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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-07-22, Collections de BAnQ.

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L K I) K V 0 I R .I.K S S A M K I) I ¦> E T I) I M A N ( Il E 2 3 .1 I I L I E T 2 (I 0 0 ?LE DEVOIR * Essais québécois Page D 5 Bleu comme une orange Page D 6 Jardins D 8 ?Alan B.Stone Page D 7 [Balades littéraires MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Vous connaissez vos classiques, bien sûr: Maria Chapdelaine, Menaud maître-dra-veur, les Poésies complètes de Nel-ligan, Le Survenant.A califourchon sur deux siècles, tant par la chronologie que par l’esprit, ces œuvres revendiquent, à juste titre, une place de choix dans la littérature nationale.Mais leurs qualités propres n’ont-elles pas fait oublier celles qui les ont précédées?Avec leurs raccourcis inévitables, les manuels ont sans doute assimilé trop légèrement la littérature canadienne-française du XIXe siècle au seul terroir et à une idéologie de la survivance qui n’est plus de saison.Du feuilleton haletant, avec pirates et enlèvements à la clé, au récit de voyage, en passant par le pamphlet et le journal, à cette époque comme maintenant, les écrivains n’ont jamais accepté de se limiter à un genre.Pourquoi ne pas profiter de l’été pour (re) découvrir quelques-uns d’entre eux?Pendant les prochaines semaines, la une du cahier Livres vous invite à une balade dans les contrées pas si lointaines de notre littérature en vous proposant la lecture de textes méconnus d’auteurs connus et moins connus de notre jeune littérature.Ni curiosités ni documents, ces textes, nous les avons choisis avant tout pour leur intérêt.Au lecteur de mesurer maintenant son indulgence à l’endroit du passé.Ce n'est pas d'hier que les écrivains d'ici ont de$ affinités avec la cause nationale.A titre de Fils de la Liberté, Georges Boucher de Boucherville (1815-1898) participe à la révolte des Patriotes de 1837, ce qui lui vaut d'être accusé de haute trahison.Il est par la suite libéré sur parole, mais il choisit alors de s'exiler en Louisiane, d’où il revient en 1846 la tête farde d'idées romanesques.Elles lui serviront à écrire ce roman d'aventures échevelées, qui paraît en feuilleton entre 1849 et 1851, puis, après une interruption de 13 ans, en 1864-65.La patience du lecteur moderne ayant les limites que l’on sait, on renoncera à résumer les 32 chapitres d'un roman dont les qualités, disent les doctes spécialistes, se situent moins du côté de la construction que de celui des péripéties, des dialogues, de l'exotisme.Dans de tels romans, mieux vaut prendre le train en marche.Du reste, il fonce sur toi, lecteur.- Un photogramme du film italien Le Corsaire noir.Une d e trouvées Georges Boucher de Boucherville Chapitre 3 Le rendez-vous des pirates On appelle esterre, dans les îles d'Amérique, une espèce d'enfoncement de la mer dans les terres, le long des côtes.Quiconque est allé à l'île de Cuba et a visité la ville de Matance a dû remarquer une longue langue de terre, au côté nord-ouest de la baie, qui s'avance dans la mer ep décrivant une espèce de courbe vers l'est-nord-est.A partir de la ville jusqu'à l'extrémité de cette langue de terre, la distance est de cinq lieues; tandis que près de la baie sa largeur n'est que de deux petites lieues.Ainsi, l'on comprendra qu'un vaisseau, qui est obligé de doubler cette pointe pour aller vers La Havane ou dans l'ouest, est obligé de faire un circuit de près de deux lieues, que lui aurait évité un canal coupé à travers la base de cette langue de terre.Une chaîne de hautes montagnes escarpées venait se perdre au rivage à l'ouest de la base de cette langue de terre, en diminuant graduellement jusqu'à ce qu'elle se confondît avec le sol au niveau de la mer.Cette chaîne formait une espèce de croissant dont les cornes aboutissaient à la mer à l'est et à l'ouest, en décrivant une demi-lune assez considérable dans les terres.Une autre chaîne de roches formait un autre croissant qui se trouvait comme inscrit dans le premier.Ces deux chaînes étaient séparées l'une de l'autre par des fondrières impraticablçs, à travers lesquelles coulait une eau bourbeuse et verdâtre.A l'extrémité nord-est de cette chaîne, un rocher, couvert d'arbres rabougris, s'élevait à une hauteur considérable et dominait l'affaissement que subissait vers la pointe le plus grand croissant, de manière que, du haut de ce rocher, on pouvait facilement distinguer la ville de Matance et toute la baie, suivre de l'œil tous les vaisseaux qui en sortaient, et apercevoir, au loin dans la mer, ceux qui passaient au large ou se dirigeaient vers la terre.En dedans de ce croissant intérieur, la chaîne de roches se divisait et revenait sur elle-même de manière à laisser un enfoncement en forme de fer à cheval, où la mer formait une esterre ou cul-de-sac, assez grand pour contenir six à sept vaisseaux qui se trouvaient complètement cachés et du côté de la terre et du côté de la mer.L'entrée de cette esterre était si étroite et tellement encombrée de joncs et de plantes marines qu'il eût été impossible de soupçonner qu'elle existât, à moins que par accident quelque canot pêcheur ne se fût adonné dans le tortueux chenal qui, après avoir VOIR PAGE D 2: BOUCHER Cahier SPECIAL L e Devoir LITTÉRAIRE Tombée publicitaire août 2000 Parution août 2000 I, i I- E l> F- V 1 ROMAN Harry Potter and the Goblet of Fire 2 J.- K.Rowling Bloomsbury 2 POLAR Soins Intensifs 7 C.Brouillet courte échelle 3 JEUNESSE Harry Potter : coffret 3 vol.31 J.- K.Rowling Gallimard 4 ROMAN Avant de te dire adieu 7 M.Higgins Glatit Albin Michel 5 POLAR Le testament 10 John Grisham R.Laffont 6 POLAR Prisonniers du temps 7 M.Crichton R.Laffont 7 POÉSIE O.Erreur d'impression 5 Daniel Bélanger coronet liv 8 ROMAN Fille du destin * 7 Isabel Allende Grasset 9 SPIRITU.L’art du bonheur » 72 Dalaï-Lama R.Laffont 10 POLAR Napoléon Pommier 5 San-Antonio Fleuve Noir 11 ROMAN Et si c'était vrai.26 Marc Lévy R.Laffont 12 B.D.Le petit Splrou n* 9 • C'est pas de ton âge! 5 Tome & Janry Dupuis 13 ROMAN City 9 A.Baricco Albin Michel 14 ESSAI Q.1 John Ciaccia Leméac 15 ROMAN Q.L'autruche céleste 22 lléana Doclin Flammarion Q.16 PSYCHO.À chacun sa mission 35 Monbourquette Novalis 17 ROMAN Véronika décide de mourir 15 Paulo Coelho Anne Carrière 18 PSYCHO.La guérison du cœur 24 Guy Corneau L'Homme 19 CUISINE Sushi faciles 7 Collectif Marabout 20 ROMAN Le périple de Baldassare * 9 Amin Maalouf Grasset 21 ROMAN Le bonheur en Provence * 14 Peter May le Nil 22 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) * 45 Henriette Major Fides 23 ROMAN 4 Danielle Steel Pr.de la Cité 24 HORREUR Hannibal * 26 Thomas Harris Albin Michel 25 ROMAN Balzac et la petite tailleuse chinoise * 23 Dai Sijie Gallimard 26 SANTÉ Le corps heureux 14 T.Cadrin-Petit L'Homme 27 ROMAN Bridget Jones : l'âge de raison 5 Helen Fielding Albin Michel 28 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 41 P.J.D'Adamo du Roseau 29 ROMAN Q.Carnets de naufrage * 21 G.Vigneault Boréal 30 SC.RCTTON Vittorio le vampire 5 Anne Rice Plon 31 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous • 142 1.Nazare-Aga L'Homme 32 ROMAN Un parfum de cèdre v 44 A.- M.Macdonald Flammarion Q.33 JEUNESSE Caillou : culbute 6 Beaulieu & Al Chouette 34 SEXUALITÉ Le pénis illustré * 17 Joseph Cohen Kônemann 35 POLAR La lune était noire 7 M.Connelly Seuil 36 GUIDE 8 Alain Demers Trécarré 37 ROMAN Vers chez les blancs 11 Philippe Djian Gallimard 38 ESSAI Q.Marcel Tessier raconte.17 Marcel Tessier L'Homme 39 B.D.Album Splrou n‘ 254 5 Torn# & Janry Dupuis 40 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus * 332 John Gray Logiques Livres -format ooche 1 ROMAN Geisha « 10 Arthur Golden Livre de poche 2 B.D.DragonBall n’ 41 6 Akira Toriyama Glénat 3 ROMAN Comment voyager avec un saumon 23 Umberto Eco Livre de poche 4 ROMAN Le Journal de Bridget Jones e 24 Helen Fielding J'ai lu 5 SPIRITU.3 Neale D.Walsch J'ai lu V : Coups de coeur RB 1** Mmaine sur notre Nsto *— NOMBRE DE SEMAINES DEPUIS LEUR PARITION 'S ' H; - ¦ .Échouage d’un navire poursuivi par des pirates.laissé à sa place, avec le titre de nous pas aller faire une toute peti-général, son lieutenant Antonio te visite aux environs de La Hava-Cabrera qui ne lui cédait ni en bra- ne, par exemple, pour voir si nous voure ni en audace.ne rencontrerions pas quelques- Cabrera était le chef et le uns de nos bons amis messieurs maître de tous ces pirates.Deux à les Anglais?S’ils ne sont pas tou-trois actes de vigueur lui avaient jours riches en or, ils ont souvent voulu l’obéissance la plus passive de certaines gentilles petites créa-de leur part.Il avait reçu dans sa tures, comme celle qui est prison-jeunesse une éducation distin- nière dans la case du général et guée et était le fils cadet d’une qui, depuis une semaine, est assez illusfre famille de Cadix.D’un ca- bête pour se laisser mourir de ractère emporté, il avait été obligé faim et se dessécher à force de de fuir sa patrie, afin d’éviter les ri- pleurer, plutôt que de.gueurs de la loi pour un duel dans — Chut! ne parle pas de la lequel son adversaire fut tué.Française; le général en est fou Après s’être longtemps caché d’amour, il en est jaloux comme dans les bois, il s’était joint à une un tigre, et ce qui me surprend, bande de brigands, et enfin avait c’est qu’il me semble, foi dTionnê-trouvé dans les vaisseaux de Lafit- te homme, trembler comme s’il te le théâtre où il put déployer tou- avait peur, quand il lui parle, te l’énergie de son caractère.