmoins, plusieurs observateurs croient que M.Fontaine remportera l’élection pour un deuxième mandat.Une partie des 633 chefs appelés à voter est déjà arrivée à Ottawa en prévision de l’assemblée annuelle, qui débute demain.Le vote se mettra en branle dès mercredi.Pour être reconnu gagnant, un candidat doit avoir emporté au moins 60 % du suffrage, ce qui pourrait exiger la tenue de plusieurs tours de scrutin.Les deux autres candidats sont Marilyn Buffalo, l’ancienne présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada et Lawrence Martin, le gi and chef d’une première nation de l’Ontario, gagnant d’un prix Juno à titre de musicien.Phil Fontaine, 55 ans, est reconnu pour avoir amélioré les relations avec le gouvernement fédéral, qui étaient de glace durant les dernières années du règne d’Ovide Mercredi, son prédécesseur.Par contre, certains reprochent maintenant à M.Fontaine d’être trop proche d’Ottawa.Selon Taiaiake Alfred, un activiste mohawk directeur du programme de gouvernance autochtone à l’Université de Victoria, plusieurs croient que l’assemblée n’est plus le bon moyen, pour les nations autochtones dispersées un peu partout au Canada, de faire valoir leur point de vue auprès des politiciens fédéraux.M.Alfred ajoute que l’assemblée serait maintenant un mini-gouvernement qui dispense des services plutôt qu’un lobby de la cause autochtone.Problèmes sociaux Phil Fontaine s’offusque d’entendre de telles critiques et réplique en mentionnant tous les gains réalisés par l’assemblée au cours des dernières années.le chef sortant fait référence au fonds d’indemnisation de 350 millions pour ceux qui ont été marqués par leur séjour dans les internats gouvernementaux pour autochtones, aux 582 millions alloués à la suite de la Commission royale sur les peuples autochtones, en 1996, aux 1,5 milliard sur cinq ans pour la formation à l’emploi des autochtones et aux 100 millions pour la jeunesse autochtone.«Nous avons négocié et obtenu ces ressources supplémentaires à une époque de compressions budgétaires radicales au gouvernement», précise M.Fontaine.De plus, ce dernier ajoute que l’an dernier, sous son mandat, l’assemblée a éliminé sa dette de 1,5 million.Phil Fontaine dit maintenant vouloir concentrer ses efforts sur les problèmes sociaux qui affligent les communautés autochtones du pays.La vétusté des logements, les problèmes de santé et le chômage élevé sont les pires problèmes d’environ 385 000 amérindiens avec statut vivant dans les réserves.Au total, la population d’origine autochtone du Canada serait d'environ 1,5 million.Le nombre de suicides dans les réserves est beaucoup plus élevé que la moyenne canadienne et l’espérance de vie y est plus courte, mais la croissance démographique est deux fois plus élevée que dans l’ensemble du Canada.Ainsi, les autochtones âgés de moins de 30 ans représentent 60 % de la population des réserves et ils sont très désillusionnés, selon les chefs.Découverte sur TAlzheimer (AFP) — Les dispositions génétiques à apprendre, conjuguées à un certain niveau d’éducation, protégeraient contre la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence, ont rapporté des spécialistes hier à Washington lors d’un congrès mondial sur cette affection.Des études précédentes ont montré que les démences atteignaient plus souvent les personnes ayant un niveau d’éducation assez bas.Pour confirmer, ou infirmer ces conclusions, les chercheurs ont examiné trois groupes de jumeaux.Les résultats montrent effectivement qu'une éducation limitée représente un facteur de risque important pour Alzheimer et les autres formes de démence.Blocus routier (PC) — Un groupe de citoyens de la région de Forestville, sur la D a Je souscris à la D a CAMPAGNE INTERNATIONALE de Gilles Rhéaume du MSQ contre le C-20 d’Ottawa Le Québec a besoin de votre soutien 59006 - 6595 St-Hubert Montréal État du Québec H2S 3P5 EN BREF Côte-Nord, a bloqué hier la route 138 pendant une partie de la journée.Les manifestants dénonçaient la réforme de l’assurance-emploi entrée en vigueur hier et désormais moins généreuse avec les travailleurs saisonniers.Après des négociations avec la Sûreté du Québec, ils ont levé leur barrage en après-midi.loto-québec Tirage du 2000-07-08 05 1Û 12 3£ 4Q 41 Numéro complémentaire: 11 GAGNANTS 6/6 3 5/6+ 11 5/6 402 4/6 21 430 3/6 395 669 LOTS 3 333 333,40 $ 87 346,70 $ 1 912,00$ 68,70$ 10,00$ Ventes totales 23 026 933 $ Prochain gros lot (approx ).2 000 000 $ pmszsa Tirage du 2000-07-08 11 14 21 22 2S 4Q Numéro complémentaire: m GAGNANTS 6/6 0 5/6+ 0 5/6 16 4/6 1 290 3/6 25 581 LOTS 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00$ 50,00$ 5,00$ Ventes totales: 688 964,00 $ EQtra Tirage du 2000-07-08 SUPER Tirage du 2000-07-07 NUMÉROS LOTS 621031 100 000$ 21031 1 000$ 103 1 250$ 031 50$ 31 10$ 1 2$ EfStra Tirage du t" 2000-07-07 NUMÉROS LOTS 05 QZ 22 24 2Ê 41 42 Numéro complémentaire: 34 GAGNANTS LOTS 7/7 0 2 500 000,00 $ 6/7+ 2 62 495,80 $ 6/7 41 2 667,50 $ 5/7 2 673 146,10$ 4/7 56 628 10,00$ 3/7+ 51 886 10,00$ 3/7 475 113 partie, gratuite 734454 34454 4454 454 54 4 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ Ventes totales: 6 833 638 $ Prochain gros lot 5 000 000 $ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de l-Q, cette dernière a priorité.'• Hi ._ REUTERS À l’occasion de la messe qu’il a célébrée hier matin dans la prison romaine de Regina Coeli, dans le cadre du Jubilé 2000, le pape Jean-Paul II a feçu en cadeau un tableau exécuté’par des détenus.Devant les 900 détenus de Regina Coeli, le pape a évoqué la surpopulation carcérale, la violence et les conditions de vie dégradantes dans les prisons.Dans son homélie, il a demandé une réduction de peine pour tous les détenus du monde, priant tout spécialement pour les condamnés à mort.Jean-Paul II réaffirme l’intransigeance de l’Eglise envers l’homosexualité AGENCE FRANCE-RRESSE Rome — Alors que les homosexuels voulaient voir dans le succès de la World Gay Pride à Rome le début d’un changement dans les mentalités italiennes, le pape a réaffirmé hier en des termes particulièremen): durs l’intransigeance de l’Eglise catholique.«Amertume» devant «l’affront» et {’«offense» de la Gay Pride: Jean-Paul II, qui jusqu’à présent ne s’était pas exprimé publiquement sur le sujet, a coupé court à toute hypothèse d’ouverture du Vatican envers les gays.«Au nom de l’Église de Rome, je ne peux pas ne pas exprimer l’amertume à la suite de l’affront fait au Grand Jubilé de l’an 2000 et l’offense faite aux valeurs chrétiennes», a déclaré le pape à l’occasion de la prière dominicale de l’Angelus.,Et de rappeler le catéchisme de l’Église, selon lequel «les actes homosexuels sont contraires à la loi naturelle».L’opposition du Vatican à la World Gay Pride n’est certes pas nouvelle: dès le mois de février, le Saint Siège avait officiellement demandé aux autorités italiennes le report d’une manifestation jugée «inopportune» en pleine année du Jubilé.Et, en début de semaine, l’évêque français Jacques Gaillot, s’était vu interdire par le pape de participer à un colloque ayant pour thème «Homosexualité et religion».Mais la condamnation sans appel du pape sonne comme un rappel à l’ordre envers une Italie qui se découvre plus libérale qu’elle ne le pensait.Jamais en effet on n’aura tant parlé d’homosexualité dans la péninsule, les journaux regorgent de débats, de forums, certains ecclésiastiques eux-mêmes se posent des questions, et; réclament un dialogue entre l’Église et les homosexuels.Le succès samedi de la grande parade homosexuelle, qui a rassemblé dans les rues de Rome 200 000 personnes selon les organisateurs, a marqué «un tournant historique» estimait, unanime, la presse dominicale italienne, qui s’étonnait que les gays «revendiquent des droits somme toute raisonnables» (Il Carrière della Sera) ou qualifiait le cortège homo* sexuel de «très rassurant, sans proj vocations gratuites ni lourdes obscénités» (ÜMessagero).«tes Italiens ne sont pas les geni dépeints par la droite et la hiérarchie vaticane», a estimé Imma Bat taglia, présidente de l’associatiorj Mario Mieli, organisatrice de U| World Gay Pride.«te pape devrait vraiment réflé« chir à ce qu’il dit.C'est triste», a-tî elle déclaré à l’AFP, estimant qu’ij n’y avait «pas de possibilité de dialogue avec le Vatican».] «Cela ne suffit pas de dire que les homosexuels doivent être accueillis avec compassion et délicatesse», s’inj surge pour sa part Franco Grillinij président d’Arcigay.1 Par ailleurs, Jean Paul II a de^ mandé aux «autorités un geste de clémence envers tous les prison) niers», appelant à des amnisties à l’occasion de la messe qu’il a célébrée hier matin dans la prison romaine de Regina Coeli, dans le cadre du Jubilé 2000.Devant 900 détenus, le pape a évoqué la surpopulation carcérale, la violence et les conditions de vie dégradantes dans les prisons.Nous sommes tous visés.Plus d’un Québécois sur trois mourra d’une maladie cardiovasculaire.Ça pourrait être parmi vos amis, parmi votre famille.Ça pourrait être vous.Nous sommes tous concernés.FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC DONNEZ 1 888 473-INFO I I I I E I) E V (MR.L E I.U \ D I I 0 .1 I I L I.K T 2 0 I) 0 A I • L E S A C T U A LIT fi S • Entrevue avec le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard Québec est mieux préparé aujourd’hui à gérer les conflits avec les autochtones VALÉRIE DUFOUR ^ LE DEVOIR A l’heure des bilans sur la crise d'Oka, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Serge Ménard, avoue avoir changé beaucoup de choses au sein de son ministère.«Je suis toujours mis au courant des opérations menées en territoire autochtone et qui risquent d’avoir des conséquences sociales.Cela peut être aussi banal qu'une perquisition dans une maison», a expliqué le ministre lors d'un entretien téléphonique la semaine dernière.Serge Ménard était en poste au même ministère lorsque le coroner Guy Gilbert a déposé son rapport sur la mort du caporal Marcel Lemay en 1995.Ixj rapport blâmait sévèrement le manque de leadership du gouvernement libéral qui dirigeait le Québec à l’époque de la Crise.Le ministre péquiste avoue s’être largement inspiré des recommandations de Guy Gilbert dans ses relations avec la Sûreté du Québec (SQ) et les autres corps policiers de la province.«Je rencontre les dirigeants de la SQ tous les vendredis, sauf lorsque nous [les députés] sommes en session intensive ou que je suis en vacance.On me donne des exposés de fond sur tous les sujets.On ne me parle évidemment pas des enquêtes en cours, mais on discute des priorités qui sont données.S’il y avait une crise maintenant, je peux vous garantir qu 'on aurait déjà le bagage d'information emmagasiné pour prendre de bonnes décisions.» «Je suis plus prêt à gérer une crise, à la désamorcer ou à la voir venir que le gouvernement précédent», ajoute Serge Ménard.L’objectif à long terme, poursuit-il, est d’intégrer les autochtones à l’économie, tout en respectant leur culture.«Mais cela ne fait pas partie de mon portefeuille ministériel.De mon côté, je crois que la plus grande réalisation depuis Oka est la mise en place d’une police amérindienne bien formée et de plus en plus respectée.» Dans le cas de conflits avec une communauté, Serge Ménard indique que les recommandations du rapport Gilbert ont été prises très au sérieux.«On examine la nécessité d’agir, le fondement légal et l’urgence d’agir.Ces trois principes sont appliqués à la lettre.En permanence, on privilégie la négociation.» Quand les camionneurs commettent des actes illégaux pour défendre leur cause, par exemple, le ministre explique que les policiers évitent l’affrontement de façon systématique.Ce fut le cas quand les Micmacs de Listiguj ont bloqué la route 132 en 1998.De son côté, la SQ ne se montre pas trop bavarde sur les événements de juillet 1990.