Le devoir, 7 octobre 2000, Cahier C
L E I) E V OIK.L E S S A M E I) I E ï I) I M A X (’.Il E 8 O ( T O B R E 2 0 0 0 ?LE DEVOIR * l STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR CHRONIQUE Mémoire sur Internet Page C 2 CINÉMA FCMM Page C 3 MÉDIAS Le pire et le très bon Page C 10 FORMES Un campus fait peau neuve Page C 12 Danse Page C 6 Cinéma Page C 7 Le danseur est sorti de nulle part, vêtu d'un manteau de fourrure trop court, laissant le bas de son corps à découvert, le zizi ballant.Il a pris quelques poses devant la file des spectateurs s’avançant vers une jeune violoniste en costume d’Eve, assise sur une chaise suspendue dans la salle de l’Usine C.Le reste de par b.l.eux, de Benoît Uichambre, le spectacle d’ouverture (27 au 30 septembre) de la série Danses à l'usine, s’est poursuivi avec sept interprètes, tous tout nus.Même les deux techniciens du show en ont profité pour s’aérer la biroute.On aura tout vu.Un exemple parmi d'autres, décidément de plus en plus nombreux, montrant qu’un nouveau vent d’impudence semble souffler sur la danse contemporaine à Montréal.Le deuxième volet de Danses à l'usine se termine ce soir avec un spectacle de la Compagnie Dp Brune de Lynda Gaudreau utilisant aussi la nudité.A la fin du mois, on verra la dernière chorégraphie du Français Boris Charmatz, avec trois danseurs en t-shirt (et c’est tout), un travail sur les «bassesses du corps» décrit comme un «dénuement non spectaculaire».On continue?Danse Danse a ouvert sa nouvelle saison avec Perfume de Gardenias, de la Compagnie Flak où tout le monde était à poil.L'affiche de la série de huit spectacles montre une fille de dos, accroupie, complètement nue, puisqu’elle le sera en novembre dans Cuerpo de Sombra y Ijuz, de l'Espagnol Juan Caros Garcia.In semaine prochaine, au 'ITiéâtre Lachapelle, un des quatre solos de Singularités du chorégraphe Motaz Zabbani explorera une autre facette du thème récurrent.Et puis après?Franchement, on ne va pas s’énerver pour quelques abus de nudité de gorge et d’entrecuisse dans les salles fréquentés par des esthètes adultes et consentants.La culture pop malmène autrement plus la bienséance avec la porno diète de TQS, les vidéos à la silicone de Musique Plus, les leçons de fellation données aux lectrices de «magazine de pi-tounes».Surtout, la nudité n’est pas une nouveauté en danse.Des figures-phares de la danse moderne en ont fait bon usage tout au long du siècle.Le dernier numéro de Revue de danse, de Belgique, montre une plantureuse danseuse, in naturalibus de la tête aux pieds, une image bien plus osée que tout ce qu’on a pu voir sur les affiches montréalaises pourtant de plus en plus audacieuses, mais qui date des années vingt! Ici même, les chorégraphes ont commencé à présenter des spectacles (disons) à découvert, souvent très chargés sexuellement, dès les années 80.Tout de même, s’agit-il encore et toujours de la même nudité?Et pourquoi les chorégraphes parmi les plus passionnants en ce moment déshabillent-ils leurs interprètes complètement, en même temps?Rien pour choquer José Navas y voit une coïncidence intrigante, comme lorsque plusieurs compagnies à travers le monde, dont celle de Marie Chouinard, ont programmé de concert VOIR PAGE C 2: NU Compagnie De Brune - Chorégraphe: Lynda Gaudreau - Encyclopœdia Document 2 MicHAia.st.ononiAN t t, \ C 2 L K DEVOIR, L ES SA M EDI 7 E T D I M A X ( Il E 8 O C T O R R E 2 0 0 (I li I s Mémoire sur Internet Il fut un temps pas si lointain — mais les vents d’opinion tournent parfois si vite — où l’Office national du film essuyait les tomates des chroniqueurs.Un temps où les longs couteaux des journalistes mais aussi de plusieurs cinéastes et d’une relève affolée à l’idée de sentir le tapis lui glisser sous les pieds y allaient de déclarations-chocs, de récriminations mordantes, accusant d’inertie une boîte jadis si prestigieuse, réclamant du sang neuf, moins de lourdeur, des idées, une création ravigotée.Lui succéda un autre temps, dit l’ère des coupes à blanc, à mi-parcours des années 90, où l’ONF devint une sorte de toundra, de pays de la terre sans arbres que chacun regardait avec compassion, vaguement embarrassé.De compressions en compressions, sous l’affreux parapluie du terme «restructuration», la chair fut retirée peu à peu autour de l’os, les bureaux régionaux fermèrent boutique, nombre de cinéastes permanents prirent la porte de la retraite, la fiction disparut du paysage, la pellicule céda la place à la vidéo.Adieu laboratoire et plateau de tournage.Le patient maigrissait tellement vite que les témoins se firent tout à coup muets.L’ONF se transformait mine de rien en chambre d’hôpital où les visiteurs et les journalistes ne parlaient qu'à voue basse, où les cris s’étouffaient dans la gorge, où les reproches Semblaient déplacés, où l’on servait son couplet d’éloges au grand malade, comme plus tard au che-yet, puis sur la tombe de Trudeau, après l’avoir tant Conspué en ses jours de gloire.Et, tranquillement, notre petit parterre des médias s’est habitué à relever de nouvelles coupes à blanc à l’ONF, comme un Richard Desjardins au spectacle Od ile T rem b lay des forêts ravagées, mais en s’indignant pas mal moins que lui, désormais fatalistes.Une autre branche sciée?Ah bon! Il y a deux semaines, on apprenait que le studio Culture et Expérimentation, consacré à la relève, agonisait.Toute la série si vivante des «Libres courts», documentaires produits avec passion par André Gladu et son équipe de jeunes cinéastes, allait bientôt s’écrouler, son second cycle annulé.Il roulait pourtant fort, ce studio-là, une belle énergie circulait, mais que voulez-vous! L’ONF' fait tant figure de peau de chagrin que nous, gens de la presse, aboyons à peine quand la guillotine frappe encore, craignant dp jeter un caillou de plus dans la maison de verre.À l’intérieur aussi, un silence prudent s’est appesanti sur l’ONF.Cinéastes et producteurs se taisent de peur de faire empirer le mal.Ou parce que s’est instauré le règne du «chacun pour soi» en des murs où la chute du studio voisin signifie un sursis pour les autres, les rescapés du programme français qui sympathisent avec le sacrifié tout en poussant un ouf! discret: le couperet les a épargnés, cette fois-ci.Et d’es- suyer quelques perles de sueur à leur front Il faut tendre l’oreille aux murmures des coulisses pour entendre une jeunesse se désoler de voir ce programme dédié à la relève tout à coup sacrifié, pour écouter des voix interroger l’avenir du documentaire, se demander si toute une tradition, un savoir-faire ne sont pas tombés en désuétude dans la tête des dirigeants, tant leur discours ne porte plus sur la création en marche.FA si, à l’heure où la ministre du Patrimoine décide de revamper sérieusement le long métrage canadien en y injectant tant de millions, on devait une fois de plus interroger le devenir de l’ONF, absent de ces beaux programmes?Si tous les prestigieux coffrets «mémoire» consacrés à Perrault et compagnie, posés bien en évidence dans nos vidéothèques, étaient les fleurons symptômes d’une institution se transformant de plus en plus en musée à la gloire d’un passé révolu?Si la mort de «Culture et Expérimentation» s’inscrivait dans un grand tout où la création perd des plumes au profit de ses vitrines?Toutes ces questions se posent en parcourant la version préliminaire du nouveau plan stratégique de l’ONF 2001-04, servi il y a un mois par la présidente Sandra Macdonald à ses troupes, qu’une main anonyme m’a expédié.Oh! Il s’agit d’une sorte de codicille au plan ONF 2000, qui roulait déjà depuis cinq ans, mais avec cette fois une orientation Internet et nouvelles technologies si marquée, si omniprésente, qu’elle met en relief la vacuité des politiques de production.Internet et la multiplication des chaînes offriront aux Canadiens et au monde, y lit-on, un accès sans précédent à l’ONF et à son œuvre.On approuve.d’ailleurs.Va pour Internet et le cap nouvelles technologies, mais à quel prix?, demande la voix intérieure.L’ONF est si pauvre aujourd’hui.«Pour saisir cette occasion, il faudra toutefois consacrer une somme importante à l’acQuisition et à la gestion des droits ainsi qu 'à la numérisation et à l’archivage sur serveur des titres conservés», lit-on également.Le document précise espérer obtenir quelque argent de l’administration fédérale, mais le gros de la somme, on le comprend vite, proviendra des coffres de l’ONF', dont le budget n’augmentera guère, loin s’en faut.Celui-ci espère produire au moins 60 œuvres originales (documentaires et animation) par année, alors que ce nombre tournait autour de 80.Les quinze projets d’animation linéaire se réduiront à dix.Les nouvelles technologies semblent bel et bien vouloir gruger les terrains où éclosent les œuvres.À l’ONF, des gens s'inquiètent à la perspective de voir le contenu payer pour le contenant, la diffusion prendre le pas sur la création, avec un tas de coffrets, de nouvelles cases de diffusion sur la toile internaute, sur la friture télé numérique, mais des œuvres en dérive.Déjà que plusieurs documentaristes soupirent depuis belle lurette devant les règles trop strictes, trop ethnocentristes, trop «contenu canadien» de l’ONF, qui ne facilitent la tâche à personne quand sonne lheure de poser un regard québécois sur le monde, en sortant de sa cour.Voici que certains se demandent si l’institution ne sacrifie pas les fondations de son bâtiment en ne se passionnant désormais que pour y percer de nouvelles fenêtres.otrem blay@ledevoir.com NU «Même la sexualité brute peut devenir acceptable dans certaines circonstances » SUITE DE LA PAGE C 1 fies versions contemporaine du Sacre du printemps, il y a quelques années.«Les bonnes idées, tout le inonde semble les avoir en même temps», dit en riant le jeune choré graphe-interprète, rencontré cette Semaine dans un café de l’avenue Mont-Royal.«Mais ce n'est pas pour fiutant un effet de mode.Dans mon pas, Perfume de Gardenias ferme un cycle de travail de quelques années autour d’un processus de démystification du corps.» Benoît Lachambre soutient aussi ne pas rechercher l’effet de mode.«Au départ ma motivation était purement visuelle, explique-t-WJe voulais une image de luxure, précisément une image de “confort et de complaisance”, comme le dit le sous-titre du spectacle.Mais ce n’est pas fait pour choquer.» Dans Document 2, Lynda Gau-dreau a intégré un solo pour danseur intitulé Nudité, improvisation.«Pour moi, ce n 'est même pas un solo sur la nudité, mais sur le regard», dit le chorégraphe de cette partie, Vincent Dunoyer, rencontré la veille de la première.Mark Eden-Towle, l’interprète, regarde de petites photos de Dunoyer nu et danse: pour ainsi dire avec elle.«Si j’avais été habillé sur les photos, Mark aurait été habillé sur la scène.» La danse moderne misait sur la nudité (ou au moins sur sa suggestion) , pour critiquer la tradition, célébrer l’harmonie avec la nature.Dans les années 60 et 70, l’avant-garde a repoussé encore les limites avec le body art et les performances en tous genres.Dans les années 80, Marie Choui-nard faisait pipi sur scène — l’cx-perience a été tentée à nouveau récemipent avec la reprise de ses solos.A la limite, maintenant, en danse contemporaine, le corps Le Comité des conférences commémoratives Beatty présente Jonathan Miller t • T 1 > c l U < c i metteur en scène médecin CRR McGill humour and comedy jeudi, 12 octobie 2ÜÜÛ 17h 30 Amphithéâtre Fieldhouse, Billets gratuits disponibles à la librairie pavillon Leacock, de McGill, 3420, rue Mcïavish, 398-7444 salle 132 Renseignements : 398-6748 " Cette prod « -une lan* Doininiqui " Grâce à ui yoici une «j dt sa tcrpei nrr Mise en scène Dfcfclit (lUILBAULT X Nli à Ulk cPHenry de Montherlant Avec : René Gagnon Noémie Godin-Vigneaü Isabelle Roy Hugues Frenette Marc Beaupré Éric Cabana Geoffrey Gaquere Louis-Olivier Mauffette Jean Ricanp ¦ i la mlfen scène et régie Manon Bouchard inograpMiqj^costumes Michel Robhms Éric Champoux Musique Silvy Grenier Maquillages Angelo Barsetti Du 27 SEPTEMBRE AU 21 OCTOBRE les vendredis a 20 h et samedis à 16 h (Motmées el soirées scolore enseTMiM, lOhiC IShJÛet I9hl I H É A 1 R L SEPtLLETIER OSÎ.rue Saime Catki n! Est U Papineau ou Viau, auiubus 14 FS Pie IX, auluèut 13V Billuller 514 253-89/4 lui-même est devenu le sujet de l’art.Ira directrice artistique de la Compagnie De Brune souligne d’ailleurs qu’on ne pose pas la question de la nudité aux autres artistes, aux peintres ou aux sculpteurs par exemple.