Le devoir, 26 août 2000, Cahier C
wmm IE DEVOIR.LES SAMEDI 2 6 ET DI M A X (' HE 27 A OIT 2 0 O O LE DEVOIR 9 THÉÂTRE Page C 3 THÉÂTRE JEUNESSE Page C 7 FAMILLES Page C 8 DANSE Page C 9 ARTS VISUELS Page Cil CINÉMA Page C 15 TÉLÉ: Page C 21 SPECTACLES Page C 23 DISQUES Page C 24 CONCERTS Page C 25 DISQUES CLASSIQUES Page C 27 automne MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Des noms.Fassbinder.Locke.Arcand.Bachman.Hitchcock.Chaurette.Jean Leloup.Ulysse Comtois.Tatsumi Hijikata.Molière.Les frères Cohen.Beethoven.Margie Gillis.Zacharie Richard.Pauline Vaillancourt.Des lieux.Le musée d’art contemporain.Le centre Pierre-Péladeau.Le TNM.Le Musée de la civilisation.La Place des Arts.Le Musée du Québec.Le Spectrum.Le Rideau Vert.Le musée Pointe-à-Calliè-re.Ex-Centris.La Cinémathèque québécoise.Des institutions.Les Grands Ballets canadiens.L’Opéra de Montréal.L’OSM.Le Trident.Radio-Canada.Le CNA.Télé-Québec.Les Jeunesses musicales du Canada.L’Orchestre métropolitain.Des manifestations.La Biennale de Montréal en art contemporain.Les 3es Rencontres internationales du documentaire de Montréal.Le Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias.La Manifestation d’art internationale de Québec.Danse à l’Usine.Hommes.Femmes.Musiciens.Peintres.Acteurs.Metteurs en scène.Danseurs.Chefs d’orchestre.Ga-leristes.Performeurs.Chanteurs.Des spectateurs.Des mélomanes.Des cinéphiles.Des enfants.Et aussi le chat.Une litanie?Une liste?Un défilé?Une musique.Sans bruit, la première feuille qui tombe du grand érable ne dit pas autre chose: c’est la rentrée.Vous serez prêts.Ici.Maintenant.I if: * L E DEVOIR.LES S A M E D I > (i ET I) I M A \ ( Il E A 0 r T 2 0 0 0 C 2 ?Le retour de Bridget Jones Succès oblige, Helen Fielding a retroussé ses manches, pensé à son compte en banque et accouché d’un second tome des aventures de son héroïne: L’Age de raison Ces dernières années, toute une population féminine occidentale friande de best-sellers s’est divisée en deux camps: les «bridgetiennes» et les «non-bridgetiennes».Place bientôt aux «post-bridge-tiennes».Le phénomène doit commencer à être «out» à l’heure qu’il est, tant les purs effets de mode s’estompent vite.L’auteur elle-même du fameux Journal de Bridget Jones, la Britannique Helen Fielding, semble en avoir marre de sa trépidante héroïne en mal d’hommes et en trop plein de calories, alors ses lectrices.Ça me fait toujours lever un sourcil, les phénomènes littéraires qui défoncent la caisse des recettes.Peut-être parce que mes propres coups de cœur vont rarement dans le sens du succès de foule.Le best-seller de nos années moites est en général un produit consommable jetable qui monte sur la crête des tendances du jour, surfe sur la vague puis s’écrase au milieu du sable avec un grand plouf en affolant à peine quelques crabes.Pour ceux qui ignorent encore de quoi je parle, précisons que Le Journal de Bridget Jones, adapté en 1996 des chroniques que la journaliste Fielding publiait à Londres dans The Indépendant, évoque les aventures d’une jeune femme célibataire que tout le monde — elle y compris — cherche à caser, et qui rame dans la vie moderne d’échecs en échecs, rigolant, pleurant, mais sans perdre espoir de séduire le prince charmant malgré la goujaterie de ces messieurs.Dieu merci, il y a les copines réunies en cellule de crise pour jouer les pleureuses chaque fois que la bulle sentimentale d’une des leurs crève en faisant pop! Succès oblige, donc.Helen Fielding a retroussé ses manches, pensé à son compte en banque et accouché d’un second tome.Après trois millions d'exemplaires vendus du Journal Odile Tremblay en question dans trente pays et une horde de lectrices féminines qui déclare: «Bridget, Jones, c’est moi!», pouvait-elle vraiment y échapper?Le soporifique titre français de la suite en question est L'Age de raison.Sa fofolle Bridget se serait-elle rangée?Inquiétante perspective.Lecture faite, non.mais elle ennuie.Lors de la première apparition de Bridget, son agitation frénétique