«Les recommandations ont été étudiées et elles ont influencé notre philosophie quand il y a une intervention dans des conflits sociaux», garantit l’adjoint au directeur des communications, le sergent Richard Bourdon.La semaine dernière.Le Devoir avait sollicité par écrit une entrevue avec le directeur général de la SQ, mais celui-ci a décliné l’offre parce qu’il n’était pas en poste en 1990.Néanmoins, le sergent Bourdon explique que la SQ a fait ses devoirs et reconnu ses erreurs.Les communications entre les membres sur le terrain et la direction, par exemple, ont été nettement améliorées, avance-t-il.«C’est sûr que ceux qui ont vécu Oka sont marqués pour la vie, mais on essaie de regarder vers l’avant maintenant.» Serge Ménard reprend: «La/ SQ a vécu d’énormes transformations depuis 1995.Évidemment, tout n’est pas relié à Oka, mais, par contre, si toutes les directives que le coroner Gilbert recommandait ne sont pas écrites explicitement, les actions que nous avons effectuées s’en sont largement inspirées.» L'été indien 19 9 0 h / M JACQUES NADEAU LE DEVOIR À l’époque de la crise d’Oka, tout était bon pour ériger les barricades, jHesasmpéer?.-, Technologie québécoise Un nouvel appareil vidéo vient en aide aux élèves sourds SOURCE AUDISOFT Grâce à un petit écran semblable à un téléviseur placé devant eux sur leur pupitre, les élèves peuvent maintenant plus facilement lire sur les lèvres de leur professeur.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Après les grands honneurs, les retombées en espèces sonnantes et trébuchantes.La firme Audisoft, de Boucherville, commence à investir les écoles du Québec et des Etats-Unis avec sa technologie «Ralphy».Avec elle, des élèves sourds peuvent maintenant plus facilement que jamais lire sur les lèvres de leur professeur grâce à un petit écran semblable à un téléviseur placé devant eux sur leur pupitre.Depuis trente ans, grâce au système MF, les sourds peuvent entendre la voix humaine transmise par un émetteur dans leur prothèse auditive.Seulement, les hautes fréquences leur échappent Ainsi, du mot «assis», par exemple, ils ne saisissent que «a-i».À l’audio, la firme Audisoft vient donc d’ajouter la vidéo, à l’intention toute particulière des sourds dits oralistes, c’est-à-dire de ceux qui lisent sur les lèvres.11 s’agissait d’y penser le professeur porte un casque muni d’une caméra miniature et d’un micro fixés à une tige place devant son visage.Des piles à sa taille permettent d’alimenter le système.Le casque sans fil transmet l’image sur un petit moniteur situé sur le bureau de l’élève ou sur un plus grand moniteur installé devant la classe.Le son, lui, est acheminé par l’émetteur, selon le bon vieux système MF'.Le professeur peut désormais écrire au tableau et tourner le dos à l’élève sourd sans qu’il ne perde un seul mot.C’est d’abord pour des raisons toutes familiales qu’Audisoft a été fondée, en 1997.Elle-même mère MAGIE DE LA COSTA DEL SOL GAGNEZ UN SÉJOUR AU MAGNIFIQUE LAS DUNAS BEACH HOTEL & SPA MEMBRE DE «THE LEADING HOTEL OF THE WORLD» L/s/sw-i Bt« h Hold Ae Spi COMPRENANT : • L’HÉBERGEMENT POUR DEUX PERSONNES PENDANT 6 JOURS • DEUX BILLETS D’AVION Aller-retour sur les AILES DE SWISSAIR swissairj^T Swissair et ses partenaires vous offrent plus de 200 destinations européennes POUR 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dire, bon nombre d’adultes sourds vivent au crochet de la société.» Ce n’est pas là l’avenir que Mme Lapalme souhaitait à son fils Raphaël et c’est d’abord pour lui quelle a fondé son entreprise, en 1997.Pour mettre au point son seul produit, Audisoft a fait appel à des firmes d’ingénieurs, à des chercheurs de l’Ecole d’orthophonie et d’audiologie de l’Université de Montréal et de la faculté de l’éducation de l’Université Laval, à une firme de design industriel et à quantité de parents et de personnes sourdes.L’effort en a valu la peine: en 1999, le «Ralphy» était primé au salon international des inventions à Genève, en plus de recevoir des prix de design au Québec.Pas un peu lourd pour les professeurs, cette technologie?«Au départ, ils se sont plaints de ce que le casque était trop encombrant et trop chaud, explique Mme Lapalme.Nous avons ajusté le tir, et les professeurs nous disent en fait que le système leur donne me plus grande liberté de mouvement puisqu’ils n'ont plus à se préoccuper sans cesse de faire face à l’élève sourd.Et, selon nos estimations, les élèves peuvent recevoir environ 30 % d’information en plus avec le Ralphy.» Comme le souligne Mme lapalme, l’immense majorité des sourds naissent de parents entendants, «qui veulent s’assurer que leur enfant n’aura pas plus de mal qu’eux à aller chercher du pain au dépanneur.Le sujet est très controversé, mais force est de constater que de moins en moins de parents optent pour le langage des signes pour leurs enfants.» Succès du système Le système Ralphy, qui coûte au plus 7000 $, a déjà trouvé 21 preneurs pour l’automne.Parmi les premiers clients: des commissions scolaires québécoises (pour des classes normales ou des classes entières de sourds) et le prestigieux Central institute for the deaf, de Saint-Louis, qui compte quelques-uns des chercheurs les plus réputés et une école attenante pour de jeunes élèves sourds.Cette semaine, les dirigeants d’Audi-soft prennent aussi d’attaque le salon Alexander Graham Bell de Philadelphie où sont exposées et promues les dernières trouvailles en matière d’ouie.Une fois le «Ralphy» bien lancé auprès des malentendants, Audisoft entend diversifier ses activités.Bien que le produit soit breve té, Mme Lapalme se fait plus discrète à ce stade de l’entrevue.«Notre produit offre de probables applications connexes à ne pas négliger, notamment au chapitre de la vidéo-conférence.Les étudiants pourront aussi en profiter et utiliser pour écran leur propre portable plutôt que celui que nous avons conçu.» Les lieux SECRETS du POUVOIR À ne pas manquer, tous les mercredis dans Æ DK VON! ! I E l> E V (t I It .I.K L I X I) I 10 .1 r I I.|.K T 2 0 0 0 A 5 ?LE DEVOIR ?- LE MONDE Thabo Mbeki relance la polémique «Une simple transposition de l’expérience de l’Occident sur les réalités africaines serait absurde», clame le président sud-africain /POSITIVE 0sir.JUDA NGWENYA REUTERS Environ 70 % des 34 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde vivent en Afrique sub-saharienne.Le bouclier anti-missile de Clinton est compromis LIBÉRATION Washington — Le test-clé qui devait permettre au président Clinton de décider de construire un bouclier anti-missile protégeant les Etats-Unis a échoué dans la nuit de samedi à hier.L’échec est d’autant plus décevant pour le Pentagone que ce nouveau fiasco est dû à un mauvais fonctionnement de la fusée porteuse du véhicule tueur de missile et non du système de guidage que cet essai devait tester.«Nous n'avons pas intercepté le missile cette nuit, nous sommes déçus», a reconnu le général Ronald Kaddish, responsable du système national anti-missile (National Missile Defense), «nous avons encore à faire de la mécanique».Le Pentagone et les constructeurs de ce système Boeing et Raytheo, avaient organisé ce test dont le coût dépasse 100 millions de dollars afin de démontrer qu'un missile pouvait détruire un autre missile en vol.Ainsi, un missile «ennemi » factice a été lancé depuis le Pacifique vers minuit GMT samedi.Vingt minutes plus tard, depuis la base californienne de Van-denberg, une fusée porteuse d’un contre-missile tueur a été à son tour lancée mais, ce véhicule ne s’est pas détaché du «booster» pour des raisons inconnues, une procédure pourtant classique et éprouvée depuis des années.Le «contre-missile tueur» qui devait chercher, trouver puis percuter le missile «ennemi» n’a jamais servi.Ce revers remet une nouvelle fois en cause le NMD, un système technologiquement discutable et diplomatiquement controversé.Selon le traité ABM (anti-ballistic missile), conclu avec l’URSS en 1972, les Etats-Unis ne peuvent déployer pareil bouclier sans accord de Moscou.I-a Chine, qui maintient un prpgramme de missiles, et les alliés européens des Etats-Unis qui craignent une sanctuarisation du territoire américain à leur dépens sont également opposés au NMD.Ce week-end, la Maison-Blanche n’avait pas commenté ce deuxième échec pour trois essais du NMD mais il semblait difficile pour Clinton au vu de ces résultats pour le moins mitigés de décider de mettre en œuvre dès l’automne ce projet comme le presse le congrès républicain qui aimerait bien de faire de la défense un thème des prochaines présidentielles.Vraisemblablement, la décision appartiendra désormais au successeur de Clinton à la Maison-Blanche dans l'attente d’un nouveau test «crucial» pour un système dont le coût dépasse les 60 milliards de dollars.EN BREF Algérie: quatorze morts dans des attentats Alger (AFP) — Quatorze personnes ont été tuées, deux blessées et sept enlevées dans des attentats attribués à des groupes islamistes armés dans la nuit de samedi à hier, a-t-on appris auprès d’habitants de ces régions.Huit jeunes saisonniers ont été tués par un groupe armé dans l’attaque d’une ferme de Biriki, près deTipaza.Peu de temps auparavant vraisemblablement le même groupe avait dressé un faux barrage sur une route à Hameur El-Am, à trois kilomètres de Biriki, tuant trois passagers d’un véhicule.Les trois victimes ont été égorgées.Le passager d’un second véhicule a été blessé à ce faux barrage, selon ces sources.Au cours de la même nuit trois personnes ont été assassinées et sept enlevées près de Tissemsilt dans deux attaques de groupes armés.Un enseignant et son père ont été tués à Theniet El-Had, alors qu’une personne était égorgée et sept enlevées au hameau d’Ouled Si Ahmed, selon des habitants.Une recrudescence des tueries et des violences est actuellement enregistrée en Algérie, notamment aux portes d’Alger.En une semaine une soixantaine de personnes ont trouvé la mort et une trentaine blessées dans des violences, selon des bilans de presse.L’ordre du jour de Camp David est en préparation Washington (AP) — Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont réunis hier dans un hôtel de Washington afin d'établir un ordre du jour des discussions du sommet qui ouvrira demain à Camp David, a-t-on indiqué de source israélienne.«L'objectif de cette rencontre est d’établir un ordre du jour des discussions», a indiqué à l'ouverture des entretiens le chef de la délégation israélienne, Shlomo Ben Ami, ministre de la sécurité intérieure.La délégation palestinienne est conduite par Ahmed Qoreï, président du parlement palestinien et l’un des principaux artisans des accords d'Oslo de 1993.I^es entretiens préliminaires au sommet qui munira sous l’égide des Etats-Unis, Ehud Barak et le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, se tiennent alors que trois partis de droite ont quitté la coalition gouvernementale, privant le chef du gouvernement d’une majorité au Parlement.Shlomo Ben Arpi a précisé qu'il rencontrerait hier soir le secrétaire d'Etat américain Madeleine Albright qui devrait également avoir des entretiens avec M.Qoreï.En prison pour son appui au vote des femmes Le Caire (AFP) — Une militante de l’Association de soutien au vote des femmes en Egypte a été placé dimanche en garde à vue sous l’accusation de détention de fausses cartes d’électeurs, a annoncé une source de sécurité.Mme Warda Bahi a été placée en gtirde à vue pour deux semaines, dans l’attente de l'enquête menée sur l’affaire de Saad Eddine Ibrahim, un défenseur des droits de l'Homme, arrêté la semaine dernière pour atteinte à l’intérêt de l’État égyptien.Mme Bahi fait partie de sept personnes arrêtées samedi, dont quatre appartiennent au Centre de recherche Ibn Khaldoun de M.Ibrahim et trois à l’Association de soutien au vote des femmes.AGENCE FRANCE-PRESSE ET ASSOCIATED PRESS Durban — le président sud-africain Thabo Mbeki a ouvert officiellement hier la XIII conférence internationale sur le sida à Durban (Côte est de l'Afrique du Sud), en évoquant à nouveau les causes multiples du sida, des propos qui sont précisément à l’origine de la polémique qui l'oppose aux chercheurs.Dans le stade Kingsmead comble, le président a longuement énuméré les multiples maux qui frappent le continent noir — paludisme, tuberculose, hépatite, malnutrition, choléra, bilharziose, onchocercose.