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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-09-11, Collections de BAnQ.

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w w w .I e (1 e v o i r .c o m ?LES SPORTS Passation de pouvoir à lUS.Open Page B 4 LE MONDE L’OLP reporte sa déclaration d’indépendance Page A 5 V o l .X (’ I N “ 2 L E L I’ N i) I II SE P T E M B H E 2 0 0 0 8 7e + T A x E s = 1 $ Santé Le consensus des provinces semble s’effriter HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le consensus de Winnipeg vacille: le beau front d’unité que voulaient présenter les provinces devant Ottawa semblait s'effriter hier soir, à la veille d’une importante conférence fédérale-pro-vinciale sur la santé.Le gouvernement fédéral n’a pas encore chiffré son offre, mais des milliards de dollars sont en jeu, 18,7 milliards, en fait, selon les calculs des provinces.Le premier ministre de la Saskatchewan, Roy Ro-manow, un partisan d’un gouvernement central fort, ne cachait pas hier que cela'pourrait inciter plusieurs premiers ministres à signer une entente sur la santé plutôt que de repartir d’Ottawa les mains vides.«Je pense qu'il est possible d'en arriver à une entente, mais il y a des Jaides, a-t-il reconnu lors d’un point de presse.77 faudra être un premier ministre très, très brave pour quitter la table sans l'argent, alors que les Canadiens attendent de nous que saumons le système de santé.» Arrivé à Ottawa en après-midi, le premier ministre Lucien Bouchard a annulé la conférence de presse prévue pour 16 heures.Il n’était pas prévu qu’il fasse des commentaires en soirée.M.Bouchard a indiqué hier matin, sur les ondes de RDI, qu’il espérait que le consensus des provinces serait inébranlable devant le gouvernement fédéral! voir page A 3).Encore une fois, il a mis Ottawa en garde contre la tentation d’imposer des conditions à son financement dans les soins de santé.Le premier ministre de l’Ontario, Mike Harris, a promis vendredi lors d’une conférence de presse conjointe avec M.Bouchard, à Toronto, qu’il n’y aurait aucune entente sans le Québec.Mais plusieurs indices semblent indiquer le contraire.M.Romanow doute, pour sa part, que les provinces soient assez braves pour tourner le dos aux fonds fédéraux «sur une question de principe».De toute façon, a-t-il indiqué, si les négociations aboutissent à un échec, «il y a aura de l’argent pour ceux qui sont prêts à signer».Président de la conférence des premiers ministres, le premier ministre du Manitoba.Gary Doer, a expliqué hier que la nouvelle proposition fédérale se rapprochait du consensus des provinces obtenu à Winnipeg, en août.Selon lui, trois importants volets font toutefois défaut.Les provinces s’étaient dors entendues pour exiger le rétablissement des transferts fédéraux au niveau de 1994-1995, un financement stable et l’augmentation des paiements de péréquation.«Ces trois éléments ne sont pas dans le document que nous avons reçu tard samedi», a-t-il déploré.0 trouve incroyable que les premiers ministres n’aient pas encore vu l’ombre de l’offre financière fédérale.La question des mécanismes de reddition de comptes continue d’indisposer le Québec.M.Bouchard est d’accord pour rendre des comptes à la population du Québec sur la performance des hôpitaux, mais il s'oppose fermement à ce que les indicateurs de rendement soient fixés par le gouvernement federal.Mais cela ne fait pas l'unanimité autour de la table.Le premier ministre de la Colombie-Britannique, Ujjal Dosanh, a carrément admis hier qu’il pouvait «vivre» avec la proposition fédérale en dépit des objections de l'Ontario et du Québec.Pour lui.les mécanismes de reddition de comptes proposés par le fédéral ne vont même pas assez loin.En fin de compte, il «signera une entente qui est bonne pour le Canada et pour la Colombie-Britannique».Le premier ministre de la Colombie-Britannique a carrément admis hier qu’il pouvait «vivre» avec la proposition fédérale VOIR PAGE A 8: SANTÉ Des jeunes malmenés La psychologue Druisiane Gauthier lance un appel à tous ceux pour qui la protection des enfants en détresse a un sens.Dans un article percutant publié en page Idées, elle interpelle en premier lieu les responsables politiques du système de protection de la jeunesse, parce qu'ils contrôlent les budgets et que la rareté des ressources empêche les professionnels de remplir la mission prescrite par la loi.L'auteur recense également des pistes que les responsables des jeunes traités dans le cadre de la Loi de la protection de la jeunesse pourraient emprunter pour améliorer une situation inquiétante.¦ À lire en page A 7 14 spectacles à guichets fermés! INDEX Avis publics B 3 Mots croisés B 3 Culture B 8 Météo B 3 Éditorial .Alt Planète B 2 Horizons B 1 Religions .B0 Idées .A7 Sports B 5 Monde .AS Télévision B 7 JACQUES NADEAU LE DEVOIR À peine deux ou trois joueurs des Alouettes, dont Mike Pringle (ci-dessus), touchent le maximum permis par la ligue, établi à 150 000 $.Les cols bleus du sport professionnel DANIEL POULIN COLLABORATION SPÉCIALE Pour la cinquième fois cette saison, ils étaient 19 461 à remplir les gradins du vétuste stade de l'Université McGill hier, tout comme pour les huit derniers matchs des Alouettes en saison 1999, en plus du match éliminatoire qui avait vu les espoirs des moineaux d'avancer en finale de la Coupe Grey s'envoler en fumée.