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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-11-18, Collections de BAnQ.

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I H E T I) I M A \ ( Il K 19 X (I V E M H R E 2 0 0 (I I.E 1) E V 0 I R .L.E S S A M E I) I - LE DEVOIR .\ *•(*,.* , 'T.- 1 mtiiHfiMi I ft.P* ^1 CINEMA Em man uelle Béart Page C 4 MEDIAS Concentré.Page C 9 FORMES Ruine moderne Page C 12 Danse Page C SM 84;-9/68 ( inrma ONf iSb.j, Suint Denis, , Monhpnl S14 496 688/ Cinéma ONF 1564, Saint-Denis info: 514-499-1992 www.ridm.qc.ca C ette troisième édition des Kcncontres vous propose 49 documentaires en provenance d'une vingtaine de pays.Cette année, deux cinematographies sont a l'honneur ; le Brésil et l'Inde.Plusieurs cinéastes seront présents pour échanger avec le public à Ici suite des projections.* < ¦ > C2 Telefilm Canada Canari!?coNstii 1 gf El* Québec!"’.Tfelé-Québec voNtréai D; Devoir » 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 NOVEMBRE 2 0 0 0 C 2 La France de tous les rêves Comme tous les empires (même ceux dont la morgue s’appuie sur une grandeur passée), la France a le dos large, assez en tous cas pour servir parfois un rire jovial à l’étranger qui se pique d’égratigner ses mœurs.De fait, seuls les peuples vaguement complexés possèdent cet épiderme sensible qui les rend allergiques au moindre gratouillement intempestif.Les gros prennent souvent la critique avec un sourire bonhomme, quitte à en redemander pour le sport.C’est à désespérer de les atteindre vraiment.Au Québec, on se sent bien petits, et quand un Français épingle nos travers de société, il se fait répondre par la bouche de nos canons: «Non mais! Pour qui se prend-t-il, celui-là?Sus à l'impérialiste culturel!» Risquez-vous, ô Français, à questionner la qualité de la langue parlée chez nous, juste pour voir.Vous apprendrez une fois pour toutes, sous les huées, qu’en ces délicates matières, le silence possède d’indéniables vertus.L’inverse n’étant point vrai, voici que Denise Bombardier s’est fendue d’un essai publié chez Albin Michel intitulé Lettre ouverte aux Français qui se croient le nombril du monde, épître d’une amoureuse dépitée qui ne reconnaît plus le fiancé de sa jeunesse romantique en ce barbon ronflant dans le lit de la Seine.«Comment peut-on être Français?» demandaient déjà, au XV1IL siècle, les Persans de Montesquieu, la question n’a pas d’époque.Le livre est un pamphlet avec les limites d’un genre essentiellement guerrier.Denise Bombardier bombarde donc sa cible, pleure sur les trahisons d’une France défigurée par sa langue relâchée, son Odile Trent blay américanisation galopante, sa télé débile.Elle amuse parfois, fait mouche à l’occasion, surfe sur cinquante sujets, ratisse les clichés.Qu’à cela ne tienne: l’ouvrage paraît tissé sur mesure pour atterrir à Bouillon de culture, où de fait, un Pivot ayant mordu à l'appétissant appât, accueille pour une énième fois la rescapée d’une enfance à l’eau bénite à sqn bord, histoire de faire tanguer le navire national.A suivre sur nos écrans dominicaux du 26 novembre.Elle a l’habitude de Pivot comme de la controverse, Denise Bombardier.Sa prise de bec sur le plateau ô!Apostrophes avec Gabriel Matzneff, écrivain affichant sa pédophilie, lui avait valu jadis la ronde des jurons français en un sol où la bagatelle est demeurée longtemps chose sacrée.Remarquez, elle enfourchait avec raison la noble cause des droits de l’enfant.«Depuis l’affaire Dutroux, aucun des défenseurs de Matzneff n’oserait récidiver», écrit la pamphlétaire.Très juste.Cette fois pourtant, la charge est si diluée qu’elle perd son acuité.Lettre ouverte aux Français qui se croient le nombril du monde vagabonde aux quatre vents de la nostalgie.La société française, Denise Bombardier l’a fréquentée intimement et longtemps.Et pourtant.sa missive ouverte révèle à quel point elle persiste à idéaliser ce pays avec une candeur qui laisse un peu baba.Mais de la part d’une femme avouant avoir baisé tel un pape le sol hexagonal la première fois qu’elle l’a foulé, faut-il vraiment s’en étonner?La France qu’elle aime est une vieille dame courtoise, policée, chez qui fleurit le beau langage, les réparties spirituelles, l’élégance morale, les robes bien coupées et la drague fine, une France plutôt blanche qui ne s’abaisse pas à rapper à l’unisson du groupe Nique ta mère (que Denise Bombardier a décidément pris en grippe), mais qui fredonne «Que reste-t-il de nos amours?» avecTreneL Danserait-elle aussi le menuet5 Drôle de prose, truffée de contradictions: son auteur réclame moins de machisme mais appelle au retour d’une galanterie basée sur des codes où la femme s’abaisse pour être courtisée.Et de s’avouer pas très certaine qu’il faille censurer les hommes criant «salope!» à l’énoncé du mot «femme».«Doit-on les réprimer?Est-ce la liberté de parole contre le politiquement correct?» demande-t-elle ingénument comme si pareille violence verbale pouvait même s’avérer tolérable.C’est comme cette histoire de langue.Tant de Québécois revenant de Paris jouent les vierges offensées devant l’horrible français qu’on y cause, ma chère, truffé de mots anglais (et le shopping! Et les w.d), tout en ne pipant mot du relâchement linguistique en majesté chez npus.J'éprouve à les entendre un certain malaise.A cause de cette poutre qu’on refuse de voir dans notre œil.Or Denise Bombardier scande ce couplet haut et fort Qu’il existe un indéniable snobisme français à émailler les discours de mots anglais, la chose est entendue.Cela dit, les Québécois peuvent-ils poser aux parangons de vertu en matière linguistique, quand côté vocabulaire exsangue, anglicismes et compagnie, on verse, comme qui dirait, à la caisse.«Contrairement à Astérix, les Québécois, dont je suis, ne combattront pas indéfiniment à mains nues pour garder leur langue et leur culture si vous déposez les armes», semonce Denise Bombardier, drapée dans la blanche toge de notre pureté nationale.On se bat ici, il est vrai, pour défendre le statut de la langue, a-t-on envie de lui rétorquer, mais côté qualité, «ça fa ben dur».Faut-il vraiment envoyer ces vérités fâcheuses sous le tapis à l’heure d’incarner chez d’autres les moralistes?La France se voit reprocher ici force crimes commis des deux côtés de l’Atlantique.Au chapitre télé, par exemple: «On y présente du sexe triste, du misérabilisme, des catastrophes, des faits divers sensationnels, du comique indigeste, bref la distraction a pris le pas sur la culture, cette dernière étant refoulée,sur les chaînes généralistes en périphérie d’antenne.» A croire qu’elle y décrit notre petit écran.On ose un doute.Difficile d’idéaliser le Québec quand on est né dans le banc de neige, alors que le mythe d’une noble Marianne peut briller à jamais au firmament des plus hauts fantasmes.«La France a pu commettre des erreurs dans le passé, mais elle reste dans l’imaginaire du monde entier un lieu magique, complexe et brillant», écrit-elle encore éblouie par l'éclat aveuglant d’un pays rêvé qui s’entête hélas à s’encanailler avec la médiocrité du réel.otrem b lay(a ledevo i r.com CARBONE 14 TEATRO SUNIL de Daniele Finzi Pasca «L’on sait que l’extraordinaire acteur suisse aime raconter des histoires graves avec délicatesse, humour et poésie.ce qui risque de faire de cette aventure l’une des plus attachantes de l'automne.» H.Guay, Le DEVOIR «On attend avec impatience une pièce qui fait littéralement le pont entre continents et dramaturgies.Une coproduction entre la montréalaise Carbone 14 et le Teatro Sunil de Suisse qui nous a notamment donné l’infiniment touchant Icaro.» M.-C.Blais, La PRESSE à l'affiche maintenant Le Théâtre de la Nouvelle Lune et Momentum présentent M G M C N i Q AA théâtre de \o now\teHe \me PiHSiOH TOUBOU Texte Louise Bombardier Mise en scène Diane Dubeau Décors Catherine Granche Costumes Jean Bard Musique Hélène Bombardier Éclairages Sylvie Morissette Avec Violette Chauveau, Marie-Josée Forget, Maxim Gaudette, Dominique Leduc Jacques L’Heureux.et en vedette américaine QUATRE PERFORMANCES CAUCHEMARDESQUES présentées en alternance par Marie Brassard les 21 et 22 nov., 2, 8 et 14 déc.Éric Forget les 23, 28 et 29 nov., 8,9 et 15 déc.Manon Labrecque les 24, et 30 nov., 5, 6, 8, et 16 déc.Nathalie Derome le 25 nov.et ier, 7,8,12 et 13 déc.DU 21 NOVEMBRE AU 16 DÉCEMBRE 2000 du mardi au samedi à 201130 sauf le vendredi à minuit Vendredi 8 décembre à 2ih, spécial 4 performances + Pension Vaudou.Forfait de 20$ ESPACE LIBRE espace libre 1945 rue Fullum (Métro Frontenac) Réservations: 521-4191 Prix des billets: 18S (15S en prévente jusqu’au 20 novembre pour les représentations du 22 au 28) B Gaz Métropolitain Source d'avenir USINE 0 521.4493 Admission 790.1245 du Maurier U) IP/rcrietW1 i CORCBptlOd 8t ¥ Intanipétatloi) Alexis Martin Jean-Pierre Ronfard Production Nouvëau Théâtre Ixitérlmental Dès le 8 févptor 2001 4 h à Espace Libre Hüléservetlans 521-4181 L’histoire tordue d’un vieux monsieur QUI VOULAIT ÉPOUSER UNE TOUTE JEUNE FILLE « un Molière sobre et efficace Marcel Sabourin campe un « (MvcU SabcuOn.) pà,hé«"»10u Dominique cène in Knapp % de Molière Avec : Marcel Sabourin Évelyne Rompre Delorme ‘ ' Lalonde JPKVACll ESI PRIMNTF IN (OUABOMTKM AVEC Québec fi Diane Ouimet Roland Laroche et Jean Ricard DU I0 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE les vendredis à 20 h et samedis à I6 h (Alatinéèî fl M&JKÉgs «maint, I0M0, IM et I9h) x Assistance à la mise en scène et régie CLAIRE L’Heurei Scénographif, NE GAOOUAS Maquillages et coiffures Florence Cornet DENISi-PilUTIIR Espace Félix-Leclerc sera i édifié dans l’île d’Orléans, où Félix a vécu 20 ans, sur une terre sise chemin Royal, à l’entrée de la paroisse de Saint-Pierre.Ses concepteurs le voient comme un lieu prenant l’histoire en compte, ouvert au présent et à l’avenir, un lieu actif et vivant, bien ancré dans son milieu.Mais au fait, pourquoi un «Espace» Félix-Leclerc?D’abord, la Fondation désire perpétuer la mémoire du pionnier qu’a été Félix Leclerc dans plusieurs domaines et faire connaître son oeuvre à travers toutes les disciplines qu’il a explorées.Mais elle souhaite également soutenir la création et maintenir l’élan de fierté et de vitalité qu’il a imprimé à tous ceux qui ont été touchés par ses œuvres, à tous ceux qui ont découvert la littérature ou la chanson grâce à lui.Ut mémoire est une faculté qui oublie — surtout au Québec, où le «Je me souviens» inscrit sur les plaques minéralogiques devient presque ironique, quand on considère la propension des Québécois à oublier leur histoire ainsi que le travail accompli par ceux qui ont ouvert la voie à la poussée créatrice que la province connaît depuis une trentaine d’années.On a choisi d’appeler «Espace» plutôt que «Centre», «Maison» ou «Musée» le bâtiment polyvalent dont la construction s’amorcera au printemps prochain; «Espace» évoque une vision large et ouverte, qui correspond davantage à la vocation que les instigateurs tiennent à donner à ce lieu.La Fondation a déjà reçu un don d’importance: l’exposition Félix Leclerc ou l’aventure, conçue par Valérie Laforge, présentée au Musée de l’Amérique française en 1994-95.Cette exposition sera visible en permanence à l’Espace.Elle inscrit le parcours de Félix Leclerc dans le contexte de la mutation socioculturelle et politique du Québec pendant la seconde moitié du XX' siècle.D’autres expositions itinérantes consacrées à des artistes québécois qui ont fait œuvre de défricheurs dans leur domaine feront escale à l’Espace Félix-Leclerc.Les concepteurs désirent que l’Espace devienne aussi un lieu d’éducation et d’animation pour les jeunes de la région.Le secteur de l’enseignement se montre déjà un partenaire intéressé et Nathalie Leclerc travaille à l’élaboration d’ateliers qui pourront accueillir des classes d’enfants accompagnés de leurs professeurs.Les écoliers seront initiées à la littérature et à la chanson d’expression française; ils pourront aussi acquérir diverses connaissances à travers des ateliers de création et des jeux pédagogiques.Coup de pouce à la création La présence d’un café-boîte à chanson de 60 places permettra aux jeunes chansonniers et interprètes de faire l’expérience de la scène dans un contexte intime et chaleureux.On compte, de cette manière, encourager la relève en chanson.La littérature et la dramaturgie ne seront pas en reste puisque des lectures de textes, des soirées de contes et des récitals de poésie pourront pareillement être donnés.Dans une perspective plus vaste, la place et le rôle de l’île d’Orléans dans l’histoire du Québec ainsi que l’écologie du milieu seront mis en valeur.Car grâce à des politiques de protection des terres agricoles, l’île, dont les acti- vités demeurent majoritairement liées à l’agriculture, a miraculeusement échappé à la villégiature sauvage.De surcroît, elle possède un patrimoine bâti parmi les plus riches du Québec.Sa situation est exceptionnelle; à quelques minutes de la capitale nationale, elle offre une oasis faunique et botanique d’une grande richesse.Li-micoles et sauvagines s’arrêtent le long de ses côtes; oiseaux ni-cheurs et migrateurs se partagent son territoire constitué principalement de champs, de fermes, de vergers, de grèves et de boisés.Située perpendiculairement au fleuve, la terre acquise par la Fondation mesure 50 acres.Les concepteurs prévoient l’aménage ment de sentiers thématiques où les visiteurs partiront à la découverte de la nature (qui tient un rôle de premier plan dans les contes de Leclerc).Un premier sentier allant vers le nord les mènera jusqu'aux battures où sera édifiée une tour d’observation; l’autre mènera vers le sud où l’on pourra observer, entre autres, un «ravage» de chevreuils.La construction d’une cabane en bois rond où pourraient être recréées les activités liées à la production de produits de l’érable est envisagée.SOURCE FONDATION FÉLIX-LECLERC Croquis temporaire de l’espace Félix-Leclerc réalisé par la firme d’architectes Jacques Plante.Retombées On devine les retombées pour toute la région, et particulièrement pour l’île d’Orléans: elle acquiert, avec l'Espace Félix-Leclerc, un attrait supplémentaire susceptible d’attirer un tourisme de qualité qui saisira, du coup, l’occasion d’apprécier, en plus des richesses gastronomiques de l'île, la présence du fleuve et les trésors naturels quelle recèle.A lui seul, le gouvernement du Québec assumera 70 % du coût total du projet, soit 630 257 $ sur un total prévu de 902 938 $.La somme manquante, expliquent Christian Bilodeau et Nathalie Leclerc, respectivement p.