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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-11-04, Collections de BAnQ.

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w w w 1 e d e v o i r c o in E3 cp A fcâ' V-' PLAISIRS Ces Italiens d’une autre Rome Page B 16 LES ARTS Le fol automne du disque Page C 5 Vol.X C I N ° 2 5 2 LES SA M EDI 4 ET 1) I M A N (’ H E 5 N O V E M B W E 2 O O O ï I , D 5 S + T A X E s = 2 , 2 ô $ «CA m-.I rvT=^r“-~' '.-A JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Pierre Ferland navigue tout doucement sur les eaux du grand étang aménagé au milieu de sa terre d’une centaine d’hectares.RENDEZ-VOUS Ferland, bienheureux insoumis « Geo rge s-IIé be rt Germain es jours entiers, je fais rien.Quand je monte me coucher, le soir, j’ai la tête remplie d’idées.Et j’ai hâte au lendemain pour me mettre au travail.Mais le lendemain, très souvent, je fais encore rien.» Quand je suis arrivé chez lui, à Saint-Norbert, Jean-Pierre Ferland se trouvait dans un de ses jours de bienheureuse fainéantise.Le pâté chinois que sa blonde, partie à Montréal, nous avait préparé était déjà au four.La table était mise, le vin respirait le soleil entrait à flots dans la petite maison deux fois centenaire, et l’aîné des chiens ronflait près du poêle à bois.Pas de musique.«Jamais le jour, sauf quand c’est moi qui la fait.» Parce qu’il y a aussi des jours de grande vaillance, qu’à passe, sa guitare dans les bras, à chercher des mélodies, des idées et des mots.«Et alors, je me couche la tête vide.Et le lendemain, je recommence.» Ferland n’aime rien autant que de faire visiter ses terres et ses bâtiments, et faire voir à tout venant ses machines et ses animaux.Pour qui ne passe chez lui qu’une ou deux fois Tan, il y a toujours du nouveau.Un étang, un gazébo, une cabane à sucre, un chemin de bois, un nouveau tracteur, un xième chien.Mais rarement, sinon jamais, le nouveau aura été aussi spectaculaire et impressionnant que cette année.Il m’en avait parlé déjà, le jour de ses noces, à Sacacomi.«Faut que tu voies ce que je suis en train de faire avec mon marécage.Tu le croiras pas.» Parlant de marécage, il pataugeait alors dans un terrain plutôt inconfortable et va-souilleux.Dix jours plus tôt, «le 9 août», me VOIR PAGE A 16: FERLAND 'actions 50-50, 80-20 ou 33-66?Gilles Duceppe et Jean Chrétien se sont échangé la balle hier au sujet du partage des surplus budgétaires.Alors que M.Duceppe réclame que le tiers des surplus soit consacré aux programmes sociaux, M.Chrétien a expliqué que le concept de 50-50 ne doit pas être pris au pied de la lettre et a assuré que les programmes sociaux et économiques ne seront pas oubliés.L’avis des économistes Quel parti propose les meilleures recettes économiques pour stimuler la création d’emplois et la productivité?Trois économistes se prononcent.Culture électorale La culture n’est pas un enjeu majeur de la présente campagne électorale et le silence des principaux partis politiques inquiète.Où sont les promesses?Le défi de la santé Les libéraux ont profité de la dernière semaine pour attaquer les alliancistes au sujet de la santé.Mais la publication du livre rouge du PLC a eu vite fait de ramener le débat autour des surplus budgétaires.¦ À lire en pages A 8, A13, B1 et C1 INDEX Annonces.B 13 Avis publ.A 6, B 9 Bourse.B 8 Carrières.B 6 Économie.B 1 Éditorial .A 14 Fonds.B 4 Idées.A15 Monde.B 11 Mots croisés B 14 Météo.B 13 Plaisirs.B 16 Politique.A 8 Sports.B 10 ECONOMIE La guerre est déclarée entre Abitibi-Price et Québécor Le conseil d’administration d’Abitibi-Price a officiellement déclaré la guerre hier à son principal actionnaire Québécor, dont le président s’est ouvertement plaint de la mauvaise gestion de la compagnie.Un comité spécial formé de tous les membres du conseil d’administration à l'exception des représentants de Québécor et du président de la compagnie, John Weaver, a été formé hier pour tenter d’obtenir l’appui des plus importants actionnaires de la compagnie.Québécor a entrepris une démarche similaire en chargeant Michel Desbiens, qui était président du conseil d’administration d’Abitibi-Consolidated jusqu’à sa démission survenue lundi, de convaincre d’autres actionnaires de se débarrasser de John Weaver.¦ À lire en page B 7 La mainmise sur la Cour suprême se joue mardi Al Gore est Baptiste fervent, George W.Bush méthodiste tout aussi fervent.Dans un cas comme dans l’autre, la religion est assurée de faire une entrée fracassante à la Cour suprême des Etats-Unis.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Dans trois jours, les Américains choisiront un président qui, sur bien des plans, ceux du quotidien, aura une influence plus déterminante que Bill Clinton et George Bush, Ronald Reagan et Jimmy Carter, voire Richard Nixon et Lyndon B.Johnson.Il en sera ainsi à cause de cela: le prochain locataire de la Maison-Blanche aura la possibilité, le pouvoir, de nommer jusqu’à quatre juges au sein du saint des saints de la démocratie américaine: la Cour Élections EMttiftWHi suprême.Qu'Ai Gore ou George W.Bush réalise le doublé, qu’il reste à demeure huit ans, il aura alors la chance, si l’on peut dire, d’imprimer dans la société civile les traits prédominants de ses croyances politiques et., religieuses pour au moins 20 ans.Après avoir pesé tous les tenants et aboutissants de cette histoire délicate entre toutes, Donald Cuccioletta, professeur à l’université de New York et membre de l’Observatoire de ITJQAM sur les élections américaines, a laissé tomber ceci: «Ça m’effraie.» En soi, cette expression formulée au terme d'une analyse révèle combien le déterminisme religieux et une certaine impuissance politique, pour ne pas parler de lâcheté, font désormais bon ménage.Impuissance politique.qu'est-ce à dire?Dans la foulée des combats menés au cours VOIR PAGE A 16: MAINMISE ¦ Lire autres textes en page B 12 La loi faire effet Les grévistes du port de Montréal n’ont pas remis leurs camions en marche ERIC DESROSIERS LE DEVOIR Bien obligé hier de reconnaître que sa loi spéciale n’a pas réglé d’un coup les problèmes au port de Montréal, paralysé depuis deux semaines par une grève illégale des camionneurs, le gouvernement du Québec a réitéré son appel aux grévistes pour qu’ils se conforment à la loi, hier.Mais il a surtout pressé les instances fédérales concernées de régler de toute urgence la question de l’accréditation syndicale de ces travailleurs.On ne s’entendait pas hier, entre le gouvernement VOIR PAGE A 16: LOI T JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les camionneurs grévistes du port de Montréal ont poursuivi leur lutte hier.Santé publique Québec veut renforcer son pouvoir de surveiller et d’intervenir FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Dans le cadre de la refonte de la Loi de la santé publique, le gouvernement songe à accroître considérablement ses pouvoirs en matière de surveillance de l'état de santé de la population et, par le fait même, en ce qui a trait à l’accès aux données confidentielles des ministères et organismes publics touchant les individus.Selon les renseignements recueillis par Le Devoir, Québec envisage également d’attribuer aux directeurs de la santé publique (DSP) des pouvoirs d’interpellation et de mobilisation des acteurs sociaux dans le but d'intervenir plus promptement si la vie ou la santé d’une personne est en danger.Cela est d’autant plus important que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) estime que «bon nombre» de décès évitables surviennent malgré tout, faute d'interventions concertées de la part des différents secteurs concernés.Jeudi et hier, les membres de la Table de coordination nationale de la santé publique étaient réunis à Montréal pour discuter de l’élaboration d'un projet VOIR PAGE A 16: POUVOIR DI MAN C HE I vJ I I Animation Marie Loui&c: Arsenault Sylvain Houde et Maxime-Olivier Moutier RcijI'Siit ir.n M.*non Ctquorr A D ’ n C A N A O A V ^ si, • 1 'if1* ?i ;,: ! *»;/ 1, • 1* • œ - *s r* -, • 3$ê ' ' I'- ';4:^ ;i« mi 5 ¦ ; v'v->'.;-c-^ -, ’ i ' / .¦•¦ .v.;.:.5:i: ¦m fl»! :]h Ü-MjK Achetez maintenant sur SAQ.com Que ce soit pour acheter un vin exclusif, ou faire livrer un cadeau, la SAQ vous propose une façon simple, unique et sécuritaire de commander des 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protester contre les risques qu’elle ferait courir au milieu en stockant dans ses réservoirs les éventuelles boues de production qui contiendront des dioxines et furannes, des molécules cancérigènes et mutagènes.Mais un autre groupe, le Collectif de lutte aux organochlorés (CLO), prévoit tenir lundi une séance «de désobéissance civile avec l’appui d’Opération SalAMI», lequel s’implique dans cette bataille pour y «démasquer la mon- dialisation de la misère, de la pollution et du déficit démocratique par l’éducation, la formation et l'apprentissage de nouveaux moyens de résistance civile non violente».Les manifestants qui voudront participer à cette action, lundi, devront s’imposer une des deux séances de formation «obligatoire» de résistance civile non violente, qui se tiendront samedi et dimanche.Mobilisation locale Le dossier Magnola a suscité une intense mobilisation locale au cours des derniers mois alors que des citoyens inquiets commençaient à effectuer un travail normalement dévolu aux gouvernements.Ils ont ainsi retenu les services de la Société pour vaincre la pollution (SVP) pour effectuer une étude sur les niveaux de contamination de cette région «avant» le démarrage de l’usine.Sans une telle étude, il est impossible par la suite de démontrer si la nouvelle usine a ajouté à la pollution ambiante puisqu’on ne peut établir son niveau.Le ministère de l’Environnement peut obliger les promoteurs à ef- fectuer ce type de recherche dans leur étude d’impact ou il le fait lui-même au nom de l'intérêt public.Dans ce cas-ci, les militants de la SVP ont recueilli des échantillons de chair et de gras sur 125 cerfs de Virginie, abattus l’an dernier par des chasseurs durant la saison légale.Ce programme d’évaluation de l'état du milieu comprend differents autres indicateurs, dont plusieurs petits animaux.Un accident survenu le 12 août dans une cuve de l’usine en plein rodage a relancé les inquiétudes au sein du Comité de citoyens chargés de suivre les activités de l’usine en vertu du décret d’autorisation émis par Québec.Heureusement, les cuves ne contenaient alors aucun chlore, ce qui aurait pu provoquer le rejet à l’atmosphère et dans les boues de dioxines et furannes.Le comité de surveillance de l’usine, appuyé sur les avis de spécialistes universitaires, a conclu à la lumière de cet accident que «l’ensemble des protections du décret [gouvernemental] étaient inadéquates».«De plus, ajoute le rapport récent du comité, les normes de concentration dans l'air retenues par le ministère pour les plus graves de ces polluants (dioxines et furannes) sont désuètes et ne tiennent pas compte des connaissances importantes acquises au cours de la dernière décennie sur les effets insidieux à doses minimes des polluants de la classe des perturbateurs endocriniens.» Toutes les recommandations du comité adressées au ministère de l’Environnement du Québec sont restées lettre morte, poursuit le même rapport.Mais Magnola a pris sur elle de donner suite au moins à quelques-unes.De plus, les ministères québécois ont tous refusé de fournir une partie des 150 000 $ requis pour analyser les tissus prélevés sur les chevreuils et petits animaux pour établir le niveau de pollution existant avant la mise en marche de l’usine, le fondement incontournable pour d’éventuelles poursuites et mesures de restauration.La coalition locale et la SVP ont lancé une campagne de financement public pour obtenir les fonds nécessaires à ce travail d’analyse en collaboration avec des universitaires.Sécurité maritime sur le Saint-Laurent Mieux vaut inspecter les navires en mer LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Pour le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CREM), Ottawa doit prendre les mesures nécessaires pour inspecter les navires non pas durant leur parcours sur le Saint-Laurent mais avant qu’ils n’y pénètrent, lorsqu’ils sont encore en mer, de façon à réduire le plus possible les risques d’accidents maritimes majeurs.Ces risques seraient réels dans le cas d’un navire sur deux, selon le dernier rapport d’inspection de Transports Canada en 1999.Le CREM et les deux Zones d’intervention prioritaires (ZIP) de la métropole se sont penchés ensemble récemment sur les risques d’accidents maritimes majeurs dans le Saint-Laurent, qui prendraient rapidement des allures de «catastrophe», explique André Portier, en raison du confinement de l’eau par les rives et à cause du faible débit fluvial.Même si l’inspection préalable en mer n’est pas une pratique établie ailleurs dans le monde, le CREM soutient qu’elle devient impérative sur le Saint-Laurent après avoir pris connaissance des dernières statistiques publiées au cours des derniers jours par Transports Canada.Ce ministère fédéral a inspecté 1076 navires en 1999 sur le fleuve.Il y a découvert des «défectuosités majeures» dans 563 cas, soit 52 % des navires inspectés.Le concept de défectuosités majeures englobe des problèmes sérieux dans le matériel de navigation, des problèmes de sécurité en général et des défaillances dans le système de lutte contre les incendies ou dans les équipements de sauvetage.En 1999, environ 25 % des navires présents sur le fleuve ont été inspectés par les services fédéraux, conformément à une entente internationale qui permet aux navires ayant passé ce test d’éviter les examens ultérieurs dans les six mois qui suivent.Mais on peut douter de l’efficacité de ce système international quand on se rappelle que Y Erika, qui a sombré l’an dernier avec une importante cargaison d’hydrocarbures à bord, avait été inspecté par les services français au cours des semaines précédentes.Des 361 navires inspectés dans les ports fluviaux du Québec, 13 % l’ont été avant d’arriver à Québec et 50 % avant Montréal.