«Nous travaillons avec le corps et il me semble normal qu’on expose ce matériau de toutes sortes de façons.Et je dis bien “avec’’, “avec la nudité”, comme on peut le faire avec ou sans musique par exemple.» La nudité chorégraphique La danse peut-elle pour autant faire abstraction de sa situation sociale?José Navas propose une allégorie homosexuelle.«Si j’embrasse mon chum dans la rue, pour moi, c’est un geste ordinaire, mais les passants peuvent l’interpréter comme un geste politique.De même, pour nous, danseurs, la nudité est tout à fait normale, alors que sur scène elle peut être interprétée autrement.» Lyncla Gaudreau enchaîne avec une réflexion sur la responsabilité de l’artiste.« Il faut savoir demeurer modeste devant une activité artistique qui doit d’abord s’assumer comme telle, sans cherchér à imposer une prétendue vision, un message.» Benoît Lachambre semble poursuivre directement cette réflexion sur la nudité en art quand il observe que «le corps nu peut parfois n’être qu’une représentation conceptuelle, une idée».Une idée finalement incarnée.«1m nudité sur scène pose au spectateur la question de son propre rapport à la nudité», juge la professeur Febvre.Elle souligne qu'au fond il n’y a pas une nids des nudités.«La nudité en soi ne veut rien dire.Ou plutôt, son sens peut osciller entre l’animalité, la sensualité, la sexualité, l’érotisme, la pornographie, la liberté, l’exhibition heureuse, la pureté, l’innocence, etc.» En même temps, la professeure précise qu’une parité semble maintenant atteinte, les deux sexes étant autant déshabillés l’un que l’autre.«Moi, plutôt qu’m sein ou un pénis, c’est le petit maillot transparent qui me semble vulgaire», lance Benoît Lachambre.Mais la pure nudité n’existe pas.Le corps en scène est maquillé, éclairé, «habillé de mouvement», comme le dit le professeur Febvre eu paraphrasant un joli mot de Roland Barthes décrivant la fausse nudité des effeuilleuses.Le Français Boris Charmatz en rajoute dans un texte récent intitulé Contre Éden: « La danse a certainement besoin de revoir l’apparente simplicité des subdivisions usuelles, dont celle qui oppose systématiquement corps nu/corps habillé.Nous nous inscrivons en faux contre une certaine idée de la nudité, provocatrice, rangée et univoque.» Effeuillage et racolage Certaines affiches misent pourtant sur cette idée-là, de manière racoleuse en fait, avec, comme c’est bizarre, un maximum d’images de femmes dans un minimum de vêtements.Navas avait décidé de jouer franc avec sa propre affiche montrant de face une de ses inteiprètes.Finalement, la STCUM a fait placer une cache sur les seins de la jeune danseuse, ce que trouve «complètement ridicule» le chorégraphe.«Pour moi, dit Navas, ce solo d’une femme dénudée représente me image de beauté pure qui résume tout le spectacle.» N’empèche, le milieu peut se faire prendre à ce jeu un peu salé.L’attachée de presse du Festival international de nouvelle danse, qui présente Danses à l’Usine explique que de plus en plus d’hebdos culturels réclament de la peau.«C’est bizarre, mais une bonne photo donne plus de chance de voir publier un article et une photo montrant du nu encore plus, dit Sylvie Ménard.Une photo peut donc surpasser l'œuvre?Ça, franchement, ça me dépasse.» Sa patronne Dena Davida souligne toutefois que la logique du dénuement semble s’étendre à tous les médias, comme le montre la mode des photos de sportifs tout nus jusqu’en couvertures des magazines.«C’est peut-être racoleur, mais la danse n’est pas seule à jouer ce jeu», observe-t-elle.Et puis il y a ceux et celle qui ont le culot de se déculotter.«J’ai bien réagi à la proposition parce qu’elle a été faite avec beaucoup de respect et qu’elle était parfaitement justifiée», confie la danseuse Amélie Raquette, du show de Navas.Elle se dénudait sur scène pour la première fois de sa carrière.«Si j’avais senti que la demande était superflue ou inappropriée, je l’aurais refusée.Comme je ne porterais pas un haut-deforme sam justification.» Tous les chorégraphes interviewés affirment d'ailleurs procéder avec la h anche complicité de leurs interprètes.Et ce n’est pas la peine de demander où cela s’arrêtera.En danse, comme partout, on est déjà revenu de tout: quelque part, à New York ou Berlin, des danseurs ont déjà baisé pour vrai sur scène.«Pour moi, tout dépend du contexte», dit Benoît Lachambre.«Même la sexualité brute peut devenir acceptable dans certaines circonstances.» On a tout vu.On reverra tout.chot* a® "^^1 Mise en scène Claude Lemieux Avec Luc Morissette, Diego Thornton et Jorge Fajardo Scénographie Patricia Ruel Éclairages Dominique Ithurriague Costumes Gilles-François Thérrien NOCTURNE y t de Francis Monmart H 1 * r 1 i Au THÉÂTRE PROSPERO Jri - 1371, rue Ontario Est Métro : Sherbrooke ou Beaudry Mardi au samedi, 20 h .Billetterie : (514) 526-6582 Admission : (514)790-1245 17 octobre au 11 novembre LE GROUPE DE LA VEILLÉE 4 I LE DEVOIR.LES SAMEDI E T I) I M A X (HE 8 O C T O B R E 2 O O O c :i Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias Un film est un film est un film.mais le numérique fait un bond de géant au FCMM, qui donne rendez-vous aux Montréalais du 12 au 22 octobre ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Depuis plusieurs années, avant même que le Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias ne campe dans les locaux futuristes d’Ex-Centris, les dirigeants de ce rendez-vous y allaient de leur petit couplet sur les œuvres numériques appelées à révolutionner le septième art.Quand Ex-Centris s’est doté, avant tout le monde, de salles capables de diffuser ce support de demain, le discours s’est fait plus bruyant encore, célébrant une caméra à la fois souple et économique, capable de tourner une foule de prises, d’intégrer des effets spéciaux et d’offrir un montage accéléré.Tout était au poste à Ex-Centris: l’équipement, les salles, l’œil tourné vers l’avenir.Ne manquaient, en somme, que les œuvres.La pellicule demeurait seule maîtresse à bord.L’an 2000 aura été celui du numérique soudain bien en selle sur son époque.Ce 29' festival, qui roulera du 12 au 22 octobre, lui consacre donc pour la première fois un important volet.A part les films numériques disséminés en diverses catégories (dont le plus spectaculaire demeure Dancer in the Dark, de Lars von Trier, palme d’or cannoise, qui assure l’ouverture du FCMM), onze œuvres réunies témoignent de cette petite révolution en la demeure du septième art.Ironie du sort: en cet Ex-Cen-tris équipé au futur, la grande majorité de ces œuvres seront présentées.en 35 mm.Les cinéastes ont attendu jusqu’à l’année dernière pour faire le grand saut, quand il leur a été possible de transférer sur pellicule les images tournées avec caméra numérique.Encore fallait-il les diffuser, ces films-là, et les salles de cinéma n’en ont encore que pour le 35 mm, alors.Quelques titres de cette section numérique: C'est la vie du Mexicain Arturo Ripstein, La Chambre des magiciennes du Français Claude Miller, Ihe Dea- th of a Composer du Britannique Peter Greenaway, sans compter le fascinant Signs and Wonders de l’Américain Jonathan Nossiter.Quant au Québécois Philippe Fa-lardeau, il arrive avec La Moitié gauche du frigo, un faux documentaire, tourné moitié sur support numérique, moitié avec une Beta-cam, selon le regard mis en avant dans le scénario.Philippe Gajan est à la tête du volet numérique.Il parle avec feu du film de Martin Van Peebles, Le Conte du ventre plein, œuvre d’un cinéaste en liberté jouant d’incrustations, de surimpressions, de couleurs modifiées à l’extrême, explorant à fond les possibilités de cette nouvelle technologie.«Tous les réalisateurs ayant adopté ce moyen se sont exprimés sur lui, précise-t-il, et chacun Ta élu pour des raisons différentes.» Celles-ci sont d’ordres esthétique, économique, pratique.Chacun semble y trouver son compte, même si la qualité offerte par la pellicule demeure encore sans rivale.Un forum numérique se retrouve au menu du festival, avec plus de 25 conférenciers invités, dont Jacques Fansten, le producteur de la collection «Petites caméras» d’Arte.«Ce forum est le chaînon manquant, ce fameux pont entre cinéma et nouveaux médias que le festival désirait ériger depuis quatre ans», estime Philippe Gajan.A voir Claude Chamberlan, codirecteur du festival et grand responsable des longs métrages, vous dira pour sa part, paraphrasant Gertrude Stein: «Un film est un film est un film.Et qu’importe, au fond, le support sur lequel il a été tourné.» Chaque année, Chamberlan affirme offrir aux cinéphiles la crème de la crème.Ça semble en tout cas se vérifier cette fois-ci, avec 25 longs métrages triés sur le volet, souvent primés à Cannes ou à Venise.Entre Les Glaneurs et la Glaneuse d’Agnès Varda (tourné avec une caméra numérique), le lancinant, l’épuré In the Mood for Love de Wong SOURCE FCMM Stellan Skarsgard et Deborah Kara Unger dans Signs & Wonders.Repercussions douze scènes de douze textes québécois une production du Theâtic ds* ia Voleo A la salle Fred-Barry du 3 au 21 octobre 2000 19h30 , i If rjfr des •ryndu «l V dr Omutigm La Tribun® tout et tente de lier la sauce.Histoire de créer des liens entre toutes ces sections, lui et son équipe mettront sur pied un site Internet avec entrevues, performances, extraits de films, site qui sera à la fois vitrine et futur coffret-souvenir de cette 29’' édition.«Le cinéma et les nouveaux médias ont parfois rencontré certains problèmes d’identité, chacun dans leur cour, précise Luc Bourdon.Ce site laissera place à toutes les expressions du festival.» Autre initiative: «Les Belles minutes du festival».Dix créateurs auront carte blanche pour réaliser chacun une œuvre d’une minute.Bref, c’est l’année des ponts, des éclatements et des dialogues, avec par surcroît une programmation solide.Après tout, un film est un film est un film.Edward Albee des regards de programmateurs.Exit le triumvirat d’hier.Alain Mongeau demeure à la barre des nouveaux médias sur fond de performances et d’installations, mais Philippe Gendreau et Karil Samodai s’occupent désormais du volet courts et moyens métrages, naviguant entre fiction, documentaire, animation, cinéma et vidéo.Au chapitre des «à voir», Philippe Gendreau pointe entre autres L'Origine du XXL siècle de Godard.If Only I, le dernier Do-nigan Gumming, Du front tout le tour de la tête, une traversée intime du cancer signée Chantal DuPont, ou Tout embrasser, premier film de la photographe Raymorf-de April.Désormais codirecteur du festival, Luc Bourdon organise le théâtre du rideau vert Du 26 septembre au 21 octobre 2000 Traduction: Michel Tremblay Mise en scène: Martin Faucher Avec Louise Marlcau, Raymond Cloutier, Pascale Desrochers et Patrick Lauzon.Assistance à la mise en scène : Pascale d’Haese Concepteurs: David Gaucher, François Barbeau.Marc Parent, Michel F.Côté, Bernard Falaise et Jean-Marie Guay FLAMMES Texte : Patrick Quintal Mise en scène : L>UCC Pelletier Avec Nicole LeBlanc cr Patrick Quintal 26 septembre au 14 octobre 2000 du mardi au samedi 20h, mercredi I9h En cùdiffumon avec le Théâtre de là Manufacture fs LA LICORNE \ 4559, Papineau, Montréal Réservations (514) 523-2246 (514) 844-1793 - www.rideauvert.qc.ca 4664, rue Saint-Denis - métro Laurier Service de garderie les samedis et dimanches en matinée, sur réservation seulement.,V • arc»,,.m •asao H»TVa Omni Télé-Québec Les Lundis classiques du Rideau \éi l Direction artistique Francine Chabot Le 23 