-d.g.et vice-présidentt :e la Fondation, devra être réunie à travers une campagne de financement et deg dons personnels ou corporatifs.A l’heure actuelle, 170 000 $ restent à trouver.Tous les artistes intéressés à participer à un spectacle^ bénéfice en préparation peuvent communiquer avec la Fondation.En attendant, l’organisme présente en reprise le 26 novembre prochain la soirée-bénéfice intitulée Le 8 du 08-88 à 8h08 à la salle Albert-Rousseau, à Sainte-Foy.Daniel Boucher, lauréat du prix Félix-Leclerc de la chanson 1999, Claude Gauthier et plusieurs autres, à commencer par Félix Leclerc en présence virtuelle, seront de la fête.Ajout original: on pourra entendre Félix interpréter lui-même des extraits de Pieds nus dans l’aube enregistrés en 1969, qui seront bientôt gravés sur CD.Fondation Felix-Leclerc, C.R 2697, Terminus Québec, G1K 8H3.Renseignements: (418) 659-6710 ou (418) 9900414.LÉO ARGÜELLO .PATRICE COQUEREAU .STEPHANE F.JACQUES .VENELINA GHIAUROV J Assistance à la mise en scène et régie Isabelle Brodeurs Décor, costumes et accessoires Isabelle Larivière Éclairages Martin Lévesque Conception sonore Larsen Lupin Maquillages et coiffures Anqelo Barsetti Artistes associés Harold Rnéaume et Michel F.Côte XIS MARTIN .MIR0 .PAUL SAVOIE r.*2 Réservations 845.7277 Ql AT SOl S Sur tes hanches comme montagnes m Une production de Mia Maure danse Chorégraphie et mise en scène: Marie-Stéphane Ledoux, Jacques Brochu Concepteurs: Gaétan Desombre, Robert Gautier, Gaétan Nadeau Interprètes: Heather Mah, Claude Godln, Gaétan Nadeau et un choeur de 9 interprètes “.un spectacle drôle el troublant qui évoqué un grand happening." Stéphanie Brody, La Presse "a perfectly limed, hour-long multimedia experience" Linde Howe-Beck.The Gezette du 22 au 26 novembre et du 30 novembre au 2 décembre 2000 à 20h00 Studio A, à Longueuil Billetterie du Théâtre de la Ville: (450) 670-1616 » i.< Ipxte / mise en scene MICHEL MONTY I0SH Kl ( INBAUM lorupp’pi.rs RICHARD JUTRAS MARTIN LABRECQUE OLIVIERI ANOREVIUC JEAN-FRANÇOIS PEDNÔ J-P PFRUSSE/RADICAI S ^’ATRil IA RUEE / MARC SENEGAL Avec MICHEL-ANDRÉ CARDIN STÉPHANE DEMERS En vedette virtuelle CHRISTIAN BÉGIN ELLEN DAVID LOUIS CHAMPAGNE / STÉPHANf f Rf TE ROGER LARDE / (H1 ICNG DOMINIQUE I FOUC./ ANIK MAH RK SYLVIE MOREAU / PATRICIA PERE.7 BRIGITTE POUPART / ROBERT VEZ'NA \\ EXAM PE BRI i NE I www cyberjack2020 corn 16 nov au 9 dec 2000 ir559, Papineau Res (514)523-2246 LA LICORNE L K I) K V 0 I R .L E S S A M EDI IM ET 1) I M A S C H E I 9 X 0 V E M B I! E 2 0 0 0 Emmanuelle Béart et le passage du temps ODILE TREMBLAY LE DEVOIR La belle Emmanuelle Béart était à Montréal cette semaine.Les Destinées sentimentales d’Olivier Assayas, où elle tient la vedette aux côtés de Charles Berling, clôturait le bal du festival Cinema-nia, dimanche dernier.Ce fdm, elle ne l’avait vu qu’une seule fois, trop inquiète de sa propre performance pour pouvoir se concentrer vraiment sur l’ensemble de l’œuvre.«J’attendais d'être à Montréal afin de le revoir à tête reposée, dit-elle, et j’ai été vraiment conquise par sa beauté et par son rythme qui donne le temps au temps, portée aussi par l’accueil de cette salle si chaleureuse.» L’actrice de La Belle Noiseuse et de Manon des Sources affirme avoir plongé dans un univers lumineux en abordant Pauline, ce personnage de femme qui aime un homme et se montre prête à le suivre au milieu de ses avateos.Les Destinées sentimentales explore du début du siècle aux années 30 le parcours d’un homme issu d’une grande dynastie de la porcelaine à Limoges, d’abord pasteur, appelé à prendre le relais de l'entreprise familiale.Emmanuelle Béart incarne sa seconde épouse dont la destinée se confond avec l’amour quelle voue à son mari.«Il y a chez Pauline une incompréhension de la course frénétique de Jean.Une scène du film (celle du couple sous les cerisiers) résume mon personnage.Jean dit à Pauline: Je plains les femmes parce qu'elles demandent tout à l'amour.» Le rôle demandait aux interprètes de rouler sur une période de trente ans.«Ça ne me dérangeait pas d’être vieillie à cinquante ans, affirme Béart, mais je me sentais ridicule de retrouver mes vingt ans.Pour le passé, j’ai interrogé ma mémoire, pour l’avenir, l’anticipation.Le passage du temps, sujet principal du film, est une inquiétude qui se tient à Louise Bédard Sylvain Émard U U ¦ ü v IS Ir U U 1 U ,MRETOURT#ftTTENDUl oaïlS ffiOX» u lu .4M m*""****'.] Ho„e-BScK ne ’ .un duo exigeant et umq ¦ ^ BoUtini Voir ' ape-à-t ce» » besoin commun, | «Ensemble^cesdansems^part^ ^sse^ntjom ^ ^''S1S0'eh?as de f autre, tous deux s m j(jp Szpore^Hour a^ns les ora» u __ _- mes côtés depuis que je suis toute petite, une inquiétude et une obsession.Entre 16 et 18 ans j’habitais ici, au Québec.Revoir le film à Montréal fut une autre façon pour moi de mesurer ce passage du temps.» Par hasard, l’actrice avait lu le roman de Chardonne (dont le fdm est inspiré) juste avant qu’on ne lui propose le rôle.«J’avais été totalement portée parson souffle.» Une expérience captivante Son expérience avec Assayas lui est apparue captivante.Cinq mois et demi à recréer trente ans de vie: «J’ai eu des réflexes de médiocrité sur le plateau, tentant de réagir comme si j’étais moi, quand Jean brûle nos lettres par exemple, mais Pauline possède une générosité supérieure.Olivier Assayas a pris en moi ce qu’il y avait de plus limpide, de plus simple, et je me suis livrée tout entière.Il n’y a pas eu de lutte pour ce personnage.Certains réalisateurs vous aspirent par le haut, ce fut son cas, d’autres par le bas.» Quand j’évoque l’expérience américaine de Mission: impossible, elle ne nie pas l’avoir vécue négativement «Je ne cours pas du tout après Hollywood, déclare-t-elle.D’ailleurs je n’ai jamais couru après rien, de peur sans doute du rejet.Mon histoire avec le cinéma est une belle aventure qui dure depuis seize ans et à laquelle je n'ai eu qu’à dire oui.» Emmanuelle Béart vient de terminer un film de Corsini, La Répétition, aux côtés de Pascale Bus- sières, avec qui elle déclare s’être magnifiquement entendue.«Vous savez: jusqu’à maintenant, j’avais surtout travaillé auprès de cinéastes établis.Avec Assayas, Corsini, je fais le pas vers une nouvelle génération de metteurs en scène, ce qui me permet de me renou veler.J’ai joué aussi dans une comédie cette année, lœ Voyant lumineux d’Eric Four-niols.La comédie commande une Te sou vient-u?UNE COPRODUCTION DE LOUISE BÉDARD DANSE ET SYLVAIN ÉMARC Chorégraphes Conception et Musique originale Conseillère et interprètes création des décors MICHEL F.COTE artistique et LOUISE BÉDARD PIERRE BRUNEAU Costumes et répétitrice IN ÉMARD Éclairages maquillages GINELLE CHAG MARC PARENT ANI Du 29 novembre au 2 décembre 2000 à 20h s:®; e 3700, rue Saint-Dominique Réservations : 514.843.7738 3700, rue Saint-Dominique CONSEIL DF.Sy'tllTS Billets : 18 S régulier, 16 S étudiants et âge d'or LK DEVON! SUITE DE LA PAGE C 1 facettes de moi-même, l’un le côté rationnel et engagé, l’autre le côté émotif et introspectif.A la fin du projet, je me suis rendu compte que le film parle moins du chômage que du rapport qu’on a au travail, du sacrifice, de l’investissement, etc.» De fait, la question qui lui brûle les lèvres, au risque d’échauffer nos oreilles, se résume ainsi: «Aimez-vous votre travail?» A cette question, Philippe Falardeau a déjà répondu par la négative.C’était à la fin des années 80, alors que ce natif de Hull, ex-étudiant en sciences politiques, travaillait à titre d’analyste politique à Ottawa.La cravate au cou, le cabriolet garé devant la porte, et du Meech plein la tête, il décide de faire volte-face et de retourner étudier, cette fois pour obtenir une maîtrise en relations internationales.Qu’il ne terminera pas, pour cause de Course Destination Monde, course à laquelle Falardeau, qui tâtait de la vidéo à temps perdu, avait soumis sa candidature «comme on achète un billet de loterie, en se demandant ce qu’on ferait si on gagnait».Cette course, il l’a gagnée, et avec elle sont venues des propositions de travail, d’abord à Paris, comme réalisateur de Surprise sur prise, puis à l’ONF, où il fait la rencontre de Jacques Godbout, qui l’invite à participer à l’aventure du Sort de l’Amérique.En 1997, son premier film en solo, Pâté chinois, est une sorte de road-movie pancanadien, de voyage dans sa cour après la Course, pour lequel il éprouve aujourd’hui quelques regrets: «En documentaire, la seule chose qui importe, c’est de passer du temps avec les intervenants.Avec Pâté chinois,/ai fait le contraire et je n’ai pas pu, à cause de ça, aller au fond des choses.» Avec La Moitié gauche du fri- CHOMAGE go, Falardeau a obtenu tout le temps nécessaire, grâce notamment au soutien d’une jeune et dynamique boîte de production, Qu4tre par Quatre, de qui on attend également le prochain film d’André Turpin, Un crabe dans la tête.«Qudtre par Quatre était la boîte idéale pour faire ce projet, pour le maintenir à un niveau modeste et pour accepter de prendre des chances que de plus gros producteurs n’auraient pas prises.» Dont l’emploi de comédiens peu connus, condition sine qua non pour Falardeau, qui craignait qu’un visage trop familier impose son bagage et sabote l’effet de documentaire qu’il voulait créer.Et puis, «il y a tellement de talent au Québec, alors qu’on voit toujours les mêmes personnes», lâche le cinéaste, qui reproche aux bailleurs de fonds et aux producteurs de ne miser que sur des comédiens soi-disant «vendeurs», et au cinéma québécois de ne laisser de place à aucun autre cinéma que celui qui marche: «Mon pire ennemi, ce sont les gros films humoristiques.Mon humour n’est pas situationnel du tout; c’est un humour de regard.Il n'y a pas de place pour les regards humoristiques au Québec; il y a juste de la place pour les jokes.Ça me tue.» la Moitié gauche du frigo a coûté 800 000 $.«J’aimerais mieux que tu ne le dises pas», m’a-t-il demandé poliment lors de notre entretien, craignant que le public n’ait aucune idée de ce que ce montant représente.«Mais si tu tiens à le dire, précise que ça représente le coût d’un épisode Orner ta.» Ou une infime fraction des profits enregistrés annuellement par les multinationales dont Stéphane, dans le film, dénonce le capitalisme sauvage, à la manière de Michael Moore, tandis que Christophe, plus 10,11,12,13 mai 2001 à 20 h Matinée familiale le 12 mai à IA h Centre Pierre-I’él.ule.ui N .1 I I c I* i ll 790 1245 JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Pour l’instant, je n’ai envie que de reprendre mon souffle, de me ressourcer quelque temps, sans tourner», remarque Emmanuelle Béart.grande acuité et c’est un genre que j’ai très peu fréquenté.Alors pour l’instant, je n'ai envie que de reprendre mon souffle, de me ressourcer quelque temps, sans tourner.Je viens d’avoir le courage de refuser quelque chose de bien, parce que mon existence personnelle, mes enfants comptent énormément.Il me prend soudain l’envie de lire, et tout simplement de vivre.» près du Nanni Moretti de Journal intime, garde les yeux rivés sur sa non-personne, produit de matrices artificielles qu’on nomme chômage et statistique.Entre les deux, un regard s’impose, celui d’un cinéaste intelligent parvenu, pour les besoins de cet astucieux exercice sur le dédoublement à isoler son «moi» de son «je», ses sentiments de son discours, son hémisphère droit de son hémisphère gauche, pour mieux observer leurs rapports.«Certains m’ont reproché de ne pas avoir une position assez claire, de louvoyer entre les deux personnages, ce qui me semblait impossible, parce que les deux sont à l’intérieur de moi», confie Philippe Falardeau, pour qui le cinéma, son cinéma, comme celui de Ken Loach, qu’il admire tant, ne pourrait exister en dehors d’une réflexion sociale ou politique.Il en éprouve d’autant plus le besoin qu’il sent que l’enquête et la réflexion n’ont plus leur place au cinéma, encore moins à la télévision.«A Radio-Canada, dit-il, il n’y a plus de reportage d’enquête.Il restait Enjeux, mais aujourd’hui, ils ne font que des reportages sensationnels et racoleurs; il restait un grand reporter, Normand Lester, et on l’a lynché.» De sorte que, quand Philippe Falardeau, qui continue de travailler comme reporter pour la télévision, a appelé les gens de Zone libre pour leur proposer un reportage sur la disparition du journalisme d’enquête à la télévision, on lui a répondu: «On va te rappeler.» Parions qu’il aura le temps de tourner quelques films d’ici là.LA MOITIÉ GAUCHE DU FRIGO Au Cinéma Parallèle, à Ex-Centris Info-séances: (514) 847-2206 Lanônima Imperial Forfait HIVERPWNTtMP5 h spectacles pour 99 > Valable jusqu’au 30 novembre Info : (SW) 844-nU www.dansedanse.net Cuerpo de Sombra y Luz 30 nov.2000 - Salle Mane-fiérin-Laioie DANSE m * I/danse Toronto Dance Theatre Nest I au 3 mars 2001 Salle Pierre-Mercure présente une coproduction de L0MA et du (entre Pierre-Péladeau Lola Dance Four Solos/Four Cities 22 au 24 mars 2001 - Agora de la danse CHOREGRAPHIE DI Shazam ! 