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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-10-13, Collections de BAnQ.

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w w w .e d e v o r .c o m DEVOIR CULTURE Yvon Deschamps revient chez lui Page B 9 LES ACTUALITES Marche des femmes: les 50 millions de Québec déçoivent Page A 2 V o l .X c ! N “ 2 :î L E V E N I) R EDI 130 C T (I B R E 2 O O O Un père aux abois Éric Gauthier s’occupe de sa fille Béatrice depuis sa naissance.L’enfant souffre de dystrophie myotonique, upe maladie rare qui affecte le tonus musculaire et retarde le développement physiologique.Eric veut maintenant retourner au travail, mais en aura-t-il les moyens?JACQUES N AU EAU LE DEVOIR Mi WM Le système n’a pas prévu de garder Béatrice à la maison VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Un ombudsman pour la santé La gouvernement Bouchard est déterminé à couper Vherbe sous le pied des libéraux ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Résolu à couper l’herbe sous le pied des libéraux qui proposent une charte des droits des patients, le gouvernement Bouchard dotera le Québec d’un véritable ombudsman de la santé.C’est ce qu’a indiqué au Devoir la ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, Pauline Marois.Dans un rapport remis à la ministre en février dernier, la commissaire aux plaintes en matière de santé et de services sociaux.Rosette Côté, a proposé d’élargir le mandat et les pouvoirs de l’organisme pour en faire un ombudsman de la santé assumant la fonction de protecteur des usagers.«J’ai l’intention de faire de la commissaire aux plaintes un véritable ombudsman de la santé», a confirmé Mme Marois.VOIR PAGE A 10: OMBUDSMAN PERSPECTIVES Régions : c’est l’urgence Le congrès du Parti libéral qui commence ce soir à Québec sera l’occasion pour l’opposition de remettre à l’avant-scène le dossier des régions.Cette stratégie tombe à point nommé puisque la question de la ruralité suscite actuellement un profond malaise au sein de la députation péquiste.Certaines décisions gouvernementales ainsi que l’absence d’une politique qui réponde adéquatement aux attentes exprimées dans les régions sont au cœur du débat.A l’approche du début des travaux parlementaires, les élus péquistes dissimulent de moins en moins bien leur embarras face à l’action gouvernementale à l’égard des régions.Le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, notait la semaine dernière au nom du caucus péquiste que certaines régions «ne vibrent pas à la même réalité que le reste du Québec» dont la prospérité est manifeste.Et la grogne ne provient pas que de l’arrière-banc.Derrière les portes closes, les ministres provenant des régions tels que Guy Chevrette, Rémy Trudel, Jacques Léonard et Jacques Bras-François sard ont également peine à dissi-Car din al muler leur mécontentement.# * Le coup de pouce que le gou- vernement a donné à l'Ontario pour transformer une ancienne mine en dépotoir.à quelques kilomètres du Québec a évidemment fait bondir certains députés.Les faramineuses subventions accordées aux entreprises qui s'installent dans des périmètres précis du centre-ville comme la Cité du multimédia ou celle du commerce électronique déplaisent à certains qui déplorent que, de cette façon, on tire le tapis sous les pieds des régions qui ont déjà assez de difficulté à retenir les compagnies sur leur territoire.Mais au cœur de l’insatisfaction manifestée, il y a surtout le retard que prend le VOIR PAGE A 10: RÉGIONS INDEX ¦S Annonces .B 8 Monde B 7 00 Avis publics.A4 Mots croisés B 8 —a Bourse .A6 Météo B 8 d Cinéma B 10 Plaisirs B 2 a a a Culture .B 8 A H Sports B 6 r q Idées .A9 Tourisme B 4 Le 14 août 1999, la vie d’Éric Gauthier et de Julie Harvey, basculait avec la naissance de Béatrice.À peine avait-on sorti le bébé du ventre de sa mère qu’il était intubé et transféré d’urgence de l’hôpital Sainte-Justine à l’Hôpital de Montréal pour enfants.Béatrice ne pouvait pas respirer d’ellemême et souffrait de malformations aux mains.Pour le couple, l’angoisse commençait.Tests et rencontres avec des spécialistes ont meublé les premières semaines de Béatrice.Ne trouvant pas de ré- ponse, les médecins ont ensuite demandé à Éric s’il avait des antécédents familiaux.Après un coup de fil chez ses parents.Éric découvre que son père est atteint de dystrophie myotonique depuis quelques années.Les médecins mettent ainsi le doigt sur l’anomalie de Beatrice mais ils diagnostiquent aussi la maladie chez Éric.Coup dur pour le couple qui a déjà une petite fille.Puis, les événements se précipitent.On veut pratiquer une trachéotomie à Béatrice, on veut la garder à l’hôpital.Les parents décident que non.Éducateur dans un centre de la petite enfance, PROCHE-ORIENT Un pas de plus vers la guerre Le lynchage de trois Israéliens et la riposte aérienne portent un coup mortel au processus de paix AGENCE FRANCE-PRESSE Nicosie — Les affrontements israélo-palestiniens ont tourné hier à la guerre ouverte à la suite d’une série de raids aériens israéliens contre Ramallah et Gaza, une tension accentuée par l’explosion d’un navire américain à Aden, que les Américains soupçonnent d’être un acte terroriste.Israël a lancé une série de raids aériens contre deux villes palestiniennes à la suite du lynchage de trois de ses soldats, massacrés par une foule qui les a battus à mort à l’intérieur d’un poste de police de Ramallah, en Cisjordanie, avant de mutiler atrocement leurs corps.Une nouvelle série de raids a commencé hier soir qlors qu’un conseiller du premier ministre israélien Ehoud Barak avait affirmé plus tôt que la phase actuelle des opérations militaires israéliennes contre les Palestiniens était «achevée».VOIR PAGE A 10: GUERRE ¦ Autres textes en page B 7 ÉCONOMIE Wall Street chute lourdement Les violences israélo-palestiniennes et les inquiétudes des boursiers au sujet de la caparité des entreprises à maintenir leurs bénéfices ont déclenché une vague de ventes à la Bourse de New York, qui a lourdement chuté hier.Le recul a été,de 3,6 % pour le Dow Jones et de 3 % pour le Nasdaq.A Toronto, le marché a mieux résisté, l'indice TSE 300 perdant 1,3 %.VOIR PAGE A 10: BÉATRICE I À lire en page A 7 LITTÉRATURE Le couronnement d’un dissident Le Nobel est attribué à Vécrivain chinois Gao Xingjian CLAUDE CASTERAN AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Premier écrivain de langue chinoise à obtenir le Nobel de littérature, l’écrivain contestataire chinois et citoyen français Gao Xingjian associe dans son œuvre des techniques narratives occidentales aux traditions de son pays, ce qui permet de parler à son propos d’œuvre universelle.Romancier, dramaturge, traducteur, critique littéraire et peintre, il est considéré comme un pionnier de l’art et de la littérature chi- noises d’avant-garde, un des «timoniers» de cette littérature longtemps bâillonnée sous l’étouffoir de la Révolution culturelle.La nouvelle n'a provoqué aucune réaction officielle en Chine.