octobre à 20h • Concert Debussy-Ravel par le Trio de Hsle I.K I) K V (I I lî , L K S S A M K |) I E T I) I M A NT < Il K M (I < T 0 B K K 2 (I (I (I € 4 THÉÂTRE Changement de la garde HERVÉ GUAY Saint-Pétersbourg — La même rivalité qui agite Québec et Montréal existe en Russie, entre Saint-Pétersbourg et Moscou.Bien entendu, elle n’épargne pas le théâtre.D’ailleurs, le Festival de la Maison balte, établi dans l’ancienne capitale russe, cherche à étendre ses ramifications aux pays baltes voisins (Estonie, Lettonie, Lituanie), voire un peu plus loin, pour assurer le rayonnement international d’un événement qui souffle ses dix bougies cette année.Dix jours ne sont pas de trop à cette fin puisque, jusqu’au & octobre, se succèdent pas moins d’une vingtaine de productions.Il est vrai qu’à Saint-Pétersbourg, tradition oblige, la scène du festival est principalement occupée par les grands noms de la littérature russe.Sans surprise, le festival s’est ouvert sur une adaptation conventionnelle de L'Idiot de Dostoïevski par le théâtre russe de Tallinn, en Estonie.En outre, au moins trois Tchékhov sont au programme, dont une mise en scène des Trois Sœurs par le Théâtre national finlandais, dirigé pour l’occasion par Valeri Fokine, longtemps à la tète du Théâtre Sovremennik, l’un des plus prestigieux de Moscou.Mais si les monuments de la littérature russe sont presque tous représentés, y compris Tolstoï et Nabokov, un exilé, d’autres compagnies revisitent aussi Shakespeare, Schiller ou Strindberg.De ce côté, le jeune metteur en scène lituanien Oskaras Korshunovas n’a pas manqué de surprendre en présentant une version très formaliste du Songe d’une nuit d’été.Sur un plateau nu, une quinzaine de comédiens et de comédiennes promènent des panneaux de bois, évoquant par exemple une forêt mouvante où se déroule cette féerie.Cet exercice de style parfaitement maîtrisé met aussi en évidence le caractère à la fois mécanique et ludique de la célèbre comédie.De plus, la proposition sied à la souplesse d’une troupe1 jeune et sportive qui sait allègrement se fondre aux mouvements de ces encombrants panneaux.En somme, voici un Songe plus athlétique que proprement magique.Pour jouer Schiller et sa Marie Stuart, un autre metteur en scène lituanien.Rimas Tuminas, a préféré se tourner vers des actrices expérimentées.D’autant plus qu’étant directeur invité du Théâtre Sovremennik de Moscou, il pouvait compter sur deux des meilleures actrices russes du moment.Grâce à elles, il a su créer une confrontation exaltante de souveraines ennemies.Autre signe donné dans ce festival de la vitalité du théâtre lituanien, où que ses artistes se trouvent.Parce que les échanges se multiplient-entre la Russie et les pays baltes, et même au delà.Prenons encore le metteur en scène ukrainien Andrei Zholdak, venu travailler à Saint-Pétersbourg, où il s’est librement inspiré de Gogol.Ici, même les apôtres du théâtre visuel de son genre semblent ressentir le besoin de se placer sous le patronage d'un géant littéraire.Cependant, son Tarass Boulba doit plus au monde cérémoniel d’un Tarkovski qu’à la nouvelle du grand comique du XDC siècle.D S IZQNS Un des beaux moments de la création québécoise cette année.Luc Boulanger, Voir On sort de cette pièce solide avec une impression de léger supplément d'âme.Des personnages complexes.Profondément incarnes.Diriges de maniéré impeccable.Sonia Sorfati, La Presse.avec 51ERRE COLUN MONIQUE SPAZIANi LOUISON DANIS MAXIME DENOMMÉE coproduction d u ® $ E p J E M B P E THÉÂTRE L TnSt a u OCTOBRE aTji m ks gens den bas 4890.BOULEVARD SAINT-LAURENT SALLE MONTRÉAL.QUÉBEC nilTMPATDC RÉSERVATIONS: (514) *45 4890 TntATKÉ RÉSEAU ADMISSION! DU 28 SEPTEMBRE AU 28 OCTOBRE 2000 Pont Brid >portaitblduled'une ?femmephotographe MeMyLeer "Miller UNE CREATION DE CAROLE NADEAU (Il Créateurs-conseils » vJohn-Hirsch) Larocque LE HORS-BORD 3655, bouI.Saint-Laurent, Espace 104 Réservations > 289-0848 > Prix régulier : 20 S > Étudiants et aînés : 15 $ «IPV** 12 e* 19 CONSEIL C!> ’mïi/ MONtréd _ LE DEVOIR La splendeur du désespoir QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF?D’Edward Albee.Traduction: Michel Tremblay.Mise en scène: Martin Faucher.Décor David Gaucher.Costumes: François Barbeau.Eclairages: Marc Parent.Conception sonore: Michel F.Côté et Bernard Falaise.Accessoires: Jean-Marie Guay.Avec Louise Marleau, Raymond Cloutier, Pascales Desrochers et Patrick Lauzon.Au théâtre du Rideau Vert jusqu’au 21 octobre.SOPHIE POGLIOT Certaines œuvres dramatiques doivent, pour le bien-être de la collectivité, être remises en scène périodiquement.Celles-ci, exceptionnelles il va sans dire, savent si bien exposer les tares humaines, les rendre si hideuses que, dégoûté, le public ne peut faire autrement que passer en revue ses propres valeurs, exercice sain, voire vital, s’il en est.Au nombre de ces œuvres phares, il sied de compter la pièce Qui a peur de Virginia Woolf?.Le chef-d’œuvre de l'Américain Edward Albee cerne plus particulièrement les thèmes de l’ambition, de l'équilibre psychologique, de l’amour et de la cruauté, sans oublier, par extension, ceux du capitalisme, du rêve américain et de l’autodes-truction.C’est effectivement à un véritable carnage qu’assisteront le jeune professeur Nick et son épouse Honey, invités à terminer la soirée chez George et Martha, quinquagénaires amères et querelleurs.D’abord, ce sera Martha qui, laissant ses hôtes hébétés, déversera son fiel sur sa tendre moitié.Elle lui fera grief avec violence de son manque d’envergure, à la fois personnelle et professionnelle — projection du propre sentiment d’échec de la dame —, jusqu’à ce que George, chauffé à blanc, porte enfin le coup fatal: il fera mourir le fils imaginaire qui cimente le duo.tout en le conduisant à la folie.Ainsi libéré, le couple pourra éventuellement se reconstruire, après s’être démoli pendant plus de vingt ans.Ce qui ébranle plus encore que la verdeur et l’ignominie des insultes lancées par le tandem de Qui a peur de Virginia Woolf?, c’est la complicité qui semble unir dans la perfidie ces deux personnages, donnant à leurs échanges de troublants accents sadomasochistes.En fait, George et Martha ne peuvent vivre l’un sans l’autre et ne tendent, par une bilatérale tyrannie, qu’à donner quelque substance à leur existence stérilé — dans tous les sens du terme.Cette collusion est rendue avec brio par Louise Marleau et Raymond Cloutier, qui alternent ainsi regards haineux et tendres œillades.Le jeu de ces deux interprètes possède à la fois la puissance et les nuances requises pour ces rôles complexes, et cela, malgré une entrée en scène de Marleau laissant perplexe — celle-ci n’arrive qu’avec peine à rendre crédibles les effets de l’alcool, qu’elle feint pourtant en grande pompe.lœs deux principaux protagonistes assènent et encaissent des coups, sabrant sans complaisance dans l’essence même de l’être, avec une assurance, une solidité déroutantes.Nul doute que la mise en scène de Martin Faucher compte pour beaucoup dans l’intensité soutenue qui caractérise la production.En outre, le décor de David Gaucher, de même que la conception sonore de Michel F.Côté et Bernard Falaise, ajoutent à l’impact de la pièce.Certes, on entend bien dans la salle, en fin de parcours, quelques grincements de sièges, que la durée de la pièce (3hl5, entracte compris) justifiera.Qui plus est, le spectateur à l’âme sensible peut, sous l’assaut des hurlements quasi incessants de Martha, atteindre un seuil de tolérance qui, une fois franchi, rendra à toutes fins utiles insupportables de telles vociférations.Car, il faut le reconnaître, Louise Marleau s’époumone.Néanmoins, l’agacement profond ainsi suscité, loin d’être gratuit, sert le propos de l’œuvre.Il illustre l'impasse dans laquelle se retrouvent ces époux hystériques jusqu’à la lucidité.Quoi qu’il en soit, rarement névrose fut-elle aussi splendide à voir.L'Orchestre symphonique du Conservatoire de musique du Québec à Montréal présente sous la direction de RaFFI ARMENIAN Egmoht (ouverture), de Beethoven Romance, de Juraj Filas Concerto pour piano n‘ l, de Prokofiev Symphonie n- 1, de Brahms Solistes : Guy Bernard, trombone basse Olivier Godin, piano - 20h (e vendredi 6 octobre Eglise Notre-Dame-de-la-Paix 345, rue Strathmore à Verdun le dimanche 8 octobre Salle Pierre-Mercure Centre Pierre-Péladeau 300, boul.de Maisonneuve Est à Montréal Pour renseignements : (514) 873-4031 ENTRÉE LIBRE Québec ca cj Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec Une COMEDIE BILINGUE A BILINGUAL COMEDY « ;„JHPrrCBITi5îrES ANGLOPHONES OPHÔNES 1 * dénigrent —' | up to I O*a lirst-V®3' bilingualism *iable." 11 dead.», finishing IS.|La P,rSS< ltOUCh'" P*' Donne’’y’ The GaZe"e lablemant j ^ fa,|ure of Greek re^*1’ Proportions.» Amy Barratt.Mirror j Th’ibeauit, ICI ü ^ speclacll,lirly beautifui 1 bilingual »*1'u£;;,an çanebois.Hour jT Hébert.Voir i avec / with ’ 13 sept.-irf .L • ; ü f?eeiL /vTuA-tHoor , ChAiu-er f^nJ^roisrr/Nt L-A W A-E NT C e Ç M r TH LA O A-A TÉA f D A trrH fOAi_e 1945 rue Fullum espace libre Métro Frontenac Rés.: 521-4191 M ü * ; fife .r The 1 Anada (j^nincU fut the A SE IL .• LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE S OCTOBRE 2 000 C .1 ?\NS\T ' v7h ^ > I' JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Louisianais Zachary Richard photographié au cœur de Montréal.-mm :j* * * •t- •t* * T Ht Insaisissable Zachary BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le moins que l’on puisse dire, c’est que Zachary Richard n’arrive jamais tout à fait là où on croyait qu’il arriverait.Avec Cœur fidèle, la suite de Cap enragé, qui a gravé des sillons profonds dans le paysage sonore québécois, le voici avec un second album francophone de suite.Façonné de rythmes plus rock que le précédent, l’album replonge au cœur de la Louisiane, proche d’un folk assez fringant.Après la vague de fond du précédent album, il semblerait que la pression n’ait pap affecté celui qui en est aujourd’hui à 14 disques.Etonnant?Zachary Richard, lui, ne s’en étonne pas.«Je ne me suis jamais posé la question, en écrivant une chanson, si c'était en fonction d’un projet précédent.Cet album est une suite tout à fait naturelle, non seulement de Cap enragé mais de tous les album, si l'on remonte au départ.Il y a eu un aiguisement de style qui a commencé il y a dix ans, où j’ai commencé à me débarrasser de toutes les influences que j’avais absorbées durant les 15 années de ma carrière d’enregistrement.» Si Cœur fidèle semble revenir aux sources, c’est dans la mesure où toutes les chansons ont été composées en Louisiane.Les influences rythmiques s’éloignent de Cap enragé, «qui était plus planant».Par contre, Zachary Richard tient à ce qu’on ne confonde pas l’album précédent avec deux ou trois des pièces qu’il contenait.Cap enragé et Dans le Nord canadien se retrouvent dans Le Blues du voyageur de la nouvelle proposition.Aussi, le principal intéressé rappelle que J’peux pas m’empêcher, Johnny Danser et Au ranch à Willy n’étaient pas réellement faites pour être écoutées à la chandelle.«Je pense que l’intérêt de Cap enragé était surprenant dans le paysage sonore du Québec.C’est l’école de Daniel Lanois, qui n’a jamais été appliquée ici.» D’où, peut-être, cette lente ascension et cette permanence sur les ondes depuis trois ans.«Cœur fidèle apporte des surprises à ce niveau-là.Mais je n’enregistre pas pour surprendre.Chaque chanson exige un traitement qui réponde à l’exigence de la question posée par chaque pièce.» Comme pour Cap enragé.Zachary et son équipe ont tenté de créer, pour le nouvel album, l’illusion de la spontanéité, «qui conduit à la magie qui est dans la musique».Exil Avec des titres comme Massachusetts, «le cœur de l'album» selon le chanteur, une pièce qui parle de l’exil des travailleur québécois aux Etats-Unis au début du siècle, mais aussi avec cette dédicace de l’al- bum «à ceux et celles qui résistent», l’album se donne les couleurs des luttes encore a faire.