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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-07-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET D 1 M A X C II E 3 O .1 l I L L E T 2 O O O * LE DEVOIR * Romans québécois Page D 3 Les écrivains d’Internet Page D 3 Bleue comme une orange Page D 6 ?no tt Le paysage impressionniste Page D 7 Jardins Page D 8 Balades TïtteraiTes 1 Voyag MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Vous connaissez vos classiques, bien sûr: Maria Chapdelaine, Menaud maître-dra-veur, les Poésies complètes de Nel-ligan, Le Survenant.A califourchon sur deux siècles, tant par la chronologie que par l’esprit, ces œuvres revendiquent, à juste titre, une place de choix dans la littérature nationale.Mais leurs qualités propres n’ont-elles pas fait oublier celles qui les ont précédées?Avec leurs raccourcis inévitables, les manuels ont sans doute assimilé trop légèrement la littérature canadienne-française du XDC' siècle au seul terroir et à une idéologie de la survivance qui n’est plus de saison.Du feuilleton haletant, avec pirates et enlèvements à la clé, au récit de voyage, en passant par le pamphlet et le journal, à cette époque comme maintenant, les écrivains n’ont jamais accepté de se limiter à un genre.Pourquoi ne pas profiter de l’été pour (re) découvrir quelques-uns d’entre eux?Pendant les prochaines semaines, la une du cahier Livres vous invite à une balade dans les contrées pas si lointaines de notre littérature en vous proposant la lecture de textes méconnus d’auteurs connus et moins connus de notre jeune littérature.Ni curiosités ni documents, ces textes, nous les avons choisis avant tout pour leur intérêt.Au lecteur de mesurer maintenant son indulgence à l’endroit du passé.Une demi-boutade a fait de François-Xavier Garneau (1809-1866) le premier romancier cana-dien-français.Notaire, journaliste, historien autodidacte, poète aussi, et traducteur, il se lance en 1840, sans argent ni soutien, dans la vaste entreprise d'écrire une Histoire du Canada pour répondre à lord Durham et à son jugement hautain sur ce «peuple sans histoire».Mais auparavant, l'homme qvait voyagé.Deux mois aux Etats-Unis en 1828, deux ans en Angleterre entre 1831 et 1833, entrecoupés de courts séjours en France.11 en ramènera diverses observations culturelles, sociales et politiques qui paraîtront en feuilleton dans Le Courrier de Québec en 1854, avant d'être réunies en volume en 1855, dont on lira maintenant quelques extraits.et en rance dans los années 1831,1832 et 1833 François-Xavier Garneau FRANÇOIS-XAVIER GARNEAU Ce qui frappe un étranger à Londres, c'est l’aspect affairé de la population.Les grandes rues sont remplies d'un torrent d'hommes, de femmes, d'enfants, de chevaux, de cabriolets, de charrettes, de carrosses, qui circulent sans cesse et au milieu duquel brillent, çà et là, la couleur rouge des malle-postes, ou les couleurs variées des diligences, qui entrent en ville ou en sortent à tout instant de la journée pour toutes les parties de l’Angleterre.Au milieu de ce mouvement et de ce bruit se promènent, à pas lents, les hommes de police échelonnés de distance en distance sur la voie publique pour maintenir Tordre.Ds portent habit bleu et chapeau rond avec leur numéro au collet; un petit bâton est leur arme ordinaire.Dans les grandes rues passantes il est une classe d'hommes faite pour attirer les yeux.Ce sont les hommes-affiches; ils forment une classe d’industriels qu'on ne connaît point au ^ Canada.Ils portent une planche en l’air au poitrine et l’autre sur le dos, suspendues au cou, sur lesquelles sont collés des placards rouges, bleus, noirs, pour attirer l’attention des passants.Le système des affiches va très loin en Angleterre.Les fabricants de bière et de noir à soulier en ont fait un grand usage et en ont retiré des avantages immenses.J’ai entendu raconter à ce sujet des choses fabuleuses.On rencontre aussi à tout instant à Londres des gens, dont quelques-uns avec tablier blanc, qui portent dans des espèces de boîtes, longues et étroites, des pots d etain remplis de boisson; ce sont des distributions de bière qu'on va faire à des pratiques, à domicile, car la consommation de la bière est énorme dans les îles britanniques; c'est avec le genièvre la boisson du peuple.Nous avions encore vu une ou deux fois des gens habillés de noir, avec de grands sacs de serge brune pendus au bras et garnis de long cordons, lesquels paraissaient contenir des livres et des papiers.On me dit que c’étaient des messieurs de la justice.Je l’avais déjà à moitié deviné à leur teint et à leur physionomie.C’étaient des procureurs, des solliciteurs, des proctors, des écrivains à tant du cent mots.Les professions qui se rattachent à l'administration judiciaire sont divisées ici en une infinité de classes, et conséquemment les formalités légales sont extrêmement compliquées.VOIR PAGE D 2: VOYAGE À ¦ it ! Il fill!- i l:Hli i il 11!"» George Street.Palais de justice Tombée publicitaire fl août 2000 • Parution août 2000 Cahier SPECIAL ®i«ir R e n r e e LITTERAIRE .¦psigsa sS's-r i L K I) K V (Il K .L K S S A M K IJ I 2 !J K T I) I M A \ < Il E :J ü .1 I I L L K T 2 I) 0 0 I) 2 m Livres VOYAGE Les passions épuisées, la raison, la vérité surnagent et reprennent leur empire SUITE DE LA PAGE DI Chaque contestation, chaque procès est, en effet, une mine qui doit faire vivre une foule de familles.Rien n'est doublé pour la rendre profitable; et avec l’esprit commercial et calculateur que l’on connaît aux Anglais, l’on doit croire que lorsqu’une affaire arrive à sa fin, elle a passé par tous les innombrables défilés de la chicane sans en excepter un seul, et épuisé toutes les ressources de son génie inventeur.Tout cela se fait avec un sérieux et une science comme si pas un mot de ce qu’ont dit ou écrit n’était inutile.