Âgé de 60 ans, Gao Xingjian a été naturalisé français il y a deux ans après s’être installé à Paris en 1988 comme réfugié politique.Il continue à écrire en chinois à l’exception de quelques pièces de théâtre écrites en français.Son livre le plus connu est Im Montagne de l'âme (rédigé de DAriTT A 10- YÏWmiAM PHILIPPE WOJA2ER REUTERS Guide Vidéo + DVD 2001 «oirs hoirx, m-95 $ • 840 pages Tout le cinéma du monde ! ?Les réalisateurs et les acteurs ?Les lauréats : Oscars, Césars, Lions d'or, Palmes d or ?Des filmographies et des résumés ?Les meilleures nouveautés de l'année ?Un classement par genre ?Et la toute nouvelle section DVD i 778313000689 L F.I) K V 0 I H , L K V K N I) B K I) I 1 !i ü C T 0 B R F 2 0 0 ü A 2 ?LES ACTUALITÉS* Viol: le passé sexuel d’une victime ne peut servir de preuve SUE BAILEY PRESSE CANADIENNE Ottawa — Dans un jugement unanime, la Cour suprême du Canada a confirmé, hier, la constitutionnalité de la loi qui restreint, dans une cause de viol, la possibilité pour un accusé d’invoquer en preuve le passé sexuel de la présumée victime.Le plus haut tribunal du pays a donc jugé qu’Andrew Scott Darra-ch, reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement son ex-compagne, en 1994 à Ottawa, a eu droit lors de son procès à une défense pleine et entière.Les juges indiquent que la loi ne fait qu’interdire î’utilisation d’éléments de preuves trompeurs, rendant la plaignante moins crédible en raison de ses activités sexuelles antérieures.Le jugement, rédigé par le juge Charles Gonthier, stipule que le Code criminel, amendé en 1992, assure un juste équilibre entre le droit à la vie privée du plaignant et le droit de l’accusé d’obtenir une défense pleine et entière.Les juges de la Cour suprême en sont venus à la conclusion que le fait de «contraindre la plaignante à subir un interrogatoire sur son comportement sexuel découragerait la dénonciation des crimes de violence sexuelle».Darrach avait fait valoir que les dispositions actuelles relatives à l’admission en preuve du passé sexuel étaient selon lui injustes.Il prétendait que le recours au passé sexuel de la victime était totalement exclu du tribunal et que cela l’empê- chait d'espérer obtenir une défense pleine et entière.Mais la cour a balayé du revers de la main ses arguments.Loin d’être une exclusion générale, la loi, lit-on dans le jugement, «ne fait qu'interdire iutilisation de la preuve du comportement sexuel antérieur Pour étayer deux déductions illégitimes particulières.On les appelle les ‘deux mythes’, à savoir qu’une plaignante est plus susceptible d’avoir consenti ou qu’elle est moins digne de foi en raison du caractère sexuel de l’activité qu’elle a déjà exercée».Il est clair «que le droit à une défense pleine et entière ne s’applique pas lorsque l’accusé cherche à obtenir des renseignements qui ne contribueront qu’à fausser l’objectif de recherche de la vérité d’un procès, et, dans un tel cas, les droits à la vie privée et à l’égalité sont prépondérants», explique la Cour suprême, précisant qu’un «accusé n ’a jamais eu le droit de produire des éléments de preuve non pertinents».Darrach avait rencontré la plaignante en octobre 1991.Ils sont devenus amis, puis amants.Après la fin de leur liaison, ils continuaient de se rencontrer à l’occasion.Le 6 novembre 1992, il a téléphoné à son ex-compagne et lui a demandé de lui rembourser une dette de 20 $.D a invité la femme à son appartement; une fois à l’intédeur, il l’a agressée sexuellement.Il fut condamné à neuf mois de prison.Darrach voulait parler en cour de leur vie sexuelle passée et tenter de démontrer qu’il avait commis, de bonne foi, une erreur en croyant que la plaignante était consentante.loto-québec Tirage du 2000-10-11 05 06 21 35 38 46 Numéro complémentaire: 15 GAGNANTS LOTS 6/6 1 5 000 000,00 $ 5/6+ 4 167 128,00$ 5/6 202 2 647,50 $ 4/6 12 408 82,60$ 3/6 245 293 10,00$ Ventes totales: 15 354 841 $ Prochain gros lot (approx.): 2 000 000 $ Tirage du 2000-10-11 01 02 08 25 3Z 44 Numéro complémentaire: 39 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 1 50 000,00$ 5/6 22 500,00$ 4/6 1 284 50,00$ 3/6 24 206 5,00$ Ventes totales: 665 948,50 $ PremtiiR Bouille Jeu* m+ w Tirage du 2000-10-11 08 10 17 4Z GAGNANTS LOT 88 113.64$ •Seules les selections participant au Lotto 6/49 et au Québec 49 sur le môme billet sont admissibles à la promotion.jtra Tirage du 2000-10-11 NUMÉROS LOTS 713089 100 000$ 13089 1 000$ 3089 250$ 089 50$ 89 10$ 9 2$ Le jeu doit rester un Les modalités déocessemert oes Mets gagnants paraissent au verso oes 0nets En cas de d soa-nte entre cette hste 91 la ste officielle de L-Q.cette derniere a priorité TVA, le réseau des tirages BOUTIQUE Enfants Deslongchamps Futures mamans Vêlements pour enfants 0-18 ans Vêtements de maternité à l'étage 1007, rue Laurier O.Outremont Tél.: 274-2442 Marche mondiale des femmes Les 50 millions du gouvernement déçoivent Le gouvernement Bouchard a allongé 50 millions, répartis sur deux ans et demi, pour améliorer le sort des femmes.Mais c’est bien peu pour les groupes de militantes qui participeront à la Marche mondiale des femmes, qui se disent «vraiment déçues».ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Après une rencontre de quelques heures avec les représentantes des groupes de femmes, le premier ministre Lucien Bouchard a dévoilé une série de mesures liées, pour la plupart, à la violence faite aux femmes, une enveloppe de 50 millions d'ici avril 2003.Alors que plusieurs milliers de Québécoises s’apprêtent à défiler demain dans les rues de Montréal et participer à la Marche mondiale des femmes, le gouvernement a également confirmé qu’il haussera de 10 C, à 7 $ l’heure, le salaire minimum à compter du 1" février 2000, et à 6,25 $ pour les travailleurs à pourboire.Entre les revendications présentées dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, évaluées par le gouvernement à un milliard en six ans, et les 50 millions consentis, l’écart est énorme.Au chapitre du salaire minimum, la demande des groupes de femmes s’élève à 8,50 $, soit, pour une semaine de 40 heures, l’équivalent du seuil de faible revenu pour une personne seule.Flanqué des ministres Linda Goupil, Louise Harel, Diane Lemieux, Pauline Marois et André Boisclair, M.Bouchard, pour justifier la minceur de la somme de 50 millions, a parlé des réalisations passées du gouvernement en matière de politique familiale, de logement social et de lutte contre la pauvreté, «ü ne faudrait pas penser que c’est le dernier mot de notre société non plus, de notre gouvernement, dans la lutte contre la pauvreté.Ce n’est pas le premier non plus», a-t-il dit M.Bouchard a évoqué l’état «toujours difficile» des finances publiques.«On n’est pas dans le trèfle», a-t-il dit.Il a parlé des déficits des hôpitaux, qui s’élèveraient à 400 millions pour l’année en cours, le chiffre avancé au printemps par les établissements mais revu à la baisse depuis.«On jongle avec plusieurs balles en même temps et on est obligés, nous, de ne pas en échapper aucune», a-t-il dit.Quant à la modeste augmentation du salaire minimum, la première depuis deux ans, M.Bouchard, signalant que la hausse aurait un impact de 50 millions pour les entreprises québécoises et de trois millions pour le gouverne-ment, a indiqué qu'on peut nuire à la création d’emplois et aux travailleurs «si on veut trop les aider par le salaire minimum».Il a rappelé que le salaire minimum est le plus élevé au Canada, après celui de la Colombie-Britannique, et qu’il est supérieur de 15 C à celui de l’Ontario, «une province qui a un niveau de vie de 25 à 30 % plus élevé que le nôtre» Inacceptable «C’est inacceptable de vivre dans une société qui est en train d’agrandir les inégalités sociales», a répliqué la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David.Devant l’absence, à peu de chose près, de mesures pour les personnes assistées sociales, eu près.Eh ben, j’en suis sorti victorieux.jusqu’à ce que la mort de Pierre Elliott Trudeau vienne me défier de nouveau.Rodrigue Larose Saint-Denis-de-Brompton, 3 octobre 2000 La ministre du Patrimoine, Sheila Copps, a annoncé la semaine dernière une nouvelle politique du long métrage pour le Canada.Cette annonce constitue un précédent dans la mesure où, jusqu’à ce jour, ce sont les provinces qui se dotaient d’objectifs en matière de cinématographie.Dans ce contexte, la froideur avec laquelle la ministre de la Culture, Agnès Maltais, a accueilli la nouvelle politique est amplement justifiée.Non seulement Mme Copps s’amène avec ses gros sabots dans un domaine provincial, elle omet même de consulter ses vis-à-vis provinciaux.Résultat: les objectifs élaborés dans cette nouvelle politique du long métrage ne prennent en compte que la réalité canadienne-anglaise, à des années-lumière de la culture cinématographique, québécoise.Ainsi Ottawa veut-il «conquérir» en cinq ans 5 % des recettes-guichet au Canada, comparativement à 1 % aujourd’hui.La ministre sait-elle qu’au Québec, le public fréquente déjà son cinéma dans une proportion de 6,5 %?Sait-elle qu’il existe déjà, grâce aux émissions de télévision locales très suivies, un star-system qui se prolonge au grand écran?Il appert que non.Pour compléter le portrait, rappelons que la ministre Agnès Maltais est présentement à revoir la politique québécoise du cinéma, dont une mise à jour s’impose.Québec se donne jusqu’en juin pour revoir tous les aspects de sa politique.Présentement, il injecte quelque 15 millions de dollars par année dans le cinéma.Paule des Rivières ?