Le devoir, 25 novembre 2000, Cahier F
I.K I) K V 0 I R , L E S S A M EDI 2 .1 E T I) I M A X ( H E 2 li X O V E M B R E 2 0 0 (I LE DEVOIR Société et familles Nicole Boily Pour la présidente du Conseil de la famille et de l'enfance, «il est crucial de mesurer les impacts des nouvelles tendances démographiques sur notre société et de tenter de cerner les pistes d'action possibles pour les divers acteurs sociaux».Page 3 démographie Minorités Le jumelage à une famille québécoise favorise l’intégration des nouveaux arrivants.Évaluation des programmes d’accueil et des stratégies visant à assurer une participation réelle à la société québécoise.Page 5 MMmMMMMMMMP Le nouvel Il faudra s’y faire.Les conceptions sur lesquelles, hier encore, il y a vingt ans à peine, reposaient les images des sociétés ne tiennent plus.Il est connu qu’au Québec le taux de natalité est en chute libre.L’arrivée d'une naissance chez les jeunes couples tient plus de l’accident que de la planification.On aura beau voir comme un nouveau phénomène ces femmes qui deviennent mères vers la fin de la trentaine (et cela, en fait, quantitativement, ne relève-t-il point plus du fait isolé que d’une tendance sociétale réelle?), il est à coup sûr indéniable que les sociétés se transforment.Disions-nous aussi le «péril jaune»?Cela non plus ne tient plus, quand la Chine, le Japon ou la Corée du Sud voient leur taux de natalité, dans le meilleur des cas, égal ou inférieur à celui des statistiques canadiennes.Si l’objectif est de se donner aujourd’hui une image du monde de demain, il faudra se dire, en s’appuyant sur la reproduction en nombre de l’espèce, que la planète Terre sera musulmane, noire et arabe (pour preuve, le taux de fécondité au Rwanda est de 7,6, un record absolu dans les pays recensés, dépassant une moyenne africaine qui s’élève à plus de six enfants par femme, quand la Syrie affiche un taux de 6 contre 5,9 et 5,8 pour l'Iran et l’Irak).Si, pour l’homme du commun, un tel clivage a pour conséquence l’indifférence ou au mieux la surprise, pour l’homme politique, de tels résultats sont lourds de conséquences.Il a été admis que la société québécoise traditionnelle n’existe plus.Personne n’ose plus rêver d’un coin d’Amérique catholique et rural et l’avenir du Québec ne passe déjà plus par l’industrialisation.Il est cependant moins admis qu’à de telles tendances, irréversibles, il faudra bientôt ajouter un questionnement fondamental, qui inclura les fondements de la sociaklé-moeratie que défendent les divers régimes politiques en place: pour une fois, ce ne sera pas le néolibéralisme ou la mondialisation des marchés qui seront derrière les remises en cause des programmes sociaux ou scolaires publics.La dénatalité fait des ravages.Constats La population québécoise plafonne: d'ici 25 ans, elle atteindra son sommet, 7,8 millions de citoyens.Le taux des naissances est trop bas fil fau- drait qu’il soit de 2,1 quand il se maintient à moins de 2); l’immigration est insuffisante et ceux qui arrivent ne s'installent souvent pas, préférant aller ailleurs; la quête de futurs arrivants devra être réorientée, les pays européens ou d’Amérique centrale connaissant eux aussi des chutes brutales de leur taux de natalité (finies les espérances irlandaises, italiennes, grecques ou est-européennes, voire salvadoriennes ou nicaraguayennes).Tantôt, le Québec pourrait ne plus avoir une masse critique, une population suffisante pour garantir le maintien des systèmes hospitaliers ou scolaires.Le vieillissement de la population québécoise devient un problème majeur ü est connu que les coûts reliés au maintien des régimes de retraite et aux débours reliés aux frais de santé vont augmentant.La solution économique à cette nouvelle situation demeure à être trouvée.Il faudra refondre la société québécoise.Là-dessus, les experts s’entendent: les primes aux nouvelles naissances sont de faibles incitatifs et il laut repenser la