10 au 13 mai 2001 Salle Pierre-Mercure Philippe Decouflé t à LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET D I M A X C H E I !l X O V E M B R E 2 (Ml (I Labo urbain LA MOITIÉ GAUCHE DU FRIGO Ecrit et réalisé par Philippe Falardeau.Avec Paul Ahmahrani, Stéphane Demers, Geneviève Néron, Jules Philippe, Alexandrine Agostini, Marie- Andrée Corneille.Image: Josée Deshaies.Montage: Sophie Leblond.Québec, 2000,90 minutes.MARTIN BILODEAU Christophe (PaulAhmarani), ingénieur mécanique, au carrefour de la trentaine, est depuis peu sans emploi.Son colocataire, Stéphane (Stéphane Demers), comédien de théâtre et cinéaste en herbe, lui propose de le suivre, caméra à la main, dans ses activités quotidiennes et ses démarches d'emploi.Son but: réaliser un documentaire sur le chômage, alimenté d’une réflexion personnelle sur l'économie mondiale, laquelle réflexion séduit une petite boîte de production, qui lui procure les outils nécessaires à la poursuite de son projet.De ludique et amical, le jeu, et le sentiment permanent d’être observé dans lequel il emprisonne le sujet, cède bientôt à l’amertume, effritant peu à peu le rapport de confiance des deux hommes, qui voient dans l’autre la confrontation de ce qu’ils sonL Partant de cette proposition qui jongle avec les notions de laux documentaire et de fiction-vérité, le cinéaste Philippe Falardeau (Pâté chinois) propose avec La Moitié gauche du frigo une œuvre mature, intelligente, souvent ironique, sur l’existence individuelle, le rôle social et le dédou-blement, qui s’inspire des films de Nanni Moretti et Michael Moore, et rejoint les cinémas de Ken Loach et Çlaude Fortin.Emule de la Course Destination Monde, élève de Jacques Godbout (Le Sort de l’Amérique), Falardeau trouve ici un ton juste, qui lui est personnel, pour raconter une réalité qui le rejoint et le préoccupe, celle des professionnels pour qui Le héros, observé comme un rat dans le laboratoire urbain, découvre peu à peu que son échec est attribuable à son désir de se réaliser ailleurs le travail constitue le noyau identitaire d’une personne.C’est à une dissection «en direct» de ce noyau qu’il nous invite dans La Moitié gauche du frigo, où le héros, observé comme un rat dans le laboratoire urbain, découvre peu à peu que son échec est attribuable à son désir, jusque-là inconscient, de se réaliser ailleurs.Aussi le film, dans sa seconde partie, parle-t-il davantage de la difficulté du héros à identifier ses désirs qu’à la critique d’un système social, que Falardeau éclaire de plus en plus comme un aparté de la fiction.De fait, tous les personnages secondaires, chacun représentant une réalité connexe, tiennent lieu de bornes lumineuses à un parcours que Christophe se refuse à faire, puisqu’il l’amène loin de ce qu’il croit être le siège de son être: son statut professionnel.Or, plutôt que d’esquisser sommairement ces personnages secondaires, de les réduire à leurs fonctionnalités, Falardeau les a travaillés, les a approfondis, puis les a confiés à des acteurs vraiment exceptionnels, naturels, intelligents, qui se consacrent généreusement à la cause du film sans jamais voler la lumière au duo d’avant-plan, que Demers et Ahmarani défendent avec brio.Ainsi, dans le rôle de la caissière du super-marché et artiste-peintre dont Christophe s’éprend, Geneviève Néron, la révélation du film, est un rayon de soleil dans un cinéma québécois trop longtemps abonné aux mêmes visages.Pour sa part, en avocate d’Action-chô-mage inculquant quelques notions de gros bon sens au héros, Alexandrine Agostini joue son personnage de façon si réaliste qu’on croirait voir un documentaire.Un sentiment que le cinéaste entretient au gré d'un remarquable exercice de style, où, sous des apparences frivoles et improvisées, se profile une véritable œuvre de mise en scène et de direction d’acteurs, cohérente et profonde, qui en fait l’un des rendez-vous cinématographiques les plus excitants de l’automne.Le documentaire prend un coup dej^uçe| ^giSfl Un vent de nouveauté souffle sur le documentaire.Sept films, sept cinéastes, un regard neuf sur le monde.Audace.Émotion.Cinéma.22-2A-26-30 NOVEMBRE 2 DÉCEMBRE LA LOI ET L'ORDURE de Stéphane Thibault www.six.lemondeestpetit.ca de Vali Fugulin MAI EN DÉCEMBRE (Godard en Abitibi) de Julio Perron OPÉRATION DANTEC de Yann Lunyevin 23-25-29 NOVEMBRE 1‘ -3 DÉCEMBRE C'EST COMME CA - jeux, peines et paroles d'enfants di Nolalio Mûri m MON PÈRE de D.inu f h,impoux 0JIGKWAN0NG - Rencontre avec un sage algonquin de I uclu Ouimet 1//^ FrrH'r'VT'; 335.boni, de Maisonneuve Esl V2'l .I Toi.: I514I 842-9763 Coût d'entrée : 5 $ f (U LECTION DES PREMIERES ŒUVRES COURTS METRAGES DOCUMENTAIRES li'o.bi.Gmii Am< h i ¦ I.LhIii.pnwlui 11 ii t .1,1.(1.101 Mi.hoir IVm '. Au StarCité du Parc olympique, nous avons les deux.Mais le stationnement est moins cher.Sur présentation de votre reçu de stationnement, obtenez un crédit de 8 $ à l’achat d’un billet d’admission au cinéma StarCité du Parc olympique.(P) 3200, ru* Vlau.Incontournable! Québec Vol sans turbulences BOUNCE Réalisation et scénario: Don Ross.Avec Ben Affleck, Gwyneth Paltrow, Joe Morton, Natasha Nenstridge.Image: Robert Elswit Montage: David Codrpn.Musique: Mychael Danna.Etats-Ums, 2000,106 min.Cinéplex Odéon ANDRÉ LAVOIE Même si tout semble prouver que l’avion demeure un moyen de transport sécuritaire, lorsqu’un appareil explose en plein ciel ou s’engouffre dans Tocéan, les statistiques et les discours officiels réussissent difficilement à nous rassurer.Après tous ces films où les pilotes et les hôtesses de l’air passent un mauvais quart d’heure (de Airport à Air Force One) et ceux dont les passagers subissent les contrecoups d’un atterrissage périlleux (Fearless, Hero), voilà qu’il y a maintenant de l’amour dans l’air.Dans Random Hearts de Sydney Pollack, une catastrophe aérienne unissait dans le malheur un homme et une femme qui ignoraient que leurs conjoints partageaient plus que le même vol.On retrouve cette même fatalité du destin dans Bounce, le second hlm de Don Ross qui, après The Opposite ofSex, effectue un virage à 180 degrés en délaissant l’ironie mordante pour la romance aseptisée.Immobilisé à l’aéroport de Chicago, Buddy (Ben Affleck, arborant sa fadeur habituelle), l’incarnation même du jeune homme d’affaires dynamique et prospère, fait la rencontre de Mimi (Natasha Nenstridge) et de Greg (Tony Goldwyn); il apprécie ses deux compagnons d’infortune mais souhaite surtout passer la nuit avec Mimi.Avec la complicité d’une employée de la compagnie d’aviation, il refile à Greg son billet pour Los Angeles, heureux de retrouver plus rapidement sa famille.Personne ne se doute qu’il s’agit d’un billet pour l’éternité puisque Tavion ne se rendra jamais à destination.Pris de remords, et surtout les noyant dans l’alcool, Bubby retrouve l’épouse de Greg, Abby (Gwyneth Paltrow, de plus en plus loin du charme qu’elle dégageait dans Shakespeare in Love), se débrouillant com- me elle peut avec ses deux jeunes enfants.Cherchant d’abord un prétexte d’affaires pour maintenir le contact, Bubby tombe bien sûr amoureux d’Abby et elle n’est pas insensible à sa cour.Ceci ne les empêche pas de taire quelques petits détails d’une grande importance, elle se déclarant divorcée plutôt que veuve alors qu’il ne peut lui avouer qu’il est indirectement responsable de la mort de son mari, que leur rencontre n’est pas que le fruit du hasard.Remplacez Gwyneth Paltrow par Meg Ryan et vous découvrirez très vite à quelle enseigne loge Bounce.C’est d’abord celle où Tamour triomphe de tout et ne recule devant rien pour mettre en scène, et surtout en valeur, le joli petit monde de la classe moyenne supérieure de la Californie.Un monde où les enfants passent leur temps devant un écran de télé ou d’ordinateur, où une partie de baseball fait figure d’événement culturel et le junk food de haute gastronomie.Cette vision rose bonbon de l’amour, qui nous ramène aux beaux jours de Love Story, étonne surtout venant de la part de Don Ross, à la fois réalisateur et scénariste de cette histoire qui n’a que le mérite de respecter toutes les règles de ce type de récit, où la pseudo-rupture déchirante n’est que le dernier obstacle avant la réconciliation finale.La déception est d’autant plus grande lorsque Ton songe à l’humour corrosif de The Opposite of Sex et à certains de ses scénarios mieux fignolés et plus pervers, comme celui de Single White Female de Barbet Schroeder.Dans Bounce, on cherche en vain un second degré, une volonté de casser le moule de l’increvable et visiblement toujours payant «boy meets girl», ce qu’avait fait, avec plus d’originalité, Rob Rainer dans When Harry Met Sally, et ce, même avec Meg Ryan! Don Ross nous refile un mauvais billet en classe économique pour un vol sans aucune zone de turbulences, prévisible du départ à l’arrivée, avec Gwyneth Paltrow comme hôtesse de l’air dévouée et Ben Affleck en bon pilote.Un voyage aussi palpitant que la découverte de l’Europe à travers les pavillons thématiques de Walt Disney World.SOURCE MIRAMAX FILMS Dans Bounce, l’amour triomphe de tout et ne recule devant rien pour mettre en scène, et surtout en valeur, le joli petit monde de la classe moyenne supérieure de la Californie.Un film de Vivian Naife liâl À L’AFFICHE! K.Films Amérique présente 2 HOMMES, 2 FEMMES, 4 PROBLÈMES «RIRE À VENISE.flnENTION, VOICI UN FILM ALLEMAND DRÔLE.» ¦WietteRuet VOIR «PAS TRISTE CE ROAD MOVIE,.,» •MenanilreVijneailt U PRESSE Version originale allemande SOUS-TITRES FRANÇAIS EMM Daniel Auteuil i Sn mesure, celui d'un homme parnrloxnl! » Fur FmirUmty VOIR « Une prestation remarquable! » F\ml MimhI GihiI«>| JOURNAL DE MON1RI Al « Un hymne à In provocation qui no laissera pas indifférent » Rloriollft Molrioo R«iV la I MIRUNF Suiu-z \ olrc iiMini't ! SADE mi lilin tir Itrnoil ,|iin|iio| ll\« i Dilllirl \iilt-nil r| Uj||| h |M.»rn Kl « 0D(v>3 www.stidc-loftlm.com REMaESS ?SON DIGITAL I—CINÉPLEX ODÉON-1 ICrtMRTIER LATIN ?! A L’AFFICHE! lü D K V (» I K .LES S A M E D I IS ET DI M A X < Il E I !l X 0 V K M 15 R E 2 0 0 0 Une prenante fresque d’époque LES DESTINÉES SENTIMENTALES Réalisation: Olivier Assayas.Scénario: Jacques Fieschi et Olivier Assayas d’après le roman de Jacques Chardonne.Avec Charles Berling, Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Olivier Perrier, Dominique Reymond.Image: Eric Gauthier.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Grande fresque s’il en est que cette longue saga (trois heures) qu’Olivier Assayas nous livre en adaptant le roman (en grande partie autobiographique) de Jacques Chardonne.Assayas, le cinéaste de L’Eau froide et d’/r-ma Vep, nous avait habitués à des œuvres plus concentrées.Pour la première fois, il s’est attelé à une fresque d’époque, en prenant à bras-le-corps un projet difficile, par lequel il fallait remonter les trois premières décennies du siècle en mêlant des enjeux industriels et romanesques.Tout un programme.Le résultat jongle avec la télésérie, version fine, avec un regard d’auteur qui parvient à cultiver des ellipses subtiles (la guerre de 14-18 réduite à quelques scènes qui la résument) et traque l’intimité des personnages.Au centre de l’histoire: Jean Barnery (Charles Berling), un homme aux destins multiples.On le verra successivement pasteur protestant mal marié en Cha-rentes (Isabelle Huppert incarne la première épouse si rigide), puis amoureux transi libéré de son ministère (folâtrant en Suisse avec Pauline — Emmanuelle Béart), pour aboutir à la tête de sa dynastie familiale de grands porcelainiers à Limoges.Les transformations de la société, alors que les méthodes artisanales qui régissaient les grandes maisons du cognac et de la fine porcelaine ne pouvaient plus résister au vent de l’industrialisation, sont les points forts d’un film qui nous fait pénétrer de l’intérieur les drames de ces dynastie de province qui vacillent.Au-delà de l’histoire d’amour (intéressante mais trop développée), ce sont ces incursions dans ces univers industriels qui fascinent vraiment, d’autant plus que les décors patiemment recréés de l’usine de porcelaine font revivre les conditions artisanales impossibles (où l’ouvrier était le grand sacrifié de l’affaire) mais aussi la beauté de ces traditions au bord du gouffre où l’excellence ne pouvait plus demeurer commerçante.Assayas s’est laissé trop fasciner par le projet parallèle de montrer l’évolution d'un couple à travers le temps, avec la passion muée en cohabitation difficile puis Tamour scellé par les épreuves traversées en commun.Il relève ce défi au mépris de certaines longueurs (l’épisode de la lune de miel en Suisse paraît interminable).Charles Berling tient un rôle difficile qu’il parvient à endosser avec une sorte de retenue, de pudeur, qui sied à ce personnage d’homme en proie à des déchirements dont il n’ose exprimer l’ampleur et qui se retire en lui-même pour souffrir Au-delà de l’histoire d’amour, ce sont des incursions dans ces univers industriels qui fascinent vraiment mais s’ouvre parfois pour aimer.De plus en plus abonnée aux rôles de femme glaciale, Isabelle Huppert se surpasse dans le créneau, presque janséniste, statue de la rigidité dans la peau de l’épouse rejetée, engoncée en des principes d’un autre âge qui la paralysent.On la retrouve excellente mais désormais prévisible dans ce type de rôle.C’est à Emmanuelle Béart que revient celui de la femme aimante, dévouée, capable de concessions, voire d’incartades pour demeurer présente auprès de celui qu’elle aime.Des répliques parfois faciles et clichés sèment quelques pépins sur sa route du tendre, mais elle s’est investie corps et âme pour faire vivre cet éternel féminin voué à l’amour.On lui découvre une vulnérabilité qu’elle n’avait pas montrée à l’écran depuis longtemps.D’autant plus qu’elle devait relever le difficile pari d’être rajeunie, puis vieillie au fil de l’histoire.Les Destinées sentimentales exige du spectateur un abandon pour plonger dans la durée, celle des trois heures du film, surtout celle d’une traversée du temps, grand thème d’une œuvre qui jongle avec plusieurs