Le devoir, 24 octobre 2000, Cahier A
w w w .I e d f v o i r ?DEVOI LES SPORTS Roy veut qu’on respecte sa vie privée Page B 6 ACTUALITES OGM: Kellogg doit fermer une usine Page A 3 V o L .X C 1 N ¦¦ 2 I 2 I.E M A H I) I 2 1 O (’ T O B R E 2 O O O Ès, r A -X k s = 1 $ Apprendre à écrire à l’université L’Université de Montréal entend créer un Centre de communication écrite pour venir en aide aux étudiants du bac MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Les difficultés éprouvées par les étudiants du baccalauréat en français écrit et en méthodologie à l’Université de Montréal sont en partie responsables du taux d’abandon scolaire, ce qui incite l’établissement à implanter pour l’automne 2001 un Centre de communication écrite offrant des mesures de soutien à ceux qui en éprouvent le besoin.L’UdeM, qui compte faire entériner ce projet aujourd’hui par la Commission des études, réagit aux besoins exprimés à la fois par l’ensemble des facultés de l’université mais aussi par les étudiants de premier cycle, 30 % d’entre eux éprouvant des difficultés en français écrit ou en méthodologie, a appris Le Devoir.En effet, selon une étude effectuée par un groupe de chargés de cours et de professeurs liés à la Faculté de l’éducation permanente de l’UdeM sur les besoins des étudiants de baccalauréat en français et en méthodologie, près du tiers des répondants (plus de mille étudiants ont été interrogés dans l’ensemble des facultés de l'université) constateraient des la- VOIR PAGE A 8: UNIVERSITÉ «Le nœud du problème, c’est la pensée.Ils éprouvent des problèmes à comprendre la matière et ce qu’on attend d’eux.» PERSPECTIVES Redécouvrir la moto En cette période d’élaboration de politiques pour lutter contre le réchauffement du climat, l’utilisation de motos et scooters de petite et moyenne cylindrée devrait recevoir une attention prioritaire de la part des gouvernements parce que, si on civilise leurs émissions polluantes, les deux-roues — à pistons ou électriques — sont l’une des rares solutions immédiatement disponibles et adaptées à nos villes éparpillées et à nos banlieues étalées.Louis-Gilles Fr a ncœur ?Certains motards ont perçu la série sur la moto de la semaine dernière comme une attaque, comme une manière de ravaler ce moyen de transport aux engins de mort de quelques kamikazes.Rien n’est plus faux car, au contraire, il faut redécouvrir un certain type de motos.Malheureusement non disponible pour l’instant une aberration qu’il fallait signaler.Malgré l’apparition de perfectionnements tech- VOIR PAGE A 8: MOTO INDEX Annonces B 6 Idées A7 oc ug Avis publics B 4 Monde B 5 ug Bourse B 2 Mots croisés B4 d Culture B 8 Météo B 6 a o Économie B 1 Sports B 6 o U] Éditorial .Afi Télévision B 7 00 .JACQUES NADEAU LE DEVOIR D hallucinantes chevauchées policières ont marqué hier à Montréal la manifestation organisée pour protester contre la tenue de la rencontre du G20.f,: '?ïlSgf mssm iMiÿm G20 : le face-à-face dégénère La police répond aux projectiles et aux actes de vandalisme Par des charges à cheval, les matraques et le poivre de Cayenne ÉRIC DE S ROSIERS LE DEVOIR Présentée par ses organisateurs comme une répétition générale, la manifestation qui s’est tenue hier à Montréal pour protester contre la réunion du G20 n’annonce rien de bon pour le Sommet des Amériques qui se tiendra en avril prochain à Québec.Actes de vandalisme, charges de policiers à cheval, poivre de Cayenne, policiers et manifestants légèrement blessées, l’événement a rapidement dégénéré en ce que tout le monde voulait éviter.Environ 500 personnes se sont rassemblées de vant l’hôtel du centre-ville de Montréal où doivent se réunir aujourd’hui et demain les représentants des 19 pays les plus riches du monde, ainsi que de la Communauté européenne et des grandes institutions financières internationales.La manifestation a donné lieu à de violents accrochages particulièrement entre l’escouade anti-émeute du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SP-CUM) et un groupe d’une cinquantaine de manifestants habillés et masqués de noir.Des coups de matraque et le poivre de Cayenne ont répondu à des projectiles de toutes natures, allant de morceaux d’asphalte à des bouteilles de verre et quelques bombes fumigènes artisanales.Une poignée de manifestants ont incendié un conteneur à déchets et vandalisé une voiture ainsi que la façade de l’hôtel alors qu'une dizaine de policiers à cheval se sont lancés à plusieurs reprises dans d’hallucinantes chevauchées contre un groupe de manifestants qui refusaient de se disperser.Deux policiers ainsi qu’un nombre indéterminé de manifestants ont été légèrement blessés durant les échauffourées.La police a finalement procédé à l’arrestation de 39 personnes, dont cinq mineures, qui VOIR PAGE A 8: G20 Plus jamais de scandale de subventions Stockwell Day propose un système de reddition de comptes calqué sur le modèle albertain Élections: les préliminaires Le Bloc rencontre le SCFP Afin d’aplanir leurs différends, le SCFP (FTQ) et le Bloc québécois se rencontreront au cours des prochains jours.Lettre ouverte à Preston Manning Chantal Hébert évalue la perfonnance de tous les partis politiques depuis le dernier scrutin fédéral.De Reform à Alliance, Preston Manninga réussi son pari, dit-elle.Duceppe en pays conservateur C’est dans des circonscriptions où les conservateurs ont déjà marqué des points — Shefford, Compton-Stanstead et Sherbrooke — que le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a choisi de commencer sa campagne.¦ À lire en pages A 3, A 4 et A 5 HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, a officiellement lancé sa campagne électorale hier en rongeant son os préféré: le scandale des subventions à Développement des ressources humaines.11 a promis de mettre en place un système de reddition de comptes copié sur celui qu’il a administré en Alberta en tant que trésorier et salué par le Vérificateur général du Canada, Denis Desautels.M.Day voudrait que des objectifs précis soient établis pour chacun des programmes gouvernementaux de même que des outils concrets permettant de mesurer l’atteinte de ces objectifs.Selon ce système de reddition de comptes, les différents ministères gérant les programmes devraient faire rapport quatre fois par année sur la réussite ou l'échec desdits programmes.«Le gouvernement doit se fixer des objectifs plutôt que de se lancer dans des dépenses débridées», a-t-il lancé en matinée en faisant référence aux subventions d’une valeur de un milliard de dollars gérées avec laxisme par DRH.Le rapport du Vérificateur général déposé la semaine dernière a confirmé qu’il était impossible de déterminer l’efficacité des subventions.VOIR PAGE A 8: SCANDALE REUTERS «Le gouvernement doit se fixer des objectifs plutôt que de se lancer dans des dépenses débridées», dit Stockwell Day.Une conférence de deux jours • les 28 et 29 novembre 2000 Le Centre Sheraton-Montréal, Québec Miser sur la puissance d’Internet pour réaliser des économies, renforcer la fidélisation de la clientèle et étendre sa part de marché.Allocutions par : M.David Cliche Ministre délégué.Autoroute de l’information L’honorable Martin Cauchon Ministre développement économique Canada Inscrivez-vous dès aujourd'hui! 1-866-294-8908 muwii.i.ij com/e-quebec 778313000658 L E I) E V (HR, LE MARDI 24 OCTOBRE 2 0 0 0 A 2 LES ACTUALITES Attentats contre les Second Cup Le pardon obtenu effacera-t-il le passé de Rhéal Mathieu ?BRIAN MYLES LE DEVOIR Ly enquête pour remise en liber-r té de Rhéal Mathieu, l’ex-feh quisle accusé de trois crimes incendiaires contre des cafés Second Cup, a provoqué hier un dé-¦ bat, sur la portée du pardon.A l’âge de 18 ans, Rhéal Mathieu fut condamné à neuf ans et demi de prison pour sa participation à un attentat à la bombe du Front de libération du Québec qui fit un mort et six blessés, en 1966.D a obtenu un pardon au milieu des années 90, et son casier judiciaire est demeuré vierge jusqu’à ce jour.Le juge doit déterminer si le pas-t sé judiciaire de M.Mathieu peut être pris en considération au stade de l’enquête préliminaire malgré l’octroi d’un pardon.Voilà un sujet qui divise la défense et la Couronne.Le juge Louis Legault a pris la question en délibéré et doit revenir avec unç réponse ce matin.A la demande de l’avocat de l’accusé, M" Pierre Poupart, la preuve est frappée d’une ordonnance de non-publication interdisant aux médias de divulguer le contenu des audiences.Rhéal Mathieu, 53 ans, est accusé d’avoir placé des bombes in- .