relation entre le mode du travail et la vie familiale.Comme il faut aussi concevoir la société québécoise de demain comme étant plurielle, ouverte et accueillante.L’arrivée de nouvelles populations ne doit pas être perçue en coûts supplémentaires pour les actuels citoyens mais comme un investissement à long terme qui garantit le maintien des conditions présentes d'existence.Ces questions, le Conseil de la famille et de l’enfance les a en tête.Il a pour mission d’y apporter des éléments de réponse qui seront transmis aux gouvernants.Voilà pourquoi il convoque un colloque à être tenu la semaine prochaine où la démographie, et ce que les lectures qu’elle impose impliquent, sera au cœur des échanges.Le sujet semble étroit, mais sa portée est vaste.Pour qui veut se joindre à la discussion, qu'il consulte le site www.rfe.gouv.qc.ca, ou prévoit un séjour montréalais les 28 et 29 novembre à l’hôtel Renaissance.Il découvrira que le Québec d'hier n’est plus.Il nous reste des valeurs: famille, travail, mais celles-ci devront être réactivées dans une situation qui, elle, ne peut plus être décrite en termes traditionnels.Le Québec est devenu partie d'un nouveau monde.Normand Thériault Il faut concevoir la société québécoise de demain comme étant plurielle, ouverte et accueillante : .JACQUES NADEAU LE DEVOIR QUÉBÉCOISE LA NOUVELLE SOCI Portrait et colloque Statistiques Immigration Travail Page 2 Page 4 Page 4 Page 6 Jeunes et femmes Page 6 L E DEVOIR.LES S A M E 1> I 25 ET D I M A N C II E 2 (i N O V E M B R E 2 0 0 0 DEMOGRAPHIE ET FAMILLE Une entrevue avec Renée B.Dandurand Anthropologie contemporaine La fin des années soixante a sonné le glas de la famille traditionnelle québécoise.Une anthropologue analyse la nouvelle société qui naît et s’interroge.CLAUDE LAFLEUR En trente ans, l’institution familiale a connu un bouleversement si profond que jadis les démographes ne pouvaient même imaginer qu’elle serait à ce point transformée.Pourtant, comme le constate Renée B.-Dandurand, ces changements persistent et modifient considérablement notre société.Mme Dandurand est professeur-chercheur titulaire à l'INRS-Culture et société, où elle étudie depuis 25 ans les transformations de la famille.Elle s’intéresse plus particulière- ment à l’évolution du mariage et du divorce, à la monoparentalité ainsi qu’aux comportements procréatifs des couples.Elle examine de près les politiques familiales du Québec en dressant des comparaisons avec ce qui se fait ailleurs au Canada et dans le monde.Dans le cadre du colloque Démographie et famille, elle présentera une conférence intitulée Les défis de la famille contemporaine.Organisé par le Conseil de la famille et de l’enfance, ce colloque se tiendra les 28 et 29 novembre au Renaissance Hôtel du Parc, à Montréal.Sous le thème Us impacts de la démographie sur la famille et la société de demain, cette rencontre donnera l’occasion d’examiner la question sous divers angles, dont celui du rôle de l’Etat de la participation de la société civile ainsi que selon le portrait sociodémographique de la famille.Le Conseil souhaite de la sorte susciter la réflexion et les échanges parmi les personnes intéressées aux impacts de cette question.Curieusement Renée B.Dandurand est diplômée en anthropologie.On s’attendrait par conséquent à ce qu’elle s’intéresse plutôt aux origines de l’humanité et à la vie sociale de nos lointains ancêtres.Or, il n’en est rien, bien au contraire.«Les anthropologues ne s’intéressent pas seulement à nos origines, lance-t- LA PLUS GRANDE RICHESSE DE LA SOCIÉTÉ C'EST LE CAPITAL HUMAIN Parce que La famille en constitue la source la plus précieuse et la plus fragile, nous sommes fiers de commanditer le colloque Démographie et famille.BANQUE NATIONALE VOUS SEREZ PLUS À L'AISE elle, mais également am autres cultures et, de plus en plus, am sociétés modernes.Ce qui nous intéresse surtout, ce sont les nonnes, les valeurs et les conceptions des membres d’une société ainsi que les relations et les liens de parenté.Nous travaillons donc beaucoup sur les concepts de la famille selon différentes sociétés.» Depuis la fin des années 1970, elle se consacre à l’étude de la famille québécoise contemporaine.Ses premiers travaux, réalisés à l’Institut québécois de recherches sur la culture, portaient sur les divorces, les mariages et la monoparentalité.