À Ottawa, Téléfilm distribue 50 millions de dollars, auxquels viendront sous peu s’ajouter 50 autres millions.Peut-être cette valse de dollars explique-t-elle l’accueil positif que les producteurs et les auteurs ont réservé à la plus récente trouvaille d’Ottawa.Pourtant, tous feraient bien d’y regarder à deux fois avant de saluer une politique faisant du rendement commercial le principal critère d’aide.Quant au gouvernement du Québec, il doit continuer de dénoncer uni* attitude qui nie la diversité culturelle que le Canada est si prompt à défendre dans les forums internationaux.LIBRE OPINION -?- La pauvreté, le plus grave problème de droits et libertés dans le Québec contemporain Déclaration de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse \ A l’occasion de la Marche mondiale des femmes, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse estime qu’il est de son devoir — dans le cadre de son mandat — de réitérer sa profonde pré-occupation à l’égard de l’ampleur et de l’acuité de la pauvreté dans le Québec contemporain.La Commission estime, en effet, que la pauvreté constitue un obstacle majeur à l’exercice des droits et libertés de la personne, y compris des droits fondamentaux.Elle considère, en outre, que les exclusions qu’entraîne cette pauvreté sont incompatibles avec l’exercice effectif du droit à l’égalité affirmé dans la Charte des droits et libertés de la personne.Des réalités En dépit des difficultés ou divergences relatives à la quantification de la pauvreté, la Commission constate qu’un certain nombre de réalités caractérisant notre société sont des faits évidents: ¦ Une proportion substantielle, importante, de la population québécoise vit dans un état que l’on ne peut nommer que pauvreté.¦ I^s femmes, en jiarticulier celles qui assument la responsabilité de familles monoparentales, les jeunes familles, les enfants et les personnes âgées isolées sont particulièrement touchés par cette pauvreté.Une telle situation, il importe de le rappeler.se manifeste dans un contexte où.¦ Les périodes de croissance économique des dernières décennies n’ont pas mis fin à la pauvreté.¦ La précarité générale de l’emploi s’est développée considérablement pendant la même période, à la fois sous la forme d’une incertitude quant au maintien de l’ensemble des emplois — dans tous les secteurs d’activité — et sous la forme de la création d’un nombre croissant d’emplois souvent intrinsèquement précaires.En conséquence, la participation au marché du travail n’assure pas nécessairement l’autonomie économique pour un groupe imjxirtant de travailleurs.¦ Les diverses prestations gouvernementales de soutien ont été fixées à des niveaux qui, souvent, ne permettent pas de répondre aux besoins essentiels des prestataires et de leurs personnes à charge.¦ Les inégalités dans la répartition de la richesse collectivement créée se sont accrues de façon disproportionnée pendant la même période.Ces derniers faits ne peuvent suffire à expliquer entièrement la problématique de la pauvreté mais leur relation avec celle-ci est cependant évidente, accentuant son caractère inacceptable.H ne faut jamais perdre de vue, en effet, que cette pauvreté existe et se développe dans l’une des sociétés qui compte parmi les plus riches du monde, dont le potentiel et les pouvoirs coexistent avec la misère et, semble-t-il, s’en accommodent.Les effets de la pauvreté Les effets de cette pauvreté dans la société contemporaine ont été largement étudiés et documentés.Un rappel bref suffira ici.Ils se font sentir dans la santé des personnes, jusqu’à la réduction de l’espérance de vie.Les enfants sont particulièrement touchés et en subiront des séquelles graves et durables.Dans le domaine de l’éducation, ces effets génèrent retards dans l’apprentissage, marginalisation, décrochage, analphabétisme (un Québécois sur huit serait analphabète fonctionnel.).Et l’ensemble se répercute dans les possibilités d’emploi, réduisant d’autant le potentiel d’autono.mie des personnes et le développement de leurs capacités de contribuer à la société.Il faut craindre que ces effets soient appelés à s’aggraver compte tenu du développement technologique et de la modification profonde de notre économie.Il est par ailleurs reconnu que les personnes à faible revenu doivent affronter des obstacles majeurs en matière de justice, tant en matière d’information pertinente qu’en matière d’accès à des services professionnels.En lien avec l’initiative de la Marche mondiale des femmes, il faut également réaliser que la dépendance économique qui affecte un grand nombre de femmes les amène trop souvent à tolérer la violence conjugale dont elles peuvent être victimes.Pour l’ensemble de la société québécoise, les coûts immédiats et futurs de cette [xuivreté sont considérables.Mais au delà des réalités statis-tiques et économiques, lïmpact de la pauvreté se fait cruellement sentir dans la vie quotidienne. LE DEVOIR.LE VEN D RED! 13 O C T O B R E 2 O O O IDÉES UN SYSTÈME À RÉFORMER W 0*.ARCHIVES LE DEVOIR Il est indispensable de faire des choix afin que chaque dollar investi dans les technologies de la santé le soit de façon optimale.Technologies : jusqu’où voulons-nous aller?Il faut introduire des considérations économiques et sociales dans le choix des technologies employées dans le système de santé Avant tout, déterminer les services qui valent la peine d’être prodigués JEAN-MARIE LANCE VAN HUNG NGUYEN RENALDO BATTISTA Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé Les deux textes publiés dans cette page s’inscrivent dans une série d’articles sur la réforme du système de santé du Québec, préparée en marge de la commission Clair avec la collaboration du Conseil de la santé et du bien-être du Québec.Im série se poursuit tous les vendredis jusqu’à la mi-novembre.es technologies de la santé sont essentielles et indissociables de notre système de soins.Elles contribuent, à des degrés variables, à l'amélioration et au maintien de l’état de santé des populations.Mais elles ont un prix et, en raison de leur usage accru, elles ont contribué en bonne partie à l’augmentation du coût de la santé au Québec et ailleurs.Il faut donc faire des choix de plus en plus difficiles, et dans ce contexte, l’évaluation des technologies de la santé constitue une activité incontournable et doit influencer de plus en plus la prise de décision.Toutefois, face aux défis des nouvelles technologies, elle a ses limites et devra s’insérer dans un cadre plus large qui concerne toute la société.L’expérience démontre que l’adoption et l’utilisation des nouvelles technologies ont tendance à avoir un impact inflationniste, et cela, par trois facteurs principaux.¦ L’introduction d’une technologie innovatrice, offrant de nouvelles possibilités de traitements, de diagnostics ou de soins qui n’existaient pas auparavant, exige nécessairement de nouvelles ressources.¦ On a tendance à croire qu’une nouvelle technologie introduite dans le système de soins remplacera l’utilisation des anciennes.Mais cela est rarement le cas et, de façon générale, on constate un effet plutôt cumulatif, ayant comme conséquence un accroissement budgétaire.