Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 2000-10-14, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
-V.LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 OCTOBRE 2 0 0 0 LE DEVOIR Romans québécois Page D 3 Essais Page D 4 Le feuilleton Page D 5 Arts technologiques Page D 9 Disques Page D10 ft IS d J {' Premier numéro du magazine allemand Literaturen.Foire du livre de Francfort L’édition sans éditeurs LOTHAR B A1 E R COLLABORATION SPÉCIALE Francfort — Depuis une quinzaine d’années, la Foire du livre de Francfort invite chaque année un pays à présenter sa littérature dans le cadre de cette importante manifestation du monde des livres.Cette année, c’est la Pologne qui sera accueillie à la 52' Foire internationale du livre, qui ouvre ses portes le mercredi 18 octobre.Deux Prix Nobel polonais, la poétesse Wislawa Szymborska et l’essayiste Czeslaw Milosz, sont attendus à Francfort, mais aussi le grand poète Tadeusz Rozewicz, la pro-satrice Hanna Krall, le fameux «grand reporter» du Tiers-Monde Ryszard Kapuscinski et plusieurs autres, dont un certain nombre de jeunes inconnus.Pour l’occasion, de nombreuses lectures-débats avec des écrivains provenant de la Pologne auront lieu non seulement dans la halle de la foire même mais aussi dans différentes libraries de la ville.Etonnamment, c’est la grande industrie allemande du livre qui semble ne pas avoir tenu compte de l’invitation faite à la littérature polonaise.Au printemps dernier, le puissant groupe Holtzbrink, propriétaire — avec un certain nombre d’hebdomadaires et de magazines — de maisons d’édition aussi prestigieuses que S.Fischer Verlag (Franz Kafka, Thomas Mann, Stefan Zweig) et Rowohlt (Robert Musil, Albert Camus, Jean-Paul Sartre), décidait de mettre de ce qu’il appelle de l’ordre dans ces dernières maisons, tâche qu’il confiait à la firme américaine de contrôleurs de gestion McKinsey.Après avoir analysé la production de la maison d’édition Rowohlt-Berlin, créée en 1990 et dotée d’une solide réputation éditoriale dans le domaine de la littérature est-européenne, les experts de McKinsey ont estimé qu’il y avait trop de noms polonais dans le catalogue de Rowohlt-Berlin, des noms à l’orthographe compliquée que personne n’était de toute façon capable de prononcer.Ils conseillèrent donc à la maison d’édition de cesser de publier des œuvres dans le domaine polonais.Les possibles retombées commerciales de l'invitation faite à la Pologne par la Foire du livre laissèrent indifférents ces experts en gestion efficace.Pour montrer sa désapprobation devant tant d’ineptie VOIR PAGE D 2: ÉDITION VRES Daniel Poliquin est né à Ottawa, où il vit encore, 47 ans plus tard, en français.Il est Franco-Ontarien, et c’est de ce point de vue qu’il aborde les tergiversations politiques du Québec dans un essai-pamphlet intitulé Le Roman colonial, tout juste paru chez Boréal.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR CJ est un essai revanchard que Le Roman colonial.Un essai qui fera grincer des dents.D’entrée de jeu, en entrevue, Daniel Poliquin lance que plusieurs Québécois qu’il a côtoyés au cours de ses études à l’université d’Ottawa ont eu à l’égard des Franco-Ontariens une attitude méprisante.On les traitait dit-il, de «collaborateurs» et d’«assimilés», se moquant de leur langue bâtarde, mal maîtrisée.Qu’à cela ne tienne! Poliquin, aussi romancier de et qui a traduit Jack Kerouac et Mordecai Richler en français, a décidé de se venger.Au chapitre de la langue, il note donc les fautes de français de Lucien Bouchard, sans parler, évidemment, de celles de Pierre Falardeau, ou encore, à travers des citations imaginaires, celles du Québécois moyen de la rue.Inutile de dire qu’il s’abstient de mentionner à cet égard les fautes de Jean Chrétien puisque sa cible est faite de nationalistes et d’autres ardents défenseurs de la culture québécoise.«Arrête, hostie! qu’on me crie», écrit-il, citant ainsi des interlocuteurs anonymes québécois.«Arrête de chier sur mon peuple exploité, colonisé, humilié! Mon tabarnac, toué! Ça prend-ti un intellectuel mangeux de sushis, qui lève le nez sur le ragoût de pattes de nos mères, pour dire des écœuranteries de même!» Les Québécois, soutient-il, vivent le drame de la recherche du père.«C’est un drame familial comme on en voit chez Freud», lance-t-il en entrevue.Et, tour à tour, les René Lévesque, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard ont tenté de coiffer ce chapeau de fondateur de la nation.«Une société distincte, le Québec?Oui, et après?On s’en fout éperdument.Terre-Neuve abrite aussi une société distincte, c’est la province la plus irlandaise du pays, mais cela ne lui donne aucun droit.Si encore on avait dit que le Québec a une personnalité française, d’accord, mais encore là, il faut drôlement souffrir d’insécurité pour constitutionnali-ser une évidence pareille», écrit-il.D’ailleurs, Lucien Bouchard, croit-il, agit comme un colonisé en quémandant constamment l’approbation de la France et en citant abondamment des héros français.Relevant certains anglicismes de Lucien Bouchard, il écrit par ailleurs: «Il y a des jours où il faut vraiment comprendre l’anglais pour comprendre le gardien de la francité québécoise.» A propos de la colonisation, Daniel Poliquin s’en prend VOIR PAGE D 2: SOLITUDES JACQUES GRENIER LE DEVOIR K I mL.à KHALI I GIBRAN, Qui était Khalil Gibmn ?a; \\° — N TEMPS 34.05 S • 396 pageî Fl D ES 1 s TIFFET LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET D I M A N CME 1 5 O < T O B R E 2 O O O Livres EDITION Selon l’éditeur américain André Schiffrin, nous sommes entrés dans Vère de «l’édition sans éditeurs» SUITE DE LA PAGE D 1 professionnelle, l’équipe éditoriale de Rowohlt-Berlin a démis-siopné en bloc en juin dernier.Evolution paradoxale qui met en lumière les difficultés auxquelles doit faire face, à la veille de cette foire, l’industrie du livre en général et celle de l’Allemagne en particulier.Comme ils le font toujours, bon an mal an, les porte-parole de la foire dévoileront de nouveaux records (chiffres d’affaires, nombre de stands à la foire, nombre de nouveautés), mais personne ne s’en félicitera.Car il est évident que le monde de l’édition en Allemagne souffre d’une maladie jusqu’alors inconnue au pays de Goethe, une sorte de boulimie de papier.L’Allemagne en avale beaucoup trop, c’est-à-dire qu’elle publie sans cesse davantage de titres et sur beaucoup trop de sujets.Elle cherche ensuite à se débarrasser le plus vite possible de cette masse de papier imprimé, soit en faisant une mise en marché monstre pour certains ouvrages de type «best-seller», soit en retirant rapidement d'énormes quantités de livres du marché et du catalogue en les cédant aux grossistes de livres d’occasion.Face à une baisse constante des tirages par titre, beaucoup d’éditeurs, afin de maintenir leur rythme de production, choisissent la fuite en avant en publiant encore plus de titres, provoquant ainsi une inflation de titres sans précédent.Selon l’éditeur américain André Schiffrin, ancien patron de la maison d’édition new-yorkaise Pantheon Books, fondateur et directeur de la nouvelle maison Z d’édition The New Press, nous sommes entrés dans Père de «l’édition sans éditeurs» — comme l’indique le titre de son essai (paru en français en 1999 chez La Fabrique) dont la traduction allemande, à paraître chez l’éditeur berlinois Wagenbach, sera présentée par l’auteur à la Foire du livre de Francfort et devrait susciter bien des débats dans la profession.Bien évidemment, les grands perdants de cette évolution de l’édition sont avant tout les lecteurs, qui, devant l’inflation de titres publiés sans qu’ils aient pour autant l’impression que ceux-ci s’inscrivent dans un programme éditorial cohérent, ne savent plus à quel saint se vouer.Afin de leur fournir des repères et des critères pour guider leur choix, l’éditeur berlinois Friedrich (qui publie le magazine Theater Meute, pendant allemand de la revue québécoise Théâtre-Jeu) vient de Le nouveau magazine littéraire allemand doit s’imposer face à une multitude de quotidiens GRC Rc )UPE înaud-Bray — — ®anu>au—&¦— PALMARÈS HEBDOMADAIRE Ventes du 4 au 10 octobre 2000 i PRATIQUE 1 Duval & Duquel L'Homme 2 HUMOUR 1 Pascal Beausoleil Intouchables 3 PSYCHO.La synergologle 21 Philippe Turchet L'Homme 4 ROMAN 99 francs 3 F.Beigbeder Grasset 5 ROMAN Q.Black - Les chaînes de Corée 3 Paul Ohl Libre Exprès.6 JEUNESSE Chansons drôles, chansons folles (Livre & DC) * 4 Henriette Major Fides 7 ROMAN Métaphysique des tubes 5 A.Nothomb Albin Michel 8 CUISINE Les sélections du sommelier 2001 3 François Chartier Stanké 9 BKX3RAPR 1 The Beatles Seuil 10 jeunesse Benjamin fête l'Hailoween 2 Bourgeois/Clark Scholastic 11 BIOGRAPH.1 Michel Vastel L'Homme 12 ROMAN Q.Pauline Pinchaud, servante 5 Denis Monette Logiques 13 PSYCHO.Les manipulateurs et l'amour 2 1.Nazare-Aga L'Homme 14 SPIRITU.L'art du bonheur v 84 Dalaï-Lama R.Laffont 15 PSYCHO.Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même 8 Lise Bourbeau E.T.C.16 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) v 57 Henriette Major Fides 17 B.D.2 Tome & Janry Dupuis 18 HUMOUR Penser, c'est mourir un peu 4 G.Taschereau Intouchables 19 PSYCHO.À chacun sa mission 46 Monbourquette Novalis 20 POLAR 1 Jean-C.Grange Albin Michel 21 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous v 154 1.Nazare-Aga L'Homme 22 POLAR Prisonniers du temps 18 M.Crichton R.Laffont 23 ROMAN Et si c'était vrai.38 Marc Lévy R.Laffont 24 B.D.1 WktenlochefÆrett Dargaud 25 ROMAN O.Courir à sa perte « 5 G.Archambault Boréal 26 JEUNESSE Avec des yeux d'enfant * 6 Henriette Major l'Hexagone 27 PSYCHO.La guérison du cœur 36 Guy Cornea u L'Homme 28 PSYCHO.La séduction : vérités et mensonges 4 Richard Fleet Libre Exprès.29 ROMAN Fille du destin e 19 Isabel Ailende Grasset 30 ROMAN Le fantôme d'Anil « 5 M.Ondaatje Boréal 11 SEXUALITÉ Le pénis illustré * 29 Joseph Cohen Kbnemann 32 CUISINE Sushis faciles 19 Collectif Marabout 33 PRATIQUE 3 Éric Brassard É.Brassard éd.34 PSYCHO.Ces parents qui aiment trop 23 AshnerMeyerson Stanké 35 POLAR Avant de te dire adieu 19 M.Higgins Clark Albin Michel 36 GUIDE Québec la belle province 19 Collectif Phidal 37 ROMAN Soie e 194 A.Baricco Albin Michel | ROMAN Stupeur et tremblements « 57 A.Nothomb Albin Michel 39 B.D.2 Bergese Dupuis 40 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 53 P.J.D'Adamo du Roseau Livres -format poche ROMAN Geisha V 22 Arthur Golden Livra de poche JEUNESSE Harry Potter : volumes 1,2 et 3 43 J.- K.Rowling Folio junior POLAR Le dernier coyote V 3 M.Connelly Points-Ssull ROMAN Le journal de Bridget Jones v 17 Helen Fielding J'ai lu SPIRITU.Conversations avec Dieu, tome 1 « 14 NseteD.WWsch J'ai lu * : Coupa d» caour RB ilfcdaanwlnaïur mira tant MB.: Laa dlctlonnalraa at laa titrât * l'ttuda aont exclut L NOMBRE DE SEMAINES DEPUIS PARUTION lancer un nouveau magazine littéraire, appelé sobrement Litera-turen («littératures»).Le premier numéro de ce nouveau mensuel de 152 pages paraît juste avant l’inauguration de la Foire du livre de Francfort.Il s’ouvre sur un portrait de l’écrivain canadien Michael Ondaatje, signé par la rédactrice en chef Si-gxid Lôffler qui dirigeait, jusqu’à il y a peu, les pages culturelles de l’hebdomadaire Die Zeit.D’après l’ambitieux programme de la rédaction, Literaturen ne veut pas se laisser arrêter par les frontières entre les diverses littératures nationales ni par celles entre «fiction» et «non-fiction».Prenant appui sur la décision de la Foire du livre de Francfort d’inviter la Pologne, tout un dossier est consacré à la littérature polonaise contemporaine.Une section importante du magazine aborde également le thème de «l’invention de l’Est» à partir d’une autobiographie de l’intellectuel palestinien Edward Said, parue,l’année dernière aux Etats-Unis.L’écrivaine algérienne Assia Djebar, lauréate du prestigieux prix des Libraires allemands, fait l’objet d’un portrait.Des notes de lecture au texte serré alternent avec des entretiens et des articles sous forme d’essais littéraires de plusieurs pages.Les concepteurs du magazine se sont visiblement inspirés de la New York Review of Books.Mais Literaturen ne s’inscrit pas dans le même paysage éditorial que la fameuse publication bimensuelle de New York, seule dans son genre aux Etats-Unis.Le nouveau magazine littéraire allemand doit s’imposer face à une multitude de quotidiens et d’hebdomadaires qui, à la différence des journaux américains, offrent régulièrement à leurs lecteurs des pages ou des suppléments littéraires plutôt bien garnis.L’avenir dira si les lecteurs allemands se laisseront séduire par la manière presque classique, peu spectaculaire, avec laquelle Literaturen entend proposer points de repère et critères dans le domaine de l’édition de livres.SOLITUDES Daniel Poliquin a choisi de vivre «là d’où il vient» SUITE DE LA PAGE D 1 aussi à l’attachement des Québécois aux symboles de la monarchie française.«Ainsi, à Québec, on conserve jalousement le chemin du Roy, la place Royale, avec son buste de Louis XTV, les rues d’Aiguillon et d’Auteuil, les Auberges du Gouverneur, autant de symboles d’une monarchie pourtant oublieuse; la province s’est même dotée d’un drapeau aux couleurs de cette monarchie, fleurdelisé blanc sur fond bleu, ce qui est le comble d’une fidélité bien mal payée de retour.Comme si un chevalier cocu s’entêtait à défendre les couleurs de sa dame», écrit-il encore.Un «nous» changeant On Ta dit, Daniel Poliquin est Franco-Ontarien.Ses trois enfants ont été éduqués en français en Ontario et il participe au mouvement des caisses populaires de l’Ontario.Parfois, pourtant, lorsqu’il parle du Québec, Daniel Poliquin utilise la première personne du pluriel.Le «nous» des Franco-Ontariens devient le «nous» «de la nation cana-dienne-française», précise-t-il en entrevue.Cependant, les deux personnages qu’il crée au début de son essai et qui l’accompagnent dans son argumentation sont, avoue-t-il, des «portraits-robots».Ces deux personnages, l’un nationaliste — c’est l’homme de foi —, l’autre indécis — c’est l’homme de peu de foi —, courtisent tous deux la même femme, qui finit par suivre un autre homme à Rome.«Je sais seulement quelle n’aura aucun chagrin si elle rate le prochain référendum», écrit d’ailleurs Poliquin en guise de conclusion.Contrairement à plusieurs Franco-Ontariens qui ont choisi de s’établir au Québec, certains se convertissant même à l’indépendantisme, l’homme a donc peu vécu au Québec.«J’ai fait ici deux séjours, une fois de six mois et une fois de trois mois», confirmet-il.Au sujet de l’assimilation, il affirme d’ailleurs avoir gardé de l’adolescence la conviction que «le seul drame de l’assimilation tient à ceci que l’assimilé cesse de choisir».Daniel Poliquin a choisi: choisi de vivre «là d'où il vient», même si, fils d’un père né au Québec et d’une mère d’origine québécoise, il affirme que «le Québec est ma mère patrie».Vivre en Ontario suppose de vivre à l’intérieur d’une minorité, une rie plus difficile que celle qu’il pourrait mener au Québec, où il se sent d’ailleurs «en vacances», puisqu’il sait qu’il sera compris presque par- DENIS VANIER (1949 - 2000) F tH Tt « Ne jamais guérir est la liberté.» D.V.LES HERBES ROUGES Pierre Manseau ¦ : .- : -¦ ».^Triptyque www.generation.net/tripty Tél.: (5H) 597-1666 Ce livre est dédié «à ceux de la génération sida qui ne meùrent pas».Séropositif, l'auteur part de sa propre expérience.Le processus de renonciation au cheminement existentiel et à la recherche du mieux être est enclenché; le désenchantement a fait son œuvre, il ne reste plus d’illusions.Puis la trithérapie vient prolonger une vie qui apparaît implacablement vide et beaucoup moins prometteuse que la mort.L'écrivain ne peut donc plus se leurrer.Pierre Manseau .es bruits de la terre pt istlticv tic Pierre Saklucd r récits.P2 p,, 18 $ Daniel Poliquin tout en français.Il est d’ailleurs en faveur de la loi 101 garantissant la survie du français.D’Ottawa, donc, Poliquin baigne malgré tout dans la culture québécoise, par la télévision, la radio et les journaux.Il n’a cependant jamais voté aux référendums québécois.«Face au Québec, je suis étranger et familier», dit-il.Ce qui ne l'empêche pas d’écrire des propos très durs au sujet des politiciens, René Lévesque et Robert Bourassa compris, qui dorent la pilule aux Québécois pour leur vendre des projets irréalisables, dont la souverainetéas-sodation, un modèle «transgénique, dit-il, moitié chèvre, moitié mouton».