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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2000-12-11, Collections de BAnQ.

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w w w .edevoir.com v Devoir LE MONDE Barak devra affronter Nétanyahou Page A 5 ACTUALITES Un projet de film sur Bernardo soulève la controverse Page A 2 % y* Vol.X C I N ° 2 H :i I.E L 1! N I) I 11 DE C E M 15 15 E 2 O I) O 8 7 f + T A X K S = I $ O* NON aux m MsstmiA »NS & forcéési m a ’ /* aty iv»4t f******»! st* col T.vill*! J • >C j t Non Non Rf > 'l m À SM .Jisâsj I y&fi l*H 1,0 Of5Wf* V* i*" y*'**m-i Non Manifestation contre les fusions municipales Des milliers de fois NON ! Bourque, à son tour, tente de mobiliser les partisans de la réforme LOUISE LEDUC LE DEVOIR Vive Kirkland libre!» N « V Ne mâchant pas leurs mots, des dizaines de milliers de Québécois se sont donné rendez-vous hier au centre-ville de Montréal pour protester contre les fusions municipales forcées et pour dire toute leur colère au gouvernement québécois.Surtout fâchés de ne pas avoir voix au chapitre, les manifestants ont à maintes reprises donné dans le superlatif, assimilant Lucien Bouchard au tortionnaire chilien Auguste Pinochet Les citoyens présents étaient de ceux que l’on ne voit pas souvent manifester dans les rues.Il s’agissait en grande majorité, en fait, de personnes de plus de cinquante ans, venues surtout du West Island.Après des manifestations au succès très mitigé te- nues ces dernières semaines à Longueuil, Outremont et Pointe-Claire, les organisateurs, jouant leur dernière carte, avaient mis le paquet Publicités dans les journaux et les Publi-sacs, chaînes téléphoniques: tout avait été mis en çeuvre pour obtenir une participation massive.A leur arrivée au centre-ville, tous les manifestants se voyaient remettre une pancarte aux slogan divers.VOIR PAGE A 8: NON Bush contre Gore Au tour de la Cour suprême fédérale de jouer Les avocats des deux camps tenteront de convaincre les neufs juges aujourd’hui D'APRES AFP, REUTERS ET LIBÉRATION Washington— L’issue de la saga prési- jj., pour Al Gore dentielle repose désormais sur la Cour li'iiimfrn «Ahurissam reste du pays, pourrait donner cet après-midi, ou demain, la victoire à George W.Bush en arrêtant définitivement le décompte des voix en Floride ou à l’inverse maintenir l’espoir dentielle repose désormais sur la Cour suprême des Etats-Unis, qui, divisée comme le américaines «Ahurissant», «incroyable», «absolument étonnant», les qualificatifs ne manquaient pas hier pour décrire ja décision prise la veille par- la Cour suprême des Etats-Unis d’arrêter les nouveaux décomptes manuels en Floride, ordonnés vendredi par la Cour suprême de cet Etat du sud-est du pays, dont dépend le résultat de l’élection présidentielle.VOIR PAGE A 8: COUR Le cauchemar des drogues du viol Impossible d'avancer des statistiques, mais la police de la Communauté urbaine de Montréal s’inquiète suffisamment du phénomène pour participer à un document de prévention portant sur les «drogues du viol».Dans les raves et les discothèques aussi bien que dans les partys des campus universitaires, un même conseil: surveillez votre verre de très près.À LIRE EN PAGE A 3 INDEX Annonces.B 5 Mots croisés.B 3 Actualités.A 2 Météo.B 5 Avis publics.B 3 Planète.B 3 Culture.B 8 Religions.B 6 Éditorial.A 6 Horizons.B 1 Idées.A 7 Sports.B 4 Monde.A 5 Télévision.B 7 HORIZONS MUSEE ROBERT HUI.I.FLEMING, U.DU VERMONT DON DE DANIEL MEYERS Un enfant travaillant dans une usine de coton de Winooski, en 1910.Quand le français file un mauvais coton.On nous avait parlé de Winooski comme d’un grand bastion francophone.Sur place, il faut les chercher, les francophones, et, pour les trouver, les chercher surtout dans les clubs d’âge d’or et les résidences pour personnes âgées.Rêvant d’une vie meilleure «aux States», leurs parents ou leurs grands-parents ont quitté le Québec au début du XX' siècle pour travailler dans les usines de coton du Vermont Ce ne devait être que temporaire, le temps d’amasser un peu d’argent.Aujourd’hui, leurs descendants aux cheveux gris coulent leurs vieux jours en anglais dans ce même Winooski dont les anciennes usines de coton ont été teansformées en condominiums.¦ À LIRE EN PAGE B 1 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Déréglementation Bégin contredit par ses propres fonctionnaires Le partenariat avec les industriels nuit à la stratégie de dépollution, peut-on lire dans un rapport confidentiel LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Un mémoire confidentiel produit par les responsables de la dépollution industrielle pour la haute direction du ministère québécois de l’Environnement (MENV) affirme que l’influence des lobbys des pâtes et papiers, des manufacturiers et des producteurs agricoles réduit l’efficacité du ministère dans l’application de la loi et retarde la mise en place des mesures préventives en matière de dépollution.Ces commentaires contredisent la plupart des prémisses avancées par le ministre de l’Environnement, Paul Bégin, pour justifier la révision