Le devoir, 2 août 2000, Cahier A
w w w .1 e d e v o i r .c o m Lareau: patience et longueur de temps.Page B 1 CULTURE Mots et musiques du Mali Page B 8 y V o L .X C I X “ 1 7 3 L E M E R (' R E l) I 2 A 0 1' T 2 O (I 0 8 7 o + T A x E s = 1 $ DOUZE FIGURES : DE L'AN Mil Shikibu, reine du roman Le Devoir termine aujourd’hui la publication de portraits de personnages historiques ayant vécu l’an mil de notre ère.En conclusion, la vie de Murasaki Shikibu, qui écrira Le Dit du Genji, le plus célèbre roman paru au Japon et l’un des premiers grands romans modernes.Douzième et dernier texte de la série JEAN-PIERRE LANGELLIER LE MONDE A l’heure du chien, la nuit tombée, vers l’an 978, une enfant nouveau-née s’endort malgré les échos grandissants du dîner qu’on donne en son honneur dans une pièce voisine.Les invités à ce banquet du «neuvième jour» ont apporté des gâteaux de riz et des corbeilles de fruits.La mère, encore un peu faible, les accueille en souriant et demande aux musiciens de gratter leurs cithares et de souffler dans leurs flûtes.L’exorciste et le moine qui l’assistaient pendant ses couches ont été efficaces, puisque la naissance s’est bien passée, ce dont chacun se réjouit Dans l’ancien Japon, et encore plus autour de l’an mil, à l’apogée de l’époque de Heian, la venue au monde d’une fille dans les families nobles enchante souvent plus que celle d’un fils.Pourvu qu’elle soit assez jolie et qu’elle ait l’esprit délié, on pourra espérer lui trouver un mariage avantageux avec — qui sait?— un prince impérial, ce qui pourrait faire d’elle la mère d’un futur empereur.Cette enfant endormie dans une belle résidence de Heian-kyô, la future Kyoto, ne dépendra jamais impératrice.Mais sa gloire brillera pour toujours de mille éclats, sous le surnom qu’on lui donnera, Murasaki Shikibu.Car elle écrira le plus célèbre roman japonais, qui est aussi le premier des grands romans modernes, le meilleur livre, sans doute, de son temps, et à coup sûr l’un des chefs-d’œuvre de la littérature universelle: Genji monogatari, ou Le Dit du Genji.Ce long récit, de quelque deux mille pages, décrit les nombreuses amours d’un prince et brasse quatre cent trente personnages évoluant sur trois générations.Aucun autre roman au monde ne sera scruté, au fil des siècles, avec autant de minutie: il inspirera plus de dix mille ouvrages d’études et de commentaires, sans compter d’innombrables essais, thèses, monographies, chronologies, généalogies et, dès le XIV' siècle, un premier dictionnaire du Genji, pour éclairer son contexte historique.Aucun écrivain, sauf Shakespeare peut-être, ne verra son œuvre autant discutée.Comme pour Shakespeare, on sait peu de choses précises sur la vie de cette enfant qui grandit à la cour de Heian.On ignore son année de naissance, et jusqu’à son nom même, car le Japon ancien n’a pas d’état civil et ne consigne par écrit que les identités des fonctionnaires dont il faut suivre la carrière.Bien plus tard, lorsqu’elle servira à la cour, où l’on n’appelle jamais les femmes par leur nom, elle prendra le sobriquet de Tô-shikibu: Tô est la lecture chinoise du caractère désignant la glycine, fuji, car l’enfant appartient, par ses deux parents, à une branche cadette de la grande famille des Fujiwara, qui détiennent le pouvoir, aux côtés de l’empereur, Shikibu évoque le «département des rites» où son père officiera.La postérité retiendra un autre sobriquet, Murasaki, du nom du principal personnage féminin du Genji et grand amour du prince: murasaki est une herbe commune dont le latex fournit la teinture de la pourpre impériale.VOIR SUITE EN PAGE A 4 Douée pour les lettres, Murasaki Shikibu écrira Le Dit du Genji, le plus célèbre roman paru au Japon.Deux mille pages racontant les amours d’un prince, qui ont donné lieu à plus de dix mille ouvrages d’études.INDEX Annonces B 4 Bourse.B 2 Idées.A 7 Le monde A 5 Avis publics.B 6 Les sports.B 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 6 Économie.B 3 Télévision.B 7 Éditorial.A6 Météo.B 6 Horizons.B I T if -, .1 I AGENCE FRANCE-PRESSE Avant de se rendre à Philadelphie où il sera couronné demain, George W.Bush a fait campagne hier en Virginie.Diversité, fraternité, unité Pas de controverse, pas de lutte de factions: la convention républicaine de Philadelphie ressemble davantage à une info-pub qu’à un congrès politique La convention nationale du Parti républicain s’est ouverte lundi à Philadelphie.Évitant les débats, le parti se donne une image d’unité, en attendant le couronnement de George W.Bush.ALEXANDRA SZACKA Philadelphie — Diversité, fraternité, unité.La convention nationale du Parti républicain des Etats-Unis, qui a commencé ici lundi dernier, ne ressemble à aucune autre auparavant Cette année, pas de controverse, pas de luttes de faction, pas de discours à la Pat Buchanan qui, en 1992, appelait à la «guerre sainte» contre l’avortement, même pas d’attaques contre les démocrates.On a l’impression d’une grosse info-pub de quatre jours.Tout le monde ici aime et ne jure que par George W.Bush, qui sera couronqé demain candidat républicain à la présidence des Etats-Unis d’Amérique.Et cela ne fait aucun doute pour personne: le «W» de «Les républicains n’en peuvent plus d’attendre leur tour pour reprendre la Maison-Blanche.» son nom signifie winer.Il succédera à Bill Clinton à la Maison-Blanche.Dès le premier jour, les 2066 délégués se sont débarrassés de la plateforme en la votant à haute voix.Pour?Contre?Adopté.George W.a beau profiter de toutes les tribunes pour dire qu’il est un républicam nouveau genre, un «conservateur compatissant», la plateforme que son parti a adoptée lundi est tout ce qu’il y a de plus républicain.Interdiction constitutionnelle de l’avortement, réductions d’impôts, privatisation partielle des pensions de vieillesse, réduction de la taille du gouvernement fédéral, incompatibilité de l’homosexualité avec le service inilitaire, la plateforme républicaine a tout pour plaire aux plus conservateurs.«Nous sommes contents», déclare au Devoir Chuck Sigeoson, président du comité républicain du Nebraska et membre de la Christian Coalition, qui a participé à la rédaction de la plateforme.«La plupart de nos idées [lire: celles de la Christian Coalition] s’y trouvent.Et le comité de la plateforme est arrivé à un consensus en un temps record.En 1996, nous avons discuté pendant deux jours et demi la question de l'avortement.Cette année, ça pris moins d’une heure.» Mais attention, même si cela n’apparaît pas dans la plateforme, tout le monde sait que le gouverneur Bush est en faveur des exceptions dans le domaine de l’avortement (en cas d’inceste et de viol par exemple) et que pour les homosexuels dans l’armée, VOIR PAGE A 8: CONVENTION i Autre informations en page A 8 Se convertir au métrique ?Shocking! Ils y ont presque tous succombé, y compris les Américains, même s’ils se font forcer la main.Mais pour les Britanniques, pas question de changer.Le système impérial, c’est le leur.Le système métrique, c’est le système des autres, des Français de surcroît.Déjà réticents à adopter l’euro au lieu de la livre sterling, voire même à se considérer comme Européens, les Britanniques se révoltent contre cette UE qui veut les forcer à changer leurs sacro-saintes traditions.La mondialisation, c’est bien beau, mais il y a quand même des limites! JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Nous sommes prêts à nous lever et à défendre nos traditions contre l’ingérence étrangère!» Trop, c’est trop, disent les Britanniques devant les exigences de l’Union européenne.Adopter le système métrique?Et puis quoi encore?Faudra-t-il bientôt se mettre à conduire à droite?Depuis une trentaine d’années, le gouvernement britannique adopte de nouveaux règlements pour introduire l’utilisation du système international (SD, communément appelé système métrique.Mais cette longue marche vers la conversion au SI a carrément frappé un mur de colère en janvier dernier, lorsque supermarchés et stations-service ont été forcés de passer de la livre et du gallon au kilogramme et au litre.La grogne a monté d’un cran chez les consommateurs récalcitrants, tellement que deux importantes chaînes de supermarchés — Tesco et Budgens — ont annoncé il y a deux semaines qu’elles allaient défier le gouvernement et produire des emballages bilingues, en métrique et en impérial.«Les gens ne veulent pas vivre dans un pays où il est illégal de vendre une livre de pommes de terre», expliquait l’épicier Steven Thoburn au reporter du National Post cette semaine.«Nous semblons être fiers de ne pas être capables de nous convertir au métrique», constatait lundi un lecteur du quotidien Die Guardian.En effet, l’imposition du système métrique en Grande-Bretagne VOIR PAGE A 8: MÉTRIQUE *a éo'casius, toc- !/ f Halte aux vieux pneus ! SILVIA GALIPEAU LE DEVOIR Halte aux vieux pneus.Plus d’importation ni d’accumulation de pneus usés au Québec.Et pour ce qui est des quelque 25 millions de pneus usés éparpillés à travers la province, ceux-ci devront être recyclés d’ici 2008.Voilà les grandes lignes du nouveau Règlement sur l’entreposage des pneus hors d’usage et du Programme de vidage des lieux d’entreposage de pneus hors d’usage au Québec, rendus publics par le ministre de l’Environnement Paul Bégin hier.«Ces deux mesures jumelées vont nous permettre d'entreprendre la récupération et le recyclage des quelque 25 millions de pneus entreposés un peu partout sur le territoire québécois.Tous les sites seront progressivement vidés et, dorénavant, il ne sera plus possible d’importer ni d’accu- VOIR PAGE A 8: PNEUS Québec veut recycler d’ici 2008 les 25 milions de pneus usés de la province La guerre du Golfe, dix ans plus tard Nous poursuivons aujourd'hui et demain, en page Idées, notre série sur les conséquences de la guerre du Golfe, qui débutait il y a 10 ans avec l’invasion irakienne du Koweït et se poursuivait avec la riposte américaine, un peu trop sommairement qualifiée de guerre virtuelle.Les articles, qui portent la grif- * * * * fe des chercheurs de la chaire Téléglobe Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de lUQAM, examinent la situation politique interne en Irak, aujourd’hui, et nous reportent à la Chambre des communes, il y a dix ans, lorsque fut débattue la participation du Canada à cette guerre.¦ À lire en page A 7 t L K DEVOIR, L E M E R C K E D I > \ O Û T 2 0 0 0 A 2 LES ACTUALITES Offrir ses gènes à la science Une compagnie américaine invite les gens à fournir des échantillons d'ADN à des fins de recherche Tous les chemins mènent au génome humain ces jours-ci dans le domaine scientifique.Un groupe de chercheurs de Californie vient tout juste de lancer de nouveaux travaux et compte sur Internet pour l’aider.Mais pour que son projet se réalise, il doit miser sur l’altruisme de la population américaine.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR En naviguant sur Internet, il est désormais possible d’offrir ses gènes à la science, du moins si vous possédez une carte verte.Depuis hier, la compagnie américaine DNA Sciences fait du recrutement par l’entremise de son site (www.dna.com).Son but: recueillir plus de 100 000 échantillons d’Acide désoxyribonucléique (ADN) et trouver les clés génétiques qui ouvrent la porte à une vingtaine de maladies.«Nous avons besoin d'autant de participants pour faire une recherche exhaustive et permettre de donner de meilleurs diagnostics et de meilleurs traitements», explique le directeur administratif de DNA Sciences, Steven Lehrer, en entrevue téléphonique au Devoir.Les personnes les plus susceptibles de joindre les rangs de cette liste génétique sont celles souffrant d’une maladie comme l’a^Üime ou le cancer du sein.Sont également parmi les intéressés potentiels les personnes dont un membre immédiat de la famille est affligé d’une maladie.Pas de main morte La page d’accueil du site n’y va pas de main morte pour inciter la population à participer à son projet.Sur fond noir, des phrases coiffent tour à tour deux mains croisées: «Si vous avez déjà porté un ru- ban; si vous avec déjà participé à une course; si vous avez déjà souhaité que ce soit vous à la place; si vous avez déjà demandé “Pourquoi moi?”; si vous avez déjà dû dire au revoir trop tôt; si vous avez espéré et espéré; si vous avez déjà souhaité prendre les choses en main.S'il vous plaît, joignez-vous à DNA Sciences et notre fondation génétique.» Les scientifiques américains concentreront leurs travaux au développement de tests.Ces tests détermineront quel médicament convient à tel ou tel individu frappé d’une maladie particulière.Ainsi, quelqu’un aux prises avec le diabète sera dirigé vers la cure qui convient à son profil génétique.«Nous croyons que d’ici trois à cinq ans nous aurons des tests efficaces», note Steven Lehrer.En récompense de leur don d’ADN, les participants au programme auront le droit d’utiliser le test lié à leur maladie gratuitement.Chercheurs prestigieux DNA Sciences ne tombe pas des nues.Créée en 1998 par le scientifique Hugh Rienhoff jr, l'entreprise a recruté des chercheurs prestigieux.Au sein du conseil d’administration, on compte le D’ James Watson, qui a remporté le prix Nobel de médecine en 1962 pour la découverte de la structure en double hélice dans l’ADN.Le fondateur de Netscape, James Clark, fait aussi partie des gestionnaires.Et s’est ajouté au groupe, en juillet.DNA.Whai is ; he DNA Sciences' Gene Trust P a If r.«r known K-«'*9n* «ront » Amm»-*»,** » 9*nrx.t ctM or « ¦.«> yoonolf—voj ino* ¦¦X moars :a «an powwHan Bu?«mat rf ntr-ja h* of f* oh?Vrf-at f >*w|> r«iü bmtw wx; anwa-aMvctn* Th*f * in* -y * ot T>y» C*** Tfu*» yoytc' , ’ K i* «Kl il» ••«* cf luxjoÿ rh* Trj*t projoc» * » «TUdy ’h» jonotie» r f Qur * ts Mf '.Pt nu cf ¦*«:*! *»C9v«rv, 50 »-« can t«« notror aryl -mithr S lo Snü out •>« cor-q U of *«sv to jodiNttano tTfa» aoou ?*** roè* o» hMn.% «: « Ik>« ,'f À mate» nd U'atec nfomation or SU tiaSias.tssK.Rfcajtfiaaf •Soi en m att «atacai.*.Haw.Tha of Pour inciter les gens à offrir leurs gènes, DNA Sciences a créé ce site Web.le D' Raymond White, bien connu pour avoir participé au décryptage du génome humain.Une soixantaine de personnes travaillent pour DNA Sciences, qui a pignon sur rue à Mountain View en Californie, à deux pas de la célèbre Silicon Valley.La compagnie compte sur des investissements de 75 millions pour mener à terme ses projets.Pour le moment, seuls les citoyens américains peuvent participer à ce vaste programme de recherche génétique.L’étude est sous l’égide de l’Institution Review Board, pn organisme qui n’a juridiction qu’aux Etats-Unis.«Nous allons demander la permission de ratisser plus large, assure Steven Lehrer.En attendant, n’importe qui peut Utiliser l’information que nous donnons en ligne pour apprendre sur les maladies.» Objectifs louables Au Québec, des recherches similaires sont en cours, mais elles ne sont pas aussi organisées, mentionne le Dr Pierre Char-trand, directeur du programme génomique Procréa BioSciences et directeur de l’Institut du cancer de Montréal.«Toutes les études sur les gènes nécessitent l’approbation d’un comité d’éthique et la signature de consentement de chaque participant, indique-t-il.C’est certain que si on veut pouvoir développer et exploiter l’information qu'on obtient à partir du génome humain, il faut le décoder et une des façons de le faire, c’est de comparer les individus entre eux.Présentement, on a le livre mais on ne sait pas lire.» Selon le chercheur québécois, il y a beaucoup de recherche à faire et les objectifs à long terme sont louables pour la population: nouveaux médicaments, identification individuelle du risque de maladie, traitements personnalisés.«Si on peut déterminer qu’un médicament n’est pas efficace chez une personne, on va lui faire sauver du temps et lui éviter des effets secondaires inutiles», note Pierre Chartrand.Le Dr Chartrand ajoute que le nerf de la guerre des compagnies qui s’intéressent au génome est d’attirer assez d’investissements pour développer des produits et des traitements.«Nous ferons de l’argent quand les médecins utiliseront nos tests», souligne Steven Lehrer.D’ici là, la compagnie compte sur l’altruisme de la population pour lui fournir sa matière première.A 9h hier matin sur la côte du Pacifique, une cinquantaine de personnes s’étaient déjà inscrites au programme par Internet BONNE ÉPLUCHETTE ! 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[.] Ce marché-là en cinq ans a explosé rapidement.