¦ Alors que la nouvelle technologie avait été adoptée sur la base d’une ou de quelques applications seulement, celle-ci peut être employée à d’autres fins.Ces autres utilisations peuvent être plus ou moins appropriées.Des effets incertains A ces facteurs bien connus, il faut maintenant ajouter, d’une part, le rythme effréné auquel les technologies sont introduites dans notre système de soins et, d’autre part, la diversité des champs d’activité qu’elles touchent (champs diagnostique, thérapeutique et préventif).Cette accélération fait en sorte que les effets réels de ces technologies sur la santé sont de plus en plus incertains.Notre système de soins, comme celui de toutes les autres provinces du pays, dispose de ressources limitées.Il est donc indispensable de taire des choix afin que chaque dollar investi dans les technologies le soit de façon optimale.Ainsi, il est important de discerner, parmi l'éventail des technologies disponibles, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.On reconnaît que l’adoption rationnelle de toute nouvelle technologie devrait d’abord tenir compte de son efficacité réelle, de son innocuité et de son rapport coût-efficacité, mais également de son impact économique et de ses conséquences sur les plans éthique et social.Il appartient à l’évaluation de fournir ces renseignements aux décideurs et, à cet égard, elle joue un rôle capital.Toutefois, l’évaluation se heurte à certaines limites liées aux rigidités structurelles de notre système de soins.Malgré la meilleure information possible, des contraintes organisationnelles, structurelles et budgétaires font obstacle à l’adoption, à des niveaux adéquats, de nouvelles technologies efficaces, ayant un bon rapport coût-efficacité.Il en est ainsi, par exemple, de l’Abciximab, un médicament qu’on peut administrer lors d’une angioplastie et qui permet de réduire les risques de resténose, d’infarctus du myocarde et, possiblement, le besoin de recourir à une nouvelle angioplastie.Toutefois, ce produit est dispendieux et ajoute un déboursé net variant entre 1500 et 2000 $ à l’intervention.Le centre hospitalier où un médecin voudrait employer cette technologie se trouve freiné dans son intention d’investir dans cette technologie ou d’autres, pourtant efficaces, parce qu'il ne peut en récupérer matériellement des bénéfices sur les plans budgétaire ou organisationnel (durée de séjour, prestige, recrutement d’effec-tifs médicaux, etc.).limites dues aux valeurs L’autre limite importante de l’évaluation vient du fait que nous sommes confrontés à nos propres valeurs devant une technologie ef- ficace mais fort coûteuse et ayant un impact budgétaire important.Prenons pour exemple les dispositifs d’assistance ventriculaire, ou pompes cardiaques mécaniques, dont l’efficacité a été démontrée comme pont à la transplantation.Cependant, certaines données cliniques suggèrent que ces dispositifs pourraient, dans certains cas, se substituer à la transplantation chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque.Si on implantait ces dispositifs comme solution permanente chez 1500 nouveaux patients par année, le coût total pourrait atteindre 570 millions de dollars par année après 12 ans.Pour illustrer l’ampleur d’une telle somme, disons simplement qu'elle représente presque le budget annuel total des dix centres hospitaliers de la Montéré-gie! Il est clair que l’adoption d’un tel programme aurait un impact majeur sur les ressources disponibles pour d’autres interventions.Ces exemples de technologies très efficaces et très coûteuses deviennent de plus en plus nombreux et nous obligent à élargir le cadre de la prise de décision.Elles soulèvent en effet des enjeux éthiques et sociaux majeurs qui ne pourront être abordés qu’en examinant les valeurs qui président à nos choix dans l'allocation macroéconomique des ressources.Nous savons qu’à ce chapitre interviennent d’autres considérations, comme des facteurs sociopolitiques et économiques, liés par exemple à des stratégies de développement industriel.Si l’utilisation de ces facteurs entraîne des décisions qui ne sont pas toujours rationnelles, on peut au moins souhaiter quelles soient prises avec le plus de transparence possible.Un processus de décision ouvert Comment en arriver à se doter d’un processus décisionnel qui s’appuie sur une perspective plus collective?De façon concrète, des décisions de couverture ou de niveaux d’utilisation de technologies pourraient être confiées à un comité composé à la fois d’experts et de non-experts représentant la population.Une telle solution va de pair avec une gestion centrale étroite de la distribution des technologies mais risque de s’avérer insatisfaisante, voire incohérente, puisque la démarche se fait technologie par technologie et consacre un processus décisionnel très sectorisé.Par ailleurs, l’expérience de l’Oregon s’avère très intéressante.Cet Etat américain a mis sur pied un organisme social indépendant (Oregon Health Decisions) dont la mission est de favoriser l’apport des espoirs et des préoccupations des citoyens dans l’élaboration des politiques de santé.Cet organisme a ainsi pu véhiculer l’information sur les valeurs du public pour des projets d’accessibilité, de respect de la dignité des individus dans les établissements, d’allocation des ressources, de développement de guides de pratique ainsi que d’évaluation et de distribution des technologies.Ces pistes de solution posent des défis très importants dans le cadre général de fonctionnement de notre système de santé et peuvent même impliquer des changements majeurs.Le champ des évaluations des technologies s’est doté, au cours des dernières années, d’outils qui permettent de faire des choix mieux éclairés.Mais les enjeux économiques et sociaux que posent les nouvelles technologies nous obligent à situer ces évaluations dans un contexte plus large, celui de la société dans son ensemble.Compte tenu des ressources limitées dont nous disposons, il nous faudra décider, en tant que société, les niveaux de financement que nous sommes prêts à allouer pour l’acquisition et la gestion des technologies.C’est là une question qui doit faire l'objet d'une réflexion sérieuse, non seulement de la part des «initiés» mais également de la population en général.Notre défi est de trouver un juste équilibre entre les bienfaits à retirer de ces nouvelles technologies et les montants que nous sommes prêts à y consacrer.Mais un défi plus grand nous attend, celui de transformer les structures décisionnelles de façon à ce qu’elles puissent permettre des choix de planification, d’allocation et de gestion des ressources qui soient les plus éclairés et cohérents possibles avec nos valeurs et nos moyens.ANNE LEFEBVRE LEE SODERSTROM Département de sciences économiques de l’université McGill [j=^=j] e vieillissement de la L population causera certainement une augmentation des dépenses de santé au Québec dans le futur.Toutefois, la situation est loin d’être aussi inquiétante que certains veulent le laisser entendre car le vieillissement ne provoquera pas une crise financière gouvernementale.D'autant plus que la croissance des coûts futurs se manifestera graduellement au cours des prochaines décennies.Elle ne se déclarera pas avec la force d’un ouragan dès 2001 ou 2002.Le vieillissement n’est donc pas la raison, si souvent évoquée, de se dépêcher pour changer l’organisation de notre système de santé.Selon les projections les plus récentes, la proportion de personnes âgées au Québec augmentera graduellement au cours des 50 prochaines années et les coûts associés aux soins de santé augmenteront graduellement en conséquence.Les changements démographiques auront un effet à la hausse sur les dépenses publiques de santé d’environ 1,5 % par année en moyenne.Cette augmentation prévue est très semblable à celle que le Québec a connue au cours des trois dernières décennies.Comme nous l’indiquons dans un rapport récent au Conseil de la santé et du bien-être du Québec, ce vieillissement