«Même si on ne s 'est pas rendu jusqu'au bout au cours des deux dernières années, on en a donné pour leur argent aux partisans et c'est pour ça qu 'ils continuent à revenir et nous soutenir» déclare le demi à l'attaque Bruno Heppell.Quatorze spectacles d'affilée à guichets fermés donc — si l'on excepte le match d'avant-saison — offerts à un public dont l'enthousiasme et l'engouement pour cette équipe d'ouvriers du sport ne se démentent pas.Des employés d'une organisation fort respectueuse à la fois de ses membres et de ses clients.Des amateurs qui s'identifient à ces joueurs d'une simplicité désarmante et dont le com- portement se rapproche beaucoup plus de l'amateurisme d'antan que du professionnalisme contemporain qui ne cesse de vicier ces multimillionnaires du sport trop souvent victimes d'un environnement qui les chouchoute à outrance.Fendant que le salaire moyen des joueurs des Expos dépasse le million de dollars par saison, celui des Alouettes oscille entre 45 000 et 50 (XX) dollars.A peine deux ou trois joueurs par équipe touchent le maximum permis par la ligue, établi à 150 000 $ (on pense à Mike Pringle ou Anthony Calvillo à Montréal).Les Alouettes accuseront un déficit d'à peine un demi-million quand la saison prendra fin.Larry Smith, président et chef de la direction, reçoit un salaire qu'on soupçonne autour de deux cent mille dollars, pendant que Jeffrey Loria et David Samson, président et vice-président des Expos, touchent CHACUN trois millions de dollars, salaire qu'ils se sont voté impunément et que leurs partenaires ont entériné sans sourciller.Et le dé- VOIR PAGE A 8: ALOUETTES Autres informations en page B 5 L’OPEP étanche la soif de l’économie mondiale Les pays producteurs de pétrole hausseront leur production de 3 % à 26,2 millions de barils par jour D’APRÈS AFP, REUTERS ET AP Vienne — L’OPEP a choisi hier à Vienne d'étancher la soif d’or noir de l’économie mondiale.L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a en effet fait un geste en direction des marchés en augmentant sa production de 800 000 barils par jour afin de tendre une main compatissante vers les consommateurs occidentaux en colère contre l’envolée des prix des carburants.Les 11 pays membres du cartel pétrolier créé en 1960 doivent se retrouver ce matin pour officialiser l’accord.La production augmentera alors d’un peu plus de 3 % à 26,2 millions de barils par jour.Cette augmentation, la troisième de l’année, inter- VOIR PAGE A 8: OPEP Qui est responsable de la montée du prix du pétrole ?«Ce n’est pas notre faute.» Auprès des utilisateurs de carburant, personne ne veut assumer la spectaculaire hausse du prix du pétrole et tout le monde entonne ce même refrain.Alors qui est responsable?Revue des accusés en puissance, qui opèrent sur un marché de plus en plus complexe.NICOLAS CORI LIBÉRATION Les réserves: comme toute matière première, l'or noir ne coulera pas indéfiniment.Mais ce ne sont pas les réserves qui pèsent sur les prix.La pénurie actuelle ne concerne que le pétrole immédiatement disponible et, éventuellement, les produits raffinés.Selon les chiffres de BP Amoco, le rapport entre les réserves connues — mais non exploitées — et la production annuelle était de 41 ans en 1999.Cela veut dire que si on continue à produire autant il n'y aura plus de pétrole en 2041.Mais ce chiffre évolue en fonction des nouvelles découvertes.En 1979, on pensait n'avoir que 20 ans de réserves devant nous.Aujourd'hui, la plupart des analystes sont optimistes.«Grâce aux techniques actuelles, estime Pierre Seneca, géologue à la compagnie Géophysique, on est ca- VOIR PAGE A 8: PRIX Un week-end signé Agnès Varda La réalisatrice du Bonheur et de Sans toit ni loi présente à Toronto Les Glaneurs et la Glaneuse MARTIN BILODEAU Toronto — Le L'estival international du film de Toronto est un lieu de contradictions.D'un côté, il nous propulse dans un cirque médiatique hautement supervisé par Hollywood, avec tapis rouges et stars de tout acabit pour défiler dessus.De l’autre, il nous propose de nous réfugier à la projection de films forts, fins et précis, tournés avec peu de moyens mais avec un coeur gros comme ça.C’est là que l’on se rend compte que les fleurs peuvent encore pousser entre les rochers, et qu’il suffit de se pencher pour les cueillir.Amenez-en, de la Gwyneth, moi ma star, ce week-end au 25" Festival international du film de Toronto, s’appelle Agnès Varda.La réalisatrice du Bonheur et de Sans toit ni loi est venue y présenter Les Glaneurs et la Glaneuse, un tout nouveau long métrage documentaire qui, partant de l’image idyllique des Glaneuses de Millet.Il VOIR PAGE A 8: VARDA Autres informations en page B 8 ARCHIVES AFP Partant de l'image idyllique des Glaneuses de Millet, le Varda nouveau récolte les témoignages des héritiers de ce geste, soit ceux qui glanent et grappillent dans les champs et les poubelles pour survivre. L’ argent de 1 ’ université doit servir à l’université et non à un odieux chantage.Depuis six ans, le gouvernement provincial a confisqué 550 millions de dollars destinés à l’université.Il prétend aujourd’hui qu’il est prêt à remettre une partie de cet argent.Mais il affirme aussi que pour obtenir les fonds, les universités devront se soumettre à ses exigences et répondre à ses objectifs.L'argent de l’université doit servir à l’université et non à un odieux chantage.CSN C’est ce que la communauté universitaire défend.FNEEO FNEEO FPPU Fédération du personnel professionnel des universités FOPPU Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU) Fédération des professionnèles (FP-CSIS) • Fédération du personnel professionnel des universités (FPPU) Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEFQ-CSN) Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP) Conseil provincial du soutien universitaire (CPSU) v i 1 L K DEVOIR.L E L I \ Il I II SECT E M R R E 2 (I 0 0 A LE DEVOIR ACTUALITES Financement du système de santé Plénière du Congrès juif canadien Bouchard croit avoir encore l’appui des Québécois Les premiers ministres provinciaux et leur homologue fédéral se rencontrent aujourd’hui à Ottawa pour discuter du refinancement de la santé, des infrastructures et de la petite enfance.On risque donc d’assister à une querelle sur le respect des champs de compétences, et ce, à la plus grande exaspération de plusieurs Québécois qui estiment que Québec n'a tout simplement pas les moyens, alors que les besoins en santé sont criants, de faire la fine bouche au nom de la constitution.FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR La santé des citoyens est-elle trop importante pour faire les frais d’une autre querelle Ottawa-Québec sur le respect des champs de compétences des provinces?Aux yeux de plusieurs citoyens, qui estiment que Québec