‘w Les omnipraticiens se prononcent La régionalisation ne guérira pas la pénurie chronique de médecins Rhéal Mathieu cendiaires dans trois cafés Second Cup du Plateau Mont-Royal et d’avoir eu en sa possession une arme prohibée et une arme à autorisation restreinte.Il est en prison depuis jeudi soir.Son fils et sa conjointe ont assisté aux débats hier, mais n’ont formulé aucun commentaire.Un seul témoin a été entendu, l’enquêteur du SPCUM Reynald Lanteigne.La défense présentera ses témoins aujourd’hui.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Une régionalisation accrue des budgets de la santé ne dit rien qui vaille aux médecins omnipraticiens, convaincus que cette option ne réglera point la pénurie de médecins qui frappe certaines régions.Même si de plus en plus de voix s’élèvent en faveur de la régionalisation de l’enveloppe de la Régie de l’Assurance-maladie du Québec (RAMQ) pour pousser plus de médecins à travailler en région, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) est venue plaider tout le contraire devant la Commission Clair chargée de proposer d’éventuelles réformes pour le système de santé.«Rien ne démontre que c’est une solution aux problèmes de répartition des effectifs médicaux.Les expériences canadiennes à cet égard ne démontrent absolument pas [que cela] ait influencé une meilleure répartition des effectifs, plus que le panier des mesures incitatives qu’on a ici au Québec et qu’on a dans d'autres provinces», a soutenu hier le Dr Renald Dutil, président de la FMOQ, devant les membres de la Commission Clair.Depuis le début des audiences, plusieurs organismes régionaux sont en effet venus défendre l’idée que si l’argent destiné à la rémunération était géré par les régies régionales, les médecins iraient travailler là où l’on a le plus besoin d’eux.Plusieurs estiment que les incitatifs prévus dans les ententes salariales actuelles n’ont toujours pas fait la preuve de leur efficacité pour répartir les médecins sur le territoire.Mais selon le Dr Dutil, l’expérience d’autres provinces, dont l’Alberta, ne démontre pas que la régionalisation des budgets a permis de mieux répartir les médecins.Pour la FMOQ, c’est bien davantage l’environnement profes- sionnel et l’organisations des soins qui font qu’un médecin opte ou non pour une région.La fédération estime au contraire que les incitatifs actuels fonctionnent très bien, et que le Québec pâtit plutôt d’une pénurie globale d’omnipraticiens depuis que 560 médecins ont pris leur retraite.Le modèle de la capitation, qui prévoit que les médecins de famille soient payés à salaire pour assurer les soins d’un groupe précis de patients enregistrés dans leur cabinet, est aussi perçu par la FMOQ «comme un fantasme» qui n’a pas encore fait ses preuves.L’Association des directeurs généraux des établissements de soins de des directeurs généraux des services de santé et des services sociaux (ADGSSSSQ) a par ailleurs réclamé plus de souplesse dans les conventions collectives, d’avis que les ententes actuelles entraînent d’interminables délais et palabres lorsqu’il faut appliquer localement des dispositions négo- ciées à l’échelle nationale.«De guerre lasse, on finit par fonctionner localement avec des ententes, qui ne fonctionnent pas au plan local», a soutenu André Brunelle, porte-parole des directeurs d’établissements.Une vision qu’a réfutée la FTQ, rappelant que le mythe de la «rigidité», dénoncé par les directeurs, avait tout même permis le déplacement de 15 000 employés lors de la réforme Rochon.«On nous parle de rigidité “mur à mur”, mais il y a 45 clauses qui permettent d’appliquer localement des conditions de travail», a soutenu Claude Généreux, président du Syndicat canadien de la fonction publique' (SCFP-FTQ).Enfin, la Coalition pour l’assm rance-médicaments a quant à elle demandé la révision du régime actuel pour en faire un régime entièrement public, sans franchise ni co-paiement, garantissant la gratuité complète aux personnes à faible revenu.La grève se poursuit au Port de Montréal PRESSE CANADIENNE Les camionneurs du secteur de l’intermodal à Montréal ont maintenu hier leurs piquets de grève, nuisant aux opérations normales du Port de Montréal.Les 900 camionneurs du Syndicat national du transport routier, affilié à la CSN, ont déclenché la grève, dimanche, accusant leurs 39 employeurs de refuser de re- connaître le syndicat comme seul agent négociateur.la direction du Port de Montréal a indiqué hier que si le conflit se prolongeait elle pourrait demander une injonction.Tout le secteur de l’intermodal sera affecté par la grève des routiers, qui entendent poursuivre leur arrêt de travail tant que les employeurs refuseront de se présenter à la table de négociation.Le maire L’Allier dénonce le traitement royal réservé à Toronto FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le maire de Québec Jean-Paul L’Allier trouve déplorable l’attitude «arrogante et méprisante» d’Ottawa envers «la plus vieille ville en Amérique du Nord».Il digère mal les dépenses auxquelles s’est engagé le gouvernement fédéral pour promouvoir la candidature de Toronto en vue de l’obtention des Jeux olympiques de 2008, alors qu’il s’était refrisé à aider la Ville de Québec lorsqu’elle était en lice pour les Olympiques de 2002.Lorsque Québec avait soumis sa candidature, se remémore-t-il, Ottawa lui avait promis de l’aide dans l’éventualité où il sortait vainqueur du duel qui l’opposait à Sion, Salt-Lake-City et Ostersund, en vain.«Ils [le gouvernement fédéral] annoncent tout de suite 500 millions [pour le développement des rives de Toronto] et le situent sans vergogne dans le cadre de sa candidature alors qu’ici, dans la région de Québec, ils avaient refusé d’avancer le coût pour les 15 millions nécessaires à l’aménagement de la Petite-Rivière-Saint-François, ce qui aurait pu nous aider dans notre candidature.» Cela est d’autant plus éloquent du «deux poids, deux mesures» qui a cours à Ottawa, a poursuivi le maire L'Allier, que le développement des berges de Toronto se fait au détriment de Québec.En effet, le fédéral a annoncé une subvention de 19 millions vendredi pour aménager un terminal de croisière sur la Poin-te-à-Carcy, un projet honni par la Ville de Québec qui craint ainsi que les citoyens n’aient qu’un accès limité aux berges.«À Toronto, ils vont développer les rives pour que ça devienne la vitrine du “meilleur plus bon pays du monde” en terme de protection, d’accès au fleuve, d’environnement, de mixité et de loisir.Ici, on m voir droit au vrac, c’est-à-dire le bas de gamme de lutilisation portuaire.On va avoir droit à une gare maritime sans que personne n’ait regardé, les solutions proposées.» Queen’s Park, pendant ce temps, aura droit à des investissements à hauteur de plusieurs milliards, à terme, «pour un véritable plan intégré de mise en valeur du littoral».Mais le maire se dit totalement impuissant devant les manœuvres du fédéral qui «méprise les citoyens».«On peut crier comme une souris qui se fait mettre le pied dessus par un éléphant mais le cri ne dure qu’un temps.[.] On ne peut pas, quand on est une ville, se battre contre un gouvernement arrogant».Réforme forestière m À qui s'adresse cette campagne de vaccination gratuite?La campagne de s’adresse aux personnes âgées de 60 ans ou plus, ainsi qu’aux personnes à risque.!§!