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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-11-11, Collections de BAnQ.

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L K DEVOIR.LES S A M EDI II E T I) I M A \ < HE 12 N O V E M B R E 2 0 0 0 LE DEVOIR Jacques Perron Page D 3 Pour les jeunes lecteurs Page D 7 Poésie Page D 9 Camille Laurens Page D 17 Christine An got Page D 22 Programme du Salon Page D 29 du A.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR iberté.S’il fallait d’un mot résumer ce qu’offrent la lecture et la compagnie des livres, ce serait celui-là.Liberté de pensée qui naît de la confrontation des idées et de la mise à distance résultant du passage par l’écrit.liberté de l’imagination, puisque la folle du logis n’a pas besoin de châteaux en Espagne pour être heureuse: un bon roman lui suffit Qu’est-ce qu’un bon roman?Celui qui coïncide avec l’état d'esprit et les goûts du lecteur, y compris ceux qu’il croit ne pas avoir.On y entre à cinq heures du soir, on en sort à minuit, hagard, les joues en feu, le cœur battant.Dans l'intervalle, l’univers tenait entre deux morceaux de carton fort et quelques centaines de feuillets.Qu’importe ce qui n’arrivait pas à y entrer: travail, tâches ménagères, amours, sommeil, conversations, bébés.Liberté du corps.Caroline Mont-petit a demandé à différents acteurs du monde du livre d’évoquer un souvenir déterminant dans leur formation de lecteur.I^urs témoignages agrémentent les deux sections de ce copieux cahier Livres que nous publions à l’occasion du 23' Salon du livre de Montréal.Est-ce l’époque?Pour les gens d'une certaine génération, les souvenirs de lecture marquants sont souvent liés à la transgression.Livres mis à l’index, mauvaises lectures, écrivains sulfureux: on aurait voulu donner envie d’aller y voir de plus près et de juger par sormème qu'on n’aurait pas procédé autrement Evasion du corps et de l’esprit liberté.Ce cahier Livres est à la mesure de votre ap-pétit.Vous y retrouverez les chroniqueurs qui font les délices et les colères de vos petitswié-jeuners du samedi, un nombre accru de comptes rendus et de critiques ainsi que plusieurs entrevues.A Paris, Christian Rioux a rencontré l’écrivain Camille Laurens.Cela se passait au Flore, un samedi, à l'heure des croissants.De quoi ont-ils parlé?Des hommes, bien sûr, sujet d’étonnement inépuisable qu’un roman magnifique et troublant Dans ces bras-là (POL), n’entend pas épuiser mais raviver par le désir et le fécond malentendu des sexes.Détail piquant quelques jours plus tard, Camille Laurens obtenait le prix Femina.Elle sera présente au Salon du livre de Montréal.D’ici là, vous voudrez lire l'entrevue qu’elle a accordée à Christian Rioux et la lecture que Guylaine Massoutre a faite de Dans ces bras-là.Pour sa part Caroline Montpetit s’est entre- tenue avec François Ricard, biographe de Ga-brielle Roy et maître d’œuvre de l’édition de neuf textes autobiographiques dont plusieurs étaient jusqu’ici restés inédits (Le Pays de Bonheur d’occasion.Boréal).Comme dans une chambre d’écho, on y entend la voix de celle qui pouvait s’étonner avec un égal bonheur de telle petite route traversant Saint-Boniface et des beautés d’un vers de Shakespeare ou d’une réplique de Molière.Caroline Montpetit a également rencontré Fernande Roy, qui vient de publier chez Le-méac Editeur une Histoire de la librairie au Québec.Interdits, vexations, détermination marquent là aussi cette histoire qui passionnera quiconque s’intéresse à l’évolution de la vie intellectuelle au Québec.Car la librairie, qui n’en est pas à ses premières difficultés, est un formidable réservoir de matière grise, d’énergie et de convictions.Un Balzac entrepreneur (ses déboires de libraire-imprimeur sont passés à l’histoire) aurait apprécié.En 1827, sans rire, l’éditeur Honoré de Balzac faisait paraître à la Librairie universelle, rue Vivienne, L’Art de payer ses dettes et de satisfaire ses créanciers, sans débourser un sou; enseigné en dix leçons, ou Manuel du Droit Commercial à l’usage des gens ruinés, des solliciteurs, des surnuméraires, des employés réformés et de tous les consommateurs sans argent, par Feu Mon Oncle, professeur émérite, précédé d'une notice biographique sur l’auteur et orné de son portrait.Le tout publié par son neveu, auteur de L’Àrt de mettre sa cravate.On doit à Patrick Berthier d’avoir réuni dans Balzac et l'imprimerie (Imprimerie nationale éditions, 1999) une anthologie de textes, contrats, articles, livres de comptes Oa colonne débit est un poème) d’un Balzac qui ambitionnait d’ètre présent à toutes les étapes de la chaîne du livre.Plus modestement, il aura dû se contenter d’écrire La Comédie humaine.En 1827 aussi, le même publiait LArt de ne jamais déjeuner chez soi et de dîner toujours chez les autres enseigné en huit leçons.L’ouvrage connut trois éditions.On imagine très bien l'éditeur venant présenter ses nouveautés au Salon du livre de Montréal.11 serait présent le soir de l'inauguration.11 aurait loué un stand.Il déambulerait en faisant des moulinets avec sa canne.Il jetterait un regard professionnel sur la production des confrères.Et puis, au détour d’une allée, il serait reconnu par un fervent balzacien, disons Stéphane Vachon, de l’Université de Montréal.Le professeur s'approche.N’en croit pas ses yeux.Veut lui parler.Balzac a disparu.liberté.La folle du logis n’a pas besoin de châteaux en Espagne pour être heureuse: un bon roman lui suffit - v#>: ¦ t » f: llggf*; 111K ILLUSTRATION :TIFFET iMM mm i», afc, .Æ 1 iberté evue littéraire Masculin/Féminin : quelle différence ?n° 250 m GH CO Ü KI I M A N UN DIMANCHE À LA PISCINE À KIGALI j Roman, ?HH papes • 24,95 S G&LLF.S AKCHAMBAUI I COURIR À SA PERTE BRUNO ^ III BI RI ALICE COURT AVEC RENÉ Roman, 204 pages • 21,95 $ De l’auteur du Patient anglais rôtie HAII ONDAATJi: 1 LE FANTÔME D’ANIL matt com n ELIZABETH ET APRÈS GUILLAUME VIGNEAU LT CARNETS DE NAUFRAGE Roman, 270 pages • 22,95 S ’t a If (, ABR I IT.I l ROY LE PAYS DE BONHEUR D’OCCASION ROY MARI I -SISSI LA BRECHE BORDERLINE L ENVIE Roman, 208 pages • 21,95 S des essais.GÉRARD BOUCHARD GENÈSE DES NATION ET Cl ITERES Dl NOl VEAI MONDE Gérard Bouchard Genèse des nations et cultures du Nouveau Monde Yves Eavertu p Daniel 1 Poliquin P Le Roman hf colonial Yves Lavertu Jean-Charles ¦ Harvey, I le combattant m % Horrian >rûR i f < -Iih h II AHYKY locelyn Létourneau Passer à l’avenir JOCELYN LÉTOURNEAU PASSER A L’AVENIR Louise-L.Larivière Pourquoi en finir avec la féminisation linguistique OMiî^nv '• f*''hJWI.» n éttlinisation inguistique Wm' Jacques T.Godbout Le Don La Dette et l’Identité j.voues î.Godtaut LE DON L A DETTE ET L IDENTITÉ % et autres plaisirs de la vie éÊN&.m ' ?• m ar* àt Daniel Pinard lx CM» Signatures stand Boréal n° 465 Salon du livre de Montréal Jeudi 16 novembre ioh Caroline Merola nh Francis Magnenot i2h Jean-Pierre Davidts.jewnesse 13b Jean Heidar jeunesse 14b Paule Brière jeunesse 19b François Dompierre Hugo Roy Jocelyn Létourneau Ernest Bourgault Vendredi 17 novembre 13b Philippe Chauveau, jeunesse, stand n° 872 14b André Marois, jeunesse, stand n° 872 i6h Robert Lévesque Louise-L.Larivière Roland Viau 17b Gérard Bouchard Bruno Hébert Jean-François Lisée 19b Gil Courtemanche Jacques Hébert Yves Lavertu 2oh Serge Bouchard Michel Michaud Samedi 18 novembre ioh Sonia Sarfati ef Jacques Goldstyn, jeunesse, stand n° 872 nh Philippe Chauveau, jeunesse, stand n°872 13b LiseGauvin Jean Heidar, jeunesse, stand n° 872 14b Serge Chapleau.Gil Courtemanche Bruno Hébert François Dompierre Rémy Simard, jeunesse, stand n° 872 15 b Serge Chapleau Gilles Archambault Daniel Poliquin Serge Bouchard i6h Guillaume Vigneault Hugo Roy Marie-Sissi Labrèche i/h Daniel Pinard i8h Daniel Pinard Dimanche 19 novembre ioh Jean-Pierre Davidts, jeunesse, stand n° 872 nh Francis Magnenot et Jean Lacombe, jeunesse, stand n° 872 i2h Jocelyn Létourneau Caroline Merola, jeunesse, stand n° 872 13b Gérard Bouchard Serge Chapleau François Dompierre Marie-Louise Gay, jeunesse, stand n° 872 14b Serge Chapleau Gilles Archambault Guillaume Vigneault Bernard Boucher, jeunesse, stand n° 872 15b Daniel Pinard i6h Daniel Pinard Gil Courtemanche Bruno Hébert Lundi 20 novembre ioh Caroline Merola, jeunesse Josée Ouimet, jeunesse nh Philippe Chauveau et Rémy Simard, jeunesse Bernard Boucher et Alain Reno, jeunesse Lili Chartrand, jeunesse 13b Andrée-Anne Gratton, jeunesse Jean-Pierre Davidts, jeunesse André Marois, jeunesse Chic ! des recettes pop ! Janette Bertrand le dimanche 19 novembre, de 15b à i6h Thierry Daraize le vendredi 17 novembre, de 19b à 2oh Liza Frulla le dimanche 19 novembre, de 15b à i6h Nancy Gauthier le dimanche 19 novembre, de 15b à i6h Martin Larocque le dimanche 19 novembre, de 15b à i6h Ricardo Larrivée le vendredi 17 novembre, de vh à i8h Pierre Lebeau le samedi 18 novembre, de i6h à 17b Joël Le Bigot le samedi 18 novembre, de nh à izh Philippe Mollé le samedi 18 novembre, de nh à 12b Luc Picard le dimanche 19 novembre, de 13b à 14b Isabel Richer le dimanche 19 novembre, de i7h à i8h Boréal Qui m’aime me luie L E DEVOIR.L E S S A M E D 1 11 ET I) I M A N (' Il E I 2 N O V E M B R E 2 O (I 0 I) 3 ^ Livres ^ SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL ROMANS QUÉBÉCOIS Perron étudiant, Perron épistolier TEXTES EPARS Jacques Ferron Edition préparée par Pierre Cantin, Luc Gauvreau et Marcel Ôlscamp Lanctôt Editeur Montréal, 2000,230 pages «VOUS BLAGUEZ SÛREMENT.» Jacques Ferron et François Hébert Correspondance préparée et présentée par François-Simon Labelle Lanctôt Editeur Montréal, 2000,152 pages Le groupe de recherche interuniversitaire «Jacques Ferron inédit» poursuit la publication de l’œuvre officieuse de l’écrivain, c’est-à-dire des écrits de tous ordres: réflexions diverses, critiques, poèmes, lettres envoyées ou reçues, contes et historiettes inédits ou devenus introuvables qui constituent le Fonds Jacques-Fer-ron de la BNQ.Chacun de ces livres, de belle facture, regroupe certains de ces textes, présentés avec un appareil de notes précises mais succinctes: on est ici à mi-chemin entre l’édition critique et la simple réédition.Tous ne sont pas également intéressants: impossible cependant de ne pas prendre plaisir à les lire.Il n’y a pas de textes mineurs chez Ferron, ou alors ils le sont tous: il a souvent dit, non sans une certaine fierté, que toute son œuvre était mineure.Mais utile.Les Textes épars fait la preuve, s’il en était besoin, que Ferron était déjà lui-même dès son plus jeune âge.Le jeune collégien fait son petit monsieur comme on l’apprenait à l’époque à tous ceux du cours classique, convaincus de former l’élite du lendemain.Mais il a surtout un ton qui s’affinera très vite pour devenir un style, une propension à l’ironie, un goût pour les paradoxes.Et ce besoin d’intervenir sur tous les sujets imaginables dans les journaux et les périodiques, qui sera toujours aussi vif tout au long de sa vie.Regroupés sous le titre barbare de «Textes étudiants», on trouve des poèmes plutôt convenus dont quelques-uns sont charmants, des «Moralités» où se manifeste une misogynie que l’époque n’excuse pas — le Ferron adolescent était parfaitement capable de s’affranchir des préjugés et des idées toutes faites —, dirigée contre les femmes qui veulent faire carrière et qui, ce faisant, «méconnaissent leur nature»', le jeune étudiant de médecine affirme sans ambages que cette discipline fait «œuvre sotte et nuisible» en luttant contre «cette institution aussi utile et aussi universellement acceptée que la JACQUES FERRON Textes, épars (Mii* p epa>*< pat PIERRE CANTJN LW GAUVRbAC MAKAXl OLSt-AMI’ Mémoires de lecteurs lANCKN tPITIUR 1 Robert Chartrand mort», que la santé rend stupide puisqu’il est avéré que «les plus grands hommes ont été de grands tarés ou de grands malades».Le meilleur de ce livre, il est après, dans les «textes divers».Où il est démontré, par exemple, que la folie du poète Nelligan était «normale», étant donné qu’il écrivait, comme bien d’autres auteurs québécois, pour le milieu parisien: c’est cette aliénation qui.l’a rendu fou! Le poète Paul-Marie Lapointe, lui, est jugé «réactionnaire» parce que, dans son célèbre poème Arbres, il a eu le malheur d’oublier le micocoulier, ce cousin de l’orme qui ne pousse qu’à de rares endroits au Québec, comme sur notre île * Sainte-Hélène.Et le livre se termine sur des «historiettes», parues pour la plupart dans L’Information médicale et paramédicale, dont plusieurs ont été reprises, avec des variantes, dans les premiers livres de Ferron parus aux éditions d’Orphée.On est au milieu des années 50: Ferron est déjà un écrivain dont l’œuvre «officielle» a commencé de paraître.L’homme qui écrivait des lettres Ferron a également été un épistolier considérable: on lui connaît plus de trois cents correspondants! On se souviendra qu’ont paru, dans cette même collection, ses lettres à ses sœurs; en 1990, il y eut celles à John Grube (Une amitié bien particulière - Boréal), où il était question pour l’essentiel de politique, et en 1988, Le Désarroi (VLB), qui regroupait la correspondance de Ferron avec le psychanalyste Julien Bigras, sur la foUe qui leur était à la fois objet de réflexion, «spécialité» — on sait que Ferron était médecin-psychiatre — et lieu de fascination.