Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 2000-12-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 ET DI M A X C II E 3 I) É ( E M B R E 2 O O O Romans québécois Page D 3 Essais Page D 4 Romans de l’Amérique Page D 6 Uttéralure française Page D 8 Alberto Manguel Page D12 Paul Ricœur Page D 10 Lettres virtuelles Internet a beau être tout neuf, tout jeune, on y trouve déjà de tout.Du bon, du meilleur et du pire, de l’utile, de l’agréable et.du mercantile.«Cela» circule, «cela» communique en images et en sons — il y a là de l’audiovisuel raffiné — mais aussi par ces bons vieux mots, décidément irremplaçables.ROBERT CHARTRAND Lorsque le chroniqueur littéraire se transforme en internaute vraiment très humble (salut, collègue Du-mais!), il furète, et, vous le soupçonnez bien, il trouve.de la littérature.Voici quelques-uns des sites que j’aime bien parce qu’ils me paraissent à la fois bien conçus et riches de contenu.Constatation banale: la Toile littéraire, tout au moins dans l’état actuel des choses, est à son meilleur lorsqu’elle s’apparente à une bibliothèque ou à un centre de documentation.L’électronique permet de diffuser autrement des textes souvent anciens et parfois d’en exhumer certains de l’oubli.C’est le cas de l’un des sites phares de la littérature québécoise, remarquablement bien fait; «La Bibliothèque électronique du Québec», qui s’appelait naguère «Petite anthologie du Québec» (www.multimania.com/jydupuis/index.htm ).Conçu et tenu par Jean-Yves Dupuis — s’agit-il du romancier et nouvelliste, auteur notamment de Bofgénération?—, il présente de nombreux textes de nos classiques: Louis Fréchette, Nérée Beauchemin, Arthur Buies, Laure Conan et bien d’autres, écrivains oubliés comme Firmin Picard, Joseph Raîche ou Orner Voisard.On y trouve également YÉvangéline de Longfellow en version originale anglaise et en français.Le site, enrichi et mis à jour régulièrement, semble très fréquenté, y compris par certains internautes à qui Dupuis sert cette mise au point «Je tiens à signaler que je ne réponds pas aux courriels d'étudiants qui s'imaginent que je peux faire leurs travaux à leur place.» On peut d’ailleurs se servir de ce site comme porte d’accès à l’ensemble de l’activité littéraire au Québec puisque son auteur y propose un grand nombre d’autres sites sur ou par des auteurs — dont certains publient sur la Toile —, ceux de revues littéraires, de librairies, d’éditeurs, etc.On accède à ces listes, à partir de la même adresse que ci-dessus, en remplaçant in-dex.htm par liens.htm.Parmi tous ceux-ci, signalonsen deux: «Au fil de mes lectures» (www.synapse.net~euler/aufil.htm), un recueil de plus de 10 000 citations amoureusement recueillies par Gillçs Jobin chez les écrivains les plus divers.A feuilleter, si je puis dire, en flânant.Et un site utile à ceux qui ont des enfants ou qui en connaissent: «littérature québécoise pour la jeunesse» (sdm.qc.ca/txtdoc/lj98/aa/lsu.html), où VOIR PAGE D 2: LETTRES CHOl* LE DEVOIR Métaphysique du papillon Michaël La'Chan Comment parler d’un livre aussi vaste que Le Carnet du Bombyx?Voici une œuvre littéraire et philosophique d’envergure qui entreprend un périple fécond dans sa langue charneUe, ses marges, ses signes graphiques et ses chiffres.DAVID CANTIN Sur son bureau, Michaël La Chance rassemble un bon nombre de documents avant de revenir sur cette quête métaphysique, sentie et imaginée, dont il commençait l’écriture il y a plus de quatre ans.Après le cycle de poèmes des Leçons d’orage parus en 1998, voilà que L’Hexagone publie ce traité d’imagination vigoureuse où l’on assiste à une réflexion profonde sur le destin, la parole, ainsi que le temps.Certains connaissent Michaël La Chance pour son travail critique à propos de l’art contemporain d’ici et d’ailleurs, d’autres pour ses contributions savantes dans le domaine de la philosophie ou encore pour son engagement à la revue Spirale.Poète et écrivain, Michaël La Chance est à un moment important de son parcours avec Carnet du Bombyx, qui suit les étapes de l’accomplissement de l’être bombycin.Avec générosité et un peu d'humour, il décrit l’endroit précis où le livre s’est imposé dans son esprit: «Au