de la Loi québécoise sur l’environnement (LQE) dans une logique d’allégement des exigences.Ces commentaires percutants apparaissent dans un document, obtenu par Le Devoir, qui s’intitule La révision du régime de protection de l'environnement.Il a été déposé en avril dernier par la Direction des politiques du secteur industriel (DPSI) auprès du secrétariat du ministère et de la direction responsable de la révision de la loi.Se référant à l’un des principaux motifs officiels de révision de la loi — à savoir qu’en conférant aux pollueurs le rôle de «partenaire» du ministère, on accroît l’efficacité du régime environnemental —, la direction des politiques du secteur industriel écrit que «notre expérience avec l’Association des industries forestières du Québec, l'Association des manufacturiers et, pour d’autres au ministère, avec l’Union des producteurs agricoles nous indique tout le contraire».Au cours des dix premières années de son existence, le ministère de l’Environnement s’est perçu comme indépendant des acteurs économiques et des écologistes, se définissant d’abord et avant tout comme le gestionnaire de l’intérêt général.Mais avec l’ancien ministre libéral, Pierre Paradis, le ministère a commencé à se définir comme un ministère de services auprès de sa «clientèle», les demandeurs de permis et les entreprises polluantes.Avec les années, il en est venu à voir les pollueurs et les demandeurs d’intervention dans les milieux naturels comme des «partenaires», ce qui a conduit plusieurs gestionnaires à considérer les écologistes et les citoyens comme des empêcheurs de tourner les coins ronds.Paul Bégin VOIR PAGE A 8: BÉGIN C H C’EST QUOI LE PROBLÈME?Adolescence, mode d’emploi i I 778313000641 I A 2 I.E l> K V O I U I.E I I X I) I 11 K ( E M 15 K E 1 0 (I 0 ES ACTUALITES Accusations de pratiques anti démocratiques Des Chinois de Montréal manifestent contre le président de leur association CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Des membres de la communauté chinoise de Montréal contestent les agissements du président de leur association, Charles Ho, qu’ils accusent de pratiques anti-démocratiques, en gardant secrètes les informations concernant l’association et en refusant de renouveler ou d’accorder des cartes de membres à ceux qui s’opposent à sa façon de faire.Ils étaient une cinquantaine hier après-midi à brandir des pancartes et à scander des slo- gans devant les bureaux de l’Association Kuo-Ming-Tang rue Clark dans le quartier chinois, situés ironiquement à deux pas d’un petit parc municipal honorant la mémoire de Sun Yat-sen, comme quoi la grande histoire et un petit problème local peuvent parfois avoir un dénominateur commun.Sun Yat-sen devint en janvier 1912 le premier président de Chine, après les dynasties impériales.Il avait énoncé trois principes comme piliers de la nation: le nationalisme, la démocratie et le bien-être.Il fut le fondateur à Canton en 1911 du Kuo-min- tang, parti du peuple qui devint plus tard le parti de Chiang Kai-Shek, lequel se réfugia par la suite sur l'île de Taiwan.Election en février L’Association Kuo-Ming-Tang qui existe à Montréal depuis 1944 compte plus de 200 membres de la communauté chinoise.Elle offre des services généraux à la communauté, notamment des services d’accueil aux nouveaux arrivants qui souvent ne parlent ni français, ni anglais.Mme Hélène Wong, organisatrice de la manifestation, souligne que l’association est propriétaire de divers immeubles et que M.Ho refuse de donner des informations sur les activités et les affaires de l’association.On l’accuse de bafouer les principes démocratiques en empruntant diverses tactiques douteuses.M Ho est président depuis sept ans.Une élection doit avoir lieu tous les deux ans et la prochaine est prévue pour février prochain.La communauté chinoise réclame une élection ouverte et claire, pour remettre ensuite l’association sur la bonne voie afin qu’elle puisse remplir pleinement sa mission, soutiennent les contestataires.2, archiviste 6, c’est programmeur 3, conseiller financier.Comprendre le langage administratif, les fonctions de l’entreprise et leurs interrelations, gérer des réseaux informatiques ou contribuer au développement de logiciels spécialisés, ce n’est là qu’un mince aperçu des capacités des diplômés de la grande famille des Techniques de l’administration.Ces programmes touchent, entre autres, au marketing, à la finance, à l'informatique, aux assurances, au transport, au tourisme et à l’hôtellerie.Ils donnent un accès direct au marché du travail avec un large éventail de postes, comme technicien en publicité ou en marketing, analyste ou adjoint administratif.Le taux de placement global est de 90 %.Avec le cégep, on bâtit son avenir sur une base solide.: ; ÏS< C’est l’évidence : nous sommes entrés dans l'économie du savoir.Afin de rendre fascinante ia complexité du nouveau monde, ii faut aiguiser la curiosité par l’instruction et la recherche continue de connaissances, de la polyvalence, de la culture générale et du bonheur.Les études collégiales sont absolument