«Vous blaguez sûrement.» contient les lettres qu’ont échangées Ferron et François Hébert, professeur de littérature à l’université et écrivain.Il était également à l’époque aux éditions Quinze et faisait partie du comité de rédaction de la revue Liberté.Disons-le tout net: ce fut un rendez-vous épistolaire raté.En 1976, lorsque Hébert lui fait signe, Ferron traversait une grave dépression: il avait même tenté de se suicider.C’est désormais un homme brisé, un mort en sursis que seuls ses enfants semblent faire s’accrocher à la vie: il veut les voir établis.C’est également l’époque où il constate son incapacité, vécue comme un échec définitif, de mener à bien le projet du Pas de Gamelin.Bref, le moment est mal choisi pour discuter avec lui de littérature, mais c’est précisément ce que souhaite François Hébert.Celui-ci fait de son mieux pour intéresser Ferron, pour susciter sa curiosité et sa sympathie.Il lui soumet, en guise d’hommage, un pastiche qui amuse à peinç Ferron, il lui envoie ses livres.A propos de l’un, Ferron lui écrira que c’est «un mélange de Voltaire et de Claude Gauvreau, un livre à part qu’il me faudra relire pour vous en parler.Je reste perplexe et agacé.» Et sur un autre: «L’auteur fait trop de façons au lecteur.Je le trouve un peu cabotin.» D’une de ses lettres, il lui fait dire par l’abbé Surprenant: «Vous donnez dans des généralités édifiantes, auxquelles je ne trouve rien à redire, rien à répondre.» Ailleurs: «Vous mêlez tout, cher François Hébert, et voyez du mensonge dans l’aveu» ou encore: «Vous argumentez à perte de vue.» François Hébert, de son côté, se dépense, il s’essaie par moments au style ferronien.Il se dit fou, comme si la folie était une posture qu’on peut prendre à sa fantaisie alors que Ferron, pendant ce temps, est ailleurs, tout proche de sa fin.Le titre même de ce livre, qui reprend le début d’une lettre de Hébert, dit bien l’étendue de ce ratage: Ferron, blagueur?Allons donc! Ainsi, au fil des lettres, Hébert semble courir derrière Ferron pour tenter de le rejoindre, pour parvenir enfin à sa hauteur et avoir avec lui un véritable échange.Ils se sont envoyé des lettres, oui.Mais de toute évidence, Hébert n’a pas rejoint Ferron.Ni l’homme, ni l’écrivain.Pouvait-il en être autrement, dans les circonstances?Cette correspondance est tout de même à lire.Pour Ferron.Et pour la richesse des malentendus entre les deux correspondants.robert.chartrandS (^videotron, ca CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Cela commence par un livre.Un paquet de feuilles bien tassées, regroupées, recouvertes d’un carton ou d’une photo, qui filent sous les mains.Un auteur, un titre inconnu qui, si on le désire, deviendra familier.On ouvre les pages, et l’esprit s’envole, on ne sait où.Alors, il n’y a plus de livre, plus de temps, plus de sol sous nos pieds, plus d’horaire, plus de corvées à faire.Il n’y a plus, pour le lecteur, que ces petites lettres qui courent sur le papier, dévoilant î’àme de personnages jamais connus, de pays jamais vus.Petites lettres vagabondes, invincibles.Au départ, le livre était parfois ± rebutant par sa sécheresse, sa sobriété.Une fois ouvert, il devient puissant.Il n’y a pas meilleur moyen de prendre congé de la réalité pour quelque temps, pour y revenir, au terme du voyage, plus fort, plus instruit, reposé.Cela, les grands lecteurs le savent.Nous en avons interrogé quelques-uns, choisis parmi différents acteurs du monde littéraire québécois.Ils ont nommé les personnes, les circonstances qui ont influencé leurs lectures, leurs expériences de lecteur, de l’enfance à aujourd’hui.Dessinant une galerie de portraits, placés çà et là, tout au fil de ce cahier, ils ont accepté de nous livrer ici leurs souvenirs de lecture, recueillis de vive voix, par courriel ou par fax.Souvent, il aura fallu quelqu’un pour suggérer des livres, les défendre ou encore les prêter.Parfois, on découvre aussi la lecture lorsqu’on est en état de captivité, immobilisé par une convalescence ou encore par des années de pensionnat.Au hasard d’une crise d'adolescence, d’une rencontre, d’une maladie, d’un deuil, les livres ont pris leur place, guérisseurs tranquilles.Ces années qui auraient pu être ternes deviennent alors merveilleuses, souvenirs indélébiles.C’est souvent sur l’oreiller, naviguant au milieu de draps défaits, que les lecteurs ont goûté leurs plus grands moments de lecture, seuls avec eux-mêmes.La lecture est aussi un refuge intime.Et dans ce processus, l’âge que l’on dit ingrat est un moment décisif.Forts de leur jeune liberté, les adolescents peuvent être des lecteurs voraces.C’est le temps où l’on aborde les premiers livres sérieux, romans, essais, foyers d’idées qu’on peut enfin choisir seul.On les avale, et il faudra parfois les lire une deuxième fois pour bien en assimiler le contenu.Qu’importe, on a la vie devant soi.Mais encore faut-il qu’on ait accès aux livres, qu’on en privilégie la lecture.Certains lecteurs ont bénéficié des bibliothèques privées de leurs parents.D’autres ont conquis la lecture sur les rayons des bibliothèques publiques, celles de l’école, de leur ville, de leur village.Jusqu’à la Révolution tranquille, les livres mis à l’Index par le clergé ont fait les délices des ‘Vous blaguez sûrement.» Guerin ÏVk’phoiu :(SI i ) 8i2 .V»KI IVkropiriin ( SI 1 ) 8-1J-4923 ( mii riiT elccironkiiK’: Ir.imvl mirrin riliU-uiujc i.i Allasse huer ml lmp://\\ \\ xv^mrin eiliUin.qe.e.i nO| rue Drolet Montreal ((v)iielH’i 11121 2(.2 (S/i^uù» voaA' mm/cmA à zzemb tenœn/tet' (/eà'/ttefedâùwne/â c/u* cJe& au/eutA e/cur/ez/MA-, elà.e/rznâ'&auâ&atu' UïAtôon' du Sim* cfcy éd/wn* fJOOû.DESTINATION SANTÉ (TONE 1) - LA LONGÉVITÉ le vendredi 17 novembre de 19h à 20h RODOLPHE MATHIEU - CHOIX DE TEXTES INÉDITS le samedi 18 novembre de I4h à I5h __ ^ LE JOltâ OÙ LE PÈMÉ NOËL SE PERDIT DANS LE DÉSERT le samedi 18 novembre de I5h à I6h DICTIONNAIRE QUÉBÉCOIS FRANÇAIS le samedi 18 novembre de I6h à I7h et le dimanche 19 novembre de I7h à I8h &eaUUwed AU TEMPS OÙ LES ARBRES MARCHAIENT le samedi 18 novembre de I9h à 20h STd&fiède et défait)1 w JOSEPH 0NIL LESIEUR le dimanche 19 novembre de I3h30 à I4h30 ALBUM MAURICE RICHARD le dimanche 19 novembre de I4h30 à I5h3l0 Place Alice-Parizeau ANIMAI ION ARCHIVES LE DEVOIR La Liseuse (détail), 1894, d’Ozias Leduc.* jeunes lecteurs, qui cachaient leurs trouvailles interdites sous les matelas des lits des pensionnats.D’autres ont eu accès aux livres grâce à quelque mécène bien intentionné, parrain généreux ou fondateur de bibliothèque publique.Dans un délicieux petit ouvrage intitulé Bouquiner, récemment publié au Seuil, Annie François raconte cette relation sensuelle, passionnée, possessive, cet amour parfois glouton des livres, des amis qui les conseillent à la façon dont on les range.«Tu lis comme on abat les arbres», lui avait dit un ami dans son enfance.Comme Le Clézio, Annie François croit que le succès d’un livre repose sur les cent premiers lecteurs et sur la rumeur qu’ils propagent.Dans l’univers d’Annie François, c’est une fausse tante qui a entrepris d’apprendre la lecture à sa fausse nièce alitée.«Au moins bicentenaire à mes yeux d’enfant, entourée de livres, abonnée à toutes les revues, elle régentait de son lit la vie intellectuelle de “La Perle”», écrit-elle.Dans Im Bibliothèque de Robinson, un petit livre qui vient de paraître chez Leméac, Alberto Man-guel raconte les voyages sans but de ses «safaris dans les librairies», en Islande, en Nouvelle-Zélande, au Canada.«Les vrais lecteurs n’aiment pas chasser en meute», mentionne-t-il.Derrière chacun de ses livres, un libraire, judicieux, se cache.Et vous, comment lisez-vous?% J libre! Eqimon NOS AUTEURS INVITES DICTIONNAIRE QUÉBÉCOIS FRANÇAIS: pourquoi?comment?le dimanche 19 novembre de I6h à I6h30 Sheila McLeod Arnopoui os Dans l'ombre de Maggie vend.13 h à 15 h - sam.1S h 30 a 21 h 30 Uni.13 h 30 à 15 11 30 André Bolduc et Robert A.Boyd Du génie au pouvoir vend.15 h à 17 h 30-siim.10 h ;i 12 h km.13 h 30 à 15 h 30 Andrée Boucher J'ai choisi la vie jeu.15 h a 17 h 30.18 h 30 a 21 h 30 vend.15 h à 17 h 30.18 h 30 à 21 h 30 sam.13 h a 17 h 30 dim.13 h a 16 h.18 h 30 a 20 h 30 Drc Marie-Andrée Champagne L'hormone du désir La ménopause vend.15 h a 17 h 30-sam.15 h 30 a 17 h 30 dim.18 U 30 a 20 h 3(1 Chrisline Martin llonaventure Fol Espoir jeu.10 h a 12 h.13 ha 15 h vend.10 11 à 12 h - sam.10 ha 12 h dim.10 h a 12 h - lui).10 h a 13 h Marie Dei.l’Aniei i.o La mort d'Yves sam.10 h a 12 h - dim.16 h 30 a 18 h 30 Richard Fl.ELI La séduction : vérités et mensonges vend.18 h 30 a 21 h 30 sam.13 h a 15 h - dim.10 h a 12 h André Lacii wcl Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France Juger et punir en Nouvelle-France ven.13 h a 15 h - sam.18 h 30 a 21 h 30 dim.13 h a 15 h Yves 1.\ Rocm cl Sylvain X lande l u i K>\ Le dernier saut de l'ange jeu.13 h a 15 h vend.13 h a 15 h sain.10 h a 12 li dim.10 h a 12 h lim.10 h a 13 h Madeleine Llcas La sage-femme de Poitiers jeu.13 h à 15 h - vend.15 ha 17 h 30 Danielle Marcotte On ne laisse pas les dames rentrer seules à la maison jeu.15 h à 17 h 30 - vend.10 h à 12 h sam.18 h 30 a 21 h 30 - dim.15 h a 17 h 30 lun.13 h 30 à 15 h 30 Maureen McTllr Vivre au xxi1 siècle ; choix et enjeux dim.13 h il 15 h Paul Que Black jeu.15 h à 17 h 30.18 h 30 â 21 h 30 vend.18 h il 21 h 30 sam.13 h a 15 h 30 - dim.13 h a 16 h Jean O'Neil cl Gilles ArCHAMBAI ET, peinlic Le Livre des Prophètes Le Roman de Renaî t ven.10 h à 12 h - sam.15 h 30 a 17 h 30 dim.10 h a 12 h Louise Simard Thana La route deParramatta jt'ii.IS h 30 ;i 21 h 30 - \nia/Stéphaiie Despatie Actions de Herménégilde Chiasson Lueur dans Poeil pendant (/n’il cliff te de Stéphane Despatie H ** Pt _ • El Lancement de cette nouvelle collection À l’UNEQ LE MARDI 14 NOVEMBRE 2000 DE 17 II À 1Ç) H 3492, av.Laval, Montréal Lueur dans Pœil pendant qu'il cligne Jinduiiir 1 Ipn ut»' SL** f i IK I) K V (I I H .LES SA M K I) I E T I) I M A N CUE 12 N 0 V E M B R E 2 0 0 0 Livres SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Souvenirs de lecture Le bonheur est dans la littérature ! JACQUES GRENIER LE DEVOIR Rolf Puis CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Rolf Puis est directeur de Gallimard Canada.Sa rencontre avec la lecture est l’époque «la plus intense, la plus heureuse et la plus décisive de sa vie».Il avait quatorze ans, et était immobilisé pour un an à la suite d’un accident.C’est la bibliothèque de ses parents qui lui a fourni ses premières ivresses de lecture.