[.] Londres est la plus grande ville de l’Europe, et la première métropole de la liberté et de l’industrie.C’est là où la liberté est la mieux assise et où l’industrie est la plus vaste et la plus riche.Le sénat et le commerce forment la base de la puissance anglaise.Après avoir étudié quelque temps sa physionomie physique, ses rues, ses monuments, son commerce, je me mis à considérer la population et l’organisation sociale de cette grande nation.Une chose me frappait sans cesse, c’était l’alliance de la liberté et du privilège, du républicanisme et de la royauté.Je cherchais à comparer cette organisation avec l’organisation américaine, c’est-à-dire, avec celle des Etats-Unis, car l’organisation coloniale est une chose exceptionnelle dont la durée est pour ainsi dire fixée d’avance, et dont le terme marche avec le chiffre de la population.Prenant les choses pour ce qu’elles étaient dans le moment, je finis par me convaincre que les deux pays avaient fondé leur constitution sur des faits réels et non sur des théories imaginaires, d’où provenait leur stabilité.Je voyais devant moi une royauté, une aristocratie et une plèbe dont les fortes racines remontaient à l’origine de la nation.L’aristocratie était puissante et considérée, le peuple nombreux et soumis, le roi regardé comme essentiel au maintien des boulevards qui servent de protection à ces deux grandes et seules divisions de la nation.L’aristocratie, par ses souvenirs historiques et ses richesses, exerce un empire immense sur les idées, ou plutôt elle se considère et elle est presque considérée par le peuple comme une puissance qui ne pourrait être renversée que par le renversement de la nation elle-même.Elle est d’ailleurs si sage et si éclairée qu’elle ne s’expose jamais inutilement.Elle connaît la fragilité des choses humaines; elle sait que tout passe avec le temps.Elle ne s’oppose donc point aux progrès des choses et des idées.Elle s’étudie seulement à y prendre part de manière à faire rejaillir sur elle-même la.plus grande partie de l’illustration personnelle qui en résulte; elle vote dans la législature pour les améliorations en toute chose, et ouvre ses rangs avec ha- Cette presse exerce une grande influence non seulement sur les opinions de la nation, mais sur celles de toute la race anglaise GRC R< JUPE maud-Bray — «uüiwmii»—(garnmi—— | PALMARÈS ^ * du 18 au 25 juillet 2000 1 i POLAR Soins intensifs 8 C.Brouillet courte échelle 2 DICTION.1 Collectif Larousse 3 SPIRITU.L’art du bonheur * 73 Dalaï-Lama R.Laffont 4 ROMAN Avant de te dire adieu 8 M.Higgins Clark Albin Michel 5 ROMAN Fille du destin * 8 Isabel Allende Grasset 6 POLAR Prisonniers du temps 8 M.Crichton R.Laffont 7 ROMAN Et si c'était vrai.27 Marc Lévy R.Laffont 8 POLAR Le testament 11 John Grisham R.Laffont 9 B.D.Le petit Spirou n" 9 - C'est pas de ton âge! 6 Tome & Janry Dupuis 10 POLAR Napoléon Pommier 6 San-Antonio Fleuve noir 11 ROMAN Q.L'autruche céleste 23 lléana Doclin Flammarion Q.12 POÉSIE Q.Erreur d'impression 6 Daniel Bélanger coronet liv 13 ROMAN Harry Potter and the Goblet of Fire 3 J.- K.Rowling Bloomsbury 14 PSYCHO.À chacun sa mission 35 Monbourquette Novalis 15 ROMAN Véronika decide de mourir 16 Paulo Coelho Anne Carrière 16 ROMAN Maintenant et pour toujours 5 Danielle Steel Pr.de la Cité 17 ROMAN Le bonheur en Provence ?15 Peter May le Nil 18 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) * 46 Henriette Major Fides 19 ROMAN Le périple de Baldassare « 10 Amin Maalouf Grasset 20 PSYCHO.La guérison du cœur 25 Guy Corneau L'Homme 21 SANTÉ Le corps heureux 15 T.Cadrln-Petit L'Homme 22 ROMAN City 10 A.Baricco Albin Michel 23 ESSAI Q.La crise d'Oka 2 John Ciaccia Leméac 24 ROMAN Un parfum de cèdre * 45 A.-M.Macdonald Flammarion Q.25 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 42 P.J.D'Adamo du Roseau 26 ROMAN Bridget Jones : l'âge de raison 6 Helen Fielding Albin Michel 27 ROMAN Balzac et la petite tailleuse chinoise * 23 Dai Sijie Gallimard 28 CUISINE Sushi faciles 8 Collectif Marabout 29 POLAR La lune était noire 8 M.Connelly Seuil 30 GUIDE Plaisirs d'été pas chers, éd.2000 9 Alain Demers Trécarré 31 POLAR La ville de glace 22 John Farrow Grasset 32 B.D.Album Spirou n' 254 6 Tome & Janry Dupuis 33 Sc.FICTION L'empire des anges 13 Bernard Werber Albin Michel 34 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous * 143 1.Nazare-Aga L'Homme 35 ROMAN La pierre de lumière, tome 1 - Néfer le silencieux 10 Christian Jacq XO éditeur 36 ESSAI Q.Marcel Tessier raconte.19 Marcel Tessier L'Homme 37 Sc.FICTION Vittorio le vampire 6 Anne Rico Plon 38 BJOGRAPH.C'est comment l'Amérique?16 Frank McCourt Belfond 39 ROMAN Vers chez les blancs 12 Philippe Djlan Gallimard 40 HORREUR Hannibal * 27 Thomas Harris Albin Michel Livres -format ooche 1 ROMAN Geisha « 11 Arthur Golden Livre de poche 2 B.D.DragonBall n’ 41 7 Akira Toriyama Glénat 3 ROMAN Les cendres d'Angela 9 74 Franck McCourt J'ai lu 4 ROMAN Le journal de Bridget Jones e 24 Helen Fielding J'ai lu 5 ROMAN Comment voyager avec un saumon 25 Umberto Eco Livre de poche * :Coup« Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS Notre catholicisme et le petit bonheur •'•L "., RAYMOND LEMIEUX IEAN-PAUL MONTMINY LE CATHOUCISME QUÉBÉCOIS Raymond Lemieux et Jean-Paul , Montminy Éditions IQRC Sainte-Foy, 2000,144 pages LA MÉMOIRE HEUREUSE.LUMIÈRES PERSONNELLES SUR LA GRANDE NOIRCEUR Monique Boucher-Matte Éditions Septentrion, Sillery, 2000,128 pages Publié dans l’éclairante collection «Diagnostic», Le Catholicisme québécois, des sociologues Lemieux et Montminy, tous deux de l'Université Laval, pose la question sans détour: «le christianisme d’ici a-t-il un avenir?» Leur réponse, rigoureuse et prudente, prend la forme d’un parcours en trois temps: «un regard historique sur la réalité religieuse du Québec» de la Conquête à 1960, une analyse du choc culturel et social que fut la Révolution tranquille et un essai de prospective qui s’appuie sur «une lecture de l’actualité dans son dynamisme spécifique».Leur regard historique, quoique critique, se veut surtout compréhensif et indulgent.Les auteurs expliquent ainsi «l’alliance objective du gouvernement de l'Église et du gouvernement de la Colonie» d’après la Conquête, en pointant un souci commun de préservation de la paix sociale nécessaire aux deux instances.En ce sens, ils préfèrent parler d’une Église opportuniste plutôt qu’obscurantiste.Appauvrie dans une société dqminée, selon leurs termes, cette Église fournira un socle ideptitaire à un peuple fragilisé.A partir de 1840, enfin reconnue officiellement, elle fait le plein de forces nouvelles et elle devient «une Eglise cadre dans une société en développement».Ronnière dans les domaines de la santé et de l’éducaiion (enseignement obscurantiste?Les auteurs répliquent: «Y a-t-il une différence structurelle entre compter des Ave et compter des Big Macs?»), elle représente «une sorte de matrice culturelle» qui traverse tous les champs de l’expérience personnelle et sociale.L’ultramontanisme triomphant de la fin du XK' siècle la voit à son apogée dans ce rôle.qui tire à sa fin.L’épreuve de la modernité ébranle ce petit temple québécois.L’urbanisation accélérée et ses conséquences en terme de complexification sociale modifient la donne.Lemieux et Montminy rappellent que le défi mç>-derne fut souvent relevé par l’Église en insistant, entre autres, sur les réalisations pédagogiques des frères éducateurs (en éducation de masse, en enseignement de l’agriculture, en initiation aux sports), mais le choc à venir relève d’une ampleur jamais vue et ses causes proviennent tout autant de l’intérieur