— pour souligner que Y «on ne pouvait donc pas tout mettre sur le dos d'un seul virus».Le président sud-africain avait suscité une vive controverse en avril dernier lorsqu’il avait envoyé à tous les grands dirigeants du monde une lettre soutenant les thèses de scientifiques, notamment américains, selon lesquels l’immuno-déficience n’est pas liée au sida mais est déterminée par des causes propres au sous-développement, pauvreté, malnutrition, manque d’hygiène ou maladies locales.«Quels que soient les enseignements que nous pouvons tirer des recherches occidentales sur le sida, il est évident qu'une simple transposition de l’expérience de l’Occident sur les réalités africaines serait absurde», ajoutait alors le président dans sa lettre.Hier, M.Mbeki a repris sa théorie, non sans se déclarer résolu à lutter contre le VIH et le sida.«La pauvreté, a-t-il martelé, est la principale raison de la non-vaccination des nouveaux-nés, de l’inexistence de réseaux d’eau potable.» «Chaque année, a-t-il indiqué, dans les pays en développement, 12,2 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent, alors que quelques pièces auraient suffi à les sauver.» «Aujourd’hui, a-t-il ajouté, dans certains pays en développement, les dépenses de santé ne dépassent pas quatre dollars par an et par personne, moins que la monnaie que la plupart des habitants des pays industrialisés ont dans leurs poches ou leur porte-monnaie.» «Certains ont considéré que les questions que je posais et que posait mon gouvernement sur le VIH et le sida constituaient une conduite criminelle etgénocidai-re», a rappelé le président «Ce que j’ai entendu signifiait en fait “ne pose pas de questions”.«Mais il me semble que chaque Africain, en bonne santé ou malade, est la proie, à l’intérieur de son corps, de plusieurs ennemis qui inter-agissent de manières différentes», a-t-il ajouté.«Ma conclusion est que nous avons un besoin désespéré et urgent de lancer une guerre sur tous les fronts afin de garantir et d’obtenir pour tous le droit à une bonne santé», a déclaré le président sud-africain avant d’annoncer toute une série de mesures destinées à lutter contre le sida.«Il n’y a aucune hésitation de notre part à affronter le VIH et le sida», a-t-il dit.Le plan présenté ne fait cependant aucune référence à la mise à disposition de l’AZT ou d’autres médicaments, comme la Névirapine.Ces médicaments — réclamés de plus en plus fort en Afrique du Sud — ne sont pas disponibles dans ce pays, alors qu’ils permettraient, s’ils étaient distribués aux femmes enceintes touchées par le virus, d’éviter une bonne partie des contaminations de l’en- S É B AST I E N BLANC AGENCE FRANCE-PRESSE Portadown — Les organisateurs d’une marche orangiste interdite d’accès à un quartier catholique hier à Portadown (sud-ouest de Belfast) ont appelé à de nouvelles manifestations de protestation aujourd’hui, à l’issue d’un défilé marqué par une grande tension mais sans incident notable en fin d’après-midi.Aucun incident n’a assombri la «parade» organisée par l’ordre d’Orange dans ce bastion protestant, largement en raison du très lourd dispositif militaire britannique déployé sur place.Mais les forces de l’ordre redoutaient la suite des événements.Des violences ont en effet éclaté les précédentes fois, en soirée, lorsque l'on a empêché les orangistes de traverser le quartier catholique de Gar-vaghy Road, un passage vécu comme une humiliation par ses résidents.Au centre des «prières» et des discours des «frères et sœurs» de l’Ordre, revenait cette interdiction, qu’ils qualifient d’atteinte fondamentale à leurs droits civils et religieux.Après avoir marché jusqu’à l'église anglicane de Drumcree, pour assister à un office, les centaines de membres de la confrérie arborant les accessoires de l’Ordre d’Orange — parapluie ou canne, étole orange et chapeau melon — se sont massés en face du quartier catholique protégé par des barbelés.Rejoints par quelques milliers de protestants, ils ont eu beau huer les soldats face à eux ainsi que la Commission indépendante des p:irades qui a décidé à nouveau de leur bloquer la route de Garvaghy, la haute barrière d’acier tenue par l’armée britannique est restée infranchie.le chef de la loge d’Orange locale, Harold Gracey, a alors appelé à poursuivre aujourd’hui les manifestations de protestation «d’une manière pacifique» dans tout le pays.Il a également appelé à demi-mots à maintenir une présence sur place, et au moins une centaine de sympathisants ont suivi cette consigne, en dépit d'un appel à rentrer chez eux lancé par l’arche- 13e conférence internationale sur le sida fant par sa mère qui surviennent lors de l’accouchement ou pendant l’allaitement.Le président sud-africain s'est toutefois engagé à «promouvoir l’utilisation des préservatifs», à lutter contre les maladies dites «opportunistes» comme la tuberculose et les maladies sexuellement transmissibles, à «offrir une réponse humaine aux séropositifs et aux malades, ainsi qu 'aux orphelins».Il a également indiqué que son pays contribuerait à l’effort international en cours pour développer un vaccin et participerait aux futurs programmes de recherche sur les antiviraux.La polémique avait rebondi la semaine dernière quand plus de 5000 chercheurs et médecins de très haut niveau lui ont répondu en signant, dans la revue scientifique britannique Nature, une déclaration affirmant : «la preuve que le sida est causé par les virus VIH-1 et VIH-2 est claire, complète et sans ambiguïté, et conforme aux critères les plus élevés de la science».Environ 70 % des 34 millions de personnes infectées par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine, responsable du sida) dans le monde vivent en Afrique sub-saharienne, ainsi que la presque totalité des onze millions d’orphelins du sida.Plus de deux millions de personnes en sont mortes l’an dernier dans cette région.Au Botswana, jusqu’à deux adolescents de 15 ans sur trois peuvent s’attendre à vêque de l’église d’Irlande Robin Eames.M.Gracey a à nouveau refusé de condamner les violences qui ont accompagné pendant toute la semaine les mouvements de protestation contre l’interdiction de défiler, en dépit des reproches que cette attitude lui a valu.La tension a encore été exacerbée par l'explosion la nuit précédente dans une ville voisine d’une voiture piégée, un attentat sans victimes attribué par la police à une dissidence de TIRA, l’«IRA-véritable».Ce groupuscule avait posé une bombe à Omagh, qui, le 15 août 1998, avait tué 29 personnes, la pire atrocité qu’ait connue la province en 30 ans de troubles.«Il ne s'agit pas de dissidents républicains, ils sont tous républicains», a lancé Harold Gracey dans un concert d'applaudissements.Quelques paramilitaires loyalistes étaient également présents côté protestant autour de l’église anglicane de Drumcree, à deux pas du quartier catholique interdit d’accès, certains portant le tee-shirt de la milice paramilitaire des Combattants de la liberté d’Ulster (UFF).Une banderole indiquait «notre cause est juste.Notre position est honorable.Notre protestation est digne».Plus loin, apposée sur la barrière d’acier surmontée de fils barbelés, une affiche assurait: «les pieds orangistes marcheront sur Garvaghy Road».En face, les nationalistes, à part quelques invectives qui ont fusé plus tôt le long d’un rempart de barbelés, sont restés calmes.En milieu d’après-midi, beaucoup de loyalistes ont quitté la scène champêtre de Drumcree, chassés par une soudaine forte pluie.Ils venaient d’entendre un des leurs déclamer les paroles bibliques suivantes: «Soyez forts.Dieu ne vous laissera pas tomber».Le défilé des Orangistes a donné lieu par le passé, notamment en 1996, à de violents affrontements entre protestants loyalistes et catholiques, ce qui a conduit la police à interdire depuis 1998 son passage par Garvaghy Road.Cette année-là, la confrontation n’avait pris fin qu'après la mort de trois enfants catholiques dans un incendie criminel et le choc provoqué dans toute l’Irlande du Nord.décéder du sida.Mais la maladie reste largement perçue comme honteuse, entourée de mythes et de préjugés.D’où le thème retenu cette année: «Rompre le silence».la Conférence a été précédée par une manifestation d’environ 4(XX) personnes pour des traitements moins chers et une action plus efficace des gouvernements.«Nous n’avons pas pris le sida au sérieux», a déploré Winnie Madikizela-Mandela, présidente de la Ligue des femmes du Congrès national africain (ANC).«Cet échec est une trahison de notre lutte pour la justice sociale et l’espoir pour notre société», a poursuivi l’ex-femme de Nelson Mandela.Elle a a|>-pelé le gouvernement à autoriser l’importation de médicaments génériques et la production de traite meats, sans brevet, par l’industrie locale.Environ 10 % des Sud-Africains sont séropositifs, soit 4,2 millions de personnes.Ir gouvernement Mbeki est largement critiqué pour sa lenteur à réagir à la propagation du virus.H refuse notamment de diffuser les multithérapies, jugées trop coûteuses, et de financer un prograim me pour les femmes enceintes, estimant, contre l’avis des experts, les effets secondaires trop dangereux, alors qu’une société allemande a offert dq distribuer gratuitement le traitement dans les pays en développement.Second tour des législatives contestées en Haiti SUSANNAH NESMITH ASSOCIATED PRESS Saint-Marc — Les Haïtiens se sont rendus aux urnes hier pour le second tour d’élections législatives entachées d’irrégularités, dénoncées tant par l’opposition que par bon nombre d’observateurs internationaux.Le parti de l’ancien président Jean-Ber-trand Aristide semble en voie de confirmer une écrasante prise de contrôle du Parlement Ce second tour, après le premier organisé le 19 mai, aurait dû avoir lieu le 25 mai, mais des retards prit été enregistrés dans l’impression des bulletins.A l’issue du premier tour, la Famille Lavalas de «Titide» avait enlevé 16 des 19 sièges en lice sur les 27 du Sénat, ainsi que 26 des 83 sièges de la Chambre des députés: le décompte n’était pas terminé pour 12 sièges, la plupart dans le district de Grand’Anse.Ix* premier tour avait été condamné,par les Nations unies,,l’OEA (Organisation des États américains), les États-Unis, le Canada, la France.Du coup, tous les observateurs internationaux ont refusé de superviser la journée d'hier.