«Tous les livres ne procurent pas un égal bonheur, précise-t-il cependant.Ils sont comme les melons, il faut en tâter plusieurs pour en trouver un bon! Mais je me souviens comme si c’était hier de ce Noël de mon adolescence avec Autant en emporte le vent, de ces vacances avec Water Music de TC.Boyle, de ce voyage avec Laterna Magi-ca d’Ingmar Bergman.Je me souviens de Romain Gary/Ajar et La Vie devant soi, de Sylvie Germain et Le Livre des nuits.Et je retrouve Cioran, toujours.Avez-vous lu ses Carnets?».Plutôt que par la littérature pure, c’est avec les sciences humaines que Rolf Puis a plus tard poursuivi son expérience de lecteur.«Je n’ai jamais fait d’études littéraires.J'étais un spécialiste des “sciences humaines”, une de ces personnes qui lisent des essais, des traités, des études et surtout pas de romans, nous sommes entre gens sérieux.», se souvient-il.Le hasard, plus tard, le pousse dans le monde de l’édition.Il cite pour le décrire ces mots de Françoise Sagan qui dit que «que les éditeurs parlent de littérature quand les auteurs leur parlent d’argent!».Li, il faut compter, arriver, rentabiliser.Le langage des chiffres «J’ai appris le langage des chiffres, j’ai appris à lire des bilans.Mais petit à petit j'ai aussi réappris ce que j’avais oublié: que le bonheur est dans la littérature! Je lis tous les jours, le matin au petit déjeuner, le soir en rentrant et puis au moment de me coucher, ce moment délicieux entre tous, entre les draps, deux oreillers sous la tête seul avec mon livre», dit-il.Aujourd’hui, il remarque dans le visage d’un ami le feu de l’amour de la littérature.«Il a une mine splendide, rajeunie.Depuis des années il ne fait que lire.Il lit du matin au soir.Son œil s’allume dès qu’il en parle.Il lit comme il respire !» remarque-t-il.Cet ami, Pierre C„ comme il l’appelle, a été attaché de presse et représentant dans le monde de l’édition.Depuis, «il a choisi la littérature».Le pur plaisir de lire.mut oriir juwa dm BALEINES.Triptyque tel.et telec.:(514) 597-1666 Courriel: triptyt"generation.net www.generation.net/triptv Joël Des Rosiers VETIVER poésie l.% p-, 25 S Finaliste aux Prix du Gouverneur général et au prix Marcel-Couture du Salon du Livre de Montréal uerre Manseau LES BRUI TS DE LA TERRE récits 176 p., 18 % Marie et Louis Francœur PLUS FOR QUE LA MORT Plus fort que la mort récit témoignage 208 p., 20 % Le repos piégé DOCUMENT Le bilan d’une vie LE NOMADE IMMOBILE Albert Memmi Editions Arléa Paris, 2000,278 pages NAÏ.M KATTAN Dans cet ouvrage, Albert Memmi fait le bilan d’une vie consacrée à la littérature, à la recherche et à l’enseignement.On le connaît d’abord comme romancier.Dans La Statue du sel, il fut le premier à décrire, de l’intérieur, la vie d’une communauté juive méditerranéenne.Il est tout aussi connu comme essayiste, et son Portrait du colonisé eut un retentissement considérable.Tous ceux qui luttaient pour l’indépendance de leur pays s’y sont reconnus.Il fut amplement lu et commenté au Québec où Robert Davies publia un livre d’entretiens avec l’écrivain (Entretien avec Robert Davies, L’étincelle,1975).D’autres romans, d’autres essais suivirent: Agar, le Pharaon, Portrait du juif.Et, comme pour faire suite au Portrait du colonisé, Memmi publia en 1979 son essai La Dépendance.Le Nomade immobile est une autobiographie, un récit personnel et intellectuel.Né dans une modeste famille juive à Tunis, Memmi a souffert, enfant, de la pauvreté, ainsi que les vexations de toutes sortes que subissaient les populations minoritaires.Juif, de langue arabe, il aspirait à l’acquisition d’un savoir qui lui ouvrirait les portes du monde.Il se perçut comme une victime de la colonisation, lui qui n’en voyait les effets qu’au sein de l’empire français.Devenu professeur de philosophie à Tunis puis à Paris, il mena, avec ses écrits, une lutte incessante pour affranchir l’homme de toute forme de domination.Dans ce récit, Memmi retrace la ligne qui lui dictait ses choix principaux: «humaniste pour la morale, laïque pour l’organisation sociale et rationaliste pour la pensée».Formé comme philosophe, Venez les rencontrer! Stand 862 Christine Battuz Patrick Bernatchez Anatoli Burcev Geneviève Côté Evelyne Daigle Gérard Dubois François Gravel Daniel Grenier Jean Heidar Stéphane Jorisch Geneviève Lussier Michèle Marineau André Marois Henriette Major Josée Masse Mylène Pratt Louise Tondreau-Levert L ’ A if r v u x Le chat bot té à New York |C e n d r \ Également présents : Steve Beshwaty, Cécile Gagnon, Dominique Jolin, Marc Mongeau, Stéphane Poulin et Anne Villeneuve.Les 4oo coups Memmi cheminait dans une discipline qu’il souhaitait être plus proche de la réalité et de la vie des hommes que ne le permettaient les concepts et les abstractions.D’où l’attrait qu’ont exercé, ensuite, sur sa pensée, la sociologie, la psychologie et l’histoire.Tant par sa richesse que par diversité, l’œ.uvre de Memmi est inclassable.Ecrivain?Certes, même s’il a considéré la littérature comme un amour privé, se consacrant par ailleurs, dans son enseignement et dans son action, aux sciences de l’homme.Loin de diminuer le caractère scientifique ou universitaire de ses écrits, ceux-ci ont, au contraire, intégré une dimension où la raison rejoint l’émotion, la sensibilité et l’imagination, ce qui donne tout son poids à une vision de l’homme envisagé dans la totalité de son être.Il est heureux que, dans cet ouvrage, Memmi évoque, sans fausse pudeur, la part personnelle, quasi intime de sa vie d’homme.Juif, oriental, il a épousé une Française, Lorraine de religion catholique.Elle l’a accompagné à Tunis où elle a partagé, dans un quartier populaire, la vie de sa famille.La présence d’une Française, blonde de surcroît, était là on ne peut plus visible.Le couple a dû faire face aux préjugés, voire à de l’hostilité, mais les deux partenaires ont tenu bon et, 50 ans plus tard, Memmi considère, avec gratitude, que son mariage fut la grande aventure de sa vie.Les pages les plus émouvantes de l’ouvrage sont d’ailleurs celles où Memmi parle de la paternité et de ses rapports avec ses enfants.Tout au long du livre, l’auteur ne cherche pas à se donner toujours le beau rôle.Il reconnaît qu’il a pu commettre des erreurs.Il a tenté de les réparer par la suite.Il n’est pas mécontent de ce bilan qu’H dresse d’abord pour lui-même.A son âge, il a la chance de pouvoir accéder à la sérénité et d’aspirer à une sagesse dont il n’a pas la prétention de détenir le secret.Tous les jours, il accueille les bonheurs simples, les plaisirs qu’il reçoit et ceux qu’il peut faire à ses proches, aux membres de sa famille et à ses amis.Ce livre permet au lecteur, qu’il ait connu Memmi ou qu’il le découvre à l’instant, d’aller à la rencontre d’un homme intègre, honnête, d’une pensée vigoureuse: un écrivain dans le sens le plus noble du mot.Memmi émeut, inspire l’estime et le respect et on souhaite lui exprimer vivement une sympathie dont il fut prodigue envers les autres, tout au long de sa vie.Voici un honnête homme, dirait-on en français.On peut également dire, empruntant un terme yiddish: un mensch.Albert Memmi LE NOMADE, IMMOBILE Nouveautés Kiosques 513 et 515 211 Mlpagci eut Tuttrt U n jjtion ft.HdP au uutXidon DOCUMENT Duceppe militant QUESTION D’IDENTITE Gilles Duceppe Lanctôt Editeur Montréal, 2000,256 pages LOUIS CORNELLIER C> est moins à l’histoire de sa vie qu’au récit de son engagement social et politique que nous convie Gilles Duceppe dans ce Question d’identité abusivement présenté comme une «autobiographie».Le chef du Bloc québécois y parle bien un peu de son enfance dans Hochelaga-Maisonneuve, de sa famille tricotée serré au beau sens du terme, de son père, le comédien Jean Duceppe, dont l’engagement et la générosité l’inspirent encore, de sa femme et de ses enfants qui sont sa fierté, mais toutes ces discrètes évocations de sa vie privée ne servent en fait, ici, qu'à mettre en contexte les raisons et le sens de son militantisme.Militant étudiant à l’UGEQ (Union générale des étudiants du Québec) à la fin des années 60, le déjà souverainiste Duceppe vivra les événements d’octobre 1970 comme un mauvais rêve: «Je ne ressens pas la moindre affinité avec ce mouvement.Je m’en suis toujours tenu le plus loin possible et mm jugement alors est le même aujourd’hui: la violence ne mène à rien.» De 1973 à 1980, il s’engage dans l’extrême gauche québécoise (En lutte.Parti communiste ouvrier), un épisode de sa vie qu’il juge sévèrement: «Je n’hésite pas à dire aujourd’hui que j’ai été coupé de la réalité sociale et politique de mon milieu pendant cette période.» S’«ils étaient porteurs de justice et de générosité», ces mouvements erraient cependant par leur dogmatisme et leur antinationalisme de principe.Ce dont Duceppe reste fier, c’est de son travail en milieu hospitalier au Royal Vie, qui fut une école d’humanisme, et de son action syndicale à la CSN, qui lui a fait vivre la solidarité en actes.Son entrée en politique à l’été 1990, il la doit à l’effet qu’a eu sur lui la démission de Lucien Bouchard du gouvernement fédéral au moment des dçrniers soubresauts de Meech.Elu premier député du Bloc, dans Laurier-Sainte-Marie, le 13 août 1990, Duceppe entreprenait dès lors une carrière politique fructueuse.Plaidoyer tranquille mais ferme en faveur de la souveraineté du Québec, critique systématique du cynisme du gouvernement libéral depuis 1993, défense étoffée de la pertinence du Bloc québécois à Ottawa, récit sobre de la petite histoire de ce parti plutôt atypique, (Question d’identité est le livre d’un politicien pas trop imbu de lui-même qui sait que son message transcende sa propre personne.On le dit parfois «drabe» alors que «réservé» serait un terme plus juste.Contrairement à Jean Chrétien, Duceppe n’est pas le genre d’homme à croire que la cause qu’il défend n’existerait pas sans lui et ses horizons de vie dépassent le cirque politicien.De lecture facile et agréable, son témoignage n’évite pas toujours l’esprit partisan.Il souligne ainsi le «caractère judicieux de l’appui de la classe politique québécoise, souverainiste comme fédéraliste, au libre-échange» en omettant de rappeler que la CSN, dont il faisait partie à l’époque, s’y opposait farouchement, peut-être à juste titre d'ailleurs.Ça se comprend: plus que jamais au coeur de l’action, Duceppe ne donnera pas d'armes à ses adversaires.Cet ouvrage s’adresse donc d’abord et avant tout aux compagnons de route, à tous ces Québécois autonomistes passionnés par la joute politique.v LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 X O V E M B R E 2 O O O D I 9 LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Amitié virile FRANKIE BLUE Tim Lott Traduit de l’anglais par Bernard Cohen Belfond, collection «Romans étrangers» Paris, 2000,402 pages MARIE CLAUDE MIRANDETTE Frankie Blue, c'est le premier roman de Tim Lott, auteur anglais dans la jeune quarantaine qui fera certainement sa place.Il ne s’agit pas tout à fait de son premier ouvrage puisqu’il avait déjà publié un récit autobiographique intitulé The Scent of Dried Roses.Avant de se lancer corps et âme dans l’écriture de fiction, Lott a fait du journalisme pendant plusieurs années en plus d’être rédacteur en chef de magazines et producteur à la télévision.Bref, il manie la plume depuis un moment déjà, et force est de constater qu’il le fait fort bien.Dans ce roman à l’humour grinçant et au rythme soutenu, dont le style cru et l’écriture argotique ne sont pas sans rappeler Le Journal de Bridget Jones, Lott dépeint avec justesse et sensibilité, néanmoins sans complaisance, ce qui, pour la plupart des femmes, demeure une bien mystérieuse affaire: la sacro-sainte amitié masculine.Il y a d’ailleurs un petit je-ne-sais-quoi qui laisse penser que ce roman s’adresse plus particulièrement à la gent féminine avide de percer ce mystère jusqu’ici bien gardé.Le personnage central, Frankie Blue, dit «le Filou», est agent immobilier mais surtout grand baratineur devant l’éternel.Depuis le lycée, lui et sa «gang de gars» sont inséparables.Outre Frankie, ce groupe de célibataires trentenaires est composé de Tony, play-boy et coiffeur à la mode, Nodge, taximan ex-passionné de voyages, et Colin, maniaque d’informatique, vaguement mésadapté sur le plan socio-affectif.Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et nos compères sirotent tranquillement leur bière en regardant passer les nanas, qui s’arrêtent parfois, le temps d’une aventure sans lendemains ni conséquences.Mais voilà que Frankie rencontre Veronica et décide tout à coup de se marier, rompant ainsi le pacte.Cette petite traîtrise bouleverse les liens indéfectibles qui unissaient jusqu’alors nos compères et devient, en quelque sorte, le révélateur de tout ce qui, des années durant, est demeuré tabou, caché, étouffé, non dit Dès lors, Frankie est aux prises avec un dilemme on ne peut plus déchirant: il doit littéralement choisir entre la femme de sa vie et ses amis, car c’est ce prix qu’eux assignent à l’amitié masculine.Ce roman décapant, hilarant, à bien des égards cruellement vrai, a remporté le prix White-bread 1999 du premiei; roman.Il le mérite amplement.A quand la suite?«m Livres «m- SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL LITTÉRATURE FRANÇAISE Une femme autonome Camille Laurens reçoit le prix Femina pour sa connaissance de VAutre DANS CES BRAS-LA Camille Laurens POL Paris, 2000,302 pages GUYLAINE MASSOUTRE ous savez très bien que vous " V ne trouverez pas ailleurs qu’avec moi / La force qu’il vous faut et que je suis l’homme», écrivait Paul Claudel, plaçant ces mots dans la bouche d’un de ses personnages.Camille Laurens a trouvé son interlocuteur: à ce corps fort, auquel elle prête les mots déclencheurs en exergue, elle répond si bien qu’elle vient de recevoir le prix Femina.La réponse est brillante.Argumentée sur 300 pages, elle est si bien écrite, phrases et typographie confondues, que la fin arrive trop vite.Dans ces bras-là vous berce sur un air de Brassens, au rythme des battements d’un cœur qui valse.Valses avec l’éditeur, le père, le mari et l’amant, l’inconnu et André, le professeur et l’ami, l’ombre et l’écrivain, le médecin et le psychiatre, le grand-père et l’oncle, le passant, l’acteur et Jésus, le voyageur et le lecteur, ou encore celui qu’on oublie.Et le sexe! pardon, rien que le sexe fort.Cet essai romancé est donc entièrement consacré à l’homme.Chaque fois singulier mais d’essence identique.Sociologique.Psychologique.Empathique ou antipathique.«Ce sera une sorte de double construction imaginaire, une création réciproque: j'écrirai ce que je vois d’eux et vous lirez ce qu’ils font de moi — quelle femme je deviens en inventant cet inventaire: les hommes de ma vie.Le cliché est à prendre au pied de la lettre: les hommes de ma vie, comme je dirais: les battements de mon cœur.» Portraits, donc, en plein et en creux, d’hommes et d’une femme autonome.Autonome ou dépendante?Cœur aimant et corps infidèle, tous deux miroirs magiques, les amours littéraires usent depuis longtemps d'atouts infaillibles.Camille Laurens les tient-elle d’un sortilège pour remplir ainsi son «carnet de bal»?S’y alignent sagement ses rendez-vous — galants et autres —, ses conquêtes et ses défaites.Du carnet, elle a emprunté une forme de petits chapitres ordonnés, rythmés par sa voix, moulés sur le corps qui épouse le désir d’être aimée.Séduisante, perspicace, intéressante.Le mariage?Passionnément, à la folie, oui.«Ai-je voulu racheter aussitôt l’impudeur formidable de la première rencontre, la faute primitive, ramener dans le corps so- EDITIONS TROIS SEANCES DE SIGNATURE Salon du livre de Montréal JEUDI 16 NOVEMBRE Nathalie Stephens Underground Manon Moreau Faim Alain Fortaich Momento Mori Christine Richard Les algues sanguines VENDREDI 17 NOVEMBRE 21h à 22h 21h à 22h 21h à 22h 21 h à 22h Linda Bonin La craie dans l'oell 19h à 20h Christine Richard Les algues sanguines 19h à 20h Micheline Morisset États de manque SAMEDI 18 NOVEMBRE 19h à 20h Linda Bonin La craie dans l'oell 14h à ISh Hervé De Fontenay Silencieuses empreintes 14h à 15h Catherine Mavrikakis Deuils cannibales et mélancoliques 14h à15h Mireille Calle-Gruber Midis scènes aux bords de l'oubli 15h à 16h Maryse Choinière Le bruit de la mouche 15h à16h Paul Rousseau Coplis/collés DIMANCHE 19 NOVEMBRE 15h à 16h Danielle Fournier Ne me dis plus jamais qui je suis 15h à 16h Manon Moreau Faim 15h à 16h Catherine Mavrikakis Deuils cannibales et mélancoliques 15h à 16h Dans ces bnk*»ta cial la sauvagerie du corps à corps inculte, habiller d’un oui repentant la nudité de l’assentiment pur?» Sitôt vécu, le mariage consommé a un arrière-goût de faute.Ce genre d’homme — «tout à fait mon genre», écrit-elle — n'a pas le temps de disparaître que le «non» d'opposition et de déni confronte les vertus du «marin [qui] embrasse l’horizon».Je t’aime à la folie, pas du tout Voilà l’homme insuffisant, pris dans les remous de la tempête, de son corps monde, aussi fermé que les sept cercles de l’enfer.Elle est protestante, celle qui proteste, qui doute.Pudique dans l’impudeur, catégorique entre tout et rien, damnée au jugement dernier — «[.] il n'y a pas de quoi être heureux» —, il lui est impossible de savourer longtemps «la grâce de vivre».Dans ce monde manichéen, la présence virile de l’homme est un souffle, une voix perçue à une distance qu’aucun vide ne comble.L’écart creuse un immense désir.Mais l’abîme profond de leur séparation voue les relations de l’homme et de la femme à l’échec.L’écriture endosse alors un acte de courage: nommer, avec lucidité, ce qui fait l’expérience du désespoir, cette patiente souffrance que l’espoir d’un lien à l’autre, toujours cherché, entretient.Ainsi, dans ce monde puni, où les actes récompensés finissent nécessairement par se révéler trompeurs, l’écriture est salvatrice — «cette parole qui saisit l’autre à distance, où qu’il soit, comme une main sur l’épaule» —, rédemptrice de l’amour contact Un désir exacerbé La beauté de ce livre tient, outre à son écriture, à l’attention minutieuse que Camille Laurens accorde aux menus aspects de la relation difficile qui découle d’une telle morale.Hantée par l’empreinte mâle, tributaire de la langue paternelle, faite pour être «confondue» par l’homme qui la fait sienne, elle aspire autant à disparaître en lui qu’à s’affirmer dans leur différence essentielle.«J’aime les hommes qui ont envie de me connaître»: une telle formule résume bien ces deux caractéristiques: dépendance et désir exacerbé qui, dans leurs bienfaits comme dans leur odieuse exigence, invitera le lecteur à se demander: et les autres, existent-ils encore?De si belles pages, finement fouillées, ravivent l’expérience de la désillusion; on sentira le malaise durable du ressentiment agiter ce qui, au fond de chacun, et surtout de chacune, s’est accumulé au fil des ratés, des erreurs et des échecs d’une vie.Il faut une parole de femme libre, arrachée aux silences privés, pour faire saisir ce que peu d’oreilles se plairont à entendre.De telles audaces libèrent les vieux secrets de famille, ici des attouchements incestueux, là des bonheurs convenus aux relents de malentendus.Mais le bilan est lourd: «Ce résidu qui reste entre des sexes que tout oppose, ce reste qui résiste à la mort, à la tristesse, au triste sort des hommes, c’est de l’amour peut-être, ce qu’on appelle l’amour.» Des restes humains, disait Denys Arcand.C’est un peu cela, l’amour tué, l’homme foudroyé par cette main-là: «[.] elle se désole de ne pas parvenir à dépasser ce lieu commun: leur violence, la brutalité de leur façon d’être au monde, leur passion de dominer — sinon en le conjuguant à ce qui semble faussement son contraire: l’enfance en eux, fragile, attardée, immense, qui est peut-être le vrai nœud de leur sauvagerie.» L’ouvrage ne laissera personne indifférent.Ce prix Femina entérine assurément une rupture, dans l’expression française du sentiment amoureux.S’y dessine, avec hardiesse, une femme, omniprésente absence, qui s’avance vers celui ou celle qui aurait pour projet de rencontrer quelqu’un.LA GARDE PARTAGEE : L’EQUITE EN QUESTION DENYSE CÔTÉ ¦ .t; 202 p.• 19,95 $ La garde partagée est-elle vraiment un modèle idéal ?En examinant comment les pères et les mères se répartissent dans les faits la responsabilité des soins donnés aux enfants, Denyse Côté démontre que ce modèle ne peut être imposé à toutes les familles.SEANCES DE SIGNATURE Vendredi 17 novembre 19 h à 20 h Samedi 18 novembre 13 h à 14 h ENTRE FEMMES ET JEUNES FILLES LE ROMAN POUR ADOLESCENTES EN FRANCE ET AU QUÉBEC DANIELA DI CECCO Entre femmes et jeunes filles 210 p.• 22.95 $ À partir d'une soixantaine de romans pour adolescentes écrits par des femmes, en France et au Québec, Daniela Di Cecco explore la relation que les auteures cherchent à établir avec leurs lectrices.Analysant la production plus récente, elle compare les contenus des romans provenant des deux pays, de même que les pratiques éditoriales et commerciales.Première étude du genre, très riche, qui révèle à quel point les valeurs littéraires, sociales et sexuelles sont reliées.les éditions du remue-ménage SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Stand 769 (Dimedia) Le Salon du livre au Septentrion Jacques Lacoursière - Jean Provencher ¦ Denis Vaugeois Canada ?Québec 1534-2000 CANADA * QUÉBEC • Ub Ub Ol O» Ob m cn rr Tout (ou presque) ce que vous voulez savoir sur l’histoire du Québec ou du Canada ; ce qu’on ne vous a pas enseigné ou que vous avez oublié.Ouvrage original d’une formule inédite, Canada-Québec se présente comme une source exceptionnelle d’informations.Sa structure chronologique, sa langue claire et précise, une chronologie entièrement refondue et élargie et un index complet, comprenant les auteurs cités, sont autant d’éléments qui en font un précieux outil de référence.LOUS-IOSEPH PAPINEAU Franco-Américains ti« u Nouvelle-Angleterre et répflt* HABITANTS.MARCHANDS ET SERAIT RS ,/ -, .LES GODILLOTS DE FEU louis-Joseph Papineau Lettres à Julie Texte établi et annoté par Georges Aubin et Renée Blanchet Les 321 lettres de Papineau à sa femme, dont une centaine sont inédites, permettent de revoir fondamentalement l’image qu’on a collée à Papineau.On découvre un homme franc, entier et honnête, profondément attaché à sa famille et à son pays, un philosophe du «juste milieu», un amant de la nature et de tout ce qui vit autour de lui.Yves Roby Les Franco-Américains de la Nouvelle-Aiigleterre Rêves et réalités De 1840 à 1930, environ 900 000 personnes ont quitté le Québec pour les États-Unis où ils ont essayé de recréer la patrie perdue.Que sont devenus les millions de descendants de ces émigrés?L’auteur propose de décrire les discours que ces émigrés et leurs descendants tiennent sur eux-mêmes, d’en expliquer la genèse et l’évolution.Allan Greer Habitants, marchands et seigneurs La société rurale du bas 1740-1840 Trois villages, Sorel, Saint-Ours et Saint-Denis, servent de terrain d’enquête pour décrire le type de société rurale qui existait au moment de la Conquête britannique.Le mode de vie des habitants, les contraintes du régime seigneurial, l’influence des seigneurs, le rôle des marchands sont autant de thèmes qui sont étudiés sur une période d’un siècle.Louis Pronovost Les gotSHots de feu Une histoire du dan Saint-Jacques Fondateur du clan Saint-Jacques, Louis Pronovost en raconte la fondation et le regroupement.Le mouvement scout comprend trois niveaux : les louveteaux, les scouts proprements dits et les routiers.Les deux premiers groupes font, chaque été, un séjour en pleine nature, tandis que les routiers se livent à une longue marche, appelée la route, d'où leur nom.Que de souvenirs réunis dans Les godillots de feu ! Roger Chartrand Clins d’œil au temps Roger Chatrand fut arpenteur-géomètre et ingénieur forestier.Il a choisi de raconter des souvenirs de jeunesse, particulièrement de l’époque où il accompagnait son père comme «voyageur de commerce» à travers le Québec.Kakout .