que de l’extérieur de l’institution religieuse.Le phénomène a été raconté mille fois: au moment où les structures d’encadrement social entrent dans une phase de sécularisation radicale, où les mass médias modifient la dynamique dp changement social, l’Église se lance dans un aggiornamen-to.Au Québec, la crise est globale et bouillonnante.D’un côté, on assiste à la chute des pratiques, au tarissement des vocations, aux «sorties» (les défroqués) et la crédibilité des institutions chrétiennes est questionnée.De l’autre, ce cataclysme provoque une quête d’authenticité au sein même de la foi catholique (renouveau catéchétique, mouvement communautaire et charismatique) qui indique que la source inspire encore.Reste que, tout compte fait, les choses ne seront plus jamais comme avant.En fin de parcours, Lemieux et Montminy se tournent vers demain à partir de l’aujourd’hui brouillé: «Quels sont les projets possibles pour les héritiers du catholicisme québécois?» A l’heure du «marché du sens», de la culture religieuse marginalisée et des repères culturels évanescents, comment entrevoir l’avenir et, surtout peut-être, contribuer à le faire?Un trop-plein de croyances Les sociologues nous obligent d’abord à une prise de conscience: «La difficulté rencontrée par les Québécois d’aujourd’hui, en ce sens, n ’est pas de croire.Ils sont au contraire saturés de croyances.Elle est de croire avec d’autres et d’inscrire leur expérience croyante dans l’histoire et dans la société.» Comment, en d’autres termes, contrer la tentation débilitante du solipsisme de la croyance privée ou sectaire et inscrire notre démarche dans le monde, qui est toujours social?Ce nouveau défi qui s’offre au christianisme (Nouveau?Fernand Dumont disait qu’il est «de la nature même du christianisme de vivre en état de crise»), Lemieux et Montminy le résument en un projet exigeant: «Il consiste à concilier la participation à la cité et la volonté de donner vie au meilleur de ses traditions.» Les laïcs engagés doivent y trouver leur place, de même que les femmes, sans lesquelles le catho- licisme en acte à l’heure actuelle ressemblerait à une peau de chagrin.Faut-il ajouter, aussi, que la parole sans les actes serait comme le grain jeté dans la pierre?Ouvrage modeste et tout en nuances, Le catholicisme québécois s’adresse à tous ceux que l’évolution sociale et culturelle du Québec intéresse.Ni théologiens ni agents recruteurs pour une confession en quête de renouveau dans la fidélité, Lemieux et Montminy font ici œuvre d’éclaireurs discrets: «Ce livre n ’est pas une histoire du catholicisme québécois.Il se veut avant tout une recherche d’intelligence de ce catholicisme comme fait social.» Inspirant diagnostic: la compréhension et l’accompagnement plutôt que la hargne ou la complaisance.Le livre du petit bonheur La Grande Noirceur ne fut pas sombre pour tous et il fait bon lire les souriants souvenirs de Monique Boucher-Matte dans La Mémoire heureuse, un petit ouvrage sans prétention qui parle d’une enfance québécoise des années 1938-1942 vécue dims le quartier Saint-Henri et la très proche banlieue montréalaise.Le préfacier Jean Du Berger rè sume l’ensemble avec quelques mots-clés qui deviennent ici des univers où règne le bonheur tranquille: la maison, l’école, le voisinage, la paroisse, la ville, la campagne et la musique.Famille de classe moyenne, ordinaire pourrait-on dire, les Boucher mordaient dans la vie en faisant du quotidien le lieu d’un émerveillement sans ostentation.En 1938, Monique a dix ans.Aujourd’hui, dans un style délicat qui fuit toute enflure, elle se souvient des calmes fins d’été qui annonçaient la rentrée des classes, des hivers éclairés par la joie de Noël («Pendant que nous dormions, Jésus naîtra.Comme nous étions heureux, la nuit de Noël!»), des printemps légers et des étés à bicyclette.«Les années de “Grande Noirceur” au Québec?écrit-elle.Allons donc! On y voyait, je crois, assez clair chez nous.» Parce qu’il y avait, omniprésente, la musique, celle du père organiste amateur, celle de Wilfrid Pelletier et de ses Matinées symphoniques, celle de l’abbé Gadbois chantée en famille.Parce qu’il y avait, aussi, l’école des religieuses et les rendez-vous liturgiques qui rythmaient l’existence en lui insufflant du sens, souvent même celui de la fête.Parce qu’il y avait, enfin, la radio et tjes vont réconfortantes.À dut, douze ans, même les sifflets des manufactures de Saint-Henri et les rumeurs de la guerre ne parviennent pas, et c’est très bien ainsi, à troubler l’ordre heureux du monde.Monique Boucher-Matte a voulu témoigner de ses «lumières personnelles».Elle ne joue pas à la sociologue parce qu’elle sait bien que «somme toute, la “Grande Noirceur", ce n'était probablement pas une invention.».Son livre est celui d’une enfant qui eut la chance, qui ne fut pas donnée à tous, de^sourire et de grandir dans la joie, sans inquiétude.11 nous dit, sans faire thèse, que le bonheur fait aussi partie de l’histoire.Douce lecture.louiscornellietiqparroinfo.net Louis Cornellier ?ROMANS DE L’AMÉRIQUE Sur la route des Hell’s Angels REUTERS L’idée de base, si je comprends bien l’auteur, est que les Hell’s représentent le dernier avatar du pionnier américain libre et insoumis, un dévoreur d’espace ne se pliant à d’autres lois que celles énoncées par les codes d’honneur en vigueur à l’intérieur du clan.LOUIS HAMELIN La curiosité est la morale de notre temps.J’ai déjà écrit cette phrase quelque part, et, sans vouloir me vanter, je trouve que je suis parfois capable d’avoir raison presque aussi bien qu’un autre.Le tourisme, sous sa forme primitive de déplacement physique ou celle, plus sophistiquée, que permet maintenant Internet à travers les savoirs, semble bien devoir devenir la pose intellectuelle dominante, sinon même la forme définitive privilégiée par la vie humaine.Pour rentabiliser la saison hivernale, on fait maintenant du «storm watching» sur la côte ouest de l’île de Vancouver et, si les tornades étaient par nature plus prévisibles, nul doute qu’elles seraient suivies par des autocars bondés et commentées, micro au poing, par un étudiant en météorologie.Je songe aussi aux vieilles industries obsolètes qu’une subvention gouvernementale, surtout dans le comté de Shawini-gan, permet de transformer en un clin d’œil en halte obligatoire avec petit dépliant inclus sur le chemin sans imagination des congés payés.C’est désormais ce regard à jamais extérieur aux choses qui semble primer: le bourrage de crâne plutôt que la réflexion: l’accumulation chaotique des images et des sites, plutôt que la compté hension, et la continuité d’une histoire.J’en trouve une autre preuve jusque dans le récit haletant que fait Hunter S.Thompson, ancien