«Us élections n’ont pas été justes», déplorait Kiefer Nazaire, 75 ans.Mais le vieux monsieur allait quand même voter Lavalas, faute d'autre option.Quant à l’opposition, elle est écartelée: ses candidats restent en course, mais leurs dirigeants ont appelé au boycottage.La Famille Lavalas est accusée d’avoir mené une vaste politique d'intimidation.Quinze personnes, la plupart de l’opposition, ont trouvé la mort au cours de la campagne.Mais c’est surtout le décompte des voix qui fait l'objet de toutes les controverses, les observateurs estimant que de fausses victoires ont été attribuées d’office à de nombreux candidats lavalas.Les derniers résultats publiés vendredi donnaient aussi au parti d’Aristide 89 des 115 postes de maire en jeu et 321 des 485 conseils ruraux.Le père Aristide, premier président élq démocratiquement en 1990, chassé par un coup d’État en 1991 puis rétabli au pouvoir en 1994 par l’intervention militaire américaine, est le grand favori pour la prochaine présidentielle de novembre.Ces législatives dans un pays privé de Parlement depuis janvier 1999 sont de mauvais augure pour un retour de la démocratie et semblent plutôt tendre vers l’instauration d’un régime de parti unique.L Ordre d’Orange n’a pas dit son dernier mot Les organisateurs de la marche orangiste appellent à de nouvelles manifestations après un défilé tendu à Portadown Au centre des «prières» et des discours, revenait cette interdiction, qu’ils qualifient d’atteinte à leurs droits civils et religieux A 6 LE DE V 0 I R , L E L II X DI 10 J U I L L E T 2 0 0 O EDITORIAL Depuis Oka - 2 La violence ne mène à rien, comme l’a montré la crise de l’été 1990.Les tribunaux ne sont pas une panacée.Les dénonciations sur les tribunes internationales, même si elles embarrassent — mais de moins en moins — les gouvernements, ne favorisent aucun règlement du contentieux ici.Il ne reste que le dialogue et la volonté de mieux vivre ensemble qui puisse conduire à des relations plus fructueuses avec les peuples autochtones.Michel Venne un temps, au Canada, ou il n’était pas ques-‘ JrM-V,.tion de reconnaître un statut aux peuples abori- 9fl| M8» gènes.On avait parqué les Indiens dans des re-9B| mm serves.On a longtemps cherche a les assimiler.Hlli bliiif c*^ul cit's années 1970, Pierre Elliott Tru-deau affirmait que des Canadiens ne peuvent si-¦Bi fljl gner de traites entre eux, même si certains sont îBfl d’origine indienne.Cette époque, où dominait la volonté de nier, d’abolir ou d’assimiler l’Indien est bien sûr révoue.En 1975, les Cris, les Inuits et les Naskapis du Grand Nord québécois signèrent le premier véritable traité moderne entre des peuples autochtones et des États, en l’occurrence le Canada et le Québec.C’était la Convention de la Baie-James dont on mesure mal, 25 ans après sa signature, la portée historique : des États reconnaissaient des peuples au point de signer un traité avec eux.Depuis 1982, la Constitution canadienne confère aux peuples autochtones des droits ancestraux et issus de traités.En 1985 et en 1989, l’Assemblée nationale reconnaissait officiellement la présence sur le territoire du Québec de 11 nations autochtones disposant de droits, notamment celui de se gouverner elles-mêmes.Cette année, le Parlement fédéral a adopté une loi pour mettre en œuvre le traité conclu avec les Nisga’a de Colombie-Britannique qui leur accorde un gouvernement et le contrôle d’un territoire.L’an passé, le Nunavut élisait son premier gouvernement composé d’Inuits.Dans ce paysage, la crise d’Oka de 1990 a l’air d’une anomalie qui eut pour conséquence entre autres de freiner les progrès qui étaient en marche.Il est vrai, par contre, qu’elle a provoqué des prises de conscience dont nous commençons à recueillir les fruits, comme nous le disions samedi dans cette page.Nous en sommes à l’étape de donner un sens politique aux reconnaissances qui furent accordées en 1982 et en 1985.L’heure de la décolonisation intérieure a sonné.Les tribunaux sont allés au bout de leurs compétences pour définir la portée juridique des droits constitutionnels.La partie doit maintenant se poursuivre sur le plan politique où des résistances majeures se font jour toutefois, tant de la part des États que de la part de citoyens qui tardent à accepter le fait qu’au XXL siècle, l’assimilation n’est plus une option pour une société.Le défi tient plutôt dans la reconnaissance des différences.En signant l’Accord Nisga’a, le chef Joe Gosnell affirmait que cette entente, qui donne pourtant des pouvoirs spécifiques à son peuple sur une portion définie du territoire, aura pour conséquence une meilleure intégration des Nisga’a au reste du Canada.Pourquoi?Parce que reconnaître, c’est inclure.Le gouvernement du Québec est en train de conclure un accord similaire, bien que les modalités en soient différentes, avec la majorité des Innus du centre et de l’est du Québec.Des négociations ont mené à dix ententes sectorielles avec les Mohawks de Kanha-wake ces derniers mois.Les discussions vont bon train avec les Micmacs et les Attikamekw.Mais ces ententes ont leurs limites.Pour le moment, elles sont perçues par bien des citoyens comme une façon d’accorder des subventions et des privilèges, notamment des exemptions fiscales, à ceux qui se disent les descendants des premiers peuples.Il est vrai que ces accords sont généreux.Les Innus recevront 340 millions pour leur développement social et économique.Et c’est avec l’argent de la Convention de la Baie-James que les Cris poursuivent le gouvernement et des compagnies forestières devant les tribunaux.Ces compensations financières sont pourtant nécessaires.Elles tiennent lieu de réparations pour des siècles d’ignorance et elles servent à combler le fossé socio-économique qui sépare les autochtones des autres citoyens, un fossé en partie creusé par les politiques ségrégationnistes des gouvernements antérieurs.?Mais il est vrai que ces politiques, qui ont pour but avoué d’améliorer les conditions de vie des autochtones, vont de plus en plus ressembler à de la charité ou à une façon de se donner bonne conscience.Comme l’écrit le géographe et historien Louis-Edmond Hamelin, le spécialiste de la nordicité québécoise, ces ententes tiennent de la logique du bon Samaritain qui déploie des relations interculturelles d’occasion, d’assistance et de parade.Ces ententes, elles n’ont pas conduit jusqu’à présent à un dialogue aussi fructueux que promis.Elles laissent aux tribunaux le soin de trancher encore d’innombrables litiges.C’est que, explique-t-il dans une conférence prononcée au Programme d’études sur le Québec de l’Université McGill (Passer près d’une perdrix sans la voir), l’automne dernier, ces ententes sont commandées davantage par l’économie que par la culture.Le défi, ajoute-t-il, est de passer à un stade supérieur, celui d’une relation interculturelle fondée non pas sur un multiculturalisme de cohabitation mais sur une association faite de partenariats et d’interpénétration.Pour ce faire, la reconnaissance des uns par les autres doit être explicite.Ainsi, dans le débat sur le projet de loi n° 99 sur les droits du peuple du Québec, le gouvernement devrait entendre la voix des nations autochtones qui lui demandent, comme le grand chef cri Ted Moses en nos pages récemment, de reconnaître les nations qui, tout en vivant au Québec, considèrent former des peuples distincts détenteurs de droits.A l’opposé, les autochtones ont aussi du chemin à foire.Le passé ne peut pas être le seul guide de ce rapprochement La culture amérindienne est sans doute enracinée dans les pratiques ancestrales.Mais les Amérindiens sont devenus des êtres métissés.Ils vivent aujourd’hui dans des maisons chauffées et regardent la télévision.Ils ne vont plus à la pêche avec des outils de fortune.Les autochtones sont à la fois membres de leur peuple et concitoyens des Québécois et des Canadiens.Dans une société où leurs peuples sont reconnus, où ils disposent de moyens pour perpétuer leur culture et exercer une autonomie gouvernementale, il ne devraient pas craindre de s’intégrer par ailleurs à la société qui vit à leurs côtés et dont, qu’ils le veuillent ou non, ils font partie, ne serait-ce que parce qu’ils empruntent les mêmes routes, qu’ils se font soigner aux mêmes hôpitaux, qu’ils fréquentent les mêmes écoles.L’isolement dans une vie parallèle n’est pas pour eux une solution, surtout quand leur peuple compte 3000 ou 8000 âmes sur une population de sept millions.En fait elle est impossible et leurs revendications politiques ne peuvent s’en inspirer complètement.Ils doivent envisager une participation plus intense à la communauté politique québécoise et une participation individuelle au financement des services collectifs.L’exemption fiscale devra un jour disparaître pour que l’égalité soit ressentie par tous.Ainsi, par un changement d’attitude de part et d’autre, des liens interculturels plus riches pourront se nouer, dans l’échange et une influence mutuelle dont nous ne pouvons que sortir gagnants.mvenne@Iedevoir.com FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRFIE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET AiliANCfc 4MDi£N*r./ te V.JT/ /> v> PfMAtfpt efj or CHfVAu kM'oÎTf Du droit à l’éducation Je suis profondément attristée par l’aveuglement de certain juge qui souscrit à l’obstination égoïste de gens de la CSEM en suspendant l’application de la loi 111 adoptée à l’unanimité de l’Assemblée nationale.Rappelons-nous que cette commission scolaire refuse de «vendre» au gouvernement du Québec, pour le compte de la CSDM, une école en partie in-occupée, dont les élèves pourraient facilement être relogés dans une autre de ses écoles située à un kilomètre de distance, alors qu’une école francophone voisine, de la CSDM, fait face à un nombre d’élèves inscrits dépassant sa capacité d’accueil de 230 individus.Au-delà de la décision du tribunal, plusieurs éléments soulèvent un questionnement chez moi.Le fait qu’il n’y ait pas e,u d’entente avant les actions du ministre de l’Éducation, ni après, montre à quel point le mode de gestion des ressources éducatives, en plus d’être très lourd, ne profite pas toujours aux enfants.Cette aberration fait aussi ressortir les dissensions entre groupes linguistiques et prouve encore une fois que la minorité anglophone est très bien traitée au Québec.Il est préférable de faire instruire 230 enfants francophones dans des écoles en carton (et d’en amputer beaucoup plus de leur cour d’école où seront érigées ces classes prés fabriquées) que de déplacer quelques enfants LETTRES -?- anglophones dans une école décente!!! Ruth-Élizabeth Lépine La Pocatière, 6 juillet 2000 Moralisme de bon aloi J’ai suivi la campagne au leadership de l’Alliance par l’entremise des journaux, notamment Le Devoir.Même à la Saint-Jean j’ai pris le temps de suivre quelques émissions de RDI.Or, à la télévision comme dans la presse écrite on ne fait pas dans la dentelle quand on veut parler du conservatisme moral de M.Day.Il est vrai que je ne partage pas tout le moralisme de M.Day, mais j’ai du respect pour le courage public de cet homme ainsi que de son sens démocratique.Cet homme dit ce qu’il pense vraiment en même temps qu’il affirme ne pas devoir imposer à sa nation une moralité qu’elle ne partage pas.M.Day sait fort bien clans quelle démocratie il s’insère.Son discours vise concrètement le débat social à visage découvert plus que la législation immédiate.Il a reconnu qu’il devrait recourir à un référendum national s’il devait rétablir la peine de mort ou modifier des lois libérales récentes.