Le devoir, 23 août 2000, Cahier A
w w w .I e d e v o i r .c o CULTURE Radio-Canada mise sur le divertissement Page B 1 LE MONDE Six sondages donnent maintenant la victoire à Gore Page A 5 I.E M K R ( R E l> I 2 :i A O V T 2 0 O O Guerre du homard Au nom de tous les Micmacs Des Amérindiens de Burnt Church ont lancé des pierres et des déchets de poisson sur des agents des Pêches, tôt hier matin, dans la baie de Miramichi, en réponse à la saisie de plusieurs de leurs cages à homard placées illégalement.L’un des agents fédéraux a reçu une pierre en plein visage lorsque les autochtones se sont précipités dans la baie pour affronter les quelque 17 bateaux appartenant au ministère, à la garde côtière et à la police.HÉLÈNE BUZZETT1 DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Selon son chef Reg Maloney, la bande micmaque d’Indian Brooks a pour mission de tenir le fort.C’est pour toute la nation mianaque, et pas seulement pour sa communauté de quelque 2000 personnes, qu’il se bat contre Pêches et Océans Canada.Et que la pêche illégale se poursuit.Car si, à l’instar des 29 autres bandes micmaques des Maritimes, Indian Brooks signait une entente avec Ottawa sur la gestion de la pêche aux homards, alors ce sont les droits issus de traités des Micmacs qui s'évanouiraient Ce sont du moins les propos qu’a tenus Reg Maloney en entrevue téléphonique avec Le Devoir hier matin.«Nous nous battons pour toute la nation micmaque, a expliqué le chef d’Indian Brooks, en Nouvelle-Ecosse.Pour amener le gouvernement fédéral à respecter les traités, que les bandes aient ou non signé des ententes.» La communauté d’Indian Brooks, tout comme celle de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, est impliquée depuis le début du mois dans un bras de fer qui l’oppose au ministère des Pêches et des Océans.L’enjeu: le gouvernement fédéral a-t-il le droit de limiter le nombre de casiers à homard que peuvent mettre à l’eau les autochtones en dehors de la saison de pêche?Les Micmacs des deux bandes refusent toute légitimité l’Ottawa en la matière.Le conflit est le résultat d’un jugement de la Cour suprême rendu l’automne dernier.Le jugement Marshall stipulait que les Micmacs des Maritimes ont en vertu de traités signés en 1760 et 1761, le droit de pêcher, de chasser et de cueillir pour s’assurer une subsistance raisonnable.Toutefois, la Cour suprême indiquait que le gouvernement fédéral avait le droit de limiter et de réglementer ce droit dans la mesure où cette limitation était «justifiée».La cour indiquait que la conservation d’une espèce était une des limitations justifiées en soi mais ajoutait que, «comme les difficultés que pose la gestion des ressources fauniques et halieutiques [.] varient d’une espèce à l’autre, les restrictions devront être justifiées au cas par cas».A ce moment, un conflit a éclaté à Burnt Church et à Indian Brooks sur la portée à donner au jugement.Depuis, le ministre des Pêches et des Océans, Herb Dhaliwal.a entrepris des négociations avec les 34 communautés micmaques des Maritimes touchées par le jugement pour conclure des ententes limitant leur droit de pêche, mais offrant en contrepartie des cours de formation et du matériel de pêche aux autochtones.Jusqu’à présent, 29 des 34 communautés ont signé de telles ententes.Ottawa est en négociation avec trois autres bandes, qui n’effectuent pas de pêche illégale, tandis que Burnt Church et Indian Brooks refusent le principe même d’une limitation, voyant là une façon pour Ottawa d’éteindre leurs droits issus des traités.M.Maloney croit-il que les 29 chefs de bande ont fait une erreur en acceptant de telles ententes?mettre à l’eau les auto de ML/ dï :v î > .g.VOIR PAGE A 8: MICMACS Hydro : profits en hausse de 64 % Hydro-Québec a de quoi se frotter les mains.Au coqrs de son premier trimestre financier, la société d’Etat a enregistré un bond de 64 % de son bénéfice net par rapport à l’an dernier.Le bénéfice a ainsi atteint 773 millions de dollars.La moitié de cette faramineuse hausse s’explique par les transactions d’électricité sur le marché américain.Au Québec, beaucoup de profits ont également été engrangés, principalement à cause de la vigueur de l’économie, du temps plus froid et de la hausse du prix moyen de l’aluminium (tarifs préférentiels revus).