journaliste viré auteur de livres, de la saga des Hell’s Angels, saisie ici dans toute sa «pureté originelle», si l’on peut dire, du début des années 60.Hunter est un spécimen rare: un intellectuel ou, à tout le moins, quelqu’un qui gagne sa vie à l’aide d’un stylo, se voit accorder l’insigne permission de suivre les Hell’s pendant plus d’une année sur les routes si justement célébrées de la Californie de l’ère acide, de la période Beach Boys, des happenings du Hashbury et j’en passe.L’idée de base, si je com- prends bien l’auteur, est que les Angels de cette période, qui n’ont encore presque rien à voir avec les chic gangsters cotés en bourse que nous connaissons (pas personnellement: je me fais un point d’honneur, pour ma part, de refuser leurs invitations à déjeuner dans le nord de la ville), les Hell’s, bref, représentent le dernier avatar du pionnier américain libre et insoumis, un dévoreur d’espace ne se pliant à d’autres lois que celles énoncées par les codes d’honneur en vigueur à l’intérieur du clan.Un cavalier furieux et intrépide qui réalise avec sa monture le même genre de mariage symbolique qu’a idéalisé le cowboy des plaines en selle du matin au soir.Voilà pour le mythe.Un folklore bien connu Thompson possède une écriture efficace et frondeuse, que viennent déformer, dans cette traduction, quelques malheureuses poussées d’argot hexagonal, une écriture bien dans la ligne du nouveau journalisme où le narrateur, situé en plein cœur de l’action, lui-même partie prenante au reportage-récit, est capable d’épouser les états d’esprit de son sujet.Il sait même éviter de verser dans une subjectivité emphatique à la Torn Wolfe (voir Arid Test, par exemple).On peut passer rapidement sur les éléments de folklore les plus connus, ce romantisme à rebrous-se-poil des viols en série, bagarres homériques et raids lancés sur des petites villes réduites à l’état de panique.Tout ça est bien croustillant, propre à satisfaire les vilains appétits voyeurs.Ce qui m’intéresse davantage, c’est cet autre appétit dont vont presque tout de suite faire preuve les Hell’s pour une couverture médiatique dont les débordements, alliant les références cinè matographiques aux peurs profondes d’une Amérique toujours soucieuse de protéger ses vierges blanches de toute menace sexuelle brute, les feront passer du rang d’ennemis publics à celui de stars instantanées.Bien sûr, tout en cultivant la brutalité, ils feignent de s’offusquer de certaines exagérations tendant à les présenter sous les traits de violeurs dégénérés (sur la question du consentement, ils privilégient, définitivement, une approche à l’ancienne).Mais il est presque attendrissant, finalement, de les voir s’inquiéter tous ensemble du contenu de tel article, comme des prê cheurs du dimanche qui auraient leur message œcuménique à livrer, puis, plus loin, se mettre pratiquement en ligne pour accorder des entrevues et savourer, ainsi, leur broussailleuse binette à la une des magazines, simples mortels désireux de goûter à la notoriété, comme n’importe quel naif de l’ère Warhol.Et s’ils se fâchent contre les journalistes (et contre Thompson, qui finira par prendre une raclée), c’est uniquement parce qu’ils estiment que le magot leur passe sous le nez.Il faut leur rendre cette justice: les Hell’s avaient sans doute moins à cacher, à l’époque, qu’aujourdhui.Thompson relate une virée du 4 juillet effectuée dans un bled de montagne appelé Bass Lake, près du parc national de Yosemi-te.Le choc promet.La horde sauvage s’approche, monopolisant les routes, au moment pré- cis où la paisible villégiature se remplit de familles venues s’épanouir au grand air.Radios et journaux regorgent de nouvelles alarmistes.Un reportage sensationnel du Life ne permet aucune illusion: les Angels sont bien les hors-la-loi assoiffés de sang que tout le monde redoute.La milice patriotique locale, red-neck à souhait, est sur la brèche.Or, que se passe-t-il?Les guerriers du mal, se rendant en bande acheter de la bière au supermarché du coin, ont la surprise de se retrouver «au milieu d'une foule impatiente [attendant] l’arrivée du Cirque des Voyous vanté par Life».Un type en bermuda, caméra super huit en main, demande alors à leur chef de prendre la pose.Morale des temps: sous l’œil désamorceur du touriste (cette force contemporaine), aucun méchant ne peut serrer les mâchoires très longtemps.Le Mal lui-même en perd ses dents.Il devient rentable lui aussi.Que peut-il bien faire d’autre?L’enfer est une attraction touristique.Cheese.Pour avoir affaire à un tourisme plus conventionnel, on lira Rhum Express du même Thompson, livre commencé en 1959, et qui ne vit le jour qu’en 1998 aux États-Unis.Porto Rico.Soleil, cuites répétées, faune minable de journalistes paumés qui se comportent, en cette terre outrageusement conquise de la sphère yankee, comme autant de petits rois déclassés.Mais les forces occultes qui grondent autour d’eux, et qu’ils préfèrent ignorer, leur feront peut-être payer ce regard de pilleurs de paradis désabusés qu’ils promènent autour d’eux.Promu scribe mercenaire par une clique d’investisseurs étrangers («votre job.vendre cet endroit»), le héros constate: «J’étais payé vingt-cinq dollars par jour pour bousiller le seul lieu au monde où j’avais éprouvé une certaine paix.» Du golf, avec ça?HELL’S ANGELS Hunter S.Thompson traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Durastanti Robert Laffont Paris, 2000,346 pages RHUM EXPRESS Hunter S.Thoippson traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen Robert Laffont Paris, 2000,268 pages Louis Ha m e li n ?LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Comment «pinser» en sicilien LE COUP DU CAVALIER Andrea Camilleri Traduit de l'italien (Sicile) par Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza loria (pour le sicilien) et d’Emilia et Tiziana Piccone (pour le génois) Editions Métailié Paris, 2000,228 pages JOHANNE J A K RY Ce n’est pas un hasard si ce roman a nécessité le travail et les connaissances de trois traducteurs.Si on devait résumer Le Coup du cavalier de l'auteur italien Andrea Camilleri, on pourrait dire que celui qui connaît la langue d'un pays maîtrise sa logique, la façon de «pinser» (traduction du sicilien) de ses habitants.Et comme le constatera Giovanni Bovara, nommé inspecteur à Vigàta, en Sicile, en septembre 1877, cette connaissance du sicilien s’avérera essentielle à l’exercice de ses fonctions: faire régner la justice.Bien que Bovara soit né en Sicile, c’est à Gênes qu’il a grandi.11 a génétiquement tout ce qu’il faut pour comprendre le sicilien, mais c’est en génois qu’il a appris à penser, et c’est dans cette langue (k logique propre à cette langue) qu’il exerce ses fonc-tions.Ce