indispensables.Claude Beland, ex-président du Mouvement Desjardins Professeur Invité au Département organisation et ressources humaines de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM et titulaire de la nouvelle chaire en humanisme et économie La formation scientifique de qualité que j’ai reçue au cégep m’a très bien préparée pour l’université.J’ai acquis au collégial des méthodes de travail qui me servent encore aujourd'hui pour mener mes activités professionnelles.Le cégep valorise vraiment l’excellence.Annie-Claude Labbé.médecin Mlcroblologlste-lnfectiologue Hôpital Maisonneuve-Rosemont On ne laisse pas son avenir hasard, au Votre cégep Collège Ahuntsic (514) 389-5921 Cégep André-Laurendeau (514) 364-3320 Collège de Bois-de-Boulogne (514) 332-3000 Champlain Regional College Campus Saint-Lambert (450) 672-7360 Dawson College (514) 931-8731 Collège Édouard-Montpetit (450) 679-2631 Collège Gérald-Godin (514) 626-2666 John Abbott College (514) 457-6610 Cégep régional de Lanaudière (450) 581-6823 Collège Lionel-Groulx (450) 430-3120 Collège de Maisonneuve (514) 254-7131 Cégep Marie-Victorin (514) 325-0150 Collège Montmorency (450) 975-6100 Collège de Rosemont (514) 376-1620 Cégep de Saint-Hyacinthe (450) 773-6800 Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu (450) 347-5301 Cégep de Saint-Jérôme (450) 436-1580 Cégep de Saint-Laurent (514) 747-6521 Cégep de Sorel-Tracy (450) 742-6651 Collège de Valleyfield (450) 373-9441 Vanler College (514) 744 7500 Cégep du Vieux Montréal (514) 982-3437 www.fedecegeps.qc.ca Fédération ©des cégeps (514) 381-8631 M TORONTO Le projet de film sur Paul Bernardo suscite la controverse PRESSE CANADIENNE Toronto — Le projet de tournage d’un film sur la vie et les crimes de Paul Bemardo suscite la controverse à Toronto, où certains craignent qu’il ne rouvre des blessures à peine cicatrisées.Le leader néo-démocrate ontarien, Howard Hampton, a même écrit au mare de la ville, Mel Last-man, vendredi dernier, pour lui demander d’empêcher que le film soit tourné à Toronto.Le tournage, par une compagnie de production locale, devrait débuter le mois prochain.«Nous ne pouvons empêcher la réalisation de ce film, mais nous pouvons éviter qu’il soit tourné dans votre ville avec la coopération et l’approbation tacites des contribuables to-rontois», écrit M.Hampton.Le film, poursuit-il, va «rouvrir une blessure» en rappelant aux résidants que le règne de terreur de Bernardo a commencé en banlieue de Toronto, à Scarborough, «où des femmes ont été brutalement violées et en porteront les cicatrices toute leur vie».«Les meurtres horribles qui ont suivi ont eu un impact durable et effrayant sur toutes les femmes.» Le projet de film a été mentionné vendredi dernier par les médias, qui révélaient que l’acteur canadien Jason Priestley, connu pour sa participation à la série télévisée Beverly Hills 90210, étudiait actuellement une offre pour interpréter le rôle de Bernardo.Le responsable de la distribution des rôles, Ron Leach, a fait savoir qu’il avait déjà passé quelques au- ditions en prévision du choix de l’actrice qui incarnerait l’ex-femme de Bemardo, Karla Homolka L’avocat Tim Danson, qui représente les familles des victimes de Bernardo, les adolescentes Kristin French et Leslie Mahaffy, a déclaré que leurs proches étaient dégoûtés à l’idée que quiconque puisse songer à tirer financièrement profit de la mort brutale de leur fille.Mr Danson a indiqué qu’il explorerait tous les moyens juridiques pour empêcher le tournage, s’il semble que le projet relève du sensationnalisme ou exploite la mémoire des deux jeunes filles.Mais il a admis qu’il ne pourrait probablement pas faire grand-chose.«Si c’est fait de manière juste et responsable, il n’y a pas de moyen juridique pour empêcher [le projet] d’aller de l’avant», a déclaré l’avocat.Pour sa part, M.Hampton a prié le maire Lastman de refuser les permis nécessaires au tournage, ou de les révoquer s’ils ont déjà été accordés.Le film est produit par la firme torontoise Norstar Entertainment Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de son propriétaire, Peter Simpson.En 1993, Karla Homolka a été reconnue coupable d’homicide involontaire et condamnée à 12 ans d’emprisonnement pour son rôle dans l’enlèvement, la séquestration, les agressions sexuelles et le meurtre des deux adolescentes.Bernardo a été condamné à une peine de prison à vie.Pour la défense des libertés démocratiques Timothy Njoya reçoit le prix John Humphrey LOUISE LEDUC LE DEVOIR En acceptant le prix John Humphrey pour la liberté, le révérend kenyan Timothy Njoya a vivement déploré le fait qu’il vivait «dans un paradis touristique dont la flore et la faune intéressent davantage le reste du monde que les êtres humains qui y vivent».Le révérend presbytérien Njoya, président du Centre kenyan pour la gouvernance et le développement, milite depuis des années pour la démocratie, et ce, «au risque de sa vie», comme l’a souligné hier Warren Allmand, président de Droits et démocratie, en lui remettant son prix.Plusieurs fois, le révérend Njoya a été victime de fiers-à-brag à la solde du gouvernement.A deux reprises, ces attaques l’ont mené à l’hôpital.