¦ Nos informations en page B 3 N D E X Annonces B 5 Idées A7 Bourse B 2 Le monde A 5 Avis publics B 4 Les sports B 6 Culture B 8 Mots croisés B 5 Économie .B 3 Nature B 5 Éditorial .A6 Télévision B 7 Horizons B 1 Météo B 4 Portrait d’enfants d’un siècle fou JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une éducation trop permissive a enlevé à l’enfant les balises qui l’empêchaient de développer les comportements qu’on lui reproche aujourd’hui, croit un spécialiste.Entêtés, agressifs et méchants, les enfants ?JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Ils sont évidemment plus petits et plus fragiles que leurs aînés, mais on attend d’eux qu’ils se conduisent comme des grands.Parce que, justement, ils vivent dans un monde conçu pour les grands.Un monde où aussi bien les normes de conduite que de pollution sont créées par et pour les grands.Mais un monde où quelque chose semble clocher.Hyperactivité, agressivité, asthme, pauvreté, les grands utilisent désormais des mots terribles pour parler des petits.Le dernier rapport de l’Institut canadien de la santé infantile, s’il ne lait pas de révélation fracassante, contient suffisamment de données pour semer de l’inquiétude.Les parents considèrent que leurs enfants sont souvent hyperactifs, agressifs, voire cruels.Les médecins s’inquiètent de l’augmentation effarante des cas d’asthme et de cancer et montrent du doigt la pollution environnementale.Y aurait-il un lien entre les troubles de comportement et l’exposition à la pollution?Peut-être, croient les chercheurs.Enfin, les données confirment une fois de plus que pauvreté rime souvent avec mauvaise santé, surtout chez les autochtones.Y aurait-il un lien entre les troubles de comportement et l’exposition à la pollution?Les chercheurs posent beaucoup de constats mais apportent bien peu de solutions.Il faudra vraisemblablement poursuivre la recherche pour déterminer avec précision la nature des changements qu’il faudra adopter.Le Dr Louis Drouin, responsable de la santé environnementale à la Direction de la santé publique de Montréal, dit n’avoir rien appris dans les conclusions du rapport.Ni au sujet de l’augmentation importante des cas d’asthmes rapportés (la principale cause d’admission à l’hôpital), ni de celle du nombre de cancers chez l’enfant (hausse de 25 % en 25 ans).Dans le cas de l’asthme, la hausse ne peut être seulement attribuable à une prise de conscience et à l’amélioration des méthodes diagnostiques disent les chercheurs.C’est plutôt du côté de la qualité de l’air et de l’exposition aux agents environnementaux qu’il faudrait fouiller les causes de cette augmentation.Les conséquences d’une exposition à la pollution (le Canada occupe le second rang mondial concer- VOIR PAGE A 8: ENFANTS Québec resserre les contrôles de l’eau potable LOUIS-GILLES F RANCŒUR LE DEVOIR Le ministre de l’Environnement, Paul Bégin, resserrera les contrôles sur l’eau potable en faisant inspecter et évaluer «sur le terrain» au cours des prochains mois le niveau de sécurité de chacune des usines de tiltration et des aqueducs, privés et publics, du Québec.Il s’agit, dit-il, d'une «étape obligée» avant d’amorcer la modernisation des réseaux avec l’enveloppe budgétaire de 600 millions, approuvée par le conseil des ministres à cette fin pour les six prochaines années.C’est ce qu’a déclaré hier au Devoir le ministre, qui a toutefois spécifié que cette étape interviendrait «après que les cas les plus urgents» auront été réglés, soit les 90 municipalités à risques identifiées la semaine dernière à partir de l’analyse de leurs dossiers respectifs au ministère de l’Environnement (MENV).L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a demandé hier au ministre Bégin, par voie de communiqué, de faire plus qu’une analyse de la performance des réseaux publics et privés d’eau potable au Québec à partir des rapports qu’ils fournissent, en principe, régulièrement au ministère.Le président de cette association, Pierre Sirois, a dit que l’Environnement devrait envisager «des inspections sur le terrain et une validation de performance» des réseaux de distribution de l’eau potable, ce qu’il doutait que le ministère puisse faire avec ses ressources actuelles.Cette proposition, avec laquelle le ministre Bégin s’est déclaré d’accord mais dans une étape