de la population n’est pas un phénomène nouveau.Au cours des 30 dernières années, il n’a pas contribué de façon importante à la hausse des dépenses de santé.Selon une étude québécoise, après ajustement pour inflation, seulement 37 % de l’augmentation des coûts médicaux des personnes âgées entre 1982 et 1992 est attribuable au vieillissement.Selon une autre étude, il ne compte que pour environ 25 à 33 % de la hausse des dépenses totales publiques de santé entre 1981 et 1991.Si le vieillissement avait été le seul facteur responsable de l’augmentation des dépenses (ajustée pour l’inflation), celles-ci auraient connu une hausse beaucoup plus modeste.Donc, étant donné que le taux de croissance de la population au cours des années à venir sera semblable au taux qui a prévalu au cours des dernières décennies, le fardeau financier du vieillissement au cours des années à venir devrait donc être sensiblement le même qu’au cours des dernières aimées.Augmentation de la consommation La principale raison pour la hausse des dépenses (ajustée pour l’inflation) au cours des dernières décennies a été l’augmentation de la consommation individuelle de services de santé de la part des personnes âgées, non pas l’augmentation du nombre brut de personnes âgées.Les raisons de cette augmentation ne sont pas très bien comprises, et il y a beaucoup d’incertitude quant à savoir si la valeur de ces services additionnels justifie les dépenses.Comme par le passé, la croissance économique devrait faciliter le financement des dépenses additionnelles.Le vieillissement de la population ne devrait donc pas forcer les Québécois à réduire leur niveau de vie.L’analyse dans notre rapport indique qu’une hausse plausible annuelle de la productivité des travailleurs devrait nous permettre d’avoir accès à plus de soins de santé ainsi qu’à un plus vaste éventail d’autres produits et services.Cette conclusion demeure valide même si nous tenons compte de certaines complications: les hausses des salaires, indépendantes du vieillissement, dans le domaine de la santé; le déclin possible du nombre de travailleurs au Québec; et, finalement, l’effet des innovations technologiques coûteuses.L’augmentation n’est pas justifiée L’augmentation des dépenses publiques de santé à la suite du vieillissement de la population ne justifie pas une augmentation du rôle du financement privé.Le gouvernement devrait disposer de revenus additionnels suffisants pour financer la hausse des dépenses de santé au cours des 30 prochaines années.La croissance économique amène automatiquement une hausse des revenus gouvernementaux.De plus, il est raisonnable de s’attendre à ce que le gouvernement fédéral continue d’augmenter légèrement ses transferts pour la santé chaque année.Donc, le vieillissement ne provoquera pas une crise financière pour le gouvernement, sauf si celui-ci réduit de façon importante les taux d’imposition.Par ailleurs, une augmentation du financement privé n’est pas une solution désirable au problème prétendu de la hausse des dépenses de santé.Il serait préférable de compter sur le financement public.Si nous avions recours au financement privé, nous risquerions de réduire l’équité sociale et l’efficacité économique, en particulier l’efficacité du système de santé.Nous doutons que le financement privé puisse grandement améliorer l’efficacité de l’économie.Si le financement privé augmentait, les impôts pourraient être réduits, mais les ménages et les entreprises paieraient pour les soins de santé une somme semblable à celle de la réduction des impôts obtenue.Bien qu’il n’y ait pas de menace de crise financière au cours des prochaines années, le Québec y gagnera s’il peut alléger le fardeau de la hausse des dépenses à la suite du vieillissement de la population.De plus, le Québec a amplement le temps de bien développer un plan d’action.Pour alléger le fardeau de la hausse des dépenses publiques, deux stratégies sont intéressantes.Premièrement, le Québec devrait promouvoir une croissance économique rapide et soutenue.Si on a un taux élevé de croissance, le ferdeau financier de la hausse des dépenses sera plus petit Deuxièmement, le gouvernement devrait améliorer le rendement du système de santé de façon à limiter l’augmentation des dépenses.Il ne s’agit pas de couper arbitrairement dans les budgets de santé.Au contraire, comme nous l’expliquons dans notre rapport il y a plusieurs choses que le Québec peut faire.Il devrait faire plus d’efforts au cours des prochaines années pour évaluer la façon dont on résout les problèmes majeurs de santé des personnes âgées.Si les tendances historiques décrites ci-dessus se maintiennent, l’augmentation des dépenses au cours des prochaines décennies sera déterminée en grande partie par la croissance du nombre moyen de services par personne âgée, non pas par la croissance du nombre brut de personnes âgées.Les services qui valent la peine Le Québec devrait donc dès maintenant examiner plus prudemment les services rendus aux personnes âgées.Ce n’est pas une question de rationner les services dans le système public mais bien de déterminer les services qui valent la peine d’être prodigués.Comme le disent les économistes, il faut pourvoir seulement les services qui sont efficaces et pour que la valeur de leurs effets de santé bénéfiques dépasse leurs coûts.De plus, le Québec devrait aussi poursuivre des politiques encourageant le développement des technologies nouvelles qui produiront des économies importantes.Certaines de ces technologies sont coûteuses.Mais plusieurs de ces innovations produisent des économies (la chirurgie d’un jour, les nouveaux médicaments qui écourtent les hospitalisations, par exemple).Pour encourager le développement de ce type d’innovation, le gouvernement devrait allouer une partie plus importante de son budget de recherche aux projets qui visent le développement de ces innovations.SANTE pour une thérapie de choc Le vieillissement n’est pas en cause, c’est le nombre de services rendus qui accroît les dépenses L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'Information gCnf-rnle et mOropnlitaine : Oérald Dallaire (adjoint au dirreteurâe l'information).Sylvain Blanchard, Mario-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports): l’aule des Rivières (éditorialiste), Jeun Dion, Louis-Gilles Krancoeur (environnement), ludilh Lachapelle (science).Louise leduc, Benoit Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé): Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine DunuuKt (iWerteiris); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : A l'information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma); à l'Information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Hélène Baril, Claude Lévesque, François Normand, Claude Turcotte; A l'information internationale : Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l’information politique ; Hélène Buaietti, Manon Cornellier U ormpomlantes parlementaires à Ottawa).Mario Cloutier et Robert I hitrisac [correspondants parlementaires à Québec).Kathleen lévesque ; Mark-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : Louise-Maude Rioux Soucy, Marii-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon De-rome, Serge laplante (QuéAec),Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyalaine CAté, Marlène Côté, Anouk Hurbutt Dominique larivière, Christiane legault, Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Chantal Rainville.Micheline Rueiland, (publicitaires).Manon Blanchette, Sylvie hqiorlc.MichelineTurgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Bcrnatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Rk'hard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yanick Martel.Ulivirr Zuida PROMOTION KT TIRAGE Martine Aubin (directrice).Johanne Brien (responsable à la elienléle), Hélène Gervais, Evelyne Labontè (responsable à la promotion des