«Certaines chansons ont été inspirées d’une situation d’opprimé culturel.Massachusetts, très mélancolique, est la suite de la découverte de l’histoire du Québec d’en bas», fréquentée dans la version anglaise d’un livre intitulé Du continent perdu à l’archipel retrouvé (PUL, 1983), traduit en anglais sous le titre French North America.publié par l’Université de la Louisiane {«il y a beaucoup d'ironie là-dedans», conunente le chanteur).Les gens déracinés sont partout dans ces textes.«J’associe ce déracinement à la situation des francophones en Amérique du Nord.Mais les opprimés peuvent être aussi les animaux, la forêt boréale, comme l’a illustré avec force Richard Desjardins.Ça peut-être les peuples minoritaires.Cette situation de relative impuissance se fait au détriment de la qualité de vie de tout le monde.» Il y a sur Cœur fidèle le dur parfum de la fatalité qui se dégage, «L’album est équilibré entre la douce mélancolie et la joie de vivre.» L’exubérance louisianaise s’y retrouve, comme la force éteinte des situations impossibles à renverser.«Dans cet album, la mort devient le symbole de ce qui est irréversible.Dans Cœur fidèle, le chanteur reconnaît son tort, alors que dans Joe Ferraille, le chanteur accuse Joe.Il y a deux versants du sentiment de culpabilité dans ce disque.» Les chansons de revendication à proprement parler, Réveille et Contre vents, contre marées, parlent de la déportation des Acadiens et se retrouveront sur la bande sonore d’un documentaire sur la déportation que le chanteur multidimensionnel prépare pour la télévision américaine.«Ces chansons ont, je crois, une valeur musicale, mais aussi une valeur culturelle.C’est ce qu’on appelle, en Ijouisiane, du lagniappe.» Ce surplus après vente, une tradition en Louisiane, vient de ce que les chansons «auront un impact positif sur la façon avec laquelle les gens vont, surtout en Louisiane, s’adresser à ces dilemmes sociaux.Je suis content d’imaginer que ce que je fais peut avoir un impact positif sur ce que les gens pensent.J’essaie de dire les choses de la façon la plus élégante possible».En définitive, «la politique n ’est pas le but des chansons».Mais il y a dans l’expérience de la Louisiane de Zachary une «blessure qui ne se guérit pas».fi s’agit donc de l’exprimer.«Je suis francophone militant, c’est un sujet qui me passionne et qui m’inspire beaucoup, mais il ne faut pas se réduire à cette seule question.La question de la survie de la communauté française me préoccupe, je parle de tout ça, mais ces thèmes résonnent bien au delà de ce sujet.J’en parle avec l’appartenance qui est typique de mon expérience.» À cœur fidèle, rien d’impossible CŒUR FIDÈLE Zachary Richard Audiogram (Sélect) SYLVAIN CORMIER Comment donner suite à Cap enragé?Impossible de fouler de nouveau ces vastes espaces, de rééditer ce souffle épique.Et peu probable qu’un autre album atteigne l’incroyable sommet des 200 000 exemplaires vendus.Zachary Richard a en quelque sorte touché au ciel avec Au bord de lac Bijou, La Ballade de Jean Batailleur et Pleine lune en décembre: difficile d’aller plus haut.Autant redescendre sur le plancher des vaches: c’est exactement ce à quoi sert Cœur fidèle, album de réaffirmation, de convictions réitérées, de combats poursuivis, de genres musicaux revisités.Album facile, pourrait-on croire: album courageux, à mon sens.C’est un disque résolument plongé dans la tambouille louisianaise, proche de Snake Bite love, £K;ha ry Richa rd Coeu r fidèle J le dernier enregistrement américain du Cajun, paru en 1992.II en reprend d’ailleurs deux titres, la ballade country One Kiss et le boogie Crawfish, adaptés en Un autre baiser et Écrevisses.Remplissage?Mais non.Qui au Québec a acheté Snake Bite love à sa sortie?Ces chansons-là servent de fondation, de pilotis au disque: Zachary bâtit sa maison dessus.Une maison où il y a un party, des amours et des luttes en cours.Avec Écrevisses, Hoochie Koot-chie pour toi et Le Paradis des strip-teaseuses (avec Patsy Gallant aux chœurs!), Zachary réveille la bête rock’n’roll en lui: Zachary est homme de chair, qu’on ne l’oublie pas.Le Blues du voyageur.Un cœur fidèle (superbe ballade avec la voix d’Isabelle Boulay, parfaitement lovée) sont les romantiques prolongements de Cap enragé: Zach demeure amoureux fou.ne l’oublions pas non plus.Et les autres chansons, de Pagayez à la poignante Massachusetts jusqu’à l’hymne Réveille, sont autant d’évocations des combats menés et à mener pour la survivance des peuples minoritaires, à commencer par le cajun.«Accueillez les nouveaux.Respectez les vieux.» Ce sont les éternels mots d’ordre de Zachary Richard, imprimés blanc sur noir dans la dédicace de l’album.«J'ai ramé.J’ai crié.Et je n’ai jamais oublié», chante-t-il dans Contre vents, contre marées.De toutes les façons, il enfonce son clou.Stratégie simple: le succès de Cap enragé a donné au fier Zachary une tribune, et il en profite pour causer héritage à qui veut l’entendre.Bon plan.Et bon disque.On a tant d'émotions à partager ! Centre Pierre-Péladeau e Pierre-Mercure ULTIMA VE Z, 12 et 13 octobre In Spite of Wishing and Wanting Une fable envoûtante sur la tension et la transformation qu'engendre le désir lorsque ce dernier est libéré du carcan de l'esprit conscient « Jamais Wim VandeKeybus n'a été si loin dans la cruauté affichée, le vertige de la catastrophe » Le Monde MISIA, 27 octobre L'ange noir du fado Une voix dont l'intensité rappelle Edith Piaf.« Une des chanteuses les plus remarquables d'Europe.» The Chigaqo Tribune BANQUE NATIONALE B&U ENSEMBLE ROMULO LARREA, 30 octobre Dix ans de tango Concerts pour souligner les 10 ans de l'Ensemble dirigé par le ban- ^ donéoniste virtuose Romulo Larrea.« Dirigé par un perfectionniste hors du commun, l'Ensemble Romulo Larrea a atteint un très haut niveau de jeu.» Artistes invités : a du Centre Pterre-Péladeau A Veronica Lare, voix Timothy Hutchins, Alvaro Pierri, flûte guitare Radio-Canada •ÿ) Desjardins 8 Conservatoire de musique du Québec à Montréal Concert symphonique 20 h 10 Concert gala Roberto Bravo, piano 20 h Maria Luz Martinez, soprano 12 et 13 Ultima Vez, In Spite of Wishing and Wanting Danse, Danse 20 h 16 au 20 Grands Explorateurs, Chine : du Tibet à Shanghaï 16 au 19 octobre 19 h 20 octobre 18 h et 20 h 30 21 Orchestre symphonique des jeunes de Montréal _________Concert, direction Louis Lavigueur 20 h 24 Kaze, ensemble de Tsugaru shamisen 20 h _________Musique traditionnelle du Japon___________________________ 27 Misia, L'ange noir du fado Découvertes du Monde 20 h 28_____ Missing children, Standup 2000________ 19 h et 21 h 30 30 Ensemble Romulo Larrea, Dix ans de tango ________Radio-Concert 20 h Abonnements encore disponibles ! Billets : 987-6919 Admission : 790-1245 LE Centre Hierre-Péladeau Salle P i e r r e - M e r c u re 300, boul.de Maisonneuve Est Montréal 86 I.E I) E V 0 I K .I.K S S A M EDI 7 E ! I) I M A X ( Il E K (I ( T 0 H I! E 2 (I II (I DANSE MARCO CASELL1 Un extrait de la dernière œuvre de la compagnie Ultima Vez, In Spite of Wishing and Wanting.Four cette exploration de l’inconscient humain qui sait et ne sait pas en même temps, Vandekeybus n’a pas choisi un nombre égal d’hommes et de femmes.Au contraire, il a préféré mettre en scène 12 hommes: 11 interprètes et lui-même.Jocelyne Montpetit Danse UOL D'HME - PREMIÈRE MONDIALE «SUBLIME INTERPRÈTE-CHORÉGRAPHE» Le Deuotr 11 > 1H OCT.SO H prochain in spec Mc.e a.>» 5ér,e The Holy Body Tattoo > Noam Gagnon et Dana Gingras CIRCA > PREMIÈRE MONTRÉALAISE I; l| «SES CORPS A CORPS UOLUPTUEUX OU UIOLENTS* Uoir 10 > SI OCT.SOH Boris Charmatz (France) RATT ENEN TIONON > ACCOMPAGNE DU FILM LES DISPARATES (CESAR UAVSSIE] > PREMIÈRES NORD-AMÉRICAINES «RADICAL, ÉNIGMATIOUE ET ENUOÛTANT» Le Télégramme, France SS > SB OCT.SON * S3 OCT.15H ftltiual Jt AAw FAMOUS PLAYERS STARCITÉ i SHAWINIGAN ?11 HULL.?I I mvk I \ /< lil L invention de L amonr un li m < r ( uuiflr I Kiiuts -FAMOUS PLAYERS-I I-CINEPLEX ODEON —i I I PARISIEN ?11 BOUCHERVILLE ?1 [ v*r;œ,r a laffichei SUPPLEMENTAIRES du 2?février au 10 mars 2001 Theatre St-Oenis790-1111 Vtvh ës m I I Histoires de gars MÉCHANT PARTY Écrit et réalisé par Mario Chabot Avec Roc Lafortune, David la Haye, Catherine Sénart, Tony Conte, Paul-Patrick Charbonneau.Image: François Dagenais.Montage: Richard Comeau.Musique: Polo / D.Lavigne.Québec, 2000,76 minutes.MARTIN BILODEAU Heureusement que.la mauvaise télévision ne disposant plus d’assez d’espace et de temps (?!), le cinéma lui prête main-forte en épongeant ses débordements.C’est du moins la conclusion à laquelle on voudrait se ranger à la vue de Méchant party, comédie brouillonne et d’une bêtise si affligeante qu’elle déshonorerait Histoires de filles, réalisé par Mario Chabot, un nouveau venu.De fait, cette «histoire de gars» mal assortis, réunis par les circonstances un soir d’Halloween, a tout d’un sketch amateur, la pauvreté du sujet n’ayant d’égale que l'insipidité du traitement dont on nous assure que dix versions ont précédé l’émulsion finale! Roc Lafortune campe Daniel, un comptable timide qui, voulant se soigner, a invité à son party d’Halloween une jolie fille du bureau d’à côté (Catherine Sénart).Hélas pour lui, avant même qu’il ait pu la cueillir chez elle, sa petite vie sans histoire bascule dans une sorte d’After Hours où Montréal, comme le Soho du film de Scorsese, appar- tient aux marginaux et met à l’épreuve ceux qui, à cette heure, sont censés dormir.L’eût-il su, Daniel n’aurait pas pris à son bord un automobiliste en panne (David La Haye), truand à la noix qui, braquant son amie sur sa tempe, l’oblige à l’escorter tout au long de sa tournée nocturne, tournée qui, on s’en doute, prendra les allures d’une chaîne alimentaire, le premier dealer visité (Tony Conte) réclamant son argent au pusher qui, à son tour, le réclame au client, qui se tourne vers sa tamille, etc.Témoin de cette chasse déambulatoire à l’argent dérobé, étranglé par le serpent avalant sa queue.André voit l'heure de son rendez-vous passer, et son espoir de lendemains heureux s’effondrer du même coup.Que Chabot ait cru faire fonctionner son film avec pour unique moteur pareil tandem d'archétypes tient du rêve le plus fou.Tout, des dialogues jusqu’à la musique, semble fabriqué en fonction de la scène présente, du gag en cours, jamais du film, qui n’est finalement qu’un assemblage d'intentions défaites.Du coup, ses héros ont l’air des gardiens interchangeables d’anecdotes préfabriquées, relayées par des comédiens que la télévision a déjà mieux servis, même dans leurs pires instants.Bref, le désastre est d'une telle ampleur qu’au milieu du film, on cesse d’inventorier les faiblesses de Méchant party pour lui chercher des circonstances atténuantes.Malheureusement la tâche s'avère tout aussi insurmontable.Khan), elle possède cette présence charnelle rassurante qui l’enrobe comme une seconde peau.Le scénario est drôle et inquiétant, en plus de servir de vraies salades contemporaines: la famille comme étrangleur du rêve, les parents comme pythons qui étouffent leur progéniture par-delà leur vie adulte, la création ayant peine à fleurir au milieu des déboires du quotidien.Avec une mise en scène qui sait conserver sa tension jusqu’à ce qu’éclate l’épouvante, Harry, un ami qui vous veut du bien n'est pas un grand film qui se prend la tête mais une excellente comédie de mœurs, susceptible de rallier un vaste auditoire au Québec, autant qu’il a séduit le public français.LE DEVOIR FESTIVAL I « T E» « A T I 0J AL >1rn¦ A C et NOUVEAU CINEWA NOUVEAUX MEDIAS ALLIANCE ATLANTIS V I VA FILM OKTRfAl 12-72 OCTOBRE 2000 vous invitent à une présentation spéciale de .4 riQi/HilS ÜÜiJ&iSÜ lii, iftjSSBU yjÜ/HMS Ü /gnjjis lh'1 ïlliM COUREZ LA CHANCE DE GAGNER UN DES 50 LAISSEZ-PASSER DOUBLES POUR LA PROJECTION DU DIMANCHE 22 OCTOBRE 2000 À 21 H 30.REMPLISSEZ LE BON DE PARTICIPATION ET ENVOYEZ-LE A L ADRESSE SUIVANTE: MONDES POSSIBLES/ ALLIANCE VIVAFILM.C P 282.SUCCDASALE B.MONTREAL |QC| H3B 3J7 NOM: ADRESSE: VILLE:.CODE POSTAL TÉL.