«Il s’agissait d’essayer de comprendre ce qui était en train de se passer, dit-elle, à savoir des transformations familiales si importantes que, à l’époque, les démographes pensaient que la situation se rétablirait d’elle-même tant ils ne pouvaient concevoir que la famille pouvait changer à ce point! Et pourtant.» Progressivement, la chercheuse s’est intéressée à des sujets au cœur des changements familiaux.Elle a ainsi réalisé une étude sur les questions reliées à la famille élargie et aux liens de parenté.«Dans les sociétés modernes, on se dit que la parenté n’existe plus puisqu’il n’y a que la famille étroite.Par contre, dans les sociétés moins complexes, la parenté est fort importante puisque c’est un mode d’organisation du travail et de la société.On peut donc difficilement imaginer qu 'elle puisse disparaître aussi rapidement.» Et les enfants?Plus récemment, Renée B.-Dandurand s’est intéressée à la question du désir d’enfants — un thème directement lié aux préoccupations du colloque.«Nous avons constaté avec l’arrivée de la pilule et d’une contraception efficace, dit-elle, qu’avoir un enfant est davantage une question de désir que ce l’était précédemment.Un autre changement, fort important, est, qu’en même temps, la situation des femmes et des enfants évolue puisque ceux-ci sont devenus des individus à part entière.En effet, pour les enfants, la société est devenue beaucoup plus permissive dans leur éducation et elle s’est intéressée davantage à leur autonomie plutôt qu’à l’exercice de la discipline.Du côté des femmes, elles ont bien sûr gagné une certaine autonomie, notamment sur le marché du travail.Et tout cela s'est passé en même temps qu’une série d’importants changements, dont la perte d’influence de l’Eglise, les statuts juridiques, le divorce.Par conséquent, il s’est trouvé concentré, fin des années 1960 début des années 1970, une série d’événements qui ont fait en sorte que quantité de contraintes sont tombées tant pour les couples que pour la vie familiale.Conséquence: dès le début des années 1970, la natalité a baissé de telle sorte que les pouvoirs publics vont trouver, dans les années 1980, la situation fort inquiétante, au point de mettre en place une politique familiale: les fameuses primes aux bébés!» Les travaux de Mme Dandurand l’amènent donc progressivement à examiner les politiques familiales.«Ce qui m ’intéresse de plus en plus, poursuit-elle, ce sont les liens entre la famille et les institutions, qu’il s’agisse de l’école, de la garderie ou des politiques gouvernementales et en santé.J’ai d’ailleurs entrepris en 1996 une étude sur la prise en charge des enfants et sur les politiques familiales dans différents pays occidentaux, du moins ceux qui sont les plus susceptibles d’influencer le Québec, comme la France, la Suède, les Etats-Unis et les autres provinces canadiennes.C'est donc là où j'en suis.» Au colloque, la chercheuse parlera du fait que le désir d’enfant ne se réalise pas pour tous les Québécois et Québécoises qui voudraient en avoir, notamment parce que les conditions dans lesquelles ils pourront donner naissance et élever leurs enfants sont parfois très difficiles (notamment à cause d’une situation d’emplois précaires).«Ily a un ensemble d’éléments que je mis essayer de développer autour de ces questions-’, ajoute-t-elle.Débat d’idées Le colloque Démographie et famille, nous dit-elle encore, traitera des phénomènes démographiques liés à la famille.