ultérieure, découlait de l’analyse d’une série de documents obtenus par les ingénieurs gouvernementaux en vertu de la Loi d’accès à l’information.Après avoir diplomatiquement félicité le ministre Bégin d’avoir «enfin décidé d’imposer des correctifs à un certain nombre de réseaux d’aqueduc», privés et municipaux, les ingénieurs estiment que «des quelque 500 réseaux privés dénombrés dans la liste obtenue du ministère dans 17 régions administratives du Des inspecteurs évalueront «sur le terrain» au cours des prochains mois le niveau de sécurité de chacune des usines de filtration et des aqueducs, privés et publics VOIR PAGE A 8: EAU LES SPORTS Le Canadien rapatrie Jim Campbell Page B 6 La fin des illusions La Russie ne peut pfus espérer rivaliser avec les Etats-Unis Vladimir Poutine a décrété un jour de deuil national pour aujourd’hui, alors que les familles des 118 marins du Koursk ont été nombreuses à lui signifier leur refus de participer à toute cérémonie officielle tant que les corps n’auront pas été repêchés.Une réaction bien humaine, que ne saurait comprendre le froid président russe, tout à ses savants calculs stratégiques faciles à imaginer.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Avec la tragédie du Koursk viennent de tomber les dernières illusions de politiciens et de militaires russes nostalgiques de leur empire déchu.Non, la Russie ne doit plus espérer rivaliser avec les Etats-Unis.Ne lui faut-il pas maintenant chercher à protéger à tout le moins son statut de puissance régionale et se blinder en armes conventionnelles plutôt que nucléaires?«Le débat, en cours depuis plusieurs mois, risque d’être relancé avec plus d’acuité encore avec le naufrage du Koursk, note Jacques Lévesque, doyen de la faculté de science politique et de droit de l’UQAM, spécialisé dans les affaires russes.Déjà, bien avant le Koursk, la guerre de Tchétchénie avait bien illustré tout le dilemme qui déchire les autorités russes.«Il y a un mois, ce dilemme a été révélé au grand jour par un bras de fer entre le ministre VOIR PAGE A 8: RUSSIE ¦ Autres informations en page A 5 REUTERS Vladimir Poutine a rencontré hier l’amiral Vyacheslav Popov, commandant de la Flotte du Nord.•1 L K I) K V 0 I K .L E M E R C R E D I 2 !i A 1JÊ 1 111 i i _ V ¦ J 1 MAINTENANT ) DISPONIBLE 981, Ouimet (face à Pharmaprix) St-Jovlte Mois d’août : jeudis et vendredis 10 h-21 h samedis 10 h-17 h dimanches 11 h-16 h Centre commercial Duvernay 3100, bout, de la Concorde Eat Laval Mois d’août : jeudis et vendredis 10 h - 21 h samedis 10 h -17 h dimanches 12 h-17 h Édifice fédéral 2050, rue Girouard St-Hyacinthe Mois d’août: jeudis et vendredis 10 h-21 h samedis 10 h-17 h dimanches 11 h-16 h 747, rue St-Jacques, local B St-Jean-sur-Richelieu Mois d'août : jeudis et vendredis samedis dimanches 10 h - 21 h 10 h-17 h 11 h-16 h Centre commercial 469, rue de Lanaudlire Joliette Mois d'août : jeudis et vendredis 10 h-21 h samedis 10 h-17 h dimanches 11 h -16 h 61, rue du Marché Salaberry-de-Valleyfield Mois d’août : jeudis et vendredis 10 h - 21 h samedis 10 h-17 h dimanches 11 h-16 h moins cher i ¦ Dépêchez-vous avant que les frais ne passent de 10 $ à 60 $ pour le permis de possession.plus facile ! Une équipe qualifiée vous remettra un formulaire pour l'obtention de votre permis, vous aidera à le remplir et prendra votre photo gratuitement.S'il vous plaît, n'apportez pas vos armes à feu ! Pour plus d’information : 1 800 731*4000 WWW.CCaf.QC.ca Canada LE DEVOIR.LE MERCREDI 23 A O 0 T 2 O O O A 5 ?LE DEVOIR ?-— LE MONDE La tragédie du Koursk I VIKTOR KOROTAYEV REUTERS Un officier de la marine russe à la retraite est venu allumer des cierges, hier, lors d’un service funèbre pour les marins du Koursk.Journée de deuil en Russie La remontée de Gore semble vouloir durer Un revirement qui rend la lutte très serrée Six sondages confirment que la course à la Maison-Blanche est loin d’être jouée LÉON BRUNEAU AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le candidat démocrate Al Gore, dopé par la convention de son parti, devance désormais dans les sondages son rival républicain George W.Bush, un revirement qui laisse présager une course très serrée à la Maison-Blanche et une nouvelle dynamique dans la campagne.Six sondages réalisés depuis la fin de la convention