— Eh bien, parlons d’autre cho- Remarqué par Lafitte pour son se, ça vaudra peut-être mieux en courage et par les pirates pour effet.Pourquoi le général n’est-il son audace, il remplaça bientôt le pas venu nous voir depuis deux lieutenant de Lafitte, qui avait été jours?Il me semble qu’il ne faut tué en montant à l’abordage d’un ; pas tant de temps pour aller à Ma-navire marchand.tance?et sa Française, s’il l’aimait Quand Lafitte abandonna la vie tant.Ah! c’est vrai j’oubliais, il de pirate et le siège de ses ex- n’en faut pas parler! Mais après ploits, Cabrera fut unanimement tout, nom d’un tonnerre, pourquoi choisi pour chef par tous ceux qui n’en parlerais-je pas moi?Qui est-avaient partagé ses périls et admi- ce qui m’empêchera ici?ré son courage, son sang-froid et — D’abord la prudence; en se-son admirable présence d’esprit cond lieu le respect pour le sexe; dans les plus désespérées conjonc- en troisième lieu, et le mulâtre tures.Féroce jusqu’à la frénésie regarda fixement Piétro dans les durant le combat, il avait souvent yeux.montré après la victoire, de ces — Et en troisième lieu, quoi?élans généreux qui, quelquefois, — Et en troisième lieu, parce caractérisent la vie de certains pi- que, entends-tu, je ne veux pas rates.Ses compagnons l’aimaient qu’on fasse de réflexions sur la pour son impartiale justice; jamais prisonnière du général.11 ne voulut prendre plus que la Piétro se mordit les lèvres.Il ne part d’un simple matelot, quand il gavait que penser du mulâtre, s’était agi de partager le butin pris Etait-ce obéissance et respect en course.Sévère pour la discipli- pour Cabrera, ou amour pour la ne, aucune faute ne trouvait grâce Française qui portait le mulâtre à devant lui; d’une rigueur outrée en agir ainsi.Piétro n’aimait pas dans le service, il se fit bientôt des Cabrera et encore moins le mu-ennemis; mais sa vigueur sut lâtre; il eût donné beaucoup pour bientôt mettre fin à tous connaître les motifs de les murmures.Un jour _ sa conduite en cette cirque l’un de ses matelots Cette vie constance.refusait d’accomplir un _ — Maisilme ordre qu'il lui avait don- d’oisive semble, mon cher Bur- né, il lui creva la poitrine ., nouf, reprit Piétro d’un coup de pistolet.inactivité après un instant de si- Une couple d’exemples .lence, que le général de cette nature eurent Q116 ,es ne devrait pas être si bientôt convaincu les nirafps particulier sur sa Fran- mécontents qu’ils ” dw's çaise; car après tout, ce avaient trouvé dans Ca- menaient n est Pas ^u' 1a ^a*te brera un autre Lafitte, et prisonnière! En bon tout fut fini.dans droit et en stricte justi- Quatre vaisseaux ce elle doit t’appartenir étaient mouillés dans l’esterre à toi, Burnouf, car c’est l’esterre: une polacre et , toi avec ta polacre qui une corvette, armées depuis plus as attaqué l’Anglais, et chacune sur le pont de ,, quoique Cabrera soit 16 caronades et d’un ca- d une arrivé avec sa corvette non de chasse de gros .quelques minutes calibre sur l’avant; et semaine après que tu fusses deux petits sloops, mon- pommenrait monté à l’abordage, tés chacun de six ca- cummençaii c’était encore un de tes nons.Leurs coques £ jes gens qui avait empoi- longues et effilées, pin- gné la Française; Ca- cées à l’avant, leurs ennuyer brera n’avait pas le grandes voiles et la pro- droit de s’en emparer, digieuse hauteur de leur Piétro, en pronon- mâture annonçaient que tous ces çant ces paroles d'un air presque vaisseaux étaient faits pour la indifférent, n’en avait pas moins course bien plus que pour le suivi avec attention l’expression transport.de la physionomie du mulâtre, Les divers groupes, nonchalam- dont les épais sourcils s’étaient ment étendus à l’ombre, savou- contractés à mesure que Piétro raient le parfum de leurs cigares; parlait.les uns racontaient les aventures — Les roches entendent, ré-de leur jeune âge, les autres dor- pondit le mulâtre en baissant la maient, ceux-ci s’amusaient à boi- voix, éloignons-nous un peu d’ici, re, ceux-là à des jeux de cartes, de Et le mulâtre et Piétro allèrent à quino et de rouge et noir.quelque distance, ce dernier tres- Cette vie d’oisive inactivité que saillant involontairement de l’ex-les pirates menaient dans l’esterre pression féroce du mulâtre, depuis plus d’une semaine corn- — Tu penses donc que j’ai droit mençait à les ennuyer.à la Française?— Je voudrais bien savoir si le — Mais sans doute.Et nous général prétend nous tenir ici en- avons été tous surpris de voir core bien longtemps, demandait que tu te soumettais si «bonasse-un tout jeune homme encore à un ment» à te la laisser enlever par mulâtre d'une taille colossale.le général.— Piétro, ne t’impatiente pas; — Oui, mais sais-tu que ç’aurait tu en auras bien assez! Dans 10 ou été une lutte à mort, entre le géné- 12 jours nous pourrons commen- ral et moi?cer à nous préparer.— Tu as donc eu peur, toi Bur- — Quoi! faut-il attendre encore nouf; toi qu’on désigne pour notre tout ce temps-là! Ne pourrions- prochain général, au cas où Anto- SOURCE EDITIONS DES DEUX COQS D'OR nio Cabrera viendrait à mourir ou à nous abandonner?— Peur, nom d’un cratère! peur, moi, Jean Burnouf! — Dame, aussi, pourquoi ne l’as-tu pas disputée au général?— Je vais te dire: c’est que je n’étais pas trop sûr que j’eusse le droit de mon côté; car vois-tu, sans l’arrivée opportune de la corvette, la polacre et son équipage, et moi par-dessus le marché, étions tous flambés.Je craignais que nos gens ne se déclarassent en faveur du général; ce qui, sans m’avancer, m’aurait rendu tout au moins suspect, pour ne pas dire plus; et avec le général il ne fait pas bon de s’y frotter, à moins qu'on ne soit bien sûr de son coup.J’ai mes plans; je t’en parlerai plus tard.En attendant, il serait à propos d’avoir l’opinion de nos?gens.A ce moment un coup de sifflet se fit entendre sur le roc au-dessus, et se renouvela par trois fois.C’était le signal de l'arrivée de quelqu’un de la bande.Aussitôt une échelle de corde fut hissée par le moyen de palans.Cinq minutes après, un homme, revêtu d’une blouse grise et couvert d’un large feutre blanc, parut au milieu des pirates, qui s’étaient tous levés pour le recevoir.Cet homme c’était Antonio Cabrera.— Allons, mes enfants, bonne nouvelle! nous avons assez fai-néantisé pendant ces huit derniers jours.En avant, et alerte! Il y a un million de pesos duras que la providence nous envoie.— Hourra! hourra! Vive le général Antonio Cabrera! crièrent tous d’une voix les pirates, en agitant leurs chapeaux dans les airs.— Il me faut 300 hommes.Toi, Burnouf, prends 50 hommes, que tu embarqueras avec l’équipage de la polacre.Je vais en choisir 50 que j’ajouterai à mon équipage, et nous partirons.— Oui, oui, général, répondit Burnouf; et il s’élança pour exécuter ses ordres.— Piétro, continua Cabrera, tu vas rester dans l’esterre; c’est à toi que je remets le commandement en mon absence.Tu tiendras constamment un homme en sentinelle sur le cap, et les sloops parés à taire voile au premier signal.— Oui, mon général.— Attends, j’ai encore quelque chose à te recommander; et Cabrera, se penchant à l’oreille de Piétro, lui dit quelque chose qui sembla faire grand plaisir à ce dernier, car sa figure s’épanouit.— Oui, oui, mon général; comptez sur moi, je n’y manquerai pas.— C’est bon.Maintenant, mes enfants, pressez l’appareillage, je vais monter sur le cap pour jeter un dernier coup d’œil et voir si la mer est claire pour sortir.Cabrera en un clin d’œil fut sur le cap, d’où il put voir, à l’est de la langue de terre, le Zéphyr qui s’avançait vers la pointe aux Cormorans.Il n’y avait pas de temps à perdre; dans moins d’une demi-heure le Zéphyr l’aurait doublée, et il eût été imprudent de sortir de l’esterre à la vue d’un vaisseau.Un malheur pouvait faire découvrir la retraite des pirates, qu’il leur importait tant de tenir cachée.Cabrera descendit avec précipitation, pour hâter par sa présence et presser l’appareillage.Un homme, placé en vedette au haut du cap, suivait les mouvements du Zéphyr et avait ordre d’en donner avis par des signaux, aussitôt qu’il serait arrivé à la pointe aux Cormorans.Malgré les efforts inouïs que fi- Dix minutes après, les deux navires pirates étaient en pleine chasse et couraient, toutes voiles dehors, à la poursuite du Zéphyr rent ces hommes altérés d’or, de sang et de carnage; malgré l’activité déployée par Cabrera et tous les chefs qui se multipliaient pour presser les opérations, il était évident que le Zéphyr doublerait la pointe avant que les pirates pussent mettre en mer.Il leur fallait trouver à travers le chenal la polacre et la corvette.Déjà les vaisseaux étaient prêts; déjà 300 hommes forts et robustes, jetés dans une vingtaine de canots et de chaloupes, remorquaient à leur suite la polacre et la corvette.Cabrera, pour une dernière fois, courut au cap pour juger par lui-même du temps qu’il lui restait.D’un coup d’œil il vit qu’il était trop tard.Déjà le Zéphyr, semblable au coursier impatient du mors qui le retient., allait plonger dans les vagues plus profondes au milieu desquelles sa proue se relevait en secouant les flots d’écume qui l’inondaient — Malédiction! murmura Cabrera, il est trop tard! Et cet homme osa maudire la providence de ce qu’elle ne lui permettait pas d’accomplir un crime! — Ronaldo, cria-t-il à l’homme qui avait été posé en vedette sur le cap, et qui se trouvait à quelques pas de lui, descends vite avertir nos gens d’arrêter et de demeurer chacun dans la position où il se trouve, la rame au bar.Cours et alerte! tu remonteras quand je t’en donnerai le signal.Cabrera, appuyé sur le tronc vermoulu d’un vieux chêne, semblait visiblement contrarié.Pendant quelques instants il suivit avec découragement le Zéphyr, qui fuyait comme une mouette en courant la bouline.Tout à coup Cabrera se redressa, détacha sa cravate et l’étendit au vent Un sourire de satisfaction vint agiter ses lèvres; son front se dérida.La cravate flotta en s’agitant du côté de Matance.