qui ne sera pas une mince tâche à Vigàta où la corruptiop mène le bal.A preuve: les deux inspecteurs qui ont précédé Bovara ont été tués sans que quiconque en soit inquiété.Pourtant, Giovanni Bovara est bien déterminé à mettre fin aux arnaques financières de ces messieurs de Vigàta.Mais ses ennemis sont habiles et, atout majeur, ils parlent une langue que lui, Bovara, maîtrise fort mal, ce qui l’empêche de prévoir les coups.Résultat?Il aboutit en prison grâce à une machination qui, bien que cousue de gros fil blanc (pour le lecteur), laisse le chemin libre aux malfaiteurs.Mauvais calcul de leur part; ce séjour à l’ombre tient lieu de voyage d’immersion et permet à Bovara de se réapproprier sa langue natale.Désormais, il sait comment jouer pour mettre ses adversaires en échec.Dans ce roman presque fable politique, Andrea Camilleri exprime plusieurs subtilités reliées à l’usage de la langue.Sans le travail exceptionnel des traducteurs, ces subtilités ne seraient jamais parvenues au lecteur français.On doit à Serge Quadruppani (principal traducteur de ce roman) une ingéniosité langagière respectueuse du style de Camilleri, très inspiré par le dialecte sicilien.Ce traducteur fréquente l’œuvre de Camilleri depuis longtemps.Il a aussi traduit en français: La Forme de l’eau, Chien de faïence (deux polars publiés chez Fleuve noir) et L'Opéra de Vigàta (aussi chez Métailié).Mentionnons que les romans policiers font un malheur en Italie où Camilleri, à l’âge de 74 ans, fait office de star littéraire.Espérons que ce statut accélérera la vitesse de traduction de ses livres.Car Am*-' a Camilleri esf un auteur dont L.livres sont savoureux se lisent comme de courts séjours (économiques) en Sicile.Dans ce roman presque fable politique, Andrea Camilleri exprime plusieurs subtilités reliées à l’usage de la langue AndroaOamillm L(C(>u| > ' dimwalier - i I) G L K DEVOIR.L E S SAMEDI 29 ET DI M A X C II E 30 JUILLET 2 0 0 0 Livres ai BLEUE.COMME UNE ORANGE Le pays de la fiction et de la lumière La Chine, le Brésil, la Grèce, l’Égypte, New York, le Grand Nord des Inuits, l’Italie, l’Argentine, la Gaspésie et l’Afrique: voilà où vous emmène le cahier Livres du Devoir au cours des prochaines semaines, si vous refusez, vacances ou non, et où que vous soyez, quoi que vous fassiez, de vous départir de votre cher journal pour la période estivale.Vous serez en bonne compagnie et, au premier chef, avec Aline Apostolska.Tous les jeudis soirs de l’été, sur la Chaîne culturelle de Radio-Canada, celle-ci anime Bleue comme une orange, une émission qui réunit un écrivain et un artiste pour engager un dialogue culturel et poétique des plus évocateurs autour d’un pays.Hélas! la radio, formidable créatrice d’atmosphères, est éphémère.Qu’à cela ne tienne: Le Devoir saura retenir ces paroles fugitives.Chaque samedi, retrouvez la version écrite spécialement pour vous de ce qui vous aura charmés trois jours plus tôt.Cette semaine: l’Italie de Paola Baggio et Normand de Bellefeuille.ALINE APOSTOLSKA Paola Baggio est née à Bassano del Grappa, village montagneux de la Vénitie, où l’on fait la meilleure grappa.Arrivée à Montréal avec ses parents à l’âge de six ans, elle a grandi dans le quartier de la petite Italie avec sa famille.Après des études en biologie, elle s’oriente vers l’enseignement pour être aujourd'hui professeur en 6' annép du primaire à l’école Lanaudière.A 14, 21 et 25 ans, elle est retournée dans le pays de son enfance pour raviver la part italienne d’elle-même qu’elle désire conserver et cultiver.Normand de Bellefeuille est né à Montréal.Parallèlement à son métier d’enseignant du secondaire, il a mené une brillante carrière d’écrivain, poète et romancier.Aujourd’hui éditeur chez Québec-Amérique, il œuvre pour établir des ponts entre les littératures italienne et québécoise, trouvant ainsi l’occasion de retourner dans le pays qui depuis l’adolescence le fascine, «pays du mensonge et de la lumière», où il se sent comme dans les «vues» qui ont nourri son adolescence.Pays du mensonge et du paraître Im figure de l'Italie dans le.roman québécois: fantasme, métaphore, mais aussi.mensonge.C’est sous ce titre polémique que Normand de Bellefeuille a présenté sa dernière tournée de conférences auprès des élites universitaire et littéraire italiennes, exprimant ainsi clairement le rapport de fascination et d’inspiration qui, depuis l’adolescence, le lie intimement à ce pays, ou plutôt ces pays, puisque l’Italie n’est pas une, mais multiple.S’y ajoute sa perception singulière, littéraire, mais surtout cinématographique, du pays, de cette culture si ancienne apte à réveiller en nous des perceptions sensorielles - lumière, chaleur, couleurs, sons, odeurs - qui au Québec lui semblent plus neutres.D’essentielles perceptions sensorielles, de belles endormies qui chuchotent à l’oreille de notre mémoire subjective et sélective.On pourrait penser que des images de Ben-Hur et de Quo Vadis à une confrontation avec la vraie Italie et les vrais Italiens, Normand de Bellefeuille aurait fait une traversée vers le réel en se coltinant physiquement à ce qui fut pour lui fiction.Il n’en est rien.Il affirme «chercher le metteur en scène et l’éclaira-giste», comme si toute l’Italie était Cinecittà, et succomber à un fol besoin de mythifier le récit de ses voyages, alors qu’il n’a de discours que «strictement documentaire» lorsqu’il revient, par exemple, de SOURCE TEI.E-QUEBEC Un symbole impérissable de la séduction italienne: Marcello Mastroianni, qu’on voit ici dans une scène du film La Peau, en compagnie de Claudia Cardinale.France ou d’Ecosse.Au chapitre de l’Ecosse, l’essayiste Jacques Allard serait sans doute plus près du processus de «mythologisation», mais cela est une autre histoire, et peut-être l’objet d’une future émission.Pourquoi donc cette perception d’un mensonge italien chez Normand de Bellefeuille?L’Italie reste certes la terre de la création artistique, de la commedia dell’arte, des conventions et des images que Ton a besoin de donner de soi.Il s’empresse néanmoins de préciser qu’il parle bien de son mensonge à lui, et non de celui des Italiens.Evidemment, quitte à être dans le jeu, autant y croire pleinement, et le jouer en toute sincérité.C’est cela que confirme Tltalo-Montréalaise Paola Baggio.Revenant vers le pays de son enfance avec une vision nord-américaine, elle n’a pu échapper au filtre d’un irréductible discernement: «Je n’ai pu m'empêcher de constater à quel point il fallait se plier aux règles du paraître.Avoir l’air toujours souriant, toujours bien habillé, toujours partir en vacances.».Les «vues», les films qui ont peuplé Tadolescen- !il LE SYMPOSIUM de la nouvelle peinture du 4 août au 4 septembre ARTISTES SÉLECTIONNÉS