démocrate, jeudi dernier à Los Angeles, montrent que le vice-président américain a non seulement rattrapé son retard sur le gouverneur du Texas dans les intentions de votes, mais le dépasse même dans certaines enquêtes.Selon un sondage Washington Post/ABC diffusé hier, Al Gore battrait son rival pour l’élection présidentielle du 7 novembre si le scrutin avait lieu maintenant avec 50 % des suffrages contre 45 % à George W.Bush.D’autres enquêtes réalisées depuis la fin de la convention démocrate ont également fait part de cette remontée de Gore, même si certaines donnent les deux candidats au coude à coude.Un sondage CNN/USA Today diffusé lundi plaçait Al Gore en tête d’un point à 47 % contre 46 % à George W.Bush.Al Gore engrange, comme il est de tradition, les fruits de la convention démocrate.Avant celle-ci, il se situait à la traîne dans toutes les enquêtes d’opinion effectuées depuis juin.Mais plus important pour lui, les sondages montrent aussi qu’il a relevé les trois défis qui l’attendaient à Los Angeles: s’affranchir de Bill Clinton, se donner une image plus proche des préoccupations des électeurs, et mobiliser son parti autour de thèmes rassembleurs comme la défense des salariés.Les fruits de la convention démocrate ont changé la donne de l’élection présidentielle Selon l'enquête d’opinion du Washington Post.56 % des personnes interrogées estiment par exemple qu’Al Gore a les qualités d'un dirigeant.Ils n'étaient que 47 % à le croire début et mi-août.«Le risque que j'ai pris en parlant de choses concrètes a finalement payé», avait commenté lundi Al Gore, interrogé sur sa remontée dans les sondages.Il est cependant trop tôt pour tirer des conclusions définitives.L’avance de Gore, comme celle de Bush après la convention républicaine à Philadelphie début août, pourrait se dissiper à l’approche du I.abor Day (la fête du travail américaine), où il ne restera alors plus que deux mois de campagne.«Il faut attendre encore une petite semaine [.] mais les données statistiques suggèrent qu'une bonne part du rebond [de la convention] a tendance à durer», relève un spécialiste, Thomas Mann, de l’institut Brookings à Washington.«Au pire, ils se retrouvent au coude à coude» en septembre.La campagne a pris une nouvelle dynamique et l’allure d’une course de vitesse jusqu’en novembre.Les débats télévisés en octobre constitueront leurs prochains grands rendez-vous, pour lesquels Al Gore vient de se dire prêt à en découdre autant de fois que son adversaire le voudra bien.Une commission des débats présidentiels, non partisane, a proposé d’en organiser trois avant l’élection, les 3,11 et 17 octobre, respectivement à Boston, en Caroline du Nord et dans le Missouri, à des conditions restant à définir.M.Bush a proposé de participer à des débats télévisés, mais pas forcément ceux proposés par la commission, amenant son adversaire démocrate à l’accuser de vouloir éviter cette confrontation.Le roi de Jordanie rencontre Barak et Arafat NATALIE BEHRING REUTERS Le président palestinien Yasser Arafat et le roi de Jordanie Abdallah se sont rencontrés hier avec beaucoup de plaisir.Le roi a ciblé ses entretiens sur le statut de Jérusalem.Abdallah II plaide la cause des Palestiniens LIBERATION Moscou — Tout de noir vêtu, le président russe Vladimir Poutine, si critiqué pour son indifférence lors du naufrage du Koursk, est arrivé hier en fin d’après-midi à l’aéroport militaire de Severomorsk, siège de l’état-major de la Flotte du Nord, en mer de Barents.Il a pris le chemin de la base de sous-marins voisine de Vidiaïevo, port d’attache du Koursk, et il pourrait, selon un programme qui reste encore flou, assister à la cérémonie funèbre qui se déroulera aujourd’hui en mer en mémoire des victimes.Environ 500 membres des familles de l’équipage, qui laisse 55 orphelins, sont arrivés sur place, réclamant, comme le veut la tradition des marins, de pouvoir jeter des couronnes de fleurs sur les lieux de la catastrophe.La journée d’aujourd’hui a été décrétée jour de deuil national dans toute la Russie.Poutine n’a fait aucune déclaration depuis l’annonce officielle LIBERATION L’énoncé du problème, pour un 1 expert en travaux à grandes profondeurs, se résume à un calcul de charges relativement simple.Le sous-marin nucléaire russe, échoué à 108 mètres sous la surface de la mer de Barents avec son équipage de 118 marins, pèse 18 000 tonnes.A l’aide du principe d’Archimède et de deux barges de relevage, capables de tracter chacune l'équivalent d’une tour Eiffel, il devrait donc être possible de remonter le submersible sans difficultés majeures.