(JOUR): (SOIR): LE TIRAGE AURA LIEU LE 13 OCTOBRE 2000.LES GAGNANTS RECEVRONT LEUR PRIX PAR LA POSTE.FACSIMILES ACCEPTES VALEUR TOTALE DES PRIX: 1 000 S.RÈGLEMENTS DISPONIBLES CHEZ ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM mmoBiMonowcumiMAi Riilptlprip |S14)84; ?Wt Programmation Septembre/Octobre 2000 e x Ce n t r i s Ifl COUlfUR DU PARADIS / GOUTTES Dm SUR PIERRES BRÛLRimS /LWIIWRITÉf PLUIE DE PIERRES R UIISHEV TRERCH O Hurimnt et ogo doi 6$ [n semaine avnnt IBM heures M Admission generale 9S O horaires et illlos: 514 847.2206 • WWW.ex-centriS.COm C INÉMA PARALL1L E le Parallèle r«wt* SODIC, CororiI des Am riu OtwcW» Conseil des Am de la cosranunnuie wUmm d» MonTreal ci iVnpnetes letra lncoqn*A C 8 I.K I) K V 0 I H K S S A M E I) I E T I) I M A N (' Il K 8 II I T (I H R E 2 I) (I 0 il ) TO V CINÉMA JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le réalisateur de Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll.Dominik Moll et la mécanique psychologique ODILE TREMBLAY LE DEVOIR a le fait sourire, Dominik V/ Moll, quand un tas de gens comparent son thriller à ceux d'Hitchcock.Ça flatte aussi cet admirateur du maître de Vertigo.Aujourd’hui, le jeune cinéaste français est à la fois flatté et comblé.Avant le dernier festival de Cannes, Moll était une sorte de nobody dont le premier long métrage Intimité avait connu une sortie quasi confidentielle en 1993 (8 000 personnes l’ont vu en France, précise-t-il).Puis en mai dernier, sur la Croisette, son Harry, m ami qui vous veut du bien reçut le chaleureux accueil qui précède tous les décollages.Quand je l’ai rencontré, son film était sorti en France depuis trois semaines et dépassait déjà le million d’entrées, en plus d’être vendu dans 35 pays.«C’est un peu comme un conte de fées», déclare un cinéaste qui se pince encore pour croire à sa chance.De la suite dans les idées Dominik Moll a de la suite dans les idées.Intimité avait pour pivot un personnage venu de l’extérieur qui transforme la vie d’un couple (c’était une copine qui incitait une femme mariée à prendre des amants).Harry, un ami qui vous veut du bien sera la contrepartie masculine de l’affaire, avec la figure de Sergi Lopez métamorphosée en étrange fantôme du passé qui s’immisce dans la vie d’un couple pour le meilleur mais surtout pour le pire.«Mon film est le récit d’une confrontation entre deux hommes ayant chacun une approche de la vie complètement opposée, qui se retrouvent après des années de séparation.J’ai campé cette rencontre au cours des vacances scolaires.Ceux qui ont des enfants — j’en suis — savent à quel point la famille peut faire suffoquer un couple et l’éloigner de ses centres d’intérêt.Mon film pose une question: comment se protéger au milieu de ce brouhaha?Comment préserver un espace à soi, sans tomber dans des solutions aussi radicales que celles proposées par Harry?Comment aussi cesser d’être un enfant pour ses parents et s’affranchir de leurs chaînes?«Le gros de cette aventure s'est joué entre le coscénariste Gilles Marchand, un de mes meilleurs amis, et moi.On a créé des figures archétypales: celle qui est Jantasmée (Prune), celui qui a renoncé à ses aspirations de jeunesse (Michel), la pragmatique (Claire), celui qui vit dans ses fantasmes (Harry).Je ne savais pas au départ que le personnage d’Harry déraperait si fort.I«e drame s’est imposée à nous.» Tout le monde lui parle de la performance de Sergi Ixipez dans le rôle-titre.Dominik Moll s’en étonne un peu.Il trouvait infiniment plus difficile pour un acteur Nouveaux Monstres.Nouveau Plaisir.Au cinéma seulement Recevez un jeu de cartes Dtqi Battle , edition limitée, avec chaque entrée d’entrer, comme Laurent Lucas, dans la peau de Michel, le mari dé passé par ses soucis familiaux.«Trouver un bon Michel fut plus difficile que trouver un bon Harry, confesse-t-il.Sergi Lopez est flamboyant, mais Lucas avait à offrir une performance plus nuancée.Harry, un ami qui vous veut du bien repose sur sa mécanique psychologique, et les quatre interprètes principaux devaient se révéler parfaitement crédibles.Depuis Vénus Beauté, Mathilde Seigner [la femme de Michel] s’impose comme une actrice très solide, très incarnée, alors que Sophie Guillemin [Prune, la blonde de Harry], possède une grande présence physique dans son rôle de pulpeuse au grand coeur.Le film ne reposait pas sur une importante direction de comédiens, mais sur choix de comédiens adaptés à leurs rôles.» Harry.fut, au dire du réalisateur, tourné dans l’harmonie totale, en Auvergne, en plein Cantal.«Il est beaucoup plus agréable de tourner en province, les uns proches des autres, en petite famille unie, qu’à Paris où tout le monde se disperse après les prises», estime-t-il.Le franc succès A’Harry a ouvert bien entendu des portes à Dominik Moll.Exit le parfait inconnu d’hier; le cinéaste est à la tête d’un des deux films français (avec Le Goût des autres d’Agnès Jaoui) ayant connu le franc succès dans l’année.Alors, il prend son temps, songe à changer complètement de cap en tâtant peut-être de la science-fiction.Il veut bouger, étonner, mais n’écrira son prochain scénario que lorsqu’il aura vraiment quelque chose à dire.Judicieuse décision.De part et d’autre du fossé MEET THE PARENTS De Jay Roach.Avec Robert De Niro, Ben Stiller, Blythe Danner, Teri Polo.Image: Peter James.Montage; Jon Poil.Musique: Randy Newman.Etats-Unis, 2000,115 minutes.MARTIN BILODEAU Les meilleurs duos ne font pas nécessairement de grands films.Prenez l’exemple de Meet the Parents, du réalisateur A’Austin Powers, Jay Roach, où celui-ci oppose Ben Stiller, gentil garçon vulné rable et maladroit, à Robert De Niro, incarnation de l’autorité paternelle, de fait futur beau-père du premier.De ce duo — vite transformé en duel, les gaffes du premier nourrissant la hargne du second — découle un nombre incalculable de gags dont le cinéaste fait l’inventaire sans jamais afficher un véritable point de vue sur les relations familiales, ni même les clivages sociaux et religieux, qui font qu’aux Etats-Unis les communautés ont besoin de jumelles pour s’observer de part et d’autre du fossé.Aussi, pas besoin d’être devin pour comprendre que, sous ses avalanches de bonnes intentions, Meet the Parents cache une comédie dérangeante sur l’antisémitisme sourd, guérie avec une forte dose de bons sentiments.Car une fois passées les railleries qu’inspire son patronyme à la famjlle WASP (white anglo-saxon protestant) qu’il tente d’intégrer en la visitant l’espace d’un week-end, Greg Focker (Stiller), infirmier de profession — ce qui n’arrange rien aux yeux de son beau-père (De Niro) —, sera soumis à une série d’expériences humi- liantes, allant du polygraphe que lui fait passer cet ancien agent de la CIA jusqu’au bannissement public pour cause de gaffes ultérieures — que ses remèdes n’ont fait qu'aggraver.Meet the Parents aurait mieux fonctionné si, prenant du recul par rapport aux deux mâles antagonistes, les scénaristes s'étaient attardés à étoffer les figures féminines qui leur servent de modérateur (la mère, jouée par Blythe Danner, mal servie comme toujours) et d’enjeu (la fifille à son père, jouée par Teri Polo, d’une impériale insignifiance).Hélas, ces personnages féminins grossièrement dessinés, relégués à l’arrière-plan où ils ponctuent le spectacle de leurs ah! et de leurs oh!, font qu'on se demande bien ce que l’un et l’autre ont à gagner de ce combat à finir auquel ils se livrent.Bref, les gags de Meet the Parents sont efficaces, mais le film ne l’est pas.La faute n’est cependant pas aux comédiens principaux, qui servent chaque instant avec la même conviction que le précédent.De Niro se révèle de plus en plus doué pour la comédie, comme il l’avait habilement démontré l’an dernier dans le désopilant Analyze This d’Harold Ramis.Et Ben Stiller lui tient tête avec une autorité jusqu’ici inédite.Ix?bouffon de l’affaire, c’est lui, et sa gaucherie vraiment touchante, de même que les sentiments d’exclusion qu’il éprouve, à peine décalés de la vérité humaine, le sont juste assez pour créer un contraste et, ainsi, servir un film.Lequel se savourera davantage au salon que dans les fauteuils inconfortables d’une salle de Cinéplex Odéon.Une salle où, il faut bien le dire, les rires ininterrompus de la foule attestent que, malgré les faiblesses qu’on peut lui attribuer, Meet the Parents a bel et bien trouvé son public.Les gags de Meet the Parents sont efficaces, mais le film ne l’est pas ïtai: , ‘v ‘W * \\ .\Cé- VrVr > r/V- Une scène de Pluie de pierres à Whiskey Trench d’Alanis Obomsawin.SOURCE ONF L’autre côté de la médaille PLUIE DE PIERRES À WHISKEY TRENCH Documentaire d’Alanis Obomsawin présenté à Ex-Centris.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Quatrième volet documentaire consacré par la cinéaste abé-naquise Alanis Obomsawin à l’été rouge de 1990, Pluie de pierres à Whiskey Trench pose un regard autochtone sur la crise mohawk.Quelques années plus tôt, Kanesa-take - 270 ans de résistance donnait le coup d’envoi à cette série, récoltant un franc succès sur la scène internationale.Il faut dire que les œuvres abordant l’univers des Amérindiens sont généralement tournées par des cinéastes blancs.L’autre côté tje la médaille demande audience.A défaut d’objectivité, les documentaires d’Alanis Obomsawin apportent du moins un point de vue différent VERSION ORIGINALE ANGLAISE r—ClNfPl fX OOCON | | FAMOUS PLAYERS 1 r—LES CINÉMAS OUZZO—l r—LES CINÉMAS OUZZO—i | FAUBOURG ?11 COUSÉE KIRKLAND ?11LACORDAIRE 11 ?] IDES SOURCES 10 ?] [sPhIrEtIcH?4 ?] [CAVENDISH (MaHÜTI I^SALLE^^ I BROSSARD*?I H À L’A F FICHE! ?soi™ n^vAti^i^.VI VOYEZ LES MEILLEURES PUBLICITÉS DE LA PLANÈTE H ooo CANNES LIONS 2000 Festival ’ 1 des films ' "citaires À L’AFFICHE UNE SEMAINE SEULEMENT Cinéma Égyptien * I4SS, rue Peel (Métro Peel) Laissez-passer refusés du 6 au 12 octobre, 2000 (13 h 30-16 h 00-19 h 00-21 h 30) FILM D’OUVERTURE Festival international nouveau Cinéma nouveaux Médias Montréal CANNES 2000 PALME D'OR ^>10^ ' PRIX D'INTERPRÉTATION FÉMININE - Bjôrk ' DANCER INI THE DARK (V.F.DANSER OANSOE NOIR).!»-«»».flfe sur la bombe d’Oka encore mai digérée par tous.La cinéaste s’est tenue derrière les barricades tout au long de la crise, et put donc à travers ses films livrer de l’intérieur les soubresauts de cette saga tissée de warriors masqués, de pont Mercier bloqué, d'armée, de face-à-face et d'incompréhension mutuelle.Pluie de pierres à Whiskey Trench met tout particulièrement l’accent, le 28 août 1990, sur la lapidation des Mohawks, femmes, vieillards et enfants tentant en auto de fuir la réserve.Ils craignaient d’éventuelles représailles des militaires ayant été intimés par Robert Bourassa de lever les barricades.Les fuyards reçurent la pluie de pierres des citoyens de Châteauguay rendus fous de rage par le barrage du pont Mercier, versant dans une violence inacceptable.Interviewant force témoins du temps, dont plusieurs personnes blessées lors de cette fatidique journée, Alanis Obomsawin commente et monte son film en défendant les revendications autochtones.On la suit dans sa trajectoire.On écoute les doléances des Mohawks, do- léances d’ailleurs justifiées historiquement, tant les Amérindiens furent globalement lésés au fil du temps.Mais une telle partialité de point de vue documentaire lasse à la longe.Tous ces Mohawks sanglotant les uns après les autres, sans paraître comprendre la plupart du temps que leur camp aussi était belligérant lors de cette crise, qu'ils n’étaient pas.uniquement des victimes innocentes, que chaque camp fut alors lésé; ce qui ne saurait justifier la lapidation des femmes et des ainés mais la remettrait du moins dans un contexte de totale frustration des citoyens de Châteauguay.Or, cette frustration est à peu près évacuée ici.Avec un montage souvent confus, des propos redondants et force pleurs, le film ne deviendra plus mesuré qu’à l'heure de.sa conclusion, quand il appellera à la réconciliation et abordera le temps qui passe en tentant de panser les plaies de tous.Pluie de pierres à Whiskey Trench possède le défaut des films précédents d’Obomsawin en ce volet rébellion mohawk.Il embrasse trop un seul point de vue et la crédibilité se dissout dans le déséquilibre." «éitÈÊÈÈh ' - «ém* - % ¦¦«éÉ* ,?