genres et réussit dans ses meilleurs moments, et malgré quelques segments romanesques plus faibles, à déjouer les codes de la fresque historique pour y apporter une sensibilité, une écoute, un frémissement de vie de plus.Sous les coutures du ballon DOIGTS DE FEE Réalisation et scénario: Edgar Soldevilla.Image: Robert Vanherweghem.Montage: Jean Saulnier.Musique: 1AM.Québec, 2000,51 minutes.Au Cinéma de TONE le 20 novembre à 19h, suivi d’une causerie, et du 21 au 23 novembre à 19h et 20h30.ANDRÉ LAVOIE Entre le ballon de soccer de première qualité que vous paierez 100 $ et les 60 C que recevra un enfant pakistanais pour le coudre il y a une industrie florissante qui engrange un milliard de dollars de profits par année.On se doute bien qu’elle soigne davantage les intérêts de ses actionnaires que ceux des 100 000 travailleurs de la ville de Sialkot, qui fabriquent environ 75 % de toute la production mondiale.Et parmi eux, 20 000 enfants passent plus de temps à s’abîmer les yeux et les doigts qu’à aller à l’école.Dans tout le Pakistan, près de trois millions d'enfants s’échinent à rapporter quelques sous à la maison.C’est cette réalité que décrit Edgar Soldevilla dans Doigts de fée, un documentaire qui expose leurs conditions tout simplement lamentables de vie et de travail.Le réalisateur dresse le portrait peu reluisant de la situation, tout en insérant quelques images décrivant la fascination qu’exerce le soccer dans le monde entier, et ironiquement auprès de jeunes qui ne savent pas que des gens de leur âge n’ont guère le temps, et encore moins l’énergie, de s’amuser avec un ballon.On ne peut s’empêcher d’établir quelques parallèles entre Doigts de fée et le magnifique documentaire de Marquise Lepage, Des marelles et des petites filles, qui présente avec franchise et une grande sensibilité le drame de ces enfants-esclaves dans les pays en voie de développement.Alors que Lepage parcourait plusieurs endroits de la planète pour mettre en lumière l’ampleur inimaginable du problème de l’enfance broyée à jamais, Soldevilla se concentre sur la réalité désolante de la ville de Sialkot et adopte un ton plus pragmatique, donc forcément moins poétique et cinématographique.Même si les enfants sont au cœur de Doigts de fée, abondamment filmés au travail, ils s'expriment très peu devant la caméra, une voix hors champ, toujours la même d’un bout à l’autre du documentaire, se chargeant de nous faire partager leurs réflexions.Est-ce par pudeur, par timidité?Malheureusement pour eux et pour nous, ils ne restent que des victimes anonymes de cette implacable mondialisation des marchés et non des êtres de chair et de sang qui souffrent, dont on aimerait entendre, sans filtre, le rire ou les larmes.Refusant de céder au défaitisme, le réalisateur présente quelques initiatives locales, soutenues par des organisations humanitaires internationales, pour per- PRIX DU P U B I I C L’autre moitié de la barrière RESSOURCES HUMAINES De durent Cantet.Avec Jalil Lespert, Jean-Claude Vallod, Chantal Barré, Véronique de Pandelaere, Michel Begnez, Uicien Longueville.Scénario: Laurent Cantet, Gilles Marchand.Image: Matthieu Poirot-Delpech, Claire Caroff.Montage: Robin Campillo, Valérie Deloof.France, 2000,100 minutes.MARTIN BILODEAU La programmatrice du Cinéma Parallèle d’Ex-Cen-tris a eu une très judicieuse idée en jumelant ce magnifique Ressources humaines au nouveau film de Philippe Falardeau, La Moitié gauche du frigo.Non pas que les films se ressemblent.Plutôt, ils se rejoignent dans leurs préoccupations sociales, Falardeau abordant la question de la mondialisation à l’échelle d’un individu, Laurent Cantet l’élargissant, dans Ressources humaines, à celle d’une famille et d’une petite ville industrielle de France, à l’heure où le robotisage de l’usine locale cause des saignées dans le personnel.C'est dans ce contexte, tendu et potentiellement explosif, que le jeune héros du film, Frank (Jalil Lespert), tout juste rentré de Paris où il a suivi un cours de gestion du personnel, amorce son stage, au département des ressources humaines de cette usine où travaillent son père et sa sœur.Bien que ces retrouvailles constituent pour lui un heureux retour aux sources, la situation, néanmoins, a changé dans la tête et le cœur des ouvriers qui l’entourent dont plusieurs voient en lui, futur cadre, un traître gagné par l’ennemi.Frank aura beau faire pour maintenir intacts ses liens avec ses proches, hostiles, et avec son père (excellent Jean-Claude Vallod), si fier de son fils, il se trouve néanmoins pris dans l’engrenage lorsque son patron (Lucien Longueville) lui confie la mission d’interroger le personnel au sujet de la semaine de 35 heures, se servant ensuite des résultats, à l’insu de Frank, pour justifier d’autres compressions.Produit pour la chaîne franco-allemande Arte, Ressources humaines s’inscrit dans une tradition de cinéma réaliste européen qui a du mal à trouver des créneaux, en grande partie à cause des lois capitalistes qu’il dénonce.Malgré un départ difficile, où la fiction semble avoir du mal à trouver sa place dans un cadre et une lumière qui évoquent trop le cinéma documentaire, Laurent Cantet s’éloigne ensuite de la théorie et évite l’écueil du pamphlet pour livrer, en toute simplicité, une œuvre émouvante et vraie.Une œuvre plus lumineuse qu'austère, d’ailleurs, qui, bien qu’ancrée dans une réalité très particulière à la France, n’en est pas moins universelle en ce quelle expose comme des otages d’une machine plus grosse et abstraite les acteurs du monde économique, qu'ils soient d’un côté ou de l’autre de la barrière syndicat-patronat.C’est sur cette barrière, véritable sujet du film, que le pauvre Frank marchera comme un funambule, partagé entre l’affection qu’il éprouve pour les gens traités injustement et la soklisant raison économique.Seul comédien professionnel de la distribution, Jalil Lespert, un nouveau venu, donne beaucoup de tonus et de naturel à ce personnage complexe, sans jamais supplanter à l’image ses compagnons de jeu, des non-professionnels que Cantet, de toute évidence, a gagnés, tant à la cause du projet artistique, consistant, tendu et admirablement réglé, qu’à la cause, humaine et hautement émotive, qu’il a si bien réussi à nous faire entendre.mettre à ces (trop) jeunes travailleurs de retourner à l’école, parfois au désespoir des parents, devenus «les contremaîtres de leur progéniture».On y montre des inspecteurs s’assurant que les ballons sont cousus par des adultes consentants et les efforts de plusieurs organismes pour faire reconnaître par le gouvernement et l’industrie cette aberration que constitue le travail des enfants.Mais comme le dit le patron d’une petite fabrique d’appareils chirurgicaux, une autre spécialité du Pakistan, «pour vivre, il faut produire toujours plus.C’est mathématique».Une loi devenue soudainement bien naturelle.Puisque la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’est financièrement impliquée dans la production de ce documentaire, il a voix au chapitre, ce qui n’est pas sans susciter un certain malaise, et ce, en dépit des bons sentiments qui peuvent animer cette organisation syndicale pour la cause des enfants exploités.On aurait préféré entendre davantage, dans leurs mots et de leur propre bouche (pourquoi a-t-on si peur des sous-titres.), ceux qui militent là-bas pour mettre fin à l’exploitation, et surtout les principales victimes.Malgré la force du sujet et le caractère d’urgence qui s’en dégage, Doigts de fée ne dépasse jamais la forme du reportage consciencieux et appliqué.« Wow! Un Film Qui Vous Renversera.» «Fascinant! Haiiimlm Divkrtissam.I n Film À Voir Absou mknt! I.t I’i une Pm ssi:r\ I)f,s Acclamations.Qua GoopiMi, ,1 r.Et Robert Di: Niro Donnent [.ECUS MEILLECRES PERFORMANCES Deitts Des Années.In Candidat Certain Pocr Les Oscar'”’.» I.ou l.timemck.\K\\ YORK ROS I « Robert DeNiro S'Investit Di Rôle Avec Toit Son Dynamisme.Gooding Ne Se Contente Pas De Bien Rencontrer Les Exigences Physiqi es Di Rôle Mais II Se Montre À L\ Mai teir De Toi s Les Défis Émotionnées.C’est Une Interpretation INOI BI.IABI.E.» Bull I humas.ASSOIT M ED PRESS Larry King, ISA TODAY •Une Belle Victoire!’ lIRîOimwims a?^ V ^ 'Zi l£T •B, 'fr1 « In Divertissement Dynamiqi e.•L’honnft r À Toi i Prix’ Vois Donne Envif: D’en .Avoir Pi es.» kevin Thomas.I.OS AMJKl.KS I IMI.S « De Mro Et Gooding Vivent Une Chimie Extraordinaire Alors Qi ’ils Nous Livrent Une Interprétation Électrisante.» Michael Wilmington, ( HIC \(i() I Klltl M « La miti i 11 rf.f.t LA PLUS 1*1 ISS VN TF INTFRPRFT UION iVi Cl DA 1)1 PUS ‘Jerry Maguire' » Km Mil lma.FOWEHSEHWVM.Roder 11 )i \iro Clida Gooding, Jr.L'HONNEUR À TOUT PRIX (version française de Men Of Honor) Uns nigiiKi«^ mmde GHIUINIA AOKm QISA600DII JR il'tMHMPIWiHiira DAVID KD! MICHAEL RAPAP0I1Î POWERS BOOM 4UN JANUE ELUS n CHARUZE THEH “ï MARI ISRAM °aSlB SALVADOR PEREZ w» JOHN (MR, tu.*«2! IESIIE DlliEV «Kî ANIM 8.RICHMOND, use, bsc "KRIli C0S8Ï e STANIEÏ ROBERTSON ™ ROBERIÏÏH Bill BAOAIATO '^SCARL BRASHEAR «SCOTT MARSHALL SMITH “iSGEORGE TIliMAN JH Um MAINTENANT OUVERT! VERSION FRANÇAISE < -LES CINÉMAS- r FAMOUS PLAYERS STABCITÉ i i-CINÉPLEX ODÉON-1 i-LES CINÉMAS-1 I MÉGA-PLEX'» GUZZO 1 i-CINÉPLEX ODÉON —i I MONTREAL 11QUARTIER LATIN ?11 LANGEUER 6 ?11 JACQUES CARTIER 14 ?11 LASALLE (Place) ?| i MÉGA-PLEX1" GUZZO 1 i—MÉGA-PLEX"* GUZZO 1 i CINÉPLEX ODÉON-1 r—LES CINÉMAS GUZZO 1 i—LES CINÉMAS GUZZO 1 1 TASCHEREAU 18 ?11PONT-VIAU 16 ?11 ST-BRUNO ?11 TERREBONNE 8 ?11STE-THÉRÉSE 8 ?| » ' CINEPLEX ODEON-1 i-CINEMA ¦ ¦ i i-CINEPLEX ODEON-1 | CINÉPLEX ODÉON-1 i CINEPLEX ODEON-1 1 LAVAL (Carrefour) ?1IST-EUSTACHE ?11 BOUCHERVILLE ?j ICARREFOUR DORION ?11 PLAZA DELSON ?1 [• GALERIES ST-HYACINTHE-i i-CINÉ-ENTREPRISE-1 I-CINÉ-ENTREPRISE-1 r—CARREFOUR DU NORD—i ST-HYACINTHE ?11 PLAZA REPENT1GNV ?11 ST-BAS!LE ?11 ST-JÉRÔME ?| -CINÉPLEX ODÉON- I-: CINEPLEX ODEON——i i-CINÉMA DE PARIS-1 L AFFICHE! Ichateauguayencore?!Ivalleyfielp?I VERSION ORIGINALE ANGLAISE LAISSEZ-PASSER REFUSÉS ¦-CINÉPLEX ODÉON-1 |-CINÉPLEX ODÉON—i I—FAMOUS PLAYERS-1 r—LES CINÉMAS GUZZO-1 I-MÉGA-PLEX'-GUZZO-1 IéGYPTTEN ?1 i FAUBOURG ?11 COUSEE KIRKLAND ?| IDES SOURCES 10 ?| ISPHERETECH 14 ?! f—LES CINÉMAS GUZZO-1 |-CINEPLEX ODEON-1 |-CINEPLEX ODEON—i i-CINEPLEX ODEON-1 I-CINÉPLEX ODÉON-.[lACORDAIRE 11 ?Il CAVENDISH (Mail) ?11 LASALLE (Place) ?11 LAVAL (Galeries) ?11 BROSSARD ?| i-CINÉMA-1 |-CINÉMA PINE-1 |ST-EUSTACHE ?IISTE-ADÉLE ?| ?SON DIGITAL FESTIVAL DE FILMS Cl N E M A N 1 A VI «Un film brillant, un regard touchant et drôle sur la condition humaine.On devrait contraindre tous les médecins à aller le voir.» René Homier Ray, Rash «.un film précis et beau comme la vie.» • Denis Côté, ICI .un de ces rares et précieux^ films qui vous redonnent |‘ confiance en l’humanité.» I Louise Blanchani U Journal de Montréal m Un hlmik MICHEL DEVILLE avec ALBERT DUPONTEL VALÉRIE IW (VILLE MARTIN WINCKLER « Mon film sur l'amour absolu » — Emmanuelle Béart «TROIS HEURES DE BONHEUR! — René Homier-Roy » « Une superproduction de prestige auréolée d'une distribution de grande classe qui rejoint l'ambition de "À la recherche du temps perdu" de Marcel Proust.» — Screen International EMMANUELLE BEART CHARLES BERLING ISABELLE HUPPERT sentimentales I07 3 IM Albin Michi*l ¦ un film de OLIVIER ASSAYAS d'après le roman de Jacques Chardonne A^L.* AFFICHE! - FAMOUS PLAYERS-1 PARISIEN ^ iM ÀB ¦ ¦ mnuül l-CINÉPLEX ODÉON- l CINÉPLEX ODÉON-1 l CINÉPLEX ODÉON-1 I-CINÉMA PINE- LArrlGHc! [QUARTIER LATInVI [DAUPHIN ?11 LAVAL (Galeries) ?11 STE-APÉLE ?SON DIGITAL C 8 E DEVOIR.L K S SAMEDI IK ET D I M A N CUE I 9 X O V E M B K E 2 O 0 0 DANSE ARTS VISUELS Figure d’abondance Un «best of» de Paul Taylor aux Grands Ballets BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Pour les soixante-dix chandelles de son créateur toujours actif dans le monde de la danse moderne, la Paul Taylor Dance Company (PTDC) poursuit une tournée internationale qui la mènera, à l’invitation des Grands Ballets canadiens de Montréal, à donner pendant trois soirs la semaine prochaine, à la Place des Arts, un programme intitulé ambitieusement Le meilleur de Paul Taylor.Selon une formule rétrospective, le public d’ici pourra se frotter à ce qui est considéré, et ce depuis près de quarante ans qu’existe la compagnie, comme ce qui se fait de mieux dans le domaine.Soliste de 1955 àl962 pour Martha Graham, Taylor est reconnu pour avoir apporté à la danse moderne une souplesse et un humour corrosif, en plus d’une rigueur athlétique qui caractérise encore aujourd’hui les productions de sa compagnie fondée en 1962.Terriblement actif sur le plan de la création — une première mondiale cette semaine l’empê- chait de nous accorder un temps d’entrevue —, Taylor a peu modifié son approche exigeante avec les années, explorant toujours de nouvelles idées.Comme danseur, il imposait à sa grande corpulence des mouvements tout en fluidité, une fermeté qu’il exige aujourd’hui de ses danseurs.Érotisme et lyrisme Bien qu’il ne soit pas monté sur scène depuis presque trente ans, Taylor danse désormais pour nourrir sa création, dont il augmente le répertoire à coup de deux ou trois pièces annuellement.Depuis dix ans qu’il s’est joint à la compagnie, le danseur Patrick Corbin considère que «la seule chose qui ait changé depuis que je me suis joint à la compagnie vient de l’utilisation par Paul de la musique populaire de différentes décennies.La structure de ses pièces est solide.La différence dans la troupe provient du fait que le groupe de danseurs qui s’est associé à la compagnie quand j’y suis arrivé avait un entraînement de ballet classique.Iss pièces sont techniquement plus proches du ballet».En 1962, Taylor a créé Aureole, une pièce fondatrice, emblématique, intégrée au répertoire du Royal Danish Ballet en 1968, interprétée par bien d’autres encore, dont Corbin.Dans le documentaire Dancemaker, sur l'univers de la PTDC, on voit les images des interprétions de cette pièce par Tay-lor et par Corbin se côtoyer, un passage difficile pour Corbin à regarder.