Le devoir, 2 septembre 2000, Cahier E
LE DEVOIR.L E S S A M EDI 2 ET DI M A N C II E :i S E P T E M B H E 2 0 0 0 LE DEVOIR Nouvelles propositions Madeleine Garanti Pour la présidente de la Fondation québécoise pour l'alphabétisation, on doit «faire en sorte que tous les Québécois adultes puissent accéder à une formation de base en lecture et en écriture pour qu'ils soient en mesure de se débrouiller et de se réaliser pleinement».Page 3 À mots découverts Usa Sfriso signe un documentaire dont le visionnement permet de comprendre que l’analphabétisme est un drame qui déchire la vie de gens qui vivent ici, tout près de nous.Page 5 Droit de lecture ___________^______ Des informations parfois surprennent.Se faire rappeler qu’en nombre d’années de scolarité le Québec est bon premier de la classe américaine, dépassant la province voisine, l’Ontario, et même les Etats-Unis (qu’il soit blanc et surtout noir), est agréable à entendre, surtout dans un contexte scolaire où le discours dominant est axé sur la seule réussite.D’apprendre que de 10 à 15 % des Québécois (et si ce dernier pourcentage se confirme, on parle alors d’un million de personnes) sont «hors normes», devant d’abord apprendre à apprendre avant d’étudier, fait constater que la société doit composer avec une autre lecture des faits: le trouble d’apprentissage n’a rien à voir avec l’intelligence, mais plutôt avec la pédagogie dominante.Réaliser enfin que l’analphabétisme sévit, mettant fin à des carrières, forçant la mise au rancart de compétences, amène à admettre qu’une formation continue des individus, même pour les matières élémentaires, doit être offerte, comme quoi l’éducation n’est pas l’affaire de la seule école, qu’elle soit petite ou universitaire.Des constats finalement s’imposent.Il faut «décriminaliser» l’analphabétisme pour que cesse l’isolement de ceux et celles qui au quotidien le vivent, souvent sans recours et sans aide.Quitte à craindre qu’un jour de nouvelles «urgences», celles de l’apprentissage, elles aussi un jour débordent.Il y a aussi nécessité d’augmenter les occasions et les lieux où il est possible de dire que l’affiche qui les publicise met en images ( à qui elle s’adresse en premier chef) des caractères incompréhensibles, à savoir des lettres.Un renversement de point de vue devra aussi être opéré pour que l’élimination d’un fléau social sur-vienne: ce n’est pas en oubliant que l’analphabétisme sévit qu'une société résout un de ses problèmes sociaux majeurs.Des choix de société seront tantôt nécessaires.Le Québec prend le virage, nécessaire, qui Ce n’est pas à l’école que l’individu a droit, mais à l’éducation.l’amène à planifier son développement économique en favorisant l’implantation d’entreprises orientées vers les technologies de pointe, qu’elles soient nouvelles, aéronautiques, pharmaceutiques ou de même nature.Cet Etat devra s’assurer que le progrès escompté profitera à tous, n’étant pas seulement évalué à l’aune des profits générés par les entreprises.Une société riche ne garantit pas le ^ien-être à ses citoyens: les Etats-Unis en termes économiques obtiennent des succès hier encore inespérés; pourtant, pour des dizaines de millions de ses citoyens, deux emplois à temps plein sont ou leur seraient nécessaires afin de seulement garantir un minimum vital.Il est clair qu’un progrès réel suppose que tous les citoyens se voient accorder la chance d’en obtenir, pour eux et les leurs, une juste part Dans les économies occidentales, où le néolibéralisme est devenu la norme, quand le discours public s’appuie sur le droit de l’individu et, par corollaire rapide, sur le respect des droits des sociétés et corporations, il faut réclamer le respect des droits de base.Ce n'est pas à l’école que l’individu a droit, mais à l’éducation.Des entreprises l’ont compris, qui de plus en plus s’impliquent face à leurs employés.D’autres auront à le faire et il faudra tantôt rejoindre ceux qui déjà sont des exclus, le marché du travail leur étant inaccessible.Un tel geste relève de la responsabilité collective quand l’individu, par incapacité, qu’elle soit technique, intellectuelle ou financière, demeure sans recours.Ce qui est en jeu n’est pas le bonheur d’un seul, mais la paix sociale pour tous.Toute société où un citoyen sur dix, si ce n’est pas sur sept, n’a pas accès au texte qui le concerne vit dangereusement: le droit de lire ou d’écrire est difficilement négociable.Qu’on se le dise au moins une fois, vendredi prochain, le 8 septembre, Journée internationale de l’alphabétisation.Normand Thériault .;,Vy*ï ' ; •r**-*^# f % * * ¦* *1.» - » ' • “ * \ * *¦ * V **** * ** t,* * jœsrs *.-V ' « .' * * • * ~ t i?* à - .***» ANALPHABÉTISME Entreprises Page 3 Télévision Réseaux Page 6 Page 6 Troubles d'àppren tissage Page 7 Domtar, Noël et la lecture Page 4 Europe Page 7 Québec Page 8 lH^estir en éducation \ rî\ni r\-\ n-\-\r l^snisxi/xnr I utÉh mix jH choisir Vavenir ! Centrale des syndicats (lu Québec (anciennement la CEQ) >î de difficulté à lire W-fJ ¦ Ils évitent les situations où ils doivent le faire.A Fondation québécoise pour l'alphabétisation O • .