— Enfin, s’écria Cabrera, enfin, je les tiens, ils ne pourront m’échapper cette fois.Le vent a sauté au nord nord-ouest.Le Zéphyr ne peut poursuivre sa route sans virer de bord; et s’il vire de bord, nous pourrons sortir de l’es-terre sans danger.Et alors, nous verrons.A moi le Zéphyr, à moi le million, à moi la vengeance! En effet, ce qu’avait prévu Cabrera arriva.Le Zéphyr fut obligé de virer de bord et de courir une bordée en s’éloignant en ligne droite de la pointe aux Cormorans.Cabrera suivit encore quelques instants le Zéphyr, et après s’être assuré que la pointe aux Cormorans masquait complètement la sortie de l’esterre à la vue du Zéphyr, il donna à Ronaldo le signal de remonter et descendit à la hâte.Arrivé sur la plage, il envoya un de ses gens dire à Burnouf de faire sortir, aussitôt qu’il le pourrait, les deux vaisseaux de l’esterre, de ne pas l’attendre, qu’il les rejoindrait avant qu’ils fussent hors du chenal.Après avoir donné quelques ordres à ceux qui devaient rester à terre durant son absence, Cabrera se dirigea rapidement vers sa case, où il n’avait pas mis les pieds depuis deux jours.Il ne put réprimer les battements de son cœur, en approchant de sa demeure où la française était tenue prisonnière.A mesure qu’il approchait, il sentait sa résolution s’affaiblir, son pas se ralentir malgré lui, un léger froncement vint contracter ses sourcils.— Je n'irai pas, se dit-il à lui-même: à quoi bon?encore des pleurs, des pleurs, toujours des pleurs! Je devrais l'étrangler, et cependant je ne sais ce qu’il y a dans son grand œil noir qui m’étonne, qui me désarme, qui me brûle à travers ses paupières humides.Je ne me connais plus.Cabrera s’émouvoir devant une.femme! Et il s’était arrêté irrésolu.— Non, je n’irai pas; à la guerre, au feu, à la mort d’abord, et après.après nous verrons qui l’emportera de nous deux! Et il s'élança vers un petit canot qui était sur le bord de l’eau, saisit l’aviron et en peu de temps il eut rejoint sa corvette qui, ainsi que la polacre, débouchait du chenal tortueux de l’esterre.Dix minutes après, les deux navires pirates étaient en pleine chasse et couraient, toutes voiles dehors, à la poursuite du Zéphyr.Rétro était resté à terre chargé du commandement en l’absence de Cabrera, avec les plus pressantes recommandations de sa part de veiller sur la Française, et de lui procurer tout le confort dont elle pourrait avoir besoin.Édition moderne de Une de perdue, deux de trouvées de Georges Boucher de Boucherville: dans Les Meilleurs Romans du XIX siècle (édition de Gilles Dorion.Fuies, 2 tomes, 1996).4 4 LE DEVOIR.LES S A M E DI 2 1 K T D I M A N C II E 2 3 .1 U I L I.E T 2 O (I O i) -Livres*» POÉSIE D’ici et d’ailleurs DAVID CANTIN PAYSAGE DU TOUT (1951-2000) Pierre Oster Gallimard, coll.«Poésie» Paris, 2000,305 pages Bien qu’on parle peu de son oeuvre, Pierre Oster figure parmi les poètes français les plus importants de l’après-guerre.Paysage du tout regroupe plusieurs fragments d’une poésie dont l’amplitude et le souffle poursuivent la tradition d’un Claudel.A travers une conscience du cosmique et du dirai, ces versets s’ouvrent sur un lyrisme qui creuse un rapport inspiré face à l’être, à la nature et aux choses.Prenant place désormais dans la collection «Poésie» chez Gallimard, l’oeuvre poétique d’Os-ter scrute une histoire du monde terrestre sans début ni fin.Comme l’indique Henri Mitterand dans sa préface, «Pierre est m Parisien d’origine qui marche dans la campagne normande ou bourguignonne comme dans un champ de merveilles, simples et toujours renaissantes».On pourrait, d’ailleurs, reprendre cette note du Champ de mai: «L’activité poétique ne peut pas être analysée en dehors de ce rapport essentiel qu'elle entretient avec la réflexion pure; elle n’a de sens que comme tentative pour dépasser les antinomies que pose la philosophie.» LTNFIGURABLE Collectif sous la direction d'Alexis Nouss, Smon Hard et Michaël La Chance Liber, coll.«Bibliothèque» Montréal, 2000,206 pages Diffidle tâche que celle de parler de l’infigurable, de donner à voir ce qui n’a pas de forme, de penser ce qui n’a pas de concept.C’est pourtant ce qui motive les onze textes qu’Alexis Nouss, Simon Hard et Michaël La Chance ont rassemblés dans ce premier titre de la collection «Bibliothèque» chez Liber.De très belle facture graphique, la pertinence de la réflexion n’en est pas moins étonnante.De manière directe ou allusive, on retrouve dans ce collectif des écrits de natures diverses en provenance d’horizons très variés (de la philosophie aux arts visuels).Qu’on croise une étude très intéressante d’Alexis Nouss à propos de la poésie de Paul Celan ou une fiction de Catherine Mavrikakis, l’ensemble étonne par sa rigueur aussi créative que savante.11 est plutôt rare qu’un collectif de la sorte arrive à maintenir une telle exigence de pensée.Les illustrations d’Alain Médam, Denis Pellerin, I.Somlosi et Ariane Thézé agrémentent une lecture tout à fait passionnante sur un sujet aussi vaste.MALGRÉ LES RUINES ET LA MORT Sophia de Melle Breyner Choix, traduction, notes et préface de Joaquim Vital La Différence, coll.«Le fleuve et l’écho» Paris, 2000,616 pages On attendait depuis longtemps un choix de poèmes plus vaste extrait de l’œuvre majeure de Sophia de Mello Breyner.Encore une fois, c’est La Différence et Joaquim Vital qui ont cru bon de défricher ce terrain trop peu cpnnu des lecteurs francophones.A la fois simple et épique, la voix de cette Portugaise héritière de Pessoa reste une découverte immense.Comptant plus de 600 pages, Malgré les ruines et la mort explore un éveil au monde qui ne cesse d’interroger une réconciliation féconde.Quelque part entre l’étonnement d'Homère et l'expérience sensible immédiate d’Eugé-nio de Andrade, la poésie de Sophia de Mello Breyner se prête à une aventure d’une grande densité spirituelle.De Poésie (1944) à Le buccin de Cos (1997), ces recueils cherchent à atteindre une vérité souvent difficile à cueillir: «Ecrire le poème comme un boeuf laboure le champ / Sans que la pensée ne se j heurte à la métrique / Sans que rien ne soit réduit ou exilé / Sans que rien ne sépare I homme du vécu.» PROGÉNITURES Pierre Guyotat Gallimard, Paris, 811 pages Lire Progénitures de l’écrivain Pierre Guyotat c’est entrer dans un monde où la langue française éclate de toutes parts.Œuvre-monument, ce texte qui dépasse les huit cents pages relève de la fiction, de la poésie, du pamphlet, de l'hallucination autant que de la prière.Impossible de résumer un tel parcours qui interroge les massacres de la guerre comme les troubles intérieurs.Dans ce livre aux proportions bibliques, Guyotat donne naissance à une respiration de la langue qui invente sa propre syntaxe, son rythme, de même que sa démesure grandiloquente.Dans un univers semblable, où le tragique s’imprégne de la farce métaphysique, le lecteur ne peut qu’être stupéfait devant une telle charge littéraire.Un CD d’une trentaine de minutes accompagne cette somme, où l'on peut entendre l’autre lire à voix haute le début de ce chant excessif.Qu’on aime ou non, il faut toutefois saluer l’audace d’une telle entreprise littéraire à notre époque.LIVRES D’ÉTÉ Pour tous les goûts SOURCC ÉDITIONS DU TRÉCARRÉ Pots de relish épicée présentés dans un panier d’herbes aromatiques.Illustration tirée du livre De mon jardin pour toi, de Pamela Westland.Livres légers, livres pratiques, livres ensoleillés, de quoi meubler de bons moments et stimuler sa créativité.d’autres ouvrages, plus sérieux, invitent à la réflexion tout en incitant le lecteur à modifier au besoin son mode de vie.DE MON JARDIN POUR TOI Pamela Westland Traduit de l’anglais par Maurice Soudeyns Editions du Trécarré Outremont (Québec), 2000 127 pages Un livre destiné aux bricoleuses et bricoleurs désireux de faire profiter les autres du fruit de leur labeur en tirant profit des richesses de leur jardin pour en fabriquer de jolis cadeaux faits main: gelées et confitures, vinaigres à base de fruits ou de légumes, bouquets de fleurs séchées, décorations de table, guirlandes et couronnes.Les idées foisonnent Ne vous désolez pas si vous ne possédez pas de jardin: pour tous ces cadeaux faciles à réaliser, vous pouvez facilement obtenir ce dont vous aurez besoin chez le fleuriste, à