«Pour l'interprétation d’Au-reole, je me mets beaucoup de pression.C'est terriblement difficile de suivre les pas de Paul dans ce rôle.Pourtant, il sait que cette position est difficile.H ne met pas de pression sur les danseurs qui reprennent ces rôles.R est généreux dans ces conditions.Il attend des choses précises, mais il nous donne en même temps beaucoup d’espace d’interprétation.» L’héritage de Paul Taylor, selon Corbin, tient à son utilisation de la gestuelle et de la posture dans ce qu’elles ont de plus «régulier et habituel».«Ces usages ont changé le monde de la danse.Il a également été le premier chorégraphe de danse moderne à utiliser de la musique classique.C’est un autre de ses legs.D’autres chorégraphes modernes, spécialement Martha Graham, croyaient fermement en l’utilisation exclusive de musiques de compositeurs modernes du XX' siècle.Paul, avec Aureole, est allé complètement contre ces principes et a changé, encore une fois, le monde de la danse moderne.» L’humour est également un des ingrédients du travail de Taylor, qui lui permet d’être universellement accepté.«Son humour n’est pas spécifiquement américain.Il amène l’humour à un niveau humain, que tous peuvent apprécier Peu importe où nous sommes dans le monde, les gens réagissent aux mêmes moments d’humour.» Pour le passage de la compagnie à Montréal, pour ce «best of>, le programme sera fait de lyrisme, d’érotisme, mais saura aussi bousculer.Sur la musique de Bach, Cascade (1999) se rapproche le plus du lyrisme et du ballet Syzygy (the nearly straight line configuration of three or more celestial bodies in a gravitationnal system), de 1987, sur sa musique électronique, se veut postmoderne selon Corbin : «Il n’y a pas dessiné de lignes claires, dans un mouvement frénétique, un très haut niveau d’énergie, le tout appuyé sur l’idée du chaos.» Sur la musique d’Astor Piazzolla, Piazzolla Caldera (1997) est «un tango retravaillé dans le style Taylor, ouvertement sexy».Autre qualité des programmes de la compagnie, ils contiennent plusieurs dimensions, ce qui lui fait dire que la PTDC s’adresse aussi aux gens qui pourraient être repoussés par la danse moderne.«Notre compagnie est très accessible.C'est de la danse pour les gens.» LOIS GREENFIELD Syzygy, de 1987, sur sa musique électronique, se veut postmoderne selon Patrick Corbin.Faculté de musique É C I T A L Un jeune pianiste dont l'élan naturel a été comparé à Rubinstein.an^-t P I A M CD Le JEUDI 2 3 NOVEMBRE 2000 Stéphan Sylvestre Kaléidoscope.Billetterie Place îles Art* 844-211! Prix du concert ADULTE AlNE Taxes dF vente incluses IÇ$ 12$ Étudiant 8 S ŒUVRRS DE CHOPIN, SCHONBERU, Ravel, Schumann et Martinu ioqf Une coproduction de la Chaîne culturelle de Kadio-Canada et de U Faculté de musique un rendez-vous à 20 heure».de l'ilniversité de Montréal Salle Claude-Champagne, 220, avenue Vincent-d’Indy Université de Montréal A IUdk> Canada SURVEILLE* LES ACTIVITÉS DU SO^ ANNIVERSAIRE DE LA IACUETÉ DE MUSIQUE 1.1: DKvtiii! in :::¦! üiüm 'iff Radio-Canada [ k 4 MfDWNOn SIG.VIGAN1 Il faut voir dans les salles du musée Fart et l’image cinématographique progressivement se contaminer.Hitchcock photographe HITCHCOCK ET L’ART: COÏNCIDENCES FATALES Musée des beaux-arts de Montréal; Pavillon Jean-Noël Desmarais jusqu’au 18 mars 2001 BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Fascinante, cette exposition Hitchcock organisée par Guy Co-geval, directeur du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), et Dominique Païni, directeur de la Cinémathèque française.Sous le couvert du paradoxe et de la polysémie que porte son sous-titre — «coïncidences fatales» (lire inévitables?) —, l’exposition généreuse apporte plus de questions qu’elle n’avance de réponses.Cette «installation poétique autour d’Alfred Hitchcock», comme se plaît à la dé finir Cogeval, à mille lieues de toute prétention, voire de toute sécheresse, d’ordre scientifique, ouvre à la pelle des séries de signifiants, démultiplie les parcours parallèles entre l’art, l’illustration et le cinéma du «maître du suspense», évite à tout prix de donner lieu à une clas- Chœur Saint-Laurent Dimanche 26 novembre 2000 à 20 h Hioél miUémire! John Rutter Gloria Œuvres de William Mathias, Peter Schubert Mack Wilberg, Daniel Pinkham Guillaume Costeley Robert Shaw / Alice Parker André Bellefeuille et Laz Ekwueme Chœur Saint-Laurent Dominique Roy, orgue Champlain Brass Ensemble Iwan Edwards, chef Salle Pollack 555, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Adultes 20 $ Âge d’or 15 S Étudiants 10 $ A Renseignements et billets : (514)483-6922 OU info@choeur.qc.ca www.choeur.qc.ca sification trop rigide et devrait, de ce point de vue, plaire à plusieurs.On entre dans Hitchcock et l’art: coïncidences fatales comme dans les lubies d’un collectionneur excessif.L’accrochage des nombreuses œuvres d'art, photogrammes tirés des films, storyboards, affiches et accessoires, a été pensé de façon à donner l’impression d’une libre déambulation parmi les recoupements d’images qu’un amateur increvable aurait imaginés, en dehors des catégories admises.La présentation fonctionne par agglomérations d’images tirées du répertoire hit-chcockien, associées entre elles avec des séries d’œuvres d’art pour montrer les connivences thé-matiques et iconographiques entre Hitchcock, l’art qui l’a précédé, celui qui lui a été contemporain, celui qui s’est fait par la suite, jusqu'à l’art qui se fait maintenant Hitchcock et l’art: coïncidences fatales utilise une formule certes renouvelée en fonction du contexte muséal, répandue déjà dans certains cercles universitaires, qui consiste à mélanger non pas les styles, mais des images de provenances diverses, pour mieux faire comprendre les transformations apportées par telle époque, tel artiste, à des thème connus.On fait dans l’iconographie comparée, revisitée cependant par des considérations faisant la part belle au ludique comme à la sphère psychologique, à travers la question du voyeurisme, la représentation de la femme, etc.La différence notoire entre cette méthode longuement éprouvée en histoire de l’art et ce que tente de faire l’exposition Hitchcock vient de ce que les sources littéraires dont est friande la discipline font place à des atmosphères ou encore à des stratégies pour tirer les ficelles de l’inquiétude, du fan- tasme ou de l’horreur (bien qu’aucune image insoutenable ne vienne bouleverser le parcours de l’exposition).Les tensions et des environnements instables, tendus ou terribles fusent, comme dans les nombreuses et délirantes œuvres d’Alberto Martini, d’Odilon Redon (magnifiques gravures à partir d’Edgar Poe) ou, selon une domesticité rend,ue inconfortable, dans celles d’Edouard Vuillard, notamment dans les étranges lumières de L’Accord parfait (Madame Gillou chez elle), un tableau de 1931, combien suspectes.Parmi les autres numéros fabuleux de cet accrochage, il faut noter Château Dolbadem, nord du pays de Galles (1800), la pièce de réception à l’Académie de William Turner, La Morte (1890), de Willy Storbach — œuvre ophélique proche de cet arrêt sur image de Kim Novak dans Vertigo (1958) —, et L'Œil de Salvador Dali, rare pièce que possédait le cinéaste et que le peintre surréaliste lui aurait offerte à la fin du tournage de Spellbound (1944).D’ailleurs, à la collaboration Hitchcock-Dali, l’exposition consacre une salle éblouissante.Plus proche de nous, Seed (Nucleus), une pièce de 1996 de Tony Oursler, admirablement enfouie dans son recoin de mur, pose avec plus de mordant que les œuvres qui l’avoisinent, la question ici trop malheureusement réduite à un motif iconographique — l’œil — du voyeurisme.Effet cinéma Il faut voir dans les salles du musée l’art et l’image cinématographique progressivement se contaminer.Après la spectaculaire salle aux multiples et somptueux présentoirs accueillant des objets fétiches de l’univers hitchcockien, VOIR PAGE C9: EXPOSITIONS EXPOSITION /.es suites de R10PELLE 1972 ( 116 cm x 160 cm) GALERIE 67 990, avenue de Salaberry, Québec GIR 2V1 Tel,: 418-522-22 33 DIMAN C H E RADIO-CANADA L K I* E V OIK.L E S S A M EDI I « E I I) I M A \ ( Il E I !» X O V E M H K E 2 0 O 0 ?(' !) EXPOSITIONS SUITE DE LA PAGE C8 puis celle des portraits du maître, dans lesquels semblent déjà concentrées toutes les facettes que l’exposition tentera de formuler, arrive celle des influences de la culture victorienne de la fin du XIXe siècle, avec les toujours mystérieuses œuvres symbolistes et préraphaélites, par lesquelles commence à être démontrée la perméabilité des arts.L’exposition semble reposer tout entière sur les mots de Jean-Luc Godard, reproduits à l’entrée du parcours, disant du cinéaste qu’il était «le plus grand créateur de formes du vingtième siècle», énoncé repris sur un mur vers la fin du parcours, mais autrement, par Claude Chabrol et Eric Rohmer.Les extraits filmiques ne sont pas rares dans l’exposition; ils jouent un rôle crucial et l’exposition exhibe précisément avec brio ce tourbillon de formes créées par le maître.Pour montrer ce en quoi les images hitchcockiennes résonnent avec d’autres, il a toutefois fallu stopper le mouvement du cinéma.Pour ce faire, il aura fallu faire de Hitchcock un photographe.Dans l’exposition, le photogramme règne en roi.Fallait-il, pour arriver à cette démonstration souvent éloquente, ralentir et figer les images des films?S’il est des éléments primordiaux à l’art de Hitchcock qui sont absents de cette exposition — difficile de les transposer aux salles du musée, comme le souligne Dominique Païni, sans dé- substantialiser, dirions-nous, le cinéma —, ils sont reliés à ce qu’il est désormais convenu de nommer l’«effet cinéma».Tant la succession déstabilisante des images que le dispositif de projection (la salle sombre, la nature communautaire, l’écran, etc.) sont évacués dans cette exposition.Il s’agit d’une dimension de l’appareil cinématographique qu’a exploitée Hitchcock avec grand art Hitchcock a admirablement bien joué de l’espace dans ses films, écrasant sur l’écran ses protagonistes pour ensuite enchaîner avec force contrastes des images offrant des vues éloignées, ou jouant de la perspective comme d’un vortex capable d’aspirer le regard pour mieux le bloquer dans un plan subséquent II est vrai que Hitchcock et l’art souligne ces architectures savantes et terriblement efficaces de l’image, mais le travail de surprise qu'offre la succession des images ne peut être souligné dans ce contexte.Aussi les effets psychologiques des films sont-ils partiellement perdus dans cet accrochage, qui par contre n'évite pas la surcharge, de manière presque claustrophobe, pour mieux compenser cette perte.Malgré cet axe dont les cinéphiles regretteront peut-être la carence, Hitchcock et l’art: coïncidences fatales est une exposition qui prend des risques appréciables, qui ne lasse en rien, malgré la quantité astronomique de numéros, et éveille l’esprit quant aux effets de l’image.fixe.M É D I A S Le prix de la concentration Existe-t-il une limite au tirage et à l’auditoire qu’un conglomérat pourrait contrôler dans un secteur ou sur un territoire donné?Jean-Claude Leclerc, qui rédige une chronique sur les médias pour le magasine Le Trente, se le demande dans factuelle édition de cette publication.Claude Ryan se le demandait aussi il y a quatre ans, à l’occasion d’un colloque organisé à l’automne 1996 par le Centre d’études sur les médias.A l’époque, Ryan se disait convaincu qu’il existe un seuil au-delà duquel la concentration devient inacceptable.Mais il n’avait pas fixé ce seuil.Ni Jean-Claude Leclerc d'ailleurs.Ni personne à ma connaissance.Il affirmait toutefois que la présence à l’époque de trois grands groupes de presse différents (Hollinger, Power et Québécor) détenant chacun une part significative du marché «offrait des garanties suffisantes d’équilibre».Maintenant que Gesca/Power a acheté les journaux Hollinger, ce fameux seuil inacceptable a-t-il été franchi?En suivant son raisonnement, on devrait logiquement répondre oui.Mais ces derniers jours, certains spécialistes ont avancé l'idée qu’il ne sert à rien de s’inquiéter du contrôle que Power exercerait sur les journaux québécois puisqu’il a devant lui un concurrent assez fort, Québécor, pour équilibrer la mise.Alors, il existe, ce seuil, ou il n’existe pas?Beaucoup de gens s’inquiètent des effets possibles de la concentration dans le monde des médias.Mais il s’agit d’une inquiétude diffuse, mal documentée.On convient qu’il existe une barrière à ne pas traverser.mais cette barrière a tendance à reculer sans cesse au gré des fusions et acquisitions toujours présentées comme étant «essentielles» à la survie des médias et à la constitution d’empires forts pour faire face à Cauchon ^ ?1 des monstres internationaux.Pourtant, ailleurs, des législations existent.Aux Etats-Unis, il est interdit de posséder une station de télé et un journal dans un même marché local (cette règle empêcherait-elle ici Quebe-cor/Le Journal de Montréal de posséder TVA?).Mais personne au Québec ne semble préconiser une telle réglementation.Lors du colloque cité plus haut, Claude Ryan ne voyait pas la nécessité d’une législation traitant explicitement du contrôle des entreprises de presse au Canada.Il se disait plutôt favorable à un régime obligeant les entreprises à une plus grande transparence en ce qui touche leurs opérations financières et leurs aménagements juridiques.La profession journalistique, elle, semble totalement divisée sur cette question.Aujourd’hui même se tient à Québec le congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, qui aura à en débattre.Mais on sait déjà que plusieurs voient la vente du Soleil à La Presse comme une bonne façon de relancer Ij> Soleil.Dans l’Outaouais, des journalistes du Droit se réjouissent de ne plus appartenir à Conrad Black.A TVA, certains artisans voient d’un bon œil le fait d’appartenir à Québécor.Dans plusieurs salles de presse, on assiste à une acceptation de principe (une résignation, pour-rait-on ajouter) face à la concentration grandis- sante des médias dans de grands empires, face à l’uniformisation des voix et face à la convergence de plusieurs médias écrits et électroniques pour servir Internet.Pourtant, le malaise existe.Des voix se sont élevées pour demander une commission parlementaire, ou encore des états généraux sur les impacts de la concentration des médias, ou sur le droit du public à une information diversifiée.Il me semble que la profession journalistique ainsi que le public intéressé devraient plutôt commencer à examiner très concrètement les mécanismes permettant de contrer les effets potentiellement négatifs de la concentration.Bref, soyons pratiques au lieu de tenir des débats théoriques.Un chercheur en déontologie journalistique de l’Université d’Ottawa, Marc-François Bernier, estime par exemple que la concentration devrait être accompagnée de la mise sur pied de mécanismes de surveillance indépendants et autonomes, qui rendraient régulièrement compte au public des effets de la concentration sur la diversité de l’information et sur l’autonomie des journalistes.Des comités syndicaux dans les médias eux-mêmes?Des experts extérieurs?Des professeurs?le Conseil de presse?le débat est ouvert.Bernier avance aussi une idée forte: les conglomérats médiatiques deviennent de plus en plus des institutions dont il faut se méfier, comme on se méfie maintenant des élus, de la justice, de la police, etc.Ce n’est pas sans conséquence pour la crédibilité et la légitimité des journalistes à moyen terme.