[.] Le contexte économique gai a beaucoup progressé, plus vite que la majorité des acteurs économiques auraient pu penser», précisait-il.Et tout porte à croire que les célébrations devraient continuer sur cette lancée.L’an dernier, quelque 750 000 visiteurs ont assisté aux activités.On en attend autant sinon plus cette année, d’autant plus que les activités ont été prolongées de deux jours.Les visiteurs provenaient pour les 4eux tiers du Canada, 17 % des Etats-Unis, 7 % d’Europe, et le reste d’autres pays.Ce sont des touristes qui dépensent: les dépenses touristiques se chiffraient l’an dernier à 17 millions.Les retombées de ces jolies dépenses ont été évaluées à 21 millions, en terme d’emplois créés, de salaires, et de retombées fiscales.Falconbridge Les ouvriers débraient Sudbury, Ont.(PC) — Envin 1250 travailleurs du produ teur de nickel Falconbridge oi débrayé hier matin à Sudbury, e Ontario.Les employés ont dressé des j quels de grève après l’échec d< pourparlers, lundi soir, entre compagnie, qui avait soumis ur nouvelle offre, et le syndicat.I porte-parole de la compagni Craig Crosby, a déclaré hier mat qu’il attendait des nouvelles du sy dicat, ajoutant cependant qu n’était guère optimiste.Avant le d pot de l’offre patronale, lundi, Her Mitic, négociateur en chef pour syndicat canadien Mine, Mill ar Smelter Workers, qui représen les grévistes, avait affirmé en conl rence de presse qu’il avait de pli grandes chances de gagner à la 1 terie que de parvenir à une enten avec la compagnie.A LE DEVOIR ACTUALTES LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 AOÛT 2 O O O A A Présentation du cabinet fantôme Stockweel Day croit à des élections hâtives Congrès de l’Association internationale de science politique La mondialisation, un nouveau féodalisme Quelques semaines à peine après son élection à la tête de l’Alliance canadienne, Stockwell Day fourbit activement ses armes en vue d’un déclenchement possible d’élections générales dès cet automne.Au milieu d’une semaine consacrée à parfaire sa maîtrise de «l’autre langue officielle» et à trouver des candidats au Québec pour son parti, il a présenté hier le cabinet fantôme qui fera face au gouvernement libéral.ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le nouveau chef de l’Alliance canadienne, Stockwell Day, a dévoilé hier la composition de son cabinet fantôme qui fera face au gouvernement libéral d’ici le déclenchement des élections.Des élections générales qu’il dit attendre pour bientôt et dans lesquelles il croit pouvoir bien faire au Québec.«Je crois que les probabilités que le premier ministre déclare des élections hâtives croissent chaque fois que les sondages montrent que nous gagnons de l’appui populaire, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au Campus du fort Saint-Jean à Saint-Jean-sur-Richelieu.Nous serons prêts» 11 s’est dit particulièrement satisfait de voir l’appui accordé à son parti au Québec sortir enfin du fin fond de la cave où il croupissait depuis toujours et atteindre le sommet inégalé de 9 %.«Nous faisons très bien au Québec, a-t-il dit en anglais ainsi que dans le français approximatif qu’il est venu améliorer pendant une semaine à Saint-Jean.Il me semble que les Québécois se montrent intéressés au programme politique qu’a à leur offrir l’Alliance canadienne.» Il en a voulu pour autre preuve le nombre de personnes qui lui ont offert leurs services à titre de candidats ou d’organisateurs politiques au cours des derniers jours.«On attendait une cinquantaine de personnes, il en est venu 150.» Il reconnaît toutefois avoir encore du travail à faire avant d’être en mesure de tenir sa promesse de présenter un candidat dans chaque circonscription.Il s’est dit très intéressé par l’idée de la candidature de l'ancien maire de Granby, Michel Duches-neau, notant qu’un politicien s’étant fait remarquer par sa lutte contre les déficits et la dette publique était susceptible de se reconnaître dans le programme de son parti.Qu’il ait fait campagne pour le camp du OUI lors du référendum de 1995 ne lui semble pas un obstacle infranchissable.«Pour pouvoir appartenir à l'Alliance canadienne, a-t-il martelé à l’intention de ceux qui lui ont prêté l’intention de faire alliance avec le Bloc québécois, il faut souscrire à l’objectif de base d’un Canada fort et de provinces fortes.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR Stockwell Day, hier, en conférence de presse.Cabinet fantôme Conséquence de l'image d’unité que cherche à projeter le parti, Stockwell Day a présenté hier un cabinet fantôme dont la composition ressemblait étrangement à celle du cabinet précédent dirigé par Preston Manning.L'ancien chef du Parti réformiste s’est vu attribuer la fonction inédite de «conseiller spécial du chef».Les députés-vedettes Deborah Grey (vice-première ministre et patrimoine canadien).Chuck Strahl deader en Chambre), Monte Sol-berg (affaires étrangères) et Val Meredith (santé) ont conservé des postes importants et même été promus peu importe leur parti pris durant la campagne à la direction.Alliés dès la première heure, Jason Kenney (finances) et Randy White (justice) ne regretteront pas d’avoir parié sur Stockwell Day.Seul absent notoire, le candidat à la direction Keith Martin, associé à l'aile modérée du parti, se retrouve sans portefeuille après avoir occupé les postes de critique officiel à la santé et aux affaires étrangères.Disant vouloir trouver de nouvelles idées collées aux besoins des citoyens, le chef de l’Alliance a annoncé la création de deux comités de réflexion, l’un portant sur la réforme du gouvernement (présidé par Monte Solberg) et l’autre portant sur les sciences et les technologies (présidé par Preston Manning), qui consulteront experts et citoyens sur ces questions.Laissant entrevoir le type de discours qu’il tiendra lors des prochaines élections, Stockwell Day a répété hier, chaque fois qu’il en avait l’occasion, qu’une fois élu son parti entendait rendre le gouvernement plus efficace mais surtout réduire les impôts et la dette.Plus spécifiquement à l’égard des Québécois, il s’est engagé à respecter les compétences des provinces et à leur reconnaître le droit de se retirer avec compensation financière (opting-out) de tout programme fédéral qui toucherait leurs champs de compétence exclusive.Grogne des voyageurs envers Air Canada Ottawa invite à la patience MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Même si la grogne des voyageurs se fait de plus en plus sentir à l’endroit d’Air Canada, le gouvernement fédéral n’interviendra pas immédiatement pour rappeler l’entreprise à l’ordre.Le ministre des Transports, David Col-lenette, invite plutôt les citoyens à être patients pendant qu’il poursuit la mise en place des mécanismes de protection des consommateurs affectés par la fusion des compagnies aériennes.Le ministre a présenté hier à la presse le premier commissaire aux plaintes sur le transport aérien, un nouveau poste créé au sein de l’Office des transports du Canada.Armé d’un mandat de seulement un an renouvelable, Bruce Hood agira comme médiateur entre les clients insatisfaits et les compagnies fautives.M.Hood, un ancien arbitre de la ligue nationale de hockey devenu propriétaire d’agences de voyages, traitera seulement les plaintes des citoyens qui ont épuisé leurs recours auprès de leur transporteur sans obtenir de réponse satisfaisante.Il fera rapport au Parlement deux fois par année par l’entremise du ministre.Ce poste est une des innovations de la récente loi sur la restructuration de l’industrie du transport aérien (C-26) qui est entrée en vigueur le 5 juillet dernier.La législation donne aussi plus de pouvoirs d’intervention à l’Office des transports en matière de prix sur les routes contrôlées par un monopole.L'Office pourra par ailleurs répondre à un plus large éventail de plaintes.Tâche plus lourde Les données des six premiers mois de cette année montrent que la tâche de l’Office et de son commissaire sera plus lourde que par le passé.Alors qu’il n’y avait eu que 94 plaintes écrites logées auprès de l’Office entre janvier et juin 1999, il y en a eu 258 entre janvier et juin de cette année et ce, avant même que le système de traitement des plaintes ne soit renforcé, a révélé Marian Robson, président de l’Office.De plus, ces chiffres n’incluent pas les plaintes faites par téléphone.La plupart de ces plaintes, a-t-elle précisé, portaient sur la qualité du service, en particulier les retards, les annulations et les changements d'horaire de dernière minute ainsi que la vente excessive de sièges pour un même vol.Selon le ministre Collenette, la fusion des deux entreprises s’annonçait une tâche complexe et il fallait s’attendre à des difficultés.H invite donc les Canadiens à être patients et «justes» envers Air Canada qui contrôle maintenant environ 80 % du transport aérien de voyageurs au pays.«Il.faut laisser [à la fusion] le temps (de se faire].Il s'agit d’une opération gigantesque.Il faut être compréhensif.Air Canada sait que les choses ne peuvent rester ainsi.[.] Tout le monde doit être patient», a-t-il insisté, disant avoir lui-même subi plusieurs inconvénients au cours des derniers mois.11 demeure toutefois persuadé qu’Air Canada s’en préoccupe et fait de son mieux pour atténuer les effets négatifs de la restructuration.«La situation n ’est pas aussi pire qu ’on veut le faire paraître», a-t-il soutenu.M.Collenette croit par ailleurs que la compétition naissante qu’offrent des compagnies comme West Jet, Royal et d’autres inciterait aussi Air Canada à vouloir régler ses problèmes au plus tôt «Ce n'est pas le désir d’Air Canada d’éviter ses responsabilités.[Cette fusion] est un grand projet.C’est difficile.Si elle fait des erreurs de gestions, elle doit les corriger.Ce n’est pas dans son intérêt de ne pas agir, surtout avec l’arrivée de la compétition», a-t-il dit Peu importe l’augmentation récente de vols annulés, il n’est pas question qu’il interrienne dans la gestion quotidienne de l’entreprise puisqu’il s’agit d’une compagnie privée, a-t-il averti.Et il n’entend pas discuter maintenant de l’ouverture du ciel canadien à des compétiteurs étrangers.Il a promis d’examiner la question à partir de l’été prochain si aucun compétiteur canadien n’occupait le terrain.Mais il faut dit-il, laisser aux compagnies en émergence le temps de faire leur place.Entre-temps, le nombre de plaintes risque de grimper.M.Hodd n’y fera pas face seul, fi sera appuyé par Gilles Dufault qui a été nommé riceprésident de l'Office et qui verra en particulier à simplifier le système de traitement des plaintes.Le ministre a aussi nommé Debra Ward au poste d’observatrice indépendante de la restructuration de l’industrie du transport aérien.Durant la période de transition que le ministre estime d’environ deux ans, elle offrira à M.Collenette un point de vue indépendant sur la façon dont la restructuration affecte les consommateurs, les communautés, les agents de voyage, les aéroports, les compagnies aériennes et leurs employés.Vers la constitution d’un Rapport mondial sur le patrimoine culturel en danger Les biens culturels sous surveillance FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Dans un peu plus de deux mois, le Conseil international des monuments et des sites (1COMOS) publiera à Bethléem le premier Rapport mondial sur le patrimoine culturel en danger.Cet organisme-conseil auprès de l’UNESCO souhaite ainsi apporter une perspective globale — qui faisait défaut jusqu’ici — à un problème qui n’épargne aucune région du globe, soit la disparition des biens culturels.Les sévices prennent autant de formes qu’il y a de biens patrimoniaux: manque d’entretien, réparations dommageables, restauration excessive, démolition par négligence, intendance défaillante, etc.Et ces menaces à l’authenticité ou à l'intégrité du patrimoine touchent autant les pyramides d’Egypte que les petites résidences historiques du Québec.Le groupe de travail international Heritage@Risk — qui a la tâche de colliger l’information qui sera contenue dans le rapport — est donc constitué de membres provenant des quatre coins de la planète.Et le Canada n’est nullement en reste puisque le secrétaire du groupe, Dinu Bumbaru, est également directeur des programmes d’Héritage Montréal.D était donc de la partie, les 3,4 et 5 juillet derniers à Munich, en Allemagne, pour récolter les doléances patrimoniales des représentants de nombreux pays dont l'Australie, le Japon, la Pologne, l’Angleterre, le Zimbabwe.Et la liste est longue.Un «oubli» Au Canada par exemple, c’est l'«oubli» de certains types de bâtiments et structures qui posent problème.Le président d’ICOMOS-Canada, Guy Masson, écrit dans le mémoire déposé devant le groupe de travail que «les petits bâtiments, résidences historiques et toutes autres structures d’intérêt patrimonial dans les quartiers urbains et les villages sont [.] parfois exposés à des conditions environnementales qui menacent leur intégrité physique et valeur patrimoniale [alors que] les propriétaires ont des ressources limitées sinon inexistantes pour assurer une protection minimale de leur patrimoine culturel».À cela s’ajoute notamment «l’abandon presque systématique» des silos à grain des prairies canadiennes et Y «utilisation inappropriée ou démolition» des sites industriels, «témoignage des prouesses technologiques révolutionnaires et du progrès économique».Mais dans une optique mondiale, ces exemples sont mineurs.Comme le fait remarquer M.Bumbaru, la dernière merveille du monde encore debput, les trois grandes pyramides d’Egypte, est menacée par le développement résultant d’un accroissement de l’activité touristique dans ce coin du monde.Ce dernier point, d’ailleurs, est selon M.Bumbaru «une des importantes sources de menace au patrimoine».«Le tourisme est une arme à deux tranchants.Certains y voient une planche de salut pour financer le patrimoine alors qu'il peut également le contaminer.» Il cite à cet égard le cas d’Angkor au Cambodge.Alors qu'anciennement ce site archéologique était la proie des Khmers rouges qui utilisaient les statues bouddha en guise de cible, le tourisme est aujourd'hui considéré comme la menace à endiguer.Une éthique à développer «L’Organisation mondiale du tourisme est consciente qu’il y a une éthique à développer.» Et c’est précisément pour venir en aide à de tels organismes qu’ICOMOS rédigera son rapport, qui sera constitué de listes de biens en danger et de recommandations.Outre l’OMT, la Banque mondiale, l’UNESCO et le Conseil de l'Europe sont parmi les entités qui attendent le rapport avec impatience.Sans être «le Britannica des biens du patrimoine mondial», ce rapport aura tout de même le mérite de mettre la table pour les actions à venir et les rapports qui suivront L'ICOMOS est une organisation internationale non gouvernementale de professionnels, qui œuvre à la conservation des monuments et des sites historiques dans le monde.L'ICOMOS constitue un lieu d'échanges entre les professionnels, et l'une de ses activités consiste à rassembler, évaluer et diffuser Tin-formation sur les principes, les techniques et les politiques de conservation.ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Dans la mesure où les entreprises transnationales, à la fois juges et parties, ne répondent qu'à elles-mêmes, la mondialisation n’est en fait qu'un nouveau féodalisme profondément antidémocratique.C’est la mise en garde qu’a faite, hier, le président sortant de l’Association internationale de science politique (AISP), Ted Lowi, politologue américain de l’université Cornell, lors du discours d’ouverture du 18'' congrès mondial de l’association qui se déroule à Québec jusqu’à samedi.La science économique ne couvre qu’une faible partie de la réalité des grandes «corporations» régnant sur le monde, estime M.Lowi, qui en appelle à la fondation d’une nouvelle science politique internationale, s’appuyant sur l’économie politique.Ce «tout-économique» non seulement «rapetisse le champ de la science politique mais rapetisse aussi le champ de la politique», a livré M.Lowi au cours d’une entrevue au Devoir.«C’est ce qui me dérange.C’est profondément antidémocratique.La démocratie ne signifie rien d’autre que le choix des gens de faire collectivement des erreurs.Nous savons que la démocratie est irrationnelle.» «Une personne éternelle» Ces multinationales sont devenues T «homo economicus» décrit par Adam Smith, une «personne éternelle» qui a remplacé les individus, ces «acteurs rationnels» de la théorie classique du libre-mar-ché.Les fusions, l’intégration verticale, font en sorte que les grandes entreprises ont «internalisé» les forces autrement incontrôlables du marché, formant des cartels capables de résister à toute concurrence.Paradoxalement, ces transnationales ont besoin d’un encadrement favorable de la part des États, bien davantage que la petite entreprise individuelle du passé, soutient le politologue.Le discours de la mondialisation prône la restructuration du gouvernement et de son autorité, appelant à la décentralisation, à la dévolution des pouvoirs.Deux objectifs sont ain§i visés, selon M.Lowi: priver l’État de l’autorité constitutionnelle nécessaire pour restreindre le libre-marché et éliminer les obligations sociales dé-coubmt des années démocra-tiquis de l’après-guerre.Ted Lowi entend détruire le mythe, selon lui, qui veut que le gouvernement local soit celui qui est le plus près des gens.