* Thierry Mallet Kakoot Récits du pays do* caribous Les sept récits réunis dans ce livre témoignent de l’attrait qu'exerça le Grand Nord sur Thierry Mallet.À la fois belles et dramatiques, les scènes croquées sur le vif sont ie reflet de la vie de tous les jours au pays des caribous.Une vie empreinte de solitude et parfois cnielle, la lutte pour la survie étant le lot quotidien des habitants de ces terres lointaines.Venez rencontrer nos auteurs aux stands 1082-1084 Pierre Anctll Georges Aubin Éric Bédard Renée Blanchet Réal Britson Simone Butslères Roger Chartrand Nelson-Martin Dawson Gaston DeschAnos Jacques Lacoursière Paul Morency André Münch Pierre Ouellet Jean-Étienne Poirier Louis Pronovost Yves Roby Marjolaine Salnt-Pterre Donls Vaugeois Septentrion www.septentrion.qc.ca L K I) K V 0 1 K , LES S A M EDI II E T I) I M A S C II E I 2 N 0 V E M B R E 2 0 0 0 Livres SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL POÉSIE Magda Carneci, poète roumaine Fragilité d’est en ouest CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Magda Carneci est poète et Roumaine.Elle était récemment de passage au Québec, où les Ecrits des Forges ont d’ailleurs fait paraître il y a quelques années la traduction française d’un recueil de poésie, Psaume.Sur la couverture de ce recueil, elle apparaît sur une photo prise il y a quelques années, ses grands yeux noirs dévorant un visage de femme sage, aux cheveux lisses.Ses poèmes passent par la Roumanie pour dire le monde, ses tares et ses faiblesses, ses moments de beauté, ses fragilités.Le premier poème, Psaume, nous amène place de la Victoire.«Au milieu du hurlement des sirènes / et des voitures, à la gloire des académies et des/ administrations, le monde se révélait/un morceau de honte», écrit-elle.Cette honte, confie-t-elle en entrevue, c’est un peu la honte ressentie au moment d’écrire ces lignes, à la fin des années 80, qui sonnent aussi la fin du règne de Ceausescu sur la Roumanie.Alors «j’ai ressenti — comme d’autres intellectuels du pays, d’ailleurs — la honte de la situation bloquée, gelée, dans laquelle nous vivions, ou plutôt nous vivotions, nous hibernions», explique-t-elle.Mais cette honte dépasse aussi les frontières nationales.Elle couvre l’humanité d’est en ouest dans son inaptitude à vivre.«En l’écrivant, je me suis rendu compte qu’il y a une honte plus profonde derrière celle-là, une honte qui regarde notre condition humaine plus générale, la façon aléatoire et inconsciente, conditionnée et insincère, exempte d’amour et de vraie communion, dont nous vivons nos vies sur la Terre, que ce soit à l'est ou à l’ouest, dans un régime communiste ou dans un régime démocratique», ajoute Mme Carneci.Parce que sa poésie parle aussi d’apprentissage de la vie et de l’amour, chemin jalonné de joies, d’échecs, de devoirs.«Corps contre corps / baignés dans la sueur froide de l’aube / dans le grand corps du monde / voué à l’éternelle journée / de travail», écrit-elle dans Les Travaux d’Aphrodite.Comme bien des poètes, Magda Carneci marche en faisant et défaisant le monde, l’interrogeant sans cesse, défiant ses limites.«Le sang qui entre dans le monde / et celui qui quitte le monde / qui le donne et qui le reçoit?», demande-t-elle dans Le Sang.Car sa poésie est surtout intérieure, universelle.«J'ai “dévié” le sens initial de la honte politique vers quelque chose de plus psychologique, plus intérieur, touchant notre condition spirituelle dans ce monde», ajou-te-t-elle en entrevue.Et cette spiritualité conduit aux églises, ces temples du culte qui ont été fêtés dans une «explosion religieuse», un «déchaînement spirituel» après la révolution de 1989 en Roumanie, révolution à laquelle la poète, qui est aussi chercheur, a activement participé.Depuis, la Roumanie a vu naître «des centaines de nouvelles églises» et «des dizaines de nouveaux monastères partout dans le pays», «un grand nombre de jeunes gens veulent joindre la “vie sainte”», explique-t-elle encore.Mais la spiritualité chez Carneci se pratique en poésie, comme en une sorte de «métaphysique expérimentale».Ainsi vont d’ailleurs ces mots du dernier poème du recueil, Chaosmos.«A la fin / le désordre touche à la perfection / les langues toutes se dissolvent dans la musique du vent/ le chaos atteint la splendeur/ A la fin parmi les évolutions tourbillons tremblements / le monde s’arrête brusquement en une image / métropoles eaux deux restent tous suspendus / l’univers entier s’arrête en une photo/ téméraire et profonde.» En tant que femme, Magda Carneci a vécu l’empire communiste et sa chute.«Du temps de l’idéologie communiste, on a hérité, en fait, d’un statut social pour les femmes tout à fait égal à celui des hommes, même si, en pratique, les femmes devaient faire face à une position professionnelle et politique égale aux hommes et à une condition traditionnelle de “mère de famille”.Mais n’est-ce pas pareil à l’Ouest?», demande-t-elle.Dans ce domaine, la poétesse concède au régime communiste une certaine forme d’avant-gardisme.«Dans mon premier voyage en Occident après 1989 [c’était en France en 1990], /ci été vraiment frappée du décalage salarial pour les femmes et de leur condition d’“objet de désir” affichée partout — qui n’existaient pas dans mon pays communiste.» Pourtant, puisque l’amour est maître partout, elle a, dans le poème Noces, les mots suivants pour l’évoquer: «Pieds nus et casque aveuglant sur ton front / dans la poussière d’ébonite sur l’autoroute brûlante / tu t’assiéras à la table en fer pour parler / moi à tes pieds.» PSAUME Magda Carneci Écrits des Forges/Éditions Autres temps Trois-Rivières/Marseille, 1997,82 pages SOUKCIi EDITIONS DES FORGES Magda Carneci Souvenirs de lecture De lectures en librairie CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Roger Chénier est libraire.C’est lui, avec sa collègue Maryse Dubois, qui a ouvert la librairie L’Écume des jours, rue Saint-Viateur, l’an dernier à Montréal.Lorsqu’il était enfant, la littérature était plus ou moins absente de son existence.«Ce n’est que vers la fin de l’adolescence que celle-d est devenue fondamentale.» C’est le feu qui lui a apporté son premier livre marquant.Le Mythe de Sisyphe, d’Albert Camus, a en effet été acquis dans une vente au rabais ayant fait suite à l’incendie d’une librairie.Avec deux amis, «je pris conscience de la pluralité du monde et de moi-même.Lors de nos promenades, nous arpentions toutes les librairies des deux villes, Hull et Ottawa», se souvient le libraire.Les flâneurs, promeneurs, philosophes s’arrêtaient plus longuement à la Librairie de la capitale, aujourd’hui disparue.Un lieu «qui nous terrorisait et nous enchantait à la fois».Un lieu revient en mémoire au libraire: le pont interprovincial qui relie le Québec à l’Ontario, Hull à Ottawa, au-dessus de la rivière Outaouais.«Ce qui me revient de cette époque, dit-il, ce sont les multiples Vient de paraître DICTIONNAIRE ABREGE Benoît Patar DICTIONNAIRE ABRÉGÉ DES PHILOSOPHES MÉDIÉVAUX Conçu pour un large public, ce dictionnaire comprend plus de 400 entrées réparties en cinq chapitres, dont la moitié porte sur les philosophes proprement dits, les autres étant réservés aux savants, aux traducteurs, aux penseurs de l’Antiquité tardive et aux principaux auteurs spirituels.Volume de 508 pages, 55 $ ROMANS D'AVENTURES K l DE RÊVE Jean-Claude Lalanne-Cassou ROMANS D'AVENTURES ET DE RÊVES L’auteur fait découvrir aux lecteurs un roman différent, celui qui peut combler une civilisation marquée par le cinéma et la bande dessinée : le roman d’aventures, un roman de grand large pour réapprendre à rêver, Volume de 212 pages, 20 $ LES PRESSES PHILOSOPHICJUES SI,nul 7 7 ( I ules) \ La biographie non autorisée à la une en France JACQUES GRENIER LE DEVOIR Roger Chénier échanges de lectures et de vies sur le pont interprovincial, qui semblait lier une vie à une autre.» Dans un passage consacré aux librairies, Albert Manguel, qui signe ces jours-ci un petit livre intitulé La Bibliothèque de Robinson, chez Leméac, mentionne L’Écume des jours parmi d’autres librairies indépendantes de Montréal, «ville de lecteurs», écrit-il.«Leurs noms littéraires tracent dans les rues une bibliothèque que le lecteur peut parcourir au fil de ses promenades: depuis L’Écume des jours de Boris Vian, sur Saint-Viateur Ouest, jusqu’au Square, en face du carré Saint-Louis, qui évoque le roman de Duras», écrit Manguel.Il poursuit sur ces mots: «À Outremont, par exemple, où se trouve l’intime et amicale Librairie Hermès, Élisabeth Marchaudon nous entretiendra sans fin (comme les anciens libraires de la Renaissance, qui semblaient avoir contribué à tous les livres qu’ils vendaient) de “ses” trésors que nous convoitons du coin de l’œil, et les heures fileront entre le charme de ses récits et la promesse des livres qu’elle nous a choisis», écrit-il.De conseillés, les lecteurs deviennent à leur tour conseillers, et même parfois libraires.HISTOIRE Muhammad, prophète de l’islam MAHOMET Salah Stétié Éditions Pygmalion/Gérard Watelet Paris, 2000,356 pages NAÏM KATTAN Fondateur d’une religion dont se réclament aujourd’hui un milliard de personnes en Asie, en Afrique mais également en Europe et en Amérique, Muhammad est à la fois un personnage historique et une présence actuelle.Prophète, envoyé de Dieu, il reçut, sous le coup de l’inspiration et par l’entremise de l’ange Gabriel, le Coran, texte dont se nourrissent bon nombre d’individus, mais aussi de sociétés et de pays.En effet, l’islam est inscrit dans maintes constitutions comme religion d’État.Les études et les biographies consacrées à Muhammad abondent, dans toutes les langues.Salah Stétié est un poète reconnu (il a reçu en 1995, le Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française).Libanais, musulman, il n’est, reconnaît-il lui-même, ni historien ni biographe.Il est l’auteur de nombreux textes sur l’univers arabe et musulman dont il est issu.Il a traduit le poète irakien Badr Chaker Es Sayab et a proposé une nouvelle traduction du Prophète de Khalil Gibran.MAHOMET Chemins d’Eternité SALAH CTI&TTÉ à 1 £ i E Outre ses recueils de poésie, nombreux et importants, on lui doit des textes sur Rimbaud, Mallarmé et Vermeer.D’entrée de jeu, Stétié dit: «Mon islam est un islam culturel.Je suis né dans ce milieu: je lui appartiens par ma famille, par mes racines, par une partie non négligeable de mon identification intellectuelle et spirituelle, de mon identité ontologique.» Puis, il ajoute: «Je l’avoue: avant tout autre lecteur, c’est à moi-même que ce livre s'adresse, c’est moi qui, tenant le compas et sextant, veux faire le point pour savoir où j’en suis, pour apprendre à me