cours d’un été à Lauris, je revois très bien ce grenier dans lequel on faisait la culture du ver à soie.J’aimerais croire que cette conception embryonnaire de la vérité, qui se déploie au cours du Carnet, proviendrait de cet espace d’écriture.» Dans les textes anciens, le Bombyx est un insecte bourdonnant, une flûte qui résonne, un grondement de voix et, par analogie, un chant grave.L’image d’un grand papillon de nuit aux ailes duveteuses reflète cette aventure du langage et de la pensée embryonnaire dans le présent, le passé, ainsi que l’avenir d’un individu.Pour La Chance, «un effort de construction s'imposait dans cette tentative d'interroger ce qu’est l’être humain.Toutefois, je souhaitais me défaire de mes illusions afin de réinventer m regard neuf sur les choses.Il me fallait trouver un meilleur ancrage qui puisse me mettre à l’abri des chutes du monde réel.» Se rappelant son affinité immédiate avec les signes percutés sur le passage d’un glacier au mont Bégo, il décidera d’insérer ces marques de l’âge de bronze à même son texte; comme quoi ce livre est aussi le miroir d’une violence originaire qui a constitué le langage.En ouvrant une page du Carnet du Bombyx, on découvre que la prose est constamment perturbée dans ses marges par les colonnes d’un commentaire et aussi par un contrepoint de signes.Le commentaire amorce une réflexion parallèle qui accompagne et structure le texte principal, tandis que les signes graphiques inventent un espace symbolique qui ce VOIR PAGE D 2: LA CHANCE, vf r#; .¦ • ' -•* V« .f ,>/ i tm i* .- ^ •-.c :Tri:rxm7-.¦ : I H ¦ ~ t ’ V- - J; .! T Iffrf-'f*: - \ ' yXpg’yg&fc.frï:.¦¦ • ; W i "¦ \ A'- AAf/.A:V ' •„y." ., É (' E M B R E 2 0 0 0 I) 2 Ni un essai philosophique, ni un journal Livres - LACHANCE intime, ni une fable contemporaine, ni un long poème en prose Michaël La Chance Carnet DU Bombyx > 4 • I HfcXAGONE SUITE DE LA PAGE D 1 suggère un autre mode de lecture.Selon l’auteur, «si une quelconque notion mythico-philosophique (la nuit, l’être, la vie, le temps.) revient sans cesse, d’une page à l’autre, cette répétition en épuise le sens profond.Ce n'est bientôt qu’un ingrédient conventionnel de la langue littéraire.Avec l’apport des signes, j'ai voulu réduire le mot à une trace matérielle autour de laquelle le discours, à la façon d’une Rose Camune, construit ses méandres».Tout cela peut paraître bien complexe; pourtant, ce texte est à l’image d’un pivot intime.Le centre à partir duquel le Bombyx tisse autour de lui-même un cos-me soyeux, celui où la diversité des possibles vacille.Au cœur de la vie Comment donner à sa vie l’envergure de la parole?Comment se creuse en soi un vide si douloureux?Ces questions interviennent sans cesse dans le Carnet du Bombyx, qui se traduirait le plus simplement comme une «coïncidence merveilleuse entre la vie et le langage [.] la Vie, c'est-à-dire le perpétuel commençement dans lequel la vie se rêve».A travers l’intonation, le rythme de la phrase, la scansion et l'emphase du verbe, cette prose poétique remonte au paysage intérieur, aux figures spectrales; «On écrit avant tout pour ses fantômes, afin de comprendre pour qui on veut faire sens.Est-ce juste une posture morale! Le pari derrière ce travail philosophique puisait à même la recherche de la matérialisation et de la transformation de l’écriture.La langue cache aussi un univers de matières.» On retrouve d’ailleurs souvent, d'un chapitre à l’autre, certaines références à des pratiques manuelles fia culture du ver à soie ou celle de la lavande) qui cachent une véritable distillation des sens.L’acte de toucher, de voir, d’aimer et de comprendre s’infiltre alors dans le cheminement de l’être inaccompli.Comme le souligne La Chance, «le Bombyx a un pouvoir de métamorphose.H faut entendre ses émotions dans ce qu’on entend, les voir dans ce qu’on voit, les toucher dans ce qu’on touche.Le Bombyx, c'est l’esprit naturé; une façon d’observer le monde avec désespoir et enchantement.J’imagine que le Bombyx, comme ce Carnet, se laisse connaître-par dispersions».L’éditeur parle de carnet littéraire, mais quiconque chercherait à classer ce livre dans un seul genre trouvera plusieurs obstacles sur son