votre supermarché ou chez un marchand de fruits et légumes, et, très bientôt, dans les marchés en plein air qui regorgeront de tous ces bons produits.Une fois votre cadeau terminé, vous trouverez dans cet album cartonné, abondamment illustré sur beau papier, une foule d’idées pour de jolis emballages fabriqués maison: bols en papier mâché, boîtes recouvertes de papier ou de tissus, ou encore décorées main, minisacs, enveloppes et cartes personnalisées, boucles bien tournées.Point n’est besoin d’être grand artiste pour réaliser ces gâteries: il suffit de s’y mettre en se procurant les produits nécessaires et en suivant pas à pas les instructions qui sont claires et bien détaillées.Bon succès! BIEN MANGER, BIEN SE NOURRIR POUR LES NULS Carol Ann Rinzler Traduit de l'américain par Véronjque Lévy Sybex Éditeur Paris, 2000,442 pages Dans la tradition de la collection «Pour les nuis», on apprend de façon claire et intelligente, pimentée d’une bonne dose d’humour, tout ce qu’il faut savoir pour manger de façon saine et équilibrée.Tout y passe, depuis le cholestérol jusqu’aux brocolis sans oublier les astuces et conseils pour vivre en santé.Aujourd’hui, la table est devenue un champ de bataille potentiel entre la santé et les plaisirs, constate l'auteur, un éminent spécialiste dans le domaine de la nutrition et de la santé.Cet ouvrage se présente comme tous les autres dans cette même collection, c’est-à-dire écrit dans une langue facilement accessible doublée d’une approche sans complexe des sujets traités.L’objectif visé: vous aider à mettre un terme à cette rivalité entre les besoins d’une alimentation équilibrée et vos besoins, tout autant justifiés, de repas appétissants.En fait (et notez bien ce scoop!), ce qui est bon pour vous peut aussi être bon à manger.et réciproquement.Le ton est donné.Tout est dit et expliqué clairement: le livre s’adresse aussi bien aux nuis, qui ignorent tout de la nutrition sinon que cela a quelque chose à voir avec la nourriture, qu’aux autres qui ont envie de rafraîchir leurs connaissances et de se mettre au parfum des résultats des dernières recherches dans le domaine.Il suffit de jeter un coup d’œil à la table des matières pour se rendre compte de l'ampleur des sujets abordés.Le livre s'articule autour de six parties dont chaque chapitre traite d’un sujet spécifique.On peut consulter un chapitre sans lire ce qui précède, ce qui suppose une économie de temps.Des icônes servent de , hiMuni/ ZCnmfmlshii 'zïlMlt M guides: ainsi, ce personnage aux yeux globuleux signale les endroits où vous allez trouver des définitions de termes utilisés par les experts en nutrition.Un autre agit comme chasseur de mythes: il révèle les faits et rien que les faits qui démontrent, comme c’est souvent le cas, que tout le monde a tort.Pour qui s’intéresse à la nutrition et à la santé en tant qu'équation, cet ouvrage s’impose comme un must, tant à cause de la façon dont on y aborde ces questions souvent complexes que par son esprit même et la somme de renseignements qu’on y trouve.LOTERIES VIDÉO Yair Reznik Traduit et adapté par Serge Drolet Éditions Saint-Martin Montréal, 2000,87 pages Passion/compulsion, les jeux de hasard, principalement la dépendance aux loteries vidéo, font des ravages d’un bout à l’autre du Canada.Les demandes d’aide pour des problèmes liés au jeu ont augmenté de 49 % entre 1993-94 et 1997-98, ce qui est énorme.A la recherche d’un livre pouvant lui servir de guide de traitement pour ses clients, le psychologue Serge Drolet a opté pour l’ouvrage du Dr Yair Reznik, qui lui est apparu comme le meilleur Ijvre sur le phénomène du jeu.Egalement psychologue, le Dr Reznik a travaillé à la fois pour le département dç santé mentale de l'île-du-Prince-Édouard et pour le Centre de réadaptation régional du comté d’Halifax.L’auteur, qui jouit d’une vaste expérience clinique, répond à de nombreuses questions: qu’est-ce que la dépendance aux loteries vidéo, comment se forme cette dépendance, qu’est-ce qui alimente cette dépendance, comment la contrôler, comment éviter la rechute?Un livre utile, bien fait, qui s’adresse autant aux intervenants qu’aux joueurs eux-mêmes, à leurs familles, à leurs amis et à tous ceux et celles qui veulent comprendre le phénomène de la dépendance au jeu, un problème social en pleine expansion.VAINCRE LE TRAC, C’EST FACILE , Marie Gazelle Éditions Albin Michel Paris, 2000,208 pages Le trac peut gâcher la vie, c’est bien connu; passer un examen, parler en public, réussir un entretien d’embauche, improviser, autant de situations qui peuvent devenir un véritable cauchemar.L’auteure, journaliste spécialiste des questions de société, explique les mécanismes du trac et passe en revue les situations de la vie quotidienne susceptibles d’engendrer le trac, un trac fou qui fait perdre tous ses moyens.Dans ce guide pratique, elle donne des trucs et astuces pour affronter la «bête» et arriver à la mieux contrôler.En plus de fournir des solutions concrètes, illustrées de témoignages et de conseils professionnels, elle donne des exercices physiques et psychologiques qui ont fait leurs preuves.Avoir peur de l’autre, de son jugement, de son regard, c’est avoir peur de soi-même, ne pas reconnaître ses qualités et manquer de confiance en soi, conclut l’auteure.BANDE DESSINÉE c cSt vous; os sutüo ?ctffr Mot SAlNT-PÉRfc SOURCE GLÉNAT Une planche du Triangle secret, sur un scénario de Convard.Mais où est passé Jésus ?DENIS LORD LE TRIANGLE SECRET TOME 1: Le Testament du Fou Didier Convard, Gilles Chaillet, Denis Falque, Christian Gine, Paul, Pierre Wachs Glénat Grenoble, 2000,47 pages Glénat croit dur comme fer que ce cinquième évangile va lui gagner beaucoup de fidèles et, conséquence?pas moins d'une demi-douzaine d’apôtres se sont croisés pour le réaliser, sans parler de Juillard qui a enluminé la couverture.En bédé, le succès et les charmes du Nom de la rose ont inspiré nombre d’auteurs et, à sa manière, Le Triangle secret s’inscrit dans cette lignée.Non, Jésus-Christ n’est pas mort sur la croix comme on le pensait — pour le peu qu’on en sait, il joue peut-être au Monopoly sur l’île d’Anticosti avec Elvis.C’est plutôt son frère jumeau, Thomas, qui s’y est collé.Didier Mosèle et Francis Marla-ne, membres d’une loge dissidente de francs-maçons, sont sur la voie de cette bouleversante révélation alors qu'ils s’acharnent à décrypter un des manuscrits de la mer Morte.Pour contrer les effets terribles qu’aurait cette mauvaise nouvelle, le pape et ses zouaves sont prêts à tout.Le scénario est de Convard (Neige, Polka) et une époque spécifique est dévolue à chacun des dessinateurs, dont le plus convaincant est Chaillet Thriller divertissant.VILLÉGIATURE SUIVI de L’ENTREVUE ET PRÉCISION Leif tande Mille-Œles, collection «Zone Convective» Montréal, 2000,64 pages Etant ambidextre, l’auteur québécois dont il est question a un style pour chaque main et tient, dit-on, à ce que les deux ne soient pas associés.Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche?L’album signé ici par leif tande se présente en damier, les cases étant toutes de format égal, ce qui contribue, avec le recours systématique aux gros plans, à créer un sentiment d’oppression servant bien le propos des récits.Dans Villégiature, un docteur à la retraite arrive comme par hasard au village de Saint-Césairon; ses habitants mettent tout en œuvre pour le charmer puisqu’une épidémie sévit et que le toubib local est frappé de sénilité.Bon climat.L’Entrevue narre les affres d’un personnage angoissé attendant de rencontrer son futur employeur.Efficace mais pas forcément passionnant, sinon la chute de l’histoire, pas piquée des hannetons.Avec les effets de trame et les manœuvres narratives citées plus haut, la recherche de la chute qui surprend est d’ailleurs la marque de commerce de Leif tande.LE CAPITAINE .CARLATE Guibert, David B.Dupuis, collection «Aire libre» Belgique, 2000,64 pages Quand les écrivains décident de quitter leurs livres pour vivre l’aventure, ils vont s’encanailler chez les mauvais garçons, à la suite du Capitaine .carlate, pirate et magicien qui, jadis, arracha à la mer une gigantesque vague pour que son vaisseau puisse flotter au-dessus de Paris.Pour composer ce récit poétique, David B.(L'Ascension du haut mal) s’est inspiré de quelques épisodes de la vie de l’écrivain Marcel Schwob ainsi que de ses Vies imaginaires.Du nectar, quelques gouttes de plus eussent été les bienvenues.On dit de l’illustrateur, Emmanuel Guibert, qu’il change de style à tous les albums.Celui-ci.il peut le garder encore un peu tant il est source de plaisirs.Le travail des couleurs se révèle très particulier, quasi expérimental: Guibert varie les palettes, passant sans crier gare de la monochromie à des mariages de tons parfois fantaisistes.Le mauve, toutefois, était peut-être de trop.JUSTINE ET L’HISTOIRE D’O Guido Crepax Evergreen, Allemagne, 2000 440 pages Fins lettrés, polissons de surcroît, nos lecteurs ont certes déjà tâté de ces deux mamelles de la littérature érotique que sont le Justine de Sade et Y Histoire d’O de Dominique Aury, alias Pauline Réage.Ecrits à près de deux siècles de distance, ces romans ont en commun une héroïne soumise et humiliée et tout un appareillage sadomasochiste dont la décence, mais surtout le manque d’espace, nous oblige à taire la nomenclature.La lecture en noir et blanc qu’en fait l’italien Crepax (Valentine), qui eut son heure de gloire dans les années 70, renforce encore une certaine homogénéité entre les œuvres.Sade se fait redondant mais empreint de critique sociale et de philosophie; Réage offre davantage au niveau de l’imaginaire visuel.Mais de l’un à l’autre, la part graphique de Crepax surplombe, avec sa plume qui s’attarde dans les textures, ses réminiscences de l’Art Nouveau et surtout cette singulière mise en vignettes, cette surenchère de très gros plans en de petites cases qui sont si représentatives de l’auteur.Du même illustrateur, un second volume avec Emmanuelle, Bianca et la Vénus à la fourrure.lordd@caramail.com «GRAND CRU» -Montréal Campus 8 mars 2000 «bande dessinée à l’érotisme jubilatoire» -LAROUSSE Dictionnaire Mondial de la B.D.1998 .