Sébastien Dion Sotte Fékété Yechel Gagnon Fred Latorge François Lemay Alexis Robert Suzanne Gauthier Scott MacLeod Anicet Boka Valérie John Sandrine Mahieu-Geoiges Abderrazak Sahli ARTISTES INVITÉS Che Chuang Françoise Sullivan Jimniey Québec Canada s?' .Nouvette-Écosse Colombie-Britannique Côte-d'IvoIre Martinique France Tunisie New York Mnntrèni Afrique Europe il Afrique du Nord États-Unis Canada mm 4L .G.v - ; ' - ‘v les 24 Cl 25 pour COLLOQUE .FAIRE OEUVRE LE FIL DE LA METIS ¦ «xo la préstdonc* d’honneur de René Raiseron LES PARTICIPANTS: Jocelyne Altoucherie (Québec).Ignorer, explorer, jalonner Élione Chiron (Parts), le fil rouge de la métis ou les ruses de l'oeuvre à taire Edmond Couchol (Paris).Du métissage à l'hybridation Françoise le Gris (Montréal), (e désir voilé Claude Thérlen (Trois-Rivières), Valéry et les sollicitations, poiétiques de to sensibilité tormelle Paul Lussiei (Chicoutimi).Exposer: les mots de peinture Francine Chaîné (Québec).Une poïélique d accompagnement: ta direction d'étudiants diplômés en arts visuels Cécile Cloutier (Toronto), La faisance ’ de t'oeuvre d'art Derrick de Kerkhove (Toronto), La peinture numérique: métissages, collages et nouvelles palettes Coslin Miereanu (Paris), Interlaces du sonore et du visible René Passeron (France), t ort et le comme-si Bernard Paquet (Montréal), te diagramme à l'oeuvre Les 2 et 3 septembre FORUM LE SYMPOSIUM, UN EVENEMENT EN PERSPECTIVES ET EN PROSPECTIVES- LES PARTICIPANTS Hedwidge Asselin, Normand Biron.Guy Durand.Claude-Maurice Gagnon.Francois-Marc Gognon.Ninon Goulhiei.Paul Lussier, Bernard Paquel PEINTURE MÉTIS UN ÉVÉNEMENT R F N D U POSSIBLE GRACE ce de Normand de Bellefeuille, trouvent ainsi un écho réel dans le spectacle de soi que Ton doit offrir à ses voisins, cultivant son intimité à Tombre du qu’en-dira-t-on.Beauté, convivialité, exubérance et tutti quanti.La culture nord-américaine, adonnée à la recherche d’authenticité et de conscience, trouve là ses limites.La vieille Europe ne s’offusque pas d’évoluer dans le paraître, et plus on se rapproche de ses racines latines et méditerranéennes, plus on est près de la liberté d’être dans le spectacle, avec toute l’extraordinaire part de convivialité, de faconde, toute cette douceur de vivre indissociable du fait de se sentir vraiment en vie, et peu importe que ce soit au prix de quelque indispensable théâtralité.Toute une vision du monde façonnée par le fait de vivre quotidiennement, et depuis toujours, dans la beauté, les traces historiques — «ce décor qui a beaucoup servi» — la luxuriance végétale, l’odeur enivrante de la peau et de la nature surchauffée par l’omniprésence solaire, toute cette prépondérance du paraître en effet, mais d’un paraître tellement véridique que seul Fart peut véritablement en traduire l’intensité.Selon mes invités, dans le cas de l’Italie, Tart semble plus révéler le vrai que le travestir.Tout cela qui est si normal pour un Italien dont les yeux sont habitués à vivre dans l’abondance, «et si séduisant pour un Nord-américain» comme se plaît à le reconnaître de Bel-lefeuiile.Tout ce qui manque à Paola aussi, malgré tout, à Montréal, elle qui tient tant à conserver ses images, ses odeurs qui font remonter les souvenirs et lui permettent de s’ancrer dans ses racines éloignées, mais non trahies.«Je veux garder en moi toutes cette mémoire et cette beauté, affirme-t-elle, pour ne pas trahir complètement mon pays.» La trahison reste la véritable hydre de l’exil, et le souvenir, la seule épée qui puisse lutter contre un tel mortifère dragon.Souvenirs souvenirs, et plaisirs.Si quitter c’est trahir, ne pas oublier c’est travailler fort à conserver la langue.Par amour de sa deuxième langue, le français, Paola Baggio est devenue enseignante du primaire.Mais elle a conservé sa langue, son dialecte vénitien, qu’elle parle encore avec ses parents, en plus d’avoir récemment choisi de retourner vivre dans le quartier montréalais de la Petite Italie.Cette langue qui est en soi une chanson, pareille à celles qu’elle chantait enfant et dont, spontanément, elle retrouve les paroles en studio.Cette langue poétique et vive, mouvante d’une région à l’autre, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, selon qu’il s’agisse d’un opéra donné à la Scala de Milan, d’un poème, d’une sérénade accrochée aux trompe-l’œil de la côte ligurienne, des psalmodies d’Assises, de la retenue de Sienne, des disputes de Naples, de l’excès de fiction de Florence, ou d’une langoureuse incantation amoureuse d’Adriano Celentano dont la mère de Paola peuplait sa cuisine et d’une larme nostalgique, peut-être, assaisonnait ses plats.Car qui dit mémoire évoque évidemment des goûts, et autant que l’omniprésence artistique et musicale, TItalie ne va pas sans le souvenir des plats accrochés au palais avec l’adhérence de la fidélité.Paola Baggio évoque la polenta, le co-teccino, la choucroute typique des régions du Nord, et m’explique que les Italiens privilégient les réunions à la table familiale aux sorties au restaurant.Normand de Bellefeuille s’honore de manger «tout et n’importe quoi», ayant écumé tous les restaurants italiens de Montréal avant de s’adonner à une découverte enchanteresse des plats régionaux lors de ses tournées italiennes.Vitelo tonato, bolo misto, scalopine accompagnées de combinaisons inattendues et colorées, grillades de fruits de mer, on découvre en lui le connaisseur que sa sveltesse ne laisserait pas soupçonner.Je ne peux pour ma part m’empêcher de penser que si les Italiens privilégient les repas maison, le succès de la célèbre trattoria dai Baffoni se justifie sans doute, comme me l’expliquait son propriétaire, par le fait que depuis toujours on y sert «ce que les Italiens de souche avaient l’habitude de manger chez eux».Souvenir impérissable de la marna, et du lieu stratégique que constitue la cuisine.Québec - Italie On sait que parmi les communautés qui ont successivement peuplé et façonné Montréal, la communauté italienne est Tune des mieux intégrées.Selon Baggio, cela tient «aux points communs entre Italiens et Québécois», plus nombreux qu’on ne le croit: le sens de la solidarité communautaire, la place centrale de la mère, sans doute aussi la prépondérance de la religion romaine et apostolique qui, en Italie comme au Québec, a longtemps imprimé sa marque, par le biais aussi de ses excès.J’évoque Casanova, caricature d’une morale grégaire où, depuis trop longtemps, Vénus à sa proie est attachée et où «on est puni par là où on a péché» comme dans la mieiuç huilée des spirales dantesques.A ce chapitre, Paola Baggio confirme que TItalie lui semble encore imprégnée de cette interprétation catholique du texte «même si les générations changent et ne suivent plus