«Il est donc possible pour un navire en mauvaise condition, explique André Portier, de circuler sur le Saint-Laurent sans avoir à craindre une inspection avant son port de destination au Québec ou en Ontario.Il faut donc absolument faire en sorte qu’on puisse intercepter ces navires en mauvaise condition avant qu 'ils ne pénètrent dans le Saint-lMurent car les conséquences d’un accident majeur seraient bien plus importantes que tout ce qu’on a vu en mer depuis quelques années.» Les associations de consommateurs continueront de monter la garde LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Les associations québécoises de consommateurs vont demeurer actives devant la Régie de l’énergie malgré le retrait des écologistes, un geste dont ils imputent la responsabilité au gouvernement et à sa politique de non-transparence en matière d’énergie.Pour Action réseau consommateurs (ARC) et la Fédération des associations coopératives d’économie familiale (FACEF), le «retrait des grands groupes environnementaux, organismes indépendants et sans complaisance, se traduit par une perte majeure dans un processus où la diversité des intervenants constitue un signe indéniable de santé démocratique».Pour la porte-parole d’Action réseau consommateurs, Manon Lacharité, «une telle décision démontre plus que toute autre à quel point l’attitude autocratique du gouvernement Bouchard, qui impose ses visées au détriment de la transparence et du respect de la démocratie, mine la crédibilité et la confiance envers certaines insti- tutions, dont la Régie de l'énergie dans le cas présent.En imposant une directive ou en cherchant à contourner par d’autres études des décisions dûment rendues après audiences publiques par la Régie, le gouvernement a grugé la nécessaire confiance dans une participation active devant cet organisme qu’il venait à peine de créer.Déplus, en adoptant la loi 116, le gouvernement Bouchard a privé la Régie et les intervenants de leur droit de connaître l’ensemble des coûts de production d’Hydro-Qué-bec et de débattre collectivement des choix énergétiques à venir dans une perspective de développement durable.» Les deux organismes de consommateurs vont donc demeurer en place pour continuer de faire des gains dans les dossiers économiques à venir malgré le cadre réglementaire plus restreint édicté par la loi 116.Mais ils annoncent qu’ils ne vont pas renoncer à obtenir une Régie dotée des pouvoirs que lui avait conférés initialement le législateur pour rendre plus transparente la gestion de l’énergie au Québec.Martial BOUCHER Yves BUTEAU Au m des leurs \n secondaire Enseignement moral.Cahier 268 pages -14,90 $ Guide 562 pages - 58,95 $ En vente Hans tonies les linrairtes Jr Qui a fait la meilleure affaire?Le passager de gauche a obtenu des s'est bretzels gratuits.Celui de droite contenté d'un cellulaire gratuit'.Le service tout inclus de Royal inclut maintenant un téléphone cellulaire gratuit! 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rés hier à l’Assemblée nationale pour avoir sauvé des vies grâce à leur connaissance en réanimation cardiorespiratoire.Un certificat de mérite leur a été remis par le lieutenant-gouverneur, Use Thibault, à l’occasion de la 4' cérémonie annuelle organisée par la Fondation des maladies du cœur du Québec, à l’Assemblée nationale du Québec.L’histoire de chacun de ces sauvetages se ressemble: une personne s’effondre en déneigeant sa maison ou lors d’une soirée de famille.C’est un accident cardiorespiratoire.Un voisin ou un membre de la famille se précipite et procède à des manœuvres de réanimation qui sauve la personne, en attendant l’arrivée des ambulanciers.«Plus de 70 % des arrêts cardiaques se produisent en présence de proches.Or le temps d’intervention a un impact direct sur les chances de survie», a expliqué le D'Alphonse Montminy, président de la faculté des soins d’urgence cardiovasculaire auprès de la Fondation.Il y a annuellement 7000 décès attribuables à des crises cardiaques.Or une intervention rapide d’une personne ayant suivi un cours en réanimation peut sauver la victime.«A la suite d’un arrêt cardiorespira-toire, les chances de survie d’une victime diminuent de 7 à 10% par minute», a expliqué le Dr Montminy.Il a déploré que seulement 6 % des Québécois connaissent les méthodes de réanimation cardiorespiratoires (RCR).C’est pourtant simple: il suffit de quatre heures pour apprendre la RCR, le temps de visionner deux bandes vidéo.Une autre solution mise en avant par le Dr Montminy est l’installation de défibrillateurs accessibles dans les lieux publics.EN BREF Un élève est agressé avec un Exacte (PC) — Un élève de sixième année de l’école Mar-guerit^Bourgeoys, à Québec, a été sérieusement blessé, hier après-midi, lorsqu’un compagnon de classe l’a frappé à l’aide d’un couteau Exacte.L’agression s’est produite pendant une bousculade, survenue alors que les élèves sortaient pour la récréation.L’un des enfants s’est senti menacé, a sorti un Exacte et en a porté un coup dans le dos de son compagnon.La victime, âgée de onze ans, souffre d’une profonde lacération qui a nécessité une visite à l’hôpital.Un autre enfant s’est plaint de douleurs à l’épaule.L’élève-agresseur a été suspendu, en attendant qu’une décision soit prise à son sujet Les compagnons de classe des deux jeunes ont été bouleversés par les événements.Une éducatrice spécialisée les a rencontrés.Le roi Kasparov est tombé.mais pourquoi ?REUTERS ¦ U Vladimir Kramnik est devenu le nouveau roi des échecs.D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE Après 15 ans d’un règne ininterrompu, le roi des échecs est tombé et les spécialistes tentaient hier de trouver une explication à l’étonnante contre-performance de Garry Kasparov face au nouveau maître de l’échiquier mondial, son ancien élève Vladimir Kramnik.Les privilégiés qui suivaient la rencontre jeudi soir au Hammersmith Riverside, une salle de l’ouest de Londres, ont vécu un moment historique à plusieurs titres.Après quatre heures d’affrontement et 38 mouvements, Kasparov, qui avait pourtant l’avantage de jouer avec les blancs (il avait commencé le premier), a jeté l’éponge et Kramnik est entré dans la légende, empochant par la même occasion quelque 1,8 million de dollars canadiens.Mené 6 points à 8, Kasparov devait impérativement gagner ce 15e et avant-dernier match pour espérer conserver son titre, remporté en 1985 lors de sa victoire contre le Soviétique Anatoli Karpov.Et encore lui aurait-il fallu également remporter la dernière rencontre, prévue aujourd’hui.Aux dires des experts, le jeu de Kasparov aura été aussi peu inspiré jeudi que depuis le début de ce championnat du monde, le 8 octobre.Parmi les explications possibles, la presse anglaise avançait hier une douloureuse bataille juridique avec sa première femme, Natasha, pour obtenir le droit de voir leur fille de sept ans, Polina.Le fait que sa deuxième femme, Yulia, soit venue le rejoindre à Londres pour l’encourager au milieu de ce championnat accrédite la thèse des problèmes personnels.Eric Schiller, un ami depuis 20 ans, risque une autre explication, affirmant que le champion ne s’est jamais remis de sa défaite contre l’ordinateur Deep Blue, en mai 1997 à New York.«R n’a pu obtenir une revanche et n'arrive pas à éliminer [cette défaite] de son esprit, a déclaré Schiller dans le Times.C’est devenu une obsession.» D’autres experts optent pour une explication beaucoup plus prosaïque: Kasparov est tombé sur plus fort que lui et l’élève a battu le maître.Kasparov avait remarqué les qualités de Kramnik en 1987, quand celui-ci était encore élève dans une école pour jeunes talents.Et il lui avait enseigné quelques-uns de ses secrets.Kasparov devrait participer à trois tournois l’an prochain, selon le Daily Telegraph, mais il y a peu de chances qu’il récupère un jour sa couronne.«Aux échecs, les retours au sommet sont rares, estimait le journal.Les dommages psychologiques consécutifs à une défaite sont trop sévères.» Kramnik, 25 ans, surnommé l’«iceberg» pour son calme dans les situations les plus difficiles, a battu l’«Ogre de Bakou» et mène désormais avec 8,5 points contre 6,5.Kasparov, 37 ans, ne peut plus le rattraper mais les deux hommes joueront tout de même pour l’honneur aujourd’hui, comme le prévoit leur contrat «Je n’ai pas joué mon meilleur jeu lors de ce championnat», a sobrement commenté Kasparov, étonnamment détendu et souriant après sa défaite.«Je n’ai pas été battu sur l’échiquier, mais j’étais mal préparé.» Cette victoire de Vladimir Kramnik est venue rappeler que la Russie tient toujours le premier rang dans le monde échiquéen grâce à une forte tradition nationale.«Le succès de l’école russe tient à ce qu’elle a maintenu la tradition de l’école soviétique des échecs.Ry a de plus en plus d’enfants qui jouent et des écoles d’échecs existent un peu partout dans le pays», a indiqué Andreï Selivanov, président de la Fédération russe des échecs.m **«»*»*» ityi«* j»» a >*¦>< > Édition de novembre PIRATES D'INTERNEl % unté pari» tecMtrifc : *»(» ***»)*«.jh «ri d***** cm *U H» «ata**?çs, y «fcj^SfSSaw» Pirates d'Internet qui sont-ils?Aussi » Le zyban : dangereux pour la santé ?Gratuit à l'intérieur Une trousse d'urgence contre les virus informatiques Science w w w.C y b e r S c i e n c e s .c o m Téléphone: 985-3344 Télécopieur: 985-3340 AVIS LEGAUX ET APPELS D’OFFRES Sur Internet: www.of fires, ledevoir.com Avis de la Commission des transports du Québec Québec ü II Commission des transports RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX : Gel espace est réservé par la Commission des transports du Québec pour informer les personnes intéressées par les demandes introduites à la Commission, et qui doivent être publiées conformément au Règlement sur la procédure de la Commission des transports du Québec (art.17).Cette rubrique contient également l'information concernant les entreprises sanctionnées par la Commission des transports du Québec en vertu de la Loi sur les transports, la Loi sur le transport par taxi, la Loi concernant les propriétaires et exploitants de véhicules lourds et des règlements en découlant.Dans la section "Avis divers", la Commission publie les renseignements utiles à la clientèle.LE TEXTE COMPLET ET INTÉGRAL D'UNE DEMANDE OU D'UNE DÉCISION PEUT ETRE CONSULTÉ EGALEMENT A NOS BUREAUX TOUTE PERSONNE QUI DÉSIRE PRÉSENTER DES OBSERVATIONS POUR APPUYER OU S'OPPOSER à L UNE OU L'AUTRE DES DEMANDES FIGURANT CI-DESSOUS.DISPOSE D'UN DELAI DE 10 JOURS DE LA DATE DE LA PUBLICATION POUR LE FAIRE EN S'ADRESSANT AUX BUREAUX DE LA COMMISSION DES TRANSPORTS.La Commission vous permet d'obtenir la cota des personnes Inscrites au Registre des propriétaires et des exploitants de véhicules lourds de trois façons différentes : • en visitant notre site web; • en utilisant notre système de réponse vocale interactive aux numéros habituels du service à la clientèle; • en contactant notre personnel préposé aux renseignements durant les heures d'ouverture de nos bureaux.Bureau de Québec : (418) 643-5694 200, chemin Sainte-Foy Québec (Québec) G1R5V5 Bureau de Montréal : (514) 873-6424 545, boulevard Crémazie Est, bureau 1000 Montréal (Québec) H2M 2V1 Ligne sans frais : 1-888-461-2433 Site web : www.ctq.gouv qc.ca Nos heures d’ouverture sont, du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30 exception faite du mercredi où les services à la clientèle sont offerts de 10 h à 12 h et de 13 h à 16 h 30.Veuillez prendre note que depuis le lundi 25 septembre 2000, nous oflrons quelques services à la clientèle entre 12 h et 13 h : • remise de formulaires; • prise de rendez vous; • réception de courrier.SANCTIONS : SÉCURITÉ René D'Astous de Baie-des-Sables Déclaration d’inaptitude partielle Modification de la cote avec mention “ satisfaisant ” pour une cote avec mention " conditionnel " Décision QCRC00-0O044 SANCTIONS : PERMIS Robert Guillette de Scotstown M-218807-001A Suspension du permis du ter décembre 2000 au 2 mars 2001 Décision MPTC00-00477 Yolande Lessard de Wesmount Interdldlon d’utiliser et d'aliéner un véhicule et retrait de plaque et certificat d'im- matriculation du 1er décembre 2000 au 28 février 2001 Décision MPTC00-00489 DEMANDES DE NATURE ÉCONOMIQUE AUTOBUS M00-01639-9 TRANSPORT SCOLAIRE ANDRE DEMERS INC.1387, R.R.2, route 116, C.P.46 Danville OC J0A 1A0 PROC.: FLYNN, RIVARD SUPPRESSION TOTALE PERMANENTE DE SERVICES INTERURBAIN 1-M-000780-005B Territoire : D'Asbestos à Montréal 1-M-000780-006B Territoire : D*Asbestos à Richmond Date d'affichage : Du 6 octobre au 15 octobre 2000 M00-01655-5 WINDIGO AVENTURE INC 7075, rue de La Roche Montréal QC H2S 2E6 PROC.: POULIOT, MERCURE DEMANDE : NOLISÉ Territoire : Zone 1 : Communauté urbaine de Montréal, Zone 8 : Communauté urbaine de Québec Horaire/lréquence Sur demande Clientèle: touristes européens dans le cadre de forfaits de tourisme d'aventure Catégorie : A6 Durée : 5 ans Q00-00971-1 