À moins d’un revirement inattendu dans la population, ces lois sont donc là pour longtemps.Par ailleurs, il y a des dossiers sur lesquels la population canadienne le suivrait probablement à bonne majorité: le respect par le fédéral des compétences provinciales, la réforme pour un Sénat élu, la limitation du pouvoir de dépenser pour le gouvernement central (une révolution démocratique en soi), le transfert aux provinces des points d’impôt qui jusqu’à présent ont servi à constituer la cagnotte de Ressources Humaines Canada, Patrimoine Canada.etc., toutes ces excroissances d’un fédéralisme centralisateur et uniformisateur.Je me demande donc pourquoi la presse francophone a une peur démesurée de ce quelle nomme la droite.N’y a-t-il pas qu’une droite traditionnelle?Le PLC, muni de sa charte individualiste des droits de la personne et de son libéralisme économique, ne conserve des programmes sociaux que pour garder le pouvoir politique.Il sait que le peuple est plus au centre que lui.Nos partis politiques ont de plus en plus des comportements semblables, des options à nuances variables compte tenu du recours massif aux sondages d’opinion publique.Et cette approche journalistique qui a des liens partiels avec les grandes entreprises de relationnistes engagées dans l’influence de l’opinion publique.Il y a des vedettes de tout acabit dans la politique et dans le journalisme.Il y a un exercice normal de démocratie quand chacun respecte son champ professionnel dans la manière d’apporter sa contribution à la pensée politique.Denis Prescott Montréal, 3 juillet 2000 LIBRE OPINION Plaidoyer pour une école de quartier LE COMITÉ DES PARENTS POUR LA SAUVEGARDE DES ÉCOLES DE QUARTIER (CPSEQ) Ce texte répond à la libre opinion exprimée par Raymond Cloutier, comédien et parent du quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.Cher Raymond Cloutier, Il y a un proverbe africain qui dit que si un couple peut faire un enfant, il fout un village pour l'élever.Autrement dit, ce sont les parents, les citoyens et leurs institutions — bref, le quartier — qui constituent l'école.Pour les enfonts, c'est évidemment l'école de voisinage qui est la composante fondamentale de la formation sociale.Nous croyons fermement que ce principe doit être respecté dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, comme c'est la norme dans l'ensemble du réseau scolaire au Québec.Dans l'opinion que vous émettiez dans ces pages, vous interjiellez directement notre sens de la responsabilité civile et nous accusez de vouloir «préserver les privilèges de quelques-uns».Vous avez raison de titiller notre sens de la culpabilité, nous nous sentons immensément responsables devant nos concitoyens de défendre la norme scolaire avec autant de vigueur et de détermination.Nous aurions absolument préféré que la CSDM respecte le consensus élaboré en octobrp 1999 dans le quartier, par 75 % des parents.A cette époque, vous, comme nous, aviez opté pur l'acquisition de l'école Somerled pur en faire une nouvelle école de quartier et ainsi régler le problème lancinant de surpopulation de nos écoles primaires.Jusqu'au printemps dernier, tous les parents «ordinaires» croyaient donc que leurs comités d'établissements (CE) respectifs travaillaient à mettre en place cette nouvelle école de quartier à Somerled.On nous avait garanti que nos enfants actuellement inscrits aux écoles de quartier (et leurs frères et sœurs) conserveraient leurs droits d’admission et pourraient terminer leur primaire à l'école où ils l'avaient commencé.Ce n'est que le 10 avril, lors d'une soirée d’information.que notre CE a évoqué pour la première fois le transfert des 5e et 6e années à l’école Somerled.Lors de sa réunion du 29 avril, notre CE vote, en catimini, (eh oui, la convocation nous est arrivée le jour même — ou le lendemain — et la tenue de ce vote décisif n'appa- raît pas à l'ordre du jour), la recommandation d'une nouvelle «école de cycle» aux commissaires de la CSDM, qui l'approuvent, le 3 mai.En trois semaines, le sort de nos écoles était décidé, voté, scellé, tambour battant.Nous, les parents ordinaires, sommes encore sous le choc.Nous avons été bernés, tassés, muselés : la décision était unanime, exécutoire et irré-versible.Plus question qu'il y ait des écoles primaires normales dans notre quartier : remplir l'école Somerled était devenu une exigence devant laquelle nous devions tous capituler.Désolés, mais il ne s'agit pas d'une guéguerre, nos enfants ne sont pas des bébelles qu'on déplace et qu'on enrôle de force dans un «projet novateur», dont personne à la CSDM ne nous a fait valoir les fondements pédagogiques.Que pouvions-nous faire?Baisser les bras et se résoudre à voir nos écoles de quartier décapitées de leurs classes de 5e et 6e années?Accepter docilement que nos conseils d'établissements prennent une décision qui chambarde tout le paysage scolaire du quartier, sans respecter le consensus que tous les parents avaient privilégié en octobre dernier?Trouver normal que notre quartier soit sillonné par des autobus scolaires matin et soir pour déplacer des élèves d'une école à l'autre alors que chacun en a une dans sa cour?Cent trente parents «ordinaires» ont pris le taureau par les cornes et ont choisi de se battre pour obliger la CSDM à respecter les droits de tous, y compris les vôtres, qui sont d'inscrire votre enfent à l'école de votre choix.Ils ont mis en commun leurs énergies et se sont regroupés en association, le Comité des parents pour la sauvegarde des écoles de quartier (CPSEQ).Après avoir tenté par tous les moyens (débats publics, lettres ouvertes, rencontres des instances scolaires, plaintes officielles, mise en demeure, etc.) de convaincre la CSDM d’annuler sa décision, ils n'ont d'autre recours que de s'adresser aux tribunaux, selon les règles en vigueur dans notre démocratie.Ce qui divise notre quartier, c'est l'incurie de la CSDM, qui a toléré l'inscription de près de 100 élèves hors-territoire dans nos écoles — tout en sachant pertinemment que celles-ci ne suffisaient pas à la demande du quartier, qui a abrogé sa propre politique d'admission pour remplir au plus vite l'école Somerled alors que tous les délais d'inscription étaient dépassés, qui a fait volte-face sur toutes les assurances qu'elle avait données aux parents «ordinaires», qui a sorti de son chapeau un projet spécial d'école «multimédia» pour l'école Somerled il y a quinze jours alors qu'elle refusait d’accorder une vocation spéciale à la nouvelle école l'automne dernier.Pourquoi tant d'improvisation et de précipitation dans ce dossier?Ça tombe sous le sens commun : une nouvelle école dans le quartier devra, à terme, s'adresser d'abord à la clientèle avoisinante.Dans nos rues, nos enfants ont des amis qui fréquentent l'école anglaise, l'école privée, l'école alternative.Ils les ont connus à la garderie ou en jouant dans la ruelle, en fréquentant la piscine, le club de baseball ou de soccer, dans tout le quartier Notre-Dame-de-Grâce.Au nom de quelle logique des parents près d'une nouvelle école refuseraient-ils en bloc d'y inscrire leurs enfants?Pourquoi la CSDM n'a-t-elle fait aucune démarche pour promouvoir une nouvelle école de quartier, dans le respect de la volonté exprimée par tous les parents de Notre-Dame-de-Grâce l'automne dernier?Le problème de surpopulation de nos écoles n'est pas né hier et il ne se résoudra pas de main.L'injonction que nous demandons risque de perturber la rentrée scolaire, nous en sommes tout à fait conscients.Acceptons ce risque ensemble Monsieur Cloutier, et cessez d'agiter le spectre d'un septembre catastrophique pour nous faire taire.Vous avez choisi de vous ranger à la décision de la CSDM de créer des écoles de cycle dans le quartier, nous avons décidé de la contester, de nous tenir debout, de résister à la pression et au chantage.Nous sommes, tout comme vous, très inquiets du bien-être de nos enfants.Nous croyons cependant que notre commission scolaire est tout à fait capable de gérer ce dossier sans nous passer un sapin.Les membres fondateurs du CPSEQ: Cécile Baird, Christine Beaubien, André Beaudoin, Louis Beauregard, Éric Bérubé, Nathalie Bilodeau, Gabriel Bodson, Sophia Boies, Sylvie Boisvert, Kevin Copps, Pierre Cassette, Alexandre Cvetkovic, Bertrand Desjardins, Michel Dupé, Daniel Gagnon, Allan Joli-Coeur, Édith Krieber, Nicole Lachance, Rita Londei, Patrick Martin, Marc Plantin, Sylvie Roy Betty-Anne Roy, Diane Roy, Édith Schmitz, John Short ail, Anne Thériault.86 I.K I) K V O I K .L K L T X I) I 0 .1 lî I I.L E T 2 0 0 (» A I D EE S Enseigner à 800 élèves différents ?Non merci ! Le futur programme de religion à l’école secondaire relève de l’utopie NANCY BOUCHARD Professeure de sciences religieuses à l’UQAM Assemblée nationale a adopté la loi 118 sur la place de la religion à l’école.Au préalable, le ministre de l’Education, François Legault, avait dévoilé ses orientations avec la publication d'un document ayant pour titre charmeur: Une réponse à la diversité des attentes morales et religieuses.De main de maître, le document présente des orientations nouvelles qui tendent vers une plus grande ouverture au pluralisme tout en reconnaissant les racines judéo-chrétiennes de notre société québécoise.Le ministre propose une formule souple à adapter en fonction des attentes et des besoins des milieux au premier cycle du secondaire: ou bien on conserve le régime d'option actuel entre l'enseignement moral et l’enseignement religieux confessionnel, ou bien on offre le choix à T’élève entre l’enseignement moral et un programme local d’éthique et de culture religieuse ou à caractère œcuménique sur les traditions chrétiennes.Au second cycle du secondaire, l’option disparaît au profit d’un seul cours d’éthique et de culture religieuse où «les élèves seront rassemblés dans une recherche et une réflexion communes sur les attitudes éthiques ainsi que sur les diverses options spirituelles, religieuses et humanistes qui ont marqué et marquent encore aujourd'hui l’histoire des civilisations».Un temps d’enseignement dérisoire! Pour qu’un tel projet se concrétise, l’élaboration des programmes et la formation des enseignants sont des aspects auxquels il faudra sans aucun doute prêter une attention particulière.Mais d’emblée, l’aspect qui m’apparaît jeter une ombre au tableau, au point même de rendre le projet impraticable, est le temps d’enseignement accordé à ces disciplines.En effet, dans la proposition faite, le temps d’enseignement en religion et en morale est tellement réduit qu’il devient irréaliste de l’estimer viable.Le calcul est simple.N’importe quel enseignant du secondaire vous répondra d’emblée et à juste titre: 800 élèves, non merci! Dans la presque totalité des écoles secondaires actuelles où il m’a été donné de superviser des stagiaires, les enseignants en enseignement religieux et en enseignement moral ont également à leur tâche le cours de formation personnelle et sociale (EPS).Avec cette autre discipline, les enseignants rencontrent leurs élèves à raison de quatre périodes de 75 minutes sur un horaire de neuf jours.Donc, près d’une journée sur deux.Pour éviter de morceler leur enseignement à en perdre les élèves, ils concentrent les modules.Par exemple, ils ne donnent que de l’enseignement religieux pendant un mois pour ensuite ne donner que de la EPS le mois suivant.Et ainsi de suite.Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un tel aménagement ne sera plus possible dans un avenir rapproché puisque la dernière réforme curriculaire de 1997 a aboli le cours de FI’S.Ainsi, graduellement, le cours est en train de disparaître de la grille-horaire.Dans certaines écoles, la chose est même déjà faite.Tous les enseignants en enseignement religieux et moral devraient donc passer d’ici peu de six groupes à douze groupes d’élèves, de 200 à 400 élèves environ, si cela n’est pas déjà chose faite.A 400 élèves, comment assumer la correction de travaux?Comment offrir un enseignement qui rejoigne l’élève?Comment même retenir le nom des élèves?C’est à bout de souffle que des enseignants qui sont dans cette situation y parviennent.Mais le cauchemar de ces enseignants ne s'arrête pas là.Voilà qu’on propose, dans les nouvelles orientations du ministre, de réduire encore de moitié leur temps d’enseignement.Avec une unité en éthique et culture religieuse au’deuxième cycle du secondaire, l’enseignant pourrait avoir 24 groupes et, donc, 800 élèves! Elèves qu’il ne verrait qu’à raison de deux pé- riodes de 75 minutes par mois environ.Et le cours devrait «partir du questionnement existentiel des jeunes et répondre aux besoins fondamentaux de leur âge».Dans de telles conditions d’exercice, même avec les élèves les plus réceptifs du monde, un tel programme ne peut que relever de l’utopie.Et l’élève?L’enseignant ne sera pour lui qu'une légère brise, un inconnu.Pourquoi lui ferait-il confiance pour engager un dialogue sur les enjeux éthiques de notre temps ou encore sur des sujets «ussi délicats que ceux qui traitent de la religion?De toute manière, il y a de fortes chances qu’il aura déjà oublié le cours précédent.Dans un tel contexte, même l’autorité professorale sera presque impossible.Alors, pour ce qui est de l’autorité morale.On pourrait répondre à cela qu’il s’agit de confier à un enseignant d’une autre discipline (histoire, français ou autre) la responsabilité de cet enseignement.Imaginons le décor.En plus