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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-09-09, Collections de BAnQ.

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L K I) K V 0 I R , L K S S A M K I) I !l K T 1) I M A N ( Il K I 0 S K P T K M B R K ‘1 0 (I II LE DEVOIR Arts et culture Faculté de musique de l'UdeM I 431 École de musique De l'ethnomusicologie à l’interprétation d’instruments: du piano au cor anglais, en passant par le chant classique, la composition instrumentale ou l’écriture en général, une faculté en pleine lancée.Page 2 Clément Morin Plus paléographe, donc scientifique, qu'homme de communauté, il se fait porte-parole des idées de renouveau dans les structures académiques et dans le curriculum.Il sera doyen de 1955 à 1967.Une figure marquante dans l'histoire d'une faculté.Page 3 ¦\ j.TVv à\ % \ ¦>4 Montréal 1950 Ce qui devait n’être qu’un simple lieu d’ensei- gnement est devenu une école, une grande.m:,.,.à» V \ n perçoit l’évolution d’une société à la transformation de ses institutions.La naissance d’une institution renseigne aussi sur les idéologies que la société supporte ou dont elle veut faire la promotion.En 1950, à Montréal, une nouvelle faculté est mise sur pied à l’université _ francophone, et combien catholique, de la ville.Laissons Jean Vallerand nous raconter l’aventure, telle que décrite dans sa chronique du Devoir, publiée le 24 mai 1952, à la page 6 du journal.«Le 18 octobre 1950, à la demande de Son Exc.M‘r Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, et chancelier de l’Université, la Faculté de musique était créée pat le Conseil des gouverneurs de l'Université de Montréal.Cette nouvelle faculté inaugurait ses cours le 1" février 1951.«Comme le définit l’annuaire de la Faculté récemment publié, le but de ce nouvel organisme universitaire est de placer l’enseignement de la musique sur le plan universitaire et de procurer la coordination et l’uniformisation des programmes d’études et des grades académiques dans les diverses écoles et instituts annexés et agrégés.Im Faculté a pour mission la formation musicale et culturelle du musicien.Au moyen de cours théoriques et pratiques portant sur les différentes disciplines musicales d’écriture, de musicologie et d’esthétique, tant dans le domaine de la musique profane que dans celui de la musique sacrée, la Faculté entend couvrir tous les aspects acadé-[ miques et humanistes de la musique.Musique sacrée.«Cette section a évidemment pour but la for-P motion professionnelle et liturgique des musiciens d’église; elle arrive donc à son heure pour remplir une lacune et enfin permettre à nos musiciens d’église d’acquérir les connaissances et la culture qui les rendront les égaux de leurs confrères européens.Musique profane.«Il est à remarquer que la section de musique profane de la nouvelle Faculté ne prévoit l’enseignement d’aucun instrument, si ce n’est le piano complémentaire, c’est-à-dire un enseignement élémentaire de la technique du clavier en vue des travaux pratiques d’harmonie et du déffichage de partitions.Qu’enseigne-t-on alors?«Solfège, théorie musicale scientifique, dictée musicale, théorie grégorienne, théorie grégorienne scientifique, esthétique grégorienne, paléographie grégorienne, interprétation grégorienne, direction grégorienne, polyphonie classique, direction chorale, direction chorale moderne, pédagogie (chœurs d'enfants), culture k vocale, institutions liturgiques, rubriques et législations liturgiques, latin li- turgique, harmonie, harmonie au clavier, contrepoint, fugue, composition ^ sacrée, composition profane, poétique musicale, orchestration, accompa- gnement grégorien, piano complémentaire, orgue principal, improvisation à l’orgue, organographie, histoire de la musique, musicologie, histoire générale, histoire des littératures, histoire des beaux-arts, philosophie, histoire de la philosophie.Révolution Deux ans plus tôt, qu’on s’en souvienne, un petit manifeste, Refus global, avait pourtant été lancée dans cette même ville.Cette nouvelle faculté serait-elle une réaction de l’establishment face aux nouveaux courants artistiques émergeant en la province?Tel aurait été le cas que la déception aurait été grande.Deux doyens plus tard, avec surtout l’arrivée en 1955 de Clément Morin au décanat, la faculté sort du giron ecclésial pour devenir profane, et surtout musicale.Il faut aussi comprendre que des combats se mènent de l’intérieur: qui eut dit que la petite classe en électroacoustique inaugurée dès la première année par Jean Papineau-Couture allait mener à ce qu’est aujourd’hui devenu le NEM?Il faut dire aussi qu’un lieu d’enseignement qui se permet de fréquenter une Maryvonne Kendergi ou un Serge Garant est voué à s’ouvrir vers l’extérieur, la musique ne pouvant jamais alors être une activité se déroulant en vase clos, au choeur f ' des seules chapelles.Aussi, il ne faut pas se surprendre que, pour un 50" anniversaire, la Faculté de musique de l’Université de Montréal envahira, dès ce mois-ci et jusqu’à la fin d’avril prochain, les scènes et les ondes avec sa musique, classique, actuelle, ethnique, souhaitant sou-lever ainsi quelques débats.Ce qui devait n’être qu’un simple lieu d’enseignement est devenu une école, une grande.C’est ainsi que les institutions vivent.Et que les sociétés survivent.A l’effort et aux ambitions de qui les fréquentent.Normand Thériault r .2000 rn Les diplômés et les orchestres Page 4 Au cœur du paysage musical québécois Page 4 Orchestres, ensembles et édition de la Fac Page 5 f I.K I) K V (HR.LES S A M E IJ I !) E T I) I M A N C II E I 0 S E I* T E M R K E 2 0 0 0 E 3 â-i U4 • FACULTE DE MUSIQUE DE L'üdcM- Réjean Poirier et Jean-Jacques Nattiez Vaste programme ! Cinquante années et un anniversaire au rythme de toute la musique Seize programmes tous cycles confondus, allant de l’ethno-musicologie à l’interprétation de nombreux instruments du piano au cor anglais, en passant par le chant classique, la composition instrumentale ou l’écriture en général.Le tout, sans oublier le département d’électroacoustique mis en place dans la foulée des années 1980.Et ça se poursuit dans cette foulée à cette école de musique.Le doyen de la faculté, Réjean Poirier, ne parle-t-il pas d’un nouveau programme en direction d’orchestre?Aussi, pour ce 50' anniversaire, l’occasion est à la fête: «Tout le monde y trouvera quelque chose susceptible de l’intéresser», nous dit Jean-Jacques Nattiez, directeur artistique d’une vaste programmation.BOB FISHER/UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Le pavillon Vincent-D’Indy de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.GUYLAINE BOUCHER Rajeunie année après année par l’arrivée des nouvelles cohortes d’étudiants qui poussent ses portes, la Faculté de musique de l’Université de Montréal fête cet automne son cinquantième anniversaire de fondation.Un événement célébré à grand renfort d’activités qui s’échelonneront de la fin septembre au mois d’avril prochain.Un immense exercice de visibilité pour la plus méconnue des écoles de musique au Québec, soutient le doyen de la faculté, Réjean Poirier.Des chants sacrés à l’électroacoustique Avec ses quelques 600 étudiants et sa centaine de professeurs et chargés de cours, la Faculté est aujourd’hui très