-¦* (514) 289-1178 ’ www.fqa.qc.ca y * ^ .Le plus grand réseau d'organismes de service en alphabétisation au Québec La Semaine québécoise de ('alphabétisation Le Noël de papier Domtar pour l'alphabétisation Du 13 novembre 2000 au 7 janvier 2001 Acheter un livre neuf pour un enfant défavorisé! / .Un centre d'aide et de référence Le Colloque international sur la formation de base en entreprise www.optioncompetences.qc.ca 514.289.8794 ïnfort/ftî# 1 800 361-9142 a lecture en 3tion L E Ü E V OIR, L E S S A M EDI 2 E T I) I M A N < Il E A S E I» T E M B R E 2 (I 0 0 E ;j ?ALPHABÉTISATION* Outils de formation Lecture obligatoire Donner à tous des compétences de base Fondation québécoise pour l’alphabétisation \ -?- A la défense d’une cause sociale Un organisme au service d'un million d'analphabètes Faut-il être d’une intelligence supérieure si l’on veut survivre en milieu de travail quand on est analphabète?Il semblerait que oui, selon Denis Bellemare, directeur chez Abitibi Consolidated.Mais un jour, cela ne suffit plus, quand le travail se complexifie ou que les besoins de l’industrie se transforment Les entreprises l’ont maintenant compris.D’où le besoin de programmes comme Option-compétences ou PROFE.PIERRE VALLÉE Selon la Fondation québécoise pour l’alphabétisation (FQA), il y aurait au Québec environ un million de personnes analphabètes, soit 19 % de la population.De ce nombre, 6 % savent à peine lire et écrire et 13 % peuvent tout juste repérer un mot familier dans un texte simple.N’allez surtout pas croire que ces personnes sont sans emploi.Au contraire, bon nombre d’entre elles sont sur le marché du travail depuis plusieurs années.Déjà en 1990, une étude du Conference Board of Canada, menée auprès d’entreprises comptant plus de 50 employés, révélait que 70 % d’entre elles considéraient que l’analphabétisme fonctionnel leur causait des difficultés.La mondialisation des marchés, l’introduction de l’informatique et des nouvelles technologies de communication, l’implantation de programmes de gestion de la qualité, telle la certification ISO, tout fait en sorte qu’on exige aujourd’hui davantage des employés.Si ces derniers ont des carences quant à leur formation de base, cela devient un frein au changement.«Nous préférons parler de compétences de base plutôt que d’alphabétisation, précise Sophie Labrecque, directrice générale de la FQA, ce n’est pas seulement lire et écrire, mais aussi les mathématiques, et encore plus importantes sont les notions indispensables liées à la résolution de problèmes.» Une expérience en usine Comment pareille situation a-t-elle bien pu se produire?Selon Denis Bellemare, directeur au développement organisationnel chez Abitibi Consolidated, il faut d'abord comprendre «que ces gens-là sont souvent très intelligents et ils réussissent à tirer leur épingle du jeu.» De plus, plusieurs de ces employés, malgré leurs carences de base, ont acquis au fil des ans des compétences qui sont utiles à l’entreprise.«Ils représentent malgré tout une plus-value pour l’entreprise, explique Denis Bellemare, donc on préfère les garder à leur poste.» La solution à ce problème consiste évidemment à offrir à ces employés une formation qui viendrait corriger les lacunes en matière de compétences de base.Si à première vue, cette solution apparaît simple, son application est plus compliquée.D’une part, il faut être en mesure d’identifier clairement qu’il y a un problème.«Nous avons implanté un programme de formation dans une de nos usines, raconte Denis Bellemare, et un des participants était un employé de longue date.Imaginez notre surprise lorsqu'un de ses amis et collègue de travail nous a appris que jamais, en vingt ans, il ne s’était rendu compte des difficultés qu’éprouvait son ami.Si votre plus proche collaborateur ne s’en rend même pas compte, on peut facilement comprendre que le superviseur ou le gestionnaire puisse lui aussi ignorer qu'ilyaitun problème.» D’autre part, il existe une résistance naturelle de la paid des propriétaires et gestionnaires à avouer qu’il existe bel et bien un problème de compétences de base au sein de l’entreprise.C’est ce qu'appelle Denis Bellemare «le syndrome du pas-chez-nous-mais-ailleurs.«Aussi longtemps que l’entreprise fonctionne, que les profits sont au rendez-vous, il n’y a pas lieu de s’interroger ni de s’inquiéter.«Trop de propriétaires ont l’attitude de croire que, s’il y avait un problème à cet égard, l'usine arrêterait tout simplement de fonctionner.» Mais là n’est pas le véritable enjeu.Une entreprise peut fonctionner même si certains de ses employés éprouvent des difficultés en matière de compétences de base.Mais peut-elle évoluer?Est-elle en mesure d'implanter les changements qui s’imposent si elle veut demeurer concurrentielle dans les années à venir?Option compétences Afin d’aider les entreprises en ce sens, la Fondation québécoise pour l’alphabétisation a mis sur pied l’an dernier le centre Option-compétences.La mission de ce centre est de promouvoir et de sensibiliser les gestionnaires et les décideurs sur le lien fondamental entre la formation continue en compétences de base et la performance de l’entreprise.Le centre Option-compétences est reconnu par Emploi-Québec ainsi que par le Secrétariat national à l’alphabétisation.Il compte parmi ses partenaires le ministère du Développement des ressources humaines Canada, Bell Canada, Kraft Canada, la Fondation Noranda, la Société de développement économique Ville-Marie, Emploi-Québec, en particulier le comité consultatif régional de Emploi-Québec de Montréal.Option compétence organise chaque année un colloque où sont débattues les questions concernant la formation de base et les répercussions sur l’économie, mais se veut surtout un centre de références auprès des entreprises québécoises.