«Ixs gouvernement de niveau micro sont intrinsèquement conservateurs», «moralement conservateurs», soutient-il.Les pouvoirs municipaux cherchent à préserver Tordre social «en gardant les classes, les races, les groupes ethniques [.] à leurs places».On parvient ainsi à garder les gens à leurs places grâce à la ségrégation au niveau local, fait observer M.Lowi.«Le premier but de la décentralisation, c’est de dénigrer, de rendre illégitime et de discréditer les gouvernements nationaux», estime le politologue.Le deuxième objectif, «c’est de permettre aux partis de gauche de se joindre le mouvement de la mondialisation en virant à droite tout en paraissant rester à gauche», comme cela s’est vu en Europe depuis les années 80.Optica, un centre d'art contemporain ADMINISTRATEUR -TRICE 1U O O Optica, un centre d'an contemporain est à la recherche d'un administrateur.L'administrateur est responsable de la préparation des budgets de fonction nement, des bilans mensuels, des demandes de subventions (bilans et prévisions).II s'occupe également de la gestion des documents administratifs (factures, paies, déductions, etc.), et de la tenue de livre II coordonne la levée de fonds annuelle et les programmes d'emploi (rédaction des demandes, des rapports et encadrement).En retour, Optica offre un cadre de travail stimulant au sein d'une équipe bien établie.Le poste offert, débutant en août, est à 2 jours/semaine, soit un salaire annuel de 13 000 $.Toute personne intéressée doit faire parvenir son curriculum vita?avec une lettre d'intention à Optica, avant le 11 août 2000 a/s Marie-Iosée Lafortune, 372 Ste-Catherine ouest, espace 508, Montréal (Québec), M3B 1A2.Ou par télécopieur : (514) 874-1682.Le poste est offert aux hommes et aux femmes, l'utilisation du masculin sert à abréger l'annonce.Nous communiquerons seulement avec les personnes retenues pour l'entrevue.Directeurs scientifiques Instituts de recherche en santé du Canada IRSC (Instituts de recherche en santé du Canada) est l'organisme fédéral responsable du financement de la recherche en santé.Son objectif est d'atteindre les niveaux internationaux les plus élevés d’excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application pour améliorer la santé des Canadiens, rendre les services et les produits de santé plus efficaces, et renforcer le système de santé canadien.De concert avec ses partenaires dans les universités, les hôpitaux, le secteur public et le secteur bénévole de la santé, IRSC se veut une approche interactive de la recherche en santé qui ™ttra en relation « de façon virtuelle » les scientifiques d'une vaste gamme de ftciplines de recherche en santé d'un océan à l’autre.Les directeurs scientifiques seront des champions de l’innovation, de l’intégration et du leadership dans la recherche en santé, et.en collaboration, ils dégageront une vision claire de leur institut.Les initiatives parrainées par les instituts feront avancer les connaissances sur les thèmes de la recherche biomédicale, de la recherche clinique, de la recherche sur les systèmes et les services de santé, ainsi que de la recherche sur la santé des populations et les influences sociales, culturelles et environnementales sur la santé.Les directeurs jetteront des ponts, accélérant ainsi l'application des résultats de la recherche pour améliorer la santé des Canadiens et Canadiennes.Il travailleront aussi en étroite collaboration avec les membres des conseils consultatifs des instituts (CCI).On peut trouver l'information sur les demandes et les mises en candidature pour les CCI sur le site Web d'IRSC.Membres d'une équipe de haute direction se rapportant directement au président d'IRSC, les directeurs scientifiques collaboreront étroitement pour conseiller le président et le conseil d’administration sur les questions touchant les politiques, les fonctions et la direction d'IRSC.Les candidats doivent être des citoyens canadiens ou des immigrants reçus possédant un diplôme en médecine ou un doctorat d'une université reconnue dans une discipline de recherche en santé ou connexe.Ils doivent être internationalement reconnus comme des chercheurs en santé exceptionnels, avoir une bonne connaissance de la communauté de recherche en santé et bien comprendre les questions de recherche en santé.Une expérience du leadership, de la gestion, des communications, et de l'établissement de partenariats el de collaborations est nécessaire.S'exprimer avec facilité dans les deux langues officielles est un atout.Les demandes et les candidatures doivent être reçues au plus tard le 17 aoûV2000; les entrevues auront lieu à Ottawa du 14 au 18 septembre 2000; les candidats retenus seront nommés en octobre.Pour obtenir de plus amples renseignements sur les instituts et une description de poste détaillée, veuillez consulter notre site Web à www.irsc.ca ou contacter : Instituts de recherche en santé du Canada 410, ave Laurier ouest, 9e étage Indice d’adresse 4209A Ottawa (Ontario) K1A 0W9 Tél : (613) 941-1017 Fax : (613) 954-1030 ou (613) 954-1800 Courriel ; nominations.sd-ds@cihr.ca Canada 4 IRSCCIHR Instituts de recherche (.en santé du Canada H- V A 4 I.K DEVOIR, LE MERCREDI 2 AOÛT 2 O O O LES ACTUALITES L’auteur du premier des grands romans modernes Murasaki Shikibu a écrit le meilleur livre, sans doute, de son temps, et à coup sûr l’un des che/s-d’ceuvre de la littérature universelle: Genji monogatari, ou Le Dit du Genji DOUZE FIGURES f DE L'AN MIL SUITE DE LA PAGE 1 l’âge de cent jours, la future «Violette du cérémonial» — traduction littérale de A Murasaki Shikibu — reçoit symboliquement son premier repas de riz et de poisson.On l’a confiée à une nourrice à demeure.Vers l’âge de trois ans, un banquet célèbre son adieu à la petite enfance.La fillette, en grandissant, montre un goût précoce pour les études littéraires.In poésie coule, il est vrai, depuis longtemps dans le sang familial.L’arrière-grand-père, Kanesu-ke, laissa une œuvre estimable, et plusieurs proches parents figurent dans les anthologies impériales.Dès cette époque, deux langues écrites sont en usage à la cour: le chinois, langue de prestige, administrative et religieuse, parfois sous la forme hybride du sino-ja-ponais, comparable au bas latin de l’Occident; le japonais, transcrit de la langue parlée, grâce à un syllabaire, mis au point un siècle et demi plus tôt, à partir d’idéogrammes abrégés ou coupés, et utilisés comme signes phonétiques.Les garçons apprennent à lire en chinois, leur première leçon se poursuivant par un repas et un concert Les bienséances interdisant aux filles l’usage des caractères chinois, elles sont censées n’apprendre à lire et à écrire que le syllabaire japonais.Tamétoki, le père de la petite Murasaki, veille avec soin, en bon fonctionnaire, à l’instruction de ses six enfants, trois de chaque sexe.Et il constate que celle-là est la plus douée, comme elle le rappellera dans son journal: «Quand mon frère prenait sa leçon de lecture, il hésitait ou avait des oublis sur certains passages que moi, curieusement, je comprenais.Mon père, qui était fort versé dans les lettres chinoises, se lamentait: “C'est bien regrettable quelle ne soit pas un garçon.”» L’adolescente se plonge souvent, avec ou sans la complicité de son père, dans le royaume, en théorie interdit des idéogrammes.Elle étudie les classiques chinois et les auteurs bouddhistes.Elle aime aussi s’exercer à la cithare pendant que son frère joue de la flûte, pince un luth ou frappe sur un tambourin.Elle ne pratique pas la danse, réservée aux garçons.Comme toute jeune fille de bonne éducation, elle apprend à coudre, car c’est un des devoirs de l’épouse de veiller à la confection des vêtements de sa famille.Le suc de la littérature Comme la Chine, à laquelle il a tant emprunté, d’abord aveuglément puis de manière plus sélective à mesure qu’il forgeait sa culture nationale, l’ancien Japon tient la poésie pour le suc de la littérature.Aucune société dans l’histoire du monde n’a accordé une place aussi essentielle à la poésie que la cour de Heian.Composer, citer, déclamer, identifier, calligraphier un poème est une des principales occupations de l’aristocratie.On se voue à cette activité sociale, la plus banale et la plus prestigieuse à la fois, en recourant au waka, un bref poème de trente et une mesures.Tout s’exprime en waka: on déclare son amour, on demande une promotion, on félicite un ami, on s’attriste d’un deuil, on dédie un cadeau, on s’excuse, on promet, ou on invoque les dieux.Le poème est le mode de correspondance ordinaire.Il appelle le plus souvent une réponse immédiate, un poème «en retour».Ainsi s’échangent les waka, ainsi dialoguent les fonctionnaires, les amis, les parents, les époux, les amants.Le Bureau de poésie sélectionne les meilleurs poèmes pour des anthologies ou des cérémonies.Des joutes poétiques mettent aux prises des auteurs que départage un arbitre.Les poèmes émaillent et rehaussent les romans: Le Dit du Genji en abrite quelque huit cents originaux, sans compter les nombreuses citations.lœ waka obéit à des règles strictes, use d’un langage codé, puise dans un vivier presque immuable de métaphores.La brièveté du waka invente une esthétique de l’allusion.Maîtriser cet art ouvre la voie du succès en société; y manquer peut, selon les circonstances, être une tare, une faute, ou un péché.La jeune Murasaki Shikibu excelle bien vite dans cette discipline.Son âme sensible et inquiète y trou-ve-t-elle un moyen d’échapper à la monotonie familiale?Retrouvant, adulte, sa maison natale, elle se souviendra, dans son journal; «Des années durant, j’ai passé là mes nuits et mes jours dans un morne ennui [.].C'est à peine si je m'apercevais de la venue des saisons, tant m'étreignait tout uniment l’irrémédiable angoisse que l’avenir me réservait.» C’est l’époque où elle perd sa sœur aînée.Elle entretient une correspondance poétique avec une cousine, qui vit très loin et qu’un même deuil a frappée: «Aux ailes de l’oie / qui s’envole vers le nord / confiez vos lettres / que par les nues vos écrits / jamais ne cessent d'affluer.» Hors de la capitale En 996, sa vie prend un nouveau cours.Pour la première — et la dernière — fois, elle quitte la capitale.Son père, resté sans emploi officiel pendant huit ans, devient gouverneur de la petite province insulaire d’Awaji, puis, quelques mois plus tard, de celle, beaucoup plus importante, d’Echizen, sur la mer du Japon, près de l’actuelle Fukui.S’ennuie-t-elle à mourir dans cet exil?Elle rentre pendant l’hiver 997.Sur le chemin du retour, alors que les porteurs de son palanquin peinent à gravir un col, de nombreux singes viennent épier l’équipage à travers les frondaisons.Autour de l’an mil, et pendant plus de trente ans, un homme exceptionnel tient en main le Japon: Mi-chinaga, celui que Murasaki appelle, dans son journal, «Monseigneur».Chef du clan des Fujiwara, qu’il porte au comble de sa gloire, il a tous les talents: archer et cavalier hors pair, poète doué et, surtout, maître en politique, où il déploie l’habileté d’un joueur de go.Depuis des décennies, les Fujiwara ont mis l’empereur en tutelle en mariant leurs filles aux princes héritiers.Grâce à la protection de Michinaga, le père de Murasaki la fait entrer au palais en 1005.Elle devient la dame d’honneur de la jeune impératrice Sho-shi, épouse de l’empereur Ichijô et fille aînée de Michiniga, qu’elle ne quittera plus et à qui elle enseignera clandestinement, pendant plusieurs années, des classiques de la poésie chinoise.L’arrivée à la cour, dans ce milieu souvent mesquin, de cette femme d’âge mûr pour l’époque — elle a plus de vingt-cinq ans —, ombrageuse, au caractère affermi, peu encline aux badinages et consciente de son talent, suscite d’inévitables jalousies.Sans doute la prend-on pour un bas-bleu, hautaine et semblable à ces «pimbêches vertueuses» qu’elle est la première à brocarder.Après un «incident pénible», dont elle ne précise rien mais qui l’incite à se retirer pour un temps dans sa famille, Murasaki constate, philosophe: «Qu’y puis-je après tout /si les autres ne me tiennent / pour n’importe qui/ ce n’est une raison certes /pour me mépriser moi-même.» Il se passe à l’époque de Heian un phénomène unique: les femmes occupent une place centrale dans la littérature.Pour une raison essentielle: interdites de chinois, elles se rattrapent, et de belle manière, avec le japonais.L’écriture phonétique étant leur apanage, elles s’expriment à loisir dans leur langue maternelle, sans trop se soucier des règles, et dans un style simple, direct, fluide, proche de la langue qu’elles parlent en société.Dans ce monde clos qu’est le Japon de Heian, elles appartiennent, pour la plupart, au même milieu, la moyenne aristocratie lettrée des gouverneurs de province, assez proche de la cour pour pouvoir l’observer, assez lointaine pour ne pas être entraînée dans ses luttes politiques.La moitié des fonctionnaires étant issus du même clan, ces femmes ont souvent entre elles des liens familiaux.Tenues en marge du pouvoir, elles se vouent à l’écriture.Elles rédigent des journaux et surtout de la fiction, ce genre que les puristes dédaignent «Comme elles étaient dans l’impossibilité de modifier le monde, elles le scrutèrent et l’interprétèrent», remarque Shuichi Kato, critique et historien de la littérature.Ces femmes auteurs constituent des cercles.Elles expriment leurs pensées et leurs sentiments à travers la fiction et utilisent leurs personnages comme des porte-parole.Ambition légitime — fj&SP.ÜA et devenue classique — du romancier.L’objectif et l’espoir secret de Murasaki est d’observer les dits et les faits des hommes et des femmes, sur la scène de Heian, où elle est une modeste actrice, pour les transmettre à ses lecteurs Une théorie du roman Murasaki Shikibu va plus loin: elle met dans la bouche de son héros, le Genji, un véritable éloge de la fiction, une «théorie du roman», étonnamment moderne pour un écrivain de l’an mil: «Beaucoup de ces ouvrages, constate le prince, malgré toutes leurs fariboles, parviennent à susciter des émotions très réelles.Les événements s’enchaînent si bien que nous ne pouvons nous empêcher d’être émus par Ihistoire, bien que la sachant inventée.Ainsi, en lisant les malheurs de quelque princesse, nous nous identifions à elle, souffrons avec elle.Nous trouvons le récit tout simplement fascinant [.].Ayant vu tant de choses arriver à des hommes et à des femmes, l’auteur ne peut s’empêcher de les raconter par écrit pour les faire partager à d’autres, même aux générations futures.C’est là, je crois, le motif principal du roman.» Et c’est bien là aussi l’objectif, et l’espoir secret de Murasaki: observer les dits et les faits des hommes et des femmes, sur la scène de Heian, où elle est une modeste actrice, pour les transmettre à ses lecteurs d’aujourd’hui et de demain.Murasaki est de loin la plus douée des romancières de Heian.Et elle le sait.Elle n’est pas tendre avec ses contemporaines, dont elle brosse, dans son journal, des portraits aussi brefs que perfides.Izumi Shikibu, auteur d’un célèbre journal?«Elle n'a ni les connaissances ni le métier qui font le poète authentique [.}.Je ne pense pas que j’aie à rougir devant elle.» La poétesse Masahira-émon?«Elle n’est certes point à ranger parmi les talents insignes.» C’est à Sei Shônagon, la plus brillante de ses rivales, qu’elle réserve ses plus grosses gouttes de fiel: «Elle a l’air tellement contente d’elle-même.Mais sa façon si prétentieuse de semer autour d’elle ses écrits chinois ne fait que masquer de nombreux défauts.C’est une femme de talent, à n’en pas douter, mais à mon avis, l’avenir lui sera cruel.Comment une telle femme, parvenue à ce degré de frivolité, pourrait connaître me fin heureuse?» Murasaki jalouse cette essayiste talentueuse et gaie, connue pour son sens de la répartie et son goût du sarcasme, auteur des Notes de chevet, un ouvrage où elle recense notamment, «parmi les choses délicieuses»: «Avoir les dents bien noires» — un signe de beauté suprême dans l’ancien Japon — et «parmi les choses détestables»: «Le ronflement, que vous essayez de rendre inaperçu, d’un homme qui s’est endormi à un endroit où il ne devrait pas être.» S’intéressant à quelques autres «dames de cour», Murasaki dit de l’une d’elles, «douée d’une grâce indéfinissable, qui rappelle le saule pleureur à la deuxième lune»: «Elle est toujours sur la réserve, comme si elle était incapable de se faire une opinion par elle-même»: et d’une autre: «C’est une personne potelée au point qu’on peut la dire dodue»; des cheveux d’une troisième: «Dépassant de peu, seulement, le bas de ses robes, ils ne suscitent plus aucune admiration»; et de l’âge d’une quatrième: «Elle fut jadis une belle jeune femme, mais elle ressemble à présent à une frette de cithare enduite de colle.» Puis elle arrête ses cruautés: «Fi donc! Voilà que je me laisse aller à cancaner.» IP * M.h» *«!