devrait accepter l’argent du fédéral et se soumettre à ses conditions d’utilisation, la réponse est oui.Dans ce cas, prévient le premier ministre du Québec Lucien Bouchard, ces citoyens doivent se depiander s'ils veulent vivre dans un Etat ou dans une grande municipalité."Est-ce que les Québécois veulent que, finalement, on [le Québec] ne s'occupe plus de ça [la santé], puis qu’Ottawa règle tout, lève les impôts et intervienne partout ensuite.Ests effets des amputations Au cours des dernières années, il y a eu des ponctions majeures d’argent qui ont grevé les services alors que de l’avis des experts, les changements de pratique auraient au contraire commandé l’investissement de sommes fraîches.Peut-on penser qu’il n’y a que dans les hôpitaux que le bât blesse?les Centres jeunesse ont été amputés de 60 millions au cours des dernières années.Des ressources diminuées et des besoins qui augmentent posent un premier problème.Nous avons été ahuris par l’octroi de 120 millions miraculeux, non ciblés, pour brancher le Québec sur Internet et de 13 millions pour l’industrie des courses de chevaux.Sans doute, n’y a-t-il que des besoins criants.alors, nous crions au secours pour les enfants du Québec qui ont énormément perdu au cours des dernières années, notamment en lieux et en possibilité de soins.Il faut réinjecter de l’argent dans ce système sans quoi la mission prescrite par la loi est impossible, lœs gens de l’Abitibi, du Bas du Fleuve, de la Mon-térégie n’en pensent pas moins.Voilà pour l’argent.C’est un premier et essentiel niveau, celui du nerf de la guerre à la misère des enfants mais la guerre commande aussi d’autres armes sur lesquelles il serait aussi temps de réfléchir.Repenser la loi Après 20 ans d’application, la loi elle-même a besoin d’être revue.Par exemple, elle applique les mêmes principes aux enfants de zéro à 18 ans malgré l’extrême disparité de leurs besoins d’un âge à l’autre.Ne devrait-elle pas comprendre des catégories d’âge auxquelles s’appliqueraient des principes d’interprétation et des modalités d’intervention adaptés?Pour les tout-petits, la loi ne peut plus ignorer l’état actuel des connaissances en matière d’attachement des enfants et l’impact de tout bouleversement sur le développement neurologique des nouveau-nés.Il y a une réflexion sérieuse à faire sur le milieu naturel et sur les figures d’attachement.La clinique actuelle nous apprend que le milieu naturel érigé en objectif est sans fondement et ne peut constituer une règle universelle.C’est dans la famille que la sécurité et le développement ont été compromis par l’abandon, la négligence, les sévices physiques ou les violences sexuelles, la toxicomanie ou la pathologie parentale.Posons la question clairement: la loi vise-t-elle une protection des familles naturelles ou une protection de l’enfant pour lui-même?Le débat n’est pas oiseux.Evaluer un cas Quand le cas d’un enfant en détresse est soumis au Directeur de la protection de la jeunesse, les questions posées sont simples, mais les réponses exigeantes parce quelles obligent à une rigueur partagée nourrie de plusieurs disciplines.Ces questions concernent d’abord la nature du problème.S’agit-il de négligence, de sévices physiques, etc.?En quoi, la compétence parentale est-elle déficiente?Ensuite, cette déficience déterminée est-elle curable en temps opportun, compte tenu des risques encourus par l’enfant et de sa capacité d’attendre la réhabilitation de ses parents sans entraver ses possibilités de développement?Si, au contraire, la réponse est négative, quel est, parmi les solutions prévues par la loi, le meilleur moyen de donner à cet enfant un milieu de vie stable où il pourra grandir à sa juste mesure?S’il y a nécessité de placement, le type de placement devrait être choisi en vue d’un objectif clair: placement répit aux parents forcément bref et favorisant les liens continus, ou alors placement visant un transfert des liens d’attachement avec soutien intensif des professionnels.Ces concepts devraient être soigneusement élaborés et non pas laissés au ballottement de la vie ou aux courants d’idées.Nous assistons trop souvent à des placements transitoires chroniques où la hantise des ruptures tissent l’an- goisse des jours pendant que l’enfant est privé d’une appartenance indispensable à son développement.Ce n’est pourtant pas faute de bonne volonté individuelle chez nos professionnels.En cette période de compressions budgétaires et de raréfaction des ressources, il faut examiner de plus près ce qui est signifié par le concept de base de notre loi libellé sous l’expression «sécurité et développement de l’enfant».N’y aurait-il pas lieu de scinder l’expression pour donner toute son importance au développement?La loi pourrait établir le principe d’une évaluation des facteurs de risque comme paramètre décisionnel.Enfin, toutes ces questions qui conditionnent le destin des enfants au besoin de protection soulèvent l’importance de la rigueur de l’évaluation de la matérialité des faits d’un point de vue clinique par ceux qui en ont la compétence.On ne peut dire faire l’économie d’une évaluation rigoureuse, s’il y a lieu multidisciplinaire.A cet égard, nous comprenons mal que le réseau médical et hospitalier ne soit pas davantage mis à contribution comme partie intégrante de l’évaluation.Une clinique d’expertise devrait être au service de la direction de la protection de la jeunesse tout comme les équipes de traitement devaient pouvoir compter sur le soutien du monde médical psychiatrique non pas à la pièce mais dans une perspective de permanence.Où sont les ressources spécialisées?Sur le plan des ressources, une restauration des lieux de soins spécialisés s'impose.Il y a des enfants qui nécessitent des soins intensifs dans un milieu d’hébergement où des professionnels les prendraient en charge.Nous avons des moyens cliniques.Ces enfants non soignés traverseront toute leur vie en quête de soins.Ne dénions pas la pathologie des enfants parce qu’ils naissent dans une misère sociale.Nous sommes en manque de familles d’accueil, en