«Je vis sous un régime incapable de survivre à des élections à moins qu ’elles ne soient truquées, incapable de surmonter une sécheresse sans aller mendier.N’ayons pas peur des mots: ce gouvernement est une kleptocratie, de la corruption organisée», a résumé le révérend Njoya au sujet du régime de Daniel Arap Moi.BCE pourrait acheter le Canadien PRESSE CANADIENNE Selon un quotidien de Montréal, BCE, un géant de la télécommunication au Canada, prendrait bientôt une décision quant à l’achat éventuel du club de hockey Canadien.Dans son édition dominicale, le Journal de Montréal, faisant état de sources «sûres», mentionnait que la transaction n’attendait que l’approbation du président et chef de direction du bureau de BCE, Jean Monty.Le quotidien ajoute que BCE et l’actuel propriétaire du Canadien, la Brasserie Molson, seraient en train de mettre au point les derniers détails de la transaction, ce qui respecterait les échéanciers fixés par les propriétaires de l’équipe.EN BREF Attention à la chirurgie au laser (PC) — Le grand responsable de la santé publique aux Etats-Unis a créé un site Internet voué à sensibiliser les gens aux dangers de la chirurgie oculaire au laser.On y met également le public en garde contre d'habiles campagnes de pu- Au passage, le révérend Njoya y est allé d’une charge à fond de train contre la mondialisation qui ne se traduit à ses yeux que par une «tribalisation» des sociétés africaines, plus que jamais sous le joug «des monopoles de Mac-Worlds».«La mondialisation ne privatise et ne libéralise que notre dépendance.Elle déclenche une dialectique d'intégration au sein des méga-entreprises et de désintégration au sein des nations africaines économiquement dépendantes», a-t-il déploré.Porté au pouvoir en 1992 à la suite d’élections largement contestées, le président du Kenya Daniel Arap Moi conserve une mainmise absolue sur le pays.Cette année, l’organisme Transparency international a attribué au Kenya (a neuvième place sur la liste des Etats les plus corrompus au monde.Les opposants au régime y sont brutalisés ou tués.C’est notamment le sort qu’a connu en août dernier le missionnaire américain John Kayser, assassiné pour avoir aidé l’une de ses jeunes paroissiennes à intenter de$ poursuites contre un ministre d’Etat qui l’aurait violée.Du côté du Canadien, la direction a refusé de commenter la nouvelle.«Je ne veux pas spéculer sur ce qui a été écrit dans les journaux, a déclaré le vice-président marketing, communications et ventes du Canadien, Pierre Ladouceur.On ne l'a pas fait depuis le début.On ne commencera pas à le faire aujourd'hui [hier].* BCE a récemment acheté le réseau de télévision CTV au coût dç 2,3 milliards.La vente a d’ailleurs été approuvée vendredi par lè Conseil de la radiodiffusion et des communications canadiennes (CRTC).L’entreprise devrait annoncer en janvier la création de son nouvelle groupe de médias regroupant CTV, le quotidien Globe and Mail et le fournisseur de service Internet Bell-Sympatico-Lycos.! blicité faisant miroiter une vision ¦ parfaite.Ijc site, mis en ligne par la: direction des aliments et drogues Iç 1" décembre, décrit les effets négatifs possibles de l’intervention, con> me une perte permanente de vision ne pouvant être corrigée par des ! verres ou dt's lentilles cornéennes,' et une baisse de la vision nocturne.On peut consulter le site de la PDA à wwwfda.gov/cdrh/lasik/. L E I) K V 0 I R .LE L 1 \ l) I 11 I) E C E M R R E 2 0 0 0 A 3 -?LE DEVOIR *-—- ACTUALITES «Drogues du viol» Surveillez votre verre de très près ! ARCHIVES LE DEVOIR Les «drogues du viol» comme le GHB ou le Rohypnol peuvent être facilement diluées dans l’alcool sans que la victime ne s’en rende compte.LOUISE LEDUC LE DEVOIR Impossible d’avancer des statistiques, mais la police de la Communauté urbaine de Montréal s’inquiète suffisamment du phénomène pour participer à un document de prévention portant sur les «drogues du viol».Dans les raves et les discothèques aussi bien que dans les partys des campus universitaires, un même conseil: surveillez votre verre de trèç près.A l’initiative du Comité femmes et sécurité de la Petite-Patrie et de l’organisme Tandem, un nouveau document intitulé Agressions sexuelles et drogues du viol - Un phénomène méconnu tente de faire le tour de la question malgré toute la difficulté de très bien la cerner.C’est qu’au départ, il est extrêmement difficile d’élaborer des statistiques sur les agressions sexuelles, plusieurs femmes refusant encore de porter plainte.Il est d’autant plus difficile d’établir l’ampleur du phénomène des agressions sexuelles reliées aux «drogues du viol» qu'au bout de 24 heures il est impossible, que ce soit par prise de sang ou d’urine, de détecter la présence de ces substances dans l’organisme.Pour tout dire, note Pierre Leduc, lieutenant-détective chargé d’enquêtes à la division des crimes majeurs (agressions sexuelles) au SPCUM, «en 1999, on n’a réussi à prouver hors de tout doute, par prise de