< Pourquoi se faire vacciner?la grippe (ou influenza) est une infection virale très contagieuse.la grippe peut entraîner de sérieuses complications qui peuvent parfois être mortelles pour certaines personnes particulièrement vulnérables.le vaccin annuel contre la grippe est le moyen le plus efficace de se protéger contre cette infection.Quand se faire vacciner?Cette année, le vaccin est offert à partir du Ier octobre.La grippe sévit surtout en hiver.Pour vous protéger efficacement contre la grippe et recevoir le vaccin antigrippal, prenez FendeZ-VOUS dès maintenant auprès de votre médecin de famille ou à votre CISC.Le ministère de la Santé et des Services sociaux considère que la vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre la grippe.Québec h m Ministère de la Santé et des Services sociaux La gestion devrait être confiée aux gens du milieu LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La grogne s’élargit autour du projet de réforme forestière au Québec qui est contesté maintenant par des groupes non plus au nom de valeurs écologiques mais en raison de la pauvreté de ses, objectifs sociaux.A Maniwaki où se tenait la semaine dernière un important colloque sur la «forêt habitée», les participants de tous les horizons — maires, forestiers, professionnels — ont fait front derrière une déclaration commune, dite «Déclaration de Maniwaki», pour revendiquer une prise en charge des forêts publiques par le milieu pour une foresterie plus durable et axée sur des fins sociales.Au Québec, une cinquantaine de projets dits de «forêt habitée» ont été réalisés ou sont en gestation.Ces projets regroupent des propriétaires de terres privées et d’exploitants qui tentent de mettre sur la carte une foresterie plus viable, plus axée sur la qualité et la pérennité de la ressource, dont les régions voudraient tirer davantage, ne serait-ce que pour éviter de mourir! «Pourtant, lit-on dans la Déclaration de Maniwaki, le cadre légal actuel limite la portée des projets» parce qu’il soustrait des pans entiers de l’exploitation forestière aux gens du lieu au profit des grosses entreprises, ce qui accule les exploitants locaux à devenir la roue de secours du système géré par les multinationales et leurs filiales de terrain, ce qui leur permet de dicter les prix aux agriculteurs et coopératives et de limiter les petits exploitants à la portion congrue du marché.«La révision actuelle du régime forestier, ajoute la déclaration, doit franchir l'étape de la reconnaissance explicite des valeurs et des moyens nécessaires à la réalisation des projets de forêt habitée».Le régime forestier actuel, même réformé, ajoutent les signataires, ne répond qu’en partie aux besoins des régions et ne leur fournit aucun cadre juridique, comme on le fait pour les grandes sociétés.H Conférence religieuse canadienne, |iar sa section québécoise, abonde dans ce sens, qualifiant la stratégie de «forêt habitée» de «stratégie sûre pour le développement régional et forestier» en plus d’offrir un modèle économique «à taille humaine».Réclamant non pas une réforme mais une refonte du régime forestier, la Conférence religieuse se demande: «Puisque présentement le modèle de gestion publique basé sur la grande entreprise appauvrit notre patrimoine forestier au lieu de l’entretenir, pourquoi ne pas soustraire des parties de territoire qui sont sous le contrôle des industriels au lieu de l’entretenir, et de les allouer à des communautés locales, à des corporations municipales ou à des coopératives pour des périodes de cinq ans, renouvelables?» Un son de cloche assez voisin venait du milieu agricole par l’entremise de l’Union des producteurs agricoles (UPA), selon qui le nouveau régime forestier doit devenir «un élément déterminant d’une politique plus globale visant le milieu agricole».Les agriculteurs insistent pour que la Loi sur les forêts arrive à faire un jour ce qu’elle est censée assurer depuis des années, soit que les compagnies forestières achètent en priorité tout le bois disponible sur les terres privées avant de pouvoir couper les forêts publiques, ce qui leur permettrait de «torpiller les prix et la mise en marché collective du bois de la forêt privée».Les agriculteurs demandent aussi à Québec de donner priorité aux activités en forêt comme la-culture des bleuets ou la production de sirop d’érable plutôt que de toujours couper les forêts pour en tirer du bois.Quant à l’Union québécoise pour la conservation de la nature UQCN), elle estime que la nouvelle limite d’exploitation nordique de l’exploitation forestière, en région boréale, ne soustrait en réalité que 3 % aux aires déjà ciblées à des fins d’exploitation.Devant les réductions de coupes de 15 à 30 % dans des régions comme le Bas Saint-Laurent, l’UQCN estime qu’on peut désormais parler de «régions en rupture de stock» pour cause de surexploitation.Pour tirer au clair la situation et les enjeux, l’UQCN continue de réclamer une commission d’enquête publique.4 < L E I) E V 0 1 R .L E M A RDI 2 I 0 C T 0 B R E 2 0 0 II A 3 LE DEVOIR ACTUALITES Sô4i {yaâm dart du $wtkc Ep 25 au 29 octobre 2000 ^ Marché Bonsecours 350, rue Saint-Paul Est Hg Info.: (514) 844-2133 Chantal |r P Hébert " ?n&w# Il Le maïs maudit Kellogg refuse une livraison de maïs peut-être modifié génétiquement Jean Chrétien Lettre ouverte à Preston Manning Cl est au véritable architecte des élections hâtives auxquelles Jean Chrétien a fini par convier les Canadiens dimanche que s'adressent ces quelques lignes.Au premier tour de piste d'une campagne électorale fédérale, il ri’est généralement pas de mise de consacrer de l’espace à un chef éconduit aussi bien par les électeurs que par son propre parti.Des cinq leaders qui se sont affrontés aux dernières élections, vous êtes pourtant le seul qui ait réussi à utiliser le récent mandat pour faire avancer le projet politique de son parti.Tous les autres auraient de bonnes raisons d'être gênés de se présenter à l'électorat en clamant «mission accomplie».En 1997, Jean Chrétien avait demandé aux Canadiens un mandat pour accompagner le pays dans le XXI' siècle.Par la suite, on ne devait jamais vraiment savoir pourquoi il y tenait autant.Depuis un peu plus de trois ans, il dirige un gouvernement sans éclat.Son initiative la plus mémorable — la loi sur la clarté référendaire — témoigne de son échec à régler le principal problème de fond de la fédération canadienne.De tous les ministres de Jean Chrétien, le seul qui sorte grandi de ce mandat est Lloyd Axwor-thy.H vient d’avoir la sagesse de tirer sa révérence des Affaires étrangères et du Parlement Tous les autres sont en voie de prouver que tout ce qui traîne se salit ou finit par disparaître sous la poussière.Cela inclut Paul Martin à qui le rôle de second couteau inspire de plus en plus de fausses notes et Stéphane Dion, devenu l’équivalent du réparateur Maytag du cabinet Parmi les questions auxquelles le vote du 27 novembre apportera une réponse, la plus criante consiste à savoir si M.Chrétien a ou non manqué sa sortie.Et parlant de sortie, la simple présence du Bloc québécois sur les rangs de sa troisième campagne électorale indique combien il a raté la sienne.On ne dira jamais assez combien le fondateur de cette formation, Lucien Bouchard, insistait à l’époque sur le recul que s’infligerait le Québec s’il devait s’installer à demeure dans l’opposition à Ottawa.Pour pallier les critiques, le Bloc remporte pour la troisième fois consécutive la palme de la brochette de candidats québécois la plus talentueuse.Son chef Gilles Duceppe a également pris du poil de la bête depuis sa pitoyable campagne de 1997.Mais cela ne change rien au fait que les aspirants bloquistes, s’ils sont élus, seront tous voués par définition à critiquer plutôt qu’à construire.C’est un rôle dont les limites sont désormais archi-connues.La présence d’un fort contingent bloquiste a-t-elle eu le moindre impact sur l’adoption de la loi sur la cjarté référendaire ?A défaut d’influencer l’attitude fédérale au regard des aspirations québécoises, l’existence du Bloc a-t-ellç au moins influencé positivement la souveraineté ?A cet égard, l'absence du moindre calendrier référendaire confirme que non.Si le Bloc n’a pas réussi à faire progresser la souveraineté, que dire du NPD et de la social-démocratie?Jamais la gauche canadienne n’aura-t-elle eu autant de difficulté à justifier sa place sur l’échiquier politique.Sous la direction d’Alexa McDonough, le NPD fédéral est devenu une formation timorée qui passe plus de temps à avoir peur de son