abonnements), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Kachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine l-aflcur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laperrière, Nathalie Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A LO LE DEVOIR.LE VENDREDI 13 OC T O B RE 2 0 0 0 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES EN BREF Maïs non autorisé (AFP) — Une organisation de consommateurs.Genetically Engineered Food Alert (GEFA), a exigé hier le retrait de la vente de chips vendues sous la marque Safeway contenant du maïs transgénique de type Star-link, non autorisé pour la consommation humaine.Le maïs génétiquement modifié (OGM) Starlink, distribué par le groupe franco-allemand Aventis, contient un pesticide, le Cry9C.Des tests en laboratoire ont révélé sa présence dans des chips de la marque Safeway, un groupe de grande distribution qui exploite des supermarchés, selon la GEFA «Safeway devrait suivre l’exemple de Kraft Foods et retirer de la vente ses chips», a déclaré un des responsables de l’association Friends of the Earth (Amis de la Terre), Larry Bohlen.OMBUDSMAN SUITE DE LA PAGE 1 Selon Rosette Côté, qui participe présentement, à titre de commissaire, à la commission Clair sur le financement du système de santé, la charte des droits des patients qu’a imaginée le Parti libéral du Québec est «inutile».la Loi sur les services de santé et les services sociaux contient des objectiis précis, notamment le recouvrement de la santé et du bien-être des personnes.Le système de santé doit rendre «des services continus» de façon à répondre aux besoins des individus.Selon la Loi, l'usager doit «être traité avec courtoisie, équité et compréhension, dans le respect de sa dignité, de son autonomie et de ses besoins».Pour Mme Côté, ce sont autant de droits que peuvent invoquer les patients.Dans le document déposé en préparation du congrès des membres du PLQ qui s’ouvre aujourd’hui à Québec, la commission politique du parti suggère l’adoption d’une charte des droits des patients, qui n’aurait pas force de loi, selon les précisions apportées par le chef du PLQ, Jean Charest.Selon la proposition du PLQ, c’est le Protecteur du citoyen, plutôt que la commissaire aux plaintes du réseau de la santé, qui serait chargé du respect de cette charte.Or le PLQ vient ainsi renier l’héritage de l’ancien ministre libéral de la Santé et des Services sociaux, Marc-Yvan Côté, qui a piloté la loi créant la fonction de commissaire aux plaintes du réseau de la santé et sanctionnée en juin 1991.Plutôt que d’adopter une charte redondante — chaque établissement s’est doté d’un code définissant les soins adéquats et de qualité, a fait d’ailleurs remarquer Mme Côté —, il vaut mieux faire un ombudsman de la commissaire aux plaintes du réseau de la santé.En plus d’examiner les plaintes qui lui sont soumises, cet ombudsman aurait un rôle de surveillance et de suivi.Il pourrait donc s’attaquer aux causes «systémiques» engendrant une mauvaise qualité des soins, a souligné Mme Côté.Mme Marois a décidé de faire siennes plusieurs recommandations de la commissaire aux plaintes.Mais le projet de loi qu’elle espère déposer le printemps prochain doit également tenir compte des recommandations que lui fera en décembre le comité sur les accidents médicaux évitables.Présidé par l’ex-directeuf de l’information du Devoir et ex-directeur aux plaintes du réseau de la santé, Jean Fran-cœur, le comité, formé en avril dernier, est chargé de se pencher sur les procédures existantes et de proposer des mécanismes permettant d’éviter les accidents médicaux qui relèvent d’une organisation déficiente.«C’est un projet de loi complexe», a souligné la ministre, puisqu’il touche au code de déontologie des professionnels et doit se marier aux procédures légales habituelles en cas d’erreurs médicales.Mme Marois a relaté qu’en février dernier, elle avait participé à l’émission Droit de parole à Télé-Québec et qu’elle avait été «profondément touchée» par le témoignage de Michèle Perreault Cette femme, une infirmière, a perdu sa fille entrée à l’urgence de l’hôpital du Sacré-Cœur à l’été de 1998 en raison d’une simple fracture.Âgée de 27 ans, sa fille est décédée des suites d’une surdose de médicaments administrés par trois médecins différents en quelques heures.Mme Marois a décidé de créer ce comité en invitant Mme Perreault à en faire partie à titre de représentante du public.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Esl Flace-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir «il publié du lundi au samedi par le Devoir Inc dont le siège social est situé au 2060, rue De flleury, IT étage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.WX), boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest.Montréal.L'agence Preste Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.I* Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (iroupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest.laval Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.BÉATRICE SUITE DE LA PAGE 1 Eric demande un congé de maladie pour s’occuper de Béatrice à temps plein.Après une semaine au chevet de sa fille, elle commence à respirer seule; après trois mois, elle sort de l’hôpital.«Je me suis consacré complètement à ma fille car elle demande des soins constants, indique Eric.J’ai mis tout ce que j’ai appris dans mes cours en pratique et j’ai utilisé mon expérience en garderie pour l’aider.» Un peu plus d’un an après cette lourde décision, les résultats sont palpables dans la petite maison de Lachenaie où habitent Eric et sa conjointe.L’homme raconte avec émotion ce qu’il qualifie A'«année la plus enrichissante de sa vie».Il se rappelle les nausées, les nuits blanches, les petits pas lentement franchis et au prix de plusieurs efforts.Il se souvient des premiers mots, s’enorgueillit de la moue qu’elle fait aux représentants du Devoir.«Je sais que je ne devrais pas être content qu’elle commence à être sauvage avec les étrangers, mais ça me permet de voir qu’elle évolue comme les autres enfants.» Bien que la dystrophie myotonique ne soit pas une maladie dégénérative, elle affecte les muscles sournoisement, «Béatrice est née sans tonus musculaire, précise Eric.Elle va le développer, mais ça prend plus de temps et il faut la stimuler constamment.Elle commence maintenant à reprendre le retard.À l’heure actuelle, elle a un an et deux mois, mais son développement physique équivaut à celui d’un enfant de sept mois.» Dans la chambre, la principale intéressée se réveille.Le père se lève prestement et va chercher sa fille en lui parlant doucement.Mis à part ses menottes difformes et un tout petit tube qui entre dans son nez et qui sert à son alimentation, Béatrice a l’air d’une enfant comme les autres.Du reste, sa maladie n’affecte pas ses facultés intellectuelles.Sauf qu’après un an de dévouement, son père commence à trouver le temps long à la maison et il veut retourner travailler.Mais comme Béatrice ne peut pas aller en garderie et requiert des soins à domicile spécialisés, la situation s’est vite corsée.«Béatrice ne peut pas être en contact avec d’autres enfants, car la moindre grippe peut se transformer en pneumonie, explique le père.La seule option est la maison.Et pour la garder à la maison, il faut quelqu’un de spécialisé, et cette personne doit être payée en conséquence.» Eric a vite calculé qu’une éducatrice à la maison lui coûterait 300 $ par semaine.Pour boucler son budget de garde, il fallait que le copple trouve 9000 $.Par le truchement de leur CLSÇ, Eric et Julie ont obtenu une subvention de 1900 $.Eric a ensuite demandé à Revenu-Québec un remboursement d’impôt hâtif de 4000 $.Mercredi matin, un groupe des Forces armées canadiennes leur donnait 3000 $.Lajoie! Mercredi soir cependant, Eric apprenait par la voix de sa députée que le remboursement d’impôt GUERRE SUITE DE LA PAGE 1 Les salves de roquettes tirées par des hélicoptères de combat sur cinq objectifs, tous liés à l’Autorité palestinienne, notamment à la police, soit à Ramallah, en Cisjordanie, et à Gaza, ont transformé les affrontements qui ensanglantent les territoires palestiniens depuis la fin de septembre en un conflit ouvert L’armée israélienne a décrit ces raids comme «une opération Imitée» et «un avertissement symbolique à la direction palestinienne», mais dans la soirée, Yasser Arafat a qualifié ces raids aériens de «guerre».Le processus de paix ne semblait plus tenir qu’à un fil très ténu.