loin des conditions dans lesquelles elle voyait le jour au début des années 1950.Et pour cause.Créée à la demande de l’archevêque de Montréal, l’école sera dans un premier temps exclusivement dédiée aux chants sacrés.Cantiques et orgue composent alors l’essentiel du programme.Un programme animé par des professeurs de vocation religieuse et attirant dans ses premières années à peine une douzaine d’étudiants.A la faveur des courants sociaux en vigueur, la faculté bifurquera toutefois rapidement vers ce que l’on qualifie alors de musique profane.Une transformation qui se poursuivra tout au long des années 1960 et 1970, entraînant dans son sillage ce que le doyen actuel présente comme un «véritable éclatement de la musique contemporaine et de l’interprétation au Québec».Complètement délestée de ses origines religieuses, l’école de musique de l’Université de Montréal entame alors la plus importante phase de développement de son histoire.Non seulement le nombre de ses étudiants ne cesse de croître et le corps professoral de s’élargir, mais l’école aménage dans de nouveaux locaux, installés en plein cœur du campus.Branchée sur les milieux culturels, elle influence déjà largement les nouveaux courants de la musique québécoise.non seulement avec les quelques centaines de finissants qui sortent chaque année de ses murs, mais aussi à la laveur des concerts en rafale qu’elle organise dans la salle de concert Claude-Champagne nouvellement inaugurée.Des années de grâce qui, selon Réjean Poirier, ont marqué de manière indélébile l’histoire de la faculté, la laissant telle qu’on la connaît actuellement avec ses 16 programmes tous cycles confondus, allant de l’ethnomusicologie à l’interprétation de nombreux instruments du piano au cor anglais, en passant par le chant classique, la composition instrumentale ou l'écriture en général.Sans oublier le département d’électroacoustique mis en place dans la foulée des années 1980.Une programmation en hommage aux spécialités Autant de spécialités que le professeur en musicologie et directeur artistique du cinquantenaire, Jean-Jacques Nattiez, affirme avoir volontairement inscrites à un moment ou l’autre au calendrier des événements entourant la célébration, en collaboration avec Madeleine Bédard, coordonnatrice à la faculté.«Toutes sortes de personnes ont été formées à la faculté.Un des objectifs de la fête est de le rappeler aux gens, tout en donnant une place à chacun des secteurs ou des activités présents dans notre enseignement, que ce soit l’interprétation ou l’écriture.D’ailleurs, précise-t-il, chaque professeur de composition verra une de ses œuvres interprétée dans l’un ou l'autre des concerts prévus.» Au total, plus de 50 événements spéciaux sont au programme, allant des concerts de musique iranienne aux spectacles de jazz en passant par l’opéra, la musique de chambre et la musique électroacoustique, sans oublier un monumental spectacle d’ouverture mettant en vedette l’orchestre symphonique de la faculté et la soprano Natalie Choquette.En fait, JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Jacques Nattiez même les origines religieuses de l’école n’ont pas été négligées, puisque deux concerts de chant grégorien ont aussi été greffés au calendrier des activités.Une programmation pour laquelle Jean-Jacques Nattiez ne tarit pas d’éloges.«Lorsque est venu le temps de construire la programmation, je ne pensais pas que tout ce que je mettais de l’avant se réaliserait.Finalement, tout ou presque y est.C’est tout simplement inespéré et surtout, c’est du jamais vu pour une faculté de musique.Tout le monde y trouvera quelque chose susceptible de l’intéresser.» Une programmation que Réjean Poirier présente comme l'une des nombreuses pierres posées par la faculté sur le chemin de la visibilité.«Loin de se dérouler en vase dos, les événements feront l’objet de 100 heures de retransmission sur la chaîne FM de Radio-Canada en plus de se dérouler, en bonne partie, à l’extérieur des murs de la faculté, que ce soit à la maison de la culture Frontenac, à la basilique Notre-Dame ou encore à la chapelle historique du Bon-Pasteur.Si les gens ne se rendent pas à la montagne, la montagne se rendra à eux», ironise-t-il.L’international aussi En fait, la faculté espère non seulement séduire les mélomanes, mais aussi les éventuels étudiants et professeurs d’ici comme d’ailleurs.C’est qu’à l’instar de nombreuses autres institutions universitaires, elle espère accentuer au cours des prochaines années son ouverture vers la scène internationale.«Nous recevons déjà plusieurs étudiants étrangers grâce aux accords de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec [CREPUQ], mais il faut encore augmenter le nombre de séjours de nos étudiants à l'étranger et élargir aussi les échanges au niveau du corps professoral», explique Jean-Jacques Nattiez, également adjoint au doyen en matière de relations internationales.Une approche qu’il juge essentielle au développement futur de l’institution.«Compte tenu des milieux dans lesquels ils seront appelés à évoluer, l’ouverture sur le monde est essentielle pour les étudiants si nous voulons maintenir le niveau de formation auquel nous avons habitué les gens à travers les ans et surtout, explique-t-il, la polyvalence qui fait la grande force de nos diplômés.» Un objectif, selon lui, en bonne voie de réalisation, puisque déjà de nombreux liens privilégiés ont été développés avec certains établissements européens dont le Conservatoire de musique de Lyon, le Département de musicologie de Lyon Lumière, l’Université de Lille III ou encore celles de Bruxelles, Liège et Louvain en Belgique.Des résultats que Réjean Poirier attribue non seulement aux efforts importants de représentation effectués depuis quelques années, mais aussi à «la bonne renommée dont jouit déjà la faculté dans différents secteurs, notamment en électroacoustique et en ethnomusicologie avec le laboratoire d’étude sur les musiques du monde».Sans oublier, ajoute-t-il, «le tout nouveau programme de direction d'orchestre encore à l’état de projet pilote et qui suscite chaque jour de nouvelles demandes d’étudiants de partout dans le monde».Signe de cette reconnaissance mondiale de plus en plus affirmée, quelques personnalités et ensembles prisés de la communauté musicale internationale seront partie prenante aux activités entourant le cinquantenaire, dont le baryton-basse José Van Dam, le pianiste Alfred Brendel et l^es Percussions de Strasbourg.Selon le doyen, ces éléments devraient contribuer à redonner un second souffle à la faculté.