situer par rapport à la foi de mon enfance.» Cet ouvrage fait partie d’une collection dirigée par Olivier Germain-Thomas: «Chemins d’Eternité», où sont parus déjà un Saint Paul, un Bouddha, un Moïse, un Gandhi, un Cicéron.Dans cet ouvrage, Salah Stétié obéit et répond, en tous points et sans concessions envers lui-même, à deux exigences: il aborde le personnage avec respect et admiration et, en même temps, il évoque sa vie, son action, son message muni d’un savoir étendu, recueilli dans des documents et diverses sources d’auteurs occidentaux non musulmans, ainsi que de savants arabes et musulmans.Homme de mission, Muhammad pst à la fois homme d’action, chef militaire, chef d’Etat, homme de famille, homme de pensée.Il est tour à tour combattant et conciliateur.Le récit de sa vie, la sira, fait partie de l’enseignement de l’islam et Stétié en évoque maints détails.L’auteur situe l’action du prophète dans un espace et un temps précis.Il fait état de ses rapports avec les tribus, y compris celle dont il est issu: Ko-reich, ses querelles, ses conflits et ses débats avec les Juifs et les Chrétiens qu’il fréquentait.Comme les autres religions monothéistes, l’islam est apparu à une époque historique mais le Coran, qui en fait état, est intemporel et exerce toujours son influence.L’islam reconnaît le judaïsme et le christianisme, tout en affirmant sa différence.Dans son appel à la paix et à la justice, l’islam demeure pleinement une religion de notre temps.Sans avoir recours à la théologie, Stétié expose la pensée, l’attitude de l’islam au-delà de toute rhétorique et à bonne distance des manchettes des journaux.Esprit libre, honnête homme, il expose son sujet et dit son appartenance avec solennité et avec sérénité.Ce livre est une excellente introduction à l’islam tout en demeurant l’histoire d’un homme.Orphelin, né aux confins du désert, Muhammad a, en peu d’années, changé l’histoire du monde.Muhammad ne faisait pas confiance aux poètes.L’époque préislamique a produit d’importants poèmes.Poésie rigoureuse, soucieuse de ses règles.lu langue du Coran est directe et va au-delà de la poésie.Cependant, Salah Stétié demeure toujours un poète qu’on peut voir à l’œuvre dans divers passages de cet ouvrage.Il est permis de penser que, contrairement aux autres poètes, Muhammad, exceptionnellement, lui aurait fait confiance.Le livre-vérité d'un chef d'état controversé Le roman d'amour des suppliciés de tous les continents Beinaiû Violet mystères Delon LES MYSTÈRES DELON Bernard Violet 564 pages 29,95 S éÊM MÉMOIRES Boris Eltsine 560 pages 24,95 $ Flammarion LE MESSAGE Andrée Chedid 206 pages Salon du livre de Montréal Stand 163 ) LE DEVOIR, LES SAMEDI 11 ET D I M A X (' HE 12 X O V E M R R E 2 O (I O I) 2\ -* Livres ^- SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL SOCIÉTÉ Le deuil apprivoisé Sujet tabou: la mort.Elle fait toujours partie de la vie des autres.Pourtant, l’autre, le survivant, n’est-ce pas nous, nos enfants, nos parents et amis?Six ouvrages pour mieux comprendre et se préparer à cette réalité, mieux saisir la souffrance qui lui est associée et, éventuellement, vivre le deuil le plus sereinement possible.Monique Vyullï « * > ui H 1 < hvtu LE DEUIL MARIE-CLAUDE PETIT LE DEVOIR LE DEUIL Marie-Frédérique Bacqué et Michel Hanus Presses universitaires de France, «Que sais-je?» Paris, 2000,128 pages Rendre la société plus consciente des difficultés liées au deuil et ainsi prévenir les complications chez les personnes touchées par la perte d’un être cher, telle est l’essence de cet ouvrage.Après avoir dressé un portrait actuel de la mort et du deuil en Occident, les auteurs, Marie-Frédérique Bacqué et Michel Hanus, respectivement maître de conférences en psychopathologie à Lille III et docteur en psychologie et en médecine, tentent d’expliquer le phénomène du deuil, les effets de son passage de la communauté à l’individu et la façon dont le deuil social agit sur l’expression individuelle du chagrin.L’analyse psychologique des différentes phases du deuil normal, par opposition au deuil pathologique, y est fort intéressante.L’état de choc, les comportements de recherche et la régression, l’agressivité et la colère, l’expression du chagrin du deuil et l’achèvement du travail du deuil seraient ainsi des étapes normales, sinon essentielles, que doit traverser l’endeuillé.L’ensemble du propos des auteurs est traité dans le souci des nouvelles approches psychologiques et sociales du deuil.Le deuil f y QUAND LE DEUIL SURVIENT -80 QUESTIONS ET RÉPONSES Roger Régnier et Line Saint-Rerre Science et culture Montréal, 2000,186 pages Quand survient une disparition, les interrogations pour maîtriser l’événement de la mort sont multiples: «Pourquoi le deuil ravive-t-il d’anciennes blessures?», «Qu'en est-il de l’usage des anti-dépresseurs?», «EstIK- LKS s a ni k 11 I 11 ET l> I M A X (' H K I 2 X (I V E M B K E 2 0 0 II -«r L I V RES *+- SAI.ON DU LIVRE DE MONTRÉAL LITTÉRATURE FRANÇAISE La prodigalité des promesses d’amour LA CONVERSATION AMOUREUSE Alice Ferney Actes Sud Arles, 2000,476 pages GUYLAINE MASSOUTRE S* il est une écriture française actuelle tendue par les conflits de l’amour, il en est une autre, toute classique mais ô combien suave, qui entretient le chantier, telle Pénélope avec sa toile, du récit amoureux.Un récit de plus, direz-vous, la belle affaire.Regrets éternels! car il vous faudra écarter du revers de la main l’esprit malin du coup de foudre, le jeu le plus intelli-gent de la conversation et la grâce de la lumière qui entoure tout nouvel amour.A l’heure où Grâce et dénuement (Actes Sud, 1995) paraît en livre de poche (Babel, n" 439), La Conversation amoureuse prolonge le bonheur qui rayonne d’un tel livre.Le roman se résume à la béatitude d’un couple en train de se faire, en quelques rencontres heureuses.On aurait dit, il y a deux ou trois siècles, qu’il s’agit d’un rendez-vous galant.L’un est en instance de divorce; l’autre, mariée.Elle aime son mari; d’ailleurs, elle est enceinte.Mais les flèches d’Apollon ou de Diane, les poètes le savent, frappent toujours leur cible en plein cœur.Sacrés clichés.largesse La grâce de ce livre, c’est l’esprit du don.Don de soi, esprit de largesse, l’amour des coups de foudre est un sortilège à la saveur; exquise.Les délices d’Adam et Eve ont la pureté qui précède la conscience de la faute.Es partagent le fruit défendu avec l’innocence des coeurs purs.Toute parole leur est don, tout geste, caresse prometteuse.Donner et recevoir les gorgent d’un même nectar.Ces amants, ou plutôt ces futurs amants, rien ne les sépare.Dur largesse est dépensière, fût-ce du bien d’autrui; ils essaiment leur bonheur à proportion du régal qui les hante.Ils font des gestes d’auteur, prodigues comme des rois que la fécondité marie à la fortune de leur sort C’est dans un tel univers qu’Ali-ce Ferney se déploie.L’adultère et coquette Pauline emprunte, sans le dire, le modèle d’un superbe roman d’amour à sa «grande sœur» Paulina 1880, signé par Pierre-Jean Jouve en 1925.Une ambiance stendhalienne réunit ces romans sous un même éclat.Légèreté fluide, frivolité vive, la spontanéité de Pauline a le charme d’un style qui laisse percevoir le tremblement intérieur, la faille, la disponibilité.En un mot, elle plaît.«Elle avait perdu la gaucherie, cet effarouchement intérieur qui désigne et protège, comme un sceau, la virginité.A la place de quoi, un plaisir que d’évidence elle prenait à être coquette annonçait quelle était une femme qui se tient du côté des hommes.» Avec une assurance du trait, Alice Ferney dessine une femme doublement femme, intelligente et ravissante.Gilles, l’élu, a déjà les tempes grises.Ni blasé, ni heureux, il est l’homme qu’une image entraîne un jour soudain derrière son évidence incoercible: «Il ressentait [.] une fierté de gamin à marcher à côté d’une femme ravissante que les hommes regardaient.Alors il observait l’affluence bigarrée de ces gens qui se promenaient, qui n ’étaient pour lui à cet instant qu 'un grand mouvement autour de son désir, qu’une transhumance anonyme au cœur de quoi il poursuivait une image.» L’inclination qui le trouble enchante tout ce qui touche à la rencontre.L’attrait irrésistible auquel il s’abandonne déroulera bientôt pour lui la carte du tendre.Leur bonheur est communicatif.Sensualité souriante En quoi ce roman est-il neuf, avec une si vieille affaire?L’explication est aussi inutile que le récit entraîne d’évidence.Alice Ferney prête sa plume aux sourires, aux bavardages harmonieux «dans ALICE FERNEY l a conversation amoureuse **•«.*>¦ v msni SOURCE ACTES SUD Le roman se résume à la béatitude d’un couple en train de se faire.SOURCE ACTES SUD Alice Ferney prête sa plume aux sourires, aux bavardages harmonieux.une zone moins conventionnelle de la conversation».Le charme amoureux se cache «dans le secret qu’offrent les choses cachées à ceux qui les taisent»; avec son sens du baroque, la romancière excelle à faire entendre la voix d’alcôve de Gilles.La confusion qui entraîne leur conversation ne leur évite aucun jeu ni match; ils se dévoilent sans se livrer complètement.Heureusement ce tête-à-tête exclusif est entrecoupé par toutes sortes d’aller et retour des proches, eux aussi préoccupés par les aléas de leur vie amoureuse.Les coïncidences multiplient les entrecroisements, facilitent les mensonges, tissent les alibis.Pauline s’enfonce dans l’adultère, payant up lourd tribu à la splendeur d’Eros.Des pages de sensualité heureuse témoignent des joies épanouies de la chair.C’est là que le roman de Ferney atteint toute sa plénitude, lorsque son personnage découvre que l’amour dépasse le visage, le nom, le corps de celui qui l’aime.Il tend à atteindre celui des grandes héroïnes: «Croyez-vous que Vronski aimait Anna Karénine?dit-elle.Non, dit-il sans hésitation, il ne l’aimait pas.Elle dit: Vous pensez comme mon mari.Mais moi, je n’en suis pas certaine.Vous n’avez pas envie de le penser, dit-il.Ce serait si horrible, dit-elle.» Un nuage passe.Et puis, un jour, le bonheur se gâte.La destinée est idiote, pour Alice Ferney.Ce n’est pas pour rien que l’écrivain, professeur d’économie, a choisi le pseudonyme vol-tairien pour livrer son héroïne aux hasards de l’étreinte d’un homme imparfait L’histoire fait à nouveau sourire.Tant de psychologie au service d’une pointe de naïveté n’éteindra pas la flamme qui embrasse le foyer.Quelques pirouettes, au moment du dénouement n’arriveront pas à écarter le plaisir de lire ce qui, depuis le début du roman, a déjà été écrit souvent moins bien, mille fois.Franchement l’amour est optimiste.Don de soi, esprit de largesse, l’amour des coups de foudre est un sortilège à la saveur exquise Salon du livre de Montréal Kiosques 946 • 948 • 950_ ^ ^ Le fer du Nouveau-Québec et la saga de la sidérurgie La faillite d’un rêve Albert Chouette • SAMEDI de 14 h à 15 h et DIMANCHE de 14 h à 15 h Rouge, bleu La saga des Prévost et des Nantel Les Laurentides.Histoire en Bref Histoire des Laurentides Serge Laurin • VENDREDI de 13 h 30 à 14 h 30 et de 15 h 30 à 16 h 30 Enseigner et punir SOUS LA DIRECTION DE Denis Jeffrey et Claude Simard 220 pages, 25 $ • Coll.La vie dans la classe Rompre avec la vengeance Lecture de René Girard Denis Jeffrey 144 pages, 14 $ • Coll.Lectures La fin de la famille moderne Signification des transformations contemporaines de la famille Daniel Daqenais 268 pages, 30 $ • Coll.Sociologie contemporaine Réflexions sur la philosophie du droit Bjarne Melkevik 222 pages, 25 $ • Coll.Dikè L’autre de la technique SOUS LA DIRECTION DE Serge Cantin et Robert Mager 264 pages, 27 $ • Coll.Mercure du Nord Comprendre la complexité Introduction à la méthode d'Edgar Morin Robin