«Le renflouement du Koursk pose davantage de problèmes politiques et financiers que techniques», estime d’ailleurs Henri Delauze, directeur de la Comex, groupe finançais spécialisé dans les interventions en abysses.Car le prix d’une telle operation se chiffre en centaines de millions de dollars.Somme considérable pour le budget de la Russie.Technologies et matériels employés sur ce type de chantiers sont peu ou prou les mêmes que ceux utilisés en exploration pétrolière offshore ou lors de la pose de grands câbles de communication transatlantique.Les grues flottantes sont des navires d’aspect rustique mais équipés de systèmes de positionnement satellitaires couplés à des centrales iner-tielles qui leur permettent de garder une assiette au mètre près dans des tempêtes de force 10.I-eurs câbles, fixés par des plongeurs à la coque, permeth aient de remorquer l’épave jusqu’à Mourmansk, où seraient démontées ses deux chaudières nucléaires.Une option très coûteuse.Une solution plus économique consisterait à insuffler de l’air dans les ballasts du sous-marin.En chassant l’eau infiltrée, on allege l’épave, cherchant à lui donner une flottabilité neutre qui lui permette de remonter en partie grâ- de la mort des 118 marins, se contentant d’exprimer ses condoléances et de demander qu’une assistance matérielle soit offerte aux familles.Les militaires ont, par contre, multiplié les déclarations, allant jusqu’à demander pardon aux familles de n’avoir pas pu sauver leurs enfants.Attribuant, comme l’avait fait le ministre de la Défense Viktor Serguïev, la cause du naufrage à une «collision», l’amiral de la Flotte du Nord, Viatcheslav Popov, a déclaré qu’il consacrera «le reste de ses jours à en trouver le responsable».Après avoir successivement attribué le choc à un navire non identifié, un sous-marin britannique ou une mine, les hauts responsables militaires, par la bouche de Serguïev, parlent désormais d’«objet sous-marin», en dépit de tous les démentis officiels de l’OTAN.En Russie, les médias privilégient la thèse d’une explosion interne d’une torpille, avancée aussi par les Occidentaux.ce à son inertie.Il faudrait toutefois que la coque du navire soit restée suffisamment étanche quand la double explosion qui a provoqué le naufrage semble avoir sérieusement endommagé ses structures.Reste que toutes les hypothèses de renflouement butent sur la question du risque de pollution nucléaire.Les conséquences d’une éventuelle fuite de matière radioactive seraient beaucoup plus graves à l’air libre qu’à plus de 100 mètres de fond.La pression ambiante, environ 19 fois supérieure à la pression atmosphérique, pourrait retenir certaines particules dans leurs caissons étanches.Et les isotopes s’échappant par les fissures seraient dilués progressivement dans la masse d’eau environnante.D’évidence, Moscou envisage la possibilité de ne remonter en surface que les corps des marins.Une étude de faisabilité a été demandée hier à la société de services para-pétroliers Stolt Offshore.Mission extrêmement délicate.Non pas que les plongées professionnelles dans la zone des 100 mètres présentent des difficultés particulières.L’utilisation de mélanges gazeux enrichis à l’hélium fournis par un cordon ombilical relié à une toureUe de décompression permet un travail en trois-huit sur des périodes de 21 jours.Le problème vient de la nécessité de pénétrer des structures endommagées pour dégager les corps, après avoir percé une ouverture conséquente dans la coque.