«Comme d'autres, nous avons été très touchés par les compressions budgétaires des années 1990.Le cinquantenaire coïncide non seulement avec notre volonté d’ouverture sur le monde, mais aussi avec la vague de réinvestissements que nous attendions depuis longtemps.C’est un peu comme si pouvions compter sur un second départ!» La Chaîne culturelle 13 g "O as c u 8 TOUIOURS A LA HAUTEUR DES GRANDS ÉVÉNEMENTS MUSICAUX! Du jeudi 28 sept e m b r e au dimanche 7^'octobre chaîne culturelle '' Radio-Canada Université fHî de Montréal Émissions spéciales pour le 50e anniversaire de la Faculté de musique de l'Université de Montréal Concert et compagnie : jeudi 28 septembre, 13 h 30** Lise Daoust, flûte, André Moisan, clarinette, Jutta Puchhammer, alto et Jean Saulnier, piano.Animation : Marc-André Doran Réalisation : Michèle Patry Radio-concerts : jeudi 28 septembre, 20 h* Récital du pianiste Richard Raymond : oeuvres de Robert Schumann et John Rca.Animation : Françoise Davoine Réalisation : Christiane IcBlanc Radio-concerts : vendredi 29 septembre, 20 h* «Tour de terre » : concert de musiques indienne, iranienne, balinaise et africaine.Première mondiale d'une création du compositeur José Evangelista.Entrée libre.Animation : Françoise Davoine Réalisation : 1 orrai ne C ’.halifnux et Claire Bourque Des musiques en mémoire: samedi 30 septembre, 12 h Élizabeth Gagnon reçoit Monique Desroches et des étudiants du 'agr : d’e programme d'ethnomusicologie.Une émission d’Élizabeth Gagnon L'opéra du samedi : samedi 30 septembre, 13 h 30 Diffusion de l'opéra Aida de Verdi.Invités : Jean-Jacques Nattiez et Dujka Smojé.Animation : Jean Deschamps Réalisation : Maureen Frawley L ' espace du son : samedi 30 septembre, 22 h 45 Diffusion de cinq portraits sonores de la Faculté de Musique commandés à cinq jeunes compositeurs.Une émission de Mario Gauthier Résonances : dimanche 1er octobre, 19 h Diffusion du concert classique annuel du Nouvel Ensemble Moderne, enregistré en mai dernier.Direction : lorraine Vaillancourt.Animation : Monique leBlanc Réalisation : Laurent Major * Diffusion en direct de la salle Claude-Champagne.** Diffusion en direct du foyer de la salle Claude-Champagne, entrée libre.220, avenue Vlneent-d'lndy, Montréal i 4 1 K ;î L K DEVOIR.LE S S A M E 1) I î* E T I) I M A X ( Il E 10 S E P I K M K II E 2 0 0 0 FACULTÉ DE MÏÏSÏpl DE L'UdeM Histoire et débats La victoire de la musique Petite histoire d’une grande école Cinquante ans, cela s’appelle un jubilé.C’est ce que célèbre cette année, en grandes pompes, la Faculté de musique de l’Université de Montréal.Cette modeste école, d’abord destinée à l’enseignement du chant grégorien, à la formation des chantres et à la musique religieuse, est devenue la plus grande institution d’enseignement supérieur francophone de la musique en Amérique du Nord.Une histoire marquée au fer rouge des différents doyens qui s’y sont succédé montre quels sont les virages pris par cette institution, ses succès, les coups du sort, et sa toujours grande vitalité.BERNARD PREFONTAINE Les musiciens du Nouvel Ensemble moderne FRANÇOIS T0US1GNANT Remontons les pendules, histoire d’ajuster les chronomètres.Nous sommes donc en 1950.Depuis quelque temps, un conservatoire dispense un enseignement musical fondé en 1942 par un chef surtout actif dans le monde de l’opéra et qui s’occupe surtout de musique instrumentale.Cela est le premier écho d’une enquête gouvernementale sur l’enseignement de la musique.Arrive une onde de choc avec Refus global.M11' Paul-Emile Léger doit faire quelque chose.Les membres du clergé offrent quelques cours à l’Université de Montréal.On va donc faire contre-offensive en fondant une faculté de musique destinée à propager le chant grégorien — qu’on re découvre à l’époque — et préserver les bonnes mœurs musicales.Dans la structure universitaire élaborée entre autres par Edouard Montpctit et principalement inspirée et menée par le clergé, en 1920, l’école naît Elle est le centre d’un réseau d’institutions affiliées, toutes dirigées par des religieux, comme le souhaitent le clergé et le ministère de l'Instruction publique.Ce détail n’est pas anodin: toutes les facultés universitaires — y compris celles de musique — relèvent, aujoprd’hui encore, du ministère de l’Éducation, alors que les réseaux des conservatoires (théâtre comme musique) sont sous l’autorité, autrement laïque à l’origine, du piinistere des Affaires culturelles.A l’aube de la Révolution tranquille, il est permis de dire que la naissance de la Faculté de musique de l’Université de Montréal est, en fait, une réaction de l’arrière-garde.Ainsi, c’est Alfred Bernier, musicien et théologien formé à Rome, qui devint le premier responsable.Ayant tant œuvré à l’édification de cette nouvelle venue, ce rôle lui était justement dévolu.Les programmes d’études se divisent en deux: la musique sacrée et la mu- sique profane.En fait, pour qui sait décoder, on enseigne là uniquement le piano et l’orgue et il faut toute la détermination d’un Jean Papineau-Couture pour imposer timidement en 1951 un cours d’acoustique.Cette graine-là va germer comme nul n’aurait osé songer.Bernier n’aura guère de temps: il meurt en 1953.On le remplace par Éthelbert Thibault, un grégo-rianiste qui meurt lui-aussi peu de temps après, sans pouvoir laisser sa marque.Avant de se choisir un nouveau doyen, la Faculté demande alors à Papineau-Couture d’assurer l’intérim jusqu’en 1955.Le premier vrai doyen Arrive alors, en 1955, le sulpi-cien que tous appellent encore affectueusement le père Clément Morin.Plus paléographe, donc scientifique, qu'homme de communauté, il se fait porte-parole des idées de renouveau dans les structures académiques et dans le curriculum.Jusqu’à sa retraite, en 1967, un esprit scientifique et objectif nouveau va commencer à envahir les lieux qu’on veut bien allouer à une faculté qui déménage plus souvent qu’à son tour: l’itinéraire des déménagements serait en soi le propos d’un long article.Sous le décanat du père Morin, donc, la faculté agrandit ses tentacules, s’impose comme chef de file de l’enseignement musical, au grand dam de bien des écoles affiliées qui y voient parfois un dirigisme de mauvais aloi pour leur existence.Un exemple un peu ironique: l’école Vincent-d’Indy.Autrefois, on en parlait comme le summum des études musicales.Aujourd’hui cette vénérable institution offre des cours jusqu’à la fin du niveau collégial et la faculté universitaire qu’on célèbre aujourd’hui occupe les locaux autrefois hôtes de ce qu’on appelle encore «Vincent-d’Indy».Sous Morin, en effet, on assiste à une uniformisation des programmes des écoles affdiées, à une diversification des cours, et des programmes, et le diplôme de bachelier en musique voit le jour.Et c’est aussi à la fin de son mandat qu’est aboli le réseau des écoles affiliées, ce qui libère la Faculté de ses obligations face au clergé.C’est l’époqpe où l’on fonde le ministère de l’Éducation, où voit le jour le si célèbre et important Rapport Parent; ainsi arrivent les polyvalentes, les cégeps, avec leur vague de baby-boomers, et la démocratisation de l’enseignement.De toutes petites, les classes de la Faculté commencent à recevoir de plus en plus d’étudiants.De presque fermé à la musique traditionnelle, le monde de la musique s’ouvre à la modernité.Jean Valle-rand propage Stravinski et Debussy.Un jeune loup, Serge Garant, tente d’imposer le wage sérialiste.Une grande dame de radio, Mary-vonne Kendergi, ouvre les oreilles des auditeurs à la musique «contemporaine».On fonde la Société de musique contemporaine du Québec dans la foulée de la révélation de la Semaine internationale de musique actuelle, on s’étonne avec bonheur de l’arrivée de l’électroacoustique.Mai 68 est là, le printemps de Prague aussi, le flower-power, les réformes, les idées sociales et le sentiment nationaliste.Qui prendra la relève aux commandes de la Faculté?Un grand virage Nul autre que celui qui, depuis le début, s’est battu pour la musique et