Fortin • Préface d’Edgar Morin 230 pages, 25 $ • Coll.Sociologie contemporaine likiiMittK ^ là im hj ru monn -miuHoriiii nu DROM o Les Presses de l’Université Laval • Les Editions de l’IQRC Pavillon Maurice-Pollack, bureau 3103 Téléphoné : (418) 656-7381 ¦ Télécopieur : (418) 656-3305 Dominique.Gmgrastëôpul.ulaval.cn • http www.ulnvnl.cn put Ë *¦ Flammarion « L autruche est sûrement plus lucide qu'on ne le croit J’ai l’impression qu’elle choisit de mettre sa tête dans le sol quand sa survie mentale en dépend.» lléana Doclin L'Autruche Céleste samedi 18 de 16 h à 18 h dimanche 19 de 12 h à 14 h «J’ai dû, pour guérir, non pas déclarer la guerre à la maladie, mais plutôt enterrer la hache de guerre contre moi-même.» Johanne Ledoux Guérir sans guerre jeudi 16 de 18 h à 20 h vendredi 17 de 14 h à 16 h et de 19 h à 21 h dimanche 19 de 14 h à 16 h « En m’inspirant de faits troublants sur Lewis Carroll, créateur d’Alice au Pays des Merveilles^ j’ai imaginé l’histoire d’un terrible aveu.» Bernard Claveau Young Alice vendredi 17 de 16 h 30 à 18 h 30 samedi 18 de 14 h à 16 h I , -s j 163 Sto'ld ’ SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL .UMAftCHt XteiSàcntl* a en MnNSIPt OM KXS» UN€ ffMMf Roland Bourneuf Le traversier Samedi 18 novembre de 16 à 17 h Guy Cloutier Des causes perdues Jeudi 16 novembre de 20 à 22 h Vendredi 17 novembre de 17 à 19 h et de 21 à 22 h Samedi 18 novembre de 17 à 18 h et de 21 à 22 h Dimanche 19 novembre de 18 à 20 h et de 21 à 22 h Georges Desmeules et Christiane Lahaie Les personnages du théâtre québécois Samedi 18 novembre de 13 à 14 h Robert Harvey Poétique d’Anne Hébert : jeunesse et genèse suivi de Lecture du Tombeau des rois Jeudi 16 novembre de 20 à 21 h Vendredi 17 novembre de 20 à 22 h Samedi 18 novembre de 20 à 21 h Dimanche 19 novembre de 17 à 18 h.de 19 à 20 h et de 21 à 22 h Suzanne Lantagne La marche Jeudi 16 novembre de 19 à 20 h et de 21 à 22 h Vendredi 17 novembre de 19 à 20 h Samedi 18 novembre de 17 à 18 h et de 19 à 21 h Dimanche 19 novembre de 16 à 18 h Claire Martin L’amour impuni Vendredi 17 novembre de 16 à 17 h Samedi 18 novembre de 12 à 13 h et de 18 à 19 h Sylvie Massicotte Le cri des coquillages Jeudi 16 novembre de 19 à 20 h Dimanche 19 novembre de 14 à 15 h Pierre Ouellet Still.Tirs groupés Samedi 18 novembre de 16 à 17 h et de 19 à 20 h Christine Palmiéri (dir.) De la monstruosité, expression des passions Vendredi 17 novembre de 19 à 20 h Lise Vekeman Chroniques pour une femme Vendredi 17 novembre de 17 à 19 h et de 20 à 21 h Les travaux de Philocrate Bé, découvreur de mots Roland Bourneuf, Christiane Lahaie, Claire Martin et Lori Saint-Martin Samedi 18 novembre de 14 à 15 h Anne Legault, Sylvie Massicotte, Pierre Ouellet et Marc Rochette Samedi 18 novembre de 15 à 16 h Anne Legault, Sylvie Massicotte et Marc Rochette Dimanche 19 novembre de 13 à 14 h Métamorphoses Isabelle Asselin, Géraldine Baar, Myriam Beaudoin et Laurent Fadanni Dimanche 19 novembre de 11 à 12h Mélanie Boulanger, Bénédicte Delanghe, Laurent Flamand et Annie Perreault Dimanche 19 novembre de 20 à 21 h SALON 1)1 I IYKi: DK MONTRI AL STAND 765 L instant même NOUVELLES ROMANS ESSAIS 4 r LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 1) 24 Souvenirs de lecture Les contes de grand-mère CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Dominique Demers a le regard bleu et pétillant.Quand elle parle de littérature, elle s’émeut comme une enfant, elle qui pourtant a fait des études postdoctorales en la matière.Parmi les souvenirs de lecture de cette écrivaine, c’est une grand-mère magicienne qui surgit, une grand-mère qui lisait des histoires au lit à ses petits-enfants.«Dans ces moments-là, se souvient-elle, on avait le droit de se placer deux par lit.» Dans la bouche de cette grand-mère, les personnages de Perrault, le maître des contes pour enfants, Barbe bleue, Le Petit Chaperon rouge ou Peau d'âne prenaient forme.«Tard, très tard, jusqu’à l’adolescence, j’ai cru que c'était ma grand-mère qui les avait inventés», ajoute-t-elle.Ces contes, s’ils ont été réécrits et publiés par Perrault, faisaient autrefois partie de la littérature orale.Ils s'étaient transmis, bien avant Perrault, de grand-mère en petits-enfants.Originaire d’Hawkesbury, en Ontario, Dominique Demers a pris ensuite le chemin de la biblio- thèque municipale.C’était une époque où les livres étaient moins disponibles que maintenant Et entre-temps, il y avait eu aussi la mère de Dominique Demers, professeur de diction, qui lui faisait lire de la poésie.Plus tard, bien plus tard, quand la future écrivaine a entrepris des études de littérature à McGill, elle a retrouvé ce souvenir.C’est en ouvrant un recueil de poésie qu’elle a eu un sentiment de déjà vu.«C’était Le Pélican, d’Alfred de Musset.Ma mère, qui est morte jeune, me l’avait fait lire sans me dire de quoi il s’agissait.Mais j’ai réalisé que je connaissais ce poème», dit-elle.Devenue depuis auteur de littérature jeunesse, Dominique De-mers est cette année présidente d’honneur du Salon du livre de Montréal.Lors de la conférence de presse qui annonçait cet événement, elle a eu les mots suivants: «Le plus important, c’est que lire rend heureux.Le plus important, c’est que quand on aime lire, on n’est jamais vraiment seul, on n'est jamais trop pauvre pour voyager, on peut toujours rire, frémir, pleurer, découvrir, s’évader.» Une habitude qui a façonné toute sa vie.JACQUES GRENIER LE DEVOIR ¦ "M Dominique Demers RÉCOLTE L'AMERIQUE EN MOUVEMENT D'AUTOMNE FAIRE MOUCHE Livre (eu (comprenant 120 cartes) BOUTON D’OR ACADIE 24.95 ce le A jPizzA oe om ri-Qke.un cm enOoce o Ica.?I 2 N 0 V E M B R E 2 0 0 0 w Livres - SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL LITTÉRATURE JEUNESSE Petites délinquances SOURCE SEUIL JEUNESSE Illustration de Nikolaus Heidelbach pour la couverture de l’album Que font les petits garçons?Æ '¦ CPTT***» m CAROLE TREMBLAY En l’an de grâce 2000, toutes les maisons de la littérature jeunesse sont occupées par les tenants de la rectitude politique.Toutes?Non, un petit groupe de créateurs résiste encore à l’envahisseur.J’AI UNE PEUR BLEUE DES ANIMAUX Texte et illustrations de Babette Cole Seuil jeunesse Paris, 2000,24 pages Babette Cole n’est pas spécialement connue pour sa mièvrerie.Ses albums loufoques font toujours des pieds de nez au lobby pédago-pastel.Dans son dernier cru, elle s’attaque aux terreurs suscitées par les animaux.Torn est un petit garçon tout ce qu’il y a de plus troiullard.Lorsqu’il s’aperçoit qu’il est suivi par un chien, il s’imagine illico qu’il se fera dévorer.Quand le cheval vient rejoindre le chien, il se voit réduit en miettes par les sabots.Un taureau s’ajoute au petit défilé, puis un serpent, des oiseaux, des araignées.A chaque nouveau venu, Torn anticipe avec effroi une nouvelle catastrophe pour sa petite personne.Terrassé par la peur, il s’effondre au sol, tombant malencontreusement sur un nid de fourmis.Horrifié par les intrus qui s’insèrent dans son intimité, Torn retire son pantalon.Les animaux détalent en quatrième vitesse à la vue de ses belles grosses fesses.Maintenant qu’il connaît le truc, Torn n’aura plus jamais peur.QUE FONT LES PETITS GARÇONS?Texte et illustrations de Nikolaus Heidelbach Seuil jeunesse Paris, 2000,52 pages Il est étonnant de voir comment :.— SOURCE SEUIL JEUNESSE Illustration de Babette Cole pour J’ai une peur bleue des animaux.la rectitude politique donne parfois lieu à d’étranges paradoxes.Par exemple, il est maintenant dépassé, voire réactionnaire de créer des personnages de gars possédant des caractéristiques mâles.Que font les petits garçons?est un abécédaire dont chaque lettre correspond à un prénom.Sur la page de gauche, une fillette soutient la première lettre d’une phrase qui présente une action effectuée par un jeune mâle sur la page de droite.L’album ne s’embarrasse pa$ des politiques du ministère de l’Education en matière de littérature jeunesse, c’est le moins qu’on puisse dire.A «S», Simon a fait une découverte, Simon soulève la couverture pour découvrir ce qu’on irqagine être sa première érection.A «G», Gregory réfléchit, nous montre un garçonnet planté devant une affiche publicitaire de sous-vêtements féminins.A «O», Olivier gagne le concours, de celui qui Le magazine littéraire de Télé-Québec Animé par Danielle Laurin Vendredi 19hj0 • Rediffusions : dimanche DhiOet lundi UhJO Cette semaine à CENT TITRES DIMANCHE, 13 h 30, Danielle Laurin rencontre Amélie | Nothomb à Paris pour la parution de son dernier-né Métaphysique des tubes.D.Kimm craque pour l’album jeunesse de Babette Cole, J’ai une peur bleue des animaux.Yvon Lachance | a lu Chiens sales, un polar de François Barcelo.Le livre de la semaine de Danielle Laurin : un inédit de Gabrielle Roy.Novembre est le mois de la course aux prix littéraires.Qu’est-ce qui distingue le Québec de la France dans ce domaine?Dany Laferrière s’interroge.• Vendredi, 19 h 30, une émission en direct du Salon du | livre de Montréal.En entrevue : Christian Mistral.^4 1: Télé-Québec LE DEVOIR pisse le plus loin, évidemment.Il règne dans la plupart des illustra- ¦ lions une ambiance un peu morbide, aux antipodes de Walt Disney.Une des pires à cet égard est le «U», comme dans Ulysse s’exerce, qui présente le personnage couché à côté d’une tombe.Mal à l'aise garanti.VITE, VITE, CHÈRE MARIE! Texte de Erik Blegvad Illustrations de N.M.Bodecker Autrement jeunesse Paris, 2000,28 pages On pourrait s’étonner que ce texte qui a déjà 25 ans soit publié aujourd’hui.Pas que l’histoire soit complètement dépassée, au contraire.Mais il est devenu rarissime qu’on mette en scène un couple, même âgé, engoncé dans un partage des rôles domestiques aussi outrageusement traditionnel.J’imagine qu’on préfère croire et faire croire que cela n’existe plus.Deux retraités se préparent à l’hiver.Dès la première page, le mari, encore en robe de chambre, commence à donner ses directives à sa femme, déjà au travail.Pendant tout le livre, Marie se dé- mène, cueille les pommes, coupe le bois, met les tomates en conserve, fait les confitures, sous les ordres de ce qu’on pourrait appeler son «boss de bécosse».Elle obtempère sans rechigner, même si on devine qu’elle n’a pas besoin de lui pour savoir quoi faire.A la fin de la journée, épuisée, sale et décoiffée, la vieille regarde son vieux se bercer sur sa chaise, entouré de livres et de journaux.Au dernier «Vite, vite, Marie.» qu’il prononce pour avoir son thé, le bouchon saute chez sa douce moitié et c’est sur la tête qu’il se prend la théière.'tfcmlwy* SOURCE AUTREMENT JEUNESSE Illustration de Erik Blegvad pour Vite, vite, chère Marie! DIS, BLAISE.CHANSQN DU TRANSSIBERIEN RENCONTRE LITTERAIRE Jay Bochner, professeur au département d’études anglaises de l’Université de Montréal, parlera de BLAISE CENDRARS, en compagnie de l’animatrice Aline Gélinas et du compositeur Pierre Cartier.ENTRÉE LIBRE Maison de la culture Côte-des-Neiges : le jeudi 16 novembre à 19 h 30 Maison de la culture Plateau-Mont-Royal : le mardi 21 novembre à 19 h 30 RENCONTRE MUSICALE Pierre Cartier se raconte avec le guitariste Bernard Falaise, l’altiste Jean René et l’animatrice Aline Gélinas.ENTRÉE LIBRE Maison de la culture Côte-des-Neiges : le mercredi 22 novembre à 19 h 30 Maison de la culture Plateau-Mont-Royal : le mardi 5 décembre à 19 h 30 SPECTACLE MUSICAL DE PIERRE CARTIER Un itinéraire musical actuel.Jean Derome saxophoniste, Pierre Tanguay percussionniste, Jean René altiste, Tom Walsh tromboniste, Bernard Falaise guitariste et Pierre Cartier à la contrebasse et à la voix.LAISSEZ-PASSER NÉCESSAIRES Maison de la culture Côte-des-Neiges : le samedi 25 novembre à 20 h Maison de la culture Plateau-Mont-Royal: le jeudi 7 décembre à 20 h MAISON DE U CULTURE CÔTE-DES-NEIGES 5290, ch.de la Côte-des-Neiges, (514) 872-6889 MAISON DE LA CULTURE PLATEAU-MONT-ROYAL 465, ave du Mont-Royal Est, (514) 872-2266 MONfédL i C> O O DIMANCHE REDirrUSIClN LUNDI 2 3 H 1 S Animntion : M.irin-Louinn Arsenault, Sylvain HoucJc ot Mnxime-Olivier Moutier RcviliHfit ion IVUinon Giguni'r* Les Éditions David L K DEVOIR.LES S A M EDI II E T I) I M A N C H E 12 X 0 V E M B H E 2 0 0 0 I) 25 -L 1 V SALON DU LIVRE BANDE DESSINÉE SOURCE L’ASSOCIATION Détail d’une illustration de Guy Delisle pour Shenzhen, r L-• * **£5^ » 'Mb' .M S’échiner à encrer en Chine DENIS LORD Ils sont quelques-uns, les auteurs de bande dessinée, à avoir troqué la fiction pour fixer sur papier leurs impressions de voyage.On pensera à Christin, Aymond et Cabanes pour L’homme qui fait le tour du monde, à Loustal et ses multiples Carnet de voyages, à Jano pour Paname et Carnet d’Afrique.De son côté, le Québécois Guy Delisle nous transporte en Chine avec Shenzhen, toponyme d’une ville au nord de Hong-Kong.Delisle y a dirigé pendant trois mois un studio d’animation où on réalisait une adaptation de la bédé Papyrus créée par De Gieter.quisse de Shenzhen se trame de multiples et exotiques anecdotes sur le comportement des gens, la technologie, l’architecture et la nourriture {«Le poisson à l’anis étoilé, cuit en papillote avec un peu de citron et du gros sel dessus.Mmmm!»).