«Le sous-marin est une épave très dangereuse en raison des munitions et des réacteurs nucléaires qui pourraient exploser, estime Julian Thomson, porte-parole de la compagnie.La sécurité des plongeurs est notre préoccupation majeure.Cela requiert un long travail d'ingénierie et de planification qui pourrait prendre plusieurs semaines.» JO STRICH AGENCE FRANCE-PRESSE Tel-Aviv — Le roi Abdallah II de Jordanie a plaidé hier la cause des Palestiniens lors de sa première visite officielle à Tel-Aviv, où il a éfé reçu par le premier ministre Ehoud Barak.Le souverain hachémite, dont la majorité des sujets sont des Palestiniens, s’est déclaré «confiant dans la sincérité» du leader palestinien Yasser Arafat pour «trouver une solution qui rende justice aux Palestiniens et à leurs droits» tout en fournissant «sécurité et tranquillité d’esprit aux Israéliens».Dans une brève allocution à son arrivée à l’aéroport Sde Dov de Tel-Aviv, il a aussi souligné la volonté du président syrien Bachar al-Assad d’aboutir à une «paix juste» dans la région.Il s’agissait de sa deuxième visite officielle en Israël depuis son accession sur le trône hachémite, en février 1999, la première ayant eu lieu en avril dernier dans le site balnéaire d’Eilat.Le roi Abdallah a évité Jérusalem, capitale contestée de l’Etat d’Israël dont le statut est au coeur de l'actuelle impasse dans les négociations israélo-palestiniennes.Avant d’arriver à Tel-Aviv, il avait réaffirmé son soutien à la position palestinienne sur Jérusalem lors d'une rencontre avec Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie.Le chef de la diplomatie jordanienne, Abdel Ilah Khatib, a précisé que la Jordanie «rejette une souveraineté non arabe, une souveraineté israélienne sur les lieux saints» de Jérusalem, situés dans la vieille ville, qui se trouve dans la partie est de la ville.Israël a conquis et annexé en 1967 la partie orientale de la ville sainte et proclamé Jérusalem sa capitale «éternelle et indivisible», alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur Etat.Le sommet israélo-palestinien de Camp David, en juillet, avait principalement échoué sur cette question.Dans son discours de bienvenue, M.Barak a relevé «le rôle spécial» de la Jordanie dans les efforts d’Israël «pour conclure une paix des braves et une paix dans l’honneur entre Israël et les Palestiniens et entre Israël et la Syrie».La Jordanie est depuis 1994 le seul pays arabe avec l’Egypte à avoir signé un traité de paix avec l’État juif.Mais M.Barak a aussi réaffirmé que Yasser Arafat, contrairement à lui-même, n'était pas encore prêt aux compromis nécessaires à la conclusion d’un accord de pane.Le gouvernement israélien, a-t-il dit, «a démontré sa détermination à achever le cycle de la paix et à mettre fin au conflit israéloarabe».Illustration du caractère ultrasensible de la question de Jérusalem, le nouveau président d’Israël, Moshe Katsav, un ancien député du Likoud, a boycotté la cérémonie officielle à Tel-Aviv.«Le président aurait été très heureux de rece- voir le roi de Jordanie chez lui à Jérusalem, la capitale d’Israël, mais il n’ira pas à Tel-Aviv», a déclaré le directeur général de la présidence, /\rieh Shumer.Egalement absent, le leader du Likoud, Ariel Sharon, a regretté que le roi ait été accueilli à Tel-Aviv et accusé une fois de plus M.Barak de «céder sur Jérusalem».Il a toutefois expliqué son absence par des «engagements antérieurs».Le roi a quitté Tel-Aviv à l’issue d’une entrevue avec M.Barak au ministère de la Défense.Aucun des deux hommes n’a fait de déclaration avant le départ Abdallah II est allé déposer une gerbe sur la place Yitzhak Rabin de Tel-Aviv, là où fut assassiné en novembre 1995 l’ancien premier ministre, en présence de la veuve de M.Rabin, I>eah.EN BREF Ulster : un leader protestant est arrêté (AFP) — L’un des leaders loyalistes nord-irlandais les plus extrémistes, Johnny Adair, a été arrêté hier soir à Belfast et renvoyé en prison, a annoncé le ministre bri-tamiique à l’Irlande du Nord.Peter Mandelson.Adair, ancien cone mandant de la formation paramilitaire UFF (Combattants de la liberté d’Ulster), est soupçonné d'orchestrer les violences entre milices protestantes rivales qui ont fait deux morts et plusieurs blessés ces derniers jours à Belfast.Le leader protestant a été arrêté par la police à Belfast après une réunion d’urgence entre M.Mandelson et plusieurs responsables de la sécurité en Irlande du Nord.Sierra-Léonais massés à la frontière (AFP) — Quelque dix mille Sierra-Léonais qui ont tùi les combats dans l'est de leur pays attendent à la frontière de pouvoir traverser le fleuve Melie pour se rendre en Guinée, à Guékédou, a annoncé hier un porte-parole du Haut-Com-missariat de l’ONU aux réfrigiés (HCR), Kris Janowski.La traversée du fleuve se lait par canoë et seule ment 15 personnes peuvent