//idUvwv Sylvie Rancour! et Jacques Boivin /es créateurs de fiaiia^ai seront i la librairie MILLENIUM 451, Marie-Anne Est le vendredi 28 juillet 2000 de 19h00à21h00 Venez voir nos Vidéociips! Approuvé pari* Parti Populaire des Puts* ppp H I.K I) K V IM K .LES S A M EDI 22 E T I) I M A X < Il E 2 3 .1 I I L L E T 2 0 0 (I I) 1 -^ Livres ¦» HISTOIRE DES RELIGIONS La plus belle gloire des hommes ROMAN FRANÇAIS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Controverses interculturelles MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR LA VOLONTÉ DE COMPRENDRE Jean-Rerre Vernant Editions de l’Aube/France Culture La Tour d’Aigues, 1999 106 pages LA PLUS BELLE HISTOIRE DE DIEU Jean Bottéro, Marc-Alain Ouaknin, Joseph Moingt Le Seuil, coll.«Points» Paris, 1999,224 pages LA BIBLE.LE LIVRE.LES LIVRES Rerre Gibert Gallimard, coll.«Découvertes», n“ 392 Paris, 2000,160 pages L’UNIVERS.LES DIEUX.LES HOMMES Vernant raconte les mythes Jean-Pierre Vernant Le Seuil, «La librairie du XX' siècle» Paris, 1999,256 pages Dieu.Les dieux.On vous dira: ce n’est pas la même chose, et on aura raison.Une idée reçue attribue à Moïse, dont les historiens situent l’existence au début du XIIL siècle avant Jésus-Christ, l’instauration du monothéisme inscrit, au sens propre, par Dieu lui-même dans les premières paroles du Décalogue, qui en compte dix.De même, au mépris de toute chronologie, est-on prêt à faire rétrospectivement d’Abraham, ancêtre de Moïse de quelques centaines d’années, un croyant du seul Dieu véritable auquel il s’apprête à sacrifier son fils unique.Et le péché originel?On dit qu'il fut signifié sur le fait à nos premiers parents, en même temps que la sortie du jardin d’Eden.A vrai dire, on doit la notion à saint Augustin, au Ve siècle après Jésus-Christ.Là encore, le passé, lointain.mythique, est sommé d'expliquer le présent.Les Grecs de l'Antiquité ne procédaient pas autrement avec leur panthéon aux généalogies complexes, parfois contradictoires, en vertu d’une tradition vivante qui se plaisait à entremêler les histoires, chaque poète y mettant au passage — comme tout bon conteur le sait — un peu du sien.Imaginatifs, ces gens-là étaient aussi rationnels: il s’agissait d’expliquer le monde, de le rendre moins menaçant, parce que moins incompréhensible, tout en se conciliant des dieux omniprésents.Du reste, elle n’est pas si lointaine l'époque où CES MOTS QUI FONT L’AMOUR Robert Henry Editionsa Fnson-Roche/Editions Rogers Média, Collection Le français tel qu’on le parle Montréal/Paris, 2(XX) 254 pages CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Cy est en rouge, couleur du scandale, de l'interdit, de l’amour, de l'érotisme, que les mots du titre se détachent de la couverture.Et les 253 pages qui suivent ne démentent pas cette orientation.Petit abécédaire de l’amour, de ses idoles et de son histoire, Ces mots qui font l’amour, de Robert Henry, publié chez Rogers Media, ajoute un peu d’épices à ce mois de juillet pâle et pluvieux.De \'«àge tendre» aux «aphrodisiaques», d’anecdotes sur la «contraception» à la «culotte de Catherine», on se rend à la «lune de miel», ou aux «parfums», sans hommes et dieux se retrouvaient aux mêmes banquets et vivaient côte à côte en harmonie le reste du temps.De cet âge d’or mythique, Ü est resté un va-et-vient incessant entre le monde des dieux et celui des mortels, ces derniers, les héros mis à part, étant le plus souvent confinés ici-bas.la tragédie pouvait naître.Un homme d’action Mais que son objet d’étude soit Dieu ou les dieux, l'historien des religions est mû par «la volonté de comprendre», pour reprendre le titre d'un recueil d’entretiens accordés à France-Culture par l’helléniste Jean-Pierre Vernant et que les éditions de l’Aube ont eu l'heureuse idée de reprendre récemment sous forme de livre.Ces entretiens tracent le portrait d’un savant, doublé d’un intellectuel, résistant de la première heure, membre du Parti communiste français qu'il quitte en 1970, mais avec lequel il avait pris peu à peu ses distances (notamment lors de la parution du rapport Khrouchtchev), non sans avoir pensé un instant qu’il pouvait le miner de l’intérieur en y introduisant un salutaire doute critique.Or; sait par ailleurs quel sort une Eglise catholique triomphante a pu, au cours de son histoire par trop humaine, réserver aux empêcheurs de croire-en-rond.La même, revenue de ces excès, apprend aujourd’hui, non sans réticence parfois, à entendre la voix des historiens et des exégètes qui s’abreuvent à la même source que ses théologiens: la Bible.Jean Bottéro, l’un des meilleurs spécialistes français de la Mésopotamie, en fait partie.On lui doit de lumineuses réflexions sur la genèse du texte biblique, plus particulièrement de l’Ancien Testament relu à la lumière de l’histoire du Proche-Orient ancien, et qui n’en acquiert que plus d’importance une fois passé au crible de l’examen des textes (traduits, recopiés, perdus, retrouvés), de leurs auteurs (multiples et à l’identité parfois incertaine), de leurs périodes de rédaction (sur plusieurs siècles), de leur contamination (fécondation) réciproque.Une excellente synthèse des travaux de Jean Bottéro, qui a du reste travaillé un temps avec Jean-Pierre Vernant dans une perspective comparatiste, a paru en poche en 1992 chez Gallimard, dans la collection «Folio», sous le titre Naissance de Dieu.Im Bible et l’historien.Avec La plus belle histoire de Dieu, ouvrage récemment réédité dans la collection «Points» au Seuil, on retrouve Bottéro, cette fois en compagnie du rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin et du jésuite et théologien Joseph Moingt.Prenant appui sur la Bible et sur la longue tradition de commentaires auxquels elle a donné lieu, ces trois figures de l’intelligence humaine tentent NïRY •romain rien oublier des «péchés», des «perversions» ou du «pied» comme mesure de plaisir.Anecdotique plus qu’exhaustif, ce petit livre propose d’égrillardes petites histoires sur le plus vieux thème du monde, nul autre que l'amour et ses manifestations.On apprend donc, entre autres choses, que les femmes La Bible U* Livre, les livres de comprendre le Dieu heureusement inintelligible (l’homme n’a que faire d’un Dieu transparent, commente Bottéro) né du monothéisme.A de telles hauteurs, la pensée, toujours soucieuse de vulgarisation et forte d'une patiente et rigoureuse fréquentation des textes, peut se déployer avec toutes ses audaces.¦ jJÊB " Les Mères argentine, comme un REUTERS de la Plaza de Mayo, cfont un fils ou un parent est disparu durant la dictature militaire manifestent devant l’Ecole polytechnique de la marine, à Buenos Aires, considérée des principaux centres de torture contre les dissidents politiques entre 1976 et 1983.pris avec un livre de Cortâzar, de Neruda ou de Borges à la main.Cette violence, tellement étrangère à la ville, et qui avec la dictature est devenue «l’esprit même de la ville».Avec de plus — et là tous deux sont unanimes — «l’hypocrisie de l’amnistie» qui ne permet pas de dépasser cette période, ni d’accéder à une véritable réconciliation nationale.Aussi vrai que l’on ne peut faire refleurir une plante à partir de racines empoisonnées, il leur semble évident que la dictature a constitué un «détournement du sens», une trahison de la société mais aussi de la langue, violée par les militaires.«On ne peut plus dire “honnête homme", explique Manguel, ce terme n’existe plus.» Borinsky revendique pour sa part la nécessité de reconstruire le langage, de le garder mouvant et, donc, la responsabilité pour les jeunes écrivains argentins de recréer un langage autre, actuel et vrai.