chemin.Le Carnet du Bombyx n’est ni un essai philosophique, ni un journal intime, ni une fable contemporaine, ni un long poème en prose, mais s’ouvre plutôt sur chacune de ces propositions.livre de mémoire et d’écoute, il y a dans cette expérience «un besoin de l’immédiateté de la pensée à elle-même, du désir au corps, du réel face au jaillissement des sens».Nourri par des philosophes qui vont de Platon à Peter Sloterdijk, de poètes tels Blake, Yeats et Hôl-derlin, mais aussi par des lieux comme la Vallée des Merveilles ou l’art rupestre dans le monde, La Chance défend «le geste contem- platif, dans sa simplicité poétique, où repose une inquiétude de l’être, une inquiétation des mots».Face aux pétroglyphes de Val Camoni-ca, l’écrivain né à Neuilly croit qu’«o« n’en dit pas plus qu'eux à notre époque.Ces gravures sont davantage rituelles que déclaratives.Les notions de notre métaphysique ne restent que des accidents différents de la pierre».Bien qu’il soit question d’archéologie, d’ethnologie et des cultes proto-historiques, Michaël La Chance n’a pas la prétention de s’avancer sur le terrain des spécialistes dans ces domaines.Il préfère toutefois suivre sa propre intuition poétique.«La mort est au centre, chaque existence est une boucle qui en part et y revient.» Cette phrase inaugurale du Carnet du Bombyx donne le ton au périple qui prend la forme «d'une proie vivante à peau de mailles».Il faut alors chercher à faire l’expérience du langage comme espace et matérialité, semblable à cette iconicité réelle dans une époque ou la réalité devient iconique.Faisant suite à la publication du livre, Michaël La Chance a déjà d’autres projets en tête; «J’aimerais mènera terme un essai, en cours dans plusieurs articles, sur les penseurs de fer à l’ère des Titans.Je travaille aussi sur un recueil de poèmes, où les formes fixes auront un rôle très particulier, qui suivra les Leçons d’ora-ge.» Une chose semble pourtant certaine: Michaël La Chance vient de donner naissance à un livre majeur dans la littérature québécoise contemporaine.A chacun de parcourir, en toute liberté, cet éveil de sens telluriques du monde qu’est Le Carnet du Bombyx.LE CARNET DU BOMBYX Michaël La Chance L’Hexagone Montréal, 2000,208 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE La vie en morose ADA REGARDAIT VERS NULLE PART Luc Larochelle Les Herbes rouges Montréal, 2000,96 pages NICOLAS FARGUES Depuis les stoïciens jusqu’à Henri Michaux, la littérature fragmentaire a, chez l’écrivain pessimiste, toujours traduit quelque chose de plus complexe qu’une simple question de prédisposition personnelle ou de choix esthétique.Elle est le résultat de l’affrontement entre sa tentation du silence, trop radicale car trop macabre, et celle du discours, trop décourageante car trop vaine.C’est la raison pour laquelle le public a toujours eu plus ou moins de mal à y trouver son compte.Ni poésie, ni nouvelle, ni roman, le procédé échappe à la définition.Car on écrit court un peu comme on se retourne après des adieux: avec, au cœur, le sentiment qu’il s’en faudrait de peu que l’on choisisse de rester pour de bon.Luc Larochelle, comme tous ses héros de pas-sage dans Ada regardait vers nulle part, appartient à cette race de résignés lucides «sans grandes raisons, sans drames connus.Juste trop de mailles tirées qui font qu’un jour, l’habit n’est plus portable» (page 43).Chez lui, l’écriture apparaît comme la dernière solution alternative sincère à la volonté d’en finir, signe que tout n’est pas vraiment perdu non plus.Résultat: 73 instantanés indépendants les uns des autres, petits accidents d’espoir qui sont des condensés subtils d’autant de romans possibles (si, bien entendu, on considère que disséquer son mal-être sur 350 pages représente un aboutissement en littérature); ou, plus précisément, 73 brefs extraits de 73 romans possibles: une conversation conflictuelle sur le prix de la laitue, une femme tournant le dos à son mari au lit à cause de la mauvaise haleine de celui-ci, un père tendant à son fils un six-pack de Budweiser sur le pas de sa porte.Dans la tête des personnages Car, comme tout authentique écrivain, c’est dans la tête de ses personnages que Larochelle