«Nous nous percevons comme un centre multiservice, explique Sophie Labrecque, un guichet unique où une entreprise peut s’adresser si elle cherche des ressources pour régler un problème de formation de base.» Parmi ces ressources, on compte les services aux entreprises offerts par des commissions scolaires, les firmes de consultants et les organismes sans but lucratif oeuvrant dans le secteur du développement de la main-d’œuvre.Maryse Perreault est consultante indépendante dans ce domaine.Son entreprise PROFE (Production d’outils de formation évaluation entreprise) travaille auprès des commissions scolaires qui lui réfèrent des entreprises désireuses d’implanter un programme de formation de base.Elle est donc en mesure d’évaluer les besoins et de concevoir un programme de formation spécifique à ces derniers.«Il est inutile de vouloir faire de la formation mur à mur, du genre retour sur les bancs d’école, explique-t-elle.Ça ne fonctionne pas.Il faut une formation concrète, en lien direct avec le travail.Telle tâche nécessite davantage de compétences en français, ou en mathématiques, ou en résolution de problème, c’est cela que l’on doit fournir à l’employé.Une formation à la carte, liée à sa tâche, c’est ce que j’appelle une formation just in lime.» Le rôle de l’entreprise Pour qu’une formation de base donne des résultats positifs, il faut que les employés le veuillent, mais il faut aussi que l’entreprise s’implique de façon concrète.«Par exemple, il est inutile de vouloir former des employés après les heures de travail si la majorité d’entre eux doivent prendre le transport en commun pour rentrer à la maison.Le taux d’absentéisme est alors trop élevé», rappelle-t-elle.Mais avant qu’une entreprise s’implique de cette façon, il faut que les décideurs réalisent l’importance de la formation de base, qu'ils reconnaissent qu’il s’agit bel et bien d’un enjeu économique.«Le monde du travail a beaucoup évolué, précise-t-elle, autrefois nous étions dans une culture de la pierre, où rien ne bougeait.Aujourd'hui nous avançons vers une culture de Teau, où tout devient plus mobile.» Afin de sensibiliser les entreprises à cette nouvelle réalité.Option-compétences, de concert avec la FQA, organisera sous peu une campagne de promotion auprès des entreprises québécoises.Pour de plus amples renseignements, on peut communiquer avec Option-compétences au numéro suivant (514) 289-8794 ou visiter leur site Internet à l’adresse suivante: www.optioncompetences.qc.ca.«Faire en sorte que tous les Québécois adultes puissent accéder à une formation de base en lecture et en écriture pour qu'ils soient en mesure de se débrouiller et de se réaliser pleinement.» Tel est l’objectif visé par Madeleine Garand.Le défi est de taille quand on sait qu’un quart des Québécois adultes ont des problèmes d’alphabétisation.Pourtant 1 % d’entre eux seulement tentent de les résoudre.Toutefois, «avec l'avènement du discours sur la mondialisation, la Fondation a gagné en popularité», souligne Sophie Labrecque.Rencontre avec la présidente et la directrice générale d’un or- ganisme qui veut redonner aux RÉGINALD HARVEY Près d’un million de Québécois adultes sur quatre millions demeurent aux prises avec des problèmes plus ou moins sérieux d'alphabétisation et à peine 1 % d'entre eux sont inscrits dans un processus de formation.De ce nombre, environ 300 000 personnes sont totalement incapables de s’adonner à des activités de lecture et d’écriture.Pour l’autre tranche de 700 000 individus, les difficultés varient dans ces mêmes champs, quoique leurs possibilités d’admissibilité à un emploi décroissent depuis l’avènement des technologies de pointe.Dans bien des cas, tous ces gens vivent des situations de détresse dans l’exercice de leur quotidien sur les plans personnel, social et professionnel.Privés des outils de communication de base reliés à l’écriture et à la lecture dans une société qui exige de ses membres des connaissances accrues dans tous les domaines, les analphabètes sont littéralement piégés par leur environnement et éprouvent un sentiment de honte face à leur entourage.L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et Statistique Canada publiaient en 1996 un rapport contenant les résultats de la première enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes; sept pays ont participé à cette recherche.Dès les citoyens le goût des lettres.premières lignes de ce document, il est écrit ce qui suit «Ces dernières années, tous en sont