«Dans mon écriture, je pratique le transnationalisme, dit-elle, qui pour moi représente la mouvance mais aussi l’absurde de Buenos Aires.» La dictature n’a pas fait que museler la démocratie, assassiner les réfractaires, corrompre les ambitieux et kidnapper les nourrissons, elle s’est attaquée au cœur même de l’humain: sa capacité à parler pour dire, et à dire pour exister.Le langage est devenu un étau de mensonges, de jongleries La dictature a constitué une trahison de la société mais aussi de la langue, violée par les militaires verbales plus destinées à fourvoyer qu’à communiquer.C’est en cela qu’elle incarne le mieux la négation de l'identité.Pour l’écrivain, l’exil devient alors un sauvetage — personnel peut-être —, mais surtout un sauvetage du sens même de l’humain.Tango: traite des Noirs et traite des Blanches Dans nos mythes argentins, le tango tient une place de choix.Celle du désir de séduction, du plaisir ritualisé, d’une manière, qu’à tort on croit féminine, de se rapprocher pour mieux s’éloigner, de se détourner pour mieux faire face, de s’esquiver pour prendre à revers.Uno, dos, très, volver.sur le rythme du «cours après moi que je t’attrape», le tango formalise l’érotisme ambiant de Buenos Aires, «ville très sexualisée» où l’on se regarde dans le fond des yeux mais où, de leur port de tête hiératique, les femmes attirent autant qu’elles repoussent.C’est pourquoi, selon mes invités, «le poème du tango chante l’âme de Buenos Aires et raconte les rapports hommes-femmes de ce peuple».A priori, j’ai cru que l’Espagne avait quelque influence dans ce jeu de miroirs codifié.Ils s’insurgent: «Surtout pas! dit Alicia Borinsky.Le tango se déploie dans un espace de corruption de la langue et de la chair profondément opposé à la tradition religieuse espagnole.» H est vrai que tous les sociologues s’accordent aujourd’hui pour attribuer au tango des origines prosti-bulaires.A New York, une récente exposition de photos datant du début du siècle montrait des machos dansant ensemble.en attendant leurs clientes, «comme pour éviter, dansant entre eux, dç créer un contact trop sexuel.» A cette ambiguïté originelle s’ajoute l’apport du candomblé, le syncrétisme parvenu en Argentine comme au Brésil par l’entremise de l’esclavage, et dont le tango negro chante le mixage.L’esclavage se trouve d’ailleurs à double titre à l’origine du tango.Son poème langoureux mêle la traite des Noirs à la traite des Blanches.Je reste époustouflée, d’un coup douloureuse, devant l’émergence de cette réalité.«Dans les années 20 et 30, des femmes étaient amenées de Marseille et de Nice pour être vendues dans les bordels de Buenos Aires, raconte Alberto Manguel, évoquant les figures célèbres de Mme Yvonne, de la Grisetta et de Margot.Elles venaient encore jeunes, pleines d’espoir et d’amour, puis finissaient exilées vers les campagnes, une fois vieilles, flétries et indésirables.» Et d’évoquer Le Chemin de Buenos Aires, d’Albert Londres, titre devenu le synonyme même de la prostitution.Chemin, chanson, bien tristes en effet.«Nostalgique, reprend Alicia Borinsky, car, issu de ses origines prostibulaires, le tango est devenu l’allégorie de l’amour, et aussi un hommage à la liberté, à la poésie, à la part de rêve que les hommes ne trouvaient pas dans leur quotidien, ROMAN DE L’AMÉRIQUE et qu’ils venaient chercher auprès de ces femmes.» Tango: pessimiste, forcément pessimiste.Le tango nomme les échecs de l’amour, arrache sans complaisance les voiles des illusions.Carlos Gardel, Rosita Ciova, Alberto Marino, Picucho.chantent l’amour idéal et impossible, des histoires qui finissent toujours mal et toujours par «la faute de la femme», femme divinisée, puis assassinée, sinon assassine, femme inaccessible et galvaudée à la fois.«Les élites intellectuelles méprisaient dans Evita Peràn la même chose que le tango méprise dans la femme, dit Borinsky: la force, la jeunesse éternelle, l’illusion de la gloire, le machiavélisme aussi.» Ce qui, pour Manguel, justifie que le tango assassine les femmes jadis adulées, tout comme Evita devait mourir d’une mort tragique par nécessité expiatoire.Dans le contexte de la dictature, le tango prend une dimension plus emblématique encore.Evita devient le symbole de la femme issue de la tradition du tango.Le tango devient le poème même de l’Argentine, le poème d’une lutte contre la mort et le temps.«Des élégies, tranche Alberto Manguel, dédiées à ce qu ’on a perdu à jamais.» Le tango qui chante le temps qui détruit tout, les corps flétris, le désir sans retour devient une célébration de la lucidité, une musique qui dit toujours la vérité, pessimiste, forcément pessimiste.«Qui rappelle aussi que les racines sont compliquées, ajoute Alicia Borinsky, qu’on ne retrouve jamais ce qu’on a quitté.» «La fievre del tango mi corazon.» On a beau faire, tout départ est un échec.«A la fin, on est toujours vaincu par ce qu’on a voulu aimer», conclut Alberto Manguel.Reste la force du souvenir, la forêt de la mémoire qui, à travers son épais feuillage, laisse peut-être apercevoir un bout de ciel de Patagonie, bleu comme.l’écriture.Cette série estivale est issue d’une collaboration spéciale entre Le Devoir et la Chaîne culturelle de Radio-Canada.Tous les samedis de l’été, Aline Apostolska offre la version écrite de l’émission Bleue comme une orange, diffusée le jeudi à 22h sur les ondes de la Chaîne culturelle, 100,7 FM.Cette émission vous invite au voyage et à la découverte, en compagnie d'écrivains et de voyageurs de renom.Bleue comme une orange est aussi un voyage sonore et musical réalisé par Clotilde Seille.Jeudi 27 juillet, à 22h: Bleue comme.l’Italie, avec Paola Baggio et Normand de Bellefeuille.bleucommeuneorange@mon-treal.radio-canada, ca Il est aussi possible de réécouter Bleue comme une orange sur le site Radio-Canada à l’adresse www.radio-canada.ca/culture La moindre lueur u allumes la télé le dimanche soir, par pur désespoir, et tu tombes sur Johnny, le sexagénaire le plus pimpant de la planète, pendu à son hélicoptère au-dessus du Stade de France, et «Que je t’ai-meuh.» et Les Portes du pénitencier qu’il est seul, parmi sept milliards d’humains, à pouvoir continuer de beugler sans rien perdre « La revente » du 5 août au 6 septembre 2000 AVIS IMPORTANT Les collectionneurs intéressés à revendre certaines de leurs œuvres sont invités à participer à cet événement.Pour de plus amples informations, contactez la galerie.Art Mûr (514) 933-0711 tel lotit Art Mûr 3429, rue Notre-Dame Ouest (514) 933-0711 de son sérieux.Délaissant la télé, tu ouvres un livre qu’une personne qui te voulait sans doute du bien t’a présenté comme «l’incontournable de l’été», le dernier produit à la chaîne de Michael Connelly.Tu lis la première phrase: «Tout autour d’eux la cacophonie de la cupidité s’adonnait à ses excès les plus éclatants et extrêmes», et tu refermes le livre en poussant un cri comme si un rat venait de te mordre l’entrejambe.Tu songes à ces personnes à qui, la veille, tu as débité beaucoup trop de conneries engendrées par le dosage aléatoire d’une boisson à base de gin, et auprès de qui tu voudrais maintenant t’excuser.Mais c’est trop tard.Il est toujours trop tard, comme dans une nouvelle de Raymond Carver.Et tu sais alors que, ce soir, rien d’autre ne fera l’affaire qu’un peu de Raymond Carver, un peu de ce désespoir distillé à la petite cuiller.Et encore mieux si les nouvelles sont posthumes.Il y a tellement de choses, de gens et d’événements qui le sont aussi, ou Louis H a m e l i n le savoir, dans le plus noir secret.Que je t’aimeuh! Ta gueule.Les personnages de la littérature américaine, c’est connu, boivent beaucoup.Mais, étonnamment, pas ceux de Raymond Carver.Eux ne sont pas des bons vivants qui enfilent les bouteilles et en deviennent plus spirituels, comme dans les romans de Jim Harrison.Non, ils ont bu, et n’ont même pas réussi à oublier.Us sont toujours en rémission, voilà.Car-ver lui-même a connu l’enfer de l’alcoolisme pendant dix ans, et on ne trouvera aucun idéalisme de la dive bouteille chez lui.Rien que la honte, et la petite part de forces restées intactes qu’il s’agit de rameuter pour pouvoir affronter le jour suivant.Dix ans après la mort de celui qui fut son compagnon, la poétesse Tess Gallagher a découvert, dans un tiroir, les manuscrits de ces cinq nouvelles inédites, l’idée de départ étant de fournir du matériel à la revue Esquire pour un hommage.Ces fonds de tiroir auraient peut-être fini par être publiés de toute qui y aspirent, parfois sans même façon, sans aucun doute après «POINTS D’EXCLAMATION.REVES!» Une Installation peinture, verre coulé en 7 triptyques, petits formats ce MONIQUE GIRARD Jusqu'au 5 septembre 2000 Vernissage samedi 22 juillet de 15 h à 17 h Dans le cadre du Circuit des Arts Memphrémagog 2000, #34 Auberge du Relais de l'Abbaye.681 Chemin des Pères, Canton de Magog Sortie de la 10 (autoroute des Cantons de l'Est) vers St-Benoit-du-Lac Int.: Denis Viens prop.