l’ouverture de l’institution qui l’employait: Jean Papineau-Couture.Dès le début de son mandat, en 1968, le nombre de professeurs à temps plein passe de 6 à 18.Dans tous les domaines.Toutes catégories confondues.Ainsi Garant et Kendergi deviennent-ils les porte-étendards d’une gigantesque réforme qui s’amorce autant qu’elle s’affirme.La Faculté s’ouvre en effet à une réforme de son orientation pédagogique; plus axée sur la créativité et la découverte, moins tatillonne sur les accomplissements académiques sans pour autant négliger la formation plus spécifiquement technique, la Faculté, avec son nouveau corps professoral, s’arrime désormais définitivement à la modernité, à l'actuel.Pourtant, il lui reste une faiblesse qui la voit se faire contester dans le giron même de l’université: la minceur de ses activités instrumentales.C’est alors qu’arrive Gilles Manny à la barre.Il aura à mener le combat sur deux fronts.Celui du recrutement d’abord; en effet, si les élèves abondent, il leur faut tout de même des professeurs.Parmi les gestes d'éclat de Manny, on remarque l’engagement du violoniste d’origine russe Vladimir Landsman, qui est alors fort apprécié des Montréalais, lui qui vient de remporter le 1" prix à l’alors prestigieux Concours international de musique de Montréal.Ensuite, il aura à défendre la Faculté face à une administration universitaire qui aimerait n’en faire qu’un autre département de la Faculté des arts et sciences.Refusant de noyer ainsi l’institution en laquelle il croit, il s’efforcera par tous les moyens — et réussira — à imposer le besoin et la nécessité de l’indépendance de la faculté.lœ nombre de professeurs passe alors à vingt-cinq, le curriculum instrumental s’enrichit fortement et Manny implante un nouveau système de gestion des affaires de la Faculté basé sur le modèle collégial.Fini le temps où seuls le doyen, son vice-doyen et le secrétaire de la Faculté avaient droit au chapitre en ce qui concerne l’évolution et la gestion de la maison.Assemblées statutaires, comités de toutes sortes voient alors le jour dans un souffle qui se veut ouverture.C’est aussi lui qui instaurera la possibilité et le droit aux étudiants à participer aux diverses instances institutionnelles, les sollicitant et les rendant plus responsables de la manière dont se déroulent leurs études.E n'est pas seul dans ses efforts.Un membre du Conseil de l’Université, Henri Favre, secondera avec ardeur les desiderata de ce membre de l'université qui rue dans les brancards.Aussi, est-ce tout naturellement vers lui que se tournera le corps professoral pour succéder à Manny.Le décor semble de rêve: la Faculté vient de déménager dans ces actuels et vastes locaux, au bout de l’avenue Vincent-d’Indy, dans l’édifice anciennement occupé par l’école prestigieuse du même nom.Les concerts gratuits, les activités originales (Musialogues de Maryvonne Kendergi, Noctur-nales.) pullulent et attirent l'attention d’un bon et fidèle public.Ce pendant, un nuage sombre se pointe à l’horizon.Une période difficile La récession du début des années 80 va frapper de plein fouet une faculté qui se sentait invincible dans sa croissance.Henri Favre devra assumer le très ingrat rôle de gérer les compres- sions et la décroissance.Les budgets de recherche se voient amputés.Le groupe de recherche en musicologie s’anémie et meurt.E y a moins de professeurs et on gèle l’embauche, se raccrochant à l’emploi de chargés de cours; la taiEe des groupes augmente, parfois dangereusement C’est alors que toute une philosophie de l’enseignement et de la gestion bascule; de l’ère du rêve, où tout semblait possible, on passe à celle de la dure réalité de gérer un budget qui s’amaigrit.Cette dure position sera aussi le lot de son successeur, Pierre Rolland.Ce dernier arrive à la Faculté en 1984, fort de son expérience comme directeur de l’académie d’été à Orford et de sa réputation de premier hautbois solo à l'Orchestre symphonique de Montréal.On attend de lui plus que ce que le système ne peut offrir.De l’argent, il n’y en a guère et cibler les priorités ne s’avère pas toujours chose aisée, surtout en assemblées où chaque secteur tente de prouver sa nécessité.Néanmoins ce début de décennie apporte ses bons fruits.Le rayonnement des classes de piano comme celles d’électroacoustique en sont la preuve.La musicologie aussi; on ne saurait compter les articles et ouvrages publiés par des Jean-Jacques Nattiez, Marcelle Guertin, Marie-Thérèse I efebvre.Le panorama est imposant.Des Inuit à Proust, d’une analyse des Préludes de Debussy à la place des femmes dans l’histoire de la musique au Québec, de la musique d’orgue au temps de la Nouvelle France à celle de Serge Garant, de la sémiologie musicale — qui trouve définitivement son giron à la Faculté — à l’arrivée de l’enseignement de la musique jazz et pop, la stabilisation des diplômes de pre mier cycle et des maîtrises et doctorats, ce qu’on peut retenir des aînées financièrement trouble est que, malgré tout, les acteurs que sont les membres de cette Faculté n’ont janais eu froid aux yeux.S’arrimer à la réalité lœ «règne» de Robert Leroux commence en 1988.Musicien et percussionniste accompli, c’est à un doyen méthodique et énergique qu’on confie les rênes.Son intérêt pour les nouvelles technologies va maquer son mandat.La Faculté va se «brancher».Cela vaut pour l’administration, bien sûr, mais aussi pour les activités pédagogiques.On se met à réaliser des cours sur support vidéo.On fonde une compagnie de disques destinée à faire rayonner le travail des membres de la Faculté.On renouvelle complètement le parc d’ordinateur et on se met à l’enseignement de la composition assistée par ordinateur.Grâce à son dévouement et son engagement, Leroux arrive à faire l’unanimité autour de lui et, après une évaluation poussée à l'intente comme à l'externe de la Faculté et de ses programmes, une refonte des programmes aboutit après moult efforts.C’est la période de la revalorisation du tronc commun, d’une stabilisation budgétaire et aussi du développement de l’institution dans son importance sur le plan national.Devant «rendre des comptes», il n’hésitera jamais à défendre la Faculté, contre vents et marées, forçant le corps professoral à se dépasser et montrant avec fierté la force de ce que l’école accomplit.Grand stimulateur, il saura faire s’apaiser les inévitables conflits entre diverses opinions et redonner une voie claire à une Faculté qui avait besoin d’air frais dans sa gestion.fl fut à ce point apprécié qu’il fut réélu à l’unanimité pour un second mandat et, chose rarissime et ex-ceptionneUe (la charte de l’Université statuant qu’un doyen ne peut servir que le temps de deux mandats de quatre ans), plébiscité pour un troisième.Malheureusement, U ne le mena pas à terme et c’est Marie-Thérèse Lefebvre qui assurera l’intérim avant l'arrivée de son successeur.Et maintenant Qui fut Réjean Poirier?S’il est trop tôt pour évaluer avec toute la pertinence nécessaire le résultat de son arrivée, au moins se doit-on de constater deux choses.La première est la redéfinition de l’architecture de la gestion de la Faculté.Selon la norme établie, il y avait deux vice-doyens.Celui responsable des programmes de premier cycle (baccalauréat en interprétation, composition, techniques