va dénicher le romanesque, de préférence lorsqu’il ne leur arrive rien, c’est-à-dire à tout moment, n’importe où, n’importe quand.En quelques phrases justes, avec la simplicité essentielle de l’expérience, il s’attache à faire le bilan de toute une génération de couples ruminant leur naufrage.Cette même génération qui, dans les années 70, parlait de réinventer l’amour, ou tout au moins de ne pas entacher l’amour de routine, de reproches, de trahisons et d’indifférence, comme au temps de leurs parents: «Audrey posa un baiser sur son front, puis se dirigea vers la fenêtre.Mike, te souviens-tu de notre dernier été sur la Côte?-J’y pense souvent.-Tu crois que nous étions heureux?- Peut-être que oui.Tout cela est tellement loin.- Je ne sais pas ce que je ferai de la maison là-bas.- Vendsda, Audrey, je te le demande.Ne retourne pas sur la Côte» (page 31).Certes, la littérature occidentale contemporaine regorge de constats comparables.Mais il se dégage d’Ada regardait vers nulle part une profonde humanité, un mélange de compassion et de fragilité plus fort que la seule amertume: «Cet appel, c’est un cri, d’amour, un sanglot, un râle de désespoir.C'est à vous de décider» (page 41).Si l’on devait se risquer à une comparaison, ce serait Tokyo-Montana Express, de Richard Brautigan.On y trouve la même générosité dans la brièveté, le même goût pour l’insignifiance pleine de sens, le même humour du désespoir, les mêmes dons d’écoute et de voyance, la même attention maladive de poète au langage des éléments, de Las Vegas à Dubrovnik: «À cause de la lumière diffuse des fanaux dans les rues de la vieille ville.[.] A cause du vin qui goûtait le soleil.À cause du vent qui ne mentait pas sur la couleur des nuits» (page 17).L’ennui, avec Luc Larochelle, c’est qu’il ne fait rien qu'à critiquer tout le monde: «Je ne supporte plus cette allure hautaine que tu prends, et ce maudit sourire.- Ce n'est pas du mépris.C’est ma manière de supporter votre méprise.- Quelle méprise?- Mais, Jennifer, tu ne crois tout de même pas, toi aussi, que nous allons nous en tirer?» (page 53).Heureusement pour les autres, la lucidité est bien faite: elle n’engage que soi.GRC Ri }UPE înaud-Bray — — Carneau -^ -— PALMARÈS HEBDOMADAIRE^^ selon les ventes de nos 24 succursales bT t Jm Du 22 au 29 novembre 2000 1 JEUNESSE 1 J.- K.Rowling Éd.Gallimard 2 ROMAN Q.Journal d'un Ti-Mé 3 Claude Meunier Leméac 3 HUMOUR Les chrétienneries 8 Pascal Beausoleil Intouchables 4 CUISINE Encore des pinardises * 7 Daniel Pinard Boréal 5 CUISINE Le guide du vin 2001 4 Michel Phaneuf L'Homme 6 ESSAI Q.L'année Chapleau 2000 2 Serge Chapleau Boréal 7 GUIDE Guide des resto Voir 2001 2 Baachemfcifflaiaud Voir 8 PRATIQUE Le guide de l'auto 2001 8 Duval & Duquel L'Homme 9 BKXàRAPH.Ma vie, mon rêve 5 Céline Dion R.Laffont j 10 JEUNESSE Chansons drôles, chansons folles (Livre & DC) * 11 Henriette Major Fides 11 PSYCHO.Je t'aime, la vie « 6 C.Bensaïd R.Laffont 12 ROMAN Dans ces bras-là « - Prix Femina - 8 Camille Laurens P.O.L.13 BIOGRAPH.J'ai choisi la vie 3 Andrée Boucher Libre Exprès.14 B.D.1 Vance/Van Hamme Dargaud 15 ROMAN Q.Un dimanche à la piscine à Kigali « 5 G.Courtemanche Boréal 16 ROMAN Et si c'était vrai.45 Marc Lévy R.Laffont 17 CUISINE Chic! Des recettes pop! 3 Collectif Boréal 18 ESSAI L'euphorie perpétuelle 30 Pascal Bruckner Grasset 19 ROMAN Douce amère 6 Danielle Steel Pr.de la Cité 20 SPORT 1 Goyeua / Orr T.P.Publishing 21 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires * 315 Daniel Pinard Boréal 22 BIOGRAPH.1 Yves Lavigueur Saint-Martin 23 HUMOUR Penser, c'est mourir un peu 11 G.Taschereau Intouchables 24 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) * 64 Henrietta Major Fidaa 25 ROMAN Métaphysique des tubes 12 Amélie Nothomb Albin Michel 26 ROMAN Q.Un parfum de cèdre *-Éd.à 19,95 $ - 8 A.