9094-8324 QUEBEC INC 398, 6e Avenue Grand-Mère OC G9T 2P8 ET DEMANDEUR-CÉDANT Dufour, Gilles (Entreprise Gilles Dufour) 1463, 40e Rue Shawinigan QC G9N 5H4 TRANSFERT : NOLISÉ 1-Q-001204-001A Territoire : Zone 5 : Shawinigan, Shawini-gan-Sud et Baie-de-Shawinigan Catégorie : A6 Date de fin : 23 mars 2003 000-00975-2 AUTOCAR JEANNOIS INC, 1755, route St-Michel Delisle QC GOW1LO PROC.: KRONSTROM, DESJARDINS DEMANDEUR-CONJOINT AUTOCAR SAGAMIE INC.1755, route Saint-Michel Delisle QC G0W 1L0 MAINTIEN DE PERMIS SUITE A UNE FUSION : NOLISÉ 9-Q-000935-001 A, 002A, 003A ABONNEMENT 9-Q-000935-005A TAXI MOO-01638-1 Vahidnia, Farhad 8500, rue Sherbrooke Est, app, 102 Montréal QC H1L 6J8 ET DEMANDEUR-CEDANT Gilsig, Nathan 6575, rue Kildare, app.401 Montréal QC H4W 1B6 TRANSFERT : 9-M-200291-002A A-11 Montréal MOO-01641-5 Kheir, Gabi 11817, av.Michel Sarrazin Montréal OC H4J 2G4 ET DEMANDEUR-CÉDANT Chedid, Elias 1407, rue Raimbault Saint-Laurent OC H4L 4S1 TRANSFERT 0-M-216130-001A A-12 Ouest de Montréal MOO-01647-2 El Khatib, Adnan 365, boul.Deguire, app.105 Saint-Laurent QC H4W 2T8 ET DEMANDEUR-CÉDANT Noun, Nazem 6169, rue de Bellefeuille Saint-Léonard QC H1S 1B9 TRANSFERT ; 9-M-217725-001A A-11 Montréal M00-01654-8 2683831 CANADA INC.1000, rue de Gibraltar Laval QC H7P 3V4 ET DEMANDEUR-CÉDANT 2744-2466 QUEBEC INC.3575, rue Sainte-Marie Mascouche QC J7K 3C2 TRANSFERT ; 7-M-216059-001A Service Spécialisé Limousine A-08 Laval 000-00964-6 Nepton, Linda 2101, rue Saint-EIzéar Jonquière QC G7X 5V4 PROC.: Me Louis Brown ET DEMANDEUR-CÉDANT Godin, Jean-Guy 3733, rue Notre-Dame Jonquière OC G7X 2É9 TRANSFERT 2-0-206307-001A A-51 Ouest du Saguenay Q00-00967-9 Fortin, Madeleine 5252, rue Bossuet Lévis QC G6V 5A9 PROC.: GOSSELIN, LAGUEUX, ROY ET DEMANDEUR-CÉDANT Succession Paul-Étienne Èmond 5252, rue Bossuet Lévis QC G6V 5A9 TRANSFERT : 3-Q-205878-001A A-35 Lévis QOO-00969-5 Morissette, Jean-François 82, rue Bonneville Drummondville QC J2E 1N1 ET DEMANDEUR-CEDANT Gaétan Lagueux 46 B, rue Poirier Drummondville QC J2B 5K5 TRANSFERT : 5-Q-206577-001A A-29 Drummondville 000-00970-3 Néron, Gervais 108, 9e Rue, C.P.1114 Chapais QC G0W 1H0 PRÛC : Me Suzanne Truchon ET DEMANDEUR-CEDANT Caron, Thérèse Beaulieu 132, boul.Springer Chapais QC GOW 1H0 TRANSFERT : 8-Q-206459-001A Région 299106 Chapais Formée de : Chapais 000-00972-9 Lemire, Rosaire 169, rue Saint-Alphonse Drummondville QC G2B 6M1 PROC.: GARIEPY ET ASSOCIÉS ET DEMANDEUR-CÉDANT Picard, Genrais 2180, rue St-Georges Drummondville QC J2C 5L7 TRANSFERT : 7-0-205783-001A A-29 Drummondville 000-00974-5 LES CONSULTATIONS ARSEN INC.7690, rue de Nîmes Charlesbourg QC G1H 3Z9 PROC.Me Alain Fecleau ET DEMANDEUR-CEDANT Ferland, Paul-lrénée (PAUL IRENEE FERLAND TAXIS ENR.) 595, Ire Rue Québec QC GU 2X4 TRANSFERT : 2-0-200474-004A A-36 Québec Le Secrétaire de la Commlaeion Léonce Girard I L K I) K V U I R .I.K S S A M K I) I E T l> I M A \ ( H E 5 V 0 VE M B R E 2 0 0 II •LES ACTUALITES* Scène municipale « Petite » année électorale ERIC DESROSIERS LE DEVOIR La politique municipale a beau avoir rarement autant occupé l’avant-scène, l’année en cours n’en sera pas moins une «petite» année d’un point de vue électoral.Seulement 131 municipalités sur les quelque 1300 qui existent au Québec seront en effet en élections demain.Fidèles à une triste tradition, ces élections compteront plus que leur part d'élus sans opposition et de faible taux de participation.Parmi ces municipalités, on retrouve peu de grandes villes.Dans la grande région de Montréal, on remarque notamment Châteauguay, Sainte-Julie, Varennes, Saint-Eustache et Saint-Hyacinthe.Dans cette dernière ville toutefois, les électeurs n’auront le privilège que de choisir leurs conseillers munici-paux, personne n’ayant osé faire campagne contre le maire sortant Claude Bernier.44 autres municipalités seront dans la même situation.Il a déjà été grandement fait mention de la décision de la ministre des Affaires municipales, Louise Harel, de reporter la tenue des élections municipales prévues à Saint-Hubert, dans la région de Montréal, ainsi qu’à Charlesbourg et à Beauport, dans la région de Québec, pour cause de projet de fusion.Il est toutefois intéressant de rappeler que cette règle n’est pas nouvelle, qu’elle touchera six autres municipalités cette année et qu’elle s’était appliquée à au moins 40 municipalités l’an dernier.Des 131 municipalités en élections cette année, 29 ne pourvoiront que la moitié des postes de leurs conseils municipaux, excluant celui du maire.L’an dernier, 615 municipalités étaient en élections alors que, l’an prochain, elles doivent officiellement être 751.du moins jusqu’à ce que l'on annonce la fusion de certaines d’entre elles.Bien que les élections municipales représentent théoriquement un moment privilégié d’expression de la volonté populaire sur des enjeux collés à la réalité quotidienne des gens, elles demeurent les mal-aimées de nos principaux rendez-vous démocratiques.Bien qu’il puisse varier de 21 à 92 % (chiffres de 1999), le taux de participation moyen au Québec se situe tout juste au-dessus du cap des 50 %.Rappelons, à titre de comparaison, que les scrutins provinciaux et fédéraux affichent chaque fois des taux de participation de plus ou moins 75 à 80 % alors que les élections montréalaises de 1998 ont affiché un taux de 51 %, et celles de Québec, l’année précédente, un taux de 47 %.Quant au jour où la composition des conseils municipaux reflétera celle de la population en général, il n’est pas près de venir.Selon le ministère des Affaires municipales, seulement 10,4 % des maires et 23,1 % des conseillers sont des femmes à l’heure actuelle.Si ces proportions marquent un net progrès par rapport au début des années 80, où il y avait à peine 1,5 % de mairesses et 3,8 % de conseillères, elles ne montrent pas que la situation est pratiquement stagnante depuis une dizaine d’années.La Cour d’appel renverse la décision de première instance Le recours collectif sur le tabac pourra suivre son cours LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Le second recours collectif des victimes du tabac pourra suivre son cours normal, la Cour d’appel ayant renversé le jugement de première instance qui suspendait l’exercice du second recours tant que le premier recours n’avait pas fait l’objet d’un jugement.La difficulté vient du fait qu’il existe deux requêtes en recours collectif reliées au tabac, l’une déposée en septembre 1998, l’autre en novembre 1998.Le premier groupe a été institué par trois requérants au nom des deux millions de personnes dépendantes du tabac.Le second groupe est constitué de personnes malades, atteintes d’emphysème ou du cancer du poumon, de la gorge ou du larynx.Il est appuyé par le Conseil québécois sur le tabac et la santé.Pour le premier groupe, des dommages exemplaires de 5000 $ par fumeur sont réclamés.Pour le second groupe, constitué de 20 000 victimes, une somme de 100 000 $ par victime est réclamée pour perte de jouissance de la vie.Aucun des deux recours n’a encore été autorisé.Mais ils pourront désormais suivre leur cours normal, qui en est encore au stade préliminaire, a indiqué Yves Lau-zon, porte-parole des victimes du second groupe, hier.Satisfait M' Lauzon s’est dit «tout à fait satisfait» de la décision du tribunal, présidé par la juge Louise Mailhot, aidée des juges André Forget et Jacques Delis-le.Il a affirmé aux journalistes, une fois la décision rendue, que ce que son groupe voulait, c’était «de ne pas être à la remorque d’un autre recours».: aie Le sort s’acharne sur la Bibliothèque de France AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Le sort s'acharne sur la futuriste Bibliothèque nationale de France, le plus coûteux et l’un des plus controversés des grands travaux commandités par l'ancien président Francois Mitterrand, fermée en raison d’une mystérieuse intoxication, après trois années jalonnées de problèmes.A peine rouverte jeudi, un mois après un incendie qui s’était déclaré dans des sous-sols, la Bibliothèque nationale de France (BNF) a été aussitôt fermée «par mesure de précaution et en raison de la persistance d’indispositions chez certains membres du personnel».la réouverture du site en bordure de Seine, qui porte le nom de son «père», Francois Mitterrand, ne surviendra «qu’après les résultats des nouvelles analyses chimiques et bactériologiques de l’air», a indiqué la direction dans un communiqué jeudi soir.Depuis plusieurs jours, une vingtaine d'employés se plaignaient de violents maux de tête, de nausées et de picotements aux yeux et à la gorge après être passés dans des locaux de préservation de documents.En attendant les résultats des analyses et l’avis des médecins, les soupçons se portaient sur une pollution de l'air par un élément chimique ou bactérien, indiquait-on hier à la BNF.Œuvre de l’architecte Dominique Perrault, dénoncée lors de sa construction comme «pharaonique» et réalisée pour un coût de huit milliards de francs (1,5 milliard de dollars), la BNF n’a cessé de nourrir la polémique dès son ouverture officielle, en décembre 1996.Ijes griefs contre celle que l'on veut rivale de la British Library et de la Bibliothèque du Congrès américaine vont des bureaux sans fenêtres, fuites d’eau et portillons qui se bloquent aux délais de trois heures pour obtenir un livre.Mais c’est le système informatique, jugé trop compliqué et peu fiable, qui a fait déborder le vase du mécontentement des 2200 employés.le système qui doit gérer les allées et venues de 1 î millions de livres et de 2000 chercheurs, sans parler du public, subit des bogues à répétition.11 a ainsi déclenché une fausse alerte d’incendie, faisant arroser des magasins en sous-sol.ARCHIVES LE DEVOIR Il existe deux requêtes en recours collectif reliées au tabac, l’une déposée en septembre 1998, l’autre en novembre 1998.Grâce à la décision de la Cour d’appel, ces deux recours pourront être étudiés ensemble, du moins au stade de l’autorisation.La Cour d’appel a aussi ouvert la porte à ce que les deux recours puissent être étudiés ensemble, du moins au stade de l’autorisation, puisqu’une bonne partie de la preuve se recoupera.Mr Lauzon a manifesté la volonté d’agir le plus rapidement possible pour les victimes, certaines étant d’ailleurs décédées depuis le dépôt de la requête, il y a deux ans.EN BREF Deux auteurs pour un prix Giller Les auteurs Michael Ondaatje et David Adams Richards sont tous deux lauréats du prix Giller cette année.Ce prix de 25 000 $ est accordé par l’homme d’affaires Jack Rabinovitch.Michael Ondaatje a remporté cet honneur jeudi pour Anil’s Ghost (en fiançais: Le Fantôme d’Anil) et David Adams Richards pour Mercy Among the Children.En lice à leurs côtés pour le prix Giller se trouvaient Elizabeth Hay (A Student of the Weather), Mm Cumyn (Burridge Unbound), Fred Sten-son (The Trade) et Eden Robinson (Monkey Beach).Le prix porte le nom de Doris Giller, défunte épouse de Jack Rabinovitch, jadis responsable de la section des livres au quotidien montréalais The Gazette.i J.La plus grande sélection de perles au Québec Sondage Léger & Léger 4 année» consécutives le Parchemin DEPUIS 19 6 6 Place des Arts, 175 rue Sle-Catherine Ouest, (514) 849-8333 Métro Berri-UQAM, 505 rue Ste-Catherine Est, (514)845-5243 Jj Collège STANISLAS membre du réseau international des établissements français PORTES OUVERTES 10 novembre le 9 h à 19 h Scolarité complète pré-maternelle, maternelle, primaire, secondaire et collégial Baccalauréat français équivalent du DEC .^>3 k.780, boul.Dollard à Outremont téléphone : (514) 273-9521 www,Stanislas.qc.ca * À Québec, été comme hiver, avec vue! 0n se baigne sous la neige Quelle belle façon de voir Québec! L’hôtel Hilton sur Vieux-Québec, fraîchement rénové au coût de $18 millions surplombe le quartier latin et tous les points de vue intéressants de la Vieille Capitale Informez-vous des forfaits saisonniers et familiaux ainsi que de nos attentions particulières pour vos enfants.Toutes les activités sportives et culturelles majeures sont à votre portée.Quel plaisir de se baigner en plein hiver dans notre piscine extérieure chauffée ! 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partagée entre deux quartiers généraux, l’un à Ottawa et l’autre à Calgary.Le bal a été lancé mardi, dans le Globe and Mail, par le coprésident de la campagne, Jason Kenney.Il confiait que les provinces devraient avoir «la flexibilité» nécessaire pour expérimenter en matière de financement des services de santé, y compris le recours au secteur privé.Il s’est aussitôt fait accuser de vouloir un système à deux vitesses, un anathème à travers le pays.L’incapacité de M.Day à clarifier par la suite sa position sur le rôle du secteur privé en matière de soins de santé a empiré les choses.De plus, son refus de céder aux pressions de ses organisateurs, qui voudraient le voir attaquer plus durement Jean Chrétien, a provoqué l’intérêt de la presse pour les moindres signes de désaccord.De simples nuances, surtout sur la santé, sont maintenant présentées comme des divergences de fond.Le meilleur exemple est la sortie de son directeur de campagne.Rod Love, qui a rappelé qu’il existait déjà des cliniques privées offrant, contre argent sonnant, des services de diagnostic pour lesquels, dans le secteur public, il faut attendre longtemps.