* -S| mm INTELLIGENT ET SANS COMPROMIS.à la fois glauque et lumineux.» Matr Aiiifcr Imsici, LA PWSSF yV un film de jon shear " 'URBANIA avez-vous entendu parler de.Black wau h www.urbnninmovio.com (XI 13! » ?suwuiwiai cineplex ODEON——1 version originale anglaise A L’AFFICHE! [FAUBOURG ?! 13 13855 - 16810 - 18850 - 21810 ClNF.Plf~XOOf.ON pcm lw«l»lt.M« BJÔRK JEAN-MARC BARR CATHERINE DENEUVE PETER STORMARE UN FILM DE Lars Von Trier MUSIQUE COMPOSÉE PAR Bjôrk DÈS IE I) OCTOBRE EN VERSION FRANÇAISE C1W ET EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE .f/Lr I5KYYj OIIMA VERSION ORIGINALE SOUS-TITRES FRANÇAIS DÉS LE D OCTOBRE À Tl e X Ce n t r is GAGNANT DU GRAND PRIX DES AMÉRIQUES .FESTIVAL DES FILMS DU MONDF.DE MONTRÉAL I999 » « Luc Perreault, LA PRF.SSE - Mart Radz THE GAZETTE » « - Lli Braun, TORONTO SUN - TORONTO STAR La Couleur du Paradis Rlaikwjtch c x C c n t r i s version originale faral avec aoua-tltrea français p v i T e n t r i c 3MI.boni, •t-laarent r—cinéplex odéon-.Mill* Blll«t1*rt« (514) S47 ?2M | ÉGYPTIEN ?Un film ik M.ijkl M.ijkli version orlglnsle farsl avec aoua-tltrea anglala WWW.SONYCLAfsSICS.COM 51144 6 L K I) K V 0 I K .L K S S A M E I) I E T II I M A N < Il K K 0 ( T (I B R K 2 0 (I (I (' î) CINÉMA Les Chariots en bagnole Parler d’évolution des personnages serait sans doute un bien grand mot.TAXI 2 Réalisation: Gérard Krawczyk.Scénario: laïc Besson.Avec Samy Nacéri, Frederic Diefen-thal, Marion Cottilard, Emma Sjôberg.Image: Gérard Sterin.Montage: Thierry Hoss.Musique: Al Khemya.France, 2000, 82 ntinutes.Paramount, Centre Eaton.ANDRÉ LAVOIE Beaucoup de questions surgissent devant un film comme Taxi 2.,Ne riez pas, c’est très sérieux.Evidemment, on s’interroge peu sur les influences de Gérard Krawczyk (pour les poursuites de bagnoles, s’inspire-t-il des morceaux de bravoure de William Friedkin dans The French Connection ou ceux, bruyants mais efficaces, de Jan De Boni dans Speed?) mais davantage sur la pertinence de cette chose à faire gonfler les recettes du cinéma français, de plus en plus marginalisé à l’étranger et passablement boudé par ses compatriotes.LEELOO PRODUCTIONS Samy Nacéri et Frederic Diefenthal dans le film de Gérard Krawczyk, Taxi 2.Faut-il combattre avec les mêmes armes pour gagner la guerre des écrans?Faut-il nécessairement être plus con que le voisin pour attirer l’attention?C’est le type d’interrogations qui nous vient spontanément à l’esprit devant les nouvelles aventures marseillaises aussi pétaradantes qu’inutiles de Daniel (Samy Nacéri), chauffeur de .taxi à la conduite délinquante, et Emi-lien (Frederic Diefenthal), policier pas très déluré.Après s’être creusé les méninges (pas très longtemps, rassurez-vous) pour finalement lever le voile sur l’esprit mercantile qui anime Luc Besson, producteur, scénariste et grand manitou de cette série de productions tapageuses, tournées dans l’esprit des jeux vidéo les plus débilitants, on éprouve une sorte de vertige, de frisson: la réincarnation n’est peut-être pas un mythe, et Taxi 2 en serait la preuve irréfutable.Car devant ce chapelet de blagues insipides, de situations archiconvenues, on n’ose même pas comparer l’entreprise aux pires films de Jean-Paul Belmondo au sommet de sa forme athlétique.Ce sont plutôt les aventures des Chariots (ceux en délire qui se faisaient l’Espagne et luttaient contre Dracula, vous vous souvenez?) qu’évoquent celles de Daniel et Emilien.On y retrouve cet humour un peu bé-bête qu’affectionnent les adolescents, une série de situations dites comiques (par exemple, la femme qui accouche sur la banquette arrière d’un taxi) souvent noyées dans le vrombissement des moteurs et les crissements de pneus.Sinon, depuis notre première rencontre avec ces deux fous du volant fl’expression prend ici tout son sens.), parler d’évolution des personnages serait sans doute un bien grand mot.Disons qu’Emilien a finalement obtenu son permis de conduire; que la copine de Daniel, Lily (Marion Cotillard), poireaute toujours à l’attendre pendant que l’ex-li-vreur de pizzas joue les ambulanciers, les détectives et les James Bond: que les méchants Alle- mands du premier film ont été remplacés par des Japonais, tout aussi détestables, un gang du nom de Yakusas, venus kidnapper un ministre en visite officielle au pays de Jacques Chirac, qui fait l’objet de quelques blagues guère amusantes.La plantureuse Petra (Emma Sjoberg), collègue d’Emilien, continue de le faire baver d’envie et ne se contente pas de jouer les belles filles entre deux bagarres; elle déploie ses charmes, ses prouesses en arts martiaux et sa maîtrise de la langue japonaise, rien de moins.A défaut de subtilité, Taxi 2 a gagné en moyens et l’on s’est permis une coûteuse escapade à Paris, sans aucun doute le moment fort du film, du moins pour ceux que la perspective de voir des dizaines de voitures de police s’entrechoquer excite.Cette débauche de carambolages réjouira les amateurs du genre aipsi que les disciples de Daniel et Emilien, très nombreux en France.La nostalgie n’est peut-être plus ce qu’elle était mais, visiblement, les Chariots et leurs descendants ont encore la cote.Leur prochaine aventure consistera-t-elle à sau- ver du marasme le cinéma français?Bonne chance.O £ C/3 K Avec Josée Blanchette CL i—* • C/5 LE DEVOIR NOUVEAU CINÉMA NOUVEAUX MÉDIAS BU.p.©Volkswagen BJ* ¦ 2"° r'r,ES V°“S Tf0^r Dj l'2|)£HT06RE ^ ^WW FCMM.COM PRÉ-VENTE DÈS LE 7 OCTOBRE À EX-CENTRIS 3536, boul.St-Laurent à lOh Billet lilrp : 8$ ?Billet nouveaux médias : 8$, ou 16$ ?Étudiant : 7$, 14$ ?Passeport du Festival : 150$ Alfiche/Qataloaue : 5$ ?CARTE FCMM ?5 unités : 35$ ?10 unités : 60$ LIGNE INFO-FESTIVAL ?(514) 847-1242 H BILLETTERIE ?(514) 847-2206 m la fondation Daniel Lanqlois pour l'art, la science et la technologie v ;•) i r ht Jur m * Radio-Canada Télévision U Wefilm Canada Canacff .À suivre tous les jours dans LE DEVOIR ?« LE GROS SUCCÈS FRANÇAIS DE LANNÉE ! Une savoureuse étude de moeurs.Comédiens impeccables ! » NORMAND PROVE NC H F R.LE SOLEIL [GRAND prix des AMÉR I Q UES 2 O O O | « La crème des comédies avec Bacri au sommet ! » ODILE TREMBLAY, ^E DEVOIR ?« Une anthologie sur les peines d’amour vécues par les hommes.Bacri est hilarant.Tout simplement superbe ! » DENISE MARTEL.LE JOURNAL DE QUEBEC GOUT DES AUTRES UN FILM RÉALISÉ PAR AGNÈS JAOUI AN N F ALVARO JEAN PIL.RRf.BACRI ALAIN CHABAT AGNÈS JAOUI G L: PARC) LANVIN i HRISTIANE MILLET.WLAD1MIR YORDANOFF SCÉIslARIO D AGNÈS JAOUI.ET JEAN PIERRE BACRI fCÏTÉl SEVILLE 7“ iS A L'AFFICHE! I- » K V 0 I H .I.E S S A M EDI 7 E T I) I M A X (' Il E 8 II < T (I |{ It E 2 0 (I (I II IS MEDIAS Le pire et le très bon On a mal à nos enfants.On a mal à nos familles.Mais on a surtout mal à nos adolescents.Deux grandes séries télévisuelles nous plongent en effet, ces jours-ci, dans un univers sombre qui fait frémir les parents.Depuis lundi soir, Tag, à Radio-Canada, raconte l’histoire d’un jeune latino de 17 ans, chef de gang à Montréal, qui a tué une policière.La série démonte les mécanismes et les ratés du système social de protection des jeunes, ainsi que ceux du système juridique, tout en décrivant l'univers de jeunes laissés à eux-mêmes dans un Montréal où s’affrontent les groupes ethniques dans les ruelles.Jeudi prochain débutera à TVA Deux frères, série qui poursuit en fait les huit premiers épisodes diffusés l’automne dernier, le plus jeune des deux frères en question était victime du harcèlement des voyous de son école; pour acheter la paix, il finissait par se joindre à eux.Entraîné dans un engrenage de violence, il est indirectement responsable d’un accident survenu à son grand frère.Il tente maintenant d’expier sa faute.Les deux séries sont de styles très différents.Deux frères est un drame psychologique à l’émotion débordante.Tag serait peut-être plus proche à la fois du drame social et du thriller.Mais toutes deux témoignent de la détresse des familles et des jeunes, ce qui doit bien dire quelque chose, je suppose, sur l’état de notre société.Les familles de Tag semblent multipoquées, selon l’expression consacrée.Mais la famille centrale de Deux frères est peut-être plus troublante parce qu’elle est plus proche de la famille qu’on supposerait «dans la norme».Bien sûr, il s’agit d’un couple séparé, mais qui ne l’est pas?Et puis, une mère attentive, sensible, cultivée, adorant ses enfants, un père plutôt prospère.Pas d’inceste caché, pas de coke sous le matelas.La réaction viscérale de plusieurs spectateurs en fut donc une d’angoisse: que faire lorsque son propre enfant part dans une telle dérive?Qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là?Les auteurs respectifs de ces deux séries ont mené de longues recherches et entrevues auprès de spécialistes pour coller à la réalité.Ils affirment tous que la réalité est souvent pire que ce qui est montré.Que les adolescents manquent de modèles, que la violence des jeunes est explosive, que les valeurs sont flottantes, que les parents sont débordés, que l’école manque de ressources pour encadrer les comportements difficiles, que la drogue est un fléau, que le système de protection sociale (DPJ, psychologues, travailleurs sociaux, policiers, etc.) est ou P a n l Cauchon bien complètement à revoir ou bien en burn-out constant.Et ainsi de suite.Le propos est dur, dur à regarder et dur à accepter.Ce ne sont pas tous les téléspectateurs qui apprécieront.Le badaud qui veut se détendre le soir devant sa télé risque de faire quelques cauchemars., La télé comme outil de conscientisation?À l’inverse, d’autres téléspectateurs n’en peuvent plus.Déjà, cette semaine, une lectrice nous écrivait pour fustiger, dans Tag, le «ton misérabiliste et larmoyant» et la répétidon des mêmes «histoires de jeunesse poquée».Il est vrai qu’on manque un peu d’air en visionnant de telles séries.Et puis, il demeure un malaise diffus, comme si on se sentait coupable tout à coup de connaître des jeunes très bien, équilibrés, passionnés et actifs, qui ne fréquentent pas les gangs de rue et qu’on voit plutôt rarement à l’écran.Mais la télévision, ce n’est pas seulement Piment fort, ce n’est pas seulement La Fureur.