«Il ne nous semble pas qu’il [M.Arafat] soit en ce moment un partenaire pour la paix», a souligné M.Barak dans la soirée.Le Fatah, mouvement du président palestinien Yasser Arafat, a décrété hier une mobilisation dans ses rangs pour faire face à Y «agression» israélienne, affirmant qu’elle ne se passerait pas sans riposte.Le général Guiora Eiland, chef du département des opérations à l’état-major de l’armée israélienne, a de son côté indiqué qulsraël pourrait envisager de rappeler ses réservistes.Le premier ministre israélien Ehoud Barak a annoncé dans la soirée la formation dans les prochains jours A’«un gouvernement d’urgence nationale».11 a qualifié le leader de l’opposition de droite, Ariel Sharon, dont la visite contestée à l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, le 28 septembre, avait déclenché les violences, de (partenaire très important pour un gouvernement d’urgence nationale».M.Barak «a informé M.Sharon des derniers développements politiques et sécuritaires et a invité le Likoud à se joindre à son gouvernement», a d’ailleurs affirmé la présidence du Conseil dans un très bref communiqué.M.Barak agitait depuis plusieurs semaines — en fait depuis l’échec en juillet du sommet de Camp David — la menace d’un tel gouvernement d’unité nationale avec le likoud d’Ariel Sharon, sans doute le politicien israélien le plus haï' de tout le monde arabe et des Palestiniens depuis le massacre de centaines de réfugiés palestiniens en 1982 dans les camps de Sabra et Chati-la, au Liban.Mais tous les analystes et les confidents de M.Barak s’accordaient pour dire qu’il s’agissait là d’un moyen pour faire pression sur M.Arafat et l’inciter à revenir à la table de négociations dans de meilleures dispositions, c’est-àdire plus enclin au compromis.M.Sharon et son parti sont en effet catégoriquement opposés aux compromis territoriaux, notamment sur Jérusalem, que M.Barak avait envisagés à Camp David.Les raids menés hier ont fait au moins 36 blessés mais aucun mort n’était signalé, les Israéliens ayant demandé aux occupants de quitter les lieux trois heures à l’avance.Selon l’armée, les trois Israéliens lynchés étaient des soldats remplissant «des tâches administratives» qui se seraient trompés de route et se seraient retrouvés par erreur à Ramallah.L’Autorité palestinienne a immédiatement exprimé ses «regrets» et affirmé que la police palestinienne avait fait son possible pour les sauver, mais les événements dramatiques de la journée sont venus réduire à néant les efforts du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui était parvenu à convaincre MM.Arafat et Barak de réactiver une commission trilatérale de sécurité présidée par les Américains, créée en 1998.Le directeur de la CIA (services de renseignement américains), George Tenet, avait même fait le voyage pour présider cette réunion qui n’a pas eu lieu, M.Tenet n’ayant pas rencontré M.Arafat Les Palestiniens ont exigé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour obtenir «un arrêt immédiat des violences» israéliennes, mais les États-Unis ont annoncé qu’ils s’opposeraient à la demande des Palestiniens.L’explosion, dans la journée, d’un navire de la marine américaine à Aden, au Yémen, au cours de laquelle cinq marins américains ont trouvé la mort, a encore accru «la tension internationale», selon le secrétaire au Foreign Office britannique, Robin Cook.La situation a déclenché une multiplication des appels à stopper le cycle de la violence avant que la ‘situation n’échappe à tout contrôle», selon les mots du premier ministre britannique Tony Blaip.Côté américain, la secrétaire d’État Madeleine Albright a appelé Israéliens et Palestiniens à «mettre fin» immédiatement au cycle de violence et à observer un cessez-le-feu, le président Bill Clinton faisant part de sa (profonde inquiétude [.] devant les risques d’escalade de la situation».Présent dans la région où il cherche depuis lundi à calmer les tensions, Kofi Annan a «exhorté» Israéliens et Palestiniens à «choisir la retenue».L’Union européenne a de son côté mis en garde contre le «risque d’embrasement général» au Proche Orient, dans une déclaration de la présidence française.Le secrétaire général de la ligue arabe, Esmat Abdel Méguid, a dénoncé la «grave escalade militaire» israélienne et prévenu que les dirigeants arabes se réservaient «toutes les options» lors de leur prochain sommet, les 21 et 22 octobre, au Caire.ONU: pas de réunion d’urgence lœ Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de reporter jusqu’à lundi au moins une réunion d’urgence réclamée par les Palestiniens après les raids israéliens mais à laquelle les États-Unis étaient opposés, ont indiqué hier des diplomates.«Le Conseil ne prendra pas de mesures immédiates», a dit le président du Conseil, l’ambassadeur de Namibie Martin Andjaba, après une réunion à huis clos.Ce report vise à ne pas gêner les efforts de conciliation du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, qui tente sur le terrain d’ppaiser les tensions, ont précisé les diplomates.Les États-Unis ont expressément menacé de mettre leur veto à un projet de résolution palestinien qui exigeait «un arrêt immédiat des violences».Le Conseil a ainsi décidé d’attendre le retour de M.Annan à New York prévu dimanche avant d’examiner éventuellement le projet de résolution palestinien.Par ailleurs, le premier ministre canadien Jean Chrétien a pressé hier soir le premier ministre israélien Ehoud Barak et le président palestinien Yasser Arafat à user de leurs pouvoirs de manière ferme et décisive afin de mettre fin à la violence.M.Chrétien a «déploré» dans une déclaration l’escalade de la violence «en Cisjordanie et à Gaza, y compris l’assassinat de soldats israéliens à Ramallah».«Les Canadiens se préoccupent vivement de la tension croissante et des pertes de vies de plus en plus nombreuses dans la région et encouragent les deux parties à faire preuve d’une direction ferme et décisive pour mettre fin aux hostilités», écrit M.Chrétien.XINGJIAN SUITE DE LA PAGE 1 1982 à 1989), pérégrination d’un ethnologue dans le sud de la Chine pendant la Révolution culturelle, à la recherche de cultures minoritaires.Ce roman de près de 700 pages «rappelle l'idée grandiose du romantisme allemand d’une poésie universelle», a noté l’académie suédoise en le qualifiant de «magistral».Sur son œuvre en général, elle note qu’il est «l’un des rares écrivains masculins à accorder le même poids à la vérité de la femme qu’à la sienne propre».Gao Xingjian adopte des techniques narratives bien éloignées de celles des romanciers chinois, telles que l’éclatement du roman, l’utilisation de pronoms personnels ou le recours à une polyphonie des voix.Plusieurs éditeurs en Chine lui ont dit: «Vous ne savez pas écrire!», a-t-il raconté en affirmant avoir «ébranlé les fondements du réalisme».Mais ce combattant de l’individu contre son broyage par les masses n'en continue pas moins de s’inspirer de la tradition chinoise pour parler de l’époque contemporaine.Né à Ganzhou, dans la province du Jiangxi (sud-est de la Chine), d'un père banquier et d'une mère actrice, il devient diplômé de l’Institut des langues étrangères de Pékin, section langue française.Il traduira par la suite pour ses compatriotes plusieurs auteurs français, dont des poètes surréalistes.Pendant la Révolution culturelle (1966-76), il est envoyé dans des camps de rééducation et est contraint de brûler une valise pleine de manuscrits.Ce n’est qu’en 1979 qu’il peut se faire publier et voyager à l’étranger, notamment en France et en Italie.De 1980 à 1987, il publie en Chine des nouvelles, des essais, des pièces de théâtre dans des revues littéraires dont un (premier essai sur les techniques du roman moderne» (1981) qui provoque une violente polémique sur le modernisme.En 1982, Signal d’alarme, première pièce de théâtre expérimental montée depuis de très nombreuses années à Pékin, attirait chaque soir un public d’amateurs.