«On songe à Laurent-Michel Vacher, qui a dénoncé mieux que personne le veau d’or de la souveraine-té-association, cet indépendantisme peureux de porte d’en arrière tout juste bon à berner les innocents, écrit-il.R a bien démontré, dans une langue claire, que cette démarche était condamnée: on ne fait pas l’indépendance en mentant à des gens libres que l’on prétend libérer et qui finiront asservis à une illusion.» L’auteur reconnaît cependant que le nationalisme québécois était souhaitable à une certaine époque, celle de Gaston Miron ou de Jacques Ferron, par exemple, JACQUES GRENIER LE DEVOIR époque où il y avait ici «deux poids, deux mesures», les francophones étant détavorisés à plusieurs égards au profit des anglophones du Québec.Par ailleurs, dans Tune des contradictions qui émaillent ce livre, Poliquin affirme que Pierre Falar-deau est «le maître flagorneur de cette classe ouvrière qui n’a jamais existé au Québec».Faisant référence au cinéaste Denys Arcand et à l’écrivain Georges Dor, Poliquin écrit du reste: «J’ai dans l’idée qu’Arcand et Dor sortent peu, ou alors qu’ils ne fréquentent pas beaucoup cette basse classe qu’ils flattent à voix haute mais qu’ils détestent dans le fond.» Plus tôt dans sa carrière de romancier, Daniel Poliquin a signé deux courts essais.Le premier a été publié en 1996 et s’intitulait Bouchard ou le martyr imaginaire, et le second portait sur la dédramatisation de l’assimilation.Daniel Poliquin est surtout connu pour ses romans, dont L'Homme de paille, paru en 1998.Il travaille à la rédaction d’un prochain roman.LE ROMAN COLONIAL Daniel Poliquin Le Boréal Montréal, 2000,256 pages 18e Colloque annuel de l’Académie des lettres du Québec « La langue française et nous » 28 octobre 2000 de 10 h à 18 h à la librairie OLIVIERI, 5219, Côte-des-Neiges à Montréal (métro côte-des Neiges) PROGRAMME Animation : Winston McQuade Présidence d’honneur: Claude Lévesque, philosophe et membre de l’Académie.Conférence inaugurale: Nadia Bredimas-Assimopoulos, présidente du CLF : «Les points marquants de l’histoire de la langue française au Québec» (à 10 h) 1- La langue comme pratique d’écriture (à H) h 30) Lise Gauvin L’écrivain et la langue au Québec Madeleine Gagnon De la présence des poètes dans la langue Noël Audet L’écrivain/e: de la norme à l’invention de la langue André Brochu La langue comme mémoire et moteur de l’imaginaire 2- La langue comme histoire (à 14 h 30) Jean Royer L’engagement de T Académie des lettres du Québec Céline Saint-Pierre Le Conseil supérieur de l’Éducation et l’enseignement de la langue Micheline Dumont Les femmes et la langue dans l’histoire Michel Rioux De l 'utilité de la Charte de la langue française 3- La langue et la culture (à 16 h) Marie-Éva de Villers La qualité de la langue et ses effets (enseignement, médias, publicité) Gérald A.Beaudoin La langue juridique comme fondement culturel Jean Forest L’anglicisation et l’enseignement du français Michel Plourde Les conditions de l’avenir du français au Québec?«Le mot de la tin»: Luc Bureau LANCEMENT: Comment la langue parle-t-elle de nous?(à 17 h) «L'écrivain/e dans la Cité?», Actes du 17* Colloque de l’Académie publiés par Triptyque.À 17 h 30.N.B.On peut réserver pour le repas du midi au bistro de la librairie: (514) 739-3639.ê T L K I) K V OIK, L E S S A M EDI II K T l) I M A N < Il E 15 OCTOBRE 2 O O (I I) Wf Livres ^ ROMANS QUÉBÉCOIS VIE LITTÉRAIRE Ah! La vie d’artiste.Raymond Lévesque s'offre le luxe de raconter ce que bon lui semble, et à peu de frais Des LE PETIT LALONDE Raymond Lévesque Lanctôt Editeur Montréal, 2000,148 pages epuis que la surdité l’a forcé à se retirer de la scène, il y a une quinzaine d’années, Raymond Lévesque n’a pas cessé d’écrire.Des textes sans prétention, comme l’étaient ceux de ses chansons et de ses monologues, des récits dont certains se présentent com-rçie humoristiques — Lettres à Ephrem, De voyages et d’orages (L’Hexagone) — ou d’autres qui le sont, même s’ils ne sont pas étiquetés comme tels: Ketchup (VLB), Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté (Stanké).Lévesque y défend parfois encore les humbles écrasés par les puissants mais il se moque surtout de tout un chacun, y compris de ceux qui, par naiVeté plus que par ambition, croient pouvoir changer le monde en lui signalant ses errements et, corollaire obligé, en lui montrant la voie à suivre pour s’en tirer.Cela tourne court, immanquablement, et personne ne s’en trouve plus mal.Ce pionnier de la chanson québécoise s’offre, comme il l’a toujours fait, le luxe de raconter ce que bon lui semble, et à peu de frais.Il suffit de quelques mots pour entreprendre tous les voyages, pour planter des décors grandioses ou décrire des scènes rocambolesques, pour multiplier les rebondissements où s'agitent d’impressionnantes cohortes de personnages et de figurants.Le Petit Lalonde est, au départ, une petite histoire de rien du tout qui ne tardera pas à se transformer en quasi-épopée.D’abord, un jeune Québécois de onze ans, dont on dit qu’il a une jolie voix.Puis, le père de celui-ci, un peu dur de la feuille mais qui voit grand: son fils deviendra une vedette de la chanson, c’est-à-dire que le rossignol se métamorphosera en poule aux œufs d’or.Mais pour que le petit Lalonde fasse carrière, il lui faut tout un attirail: un piano (acheté d’un ancien lutteur), un professeur de chant, dont la compétence se résume à trouver du talent à tous ceux qu’il prend en charge, un imprésario, Siffoné Rigoletti, Italien, qui se trouve être «la pire patate, le pire escroc qu’il y avait dans le genre».Et puis encore, un professeur d’anglais (incompétent), de même qu’un producteur de disques, Antonio Walker, aussi magouilleur que l’imprésario.Chacun tire à hue et à dia, et pourtant, miraculeusement, la carrière du petit Lalonde démarre.Ses chansons tournent à la radio, on le voit à la télé, il fait une tournée du Québec, avec notamment une halte mémorable au Robert C h a rtra n d Saguenay où se pressent pour l’entendre les gens de Chicouti-mi-Ouest, dont il est dit que «comme péteux, on ne fera jamais mieux».Mais l’entourage du jeune La-Ipnde n’a d’yeux que pour les Etats-Unis car c'est là que se trouve la vraie consécration, c’est-à-dire le gros argent.A New York, les débuts sont difficiles; Chicago, en revanche, est plus accueillante.Puis, ce sera la Californie, où le petit Lalonde, qui s’appelle désormais «The Little Lafayette», va tâter du cinéma.Bref, le jeune garçon a du succès, il gagne beaucoup d’argent dont il ne voit pas la couleur.Mais comme il n’y a rien de plus éphémère que la jeunesse et l’originalité, le public se lasse.C’est bientôt le déclin.Le petit Lalonde se recycle brièvement en chanteur country et se voit condamné à la débrouille au Venezuela, au Brésil, avant de revenir tout penaud à la case départ: son Plateau Mont-Royal natal.L’ascension et le déclin du petit Lalonde sont également pleins de surprises pour le héros lui-même comme pour les lecteurs: à chaque étape — et elles sont nombreuses —, il se produit un petit désastre, suivi d’un départ précipité qui est parfois une question de survie.Le petit Lalonde, d’une mésaventure à l’autre, perd un peu de sa naïveté.Il y voit plus clair et se défend mieux, sans pour autant cesser de se faire avoir.Il y a du Candide chez ce personnage, dont l’histoire tient davantage du conte que du roman.La vraisemblance est souvent bousculée au profit de la fantaisie.Tout est mouvement et vivacité dans ce récit mené par un narrateur qui ne se gêne pas pour intervenir et dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas la langue dans sa poche.Miami est «une ville de cons», franchement «dégueulasse»', au Venezuela, «tout le monde est un peu tapette»', à Plattsburgh — le saviez-vous?—, «il y a une usine de capotes où on fabrique aussi des femmes en caoutchouc».Les Québécois préfèrent «la frime au naturel» et ils ont «l’âme molle» de naissance, ce qui fait qu’ils sont plus avancés que les Français pour la pitié; quant aux Allemands, ils sont pour la plupart «grossiers et primaires» et.ils puent tous «un peu»\ Les lesbiennes, est-il dit au passage, «traînent des faces macabres» pour la bonne raison que «dans ce milieu [sic]», on trouve beaucoup de haine, de conflits et de bagarres.Même chose chez les tapettes, car «le bonheur rôde rarement chez les marginaux».Le Petit Lalonde est une satire du milieu du spectacle, pleine de mordant, avec parfois des outrances, quelques facilités et des Micheline La France Le don d’Auguste 164 p.• 19,95 s XY/ éditeur.17K1, rue Saint-Huberl, Montréal (Québec) Hzt 3Z1 téléphone : (31/,) 325.2170 • Télécopieur : (314) S257S.37 Courriel : Xÿ*pd(é'inlink.net Le petit Laionde passages grivois.On y reconnaît çà et là la silhouette de son auteur qui, c’est bien connu, n’a pas été très habile dans la conduite de sa carrière d’artiste et qui a toujours eu son franc-parler, quoi qu’il lui en ait coûté.Dans On peut pas tout dire (Triptyque, 1997), où Sylvain Rivière a recueilli des textes épars de Raymond Lévesque, celui-ci, revenu de ses engagements solennels d’antan, disait qu’il ne voulait plus désormais qu’«écrire de la fantaisie.