en eau trouble contemporaine dégageait une certaine drôlerie.Au deuxième tome, le ballon se dégonfle d’autant plus vite qu’il y avait peu d’air dedans.Les suites (on le constate sans cesse au cinéma) ont moins de succès que le coup d’envoi.Dans les mines d’or, il y a beaucoup de filons de surface, vite épuisés.Tout le monde vous le dira: les déboires de Bridget Jones constituent un véritable phénomène littéraire et social.Une clientèle d’enthousiastes trentenaires y découvrent «le miroir» enfin tendu à leurs tronches.Pas très étonnant, quand on y pense.Tous les ingrédients de la salade de saison féminine apparaissent au menu: quête affolée mais vaine de l’homme avec un grand H, poursuite de la ligne idéale, du régime parfait sans le tabac, sans le scotch, mais rien à faire! Bridget Jones peine à devenir Miss Perfecta, gémit sur son pèse-personne et pompe ses dopes.M’est d’avis qu’elle se ramasserait dans le pit du haut, cachée dans les gradins obscurs si l’envie lui prenait d’assister chez nous à l’émission La Fureur.N’a-t-on pas appris que seules les belles et les minces étaient tolérées au premier plan pour faire la jolie pose devant les caméras?Bridget, c’est là à mes yeux son charme principal, est politically incorrect.Trop grosse, trop embouca-née, trop looser qyee les hommes.Le pit pour elle, donc.L'ennui, c’est quelle se révèle en même temps d’un conventionnalisme et d’une futilité sans bornes.D’un tome à l’autre, on la trouve plongée dans tous les guides spécialisés ès relations hommes femmes assurant qu’eux viennent de Mars et nous de Vénus, inculte quant au reste, cherchant hors d’elle-même la recette de l’heure destinée à la tirer du pétrin.Méditation, sexe, nouvel-âgisme, gros rouge.Hop! Hop! Hop! Elle zappe sans arrêt.«C’est ahurissant la manière dont le monde des dames de la bourgeoisie parvient à tout aplanir et à tout intégrer, à transformer la complexité et le chaos ambiant en quelque chose de charmant, d’inoffensif et d’aseptisé, un peu comme un détergent colore tout en rose dans la cuvette des W.C.», dit Bridget Jones à propos de sa mère.Sauf qu'on dirait qu’elle parle de sa propre personne.Il n’y a rien comme la superficialité pour engendrer un certain type d'humour littéraire.Suffit, comme dans L'Âge de raison, de tout mettre sur le même plan: la colère du boss, la fuite de sa mère avec un guerrier africain, le rapt de l’aimé par une co- pine déloyale, la mort de Lady Di, les affres encourues dans une prison thaï, les recettes de beauté dans l’espoir de ressembler à \a top model de six pieds.Vous brassez le tout, rigolez pendant dix minutes devant le portrait robot des pires travers féminins, puis le procédé lasse.Faut dire que Bretecher était jadis passée par ces ornières avec un cynisme mieux aiguisé que celui d’Helen Fielding.Nunuche, la Bridget, apparemment incapable de penser par elle-même.L’air du temps lui dit vers quoi se tourner.Girouette, elle obéit, se jette sur un nouveau guide pratique bourré de recettes éclairs destinées à régler tous ses problèmes intimes.«Comment changer de vie, de chum, de job, de look», lit-on en gros titre sur la couverture du dernier FMe Québec.Eh oui! Il y a des émules de Bridget partout.Le mal est endémique.Parfois, je l’avoue bien bas, tant de niaiseries publiées et dévorées me désolent un peu d’être une femme.Remarquez! Certains aspects clichés de la culture masculine me désoleraient d’être homme itou.Surtout lorsque les gars font crisser les pneus de leurs char rouge pour montrer leur puissance.Les nunucheries des unes valent bien, peut-être, les nunucheries des uns.M’empêche, on a parfois l’envie secrète de secouer la pensée magique des filles: «Hep! Réveillez-vous donc de cette hypnose-là.Juste pour voir.» otrem blayéaledevoir, com L’ennui, c’est qu’elle se révèle en même temps d’un conventionnalisme et d’une futilité sans bornes $ fi JP s ¦y, $ & q cp » O' fi*’A fi v*' ^ ^ Ci ** v -V c * * V sO , ?fi 7fi
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