(819) 847-3721 ou Chez l'artiste (819) 876-2895 moult réécritures additionnelles.Mais comment savoir?Pour se défendre du syndrome des testaments trahis, Gallagher écrit, dans sa respectueuse postface: «Quand on aime m écrivain, on ne se lasse jamais de le lire, on veut s'imprégner de tout ce qu’il a produit, en savourer toutes les facettes — la transcendante, l’inattendue et même l’inachevée.» A l’examen, ces nouvelles se révèlent bien être du Raymond Car-ver.Il n’y a rien ici pour se péter la cervelle.Rien que la petite musique des jours d’après la catastrophe, celle-ci, assez souvent irréparable et finale, s’étant produite, la plupart du temps, avant même le début de la nouvelle, immanente au texte en quelque sorte.Les héros sont des hommes déjà trop âgés pour ce qu’ils ont eu à traverser, et les femmes avec lesquelles ils forment des couples déjà condamnés, aux sentiments laissés à la dérive sur leur erre d’aller.La nouvelle commence généralement au moment où ces personnages doivent se reprendre en main, arracher au destin une ultime étincelle d’espoir.Mais il est trop tard.La loi d’entropie fait de ces personnages épuisés avant l’heure des pantins qui continuent d’accomplir des faits et gestes quotidiens usés, vidés de leur substance: pour qui un simple baiser sur la joue est l’acte de dernier recours équivalant à un implacable constat d’échec.Le constat est bien sûr la forme même du style bien lisse privilégié par le nouvelliste.L’univers rendu par l’écriture est un champ neutre au milieu duquel se débattent des êtres aux pulsions affaiblies, à l’affectivité malade, aux comportements réduits à l’aspect primaire d’un moyen de survie.Il est toujours trop tard et on n’y peut rien.Mine de rien, sans avoir l’air d’y toucher, les textes de Carver produisent leurs propres symboles.Des chevaux envahissent comme en rêve le jardin d’un couple au bord d’une séparation devenue inéluctable.La séparation se produit, emplie d’une sobre émotion tendue, et tout de suite après, le narrateur décroche le téléphone pour appeler sa maîtresse.C'est la chute la plus efficace de ces cinq textes, où elles ne le sont pas toujours, comme, par exemple, dans Les Vandales, où la signification implicite d'une maison en feu (autre symbole récurrent) se voit soulignée d'une phrase explicative superfétatoire.Nul doute que le minimalisme impitoyable de l’auteur, le temps venu, aurait su y mettre bon ordre.Plus loin, un gâchis de viande avariée semble vouloir sceller définitivement le sort d’un autre couple, trahissant la nature périssable de toute réalité et de toute forme de vie inscrite jusqu’au fond des cœurs et les esprits, reprenant là un motif déjà présent dans une nouvelle du recueil Les Vitamines du bonheur.Dans Du bois pour l'hiver, un homme sorti de nulle part désespère de recoller les morceaux avec une femme et cherche le chemin qui, à partir du vide, le fera écrire de nouveau.Il trouvera une modeste satisfaction dans le simple labeur de débiter du bois.Ah, chers copeaux, bien-aimée résistance du matériau primitif au bout du bras! Carver s’inscrit alors dans la grande tradition de YHomo americanus voulant trouver le sens de son histoire dans l’affrontement quotidien de la vie matérielle et le travail honnête de ses mains.Mais quelle distance, entre la conquête triomphale des grands espaces du futur et ces quelques dérisoires cordes de bois empilées dans l’arrière-cour d’une obscure bourgade de l’Ouest Je t’aimeuh! Ils ne sont plus capables, eux, de les prononcer, ces mots.Et on est en droit de préférer l’existence courte et inquiète de leurs fleurs de réel à l’exubérant début de soixantaine d’un Johnny son> brement épanoui sous l’œil d’une Julie Snyder tétanisée.Et quand la Fabian s’en mêle, alors c’est le bouquet O Dieu qui règne sur la lumière et les ténèbres, comment résister à ça?Hurler, pour elle, c’est chanter, et on ne saurait imaginer de contraste plus saisissant avec le chuchotement platement désabusé du souffle de Carver à mon oreille, plus proche de tous les Dédé Fortin du monde que de la grasse jubilation fabriquée par l’industrie.Alors c’est ainsi.Et puisque, comme l’a décidé Tess Gallagher elle-même, cette fois c'est bien la fin, les derniers mots publiés de Raymond Carver seront peut-être: «On a dit au revoir à tout le monde.On peut y aller maintenant.— Oui, dis-je.On peut y aller.» QU’EST-CE QUE VOUS VOULEZ VOIR?Raymond Carver Traduit de l’anglais (États-Unis) par François Lasquin Editions de l’Olivier, Paris, 2000, 134 pages L E l> K V (M R .L K S S A M K I) I 2 2 K I !) I M A \ < Il K 2 :i .1 I I I.I K I 2 II O (I 11! 1 s ARTS VISUELS I) Offrir son regard ALAN B.STONE (1928-1992)-NOUVEAU REGARD Écomusée du fier monde 2050, rue Amherst Jusqu’au 4 septembre BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Véritablement, le sens se cache partout.Lisez ceci, le descriptif d'une série de documentaires portant sur la photographie américaine, dont un épisode avait été diffusé lors du dernier Festival des films sur l’art: «Dans les années 1930, on assiste à une montée en flèche de la photographie médiatique.Soudainement, des millions de personnes voient la même photo au même moment.» Relisez la chute.«Des millions de personnes voient la même photo au même moment.» C’est la beauté de la chose, et cela est résumé dans cette petite description que l’on jugerait à tort innocente, en une remarquable économie de mots: le pouvoir d’attraction de la photographie tiendrait au regard qui peut être partagé par des foules, au même moment, dans une contraction sensationnelle du temps.Autant que sur l’idée du temps partagé, cette formulation met l’accent sur le partage lui-même.Bien avant sa médiatisation élargie, l’invention même de la photographie allait permettre pour la première fois dans l’histoire de partager, mais réellement, un regard porté sur le monde.La photographie allait permettre à un individu de communiquer un point de vue sur le monde grâce à un relais dont on dit qu’il est le plus apte à reproduire le réel.Cela est tenu pour vrai dans le cas de toute photographie.D’où, conclusion secondaire, le fait qu’il ne faille jamais sous-estimer des énoncés qui nous paraissent banals.Alan B.Stone Ce regard partagé, en fonction Ses représentations du quotidien au masculin sont remarquables.Tendues par le désir, elles ne forcent pas la porte du voyeurisme.Cowboy près d’un enclos, vers 1963.ARCHIVES GAIES DU QUEBEC de la conclusion principale de la première portion de cet articulet, n’est applicable en rien de façon spécifique à la photographie du Montréalais Alan B.Stone (1928-1992).Mais le dépouillement récent par Jean-François Larose, des Archives gaies du Québec, des archives photographiques de cet homme qui, jusqu’à la fin des années 60, allait poser son regard sur Montréal, sur le corps et les activités masculines notamment, permet, chose rare, de découvrir d’un coup une esthétique inédite.C’eût été banal si.à l’exception de tout argument quantitatif — l’immense collection de 20 000 tirages papier et de 50 000 pièces au total est une mine d’or archivis-tique —, l’œil de Stone n’avait pas cette capacité commune aux meilleurs photographes de prélever à partir du réel des images qui seront perçues comme uniques.N’est-il pas de coutume de reconnaître comme authentiques les photographes qui ont cette habileté de rendre le monde unique?Larose est à égrener patiemment les archives Stone.Il s’agit de la troisième exposition en trois ans que propose le chercheur.De premiers volets avaient été présentés au Musée du fier monde puis au Centre d’histoire de Montréal.Le Nouveau regard proposé cette fois-ci déplace celui qui avait déjà été porté sur ce corpus surprenant.Au regard thématique des deux premières expositions, l’actuel accrochage cherche à mettre en relief les qualités plastiques des images captées par Stone.Il s’agit d’une avenue fort défendable dans la mesure où elle évite de réduire le travail de Stone à l’ensemble des sujets sur lesquels il s’était arrêté.Par contre, l’exploration des univers masculins du scoutisme, du culturisme, du sport amateur et des ouvriers, exploration pour laquelle Stone se tient loin de tout sensationna-lisme, n’est pas à négliger.Prendre des images d’hommes dans le contexte puritain et homophobe des années 50 n’est pas commun, et il subsiste dans cette activité une part de risque que Stone n’ignore pas.Ainsi s’immisce-t-il sobrement dans ces mondes pour leur porter de tranquilles hommages.Nouveau regard Ce nouveau regard qu’introduit le titre de l’exposition est celui du commissaire.Un certain nombre d’images avaient déjà pu être découvertes lors des deux expositions précédentes, ce qui Footballeurs regardant le match, 1954, d’Alan B.Stone.n’entache en rien le plaisir de la visite (puisqu’aucun catalogue n’a été produit à partir de ces travaux) .Donc, qu’elles représentent des vues urbaines ou des paysages de l’Ouest canadien, qu’elles soient des instantanés pris dans l’univers masculin du scoutisme, des cowboys ou des sports de loisir, quelles fixent les corps gonflés des culturistes, ces images ont été accrochées en ne respectant pas strictement ces regroupements thématiques.Bien que les voisinages de clichés imaginés par Larose ne soient pas toujours des plus éclairants — les recoupements plastiques entre les compositions ne sont pas particulièrement éloquents —, ils forcent toutefois la suspension des habituelles catégories thématiques.Ainsi (mais en sommes-nous bien convaincu?), l’accrochage de l’exposition, volontairement décousu, permet de se concentrer sur les qualités esthétiques des images de Stone.Là, par contre, on n’avait pas à être convaincu.C’est un véritable regard que définit le photographe.Ses images urbaines, il les compose rigoureusement.Par exemple, ses vues de la rue de la Commune rendent le bruit du rude mobilier de la rue (voies de tram, poteaux et fils électriques qu’ils tendent), silencieux aujourd’hui.Certaines des prises de vue des paysages du nord de l’Ontario et de l’Ouest canadien sortent égale- Stone fait preuve d’une enviable sensibilité pour les images ment des formules rebattues.Magnifique, son mythique pin canadien, plutôt que de dominer la ligne d’horizon comme dans plusieurs images produites par d’autres