traverser en même temps.489 personnes ont pu ainsi franchir le Melie au cours du week-end.Ces demandeurs d’asile, qui ont fui les combats et les violences des rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) contre les ix)pulations civiles dans le district de Kono, sont en mauvaises conditions physiques.Trois enfants et une femme enceinte sont décédés alors qu’ils attendaient l'autorisation d’entrer en Guinée, a rapporté le HCR les réfugiés sierra-léonais sont ensuite transférés dans le camp de Katka-ma, plus à l’intérieur du territoire guinéen, les autorités locales ayant autorisé ces personnes à entrer en Guinée à la condition qu’elles soient installées loin de la frontière.Le député tchétchène dénonce (AFP) — Le député tchétchène à la Douma russe élu dimanche, Aslanbek Aslakhanov, a dénoncé hier les exactions commises par l’armée russe dans la république séparatiste du Caucase.«Les assassinats de personnes qui ne sont coupables de rien et le pillage sont devenus la norme parmi les militaires», a déclaré M.Aslakhanov lors d’une conférence de presse à Gou-dermes, après l’annonce par la Commission électorale de sa victoire à l’élection de dimanche.Selon lui, ces exactions sont le résultat de la «démoralisation de l'armée russe qui combat en Tchétchénie».L’armée russe a été accusée par les ONG et les défenseurs des droits de l’homme de commettre des exactions depuis son entrée en Tchétchénie le 1er octobre 1999.La Libye paiera (AP) — la libye a accepté, avec réticence, de payer l’intégralité de la rançon exigée par les rebelles musulmans du groupe Abu Sayyaf dans un ultime effort pour obtenir la libération des 12 otages occidentaux toujours retenus sur lie de Jolo, ont annoncé hier des négociateurs.Le président philippin semble par ailleurs avoir donné son accord au principe d’une libération des otages en deux temps.Selon un négociateur libyen, les quatre femmes occidentales seraient relâchées d’abord par les ravisseurs, suivies des hommes.Des membres de l’équipe de négociation ont expliqué en privé que l’échec de l’accord passé samedi pour libérer les 24 otages détenus par les séparatistes était dû au fait que la Libye avait proposé seulement 700 000 $ pour chaque étranger.Louis HÉMON Édition préparée, présentée et annotée par Aurélien M*» BOIVIN Récits sportifs 416 pages -12,95$ Quérin / Canadians.En vente dans toutes les librairies Que faire maintenant ?I LE DEVOIR, LE MERCREDI 23 AOÛT 2000 A (> EDITORIAL Rassuré à demi Le gouvernement québécois commence à tirer la leçon qui s’impose de la tragédie de Walkerton, en Ontario.La mise en demeure adressée à 90 petits réseaux d’aqueduc de réaliser des travaux de réfection est un premier pas qui devra être suivi de plusieurs autres pour que tous soient rassurés.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET e ministre de l’Environnement, Paul Bégin, a compris, dès le lendemain des événements de Walkerton, que toute négligence en matière de gestion de l’eau potable pourrait se traduire par une tragédie humaine et une catastrophe politique.Immédiatement, il a mis ses fonctionnaires en état d’alerte.Dans un premier temps, ces derniers n’ont décelé aucun problème majeur mais poussant plus loin leurs analyses, ils ont trouvé des défaillances significatives dans 90 petits réseaux.Il est rassurant de voir que M.Bégin ne s’est pas contenté de la première appréciation de ses fonctionnaires, mais il est aussi désolant de voir à quel point ses moyens sont limités.En effet, l’analyse n’a ainsi été faite qu’à travers l’information contenue dans les dossiers du ministère — en fait, la récurrence des avis de faire bouillir l’eau — sans aucune inspection sur place, ce qui permet de croire que la liste des 90 est incomplète.Quant aux correctifs exigés, on peut douter qu’ils soient réalisés rapidement, car leur mise en œuvre exigera une aide financière du gouvernement, qui ne s’y est pas encore engagé.Dans combien de temps les citoyens de municipalités comme celle de L’Ascension boiront-ils l’eau qui coule à leurs robinets?Les paris sont ouverts.I>e geste posé vendredi par M.Bégin ne devrait être que le point de départ d’une révision d’ensemble de la situation.