les interdits d’antan».Elle, l’Italienne, et lui, le Québécois, ont d’ailleurs aussi en commun d’avoir rejeté le joug catholique de leur enfance, elle en bifurquant très tôt vers les sciences et la biologie, lui en versant dans l’athéisme sans compter l’indispensable rébellion que stipule en soi le métier d’écrivain.Les rapports homme-femme en portent particulièrement l’empreinte, constituant sans doute une différence sinon une incompréhension majeure, entre les conceptions italienne et québécoise, non pas des responsabilités familiales mais de la séduction, de son rôle et de ses codes.Alors que le traditionnel culte du héros encore si vif en Italie cache mal l’androgynie intrinsèque à la divinisation héroïque même, les Italiens entretiennent leur art de la séduction, «une façon de regarder les femmes comme des œuvres d’art» et de les glorifier comme telles, plus désireux du jeu de la conquête que de sa seule issue consommatrice.Normand de Bellefeuille, qui avoue un net attrait pour les talons hauts des Italiennes, se voit même obligé d’expliquer à ses amis italiens de passage que les Québécoises n’ont pas l’habitude d’être prises pour des icônes.Ou que, comme Paola Baggio, elles n’y croient pas.«La sérénade c’est agréable, dit-elle, mais un moment seulement.» Elle regrette là encore une certaine résurgence de la fiction dans des rapports de séduction trop codés.Malgré ses racines qu’elle tient à conserver, la culture nord-américaine lui a donné le goût des rapports authentiques, pour ne pas dire égalitaires.Mais pour Normand de Bellefeuille, qui a inauguré le futur studio des Ecrivains Québécois à Rome, la littérature reste le plus grand lieu de complicité et d’échanges, faits de reconnaissance et de différences, et de reconnaissance des complémentarités mutuelles, entre écrivains italiens et québécois.11 y travaille fort et se réjouit que des auteurs comme Micone, Calabrese ou Alfonso aient trouvé leur juste place au Québec, mais aussi que des écrivains de langue française soient si immédiatement intégrés en Italie.Peut-être les Italiens apportent-ils aux Québécois ce qu’ils leur manque.«Ils nous ont appris à manger et nous, on leur a appris à manger moins vite», me répond-il.Ce n’est pas moi qui le contredirais: la littérature ne s’adresse-t-elle pas d’abord à nos tripes?Cette série estivale est issue d’une collaboration spéciale entre Le Devoir et la Chaîne culturelle de Radio Canada.Tous les samedis de l’été, Aline Apostolska offre la version écrite de l’émission Bleue comme une orange, diffusée le jeudi à 22h sur les ondes de la Chaîne culturelle, 100,7 FM.Cette émission vous invite au voyage et à la découverte, en compagnie d’écrivains et de voyageurs de renom.Bleue comme une orange est aussi un voyage sonore et musical réalisé par Clotilde Seille.bleucommeuneo-range@montreal.radio-canada, ca.Jeudi 3 août, à 22h: New York avec Jacques Parmentier et Peter Schubert.100,7FM.LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Une Iranienne en exil IRAN, LES RIVES DU SANG Fpriba Hachtroudi Éditions du Seuil Paris, 2000,300 pages NAÏM KATTAN Fariba Hachtroudi vit en France.En 1979, elle dénonça les crimes commis dans son pays depuis la révolution khomeynis-te.Elle effectua en 1985 un voyage clandestin en Iran dont elle évoqua les péripéties dans son premier ouvrage: L’Exilée, publié en 1991.Iran, les rives du sang est un ouvrage de combat.Fariba Hachtroudi est une militante de l’opposition; elle anime une association humanitaire de résistance iranienne.Il ne s’agit cependant pas ici d’un document ou d’un essai.Hachtroudi a emprunté la forme du roman pour raconter l’histoire du meurtre d’une vieille femme, crime qui ne fat jamais éclairci.À partir de Paris où elle réside, la fille de la victime fait conduire l’enquête par un inspecteur de po- lice, Tadjik.Policier de métier, celui-ci a servi sous la police secrète du shah, la Savak, avant de se recycler dans celle des imams.Or il est accablé de remords, tiraillé par des cris de conscience.Afin que Tadjik puisse poursuivre son enquête, la reprendre, cette fille lui fait parvenir de son lointain refuge un «livre rouge» où elle donne sa version du crime.Le policier entreprend son travail et nous le livre en une alternance de pages de journal de sa correspondance et du compte rendu de ses activés.Plusieurs personnages doubles, ambigus alimentent cette poursuite des faits.L’auteur dénonce les crimes, d’abord et surtout ceux perpétrés contre les femmes.Une doctoresse du nom de Naguesse révèle des dessous horribles: des femmes réduites à la prostitution, contraintes à Tavortement dans une société qui affiche ostensiblement son moralisme.On découvre que la femme dont on a camouflé l’assassinat en suicide et qui s’appelle Echq («amour» en iranien) est, en fin de compte, le symbole de toutes les Iraniennes.Celle-là, dans sa communication avec sa fille qui vit en exil, écrit: «Demanderas-tu encore comment je suis morte, ma fille?De mille et une façons durant les mille et une nuits de barbarie ordinaire, tolérée, institutionnalisée: brûlée vive, pendue, trouée de balles, égorgée, asphyxiée sous les gravats de la dilapidation ou sous le corps des geôliers en rut.» Ce livre est un cri et l’auteur a choisi la fiction, la littérature, pour le faire entendre.Fariba Hachtroudi écrit en français, un français parisien avec, parfois, des mots familiers.La romancière a choisi une écriture double: celle du journal de l’exilée parisienne et celle de la narratrice, tentant ainsi d’établir une distance entre une réalité concrète et un réel vécu de l’extérieur.Un problème se pose pour le lecteur francophone quand les policiers de Téhéran s’expriment dans cette langue parisienne.Mais il ne s’agit pas ici de traduction, et le problème se pose à tout écrivain qui s’exprime en une langue qui n’est pas la sienne. L E I) E V (MR.LES S A M EDI 2 !* K I I) I M A \ ( Il K A <1 Jill I.E T 2 0 II ( ?EXPOSITION I) 7 Meule, soleil couchant, une huile sur toile de Claude Monet réalisée en 1891 SOURCE MUSEUM OE FINE ARTS.BOSTON ¦HH y.,,,,:,:,;,.; f.«1 %.! f^ ' * l;Æ «m f « -Jr*- l % 1'.