peintres et photographes, est dominé par les montagnes.Juste pour avoir sorti des formules bien établies et encore respectées alors qu’il s’y mesure, Stone fait preuve d’une enviable sensibilité pour les images.Tout particulièrement, ses représentations du quotidien au masculin sont remarquables.Tendues par le désir, elles ne forcent pas la porte du voyeurisme.Elles marquent par leur qualité documentaire.Les images de scoutisme, révélatrices, montrent les premiers pas dans ce que Larose décrit comme «un ARCHIVES GAIES DU QUEBEC phénomène social particulier révélé par Stone comme un mode d’apprentissage de la vie d'homme».lœ commentaire de Larose est parfaitement pertinent dans la mesure où, plus que la monstration du corps désirable des jeunes ou des culturistes, ce sont les activités, les rituels et les angoisses mêmes (liées au narcissisme dans les gymnases, notamment) liés à cet univers masculin que traque Stone.Il en tire ainsi un commentaire social, par l’image même, touchante, qu’il donne de ce milieu dans les années 50 (par des commandes photographiques).Stone a su contourner la marginalité de ses inclinations et du dénigrement dont elles faisaient l’objet en développant un style documentaire pour lequel il s’est engagé à sortir des lieux communs.En cela, impossible de ne pas réitérer notre désir de voir un jour ces images confiées aux pages d’un album.Couleurs urbaines S YMPOSIUM d’artiste: peintres Circuit des ARTS MEMPHRÉMAGOG-BELL Du 22 au 30 juillet 2000 de 10 h à 17 h.Le Circuit des Arts Memphrémagog-Bell tiendra cette année sa 7e édition.Que l’on soit artiste ou amateur d'art, le circuit vous invite à rencontrer 98 artistes de différentes disciplines, soit dans leur atelier ou regroupés dans un même lieu d’exposition.En plus de vous faire découvrir une région où les scènes champêtres sont susceptibles de vous charmer.Pour vous aider à localiser ces artistes ainsi que le nouveau lieu d’exposition collective, des dépliants du circuit sont disponibles dans différents lieux et commerces publics ainsi que dans les centres d’information touristique de l’Estrie.Un tirage vous offre la chance de gagner un de nos 7 prix Information touristique Magog-Orford : 1-800-267-2744 - (819) 843-2744 Internet : littp://www.circuitdesarts.com Bell Les Beaux dimanches au F saison 2DOD rul M vi l s r \k Lk Devoir Cdm X rottiiiKàiie» i > »’ j’HKSV 0’ A! - 1 Ai Sk* \ « mmm.1 « sL* .• 1 3e edition v ^ du 26 au 30 juillet 2000 | Sous la présidence d’honneur de Luc Senay ^ 75 artistes à l’oeuvre durant 5 jours • Plus de 200 toiles en exposition sous le chapiteau • Ateliers et démonstrations • Le dimanche : improvisation artistique sous la direction de Luc Senay Nouveauté : tous les jours ! ENCANS SILENCIEUX Faites une offre et procurez-vous une oeuvre originale à prix fort intéressant _____1___________ ES ACTIVITÉS POUR TOUTE LA FAMILLE ci; dim wcm; 23 juin,et t It I K I N \ \ M* U I II I \ N \ I \ I I If \ KIW : Musique traditionneiu nr la peridot nt la Nouvelle-France.RENSEIGNEMENTS LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU F 0 RT-LEN N 0X, SAINT PAUL-DE-L’lLt-AUX-NUlX (450) 291-5700 M Parcs Parks Canada Canada Canada KSvtfffflKÎ cl $ SurtPmji-dP-lIteiutNoti Richelieu l*p*nrs ci>»tsr>iv »tc AVOCAT I Autotout* Sortit» J1 ou [ 6 BS C’est un rendez-vous au Centre-Ville de Granby Informations : I 877 375-8338 ou (450) 375-4661 L K I) E V 0 I H .LES S A M E I) I 2 2 E T i) I M A \ I II K 2 A .1 I I I.I.E T 2 0 (I 0 D 8 =-* LE DEVOIR « JARDINS SOURCE JARDIN BOTANIQUE DE MONTREAL.Remplacez donc un peu de pelouse par des couvre-sols ou par des plates-bandes emplies de plantes résistantes à la sécheresse, comme la jolie onagre ou œnothère.L’eau, avec modération Une heure d’arrosage à plein tuyau utilise environ 1000 litres d’eau «Quand le puits est à sec, on sait ce que vaut Teau», dit un proverbe français.L’été dernier fut sec, archi-sec.Dans plusieurs villes, l’arrosage était interdit ou presque, les gazons ressemblaient à des champs de paille et bien des jardins faisaient peine à voir.De vos fonctions de jardinier, vous avez été rétrogradé à celles de promeneur d’arrosoir: quelle histoire! Et tout d’un coup, voilà que vous frappa l’évidence de l’importance de l’eau.Même si certaines saisons nous la font oublier.est qu’on en gaspille, de l’eau.Saviez-vous qu’une heure d’arrosage à plein tuyau utilise environ 1000 litres d’eau?Que les beaux jours d’été, certaines usines doivent doubler leur pro-d u c t i o n d’eau potable simplement pour l’arrosage des jardins et le lavage des autos?Dire qu’il existe des jardins dans le désert qui se débrouillent sans arrosoir.Comment font-il, bon sang de bon dieu de bonsoir?Xeriscaping Aux États-Unis, il y a belle lurette que les paysagistes se sont mis à la conception de jardins moins assoiffés: le coût de l’eau et les étés torrides les y ont poussés.La nécessité est mère d’industrie, n’est-ce pas?En fait, dès le début des années 80, Ken Bail, chef du service de planification environnementale de Denver, mettait en avant le concept de xeriscaping.Ce mot, aujourd’hui une marque de commerce, est une contraction du grec xêros, sec, et de l’anglais landscaping, aménagement du paysage.Le mot signifie «aménagement de jardins résistants à la sécheresse».En Arizona, les adeptes du xeriscaping ont troqué la pelouse et les bougainvillées pour les grands cactus saguaros et autres indigènes.Chez nous On ne va pas se mettre à planter des cactus, tout de même! La série américaine Taylor’s Guides to Gardening a consacré en 1990 un guide au jardinage à arrosage minimum (Taylor’s Guide to Water-Saving Gardening).Ce guide est bourré de sages enseignements applicables chez nous.Primo, regardez objectivement votre jardin bien-aimé.Quelle surface de pelouse utilisez-vous vraiment?Il y a fort à parier que vous n’arpentez la pelouse devant la maison que pour y passer la tondeuse ou y placer Da n idle Dage nais ?SOURCE JARDIN BOTANIQUE DE MONTRÉAL.Une heure d’arrosage à fond la caisse et la pelouse enfile 1000 litres d’eau.i.* Que faire cette semaine?¦ Réseau Environnement (regroupement de 1000 professionnels de l’environnement) lancera une campagne de sensibilisation à la conception d’aménagements plus chameaux dès 2001.¦ Vous faites émonder un arbre à feuilles caduques.Récupérez le bois fragmenté par la déchi-queteuse.Voilà un excellent paillis.¦ Chenilles à tente.Le soir, après la rentrée au bercail des chenilles dans leur tente de soie, coupez la branche infestée et brûlez-la ou en-fouissez-la dans le sac à déchets le plus proche.¦ Rechaussez les poireaux.¦ Enlevez au fur et à mesure les fleurs sèches des marguerites et autres vivaces qui, sinon, cesseront trop tôt leur floraison.l’arrosoir.Personne ne marche pieds nus ou ne se couche dans l’herbe le long de la haie, dans les passages étroits ou au fond du jardin.En y pensant bien, seul le quart de la pelouse vous est vraiment indispensable.Pour rester verte et guillerette, une pelouse de 50 mètres carrés nécessite 1400 litres d’eau par semaine, soit la consommation d’une famille de trois personnes pendant une journée et demie (estimation conservatrice de 350 litres par personne et par jour donnée par Antoine Importe, de la division des eaux à Repentigny).Pas étonnant que la pelouse soit dans le collimateur des écologistes.Réduisez la surface de votre pelouse.Remplacez-la par des surfaces en dur ou par des plantes résistantes à la sécheresse et économisez les arrosages.Les pentes abruptes, trop vite drainées, doivent être adoucies ou transformées en terrasses.Ombragez d’un arbre les zones engazonnées qui brûlent chaque été au soleil.Le sol La qualité du sol reste primordiale pour assurer une bonne pénétration des racines, une bonne rétention de l’eau et une bonne croissance de la plante.Amendez le sol à la plantation avec de la matière organique et du compost pour l’améliorer.Cela permettra aux racines de s’étendre davantage dans le sol à la recherche de l’eau.Et.bien sûr, on couvre le sol de paillis.Les plantes le choix de plantes résistantes à la sécheresse décidera de votre sort cet été.Passerez-vous les chaudes soirées d’été la main sur le tuyau d’arrosage ou le bras pendant hors du hamac?Observez les plantes des coteaux secs et ensoleillés.Voilà les plantes chameaux qu’il vous faut pour votre coin de jardin trop sec.Plantez en guise d’arbre un pin, un févier, un micocoulier, un ginkgo, un arbousier, un amélanchier, un mûrier ou l’increvable vinaigrier des bordures d’autoroute.Les potentilles, les spirées, les rosiers rugueux survivent en sol sec (pensez aux bords de mer).Du côté des vivaces et couvre-sols, les champions demeurent le raisin d’ours en sol acide, sinon de nombreuses achillées, des géraniums, thyms, joubarbes, sé-dums, tiarelles, fraisiers (Lipstick) , œnothères, phlox rampants et autres plantes de rocaille.Et oublions donc les rhododendrons, azalées et autres assoiffées (merci à Jean-Pierre Devoyault, du Jardin de Jean-Pierre, et Karina Jasmin, de Pépinière Jasmin, pour certaines infos plantes).SOURCE JARDIN BOTANIQUE DE MONTRÉAL Les plantes de rocaille ou du bord de mer, comme ces rosiers rugueux, sont des habituées des régimes secs.t
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