venus à considérer l’alphabétisation des adultes comme un élément essentiel du rendement économique des pays industrialisés.» Pour sa part, la Fondation québécoise pour l’alphabétisation reconnut que l’alphabétisation figure au rang de cause sociale au Québec à cause de l’ampleur du phénomène et de l’intérêt qu’il suscite.Une véritable cause sociale Présidente de la Fondation, Madeleine Garand définit ainsi sa mission: «Notre organisme s'applique à faire en sorte que tous les Québécois adultes puissent accéder à une formation de base en lecture et en écriture de telle sorte qu’ils soient en mesure de se débrquiller et de se réaliser pleinement.» A partir du moment où une personne choisit de s’adresser à la Fondation pour réclamer de l’aide, le rôle de cette dernière consiste à l’orienter vers des services compétents dans son milieu d’appartenance.Au fait, les ressources pédagogiques proviennent de groupes populaires, de commissions scolaires ou de personnes bénévoles.«On prend la personne par la main et on s'assure que quelqu'un sera en mesure de l’appuyer dans sa démarche.De ce point de vue, il est crucial de réaliser que Tune des choses les plus difficiles pour une personne analphabète, c’est de faire les premiers pas.Lorsqu'elle rejoint SOURCE FONDATION QUÉBÉCOISE FOUR L'ALPHABÉTISATION «On prend la personne par la main et on s’assure que quelqu’un sera en mesure de l’appuyer dans sa démarche», explique Madeleine Garand, présidente de la Fondation québécoise pour l’alphabétisation.LE Y\NCA DE MONTRÉAL FÊTE SON 125E ANNIVERSAIRE Fidèle à sa mission de donner aux femmes le pouvoir de s'accomplir, il a su à travers les années s'adapter à leur évolution constante et leurs aspirations.En 1990, l'alphabétisation s'avérait l'une de ses préoccupations et en 1992, il formait ses premières tutrices pour répondre aux besoins de sa clientèle.Le Centre d'Alphabétisation a pour mission d'aider les femmes de 16 ans et plus à renforcer leur autonomie et è promouvoir le développement de leurs compétences telles que savoir lire, écrire et calculer pour qu'elles puissent s'affirmer avec aisance au sein de la collectivité Sa mission est réalisée par le biais d’un apprentissage bilingue et de tutorat individuel selon une approche andragogique axée sur les réalités et les besoins des femmes.Le tutorat est rendu possible grâce à la participation active des bénévoles qui sont formées et engagées dans sa mission.Chaque année, le YWCA célèbre la Journée Internationale de l'Alphabétisation pour sensibiliser et motiver le grand public à la problématique de l'alphabétisation.Cette année, il organise une cérémonie sous la présidence de l’honorable Lise Thibault, Lieutenant-gouverneur du Québec pour visionner sa nouvelle vidéo de sensibilisation à l'alphabétisation ’ 'Le Pouvoir des Mois".Ce lancement sera suivi d'une fête de rue pour souligner ses 125 ans de présence et d'implication.SOURCE FONDATION QUÉBÉCOISE POUR L’ALPHABÉTISATION R «Avec l’avènement du discours sur la mondialisation, la Fondation [québécoise pour l’alphabétisation] a la Fondation [québécoise pour l’alphabétisation] a Œen popularité», note sa directrice générale, ¦ Labrecque.notre ligne Info-Alpha, il faut considérer ce geste comme un appel au secours et ne pas l’abandonner», souligne la présidente.Pour mieux illustrer l’état d’isolement auquel est confiné l’analphabète, elle poursuit avec ferveur: «Quand un adulte réussit finalement à lire et à écrire, le monde lui appartient pour une première fois dans sa vie.A partir du moment où il lui est possible grâce aux connaissances acquises de lire une inscription à l’extérieur, de se diriger dans une ville, de comprendre une prescription pour son enfant malade et de se débrouiller de façon générale tout seul, c’est la liberté qui s’ouvre à cet adulte.» La confiance s’installe alors et cet individu devient un acteur à part entière de la société plutôt qu’un simple figurant «H est difficile d’imaginer les conséquences et les coûts que représentent pour une société les gens qui ne possèdent pas cette formation de base adéquate.C’est incommensurable! Dans cet esprit, l’alphabétisation prend la dimension d’une véritable cause sociale», fait-elle encore valoir.Le fardeau est lourd à porter pour l’individu comme pour la société.Un problème global D est faux de croire que les analphabètes sont coupés de la société.Règle générale, ces gens-là mènent une vie familiale, possèdent un emploi et, parfois même, opèrent un commerce.«Dans la plupart des cas, il s’agit de personnes très débrouillardes qui se heurtent à un mur à la suite de la perte inopinée du support sur lequel elles avaient pu compter durant toute leur vie», explique la directrice générale, Sophie Labrecque.Le temps de la débrouillardise prend brutalement fin et elles doivent faire face à la réalité.Par exemple, les travailleurs doivent s’adapter à des modes d’intervention plus individuels et doivent suivre des programmes de formation adéquats à mesure que le profil des emplois change.Ces ajustements contribuent à révéler les failles dont certains font preuve au niveau des sa- voirs de base.