manque de familles adoptives.Pourtant, les postulants à l’adoption internationale ne manquent pas.Y a-t-il encore, dans cette société, un espoir, une générosité pour l’humanité, pour un engagement qui nous transcende?Comment instaurer des valeurs d’humanité et d’engagement et impliquer nos concitoyens dans la prise en charge des enfants démunis?lin rôle phare pour la commission de protection de droits En somme, nos responsables politiques doivent investir plus d’argent dans notre réseau, le législateur doit réfléchir à une reconfiguration de sa loi en conformité avec les connaissances cliniques actuelles, les administrateurs doivent repenser les structures, les ressources et établir des priorités.Enfin, c’est toute la société qui doit courageuse-nient remettre en question ses valeurs et ses choix.A cet égard, la Commission de protection des droits de la personne et des droits des enfants pourrait, à partir du mandat qui lui est dévolu par la loi, jouer un rôle important dans la mise en marche de ce grand ménage par ses études et ses recommandations au gouvernement.L> communauté clinique est au poste, sur le front d’une des plus grandes misères de notre société.Elle doit être soutenue par toutes les instances responsables parce que pour nombre d’enfants, c’est elle qui fait la différence dans leur destin.Posons la question clairement: la loi vise-t-elle une protection des familles naturelles ou une protection de Tenfant pour lui-même?Serge Bon ch ard Fond du baril Notre monde roule à un train d’enfer et personne n’a remarqué qu’il ne s’arrête plus de tourner.Cela nous prend une énergie considérable pour ainsi faire le tour du cadran, de la semaine autant que de l’année.S’il vous est encore permis de dormir, ne vous avisez pas de trop souvent tomber en panne.Manquer de jus est un péché mortel, un instant tragique dont les conséquences le seront encore plus.Votre réputation pourrait en souffrir.Car la panne sèche représente l’horreur absolue dans un monde qui carbure à toute vapeur.Reconnaissons la valeur de notre essence, un point c’est tout, le reste coulera de source.Dans nos emportements modernes, pas question de s’arrêter, le moteur qui cale est un bateau qui coule.11 nous faut suivre le trafic, il est même bon de le doubler.Dès lors, que serions-nous sans nos postes et nos relais, sans nos innombrables stations-service?Faire le plein, savoir que son réservoir est rempli jusqu'au collet, voilà une des grandes satisfactions du monde contemporain.Mais il y a plus.la multiplication des postes d’essence, les logos, Esso, Texaco, l’évolution des architectures au fil des générations, voilà notre histoire, voilà notre culture.Juste dans le temps de ma vie, la forme des pompes a beaucoup évolué, passant comme le reste de l’idée ronde à l’idée carrée.Dans ma jeunesse, hier encore, les façades sentaient l’huile et les garages étaient synonymes de saleté.L pompiste risquait à tout moment de s’enflammer.D’autant qu’il fumait comme une cheminée.La nuit, ces garages noirs fermaient pompes et portes.C’étaient des garages de villages et de villes, des stations qui respiraient au rythme d’une humanité qui dormait ses dernières nuits.Cela, bien sûr, est chose du passé.Car la station-service s’illumine de plus en plus.?Dans la noirceur de la grand’route, la grande enseigne Shell luit autant que la pleine lune, elle se voit à des kilomètres, représentant notre espérance, notre réunion, notre communauté.Il y aura un dépanneur, un Tim Horton, des cigarettes, du café, il y aura du monde, des camions endormis, des voyageurs, de la lumière, de la chaleur.Et l’asphalte du stationnement est plus propre que celui de l’hôpital.Oui.dans la noirceur de la nuit sur l’interminable route au milliard de pointillés, le logo Pe-tro-Canada nous rassure plus que la pancarte annonçant n’importe quel village, un village que l’on ne connaît pas, que l'on ne veut pas connaître et qui n'a rien à nous offrir.Nous ne cherchons pas Saint-Machin, nous cherchons la lumière du poste d’essence en bordure, en périphérie, quelque part au milieu de nulle part qui n’est surtout pas Saint-Machin.Là, le poste d'essence ne ferme jamais, ne dort jamais, il y aura des beignes la veille de Noël, jamais les immenses lampadaires éclairant dix acres de terrain ne s'éteindront.Le super poste d’essence a conquis son indépendance sur le territoire, il ne dépend que de lui-même.Toutes les voitures viendront à lui, comme des insectes qui poursuivent un phare dans la nuit.Quelqu’un a déjà dit que le Canada était «a loose confederation of shopping centres», c’est-à-dire une confédération «lousse» de centres commerciaux.Ce quelqu’un se rapprochait de la vérité.Le Canada est un immense chapelet de postes d’essence, des taches blanches dans la nuit, reliant entre elles quelques grandes cités-galaxies.Ces relais sont nos nouveaux sanctuaires.Pour nous arrêter, nous réfugier, souffler, faire le vide, faire le plein, nous ne cherchons plus l’église du village, encore moins son curé.Nous recherchons plutôt la vapeur de l’essence et la sécurité de la prochaine station.Bien sûr, l'on nous dira que l’Univers est principalement gazeux.Tout ce qui lui explose.Vous retrouverez du gaz à l’origine de la matière, vous le verrez aussi très raffiné quand il touche à la pointe de l’évolution.Il est des gaz partout et les gaz sont partout nécessaires.Sans gaz, pas d'Univers.Dans l'ordre d'importance, le gaz l’emporte sur la matière.Alors, l’essence est ce qu'il y a de plus naturel.Cependant, nous l’oublions volontiers, la nature a ceci de désagréable qu’elle est hautement polluante.Que voulez-vous, tout carbure.Que serions-nous sans nos pompes, sans cette essence qui nous drogue, nous allume et nous fait voyager?Ira super station-service donne un sens et un mouvement à notre société, nous tenons là le dépanneur ultime.Dans cette lumière, que nous ne voyons plus, se cachent nos quatre vérités.Nous avons fait de nos vies une course à relais absurde.Chaque station menace d’être la dernière.Il y a toute une différence entre le F de «full» et le E de «empty».Sur le tableau de bord de toutes nos voi-tures, nous vérifions régulièrement le cadran qui mesure l’amplitude dérisoire de notre pauvre liberté.Ecrivez-nous! Ije Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous prendrons contact avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (re-daction@ledcvoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR L\ RÉDACTION Joumnlislrs à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au dincteur de l'infiirmatùm), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vit urbaine).Marie-Andrée Chmnnard (éducation) Yves d'Avignon fspnrfci; Paule des Rivières (éditorialiste/.Jean Dion.Dmis-Gilles Francœur (environnement).Judith Inchapelle, Ionise Leduc, Kathleen Lévesque (actualités tmlitiiiues municipales).Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et/dits divers).Isabelle Paré (santé).Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Marlin Dudoscl Christine Dutrauel (rrtertrun); Jacques (irenier el jacques Nadeau (photographes) ;à l’information culturelle : Michel Belair (responsable), Stéphane Baitlargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Monlpetil (livres).Odile Tremblay (cinéma).Clément Trudel (musique) ; A l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de iinjbrmation), Hélène Baril, Claude Lévesque, François Normand, Claude Turcotte; A l’information internationale : Jean-Pierre Legault, Guy Taillefc-r, Serge Truflaut (éditorialiste); A l’information politique ; lierre O’Neill, Hélène Bum-tti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Otto un).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspomtanls parlementaires à Québec).Marie-Hélène Alarie (secrétaire il la rédaction) : Louise-Maude Rioux Soticy, Marie-Claude Petit (commis) la dtanmentation : Gilles Pan- (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Demme, Serge Inplantc (Çurlrr),Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ KT LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyslalno Côte, Marlène Coté, Anouk Hurbutt.Dominique Lirivière, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Rtiellatid.(publicitaires).Manon Blanchette, Sylvie 1 aparté, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (sernéfoinr).IA PRODUCTION Christian Goulot (responsable de la production).Claudine Bedard.Michel Bernatchez, niilip|io Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yanick Martel, Olivier Ztilda PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (rfirerfrirr), Johanne Brien (responsable à la clienlèle).Hélène Gervais, Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Monique l.’Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Fttroy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Danielle Lapcrrlère, Nathalie Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président erécutiéet directeurgénéml).t « L K DEVOIR.LE LUN I) Il SE I* T E M B R E 2 O O O A 8 SANTE SUITE DE LA PAGE 1 «Si, pour des raisons politiques, un premier ministre claque la porte, cela m’indiffère, a-t-il expliqué aux journalistes.Je l’ai dit très clairement: consensus ne veut pas dire unanimité.» Les provinces atlantiques tiennent mordicus à un déplafonnement des paiements de péréquation.Officiellement, ce dossier n’est pas sur la table mais on souhaite avoir des discussions préliminaires à ce sujet Pour le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, X«objectif», c’est de signer une entente globale avec toutes les provinces.«Mais je ferai ce qui est le mieux dans l’intérêt des gens du Nouveau-Brunswick», a-t-il souligné.Les premiers ministres doivent entamer leurs discussions ce matin.ALOUETTES Un stade amélioré en 2002 SUITE DE LA PAGE 1 ficit anticipé des Expos à la fin de la saison 2001 atteindra un cumulatif de 80 millions! «Tout le monde sait très bien que ces gars-là [en parlant des Expos] ne sont ici que pour venir collecter leur argent», vous dira un Bruno Heppell souriant et pas du tout amer du fait qu'il ne touche qu'un salaire moyen.«Tu regardes tes amis dans la vraie vie et tu ne peux qu'être content de ton propre sort et de ton salaire.» Le point de départ de l'histoire d'amour entre les montréalais et leur équipe de football, c'est la présence active des Alouettes dans la communauté sur laquelle Larry Smith insiste et que les joueurs acceptent d'emblée d'assumer.Le nombre élevé de joueurs francophones — on en compte une bonne dizaine — a son impact aussi.«Notre relation avec les fans, c'est une relation que tu retrouvais dans le temps de Maurice Richard» d'ajouter Heppell.Et il a raison: Richard envisageait son rôle comme celui d'un simple ouvrier content d'assurer le bien-être de sa famille et pas du tout conscient du statut de héros national qu'on voulait bien lui attribuer.«Tout autour de la ligue, les joueurs disent qu’ils aiment venir à Montréal; c'est de loin leur ville favorite.» C'est le joueur de ligne Pierre Vercheval qui l'affirme.Et il sait de quoi 0 parle, lui qui a joué à Edmonton et Toronto avant de finalement concrétiser son rêve d'enfance, celui d'évoluer devant les siens au Québec.«Au début j'avais des doutes quant au succès des Alouettes à Montréal.Maintenant, je suis emballé par l'expérience.L'énergie de la foule nous aide au plus haut point.» Hier après-midi, la foule a tout fait pour propulser les Alouettes vers la victoire sur leurs éternels rivaux les Tiger-Cats de Hamilton.Le sort en aura voulu autrement et c'eût été un 12' gain de suite à domicile pour les près de 20 000 partisans locaux, qui, à l'image de leurs héros, sont contents de leur sort, celui de se retrouver en famille dans un stade désuet mais ô combien chaleureux, stade dont les conditions verront de très nettes améliorations en 2002.De 24 000 à 25 000 personnes pourront alors le remplir, assurant ainsi à l'équipe une marge de profit respectable et permettant à son propriétaire — un Américain soit dit en passant — d'apprécier cette ville et ses citoyens.Pendant ce temps un autre Américain fait tout ce qu'il peut pour s'aliéner cette même ville.Son plan perfide et tortueux va sans doute connaître un aboutissement inéluctable: le départ des Expos de Montréal.Les «Alouettes en colère!» — celles chantées par Félix Leclerc — pourront sans doute se consoler en se disant que leur stade est bel et bien au centre-ville, habité par des oiseaux dont le chant fait bien plus qu'un printemps puisqu'il s'entend l'automne venu.Et qu'il s'entendra longtemps encore, bien après l'exode des Expos.