d’écriture, musicologie [et ethno-musicologie], jazz et général) et celui qui s’occupait des études supérieures et de liens nécessaires à faire entre la Faculté de musique et celle des Études supérieures qui gère tous les diplômes de maîtrise et de doctorat du campus, toutes facultés confondues.Sa réforme fut radicale.Un premier vice-doyen s’occupe désormais, à tous les niveaux, des études «instrumentales», donc surtout l’interprétation.Un second gère, lui aussi à la grandeur de tous les trajets d'étude, les dossiers dits «académiques».On voit donc ainsi se profiler, à l’heure des tentatives de fusion entre universités et conservatoires, l’objectif de la Faculté: bien asseoir sa force originelle en «matières théoriques» tout en se propulsant avec une nouvelle vigueur dans le monde plus pratique de l’interprétation.La seconde chose est que, sous l’impulsion de ses prédécesseurs, il stimule davantage l’orchestre de la Faculté, le Nouvel Ensemble moderne (NEM), les nouveaux partenariats pour l’édition de disques compacts.permettant ainsi à la.Faculté de s'ouvrir sur le monde.A l’heure de la mondialisation, du village global d'Internet, de la recherche pointue en musicologie, de la redécouverte de l’histoire de la musique au Canada et au Québec, de l’éclatement de la composition, de l’explosion des tendances de tout acabit, oui, la Faculté de musique semble fièrement dire: toujours présent! BERNARD LAMBERT Maryvonne Kendergi entourée des doyens Jean Papineau-Couture, Clément Morin, Gilles Manny et Robert Leroux.m f» IIP m f'Mï iii i i WP.üi Le Fonds Jean-Papineau-Couture à la mémoire du compositeur qui fut l’une des figures les plus marquantes de la création musicale québécoise Le vendredi 11 août 2000, Monsieur Jean Papineau-Couture, compositeur et membre fondateur de la Société de musique contemporaine du Québec décédait à l’âge de 83 ans.Afin d’honorer la mémoire du compositeur, qui fut également professeur au Conservatoire de musique du Québec à Montréal et à la Faculté de musique de TUniversité de Montréal, la Société de musique contemporaine du Québec crée le Fonds Jean-Papineau-Couture qui sera consacré à la création musicale au Québec.Les dons peuvent être acheminés h la SMCQ de la façon suivante : (chèques à l’ordre de la SMCQ) SMCQ - Fonds Jean-Papineau-Couture 300, boulevard de Maisonneuve Est Montréal (Québec) H2X 3X6 LE DEVOIR Société d* musique contemporain* du Québec Walter Boudreau, directeur artistique » I.K I) K V OIK.LES S A M E I) I !l K T I) I M A X < Il K I O S K l> T K M B K K 2 (I O O E J FACULTE DE MUSIQUE DE L’UdeM VIE MUSICALE Présence marquée Les diplômés au sein des grands orchestres d’ici Après la fondation de la Faculté de musique de l’Université de Montréal en 1950, il aura fallu une vingtaine d’années pour réintégrer à la Faculté de Musique les écoles associées ou affiliées telle l’Ecole Normale de Musique de la défunte Yvonne Hubert, pour ne nommer que celle-ci.En augmentant ainsi sa taille et la stature de sa polyvalence, la Faculté de musique s’est métamorphosée, ce qui lui a permis, au fil des cinq dernières décennies, de semer à tout vent.ERIC SABOURIN Les fruits récoltés sont à l’image d’un rayonnement indéniable atteignant tous les grands ensembles musicaux du pays, touchant tous les stades, toutes les facettes, tous les genres de la production musicale ancienne, classique, moderne, jazz, contemporaine, et il faut compter même une ouverture sur les musiques ethniques du monde entier.Au sein de chacun des ensembles musicaux du Québec, plusieurs postes sont détenus par des diplômés de l’Université de Montréal, mais les diplômés comblent aussi de nombreux postes de décideurs aux différents conseils des arts ou ministères publics,, des postes admi-nistratifs-clé.A la radio, à la télé et dans le vaste monde du disque, on trouve d’innombrables animateurs ou réalisateurs, des producteurs ou des techniciens mettant en valeur d’anciens collègues compositeurs, des interprètes, des musicologues, sans oublier les chercheurs en ethnomusicologie: tous contribuent activement au renouvellement de la pratique de la vaste production musicale québécoise.A l’Orchestre symphonique de Montréal on tient à souligner que la formation reçue par les musiciens de la Faculté de musique ne déroge pas de la qualité de celle des autres musiciens venus pourtant de grandes écoles internationales et que c’est une question de talent individuel.Tous les directeurs artistiques consultés abondent dans ce sens: il est impossible de départager les musiciens bien formés comme venant d’une école ou d’une autre au pays.Chaque musicien peut apporter sa contribution et les musiciens de la Faculté de musique logent à une bonne enseigne.Des statistiques éloquentes Au sein des grands ensembles, les chiffres parlent d’eux-mêmes.L’Orchestre métropolitain est composé de plus de huit musiciens professionnels et permanents ayant fait leurs études à la Faculté.«Je ne compte pas en plus les cinq ou six musiciens de l'OM qui enseignent depuis longtemps à la Faculté, ni les sept membres du Nouvel Ensemble Moderne posté là-bas!» s’exclame Marie-Pierre Roland, la relationniste du second ensemble montréalais.L’Orchestre symphonique de Montréal, jugé parmi les dix plus grands au monde, et l’Ensemble I Musici de Yuli Turovsky dénombrent six postes permanent à eux deux, postes comblés par des diplômés de la Faculté.Le Studio de musique ancienne a toujours au moins cinq de leurs musiciens réguliers, actifs en permanence dans l’ensemble, ce qui ne fait pas oublier l’Ensemble Claude Gervaise qui comprend pour le quart de ses membres actifs d’autres diplômés, et, s’il fallait ajouter les musiciens de l’ensemble de Société de musique contemporaine du Québec, dont le directeur général est lui-même un diplômé de la Faculté de musique, de même que tous les musiciens qui œuvrent dans des groupes de musique électroacoustique, ceux des ensembles de jazz, des ensembles étrangers voire la troupe des musiciens du Cirque du Soleil où deux musiciens de la Faculté ont un poste, l’énumération se poursuivrait encore sans fin.Indiquons encore tout de même deux postes comblés à l’Orchestre symphonique de Québec, quatre aux Violons du Roy, un autre au Tafelmusik de Toronto.Il y a même un bassoniste à Rotterdam et de gros effectifs au sein des orchestres régionaux de la Montérégie, de Laval, de Sherbrooke, etc.Une famille nombreuse et adroite Parmi nous en récital, en concert, en direct à la radio, ou sur disque ou au sein des plus grands ensembles musicaux au pays, les diplômés de la Faculté de musique de l’Université de Montréal jouent partout: s’ils parlent tous musique, d’autres en écrivent, certains la commentent et il y en a même qui fabriquent des instruments! Les diplômés de la Faculté de musique de l’Université de Montréal jouent partout ARCHIVES LE DEVOIR Réjean Poirier Réjean Poirier, doyen de la Faculté «Notre institution reçoit 80 % de sa clientèle du réseau collégial et quoique ce recrutement diffère de beaucoup du réseau du Conservatoire du Québec, où les jeunes sont choisis en bas âge et formés sur une très longue période d’apprentissage sans toutefois la gratuité d'autrefois, nous avons des forces inégalées, même par la prestigieuse Faculté de musique de McGill, précise Réjean