-M.MacDonald Flammarion Qc.27 PSYCHO.La synergologie 28 Philippe Turchet L'Homme 28 CUISINE Les sélections du sommelier 2001 10 François Chartier Stanké 29 MATERMTÉ 29 Ashner/Meyerson Stanké 30 HUMOUR 1 Gillee Latullpe Élaala 31 B.D.2 Mldam Dupuis 32 ROMAN Stupeur et tremblements « 64 Amélie Nothomb Albin Michel 33 ROMAN Madame Socrate 3 Gérald Méssadié Lattès 34 ESSAI l'état du monde 2001 6 Collectif Boréal 35 JEUNESSE Vieux Thomas et la petite fée * 8 Demers é Poulin Domink|ue&cfe 36 POLAR L'envol des anges 6 ! M.Connelly Seuil J 37^ ROMAN Q.Black • Les chaînes de Corée * 10 Paul Ohl Libre Exprès.38 CUISINE Un homme au fourneau 5 Guy Fournier L'Homme 39 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous * 161 1.Nazare-Aga L'Homme 40 HISTOIRE 100 ans d'actualités : 1900 • 2000 52 Collectif La Pressa Livres -format ooche 1 JEUNESSE Harry Potter : volumes 1,2 et 3 e 50 J.- K.Rowling Folio junior 2 ROMAN Geisha * 29 Arthur Golden Livre de poche 3 ROMAN La montagne de l'âme - Prix Nobel de la littérature - 40 Geo Xlngjlan Éd.da l'Auba 4 8PIRITU.L'art du bonheur * 2 Dalaï-Lama J'ai lu 5 B.D.DragonBall n' 42 - La victoire 8 Aklra Torlyam» Qlénat * :Coupdac>»urR8 ¦¦¦: t‘'••amain.•urnotraltataî NOMBRE DE SEMAINES NB.: L*t dictionnaire» et le» titre» à l'étude sont exclue DUPUIS l.HUR PARUTION LETTRES SUITE DE LA PAGE D 1 des centaines de romans jeunesse sont répertoriés, classés par thèmes; on y présente également un résumé de chacun, de même qu’une évaluation de son intérêt Pour qui veut connaître les coordonnées de nos écrivains, il y a, outre «L’Ile», le site bien connu de l’UNEEQ (www.litterature.org) et celui deCyberscol (felix.cyberscol.qc.ca/LQ/) qui, comme son nom le laisse deviner, s’adresse particulièrement aux élèves: on y mentionne notamment des auteurs très peu connus du grand public.Pour qui veut explorer la francophonie, le choix est vaste et riche.«Littérature francophone virtuelle» (www.swartitmore.edu/Humanities/clicnet/litterature/li tterature.html) offre des textes choisis de poètes — d’Aimé Césaire à Nicole Brassard —, de nouvellistes et de conteurs de divers pays.Choix du même ordre mais différent dans «L’Espace culturel» du ministère des Affaires étrangères de France (www.france.diplo-matie.fr/culture/france/biblio), auquel s’ajoutent des «livrets thématiques» fort bien faits sur de grands écrivains contemporains (Nathalie Sarraute, Claude Simon.) et des classiques des siècles passés.Quant aux textes de ces grands classiques, on peut en trouver de nombreux sur le site de la Bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr), qui dispose de quelque 80 000 documents puisés dans les archives des grandes bibliothèques du pays.la section «Gallica classique» offre notamment l’intégrale des fameux classiques Garnier.Ajout récent «La Voix sur Gallica», qui propose peu à peu certains des trésors des «Archives de la parole» fondées par le linguiste Ferdinand Brunot on peut notamment entendre le poète Guillaume Apollinaire réciter son célèbre Pont Mirabeau.Presque aussi connu que Gallica, le très beau site de l’Association des bibliophiles universels (abu.cnam.jf) : près de 300 auteurs du domaine public où dominent les textes de Balzac, Hugo, Lamartine et Jules Verne.Mais j’avoue avoir un faible pour un site moins connu, dont les trésors sont plus modestes: celui de la bibliothèque municipale de Lisieux (www.bmli-sieux.com), qui propose des textes quasi introuvables d’auteurs célèbres et d’autres, souvent délicieux, d’écrivains oubliés ou d’anonymes.C’est un véritable cabinet des curiosités où on est certain de trouver d’agréables surprises.J’y ai lu, la semaine dernière, La Pipe cassée, un poème épi-tragi-poissardi-héroïco-mique de Jean-Joseph Vade.Les sites consacrés à des auteurs précis, les bons sites s’entend, sont, me semble-t-il, plutôt rares.D y a un excellent Rimbaud (www.imaginet.fr/rimbaud), agréable et très bien documenté: l’œuvre y est, la biographie, de même que les personnages qui ont compté pour lui; un très bon Maupassant (maupassant.free.fr) et un très, très bon Marcel Schwob — écrivain injustement méconnu, que j’affectionne — (www ressources.org/Revue/Restitution/Schwob/index) .Chez nous, j’ai surtout remarqué un Jacques Ferron (www.ecrivain.net/ferron) qui se veut un véritable instrument de recherche, tenu par le groupe de travail «Editer Jacques Ferron», et un Saint-Denys Garneau (pages, infinit.net/sdg).Certains auteurs ont créé leur propre site, parfois de belle facture.Témoin, celui de Pierre Samson (unmmontrealadonf.com/pierresamson), où