«Je ne dis pas que c’est un bon ou un mauvais système.Je dis qu’il faut en débattre», a-t-il affirmé.La vigueur de la réaction démontre que même l’hypothèse d’un débat sur la place du secteur privé est vue par certains, en particulier les libéraux et les néo-démocrates, proche d’une hérésie.De quoi, en passant donner raison à Kim Campbell qui, en 1997, s’était fait démolir pour avoir affirmé qu’une campagne électorale est «le pire moment possible pour discuter d’un sujet aussi sérieux» que la réforme des programmes sociaux.Les libéraux, comme tous les autres partis, ont profité des sorties alliancistes pour passer vigoureusement à l’attaque, mais la publication du programme libéral, mercredi, a stoppé l’élan contre M.Day et mis en lumière les propres faiblesses du PLC.L’opposition et les médias n’ont pas manqué de relever l’impossibilité de respecter la promesse de partager également les surplus entre, d’un côté, les dépenses et, de l’autre, la réduction des taxes et de la dette.Il s’agit d’une «image», a répondu le ministre Martin Cauchon.«Ce n’est pas une camisole de force», de renchérir Paul Martin.Bref, à peine renouvelé, l’engagement devait être pris avec un grain de sel.?La validité de la formule est mise en doute parce que les libéraux se sont déjà engagés à consacrer des sommes importantes aux réductions de taxes et d’impôt Pour respecter le partage des surplus proposé, le gouvernement libéral devrait faire des dépenses colossales, soit d’environ 100 milliards sur cinq ans.Interrogé sur la question, Jean Chrétien a soutenu qu’il fallait tenir compte des hausses normales de dépenses entraînées par l’augmentation des salaires des fonctionnaires et celle du nombre de retraités recevant une pension.Sauf que ces coûts sont déjà pris en compte dans les prévisions budgétaires, lui a-t-on rappelé.Alors il a offert une autre réponse hier sur les ondes de TVA en laissant entendre que les surplus engagés avant l’élection n’entrent plus dans ses calculs.Entre Jean Chrétien et Stockwell Day, c’est ce dernier qui est le plus vulnérable à la veille des débats télévisés, surtout s’il n’arrive pas à mieux faire passer son message.Le système de santé public est un enjeu émotif au Canada.Ce programme a valeur de symbole et il est impossible d’en discuter sans soulever les passions.Plusieurs groupes de pression se préparent d’ailleurs à sauter dans la mêlée au cours des prochains jours.Son avenir est le premier sujet de préoccupation des Canadiens selon tous les sondages.La position encore floue de l’Alliance accentue la polémique en plus de nuire au parti exactement là où il voulait faire des gains, c’est-à-dire en Ontario.Un nouveau sondage Ipsos-Reid, réalisé pour CTV et le Globe and Mail, montre que le Canada est toujours divisé en trois.L’Alliance domine dans l’Ouest, le Bloc auprès du Québec francophone et les libéraux en Ontario et en Atlantique.Ce sondage, réalisé entre le 27 octobre et le 1" novembre, montre aussi que la division de la carte politique, a l’extérieur du Québec, suit exactement les lignes de fracture décelées dans le dossier de la santé.Ainsi, dans l’Ouest, on fait davantage confiance à l’Alliance en la matière alors que dans TEst, surtout en Ontario, on adhère à la vision libérale.A court terme, si l’Alliance sort amochée du débat, ses mois d’effort pour percer en Ontario pourraient s’envoler en fumée.En une semaine, elle a connu une légère et encourageante remontée à l’échelle du pays mais a subi un recul dans la plus populeuse province.Elle y récolte 24 % des appuis comparativement à 28 % une semaine plutôt Ijes libéraux, eux, y ont connu une remontée, de 51 à 53 %.La marge d’er-reqr en Ontario est de 4,1 points, 19 fois sur 20.A long terme, cependant, c’est tout le pays qui pourrait subir les effets de cette polarisation géographique.Après avoir fermé la porte aux compromis, le gouvernement libéral prédit par les sondages pourrait être amené à poursuivre des politiques qui ne collent pas à la réalité de certaines régions.Une recette parfaite pour y raviver le sentiment d'aliénation.Nouveau-Brunswick Et si «Vroum Vroum» Gauvin faisait gagner Bernard Thériault?La division du vote et la montée de l’Alliance pourraient favoriser l’élection de libéraux ARCHIVES LE DEVOIR Le Village historique acadien reconstitue la vie des Acadiens de 1780 à 1890.ïi.itJÈk, Dans Acadie-Bathurst, la circonscription au nord-est du Nouveau-Brunswick, la politique provinciale s’est transportée sur la scène fédérale.Deux anciens ministres des Pêches, l’un libéral, l’autre conservateur, s’affrontent pour obtenir leur entrée à la Chambre des communes.Le premier est resté «rouge» mais le second a adopté les couleurs de l’Alliance canadienne.Cas d’espèce: Acadie-Bathurst n’est qu’une des quelques circonscriptions de la province où le parti de Stockwell Day viendra brouiller les cartes et peut-être redonner des sièges aux libéraux.C’est le scénario ontarien de 1997 qui migre au Nouveau-Brunswick.HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Bathurst, Nouveau-Brunswick — La lutte dans Acadie-Bathurst est décidément personnelle.Prononcez le nom de Jean Gauvin et personne ne pensera à critiquer son choix de devenir allianciste.On répondra plutôt «Ah! Vroum-Vroum?» «Vroum-Vroum», son surnom, comme dans «grosse bagnole», en référence à la Trans Am que le politicien avait acquise alors qu’il était ministre conservateur dans le gouvernement de Richard Hatfield.M.Gauvin, qui conduit maintenant une Cadillac, comme à peu près tout le monde se fait un devoir de le rappeler, est perçu comme le big shot de la région, celui qui représente une association de crabiers «millionnaires».On le traite d’opportuniste parce qu’il avait aussi appuyé, aux dernières élections provinciales, le candidat libéral.Ce à quoi il répond candidement: «Je ne connais pas un politicien qui n’a pas un certain degré d’opportunisme.SU n’en avait pas, il n’irait pas loin en politique.» Prononcez maintenant le nom de Bernard Thériault, le candidat libéral, et on évoquera son bilan «peu convaincant» de ministre provincial des Pêches puis de la Santé.On enchaînera avec une quasi-légende: il n’avait pas été solidaire de son collègue Albert Doucet lorsque ce dernier avait démissionné du cabinet pour dénoncer le fait que, selon lui, pour chaque dollar investi dans le nord du Nouveau-Brunswick (sa région et celle de M.Thériault), cinq étaient dépensés dans le sud.Quant à Yvon Godin, le député néo-démocrate sortant, il mise sur sa popularité personnelle.En tournée au supermarché de Bathurst, il sert des mains, les gens le reconnaissent, lui sourient Mais lorsqu’il sollicite leur appui, la perplexité se lit dans leurs yeux.Yvon, on t’aime bien, disent-ils, mais es-tu certain d’être avec le bon parti?Le candidat de l’Alliance canadienne compte d’ailleurs là-dessus.«M.Godin a été élu par un vote de protestation», dit M.Gauvin en référence à la défaite du ministre libéral Doug Young, qui avait eu la tâche ingrate de défendre la réforme de l’assurance-em-ploi.«U va en garder une partie, mais ce sont des votes très volatiles.C’est ma clientèle.» Si c’est le cas, si les votes de M.Godin se déplacent vers l’Alliance, alors le candidat libéral pourrait bien se faufiler entre les deux et l’emporter.Surtout s’il y a peu de chances que les appuis accordés en 1997 aux libéraux aillent à l’Alliance, comme le croit M.Thériault «J’ai fait les maths: Jean Gauvin ne peut venir chercher aucun des 18 431 votes qu’on a [obtenus en 1997], Pour moi, ce chiffre, c’est le “bottom line".Parce que les gens ici disent qu’il fallait être libéral pas à peu près pour voter PLC en 1997.Alors, je ne peux pas en avoir moins que ça.» En 1997, Yvon Godin avait remporté l’élection avec une majorité de 2500 voue sur son adversaire libéral Doug Young.Le Parti progressiste-conservateur était arrivé en troisième place.Cette fois, même les organisateurs conservateurs ne se font pas d’illusions: ils reconnaissent ne pas être dans la course dans AcadieBathurst Le contrôle des armes à feu AcadieBathurst n’est pas la seule circonscription du Nouveau-Brunswick où l'Alliance canadienne pourrai modifier la situation en faveur du Parti libé- ral.C’est aussi le cas dans Tobique-Mactaquac et Madawaska-Restigouche, toutes deux représentées par, des conservateurs.À Madawaska, Scott Chedore se présente comme allianciste contre le député sortant Jean Dubé.Or M.Chedore a été organisateur conservateur pendant une trentaine d’années dans la circonscription.Avant de se joindre à l’Alliance, au printemps, il était vice-président de l’association et, à ce titre, travaillait étroitement avec M.Dubé.En 1997, M.Dubé avait remporté son siège avec une confortable majorité de 6000 voix sur son rival libéral mais aucun réformiste ne s’était présenté.Une division du vote pourrait cette fois-ci favoriser le candidat libéral, Jeannot Caston-guay, un chirurgien à la retraite.Scénario similaire dansTobique.Le député sortant, Gilles Bernier, fera face à un allianciste, Adam Richardson, qui a recruté deux ex-organisateurs conservateurs.Et en 1997, le Parti réformiste avait été plutôt fort dans la circonscription, recueillant 28 % des voix.S’il venait gruger les 1900 votes de majorité de M.Bernier, le libéral Andy Savoy, un ingénieur de 37 ans, pourrait alors l’emporter.Le candidat libéral souligne que l’Alliance marque des points dans la circonscription avec son opposition à l’enregistrement des armes à feu.Cette circonscription, surtout rurale, se montre ouverte à ce discours.Lui-même, tout libéral soit-il, promet à ses électeurs potentiels qu’il ferait pression, une fois élu, sur le gouvernement pour qu’il revoie son programme.«En faisant cela, je ne vais pas contre la plateforme électorale de mon parti.La plateforme est muette à ce sujet puisque la législation est déjà passée.» Le Parti libéral détient trois des dix sièges du Nouveau-Brunswick.Mais les organisateurs libéraux espèrent remporter entre trois et quatre sièges de plus le 27 novembre, soit ceux de MM.Godin, Bernier et Dubé, en plus de celui d'Angela Vautour (voir à ce sujet Le Devoir du l"r novembre), la transfuge néo-dé- mocrate passée chez les conservateurs.On ose même parler de la circonscription de Saint John, actuellement détenue par l’incontournable Elsie Wayne.En 1993, Mme Wayne avait été la seule avec Jean Charest à survivre au balayage des conservateurs de Brian Mulroney.Personne n’est sacré en politique: dans le Telegraph-Journal, un quotidien de la province qui, pendant la campagne, publie une chronique légère intitulée The Barber Poil où on fait état de l’opinion populaire telle que recueillie dans divers lieux publics, on prévoit une défaite pour Mme Wayne.Dans un court compte rendu tout ce qu’il y a de non scientifique, le propriétaire du salon de coiffure Ray’s Hairstyling, Ray Gagnon, soutient que neuf clients sur dix se plaignent du travail de leur députée.Faire contrepoids au caucus ontarien Ici aussi, les électeurs se demandent maintenant s’il serait avisé de faire payer leur affront passé aux libéraux ou s’il ne vaudrait pas mieux obtenir une place au sein du gouvernement Bernard Thériault croit que c’est en étant au gouvernement qu’il pourra aider les travailleurs saisonniers.Il voudrait créer un «caucus du travail saisonnier» pour s’attaquer une fois pour toutes à cette question.«Si les libéraux ont mis du temps à s’attaquer au problème de l'assurance-emploi, c’est que le caucus était très ontarien, moins social, plus à droite.Ça créé un vacuum.» Ses partisans partagent son avis.Mercredi soir, à l’ouverture du quartier général du candidat libéral Bernard Thériault, à Bathurst, une meneuse de claque a donné la réponse.Ayant appris que le premier ministre Jean Chrétien sera dans la région ce matin même, elle a invité les partisans à aller l’écouter en grand nombre.«R faut qu’on amène lOOO personnes d’Acadie-Bathurst parce que, quand le premier ministre va voir qu’on est si nombreux, il va nous écouter.Le premier ministre se souvient quand il y a beaucoup de gens qui viennent le voir.» La déclaration de Jean-Guy Chrétien a fait grand bruit Le Bloc ne fait pas dans le chantage, dit son chef JULES RICHER PRESSE CANADIENNE Québec — Le Bloc québécois ne fera pas de chantage à Ottawa si le prochain gouvernement fédéral devait être minoritaire, a affirmé hier le chef Gilles Duceppe, rectifiant ainsi les déclarations de son candidat Jean-Guy Chrétien.«Le chantage en politique, c'est inacceptable.C’est une arme dont je ne me suis jamais servi et le Bloc ne s’en est jamais servi.Nous n'utiliserons jamais une telle arme, a-t-il souligné.Dans une situation de gouvernement minoritaire, il faut être d’autant plus responsable.» Selon lui, le candidat Jean-Guy Chrétien, qui se présente dans Frontenac-Mégantic, a fait des commentaires «inappropriés».Mais M.Duceppe a noté que celui-ci avait corrigé aussitôt son erreur.En point de presse après une assemblée partisane, M.Chrétien a déclaré, jeudi soir, que, si le Bloc détenait la balance du pouvoir à Ottawa, après les prochaines élections, il pourrait faire chanter le parti dirigeant le gouvernement dans les «intérêts supérieurs du Québec».Quelques heures plus tard, le candidat a publié un communiqué pour retirer ses paroles et s’excuser.Pas de coalition possible M.Duceppe a rappelé, dans sa mise au point, que le Bloc s’oppose à toute coalition avec un gouvernement minoritaire et que chacune des situations serait évaluée au cas par cas en tenant compte des intérêts du Québec.De plus, le chef bloquiste a précisé que M.Chrétien s’est fourvoyé quand il a affirmé que le Bloc pourrait se servir du chantage pour obtenir plus d'usines de fabrication d'automobiles au Québec.