Ça ne sert à rien de vouloir écrire de grands livres».Voici en effet un petit livre qui distille ce rire très ancien qui fustige les mœurs et les travers de l’humaine condition.Le trait est souvent gros, mais la vie elle-même, selon le narrateur, n’est pas très subtile: «Des bouts, ça va bien, et d'autres, tout s’enfarge, que l’on fasse n’importe quoi.Lorsqu’on poigne une traite de ce genre, ça peut durer longtemps.» «La vie est ainsi faite qu’elle nous écœure comme il faut, nous cale au fond du trou pour aussitôt nous donner un peu de nanane afin qu’on lâche pas.Chaque fois, on se fait pogner pis on continue.» robert.chartrandS (asympatico.ca LES POETES DE L’AMÉRIQUE FRANÇAISE (LA CINQUIÈME SAISON, 2000-01) À la Chapelle du Musée de l’Amérique française 2, côte de la Fabrique Québec Début le lundi 16 octobre À la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal 465, avenue du Mont-Royal Est Montréal Début le mardi 17 octobre DAVID CANTIN Même si la poésie contemporaine est souvent la cible d’innombrables préjugés, les lectures publiques se portent plutôt bien.A titre d’exemple, les spectateurs étaient tellement nombreux à vouloir assister à la grande soirée du Festival international de la poésie à Trois-Rivières que les organisateurs ont décidé d’ajouter une représentation supplémentaire pour la première fois cette année.A Québec et à Montréal, le phénomène risque aussi de se produire dans le cadre des rendez-vous littéraires et musicaux des Poètes de l’Amérique française, qui entament Marcel Dubé ARCHIVES LE DEVOIR Normand de Bellefeuille voix poétiques à entendre dans quelques jours leur cinquième saison.Un événement singulier où Guy Cloutier et Marlène Couture invitent à entendre, au début de chaque mois, quelques-unes des voix majeures de l’horizon poétique actuel.Depuis l’automne 1996, des noms aussi importants que Marie-Claire Blais, Valère Novarina, Jacques Brault et André Velter ont pris part à ces soirées qui laissent toute la place à une parole ainsi qu’à un trajet poétique.Contrairement à ces marathons où l’on rassemble un nombre parfois aberrant de poètes, Guy Cloutier (qui assume la direction artistique ) et Marlène Couture (volet musical) préfèrent réunir les gens autour d’un seul écrivain.Poète iqvité et directeur littéraire des Editions du Noroît, Paul Bélanger considère ces rendez-vous comme «des moments précieux, d'une grande intensité, qui permettent un échange fécond entre le poète et les spectateurs».De plus, il n’y a pas que la présence de l’autre qui compte mais aussi ce contrepoint musical permettant d’atteindre un équilibre heureux.Pour entamer cette cinquième saison, Hélène Dorion revient pour une deuxième fois afin de lire plusieurs extraits de ses nouveaux recueils, Portraits de mers et Fenêtres du temps.Lors de la soirée du lundi 16 octobre à la chapelle du Musée de l’Amérique française et le lendemain, à Montréal, à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, le baryton Réal Toupin, accompagné au piano par Raymond Lepage, chantera la poésie de Théophile Gautier et de Shakespeare, mise en musique par Chausson et Fauré.Au mois de novembre, ce sera au tour du «père du théâtre moderne québécois», Marcel Dubé, qui proposera une poésie de «Vintran-quillité et du désir sans cesse réitéré de réinventer l’homme depuis ses racines».Des œuvres de Brecht et Weill seront alors au programme.En décembre, le nouvelliste, essayiste et éditeur de Québec Gilles Pellerin sera ! NORMAND GRÉGOIRE présent avec Roland Bourneuf comme invité.Une exception, mais aussi un choix qui ne peut que surprendre.Pour janvier 2001, une soirée des plus ludiques est à prévoir en compagnie de Normand de Bellefeuille.Un récital où les musiques de Satie et Lemonnier devraient se joindre à la voix de Bellefeuille.En février, la Gaspésienne Rachel Leclerc risque de séduire un public des plus attentifs.Le lundi 12 mars, le romancier, éditeur et diplomate Alain Nadaud lira à haute voix des passages du somptueux Petit catalogue des nations barbares.En avril, LouC-ky Bersianik reviendra sur des textes «qui ont transformé la manière de penser la femme dans le Québec contemporain».Pour clore la saison, en mai 2001: un invité de marque en la personne du français Claude Esteban.Il né faudrait surtout par manquer cette prestation qui figure parmi les ; moments forts de la programmation des Poètes de l’Amérique française.Pour une deuxième année à Montréal, il est possible de croire que le bouche à oreille invitera à un succès comparable à celui de Québec.Ces rendez-vous mensuels donnent un aperçu de ce que peut réellement être l’expérience de la lecture poétique.Une enquête policière pour mieux aller au fond de soi.Une énigme posée sur une superbe toile de fond littéraire.Mkhcliiv 1.» Haror Le don d’Auguste Le journaliste MICHEL ARSENE AULX a reconstitué la grande aventure vécue par le DR LUCILLE TeASDALE et son mari, PlERO CORTI, en Afrique.Un rêve pour a vie une biographie passionnante Michel Arsen A m w 1 il I «KilIcTÈAS&HE ! h fte/lLORTI EN VENTE PARTOUT rm w 1 * Pi,«ni-Yvn Bol.» 1.1 HUM T ni i.ulmiulsa H Pierre-Yves Doily Pour en finir avec la violence, peut-on oser la tendresse dans les relations entre personnes, entre groupes et entre pays ?Flvlb éditeur L—J www.edvlb.com I.K DEVOIR.LES S A M EDI 14 E T DIMANCHE I 5 O C T O H lî E 2 O O O I) I -«' Livres ¦*- ESSAIS QUÉBÉCOIS Lettre à Christian Dufour LETTRE AUX SOUVERAINISTES QUÉBÉCOIS ET AUX FÉDÉRALISTES CANADIENS QUI SONT RESTÉS FIDÈLES AU QUÉBEC Christian Dufour Stanké Montréal, 2000,144 pages C her Christian Dufour, attendais votre Lettre.avec impatience.Votre esprit nuancé, votre engagement soutenu à chercher une solution honorable pour tous au conflit ca-nado-québécois et votre loyauté envers le Québec, me disais-je, ne pouvaient qu’enrichir un débat essoufflé.Alliez-vous, enfin disaient certains, vous brancher une fois pour toutes et nous offrir, dans cette missive, la conclusion argumentée d’un parcours intellectuel depuis longtemps habité par une ambivalence un peu frustrante?Dufour franchement fédéraliste?Je n’arrivais pas à le croire.Militant souverainiste?C’eût été concevable, mais improbable.Et alors?Eh bien, vous ne m’avez pas déçu mais laissé sur ma faim.Votre Lettre.vous est fidèle: doucement provocatrice, elle distribue les torts le plus souvent avec justesse et professe un volontarisme politique que je partage, malgré les quolibets qu’un tel choix entraîne, mais elle pèche parfois par imprécision et naïveté.Vous avez raison de sermonner les souverainistes.Défaits en 1980 et en 1995, ils font trop souvent comme s’ils avaient gagné, refusent le jeu canadien dans l’attente d’une sanction finale qui pourtant se dérobe sans cesse, et cette bouderie, c’est vrai, n’apporte rien qui vaille: «Morale et esthétisme; bonne conscience et belles images», écrivez-vous en vous désolant du résultat ainsi récolté: «N’est-il pas évident que la part “rêve” du projet souverainiste est en train de s’amplifier, alors même qu'une partie du réel canadien échappe de plus en plus aux Québécois?» En préférant les principes au réel, les souverainistes contribueraient donc au cul-de-sac de la relation Québec-Canada.En refusant de reconnaître le réel attachement des Québécois, même nationalistes, à l’expérience canadienne qu’ils ont fondée, les souverainistes, à l’époque ennemis de Meech, entretiendraient maintenant un blocage dont ils se disent les premières victimes.Le constat choquera, mais vous avez raison de le risquer: «Le résultat est que le Québec n’est ni dedans ni dehors du Canada.Il n’est nulle part, dans son no man’s land à lui, de rêve et d’impuissance; il existe de moins en moins.» Auraient-ils tous les torts?Heureusement, vous n’êtes ni Jean Chrétien, ni Stéphane Dion, ni Guy Bertrand pour aller si loin dans la bêtise.Aussi, votre dure critique du nouveau nationalisme canadien n’épargne personne.Quand vous écrivez que le «refus viscéral de la plus profonde différence collective en ce pays» est à la base du pourrissement de la situation, que «le Canada est un pays profondément hypocrite et inauthentique, sa grande réputation de tolérance à l’étranger étant bâtie sur le dos de la négation du Québec», vous frappez fort mais juste.Que Trudeau en soit blâmé au premier chef