«Il faut s'attendre à ce que l’impartialité et même l’intégrité de la profession soient de plus en plus souvent remises en question par les groupes sociaux, qui ne partagent pas les mêmes valeurs que les barons de la presse», dit-il.pcauchonffledevoi r.com A • / \nO!l Handel ^ * ënseml'ie de nutshjtie ancienne IPX * ûiut iiMnimento u époque T 1 1 f JZè ’i ~1 Soliste invité : Dcimcl TTâyl O T.alto masculin Chef invité: IVIoHlCâ î violon baroque AIRS EXTRAITS D’ORATORIOS i®© Vendredi 24 novembre et samedi 25 novembre 2000, à 20 h Salle Rcdpath DimancHe 2^QQlvAP]-.^-I1tbre 2000, a 14 b Centre Canadien d’Architeéture Après avoir mis en musique, dans les quelques dizaines d’opéras qu’il compose pour le public londonien pendant près de 3° ans> 1rs aventures amoureuses et chevaleresques des dieux, déesses et héros de la mythologie et de l’hiiSloire romaine.Handel, à la suite de graves problèmes de santé dou blés d’une crise financière et morale profonde, se tourne vers l’oratorio en langue anglaise.Appliquant alors aux personnages de la Bible, tels Saul.Salomon et Jephté, son goût pour la voix et son irrépressible besoin de raconter et d’émouvoir, il en fera un genre majeur et typiquement britannique.Billets Régulier : 22 $ Etudiants, aînés (avec cartes) : 15 5 Renseignements et réservations 514-355-1825 arion@early-music.com 2e concert 20° saison 2000-2001 Une présentation de fidmie kbsMALÉMMi Devjanlim Hiwru.r.CCA # PRO MUSIC A Série «ÉMERAUDE» AVEC LA PARTICIPATION DE QUEBECOR Salle Maisonneuve, Place des Arts HELENE MERCIER, piano VLADIMIR^PiyAKOV i uiiiim, iiovrMBRP" MARDI, 28 NOVEMBRE, 20H Programme Sonatine ri‘ 2, D.385 de Schubert Pr, Sonate n° 5, op.24, (Printemps) —^ , , de Beethoven HydfO Fratres, d'Arvo Part VjCfc*.QilébCC 987-6919 renseignements : www.smcq.qc.ca «§» cGNuu „ r~n -M.a Centre Pierre-Péladeau ü Ê> g s; -: H ^ -si»."v Conception graphique Simon Dupuis Illustration vrn E V 0 I R .I E S S A M EDI I H E T D I M A X C II E I !* X 0 V E M B R E 2 I) 0 0 DISQUES Jim Corcoran, chanteur de fond Le nouveau disque de l’Anglo au front noble a trois mois dans le corps: c'est le temps de l'écouter SYLVAIN CORMIER Cl était début septembre.Autant dire le paléolithique.Depuis la sortie à’Entre tout et moi, premier disque de compositions originales en sept ans pour Jim Corcoran, il y a eu des siècles et des siècles amen de nouveautés, toutes empilées comme une tour de Babel en plus compact C’est tout juste si je le revois passer entre mes mains, ce disque sans véhémence, seulement annoncé par un lettrage noir sur fond vert.Je ne me souviens même plus où j’étais pendant les trente secondes de vitrine que l’industrie alloua à la promotion du disque: sous la douche, peut-être.Je me souviens cependant qu’après une brève écoute, je ne savais qu’en faire: pour deux titres qui s’imposaient à l’oreille, On aurait dit l’amour, avec son refrain doo wop, et Mettons le feu, avec son ambiance à la Steely Dan, il y en avait huit autres qui me laissaient en plan.Huit chansons d’approche musicale résolument diverse, qui demandaient — exigeaient — réécoute.A la bourre, je préférai piger dans la pile et m’occuper d’autres disques plus faciles à circonscrire.Et c’est ainsi que je me retrouve attablé avec Corcoran, presque trois mois plus tard, causant Entre tout et moi.la poussière est un peu retombée, on a le temps.J’ai réécouté l’album à oreille reposée.Et constaté l’évidence: il fallait y mettre le temps.«Deux jours après la sortie du disque, commente l’intéressé, je rencontrais des gens en tournée de promotion qui me disaient: “J’ai pas eu le temps d’écouter ton disque, de quoi il s’agit?" Je monologuais, alors que j’aurais aimé discuter.C’était la galère.Je pense qu’à l’avenir, je vais essayer de laisser le disque vivre au moins un mois et demi avant de rencontrer qui que ce soit.» Là-dessus, Corcoran ne doute pas: il a un avenir.C’est un chanteur de fond, un créateur de longue durée.Il faisait, fait, fera des chansons.Et trouvera en toute probabilité assez de preneurs pour ce nouveau disque, malgré le goulot plus que jamais étranglé chez les détaillants, assez pour en enregistrer un autre.«Je suis confiant que le disque va trouver sa place.La Tête en gigue, à l’époque de Jim et Bertrand, n ’avait pas été un succès instantané: ç’avait pris trois ans avant que Gilles Talbot nous remette un disque d'or.Aujourd’hui, on a l’impression que si t’es pas disque d’or en trois semaines, c’est l'échec.Ça n’a jamais été mon souci.» Entre tout et moi avoisine les six mille exemplaires disséminés.Son plus grand succès en solo, l’éponyme Corcoran, avait atteint les 30 000 copies, le Zola à vélo de 1993, les 12 000, le disque de refontes Portraits (1996), les 20 000.«Je trouve que c’est énorme, relativise l’artiste.L’aberration, c’est le disque d’or ou platine pour un bassin de population si limité.Moi, je suis heureux et motivé.Je rentabilise mes projets, mais par contre je dois travailler.Je dois aller défendre mes chansons sur scène pour que le mot circule.Il y a un bouche à oreille qui existe.» H y a aussi l’emploi à la radio chez les Anglos de la CBC, l’émission de musique qu’anime Corcoran depuis quelques milliers de samedis soirs.«Ça me permet d’être inconscient de ces réalités de l’industrie.Je ne compte pas sur mes ventes de disques pour survivre.Mais la survie, ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde.» Corcoran vit honnêtement (à l’extrême est du Plateau), n’a pas d’auto, peu de possessions matérielles.Mais, tout front noble qu’il ait, le bon Jim n’est pas Spartiate pour autant.«J’ai besoin d’être heureux.J’aime le bon vin, bien manger, être au chaud en hiver et au frais à l’occasion l’été.Dédé Fortin [dont il était le voisin] a dit que j’étais l’artiste québécois le plus indépendant parce que je faisais ce que je voulais, quand je voulais, avec qui je voulais, comme je voulais.Et j'ai de bons amis, qui me disent claire- Jim Corcoran JACQUES GRENIER LE DEVOIR ment ce qu 'ils pensent.Si j’avais triché sur ce disque-là, essayé d’être au goût du jour, ils m’auraient tapé dessus et ça m’aurait fait bien mal.» Libre et fidèle Parmi ces amis, il y a Michel Bélanger, patron d’Audiogram.Un intransigeant comme Corcoran, rayon authenticité.«Il serait bien heureux de me remettre un disque d’or, mais il me laisse faire.» Mieux, il sait apprécier l’audace, l’effort.«Ce que j'aime chez Audiogram, c’est qu’il y a aussi Mara Tremblay.Et un groupe comme Ix>co Locass.C’est fabuleux, Loco Lo-cass.Je vois ça comme la renaissance de la chanson québécoise, au niveau du discours.» Une des chansons les plus déconcertantes A'Entre tout et moi s’intitule Gris comme Pâques à Londres.Un truc «asymétrique de A à Z», avec des moments chuchotés et des explosions de bruit, sans couplets ni refrain.Une aventure totalement hors normes.C’est la préférée de Bélanger.«H encourage la liberté.Mais si je lui demandais un jour de m’aider à vendre plus de disques, il m’aiderait aussi.» Corcoran l'admet volontiers, Entre tout et moi est un disque «particulier», pas plus conçu pour le confort d’écoute du plus grand nombre que pur faire plaisir aux irréductibles de Gentleman Jim & His Acoustic Pickings.Seule Dis-moi qu’tu m’aimes est de cette eau-là.Justement parce que toutes les autres furètent ailleurs.Pas pire, par exemple, commence en musique de film d’espion, puis plaque une guitare rageuse sur un p’tit jazz lounge.Madame Poupart est une caricature sur fond de rock machinique.L’aube tarde — à propos du défunt navigateur Gerry Roufs — est presque une complainte.J'voulais m’laisser aller est un blues à crescendo intense.Et ainsi de suite.Et vice et versa.«Je suis conscient que le fait de m’aventurer sur dix terrains me pénalise.Un chanteur country revient avec un disque country.C’est facile pour son auditoire, le milieu, la critique.Si tu demandes aux gens de faire l’effort de se demander: où est-ce qu’il est rendu et pourquoi?, c’est sûr que ça prend du temps pour décanter le geste.Moi, ça me convient.» Dérouter pour dérouter, la semaine prochaine, Jim Corcoran est l’invité de première partie du chouchou français M (Mathieu Chédid) à l’Olympia de Paris, puis en tournée à travers l’Hexagone.«On se connaît depuis son premier album.Il me l’a offert, j'ai dit oui.Ça me tentait.» C’est tout Et c’est suffisant pour un homme libre.JAZZ Manne montréalaise SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Syndrome floridien oblige, ces jours-ci on compte tout ce qui se prête à la quantification.Ça fait qu’on a commencé à .compter un, deux, trois, quatre.A un moment qui n’était pas donné, on a tout stoppé en se disant qu’il valait mieux s’en remettre à une cour qui, en raison du sujet, ne peut être qu’une cour des miracles.Soit ces miracles sonores qui meublent le temps, qui séduisent les oreilles.Évidemment, rétorquera La Pa-lice, si on prend en compte les productions publiées partout dans le monde mondial on va dépasser le nombre fatidique des 300 voix floridiennes.au fait, question Floride, quels grands jazzeux devant réternel sont originaires de cet État?Entre les trous du bulletin qui a mis tout le monde sens dessus-dessous, on a repéré les profils de Cannonball et Nat Adder-ley, du divin contrebassiste Sam Jones, et du déviant saxophoniste Archie Shepp.Nous voici quelque peu mêlé comme mélangé.Faut donc se recentrer.En comptant seulement les disques parus et signés par des musiciens montréalais nous en sommes arrivé au constat que la récolte était riche ou, si on préfère, abondante.Quantitativement comme qualitativement.En tout cas, il y a de quoi se régaler.Et tout d'abord avec le disque du pianiste Steve Amirault: Rendez-vous point sur étiquette Effendi.Pianiste défendant l’école de la finesse, de la nuance.Steve Amirault est une sorte de coup double.Il maîtrise l’instrument ainsi que la composition.Plutôt que nous ressortir d’énièmes versions des fleurs de l’automne ou des sanglots longs des violons du même automne, Amirault fait le pari du courage.11 se commet.Il propose ses compositions et donc, c’est du CQFD, ses émotions.Pis?Il n'est ni agressif, ni tran- ché.Il a le souci de l’élégance et celui du relief.Dans la catégorie petite musique de nuit, il a fait un disque parfait On pense en particulier à Surrendering et Rendez-vous Point, à As I Watched You Leave et Song Of Hope.Ces motifs sonores doivent être considérés comme des pièces d’anthologie de la musique, on le répète, de nuit Plus exactement la musique de ce pianiste hors-pair a ceci de fameux qu’elle oblige l’attention.Ce n’est pas une musique sociale, pas une musique de fond.Elle n’est ni décorative, ni sujet à caution.Elle doit être entendue seul à seul ou dans le silence.Steve Amirault est le pianiste zen de la scène.Que la scène en question soit canadienne ou américaine ou.qu’elle soit géographiquement circonscrite serait totalement superflu.Évidente affirmation S’il existe un groupe qui a bjen choisi soq nom, c’est bien Évidence.L’Évidence en question c'est Jean Derome au saxophone alto, Pierre Cartier à la basse électrique e,t Pierre Tanguay à la batterie.L’Évidence en question existe depuis plus d’une décennie.Après tant de temps et dpnc bien de l’ouvrage abattu, l’Évidence s’affirme encore et toujours comme une nécessité qu’on osera justement qualifier d’évidente.Une nécessité évidente.Quelles sont les musiques nécessaires?En vrac comme en désordre, il y a celles de Duke Ellington et Charles Mingus, John Zorn et Muddy Waters, Mississippi John Hurt, Dexter Gordon, Zoot Sims, Art Pepper, lester Bowie et Miles Davis, Art Ensemble Of Chicago, Ixmnge Lizards et Keith «Capitaine Fracasse» Richards, bien d’autres encore et surtout Thelopious Monk.À Monk, Évidence consacre toutes ses énergies, canalise tous ses talents.