«En économie, ce n’est pas comme cela que ça se passe», a dit M.Duceppe.M.Chrétien représente sa circonscription à la Chambre des communes depuis 1993.EN BREF Les chefs aujourd’hui Le chef du Parti libéral, Jean Chrétien, est au Nouveau-Brunswick, à Belledune, en matinée, puis à l’Ile-du-Prince-Edouard, à Summerside, et à Montréal, en soirée.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, fait campagne en Abitibi, à Rouyn-Noranda, le matin, puis à Val-d’Or et Amos.Le chef de l’Alliance canadienne, Stockwell Day, fait campagne en Ontario, à Napanee, Brockville et Ottawa, en soirée.Le chef du Parti conservateur, Joe Clark, est à Toronto puis à Ottawa, pour l’après-midi et la soirée, le chef du Nouveau Parti démocratique, Alexa McDonough, est à Edmonton et Saskatoon.Le vote des «Snowbirds» (PC) — L'Association canadienne des «Snowbirds» et Elections Canada ont lancé une campagne d'information à l'intention des médias américains pour inciter les citoyens canadiens qui se trouveront dans les pays chauds lors du scrutin du 27 novembre prochain à voter par la |x>§te.les électeurs doivent soumettre leur demande à Élections Canada au plus tard le 21 novembre.Des (kx-uments sont également disponibles dans les bureaux du Canada à l’étranger.On, peut aussi obtenir les dcxnments sur le site Internet dT-lections Canada (www.elections.ca).\ i I K DEVOIR.L E S S A M E 1) I 4 ET I) I M A X ( Il E 5 X O V E M R R E 2 0 0 0 A !) •EI.ECTIOSS 2 000- , ., JACQUES NADEAU IE DEVOIR Jean Chrétien était à Montréal hier où il a dû préciser l’engagement de son parti d’utiliser 50 % des surplus budgétaires pour résorber la dette et 50 % pour de nouvelles dépenses.Le partage des surplus budgétaires L’HEURE JUSTE Le 50-50 fluctuera d’une année à l’autre La promesse est un concept visant à montrer l’approche «balancée» des libéraux, explique Jean Chrétien VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR uand il est mention de la règle du 50-50 dans le vy livre rouge libéral au sujet du partage des surplus budgétaires, il ne faut pas prendre ce concept à la lettre, a indiqué hier le premier ministre Jean Chrétien.«L'heure juste est la suivante: on ne prendra pas un dollar pour le diviser en deux, 50 sous d'un bord et 50 sous de l’autre», a déclaré M.Chrétien hier après-midi au cours d’un point de presse qui a suivi la visite des locaux de la compagnie Microcell.«C’est pour démontrer l’approche balancée que nous avons.Il y aura des réductions d’impôts, il y aura le paiement de la dette, il y aura les investissements dans les programmes économiques et les programmes sociaux.» La répartition des surplus variera selon les années, a expliqué le premier ministre.M.Chrétien a également rappelé que son gouvernement avait choisi de réduire les impôts et qu’à cause de ce choix les surplus seront moins importants au cours des prochaines années.Même s’il se réjouit d’avoir jusqu’à maintenant remboursé 28,5 milliards de dollars de la dette, le premier ministre ne croit pas qu’un gouvernement réussisse, à l’éliminer complètement dans un proche avenir.«A moins qu’on soit en croissance économique constante», a-t-il lancé lors d’une entrevue avec l’animateur Pierre Bruneau.«Ça fait neuf ans consécutifs qu’on est en croissance économique.C’est jamais arrivé, espérons que ça va continuer.» Jean Chrétien a également profité de son passage à Montréal pour se présenter comme un homme juste à l’endroit du Québec.«M.Bouchard me félicitait de ma patience dernièrement [au sujet des réinvestissements de 21,5 milliards en cinq ans dans la santé].Nous avons signé l'entente sur la main-d'œuvre qui durait depuis 30 ans.On a essayé longtemps de régler le problème des écoles, d’amender la condition pour l’élément religieux de nos écoles.Ils ont essayé pendant des années et on l’a passé.Il y a aussi eu un autre accord sur la jeune enfance [sic].» Du reste, M.Chrétien a une fois de plus répété que s’il est élu, il a l’intention de se servir de la totalité de son prochain mandat au Parlement.«Je veux faire avancer mon programme et le mettre en application.» Un peu plus tard, Jean Chrétien a répété qu’il décidera de son avenir à la fin de son prochain mandat.«Et le parti aura l’occasion de me le dire, comme il l’a fait en 1998 [il avait reçu l’appui de 91 % des membres de son parti].» Il n’a pas voulu commenter à propos de ce qui adviendra de Paul Martin lorsqu’il laissera les rênes de son parti.«Je pense que c’est une erreur fondamentale quand un chef de parti décide de se trouver un successeur.C’est au parti à choisir.On est pas très bon juge dans ces choses-là.[.] Je pense qu’il y a des bons candidats, M.Martin serait un excellent su.personne; M.[Brian] Tobin.M.[Allan] Rock.Im question est que, là, il est ministre des Finances.Il adore ça.Il a dit publiquement qu’il voulait rester ministre des Finances et Urne Ta dit à moi.» M.Chrétien a également profité de son passage au Québec pour parler référendum.«Ce n’est pas une fatigue temporaire, c’est une fatigue très profonde.[.] les gens veulent absolument passer à autre chose.» Selon lui, les Québécois sont plus intéressés par la nouvelle économie et par le développement d’Internet que par l’indépendance.Par ailleurs, interrogé au sujet d’une possible participation à une force internationale au Moyen-Orient, M.Chrétien a précisé que le Canada était prêt à y participer.«Mais nous n ’avons pas encore reçu de demande ojjicielle.» Répartition des surplus budgétaires Duceppe et Landry accusent les libéraux de mentir ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Québec — Le Bloc québécois a poursuivi, hier, son entreprise de démolition du livre rouge des noeraux en accusant Jean Chrétien et Paul Martin de mentir à la population sur la répartition des surplus.Le gouvernement libéral ne peut sérieusement soutenir qu’il applique son approche 50-50, soit de consacrer la moitié des surplus, de près de 148 milliards en cinq ans, aux baisses d’impôt et à la réduction de la dette, et l’autre moitié aux investissements sociaux et économiques, a soutenu Gilles Duceppe.C’est plutôt un partage 80-20 que favorise le minibudget présenté par le ministre des Finances, Paul Martin, dans les jours qui ont précédé le déclenchement des élections.Le chef du Bloc québécois était de passage, hier, à Québec pour livrer sa position en matière de fiscalité en compagnie du député de Saint-Hyacinthe-Bagot, Yvan Loubier, et du vice-président du parti et candidat dans Joliette, Pierre Paquette.M.Duceppe a dénoncé «la réaction primaire» du premier ministre Jean Chrétien et «le flou artistique» de Paul Martin sur la question de l’approche 50-50.Mais l’attaque la plus cinglante contre Jean Chrétien et ses explications es,t venue,du vice-premier ministre et ministre d’État à l’Économie et aux Finances, Bernard Landry, qui accompagnait Gilles Duceppe dans une visite d’une entreprise de multimédia du quartier Saint-Roch.«Quelqu'un qui ne sait pas la différence entre Test et l'ouest au coin de la terre où c'est le plus important de le savoir ne peut pas vraiment diviser 100 par deux avec clarté et limpidité», a-t il laissé tomber à sa manière assassine, faisant allusion à des propos tenus à Jérusalem par le premier ministre canadien lors d’un périple au Proche-Orient.C’est un partage deux tiers-un tiers que préconise le Bloc québécois, donc moins ambitieux en matière sociale que l’objectif avoué des libéraux.M.Duceppe a défendu cette position, contenue dans la plate-forme électorale de son parti dévoilée il y a trois semaines, en soulignant que, contrairement aux libéraux, les baisses d’impôts envisagées par sa formation ciblent la classe moyenne et les moins bien nantis.Selon M.Duceppe, 48 % des baisses d’impôts promises par Paul Martin iront aux 20 % des contribuables qui sont les plus riches.le Bloc québécois favorise des baisses d’impôts s’élevant à 73 milliards en cinq ans, soit 49 % des surplus.Les citoyens qui gagnent moins de 35 000 par année ne pak^ raient plus d’impôt fédéral.Ceux qui gagnent entre 35 0(X) $ et 55 000 $ par année verraient leur impôt à [layer chuter de 40 % tandis que les contribuables qui encaissent des revenus entre 55 000 $ et 80 000 $ paieraient 12 % de moins.I^es Canadiens dont les revenus dépassent 80 000 $ n’auraient droit à aucune baisse.«Nos réductions d’impôt s'inscrivent dans un programme pour éliminer l'injustice fiscale», a dit Yvan Loubier.Outre les baisses d’impôts, le Bloc québécois consacrerait à la réduction do la dette 14 % des surplus, soit 21 milliards en cinq ans, 17 % à la bonification de l’assuran-ce-emploi, ou 25 milliards, et 7 %, ou 10 milliards, à l'indexation du Transfert social canadien.Enfin, diverses mesures sociales accapareraient 18,5 milliards des surplus, dont huit milliards pour le logement social et trois milliards [xnir l'environnement.RENÉ MATHIEU I.E DEVOIR Gilles Duceppe et Bernard I-andry.H Pfgj Des armes et des meurtres «Nous avons quatre ou çinq fois moins de meurtres par les armes à feu qu 'aux Etats-Unis parce que nous avons des lois sur le contrôle des armes.[.] Mais si vous êtes contre le crime, vous n’allez pas faire en sorte qu’il y ait un fusil dans chaque foyer du Canada.» -Traduction libre des propos de Jean Chrétien, jeudi Brian M y les Le Devoir En visite dans la circpnscription de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, le premier ministre Jean Chrétien a mis en opposition le programme libertaire de l’Alliance et le bilan de son gouvernement en matière de contrôle des armes à feu.Vrai que le Canada affiche une meilleure performance que les États-Unis.En 1998, la plus récente année de comparaison disponible, le Canada a enregistré un taux d’homicides global de 1,84 par tranche de 100 000 habitants.Aux Etats-Unis, ce taux était de 6,3.Dans les deux cas, il s’agit du meilleur bilan de puis une trentaine d'années, attribuable entre autres au vieillissement général de la population.Au Canada, les armes à feu sont responsables de 31 % des homicides, contre 65 % aux États-Unis.C’est dire que le premier ministre exagère un peu, toutes proportions gardées.Si l’on ne fait pas abstraction de la taille des populations des deux pays, M.Chrétien n’en met pas assez.Toujours en 1998, les armes à feu furent employées pour commettre 10 976 homicides aux États-Unis, contre 151 au Canada.C’est 73 fois plus.Dans les deux nations, l’arme à feu est le principal «outil» utilisé pour commettre un homicide.Là où Jean Chrétien se met vraiment le doigt dans l’œil, c’est quand il attribue la bonne performance du Canada à l'adoption de la loi sur le contrôle des armes.Les données les plus récentes du très fiable Centre canadien de la statistique juridique le contredisent.Depuis 1976, les armes à feu sont utilisées dans le tiers des homicides commis chaque année, une situation stable.De tous les décès attribuables aux armes à feu, le suicide arrive en tête — et de loin — avec 78 % du total, suivi de l’homicide (15,2 %).L’adoption de la loi C-68, en 1998, ne change rien à ces deux données.Le reste du débat relève de la pure politique.Il faut deviner dans la deuxième partie de la déclaration de M.Chrétien une attaque en règle contre Stockwell Day.Le chef de l’Alliance canadienne propose rien de moins que l’élimination de la loi C-68, qui prévoit l’enregistrement obligatoire de toutes les armes à feu et l’implantation d’un système de délivrance des permis.Deux dispositions qui suscitent l'ire des provinces de l’Ouest Les réticences sont telles que le fédéral a repoussé les échéances au 31 décembre prochain pour se procurer un permis et au 31 décembre 2002 pour enregistrer les armes.Depuis deux ans, 1,3 million de demandes de permis ont été reçues par le Centre canadien des armes à feu alors qu'jl y aurait 2,2 millions de propriétaires (J’arme à feu.A peine 581000 permis ont été délivrés.A ce jour, la loi sur le contrôle des armes à feu a coûté 327 millions, selon les estimations officielles, et 500 millions, selon l’Alliance.EN BREF Duceppe ou Chrétien ?(PC) — L'autobus bleu et blanc du Bloc québécois affublé d'un logo géant et du slogan du parti n'aura pas suffi à deux curieux pour reconnaître le leader du parti fédéral souverainiste.«Est bitson, dans le Globe and Mail, d’exprimer ses craintes à propos de Stockwell Day.