et que Chrétien, en sous-fifre du premier qu’il singe, reçoive à ce titre le bonnet d’âne, cela me semble aller de soi.La démocratie canadienne, à se définir en opposition au danger séparatiste, vous le faites remarquer pertinemment, risque la dégénérescence, et l’exemple de Radio-Canada qu’on tente de diriger po- L o u i s Cor nellier litiquement en est une preuve.Où sont-ils, les intellectuels progressistes canadiens?Où donc, alors, trouver la voie de la sagesse politique?Votre réponse, qu’on dira molle, a le mérite de tenir compte des exigences de modestie et de dignité.S’il faut d’abord reconnaître, pour avancer, qu'on ne sortira pas du marasme national par une indépendance dont les Québécois ne veulent pas vraiment pour des raisons déjà évoquées ni par un oubli canadien de la question québécoise, il importe ensuite, écrivez-vous, de prendre conscience que, lorsqu’il est appliqué avec équité et raison, «rien ne ressemble davantage au fédéralisme, avec son mélange de souveraineté partagée et de souveraineté séparée, que la souveraineté-partenariat ou la souveraineté-association».Ces étapes psychologiques et sociopolitiques franchies, c’est-à-dire une fois rejetés la souveraineté de Parizeau et le Canada de Trudeau-Chrétien, reste à travailler à faire advenir l’essentiel: «imposer durablement la prédominance du français au Québec et donner un vrai contenu à une robuste société distincte québécoise, au sein d’un Canada qui incorpore la vision spécifiquement québécoise du fédéralisme [.].» Vous avez bien fait, Christian Dufour, de prévoir la réaction qui ne manquera pas de venir: Lettre KO* et 4U& feteMlistcVcaïudii qui «mi trito luidc' au Qlui'c Hitiikê «Chimères, me direz-vous?Sans doute.Mais sûrement moins qu’une indépendance dont les Québécois ne veulent pas.» Je ne suis pas sûr de partager entièrement et de me réjouir de votre constat, mais, en revanche, je serais bien prêt à prendre le risque de cette mission qui ne renie pas un nationalisme auquel je reste attaché.Vous apprendrai-je quelque chose en vous disant que votre proposition sera attaquée, peut-être même ridiculisée?Quant à moi, vous le savez maintenant, je ne serai pas de ces chœurs inébranlables, mais je ne vous quitterai pas avant de vous avoir dit que votre Lettre.m’a, par moments, irrité.Où donc, sinon chez les indépendantistes en manque d'arguments, avez-vous été cherché l’idée selon laquelle le faible taux de natalité et le fort taux de suicide qui affectent notre société seraient attribuables au blocage constitutionnel?N’avez-vous pas conscience que votre critique mal dirigée du modèle québécois, au demeurant critiquable d’un point de vue progressiste, fait le jeu de la droite affairiste?Vos bons mots au sujet du pep talk national que nous a servi Alain Dubuc dans La Presse à la fin de l’hiver 2000 sont consternants: l’idéologie Wal-Mart appliquée à l’avenir de la nation?Jamais! Seriez-vous tenté, comme votre ami Guy Laforest, par l’opportunisme adéquiste?Enfin, puis-je vous dire que parler du «Québec postmoderne», cela ne veut pas dire grand-chose, et que «des phénomènes de société comme Céline Dion et Maurice Richard» ne correspondent pas vraiment à l’idée que je me fais de la grandeur?Votre Lettre., cher Christian Dufour, j’en ai bien peur, sera conspuée pour cause de mollesse et d’irréalisme.Elle mérite pourtant d’être reçue comme celle d’un ami sincère et dévoué.louiscornellier (cjparroinfo.net Un livre ne vient jamais seul SIGNETS M ar i e - A n d ré e Lamontagne Le Devoir On est entré dans sa librairie.Comme Stephen Dedalus au pub, devant une mer de visages, on a peut-être eu un mouvement d’effroi.Livres, livres, livres.On s'est cru seul, bravement on s’est avancé.Quand on en est ressorti, le porte-monnaie flasque, l’esprit déjà lesté des deux ou trois titres emportés précieusement sous le bras, on a pu croire que toute l’opération s’était déroulée dans la relative solitude du lecteur, ici doublé d’un consommateur.Rien n’est plus faux.Plusieurs fantômes rôdaient pendant tout ce temps, qui ne l’avaient pas toujours été.D’abord celui de l’éditeur, dont la signature appose sur le livre un sceau aussi discret qu’indéniable.Car il en va des éditeurs comme des écrivains: ils ont chacun une personnalité, visible pour les premiers dans leur catalogue; pour les seconds, dans leurs œuvres passées, présentes et à venir.Tout le processus d’envoi de manuscrits, de rendez-vous sollicités, obtenus ou refusés, et de déjeuners à répétition ne vise au fond qu’à faire coïncider au plus près ces deux élé- ments après une période de tâtonnements plus ou moins douloureuse.Avis aux auteurs adeptes de l’arrosage à grande échelle, néfaste d’un point de vue écologique, coûteux et inefficace sur le plan individuel.Au-dessus de la tête du lecteur plane aussi le fantôme du critique qui danse, et parfois se dispute, avec celui de l’éditeur.Convaincu du bien-fondé de ses choix, ce dernier s’efforce maintenant d’en convaincre ceux qui n’achètent pas souvent des livres mais qui en lisent beaucoup et dont c’est le métier d’en parler régulièrement à ceux qui n’ont pas toujours les moyens de leurs goûts, dont ils ne parlent par ailleurs jamais, sauf dans le privé du bouche à oreille.Ces deux fantômes traînent dans leur sillage ceux des attachées de presse qui, tout sourire, volettent de l’un à l’autre, dans l’espoir de réconcilier les points de vue.Et on n’aura rien dit de ces autres fantômes dont celui du critique voudrait oublier qu’ils l’ont hanté: ceux de ses pairs influents à Paris, par exemple, ou à New York.Ainsi, tel livre qui dormait dans une pile de services de presse est soudain tiré de sa torpeur par le Pivot du dimanche soir, le Lepape du vendredi ou le dernier numéro des Inrockup-tibles.Fragiles journalistes.Du reste, les libraires ne font pas autre chose.Les recherchistes non plus.Et non plus les attachées de presse, forcées de choi- sir les billes à mettre en avant.Fragile système.Le parasite bien intentionné Mais il est un fantôme dont on oublie souvent de rappeler l’existence.C’est celui de l'agent littéraire.Ce «parasite bien intentionné», comme s’est un jour présenté l’un d'eux, touche en effet un pourcentage sur les revenus de ses poulains aux intérêts desquels il veille avec un soin jaloux.«Avoir un agent était désastreux, écrit Raymond Chandler en 1952, mais n’en avoir pas était pire.» Pourquoi un agent?Les rapports entre éditeur et auteur prêtent déjà suffisamment à malentendus sans qu’il soit besoin de leur ajouter un intermédiaire intéressé.Et puis, la profession est devenue cynique.De conseiller littéraire, qu’il lui arrive d’être encore, celui-ci s’est peu à peu transformé en imprésario, sous la pression d’une machine éditoriale soucieuse de rentabilité et des écrivains eux-mêmes, qui rêveraient tous, y compris au Québec où la chose est pour le moins difficile, de vivre de leur plume.L’article-charge de Raymond Chandler a paru à New York dans VAtlantic Review, sous le titre «Ten per Cent ofYour Life».En 1985, il devait inspirer à l’écrivain uruguayen Hiber Conteris un savoureux pastiche traduit en français par François Maspero (10 % de votre vie - Hommage à Raymond Chandler et Philip Marlowe, Actes Sud, 1991).Précisons que Chandler, égaré à Beverly Hills après un séjour alimentaire chez les pétrolières, visait l’espèce particulière de l’agent d’Hollywood, «l’orchidée de la profession», qui roule en Cadillac et a «le cœur gros comme une olive».Rien à voir avec le timide Diar-muid Russell, fils d’u,n poète irlandais émigré aux Etats-Unis, qui, en 1940, écrit à la jeune Eudora Welty, ayant publié tout au plus une vingtaine de nouvelles dans des revues confidentielles, pour lui offrir ses services: «Je suppose que vous connaissez la façon de travailler en parasite de l’agent littéraire qui prélève 10 % des revenus de l’auteur.Mais je dirais qu’il est un parasite bien intentionné, puisque la règle veut qu'un écrivain gagne plus d’argent avec un agent que sans lui.» (Author and Agent - Eudora Welty and Diarmuid Russell, Michael Kreyling éditeur, New York, Fa-rar, Straus Giroux, 1991).A ceux qui s’étonneraient d’exemples aussi exclusivement anglo-saxons, rappelons que c’est en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada anglais que la figure de l’agent littéraire est entrée systématiquement dans les mœurs éditoriales, au point où l’on vous dira que, dans ces pays, les éditeurs refusent de considérer les ouvrages d’auteurs qui n’ont pas fait