-, * tm Mekira, l’un des «Douze Généraux» des génies gardiens du bouddha Yakushi.Dans le monde de Murasaki, on croit aux démons, aux lutins et aux esprits vengeurs.IN N ARA.TRÉSORS BOUDHHIQUES OU JAPON ANCIEN.LE TEMPLE DE KOFUKUJL GALERIES NATIONALES DU GRAND PAIAIS.PARIS/ASUKAEN Jb ï • Son chef- > «»- -fÊty M d’œuvre LiL .Murasaki tient son journal — ou ||du moins ce qu’il pendant une quinzaine de mois, entre 1008 et 1010.Ces notes, estime René Sieffert, sont les maigres vestiges d’une documentation que la romancière rassemblait pour Le Dit du Genji.Quand écrit-elle son chef-d’œuvre?Sans doute entre 1005 et 1014, au plus tard.Mais peut-être l’achève-t-elle beaucoup jA plus tôt.Elle mentionne à plusieurs reprises dans son journal l’accueil flatteur réservé aux extraits qui circulent à la cour.«Cette femme a dû lire la Chronique du Japon/», s’exclame l’empereur en référence aux connaissances historiques de Murasaki, ce qui lui vaudra le surnom de «Madame la Chronique».L’auteur a pour éditeur l’impératrice elle-même, qui fait confectionner des livres, commande des copies ici ou là, fournit l’encre et les pinceaux.Il arrive que Murasaki manque de papier.La légende veut que, prise d’inspiration, elle ait écrit deux chapitres de son roman au dos des rouleaux des sutras d’un temple et quelle ait plus tard fait amende honorable en offrant à ce même temple ÜIk des rouleaux neufs, écrits de sa main.Le Dit du Genji est-il un roman inachevé?C’est l’avis des spécialistes, pour qui seule la mort subite de l’auteur expli- '4k querait la fin brutale de l’œuvre, à laquelle il pourrait manquer quelques dizaines de pages, voire quelques pages tout au plus.Cela n’enlève rien à l’une de ses grandes qualités, sa composition, méthodique, précise et subtile.Est-ce un roman à clés?Aucun doute, mais elles sont nombreuses.Le Genji emprunte ses traits à plusieurs personnages de la cour, dont Michinaga lui-même et son neveu, qu’il écarte du pouvoir, Korechika.C’est un héros composite.Quant à dame Murasaki, la principale et douce héroïne, elle est, estime Ivan Morris, «le portrait idéal de la femme que l’auteur aurait aimé être et surtout de la vie qu’elle aurait voulu mener».Il n’y a, dans Le Dit du Genji, ni surnaturel ni merveilleux.Les rêves, eux-mêmes, renvoient à la réalité ambiante.Cette œuvre de fiction dessine un portrait de la cour de Heian plus minutieux que n’importe quelle chronique historique.Grâce à elle, la vie quotidienne de l’ancien Japon est l’une des mieux connues.Même si, dans ce tableau, ce qui intéresse avant tout Murasaki Shikibu, c’est de décrire «ce cœur humain qui change à vue d’œil».L’histoire d’un «Genji» L’essentiel du roman raconte l’histoire d’un «Genji» — un fils d’empereur qui n’est pas prince de Seing et ne peut donc régner — surnommé Hikaru, le «radieux», car il brille par sa beauté, son esprit et ses nombreux talents.Outre les multiples aventures féminines du prince, le livre retrace sa passion secrète et vouée à l’échec avec Fujitsubo, une concubine de son père empereur, qui ressemble physiquement à sa mère, sa disgrâce, son exil volontaire à vingt-cinq ans, le retour à la cour de cet homme mûri par l’épreuve, son ascension jusqu’au faîte des honneurs, son amour pour dame Murasaki, la femme idéale qu’il recueillit encore enfant, son mariage malheureux, sa vieillesse, son adieu au monde çt son entrée en religion, après un ultime banquet.A l’heure du sanglier, les nuits de pleine lune, la silhouette du Genji glisse ici et là entre les pavillons des résidences princières.On le retrouve à l’heure du dragon, au point du jour, rentrant chez lui, digne et ensommeillé.Mais il n’est pas un simple séducteur, ingrat et frivole.Si Murasaki Shikibu le tient pour un mâle idéal, c’est que, dans cette société polygame, il ne retire jamais sa protection accordée à une femme: «Chacune, dit-il, a quelque chose qui vous empêche de l’abandonner.» Une aile de sa somptueuse résidence abrite les appartements de ses anciennes conquêtes.«Fauteur ne prêche aucune morale sexuelle, observe Jacqueline Pigeot.Elle constate seulement qu’il n’y a pas d’amour heureux, pleinement épanoui, qui soit également durable.» Celui que le héros nourrit pour dame Murasaki est un amour contrarié, car celle-ci, quoique de «suprême parage» — elle est petite-fille d’un empereur —, doit céder la place à une princesse impériale.A aucun moment l’auteur ne conteste l’ordre social, fondé sur une stricte hiérarchie des classes et des grades, qui rend son héros malheureux.Un héros que sa liaison de jeunesse avec Fujitsubo hantera toute sa vie d’un tourment secret, et dont la griserie amoureuse prête à une lecture psychanalytique: la quête, chez ses amantes, de la mère trop tôt perdue.Un univers étouffant Les résidences de l’aristocratie de Heian, où Murasaki vieillit, auprès de son impératrice, forment un univers confiné, presque étouffant, dépourvu d’intimité et noyé dans la pénombre.C’est une enfilade de couloirs, de longs auvents, de passages couverts.C’est un ensemble de volets coulissants, le plus souvent clos, de cloisons de papier amovibles, de portes à glissière, d’épaisses tentures de soie, de stores à moitié levés, d’écrans d’apparat, qui protègent les femmes des regards curieux.C’est un monde crépusculaire sans fenêtres, où la pluie oblige à fermer les volets, où seuls un rayon de soleil, un clair de lune, la lueur d’une lampe à huile filtrent à travers les fentes d’un volet ou les interstices d’un toit.Un labyrinthe de pièces où on ne se voit pas, où il arrive qu’au début d’une liaison, des amants se trompent de partenaire.C’est le royaume des indiscrets et des curieux, des chuchotis et des cancans, des allusions perfides et des sous-entendus moqueurs.Un rire étouffé, une bribe de conversation, un froissement de robe, le crissement d’un «parquet chantant», signalant la présence d’un intrus, suffisent à nourrir le qu’en-dira-t-on.«Que d’oreilles à l’affût!», se plaint Murasaki, qui se méfie, comme les héros de son roman, de «ce qu’en peut penser le pin».En bouddhiste fidèle — mais pas dévote —, Murasaki médite, l’âge venu, sur le temps qui passe, la fugacité de l’existence, la précarité de toutes choses, «à peine plus durables que la rosée», comme en témoigne ce poème écrit, un jour morose, à un peu plus de trente ans: «L’année se termine / et la vieillesse vient /au bruit du vent / qui dans la nuit fait rage / je sens mon cœur ravagé.» La vie, évanescente, ressemble au «pont flottant des songes», titre du dernier des cinquante-quatre livres de son roman.Murasaki sait aussi être philosophe: «Comme je ne sais / en quel autre lieu trouver/ un peu de repos / pour pénible que paraisse cette vie/ je m’y attarde.» Dans Le Dit du Genji, dame Murasaki, dans ses derniers instants, appelle de ses vœux la mort et la crémation de son corps: «Que vienne le terme / et que le bois à brûler s'épuise!» A l’heure du singe, en fin d’après-midi, autour de l’an 1015, Murasaki Shikibu suit dans la mort l’héroïne qui lui donna son nom: «A l’état de vaine fumée», elle s’élève et se dissout dans le ciel.La version intégrale de cette série fera l’objet d'un livre intitulé Les Héros de l’an mil, à paraître au Québec le 8 octobre aux éditions du Seuil La série est accessible sur le site du Monde, à l'adresse suivante: h ttp://www.lemonde.fr/doss/ 0,2324,3571- l-O.OO.html Cahier SPECIAt L e D e v o i r R e n^t r é e LITTERAIRE -Tombée publicitaire août 2000 • Parution août 2000- LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 AOÛT 2 0 0 0 a r> LE DEVOIR - LE MOID E Dix ans après l’invasion du Koweït Une guerre qui n’en finit pas L’Irak est dévasté par les sanctions Un accord avec Israël serait possible Clinton interpelle les Palestiniens Le président leur demande de contribuer à la progression des discussions LIOR MIZRAHI REUTERS lin juif ultra-orthodoxe prie pour l’avenir de Jérusalem devant le mur des Lamentations.CHANTAL RAYES LIBÉRATION entourage d’Oudaï Saddam i Hussein assure qu’il est «quelqu’un comme tout le monde».Des diamants tapissent le cadran de sa montre en or et d’autres très gros sont sertis dans la bague qui couvre toute la phalange de l’annulaire.Et il prend volontiers le volant de sa Mercedes dernier modèle pour raccompagner ses hôtes, à l’aube, après leur avoir offert un dîner rabelaisien et vidé une carafe de vodka.Mais quand il roule sur les avenues monumentales de Bagdad, le fils aîné du rais irakien s’arrête aux feux rouges.Comme les autres membres de la famille et les proches du maître de Bagdad, il mène grand train malgré dix ans d’embargo international alors que le pays plonge dans la misère.«La situation continue d’empirer sous le double effet d’un Saddam au pouvoir et de sanctions qui ont mis le peuple à genoux», assure Fakhri Karim, du parti communiste irakien en exil.Les sanctions posent un «véritable dilemme moral» à la communauté internationale, a reconnu récemment le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.D y a en effet «urgence humanitaire», d'après une étude publiée en août dernier par l'UNICEE En dix ans, la mortalité des moins de cinq ans a doublé dans le sud et le centre, où vit plus de 85 % de la population.Au service des urgences de l’hôpital Saddam pour les enfants, 60 petits malades atteints de diarrhée s’entassent à deux par Ht.L’eau «potable» est polluée.A la cancérologie, «le taux de guérison est nul», expliquait le Dr Bassem Atallah.«Je vois des maladies jusque-là inconnues en Irak et que je n'aurais jamais cru rencontrer ailleurs que dans mes livres d’université.» L’hôpital manque de tout.Un pays à reconstruire Les sanctions ont laissé exsangue un pays déjà éprouvé par la guerre contre l'Iran.Les infrastructures sont moribondes.Le tissu social se délite.Ce sont les enfants qui paient le tribut le plus lourd aux sanctions.A EUNICEF, on explique que «les écoles se vident alors qu’il y a dix ans le taux de scolarisation était presque de 100 %.Les enfants sont sur le marché du travail.Sans parler de la délinquance et de la prostitution.Les enfants des rues sont Jésormais une réalité.» L'Etat n’est plus en mesure d’assurer une couverture sociale.Il a réduit de 90 % ses allocations à l’enseignement.Parfois, il n’y a plus ni pupitres ni chaises.Le corps enseignant est démotivé par la faiblesse des salaires.Les élites sont parties.L’isolement est total.L'embargo frappe même les pubfi-cations.Et ce n’est que récemment qu’un cyberespace a vu le jour à Bagdad, avec les restrictions qu’on imagine.L’Irak est passé de la prospérité à la pauvreté massive.La classe ASSOCIATED PRESS Santiago — Les 20 juges de la Cour suprême du ChiU ont décidé hier de reporter leur décision sur la levée de l’immunité parlementaire du général Auguste Pinochet, après avoir échoué à parvenir à un accord.Mais selon plusieurs radios chiliennes et un journal local sur Internet, El Mostrador, citant des sources anonymes proches de la Cour suprême, les juges ont en fait décidé par 11 voix contre 9 de lever l'immunité de Pinochet.Selon les médias chiliens, ils attendent que le texte de leur décision soit rédigé avant de la rendre publique.Les juges n’ont pas précisé pour quelles raisons ils n’avaient pas réussi à arriver à un accord.Les juges de la Cour suprême s’étaient réunis hier à huis clos pour confirmer ou infirmer l'arrêt rendu le 23 mai par la cour d’appel de Santiago, qui avait décidé de lever l'immunité du sénateur à vie.Pendant leurs délibérations, de moyenne est laminée.Le temps est révolu où «l’on ne savait plus quoi faire de l’argent», comme disent les Irakiens.Aujourd’hui, un dollar vaut près de 2000 dinars.Il en faut 2500 pour un kilo de viande, quand le salaire moyen oscille entre trois et cinq dollars.Or il faudrait 100 $ par mois, selon les estimations de plusieurs organismes humanitaires, pour qu’une famille de cinq personnes puisse mener une vie décente.Pour survivre, on multipUe les petits boulots.Tel vétérinaire, formé en Grande-Bretagne, est aussi maître nageur.On voit aussi des universitaires chauffeurs de taxi.Et les Irakiens ont tout vendu.«Les bijoux, la voiture, la chambre à coucher, le frigo, la machine à laver, les portes», énumère Fadila, femme de médecin.Pénurie La mise en œuvre, à la mi-1996, du programme pétrole contre nourriture, qui autorise l’Irak à procéder tous les six mois à des ventes limitées de pétrole pour couvrir les dépenses civiles fies vivres, les médicaments, l’éducation, l’entretien des infrastructures), n’a fait que limiter les dégâts, et seulement dans certains secteurs.Le pays souffre de graves pénuries alimentaires, selon un rapport de la FAO daté de juin 1999.La ration aümentaire mensuelle s’épuise au bout de quinze, vingt jours.Après, il faut se fournir au marché noir, à des prix indexés sur le dollar.L’embargo violé par les pays riverains ne frappe que les plus démunis, de plus en plus nombreux, et génère de nouvelles fortunes.«Les dollars de la contrebande et de la revente de pétrole vont sur les comptes bancaires que détient à l’étranger la famille Hussein.Celle-ci a fait main basse sur le commerce et les richesses du pays.Les trafics en tous genres qui transitent par le Kurdistan sont son fait, ou faits avec sa complicité», accuse l’exilé Fakhri Karim.Selon les organisations humanitaires présentes en Irak, aucune amélioration de la situation n’est possible sans une réhabilitation des Infrastructures.Dominé par les Etats-Unis, le comité des sanctions de l’ONU, qui doit approuver à New York les contrats d’achats de l’Irak, les met en attente dès qu’ils portent sur des pièces détachées susceptibles de faire «double usage», c’est-à-dire d’être utiUsées par l'Irak pour son armement.Au nombre des demandes irakiennes régulièrement rejetées figurent, par exemple, les crayons, seringues, ambulances, etc.Les longues coupures d’électricité détruisent les stocks de vivres et de médicaments.En province, il y a de l’électriq-té une heure ou deux par jour.A Bagdad, un peu plus, mais les soirées finissent souvent à la bougie.Même chez Oudaï, où la lumière ne fait pourtant pas défaut.Mais le fils du président aime s’amuser à vider son arme sur la flamme, pour l’éteindre.petits groupes de partisans et d’adversaires de Pinochet échangeaient des insultes devant le bâti-mept, sous les yeux de la poUce.A l’issue de près de quatre heures de réunion à huis clos, les magistrats ont finalement préféré repousser leur décision jusqu’à la semaine prochaine au plus tôt.Aucune date n'a été fixée pour la prochaine session, selon le secrétaire de la cour, Carlos Meneses.«]e considère cela comme quelque chose de favorable», a déclaré le chef des avocats de Pino-chet, Ricardo Rivadeneira.Les détracteurs de l’ancien dictateur, eux, se voulaient toujours optimistes.«Nous avons attendu la justice pendant 26 ans.Nous pouvons encore attendre une semaine de plus», a lancé Viviana Diaz, présidente de l’association des familles des dissidents disparus sous le régime de Pinochet Le vieux général âgé de 84 ans fait l’objet de 153 plaintes pour des violations des droits de l'homme commises au cours de ses 17 ans de pouvoir.REUTERS Coral Gables — Le président américain Bill Clinton a appelé hier les Palestiniens à poursuivre leurs négociations de paix avec Israël, estimant qu’il était temps pour eux d’aider les discussions à progresser compte tenu de l’approche de la date butoir du 13 septembre.Dans une interview de CUnton à la chaîne de télévision Fox dont le texte a été diffusé par la Maison-Blanche, Clinton prend note que Barak a échappé à deux motions de censure et qu’il dispose de 90 jours pour sauver son gouvernement et faire la paix avec les Palestiniens.«Je pense donc que nous devons maintenant voir si les choses peuvent bouger du côté palestinien», a-t-il dit «S’ils veulent [un accord], ils peuvent l’obtenir parce qu'ils en sont suffisamment proches maintenant», a ajouté Clinton.