il présente très joliment ses livres, un album de voyages, des critiques.Ce diable d’homme qu’est Claude Jasmin a depuis peu le sien (www.claudejasmin.com), également bien fait.Enfin, une curiosité, que je signale pour sa qualité technique et son agrément (mais non pas pour ce que vous allez imaginer): «Contes, légendes et aventures érotiques» (www.generation.net/~jplapo/conte.htm).les textes, que je ne critiquerai pas ici, sont de l'auteur du site; il y a ajouté des images, de la musique.L’ensemble est beau et agréable.Et bonne navigation! Les Lnartècs LE PREMIER MARDI DU MOIS, DES ÉCRIVAINS SE RACONTENT À JEAN FUGÈRE Venez entendre les confidences littéraires d’un couple d’écrivains DANIELLE ROGER et LOUIS GAUTHIER Le mardi 5 décembre 2000, à 19h30 A la Maison de la culture Frontenac - Entrée libre Leurs livres seront vendus sur place par la librairie L'Écume des jours Une production de l'Union des écrivaines et écrivains québécois en collaboration avec la Maison de la culture Frontenac CONSEIL 0E5/4gTS \ VIII* d* Montréal LK devoir UN KO arivière PourqjïïoLen finir avec ëntinisation mguistique N ms Louise-L Larivière Finira-t-on par en finir avec la féminisation ?Une réflexion teintée d'humour qui réfute les arguments qu'on oppose à Ut féminisation linguistique, souvent marques au sceau de l'ignorance, de ht bêtise et de ht mauvaise foi.Essai, irjo pages • 16,95 $ Boréal Quiconque chercherait à classer ce livre dans un seul genre trouvera plusieurs obstacles sur son chemin Un mélange de compassion et de fragilité plus fort que la seule amertume L K I) K V 0 I H , I.K S S A M K I) I K T I) I NI A N ( Il E :i l> K ( E M K H E 2 0 0 0 I) -«* Livres ••- ROMANS QUÉBÉCOIS Retour à la case facilité VALIUM Christian Mistral XYZ éditeur, coll.«Romanichels-Montréal, 2000,284 pages Depuis la parution de Vamp, son premier roman (Québec Amérique, 1988), Christian Mistral a cultivé un certain flou identitaire autour de sa personne et des narrateurs de ses principaux livres.Ceux-ci, comme leurs amis, sont des prototypes de la génération X, des «vamp», à la fois vampires et séducteurs, qui phagocytent le monde ambiant — ses plaisirs, sa culture — tout en essayant de s’y tailler une place à coups de charme et de culot.Les narrateurs de Vamp, de Vautour, de Valium ont le même nom que leur auteur, ainsi que son âge, et ils écrivent comme lui.Mistral l'écrivain est-il ses personnages et vice versa?S’agit-il de sa part d’une posture dictée par la coquetterie ou de quelque nécessité qui s’est imposée à l’écrivain de faire de sa propre vie la matière première de son œuvre?Certains critiques littéraires, incapables d'une lecture, ont été prompts à subodorer la chair sous les mots, la tranche de vie dans l’épisode romanesque, l’humain dans le littéraire.À les lire, on pouvait être rassuré: il n’y avait qu’un Mistral, en chair et en livres.Vamp, à sa sortie, avait été accueilli diversement, mais on l’avait remarqué: c’est ce que Mistral espérait.L’écriture a été jugée remarquable, ou tout simplement échevelée, comme la chronique même qu'elle raconte, celle d’un clan de jeunes délinquants citadins du début des années 80.Or il se trouve que Valium est en quelque sorte un après-Law/», puisqu’au début du récit nous sommes en 1988 alors que Mistral le narrateur vient de faire paraître son premier roman qui s’intitule.Vamp.Suivent, comme il se doit, les séances de signatures au Salon du livre de Montréal, où l’auteur essaie de tromper l’ennui en buvant du vin et en mystifiant une lectrice.Puis, on lui propose une interview pour Insomnie, une revue littéraire de Québec: on reconnaîtra sans peine Nuit blanche, que Mistral avait d’ailleurs identifiée dans la première mouture de son roman, diffusée sur Internet.