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ES Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé tu 2050.rue De Bleury.V étage.Montréal.(Québec), HSA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir I* Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest, l-aval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.-* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITÉS SUITE DE LA PAGE 1 vient à un moment de crise internationale sur les prix du pétrole et de craintes qu’eüe ne provoque l’inflation et ne menace la croissance économique mondiale.Effective à compter du 1" octobre et répartie au prorata, elle est un peu plus importante que prévu et devrait permettre d’apaiser les craintes des pays importateurs et de ramener les prix dans la marge de 22 à 28 dollars le baril retenue par le cartel.«La flambée des cours [du brut] est derrière nous», croit Léo Drollas, expert du Centre for Global Energy Studies (CGES, Londres).Le ministre du Pétrole du Qatar, Abdoullah al-At-tiyah, le pense aussi: «Nous pensons que c’est suffisant mais nous souhaitons que les pays consommateurs s’emploient à réduire les taxes.» «L’OPEP est très soucieuse de la stabilité du marché du pétrole, avec des prix justes et raisonnables pour les clients», a affirmé pour sa part le président vénézuélien de l’Organisation, AU Rodriguez.Il faudra toutefois attendre des mois avant que le prix du pétrole ne revienne dans la marge de 20 à 25 dollars le baril, souhaitée par,les grands consommateur de pétrole que sont les Etats-Unis et l’Europe.A Washington, le gouvernement américain a donné crédit à l’Arabie Saoudite pour cette augmentation tout en souUgnant qu’il était trop tôt pour savoir quel effet elle aurait sur la pénurie actueUe.«Je pense qu’il nous faut assimiler ce qu’ils ont décidé aujourd’hui», a déclaré prudemment John Podesta, secrétaire général de la Maison- Blanche.«Nous sommes à court de SUITE DE LA PAGE I pable d'aller repérer des hydrocarbures qui se trouvent à 3000 mètres au-dessous de la mer et d'aller les chercher.Le nombre de territoires inexplorés est encore extraordinaire.» L'OPEP Par son existence même, l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) fait figure d'accusée.Elle a été créée justement — en 1960 — pour foire pression sur les prix à la hausse et pour que les économies des pays membres en profitent.C'est à partir des années soixante-dix qu'elle a pris conscience de son pouvoir.Les pays producteurs ont nationalisé les compagnies occidentales qui opéraient sur leur territoire et ont pu ainsi fermer les vannes en 1973.D'où le premier choc pétrolier.Mais l’OPEP a beaucoup appris depuis cette date.Elle a compris qu'une augmentation trop importante des prix pouvait avoir des effets néfastes: les pays consommateurs lancent alors des programmes d'énergie de substitution — comme le nucléaire — et les membres du cartel trichent en ne respectant pas leurs quotas de production.C'est ce qui s'est passé avec le contre-choc pétrolier de 1986.Or les pays fortement peuplés de l'OfEP ne peuvent pas se permettre des prix trop bas.A 10 dollars le baril, en 1998, l'Arabie Saoudite a failli connaître une grave crise sociale.L'OPEP avait ouvert ses vannes trop fortement sans prévoir la crise asiatique.Inversement, personne n'avait vu venir une reprise aussi rapide en Asie.Forts de tous ces enseignements, les pays membres ont tout fait depuis le début de l'année pour que le baril ne reste pas trop longtemps au-dessus de 30 dollars.Avec la décision d'hier, cela fait trois fois, cette année, que l'OPEP revoit ses quotas à la hausse.Le total se monte ainsi à plus de trois millions de barils par jour.Les compagnies privées Les bénéfices exceptionnels des principales compagnies pétrolières — BP Amoco, Exxon, Royal Dutsch Shell et TotalFinaElf — ont choqué.Cela en fait-il pour autant des responsables en puissance?En fait, c'est, globalement, aux compagnies des pays occidentaux que l'on doit d'avoir depuis quinze ans un pétrole bon marché.Après s'être vu priver d'accès aux ressources les plus facilement disponibles au Moyen-Orient — à la suite de la vague de nationalisations —, les majors ne se sont pas découragées.Elles ont amélioré leurs techniques pour al- OPEP pétrole et nous avons appelé à l'augmentation de la production.Je pense que cette augmentation substantielle est attribuable à l’Arabie Saoudite.» Le prix élevé des carburants a été jusqu’à provoquer des troubles dans certains pays, la France en premier lieu, qui sort tout juste d’un véritable blocus de ses raffineries et dépôts de carburant par les sociétés de transport routier, mais aussi dans une moindre mesure en Grande-Bretagne et en Allemagne.Aux Etats-Unis, on s’inquiète d’ores et déjà d’une pénurie de fioul ou de prix prohibitifs pour se chauffer l’hiver prochain.Sur le plan diplomatique, les ministres européens des Finances réunis à Versailles se sont dit préoccupés par le fait que l’inflation du cours du pétrole puisse enrayer la reprise économique mondiale.Même préoccupation en Asie: les 21 ministres des finances de l’APEC, association des pays riverains du Pacifique ont averti que le renchérissement de l’or noir pourrait avoir des effets néfastes sur leurs économies.«On a fait tout ce qu’on a pu mais on ne peut pas résoudre l’ensemble du problème», a déclaré M.Al-At-tiyah, le représentant du Qatar.A l’OPEP, on ne se prive pas de mettre le doigt sur le niveau élevé des taxes gouvernementales sur les carburants dans la plupart des pays, à l’exception des États-Unis.Le ministre qa-tari a appelé ces pays à foire un effort «S’ils réduisent les taxes, je crois qu’on arrivera à un prix très stable.» À plein régime Les analystes estiment qu’à l’exception de l’Apabie Saoudite, du Koweït et des Émirats, les États PRIX 1er forer dans des endroits qu'on jugeait inaccessible — Y offshore en particulier — à des prix concurrentiels.