«Évidemment, on pense aussi bien à la fécondité qu’à l’émigration ou à l’allongement de la vie qui fait que c’est autour de ces phénomènes que le gouvernement s’interroge à nouveau.Nous sommes, ne l’oublions pas, une société minoritaire en Amérique du Nord et la représentation des francophones est une préoccupation de société.» La vie change-t-elle d’une génération à l’autre?Où sont les familles?Où vont-elles?Quelle place font-elles aux enfants?Un tel questionnement est, selon la chercheuse, nécessaire: «Voilà toute une série de questions auxquelles nous essayerons de donner me réponse.» Pour informations sur le colloque : (418) 646-7678 ou sans frais 1 (877) 221-7024.Site Web du Conseil de la famille et de l’enfance: http://www.çfê.gouv.qc.ca/ L’INRS EXPLORE les nouvelles réalités familiales W Les chercheurs de l’INRS apportent leur contribution à l'avancement des connaissances sur la famille.Leurs travaux combinent diverses approches de la recherche sociale, en vue d'élucider les enjeux sociaux et éthiques des transformations de la vie familiale.D’ailleurs, l'équipe de l'INRS s'est taillé une solide renommée et son expertise est requise sur des questions cruciales pour l’avenir de notre collectivité : Les trajectoires conjugales, professionnelles et familiales des hommes et des femmes La construaion du lien familial autour de l'enfant Les relations pères/enfants Les imparts de la séparation des parents sur le bien-être des enfants * Le devenir familial des enfants nés en famille recomposée Les enjeux éthiques de l'adoption internationale et l'adoption d'enfants placés Le soutien communautaire aux familles Les relations intergénérationnelles Les politiques familiales L'insertion sociale des jeunes et des personnes âgées Les rapports entre les familles et les institutions L'Institut coordonne le partenariat de recherche sociale, multidisciplinaire et multisectoriel, Familles en mouvance et dynamiques intergénérationnelles (http://partenariat-familles.inrs-culture.uquebec.ca), financé par le Conseil québécois de la recherche sociale.Il gère également une banque documentaire sur la famille (http://familia.inrs-culture.uquebec.ca).Université du Québec Institut national de la recherche scientifique La science en ACTION pour un monde en ÉVOLUTION INRS-Urbanisation : (514) 499-4000 INRS-Culture et Société : (514) 499-4000 www.inrs-urb.uquebec.ca www.inrs-culture.uquebec.ca Imtitut dr la statistique du Québec Miciotoft Internet t xploiei &chie» £ K C I A I.C RUE I’ A II I.K I) K V 0 I II Mllii'riniiltolnlf'vnir.ni.20, rtir ilr Blrury, II' dUtfc.Monlrrnl (Çiiflirrl MUA IIMII.Tel.: (AI II USA IIIISS rnlarlIoiieMniilr.roiii LE DEVOIR.LES SA M E I) I 2 ô ET DI NI A \ < Il E 2 fi X O V E M B R E 2 O (I 0 F 5 ?DÉMOGRAPHIE ET FAMILLE * Famille immigrante Se transformer sans se conformer Le jumelage à une famille québécoise favorise l'intégration des nouveaux arrivants La famille constitue souvent le point d’ancrage sur lequel les nouveaux arrivants s’appuient pour développer leurs stratégies d’intégration à la société d’accueil.JOHANNE LANDRY La famille étant un produit de société, celle-ci influence forcément celle-là dans son développement ainsi que dans les/ela-tions entre ses membres.«À leur arrivée ici, les familles immigrantes se transforment.C’est inévitable.Même si elles essaient de garder leurs valeurs plus longtemps», remarque Dana Gojak, agent d’accueil et d’intégration au Comité régional d’éducation et de mouvement international pour Lanaudière (CREDIL).11 s’agit cependant d’un mouvement à long terme, le maintien des habitudes étant parmi les plus grands besoins de l’être humain.Une étude menée par Michèle Vatz-Laaroussi, professeur agrégé de l’Université de Sherbrooke, auprès de 49 familles d’immigrants valide les hypothèses en ce sens.