ombre syndicale qu’à oser.Résultat, le PLC gouverne de plus en plus à droite pour mieux doubler l’Alliance canadienne tout en incitant les électeurs de gauche à se rallier à lui pour l’aider à tenir tête à Stockwell Day ! Que dire finalement du Parti conservateur?S’il est une formation dont la raison d’être est encore moins évidente aujourd’hui qu'en 1997, c’est bien celle que dirige Joe Clark.Au nom d’une certaine défense des intérêts du Québec, on peut toujours argumenter que le Bloc a encore sa place à Ottawa, tout au moins tant que les souverainistes seront encore au pouvoir à Québec.L’existence d'un tel duo a au moins le mérite d’éviter les messages contradictoires.On peut également croire que la disparition d’une voix politique à gauche du PLC, même anémique comme le NPD actuel, serait une perte.Mais on cherche en vain quel terrain le PC serait désormais mieux en mesure de défendre que l’Alliance canadienne.Et cela, M.Manning, ce n’est que la première conséquence de la métamorphose que vous avez imposée à votre Reform Party.La seconde, c’est que c’est pour sonder l’électorat canadien avant que le paysage politique ne comporte de nouveau un autre parti pancanadien que le sien que Jean Chrétien précipite le Canada aux urnes.A cet égard, rien n’illustre mieux le début de succès de votre opération que le contingent de journalistes québécois qui seront à bord de l’avion de campagne de votre successeur Stockwell Day lorsqu’il décollera pour la première fois ce matin.Du jamais vu à cette échelle à l'époque du Reform Party.En pensant à vous du haut des airs du sud de l’Ontario.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Gilles Duceppe Stockwell Day JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Une saga qui n’est pas pour redorer le blason des organismes génétiquement modifiés secoue les Etats-Unis depuis un mois.Après Kraft et une poignée d’autres géants de l’alimentation, c’est au tour de la compagnie Kellogg de devoir prendre des mesures pour se débarrasser du maïs StarLink.La controverse autour de ce mais modifié génétiquement aura même mené son fabricant à racheter toutes les récoltes StarLink des agriculteurs américains.Kellogg a décidé samedi de fermer temporairement son usine du Tennessee parce que l’un de ses fournisseurs de grains ne pouvait lui garantir que sa livraison ne comportait pas de mais StarLink.Le fameux mais contient un pesticide, le Cry9C, susceptible de causer des allergies chez l’homme du fait qu’elle reste stable lors de la digestion.Le mais StarLink, distribué par le groupe franco-allemand Aventis, a été limité à la consommation animale et à la production d'éthanol.Il n’a pas été encore approuvé par Santé Canada Le cauchemar d’Aventis a commencé il y a un mois.Un examen du groupe écologiste Gefa (Genetically engeneered Food Alert) révélait que les coquilles, vendues par Kraft sous le nom Taco Bell, contenaient du mais StarLink.La compagnie Kraft a alors décidé de rappeler ses coquilles à tacos faites de mais ven- dues seulement aux États-Unis.La décision de Kellogg est survenue une semaine après celle du gouvernement américain de racheter les récoltes de StarLink aux fermiers pour éviter que ce maïs n’entre dans , ^ l'alimentation humai- S, ne.La filiale américaine > d'Aventis, qui a mis au point cette variété, devra rembourser les frais des rachats de récolte.Les semences StarLink ont été finalement définitivement retirés du marché à la mi-octobre.Ni Kellogg, ni le gouvernement ne sait comment les grains de maïs se sont mélangés.Un article paru dans le New York Times récemment révèle par contre que bon nombre d’agriculteurs du Midwest ignoraient les recommandations d’Aven- ; > ‘ «v lis selon lesquelles il fallait planter le StarLink à plus de 200 mètres des autres cultures.Plus encore, ils racontent qu'ils s’étaient fait dire à l’époque de ne pas s’en inquiéter puisque StarLink devait être approuvé incessamment pour la consommation humaine.Aventis essaie de retrouver la trace de plus de 300 millions de m3 de grains qui ont pu être envoyés aux moulins.La Food and Drug Administration américaine teste présentement un éventail de produits à base de maïs et a détecté jusqu’à maintenant le StarLink seulement dans des coquilles pour tacos.L’entrepri-(f JÇ* se texane Mission Foods a par ^ 'iUp»* contre rappelé ses tortillas, coquilles de tacos et croustilles, tandis qu’une autre compagnie, Azteca Milling, » a rappelé sa farine produi-i te à partir de maïs jaune.¥ y Les supermarchés Safeway ont également retiré des tablettes leurs produits susceptibles de contenir du mais Starlink.Avec AP et AFP Violence au hockey Uexemple venait de haut «Si on avait seulement les enfants à encadrer, ce serait plus facile», selon le dg de Hockey Québec VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Des parents trop agressifs sont montrés du doigt à la suite de deux mêlées générales qui ont eu lieu la fin de semaine dernière pendant des matchs de hockey mineur.Bruit et chaos dans les estrades, il semble que les adultes n’aient pas donné l'exemple.«Ce sont des comportements à bannir, à réprimander et pour lesquels il faut sévir, a commenté le directeur général de Hockey Québec, Guy Blondeau.Le hockey mineur n’est pas là pour amuser ou divertir, mais pour éduquer les jeunes.» Le premier incident a eu lieu samedi après midi dans un aréna de Kahnawake, alors que l’équipe Midget B les Canadiens de Huntington affrontait celle des Mohawks de Kahnawake.Selon les témoins, la foule aurait vociféré et incité les jeunes à se battre.Et les bancs des deux équipes se sont vidés.L'entraîneur de Kahnawake a alors empoigné Steve Renaud, un jeune de 16 ans.L’homme lui a asséné un coup de poing au visage, lui infligeant une fracture au nez et des coupures.Arrivés sur les lieux, les peacekeepers ont procédé à l’arrestation de l’entraîneur, qui a été relâché un peu plus tard.«Il sera accusé d’agression sur un mineur, mais notre enquête se poursuit», a indiqué le chef adjoint de la police, John Diabo.Les policiers de Laval ont également dû intervenir pour calmer les esprits lors d’une partie de hockey pee-wee B (12 et 13 ans).Gonflés à bloc, certains joueurs ont jeté les gants, si bien que l’arbitre a dû les expulser et demander l’intervention de la police.Et il a fallu sept véhicules et 13 agents pour ramener le calme dans le centre sportif.In bagarre s’est néanmoins poursuivie dans les vestiaires et une échauffourée a éclaté dans les gradins.Une femme a été giflée au visage par un parent frustré, mais elle n’a pas porté plainte.Guy Blondeau croit que ce sont les parents qui ont encouragé les jeunes à l’inconduite.«Si on avait seulement les enfants à encadrer, ce serait plus facile.Mais à la lumière ce qui s’est passé dans les deux aré-nas, il faudra prendre des mesures sévères pour que les intervenants et les parents en faute rentrent dans les rangs.» M.Blondeau croit les comités de discipline des deux régions, qui décideront des punitions, doivent donner un exemple pour montrer que de tels comportements sont inacceptables.De son côté, le ministre québécois du Loisir, Sport et du Plein air, Gilles Baril, a déploré les incidents survenus au cours de la fin de semaine.«Ça n’a aucun sens, ce ne sont pas des modèles pour les enfants, surtout quand ça vient des adultes, a lancé le ministre.Ça n 'a aucun sens, les jeunes sont sur la glace pour avoir du plaisir et non pour assister à des disputes et des chicanes entre adultes.» Hockey Québec chapeaute environ 5500 équipes de hockey mineur dans la province.Chacune d’entre elles joue 50 matchs par an.«La violence est isolée, mais un cas est un cas de trop», indique M.Blondeau.Avec la Presse canadienne Le policier Cloutier suspendu PRESSE CANADIENNE Le policier Jean-François Cloutier de la Sûreté du Québec, à Cowansville, dont le nom est associé à l’affaire Sophie Brodeur, la fille d’un policier, s’en tire finalement avec une suspension sans traitement d’une durée de huit jours, devant un comité de déontologie policière.En juillet dernier, le policier Cloutier, âgé de 35 ans, avait obtenu une absolution inconditionnelle du tribunal après avoir plaidé coupable à une accusation de rédaction d’un faux document dans le but d’épargner le dépôt d’accusations criminelles contre Sophie Brodeur impliquée dans un accident de la route, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 1997, ayant fait trois blessés graves.Pour sa part, le président du comité de déontologie policière, Mc Gilles Mignault, dit avoir tenu compte du fait que le policier Cloutier a reconnu avoir rédigé un rapport qu’il savait fàux.