Ët elles ont convaincu les pays du tiers monde hors OPEP de leur concéder leurs sous-sol — au prix de toutes sortes de corruption entre autres.En 1999, la production dans les pays non-OPEP s'est élevée à 1,67 milliard de tonnes par an, soit un tout petit peu plus que dans l'OPEP (1,41).Seulement, les compagnies ont subi les contrecoups du choc de 1998.A10 dollars le baril, elles ont réduit de façon draconienne leurs investissements.Ce qui explique leur impuissance actuelle.«Nous sommes dans une économie libérale, se justifie Philip pe Trépant, président de l'Union française des industries pétrolières.On ne va pas accuser les sociétés privées de faire d'abord attention à gagner de l'argent.» 85,9 cents le litre à Montréal FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Le prix de l’essence ordinaire à la pompe n’a pas varié en fin de semaine à Montréal.Les automobilistes doivent donc toujours débourser 85,9 cents le litre pour faire le plein.Jeudi en fin de journée, les grandes compagnies pétrolières avaient rehaussé le prix de l’essence ordinaire à la pompe d’environ 10 é, mais non sans quelques hésitations, craignant de subir les foudres des consommateurs.Cette augmentation du prix de l’essence ordinaire s’est faite dans l’ensemble du Québec.Dans les jours précédents, certains détaillants vendaient leur essence en deçà du prix plancher — le prix à la rampe, le transport et les taxes — qui est déterminé chaque semaine par la Régie de l’énergie, et ce, pour chaque région du Québec.En fait, ce prix plancher a une semaine de décalage sur le marché.Par exemple, la semaine dernière à Montréal, certains détaillants vendaient leur essence 74,9 cents le litre.Mais ce prix ne prenait pas en considération l’augmentation du prix du pétrole brut A ce prix, ces détaillants vendaient donc leur essence trois cents le litre en deçà du vrai coût d’approvisionnement qui s'établissait alors à 78 C le litre.membres produisent déjà à plein régime et ne peuvent pomper plus de brut L’OPEP «a la capacité de produire plus», a répondu à ces sceptiques le président de l'OPEP et ministre vénézuélien du Pétrole Ali Rodriguez.Toutefois, a-t-il reconnu, si les augmentations continuaient «comme cela, nous pourrions arriver à des limites».«Wait and see», pourrait être le leitmotiv de l’OPEP comme des marchés.Les ministres ont ainsi prévu de se retrouver le 12 novembre pour évaluer la situation.«L’OPEP pourra décider encore d'une augmentation de la production» en novembre si la hausse décidée hier «n’a pas été suffisante» pour faire baisser les cours, a déclaré le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi.«C’est une bonne position d’attente», estime Roger Diwan, directeur des marchés de Petroleum Finance Company (PFC).Les effets de cette hausse restent à évaluer, a aussi déclaré le secrétaire américain à l’Énergie Bill Richardson.Il a reconnu que ce geste allait contribuer à apporter davantage de pétrole sur les marchés.«Savoir ou non si cette hausse va contribuer à stabiliser les marchés, cela reste à voir», a néampoins relevé M.Ri-charson.Le ministre français de l’Économie Laurent Fabius, qui a dû affronter une grave crise provoquée par les professionnels en colère contre la hausse du gazole, a indiqué que l’accord «allait dans le bon sens».La conférence de Vienne intervenait aussi à une date symbolique: il y a 40 ans jour pour jour débutait à Bagdad la réunion qui allait déboucher sur la création de l’OPEP le 14 septembre 1960.Les traders On a souvent tendance à les oublier, mais ce sont les traders qui font les prix.Le cours du brent se négocie à l'International Petroleum Exchange, à Londres.Il s'agit du prix d'un baril qui doit être livré dans trois mois.Ce sont les anticipations des traders sur la possibilité d'un hiver rude qui ont fait monter les cours cette semaine.Et comme sur tout marché financier, les facteurs irrationnels jouent à fond.«Cette tendance est assez récente, analyse Jean-Marie Chevalier, spécialiste des questions d'énergie à Paris Dauphine.À partir de la fin des années quatre-vingt, les compagnies ont développé ces activités de trading pour se donner une plus grande liquidité.La conséquence en est une volatilité plus importante des produits pétroliers.» Les États occidentaux Les États occidentaux n'ont pas assez joué sur la demande.Une fois que le baril est redevenu abordable en 1986, ils ont complètement abandonné les programmes d'économie d'énergie.Et surtout, ils n'ont pas trouvé de solution de type centrale nucléaire pour le transport.Depuis combien de temps parle-t-on de voiture électrique?Aujourd'hui, seuls quelques prototypes roulent dans les rues.Pourtant comme l'explique Pierre Noël, chercheur à l'Institut d'économie et de politique de l'énergie, «les innovations technologiques, comme les automobiles à très faible consommation, ou qui fonctionnent avec des piles à combustible, pourraient peser fortement à la baisse sur la demande pétrolière».Les Américains Mais s'il fallait décerner la palme du responsable le plus irrationnel, on désignerait les Américains.Alors qu'ils poussent l'Arabie Saoudite à produire au maximum, ils ne pensent pas une seule seconde que la solution à leurs problèmes se trouve en Irak.Plus personne ne sait ce qui justifie le maintien de l'embargo contre ce pays.Mais les conséquences en matière de pétrole sont claires: une réduction de la production mondiale.