«La migration change la famille, explique-t-elle.Elle constitue cependant la constante sur laquelle les nouveaux arrivants s’appuient afin de s’intégrer à la société d’accueil.» Selon les participants à l’étude, en effet, l’histoire de la migration, vécue solidairement par les membres de la famille, devient une expérience partagée sur laquelle se construit une vision commune de ce qui les attend et de la façon dont ils pourront prendre leur place dans le nouveau contexte.Stratégies d’intégration Michèle Vatz-Laaroussi identifie quatre stratégies, dos : façon s de participer à la-société.d’accueil, de se situer pat rapport à l’école ou au marché du travail.Des avenues pour se construire dans l’expérience familiale de la migration en récupérant certains éléments des valeurs traditionnelles tout en les adaptant au nouveau contexte.Ces stratégies reposent sur la famille et sont partagées par ses membres.La première se définit comme une stratégie de compétition.Entre les membres de la famille et avec la société d’accueil pour gagner sa place au travail, à l’école, dans les sports ou les milieux associatifs.Démontrer qu’on est le meilleur, en déployant toutes ses ressources personnelles pour y arriver.«Cette stratégie, commente Michèle Vatz-Laaroussi, entraîne des résultats positif, comme elle mène parfois vers un sentiment d’impuissance face à la non-reconnaissance des acquis du pays d’origine.» La seconde fait la promotion de la différence.Une valorisation des façons de vivre et des traditions distinctives afin qu’elles ne constituent pas des éléments de marginalisation, mais plutôt une richesse qui permettra de trouver sa place.Le fait de maîtriser une langue maternelle supplémentaire en est un exemple.La troisième est une stratégie de réseau.Larges et diversifiés, ces réseaux dépassent les frontières.C’est par eux qu'on va tenter de reconstruire son identité et de prendre socialement sa place.Le réseau peut se tisser autour de familles rencontrées au cours de la trajectoire migratoire, comme ce peut aussi être plus local ou encore avec la famille demeurée au pays d’origine.«Le réseautage électronique devient alors très important, souligne Mme Vatz-Laaroussi.Les familles rencontrées, quels que soient leur niveau de scolarité et leurs revenus, étaient toutes branchées.» Finalement, la quatrième est une stratégie dite collectiviste.Les familles qui viennent de pays très organisés en ce sens, comme ceux de l’Europe de l’Est, tendent à structurer la vie de famille comme celle d'un collectif.Avec une dynamique de vote où les décisions sont prises selon la majorité.«Par rapport à l'extérieur, commente Michèle Vatz-Laaroussi, cette stratégie entraîne un rapport de nous à vous qui n ’a rien d’individualiste.» Ces stratégies de survie psychologique ne sont pas nécessairement choisies en toute connaissance de cause.Elles découlent de l’histoire familiale, des événements survenus lors du mouvement migratoire ou même des rapports internationaux.Ouverture du dialogue Interrogées sur l’apparition de situations conflictuelles à la suite des pressions au changement qu’elles subissent, les familles qui ont participé à l’étude menée par Mme Vatz-Laaroussi ont plutôt fait part d’un renforcement des liens familiaux et d’une habitude de dialogue qui s’installe.Nécessité oblige.Alors qu’en pays de connaissances, certaines choses vont de soi sans qu’on éprouve le besoin d’en parler, en situation migratoire, il faut souvent échanger sur des événements autrement banals autant que sur les effets de la transformation ressentis par chacun.Des négociations quotidiennes ne tournent cependant pas nécessairement au conflit.Toutes sortes de médiations au sein même des familles permettent aux transformations de s’installer.Parfois après certains heurts, bien entendu, mais souvent par le dialogue et les compromis qui permettent des avancées familiales, c’est-à-dire que tout le monde change en même temps.«Nous avons trop souvent tendance à croire faussement que les enfants changent et pas les parents», énonce Michèle Vatz-Laaroussi.