l’objet d’un premier tri par les mains d’un agent.En Espagne, il y a un an environ, l’annonce de la retraite de Carmen Belcells, l'un des plus célèbres agents littéraires du monde hispanophone, a presque suscité le même intérêt que la sortie d’un roman de Xa- vier Marias ou de Carlos Fuentes.Et il faut avoir vu en action, à la Foire de Francfort, la vaste et bruyante ruche de l’Agent Center, qui tient de la Bourse ofi Ton s’égosille et du confessionnal où Ton marchande son salut, pour mesurer l’importance de cette profession, pourtant assez peu répandue en français.Le Guide Lire de l’écrivain, pçéparé par Jean-Luc Deblat (Editions SPES, 1995), recense une vingtaine d’agents littéraires en France, dont certains, comme La Nouvelle Agence ou Michelle Lapautre, se distinguent surtout par leur écurie anglo-saxonne.A Montréal, la plus connue est l’Agence Goodwin, qui représente un certain nombre d'écrivains mais doit d’abord sa réputation aux gens du théâtre.Au Québec, dans les faits, plusieurs éditeurs de littérature générale, en se faisant céder par l’écrivain les droits étrangers de l’œuvre à publier, assument une partie du rôle de l’agent littéraire et vont en négocier la traduction auprès de leurs collègues canadiens-an-glais, espagnols, américains — voire français, quand il s’agit de coéditions.Quant au rôle de conseiller littéraire, autrefois dévolu à l’agent, il est déjà en grande partie assumé par l’éditeur.L’agent littéraire devient alors le père de famille qui gère les revenus que l’écrivain peut escompter de son talent.Sa présence a le mérite, une fois réglées par contrat les délicates questions d’argent, de laisser le champ libre aux échanges éditoriaux à proprement parler.Mais l’agent peut aussi n’avoir en vue que ses inté- rêts à court terme.Habilement, il peut faire monter les enchères au delà du raisonnable, comme cela s’est vu avec des stars de l’édition américaine ayant obtenu des à-valoirs si élevés qu’ils condamnaient l’éditeur au surtirage et la librairie à des mises en place dont le caractère irréaliste ne manquait pas d’être rapidement confirmé par un taux de retour élevé.Et c’est encore son intérêt financier à court terme que l’agent a en tête lorsqu’il cède au plus offrant les droits étrangers d'un ouvrage, même si c’est au prix d’une dispersion de l’œuvre auprès de plusieurs éditeurs ou de sa traduction chaotique.Mais en définitive et malgré l’évolution de la profession, le plus grand mérite de l’agent est de ne pas laisser l’écrivain seul avec lui-même, ses doutes, ses ambitions, ses vanités, ce que la pratique complaisante de l’édition à compte d’auteur, par Internet ou sur support traditionnel, l'invite à faire.L'agent devient alors le premier lecteur de l’écrivain, et on l’espère son plus impitoyable.C’est sans doute pourquoi, vers la fin de sa vie, Raymond Chandler pouvait écrire à Jessica T'yndale, une amie, au sujet du sien, l’Anglaise Helga Green: «C’est son rôle auprès de l’écrivain qui me semble prodigieux [.] par sa façon de parler et d'agir, sa simplicité, sa générosité, son intelligence, elle m’inspire.Et cela sans essayer de le faire.Elle m’est infiniment plus précieuse comme agent littéraire, comme amie, que je ne le serai jamais pour elle comme client.» Il est vrai qu’entre-temps Chandler était tombé amoureux.Le plus grand mérite de l’agent est de ne pas laisser l’écrivain seul avec lui-même Christian Dufour Le défi québécois Le magazine littéraire de Télé-Québec Animé par Danielle Laurin Vendredi 19h30 • Rediffusions : dimanche 13hJ0 et .lundi 13h30 Cette semaine à CENT TITRES DIMANCHE, 13 h 30, Danielle Laurin rencontre l’auteurc cubaine Zoé Valdés à Paris pour la parution de deux romans : Le pied de mon père et Cher premier amour.Le pays de Fidel vu par une femme en exil.«Un livre solide et durable qui mérite d'être relu et médité attentivement.» (Extrait de la préface de Guy Laforest) «Un ouvrage crucial » Yvon Lachance a lu Apprendre à finir, de Laurent Mauvignier et D.Kimm parle d'Actions, un livre inclassable de l’artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson.Le livre de la semaine de Danielle Laurin : Berthe Morisot, Le secret de la femme en noir, de Dominique Bona.(Financial Times) «Un livre électrisant » (Québec français) 192 pages 19,95 $ Collection ’P'UAtHC dirigée par Guy Laforest Les Presses de l’Université Laval Pavillon Maurice-Pollack.bureau 3103 Cité universitaire, Sainte-Foy (Québec) Canada, G1K 7P4 Téléphone (418) 656-7381 • Télécopieur (418) 656-3305 Dominique.Glngras@pul.ulaval.ca • http://www.ulaval.ca/pul < h l iste m Dufour Le défi québécois Quel message aimeriez-vous laisser aux gens qui célébreront l’an 3000?Rendez-vous avec Tony Tremblay au Marché Bonsecours.Télé-Québec HXÿjlt IÆ DEVOIR À L’ESSENTIEL FIGURES DU TRÈS OBSCUR Yves fJamur Editions PHI - Ecrits des Forges Luxembourg-Trois-Rivières 2000,139 pages La poésie d’Yves Namur se risque à dire ce «peu de chose» qui donne au monde son sens véritable.En traversant ces Eigures du très obscur, on entre parmi cette interrogation sur le temps, l’espace et la mémoire.Il suffit parfois d’une strophe ou de quelques vers pour mesurer l’ampleur symbolique d’un tel trajet.On pense, bien sûr, à la quête d’un Robert Juarroz qui suggère la fusion d’un monde à la fois physique et métaphysique.La Itarole dYves Namur suit ce même chemin vers une connaissance poétique, où «seul est possible l’impossible».C’est d’ailleurs dans cette obscurité vivante que toute chose concrète trouve un sens abstrait: «Celle / Qui en un jour traça la hauteur/ Et la même profondeur des choses, / Celle / Dont parie avec ferveur la langue verte / Et d’obscurs bruissements de feuilles, / Celle-là même connaissait-elle / Le doute des pierres / Et / L’extrême beauté / Du mot “solitude”?» Cette méditation silencieuse va au bout d’un secret indicible, qu’elle retourne sans cesse, ixnir mieux comprendre l’intuition fondatrice de «l’innommée».David Cantin P fume inspiréey shfe direct et vivant Claude Gingras, la Presse Quarante ans au cœur de TOSM Lyse Vézina Deuxième edition revue, corrigée et augmentée 24,95 S • 220 pages 34 photos • Index ISBN 2 922245-43-8 Eh: o Dons les pensées de Lyse Vézina résonnent encore les mélodies de violoncelle qui ont enchanté sa vie.Au 111 d'une carrière qui a duré quarante ans au sein de l'Orchestre symphonique de Montréal, elle a vécu de l'intérieur les deux tiers des années d'existence de l'OSM.La musicienne a aussi vécu détonnantes aventures en compagnie de ses collègues de l'orchestre.Avec eux, Lyse Vézina a eu le privilège de côtoyer plusieurs grands noms de la musique, ce dont elle nous parle aujourd'hui.Linda Corbo, Le Nouvelliste.www.varia.com C.P.35040, CSP Fleury Montréal (QC) HIC 3K4 Tél.: (S 14) 389-8448 • Téléc.: (514) 389-0128 LES ÉDITIONS VARIA Distribution : Prologue I LE DEVOIR.L E S SAMEDI 14 E T I) I M A X CHE I 5 (I < T ORBE 2 O O II i) r> L I V R E S LE FEUILLETON L’exaltation du corps SUR L’EAU H.M.van den Brink Traduction du néerlandais par Anita Concas Gallimard Paris, 2000,146 pages Quand j’étais plus jeune, j’aimais bien le sport et, jusqu’à un certain point, j’y excellais.J’étais rapide, vif, endurant, plein d’énergie, combatif, même si je ne gagnais pas toujours.J’avais le sentiment que c’était un des moyens d’entrer en contact avec les autres, de me mesurer à eux et d’y trouver une reconnaissance, à tout le moins un respect.J’étais assez terrible car je détestais perdre, comme à peu près tous les enfants.Alors je remettais ça.J’apprenais à être plus rapide, plus précis, plus stratège, plus intelligent avec mon corps.Car j’avais alors un corps.certes maigrelet mais qui obéissait à mes ordres, qui fournissait, qui se dépassait parfois quand j’allais au bout de mon souffle.J’étais assez content de lui.Puis, un beau jour, à l’adolescence, j’ai perdu tout cela.Je me suis pris de la tête, et alors ont commencé la culpabilité, la gêne, la distance, le sentiment d’étrangeté, le questionnement sans fin.C’en était fini de mon corps joyeux, exalté, téméraire.J’entrais dans le monde douloureux de la conscience et de la faute.Je sortais de l’aire du jeu pour entrer sur la scène de l’enjeu.J’y étais si peu préparé.J’ai regretté parfois d'en être sorti car, à tout prendre, j’estime encore aujourd’hui que l’homme a trois formes d’intelligence, et qu’aucune d’elles n’est moindre que les autres: celle du corps, celle du cœur et celle de l’esprit; et que celui qui joint ces trois formes d'intelligence