«Lorsque l’agent Cloutier rédige un rapport qu’il sait faux, il manque à ses devoirs d’honnêteté, de justice et de morale et il met en doute son intégrité professionnelle», écrit M'Mignault.Pour déterminer la sanction à imposer, le président du comité de déontologie dit avoir pris en considération le frit que «dès son retou r au bureau, quelques jours après les événements, l’agent Cloutier se ravise et rédige une nouvelle série de documents qui font état des vrais résultats d’alcoolémie obtenus par Sophie BrodeurPuis il modifie le résultat du test de dépistage pour le rendre conforme àla réalité, fait des démarches afin d’obtenir la version des témoins civils et s'occupe des dossiers médicaux.«Finalement, il soumet m rapport complet et véridique.EN BREF Le fédéral au secours de Montfort (Le Devoir) — Le gouvernement fédéral se porte au secours de l’Hôpital Montfort.Cet appui prend la forme d’une demande par la procureure générale de témoigner dans l’appel interjeté par l’Ontario, qui s’est vu refuser dans un jugement de novembre 1999 la fermeture du seul hôpital francophone de la province.L’Ontario considère qu’elle n’a pas l’obligation de protéger les francophones et qu’il peut donc mettre la clef sous la porte du seul hôpital francophone de la province.Pour pouvoir être entendue à la Cour d’appel de l’Ontario, Ottawa fait valoir que les droits linguistiques le concernent au premier chef.L’école Trudeau (Le Devoir) — Après le mont Trudeau, voici l’école Pierre-Elliott-Trudeau.Une école publique de langue française de Toronto, située dans le centre-sud-ouest de la ville, n’a pas perdu de temps et a décidé de changer de nom pour rendre hommage à l’ancien premier ministre, un ardent défenseur des minorités francophones de l’extérieur du Québec.Les policiers de la CUM déclarent une trêve de cinq jours pour négocier (Le Devoir ) — La Fraternité des policiers de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) a déclaré hier une trêve de cinq jours ouvrables des moyens de pression pour donner une réelle chance à la reprise des négociations.La Fraternité a été blâmée vendredi par le Conseil des services essentiels (CSE), qui lui reproche d'avoir agi illégalement en convoquant ses membres en devoir à une manifestation.Mais le CSE a aussi fustigé la direction de la CUM en raison de son refus de reprendre les pourparlers.La Fraternité espère que la trêve favorisera une reprise sans délai des discussions.La CUM a demandé l’arbitrage après que les policiers eurent rejeté une entente de principe.Le comité exécutif a signifié la semaine dernière son refus de reprendre le dialogue.La Fraternité des policiers accorde un délai à la CUM jusqu’à dimanche prochain, 23h59.Après quoi, les moyens de pression reprendront de plus belle.Gamba rd Vente et service technique f ROLEX petit code grammatical conforme a la nauualie terminologie.pages - 25.95 $ Submariner en acier et or 1 B carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL.: 866-J876 LE DEVOIR, LE MARDI 24 OCTOBRE 2000 A 4 —-?LE DEVOIR ?- ELECTIONS 2000 Estrie Duceppe en pays conservateur JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gilles Duceppe croit que son parti profitera de la dispersion du vote conservateur.Un jeune candidat écarté Le chef bloquiste impose son candidat dans Chicoutimi Noël Tremblay fera la lutte à André Harvey ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Rock Forest — C’est dans des circonscriptions où les conservateurs ont déjà marqué des points — Shefford, Compton-Stanstead et Sherbrooke — que le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a choisi de commencer sa campagne, consacrant toute l’importance pour sa formation politique, aux prises avec des luttes à deux plutôt qu’à trois, de rallier le vote conservateur.«Ce vote-là est déjà réparti», a soutenu, hier, Gilles Duceppe, s’il faut en croire les sondages québécois depuis un an.«On se retrouve dans la marge d’erreur avec les libéraux», a-t-il dit, signalant que dans les circonscriptions francophones, en raison de la forte concentration du vote libéral, les bloquistes seront avantagés.Après avoir quitté Montréal en matinée, le chef du Bloc québécois s’est rendu à Granby, dans la circonscription de Shefford, où la conservatrice Diane St-Jacques, maintenant transfuge au Parti libéral, avait remporté l’élection de 1997 par une faible majorité de quelque 500 voix.M.Duceppe a présenté son candidat, Michel Benoit, un nouveau venu en politique qui, jusqu’à tout récemment, était directeur général de CFXM-FM à Granby.M.Benoit est un des cofondateurs de la Coopérative de travail de la radio de Granby qui est parvenue à ramener un poste de radio dans la ville après la fermeture de CHEF Radio.Le candidat bloquiste a également été animateur d’affaires publiques à CHEF Radio.Chaque fois qu’il en est question, le chef bloquiste donne l’assurance que sa formation remportera son pari, dans ces courses à deux, de convaincre les électeurs qui ont voté pour les conserva- teurs en 1997 de voter pour le Bloc québécois.«Ce n’est pas un référendum, c’est une élection», a-t-il dit, ajoutant que les fédéralistes qui s’opposent aux libéraux de Jean Chrétien peuvent trouver dans le Bloc québécois la meilleure formation pour défendre les intérêts du Québec.En début de soirée, Gilles Duceppe s’est rendu à l’assemblée d’investiture du député Serge Cardin, qui a remporté en 1998 l’élection partielle de cette circonscription représentée auparavant par Jean Charest.Un expert-comptable de formation et ancien conseiller municipal de Sherbrooke, M.Cardin a remporté l’élection par une mince majorité de 219 votes sur son adversaire libéral.Dans l’autobiographie qu’il vient de publier, M.Duceppe écrit que le Bloc québécois a gagné dans Sherbrooke «contre toute attente».Hier, il a indiqué qu’il faisait référence à l’organisation déficiente dans la circonscription en mai 1998, Ce qui n’a pas empêché le Bloc québécois de remporter la victoire quatre mois plus tard.Au contraire, Sherbrooke, c’est l’illustration que le vote conservateur peut passer au Bloc dans une lutte à deux, a-t-il soutenu.Hier, le ministre fédéral responsable du Québec et orgamsateur en chef du Parti libéral du Canada, Alfonso Gagliano, a indiqué au Devoir qu’après le choix du cousin de Jean Charest, Jean-François Rouleau, comme candidat libéral dans Sherbrooke, la machine de M.Charest dans la circonscription était acquise aux libéraux, ce qui assurerait l’élection du candidat libéral.ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Dans la circonscription de Chicoutimi, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a décidé d’imposer la nomination du candidat de l’establishment du parti, Noël Tremblay, au détriment d’un jeune candidat, Sylvain Gau-dreault, qui, pourtant, avait une longueur d’avance.Le Bloc québécois a voulu mettre toutes les chances de son côté en nommant Noël Tremblay, un ex-président de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux, pour livrer bataille contre l’ex-conservateur passé aux libéraux, André Harvey.Sylvain Gau-dreault, un jeune militant souverainiste qui a fait ses classes au Comité national de jeunes du Parti québécois Jeunesse, était en voie de remporter l’investiture en recueillant l’appui de quelque 800 membres du Parti québécois.M.Duceppe a écarté M.Gaudreault pour répondre à la demande conjointe du président de l’organisation bloquiste de Chicoutimi, Robert Duval, et du président de l’organisation régionale, Raymond Bégin.A Chicoutimi, le député de Roberval et leader en chambre, Michel Gauthier, a tenu une conférence pour expliquer cette décision arbitraire.