sang, qu’un seul cas d’agression sexuelle associée à une drogue du viol».C’est donc davantage par déduc- tion que par une preuve en béton que les policiers s'inquiètent.D’une part, le SPCUM n’est pas sans savoir que des laboratoires clandestins au Québec se spécialisent dans la production de GHB et de Rohypnol.D’autre part, mentionne-t-on dans le rapport, «la présence de GHB dans la saisie d’un impor- tant stock d’héroïne (SPCUM, 2000) laisse croire que les réseaux de trafiquants ne seraient pas totalement indifférents au commerce de ces drogues.La circulation de GHB et de Rohypnol dans les partys raves laisse aussi croire que la tendance est en train de changer vers une augmentation de ces drogues, comme le prouvent des saisies récentes effectuées lors de telles soirées».Si une vingtaine de substances sont associées aux «drogues du viol», on fait le plus souvent référence au GHB et au Rohypnol, qui continuent d’être légalement prescrits dans plusieurs pays, notamment pour soulager de graves maux de dos ou de l’insomnie sévère.Fait à noter, plus de deux milligrammes de Rohypnol suffisent à faire sombrer quelqu’un dans le coma et peuvent même lui être fatals, à plus forte raison s’ils ont en plus été combinés à de l’alcool en un néfaste cocktail.Les traits communs de toutes ces «drogues du viol»?D’une part, elles se dissolvent facilement dans les liquides et sont généralement inodores, incolores et insipides.La plupart d’entre elles enlèvent toute inhibition et entraînent la «soumission chimique» des victimes.Les vols internationaux coûteront 10 % de plus en 2001 PRESSE CANADIENNE Toronto — Au terme d’une entente intervenue avec les responsables de leur association, les transporteurs aériens majoreront de 10 % les tarifs de leurs vols internationaux en 2001.Les membres de l’Association internationale du transport aérien (IATA) ont établi une nouvelle grille tarifaire comportant une prime de 5 % pour compenser la hausse du prix du carburant, de même qu’une prime générale de 3 à 5 % sur la plupart des vols internationaux à destination ou au départ du Canada.Bien que le siège social de ITATA se trouve à Montréal, c’est le bureau de Genève qui fixe les règles tarifaires.Il a été impossible d’obtenir les commentaires des responsables genevois.«Du point de vue des consommateurs, il est malheureux de constater que le coût du carburant a provoqué une hausse de 5 % des tarifs, commente Priscille LeBlanc, porte-parole d’Air Canada.Gbbalement, les dépenses de l’entreprise ont augmenté et la prime de 5 % ne compense même pas le coût du carburant des transporteurs.» Les nouveaux tarifs varient d’une liaison à l’autre, mais elles ressemblent en gros à ceci: ¦ à compter du 1er janvier, le prix d’un billet pour la plupart des vols Nancy BEAULIEU Josée BISSONNETTE Nathalie GQYER France LÉT0UBNEAU Sous la direction do Louise CHARLEBOIS Les CLÉS du sauoir manuel A 174 pages-19,50$ GUERIN (514)842-3481 Français 1er cycle.En vente dans toutes les linraines K s>«> Nathalie ELLIOTT L mon premier dictionnaire irançais illustré suggestion de cadeau.1192 pages-35$ m wèM entre le Canada et l’Europe sera majoré d’une prime au carburant de 5 %.En outre, il faudra compter avec une prime générale de 5 % pour chaque billet en classe économique et en classe affaires, de 4 % en première classe et de 3 % sur les vols à escompte; ¦ la prime au carburant entrera en vigueur la première semaine de janvier sur les vols à destination des Antilles, sauf pour la Barbade et Saint-Lucie, où elle ne sera appliquée qu’à partir du 5 février.Les vols en classe économique feront l’objet d’une prime générale de 4 %; ¦ quant aux vols vers l’Asie, la prime au carburant de 5 % entrera en vigueur le 21 janvier.D’autres primes seront appliquées dès que le département américain des Transports les aura approuvées.Elles varient de 2,5 à 4 %.Ces modifications tarifaires ont été adoptées lors de l’assemblée annuelle de ITATA, le mois dernier.Si l’association avalise chaque année une hausse des tarife, c’est bien la première fois qu’elle favorise une prime au carburant loto-québec Tirage du 2000-12-09 0â 19 21 30 38 40 Numéro complémentaire: 33 GAGNANTS LOTS 6/6 1 2 001 802,60 $ 5/6+ 11 54 594,60 $ 5/6 225 2135,20$ 4/6 12 381 74,30$ 3/6 233 043 10,00$ Ventes totales: 14 075 634 $ Prochain gros lot (approx.) 