«Jérusalem reste la question la plus difficile, a-t-il dit.Ils ne sont pas tombés d'accord sur tout le reste, mais ils en sont assez proches pour me laisser penser qu’un accord est encore possible.» Le sommet israélo-palestinien s’est soldé par un échec.Le sort de Jérusalem a été le principal point d’achoppement des discussions.Les deux parties revendiquent la souveraineté sur Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent frire la capitale de leur futur État Pas de formule magique La secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright s’est entretenue hier du processus de pane au Proche-Orient avec le ministre des Affaires étrangères du Vatican, M*’Jean-Louis Tauran.Interrogé sur la question de savoir si le Vatican avait présenté de nouvelles idées lors de la réunion, un responsable du département d’Etat a répondu qu’il ne «caractériserait pas leur rencontre» de cette façon.«Ils ont échangé leurs points de vue [.] Tout le monde a intérêt à ce que l’accès aux lieux saints soit libre et reconnaît l’importance de ces lieux saints.» Madeleine Albright avait rappe- lé avant son arrivée en Italie qu’israéliens et Palestiniens étaient opposés à l’internationalisation de Jérusalem, et ce malgré le frit qu’une résolution des Nations unies de 1947 prévoit un Etat palestinien et un Etat juif et fait de Jérusalem une enclave internationale.Le Vatican a proposé cette année un statut spécial plaçant la ville sainte sous contrôle international.Le président palestinien Yasser Arafat a parlé de faire de Jérusalem une ville ouverte, le premier ministre israélien veut maintenir la souveraineté de son pays sur la ville bien qu’il soit prêt à accepter un contrôle partagé sur certains quartiers de l'Est Albright a également rencontré le minisfre italien des Affaires étrangères, Lamberto Dini, qui a déclaré que l’Italie, tout comme les autres pays de l’Union européenne, encourageait les parties à trouver une solution équitable et juste au conflit Toutefois, a-t-il ajouté, l’ItaUe n’a pas de «formule magique» pour résoudre le problème de Jérusalem.«Personne ne l’a encore trouvée.» EN BREF Une purge dans l’armée russe?(Reuters) — lœ président russe Vladimir Poutine pourrait exploiter les dissensions apparues entre son ministre de la Défense et le chef d’état-major de l’armée pour les limoger et nommer un civil à ! la tète de la Défense, estimaient hier des spécialistes de$ affaires militaires.Le chef de l’Etat a-t-on appris lundi, a renvoyé six généraux alüés au ministre de la Défense, Igor Sergueïev, donnant semble-t-il gain de cause au général Anatoü Kvachnine, le chef d’état-major qui cache à peine son ambition de succéder à Sergueïev.Mais pour Vladimir Kosarev, rédacteur en chef de l’agence indépendante d'information militaire AVN, «il est probable que Poutine se sépare des deux».3000 fermes nationalisées (AP) — Après une première vague d’environ 800 exploitations agricoles, le gouvernement zim-babwéen entend désormais nationaliser 2237 fermes exploitées par des fermiers blancs afin de les confier à 500 000 familles noires sans terres.Cette escalade dans une crise qui menace une agriculture déjà affaiblie place en état de choc les 4000 fermiers blancs du pays.Le syndicat CFU des fermiers blancs, qui s’est dit choqué par ces nouvelles saisies, a tenu des réunions de crise hier pour préparer sa réponse au régime du président Robert Mugabe.La nouvelle mesure porterait à 3000 le nombre de fermes nationalisées.Un soldat US coupable (Reuters) — La justice militaire américaine a condamné hier à la prison à perpétuité un soldat reconnu coupable du viol et du meurtre d’une petite Albanaise du Kosovo.Le commandant Erik Gunhus, porte-parole du tribunal militaire de Würzburg, en Allemagne, a précisé que le jury müi-taire avait suivi les réquisitions à l’encontre du sergent Frank Ron-ghi, originaire de l’Ohio.Agé de trente-six ans, Ronghi servait dans les rangs de la Force internationale de paix au Kosovo (KFOR).Bombe chez l’ambassadeur (Reuters) — L’ambassadeur des Philippines à Jakarta a été blessé hier par l’explosion d’une bombe devant sa résidence, qui a également fait deux morts et au moins 17 autres blessés, a déclaré la poH-ce.Pour le président indonésien Abdurraham Wahid, l’attaque pourrait être Uée aux séparatistes rebelles du sud des Philippines.«Je pense qu’il y a une connection avec la situation dans le sud des Philippines.Nous sommes tristes, nous regrettons ce qui s’est passé et nous présentons nos condoléances», a-t-il déclaré.La police, qui a bouclé le quartier, n’a pas voulu émettre d’hypothèses.Des Néerlandais en vacances (AP) — Quatre citoyens néerlandais qui ont été arrêtés en Yougoslavie et accusés d'avoir voulu assassiner ou enlever le président Slobodan Milosevic ont affirmé à leurs amis et à leur proches qu'ils étaient seulement en vacances dans les Balkans, ont annoncé hier les autorités néerlandaises.Ces arrestations font suite à des allégations selon lesquelles l’OTAN a eu recours aux services de mercenaires pour s’emparer, sur le territoire yougoslave, de personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes de guerre.Nouveau commandant de la SFOR (AP) —- L’OTAN a nommé hier le général de brigade américain Michael Dodson au poste de commandant de la force internationale en Bosnie (SFOR).Il doit prendre ses fonctions le 8 septembre prochain.Le général Dodson remplacera le général Ronald Adams, commandant des troupes de la SFOR depuis octobre 1999 et qui retourne à ses fonctions de chef d’état-major adjoint à l'état-major de l’OTAN en Europe et de patron du contingent américain au sein de l’OTAN.L’immunité du général Pinochet : décision reportée En prévision des élections de septembre L’opposition serbe rencontre le Monténégro AGENCE FRANCE-PRESSE Podgorica — Des représentants de l’opposition serbe et du pouvoir monténégrin vont tenter aujourd’hui à Podgorica, capitale du Monténégro, de trouver un accord sur leur participation ou non aux élections du 24 septembre.Le pouvoir du président yougoslave Slobodan Milosevic a convoqué pour cette date des élections parlementaires et présidentielle dans la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro), et municipales en Serbie.Les scrutins se dérouleront au suffrage universel.Les principaux partis d’opposition serbes, à part le Mouvement serbe du renouveau (SPO) de Vuk Draskovic, vont tenter aujourd’hui de convaincre les partis de la coalition Vivre mieux, au pouvoir au Monténégro, de revenir sur leur décision de boycotter les scrutins législatif et présidentiel, convoqués selon eux «en violation de la Constitution yougoslave».Le SPO, qui s’est déclaré solidaire du Monténégro, doit se prononcer définitivement dimanche, une partie de ses membres s’étant prononcés pour une participation au scrutin.Mais hier, la position du Monténégro paraissait inflexible.«Nous tenterons demain [aujourd’hui] de convaincre nos interlocuteurs serbes de boycotter eux aussi les élections yougoslaves», a déclaré Predrag Po-povic, président du Parti populaire, membre de la coafition gouvernementale dominée par le Parti démocratique des sociaHstes (DPS) du président monténégrin Milo Djukanovic.«L’opposition serbe n’a fourni aucune preuve valable que les fraudes seront empêchées lors des prochains scrutins», a expUqué M.Popo-vic au cours d'une conférence de presse.Un représentant du DPS qui a requis l’anonymat a affirmé hier que ce parti ne dérogerait «en aucun cas» à la récente résolution du Parlement monténégrin, déclarant «nulles et non avenues» les décisions de Belgrade et décidant du boycottage des élections.M.Djukaqovic a rencontré hier après-midi à Rome la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright A cette occasion, Mme Albright a commencé à préciser la position américaine sur les élections générales convoquées par Belgrade, en appelant l'opposition démocratique serbe à s’unir pour tenter de gagner ces élections.«Il est très important pour l’opposition démocratique en Serbie de s'unir, de présenter un front uni pour participer aux élections», a-t-elle déclaré lors d’un point de presse commun avec son homologue italien Lamberto Dini.«Elle a une occasion pour le faire et elle doit présenter un PAUL HANNA REUTERS La secrétaire d'État Madeleine Albright lors de son passage à Rome hier.candidat unique», at-elle ajouté.«Nous jugeons que ces élections sont très importantes et qu ’elles représentent une étape décisive pour le pays», a-t-elle estimé.Le chef de la diplomatie itaHenne, I am ber to Dini, a indiqué que Rome et Washington s’accordaient sur le fait qu’un boycottage ne serait pas productif.«La position du gouvernement italien est d’encourager le président du Monténégro Milo Djukanovic à ne pas boycotter les élections», a-t-il affirmé.Le Monténégro, avec ses 650 000 habitants, considère qu’il ne pèsera pas lourd dans l’avenir de la RFY face à la puissante Serbie (huit millions d'habitants).Face à Mme Albright, M.Djukanovic s’est réfugié derrière la nécessité de consulter les «instances légitimes qui forment la coalition du gouvernement du Monténégro» avant de prendre toute décision.Il a cependant estimé lors d’un point de presse qu’il fallait utiliser «toute occasion permettant de délégitimer» le président serbe Slobodan Milosevic.«Nous avons donc décidé de ne prendre aucune initiative qui puisse de quelque manière affaiblir le déjà fragile front démocratique serbe», at-il ajouté.L’Irak est passé de la prospérité à la pauvreté massive I- K l> K V 0 I K , L E M E R C R E D I 2 A 0 Ü T 2 0 0 0 A (i EDITORIAL Quel Boscoville ?Deux ans après avoir orchestré sa fermeture, le gouvernement s’apprête à rouvrir le centre de réadaptation Boscoville pour jeunes en difficulté.Il faut se réjouir de cette volte-face: le Québec ne peut se permettre de mettre au rancart une expérience qui a fait école et qui a contribué à redonner un sens à la vie de milliers de jeunes engagés sur une mauvaise voie.Mais pour que le projet revivifié ait un sens, il faudra que le «Boscoville de l’an 2000» soit autre chose qu’un ramassis de programmes sans rapport les uns avec les autres.LE DEVOIR 1 Pau le des Rivières ?nauguré dans les années 50, le centre de réadaptation Boscoville, situé à Rivière-des-Prai-ries, est rapidement devenu un modèle de réinsertion sociale.Boscoville devint un véritable milieu de vie pour les jeunes qui y passaient entre une et quatre années, afin de rectifier le tir, et en y consacrant le temps nécessaire.Tout à Boscoville était centré sur le jeune.Ce dernier y trouvait un système cohérent auquel il devait s’intégrer afin de fortifier son caractère.11 va de soi que le Boscoville des années 60 ou 70 ne peut renaître intégralement de ses cendres: le contexte social a changé et les jeunes qui ont des troubles de comportement éprouvent souvent, aujourd’hui, des problèmes de toxicomanie, peu présents il y a 40 ans.De plus, les lois sur les jeunes contrevenants ont évolué et entraîné le raccourcissement des séjours, approche que les compressions budgétaires ont encore davantage accentuée.Pour finir, les dirigeants de Boscoville, qui avaient initialement une grande marge de manœuvre, ont graduellement perdu leur liberté d’action lorsqu’ils ont été placés sous l’autorité des Centres jeunesse.En conséquence, ceux qui caressent l’idée d’une résurrection intégrale pour Boscoville feraient mieux de mettre leurs pendules à l’heure.Sinon, ils seront amèrement déçus.Cela étant dit, les Amis de Boscoville, qui avaient farouchement combattu la fermeture du centre il y a deux ans, ont toutes les raisons de suivre la situation de près.Les bribes d’information que l’on connaît sur le projet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Gilles Baril, suffisent à soulever bien des questions.L’on apprend en effet que M.Baril a sur sa table un projet multivocationnel voué à la réadaptation, à l’intégration sociale et à l’insertion dans le monde du travail, ainsi qu’aux activités sportives.Mais encore?Au delà des formules, l’ingrédient essentiel de Boscoville résidait dans l’existence d’une philosophie cohérente, à laquelle les jeunes en venaient à adhérer.La relation entre l’éducateur et le jeune était au centre de cette approche.Voilà ce qu’il faut retrouver à Boscoville.C’est la raison pour laquelle il faut résister à juxtaposer sur le site enchanteur de Rivière-des-Prairies une panoplie de projets sans lien les uns avec les autres.Que des activités sportives soient offertes, soit.Mais que ses responsables travaillent de concert avec les éducateurs qui s’occuperont des jeunes résidant à Boscoville.Que des ateliers visant à faciliter la réinsertion au travail soient instaurés, soit Mais que ces ateliers servent d’abord la clientèle principale du centre, de manière à éviter que plusieurs communautés parallèles aillent et viennent à Boscoville, tuant ainsi dans l’œuf toute velléité communautaire.Il ne sert à rien, en effet, de se bander les yeux.Un nombre significatif de jeunes Québécois éprouvent des problèmes de comportement que le milieu familial seul est impuissant à résoudre.Le réseau de centres dont le Québec s’est doté a ses qualités mais aussi ses défauts.la réouverture de Boscoville pourrait, et devrait, permettre d’actualiser une philosophie qui fait trop souvent défaut ailleurs dans le réseau et, qui sait, d’expérimenter de nouvelles approches auprès des jeunes.Le gouvernement doit ouvrir son jeu et dire quel avenir précisément il a en tête pour Boscoville.Il doit le faire immédiatement s’il veut, comme il l’a indiqué, rouvrir le centre dès cet automne.En ce domaine moins que tout autre, la précipitation n’est pas appropriée.Le gouvernement doit résister à la tentation de privilégier tel ou tel projet simplement parce que la Ville ou encore l’entreprise privée y participerait financièrement Québec enfin devra faire savoir rapidement qui sera ultimement responsable du nouveau Boscoville: le ministère de M.Baril, la direction des Centres jeunesse de Montréal, la Ville de Montréal?Il ne serait pas mauvais que ses dirigeants aient les coudées franches.pdesri vieretfa ledemir.ca FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET ConCCnT^ATioN PPtSÇÇ : qTti\w/\ f£7î4-T*tL uh GtS’jc'J Z ,?V / S \ N mm! .fi & Z* fl ?i ï/fWttô ' ' Mettre la Nouvelle-France en bouteille avec des «si» Dans Le Devoir du 26 juillet, Michel Gaudette présente une «hypothèse historique» lancée par nul autre que François-Xavier Garneau à propos «d’une alliance anglo-huguenote» contre la Nouvelle-France.Bien que l’approche huguenote soit intéressante, on peut se demander si le passage d’un mémoire adressé au roi de France et la présence d’huguenots dans l’armée de Wolfe suffisent pour avérer une alliance.En plus de citer Garneau, M.Gaudette s’appuie sur un historien américain, Charles W.Baird pour le nommer, dont l’interprétation de la chute de la Nouvelle-France paraît plutôt univoque.Peut-on vraiment affirmer que l’intolérance religieuse qui mène à l'exclusion des huguenots de la Nouvelle-France «pronounced the down of the French colonial system in America»?Les interprétations unilatérales gagnent presque toujours à être nuancées, surtout lorsqu’elles s’attardent à un événement aussi conjoncturel que la Conquête et la fin de la Nouvelle-France.L'hypothèse demeure somme toute discutable jusqu’au moment où elle sert de tremplin à de graves impairs.M.Gaudette transgresse vraiment les rudiments de la profession quand il fait ce que j'appelle de «l’histoire suppositive», c’est-à-dire qu’il suppose.«Imaginons un instant [.] eut permis [.] ceux-ci auraient certes [.] un nouveau rapport de force [.] on peut alors supposer [.] nouvel équilibre géopolitique [.] aurait pu contenir [.] nous éviter l’humiliation.» C’est beaucoup demander dans un seul paragraphe pour combien de huguenots chassés de la Nouvelle-France déjà?D’ailleurs, M.Gaudette n’indique pas quelle proportion représente cette saignée qui lui apparaît si vitale.Si d’autres raccourcis idéologiques, voire historiques, sont à relativiser, on ne sent pas dans le texte de M.Gaudette l’exacte mesure de l’impact des huguenots sur le sort de la co- LETTRES -4.- Ionie et encore moins sur l'essor industriel sous-entendu par la suite.Jocelyn David Etudiant à la maîtrise en histoire à l’Université de Sherbrooke Montréal, 27juillet 2000 Bel effort, M.Chrétien Une amélioration considérable de la condition humaine est possible si certains objectifs de la déclaration du G8 ne sont pas que vaines paroles.La lutte immédiate et énergique contre le sida, la tuberculose et la malaria pourrait infléchir une catastrophe sanitaire en voie de se mondialiser.L’accès universel à l'éducation primaire pour l’an 2015 est une absolue nécessité.Un premier pas étant l’égalité des sexes dans la scolarisation d’ici l’an 2005.Pour y arriver, M.Chrétien a essayé de convaincre le G8 d’accroître l’aide étrangère.