«J’ai fait une nomination dans Chicoutimi comme les statuts du parti me le permettent», a dit M.Duceppe, ajoutant que le Bloc québécois a imposé moins de nominations que les autres partis.«Je ne pense pas qu’on ait une machine divisée» dans Chicoutimi, a fait valoir M.Duceppe.Le chef bloquiste a souligné que le Bloc québécois avait déjà davantage de jeunes candidats que les autres formations politiques.Shefford La bataille du Bloc contre les motards criminels pourrait le favoriser Les Hells tentent d'implanter un club-école à Granby ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Granby — La loi antigang préconisée par le Bloc québécois pourrait s’avérer un atout dans la circonscription de Shefford où un club-école des Hells Angels est en voie de s’installer.Au printemps dernier, le quotidien La Voix de l’Est avait fait sa manchette de l’établissement d’un club école des Hells Angels à Granby.La région, essentiellement agricole, est également aux prises avec la culture du cannabis que pratiquent les groupes de motards criminels dans les champs de mais des agriculteurs.Selon le chef du district de Granby de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), Roger D.Caron, le groupe de motards.The Evil Ones, affilié aux Hells Angels, est actifs dans la région.Le chef Bloquiste a repris, hier, sa croisade pour obtenir une loi antigang qui a des dents.«Avec le crime organisé, au Bloc québécois, on prend le taureau par les cornes», a renchéri le candidat bloquiste de Shefford, Michel Benoit Pour la durée de la campagne, Gilles Duceppe a accepté d’être protégé par la GRC, contrairement aux deux élections précédentes où le Bloc québécois se chargeait de la sécurité de son chef Quatre policiers de la GRC surveillaient étroitement hier, les déplacements de M.Duceppe.«Cétait une offre que je ne pouvais tout simplement pas refuser», a-t-il dit à la blague, sans vouloir faire de lien direct avec sa position en faveur d’une loi antigang.M.Duceppe a dit ne pas avoir de sentiment de peur à l’endroit des groupes de motards criminels.«Ce n’est pas dans mm caractère.Je pense que les gens qui se tiennent debout sont plus solides que ceux qui plient l'échine.J’estime faire partie de ceux qui se tiennent debout», a déclaré M.Duceppe.R V \ f À moi de veiller à mes intérêts.sans obligations.» À la recherche de souplesse ?Optez pour l'Épargne rachetable Desjardins: • encaissable en tout temps sans frais ni pénalité; • taux avantageux ; • investissement au comptant ou par versements périodiques.À la recherche d'un rendement supérieur?Choisissez le DUO Desjardins constitué d'une Épargne à terme Gestion active et d'une épargne à terme conventionnelle: 6,5 %! profitez d'un taux supérieur garanti sur la moitié de votre placement investie dans l'épargne à terme conventionnelle (terme de 5 ans) ; profitez du potentiel de rendement supérieur des marchés internationaux pour l'autre moitié investie dans l'Épargne à terme Gestion active Desjardins** (terme de 5 ans) ; • investissement minimal de 5000$.Si vous désirez conserver le privilège d'encaisser une partie de vos épargnes au moment voulu, Desjardins vous offre aussi un DUO avec Épargne rachetable.Alors, pour en savoir plus, renseignez-vous auprès de votre conseiller à la caisse, composez le 1 800 CAISSES ou visitez notre site Internet www.desjardins.com •Offre d'une durée limitée.Taux suiet à changement sans préavis.••Le rendement de l'Épargne à terme Gestion active Des|ardins pourrait être nul.Desjardins K LE DEVOIR.LE MARDI 24 OCTOBRE 2 O O O 1 5 ELECTIONS 2000 I | i [ [ ] ) I Laframboise défendra les couleurs du Bloc KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Après avoir combattu depuis deux ans le gouvernement du Parti québécois à titre de président de l’Union des municipalités du Québec, Mario Laframboise est devenu souverainiste par nécessité et a décidé de briguer les suffrages avec le Bloc québécois.«Souverainiste, il faut l’être.Quand on regarde ce dont le Québec a besoin pour se développer dans les années 2000.C’est la seule façon d’atteindre nos objectifs.[.] C’est la seule façon défaire comprendre au reste du Canada qu’on est une société distincte», a expliqué hier au Devoir M.Laframboise, qui demeure toutefois critique envers le gouvernement du Québec à qui il conseille de donner plus d’autonomie aux municipalités.Mario Laframboise tentera de se faire élire dans la circonscrip- tion d’Argenteuil-Papineau qu’il habite depuis son enfance.Il est maire du petit village de Notre-Dame-de-la-Paix et préfet de la MRC de Papineau, en Outaouais.Pour les élections fédérales, il a suspendu ses fonctions qu’il aban-donnera s’il est élu député.Selon M.Laframboise, l’effort du gouvernement fédéral est insuffisant Il donne en exemple un dossier qu’il connaît bien, les infrastructures.«Le provincial manque de sous pour tout réaliser.Quand on voit les surplus phénoménaux du fédéral, je peux vous dire que sur le terrain, c’est frustrant surtout quand on a le goût du Québec.[.] Encore une fois, par goût du pouvoir, ce que les libéraux ont fait c’est de faire une enveloppe commune.On couvre à peu près 25% des besoins des municipalités du Québec.Ça signifie qu’on ne réussira même pas à faire de l’entretien; le réseau va encore se détériorer», estime-t-il.Duceppe rencontre les dirigeants du SCFP et de la FTQ KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Sous la menace d’un boycottage actif de la part des 25 000 employés municipaux du Québec, le Bloc québécois rencontre cette semaine les têtes dirigeantes de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).«Le président de la FTQ Henri Massé va effectivement rencontrer des gens du Bloc accompagné des dirigeants du SCFP pour essayer d’aplanir les choses.C’est prévu d’ici à la fin de la semaine.Après, on va faire le point», a confirmé hier au Devoir Louis Fournier, porte-parole de la FTQ.Les travailleurs réclament que le Bloc prenne position en faveur de la libre négociation dans le contexte houleux des fusions municipales.Le projet de réorganisation municipale du gouvernement de lucien Bouchard suspend le droit de grève et impose une première convention collective par arbitrage en cas d’échec des négociations.Déjà la semaine dernière, M.Massé a eu un face-à-face avec le chef bloquiste, Gilles Duceppe.Vraisemblablement, la rencontre n’a pas donné les résultats souhaités par la centrale syndicale car samedi, M.Duceppe tranchait la question.«C’est une question qui relève de Québec.Point à la ligne.[.] Ce n’est pas en élisant Jean Chrétien ou Stockwell Day qu’ils vont améliorer la situation des travailleurs au Québec», a déclaré M.Duceppe, visiblement mal à l’aise.Si ce dernier demeure sur ses positions, le Bloc québécois pourrait se voir privé de ses traditionnels alliés dans les circonscriptions.Mais la menace pourrait prendre également l’allure d’une publicité s’opposant au Bloc, com- me le permet la nouvelle loi électorale du Canada.La caravane bloquiste pourrait être suivie à la trace par des manifestants.Inquiets, les syndiqués ont préparé une stratégie de moyens de pression.Le 11 octobre, une manifestation simultanée dans quatre villes de la province apparaissait comme une première étape pacifique de l’opération.Le président des cols bleus de la Ville de Montréal, Jean Lapierre, confirme que le plan d’action est fin prêt mais il se montre très prudent dans ses commentaires.«C’est sûr et certain que du côté du Parti québécois et du gouvernement, si ça ne se clarifie pas positivement, il va y avoir de nombreuses autres actions.C’est prévu et planifié.Du côté du Bloc, le problème reste entier actuellement.Notre plan n’empêchera personne de voter Bloc.Mais ça peut empêcher l’implication de beaucoup de militants.[.] À la section locale 301, on ne dira pas au monde de ne pas voter Bloc, mais on risque de s’abstenir de donner de l’aide bénévole», a-t-il expliqué au Devoir.M.Lapierre précise que la FTQ poursuit en parallèle des discussions avec Québec pour clarifier la loi 124: «Il y a des différences d’interprétations ou de volonté d’interprétations.» «Ils tirent sur la mauvaise cible.Ils essaient par le Bloc, d’atteindre le Parti québécois.Ces gens-là savaient que le gouvernement avait l’intention défaire des fusions municipales.On n’a pas réglé le cas du Parti québécois quand c’était le temps, là, on voudrait régler le cas du Bloc.Ils font fausse route.