Ça devrait surtout être autre chose, même si on constate que, de façon générale, les niaiseries de certains humoristes ont tendance à régner sur toutes les chaînes.On pourrait supposer que des séries comme Tag ou Deux frères soulèveraient des débats importants, interpelleraient les décideurs, mèneraient à des enquêtes publiques.Grande naïveté, semble-t-il.11 y a 20 ans peut-être, effectivement.Tag aurait été un phénomène de société.Aujourd'hui, ça se noie un peu dans ce flot continu d’images-chocs, dans ce tournoiement incessant qui provient 24 heures sur 24 des quatre coins du monde, dans cette multiplication sans fin des histoires télévisuelles sur des dizaines de chaînes, histoires entrecoupées d’un déluge de publicités putassières.Ils sont comme ça, les médias télévisuels.Le pire y côtoie le très bon.Au téléspectateur de faire ses choix.Mais il devra ensuite décider par lui-même s’il veut agir concrètement pour changer des situations sociales qu’il jugerait insupportables.p c a uchonCa le de vo i r.com Fils de pub s trente secondes effkai is sont rares.» La pub dans son ensemble n’est pas de très grande qualité, souligne Maurin.Et ici, sauf exception, la qualité est plutôt affligeante.Pour aller voir le top de la chose, pour quiconque s’intéresse à la société contemporaine, la Nuit de la Pub offre un boulimique marathon de cinq heures de diffusion.LA NUIT DE LA PUB le 12 octobre, à 22h Les 13 et 14 octobre, à 23h Le 15 octobre, à 18 h Au Cinéma Impérial SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE DE RECHERCHE EN MUSIQUE À l'occasion de son 20e Anniversaire ta Société québécoise de recherche en musique (SQRM) présente En collaboration avec le Département de musique de l'Université du Québec à Montréal MUSIQUES DANS LA RUE Colloque international Du 13 au 15 octobre 2000 à Montréal Une rétrospective sur l'évolution et te quotidien des manifestations musicales, à l'extérieur du cadre de la salle de concert, en Amérique et en Europe, de la Nouvelle-France à nos jours.Sortie de ses lieux réservés, que devient la musique dans la voiture, dans l'ascenseur, dans le métro et sur la place publique?Quelles sont les relations entre musiciens et auditeurs de la « rue »?UN SUJET D'ACTUALITE Avec 7 grandes thématiques : • musique dans tes rues du Québec • musique, espace et performance • musique, espace et réception • musique, espace et création 21 conférenciers d'Allemagne, du Brésil, des États-Unis, de France et du Québec Deux événements musicaux Ensemble de l'UQÀM et Le Bloco Un film sur le Festival international de jazz de Montréal politiques de la « rue » espace et musiques enregistrées musique et fête Tarifs : Membre SQRM/60 $ -Non-membre/120 î Étudiant membre SQRM/30 $ - Étudiant non-membre/50 $ Tarif à la journée : Régulier/45 $ - Étudiant/25 $ Inscriptions : 13 octobre 2000, à partir de 12h00, dans le hall d'entrée du Centre Pierre-Pétadeau, 300, de Maisonneuve Est, Montréal Information : (514) 843-9305 - info@sqrm.qc.ca ¦ ^ ¦ Conseil de recherches en Social Sciences and Humanities ¦ ' ¦ sciences humaines du Canada Research Council of Canada Les Lundis classiques du Rideau Vert sous la direction artistique de Francine Chabot Les Lundis classiques nous reviennent pour une troisième saison ! Sous le thème de la musique du monde.23 octobre 2000 France Concert : Debussy-Ravel avec le Trio de Vlsle Aubut-T riquet-Flamanà V théâtre du rideau vert Réservations : (514) 844-1793 4664, rue St-Denis, Montréal El Métro Laurier Domaine ÿàpnjet) St-Irénée, Charlevoix Déjeuner-bénéfice annuel Dimanche, 22 octobre llhOO à la salle Richelieu du Manoir Richelieu de La Malbaie Réservation : (418) 452-8111 Sous la présidence d’honneur de Monsieur Pierre Boivin Président du Centre Molson et du Club de hockey Canadien Pour les enfants.Du Soleil! Henri Dès en concert avec ses musiciens Montréal Théâtre St-Denis 1 27 octobre à 19h (514) 790-1111 Québec Palais Montcalm 28 octobre à 15h (418) 670-9011 Sherbrooke Salle Maurice-O'Bready 29 octobre à 14h30 (819) 820-1000 Nouvel album vendu chez votre disquaire '• Ijv * PRO MU SICA En collaboration avec le Consulat général de la République fédérale d'Allemagne LE PHILHARMONIA QUARTETT BERLIN PROGRAMME ; QUATUOR, OP.56 NO 2, DE SZYMANOWSKI, QUATUOR EN Ml BÉMOL MAJEUR, K.428, DE MOZART, QUATUOR, OP 74, EN RÉ MAJEUR, DE REGER » MARDI, 10 OCTOBRE 200, SAU6»MAJ£ONNEUVE, PlACT 75E_sJ»TTS à BILLETS t 25 S ?04 1 2 $ (ETUDIANTS), rAXCS lN ¦ : 1 /At fcest N 'SUS* % EN VENTE A IA BHIETTEPIF DE LA PtACE DES ARTS (SI 4) 843-21 1 3 L’^Vgenda KftBÜllKlttH ET LA FACULTÉ DE MUSIQUE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL présentent JOSÉ VAN DAM, BARYTON-BASSE AU PIANO, MACIEJ PIKULSKI PROGRAMME DICMTERUEBE (LES AMOURS DU POÈTE ) DE ROBERT SCHUMANN, MÉLODIES DE GABRIEL FAURÉ HENRI DUPARC ET MAURICE RAVEL DIMANCHE, 22 OCTOBRE SAUF CLAUDE CHAMPAGNE 2 20 AV VINCENT D'INDY, OUTREMONT BIIKTI I 100 $ (AVEC RÉCEPTIONI, 75 S 50 S TAXES INCIUSES, REDEVANCES EN SUS FN VFIÎIIF A IA null Ul PU DI IA pi Al l r>FS ARTS |S14) 842-21 1 2 L K It K V 0 I K , LES S A M EDI 7 E I It I M A X < Il E S (I ( T 0 B II E 2 « 0 l) il ) K 11 u MUSIQUE Mon violon, ce n’est pas mon violon.(air connu) Un violoniste joue du violon.Au piano, on fait vite la différence entre une casserole et un bel instrument.Même chose pour les instruments à cordes.Attention cependant: un violon, un bon violon, ça coûte cher.Très cher.Comment fait-on alors pour avoir un bon instrument entre les mains?Petite et imparfaite esquisse d’une réalité trop souvent ignorée.FRANÇOIS TOUSIGNANT Julie-Anne Derome jubile.Elle vient de se faire octroyer, pour une période de deux ans, un violon Rocca, datant de 1902, par la Banque d’instruments du Conseil des arts du Canada (CAC).«C’est un instrument merveilleux, plus précis dans les attaques, qui projette mieux et qui me fait redécouvrir le plaisir de jouer sur la corde de sol, ce que j'évitais auparavant avec mon instrument.» Quoi?Une de nos meilleures solistes, qui se dédie à la musique de création, aurait eu un violon de second ordre?Le cas est fréquent.Les violonistes — et je précise que le propos qui suit tient pour tous les instrumentistes à cordes — ont beau être doués, exceptionnellement doués, le principal handicap à leur carrière est souvent la possession d’un bon instrument.Pour exemple, celui que vient d'obtenir J ulie-Anne Deroine en prêt de la banque d’instruments du CAC vaut, au bas mot, 150 000 $US.Quel jeune musicien, en cours ou en fin d’études, peut s’offrir cela?De tout temps, les violonistes se sont légué des instruments.Chaque violon a une histoire, a appartenu à quelqu’un.Par exemple, au musée du Palais de la Légion d'Honneur, à San Francisco, se trouve un instrument ayant appartenu à Paganini.Afin qu’il ne meure pas, Itzhak Perlman a le droit d’en user quelques fois.Le coût: il doit donner un récital par année dans la salle de concert du musée.Une paille.Plus près de nous, on se souvient du cas Angèle Dubeau.Sans refaire l’histoire.rappelons qu’elle joue sur l’instrument qui a autrefois appartenu à Arthur Leblanc, le plus célèbre violoniste canadien du milieu du siècle.Le Français Pierre Amoyal joue sur le Kochanski — du nom d’un réputé violoniste du début du XK1 siècle à qui apparia nait cet instrument — ainsi que sur le Milanollo, un violon qu’il a reçu en «héritage» de son collègue Christian Ferras.Vous voyez, les violons sont des êtres de plein droit: ils ont un pedigree, une histoire, une généalogie et, surtout, un nom.Certains de ces instruments valent des fortunes, dépassant souvent une estimation de l’ordre du million de dollars (américains, bien sûr).Qui pressent la carrière en veut.Mais comment?Prenons le cas du jeune Manito-bain James Ehnes.lai aussi a bénéficié d’un prêt de la banque du CAC, un Stradivarius, pendant trois ans.(C’est maintenant Annalee Pa-tipatanakoon, du trio Gryphon, qui bénéficie de cet instrument) A la fin du «contrat», ce fut la déprime car l’instrument fait chimiquement corps avec l’instrumentiste.En quête d'instrument, il visite les luthiers.Dans une boutique de New York, il trouve un violon qui lui est aussitôt intime, comme un coup de foudre.Coût: 1,3 million.Adieu veau, vache, cochon, couvée.mais la nature fait bien les choses.Un mécène de Los Angeles se met de la partie, achète le violon et «oblige» Ehnes à en jouer lors de ses concerts.Un vrai conte de fées musical.C’est en effçt ce qui se passe de plus en plus.Ecoles, facultés, universités développent de plus en plus ce genre de «partenariat» avec des mécènes, Américains, Japonais, de Hong-Kong.Ces derniers achètent des instruments de valeur comme de qualité — comme d’autres collectionneurs des Van Gogh — et les prêtent à de jeunes instrumentistes prometteurs pour les aider dans leur carrière et faire vivre l’instrument.Cela n’est pas toujours fecile.Dans les orchestres le phénomène ne touche pas que les solistes ou chambristes.Les orchestres aussi se servent de cette courroie de transmission.Ainsi n’est-il pas rare qu’un violoniste quittant les rangs de sa formation pour une retraite bien méritée «transmette» son instrument à un jeune collègue (très souvent, tant qu’il restera dans les rangs).Et puis, il y a aussi ce qu'on pourrait appeler un «réservoir d’instruments» dont certains orchestres se sont dotés.Un cas entre mille, celui d’Eugène Hu-saruk, premier violon à l'OSM, qui vient justement de quitter l’orchestre après plus de 43 ans de bons et loyaux services.Il fut un temps où l’OSM voulait élever son niveau de qualité sonore.Bien souvent, l'instrumentiste n’est pas toujours seul en cause.L’instrument y est pour quelque chose.Ainsi Eugène Husaruk dispose-t-il, depuis plus de 20 ans, d’un Gua-dagnini que l’orchestre, avec l’aide d’un mécène, avait acheté.C'était dans le cadre d’un programme grâce auquel l'orchestre voulait se doter d’instruments de qualité pour mieux nourrir ses instrumentistes.Il y eut aussi un Stradivarius, un alto, un violoncelle.et j’en passe.C’était à une autre époque, mais la roue semblerait revenir en ce sens.Naturellement, les violonistes ont toujours «leur» instrument personnel.Souvent, comme Julie-Anne Derome ou Eugène Husaruk, ils le trouvent bon.Sinon, ils n’en n’useraient point.Pourtant, tous sont unanimes à avouer que ces instruments ne se mesurent pas aux «vieux» instruments.C’est que, même si un instrument «moderne» sonne bien, rien ne garantit sa pérennité.Souvent, après dix ou vingt ans, sa sonorité tombe, ce que ne font iras les instruments d'un autre âge qui, eux, ont fait leurs preuves au fil des siècles.Certains instrumentistes sont chanceux.Soit ils héritent en titre de l’instrument, auquel cas ils bénissent la Fortune, soit ils ont l’heur de pouvoir racheter — à leurs frais — l’instrument convoité.C’est néanmoins le lot d’une toute petite minorité.Ira plupart bénéficient d’un prêt.Les prêts de ces instruments fameux ne vont pas sans conditions.Certains mécènes ou certaines fondations demandent qu’on précise dans les programmes que le titulaire dise le nom du violon ou du bienfaiteur (quoique souvent ceux-ci aiment demeurer anonymes, comme le «fournisseur» apparemment new-yorkais de la banque du CAC).Un exemple, les remerciements bien sentis — et tout à fait honnêtes — de James Ehnes face à la Fulton Collection pour le prêt «à long terme» de son Ex Marsick, tenniné par Stradivarius en 1715, qui parsèment dorénavant ses programmes et les notes de livret qui accompagnent ses enregistrements.Tous généralement s’entendent sur un point l’assurance et l’entretien sont aux frais de l’instrumen- tiste.Pour Juüe-Aime Derome, cela va même plus loin.«On a exigé que je dispose d’un étui haut de gamme et très sécuritaire, sinon l'assurance ne couvrirait pas les coûts de réparation ou d’accident.Après tout, c’est bien normal», poursuit-elle humblement.Dans cet univers de mouvance instrumentale, il faut rappeler une toile de fond.D existe bien des musées qui disposent de legs comportant des instruments formidables.Un violon, exposé en vitrine, c’est joli.Pourtant s’il ne vibre pas, s’il ne résonne pas, il meurt D perd son âme, et lorsqu’on tente d’en jouer, même le meilleur des Stradivarius ou des Guarneri ne rendra que des miaulements s’il n’a pas été régulièrement utilisé — cela vaut aussi pour tous les instruments, du piano à la clarinette.Que font donc les collection- neurs qui s’offrent ces perles musicales que sont ces merveilles instrumentales du passé?Plutôt que de laisser s’éteindre ces chefs-d’œuvre de lutherie dans les chambres fortes des banques, ils les prêtent — à des jeunes surtout, eux qui n’ont absolument pas les moyens de se les offrir — afin de garder l’instrument en vie.Même le Metropolitan Museum de New York permet à des instrumentistes célèbres de jouer régulièrement sur des piliers de sa collection instrumentale afin d’empêcher qu'ils ne deviennent que de stériles objets de contemplation visuelle, sans réelle vérité musicale.Un instrument est-il donc si indispensable?Ira réponse vient encore de JulieAnne Derome.«Mon violon actuel ne me permet pas la clarté à laquelle je veux atteindre; avec celui qui m’est maintenant prêté, je sens déjà ma sonorité s'épanouir.Ce qui n’était qu‘intention auparavant se réalise.Je me dévoue à la musique contemporaine et, autant que celle du répertoire classique, elle a besoin elle aussi, elle surtout, d’instruments de qualité pour bien passer la rampe.» Cette qualité, elle l’a au moins trouvée pour deux ans.Après?