et sait les doser approche de la.perfection.S’il est malheureux, c’est vraiment par- Jean-Pierre Denis ce que le monde s’acharne sur lui (par jalousie, envie) ou bien encore qu’il se prend pour un saint (un des défauts des êtres parfaits) et voudrait que le monde aille mieux, ce qui est une impossibilité logique.Le monde va toujours mal, et il en sera ainsi tant qu’il y aura des hommes.Tout cela pour vous dire que j’ai lu Sur l'eau, du Néerlandais van den Brink, et que cela m’a rappelé combien le sport est une grande chose et que ce n’est pas pour rien qu’il est et sera toujours plus populaire que les «choses de l’esprit» (où les luttes sont beaucoup moins claires, beaucoup moins franches).Le corps qu’il entraîne dans son jeu, dans son aire, est ce que nous avons de plus intime, de plus personnel.C’est aussi ce qui ne nous survit pas.Il est transitoire, infiniment fragile et éphémère.Le sport, par ce qu’il exige de lui, nous le fait sentir dans toutes ses dimensions, y compris intellectuelle ou cognitive.Il le forge, le pétrit, le rend à la fois plus souple et plus résistant.Il nous fait surtout comprendre que ce dernier a son propre langage et qu’on ne peut pas tricher avec lui.Une faute de syntaxe, un irrespect de ses règles élémentaires et c’est la catastrophe.Mais, heureusement, comme dans la poésie, on peut déroger à certaines règles, à la condition d’inventer une forme plus juste, plus nécessaire (dans la discipline sportive, le saut en hauteur en est un formidable exemple!).Le paradis d’un été Sur l’eau n’est peut-être pas le roman de la rentrée mais il montre, à travers sa thématique, un retour vers les choses qui font du bien, qui exaltent ce que nous avons de meilleur en nous-mêmes, qui peuvent conduire aussi vers une certaine forme de bonheur et d’accomplisse- ment de soi.J’ai dit «bonheur» parce que tout ce livre s'inscrit dans sa quête (et même sa possession: «Pourtant, il n'est pas fragile, le bonheur de cet été [.J.On peut le tenir dans ses mains et poser sa tête dessus.Je le tiens dans ma main pendant des heures et il ne s’envole pas’>) puis dans sa perte.Nous sommes à Amsterdam pendant l’été 1939, et les choses vont bientôt radicalement changer.Mais avant qu’elles ne changent, Anton — héros et narrateur de ce récit — va l’éprouver dans sa chair, dans ses muscles, dans le soleil et le bois, dans l’eau et la pierre, dans l’amitié aussi.Fils unique de parents qui s’interdisent toute sortie hors de leur rue, toute vie sociale, qui ont peur du monde et de son étrangeté, qui vivent petit, Anton va, par le sport qu’il choisit (la course à aviron), s’arracher de l’univers fermé de son père et se donner un corps magnifique, fort, ouvert sur le monde.Son coéquipier, David (qui est probablement juif, le roman ne le dit pas, mais on peut l’entendre), est son complément parfait.Fils de riche, toujours le sourire ironique aux lèvres, sûr de lui mais parlant peu, il fait corps avec Anton (il a aussi du mystère en lui qui m’a fait penser, je ne sais pourquoi, au Grand Meaulnes).Ils ont tous les deux été choisis par un doktor allemand qui entreprend de les former à la course sur l’eau: Schneiderhahn.Très curieux, d’ailleurs, ce personnage qui sort on ne sait d’où et qui va disparaître tout aussi mystérieusement quand il aura accompli son œuvre: celle de faire des champions.Cheveux en brosse, se déplaçant sur une bicyclette rutilante, surveillant de la berge le progrès de ses protégés, ne demandant absolument rien en retour, il est la figure du maître exigeant et totalement désintéressé — hormis, peut-être, de faire la preuve de la justesse de ses théories et de la puissance de la disziplin.Les épreuves seront cet été-là nombreuses mais formatrices.Et van BLACK Les chaînes de Gorée ^ e ¦¦: Æ Æ&* Une fresque magistrale consacrée m I V * *v « ^ ïÉiL> Ù¥i.& \ .qui poursuit en qui rend ira liydp yiytinr// 1 Hubert Chartrancb La Devoir CHEZ VOTRE LIBRAIRE den Brink réussit parfaitement à traduire les exigences de ce sport et à faire ressortir le langage du corps qui y est à l’œuvre.S yZ ¦Sfr'*' y v J*» • Un roman qui marque Finalement, alors même que ce roman est écrit tout simplement, sans prétention, de manière toujours limpide, il réussit à nous marquer, et bien plus qu’on ne le croit.Je sais, par exemple, qu’il continuera à m’habiter.Pourquoi?Difficile à dire.J’y trouve de la simplicité, du mystère, des personnages attachants (à force d’être mystérieux et, en même temps, bons), un arrière-fond tragique (la guerre qui va arriver, la démolition des hangars à bateaux), une rigueur dans la composition et dans l’élaboration des grandes oppositions qui structurent l’en- Sur l’eau Gallimard semble du récit, bref, un ensemble de qualités qui, réunies, s'imposent à nous.Et, ce qui est le plus beau, sans jamais faire montre, en faisant travailler l’arrière-plan.denisjp@mlink.net HAMAGURI Aki Shimazaki EgSSffigglM W"" L - 'T- - Jocelyn Maclure Récits identitaires Le Québec à l’épreuve du pluralisme RÉCITS IDENTITAIRES I«c Québec à répreuve du pluralisme Préfacé par Charles Taylor, ce sixième titre de la collection Débats apporte un éclairage nouveau sur les questions identitaires au Québec.Il brosse un impressionnant portrait du chemin parcouru et poursuit la réflexion à la lumière des nouveaux facteurs qui forgent cette identité en constante évolution.Venez assister au lancement-débat, sur les ondes de la chaîne culturelle de Radio-Canada, dans le cadre de l'émission Passages.L’émission sera animée par Georges Leroux.Jocelyn Maclure, Daniel Salée (Université Concordia) et Jacques Beauchemin (UQÀM) y discuteront du livre et plus largement de la question Identitaire au Québec.L’enregistrement aura lieu le 17 octobre à 20 h à la librairie Olivieri située au 5219, chemin de la Côte des-Neiges à Montréal.Informations : (514) 398-3960 QUÉBEC AMÉRIQUE ^ www.quebec-amerique.com - Ees enfantsl l'abord Lo mitaine de la série’ * la mitaine de laine • j végétarienne Une toute nouvelle série d’albums-comptines tout en couleur par la vedette de l'heure des bouts d'ehoux.La mitaine de laine: ISBN 2-89381-758-0 • LX-868 Germaine, la grenouille végétarienne ISBN 2-89381-759-9 • LX-869 20,5 sur 20,5 cm • 24 p.• 7,95 $ Une prière pour chaque soir Collectif sous la direction de Roland Leclerc Chaque soir, avant de dormir, les enfants prient avec leurs propres mots.ISBN 2-89381-680-0 • LX-790 10,7 sur 10,7 cm • 396 p.• 12,95 $ sagesse nttuu Lofxtlurtd L«»u La sagesse des enfants Cynthia Copeland Lewis Les enfants sont des philosophes aux pieds nus qui voient le monde sans cérémonie ni complication.ISBN 2-89381-679-7 • LX-789 10,7 sur 10,7 cm • 396 p.• 12,95 $ ACTIvITk> 365 activités avec Céline Séguin Beau temps, mauvais temps, vous aurez toujours réponse à cette phrase tout simple.mais qui angoisse tous les parents: «Maman.j’sais plus quoi faire!» ISBN 2-89381-692-4 • LX-802 17 sur 23 cm • 380 p.• ill.• 19,95 $ four jeunes internautes seulement * Edition 2001 Corinne De Vailly À la fois guide d'apprentissage • et coffre aux trésors virtuels! Des centaines de sites passionnants, qui donnent à l'enfant accès au monde! ISBN 2-89381-770-X * 1X880 20 sur 24 cm • 200 p.• 18,95 $ U>G/aU£L Les Éditions LOGIQUES inc.7, chemin Bates.Outremont (QC) H2V 1 AB DISTRIBUTION EXCLUSIVE: QUÉBEC-LIVRES ( 371^46 ^956 1451 5^7524 L E I) E V (MU, L E S S A M EDI 14 ET D I M A N C II E I 5 0 (' T 0 B R E 2 0 0 0 Livres ESSAIS ÉTRANGERS De la religion et des ruminants DE L’INHUMANITE DE LA RELIGION Raoul Vaneigem Denoël Paris, 2000,200 pages À PROPOS DES VACHES Benoît Duteurtre Les Belles Lettres Paris, 2000,206 pages ans les premières pages de son livre intitulé Une foi partagée, Fernand Dumont confie: «On ressent un malaise à parler de cette question.» Laquelle?La religion, évidemment.Dans un monde où la tolérance est la vertu cardinale, où c’est la seule valeur vraiment célébrée et même parfois «absolutisée» (ce qu’a fait Justin Trudeau dans son flamboyant éloge), il est délicat d’aborder le jardin secret et refoulé de la spiritualité.L’effet tolérance est si puissant, expliquait encore Dumont — dans Raisons communes cette fois — qu’il devient même difficile, à l’école, de défendre non seulement Antoine Robitaille quelque contenu tout court.L’objectif creux du «apprendre à apprendre» devient l’unique projet.Le contenu?Un prétexte! Déchéance de l’éducation en une «technologie de l’esprit», constate, avec raison, Dumont.Malaise, donc, dans notre rapport au religieux.Chasse aux sorcières même, dans certains cas où la fameuse tolérance semble soudain disparue (surtout lorsqu’il est question de l’antique confession dominante).Mardi midi, un démagogue hargneux, à la radio, engueulait un prêtre organisateur d’un «déjeuner de prière» avec des «che/s de file de sa région».C’était à n’en pas douter, selon le pape des ondes, un autre exemple où la religion perfide tentait de s’immiscer, de contrôler, de «baiser le cul des puissants».Quarante ans après la Révolution tranquille, «manger du curé» reste un réflexe courant et commode.Aucun .pouvoir, certes, ne doit être à l’abri de la critique.Mais est-il vraiment courageux, et utile, de toujours faire trébucher le même vieillard moribond?Vieillard qui, au surplus, occupe moins d’espace que jamais dans notre monde tant quelque contenu religieux, mais intérieur que commun?