Poirier, le doyen de la Faculté de musique.Nous sommes ouverts sur toutes les formations et toutes les formes musicales et cela à tout ni- veau jusqu’au doctorat et pour tous les instruments, situation unique au Canada.Nous avons en outre des échanges avec de grandes universités européennes et nous sommes à la fine pointe des nouvelles technologies.» « Bien sûr, de poursuivre l’ancien fondateur et directeur pendant vingt-cinq ans du Studio de musique ancienne, il ne sera pas donné à tous et toutes de jouer d'un instrument comme soliste-interprète, carrière rarissime et exceptionnelle tellement la compétition est vive, mais la plupart exerceront leur métier comme accompagnateur, comme chambriste, comme membre d’un ensemble orchestral, souvent ils enseigneront souvent ils commenteront, analyseront, parfois ils se feront critiques musicaux, enfin ils feront connaître partout dans les journaux, à la radio, à la télé sur disque, au foyer comme à l’école leur art pour mieux le faire aimer.» Hormis le piano, il y a surtout le chant et la pléiade d’artistes et de chanteurs invités par l’Opéra de Montréal, ceux qui font un stage à l’Atelier Lyrique.Même le Conservatoire du Québec est dirigé par Isolde Lagacé, une ancienne de la Faculté.Comment expliquer ce rayonnement dans toutes le sphères de la musique, et qui n’est pas une dispersion, sinon comme une preuve de la polyvalence des musiciens formés à la Faculté de musique?«S’ils œuvrent partout, c’est qu’on les a ouverts à tout, ajoute Réjean Poirier.Certes, nos forces demeurent le chant, le piano, mais il y a vraiment de tout sans compter les immenses ressources universitaires dans les autres domaines de l'art et des sciences et qui forment des individus polyvalents, ouverts.» Une visite minutieuse des installations de la Faculté de musique le prouve: on y voit des studios d’enregistrement de musique électroacoustique à la fine pointe de la technologie, des studios semblables à ceux des grandes maisons de radiodiffusion au pays, au-dessus desquels des salles de répétition de musique de chambre, une myriade d’instruments parfois de facture locale comme les clavecins de Yves Beaupré, autre diplômé, qui est en passe de devenir un facteur célèbre de clavecins.Il y a aussi cette collection remarquable d’instruments indonésiens obtenus à l’issue de l’Exposition universelle de Vancouver en 1986 et qui sert à une formation grand ensemble en musique du monde .Enfin, en ethnomusicologie, il ne faut surtout pas oublier de mentionner la collection remarquable d’instruments anciens qui vont de la cithare antique à une gamme infinie de flûtes de Pan en passant par des dizaines d’instruments de percussion tous aussi rares et inusités les uns que les autres.Natalie Cadette, violoniste de l’OM Selon Natalie Cadotte, violoniste à l’Orchestre métropolitain, la formation qu’elle a reçue à l’Université de Montréal était variée et complète, même si elle n’incluait pas à l’époque un entraînement préalable et spécifique pour les auditions et les en- Le NEM est heureux de souligner les 50 ans de la Faculté de musique de l'Université de Montréal ! Le Nouvel Ensemble Moderne Lorraine V a i 11 ancourt, d i r ectrice artistique I c premier rewiez-.vous rie hi siiison : l e plnl 11) M J VH).* t www.tïuPMimoiiiriNd.u;» SOURCE OM Natalie Cadotte (revues (cela a beaucoup changé depuis).«On y va étudier avec un maître comme Vladimir Land-smann, Serge Garant ou Josef Gingold, par exemple.Moi, je suis de l’école russe dont on devient, par sa formation, un peu issue.Ainsi, les étudiants de la Faculté de musique ne constituent pas une chapelle ardente: ils sont ouverts à toutes les perceptions de la musique par la diversité des professeurs qui peuvent leur enseigner et qu’ils choisissent.C’est non seulement tous les genres de musique mais c’est surtout un enseignement personnalisé.Moi j'ai le bonheur de faire de la musique et peut-être est-ce une chance que de pouvoir faire plus que seulement en parler.» SOURCE OM Marc Denis Marc Denis, contrebassiste à l’OM Marc Denis, détenteur d’une maîtrise, profite de l’occasion pour souligner les progrès de la formation.«Maintenant, dit-il, la formation est encore meilleure; il y a quatre auditions différentes à préparer à chaque milieu et fin de semestre dont une en répertoire orchestral avec une épreuve de lecture à vue.En fait, c’est une préparation excellente puisqu’on ne reçoit la matière d’audition que quatre semaines avant le jour de celle-ci.» Les plus beaux moments de sa carrière sont ceux du partage avec tous ces musiciens venus de partout dans le monde, tels les chefs d’orchestre étrangers Marris Jansons et Zubin Mehta qui l’ont marqué tout comme la rencontre de musiciens exceptionnels «comme la pianiste chambriste et accompagnatrice Louise-Andrée Baril», précise-t-il.En effet, me confirmeront tous ceux et celles que j’aurai interviewés dont Madeleine Bé-dard, attachée à la Faculté de musique: «La musique est un art dont les arcanes ne peuvent être enseignées de façon impersonnelle: le violon ou le piano en amphithéâtre avec trois cents étudiants, ça ne peut pas marcher; la musique est une discipline coûteuse mais elle requiert de la minutie.» Voix libres et têtes chercheuses Ces «anciens» ont façonné le paysage musical québécois Impossible de dresser une liste des «anciens» de la Faculté de musique de l’Université de Montréal (FAMUM) qui ont marqué l’histoire de la musique au Québec: elle serait trop longue.Même la liste des ensembles, compagnies, sociétés et organismes qui sont «sortis» de la Faculté de musique est impressionnante.Certaines voix continuent d’explorer et d’animer les frontières de la création musicale dans des champs d’activité fort différents.En voici quelques-unes.MICHEL BE LA IR LE DEVOIR Plusieurs personnages célèbres ont «prêché sur la montagne» au cours des 50 dernières années (on en prendra conscience grâce à l’historique tracé par le collègue François Tousignant ailleurs dans ces pages).Mais des compositeurs, des chefs d’orchestre, des voix, des instrumentistes et des animateurs sont à l’œuvre encore au premier plan de l’activité musicale d’ici.Et parmi eux, le nom, la voix et la démarche de Pauline Vaillancourt continuent de symboliser à la fois recherche, créativité et modernité.Pauline Vaillancourt a fréquenté la FAMUM dans les années 70; elle y obtient sa maîtrise en 1978-1974 en travaillant surtout avec Louise André.Depuis, on a l’impression qu’elle est de toutes les créations audacieuses, de tous les risques, de tous les projets fous, de toutes les aventures musicales impossibles.Ainsi, durant les années 80, on la retrouve dans des petits groupes et ensembles qui s’intéressent à la musique contemporaine jusqu’à ce que, en 1990, elle fonde «sa» compagnie, Chants Libres, «l'unique compagnie de théâtre lyrique contemporain au Québec».Avec des moyens financiers souvent ridicules, Pauline Vaillancourt réussira à inscrire Chants libres sous le signe de la création et de l’audace permanente.En faisant appel à des talents locaux, elle montera pas moins de huit créations en dix ans, la plus récente, L’Enjant des glaces, ayant pris l’affiche hier, le 8 septembre, au Musée d’art contemporain de Montréal.La liste est impressionnante: en 1991, c’est Ne blâmez