2 000 000 $ Tirage du 2000-12-09 12 1Z 30 31 33 43 Numéro complémentaire: 13 GAGNANTS 6/6 0 5/6+ 0 5/6 25 4/6 1 032 3/6 20 922 LOTS 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00$ 50,00$ 5,00$ Ventes totales: 625 004,00 $ Promotioi Duble Jti* JL SlHr Tirage du * 2000-12-09 lû 33 4Z GAGNANTS LOT 41 243,90$ ‘Seules les sélections participant au Lotto 6/49 et au Québec 49 sur le môme billet sont admissibles à la promotion.EStni Tmge du ai 2000-12-09 NUMÉROS LOTS 2000-12-08 01 08 13 20 31 35 3Z Numéro complémentaire: 44 GAGNANTS LOTS 7/7 0 7 500 000,00 $ 6/7+ 1 242 931,80$ 6/7 68 3 125,90$ 5/7 5 072 149,60 $ 4/7 106 704 10,00$ 3/7+ 98 761 10,00$ 3/7 893 917 partie, gratuite 279971 100 000$ EBtra Tirage du III 2000-12-08 NUMÉROS LOTS 156706 100 000$ Ventes totales 13 101 828 $ Prochain gros lot (approx ) 10 000 000 $ Le modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Le jeu doit rester un jeu.TVA, le réseau des tirages Les États généraux sur la langue terminent leur tournée à Montréal Plusieurs témoins-vedettes sont attendus dont Guy Rocher et Yves Michaud LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Dans la dernière ligne droite de leprs audiences régionales, les Etats généraux sur la langue entendront cette semaine à Montréal plusieurs «témoins-vedettes», dont l’ex-consellier politique Jean-François Usée, la linguiste Marie-Eva de Villers, l’ancienne chancelière de l’Université McGill Gretta Chambers, le sociologue Guy Rocher, le dramaturge Jean-Claude Germain, M' Julius Grey, Yves Michaud, Jean-Marc Léger ou Marco Micone.Cette tournée du Québec, qui avait débuté le 1" novembre, se terminera donc par trois journées d’audiences, aujourd’hui, demain çt mercredi.La Commission des Etats généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, présidée par l’ancien président de la CSN Gérald Larose, entendra d’entrée de jeu, aujourd’hui, l’ancien journaliste et exconseiller politique au Parti québécois Jean-François Usée.Par la suite, ce sera au tour des professeurs, sociologues, linguistes et écrivains de renom.Qualité de la langue Dans les premières régions du Québec qu’elle a visitées, la commission a beaucoup entendu parler de la qualité de la langue, qu’il s’agisse de l’enseignement du français langue maternelle ou de la langue parlée à la télévision, à la radio ou par les humoristes.L’enseignement de l’anglais langue seconde a aussi été abordé par plusieurs témoins devant la commission.Pour cet enseignement, trois visions s’opposent: l’une voulant que l’on enseigne l’anglais plus tôt au cycle primaire, une autre voulant qu’on ne l’enseigne que lorsque la langue maternelle est bien maîtrisée, une troisième voulant que l’on procède par immersion plutôt qu’en «saupoudrant» l’enseignement de l’anglais à raison de quelques heures par semaine, tout au long de la formation du jeune.Mais, à mesure que la commission approchait des grands centres, les témoins ont axé leur intervention sur la promotion du français comme langue de travail et sur l’exigence quasi systématique du bilinguisme par les employeurs, même lorsque cela n’est pas nécessaire pour le poste, notamment en régions.Les gens qui s’occupent de faciliter l’intégration et la francisation des immigrants ont aussi revendiqué davantage de fonds pour accomplir leur tâche.En janvier et février prochains, la commission tiendra une série de colloques thématiques — sur la langue de travail, par exemple, ou sur les autres Etats du monde qui ont adopté une législation linguistique.Les organismes nationaux seront entendus en mars prochain.Suivront des assises nationales, un sorte de sommet qui permettra aux commissaires de soupeser de premières hypothèses.Le rapport définitif est attendu le 31 mai.0L>iie Devoir Inc.dont le siège social est silue au 2050, rue De Bleury.\t étage.Montréal.(Québec), H.’tA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiée* dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Int .900, boulevard Saint Martin Ouest, l.aval Knvoi de publication — Enregistrement n 0858.Dépbt légal Bibliothèque nationale du Québec.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les organisateurs de la manifestation avaient nolisé des centaines d’autobus pour amener à Montréal des dizaines de milliers de personnes.NON SUITE DE LA PAGE 1 C’est au son de C’est ma vie transformée en C’est ma ville que les citoyens ont marché et se sont rassemblés au coin des rues McGill et Sainte-Catherine.«Cette histoire a commencé par quelques beaux discours de la ministre Hard et Luden, comme si de rien n’était, nous endort à son tour, mais on n’est pas des épais.», pouvait-on entendre jusqu a plus soif dans les haut-parleurs en une version à faire trembler d’horreur Adamo.Le maire de Montréal-Nord, Yves Ryan, a été le premier à prendre la parole.«Maudit que je suis content!, a-t-il d’abord lancé.J’étais assez tanné de me faire traiter de petit roitelet et d’entendre dire que nous, les maires, étions les seuls à être opposés aux fusions, soucieux que nous étions de sauver nos jobs et nos salaires! On le voit bien aujourd’hui: non, les maires ne sont pas les seuls opposants aux fusions!» Manifestement ravi de la tribune, le maire Ryan, qui a le sens de la formule, a tenu le crachoir un bon moment.«Est-il possible que l’on nous haïsse à ce point-là, au point de vouloir rayer nos villes de la carte! Ce gouvernement est anti-démocratique, dictatorial.Jamais je ne me laisserai arrondir à ce point-là!» Le maire Ryan a ensuite dit tout son dégoût des publicités gouvernementales voulant que les fusions n’aient rien de révolutionnaire et qu’elles soient dans Tair depuis trente ans.Frappant là où ça fait mal, M.Ryan s’est exclamé: «Il y a une autre affaire dont on entend parler depuis trente ans et, pour celle-là, vous avez tenu deux référendums.Ne pourrait-on pas en avoir au moins un, nous, sur les fusions?» Faute de haut-parleurs, ce discours, comme tous les autres, n’a pu être entendu que par les rares personnes proches de la scène.N’empêche, pendant plus d’une heure, tous sont restés là, debout, au froid, jusqu’à la dernière minute, applaudissant aux moments qu'ils croyaient être opportuns.Vingt-six simples citoyens se sont aussi succédé au micro, jouant les tribuns avec la plus grande conviction et déclamant leur courte présentation avec la plus belle assurance.