[.] J’espère que leur action n’aura pas d’effets néfastes pour le chef, pour le Bloc», a commenté pour sa part Mario Laframboise, candidat du Bloc et président de l’Union des La mission en Chine reportée à 2001 PRESSE CANADIENNE Ottawa — Une mission commerciale de neuf jours d’«Équipe-Canada» en Chine a été remise à une date ultérieure à cause du déclenchement des élections, ce qui pourrait coûter cher aux contribuables canadiens en c hambres d’hôtels et en voyages déjà réservés.M.Chrétien devait faire partie du voyage, en compagnie des 10 premiers ministres provinciaux et de quelque 300 représentants du mqnde des affaires.La tournée d’Equipe Canada devait inclure les villes de Beijing, .Shanghai et Hong-Kong, entre le 17 et le 26 novembre.On tente actuellement de reporter la mission commerciale «à une date acceptable pour toutes les parties impliquées», a déclaré hier Nathalie Dubé, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Selon des représentants fédéraux et provinciaux, le voyage pourrait avoir maintenant lieu en janvier ou février, mais rien de précis ne peut encore être évoqué.La visite dépend évidemment de la réélection de M.Chrétien et de son gouvernement libéral aux élections du 27 novembre.«Ce sont eux qui tentent d’établir une nouvelle date, pas nous», a lancé une source provinciale, d’un ton acerbe.Le Bloc est à Ottawa depuis 10 ans Une aventure plus longue que prévu.et souhaité MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le succès du Bloc québécois se mesurera à la brièveté de son existence.Tel était le mot d’ordre lorsque le parti a vu le jour en 1990.Dix ans plus tard, il est toujours là avec 44 députés, l’appui de la majorité des francophones et une organisation fin prête pour les prochaines élections fédérales.Faut-il conclure à un échec?Non, répondent en chœur son chef et ses partisans.«C’est une lutte qui est longue», de constater simplement Gilles Duceppe.Le Bloc estime qu’il a toujours sa raison d’être sur la scène fédérale.D’abord, parce qu’une bonne partie de la population est souverainiste et qu’une députation entièrement fédéraliste donnerait une image fausse du Québec.Ensuite, parce que la conjoncture politique n’a pas vraiment changé depuis dix ans, résume le vice-président du parti, Pierre Paquette.«Il y a une crise du fédéralisme canadien, une crise au sujet de la place du Québec dans le Canada.Donc, au plan objectif, toutes les raisons qui avaient amené le Bloc québécois sont encore là.» lœ prédécesseur de Gilles Duceppe, Michel Gauthier, estime que les appuis du Bloc dans les sondages montrent «qu’il y a un besoin, un espace pour le Bloc» en attendant la réalisation de la souveraineté.Né de la frustration générée par la mort de l’Accord du lac Meech, le Bloc s’était donné deux rôles: la défense des intérêts du Québec et la promotion de la souveraineté.Ce mandat n’a pas été modifié, malgré la dernière défaite référendaire.L’existence du Bloc, malgré les doutes souvent émis, est un état de fait accepté, pense le sondeur Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing.En janvier dernier, 60 % des Québécois sondés par sa firme jugeaient le Bloc utile pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa.Depuis, constate M.Léger, la moitié de la population se dit satisfaite du travail du Bloc.Cela signifie que même des électeurs libéraux sont de cet avis, le Bloc et le PLC étant au coude à coude dans la province.Louis Balthazar, professeur émérite de l’Université Laval, croit que le Bloc a toujours son utilité, pour autant qu’il revoie son message pour tenir compte du désintérêt actuel pour le débat sur la question nationale.«Le Bloc est encore nécessaire, pas nécessairement pour promouvoir la souveraineté, mais pour tenir lieu de solution de rechange au fédéralisme proposé par le Parti libéral du Canada et Jean Chrétien, m type de fédéralisme qui demeure inacceptable pour la majorité des Québécois.» Au Québec, la grande inconnue demeure l’avenir du vote conservateur.En 1997, 22 % des électeurs ont appuyé le PC dirigé par Jean Charest alors que la grande majorité d’entre eux avaient appuyé le Bloc en 1993.Selon les sondages, les conservateurs sont maintenant décimés alors que l’Alliance a près de 10 % des appuis.Si la plupart des partisans conservateurs retournent au Bloc, quelques libéraux, dont Gilbert Normand dans BeÜechasse et André Harvey dans Chicoutimi, seront en difficulté.Si, au contraire, ils décident d’appuyer massivement les libéraux, c’est le Bloc qui en arracherait dans une dizaine de circonscriptions, en particulier dans la région de Gaspé et de Frontenac-Mégantic.Le manque de poids de l'Alliance et l’effondrement du vote conservateur avantagent toutefois le Bloc, croit toujours Louis Balthazar, mais son principal atout demeure la présence de Jean Chrétien à la tête du PLC.«On le voit dans les sondages.Paul Martin renvoie une image d'homme plus sympathique, qui ne cherche pas l’antagonisme, qui a été favorable à l’Accord du lac Meech, qui était contre, au début, la loi sur la clarté.Les sondages le révèlent.Si Martin était là, les libéraux iraient chercher au moins 10 députés de plus au Québec», évalue-t-il.En somme, bien qu’il s’en défende, le Bloc joue les gardiens de but, pour ceux qui attendent la souveraineté, et de voie d’évitement pour ceux qui espèrent un programme fédéraliste qui leur convienne mieux.Le parti semble avoir pris note de cette réalité et de l’état d’esprit de l'électorat Le programme présenté vendredi dernier parlait à peine de souveraineté pour se concentrer sur les finances publiques, la santé et le reste.Clairement le parti veut convaincre ceux qui doutent de son utilité qu’il peut être constructif et contribuer au débat public.«Tous nos appuis, au marnent du vote, ne sont pas que souverainistes, c’est clair [.] Ce n’est pas le Bloc qui va faire la souveraineté mais le gouvernement du Québec, le Parti québécois, la population.Ce n’est pas en élisant le Bloc à Ottawa qu’on fait la souveraineté.Dans ce sens-là, tous les Québécois qui ne sont pas d’accord avec l’approche centralisatrice de Jean Chrétien ont une solution: voter pour le Bloc québécois», explique Pierre Paquette.Michel Gauthier est toutefois bien clair.«La défense des intérêts du Québec, c’est quelque chose qu 'on fait en attendant», confiait-il cet été.A court terme, le but des bloquistes est de faire mieux qu’en 1997 alors qu’il récoltait à peine 38 % des votes à la suite d’une campagne désastreuse.L’enjeu est important pour eux car un fléchissement aurait un effet démobilisant sur le mouvement souverainiste et pourrait annoncer pour le Bloc un effacement graduel.A long terme, l’objectif du Bloc est toujours de disparaître.Les Gauthier, Paquette, Duceppe, Lalonde et les autres ont toutefois accepté le fait que cela ne se produirait pas aussi vite qu’ils l’espéraient au départ.Ils demeurent quand même pressés.«Je travaille toujours avec la conviction que c’est mon dernier mandat», dit Mi- «Ce n est pas le Bloc qui va faire la souveraineté mais le gouvernement du Québec, le Parti québécois, la population».Paul Martin dans l’Est de Montréal LE DEVOIR Le ministre fédéral des Fmances Paul Martin a brièvement fait campagne hier à Montréal avant de présider la réunion du G20.M.Martin a présenté les candidats libéraux qui brigueront les suffrages dans l’Est de Montréal.Les députés Yvon Charbonneau (Anjou-Rivière-des-Prairies), Elini Bakopanos (Ahuntsic) sollicitent un autre mandat tout comme Pierre Pettigrew (Papineau-Saint-Denis) et Alfonso Gagliano (Saint-Léonard-Saint-Michel) .De nouvelles têtes tentent également leur chance.Il s’agit de Claude Vigneault dans Rosemont-Petite Patrie qui essaiera de déloger le député bloquiste Bernard Bigras, Jean-Philippe Côté (Laurier-Sainte-Marie) et Normand Biron (Mercier).Paul Martin a profité de cette activité partisane pour écorcher le Bloc québécois.