jamais les Bédouins sur des musiques d’Alain Thibault et un livret de RenéTfaniel Dubois; en 1992, elle fait appel à Claude Ballif et Renald Tremblay pour II suffit d’un peu d’air, en 1994, Bruce Mather et Renald Tremblay lui concoctent La Princesse blanche à partir d’une œuvre de Rainer-Maria Rilke; en 1995, Giacinto Scelsi livre Les Chants du Capricorne, un opéra de chambre pour voix solo; en 1996, Serge Provost mettra en musique Le Vampire et la nymphomane de Claude Gauvreau; en 1997, Yo soy la desintegracion, mis en musique par Jean Piché, s’inspirera du journal de Frida Kahlo et, l’hiver dernier, Lulu, le chant souterrain, un opéra techno d’Alain Thibault et Yan Muckle mis en scène par Waj-di Mouawad, réunissait Pauline Vaillancourt et le comédien Paul Savoie.Et ce n’est évidemment pas tout puisque notre soprano poursuit JACQUES GRENIER LE DEVOIR Claude Lamothe Pauline Vaillancourt aussi une carrière solo sur les grandes scènes du monde.Pauline Vaillancourt a travaillé avec Vitez à Paris, elle a chanté à Londres, Aix-en-Provence, Avignon, endisqué pour Radio-France et la BBC.Elle a créé des œuvres de Vivier, Mather, Bussotti, Garant et tant d’autres, inscrivant chaque fois, partout, son insatiable curiosité et cette passion pour la musique d’aujourd’hui qu’elle a attrapée sur les bancs de la FAMUM.Iconoclaste Claude Lamothe jouit lui aussi d’une réputation d’«expjorateur» et d’iconoclaste patenté.À preuve, il lui reste à compléter quelques cours pour obtenir sa maîtrise à la FAMUM qu’il a fréquentée de 1980 à 1985.Depuis, au fil de l’inspiration, on l’a vu traîner son violoncelle dans des endroits qui n’ont souvent pas beaucoup de choses en commun sinon, peut-être, une scène et un public venu pour l’écouter délirer sur son instrument Surprise pourtant pour ceux qui ne connaissent de lui que Cru, ce disque éblouissant paru l’an dernier chez MusiArt; à la faculté de musique, Claude Lamothe a surtout étudié le violoncelle «classique» avec Yuli Turovsky, le directeur et fondateur de l’ensemble I Musici.Et chose encore plus étonnante, Claude Lamothe était de la première mouture d’I Musici en 1983, même si on a de la difficulté aujourd’hui à l’imaginer en queue-de-pie et nœud papillon, triturant les cordes de son instrument.Mais justement, il ne faut s’étonner de rien avec ce démolisseur d’idées reçues puisqu’il devenait membre du Nouvel Ensemble moderne (NEM) en 1989 et qu’il a pris l’habitude de multiplier ses horizons musicaux en se pointant régulièrement au festival de musiques actuelles de Victoriaville et dans le moindre bouge enfumé réceptif à sa musique.Lui aussi a joué avec un peu tout le monde, surtout du côté de la musique contemporaine, mais il ne dédaigne surtout pas le «gros rock heavy» à s’en éclabousser les tympans.Il serait étonnant que Claude Lamothe termine un jour sa maîtrise à la FAMUM.Il aura du moins acquis là les outils lui permettant de nous transporter dans des univers à première vue incompatibles.La passion de l’analyse Quant à Françoise Davoine, une des grandes voix de la Chaîne culturelle de la radio de Radio Canada, VOIR PAGE E 5: VOIX Vient de paraître le volume XI, numéro 1 Analyses sous la direction de Serge Provost Illustrations de Lorraine Fontaine Ce numéro propose des analyses d'œuvres marquantes de Daoust, Nono, Rea et Vivier Conçue à la fois comme une revue d'art et un instrument de réflexion esthétique, Circuit s'adresse à tous ceux qui se sentent concernes par les enjeux de la création musicale et artistique contemporaine.Circuit est une revue semestrielle publiée par les Presses de l'Université de Montréal Abonnez-vous ! (514) 843-9305 Régulier 30$ - Étudiant 22$ - Institution 58$ Anciens numéros disponibles A 11 T S E T C U L T II R E F A C l! L T É I) F M IISI () IIE I) E L ’ im V E R S IT É I) E M 0 N T R É A L C K C A II 1ER S l> K C I A I, fi S T P II B U K P A R I, fi I) fi V (I I II If r s |in n sa h I r N OHM AND TH K HI A 11 LT n UicriimltolciliTVoir.cii 211,111, rnr île HIrlirv.Il' fuse, Miiillrfnl IÇiIflirr) HUA HMH, T fl,: (fil u iih.'i :t:i:i:i mliifliniielnlrviiii.niiii Y A I S C K g II K D 0 I S .¦¦ I.K I) K \' (MK, L K S S A M K I) I !l K T l> I M A X (' Il K I 0 S K l> T K M II R K 2 0 0 0 3 FACULTE DE MUSIQUE DE L’UdeM VOIX SUITE DE LA PAGE E 4 c’est en 1979 quelle s’inscrivait au programme de maîtrise en ethno-musicologie à la FAMUM après avoir terminé son bac en musique à l’université d’Ottawa.Ceux qui la connaissent savent à quel point elle parvient à communiquer sa passion pour les musiques qu’elle fait tourner; on l’écoute pour la finesse, l’intelligence et la grande accessibilité de ses analyses.De son propre aveu, «c’est pour travailler en analyse musicale avec Jean-Jacques Nattiez» qu’elle s’est régulièrement farci le trajet Ottawa-Montréal-Ottawa avant d’obtenir sop diplôme de maîtrise en 1982.A l’époque, la FAMUM partageait encore des locaux avec les étudiants en Sciences infirmières, chemin de la Côte Sainte-Catherine, et Françoise Davoine s’intéressait à l’analyse des musiques de tradition orale — que l’on s’est mis par la suite à appeler les «musiques du monde»; elle planifiait un doctorat sur la transmission orale du savoir dans les musiques d’Afrique centrale.Mais il n’y eut point de séjour en République Centrafricaine, ni de doctorat: Françoise Davoine se consacra plutôt à ses deux enfants et entra à Radio Canada, à Ottawa, en 1984, avant d’ajouter un autre bébé à sa collection et de prendre micro, boulevard René-Lévesque à Montréal en 1986.«Je me souviens de cette époque, ex-plique-t-elle, comme des grandes années de la sémiologie musicale.Travailler avec Jean-Jacques Nattiez, c’était aborder de nouvelles approches, explorer de nouvelles perceptions puisque l’ethnomusicologie en était encore à ses premiers pas.C’était un groupe extrêmement stimulant qui m’a beaucoup apporté.» C’est peut-être pour se souvenir «en direct» de cette époque d’intense activité que l’animatrice de la Chaîne culturelle tiendra le fort avec ses collègues lors d’une fin de semaine consacrée à la FAMUM sur les ondes de Radio Canada.Jeudi et vendredi (les 28 et 29 septembre), de 20h à 22h, elle animera Radio-concerts en direçt de la salle Claude-Champagne.A cette occasion, le pianiste Richard Raymond jouera des œuvres de Schumann et de John Rea (jeudi), et des musiques du monde (Inde, Iran, Bali, Afrique) seront couplées à une création du compositeur José Evangelista.Ce même week-end, soulignons-le, L’Opéra du samedi diffusera en direct de la salle Claude-Champagne XAida de Verdi, et dimanche à 19h on pourra entendre le NEM dans un concert enregistré en mai dernier.Ne reste plus qu’à ouvrir grand les oreilles! VIE MUSICALE Musique, tous genres confondus Orchestres, ensembles et édition SOURCE SRC Françoise Davoine Le rayonnement d’une faculté de musique passe par la qualité de ses ensembles musicaux: des premières Nocturnales à la dernière pièce jouée sur un gamelan balinais, à Montréal, le public est à même de suivre les notes accordées pour ou par les étudiants.MARIE-HELENE ALARIE LE DEVOIR Si la Faculté de musique de l’Université de Montréal est fondée le 18 octobre 1950, il faudra attendre 1968 avant de voir apparaître les premiers signes publics de son existence.Sont alors créées les