«On ne guérit pas un cancer en le généralisant», de lancer l’un.«Vive Kirkland libre!», a lancé un autre.Le président de l’Union des municipalités de la banlieue de Montréal, Georges Bossé, n’était pas peu triomphal.«Soixante-quinze mille fois merci! a-t-il dit y allant de son évaluation très personnelle ,de la foule.M.Bouchard et Mme Harel [ministre d'Etat aux Affaires municipales et à la Métropole), comment pouvez-vous trahir vos électeurs et faire fi des règles démocratiques les plus élémentaires?» D’être réduit au silence est bien ce qui semble irriter le plus les opposants aux fusions.«Nous voulons avoir le droit de nous exprimer», a résumé Lucie Leduc, venue de Charlesbourg.Mais n’est-il pas trop tard, quand on sait que le gouvernement Bouchard veut faire adopter sa loi 170 avant le congé de Noël?«Il n'est jamais trop tard pour dire sa façon de penser, d’enchaîner Michel Lapointe, lui aussi de Charlesbourg.La devise du Québec est “Je me souviens”, et moi, à l’heure des élections, je m’en souviendrai, de ces fusions forcées!» Susan Smith, de Pointe-Claire, dit elle, n’avoir rien contre Montréal, mais.«J’adore Montréal, je comprends ses problèmes financiers, mais je viens d’une municipalité très riche, dotée d’une bonne bibliothèque, et je crains que les fusions ne viennent miner nos services et faire grimper nos taxes.» Parmi les manifestants, bon nombre d’échassiers déguisés en sapins — comme dans «on ne se fera pas passer un sapin» — ajoutaient un air de fête à l’événement lœs quelques enfants présents, issus de familles à la culture manifestante peu développée, semblaient apprécier leur après-midi à la délicieuse saveur délinquante.La petite Annie Morrisseau, nous disaient ses parents, avait bien aimé chanter et crier les slogans d’usage.«Je suis plutôt du genre à fuir les foules», d’expliquer son père, François Morrisseau, dont c’était la première participation à une manifestation.Si le gouvernement nous donnait la preuve qu’il est capable de mener une réforme à bien, peut-être lui ferait-on confiance.Mais voilà, avec ce qui se passe en santé, en éducation et avec les garderies, il y a de quoi s’inquiéter.» Bourque, fanfaron Pendant ce temps, le maire de Montréal, Pierre Bourque, continuait hier d’inviter les citoyens à venir appuyer les projets de fusion par la signature d’une pétition qu’il entend présenter dans une semaine.Il s’est aussi moqué de la manifestation, disant trouver «ironique» que la manifestation ait pour point de ralliement Montréal, la ville honnie qui n’en est pas moins une ville de rassemblement Le premier ministre Lucien Bouchard et la ministre Louise Harel, eux, n’ont émis aucun commentaire hier.Le projet de loi 170 prévoit des fusions dès janvier 2002.Elles transformeront les visages des régions de Montréal, de Québec et de TOutaouais.BEGIN SUITE DE LA PAGE 1 Compte tenu des liens étroits qui unissent désormais le ministère aux associations industrielles, la direction responsable de ce secteur plaide quelle «voit difficilement comment elle pourrait faire davantage appel aux partenaires».«Le partenariat avec les associations industrielles, commente la DPSI en confirmant les critiques des écologistes, influence les prises de décisions gouvernementales et amène souvent des recommandations orientées vers la réduction des contraintes environnementales.L’influence qu’exerce le lobby industriel sur le ministère fait en sorte qu'il est extrêmement difficile de mettre en place rapidement des mécanismes en matière de prévention de la pollution.» Alors que ce sont les industriels et leurs appuis dans les ministères à vocation économique qui s’arrogent actuellement un veto sur les nouvelles mesures environnementales, lesquelles doivent être avalisées par le Secrétariat à la déréglementation, les responsables de la dépollution estiment qu’il faudrait plutôt que ce soit les décisions «susceptibles de créer des nuisances à l’environnement qui devraient obtenir l’aval de notre ministère préalablement à leur mise en application».L’affaiblissement progressif des politiques québécoises de dépollution, au moment où Ottawa renforce par la voie législative ses interventions en environnement, va à l’encontre des priorités constitutionnelles d’un gouvernement souverainiste: «Un manque de leadership du gouvernement québécois en matière de protection de l'environnement ouvrirait la porte toute grande au gouvernement fédéral pour intervenir davantage dans ce domaine de compétence provinciale», écrit la DPSI.De plus, les responsables de la dépollution industrielle au Québec s’inscrivent en faux contre une autre prémisse de la révision de la I>QE en affinnant qu’il est «important que le ministère conserve sa missùm première qu’est la protection de.l'environnement» plutôt que de faciliter en priorité la vie aux agents économiques.La DI^SI ajoute qu’il est par ailleurs faux de prétendre, comme on le dit pour justifier des allégements législatifs et réglementaires, que les pays de l’OCDE vont dans ce sens puisqu’ils «semblent, au contraire, privilégier une vision normative» avec des règles contrai-gnantes et des moyens pour les appliquer.Pour la DPSI, le ministère fait un faux diagnostic lorsqu’il affirme qu’il faut changer la loi parce quelle est inefficace et qu’il y a trop de règlements.