À Monk, beaucoup d’autres musiciens ont t> TRINE DU D S Q U E Trente ans trop tard, les Beatles en un volume consacré des heures et des heures de travail pour mettre l’accent sur les aspérités de Four In One et autres javas mon-kiennes.Parfois ce fut le bonheur, parfois la déception.Ce qu’il y a de bien, avec Évidence, c’est que ses actionnaires font Monk sans aucun souci de mimétisme.Derome est âpre là ou Rouse était coulant, Cartier font danser les notes dans des temps différents à ceux choisis par I^rpy Ridley et Frank Dunlop.Bref, Évidence ne fait pas du Monk.Ils le refont.Ils le refont après l’avoir déconstruit.Ils le refont après l’avoir ausculté sous toutes les coutures.Ils sont délinquants là où les autres sont trop souvent trop sages.Enregistré live à la Casa, ce nouvel opus d'Évidence est une des grandes idées sonores de cet automne.Ne reste plus qu’à se demander pourquoi ce groupe unique est si peu convoqué sur les scènes de Montréal et des environs.Cela relève du crime de lèse-majesté.LIVE À LA CASA Évidence Ambiances magnétiques RENDEZ-VOUS POINT Steve Amirault Effendi 1 The Beatles Apple (Capitol) Cf est en 1970 qu’aurait dû paraître 1, ultime compilation de la fabuleuse musique des quatre garçons dans le vent, rassemblant comme son titre l’indique les numéros un de palmarès du groupe en Angleterre et/ou en Amérique.Seulement voilà, à l’époque, les Beatles abhorraient les disques de grands succès.Tout au plus les quatre ex-Fabs avaient-ils convenu en 1973 de réduire leur extraordinaire catalogue à deux doubles disques, chacun représentant une période distincte, le 1962-66 (dit le Bleu ) pour l’avant-Sgf.Pepper’s, et le 1967-70 (le Rouge) pour l’après.En fait, c’était un pis-aller, une concession à la compagnie de disques: les albums originaux se vendaient encore bien.Évidemment, le temps a fait son œuvre et, justement, l’œuvre des Beatles n’est plus intégralement représentée dans les discothèques: la plupart des gens, suppose-t-on, souhaitaient ces dernières années un disque simple d’essentielles encore plus essentielles que toutes les autres essentielles.C’est ce qu’on leur fournit ici, à temps pour les Fêtes, sur les entrefaites de la brique autobiographique The Beatles Anthology.Il faut croire qu'on a eu raison: l’album est triple platine en pré-commande.On prévoit non sans arrogance que d’ici 2010, le disque aura supplanté le fameux Greatest Hits des Eagles au sommet des albums les plus vendus de tous les temps.On n’ose imaginer le chiffre qu’un tel disque eut atteint en trente ans.Tout ceci est bel et bon.Toute manière de garder les Beatles en mémoire, fut-ce par pur mercantilisme, ne me semble pas négligeable: il se peut même qu’en se procurant 1 dans leur collection de base, de jeunes fadas de musique deviennent beatlema-niaques à leur tour et entreprennent d’explorer le corpus entier (il y a des tas de pochettes reproduites dans le livret, beau début pour une collection).Du moment que les albums d’origine demeurent encore et toujours disponibles.C’est le risque de tout minimum: qu’on en reste là.Ce qui ne serait pas un si grand malheur, si l’on contemple l’héritage Beatles avec un peu de perspective: quel autre artiste de musique populaire peut prétendre à l’immortalité avec 27 titres de cette valeur-là?L’auditeur le plus blasé le constatera: même en l’absence des Twist And Shout, A Day In The Life ou Strawberry Fields Forever (éliminés par le critère du palmarès), l’écoute est ahurissante: de Love Me Do à The Long And Winding Road, c’est le plus long sans-faute qui soit Commencer, et même finir, avec 1, ne peut qu’être encouragé.Sylvain Cormier ALL THAT YOU CANT LEAVE BEHIND U2 Interscope (Universal) Finies les galipettes.Confisquées, les machines.En retenue, les garnements.Le p’tit monsieur au gros bon sens qui, dans le bureau lambrissé au fond de chacune de nos tètes, surveille nos intérêts, a sonné la fin de la récré dans les caboches des écervelés de Dublin.On entend d’ici son sermon.Messieurs Bono, The Edge, Larry Mullen Jr.et Adam Clayton, ne croyez-vous pas que vous avez été assez loin avec vos amusants bidules électroniques?Vous est-il absolument indispensable de vous aliéner définitivement vos fans?Sachez qu’il n’en tient qu’à vous de réclamer vôtre trône de meilleur groupe rock au monde, petits vernis que vous êtes: personne ne l’a mérité depuis Achtung Baby! In date de péremption n’est pas atteinte: profi-tez-en! A vos instruments! Les vieillissants gamins ont compris le message.Voici donc All That You Can’t Ixave Behind, l’album bien-nommé du retour de U2 à la raison.Je traduis: on a le bagage qu’on a.C’est-à-dire que du «bon» U2, pour l’essentiel, ne se résume jamais qu’à deux caractéristiques fortes: la voix de Bono Vox au service de mélodies poignantes, et la puissante pulsation rythmique du groupe, mené par The Edge et ses riffs-massues.Mélodies gagnantes et rythmes imparables, il y en a plus là-dessus que de vertes vallées en Irlande.Avec leur morgue habituelle, les gaillards ne se sont pas contentés d’un timide retour à l’ère faste de l’album The Joshua Tree (1987): condamnés à revisiter leur propre forme, ils en ont carrément gavé le bon peuple.Lequel est ravi.Mazette! Le Rolling Stone crie au chef-d’œuvre, la critique mondiale fait chorus.Ruée chez les disquaires.Il n’y a rien comme un bon bain IM en eaux familières pour conforter le public — et la critique — dans l’idée que tout ne change pas tout le temps pour le pire et que l’univers ne court pas nécessairement à sa perte en compagnie d’Emi-nem.Si j’aime, moi, ce U2 à la sauce U2?Bien sûr.Naturlich, comme disait Queneau.D’emblée, dès que les guitares mettent la gomme dans Beautiful Day, mon corps dit oui.Mieux, je transpose instantanément en spectacle, et je jouis d'avance: la chanson est à placer d’office entre With Or Without You et Where The Streets Have No Name, avant les rappels.Explosion de joie garantie sur facture.Pareil destin pour Elevation, New York, Wild Honey ou l’hymne Peace On Earth: dans les stades, ça va se chanter tout seul et fesser méchamment en même temps.Cet album, c’est tout le U2 qu’on a aimé, en condensé.Rien n’écorche, tout accroche.Il y a même du U2 soulful comme au bon temps A’Angel Of Harlem (1988) : Stuck In A Moment You Can’t Get Out Qfest une autre réussite du U2 version afro-américaine.Si vous trouvez que je beurre épais, c’est voulu.Parce que bon, la vérité est que j’ai le bonheur un tantinet cynique.Je ne veux pas bouder mon plaisir, qui est grand, mais je sais aussi qu’on me fourque ici, sciemment, ce que je veux.Trop.D’où ambivalence.C’est tellement bon mais tellement ciblé: on encense ou on dénonce?Soyons moderne: encensons ET dénonçons.Se faire avoir aussi formidablement, c’est quand même fichtrement agréable.S.C.THE BEST OF BLUR (EMI) En 1995, on parlait en Angleterre d’une lutte sans merci entre Blur et Oasis.Aujourd’hui, la question ne se pose même plus.Alors que les frères Gallagher se répètent sans cesse de manière futile, Blur a enfin pris ses distances avec le poids envahissant de la britpop.Sur ce Best of on découvre, peut-être pour la première fois, que Blur a toujours été plus malin qu'on le pensait Bien que le principe de la compilation ne livre pas toujours les résultats escomptés, l’écoute des singles de Blur est fort plaisante.Il y a un peu de tout sur ce disque; de la mélodie accrocheuse de There’s No Other Way au charme typiquement britannique de Country House, du sublime duo avec Françoise Hardy To the End à [’hypnotisante Beetle-bum.Pourtant on sait que Damon Albarn et son fidèle complice Graham Coxon ne se gênent pas pour piller quelques trouvailles intemporelles à Ray Davies des Kinks.Mais bon, Blur a le mérite d’avoir survécu aux excès, à la prétention d’Al-barn, de même qu’aux humeurs changeantes du quatuor.Témoin d’une époque, ces musiciens montrent avec un nouveau titre alléchant intitulé Music Is My Radar qu’ils ne cessent d’explorer de nouvelles directions.Une histoire à on recommande fortement l'écoute des disques du collectif californien Anticon.Dans la mouvance du Anti-Pop Consortium, cette cellule de créateurs ingénieux semble vouloir réécrire les règles d’un hip hop aussi drôle qu’intelligent.Sur des rythmes souvent complexes, ils récitent un flow qui parle de tout et de rien.Iconoclastes et isolés, ils se nomment Sole, Jel, Dose, Alias ou the pedestrian.Sole est devenu, par la force des choses, le porte-étendard de ce mouvement fertile.Plus facile d’accès que d'autres créations d’Anticon, Bottles of Human favorise la diversité.Sole cite Baudelaire, de même que le romancier Thomas Pynchon.Rien ne paraît prévisible dans ce monde intérieur aux résonances ironiques.Il faut toutefois un peu plus de patience pour comprendre où Them veulent en venir.Intégrant des textes en arrière-fond, l’album éponyme de cette étrange collaboration entre Dose et Jel passe du jazz au techno.Pas toujours facile à suivre, on reconnaît pourtant chez Anticon un désir de se démarquer du lot.D.C.L O N T DROPPY BUTT BEGONE! 1-Speed Bike (Constellation) SEDATIFS EN FRÉQUENCES ET SILLONS FlyPan Am (Constellation) Même si certains membres de 1-Speed Bike et Fly Pan Am font partie du groupe montréalais Godspeed You Black Emperor!, il ne faudrait surtout pas confondre la musique des trois formations.Poussant encore plus loin les trouvailles du projet Exhaust, le percussionniste Aidan Girt s’intéresse aux collages électroniques lo-fi inusités mais jamais ennuyeux.Sur Droppy Butt Begone!, les rythmes semblent venir de partout et naissent d’accidents inven-tifs.Aidan Girt aime bien confondre ou faire réagir l’auditeur, afin de le surprendre au moindre détour.Aussi satirique que subversives, les pièces de 1-Speed Bike témoignent d'une urgence créatrice efficace.A partir de boucles sonores et de motifs répétés.Fly Pan Am retravaille une partie du matériel de son premier album sur le nouveau Sédatif en fréquences et sillons.Somnambulique à souhait, ce rock conceptuel prend sens dans le long mouvement qu’il déploie.Aidan Girt y va même d’un remix, ce qui ne peut gâter les choses.D.D.suivre.DAVID CANTIN * Il O BOTTLES OF HUMANS Sole THEM Them (Anticon) Pour ceux qui croient que le bip hop, c’est du pareil au même, PUZZLE Tahiti 80 (Universal) On imagine mal un groupe de rock d’origine française tenter l’aventure en anglais.On se souviendra que Noir Désir s’était déjà fait prendre au piège.Pourtant, voilà que Tahiti 80 réussit l’exploit avec brio sur Puzzle.Le groupe de Xavier Boyer et Pedro Resende rend un hommage authentique à ses idoles qui vont des Beatles aux Kinks.11 y a même une pièce qui s’intitule Mr.Davies.Parmi ses contemporains, on cite volontiers Gorky’s Zygotic Mynci et Olivia Tremor Control comme des exemples à suivre.Sincèrement, l’album de Tahiti 80 n’arrive pas à de telles sommes mais parvient à convaincre avec des mélodies agréables.On sent parfois qu'il y a un manque flagrant de souffle et certaines idées se répètent Toutefois, on pourrait difficilement dire trop de mal de ces chansons qui n’ont pas d’autre prétention que de faire rêver.Puzzle démontre que l’horizon musical français a autre chose à offrir au monde entier qu’une french touch devenue trop prévisible.Une curiosité amusante et peut-être contagieuse.D.C.US ALL THAT YOU CAN' -EAVb BEHIND flit LE DEVOIR.LES SAMEDI I Si ET DI M A X ( Il E I il X O V E M B R E 200 O DISQUES CLASSIQUES Boulez d’hier à demain et toujours d’aujourd’hui Curieuse coïncidence dans le monde du disque: se présentent simultanément sur mon bureau deux disques de musique de Pierre Boulez — le compositeur, pas le chef.Mieux encore: des inédits de sa jeunesse et les derniers fruits de son âge.Comment ne pas oser une sorte de panorama de l’itinéraire parcouru?Plongeons! FRANÇOIS TOUSIGNANT BOULEZ - ORCHESTRAL WORKS AND CHAMBER MUSIC Pierre Boulez: Polyphonie X; Poésie pour pouvoir; Tombeau à la mémoire du Prince Max Egon zu Fürstenberg (Orchestre de la SWF, dir.Hans Rosbaud et Pierre Boulez); Structures II (Yvonne Loriod et Pierre Boulez, piano).Col Legno, coll.collage, WWE ICI) 20509 La mémoire étant la faculté oublieuse que l’on sait, voici donc un disque absolument nécessaire pour se rappeler ce que fut l’avant garde des années d’après-guerre.Non seulement par le choix du répertoire — les œuvres présentées s’échelonnent entre 1951 et 1961 —, mais aussi par l’intérêt hautement historique: ce sont des enregistrements d’époque, de créations, pris sur le vif par la radio allemande.Encore des archives qui dormaient.Mieux encore: Polyphonie X et Poésie pour pouvoir sont des œuvres que Boulez a «retirées» de son «catalogue» et n’existent plus que sous la forme de bandes radio enregistrées lors des créations.Quelle veine! En plus, les amateurs et passionnés possédaient bien une copie vinyle de certaines de ces œuvres, mais combien en détiennent une version en disque compact?Voilà qui ajoute à la nécessité.Pour bien des jeunes, voire des érudits, certaines de ces pages ne restent malheureusement trop souvent que des repères de biographie ou des extraits de catalogue, des titres sans réalité sonore.L’écoute s’impose donc pour savoir ce dont on parle comme pour rafraîchir la mémoire ci-dessus prise à partie.Peut-être même faire des découvertes: je n’avais jamais entendu Tombeau à la mémoire du Prince Max Egon zu Fürstenberg (en fait une sorte de première version de Pli selon pli) non plus que les deux autres œuvres «orchestrales»; il faut bien apprendre à tout âge, n’est-ce pas?Dans les pièces orchestrales, Boulez se révèle encore d’une originalité et d’une poésie sonore très singulières.Il impose son statut de légitime héritier de Webern tout en flirtant avec une certaine palette d’instrumentation qui le rapproche de ce Schoenberg qu’il venait tout juste de déclarer mort Le «pointillisme» dont a accusé cette esthétique a perdu de sa virulence revendicatrice.Il n’en reste que l’affirmation d’une nouvelle esthétique, triomphante avec superbe, et la joie des territoires nouveaux.Ce qui passionne au plus haut point, les nombreux adorateurs de Répons n’en reviendront pas, c'est Poésie pour pouvoir, avec son utilisation — en 1958! — de l’élec-troacoustique à la Varèse et de la «musique concrète» style Pierre Schaeffer combinée avec les sons instrumentaux; c’est l’aube du «mix-média» et si la technologie date, l’esprit est résolument actuel.Non seulement sent-on avec passion le laboratoire grouillant d’idées, la vie même exsude de partout, malgré la noirceur du propos qui coÙe au contexte historique et qui', en un sens n’a pas vieilli.On mesure alors la grandeur du génie (et la minceur de ses épigones qui hantent encore trop nos scènes de concert).Que reste-t-il alors?La voix du poète.Schumann, Chopin, Debussy, Webern cristallisés en un moment de grâce exceptionnel, malgré quelques petites longueurs.On peut un peu sourire aujourd’hui de certains traits stylistiques; ils furent ceux d’une époque tout comme certains insignifiants affects le furent autrefois et qu’on prise de nos jours en mauvaise musique baroque.Un peu d’indulgence quant à la technique est ici de bon aloi.De même que pour une certaine raideur dans le geste des interprètes: tous découvrent et apprennent, sans référence aucune, ce nouveau métier que les jeunes musiciens d’aujourd’hui, forts de cette histoire, abordent avec infiniment plus d’aisance.Maurice Fleuret clamait à cette époque, enthousiasmé, que la musique se cherchait.Curieusement, aujourd’hui, il faut presque lui donner tort: elle se trouvait! — surtout sous de telles plumes.Autre élément pour collectionneurs, la version «de création» du second livre de Structures, pour deux pianos, avec aux pianos le compositeur et Yvonne Loriod, épouse de Messiaen.Qui peut résister ne sait de quoi il se prive.Un beau document musical, certes.Mieux encore, cela complète un disque ESSENTIEL pour combler des trous de l’Histoire et dont on ne peut que déplorer que le livret soit si maigrement documenté.Le compositeur Pierre Boulez.orchestra/ worh & chamber music La préparation est effectivement un peur négligée, même dans l’identification des plages.C’est regrettable, car un néophyte de bonne volonté pourrait y perdre un peu de son latin, ce que cet enregistrement ne mérite pas.Imaginez: pour savoir ce qui joue, il faut regarder le disque (là, les plages sont identifiées), mais hic: le disque, lui, est dans le lecteur.Problème.Encore une fois dans ce genre de répertoire, si cette nouveauté est un peu difficile à trouver, le producteur recommande une visite à son site Web: www.col4egno.de.Ce sera aussi peut-être votre première transaction en cybermagasinage.Le titre de la collection, col legno, veut dire avec le bois (de l’archet); et ici, l’archet est bien tendu, fait de JACQUES GRENIER LE DEVOIR bon crin et de bon bois.P.S.: Je n’ai pas pu savoir ce que le compositeur lui-même pensait de cette remise sur la place publique d’œuvres qu’il a auparavant reniées.Il est des cas où l’avis du créateur importe peu, lui qui est si auto-critique.Seul compte alors ce que, musicalement, malgré les inachèvements, l’auditeur ressent.Monsieur Boulez, vive ce disque qui comble un immense trou, qui montre votre immense force.PIERRE BOULEZ: SUR INCISES; ANTHÈMES 2; MESSAGESQUISSE.Ensemble InterContemporain, Hae-Sun Kang, violon; Ensemble de violoncelles de Paris; Jean Guihen Queyras, violoncelle.DGG 20/21463 475-2 A l’autre extrémité du spectre, voici les dernières productions de Boulez.Le répertoire est à l’image du compositeur.Boulez, en effet, EXPOSITION Michèle Drouin Jusqu au 25 NOVEMBRE WADDINGTON & GORCE 1446.rue Sherbrooke Ouest Montréal H3G 1K4 Tel.:847-1112 Fax: 847-11!} Du mercredi au samedi de 10 h à 17 h E-mail : Kadgnrce@total.net Weh : http://www.waddingtan-gorce.com CI[\OÎ\ MARIA j O S E SHERIFF ET SON INVITÉ JEAN-PIERRE MORIN Du 18 novembre au 23 décembre 2000 Vernissage le samedi 18 novembre de 15 h à 18 h 372, rue Sainte-Catherine Ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi au samedi de 12 h 00 à 17 h 30 Le Centre d’exposition Circa remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal./¦ SU était une fois.avec Kim Yarescbevskava Samedi 25 novembre 19 h.à la Maison des arts de Laval • Billetterie 450.667.2040 Pierre Blanchette Nimbes - œuvres récentes Jusqu’au 9 décembre GALERIE SIMON BLAIS < i,i k MoniréalH2T2ï3 514.849.1165 Ouvert du uardi au vendredi 9 h 30 a 17 h 30 elle samedi lOhà I7h Micheline Beauchemin conservateur invité René Blouin Du 16 novembre au 9 décembre 2000 350 uv.Victoria.Weslmounl.Qc H3Z 2N4 lél : (514)488-9558 métro Vendôme du mardi au vendredi : 11 h - 17 h 30 samedi : 10 h - 17 h ( KM RK DI S \RTS N ISIT.KS Galerie McClure MSKAK ARTS ( KM RK Exposition jusqu’au 17 décembre 2000 ENTREE EIBRE Réflexion Lutéraire et Visuelle U faut parfois être confronté à la mort pour découvrir le véritable sens de la vie : vivre, tout simplement vivre.Réjean Thomas, md Suzclle Levasseur, 1988 Maison de la culture Marie-Uguay 6052, boulevard Monk Métro Monk, autobus 36 Est Mardi au jeudi : 13 h à 19 h Vendredi au dimanche : 1.3 h à 17 h Renseignements : (514) 872-2044 www.villc.montrefll.qc.ca/maisons ÇtN 1 RE I UMf.RAIRE CÔTf DES Nr iGFS MOht'r^aL JL O O O CIMETIÈRE NOTRE DAMÉ DBS NEIGES aime, voire adore retravailler ses œuvres.Ainsi on trouve moult «versions» du Marteau sans maître, des ré-écritures des Improvisations sur Mallarmé et que sais-je encore.Son esprit curieux semble travailler sur un petit groupe d'idées que toujours il transforme au rythme de son évolution (de leur), comme s’il avait peur de mettre un point final à quoi que ce soit.Anthèmes 2 est donc une «révision» à'Anthèmes, pour violon seul, cette fois avec l’ajout de l’uti-lisation de l’espace par le biais de l’électronique en direct.Un peu à la manière de Dialogue de l’Ombre double, où la clarinette était alors sollicitée.Dans cette œuvre, génœ râlement, l’électronique donne les sons standards et la clarinette live les sons «spéciaux»; ici, comme on n’a pas l’expérience du concert, une certaine aura de mystère plane, même quand on compare à l’original.Un original qui était déjà bien beau.L’ajout de l’électronique apporte un nouvel éclairage sur la profondeur de la pensée, de l’imagination et de l'art du compositeur.Le formidable pouvoir d’intégration de Boulez explose en une munificence de sonorités sidérante.O, si vous n’aimez pas le «son» de la musique contemporaine, écoutez de toute urgence ces plages du disque, üi sensibilité affleure, frissons doux de la volupté acoustique, d’un amour passionné des sons.Qui eût cru qu’on put parler de Boulez en ces termes?Pourtant, ils sont presque inappropriés tant la musique est bouleversante.Comme la technique d’enregistrement est renversante, on sent l’espace, cet espace qui fascine Boulez depuis sa Polyphonie X de tout à l'heure.Sur Incises est le développement (fa réécriture, la recomposition, allez savoir) de Incises, une pièce pour piano seul qui se voit enrichie en une vision pour trois harpes, trois pianos et trois percussions-claviers (marimba, xylophone, glockenspiel, vibraphone etc.).Le dialogue entre sévérité et sensualité est passionnant à suivre.On adore le moindre moment d’attention que cette musique impose, même dans ses gestes plus ordinaires, plages de repos un peu convenues où Boulez s’amuse à être jeune (et avoue l’influence digérée de Ligeti de belle manière, celle des grands).On se pâme des espaces de réflexions où le timbre domine et lors desquels chaque note trouve une juste place qui amplifie l’univers intérieur.On entend même, quelle ironie! qui montre l’ouverture de l’oreille de Boulez, des sortes de citations des passages les mieux réussis de Steve Reich {Desert Music).On entend de la musique de géomètre.Celui des points, de la ligne, des courbes, du dessin et du dessein.Cela aussi, l’enregistrement le rend bien: correctement installé, on perçoit le moindre cheminement de la perspective sonore entre les instruments.Les audiophiles n'en croiront pas leurs oreilles tant les merveilles techniques de la DGG dans cette collection 20/21 sont impressionnantes.La troisième œuvre du disque est plus connue.Belle, certes, mais moins accomplie que les autres.Si la musique impose toujours qu’on l’entende, c’est la qualité de l’interprétation qu’il faut souligner ici.L’engagement des musiciens est absolu.Voilà le grand privilège qu’a conquis Pierre Boulez: on ne s'attaque à sa musique qu'avec le respect digne des plus grands.Le point un peu sec des années de jeunesse devient réson-nant, vibrant.J’ose une périphrase; cette musique est à mettre en parallèle avec les enluminures médiévales et les toiles de Klee.lœs images, toutes suggestives qu’elles se veulent, ne rendent cependant pas pleine justice au vrai sonore, cette joie de la musique bien faite qui est si généreusement offerte par Boulez.Après avoir entendu cela, on a le droit d’être déçu par «l’autre» musique contemporaine qui cherche la séduction facile; car celle de Boulez cherche tant la hauteur de vue que son partage immense.Si immense en fait qu’on aspire à s’y hisser.Mûri >•« MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec ::: I e .paysage a travers la collection du Musée.IDEES DE PAYSAGE, PAYSAGES D’IDÉES Du ) novembre 2000 au 1er avril 2(101 Renscigncmcnls : (314) 847-0220 Metro Olacc des \rts wu w.macm ore V L E I) E V 0 I K , I.E S S A M E D I i « E T I) I M A X < Il E I !> X 0 V E M B K E 2 0 II (I C 1 *2 ?LE DEVOIR - «Ne poursuivant pas une idée architecturale, mais simplement guidés parles effets du calcul (dérivés des principes qui gèrent notre univers) et la conception d’un organe viable, les ingénieurs d'aujourd'hui font l’emploi des éléments primaires et, les coordonnant, suivant des règles, provoquant en nous des émotions architecturales, faisant ainsi raisonner l’œuvre humaine avec l’ordre universel.Voici des silos et des usines américaines, magnifiques prémices du nouveau temps.Les ingénieurs américains écrasent de leurs calculs l’architecture agonisante.•> - Le Corbusier Entre le canal de Lachine et le Vieux-Montréal, à la frontière ouest du Vieux-Port, le long du bassin de la Pointe-du-Moulin, se dresse un ensemble monumental, digne symbole de l’industrialisation et de la modernisation du Canada: les silos du port de Montréal.Objets urbains honnis ou admirés, ils sont le sujet de rêves et de projets depuis qu’ils sont désaffectés, disponibles et situés dans un lieu hautement convoité! Avec la vague de développement immobilier qui déferle sur Montréal, il est encore heureux qu’un tel lieu soit encore vacant et que des groupes de professionnels veuillent investir temps et imagination dans la recherche architecturale et urbaine.De quoi être rasséréné et espérer un avenir meilleur.MICHÈLE PICARD Construction mythique nord-américaine par excellence, le silo a été et demeure une part importante du paysage et de l’identité du Vieux-Montréal, bien que le silo soit devenu un espace et un environnement industriel en désuétude.Récemment, des groupes et des individus se sont penchés sur l'avenir de cette superstructure d’une autre époque.Forts de l’élargissement de la réflexion des dernières années sur le patrimoine, Docomomo Québec (Documentation, Conservation, MOuvement Moderne) a donc organisé une «charrette d’architecture» visant à stimuler des propositions de recyclage du silo n° 5.Cinq équipes composées d’architectes, de designers et d’historiens, c’est-à-dire plus de cinquante professionnels, se sont penchées sur le projet de mise en valeur de l’élévateur à grains n° 5 du port de Montréal.Ces concepteurs ont été choisis pour leurs intérêts particuliers envers le patrimoine moderne, Docomomo Québec et les silos, ainsi que pour la pertinence de leur recherche, explique France Vanlaethem, présidente de l’organisme.Cette charrette architecturale s’est déroulée dans le cadre d’activités élaborées sur l'avenir du silo n° 5, série qui a débuté par une journée d’étude tenue à l’automne 1998 au Centre canadien d’architecture sous le titre: Le silo n° 5 du port de Montréal et son secteur: le passé, l’avenir.En 2000, l’initiative s’est poursuivie sous l’égide de l’Association québécoise pour le patrimoine industriel (AQPI), d’Héritage Montréal, de Docomomo Québec, de Quartier Ephémère (Si-lophone) et du Centre d’histoire de Montréal, par une série d'événements, dont les concerts de silos, la charrette architecturale, un forum public et une exposition.Mais l’exercice de réflexion urbaine amorcé depuis quelque temps sur ce géant presque centenaire s’est concrétisé pendant la fin de semaine des Journées de la culture, les 29 et 30 septembre et 1" octobre derniers.Ainsi, les équipes multidisciplinaires bénéficiaient du soutien d’un ingénieur, Jacques Chartrand (Knoll, Chartrand, Knoll, ing.) et étaient appuyées par un spécialiste en patrimoine et un membre du public dans chaque équipe.Une ambiance de saine émulation régnait dans les ateliers où les cinq équipes étaient accueillies à l’École de design de l’UQAM (dessinée par Dan S.Hanganu, 1996).Par ailleurs, ni l’école ni les architectes n’avaient négligé les efforts de matériaux et de lieu, transportant ordinateurs et collaborateurs, construisant maquettes réelles et virtuelles afin de mieux entrevoir des usages pour le mastodonte de béton de près d’un demi-kilomètre de long.Les données historiques recueillies en première phase ont servi de base aux équipes qui ont usé de leur imagination et de leur expertise pour résoudre le problème de réutilisation de cet équipement laissé à l'abandon par un déplacement des activités portuaires.Édifié en quatre étapes: 1906, 1913,1924, 1958, l’élévateur n° 5 illustre l’évolution des techniques de construction des élévateurs à grain, d’abord en acier, ensuite en béton armé.La conception des plans avait été confiée à la firme d’ingé-nieurs-conseils John S.Metcalf Co.de Chicago.Ruine mod e r n e Charrette sur le silo n ° 5 U n monument aux bâtisseurs in (D S
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