«Les discours et les commentaires du chef de l’Alliance contiennent une série de propositions qui signifieraient des transferts de pouvoirs aux provinces encore plus massifs que tout ce qui fut envisagé dans les accords Meech et Charlottetown.» Selon Ibbitson, le programme de Day ferait des provinces canadiennes «les Etats-régions les plus autonomes du monde».Si les «souverainistes québécois réussissaient à faire fi des origines géographiques de M.Day, ils pourraient prendre conscience que le chef de l'Alliance leur offre tout ce qu 'ils ont toujours demandé».Mais, selon Ibbitson, c’est Mike Harris et l’Ontario qui profiteraient surtout de ce transfert massif de pouvoirs puisque la province centrale n’aurait ainsi plus à payer pour les régions pauvres du pays.Donner le pouvoir à Day, c’est permettre à l’Ontario de faire une quasi-sécession, de devenir encore plus autonome, «au sein de l’économie nord-américaine», que ne le sont, en Europe, «l’Ecosse ou la Catalogne».Tant qu’à y être, Ibbitson aurait pu comparer Mike Harris à Umberto Bossi, qui plaide pour l’indépendance de la Padamie, région la plus riche de l’Italie où on cherche une façon de larguer les pauvres du Sud.?Day fait peur aussi sur le plan culturel.Margaret Atwood se penchait, mercredi dans le Globe, sur le financement des arts, déplorant l’absence de débat sur la politique culturelle dans l’actuelle campagne.In romancière rappelait que Day a déjà déclaré que les arts ne devraient recevoir aucun «argent public».Rien de surprenant, ajoute-t-elle, que l'Alliance n’ait rien à proposer sur la question.Pourtant, les arts, «ce n'est pas rien au Canada».Atwood prend l’exemple du festival de Stratford, qui reçoit des subventions de moins de 1,5 million mais qui paie 64 millions en taxes.Les arts, poursuit Atwood, c’est un million d’emplois au pays.Selon Atwood, l’Alliance fait comprendre à ces gens «qu’ils ne représentent aucun intérêt ou alors qu’ils n’existent pas.Ce qui est insultant dans les deux cas».Atwood conclut: «Soit l’Alliance n’a pas de politique pour les arts, soit celle-ci consiste en un plan de démolition.Au fond, ce parti souhaite faire sauter Ottawa, sa politique artistique nationale et bien d’autres choses, puis s’asseoir sur le tas de débris.Il veut être le roi d’un trou de beigne.» ?A propos de littérature, le prix Ciller du meilleur roman canadien de l’année a été remis jeudi soir à Toronto.Deux auteurs ont été couronnés, Michael Ontaadje et David Adams Richard.Dans le Saturday Night de la semaine dernière, Frank Moher déplorait la prédominance des auteurs et des éditeurs to-rontois dans cette organisation.Its six lauréats nommés à ce jour proviennent de l’Ontario, «sauf un auteur québécois, Mordecai Fichier», faisait remarquer Moher.«I/>s juges du Ciller ont intériorisé (.) l’idée que seules les œuvres qui ont réussi à Toronto méritent d’être qualifiées de canadiennes,» Autres prix, toujours dans le domaine culturel: les Gémeaux et les Geminis.Jacques Ben-simon, de la Banff Television Foundation, écrivait dans le Globe and Mail mardi que le fait de «comparer ces deux événements mus permet de prendre toute la mesure du clivage culturel dans ce pays».Il louait notamment le monde de la télévision québécoise, qui sait selon lui «se tenir» et qui a compris qu’une bonne façon de se développer, «c’est de sc célébrer».«Même si son bassin ne compte que sept millions d’auditeurs, l’industrie de la télévision québécoise est devenue une des plus créatives et prolifiques dans le monde occidental.» WÊiÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊ LE DEVOIR.LES SA M E R I I E T I) I M A X ( Il E X O V E M B R E 2 0 0 0 A 15 IDEES Les limites du devoir de mémoire «Sans un effort de renouvellement, l’avenir est condamné à n’être qu’un éternel retour» JOCELYN LÉTO U RN E Ali Professeur à l'Université Laval et chercheur au CEIAT.L’auteur fait , paraître ces jours-ci, aux Editions du Boréal, un ouvrage majeur intitulé Passer à l’avenir -Histoire, mémoire, identité dans le Québec d’aujourd’hui euilletant les pages d’un quotidien, je tombe soudainement sur une publicité immense qui m'encourage à me rappeler un épisode catalyseur d’identité collective.J’y lis: «Octobre 1970.Je me souviens.Il y a 30 ans, le 16 octobre I 1970, le gouvernement du Canada imposait les mesures de guerre au Québec [.].Ils [les forces armées et policières] n’y allèrent pas de main morte: 4600 domiciles fouillés, plus de 5000 citoyens arrêtés [.].Envers eux, nous avons un devoir de mémoire.Pour eux, mais aussi pour nous et nos enfants, pour que cela n’arrive plus.C’est dans la mémoire que se forgent nos boucliers pour demain.» Quelques jours plus tard, je reçois dans mon courrier un dépliant sur lequel il est écrit: «Oui, un jour férié en mémoire de nos patriotes de 1837-1838.En reconnaissance de notre histoire.Conforme à notre devise: “Je me souviens”.» Et je songe: que faire, comme héritier d’une culture, de pareille sollicitation mémorielle?Comment porter le passé et ses causes dans la perspective de construire l’avenir?Comment négocier le poids des blessures accumulées dans l’histoire alors qu’est énorme le capital d’espoirs à exploiter au présent?Et je me dis encore: quand j’observe l’horizon à venir, quelles figures dois-je y apercevoir, celles de mes prédécesseurs ou celles de mes descendants?Et je pense: il est impératif, pour nous, contemporains, de passer à l’avenir.L’art d’hériter On l’a écrit et reproduit en lettres d’or: il faut être conscient d’où l’on vient pour éviter de se dissoudre dans le dévidoir du destin des hommes.On aurait tort pourtant de croire que le rappel du passé n’est que libérateur.Il peut au contraire entraîner l’obscurcisse ment des hommes dès lors qu’il devient domination, par les anciens, du monde des vivants.Que faire en effet de cette prescription puissante: «Souviens-toü», qui balise le devenir de bien des collectivités, y compris la nôtre à plusieurs égards?L’accepter comme un ordre solennel provenant des pères ou s’en défaire comme d’un héritage gênant?Quelle est la nature du lien que l’on doit établir avec les ancêtres pour à la fois respecter leur mémoire et conquérir une place bien personnelle dans l’évolution des choses?Comment les héritiers doivent-ils configurer leur sentiment d’histoire, c’est-à-dire se situer par rapport à une certaine continuité mémorielle, sans par ailleurs hypothéquer la possibilité d’explorer de nouveaux territoires identitaires?Il n’y a pas de réponse simple à ces questions universelles et éternelles.11 est cependant quelques propositions qui me semblent raisonnables et propres à faire endosser l’apparente irréconciliation des forces du passé et du futur dans l’aménagement du présent.Je dis bien «endosser», car le processus de réflexion menant à l’aménagement recherché commande en fin de compte que l’on fasse un choix.On ne peut en effet à la fois embrasser et rejeter le passé; ou alors, il faut dépasser le dilemme en posant le problème d’une manière différente.La proposition suivante est intéressante à cet égard: honorer ses ancêtres, c’est se responsabiliser devant l’avenir.L’invite de cette formule est claire.Pour les héritiers, il ne saurait être question de s’enfermer dans un univers d’inoubliable tout entier contenu dans l’injonction du souvenir.Il faut en effet penser que, dans ce cas, la vie des descendants, d’une part, et leur horizon d’attente, d’autre part, consisteraient à porter le fardeau d’une mémoire qui agirait sur leur action présente et prochame comme une tutelle pesante, voire indépassable.A quelque égard que ce soif on ne peut envisager de legs qui anéantisse autant l’avenir.Or les héritiers ont la vie devant eux.S’ils entendent être tout à la fois fiduciaires et responsables d’un héritage dont ils sont redevables à leurs ancêtres et qui contribue à les définir sur le plan identitaire, il n’en demeure pas moins que leur défi historique est de renouveler la problématique du groupe de manière à trouver leur voie et quérir leur sens.Sans cette volonté et cet effort de renouvellement, l’avenir est condamné à n’être qu’un éternel retour, comme pris au piège d’une sommation fondatrice.Pour vivre, il est nécessaire de s’affranchir du passé — ce qui ne signifie pas bien sûr qu’il faille répudier les anciens ou faire fi de la reconnaissance qui leur est due.Mais il importe d’être critique envers la tradition et, à travers elle, envers l’héritage qui n’est jamais testament.Le devoir de mémoire n’est pas une charge sans limites pour ceux à qui on demande de le pratiquer.Se souvenir d’où l’on s’en va Il est donc possible, voire nécessaire, de désobéir aux appels et aux convocations du passé.Plus encore, la conscience historique est le produit obligatoire, incontournable, d’un choix de la part des contemporains.Contre toute prescription qui leur vient d’hier, les héritiers doivent se rappeler qu’ils ont la possibilité de se détacher d’une mémoire qui porterait atteinte à leur élévation dans l’avenir, à leur liberté de se renouveler et à leur capacité de recommencer.C’est en se souvenant d’où ils s’en vont que les héritiers peuvent probablement le mieux réconcilier les dimensions passées et futures de leur présent L’apparente ambiguïté de cette formule traduit pourtant une position identitaire limpide: le passé ne peut être ce lieu que l'on habite éternellement, où l’on conçoit l’avenir et où l’on se réfugie pour faire face à l’assaut de la complexité et de l’incertitude du présent.Le passé doit être au contraire continuellement racheté dans l’action et le questionnement des contemporains, et ce, en vue de la construction d’un avenir ouvert.Se souvenir d’où l’on s’en va, c’est précisément se livrer à cette opération de questionnement et de rachat.C’est s'adonner à un travail de deuilleur et non pas d’endeuillé.C’est se donner les moyens de panser le passé en le pensant, c'est y chercher un élan qui permette de dépasser les blessures anciennes plutôt que d'y revenir constamment.Se souvenir d’où l’on s'en va, c’est réarticuler l’historicité des sujets et des groupes autour d’un principe structurant :s ù§ Si é 7- 7 ' ; de l’agir collectif, celui de la mémoire comme reconnaissance et distance.Dans cette tension entre reconnaissance et distance se trouve d’ailleurs le lieu d'une solidarité intergénérationnelle porteuse entre l’héritier et ses ancêtres.Un lieu qui témoigne au fond de celui de l’homme lui-même dans la dualité de la conscience qui le constitue, irrémédiablement divisé entre le passé dont il assure la suite et l’horizon qui l’appeile indéfiniment, entre une présence qui ne peut le combler et une absence qu’il s’acharne inéluctable ment à remplir1.1.Formulation inspirée d’un propos de Serge Cantin dans «Fernand Dumont: la mort d’un homme de parole et d’action».Le Devoir, 10 et 11 mai 1997.Il est donc possible, voire nécessaire, de désobéir aux appels et aux convocations du passé.Les héritiers doivent se rappeler qu’ils ont la possibilité de se détacher d’une mémoire qui porterait atteinte à leur élévation dans l’avenir.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Traître ou patriote Adélard Godbout n’a pas été effacé de Thistoire MICHEL LÉVESQUE Politologue et historien =^^=j| ans le cadre de son dernier film intitulé D Traître ou patriote, le cinéaste Jacques Godbout puisant pour une bonne part dans ses souvenirs personnels, tente de démontrer que son grand-oncle et ancien premier mi- —.nistre du Québec, Adélard Godbout a été injustement effacé de l’histoire.Associé à la conscription, le nom d’Adélard Godbout aurait été sacrifié sur l’autel du nationalisme et son souvenir évincé de la mémoire collective «et même de celle des historiens».Godbout en veut notamment pour preuve l'incapacité de certains historiens consultés pour les fins de son documentaire à identifier Adélard Godbout sur une photo.Le dévoilement d’un monument à la mémoire d’Adélard Godbout le 1" octobre 1960 à Fre-lighsburg, est la dernière fois où le cinéaste se rappelle avoir entendu publiquement parler de lui.Depuis, note-t-il, il s’est écoulé «40 hivers de silence et d’oubli».Le Québec a «la mémoire honteuse» en ce qui concerne cette période de son histoire, conclut donc Jacques Godbout avec sévérité.Cette accusation portée par Godbout est particulièrement grave, est-il besoin de le souligner.Elle nous paraît d’autant plus grave qu’elle ne tient pas la route: non seulement Adélard Godbout n’a pas été effacé de l’histoire ni même relégué à une note de bas de page dans les livres d’histoire, il appert qu’il a été, au contraire et par comparaison avec d’autres premiers ministres québécois, l’objet d'une grande attention de la part des historiens.Ainsi, en 1977, l’historien Jean-Guy Genest consacrait sa thèse de doctorat, qui totalise 671 pages, à la vie et à l’œuvre d'Adélard Godbout.Presque vingt ans plus tard, en 1996, les Editions du Septentrion publie ront cette thèse sous le titre Godbout.Un ouvrage en- ARCHIVES LE DEVOIR Certains historiens consultés pour les fins du documentaire de Jacques Godbout auraient été incapables d’identifier Adélard Godbout sur une photo.core disponible dans les meilleures librairies! De plus, une simple compilation à partir des index de 14 livres d’histoire du Québec et d'histoire du Canada, publiés et réédités entre 1976 et 2000, montre que non seulement il n’a pas été effacé de l’histoire mais qu’on lui accorde même une plus grande importance qu’à Lo-mer Gouin, par exemple, qui fut premier ministre du Québec entre 1905 et 1920, soit pendant plus de 15 ans.En effet, le nom d’Adélard Godbout, qui a dirigé les destinées du Québec pendant moins de cinq ans, revient à 78 reprises tandis que celui de Gouin n’est mentionné que 71 fois.En comparaison, le nom de Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre du Québec pendant 15 ans, est indiqué 99 fois tandis que les noms de Jean Lesage et René Lévesque totalisent respectivement 99 et 113 mentions.Plus encore, dans un de ces livres d’histoire, publié en 1996, on retrouve la photo de seulement trois premiers ministres du Québec: Honoré Mercier, Adélard Godbout et Robert Bourassa, ce dernier en compagnie de Pierre Trudeau et de Louis Robi-chaud, premier ministre du Nouveau-Brunswick.Tous des libéraux.Où sont les autres premiers ministres du Québec?Jacques Godbout verra-t-il là un complot pour effacer la mémoire des autres premiers ministres du Québec?Outre les livres d’histoire, de nombreux contemporains et une panoplie d’ouvrages rappellent les réalisations du gouvernement de Godbout.A commencer par André Laurendeau, chef du Bloc populaire lors des élections de 1944 et, à ce titre, l’un des principaux responsables de la défaite de Godbout, qui, à l’occasion du décès du quinzième premier ministre du Québec, lui rendait hommage en ces termes dans les pages du Devoir.