«Les jeunes s’intégrent beaucoup plus rapidement, constate Dana Gojak du CREDIL, et cela est lié à la jeunesse.Lorsque les enfants deviennent mieux renseignés que leurs parents et plus en mesure de fournir l’information et de trouver des solutions, les rôles au sein de la famille se modifient, Ce qui.peut causer certains problèmes.» L’apparition de situations conflictuelles entre les générations, selon Mme Gojak, dépend de si nombreux facteurs qu’il devient aléatoire de généraliser dans un sens comme dans l’autre.Les relations existantes au sein de la famille, le pays d’origine, la culture, le niveau d’éducation, le nombre d’enfants, sont autant d’éléments qui modifient également les comportements de chacun.Besoin de la famille québécoise «Les nouveaux arrivants, pour s’intégrer, ont besoin des familles québécoises», affirme Dana Gojak, qui a elle-même vécu l’expérience de l’immigration avec les siens, il y a quatre ans.Les programmes de jumelage, mis de l'avant par le CREDIL et d’autres organismes dans différentes régions, agissent en ce sens.Le rôle de la famille jumelle: montrer aux nouveaux arrivants comment nous vivons au Québec, comment nous cuisinons, comment nous nous distrayons les fins de semaine, comment nous nous habillons durant l’hiver, à quels endroits nous faisons nos courses dans le quartier, bref les initier à tous ces détails qui font une vie de famille et qu’ils doivent réapprendre.«De grandes amitiés se développent, fait valoir Mme Gojak, bien au-delà de la durée du jumelage.Une expérience extraordinaire pour les petits Québécois d'élargir leur vision du monde et de côtoyer des gens d’une autre couleur, d’une autre culture, d’une autre langue et de vivre le plaisir de leur faire découvrir et aimer le Québec.» Au cœur des familles de nouveaux arrivants, les comportements se modifient.«En même temps, elles ne se conforment pas.Elles ne peuvent affirmer, même après une implantation de longue durée, qu’elles deviennent tout comme les familles québécoises.Leur présentation d'elles-mêmes comme entité, leur fonctionnement ainsi que leur façon d’être dans la société demeurent différents.» Il en va de même de la situation de la femme.«Si les immigrantes souhaitent l’émancipation, elles ne la veulent pas forcément à la mode québécoise.Elles insistent davantage sur les aspects structurels comme l’équité des salaires et l’accès aux mêmes emplois que les hommes.Ces points leur semblent plus essentiels que ce qui se passe à l’intérieur des murs de la maison», rapporte le professeur de l’Université de Sherbrooke.«Nous avons trop souvent tendance à croire faussement que les enfants changent et pas les parents» ARC HIVES LE DEVOIR Si les immigrantes souhaitent l’émancipation, elles ne la veulent pas forcément à la mode québécoise., - «v m m I WJi essaqe du ministère de la Santé et des Services sociaux Au Québec comme ailleurs, la famille est l’institution la plus touchée par l’évolution démographique.Le colloque organisé par le Conseil de la famille et de l’enfance et la réflexion sur les impacts de cette évolution sont tout à fait nécessaires.En favorisant le partage des connaissances, ils aideront le gouvernement du Québec, l’État le plus engagé en Amérique du Nord dans le soutien aux familles, à faire en sorte que les enfants et leurs parents demeurent au centre de ses préoccupations.% A ce titre, et convaincu de l’influence déterminante des facteurs socioéconomiques, culturels et démographiques sur la santé et le bien-être des familles, le ministère de la Santé et des Services sociaux a mis sur pied différentes mesures afin de contribuer à l’amélioration du bien-être de familles démunies.En ce sens, au nom d’un principe universel du droit à la santé, le ministère de la Santé et des Services sociaux placera toujours les enfants et les familles auxquelles ils appartiennent au cœur de ses choix.Québec ° ° Ministère de la Santé et des Services sociaux S S J?/SS. L K I) K V
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