«Im DPSI croit que l’impression d'inefficacité et la difficulté d'application de la loi dont il est question dans le document [de présentation de la révision) sont en grande partie dues à l’absence de Soutiens réglementaires.Il est difficile de rendre une loi efficace si l’éventail réglementaire industriel est limité à une faible minorité d’industries.» Pour l’instant, la loi fait une obligation de rapporter leurs niveaux de pollution «à seulement 67 des 2000 établissements industriels du Québec déversant des rejets d'eaux usées dans l’environnement», précise le mémoire hautement confidentiel.Or, contrairement aux affirmations et à la philosophie de déréglementation du gouvernement Bouchard, «l’expérience des dernières décennies a démon- tré hors de tout doute que c’est par le moyen d’une réglementation adéquate que la réduction accrue de la pollution s’est opérée.Le secteur des pâtes et papiers en est un très bon exemple.Le Québec, en tant que société développée, ne peut se permettre de revoir à la baisse ses exigences de contrôle et de protection de l’environnement afin d’attirer les investissements extérieurs» alors qu’il «accuse m regard important en matière de réglementation environnementale pour les industries comparativement aux autres juridictions nord-américaines et européennes».Les responsables de la dépollution au Québec ajoutent que le gouvernement devrait rapidement étendre à tous les grands secteurs industriels l’obligation, faite jusqu’ici uniquement aux pâtes et papiers et aux pétrolières, de faire rapport, avec régularité, de leurs rejets atmosphériques et aquatiques.Le ministère a soutenu publiquement que son système n'était pas efficace.C’est faux, affirme la DPSI: il suffit de mettre des ressources suffisantes au travail pour colliger ces données afin qu’elles deviennent utiles, permettent une réelle planification et augmentent l'efficacité des services d’inspection.«I^es lacunes importantes en matière d’exigences de surveillance des rejets, imposées aux établissements industriels non réglementés, entraînent une méconnaissance de la situation des rejets industriels de la part des autorités gouvernementales», affirme le document.Globalement, les gestionnaires du secteur industriel estiment que ce n’est pas la loi qu'il faut changer en l’allégeant; il leur apparaît plutôt «évident que le régime de protection de l’environnement pourrait être appliqué avec plus de rigueur».Ix* document ajoute qu’en plus de limiter l’efficacité des politiques de dépollution, la nouvelle panoplie de «guides, directives et ententes» de toute sorte que Québec développe depuis quelques années pour éviter d’édicter de véritables règlements laisse «place à l’iniquité et à la diversité de traitement des entreprises des différents secteurs industriels».Quatre priorités Les responsables de la dépollution industrielle au Québec estiment qu’au lieu d'alléger lois et règlements, Québec doit avant tout se donner quatre priorités s’il veut dépolluer véritablement les grandes entreprises polluantes, d’après leur mémoire confidentiel à la haute direction du ministère de l’Environnement.D’abord, le ministère devrait «réglementer les principaux secteurs industriels» qui ne le sont pas encore en dépit des impacts de leurs rejets, soit les mines, la métallurgie, l’industrie du placage des métaux, la chimie, etc.Il faudrait leur imposer les mêmes règles qu’ailleurs en Occident ou chez nos voisins, précise le document obtenu par Ix Devoir.D’autre part, l’Environnement devrait «se doter d’outils et de moyens qui lui permettent de faire appliquer la réglementation environnementale actuelle avec plus d'efficacité et de rigueur».De plus, il devrait se doter, ce qui n'est pas encore acquis après 20 ans de dépollution, «d’un système efficace de contrôle des rejets afin d’effectuer des bilans selon les secteurs, de faciliter l'établissement de priorités d’intervention et de rendre des comptes à la population».Et finalement, le ministère devrait modifier la loi de l’environnement pour que les autorisations accordées aux entreprises ne soient plus éternelles mais qu'on leur fixe un terme de «cinq ans», permettant ainsi d’ajuster les exigences gouvernementales aux nouvelles normes édictées ailleurs dans le monde.Louis- (lilies Francœur
de

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