«Nous garderons le souvenir d’un homme probe et charmant, dont la carrière influença la vie politique du Québec.[.] Son œuvre reste impressionnante, et ceux qui ont combattu plusieurs de ses idées doivent lui rendre hommage.Plus que la plupart des chejs d’Etat québécois, il eut le sens de la liberté et crut en la démocratie.» Le 14 juin 1984, à l’occasion du quarantième anniversaire de la création d'Hydro-Québec, le premier ministre René Lévesque, constatant que le nom de Godbout n’était pas mentionné, se chargea lui-même de le rappeler en soulignant que «la postérité, jusqu’à nouvel ordre, a été vraiment inéquitable à l'égard de Godbout.[.] C’est assez injuste qu’on ait oublié que ces quelques années du gouvernement Godbout ont été ponctuées également par trois décisions cruciales qui constituent quasiment l’acte de naissance du Québec contemporain».Et de rappeler la création d’Hydro-Québec, l’instruction obligatoire et le vote des femmes.Dans ses mémoires publiés en 1995, Robert Bourassa fait lui aussi allusion à Adélard Godbout.«Pour ma part, je trouve que le précurseur de la Révolution tranquille, et ce n’est pas toujours reconnu, c’est Adélard Godbout, qui a établi Hydro-Québec, instauré la gratuité dam l’éducation et accordé le droit de vote aux femmes.Dieu sait comment il a été lapidé par la suite, à cause d’une signature pour un accord de nature fiscale.» Enfin, parmi les nombreux mémorialistes qui parlent abondamment de ce premier ministre et de ses réalisations, on note, entre autres, Jean-Marie Nadeau (1966), René Chaloult (1969), Lionel Bertrand (1976), Georges-Emile Lapalme (1970) et Hector La-ferté (1998).Sans compter que plusieurs auteurs d’ouvrages spécialisés font référence également aux réformes progressistes adoptées sous l'administration d’Adélard Godbout.Si, donc, le nom d'Adélard Godbout revient si souvent, s’il est si fréquemment cité, c’est sans doute une preuve de la reconnaissance de sa contribution à l’évolution de la société québécoise.Contrairement à ce qu’affirment Jacques Godbout et l’Office national du film, si, depuis longtemps, un complot a été ourdi pour effacer le souvenir d’Adélard Godbout de l’histoire, il faut dire, à la lumière de ce qui précède, que ce complot a échoué depuis belle lurette.En fait, s’il y a un premier ministre qui a été négligé par l’histoire jusqu’à ce jour, ce n’est pas, n’en déplaise à son petit-neveu, Adélard Godbout mais plutôt Lomer Gouin.Il n’existe ni biographie ni statue commémorant sa mémoire.Ni d'ailleurs de documentaire dénonçant avec véhémence cet oubli.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard, Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports)-.Paule des Rivières (éditorialiste).}ein Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Judith Lachapelle (science), Louise Leduc, Benoit Munger (responsable du site Web), Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé); Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Ducloset Christine Du maze! (rr/erteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Haillargeon (théâtre).PaulCauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma); h l'information économique : Gérard Bérubé i~j:_______.j.tiéian„ naril Claude ! évpsnup.Francois Normand.Claude Turcotte: h l'information internationale : lean-Pierre Leuault.Guv Taillefer.Serve Truffaut (éditorialiste); d l'information nolitiuue : Hélène Buzzetti.Manon Cornellier (adjoint « nt au directeur de l'information).Hélène Baril, Claude Lévesque, François Normand.Claude Turcotte; à l'information internationale ; Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); d l'information politique : Hélène 1 (correspondantes parlementaires à Ottawa), François Cardinal.Mario Cloutier el Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque : Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Louist-Maudc Rioux Soucy.Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault Manon Derome Serge I-aplanie (Quête).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBUCITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Manon Bouchard, (iyslaine CAté.Marlène Côté, Anouk Hurbutt, Dominique I-arivière, Christiane I-egault, Jacques A Nadeau.Claire PaqueL Chantal Rainville, Micheline Ruelland (publicitaires), Manon Blanchette, Sylvie Laporte, MichelineTurgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yanick Martel Olivier Zulda.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (dirertrirr), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélène Gervais, Evelyne Inbonté (responsable à la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Fumy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine 1 afleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laperrière, Nathalie Perrier, Danielle Ross, IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât).Réalisation : Simon Girard CHASSEURS D’IDEES avec Jacques Véronneau DIMANCHE 14 h *22li 40 1 Arendt, philosophe : Traquer le totalitarisme r / - Télé-Québec 5 dcrerém VENEZ VOIR AILLEURS ! www.telequebec.qc.ca 4 B9A A 16 LE Ü E V O I K .LES SAMEDI 4 ET I) I M A N C II E 5 N 0 V E M B K E 2 0 0 0 LE DEVOIR ACTUALITES radio chaîne culturelle Hélène Pedneault fait frémir la Chaîne culturelle.Détails en page 8 de L’r genda du Devoir.POUVOIR SUITE DE LA PAGE 1 de loi visant une révision en profondeur de l’actuelle loi, qui date de 1972.As ont réfléchi à plusieurs dispositions législatives permettant notamment aux instances du domaine de la santé d’avoir un accès continu aux données à caractère sociosanitaire — dont la définition n’est pas claire pour l’instant — détenues par tout organisme public, et ce, tout en reconnaissant le risque de dérapage inhérent à ce genre de pratique.En effet, un tel accès à des banques de données confidentielles risque de mener à une formulation de demandes excédant les simples renseignements nécessaires, convient le ministère.Les membres de la table ont également dû se pencher sur une recommandation du ministère de la Santé visant à obliger tous les ministères et organismes publics et parapublics à lui fournir les données confidentielles ou nominatives en leur possession dès qu’il le juge pertinent.Déjà, cependant, le ministère prévoit une levée de boucliers de la part de certaines instances visées par une telle mesure en raison de la culture de fonctionnement «relativement cloisonné» qui prévaut.En outre, le MSSS souhaite pouvoir jumeler les fichiers du secteur de la santé et des services sociaux aux seules fins de surveillance de l’état de santé de la population.Le ministère recommande à cet effet rétablissement de mécanismes d’encryptage et de mesures de protection de la vie privée afin d’atténuer les problèmes de confidentialité qui pourraient s’ensuivre.C’est d’ailleurs pour éviter de tels problèmes que la création d’un comité d’éthique de la surveillance de la santé et de bien-être de la population est recommandée.Ce comité ne se substituerait pas à la Commission d’accès à l’information et aurait notamment pour mandat de décrire les poütiques et procédures d’étude des demandes relatives à l’accès aux données.Selon les critères qui seraient établis, le comité émettrait des avis écrits et des recommandations aux divers organismes impliqués.A pourrait même donner sa position sur certains problèmes ou enjeux d’ordre éthique.Le comité, qui relèverait du ministère de la Santé et des Services sociaux, devrait au minimum comprendre des experts en éthique, en droit, en épidémiologie, en surveiflance de l’état de santé et en sécurité des systèmes informationnels ainsi qu’un représentant de la population et deux personnes choir sies directement par le MSSS.Selon le ministère, les modifications proposées à la loi visent un plus grand accès aux données afin d’outiller le gouvernement pour qu’il puisse mieux assumer sa fonction de surveillance de l’état de santé et de bien-être de la population.Deux fonctions pourraient particulièrement profiter de ces données, soit la production d’information et la mise en place de systèmes d’information nécessaires à la réalisation de rapports permettant de soutenir l’action des divers acteurs.Directeurs de la santé publique Par ailleurs, le MSSS a constaté que bon nombre de situations de mortalité ou de morbidité seraient évitables mais ne sont justement pas évitées, faute d’intervention concertée de la part des différents secteurs concernés.De plus, il soutient qu’en l’absence d’indication claire du directeur de la santé pubUque — dont le mandat se Amite à donner de l’information et à intervenu- aux fins de la protection de la santé —, la situation risque de perdurer, voire de s’aggraver.C’est pourquoi le ministère recommande que l’on rende imputable le DSP à l’égard d’un nouveau pouvoir d’interpeflation des acteurs concernés qui lui serait octroyé.Celui-ci serait dans un premier temps appelé à fournir l’information nécessaire à l’action concertée.A identifierait ensuite les mesures à mettre en place et veiAerait à consigner l’engagement mutuel des parties.Toutefois, le MSSS ne recommande pas que cet engagement soit obfigatoire, bien qu’il reconnaisse que le volontariat puisse entraîner une certame banafisation de l’interpellation qui la rendrait somme toute mutile.SUITE DE LA PAGE 1 et la CSN, sur l’importance exacte de la reprise des activités de camionnage dans le port de Montréal depuis l’adoption, jeudi soir, de la loi 157 forçant le retour au travail des camionneurs.Du côté syndical, on estimait le trafic à 300 camions par jour, comparativement à 500 selon le gouvernement.Quel que soit ce nombre, le gouvernement reconnaissait que c’était loin du volume habituel (700) et encore plus loin du volume nécessaire pour permettre de désengorger le port.Il était bien forcé de reconnaître également qu’aucun acte d’obstruction ou d’intimidation de la part des grévistes à l’endroit d’autres camionneurs n’a pu être observé depuis l’entrée en vigueur de la loi.Les camionneurs avaient jusqu’à 8h hier matin pour reprendre le travail.Ils étaient quelques centaines à s’être rassemblés pacifiquement sur les trottoirs.«On a décidé de concentrer notre piquetage au port de Montréal», racontait hier John David Duncan, vice-président du Syndicat national du transport routier (SNTR-CSN) et responsable du secteur intermodal.«Quand 8h est arrivé.ben on est passés tout drette! On est pas rentrés comme le gouvernement le voulait.Et on n'a pas été les seuls.» La peur des représailles Se disant convaincu que plusieurs camionneurs n’ont pas osé reprendre le travail hier, par peur de représailles, le gouvernement a fait savoir que la Sûreté du Québec et le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal ont reçu la consigne de suivre attentivement les événements et d’intervenir au besoin.Des preuves sont amassées en vue de poursuites, a-t-on menacé.Les compagnies de transport ont été jointes pour SUITE DE LA PAGE 1 des années 60 afin de gommer le racisme institutionnalisé au point d’avoir remisé l’idée de «l’honnête homme» dans les poubelles de l’histoire, la Cour suprême, a souligné M.Cuccioletta, s’est transformée en une «cour active».D’un lieu voué, dans l’esprit des pères de la nation, à un rôle avant tout légaliste, elle est devenue un forum politique.On ne soulignera jamais assez qu’à force de jouer les Ponce Pilate, les élus, «en demandant à cette cour de trancher à leur place, l’ont mise dans l’obligation de prendre des décisions politiques malgré elle.En soi, cela symbolise le vacuum politique qui a cours aux Etats-Unis».Pour un président, c’est à considérer, la nomination d’un juge est le moyen quasi parfait de choisir et d’introniser l’exécuteur testamentaire de son.héritage! En choisissant son clone poütique, on s’assure que ses idées marqueront le pays pendant longtemps, très longtemps.En raison du fait, selon M.Cuccioletta, que les nominations de Day O’Connor, David Hackett Souter et Anthony Kennedy se sont avérées contrariantes pour Ronald Reagan et George Bush, soit les deux présidents qui avaient choisi ces trois juges, il faut s’attendre à ce que le vainqueur de mardi soit beaucoup plus vigilant.A sélectionnera des juges plus partisans, optera pour des personnalités adhérant à ses idées ou conceptions.Partant, c’est une lapalissade, il est bon d’interroger les convictions profondes des deux candidats en présence.Tous deux et leur candidat respectif à la vice-présidence (Dick Cheney pour les républicains et Joe Lieberman pour les démocrates) ont LOI qu’elles informent leurs camionneurs qu’ils bénéficient à présent de la protection policière.«R y a là une irresponsabilité collective à laquelle il faut mettre fin», a déclaré en fin de journée le premier ministre Lucien Bouchard.«Le gouvernement n’agit pas en répression.R agit en exercice du maintien du respect de l’ordre et de la loi.