«Si on levait l'embargo, prédit Jean-François Giannesi, de l'IFP, l'Irak ferait appel à des compagnies étrangères ou importerait du matériel et, en quelques mois, elle pourrait monter sa production de six à 10 millions de barils par jour.» Mais, à quelques semaines des présidentielles, Bill Clinton peut-il se permettre de faire un geste en faveur de Saddam Hussein?VARDA «En circulant parmi des personnes qui vivent de nos restes, on tombe sur le cœur, la générosité, l'intelligence, la gentillesse des personnes qui ont le bon sens de ramasser» SUITE DE LA PAGE 1 récolte les témoignages des héritiers de ce geste, soit ceux qui glanent et grappillent dans les champs et les poubelles pour survivre.Avec les voix de ces Autres, qu’on voudrait invisibles, Varda dresse le portrait désolant d’une France contemporaine — et par là de l’Occident industrialisé d’aujourd’hui — qui vit une hystérie de surconsommation indécente.Son contact avec ces gens lui a été facilité par l’intimité que permet la caméra vidéo légère, et qui lui permet à elle aussi, Agnès V., de s’inscrire dans le film, avec son corps plus si jeune, comme un élément matériel que la vie un jour rejettera à son tour.Mais son travail est celui de cueillir les images des personnes qui ramassent les déchets du marché public à la ville, qui passent derrière les cueilleurs de pommes ou de raisin à la campagne, ou encore qui remplissent leurs sacs des pommes de terre malformées ou trop grosses pour l'emballage, déversées à la tonne dans les champs où elles ont été cueillies.Du lot, certaines ont la forme d’un cœur.Ça la touche, elle en ramasse, elle en fait un tas: «C’est allégorique de voir qu’en circulant parmi des personnes qui vivent de nos restes, on tombe sur le cœur, la générosité, l'intelligence, la gentillesse des personnes qui ont le bon sens de ramasser.Ça déplace complètement le point de vue pictural qu’on avait, sur les glaneuses d'autrefois, qui étaient par groupes, qui avaient de jolis tabliers, qui se courbaient gracieusement.C’est une image assez idyllique, alors que celles qui ont glané autrefois nous racontent que c'était dur, que le blé.piquait et qu’il y avait des moustiques.Mais au moins ça se faisait en collectivité, et dans la bonne humeur, alors qu'aujourd'hui, au tournant du siècle, ce n’est plus collectif parce que les gens sont seuls», me faisait-elle remarquer hier après-midi, dans le brouhaha du Park Hyatt, centre névralgique du festival, où l'on s’est rencontrés.Un peu à la manière de Birkin, à qui elle faisait prendre la pose de différents personnages de tableaux dans Jane B par Agnès V, la cinéaste prend la pose d'un portrait de Millet, la botte de blé sur l’épaule, s’inscrivant en faux contre une perception sociale qui veut que se pencher soit synonyme de s’abaisser.La botte tombera, et les préjugés aussi.«Tout le propos consistait à trouver des personnes qui revendiquent ce geste, qui sont actifs dans leur façon de récupérer les restes, qui ont une conscience critique de la société dans laquelle ils vivent.Ils tiennent debout, ils ont du cœur, ils sont généreux et ils partagent.On décale complètement l’image du glanage, pour parler du monde d’aujourd’hui, de mes restes, de vos restes.» La démarche du film n’est pas revendicatrice, la cinéaste cherchant plutôt à établir un dialogue entre les personnages de son film et les spectateurs dans la salle.D’ailleurs, depuis qu’il est sorti en France, en juillet, son film circule, ses 25 copies promenées dans les grands centres, certes, mais aussi dans les campagnes, dans les villages, des lieux ou elle désire qu’il soit vu, et que les distributeurs évitent trop souvent.«J’ai une cinécriture qui est extrêmement facile, qui fait que je peux m’adresser à tout le monde, mais le mot commercial ne s’applique pas à moi.J'ai une idée du cinéma artisanale, et d’une commercialisation artisanale.J’ai toujours fait des films ou j'essaie d’avoir une relation directe avec les gens qui sont dans la salle.Ce mot américain d"audience”, c'est pour moi comme un paquet.Je préfère le mot “spectateurs”.Et je souhaite que chacun ait un rapport direct avec les gens qui sont dans le film.Et que le box-office ne soit pas une question de chiffres mais de nombre d'implantations.» Agnès Varda revendique pour Les Glaneurs et la Glaneuse l’authenticité la plus entière; les mots, elle ne les a pas mis dans la bouche de ses personnes, les poubelles, elle ne les a pas engraissées pour traquer leur regard de triomphe.Le film est le résultat d’un collage qui a débuté bien avant la fin du tournage, Varda montant, écrivant, tout au long de sa moisson d’images et de témoignages, qui a pris fin lorsqu’on lui a réclamé une copie prête pour le Festival de Cannes.Elle serait peut-être encore au stade du glanage, sinon, d’autant qu’elle continue de rencontrer des gens qui se préoccupent des questions qu’elle soulève dans son film, et qu’elle continue de sympathiser avec un jeune intellectuel de la banlieue parisienne, qui vend des magazines pour payer sa chambre, mais qui pour le reste se nourrit des fruits et .légumes encore comestibles qui jonchent le sol lors du démontage des marchés publics parisiens, et qui tous les soirs enseigne le français aux immigrants.Bénévolement.«On donne quelques sous aux mendiants, mais qui donne du temps», demande Agnès Varda, qui a donné beaucoup du sien pour mener à bien ce projet: «Il fallait être disponible tout le temps, et le travail de réflexion et de montage marche en même temps.C'est une technique très particulière», dit celle qui, entre deux films, travaille à la restauration de ses films, ou de ceux de son défunt partenaire de vie, Jacques Demy.D’ailleurs, le DVD de la version restaurée des Demoiselles de Rochefort vient tout juste de paraître en France, et celui de Lola, auquel elle vient de s’atteler, suivra sous peu.«lœs producteurs, les distributeurs, ils pensent beaucoup à gagner de l’argent, à vendre des droits.Ils n y en a pas beaucoup qui pensent à préserver les films dans leur couleur d’origine, dans leur beauté d'origine.Et je pense que c'est un travail valable, parce que quand c’est en numérique, ça ne bouge plus.Mais ça prend beaucoup de temps.» Et du temps, la septuagénaire en a encore beaucoup à donner au cinéma.Et des gens à nous faire connaître.Heureusement pour nous, elle sera à Montréal avec son film, le mois prochain, à l’occasion du FCMM.Nous aurons l’occasion d'en reparler.i
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