À court terme, il y a des inspections à faire sur place car, selon des experts, certains réseaux de municipalités de la région de Montréal devraient aussi être placés sous observation.A beaucoup d’endroits, des travaux de restauration s’imposent.Combien?De l’avis même du président de la Société québécoise d’assainissement des eaux, Guy Leclerc, il faudra 400 millions pour rehausser de façon satisfaisante la qualité de l’eau potable au Québec, ce qui est bien plus que les 78 millions dont le ministre a déjà fait état.A moyen terme, il faudra revoir les normes de qualité de l’eau.A la faveur de la tragédie de Walkerton, M.Bégin a fait accepter par le conseil des ministres un relèvement de la norme de turbi-dité, mais ce n’est pas suffisant.Des spécialistes cités ces derniers mois par Le Devoir ont noté que c’est l’ensemble des normes proposées par Québec qui ne sont pas à la hauteur des standards nord-américains.Pour ce faire, il faudra aussi s’attaquer au problème de la pollution agricole.Rappelons cet avis du ministère de la Santé qui notait avec insistance, il y a quelques semaines, que les surplus de fumier menacent la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines et risquent d’avoir un impact sur la santé publique.Le ministère de l’Environnement du Québec est tout jeune, n’ayant pas encore 25 ans.Souvent perçu par les autres ministères, les sociétés d’Etat et les municipalités comme un empêcheur de développer rondement, il a ici une belle occasion de rappeler à tous que son rôle premier est celui de la protection de l’environnement et qu’à cet égard, personne n’a le droit de prendre des risques lorsqu’est en cause la santé publique.M.Bégin ne doit pas craindre d’exiger du premier ministre qu’il lui donne les moyens et l’autorité de remplir ce mandat.bdescoteaux@ledevoir.ca Changer de vie e ministre de la Solidarité sociale veut «sortir» les jeunes du BS.Il a mille fois raison.L’approche qu’il privilégie est intelligente parce qu’elle rejette la coercition et mise plutôt sur le désir du jeune adulte de se prendre en main.Voilà un pas dans la bonne direction.Mais le défi est de taille et les écueils, nombreux.Chaque année, 15 000 jeunes de moins de 21 ans font une première demande d’aide sociale.Six fois sur dix, les parents de ces jeunes adultes sont eux-mêmes prestataires de l’aide sociale.Dans trois de ces six familles, le BS est une habitude vieille d’au moins dix ans.Certains considèrent donc le recours à la Sécurité du revenu comme la seule voie s’offrant à eux.Le gouvernement fait le pari qu’il peut briser ce cercle vicieux en donnant au jeune «du temps pour travailler sur sa vie».Il a opté pour l’approche volontaire et il faut l’en féliciter: elle a de meilleures chances de réussite.Pour attirer les jeunes dans ses filets, le gouvernement a tout de même prévu un petit coup de pouce financier; ainsi, ceux qui s’inscriront à son nouveau programme recevront 130 $ de plus par mois que les 508 $ auxquels les prestataires de la Sécurité du revenu ont normalement droit.Ils devront en retour passer au moins 20 heures par semaine à l’un des Carrefours jeunesse de région, où des professionnels et des jeunes réfléchiront avec eux sur leur avenir.Des stages en entreprise, des études ou un job suivront.Le ministre de la Solidarité sociale travaillera avec sa collègue ministre du Travail, Diane Lemieux, responsable d’Emploi-Qué-bec, lequel sera appelé à prendre le relais des jeunes adultes, notamment s’ils décident de poursuivre leur formation.On peut penser que M.Boisclair et Mme Lemieux travailleront très fort au succès de leur projet Cependant, il ne faudrait pas que les citoyens qui ont plus de 21 ans soient pénalisés pendant que l’on instaure la «voie royale» pour les jeunes assistés sociaux.11 ne faudrait pas que les meilleures places en formation aillent systématiquement aux participants du nouveau projet.On n'aurait alors rien réglé.Il faudra par ailleurs s’assurer que les Carrefours jeunesse, des entités qui n’ont que trois ans d’existence, aient à leur disposition les ressources pour aider les jeunes à reprendre confiance en eux, en les acheminant vers les services sociaux appropriés.Il reste qu’au bout du compte, ce sera aux jeunes eux-mêmes de décider si oui ou non ils veulent développer un nouveau lien avec la société.Faute des Rivières ?v -y Bernard Descôteaux ?
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