«Im propagande et l’art sont deux choses différentes», disait-il déjà.En 1983, en raison d’une autre de ses pièces, Arrêt d'autobus, il devient l'une des principales cibles intellectuelles du régime dans le cadre d’une campagne contre «la pollution spirituelle» visant à limiter l’influence occidentale.Il continue malgré tout à écrire et à être joué, mais dans des conditions difficiles.Après s’être établi en France, il quitte le Parti communiste chinois en 1989 pour protester contre la répression sanglante du mouvement prodémocratique au printemps de la même année.Cet homme, qualifié par ses proches de «modeste et mesuré», a été traduit en plusieurs langues.Ix-s titres de ses principaux livres sont Une canne à pêche pour mon grand-père, L'Encre et la lumière, lx> Livre d’un homme seul et Une autre esthétique.Ses pièces sont également jouées dans de nombreux i>ays.Artiste peignant à l’encre de Chine, il a participé à une trentaine d’ex|x)sitions internationales et illustre lui-même ses couvertures de livres.était impossible.«J’étais tellement découragé, glisse Éric.Nous avons décidé de sortir notre enfant de l’hôpital et sauvé au moins 70 000 $ à l’Etat, et c’est comme ça qu’on nous remercie.» D’ailleurs, si le couple le voulait, Béatrice pourrait être institutionnalisée ou placée en famille d’accueil aux frais du gouvernement.Ce qui choque Éric et sa conjointe, c'est qu’il n’existe pas de service de garde abordable pour les parents d’enfants malades et que le gouvernement tergiverse.«Je paie 300 $ par semaine au lieu de 25 $ comme tous les parents du Québec parce que ma fille a un tuyau de gavage.C’est injuste.Le ministère de la Santé et celui de la Famille et de l’Enfance se renvoient la balle, mais ils devraient s’unir pour aider tous les parents comme nous.On nous répond qu’on est dans une zone grise et qu’il n’y a pas de ressources.C’est ridicule.» En médiatisant son histoire, le couple utilisait sa dernière carte.Mais v°ilà, depuis qu’ils ont parlé de leur situation, Éric et Julie reçoivent de nombreux appels de parents et de supporters.Éric est convaincu que les choses vont bouger et se fait le porte-étendard des autres parents.«On va faire avancer la société, parce qu’il y a présentement des priorités qui ne sont pas à la bonne place.» Et, qui sait, peut-être que la petite famille d’Éric n’aura pas à faire sa propre campagne de financement Tan prochain pour obtenir les soins à domicile dont a besoin Béatrice.RÉGIONS SUITE DE LA PAGE 1 gouvernement à déposer une véritable politique de la ruralité dont on espère qu’elle améliorera un tant soit peu la situation des régions.D’ailleurs, les récriminations de certains élus ont amené le député de Verchères et vice-premier ministre Bernard Landry à s'impliquer davantage dans ce dossier, mécontent qu’il est de se faire dire jour après jour que le gouvernement néglige les régions, n’en ayant que pour la métropole.L’appui est de taille puisqu’en tant que ministre des Éi-nances, il a évidemment la latitude nécessaire pour donner un coup de pouce, ne serait-ce que financier, aux régions.Cela dit, les ministres et députés s’entendent sur une chose: la politique de la ruralité promise depuis plusieurs années doit être déposée dans les plus brefs délais.L’objectif visé par un tel document, selon le discours du budget 1997-98, est «d’harmoniser et de coordonner les différentes mesures des ministères et organismes gouvernementaux et définir les services et moyens à mettre en œuvre pour appuyer le développement des milieux ruraux».En d’autres termes, outiller les régions pour assurer leur survie.L’idée germe depuis 1996, où le groupe de travail sur les villages prospères recommandait au gouvernement «de travailler à l’élaboration d’une politique gouvernementale de développement rural et d’en tirer un plan d’action».Le ministre des Régions, Jean-Pierre Jolivet, a bel et bien déposé un cadre de référence en octobre 1999, mais depuis.rien.Du moins, officiellement.En juin dernier notamment, lors d’une séance du conseil des ministres, Louise Harel déplorait que dans son document en gestation le ministre Jolivet ait mis «en opposition le monde rural et le monde urbain».«En plus de n’apporter rien de neuf, poursuivait-elle, cette approche a pour effet de mettre l’accent sur les divergences entre ces deux mondes, d’alimenter les frustrations des ruraux vis-à-vis des urbains plutôt que de les rapprocher.Or ces deux mondes sont complémentaires.» Cette prise de position était d’autant plus lourde de conséquences que Mme Harel est la présidente du COMART, le Comité ministériel des Affaires régionales et territoriales.M.Jolivet en est le vice-président.Mais depuis, le dossier a rebondi sur le bureau du premier ministre.Lucien Bouchard a d’ailleurs rapatrié dans ses bureaux il y a quelques jours le chef de cabinet du ministre des Régions, Harold LeBel, à titre de conseiller politique pour ledit dossier.Cette volonté de haut niveau de débloquer le dossier a transformé le document de M.Jolivet au point où Ton ne parle maintenant plus d’une «politique de la ruralité» mais plutôt d’une «stratégie gouvernementale dédiée spécifiquement aux communautés rurales».On peut présumer que cette décision déplaira à certains acteurs du milieu qui ne manqueront pas de souligner qu’une étape a été brûlée.Une politique permet de coucher sur papier des orientations qui seront par la suite débattues.Une stratégie gouvernementale, à l’opposé, permet de passer à l’action immédiatement.Mais personne ne niera que la façon de faire du gouvernement comporte également des avantages dont les régions pourront profiter immédiatement.Ainsi, on peut prévoir que le gouvernement débloquera les fonds nécessaires à la constitution de pôles économiques dans les territoires ruraux comme il Ta fait pour Montréal au cours des dernières années.Il tentera également de mieux outiller les régions pour qu’elles puissent diversifier leur économie, maintenir et améliorer les services de proximité, revaloriser le cadre de vie rurale, mettre un frein à la déstructuration des milieux ruraux en difficulté et stimuler les initiatives de revitalisation.Selon un mémoire déposé par M.Jolivet au conseil des ministres en mai dernier, le «contrat d'initiatives rurales» pourrait être la voie que privilégierait le gouvernement pour atteindre ces objectifs.Il s’agirait d'un «moyen de donner des,assises formelles au partenariat qui permettra à l'Etat et à la collectivité de joindre leurs forces pour agir de manière globale, cohérente et à long terme sur l’ensemble d'un territoire rural en difficulté», selon ce document.Ce contrat, d’une durée de cinq ans, serait financé par les promoteurs locaux et les ministères concernés.Mais le temps presse puisque la réforme municipale est bien amorcée et il est important quelle soit arrimée à ce qui sera fait ailleurs sur le territoire.Ne parlait-on pas d’une réorganisation de l’occupation du territoire au sens large il n'y a pas si longtemps?Dans les coulisses, on soutient que la nouvelle stratégie gouvernementale sera dévoilée au plus fard en décembre prochain par le premier ministre, personnellement.En attenaant, les libéraux ont le terrain libre pour développer leur propre politique et, ce faisant, s’attaquer directement à la base électorale du PQ.*
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