É n’y est pas arrivé, mais au moins le mot est lancé.Il faut dire que, sous le règne de M.Chrétien, le budget d’aide a été réduit neuf fois.Les compressions n’ont enfin cessé que lors du dernier budget.Et selon M Chrétien, l’aide continuera d’augmenter tant que l’économie le permettra.J’aurais préféré qu’il dise: «Jamais plus la santé et l’éducation de base ne seront sacrifiées à l’autel des fluctuations économiques.» Mais il y a un début à tout! Heureusement, augmenter le budget d’aide n'est pas le seul moyen d’arriver aux louables ob-jectife précités.Les dépenses à l’intérieur du budget d’aide peuvent être orientées.Et de nouveau, on peut féliciter M.Chrétien d’avoir nommé Maria Minna au poste de ministre du Développement international.Très bientôt, Mme Minna présentera au cabinet son agenda de développement social pour l’ACDI, qui met précisément l’accent sur la santé (pour guérir sida, tuberculose, malaria et autres maladies infectieuses).Ce plan insiste aussi sur l’éducation de base plutôt que sur les mégaprojets et les infrastructures.Un mot de M.Chrétien garantirait presque l’approbation par le cabinet du plan de Mme Minna.Dites «oui», M.Chrétien! Victor Baulne Sainte-Foy, 25 juillet 2000 Oka et les sulpiciens À son bulletin de nouvelles télévisé du 28 juillet 1995, Radio-Canada avait jugé utile de rapporter cette phrase d’une Amérindienne d’Oka sortant d’une église anglicane de cet endroit: «They [les Sulpiciens] sold our lands to the Whites.» Qu’ont pu penser alors les milliers de téléspectateurs qui ont écouté cela et qui ont vu le journaliste ne réagir aucunement, sinon que les sulpiciens ont été malhonnêtes en vendant ce qui ne leur appartenait pas?Encore aujourd’hui, en l’an 2000, 10 ans après les pénibles événements d’Oka, on répète, ici et là, à peu près la même affirmation.Or la vérité est tout autre.Sous le Régime français, leurs titres de seigneurs sur la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes ont été acquis en bonne et due forme.Sous le Régime anglais, ils ont été confirmés «d’une manière absolue» par la reine Victoria selon les termes d’une ordonnance du gouvernement du Bas-Canada en 1840.Par après, à la suite de nombreuses contestations de la part des Amérindiens d’Oka, ceux-ci, encouragés depuis longtemps par la presse anglaise et par des groupes protestants, ont soumis l’affaire à la Cour supérieure, qui les a déboutés le 7 mars 1910, puis à la Cour du banc du roi, qui a rejeté leur appel le 29 décembre 1911, et enfin au Comité judiciaire du Conseil privé du roi Edouard VII, qui a maintenu le jugement de la Cour d’appel.D est bon de noter que, dans cette ultime décision, les lords, comme les juges précédents, ont écarté toute opinion selon laquelle les sulpiciens n’auraient eu qu’un titre «in trust for the benefit of the plaintiffs» (v.g.les Amérindiens).Donc, ils étaient absolument propriétaires et non seulement fiduciaires comme certains le voudraient Aurélien Boisvert Repentigny, 25 juillet 2000 LIBRE OPINION L’éthique ne s’oppose pas à la science ERYCK MALOUIN Consultant en éthique Dans l’édition du Devoir du 25 juillet dernier, on pouvait lire dans un article intitulé «La science avant l’éthique, croient les Canadiens» que la science devait avoir préséance sur l’éthique en cas de conflit en matière de biotechnologie, plus particulièrement en ce qui a trait à l’épineuse problématique de l’utilisation des organismes génétiquement modifiés.Le texte de la journaliste Hélène Buzzetti s’avère intéressant à plusieurs niveaux.Premièrement, le texte en question est un exemple probant que les sondages peuvent faire dire tout et n’importe quoi.D'emblée, il faut se montrer très circonspect face à des sondages commandés.Quelles sont les motivations du commanditaire de ce sondage, le Secrétariat canadien de la biotechnologie?Il est tout à fait légitime de se demander quelle aurait été la réaction du Secrétariat face à un rapport, par ailleurs fort peu rigoureux, dont les conclusions auraient été à l’encontre de ses propres intérêts?Aurait-on diffusé les résultats?Qui plus est, quand 39 % des répondants estiment que les biotechnologies représentent «l’outil pour éliminer une fois pour toutes la faim dans le monde», on est en droit de se questionner sérieusement sur la validité méthodologique des questions posées.Deuxièmement, l’article en question montre clairement que la culture scientifique des Canadiens n’est pas très développée.On n'hésite pas à exprimer une opinion, à prendre position sur un sujet dont on ignore complètement les tenants et aboutissants.Comme le soulignait judicieusement Hélène Buzzetti, les Canadiens ont une opinion majoritairement favorable sur un sujet dont ils ne connaissent à peu près rien.D’ailleurs, selon plusieurs études, le niveau de connaissances géné- rales en matière de science et de technologie chez la population est très faible.Il ne faut toutefois pas se surprendre outre mesure de ce très faible niveau de connaissances scientifiques; notre système d’éducation présente d’énormes lacunes à ce niveau, entre autres.Ce à quoi désire d'ailleurs s’attaquer le nouveau ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie avec sa toute récente politique scientifique.Mais il ne faudrait pas croire que cette ignorance n’est que l’apanage de la population non spécialisée.D’aucuns seraient fort surpris de la culture scientifique des membres de la communauté scientifique elle-même.Car parler de culture scientifique ne se traduit pas simplement par une somme de connaissances techniques mais aussi par la manifestation d’un esprit critique face à ces connaissances.D’autant plus que l’on a le réflexe de considérer la culture scientifique comme un exercice de diffusion de connaissances techniques au reste de la population néophyte.Or il importe de comprendre que la culture scientifique s’inscrit nécessairement dans le cadre plus large de la culture générale de notre société.A cet égard, comme le souligne Benoît Godin, «la culture, parce quelle est un phénomène social, qu’elle repose sur des efforts collectifs de société et qu’elle définit nos sociétés, inclut nécessairement les activités scientifiques plutôt que de s’en distinguer».Il serait d’ailleurs néfaste sur le plan démocratique d’établir une dichotomie entre la culture scientifique et la culture générale, laissant ainsi entendre que la science est autonome par rapport aux autres dimensions de la vie humaine.Cela risquerait d’engendrer un déficit démocratique où les questions d’ordre biotechnologique seraient dévolues à un petit groupe restreint d’experts alors que les impacts du développement des biotechnologies concernent chaque citoyen.En ce qui a trait aux OGM, que savons-nous réel- lement?Quels sont les risques scientifiquement connus à long terme reliés à l'utilisaüon des OGM?Aucun scientifique ne le sait.Quels sont les risques scientifiquement connus à moyen terme reliés à I’utilisation des OGM?Aucun scientifique ne le sait.Quels sont les risques scientifiquement connus à court terme reliés à l’utilisation des OGM?Nous en sommes au stade de la publication de travaux de recherches dont les résultats se contredisent.Comment, dès lors, gérer des risques dont on ignore dans une très large mesure la possibilité.Ce que la communauté scientifique est en mesure d’affirmer ne relève actuellement que du domaine de l’hypothèse.La véritable question devient alors celle de la gestion de l'incertitude.Or ce n’est pas du ressort de la science que d’éclairer cette question mais bel et bien de l’éthique.Finalement, le texte en question illustre de manière éloquente que, si la population en général possède peu de connaissance en matière de science et de technologie, il en est de même en ce qui concerne l’éthique.Prétendre que l’éthique pourrait s’op poser à la science risque d’engendrer dans l’imaginaire collectif le spectre d’une certaine morale religieuse où la science s’oppose à la religion.Or cette opposition entre l’éthique et la science n’est qu’artificielle.Elle ne résiste pas à l’analyse un tant soit peu rigoureuse de ce qu'est l’éthique.Nous pourrions dire que l’éthique est une recherche sur l’agir humain visant à susciter une réflexion sur la finalité de nos actions, sur les raisons et les valeurs qui motivent nos choix d’actions et sur les conséquences prévisibles en vue d’orienter une décision qui soit respectueuse de la dignité humaine.En d’autres termes, l’éthique est un outil nous permettant d’évaluer nos décisions par rapport aux valeurs que nous désirons promouvoir en tant que société.Dans quel genre de société voulons-nous vivre?Dans le cas des OGM, l’éthique serait, pour user d’une définition quelque peu académique, un espace réflexif critique de la normativité technoscientifique.L’éthique interrogera alors les motivations des différents acteurs impliqués dans ce domaine.Quel but poursuivons-nous grâce au développement des biotechnologies?Une amélioration de la condition humaine?Une exploitation plus efficace des ressources naturelles?Une position plus concurrentielle du pays sur le plan économique?L’éthique pourra également remettre en question les présupposés du développement des biotechnologies et mettre en lumière le caractère cumulatif de ses effets.Il faut comprendre que les effets premiers, parfois prévisibles (pensons à la dissémination des gènes de résistance dans le cas du maïs transgénique), engendreront des effets secondaires, eux-mêmes très souvent imprévisibles, qui à leur tour engendreront d’autres effets totalement imprévisibles quant à eux, si bien que la position initiale n’aura plus grand-chose de commun avec les résultats futurs.D’où le caractère un peu illusoire de la gestion efficace des risques associés aux OGM comme le souhaiterait une majorité de répondants au sondage.Mentionnons au passage que l’éthique est d'ailleurs souvent réduite, principalement par les membres de la communauté scientifique et juridique, à la gestion des risques.Ainsi compris, faire un choix entre l’éthique ou la science devient absurde.L’éthique ne s’oppose pas à la science.Elle s’oppose à la bêtise, aux actions entreprises sans réflexion sur le devenir de la société humaine.L’éthique nous permet de mieux comprendre la science et de mieux l’utiliser.Il importe de ne pas oublier que l’éthique et la science s’inscrivent toutes deux au sein de la communauté humaine et que toutes deux ont également un rôle à jouer dans le devenir, mûrement réfléchi, de celle-ci.i L K I) E V (Il R .L E M E R ( R E D I 2 AO f T 2 O 0 O A 7 IDEES Dix ans plus tard jt r .REUTERS Une temme reçoit un medicament au guichet — fortifié — d’une pharmacie du centre de Bagdad.Un rapport de rObjecdon de conscience, un organisme québécois qui a visité l’Irak en janvier dernier, trace un tableau particulièrement noir des effets des sanctions economiques sur 1 économie, l’éducation, la santé, la situation des femmes et des enfants en Irak.Irak interne et externe HOUCHANG HASSAN YARI Directeur de recherche Moyen-Orient, chaire Téléglobe *Raoul-Dandurand de l’UQAM, et professeur au collège militaire royal du Canada 1 y a dix ans, la classe dirigeante d’Irak, ivre de ce qu’elle appelait sa «victoire sur l’ennemi perse», envahit le Koweït afin de «corriger l'histoire».La réparation du passé signifiait diluer le Koweït dans l’entité irakienne.La convergence d’un certain nombre d’événements d’im-portançe grave pour la communauté des Etats, à ce moment précis de l’histoire, rendit l’agression irakienne contre la pétromonarchie impossible à tolérer.La scène mondiale à cette date est en ébullition.Excessivement affaiblie, l’Union soviétique est sur le point de disparaître comme entité politique et comme contrepoids à l’hégémonie américaine.Victorieux de la guerre froide et désormais maître militaire incontesté de l’échiquier mondial, les Etats-Unis ne peuvent guère permettre la montée des puissances régionales gênantes.Le développement économique sans précédent du Japon et de l’Allemagne unifiée les rend plus dépendants que jamais de l’énergie du Moyen-Orient et, par conséquent très vulnérables à tout changement soudain et radical de pétro-politique régionale.Au niveau régional, l’Iran est consommé par les efforts de reconstruction après huit ans de guerre particulièrement destructive imposée par l’Irak, guerre qui a approfondi les divisions inter-arabes et renforce la position d’Israël dans son conflit avec les Arabes.La destruction des forces irakiennes et la libération du Koweït ont eu deux autres conséquences intéressantes: d’abord, la constatation que le gain territorial est réversible; puis, le déclenchement dramatique d'un processus de paix impliquant tous les pays arabes importants et Israël, imposant ainsi aux Arabes la reconnaissance explicite de l’Etat hébreu.Comme dans toute autre guerre, les vainqueurs imposent des sanctions politiques et économiques draconiennes à l’Irak.Dans la courte histoire de l’ONU, aucun pays n’a été l’objet de sanctions aussi sévères et religieusement appliquées que l’Irak.L’agressivité du régime ba’siste qui, dans l’espace d’une décennie, impose deux guerres à l'Irak et ses voisins change durablement le rapport de force dans la région.La situation en Irak Avant la guerre contre l’Iran (1980-88), l’Irak était un des pays prospères du Tiers-Monde.Un peuple entrepreneur, des ressources en hydrocarbure et hydraulique imposantes et une politique économique jugée progressiste, mais certes dépendante, avaient créé des conditions favorables à l’essor du modèle irakien géré par un système politiquement très autoritaire.L’invasion du Koweït donne lieu à une campagne militaire sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale, au cours de laquelle les États-Unis et leurs alliés ont réduit l’Irak à un pays pré-industriel sans grand espoir de véritable démarrage.Les sanctions économiques subséquentes plongent le peuple irakien dans la misère absolue.Pour des raisons qui échappent à toute logique naïve humaniste, le leadership politique et militaire installé à Bagdad est épargné par les sanctions.Celui-ci renforce son contrôle policier absolu sur les régions dont la gestion lui est confiée par la même logique machiavélique.Le peuple irakien est deux fois victime.Il est maltraité par le gouvernement illégitime installé à Bagdad et il est détruit par les sanctions onusiennes et la complicité mondiale.Denis Halliday, ancien coordonnateur du Programme humanitaire de l’ONU pour l’Irak, qualifie de gé-nocidaire la politique des sanctions qui a tué plus d'un million de personnes.Un rapport de l’Objection de conscience, organisme québécois qui a visité l’Irak en janvier dernier, trace un tableau particulière ment noir des effets des sanctions sur l'économie, l’éducation, la santé, la situation des femmes et des enfants en Irak.Devant l’étendue de la misère ainsi que l’urgence de la situation en Irak, la délégation de mande l’arrêt immédiat des sanctions.Si les sanctions ont détruit la vie de millions d’irakiens, il faut rappeler quelles sont très bénéfiques aux malfaiteurs associés au centre des pouvoirs qui ont amassé des fortunes dans la contrebande.La guerre du Koweït et les sanctions imposées ont aussi un effet direct sur les relations inter-communautaires et l’intégrité territoriale de l’Irak.La population irakienne est ethniquement et religieusement hétérogène.Elle est majoritairement arabe, avec une forte minorité kurde et d’autres minorités numériquement plus réduites.Sur le plan religieux, elle est majoritairement chiite avec une importante minorité sunnite et une minorité chrétienne.La géographie irakienne est aussi discontinue.Le sud, région marécageuse, est habité par les chiites arabes.Le nord abrite les Kurdes majoritairement sunnites avec une certaine présence chiite.L’essentiel de la population sunnite arabe se trouve dans la région du centre.Saddam Hussein, qui a pris la destinée de l'Irak en 1979, est un Arabe, né dans une famille sunnite.Avant sa conversion religieuse tactique, il prêchait un socialisme séculier.Les opposants irakiens Face à un Saddam Hussein, toujours combatif et répressif, se trouve un mélange hétéroclite d’opposants avec des agendas politiques souvent contradictoires.Les cercles d’opposition enferment des groupes politique, ethnique et religieux chiite, sunnite, kurde, arabe, turcophone, assyrien, nassériste, monarchiste, militaire, libéral et communiste.Les opposants se divisent en deux grandes catégories: les silencieux, ces officiers actifs de l’armée qui complotent contre le dictateur de Bagdad et qui se font assassiner dans l’ombre; les autres qui, de l’intérieur