«Pour la culture, il me restait un outil qui vaut des fois largement celui de la communication: l’observation, et ce sont ces observations qui constituent mon album.D’un point de vue politique, je les comprends très bien de ne pas avoir envie de se confier à un étranger de passage.J'agirais avec la même prudence si je devais vivre dans un système aussi répressif.Donc, je n’ai pas trop insisté sur les événements de 1989.» Mélange de genres?Si son livre a été publié par L’Association dans sa collection «Ciboulette», essentiellement consacrée aux récits autobiographiques, l’auteur ne se sent pas lié à ce mouvement qui a pris de l’ampleur en France et aux Etats-Unis au cours de la dernière décennie.«Avec Shenzhen, je n’ai pas eu l’impression de faire de l’autobiographie mais plutôt un carnet de voyage.Alors, forcément, je me suis dessiné pour pouvoir mettre en scène des situations particulières, mais le personnage le plus important de l’album reste la Chine.Les récits autobiographiques en bédé, ça ne forme pas un tout, il y a du bon et du mauvais.Il y a ceux qui partagent trop leur intimité, je n ’aime pas me sentir voyeur, et ceux qui nous font découvrir leur manière de voir les choses, et ça, je préfère.» Il reste qu’autobiographie et récit de voyage se recoupent dans cet album de plus de 130 pages.Delisle raconte son quotidien dans une ville aux divertissements rarissimes et où «l'activité majeure, c’est défaire les boutiques».Ce quotidien, outre le dessin animé avec une équipe qui bâcle le travail à dessein, c’est la solitude en raison de l’écart linguistique et culturel (et malgré une interprète), c’est la lecture et le gym (pour tuer le temps), c’est aussi l’émergence du projet de l’œuvre, à laquelle on assiste tel un work in progress alors que l’auteur s’interroge sur la validité de sa démarche et sur les jeux de la mémoire.Sinologie appliquée Shenzhen est plus ou moins une banlieue de Hong-Kong dont «à peu près tout le monde aimerait se barrer».Sa limite nord est protégée par «une clôture électrifiée surveillée nuit et jour par des soldats».Faisant référence à Dante, Delisle compare la ville au vestibule d’un purgatoire qui serait I^ong-Kong, et le paradis, les Etats-Unis.Le panorama qu’il es- Du côté de l’image Graphiquement, en noir et blanc, l’album de Delisle s’avère fort plaisant.On y retrouve un mélange particulier de schématisation et de réalisme, avec nombre de citations de peintres chinois et de bédéistes occidentaux.Vers le milieu'de l’œuvre, l’artiste semble avoir modifié son style, optant pour des masses de gris plus sombres, plus lisses et crémeuses.«J’essaie d’avoir un dessin qui se rapproche du croquis, mais comme j’ai passé des années à faire du.dessin animé, je traîne avec moi un paquet de tics que j'essaie d’oublier.L’album s’est fait en plusieurs parties, et quand je m’y remettais, j’avais envie d’améliorer ou de changer le graphisme.Comme je ne suis pas revenu sur les anciennes pages, on peut sentir l’évolution du style.Ce qui me plaît bien, ça donne un côté carnet de voyage.J’ai utilisé des crayons de cire que l’on trouvait quand j’étais jeune dans les magasins Co-op pour écrire le prix sur les boîtes de conserve.Pour les aiguiser, il faut tirer sur une corde et dérouler une partie du papier qui forme le crayon.C’est par nostalgie que je les ai choisis.» Delisle, qui demeure actuellement en France, a quitté le Québec en 1989 alors que fermait le studio d’animation pour lequel il travaillait.«C’était une coproduction avec la Yougoslavie et, à cette époque, ils étaient plus occupés à balancer des grenades sur leurs voisins qu’à dessiner des oursons roses et bleus avec de petites ailes dans le dos.» Voyageant pour se «former la jeunesse», Delisle avait apporté des dessins avec lui au cas où des occasions d’emploi se présenteraient.Il a travaillé en Allemagne pendant un an avant de, faire de l’animation en France.A L’Association, il a également publié Réflexion ei Aline et les autres.Au printemps prochain, Dargaud présentera ses Premiers pas, l’envol d’une série mettant en scène un policier paranoïaque.lordfKücaramail.com SOURCE L'ASSOCIATION Illustration de Guy Delisle pour Shenzhen.R E S ^ DE MONTRÉAL MÉDIASPAUL au Salon du Livre de Montréal SCIENCES HUMAINES ET RELIGIEUSES POUR VIVRE DEBOUT / om*»; *< *»* •»«* Jum :'f etr* Le Père sera tout en tous Pour vivre debout Marie Evans Bouclin Le bonheur.pourquoi pas ?Claudette Cormier-Lessard Le bonlicur.pourquoi pas?Littérature leunesse Québec Le Père sera tout en tous Littérature jeunesse au Québec Les pros de Dieu Richard Roger Poudrier Josée Marcoux Bergeron La psychosomatique ÿâtfal tr SK-A* » Guerre pour un harmonica Jean-Louis Trudel La psychosomatique Marc Dumas Pour vivre vraiment : l’Évangile Yvon Poitras et Yvonne Demers JEUNESSE Celui qui voit Michel Lamontagne Foui vivre vraiment; rÉvanÿle Risque de soleil Louise Lévesque ""¦ÏH'SlU CISIOMS Lias; paiik rlp Jade j s - Un Voyage de Sagesse Désillusions Julie Martel Les eaux de Jade Francine Pelletier Un voyage de Sagesse Guy Sirois SkÂNCKS DK SIGN Vi l RK SCIENCES HUMAINES ET RELIGIEUSES: stand Médiaspaul (507) VENDREDI 17 NOVEMBRE 17hà I9h Marie Evans Bouclin 19h à2lh Claudette Cormier-Lessard SAMEDI IS NOVEMBRE lOh à Ilh Roger Poudrier Ilhàllh Marie Evans Bouclin 13hàI5h Josée Marcoux I5hà I7h Claudette Cormier-Lessard I7h à 19h Josée Marcoux 19hà2lh Richard Bergeron DIMANCHE 19 NOVEMBRE I2h à 14h Marc Dumas I4h à I6h Yvon Poitras et Yvonne Demers I6h à 18h Richard Be:rgeron JEUNESSE : stand Prologue (123) JEUDI 16 NOVEMBRE 13h à I5h Michel Lamontagne VENDREDI 17 NOVEMBRE 9h à 12h Francine Pelletier 12h à I4h Jean-Louis Trudel 14h àI6h Julie Martel SAMEDI 18 NOVEMBRE I4hàI6h Guy Sirois LUNDI 20 NOVEMBRE Wh à I2h Louise Lévesque I2hàI4h Jean-Louis Trudel MÉDIASPAUL www.mediaspaul.qc.ca félicitent Robert Major lauréat du prix Gabrielle-Roy et finaliste au prix du Gouverneur général pour Convoyages essais critiques Nouvelle collection — Vovaretrouvées. rmW L'imposture néolibérale Marché, liberté et justice sociale J.-CLAUDE ST-ONGE Enfin un ouvrage de vulgarisation philosophique qui démonte un à un les dogmes du néolibéralisme.ISBN 2-921561-50-6 208 pages O 16,95$ DISPONIBLE EN LIBRAIRIE DIFFUSÉ PAR DIMÉDIA écosociété K CONTRE-COURANT C.P.32052, suce.Lri Atriums Montréal (Qué.) H2L 4Y5 Téléphona: (514) 521-0975 Courrlal: acosocOcam.org Sita wab: www.cam.org/-acosoc 14‘ foiidutpur tit /ii de HuM’oenv si nn ontc Francis Cabanes UNE HISTOIRE TOUTE SIMPLE Le fondateur de la Pâtisserie de Gascogne se raconte Un homme attachant nous propose son histoire avec générosité et complicité.Une véritable autobiographie gourmande ! 224 pages, illustré, 24,95$ SIGNATURE SAMEDI l8 ET DIMANCHE 19 NOVEMBRE DE IJ À 14 HEURES Gertrude Giroux JÉSUS, MAITRE SPIRITUEL Un itinéraire pour faire l'expérience de Dieu à la manière du Jésus de l'histoire dans sa pureté et sa simplicité originelles.224 pages, 19,95$ JISU-S Déjà paru : JÉSUS, L'HOMME AVANT L'ÉGLISE Une recherche sur le Jésus de l'histoire si différent de celui du Christ de la tradition.296 pages, 24,95$ SIGNATURE DIMANCHE 19 NOVEMBRE DE l8 À 19 HEURES GERTRUDE GIROUX L’embrasseuse Maurice Eiia L'EMBRASSEUSE roman L'étrange lien unissant un écrivain d'âge mur et une jeune fugueuse.224 pages, 24,95$ SIGNATURE JEUDI l6 NOVEMBRE DE 20 À 21 HEURES Diane Champagne OMBRE ET LUMIÈRE poésie Une invitation à goûter à la beauté et au chaos du monde, voyager à travers le rêve et la réalité, glisser tout doucement entre l'ombre et la lumière.80 pages, 16,96$ SIGNATURE DIMANCHE 19 NOVEMBRE DE 18 À 19 HEURES Ht I ’J '-Jr w «fui de I identité Moncef Guitouni avec la collaboration de Yves Brissette AU CŒUR DE L'IDENTITÉ L'intelligence émotionnelle Pouvoir nommer l'émotion ressentie, savoir comprendre les relations de l'émotion avec les besoins, les aspirations et les croyances : voilà qui est essentiel à quiconque veut mener une vie saine et équilibrée.168 pages, 19,95$ SIGNATURE JEUDI 16 NOVEMBRE DE 17 À 18 HEURES Paul E.Jean EN FACE DE LA BOULANGERIE Une enfance heureuse à Québec dans les années quarante Les hauts et les bas d'une enfance parsemée de petits événements comme la visite du curé, Noël, la première communion et tant d'autres ! 114 pages, illustré, 15,95$ SIGNATURE JEUDI l6 NOVEMBRE DE 18 À 19 HEURES fAlft.i IfiA-v ’ tnfirre de D ptmtavgrrie iu,\«»t 1 m Ht’.it 1 DANS i,’(i:n, TKM# Benoit Hébert DANS L'ŒIL DU TEMPS conte fantastique Enquête policière, récit initiatique et monde merveilleux se marient dans ce récit qui réjouira tous les amateurs de science-fiction et de fantasy.128 pages, 14,95$ SIGNATURE JEUDI 19 NOVEMBRE DE 19 A 20 HEURES Pierrette Caron et Gilles Fournier signeront Histoire vécue de la polio au Québec, dimanche de 15 à 16 h.Jean Daigle signera Colette et Sido ¦ Une conversation, vendredi de 19 à 20 h.Marie-Ange Bouchard signera Jeanne-d’Arc de Témiscouata, jeudi de 16 à 17 h.BLANCHE CARTE Stand 777 (Fides) L POUR UN OuélxM Anthony DeMello l’nr minuit* (t'hummir * Su.-jonc ‘üt.-orawS Québec 2001 24.95$ Une minute d’humour 18.95 $ Éloge de l'inactualité 19.95$ Jacques Grand’Maison QUAND LE JUGEMENT FOUT LE CAMP 5 MOUS Mmrnmmmm Quand le jugement fout le camp 14.95$ MANAGEMENT ÉTHIQUE ET SPIRITUEL .¦ I >- I.I-.''U.it- ;r> ¦-l’1' 'll 1! Pour un management éthique et spirituel 29.95$ Rlccardo Patrclla L’éducation, victime de cinq pièges A b HWlMt 1 n gmnUrt ( 1Q.O comptine» I Hl< S Vy» w iïÿ 1 g «¦ w w w M.«NANDOL«Utm CHOIX DE POÈMES (19Î5-I997) AN as $ & $ » & & /v-i § 8 ¦- ¦ rLÆ Mpii.lii wmmmm L'ARCTIQUE rv y, C * • - , r?ïr2AM^ V>' ^ mwm ç-V ' ' r ' ™ 41 AIN «.I Al CM f- tes Autochtones du Québec L’éducation, victime de cinq pièges 6,95$ mrA 100 comptines 24.95$ Guide Vidéo ,+DVD '««» »« ei«»* »» »»«»« Choix de poèmes 34,95$ Les saisons de l’Arctique 39.95$ Les Autochtones du Québec 19.95$ CONtm O* tA IANC.OB «'«ANÇAISC LE FRANÇAIS AU QlJÉBEC T L’Iuiinanité »mpei*éc L’expérience de Dieu Guide Vidéo + dvd 2001 avec Julien Green 14.95$ 14,95$ L’humanité improvisée 19.95$ Le français au Québec 34,95$ Les meilleurs choix Seul l’amour compte PI F RM G.VAN R R F F Ml N : Ml LA RM IN .jÊÊÊÊÊBÊÊÊmi9!m HrprJumné l
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