«Je suis tellement fier d’être Québécois.Tellement fier de nos réussites dans l’industrie, dans la culture.Quand vous regardez ce que nous avons fait comme Québécois, il n’y a pas doute que nous sommes parmi les chefs de file non seulement au Canada, mais en Amérique du Nord.Avec cette fierté, il est important de ne pas avoir de députés qui font partie de l’opposition perpétuelle, qui veulent seulement nous diviser, jamais nous rassembler.[.] Le temps est arrivé de nous donner des députés de qualité qui veulent bâtir, qui ne veulent pas seulement détruire», a lancé M.Martin.Ce dernier a refusé, par ailleurs, de s’avancer sur l’utilisation du solde budgétaire de 4,3 milliards et donc, sur les promesses électorales qui pourraient en découler au cours des prochaines.En retrait, il s’est limité à souligner qu’il laisse à Jean Chrétien le soin de faire des annonces.¦l mm spiiiii HB iiiii i Vous verrez clair dans vos finances.(Même sans lunettes!) Martial BOUCHER Yves BUTEAU Être plus humain 2e secondaire Cahier 256 pages-14,90$ LIDEC inc.Enseignement moral.En uenta dans imites les nhraines Les conseillers en sécurité financière de Clarica vous aident à faire le point sur vos besoins et sur vos objectifs financiers.Une démarche qui vous aide à faire des choix éclairés et parfaitement adaptés à votre situation personnelle.Parce que dans la vie, comme dans les affaires, c’est tellement plus simple quand c’est clair.Marque de commerce de Cluricn, compagnie d’assurance sur la vie.CLARICA Investissements et assurances de personnes.www.clarica.com A 6 LE DEVOIR, LE MARDI 24 OCTOBRE 2 0 0 0 EDITORIAL Du simplisme contre les gangs Gilles Duceppe a raison d’être intolérant envers les Hells Angels.Mais un leader politique n’a pas le droit d’acheter des votes en opposant à un problème complexe le simplisme.Michel Venue ?Boup sur coup, deux marches contre l’intimidation des motards criminalisés ont eu lieu au Québec.L’une après l’attentat dont le journaliste Michel Auger fut victime.Et une autre, samedi, à Terrebonne, où le jeune tenancier d’un bistro a été froidement assassiné.Ces deux manifestations sont-elles le signe que l’impunité dont jouissent, au Québec, ces bandes criminelles, tirerait à sa fin?Que la complaisance envers les motards criminels est terminée?Il faut le souhaiter.La fin de la tolérance est un premier pas essentiel.Mais s’il faut être intolérant envers les malfrats, ce n’est pas une raison pour devenir simpliste, comme le fait le chef blo-quiste Gilles Duceppe en décriant la Charte des droits et libertés qui est une conquête inestimable de la civilisation moderne.Simpliste, M.Duceppe l’est devenu en martelant partout où il passe la nécessité d’une loi antigangs qui interdirait l’appartenance à certains groupes.Simpliste parce que, d’abord, nous avons déjà depuis 1997 une loi qui punit le crime de gangstérisme, à laquelle s’ajoutent d’autres lois contre le blanchiment d’argent ou qui facilitent le travail d’infiltration des policiers.Si les enquêteurs et les procureurs se plaignent des difficultés de son application, ce sont les modalités qu’il faut peut-être revoir, pas les fondements mêmes de la loi.En outre, quand bien même on dirait «il est interdit de faire partie des Hells», les procureurs devront toujours, pour faire condamner quelqu’un, prouver que cette personne fait bel et bien partie de ce groupe.Or les témoignages d’experts et de criminels incitent à penser que le milieu interlope n’est pas constitué principalement d’organisations hiérarchisées, mais plutôt d’une nuée de groupes indisciplinés aux structures lâches et temporaires contre lesquelles une loi antigangs ne peut rien.Simpliste aussi, parce que M.Duceppe met dans la tête des gens que la seule solution au gangstérisme est d’interdire ces bandes nommément dans une loi.Or rien n’est plus faux.La recette contre les gangs est plus compliquée et comporte plusieurs actions.On peut raffermir la législation contre le blanchiment d’argent provenant d’activités criminelles en forçant les banques et les avocats à dénoncer toute transaction en argent comptant d’une certaine importance.On peut renverser le fardeau de la preuve afin de contraindre les chefs présumés de ces groupes à démontrer d’où provient leur fortune, au lieu que ce soient les policiers qui .doivent prouver qu’elle est le produit d’une activité illégale.Les peines de prison doivent être purgées en entier.Les policiers, dont le nombre a chuté de 9 % depuis 25 ans au Québec, et les procureurs, dont le nombre a lui aussi diminué, doivent avoir à leur disposition des moyens suffisants pour faire face à des criminels de plus en plus sophistiqués, membres de réseaux internationaux et conseillés par des avocats véreux mais compétents.Peut-être faudrait-il aussi assurer l’anonymat des jurés ou encore modifier la loi pour que dans les cas de crimes de gangstérisme, seul un panel de juges puisse entendre la cause.La collaboration entre les corps policiers, qui n’existe pas présentement au Québec, est aussi une condition essentielle.En d’autres termes, si M.Duceppe veut faire œuvre utile contre les gangs, il devrait soumettre à l’opinion publique l’ensemble des solutions.Il est vrai que cela l’obligerait à critiquer non seulement Ottawa, de qui relève le droit criminel, mais aussi ses amis péquistes de Québec qui sont responsables de l’application de la loi, de la police et de la répression du banditisme.mvenneÇà)lei/evoir.ca Les idoles amochées a même fin de semaine, trois histoires de violence impliquant des joueurs de hockey d’âge et de niveau bien différents, dont l’ex-gardien du Canadien, Patrick Roy.I , Dans ce dernier cas, le millionnaire récemment élevé I J au rang de «plus grand gardien de tous les temps» a été - arrêté pour méfait après que sa conjointe eut composé le 911 dans un moment de panique, puis relâché.Aucun tien avec la violence au hockey, dit-on.Vraiment?Admettons tout de même que la culture de la bagarre propre à ce sport rend tout naturel l’usage de l’agression physique dans les moments de frustration, sur la glace ou ailleurs.Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Casseau cassait tout! Le hockey professionnel en prend pour son rhume par les temps qui courent avec la condamnation de Marty McSorley, et maintenant cette affaire Patrick Roy.Mais laissons ce grand gamin colérique à ses problèmes de ménage et d’image et revenons au cas des ligues mineures où la violence semble devenir monnaie courante.Les dirigeants du hockey mineur affirment qu’ils s’opposent aux actes de violence.En fait, malgré quelques efforts intéressants dont l’introduction récente et expérimentale d’un nouveau système de calcul des points appelé Franc-jeu, qui tiendrait compte du comportement dans le classement des équipes, bien des entraîneurs et des parents croient qu’il faut être réaliste et enseigner aux jeunes à «savoir se défendre».Sans quoi, inutile de penser à faire carrière, comment se faire remarquer par les agents de recrutement des ligues supérieures?Cela revient toujours à dire que tant et aussi longtemps que les équipes professionnelles toléreront les actes d’agression comme étant inévitables, la violence physique sera présente dans l’imaginaire et la réalité du hockey amateur.En l’absence, donc, d’une telle volonté de la LNH d’en finir avec la violence, la seule façon pour les dirigeants des ligues mineures de briser ce cercle vicieux serait d’avoir recours systématiquement à la suspension à long terme, voire à la suspension à vie des joueurs et des instructeurs ayant commis ou encouragé l’agression physique.Mais alors, imaginez la réaction d’indignation de certains parents frustrés de ce qu’on les prive ainsi de la chance de voir leur talentueux petit prodige évoluer un jour aux côtés de son modèle, le grand Patrick Roy ! -SsS?Jean-Robert Sansfaçon ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE AVRÎS LA “SÊNLA'Mf PA Tiriez-Rev» ?.tr ^ « SoultVAfip pATI^CK-?.C»TY O*1 Pt**** _ il Pou* ?>ATTUÇS PATEiCk-M
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.