«On verra, mais il se pourrait qu’on puisse prolonger le prêt.» Car tel est le danger pour tous les instrumentistes qui usent de cette ressource: il y a souvent un terme au bail.Et alors, tout est à recommencer.On dit souvent que la vie d’artiste n’est pas facile.Si on y ajoute la nécessité de trouver un bon outil, voire de se battre pour en posséder un ne serait-ce que temporairement, cela devient un apostat.Julie-Anne Derome Emmène-moi au concert!» î; m iM ïi Concert et compagnie Du lundi au jeudi à 13 h 30 Animarion : Marc-André Doran Réalisation : Michèle Pany Radio-concerts Du lundi au vendredi à 20 h Animation : Françoise Davoine et Michel Keable Réalisation-coordination : Christiane Leblanc Entrée libre Le vendredi à 13 h 30 Une émission de Françoise Davoine chaîne culturelle ÎS»1 Radio-Canada 90,1 FM 101,5 FM 100,9 FM 953 FM 90,7 FM 104,3 FM üaspé Rimouski Chicoutimi Québec Estrie Mauricie Centre-du-Québec 89,9 FM 88,3 FM Rouyn-Noranda Val d'Or uper g)ic(m)ac musicienne s in n o v a trices canadiennes musiques actuel les 'et contemporainés (25) octobre > (12) novembre 2000 www.supermusiq 1igne-infoL 514-990- qc.ca rétrospective unique sur la pa rticipation des femmes dans e lac canadienne du exce Musee d art contem si ec i e •'Plus de 10 ogues averties • 22 concerts • 2 conferences table ronde •T exposition „aïka • 3 Maisons de la culture • Eh 3!L ra«*ï heatre La Chape MH*, Réseaux £MC!Q.SatlHl V AKCIIAMMIIJ - V I K I) K V 0 I K .1.K S S A M K I) I K T I) I M A N < Il K 8 0 C T 0 B R K 2 0 0 0 c LE DEVOIR La rentrée scolaire aura été pour plusieurs étudiants de l’université McGill l’occasion de bénéficier des rénovations réalisées au cours de l’été sur un nombre considérable de pavillons de leur campus.Même si ces travaux visent d’abord et avant tout à procurer un environnement propice à l’étude, les Montréalais ont aussi de quoi se réjouir: certains des joyaux de l’architecture du centre-ville ont retrouvé une partie de leur lustre d’autrefois.CLAUDINE DÉOM Ly université McGill a dépensé quelque dix millions de dol-* lars l'année dernière pour la réparation de plusieurs bâtiments de son campus.La réfection de murs extérieurs, de systèmes de climatisation et de toitures ne constitue que quelques exemples des travaux faisant partie de la seconde phase d’un programme d’entretien différé des équipements inunobiliers de l’institution, un exercice qui, depuis bientôt dix ans.vise à rendre de nouveau opérationnelles et sécuritaires un grand nombre de structures anciennes et plus récentes du campus, qui a souffert d'un manque d'entretien au fil des années.Un campus historique Comptant parmi les plus vieux établissements d’enseignement au pays, il va sans dire qu’une portion non négligeable de bâtiments de l’université se démarquent par leur ancienneté (en fait, McGill posséderait sur son campus pas moins de 35 édifices patrimoniaux).Les monumentales constructions de pierre que l’on aperçoit en avant-scène du mont Royal, comme le pavillon des Arts, datant de 1839, ou le musée Redpath (1880), ont grandement contribué au fil des années à forger l’image de l’institution.C’est au cours des années 1960, à un moment où elle est aux prises avec un sérieux besoin d’espace, que l’université étend davantage ses tentacules sur les flancs de la montagne en se portant acquéreur de nombreuses propriétés du Mille Carré, un des plus riches quartiers de Montréal au XK" siècle.Certaines des résidences, qui comptaient autrefois parmi les plus cossues du continent, sont transformées en locaux administratifs, en laboratoires et en salles de classe alors que d’autres sont démolies afin de faire place à des édifices en hauteur.Le vieillissement des bâtiments centenaires Ancienneté oblige, il reste que le travail de réfection d’une structure parfois plus que centenaire nécessite une approche différente, principalement en raison des matériaux et des techniques utilisés, qui diffèrent avec les habitudes d’aujourd’hui: «Plusieurs bâtiments de McGill ont été conçus au XlXe siècle par des architectes britanniques vraisemblablement peu habitués aux conditions climatiques rigou- FORME reuses du Québec.On remarque par exemple que plusieurs des problèmes concernant les toitures sont attribuables à un écoulement déficient des eaux provenant de l’accumulation de la neige», explique Julia Gersovitz, architecte chez Fournier, Gersovitz et Moss, la firme responsable d'une partie des travaux effectués sur les bâtiments les plus anciens du campus.L’équipe, qui travaille depuis maintenant trois ans entre autres à la réfection des toitures et des murs de maçonnerie ancienne, note toutefois qu’en dépit de leur âge, plusieurs de ces vieilles structures ont bien survécu aux assauts du temps: «Les infiltrations d’eau peuvent prendre beaucoup d’années avant d’affecter la stabilité des murs de maçonnerie de pierre.Aussi, il faut préciser que la plupart de ces constructions sont de conception plus simple, c’est-à-dire qu’elles sont souvent dépourvues de systèmes mécaniques complexes qui, on le sait, nécessitent des améliorations après quelques années.» Malgré tout, même les matériaux les plus résistants abdiquent devant les décennies: certains auront sans doute remarqué les nouvelles toitures de cuivre coiffant plusieurs édifices du campus.Résultant à la fois d’une volonté de l’université de respecter le patrimoine et d’une réglementation municipale, il reste que le cuivre demeure parmi les matériaux les plus résistants pour les toitures — on estime à environ un siècle sa durée de vie —, bien que son utilisation commande nécessairement des coûts plus considérables à brève échéance.Pour la conservation de l’intégrité de l’architecture, la question ne se posait même pas, ni pour l’université ni pour nos architectes: «Dès le départ, l’université a accepté d’adhérer à deux principes que nous considérions fondatncntaux.Nous ne souhaitions rénover un bâtiment du campus que dans la mesure où nous pouvions d’abord identifier l’origine du problème et le corriger.Par ailleurs, les interventions devaient respecter le caractère original de l’édifice ou, à tout le moins, avoir l’impact le plus minimal possible sur l’architecture d’origine.» Difficile, en effet, d’imaginer l’imposant pavillon Strathcona de la faculté de musique, rue Sherbrooke (devant lequel trône fièrement le monument de la reine Victoria), construit par nul autre que l’architecte Bruce Price — célèbre notamment pour la gare Windsor et le château Frontenac —, avec-une toiture revêtue de bardeaux d’asphalte.Les défis de l’avenir Les sommes investies au cours des dernières années dans ces travaux d’entretien ne représentent, à vrai dire, qu’une infime partie de ce qu’il en coûterait pour rattraper le retard accumulé.Si, jusqu’à maintenant, une importante part des coûts de réfection a été couverte par les programmes fédéraux de renouvellement des infrastructures (70 % provenant d’Ottawa et 30 % des institutions d’enseignement), il reste que l’université en est maintenant à emprunter afin de procéder aux réparations: «Depuis environ trois ans, McGill a dû emprunter dix millions de dollars, et ce, à deux reprises, pour continuer le travail déjà amorcé.En 1990, au moment où les premiers pro- grammes d’infrastructures ont été mis en place, on estimait à plus de 200 millions de dollars les travaux d’entretien différé à effectuer sur l’ensemble du campus», précise Charles Adler, directeur du Bureau de planification de l’université McGill.Le problème n’est certes pas que l’apanage de l’institution: l’Association canadienne du personnel administratif universitaire (ACPAU) publiait au printemps dernier une étude pancanadienne faisant état du besoin urgent de réinvestissement dans les bâtiments des universités.Les chiffres évoqués totalisent des sommes astronomiques: ainsi, il en coûterait 818 millions pour éliminer les coûts de l’entretien différé du parc immobilier de l’ensemble des universités québécoises et jusqu’à 3,6 milliards pour toutes les universités canadiennes! «Les compressions budgétaires du ministère de l’Éducation, jumelées à un sous-financement chronique des universités, expliquent en grande partie la situation actuelle.Par ailleurs, il faut aussi dire que la plupart des universités n’ont pas constitué de réserves budgétaires à l’entretien quotidien au fil des décennies pour leur parc immobilier qui, ne l’oublions pas, ne cesse de vieillir, poursuit M.Adler.Le défi est certes de taille, d'autant plus que les sources de financement se font rares par les temps qui courent: bien qu’il se veuille très compatissant devant l’envergure du problème, le ministère de l’Education du Québec n’est pas en mesure d’assumer le rôle de l’unique bailleur de fonds dans ce problème.Le financement privé, quant à lui, est aussi difficile à obtenir, tes mécènes d’aujourd’hui subventionnent davantage les programmes de recherche et les constructions neuves.Peu s’intéressent à la réfection d’un système de ventilation ou à une toiture qui coule», explique-t-il.Quel sort guette donc les campus des quatre universités montréalaises et leur imposant parc immobilier, constitué (pour certaines d’entre elles, du moins) de bâtiments patrimoniaux?Alors qu’une entente pour le renouvellement du programme d’infrastructures est sur le point d'être conclue — d’ailleurs, il n’est toujours pas certain que les universités canadiennes y auront droit cette fois, et cela, en dépit des pressions de l’ACPAU à cet effet) —, McGill estime maintenant à environ 180 millions de dollars le total du coût des travaux en entretien différé sur son campus, une somme qui ne pourra qu’augmenter d’année en année à défaut d’entretien préventif.Bien qu'il semble que la sensibilisation au problème enregistre elle aussi une croissance, il ne faudrait pas trop tarder avant de prêter main-forte à ces institutions auxquelles son confiées non seulement la formation des générations futures mais aussi le patrimoine bâti, légué par les générations an- | térieures.1 B ID Designers : bénéficiez de 10 000 $ pour développer un concept novateur Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3) Montréal (Québec) Canada H2Y1H2 Téléphone: 15141B66-2436 télécopieur : (514) B66 08B1 Courriel itlm@idmqcca Site Web httpV/wwwidm qc ca Dans le cadre de son nouveau programme Liaison entreprises l'Institut de Design Montréal (IDM) olfre au* designers une contribution atteignant 33 % des coûts de la réalisation d’un projet jusqu’à concurrence de 10 000 $ Un soutien pour lavoriter la développement d'idnes Ce soutien financier vise à encourager les designers de toutes les disciplines à développer des idées, des promts et des concepts novateurs en design et à en faciliter l'éventuelle commercialisation.Au cours du développement du projet, d’une durée maximale de trois mots, le designer aura, entre autres, à en évaluer le potentiel et à le positionner par rapport aux produits dé|à existants sur le marché Après trois mois, il devra aussi être en mesure de présenter une maquette ou un prototype (viduel ou manuell à ITDM Admissibilité • Designers, de toutes les disciplines du design, pratiquant professionnellement depuis plus de cinq ans (la priorité sera donnée aux partenariats potentiels designer-secteur privél: • Projet non démarré avant son approbation par l'Institut: • Pro|et réalisable en trois mois Critères d évaluation du projet • Caractère novateur: • Potentiel de commercialisation (intérêt du secteur privé ou autres); • Qualité du dossier présenté (clarté des informations).Inscription au programme Pour obtenir des renseignements supplémentaires ou vous procurer le formulaire de proposition, contactez Corinne Bergeron au (514) 866-2436 poste 28 Date limite Les lormulaires de proposition doivent parvenir à ITDM au plus tard le vendredi 13 octobre 2000, à 15 h.¦ ms&r OBJETS DESIGN.Heures d’ouverture de la galerie: Tous les jours rie )0h à 18h POUR VOUS il
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