Nocturnales.Présentées à une heure tardive, elles vont permettre aux membres de la Faculté d’interpréter des concerts d’œuvres traditionnelles ou contemporaines, parfois même des créations.Viennent ensuite les Musialogues en 1969, animées par Maryvonne Kender-gi, série de rencontres avec des musiciens canadiens, et aussi des musiciens étrangers de passage.Le NEM Un événement est marquant quand, en 1970, est fondé le premier atelier de musique contemporaine.Dirigé par Serge Garant, alors professeur d’analyse et de composition, cet atelier n’a attiré à ses débuts en janvier 1970 que trois étudiants.Lorraine Vaillan-court, aujourd’hui directrice du Nouvel Ensemble moderne (NEM), se souvient: «Je me suis inscrite à cet atelier, je me souviens qu’on était trois dont Robert Itroux qui deviendra doyen de la Faculté.Le travail de Serge Garant me plaisait et je savais que je voulais faire de la musique d’aujourd’hui, de la musique de compositeurs.J'arrivais d’Europe et je revenais à l’Université pour me rapprocher de lui.» A l’époque, Serge Garant dirige la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), aussi ne lui reste-t-il pas beaucoup de temps à consacrer à l’atelier.Il passe le relais à Bruce Mather, alors chargé de cours à la Faculté, qui dirigera l’atelier jusqu’en 1973.M.Mather en a fait un atelier qui s’adressait d’abord aux pianistes, où lurraine Vaillancourt s’impliqua comme instrumentiste avant d’en prendre la direction, atelier qu’elle dirige toujours aujourd’hui.«Je rapportais des musiques de mes voyages, des partitions dont on n’avait pas d’enregistrement, pas de références.Commençait alors un long processus de défrichage.À la limite ce n'était pas la qualité ou l'importance de l’œuvre qui comptait mais de bâtir quelque chose avec les étudiants.» Pour Mme Vaillancourt, ce travail de recherche est très important et ce n’est qu’à la Faculté que les jeunes musiciens peuvent se le permettre.Par la suite, quand ils deviennent professionnels, ils n’ont plus suffisamment de temps pour s’imprégner totalement d’une œuvre.Dans la foulée de cet atelier naîtra le NEM en 1989, premier orchestre de chambre permanent au Québec voué au répertoire contemporain et ensemble en résidence à la Faculté.La formule permet un échange intime avec les étudiants: «Nos répétitions sont ouvertes et nous invitons les étudiants à participer.On organise des stages autour de certains de nos événements.Nous recevons tant des interprètes, des compositeurs que des musicologues.Il arrive même qu’on fasse appel à des étudiants pour se joindre à l’ensemble quand on a besoin d’un instrument supplémentaire.Le NEM est me belle présence au sein de la communauté universitaire», de conclure Lorraine Vaillancourt Orchestre et opéra Peut-il y avoir une Faculté de musique sans orchestre?A l’Université de Montréal on a attendu jusqu’en 1993 pour se doter d’un ensemble digne de ce nom.Pourtant ce n’était pas faute d’avoir essayer bien avant Le pianiste Jean-Eudes Vaillancourt se souvient: «Un jour, le doyen Gilles Manny me propose de monter un orchestre.sans budget! Pendant un an on a m un orchestre de 55 musiciens et on a même fait cinq concerts.C'était en 1977-78.» Par la suite, on a ponctuellement organisé une formation d’orchestre jusqu’à l’arrivée du violoniste Jean-François Rivest en 1993.«L’orchestre a été une surprise! Je suis arrivé comme professeur de violon, j’ai amené certains étudiants et j’en ai attiré d’autres», raconte M.Rivest Puis au fil des ans on a comblé un vide à la Faculté en y bâtissant une solide section de cordes, suffisante pour former un orchestre qui compte aujourd’hui entre 55 et 80 musiciens.Si l’orchestre est le symbole de la vitalité de la Faculté, il n’y va pas sans une grande synergie de la part de tous ses membres: «L’orchestre est le reflet de l’ensemble des relations écologiques d’une société musicale, on a besoin de représentants dans chacune des niches de la chaîne musicale», rappelle Jean-François Rivest.On ne choisit pas les pièces uniquement en fonction du public ni seulement pour des ques-tions pédagogiques.Les choix se font pour apprendre aux étudiants à jouer dans un orchestre.» S’il est important pour l’étudiant de jouer dans une salle pleine avec une bonne acoustique, ce que l’Université offre avec la salle Claude-Champagne, il y a aussi d’autres conditions pour que l’expérience soit concluante: «H faut fournir à l’élève des œuvres appropriées, les pièces doivent être assez difficiles et mythologiques à la fois.Il faut aussi une variété dans les styles pour permettre une connaissance plus globale du répertoire.Et finalement, apprendre à l’étudiant la souplesse: cette année, en jouant pour la première fois avec l’opéra.» -¦ : * ¦ ‘ A 'S, >, ptf’ïf .-«p K «fÀ .- % V CENTRE AUDIO VISUEL/UNIVERSI l'E DE MONTREAL Dirigé par Sergo Garant, alors professeur d’analyse et de composition, l’atelier de musique contemporaine n’a attiré à ses débuts en janvier 1970 que trois étudiants.«Tant qu 'il y a des chanteurs, il y a de l’art lyrique», dira Rosemarie Landry qui dirige aujourd’hui l’atelier d’opéra de la Faculté.Si, dès 1965, la Faculté se dote d’une classe de chant dirigée au début par la soprano Louise André («elle a formé vraiment la plupart des chanteurs au Québec», nous rappelle Mme Landry), il faudra attendre l’arrivée de Marthe Forget, et de la pianiste Louise-Andrée Baril, pour qu’un véritable atelier d’opéra voie le jour.Aujourd’hui, c’est dans les pas des premières que Rosemarie Landry poursuit le travail depuis 1997: «Cm accueille entre 50 et 60 étudiants pour une production avec orchestre.Il faut clwisir avec beaucoup d’intelligence et de prudence le répertoire afin qu’il demeure un exercice formateur.Cette année, on monte Puccini.» Musique de chambre la musique de chambre occupe une place de choix à la Faculté.D’abord avec l’atelier de musique de chambre dirigé par Jean-Eudes Vaillancourt, mais aussi grâce au Quatuor Alcan en résidence à l’Université.M.Vaillancourt arrive en 1975.Ce spécialiste du piano à quatre mains est alors établi en Europe où il fait carrière.Lors d’un voyage d’études à Montréal, on le convainc de rester.D met alors sur pied la première classe d’ensemble de claviers au Canada.Cette classe existe toujours et plus de 350 pianistes y ont défilé.Nous lui devons ainsi le fameux Tea for two.pianos qui pendant plus de onze ans nous a permis de réentendre le refrain populaire sous toutes ses formes.Aujourd’hui on reprend cette formule de concerts intimes, où le public est invité à assister, à Claude-Champagne, aux Petites Musiques de chambre, avec un répertoire allant de la musique baroque à celle du XX' siècle.Cet atelier de musique compte de 2 à 30 musiciens: des pianos, bien sûr, mais aussi des instruments à vent comme à cordes.Cet atelier accompagne ré- F a c p 4 Tte UNIVERSITE LAVAL îfôUE Cnotrps d’étud» et do tecbeiehe: CompoïKion Eoucotw mu ilcol* Musicology Inteip'^ottoo Odocliqua instrumentai* tuton« Opéra Musique d* chambre Rythmique Joques-Dalcroio Accdmoagnemeni Orchestres Chant choral Jan e* musique populaire fochroiogio muilcae Musique oncenre MICROPROGRAMMES CERTIFICAT v L < „ DIPCÔME v BACCALAURÉAT MAÎTRISE r , ’ DOCTORAT ^1.0.)^ \ .* Pour plu»
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