«Avec l’avènement du discours sur la mondialisation, la Fondation a gagné en popularité», note Sophie labrecque qui croit que le fardeau de la tâche pour venir en aide à cette main-d’œuvre ne doit pas reposer que sur les gouvernements.«En fait, l'alphabétisation est une cause à multi-causes, qui frappe un million de gens», dit-elle.Il s’agit d’un handicap général qui complique l’existence à plusieurs niveaux.Afin de combattre ce fléau social, elle insiste sur la nécessité de mobiliser des effectifs compétents mais aussi sur l’importance d’investir davantage de fonds.La Fondation se veut à l’écoute de sa clientèle et favorise une approche «limousine» qui consiste à la guider avec chaleur vers les spécialistes requis dans les lieux appropriés.«C’est un service de référence à caractère humain.Nous sommes des passionnés parce que nous accueillons des personnes qu’on aime», confie la directrice générale.La majeure partie des interventions porte sur des individus alors que d’autres services s’adressent aux entreprises et à leurs travailleurs.Sur le terrain, les ressources de toute sorte ne manquent pas pour assurer le suivi du travail de la Fondation.«Il y a un énorme réseau de commissions scolaires, de personnes bénévoles et autres.C’est immense! Parmi les regroupements de ce genre, au niveau du Canada, nous comptons le plus grand nombre de membres.Pour cette raison, l’alphabétisation apparaît aussi comme une cause sociale», fait-elle valoir.Elle insiste sur un point: «Il est sidérant de constater que les intervenants de terrain arrivent à réaliser de si belles choses.Ce personnel est qualifié.Il est capable de gérer les troubles d’apprentissage et les multi problèmes des analphabètes.Ces personnes-là accomplissent des miracles compte tenu des maigres ressources dont elles disposent.Le fond d’aide à l’alphabétisation a été créé pour lès soutenir dans leur action.» T E M B K E 2 O O O K 8 -ALPHABETISATION- Un investissement prioritaire et rentable La solution au problème de l’analphabétisme passe par une coordination des efforts de plusieurs milieux, dont l’école bien sûr, mais aussi la famille, l’entreprise et tous les intervenants sociaux concernés Ce que la société investit dans l’alphabétisation de ses citoyens rapporte d’importants bénéfices, bien au-delà des secteurs où œuvrent les personnes analphabètes: leur entourage immédiat en bénéficie, tout comme leurs employeurs actuels ou à venir.Alphabétiser, c’est prévenir, c’est aussi éviter des dépenses gouvernementales majeures.Les retombées positives sont multiples et se font sentir chez les individus, les entreprises et autres organismes, bref sur la communauté PAUL DUCHAKME Jacques Girard, président du conseil de Domtar et président-directeur général de Montréal International.dans son ensemble.JACQUES GIRARD Président du conseil de Domtar et président-directeur général de Montréal International George Bernard Shaw a déjà dit: «Ce que souhaite toute société, c’est de voir ses enfants à la poursuite de la connaissance et non la connaissance à la poursuite de ses enfants».Il arrive malheureusement que,dans nos sociétés modernes, l’inverse ait tendance à se produire trop souvent.Progrès spectaculaires Au cours des 40 dernières années, les Québécois ont franchi des pas de géant, passant du dernier au premier rang en Amérique du Nord, en matière de scolarisation.En 1997-1998, 65 % des jeunes de 15 à 24 ans fréquentaient l’école au Québec, tout comrqe en Ontario, contre 62 % aux Etats-Unis.Vu sous cet angle, le taux d’abandon scolaire est donc plus faible chez nous qu’ailleurs sur le continent.Pour bien mesurer les progrès réalisés au cours des quatre dernières décennies, il suffit de constater que les Québécois âgés de 33 ans sont restés à l’école, en moyenne, cinq années de plus que leurs aînés âgés aujourd'hui de 73 ans.Vous croyez peut-être que ce fut la même chose un peu partout?Pas du tout.Les Ontariens et les Noirs américains ont passé trois ans de plus à l’école pendant la même période.Les Blancs américains.une seule année de plus.En moyenne, le Québécois âgé de 33 ans a aujourd’hui 14 années de scolarité; l’Ontarien, 13,9; le Blanc américain 12,1 et le Noir américain, 9,4.Poussons un peu plus loin.Comment nous comparons-nous aux autres pays industrialisés?Nous détenons, au Québec, un des plus forts taux d’obtention d’un diplôme d’études secondaires des pays de l’OCDE.87 % des Québécois ont un DES, alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 80 %.Ces données extrêmement intéressantes tiennent compte bien sûr des diplômes obtenus, tant dans le système qu’on pourrait qualifier de régulier, que dans le cadre de l’éducation des adultes.Tout cela fait en sorte que l’espérance de scolarisation pour un petit Québécois de cinq ans est plus élevée au Québec que dans la plupart des pays de l’OCDE.Cet enfant québécois de cinq ans fréquentera probablement l’école pendant 17 années, contre 15,2 dans l’ensemble des pays de l’OCDE.Seule la Belgique se classe à cet égard devant le Québec.Mais, ce n’est pas tout.Il ne suffit pas de fréquenter l'école jusqu’à l’université.Encore faut-il