et à l’extérieur d’Irak, cherchent à déstabiliser le régime.A l’intérieur, il y a les chiites qui ont toujours été considérés par le gouvernement central comme une menace.Des attaques militaires régulières contre le clergé et les membres de cette communauté sont très fréquentes et meurtrières.Les Kurdes pourraient constituer la menace militaire la plus sérieuse pour le gouvernement s’ils arrivaient à surmonter leurs divisions internes.Les opposants en exil se sont regroupés au sein du Congrès national irakien (CNI) et le Conseil suprême du mouvement islamique en Irak (CSMI).Washington appuie modestement le CNI et mise sur ce groupement séculier et orienté vers l’Occident.Le CSMI, chiite, est dirigé par un religieux et soutenu, surtout dans le passé, par Téhéran.Des liens institutionnels entre toutes les familles de l’opposition sont très faibles.Voici les causes principales de l’échec des opposants à Saddam Hussein: ¦ leurs déchirures internes; ¦ la perte de confiance, notamment par Téhéran et Washington, dans l’habileté de l'opposition à surmonter ses problèmes in- ternes et remettre sérieusement en question l’autorité de Saddam Hussein et son clan; ¦ la ténacité de ce dernier à s’accrocher au pouvoir à cause d’un manque d’alternative pour lui-même et de son entourage; ¦ l’absence d’une aide politique, financière et logistique massive et crédible aux opposants par les États voisins, qui sont paralysés par la souffrance du peuple irakien d’une part et la peur de la réaction de Saddam Hussein de l’autre.Politique régionale Au niveau régional, la menace irakienne, quoique affaiblie et endiguée, reste toujours présente.L’agression irakienne contre le Koweït et la guerre de 1991 ont bouleversé l’échiquier régional.Le bilan d’une décennie de crise est très négatif pour les pétro-monarchies du golfe Persique qui sont aujourd’hui tout à fait dépendantes des forces étrangères pour leur sécurité.La fin de la guerre froide n’a nullement ralenti l’achat d’armes par ces États.Le Koweït a lancé un programme de 12 milliards de dollars pour reconstruire ses forces.Les autres ont dépensé des sommes astronomiques dans l’achat d’armes.Et pourtant, l’état d’insécurité persiste.L’aviation militaire américaine et britannique, installée en Turquie et dans la région du golfe Persique, continue de bombarder le territoire irakien depuis la création de zones d’exclusion aérienne.Le peuple irakien est pris en otage entre le feu de son propre gouvernement et celui des forces alliées.L’imprécision des objectifs qui entourait le déclenchement de la guerre du Koweït persiste aujourd’hui.Le peuple irakien ne voit aucune fin à sa misère insurmontable.La communauté internationale semble ne plus s’intéresser à cette guerre inachevée, oubliée, qui tue des dizaines d’irakiens chaque jour.D n’y a pas de crise de pétrole.Mais cette apparente tranquillité est trompeuse.La guerre de 1991 a réinstallé la famille royale au trône du Koweït.Saddam Hussein a déjoué tous les complots.L’Irak est plongé dans le chaos.Somme toute, un bilan très maigre dix ans après «la correction historique» de Saddam Hussein! Le peuple irakien est deux fois victime.Il est maltraité par le gouvernement illégitime installé à Bagdad et il est détruit par les sanctions onusiennes et la complicité mondiale.La «guimauve nationaliste» \ -*- A propos de notre longue naissance.ANDRÉ GAULIN Berthier-sur-Mer uelle magnifique répoiv Qse que celle de Mathieu Bock-Côté («Nous n’existons pas?Ah! bon!».Le Devoir, 18 juillet) à l’auteur de l'ar-iir- ¦ tide intitulé «Assez, la guimauve nationaliste!» paru le 10 juillet Magnifique parce que d’une élégance d’écriture qui se remarque d’emblée, d’autant plus élégante que l'auteur joue du scalpel en ménageait son vis-à-vis.À la fin, l’interpellé est mis à nu et s’il ne va pas se rhabiller, c’est qu’il n’a pas le sens de la pudeur, faut croire.Cela console, parfois, de lire une écriture qui ne dépare ni l’intelligence ni la manière de relever le gant.Car Bock-Côté analyse et diagnostique sans chercher à avoir raison, mais on ne peut nier sais impudence des faits et gestes du Dominion of Canada, déguisé en pays bilingue, protecteur du français comme à Montfort ou dans l’unilingue ville officielle d’Ottawa.S’il se tait, les pierres parleront! Ce jeune homme et tant d’autres pensent.Ottawa, lui, dépense.Michel Vas-tel illustrait bien cela dans un article que d’aucuns auraient intérêt à lire et paru dans Le Soleil du Tr juillet sous le titre «Un milliard et demi pour fêter le Canada».Pendant ce temps-là, l’économiste Yvonnick Roy se demande dans Le Devoir du 17 juillet: «Le Québec ne pourrait-il pas poursuivre son destin avec confiance et espérer que les institutions canadiennes sauront évoluer?» Non, mais., c’est-y Dieu possible d’être naïf à ce point-là?Devrions-nous être une grenouille qui se sert de ses articulations remarquables pour ployer sous la charge plutôt que pour bondir?D’abord, on ne poursuit pas son destin, on le suit.Celui qui le poursuit, comme on poursuit une «province» délinquante, «pas comme les autres», et depuis une certaine date balise dont on dit qu’elle est dépassée, c’est le (Dominion of) Canada.Et pourquoi donc aussi l’économiste Roy intitule-t-il son article Le lot des petits peuples?», le point d’interrogation appartenant au titre?Sur 200 pays de la communauté des nations, combien y en a-t-il de moins de sept millions de gens, à peu près notre actuelle population?C’est presque le double de la population de ces pays prospères que sont la Norvège, le Danemark, la Finlande et presque autant que la Suède! Et en plus, le Québec parle une langue appartenant à un grand espace économique, il apprend la langue de son puissant voisin — «my neighbourg is rich»\ —, l’espagnol et d’autres langues, sa littérature produit plus de trois livres par jour dont un recueil de poésie, ce qui ne se voit même pas en France avec ses 58 millions de personnes, cette littérature s’enseigne dans plus de cent universités dans le monde.Ce petit peuple occupe un territoire qui le situerait vers le 16' rang pour la grandeur, vers le 15' pour la prospérité, son économie se porte bien, orientée vers le savoir, un secteur d’avenir.et quoi encore?Pendant ce temps-là, celui des analyses sur la possibilité de sa venue au monde, on joue à se rapetisser, on simule l’absence du «mon oncle d’Ottawa», on doute de soi, on fait des élucubrations sur la fin des nationalités.Dites donc ça, juste pour voir leur réaction, aux Anglais, aux Américains, aux Allemands, aux Français et même aux Canadians, dites-leur qu’ils vont disparaître dans la mondialisation des marchés et ils vous regarderont envieusement comme un bon plat à bouffer.Même pas un plat de résistance! Une entrée de grenouilles consentantes, précuites même.Mathieu Bock-Côté a bien raison en croyant ne pas avoir inventé que Meech a marqué la fin du quiproquo de 1867.Par son coup de force de 1982, Trudeau a pété la baudruche du mythe des deux nations et accordé au Québec le même poids politique que le Terr Neuve de Clyde Wells, qui osait dire tout haut ce que le Canada anglais pensait quant à lui.La misérable réparation offerte à Meech pour devenir partenaire d’une Constitution entrée dans la gorge quelques années plus tôt n’a pas fonctionné malgré tout l’argent qu’on y a ingéré et malgré tout le pthos qu’on y a artificiellement injecté.Le lac Meech lui-même était un faux, débaptisé de son ancien nom de «lac de la charité».C’était un lac sans pouvoir symbolique, un lieu de non-pouvoir, tout gonflé qu’il était aux hormones de la publicité, aussi faux que le Dominion of Canada qui se prétend notre défenseur et notre patrie, un pays accordant des rôles de figurants à tous les francophones qui sont déjà fort occupés à lutter contre leur assimilation.Il accorde néanmoins, il est vrai, des titres à quelques francophones utiles quand ils acceptent, comme des gens qui pensent avoir réussi, de servir l’uniformité canadienne; mais c’est là un traitement de faveur, sorte de clause nonobstant de leur Conquête et conséquemment notre défaite.L’écrire est d’une évidence à faire pleurer.Quant à moi, j’en suis arrivé à ajouter une raison supplémentaire que nous avons de faire la souveraineté: ne plus avoir à en parler.Et faire avec.Faire, bouger, agir, vivre.Respirer.Quitter la problématique du passé pour la dynamique de l’avenir.Acquérir un bon voisin qui ne sera plus notre casse-pied.Èt vice-versa.Comme hétérogènes et minoritaires, ne plus se supposer, se supputer, se superposer, se faire poser, se reposer comme on gît, se déposer comme un cadeau de Grec au pied du sapin qu’on nous passe.Ni se dérober, ni se subordonner.Redevenu peuple affirmé plutôt qu’infirmé, singulier dans un grand collectif de peuples, s’ouvrir sans entrave à la pluralité et à toutes les solidarités.Oui, vivement, la responsabilité de nous-mêmes devant nous-mêmes et à la face de la communauté internationale.Ni plus fin, ni plus fou, ce peuple, mais tout à soi, pouvant ainsi accéder au monde sans passer par un concurrent.(Quelle personne sensée confierait la moitié de son argent à un concurrent pour qu’ü l’administre?) Après, quand nous aurons cessé d’envoyer annuellement 30 milliards de nos sous dans cette ville de l’Ontario qui s’appelle Ottawa, qui nous en retourne six comme des cadeaux en se faisant tirer la margoulette, qui affirme sans rire nous remettre la différence plus trois milliards en services, quand nous aurons enfin cessé d’être dupes et naïfs, enfin capables de nous dire oui sans peur et sans reproche, les géographes ajouteront à leurs livres le nom du nouveau pays que nous.Québécoises et Québécois, nous serons enfin accordé, le seul accord qui, en fin de compte, nous soit acceptable.Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner une patrie à ceux qu’on aime! Y compris aux Canadians enfin libérés d’une entrave séculaire et qui pourront bien à leur tour, comme l’a si bien démontré Reed Scowen dans un livre qui méritait meilleur accueil, se faire un pays à leur convenance, tout aussi riche que le Québec dorénavant souverain, tout comme lui aussi, moins frustré, débarrassé de la «constitutionnalité» perpétuelle, et pareillement enfin dégagé d’un corps étranger.Comme je l’ai chanté une nuit à l’Assemblée nationale en terminant un discours: «Vivrons-nous toujours en tristesse, n’aurons-nous jamais la liberté?» (La Courte Paillé).C’est pourtant si facile quand nous savons que nous jouons au geôlier qui, par un obscur ressac colonial, refuse de se libérer.Plus pour longtemps, heureusement J’en suis arrivé à ajouter une raison supplémentaire que nous avons de faire la souveraineté: ne plus avoir à en parler.Et faire avec.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes A l'information «én^rale et métropolitaine Gérald Daüaire M/omf au directeur de l'information).Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vie urbaine), Marie-André»' Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports)-.Paule des Rivières (éditorialiste) Jean Dion UuisGiUes Francœur (environnement).Judith Lachapelle, louise Leduc, Kathleen Lévesque (actualités polit,pues municipales).Benoit Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé)-, Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales responsable des pages thématiques) Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques (.renier et Jacques Nadeau (photographes) : A l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma) Clément Trudel (musique) A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Hélene Baril, Claude levesque.François Normand, Claude Turcotte; à l’information internationale : Jeanflerre legault, Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique : Pierre O'Neill Hélène Buzzetti Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Mano Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec): Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : louise-Maude Rimix Soucy.Mane-Claude Petit (rrntmis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome Serge Laplante (Ôaéèec),Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine CAté, Marlène Côté.Anouk Hurbutt, Philippe Gagné.Christiane Legault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet Chantal Rainville Micheline Ruelland (publicitaires), Manon Blanchette.Sylvie laporte.Micheline Tutgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée’ Hudon, Yanick Martel,’ Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Patrick Inkel (contrôleur).Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Uperrière.Nathalie Perrier, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) r LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 AOÛT 2O0Ü A 8 LE DEVOIR ACTUALITES Stationnements CONVENTION Bourque décrié «Je ne serais pas surpris qu'on ait distribué une note aux délégués pour qu'ils insistent sur ce point [l'éducation] quand ils seront interviewés par les journalistes> FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Les réactions acrimonieuses ne se sont pas fait attendre à la suite des propos du maire Pierre Bourque rapportés dans Le Devoir d’hier.D’aucuns partagent l’avis du maire quant au fait que vlontréal ressemble à une ville «bombardée» en raison de ses nombreux terrains vacants.Mais le bât blesse sur les moyens que le maire entend prendre pour améliorer la situation, soit une augmentation considérable des taxes foncières des stationnements pour inciter les propriétaires à bâtir sur leur terrain.«Le maire est en complète contradiction avec lui-même, a indiqué le p.-d.g.de l’Institut de développement urbain (IDU), Cameron Charlebois.D’un côté il déplore le manque de développement au centre-ville et de l’autre il freine ce même développement avec les subventions accordées aux deux cités [du multimédia et du commerce électronique].» L’écho est le même du côté de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Son président, Pierre Laferrière, craint «l'introduction d’artifices dans un marché qui pourrait se porter relativement bien sans ça».«Il y aura assez de développement sur un seul site [la Cité du commerce électronique], renchérit M.Charlebois, pour en développer une dizaine à travers la ville.[.] On n’a jamais vu ça de toute façon, une imposition de taxei foncières qui motive la construction.» Le problème est ailleurs, selon M.Charlebois: certes, l’économie va bien, mais pas assez pour susciter la construction.«Les locaux vacants se remplissent à Montréal, mais il n’y a pas assez de demande pour en construire des nouveaux.Personne ne veut construire d’édifices vides! Construire pour construire, ce n 'est pas une solution.» Autant l’IDU, qui représente 145 propriétaires et promoteurs immobiliers, que la Chambre de commerce s’opposent vigoureusement à une augmentation des taxes foncières des stationnements.Surtout, note M.Charlebois, que l’administration municipale a récemment doublé celles-ci.Selon ce dernier, l’effet direct d’une autre augmentation provoquerait une hausse des tarifs.«On désavantage drôlement le centre-ville aux dépens de la banlieue où le stationnement est gratuit», note M.Charlebois.De son côté, le chef de l’opposition à l'hôtel de ville, Michel Prescott, déplore que le maire «recherche des boucs émissaires sans faire ses devoirs.Le problème avec les propos du maire, c’est qu’il semble penser à voix haute et qu’il n’a aucun plan d’ensemble.En fait, il n’y a rien dans le discours du maire, sinon du verbiage.Il faut penser à une logique de développement harmonieuse entre le commercial et le résidentiel.» Le problème est de toute façon trop vaste pour être réglé par une solution unique, s’accordent MM.Charlebois et Laferrière.«C’est vrai que certains terrains vacants auraient avantage à être construits, indique le président de la Chambre de commerce, mais il y aurait également lieu d’en réserver certains pour aménager des parcs.» «Il faut améliorer à la fois l’esthétique et la partie développée du centre-ville, a ajouté M.Charlebois.Pour ce faire, il faudrait que Montréal et Québec cessent de mettre leurs œufs dans seulement deux paniers et qu’ils mettent à profit tout le centre-ville.Il faut multiplier les programmes de subventions pour amener des compagnies à Montréal.» Mais pour attirer des gens au centre-ville comme veut le faire le maire Bourque, il ne suffit pas de construire du résidentiel, il faut également embellir le secteur, croit pour sa part Michel Prescott.