Écraser l’infâme! Oui! répond Raoul Vaneigem.Il faut, selon lui, achever ce vieillard.L’extirper de notre vie tel un mélanome malin puisque là est la cause de toutes nos régressions.Vaneigem, chantre et théoricien de mai 68, membre de l’Internationale situationniste jusqu’en 1970, écrivait déjà en 1967 dans son fameux Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations que «les croyances religieuses dissimulaient l’homme à lui-même, leur bastille l’emmurait dans un monde pyramidal dont Dieu tenait lieu de sommet et le roi de hauteur.Hélas, il ne s’est pas trouvé le 14 Juillet, assez de liberté sur les ruines du pouvoir unitaire pour empêcher les ruines elles-mêmes de s'édifier en prison».Dieu n’en finit plus de mourir.La religion survit.Puisque, nous explique Vaneigem dans son dernier livre, l’infâme a su revêtir diverses formes: notamment politiques, avec les idéologies; économiques, avec le culte du marché; et syncré-tiques, avec les new age et les sectes contemporaines.Agriculture et religion La religion n'a pourtant rien de congénital à l’humanité.Sa naissance est datée.Mais il faut, selon Vaneigem, remonter loin dans l’histoire.Très loin.Tout sentiment religieux viendrait d’une hié- rarchisation des sociétés apparue au néolithique en raison de l’invention de l’agriculture.Avant ce péché originel?Tout n’était que «loisirs [.] l’existence humaine reposait sur une intimité avec la nature, sur une sagesse sensuelle, source d'égalité entre les sexes et de bonne santé corporelle».«L’homme de la cueillette» était vraiment sympa.Puis, il s’est mis à cultiver.La communauté s’est alors adjugé un «lopin de terre».S’est choisi des maîtres «en leur donnant le mandat de la protéger contre les intrusions étrangères, contre les nomades attirés par les richesses de la civilisation sédentaire».Depuis, tout est foutu.«Dès cet instant, s’engendre la race fantastique et extraterrestre des dieux.» La religion, pour Vaneigem, n’est donc pas un trait naturel de l’homme.Ce n’est point l’expression d’un désir d’absolu inhérent et éternel.C’est une superstructure inventée et cultivée par les hiérarques pour inciter au sacrifice total de soi.Pour faire croire que le mal est à l’intérieur des humains.Pour pousser ceux-ci à renoncer au plaisir ici et maintenant en leur faisant miroiter un ailleurs parfait, au-delà de la mort le paradis.Bien sûr, on a entendu ce discours — qui n’est pas que fausseté — mille fois.L’originalité, ici, c’est sans doute la radicalité, donc le sim- plisme: tout ce que l’auteur exècre de ce monde, il le taxe de religion.L’impression générale, en refermant le livre: être en présence d'un archaïsme.Un pauvre soixante-huitard, égaré en l’an 2000, qui refuse de voir que son combat pour la jouissance-immé-diate-sans-contrainte n’avait finalement rien à voir avec le rêve communautaire souvent invoqué à l’époque.Au contraire, il s’agissait d’un nouveau palier dans la montée historique de l’individualisme, palier où il ne reste plus aucune communauté intermédiaire entre l’individu et le marché.Cette dénégation, cachée par des amalgames, baigne dans un utopisme grossier qu’on reconnaît à son accoutrement habituel: référence pesante à un âge d’or et à un moment crucial de la chute dans le mal.Déterminisme direct Annonce, ensuite, d’une rédemption prochaine: «Nous sommes arrivés à un tournant de l’histoire où tout ce qui a été tordu dans le comportement de l'être humain peut être redressé», écrit Vaneigem de façon terrifiante.La religion?«La forme la plus achevée du mépris dont les hommes s’accablent», assène-t-il.Ne peut-on pas en dire autant de certaines formes ressentimenteuses de l’irréligion?Et qu’on présente aujourd’hui, relativisme (sélectif) aidant, sans aucune forme de malaise.IWnnii Duintiii \ PROPOS DES VACHES ?Les ruminants.C’est, péjorativement tous ceux qui ne cessent de mâchouiller leurs vieilles analyses.C’est aussi, dans un sens noble cette fois, ces animaux superbes, fragiles et émouvants que nous présente l’écrivain Benoît Duteurtre dans une réédition d’un court roman, Les Vaches, publié à l’origine en 1987.L’auteur y a ajouté deux beaux textes dont un essai, «La question de la vache contemporaine», où il explique pourquoi ce ne sont pas les vaches qui souffrent de folie, mais nous, avec notre obsession pro-ductiviste réduisant tous les êtres, les animaux notamment, à une vulgaire «matière première».Un livre drôle, fin, surprenant et superbement écrit Uamour.rebelle et insoumis GASPESIE REBELLE ET INSOUMISE Sylvain Rivière Lanctôt Editeur Montréal, 2000,168 pages BENNY VIGNEAULT L) histoire de Sylvain Rivière a ceci de particulier i quelle est étroitement liée au pays qui l’a vu naître et grandir, et, par le fait même, à ses habitants, ceux d’hier surtout, venus d’ailleurs pour s’établir en terre gaspésienne pour le meilleur et pour le pire.Si ses ancêtres l’ont profondément influencé, à commencer par son grand-père et son père, c’est à un quèteux du nom d’Adelme Porlier qu’il doit sa vocation d’écrivain: «Adelme était un être merveilleux.A son contact, j’ai appris sans le savoir cette forme de détachement si importante à la création, ce besoin de dire, de nommer et, par ce fait, de durer, de perdurer, de traverser le temps, comme on change de côté de chemin pour boire l’horizon d’une goulée à bout d’yeux sans détour.» Placé au carrefour de l’histoire individuelle et de l’histoire collective, c’est de l'intérieur que Sylvain Rivière évoque la Gas-pésie dans son plus récent ouvrage intitulé Gaspésie rebelle et insoumise.A la lecture, on apprend d’abord beaucoup de choses sur les premiers arrivants en terre d’Amérique, dont la Gaspésie était le point d’entrée obligé.Si l’on attribue généralement la découverte du Nouveau Monde à Christophe Colomb, combien savent que les Amérindiens occupaient déjà la péninsule 6500 ans avant l’arrivée des Européens, au XVI0 siècle, ou encore que les pêcheurs basques, gallois et irlandais connaissaient l’existence des terres de l’autre côté de l’Atlantique bien avant 1492?L’écrivain dresse un tableau sommaire de la découverte du Canada et souligne comment, au fil des années, le peuplement de la Gaspésie s'est fait de manière telle que le pays a pris l’allure d'une «mosaïque ethnique unique».Il décrit la vie des Toudamans, Micmacs de la mer, premiers «Gaspésiens» que les Français sont venus déranger après la prise de possession de Gaspé par Jacques Cartier.Il parle aussi de l’arrivée des conquérants anglais et consacre une partie importante de son récit à l’histoire des Acadiens, soulignant que «l’arrivée à Paspébiac du dernier contingent d’Acadiens, au printemps de 1774, à Remploi de Charles Robin, constitue la clé de voûte de la Gaspésie d’aujourd’hui».D’autant plus que son ancêtre à lui faisait partie de ceux-là.Toute la mise en place historique de Sylvain Rivière sert en fait à répondre à une seule question, de laquelle découlent toutes les autres: qui suis-je?Or, pour savoir qui l’on est et où l’on va, encore faut-il avoir une bonne connaissance de ses origines — ici, savoir comment le Gaspésien d’antan est devenu le Gaspesianus anonymus d’aujourd’hui.; C’est à partir de là que son récit devient le plus captivant, alors qu’il relate les événements marquants de son enfance, alors qu’il parle de son grand-père et de son père, qu’il leur cède même la parole {•«Vous aut’, ma gang de païens circoncis su’ l’travers, /-vous avartis ben d’vof salut.que j’en voye jamais un Spisser la tête ou d’auf chose devant un messieu’d’là aille.») et qu’on apprend comment les habitants de CoTfttNS cfcoievî
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.