*“ ÿ|p*; L’impressionnisme, encore et encore MONET, RENOIR ET LE PAYSAGE IMPRESSIONNISTE Musée des beaux-arts du Canada Ottawa, 380, promenade Sussex Jusqu’au 27 août BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Pour son été 2000, le Musée des beaux-arts du Canada retourne à la fin du siècle précédent.N’allez pas croire par contre que l’actuelle exposition explore des pans iqédits de la fin du XIX' siècle.A un extrême du spectre de la dialectique matérialiste, à mille lieues du pendant sombre et mystérieux du symbolisme ou du mysticisme qu’a connu ce siècle, l’exposition Monet, Renoir et le paysage impressionniste, jusqu’au 27 août propose une version de cette fin de siècle qui fraye du côté du matérialisme.Oubliez des sujets excitants comme la depiction de la société naissante des loisirs ou encore celle de la vie urbai- ne dans le Paris mouvant des impressionnistes.L’actuelle exposition exploite plutôt le filon des sujets en peinture et opère un retour sur un genre qui a pris une importance de plus en plus grande au fur et à mesure qu’avançait le siècle, à savoir le paysage.Monet, Renoir et le paysage impressionniste tente de montrer les manières par lesquelles les impressionnistes ont transformé le regard porté sur la lande, changeant du coup la manière de peindre.La présentation reprend, dans l’ordre, l'organisation des chapitres de l’histoire de l’art du XK' siècle, au gré d’un sujet unique.Ainsi, de l’Ecole de Barbizon, école pleinairiste à la palette traditionnelle, depuis le milieu du XIX', jusqu’aux percées avant-gardistes des post-impressionnistes au tournant du siècle, l’essor du paysage est démontré par l’accrochage de 70 toiles, certaines parmi des chefs-d’œuvre du mouvement impressionniste.Fait à noter, toutes les œuvres viennent de la prestigieuse collection du Musée des SOURCE MUSEUM OF EINE ARTS, BOSTON Maison à Auvers (1890), de Vincent Van Gogh.-J**» - i.yT- ' Art, histoire, littérature, musique, conférences, fine cuisine.Dernière chance ! QUÉBEC ET GROSSE-tLB, les samedi et dimanche S et 6 aoflt aussi Chambly, Oka.CHARLEVOIX.23-24-25 août Ottawa, le samedi ll) août paysages de MONET, RENOIR.ACTION DE GRÂCES : 7-8-9 octobre Toronto, Kleinbure, Niagara, Buffalo.Les j .beaux détours CIRCUITS CULTURELS En collaboration avec Club Voyages Rosemont (514) 276-0207 Femme à l’ombrelle et enfant, de Pierre-Auguste Renoir, réalisé entre 1874 et 1876.beaux-arts de Boston, très riche en ce qui concerne le mouvement et avec laquelle vous êtes peut-être familiers, vu la distance somme toute réduite qui nous sépare de la ville de Boston.On ne peut pas dire que l’exposition démontre beaucoup de courage.Elle lait partie de ce courant de plus en plus désireux de faire circuler des œuvres associées à des collections, tablant sur le prestige de ces ensembles de tableaux de même, sans doute, que sur la commodité qu’offrent ces regroupements en matière de logistique.L’été précédent, avec Honoré Daumier (1808-1879), le «Rembrandt du peuple» au même musée, avait permis une réelle excursion dans l’art du siècle de la modernité naissante.Daumier avait permis d’en apprendre plus sur cet aspect moins bien diffusé du XIX' siècle.Avec Monet, Renoir et le paysage impressionniste, les grands courants de l’art sont reconduits sans plus de questionnement Millet, Sisley, Degas, Van Gogh, Gauguin, Cézanne ou Gustave Courbet avec un seul mais très beau tableau: le chapelet des grands canons de l’histoire de l’art ne manquent pas à l’appel.Les grandes machines de peinture livrées par les impressionnistes ont également fait le voyage: Meule (Soleil couchant) de Monet, Rochers à l’Estaque de Renoir, Au tournant de la route, de Cézanne.L’impressionnisme modéré L’exposition étonne cependant avec son lot de peintres moins connus du grand public, de ceux dont on a peu vu d’œuvres, comme les pré-impressionnistes Constant Troyon (1810-1865) ou Antoine Chintreuil (1816-1873) ou, à l’autre versant, Stanislas Henri Jean-Charles Cazin (1841-1901) ou Henri Le Sidaner (1862-1939), qui participent d’une synthèse fort intéressante des enseignements de l’Académie de peinture et de l’explosion impressionniste.Cet entre-deux pour lequel le peintre Gustave Caillebotte, avec ses perspectives inusitées, est le plus connu, est un des styles les plus intéressants de la fin du XIX siècle, puisqu’il s’engage dans une rupture fertile.Aussi, dans la lignée de ceux qui sont venus après les impressionnistes ou qui s’en sont rapprochés, l’exposition retient une toile de Armand Guillaumin (1841-1927), fonctionnaire municipal, qui rencontre Paul Cézanne et Camille Pissaro enl861, alors qu’il faisait ses classes à l’Académie suisse.Ce dernier prend part au Salon des Refusés de 1863.Influencé par le réalisme de Courbet, Guillaumin «opte pour une pa lette plus claire et une touche fractionnée».Ami de Van Gogh à Paris, il a entretenu des liens étroits avec les néo-impressionnistes.Son Pont dans les Montagnes de 1889.empâté sans être lourd, coloré dans être mièvre, constitue, comme on peut le lire fort à propos dans le catalogue très utile de l’exposition, en «une débauche de couleur» qui «menace de submerger les formes géologiques et les ouvrages de l’homme».Malgré son caractère estival et donc relativement décontracté, l’exposition ne renonce pas à fournir des cartels explicatifs qui parviennent, sauf exception, à rendre explicite le projet des impression- niste en ce qui concerne autant la redéfinition des sujets que l’opacification de la peinture.On oublie aujourd’hui trop souvent de considérer les empâtements impressionnistes pour autre chose qu’une simple facture éclatante, alors que leurs tableaux, pris du strict point de vue de la matérialité, mordent dans les motifs au point au point où ils s’évanouissent presque.C’est précisément là que les vues vaporeuses d’un Renoir, grand champion du box-office muséal, peut-être en raison d’un haut-le-cœur causé par son omniprésence, nous apparaissent souffrir de complaisance.Hormis cette préférence bien personnelle, l’exposition n’est pas sans failles.L’emplacement des SOURCE MUSEUM OF FINE ARTS, BOSTON Cézanne dans une salle précédant celle du néo-impressionnisme exige tout de même à être mis en cause, tout comme la démission à rendre plus claires les ramifications au sein du post-impressionnisme.Autrement, les commissaires ont pensé à accrocher au mur les tableaux de façon à ce que le cordon de visiteurs n’empêche pas de voir ce qu’il y a à voir; les tableaux sont accrochés bien haut sur les cimaises.Il s’agit là d’une solution plus viable que celle voulant qu’on dispose le noms des peintres tout juste sous la jonction du mur et du plafond afin que le visiteur soit assuré de lire un chapœ let de vedettes à défaut de pouvoir contempler l’objet de sa pulsion scopique, la peinture.riiisixn; PAR Les Beaux dimanches au i.e Devoir FortTennox Caméléôn X («HN»*i(«riii saison 2000 DES ACTIVITES POUR TOUTE LA FAMILLE ci; iHMwnii; 3 0.mullet \ h i i n \ \ s ni i \ N o e a i mi I I( y \ fr : Des artisans de e'époque oe Louis XV font revivre d'anciens métiers.RENSEIGNEMENTS LIEU HISTORKJUE NATIONAL OU FORT-LENNftX, SAINLPAUL-DE-L'iLE-AUX-NOIX (450) 291-5700 ¦?I Parcs Parks Canada Canada Canada w A MunrfEaH* <1e mmmm Richelieu AVOCAT AutotoiH* Sort* : 11
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