«Il faut que le plan d’aménagement du centre-ville soit aménagé pour qu’il accueille davantage de petites familles.Il faut qu’il y ait des espaces pour que les enfants puissent s’amuser et où la famille peut se réunir.» LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité (514) 985-3346 (514) 985-3390 Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par 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le centre, capable d’aller chercher suffisamment d’électeurs non affiliés et indécis pour reprendre le pouvoir.L’éducation, l’éducation, encore l’éducation «L’importance que le Parti républicain attache à l’éducation, c’est le principal message de cette convention.» Frank Corte, 41 ans, député à la législature du Texas depuis huit ans et père de trois enfants, exulte, alors que nous nous dirigeons vers le First Union Center, lieu de la convention, à bord d’une des nombreuses navettes qui transportent les délégués.«Georges W.Bush a fait un travail extraordinaire dans ce domaine chez nous, au Texas, et il en fera de même à l’échelle du pays.Pas un enfant ne sera laissé de côté», affirme-t-il.Il n’est pas seul.L’éducation est ici sur toutes les lèvres.«No child will be left behind.» Voilà un message simple, juste ce qu’il faut pour rallier tout le monde.Dans un pays où l’école publique frise la catastrophe, voilà une phrase facile à retenir, qui va droit au coeur.Martelée tout au long de la journée à la tribune centrale, elle est répétée ad nauseam par tous les délégués interviewés au hasard.Mais pas question d’entrer dans les détails par exemple du système de vouchers, une sorte de bons de quelques milliers de dollars que Bush veut proposer aux parents désireux de retirer leurs rejetons des écoles publiques peu performantes pour qu’ils les envoient dans les écoles privées de leur choix.Une sorte de subvention déguisée pour les écoles privées et leur clientèle élitiste qui pourrait porter à controverse.On ne parle que de l’éducation au sens large.«Je ne serais pas surpris qu’on ait distribué une note aux délégués pour qu’ils insistent sur ce point quand ils seront interviewés par les journalistes», nous dit le plus sérieusement du monde Gerald Pomper, professeur de sciences politiques à la Rutgers University et au- «L’importance que le Parti républicain attache à l’éducation, c’est le principal message de cette convention.» ï» teur du livre Elections in America; Voters, Choice.Le professeur Pomper n’est nullement surpris de cette image lisse d’un parti parfaitement uni autour de quelques thèmes centraux qui ne portent pas à controverse.«Les républicains n’en peuvent plus d’attendre leur tour pour reprendre la Maison-Blanche.Il ne faut pas oublier que le principal but des conventions est de prendre le pouvoir, affirme-t-il.Pour y arriver, il faut d’abord viser l’unité à l'intérieur du parti.Pas facile, dans un pays aussi diversifié.Avant, l'unité se faisait pendant la convention, à travers le choix du candidat.Maintenant que le choix est fait au cours des élections primaires, la convention devient un couronnement rituel.» L’image Lundi soir, le coup d’envoi du couronnement du roi Bush a été donné par sa femme, Laura.Devant un parterre au comble de l’enthousiasme, elle a livré un discours bien ficelé.Et devinez de quoi elle a parlé?D’éducation, bien entendu.Avec, en toile de fond, un groupe d’enfants multicolores, sagement assis à leur pupitre, Mme Bush junior a rappelé son expérience d’enseignante et de bibliothécaire scolaire.Elle a même raconté comment, toute petite encore, elle pratiquait ses talents de professeur sur ses poupées.Ses filles jumelles ayant fait de même quelques années plus tard, une blague courait dans la famille voulant que, chez les Bush, il y a les poupées les plus instruites de l’Amérique.Mais Laura Bush, tout comme le général Colin Powell, héros noir de la Tempête du désert et orateur hors pair, qui a parlé tout juste après, ne s’adressait pas qu’aux délégués républicains.Leurs discours étaient avant tout dirigés vers l'extérieur, vers ceux qu’on appelle ici les «swing voters», les électeurs qui votent tantôt républicain, tantôt démocrate.Ceux qui feront la différence au mois de novembre, lors de l’élection présidentielle.Ainsi, Powell a parlé presque comme un démocrate, mais un démocrate qui met toute sa confiance en George W.Bush, sa passion pour l’inclusion et ses capacités de leader.Et l’Amérique tout entière a retenu l’image d’un parti dont les étoiles se battent pour les causes justes et dont le leader est un homme qui a l’appui de tous.METRIQUE SUITE DE LA PAGE 1 est bien plus qu’un simple bougonnement devant un changement forcé des habitudes quotidiennes.En luttant pour la survie du système impérial, les plus ardents défenseurs considèrent lutter pour la survie d’un héritage ancestral.La British Weights and Measures Association compare même la survie du système de mesure à une langue en voie de disparition, comme le breton ou le gaélique.«Les initiatives gouvernementales dans la prise en charge des cultures linguistiques européennes sont en contraste avec l’attitude adoptée envers l’héritage du système de mesures britannique.Pourquoi n’y a-t-il aucun respect envers notre populaire, pratique, traditionnel système de poids et mesures, qui fait depuis longtemps partie de notre langue et culture?» Même la presse anglaise se met de la partie pour sauver le pound, le yard, la pint, le gallon.Le Times a félicité les deux supermarchés «pour garder notre choix et nos valeurs ancestrales bien vivantes».Le Sun a lancé la campagne Save Our Scales (Sauvons nos mesures).Steve Thoburn, qui s’est fait saisir les balances impériales qu’il utilisait toujours dans son commerce, a paraphrasé le légendaire Churchill: «We’ll fight them in the supermarkets, we’ll fight them in the petrol station, we’ll fight them everywhere.» («Nous les combattrons dans les supermarchés, nous les combattrons dans les stations-service, nous les combattrons partout») Un Canada bilingue.Dans le débat de la conversion au métrique, le Canada est cité en exemple pour son «bilinguisme».Un Canadien de moins de 30 ans a appris ses mathématiques en comptant des millimètres et des kilogrammes, mais il connaît son poids en livres et sa hauteur en pieds et en pouces.Il cuisine avec des tasses et des cuillerées à soupe, achète une livre de beurre et de viande hachée, mais boit son lait au litre.même s'il appelle ça une pinte! Il évalue la température de l'air en Celsius mais lit le thermomètre de sa piscine en Fahrenheit II sait le prix de l'essen- ce au litre, roule en kilomètre/heure mais calcule la distance entre deux villes en temps.Il fixe des deux par quatre avec des clous de six pouces et suscitera un certain scepticisme s’il donne la superficie de son plancher en mètres au poseur de tapis.Une conversion qui est donc restée inachevée.En fait la conversion impérial-métrique est entrée dans les mœurs canadiennes presque partout où elle a été imposée, par exemple dans le cas de la température en Celsius et de la distance en kilomètres.Entre 1971 et 1984, comme en Grande-Bretagne, la conversion forcée a soulevé l'ire des consommateurs lorsque supermarchés et stations-service ont été obligés de s’adapter.En 1982, des députés conservateurs opposés à la nouvelle réglementation ont vendu pendant quelques jours de l’essence au gallon dans une station-service près d’Ottawa.Même la Charte des droits et libertés avait été invoquée pour contrer l’imposition du métrique! En Nouvelle-Ecosse, le premier ministre John Buccanan avait accusé le gouvernement de Pierre Trudeau de vouloir copier les pays socialistes en rejetant le «vrai système».En arrivant au pouvoir en 1984, les conservateurs ont décidé d’assouplir l’introduction du SI en ne condamnant plus les commerçants rebelles.Depuis, la conversion avance à pas de tortue et les Canadiens utilisent les deux systèmes sans toujours s’en rendre compte.Un phénomène envié par les anti-métriques britanniques.Mais les pro-métriques traitent discrètement leurs vis-à-vis de rétrogrades dans les tribunes libres.Après tout, les jeunes sont éduqués en «métrique» et ce système français rend également hommage aux scientifiques britanniques Goule, Watt, Newton, Kelvin et Faraday).Les Britanniques, disent-ils, ne sont certainement pas plus bêtes que les autres et finiront bien par comprendre le SI.et ne plus faire l’erreur de commander trois kilos de brocolis au lieu de trois livres! «Notre fils est né en 1973 et pesait un tout petit 2,25 kilos, a écrit un couple anglais au Guardian.Nous n’avons aucun problème à comprendre.H mesure maintenant 1,8 mètre et pèse 80 sains kilos.Nous aimons chacun de ses millimètres.» Le SI, sous toutes ses coutures ¦ Les sept unités de base du système international (SI), communément appelé système métrique: le mètre Oongueur), le kilogramme (masse), la seconde (temps), l’ampère (courant électrique), le kelvin (température thermodynamique), la mole (quantité de matière), la candela (intensité lumineuse).¦ Tiré de l’encyclopédie Quid: Le premier étalon du mètre a été construit en 1793 par Etienne Lenoir qui l'a défini comme étant la dix millionième partie du quart du méridien terrestre, la distance entre le pôle nord et l’équateur.Seize répliques conformes de ce mètre légal seront produites en marbre en 1796 et conservées à Paris.Seules quatre de ces répliques existent encore aujourd'hui et une seule demeure à son emplacement original du 36, rue de Vaugirard.On trouve aussi à Paris trois «copies exactes» en platine du mètre et du kilogramme.¦ le système métrique a été adopté en France lors de la Révolution française.Les scientifiques de tous les domaines ont alors imaginé un système de mesures basé sur dix unités.Non seulement cela allait-il donner naissance au système métrique que l'on connaît, mais également à un calendrier de dix mois, composé de trois semaines de dix jours chacun.Chaque jour devait également avoir dix heures.Le projet a cependant été vite abandonné.¦ Le Canada a adopté de façon facultative le sysfeme métrique en 1871, soit cinq ans après que les Etats-Unis ont reconnu comme légal l'usage parallèle du système métrique.A la fin de la Première Guerre mondiale, l'armée américaine stationnée en France s'est temporairement convertie au système métrique.En 1975, les Etats-Unis adoptent le Metric Conversion Act pour accélérer une conversion Volontaire.En 1988, un amendement prévoit que les agences gouvernementales devront être converties au système métrique pour 1992.Le hic dans l'imposition du SI est l’absençe de règles communes pour tout le pays, chaque Etat décidant à quel rythme il adoptera le SI.Et ce n’est pas d’hier que les Anglais voient le métrique entrer doucement dans leurs vies.En 1897, le parlement reconnaissait, à titre facultatif toutefois, le système métrique, après le rejet de l'adoption obligatoire 26 ans auparavant.En 1907, le parlement repousse l'adoption officielle du système métrique mais commence à ce moment à introduire certains de ses éléments pour les produits pharmaceutiques.En 1985, le yard et le pound sont définis en fonction du système métrique et valent 0,9144 m et 0,45359237 kg.¦ Un site Internet pratique pour faire la conversion: www.megaconverter.com/cv_start2.htm Des manifestants anti-peine de mort sèment le trouble à Philadelphie AGENCE FRANCE-PRESSE Philadelphie — Plusieurs centaines de manifestants contre la peine de mort ont semé le trouble mardi dans le centre ville de Philadelphie (est), profitant de la convention nationale du parti républicain jusqu’à jeudi pour faire entendre leurs voix.Au moins 48 personnes ont été arrêtées au cours d’interventions des forces de l’ordre, selon un porte-parole de la police locale, David Yarnell, qui a également indiqué que deux policiers avaient été blessés.Les manifestants, brandissaient des pancartes où l’on pouvait lire «arrêtez la peine de mort» ou «libérez Mumia» —du nom d’un journaliste noir Mumia Abu-Jamal condamné à mort—.Ils s’étaient rassemblés en fin d’après-midi devant la mairie à Tappel de plusieurs organisations locales et nationales.Mumia Abu-Ja-mal, 45 ans, a été condamné à la peine capitale en 1983 à Philadelphie (Pennsylvanie) pour le meurtre d’un policier blanc le 9 décembre 1981.Son exécution a été reportée et il a toujours clamé son innocence.Par ailleurs, des manifestations sporadiques ont éclaté dans d’autres parties de la ville, des petits groupes de manifestants perturbant la circulation et tentant d’empêcher des délégués républicains de se rendre sur le lieu de la convention républicaine, à plusieurs kilomètres du centre de Philadelphie.Selon un policier, Craig Smith, présent sur le lieu de l’une des manifestations, «cela a commencé par un rassemblement organisé, mais franchement c’est devenu incontrôlable à certains endroits.Nous espérons que cela va se terminer pacifiquement».Une religieuse figurant parmi les manifestants a déclaré: «Bush se veut un conservateur avec du coeur (.) mais il est le pire tueur en série que le monde n’ait jamais connu», faisant référence au slogan de campagne du gouverneur du Texas, George W.Bush, candidat à la présidentielle.Le Texas détient le record d’exécutions aux Etats-Unis.Par ailleurs, les forces de police ont encerclé un entrepôt utilisé par des manifestants pour confectionner leurs affiches et costumes, à l’ouest de la ville, selon des images diffusées sur les télévisions locales.Les télévisions ont également montré plusieurs arrestations en un autre endroit de la ville, où les forces de l’ordre sont intervenues contre des manifestants assis sur la chaussée.Plusieurs organisations avaient menacé de perturber le déroulement de la convention républicaine, en appelant à des actes non violents tout au long des quatre jours de la convention, qui s’achève jeudi soir.PNEUS SUITE DE LA PAGE 1 mulerde telles quantités de pneus au Québec», a déclaré hier Paul Bégin.Voilà des mois que le ministre cherche une solution à l’épineuse question de l’accumulation des pneus usés au Québec.Les risques d’incendies étant ce qu’ils sont, une politique d’élimination des pneus se faisait de plus en plus pressante.C’est maintenant chose faite.Dès le 24 août, il ne sera plus possible d’importer au Québec des pneus hors d’usage pour fins d’entreposage.Interdiction également d’établir ou d’agrandir un lieu d’entreposage extérieur de pneus pour d’autres fins que des activités de valorisation.Conformément au Plan d’action québécois sur la gestion des matières résiduelles 1998-2008, les lieux d’entreposage permanent de pneus usés devront être vidés d’ici 2008, et ce en trois temps: 20 % des pneus pour 2004, 50 % pour 2006 et 100 % pour le 31 décembre 2008.Pour ce qui est du volet recyclage du programme, le ministère fera un appel d’offres, favorisant en premier lieu les entreprises se consacrant au recyclage, puis celles optant pour la valorisation.«Le recyclage dépend de la qualité des pneus; certains font des tapis en caoutchouc ou différents produits», expliquait hier Caroline Drouin, l’attachée de presse du ministre.Certaines entreprises font aussi déjà de la valorisa-tion des vieux pneus.«C’est le cas de cimenteries qui brûlent les pneus et utilisent l’énergie libérée pour alimenter leur [usine]», poursuivait-elle.L’appel d'offres sera ouvert à toutes les entreprises.Le ministère souhaite néanmoins favoriser le partenariat entre «les propriétaires de lieux d'entreposage, les transporteurs et les recycleurs», précisait Caroline Drouin.Le programme sera financé entre autres par le droit environnemental de trois dollars, perçu depuis octobre dernier sur chaque pneu neuf vendu.Quelque sept millions de pneus neufs sont fabriqués annuellement au Québec.«Ces nouvelles mesures permettront défaire disparaître du paysage québécois les sites d’entreposage encore présents et à prévenir ainsi les risques majeurs de contamination de l’environnement en cas d'incendie», concluait le ministre.Il n’a pas été possible hier de joindre des porte-parole de Greenpeace pour avoir leurs réactions.La Commission des droits de la personne poursuit Outremont et la CUM (PC) — La Commission des droits de la personne poursuit la Ville d'Outremont et la Communauté urbaine de Montréal pour discrimination liée à la liberté de culte.Le réseau TVA a révélé hier que la procédure a été entamée vendredi dernier, les deux instances municipales refusant de mettre un terme à la pratique de la prière au début des réunions de leur conseil respectif.C’est le Mouvement laïque québécois qui, en 1993, avait porté plainte auprès de la Commission.Cette dernière avait alors suggéré de remplacer la prière par une minute de silence, suggestion que les instances municipales n’ont pas retenue.Par sa poursuite, la Commission ne réclame aucun dédommagement financier mais le seul retrait de la prière.Cette poursuite serait une première au Québec.
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