[.) C’est dans la légalité que tout se réglera.» A en a profité pour annoncer la création d’un groupe de coordination qui sera placé sous la responsabi-fité du sous-ministre en titre au ministère des Transports, André Trudeau, et dont le rôle sera de superviser 24 heures par jour le travail des corps poüciers, l'intervention des ministères concernés ainsi que les échanges avec les autorités fédérales.Une décision très attendue Conscient qu’une partie du conflit repose sur la reconnaissance ou non de l’accréditation syndicale demandée par le SNTR au nom de quelque 900 camionneurs du port travaiAant pour une quarantaine d’entreprises, le premier ministre a pressé une fois de plus le Conseil canadien des relations industrielles de trancher rapidement la question.A a révélé qu’on lui avait fait miroiter jeudi que les décisions pourraient être prises dès le lendemain.A ne cachait pas, en fin de journée hier, sa déception que cela ne soit pas encore fait Au SNTR, on avertit cependant que ces décisions ne mettront pas fin à la lutte.«R y a des gens [le gouvernement] qui ne comprennent pas le message que l’on envoie», s’anime John David Duncan.«Ce que l’on veut, c’est s’asseoir avec l'employeur à une table de négociation pour améliorer nos conditions de travail.Si on nous refuse l’accréditation, ça ne nous empêchera pas de continuer à lutter.» Les grévistes se promettent de mener une action chaque jour.Ils commenceront cet avant-midi en se MAINMISE ceci en commun que leurs croyances religieuses épargneront moms la Cour suprême que les autres forums de la cité.Les quatre premiers rôles de la campagne qui s’achève ont Dieu chevillé au corps et surtout à l’esprit.Pour eux tous, a constaté Claude Corbo, politologue à l’UQAM et animateur de l’Observatoire sur les élections américaines, «la religion.le mot doit être compris comme une préoccupation morale et éthique».Schématisons un instant pour avancer que le fameux dilemme entre l’éthique de responsabilité et l’éthique de conviction risque fort d’être géographiquement séparé ainsi: la responsabilité à la Maison-Blanche, la conviction à la Cour suprême.Côté répubficain, la chose est entendue, on retrouve encore et toujours les ardents militants du mélange des genres, celui du religieux et du poAtique en particulier.Les conseillers que Bush consultera pour l’aider à choisir les futurs juges ont ceci de singulier qu’ils n’acceptent pas la laïcité.Ils l’abhorrent de la manière la plus fanatique qui soit.Qui sont-ils?Il s'agit de Robert Bork, candidat malheureux à la Cour suprême, réputé être très conservateur, BiÛ Bennett, ex-ministre de l’Éducation de Reagan, qui a mis sur pied et dirige un organisme, Empower America, que M.Cuccioletta a taxé d’extrême droite, et Ralph Reed, organisateur de la Christian Coalition, autrement dit héritier direct des Pat Robertson, Jerry Falwell et compagnie.Côté démocrate, la chose est moins connue, les FERLAND rendant au Palais des congrès de Montréal pour y recevoir l’appui des autres membres de la CSN réunis en conseil confédéral spécial (convoqué à l’occasion des élections fédérales).Ils réfléchissent aussi à l’idée d’organiser une «manifestation monstre» et de rendre visite à des compagnies de transport ou des députés.Opposé à la grève et auteur d’une demi-douzaine de demandes d’accréditation concurrentes dans les mêmes compagnies que le SNTR, les Teamsters n’en ont pas moins offert une certaine forme de soutien au SNTR.Le syndicat affifié à la FTQ s’est en effet dit incapable de cautionner la loi spéciale du gouvernement et plutôt d’accord avec la CSN lorsqu’elle se plaint de la lenteur des processus.Outre les Teamsters et les autres syndicats de la CSN, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) a également dénoncé le gouvernement et offert son appui aux grévistes.Le gouvernement a pour sa part reçu l’appui des partis d’opposition, du premier ministre Jean Chrétien ainsi que du Conseil du patronat du Québec.Lourdes amendes Rappelons que la loi spéciale prévoit l’imposition d’amendes quotidiennes pouvant aller jusqu’à 1000 $ pour les camionneurs, 35 000 $ pour les représentants syndicaux et 125 000 $ pour les syndicats.Elle permet également la saisie des camions et le retrait du permis d’exploitation.Le gouvernement a justifié sa mesure jeudi par le fait que la grève causait des pertes économiques qui s’élevaient à 500 millions par semame.Qualifiant la loi ^'«abjecte», quelque 400 grévistes ont décidé jeudi soir en assemblée, dans une proportion écrasante de 94,7 %, de défier la loi.Le président de la CSN, Marc Laviolette, a réitéré hier son appui aux grévistes.Américains sont aux prises avec le ticket le plus religieux depuis Jimmy Carter.Baptiste fervent, Gore étudie la Bible quotidiennement.Ainsi qu’il l’a lui-même confié dans une longue entrevue accordée au New York Times, il est un «born again Christian».Le fondement de son militantisme environnemental est religieux avant tout.Pour lui, protéger la nature est une obligation religieuse car cela revient à protéger ce que Dieu a créé.Éditeur de l’essai Earth in the Balance que Gore signa en 1992, John Sterling, ainsi qu’il le raconte au New York Times, fut étonné de constater combien ce livre était émaillé de références religieuses.A un point tel que «je me suis demandé comment nous pouvions présenter cet ouvrage comme étant sérieux si on conservait toutes ces références».Mieux ou pire, c'est au choix, le révérend Walter Harrelson, recteur de la Vanderbilt Divinity School au moment où Gore étudiait la théologie après son retour du Vietnam, dans les années 70, s’est rappelé que le candidat démocrate «était préoccupé par la question consistant à intégrer ses convictions religieuses et ses aspirations au service public».On s’en doute, avec Gore, le choix des juges sera moins conservateur qu’avec Bush.Reste qu’il ne sera pas aussi libéral qu’on veut bien le croire parfois.Rien ne sert de courir si l’éthique protestante et l'esprit du droit n’entrent pas à la Cour suprême le 7 novembre.En choisissant son clone politique, on s’assure que ses idées marqueront le pays pendant longtemps Rectificatif Veuillez noter que Sophie Poufiot est l’auteur de la critique de théâtre parue hier dans nos pages culturefies sous le titre «Aussipénible qu'une veiÙée funèbre», qui rendait compte de la pièce Veillée funèbre de Guy Éoissy.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts As sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les petites annonces et la publicité 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Hells Angels.De ça aussi nous avions parlé, le jour de ses noces.Et il m’avait semblé assez affolé.Il l’était infiniment moins cette semaine quand je suis passé chez lui pour voir enfin ce qu’il avait fait de son marécage.«Je n’ai aucun regret et je ne me fais aucun reproche.J’ai toujours dit et je répète que ce que font les motards est dégueulasse et impardonnable.» Nous avions commencé par parler des femmes.D’abord en général et en mal, et pour rire un peu.«Quelle paix, quand elles partent un jour ou deux», se disait-on.Mais au dessert (tartes à la citrouille et aux pommes), repus et un peu ramollis par le vin, on s’est mis à dire du bien de nos indispensables bien-aimées.Puis on est passés d’elles aux Hells Angels, désormais aussi incontournables, pour Ferland, que les femmes.On s’est dit qu’il avait peut-être besoin de tremper dans le trouble pour se sentir en vie.Il a toujours un petit restant d’esclandre ou de scandale sur le réchaud médiatique.Il n’y a pas si longtemps, il s’est fait arrêter sur l’autoroute 40, roulant, facultés affaiblies, à 150 km à l’heure; il s’est disputé avec un agent de la SQ, a perdu son permis de conduire et fait la une partout.Lors du gala de la SOCAN, qui lui décernait son grand prix, devant un gratin d’auteurs et de compositeurs, il a lancé, à l’intention des radios qui ne jouaient pas de chapsons québécoises: «Qu’ils mangent de la marde.» A la une encore! Il y a deux ans, il s’est abstenu, pas de frasques.Mal lui en prit.Il a eu, à la place, un gros accident de motoneige, une hanche et une patte cassées (à Saca-comi, justement), trois mois d’hôpital, de physio, de douleur, et des semaines de fauteuil roulant, de béquilles et de canne.Il est resté fragile et peureux.Il ne monte plus ses chevaux.«Ça tombe bien.Ils sont à l'âge de la retraite et je veux qu’ils aient tous les deux une vieillesse heureuse.» Il les nourrit l’été de gazon fraîchement coupé.Ferland est fou du gazon.Il y en a un océan, chez lui, qui entoure les bâtiments, les étangs, les jardins, les grands arbres, érables et chênes, féviers, tilleuls, thuyas, cormiers.Ses plates-bandes de fleurs, autrefois très touffues, sont aujourd’hui très dégagées et dépouillées.Comme ses chansons, dont les orchestrations sont désormais très simples, quasi zen, tout aussi belles à mon goût.\jà terre fait quelque cent hectares.Il y a de beaux champs, des pâturages, des érablières, des pinèdes et une plate vaflée dont le fond marécageux était traversé par un petit ruisseau que des ingénieurs et des techniciens de Canard Afimité sont venus barrer au printemps; le marécage mondé forme maintenant un grand étang sur lequel Ferland a mis une chaloupe munie d’un petit moteur électrique.Nous avons suivi pendant un bon mille les canaux qui se faufilent entre les aulnes.Tout au bout, sur un buton de roc, Ferland a, posé une balançoire toute blanche.En plein bois.A l’abri du vent.Il était heureux.Il portait une casquette du yacht de Céfine et René, le Tee-V-ESea.Je lui ai rappelé ce jour de l’hiver dernier que nous avions passé, tous les six, Angélil, Ferland et moi avec nos blondes, dans les canaux de Floride, à bord du Tee tout blanc.Céline avait chanté Une chance qu’on s’a.Et Jean-Pierre avait été ému aux larmes.Une chance qu’on s’a était alors sa chanson fétiche.Il l’aime toujours autant Mais elle est maintenant chargée de douloureux souvenirs, depuis qu’une dame de la région qui savait comme beaucoup de gens que son nom était dans l’annuaire l’a contacté pour lui demander de venir la chanter au mariage de sa fille.Il avait tout de suite accepté, comme il avait accepté plus tôt dans l’été de chanter à deux ou trois mariages et à des noces d’or.— «Ça me flatte et ça me rassure, dit-il.a te paye aussi, j’espère?our cette chanson-là, pas un rond, juré sur mon âme.Tout ce que je demande, c’est qu’on paye mon musicien, qu’on vienne me chercher et qu’on me ramène à la maison.— Beaucoup de gens ne te croient pas.Ils disent que tu as été très grassement payé par les Hells.— Je sais.Les gens disent que les Hells sont des crapules, mais en même temps ils veulent croire que ce sont des gentlemen généreux.Et je n’y peux rien.Èt au fond, ça me fait ni chaud ni froid.Ce qu’on peut dire sur ma moralité, je m’en fous! Ce qui me touche, c’est ce qu’on dit de mon talent et de mes chansons.Dis-moi que je suis bon: je roucoule.Dis-moi que je suis pourri: je veux mourir.» Toujours est-il que le 9 août, sur l’heure du midi, une limousine s’est présentée devant la grille du domaine de Ferland.A deux heures moins quart, on roulait devant l’église de Saint-Joseph-de-Sorel.Il y avait là un attroupement épouvantable.Des dizaines de limousines et de motos.Et plein de ixfiieiers de la SQ qui prenaient des photos des gens qui entraient dans l’église.— «Moi, j'ai refusé de descendre, j’ai dit au chauffeur de faire le tour de l’église.On a aperçu une peti- te porte, à l’arrière.C’est par là que je suis entré, par la sacristie.Quelqu’un m’a fait monter au jubé.Une fois la-haut, j’ai commencé à réaliser que je m’étais jeté dans un drôle de guêpier: l’église était remplie de gros gars portant les couleurs des Hells Angels.Et à leurs côtés, des beautés fatales.— Tu devais quand même savoir pour qui t’allais chanter! — J’allais chanter une chanson d’amour pour une petite fille qui se mariait.— Tu devais quand même savoir quel genre de gars elle mariait! — Vaguement.Au téléphone, la mère de la mariée m'avait parlé des amis de son futur gendre.— Et alors?— Pour ne rien te cacher, ça m’excitait.J’ai toujours eu une grande fascination pour la mafia, pour les gangs de motards, les voyous, les marginaux.C’est ado, peut-être.Mais à ce compte-là, les neuf dixièmes du monde sont ados.On n’a qu’à regarder la télé ou à aller au cinéma.Ça pullule de mafiosi et de gangsters de tous poils.Si le monde aimait pas ça, il ne serait pas là.» A m’avouera cependant qu’il avait commencé à se poser des questions quelques jours avant le mariage.«Mais j’avais dit que j’irais.J’allais pas changer d’idée.C’est pas mon genre.Et de toute manière, je ne trouvais plus le numéro de téléphone de la mère de la mariée.» Au moment de l’échange des anneaux, il a fait sa chanson et il est parti tout de suite, avant tout le monde.Même pas eu le temps de voir si la mariée était belle.— «Ce que le monde sait pas, c’est que ce même 9 août, dans la soirée, je suis allé chanter la même chanson, Une chance qu’on s’a, à Saint-Bartélémy, aux noces d’un journaliste de Radio-Canada, Bernard Drainville.Quelques jours plus tard, même chose au mariage de la nageuse Sylvie Fréchette.Quand toute l’affaire a éclaté, je me suis d’ailleurs demandé pourquoi ni lui ni elle ne s'était levé pour dire que c’était vrai, que j’acceptais de chanter Une chance qu’on s’a pour rien.— Le referas-tu?— Pour rien?Je ne pense pas.Ça m’a coûté trop cher.» A a ri aux éclats et fait lever trois canards d’entre les aulnes.A m’a répété qu’il était content que ce maudit marécage, autrefois impraticable, soit devenu un bel étang calme et limpide.«C’est ça qu’il y a de beau dans la vie, dit-il.On finit toujtmrs par s'en sortir.» Le soleil déclinant allongeait sur l’étang les ombres des grands pins.les trois canards sont revenus se poser sur l’étang.Nous sommes rentrés en silence.«C’est ça qu’il y a de beau dans la vie.On finit toujours par s’en sortir.» i
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