(Elle s’y trouve encore, au site www.geocities.com/SoHo/8797).L’interview est ratée, mais la journaliste, elle, a titillé le narrateur.Et il semble que, de son côté, elle ait été séduite.Ainsi s’amorce une première piste narrative, une bonne vieille histoire de séduction et de désir où Mistral et cette Jo Genêt vont se trouver engagés.L’affaire se corse et se transforme en un dilemme érotico-amoureux, un triangle dont Mistral est à la fois l’auteur et l’enjeu.Car il y a Jo et une certaine Marie-Raspberry Scott, qui lui plaît également.Il les aime, il les veut toutes deux, la jeunette et la femme de 34 ans.Et il y a la réciproque, comme en témoignent les lettres enflammées que Mistral nous offre à lire par-dessus son épaule.L’une est anglaise et l’autre travaille aux Postes, à Ottawa: le désir et l’amour Robert C h artrand n’ont-ils pas ici une coloration étrangement «canadienne»?Le narrateur, sans doute trop pris par ses émotions, ne le remarque pas.Ces femmes, comme la jeune fille qui a troublé l’adolescence de Mistral, sont donc pour l’essentiel des amoureuses qui lui inspirent de belles envolées lyriques.Et puis, il y a l’autre monde, celui de ses amitiés masculines, rugueuses, musclées, monde étranger au premier depuis toujours, semble-t-il.Mistral se souvient par exemple de deux camarades d'école, «salauds» et «cul-terreux», de petits campagnards délurés qui se sont payé sa tête plus d’une fois.Il ne leur en veut pas: cela se passait entre hommes.C’était l’époque où, se rappelle-t-il, il voulait devenir empereur: la chose ne manque pas de piquant quand on sait que Mistral l’écrivain est né Roy.Pour l’heure, il fréquente Fantasio, ce séducteur qui se trouvait déjà dans Vamp et, surtout, son colocataire, Leopold Vega, mélange de Goth et de Phénicien, «petit, râblé, costaud, la bouille burinée comme un vélo volé, triste comme un rêve d’orphelin, l’air d’une espèce de Minotaure, un mutant de corrida, fruit des noces de sang entre un matador et un taureau».Cet Espagnol d’origine semble être à lui seul un condensé de tout l’imaginaire de son pays.Ce séduisant raconteur de sa propre histoire dont il fait un véritable récit picaresque, c’est la vieille Europe faite homme, brillante et décadente comme semble se l’imaginer le narrateur.Valium est une chronique très semblable à celle de Vamp, et pas plus roman que celui-ci.Entre les deux, Mistral avait publié Carton-pâte et Papier-mâché (des antiromans), Fatalis (un poème),/«-lien Vago (un scénario), tous sans grand intérêt.Puis, ce fut Vautour (XYZ, 1992), autre faux roman, fort bien fait, plus dépouillé que les autres, plus maîtrisé, et qui est jusqu'ici le meilleur Mistral.On aurait pu espérer que Valium soit dans cette veine, d’autant que, comme le suggère son titre, il s’agit de la suite de ce grand cycle, baptisé Vortex violet, déjà annoncé à l’époque de Vamp et qui devait couvrir duc volumes.Dans ce livre assez attendu dans le milieu et chez ses admirateurs.Mistral retombe malheureusement dans ses travers du début, alors qu’on lui reprochait de gâcher un talent manifeste en se complaisant dans une certaine virtuosité.Mistral aime les mots, d’un amour parfois immodéré, auquel il cède ici comme le débutant d’il y a douze ans qui voulait porter un grand coup et jeter sa gourme.Léo Vega reproche à juste titre au Mistral de Valium de ne pas créer de personnages dignes de ce nom, de se contenter de «protagonistes qui fonctionnent comme des automates dans un espace-temps élastique».Mais il s’empresse de l'absoudre, comme si cela importait peu, comme s’il était impossible de faire autrement ou mieux.Il a tort.Quant au valium, ce mot-titre dont on s'attendrait qu’il soit un programme quelconque, ce n’est ici que le médicament.Il surgit en toute fin de récit comme une hypothèse gratuite, une tentative d’explication, tordue peut-être, d'un épisode tragique de l'histoire, alors qu’il se fait tard et qu’il faut bien essayer de trouver quelque chose, une idée, un titre avant de finir.Mais sans trop y croire.robert.chartran dSCqsym patico.ca À L’ESSENTIEL Saint Stock ?Claire Hoy consacre toutes ses énergies à défendre le controversé personnage STOCKWELL DAY Portrait de l'homme ET DU POLITICIEN Claire Hoy Traduit de l’anglais par Brigitte Pellerin Éd.Varia Montréal, 2000,256 pages Pénible expérience que celle de lire la biographie d’un homme qui nous est franchement antipa-thique.Quand, en outre, l’auteur du portrait en question se nomme Claire Hoy, un journaliste ultracon-servateur qui sévit au Canada anglais, l’entreprise se transforme rapidement en véritable pensum.La prose, pourtant, est