y décrocher un diplôme.Où en sommes-nous à cet égard comparativement à d'autres pays?Le taux d’obtention des diplômes universitaires est plus élevé au Québec que dans la presque totalité des pays industrialisés.Près d’un Québécois sur trois obtient un baccalauréat contre 24 % dans les pays du G-8 et 20 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE.Seuls les Américains obtiennent une meilleure performance à cet égard.Un cran plus haut, 7,8 % des Québécois obtiennent une maîtrise, c’est-à-dire exactement deux fois plus que dans l’ensemble des pays de l’OCDE.Retombées économiques et sociales majeures Ces progrès importants ne sont pas le fruit du hasard.Ils sont plutôt le résultat d’investissements massifs en éducation réalisés par les gouvernements qui se sont succédé au cours des 40 dernières années au Québec.Ça donne quoi d’investir en éducation?Je suis persuadé que l’investissement en éducation est sans aucun doute le plus important qu'un pays puisse faire.C’est de loin celui qui rapporte le plus, tant aux plans économique que social, tant au niveau individuel que collectif.La région de Montréal a réussi à convertir son économie fondée essentiellement sur une industrie manufacturière traditionnelle en une économie de pointe fondée sur le savoir, en raison essentiellement de quatre décennies d’investissements massifs en éducation.Il ne faut jamais oublier le fait que Montréal a été le berceau de l’industrialisation en Amérique du Nord et a dû traverser cette cruciale période de mutation au moment où un déplacement massif d’est en ouest de l’activité économique s’accélérait en Amérique du Nord.Bien peu de grandes régions urbaines du nord-est américain ont réussi le tour de force de rebâtir leur économie sur les bases les plus modernes comme Montréal a su le faire et je suis convaincu que nous devons ce succès à la formation de notre main-d’œuvre.Aujourd’hui, Montréal est au Çanada ce que Boston est aux Etats-Unis: la métropole de la matière grise.Quatre grandes universités, au-delà d’une trentaine de collèges, plus de 400 centres de recherche publics et privés, le tout inscrit solidement dans un réseau tissé serré et générateur d’une extraordinaire synergie avec le secteur privé.D’ailleurs, c’est là une des raisons pour lesquelles Montréal compte maintenant parmi les plus grands centres d’innovation en Amérique du Nord.D’ailleurs elle compte le plus grand nombre d’étudiants universitaires per capita.Sachant d’où nous partions, il y a de quoi être fiers.Montréal est reconnu comme un grand centre dans le domaine de la haute technologie; de l’aérospatiale; de la biopharmaceutique et des technologies de l’information.Mentionnons également notre réputation internationale dans certains domaines, comme le génie-conseil, les services financiers et combien d’autres.Saviez-vous par exemple que 70 % des informations transmises sur Internet en Amérique du Nord transitent via des systèmes à large bande fabriqués dans la région de Montréal?Trois simulateurs de vols sur quatre utilisés actuellement dans le monde ont été fabriqués chez nous et, ce ne sont là que quelques exemples.Pourquoi un tel revirement?L’éducation.Le capital voyage d’un bout à l'autre de la planète en une fraction de seconde.Les matières premières sont transportées rapidement, facilement et à des coûts de plus en plus réduits.Tandis que la main-d’œuvre quali- fiée, il faut la recruter, la former, la maintenir à jour sur une base régulière et lui fournir un cadre de vie de haute qualité.Voilà où Montréal offre un avantage compétitif de très haut niveau.La face cachée du Québec Toutefois, il faut reconnaître que pendant que nous voguons allègrement vers une économie du savoir à très haute valeur ajoutée, nous risquons en même temps d’échapper une partie importante de notre population, qui ne peut pas bénéficier des avantages de nos succès.Sans atténuer les succès dont je viens de parler, il faut aussi reconnaître que nous sommes confrontés, comme pratiquement toutes les sociétés industrialisées, à un problème important et inquiétant d’analphabétisme.Dans le décor que je viens d’évoquer, le mot analphabétisme est discordant.Pourtant, il s’agit bien d’une réalité avec laquelle nous sommes aux prises quotidiennement.Malgré tous nos investissements en éducation, nous n’avons pas réussi à endiguer ce véritable fléau, dont les conséquences sont dramatiques au premier chef pour les individus directement concernés, puis pour les entreprises et finalement pour toute la société.Le philosophe Epicure a dit: «Seuls les gens éduqués sont libres.» Cela s’avère encore plus juste dans une société de haute technologie comme la nôtre.Gens démunis Or, il faut se rendre à l’évidence, près d’un million de Québécois sont à l’heure actuelle qualifiés d’analphabètes fonctionnels.Un adulte sur quatre.Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne savent absolument ni lire ni écrire.On considère comme analphabète une personne qui affiche une faible capacité de traitement de l’écrit qui nuit au bon fonctionnement en société, tant sur le plan personnel que social et professionnel.A cet égard, les données sont alarmantes.Selon Statistique Canada, 275 000 adultes ne pouvaient ni lire ni écrire et 595 000 ne pouvaient repérer un mot familier dans un texte.Un fra-vailleur sur trois et un cadre sur cinq présentent de faibles capacités de lecture et d’écriture.1 235 000 personnes peuvent tout juste exécuter des opérations simples, comme l’addition et la soustraction.Bien sûr, un bon nombre de ces personnes se trouvent dans les couches les plus âgées de la population, celles et ceux qui ont fréquenté l’école avant que le Québec n’investisse massivement en éducation.Mais, plusieurs d’entre eux font encore partie de la population active et y demeureront d’autant plus longtemps que leur niveau de revenus ne leur permet généralement pas de retraite anticipée.Il n’est pas question de les laisser à leur sort sans encourir des conséquences néfastes qui se font sentir dans l'ensemble de la société.Or, seulement 2 % des budgets de formation des entreprises sont çonsacrés à la formation de base.A ce rythme, nous encourons de graves problèmes.D’ailleurs, la plus récente étude Lire l’avenir: Portrait de l’alphabétisme au Canada (EIAA) de Statistique Canada, issue d’une enquête internationale de l’OCDE et démontre une situation alarmante au niveau de l’analphabétisme en ce qui concerne les 16-25 ans du pays, ce qui n’a rien pour nous rassurer.En effet, 11 % des jeunes de 16 à 25 ans sont incapables dé comprendre l’information contenue dans des textes tels les éditoriaux et 10 % ne peuvent utiliser des documents Une faible capacité de lecture et d’écriture constitue un handicap important dans tout effort pour accroître la productivité À l'occasion de la journée internationale de l'alphabétisation, l'Institut canadien d'éducation des adultes salue les citoyennes et les citoyens qui partagent leur passion pour bâtir une société plus éduquée et plus démocratique.L'ALPHABÉTISATION EST L'ABC D'UNE CITOYENNETÉ ACTIVE.5225, rue Berri, bureau 300 Montréal (Québec) H2| 2S4 Visitez notre site www.communautique.qc.ca/icea Centre AlphaPlus Centre Le Centre AlphaPlus Centre dessert les personnes et les organismes qui s'intéressent à l'alphabétisation, à la formation de base et à l'enseignement d'une langue seconde aux adultes en Ontario.-• Pour en savoir davantage sur nos ressources et nos services, visitez notre site Web à l'adresse suivante: http://alphaplus.ca Ou écrivez-nous à : 2040, rue Yonge, 3e étage Toronto (Ontario) M4S 1Z9 d’usage courant, comme des demandes d’emploi, des formulaires de paie, ou même des horaires de transport.Il est donc difficile, dans ces conditions, de parler d’un fait marginal.Phénomène tout aussi inquiétant, on évalue à environ 2 % le nombre d’analphabètes qui ont entrepris des démarches pour se tirer d’affaires, majgré le fait que le ministère de l’Éducation consacre actuellement 15,5 millions de dollars au financement des organismes œuvrant dans ce domaine.Pourtant, on sait que plus de la moitié des personnes considérées comme analphabètes ont des revenus annuels de moins de 10 000 $ et plus de 65 % ont des revenus inférieurs à 15 000 $, c’est-à-dire à peine les deux tiers des revenus des autres citoyens.Entreprises interpellées Le problème concerne les entreprises au premier chef.Dans le secteur manufacturier, un travailleur sur quatre vit un problème d’analphabétisme, ce qui se traduit par des coûts évalués à près de quatre milliards $ par année pour nos entreprises: des coûts reliés à la santé et à la sécurité au travail.Des situations qui mettent en péril non seulement la sécurité des travailleurs concernés, mais aussi celle des collègues de travail; des coûts découlant de la difficulté de comprendre les directives les plus simples pour effectuer le travail assigné.Une conséquence parmi bien d’autres, une quantité anormalement élevée de produits défectueux; des coûts reliés à une faible capacité de communication, de travailler en équipe, de faire part de ses observations de façon structurée; des coûts découlant d’une faible motivation entraînée par le sentiment de ne pas être dans le coup; des coûts reliés au maintien de tâches trop simples dans des domaines de plus en plus complexes.Et, combien d’autres coûts dont, souvent, nous ne nous doutons même pas.Les chefs d'entreprise s’entendent pour affirmer qu’une faible capacité de lecture et d’écriture constitue un handicap important dans tout effort pour accroître la productivité.Que dire de la capacité d'innover d’une entreprise lorsque plusieurs de ses employés éprouvent ce genre de problème.Quant à l’adoption de technologies avancées, la situation devient presque catastrophique.Que faire?La situation me parmi très claire.Nous réussissons très bien à former la main-d’œuvre ultra-spécialisée, dont nous avons besoin.La liste des succès que j’ai mentionnés en témoigne éloquemment.Par contre, nous devons sérieusement nous mettre à l’œuvre, afin d’intégrer pleinement au sein de la main-d’œuvre active les centaines de milliers de personnes qui ne disposent pas des moyens pour bénéficier de la richesse collective et pour participer autant qu’ils le souhaiteraient à la