d’être compétent en histoire ou en français, le même enseignant devrait également connaître les grandes traditions religieuses et les manifestations actuelles du religieux, les courants de pensée séculière, les théories du développement moral et les différentes approches qui en découlent, et j’en passe.On en conviendra aisément, quelques cours ne sauraient le rendre compétent dans un aussi vaste champ de connaissances.Le spécialiste en enseignement religieux et en enseignement moral doit donc demeurer.Dans un tel contexte, même P Réplique à Mathieu Bock-Côté Assez, la guimauve nationaliste! CLAUDE D O STI E JB Etudiant en sciences sociales à l’Université de Sherbrooke ar cette lettre, je m’élève contre l’envolée so-cio-historico-politico-poétique de Mathieu Bock-Côté (U Devoir du 29 juin dernier).Son texte m’a fait penser à une horrible murale, un collage de mots usés à la corde parce qu’insignifiants.Je n’en peux plus (déjà) de ces sursauts patriotiques, de ces murmures nationalistes et de cette pensée quçbéco-québécoise.Ecoutons l’instant d’une ligne ou deux M.Bock-Côté: «nation québécoise, identité historique, nécessité politique, peuple québécois, etc.».Pardonnez mon terre-à-terrisme, mais ces mots ne veulent rien dire.Et c’est particulièrement ce qui m’irrite, le manque de sens.Le vide incroyable qu’est devenu le nationalisme québécois.Qu’est-ce donc qu'une identité historique?Est-ce comme.attendez.une personnalité impériale, un bouquin infini, une fleur qui m’aime?En fait, ledit mot, une fois brûlé, ferait de la bien belle fumée.Il en fait déjà?Vous ne la sentez pas, d’ailleurs?Vous savez, le nationalisme n’est pas mort, mais il sent un peu drôle.Une odeur de mots consumés à perte; presque des émanations polluantes.Un autre exemple de ces petits feux de joie, c’est l’expression «nécessité politique».Bon sang! S’il y a quelque chose qui n’est pas politique, c’est bien la nécessité! Mais M.Bock-Côté ne s’arrête pas là.Il dénonce, en louvoyant, la «stricte orthodoxie libérale ne reconnaissant que les droits individuels».Lui, il préfère sans nul doute les droits collectifs.Mais pour en faire quoi?Les droits collectifs sont justement un principe (strict, orthodoxe, peu importe) libéral.Mais bien sûr, Rousseau ne citait pas, à l’instar des nationalistes de seconde main en poste à Québec (vous savez, ceux qui défendent l’idée d’un Technodôme, un beau feu d’artifice, wow!), la Charte des Nations unies.Quelle évidence c'était, pour lui, qu’une collectivité faisait le droit.Une autre des perles de M.Bock-Côté, Le Devoir lui a fait l’honneur et nous a fait l’affront de la mettre en exergue: «Le Canada que reconnaissait Meech ne correspondait plus à l’image que les Canadiens se faisaient eu^c-mémes de leur pays.» Mais où donc a-t-il pigé ça?Etudier en philosophie ne saurait excuser ce manque de rigueur.Qu'il nous dise donc: a-t-il allongé «les Canadiens» sur un divan pour leur soutirer cette confidence?Je dois dire que je préférerais quelques mironneries sur l’indépendance à de telles analyses de la psyché canadienne.Il y a longtemps, le nationalisme était une fierté.Il a été un cri explosif il n’y a pas si longtemps, puis il a été espoir.Il n’est plus que guimauve.Et quand c’est la jeunesse qui nous la grille sur un beau feu de propagande, elle me semble encore plus indigeste.T Morale et citoyenneté Mais pour cela, il est impératif de conserver le temps d’enseignement de deux périodes sur neuf jours.Qui plus est, si l’on veut que cet enseignement soit vraiment valable, le temps d’enseignement devrait plutôt être augmenté d’une unité, soit à trois périodes de 75 minutes sur neuf jours.Où récupérer l’unité manquante?Celle de l’éducation à Réplique à Geneviève Caillé l’autorité professorale sera presque impossible.Alors, pour ce qui est de l’autorité morale.la citoyenneté apparaît un bon choix.Dans la dernière réforme du curriculum, l’enseignement religieux et l'enseignement moral ont été classés dans le domaine très restreint du développement personnel.Quant à l’éducation à la citoyenneté, elle s’est ajoutée dans le domaine de l’univers social, avec l'histoire Et pourquoi pas avec l’enseignement moral et religieux?Il appartient à l'école tout entière de former à une citoyenneté responsable, mais renseignement moral et religieux doit être un temps d’enseignement à privilégier dans l’atteinte d’un tel objectif.Ces cours ne peuvent se limiter au domaine du développement personnel.I.e débat actuel à propos de l’éducation à la citoyenneté en France démontre également l'importance de valoriser plutôt ce qui correspond chez nous à un enseignement moral à l’école.Un extrait de l’ouvrage de Maria Pagoni-Andréani, intitulé Le Développement socio-moral - Des théories à l'éducation civique, illustre bien ce qui est aujourd'hui attendu de l’éducation à la citoyenneté en contexte français: une réponse à la crise des valeurs et à l’augmentation des phénomènes de violence et de délinquance, à l’intérieur et à l’extérieur de l’école: «[.] le point commun entre les objectifs de l’éducation morale et ceux de l’éducation à la citoyenneté se situe dans la convergence entre deux attitudes sociales mais complémentaires: 1-l’autonomie du jugement et de l’activité, qui implique la différenciation entre le point de vue moral et le point de vue légal, et, de ce fait, le développement de l'esprit critique et de la responsabilité personnelle; 2- la coopération sociale, qui implique l’investissement personnel dans la vie publique, la sensibilisation par rapport aux problèmes de la collectivité, la volonté et la capacité d'écoute et de communication.» Dans cette vision renouvelée, l’éducation à la citoyenneté est étroitement liée à l’éducation morale.Il n’y a donc pas lieu de les séparer.Nouveaux pères, céramique, barbecue et compagnie.j JEAN-PIERRE REGNAULT Rock Forest e suis un ancien «nouveau père» qu’a laissé bien perplexe la lettre de Geneviève Caillé, qui ne fait pas toujours dans la nuance {Le Devoir, 21 juin).Je trouve pour ma part que l’on ne parle pas assez, ou que l’on ne laisse pas assez de place, à ces hommes, même s’ils sont encore trop minoritaires (je suis le premier à en convenir), qui prennent part d’égal à égal, ou parfois plus, à l’éducation de leurs jeunes enfants.Comme si d’aucun-e trouvait son compte à constater que les choses continuent de ne pas changer (les vieux discours sont confortables, comme les vieilles pantoufles).Je ne pense pas avoir été le seul homme, et loin de là, à m'être occupé de mes enfants quand ils étaient bébés.Soit, j’en conviens aussi, il n’y a rien d’intéressant à changer une, cent ou mille couches, et le plaisir ne croît pas avec l’usage, mais je crois par contre que c’est à travers ces gestes indispensables quotidiennement répétés que commencent à se tisser d’indéfectibles liens.Je ne pense pas non plus, et loin de là, être le seul homme à prendre part aux tâches ménagères, domestiques, horticoles ou autres, les unes avec plaisir, les autres non.Ce n’est pas moi qui chercherais à convaincre Mme Caillé de la beauté de faire reluire de la céramique.Cela fait partie des choses dont il faut bien s’acquitter de temps en temps, sans plus.Et des choses qui se discutent, et se rediscutent ou se négocient (ou qui devraient se discuter): lavage, repassage, marché, devoirs, soins et loisirs des enfants, déneigement, désherbage où tondeuse à gazon, pas seulement en fonction du seul critère de l’intérêt: habiletés «naturelles» ou acquises, force ou résistance physique, disponibilité, etc.Et la moutarde me monte au nez quand je lis que pour les hommes, la cuisine se limite au barbecue, l’été, quand il fait bon vivre et que rien ne presse.Cela est-il toujours si vrai, n’en déplaise aux invités de Claire Lamarche, pour en faire une vérité sociologique?Il y a aussi des hommes qui font la cuisine l’hiver, qui préparent des boîtes à lunch et des enfants qui demandent: «Papa, qu’est-ce qu’on mange ce soir?».Je crois qu’il y aura de plus en plus de ces hommes-là, à moins que, de plus en plus souvent, ils n’aillent au restaurant avec leurs compagnes, après avoir récupéré leurs enfants à la garderie.Je ne suis pas un «homme rose» et je refuse d’ètre qualifié de tel.Je n’ai fait que ce que je croyais qu’il fallait faire; j’ai suivi la voie que l’on m’avait montrée quand j'étais moi-même enfant et adolescent.Par la suite, j’ai transmis à mes garçons une part des valeurs que m’avaient transmises nies parents.Mes garçons savent, entre autres, passer l’aspirateur, laver et repasser leur linge et faire la cuisine.Entendez: préparer les marinades des viandes que leurs compagnes mettront peut-être au barbecue, et réaliser bien d’autres recettes.quitte à téléphoner à papa (je vous jure, c’est la vérité J • ARCHIVES LE DEVOIR Même s’ils ne sont pas encore majoritaires, de plus en plus de pères prennent une part active à l’éducation de leurs enfants.vraie.) ou faire leur part des tâches ménagères.Je ne doute pas un seul instant que ces garçons sauront à leur tour être bons pères et responsables de leur progéniture.Quant à moi, je retiens de toutes ces années, entre vingtaine et cinquantaine, que l'on ne naît pas père mais qu’on le devient au fil du temps.Comme pour beaucoup d’autres choses, il faut le vouloir.Il faut dire et redire que cela s’apprend et que cela s’apprend jeune, principalement par l’exemple de nos parents.Mais quand je pense à ces femmes qui hésitent à montrer à leurs garçons à faire la cuisine de peur qu’ils ne deviennent pas dé «vrais hommes» ou à celles qui refusent plus ou moins subtilement que leurs compagnons s’occupent de leurs enfants nouveau-nés, je me dis que la bêtise, l’égoïsme et le désintérêt ne sont peut-être pas si inégalement répartis que l’on pourrait le penser au premier abord et qu’il ne faudrait peut-être pas je-.ter l’homme avec l’eau du bain.Si les hommes qui vous entourent n’ont pas compris que «l’égalité et non l’intérêt constitue le principe de la division des tâches domestiques et des responsabilités face à leurs enfants» — quant à moi, j’aurais préféré que l’on parlât plutôt d’équité que d'égalité —, laissez-les donc tomber.I^es hommes «nouveaux» ne sont pas tous mariés.A vous de les trouver et de leur dire ce que vous attendez d’eux et ce qu’ils ne pourront pas attendre de vous.C’est bien connu, ils se bonifieront en vieillissant, comme leurs compagnes, pourvu que l’un et l’autre sachent faire preuve d’ouverture d’esprit et de respect.Quant à moi, je cours me chercher un barbecue car je viens de réaliser que cela fait 30 ans que je fais la cuisine sans ce viril accessoire.L’été 2000 est bien avancé et les premiers soldes sont en vue.Et je m’engage solennellement à en nettoyer les grilles après chaque usage.L’ÉQUIPE DU DEVOIR ’ LA RÉDACTION Journalistrs à l’information générale et métropolitaine : (iérald DaDaire {adjoint au directeur de l'infirmation), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (aie urbaine), Marie-Andrée Chouinard {éducation) Yves d’Avignon (sports)-, l’aule des Rivières (éditorialiste).Jean Dion, louis-Cilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, l^ouise I>educ, Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé): Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)] Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs)', Jacques (irenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (litres).Odile Tremblay (cinéma), Clément Trudel (musique) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Hélène Baril, C laude Icvesque, François Normand, Claude Turcotte; è l’information internationale : Jean-I*ierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : Pierre O’Neill, Hélène Buzzetti, Manon Comellicr (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Putrisac (correspondants parlementaires à Québec)-, Marie-Hélène .Marie (secrétaire à la rédaction) ; Ix>uise-Maude Rioux Soucy, Marie-Claude