claire, accessible, et la traduction n’embrouille rien, mais l’ensemble sent trop fort la propagande pour confondre les sceptiques.Vous imaginez Day en réactionnaire intolérant?Vous avez tort, réplique Claire Hoy, qui consacre toutes ses énergies à défendre le controversé personnage.Enfant heureux, sans problème, Stockwell Day a grandi à Montréal, plus tard en Ontario et ensuite dans l’Ouest canadien.L’école convient mal à ce jeune homme exubérant, qui deviendra, jeune adulte, bûcheron, encanteur, travailleur social et pasteur pentecôtiste.Il fera ses classes politiques au sein du Parti conservateur de l'Alberta et occupera enfin le poste de ministre des Finances de cette province avant de devenir chef de l’Alliance canadienne.Le propos de Claire Hoy vise deux objectifs: démontrer que Stockwell Day est le plus brillant et efficace héraut du conservatisme fiscal canadien et réhabiliter la réputation d’un politicien souvent accusé d’intolérance pour cause de conservatisme social.Obsédé par les impôts contre lesquels, dès 1987, il «se répandait en invectives», Day apparaît dans ces pages comme un politicien à la pensée unique, prêt à tout surtout aux compressions sévères dans la fonction publique et les programmes sociaux, pour terrasser le «fardeau fiscal» maudit.Pour lui et son biographe, il ne s’agit pas là d’un choix idéologique mais d’une croisade en faveur de la vérité.«Réduire les impôts rend les gens heureux», affirme souvent le politicien.«Que tous ceux qui sont en faveur d’une augmentation des impôts lèvent la main», ajoute ironiquement son hagiographe, faisant par là la preuve éclatante que le réductionnisme économique peut se satisfaire de pareilles sornettes.On ne se surprendra donc pas d’apprendre que Hoy admire Ronald Reagan et qu'il considère que faire campagne en faveur d’un système de santé à deux vitesses est une position raisonnable, mais «en avance sur son temps».L’idéologie sociale de Day vous inquiète?Son appui au mouvement pro-vie, sa ligne dure envers les assistés sociaux, son populisme antiétatique et son mépris de la culture (sait-il seulement ce que cela veut dire?) vous incitent à le déconsidérer?Eh bien, Claire Hoy veut vous dire que vous avez tort Son héros serait un homme tolérant, généreux et ouvert Comment expliquer, alore, que le biographe, si franc et direct à l’heure de chanter les vertus de son «faucon fiscal», se fasse si nébuleux et allusif quand vient le temps d’exonérer le Day social de tout blâme?Suffit-il de dire «Mais non, il n’est pas comme ça!» pour lever les ambiguïtés?Hoy tire sa défense du martyrologe: les journalistes — mon texte ne le fera pas changer d'idée — sont «des champions de la tolérance qui se font un devoir de tolérer tout ce avec quoi ils sont d’accord, sans trop s’occuper du reste».CQFD.Quand Hoy évoque, en page 162, «[Rodrigue] Biron et le tout aussi radical Jean Allaire» (!), la conclusion s’impose: nous sommes ici de l’autre côté du monde, celui qui regroupe une droite vraiment radicale qui fourbit ses armes politiques de plus en plus impatiemment.Souhaitons que ça ne trompe personne.Louis Cornellier MilSI .¦ BOMBARDIER Denise ALBIN MICHEL www.olbm micliel f Jacques T.Godbout LE DON LA DETTE ET L’IDENTITÉ Hamtt étmatftr us homo asconotttkw m v a .V4 De l’auteur de L’Esprit du don Jacques T.Godbout Po tt rquo i ressent» n s-ti » us* le besoin de nous compliquer tu vie avec les cadeaux et autres rituels accompagnant le don ?Un des meilleurs spécialistes mondiaux de la sociologie du don nous apporte la réponse.Boréal Essai, 192 pages • 22,95 S | Boréal 0\y*E ^ Collection Mercure du Nord £ Oj dirigée par Josiane Boulad-Ayoub ',—l! “r ° Rousseau.Anticipateur-retardataire SOUS LA DIRECTION DE ÜOSIANE BOULAD-AyOUB, Isabelle Schulte-T enckhoff et Paule-Monique Vernes 346 pages, 35 $ L’autre de la technique SOUS LA DIRECTION DE SERGE CANTIN ET ROBERT MaGER 264 pages, 27 $ À PARAÎTRE Comment l’esprit vint à l’homme ou l’aventure de la liberté Janine Chanteur 250 pages, 27 $ L’éclatement de la Yougoslavie de Tito (1980-1995) Yves Brossard et Jonathan Vidal V ROUSSEAU H L'AUTRE ¦ Ghd lid Uv ,i'Nn-
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.