création de cette richesse.Ein premier lieu, il me semble nécessaire de reconnaître que la solution au problème de l’analphabétisme passe par une coordination des efforts de plusieurs milieux, dont l’école bien sûr, mais aussi la famille, l’entreprise et tous les intervenants sociaux concernés.Les lieux et les situations d’apprentissage sont multiples et ils doivent tous être mis à contribution, chacun à leur façon.Une chose est certaine, une partie de nos jeunes «désapprennent» ce qu’ils ont appris à l’école.Pour maintenir et même accroître sa capacité de lecture et d’écriture, il n’y a qu’un moyen: lire et écrire régulièrement.Ce n’est pas corqme nager ou aller à bicyclette.A défaut de lire et d’écrire régulièrement, on se rouille rapidement.En conséquence, toute forme d'intervention qui incite à lire et à écrire devrait être encouragée par tous les moyens possibles, même dans un monde où l’image prédomine de plus en plus.Bien sûr, ce n’est pas une mince tâche.Quant à l’entreprise, elle doit contribuer à la formation de base ce qui permet de s’attaquer au problème de fond, un des moyens étant de faciliter l’accès à l’alphabétisation.C’est souvent lorsque l’entreprise décide de modifier ses façons de faire, introduit de nouvelles technologies ou modifie de façon importante son organisation du travail qu’elle découvre l’ampleur du problème chez elle.Il ne faut surtout pas attendre d’avoir atteint cette étape stratégique pour agir.Je crois que les employeurs doivent comprendre l’importance de faciliter davantage les approches d'alphabétisation en milieu de travail.L’analphabétisme n’est pas un défaut à cacher; c’est un défi à relever, défi qui concerne au premier chef l’entreprise.Ne sera-t-elle pas la première à bénéficier d’une capacité raisonnable de lire et d’écrire de tous ses employés?Je laisse aux spécialistes le soin de vous parler des meilleures méthodes à utiliser dans ce domaine.Mais, je tiens quand même à souligner que l’étape du dépistage est probablement le moment le plus important de toute la démarche.Personne ne se vante de ses difficultés à lire et à écrire.Au contraire, la plupart des personnes concernées déploient des trésors d’imagination pour faire illusion.Comportement facilement compréhensible dans une société où la performance est célébrée de toutes les façons.Donc, doigté et subtilité s’imposent.Deuxième volet, au-delà des efforts requis au sein des milieux de travail, les entreprises peuvent jouer un rôle particulièrement utile en appuyant les organismes voués à l’alphabétisation.Plusieurs de ces organismes ont développé une expertise irremplaçable en travaillant quotidiennement avec les clientèles concernées.Ils connaissent leurs besoins, ils savent comment les aborder et ils ont démontré leur capacité de travailler efficacement avec eux.A ce chapitre permettez-moi de souligner l’excellent travail effectué par la Fondation québécoise pour l’alphabétisation.En conclusion, j’insiste à nouveau sur l’importance pour toute notre société de s’attaquer avec tous les moyens requis à la lutte contre l’analphabétisme.Le maintien de nos acquis, si impressionnants soient-ils dans le domaine de l’éducation, et de notre performance aux plans économique et social, passe par le succès de cette vaste entreprise à laquelle nous sommes tous conviés.Aucune société au monde ne peut tirer son épingle du jeu dans le contexte de la mondialisation en laissant un joueur sur quatre sur le banc au plus fort de la lutte.Toutes nos ressources sont requises.Il s’agit de donner à tous les moyens de contribuer dans toute la mesure de leur talent, de leurs désirs et de leurs possibilités aux succès collectifs.Ce texte est une version modifiée du document présenté au Colloque international sur l’alphabétisation et la formation de base en entreprise, tenu à l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal en septembre 1999.Jacques Girard a été sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation du Québec de 1974 à 1978, puis sous-mi-nistre à ce même ministère jusqu’en 1983.P-d.g.de la Société de radio-télévision du Québec (1983-1988), sa carrière se poursuit au sein du Groupe Québécor ( 1988-1996) où il frit, entre autres, éditeur du Journal de Montréal ( 1989-90) et président du groupe (1994-1996).Il est membre de plusieurs conseils d’administration: Bibliothèque nationale, Grands ballets canadiens, Groupe Vidéotron, Fondation Armand Frappier, Centre hospitalier de l’Université de Montréal et la Zone de commerce international de Montréal à Mirabel.Centre de documentation en éducation des adultes et en condition féminine Le 8 septembre, de nouvelles ressources en alphabétisation vous attendent http://www.cdeacf.ca \ l » ' ' x' Wliff V> IL • PB»™*** Hydro-Québec est heureuse de soutenir les efforts de la Fondation québécoise 1 3 : ‘r • ' I Bil ¦ pour l'alphabétisation.a* Hydro Québec » i « Du papier: des lettres, une histoire qui se poursuit.Domtar est un fier partenaire de la Fondation québécoise pour l'alphabétisation.A Fondation québécoise pour l'alphabétisation Domtar i
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