Petit (commis).Iti documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome.Serge Laplantè (Çirééec),Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril.Jean de Billy.Manon Bouchard.Gyslaine Côté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Philippe Gagné, Christiane legault, Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Chantal Rainville, Micheline Ruelland, (publicitaires), Manon Blanchette, Sylvie Importe, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Yankrk Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laperrière, Nathalie Perrier, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).U LE DEVOIR ACTUALITES EN BREF Explosion dans une usine de Chrysler (PC) — Cinq travailleurs de l’usine d’assemblage Bra-malea de Chrysler à Brampton, en Ontario, ont été blessés hier lors d’une explosion dans l’atelier de peinture, vers 13 h 30.Plus de 200 travailleurs se trouvaient quand même sur les lieux au moment de l’acci-dentSelon l’agent Wendy Sims, de la police, une conduite de solvant dans l’atelier de peinture s’est rompue mais on ignorait hier soir s’il s’agit de la cause ou des effets de l’explosion.Les pompiers avaient maîtrisé hier soir les flammes et les émanations toxiques.TEMPS SUITE DE LA PAGE 1 est un leurre, c’est la lumière d’une luciole, la résistance d’un papillon.Voilà le vertige originel, la grande peur de la conscience en face de ce qu’elle risque de découvrir quand elle se met en frais de réfléchir.La conscience du temps est une révélation terrible.Nous ne sommes pas équipés pour l’infini.S’il est dit que le temps arrange tout, c’est que le temps efface.C’est une gomme à huit tranchants, en forme de diamant, qui vient à bout de toutes les images.Le temps nous nuisait, nous l’avons tué.Magiciens, nous avons fait en sorte que le temps s'efface lui-même.Oui, l’espérance de vie augmente, mais à trente ans, tu ne seras déjà plus dans le courant des choses.Il faut que l’arbre soit déjà gros une fois planté.Tout ce qui prend du temps est sorti du programme.La lenteur est un péché.Nous sommes faits comme des tortues et nous vivons comme des fosées.La fosée est si lisse, la tortue à ridée.Il nous faut effacer toutes les traces du temps, il ne faut pas que les signes du temps apparaissent sur nos visages, notre peau, il est devenu malsain de s’éterniser.Rus rien n’a le temps de devenir.Jadis, dans des temps très anciens, quand j’étais jeune en 1955, je n’aurais jamais cru que nous avions une note écrite derrière la tête : «Meilleur avant 35 ans».Nul ne s’affine de nos jours, tout surit Car la durée n’a plus la cote.Le problème est de taille, il est, je crois, philosophique.Mais encore, que ferions-nous de la philosophie dans un monde qui est sans être devenu, dans un décor monté tout juste bon pour la minute présente ?Seuls les jeunes y tiennent bien leur rôle, puisque de toutes les époques les jeunes n’ont jamais su que le temps passait.La jeunesse ne sera jamais surprise.Elle sera déçue, un jour peut-être, mais elle ne sera jamais surprise.Le temps qui passe est l’affaire de ceux qui durent et la disparition de la durée affecte exclusivement les êtres qui témoignent de durée.Ce n’est la faute de personne.C’est la faute du temps.Notre société n’a plus la sensibilité de la longue durée, elle coupe des arbres centenaires sans même le remarquer.Elle ne fait plus dans le témoignage, elle est indifférente au temps.Nous portons nos longévités comme des fautes, des fardeaux et des nuisances.Nous avons tout mis dans le panier de l’instant et nous sommes absolument démunis dans l’intervalle.Nous gaspillons du monde à la po-chetée, nous fuyons les temps morts, nous sommes minutés.Les uns diront que c’est un problème de gestion et ils feront la promotion du temps géré.Les autres crient à l’indigestion et ceux-là se plaindront de nausées.C’est bien maudit de mépriser le temps et de l’accuser de tous les maux.Il pourrait se vexer, pire, il pourrait devenir mauvais, il pourrait finalement s’éloigner.Et nous verrions alors c’est ce que c’est, manquer de temps pour vrai.Comme nos ordinateurs, nous pourrions geler.Incapables de redémarrer.Cette chronique est le fruit d’une collaboration entre Le Devoir et la première chaîne de Radio-Canada.Serge Bouchard lit son texte tous les dimanches soirs à l'émission Les Chemins de travers de 20 à 23 heures, au 95,1 FM à Montréal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Race-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt Devoir e*t publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siè^e social rat «tué au 2050, rue De Bleury.V étage.Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Mraaageries Dynamiques, division du (troupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 085H.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.OKA SUITE DE LA PAGE 1 coroner Gilbert a repris le collier, le temps d’expliquer à nouveau ce qui l’a conduit à accepter d’enquêter sur ces événements bouillants.«Le gouvernement profitait de sa nouvelle loi pour me faire enquêter sur les circonstances entourant la mort du caporal Marcel Lemay.Ce faisant, il se dégageait de la responsabilité défaire une enquête publique», indique-t-il.Et la tâche ne fut pas facile.Guy Gilbert a été mandaté par Claude Ryan au printemps 1991.À peine avait-il entamé son travail que la Cour supérieure suspendait l’enquête de septembre 1991 à août 1992 pour ne pas nuire aux Mohawks faisant l’objet de poursuites criminelles à la suite de la Crise d’Oka.Malgré les contretemps et surtout malgré les tentatives de la SQ pour nuire à ses recherches, le coroner a remis un document de 460 pages le 21 juillet 1995.Un rapport qui n’est pas tendre à l’égard de la SQ et des gouvernements fédéral et provincial.Guy Gilbert a siégé 125 jours.Il a entendu 120 témoins et examiné près de 400 documents et rapports.«Au départ, le message que donnait la SQ est que l’intervention à Kanesatake n’allait pas être une grosse affaire.On pensait que les policiers entreraient, feraient me sainte peur aux Mohawks et qu’ils se rendraient tout de suite.On prévoyait vraiment entrer vers 5h30 dans la barricade et ressortir vers 8h avec trois ou quatre gars dans le panier à salade», explique Guy Gilbert avec le sourire.Il tourne les pages de son rapport et semble encore une fois découragé par le manque de jugement des forces de l’ordre.«La SQ savait que les Mohawks avaient des armes, qu’ils possédaient des fusils.Mais elle n'avait aucune espèce d’idée de combien de personne il faudrait disposer, ni si ces personnes allaient tirer», reprend l’ex-coroner.Selon lui, les officiers provinciaux ont manqué de professionnalisme de façon manifeste, ce qui a conduit directement à la fusillade et à la mort du caporal Lemay.SUITE DE LA PAGE 1 premier ministre a ajouté dans son communiqué vouloir «continuer à défendre les intérêts et la sécurité d’Israël dans les négociations».Il a ensuite réaffirmé cet engagement lors d’une allocution télévisée à la nation dimanche soir.«Aucun de ces champions du refus ne va m’apprendre à défendre Israël et son avenir!», a tonné M.Barak, qui en a appelé directement au peuple, un an après son élection.«Personne ne va m’apprendre ce qu’est la sécurité», a martelé le premier ministre.«Je dais me distancier de toutes les controverses politiques et des considérations de partis pour trouver un chemin vers la paix qui mettra fin au conflit de sang entre nous et nos voisins», a-t-il ajouté.De nouvelles difficultés attendent aujourd’hui M.Barak, avec trois motions de censure déposées à la Knesset.Si une seule devait recueillir 61 voix, le gouvernement chuterait.Mais les analystes n’y croient pas, alors que le Shas lui-même disait n’avoir rien encore décidé quant à son vote.Confirmant son retrait fracassant lors d'une conférence de presse, le chef du Shas, Eli Ishai, avait exprimé ses craintes de voir Éhoud Barak faire de douloureuses concessions aux Palestiniens, et ce, sans mandat populaire et sans que des «lignes rouges» précises n’aient été fixées comme limites infranchissables à ces concessions.«Ce processus est très important pour nous et nous souhaitons être d’authentiques partenaires en chemin», a déclaré le chef de file des ultra-orthodoxes séfarades, coutumier des chantages à la démission du gouvernement.«Mais nous avons besoin de connaître ce chemin.Nous ne connaissons pas le chemin.» «J’appelle le premier ministre à vérifier ce qui est vraiment en train de se passer dans le pays, afin qu’il puisse ramener un accord acceptable pour le peuple», a-t-il ajouté.Toutefois, a-t-il souligné, si Éhoud Barak revient de Camp David avec un accord qui «apporte SUITE DE LA PAGE 1 Pour ce qui est de l’improvisation homéopathique nous avons eu droit, par exemple, à celle livrée par le pianiste suédois Bobo Stenson.\jà relecture et l’improvisation douce ont ceci de vertueux, pour ses producteurs et programmeurs, qu’elles tranquillisent, elles sécurisent.Leurs présences de plus en plus prononcées sur les scènes du festival comme sur les étagères des disquaires ont ceci d’insidieux que peu à peu elles nous obligent à faire l’économie du questionnement.Faute de nous ébranler, nous secouer, ce jazz tout blanc et de plus en plus européen, ce jazz froid, ce jazz de musée, est en train de dilapider l’héritage de Charles Mingus.A quoi sert-il de lire la relecture de Chet Baker par Rava ou la énième relecture de Monk, ou encore à quoi sert-il de payer 20 $ et des poussières, pour un album Blue Note, afin d’entendre les thèmes composés par Charlie Parker et Tadd Dameron revus et mal corrigés par Joe Lovano.Ini était plus passionnant lorsqu’il prenait le risque d’enregistrer live ses thèmes dans l’enceinte du Village Vanguard.Rava est plus intéressant lorsqu’il «jazze» la Carmen de Bizet.Bref, ils sont plus captivants lorsqu’ils sont eux-mêmes de la même façon que Monk était captivant parce qu’il était lui-même.Cet impérialisme du clonage le plus stupide qui soit découle pour l’essentiel de considérations strictement commerciales.L’origine en est notamment cette étude effectuée, à la demande des barons de l’industrie, par une grande banque d’affaires de Wall Street au milieu des années 90.Les conclusions de celled eurent un impact très inarqué sur l’industrie musicale.En résumé, l’étude indiquait que le consommateur type commençait à acquérir des albums vers l’âge de 16 ans.Entre cet âge et celui de la trentaine, il est dans ce qu’on appelle le rock-pop-hip-hop-techno.Après, il est fidèle.C'est-à-dire qu’il n s’intéresse presque exclusivement qu’aux artistes qu’il a découverts et appréciés avant l’amorce de la trentaina.Vers les 35 ans, il est à la croisée, pour ainsi dire, des chemins: soit il va vers le classique, soit vers le jazz.Vieillissement de la population oblige, on conseillait aux bonzes de l’industrie de proposer un jazz pas trop Dans son rapport, l’ex-coroner fait cependant porter la responsabilité aux autorités gouvernementales.«Isolée dans son geste, la Sûreté du Québec a pris sur elle-même de résoudre la question sociale qui se posait à Oka, une confrontation entre autochtones et une municipalité, une situation juridique complexe, un dossier d’un cadre historique de plus de 250 ans.A elle seule, la Sûreté du Québec ne disposait pas de tout l’éclairage nécessaire pour une décision sage en de telles circonstances.Seule aurait pu suppléer à une telle carence une réflexion collégiale et polyvalente.» Guy Gilbert parle ici d’un comité de crise formé de plusieurs professionnels chargés d’analyser tous les éléments d’un problème avant de le résoudre.Un système qui n'existait pas à l’époque.«Si bien gouverner c’est prévoir, c’est aussi savoir.Or, il est des situations où l’on ne peut savoir qu’en consultant», relit tout haut M' Gilbert.«Au fonds, ce qui prévalait à Oka n’était pas un problème criminel mais m problème social, souligne-t-il.Le fait qu’il y ait des barricades et des armes créait de l’inquiétude dans la population, mais la police surveillait.Elle avait d’ailleurs augmenté son nombre de patrouilles dans le secteur.» Et que dire du travail du premier ministre du Québec de l’époque, Robert Bourassa?Le Québec a vu les forces armées intervenir deux fois sur son territoire depuis 1970 et le^ deux fois, le chef libéral était aux commandes de l’État «Bourassa était un faible.À mon point de vue, et c’est personnel, il n ’avait pas plus déraison de demander à Trudeau d’intervenir en 1970que de demander l’intervention de l’armée en 1990 à Oka.Les Québécois n’avaient pas de gouvernement.La police a été laissée à elle-même et elle n’avait ni l’équipement ni le personnel ni la préparation professionnelle nécessaire pour faire face à ce genre de situation.» Guy Gilbert avoue que si des circonstances semblables à celles de Kanesatake se reproduisaient aujourd’hui, la situation pourrait encore une fois dégénérer si «nous ne sommes pas mieux outillés pour gérer les crises».la sécurité au peuple d’Israël, nous soutiendrons cet accord même si notfs ne sommes plus dans la coalition».La position d’Éhoud Barak devient donc encore un peu plus précaire à un moment crucial et met sérieusement en cause sa capacité à trouver à un consensus sur la pane avec les Palestiniens.Reste qu’il peut toujours gouverner en étant minoritaire à la Knesset avec des alliances de circonstance et notamment avec l’appoint des dix députés arabes et des partis «colombes» pour ce qui est du processus de paix.L’annonce du Shas intervient quelques heures après la démission de Nathan Sharansky de son poste de ministre de l’Intérieur et le retrait de son parti Israël B’Aliya (droite) de la coalition.L’ancien dissident soviétique a lui aussi dénoncé l’absence de «lignes rouges» satisfaisantes.«J’ai tout tenté pour influer de l’intérieur sur le processus», a-t-il déclaré.«Maintenant je quitte le gouvernement et j’agirai de l’extérieur.» Il fait suite aussi à la décision du ministre des Affaires étrangères David Lévy de boycottçr le sommet de Camp David qui doit réunir demain Éhoud Barak et le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat sous l’égide de Bill Clinton.Enfin, un dernier partenaire important de la coalition, le Parti national religieux (PNR, cinq sièges), représentant les colons juifs de Cisjordanie, avait fait part dès l’annonce du sommet de son intention de quitter le gouvernement, et l’a confirmé hier: son chef, le ministre du Ingement Yitzhak Lévy, devait démissionner aujourd’hui.Techniquement, d’après la législation israélienne, une telle démission est effective 48 heures après sa remise officielle.Mais, cette fois, les chances d’E-houd Barak de faire revenir le Shas sur sa décision apparaissaient limitées dans la mesure où le premier ministre devait s’envoler dès ce matin à destination des États-Unis.fardé de reliefs passionnés.Mettons que, symboliquement causant, on suggérait de mettre davantage l’accent sur un Harry Connick Jr que sur un Lester Bowie.Il faut dire que le premier a l’avantage d’être blanc et de chanter du Frank Sinatra alors que le deuxième a l’inconvénient d’avoir été noir, d’avoir gueulé sa juste révolte, oralement et musicalement, provoquée par l'Apartheid ou la situation réservée aux Noirs américains.Qui plus est, on ne le rappellera jamais assez, un Connick J’ou encore l’insipide Holly Cole ont ceci de très payant que pour les brasseries, constructeurs automobiles et autres marchands du temple qui envahissent tous les festivals de la terre, ils sont plus faciles à '¦marketer”.Rus faciles à vendre, il est vrai, qu’un Arthur Blythe, un Steve Coleman ou un John Zorn.Ici, cette année, on est allé jusqu’à mettre Johanne Blouin au programme.Contrairement à la situation qui prévalait il y a vingt ou trente ans, le jazz est de moins en moins le fait d’étiquettes indépendantes.Certes, il en existe mais aucune d’entre elles n’a l’importance qu’avaient les Prestige, Riverside, Verve, Impulse, Blue Note, Contemporary etc.Toutes ces étiquettes, soit dit en passant sont arrimées aux grands conglomérats culturels qpe sont les AOL-Time, Warner ou Vivendi-Universal.A lui seul, ce dernier est propriétaire des catalogues Verve, Impulse, Riverside, Prestige, Contemporary, Chess et on en oublie.Autrement dit, par la force de frappe inhérente à leurs poids ces conglomérats sont en mesure d’imposer plus que jamais leur desiderata aux programmeurs.Du festival de Montréal comme de ceux d’Europe.C’est une lapalissade de le dire et de le répéter mais tout ce qui compte désormais, c’est le rendement.Au-delà de 15 % pour être exact De tout cela, il ne faudrait pas en conclure que le jazz se meurt.11 n’est plus ce qu’il était, il est autre chose.Il est riche, très riche des emprunts qu’il fait à d’autres univers musicaux.Pour s’en rendre compte, il suffit d'écouter David Murray, Randy Weston, Arthur Blythe, Craig Tabhorn.Roscoe Mitchell, Lounge Lizards, William Parker, Cecil Mc-Bee, Reggie Workman, Harold Mabern, Mal Waldron, Steve Bernstein.Il suffirait de les écouter et surtout de les programmer.DAY SUITE DE LA PAGE 1 comme le bastion de Manning.En fait, selon les organisateurs de M.Day, ce dernier serait arrivé bon premier dans toutes les provinces, excepté Terre-Neuve.Les résultats téléphoniques n’ayant pas encore été ventilés, on ignorait encore hier dans quelle proportion les membi s québécois de l’Alliance canadienne avaient choisi Stock Day.Avant même que les résultats ne soient connus samedi soir toutefois, le chef du Parti progressiste-conservateur, Joe Clark, a lancé un défi audacieux à M.Day.M.Clark l’a invité à se présenter contre lui lors d’une élection partielle dans la circonscription de Calgary-Centre.Le défi est considéré comme un suicide politique par certains observateurs : il est loin d’être acquis que Joe Clark gagnerait cette élection si Day devait relever le défi.Une défaite signifierait la fin de sa carrière politique.«M.Clark devrait faire attention, a commenté hier Rod Love, organisateur de la campagne de Stockwell Day : on pourrait bien le prendre au mot et faire ce qu’il nous demande.» Dans son discours de victoire, Stockwell Day a plutôt tendu une main à Joe Clark, l’invitant une fois de plus à prendre en considération une alliance des deux partis de droite.Faisant référence aux nombreuses défections de conservateurs qui ont rejoint l’Alliance, M.Day a lancé : «Joe, c’est seulement dans l’émission de télévision Survivor que la dernière personne restant sur Vile est le gagnant.Joe, je te demande défaire ce que beaucoup d’autres conservateurs ont fait.Sois reconnaissant des grandes choses que ce grand parti [progressiste-conservateur] a réalisées mais tourne maintenant ton regard vers l'avenir et considère ce que cette alliance pourrait apporter au Canada.» Joe Clark, élu chef de son parti en 1998, ne siège toujours pas à la Chambre des communes.Il a fait face à beaucoup de pression pour qu’il demande à un de ses 17 députés de démissionner afin de déclencher une élection partielle à laquelle il se présenterait.M.Clark a toujours refusé jusqu’à présent, tout comme il a refusé d’être le candidat dans St John’s Ouest en mai dernier lors de l’élection partielle déclenchée par le départ d’un des siens.Il connaissait le risque : son candidat conservateur, Loyola Hearn, a finalement remporté la lutte avec à peine quelques centaines de voix de majorité.«M.Day a parlé au premier ministre hier soir et a indiqué qu’il voulait faire son entrée à la Chambre le plus tôt possible, a expliqué le député Jason Kenney, responsable de la campagne de M.Day.Le premier ministre a indiqué qu’il fait habituellement tout ce qu’il peut pour satisfaire un nouveau chef.Donc on doit s'attendre à une élection partielle à la fin de l’été.» Le où de cette élection, toutefois, n'a pas encore été décidé.Deux députés ont indiqué qu’ils étaient prêts à céder leur siège, a rappelé M.Kenney : Cliff Breitkreuz (Yellowhead) et lan McClelland (Edmonton Southwest), tous les deux en Alberta.Day pren-dra-t-il au sérieux le défi de Clark de se présenter dans Calgary-Centre?Les relations entre le nouveau leader et le député qui occupe la circonscription, Eric Lowther, ne sont pas les meilleures.Ce dernier est celui qui a reçu une lettre d’«intimidation» du clan Day pendant la course à la direction, rendue publique la semaine dernière, parce qu’il appuyait plutôt la candidature de Preston Manning.On lui signifiait qu’il serait dans son intérêt «politique» de ne pas faire de déclaration publique anti-Day.Cette animosité qui a donné un ton acrimonieux aux derniers moments de la campagne à la direction de l’Alliance, a toutefois été complètement balayée lors du dévoilement des résultats, samedi soir.Près-ton Manning, qui avait pourtant mis en garde les militants contre l’extrémisme de Stockwell Day qui ne rejoindrait pas les électeurs ontariens selon lui, s’est inconditionnellement rallié au nouveau chef.«Il est facile de croire à la démocratie quand le vote est en notre faveur, a-t-il la candidat défait lors de son discours.Mais le véritable test de la démocratie est notre capacité à accepter les résultats lorsque le vote va dans l’autre direction.Ce soir, j’accepte donc le verdict des membres de l’Alliance canadienne, et je félicite notre nouveau chef Stockwell Day et je demande que cette décision soit prise à l'unanimité.» M.Manning a indiqué qu’il était toujours prêt à s’engager dans le parti.Preston Manning était parfaitement calme lorsqu’il a prononcé son discours de défaite.Pourtant, le coup était difficile à avaler.M.Manning a créé le Parti réformiste il y a 13 ans et en a été le seul chef.Après deux campagnes électorales où il a échoué dans sa tentative de percer en Ontario, c’est lui-même qui a sabordé le Reform pour créer l’Alliance canadienne tout en mettant son leadership en jeu.Manning a perdu le contrôle du bébé qu’il a créé.Son épouse et alliée politique Sandra a d’ailleurs difficilement retenu quelques larmes.Day avait la victoire modeste.Il a fait preuve de beaucoup de retenue dans son discours et a longuement remercié ses adversaires à la direction.«Preston Manning, grâce à ce que tu as fait, nous entrons aujourd’hui dans un nouveau siècle, aujourd’hui nous avons un nouveau parti, aujourdhui est un jour nouveau pour le Canada.» «Deux mots resteront dans l’histoire politique canadienne : deux mots synonymes de courage, dévouement, engagement, vision, honnêteté, intégrité.Ces deux mots sont Preston Manning.» Une solution de rechange au Bloc québécois M.Day a eu quelques mots pour ses «amis québécois».«Il y a trois mois, a-t-il dit en français, en me donnant votre appui, vous m'avez donné le courage, vous m’avez donné l’espoir et ce soir vous m'avez donné la victoire.» Une délégation d’une quarantaine de militants québécois de l’Alliance en faveur de Stockwell Day qui avaient loué un autocar pour se rendre à Toronto samedi étaient sur place pour le remercier à grand coup de drapeaux fleurdelisés.Jean-Rerre Proulx, un ex-péquiste qui travaillait à la campagne de Day, avait organisé le déplacement L’ex-député péquiste et ancien président de la Communauté urbaine de Québec Michel Rivard, qui affirme avoir vendu plus de 300 cartes de membres de l’Alliance dans les environs de Beauport, était du lot Selon lui, avec Stockwell Day à sa tête, l’Alliance canadienne constitue une bonne solution de rechange au Bloc québécois, d’autant plus que les conservateurs n'ont pas d’avenir.«Je dis que le Bloc se devait d’être là pendant deux élections.Mais maintenant qu’on sait qu'il n'y aura pas de prochain référendum avant 10 ans, je pense, le Bloc n'a plus son utilité.Les gens qui ont voté pour le Bloc devraient cette fois-ci voter pour l’Alliance pour battre les libéraux.» BARAK JAZZ
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